• « L’écrasante majorité des pédocriminels n’est pas pédophile » : domination et masculinité... un sociologue révèle les vrais ressorts des violences sexuelles sur enfants
    ▻https://france3-regions.franceinfo.fr/occitanie/gers/auch/l-ecrasante-majorite-des-pedocriminels-n-est-pas-pedophil
    ▻https://france3-regions.franceinfo.fr/image/CEjqvrzHAKTHstE9W4LNwQ2dPXc/930x620/regions/2026/06/16/6a3171e9d05ab640344876.jpg

    Après le choc du meurtre de la jeune Lyhanna dans le Gers, les Centres Ressources pour les Intervenants auprès des Auteurs de Violences Sexuelles (CRIAVS) ont été sollicités par le gouvernement. L’objectif ? Trouver des pistes de solutions à mettre en œuvre pour agir contre les violences sexuelles et les assassinats d’enfants liés à des violences sexuelles. Nous avons demandé à un sociologue du CRIAVS quelles réponses les spécialistes qui travaillent sur les auteurs de violences sexuelles peuvent apporter.

    Tristan Renard : (...) Sur toutes les enquêtes de référence en France, Virage en 2016 et CSF en 2006, renouvelée en 2023, on constate que le nombre de violences sexuelles ne baisse pas. Dans ces enquêtes, on voit que dans 95% des cas, les auteurs désignés sont des hommes. Ça concerne les victimes adultes et les victimes enfants y compris quand les victimes sont des garçons et des petits garçons.

    Il y a plusieurs choses derrière tout ça. Il y a d’une part la socialisation, c’est-à-dire l’apprentissage, l’éducation. Les #garçons, quand ils se construisent en tant que garçon et qu’ils imaginent ce qu’ils doivent faire pour être un garçon, la violence fait partie du bagage. Quand les garçons sont à l’adolescence, la prise de risque, la démonstrativité du rapport de force, l’indifférence parfois aux règles de civilité font partie de la construction du rôle de garçon, dans une forme de #masculinité dominante aujourd’hui.

    Chaque petit comportement n’est pas une violence en soi - même si certaines fois, c’est le cas - mais c’est l’ensemble qui façonne des #dispositions à agir de manière violente. Il y a l’apprentissage qui façonne des comportements violents dans les formes de masculinité actuelles.

    France 3 : Les violences sexuelles puisent dans la masculinité dominante selon vous ?

    Tristan Renard : Oui. Quasiment 90 %, des violences sexuelles sont des violences qui s’inscrivent dans des rapports de pouvoir, des rapports de domination. Par exemple, même quand la violence est le fait d’un mineur, il y a un écart d’âge.

    Quand les enfants sont victimes, c’est majoritairement le fait d’adultes, et donc c’est systématiquement dans des relations de pouvoir, un enseignant sur un élève, un entraîneur sportif sur un enfant qui est entraîné, un parent sur son enfant, etc. Cette question des #rapports_de_pouvoir, elle renvoie à notre culture institutionnelle, à notre culture familiale.

    #VSS #pédocriminalité

  • Quand une « repentie » (de BFMTV) se permet un samedi détente sur Instagram, elle prend conscience (une fois de plus) de « l’étendue du problème journalistique politique français ».

    Les chaînes d’info en continu, caisse de résonnance de la parole présidentielle et de ses « coups de colère ».
    Moralités :
    - Se défaussera bien qui se défaussera le plus fort.
    - Le terrain budgétaire n’est pas un sujet

    Lyhanna, les humoristes informent, les journalistes s’émeuvent | Le Club
    ▻https://blogs.mediapart.fr/perrinevasque/blog/090626/lyhanna-les-humoristes-informent-les-journalistes-semeuvent

    Pendant sept ans, j’ai été journaliste politique pour BFMTV. Les raisons qui m’ont fait quitter cette rédaction me poussent aujourd’hui à écrire cet article. Après des heures à suivre l’affaire sur les chaînes d’information en continu, caisse de résonance du discours présidentiel, la sidération d’une constatation : certains humoristes font un meilleur boulot que ces journalistes.

    La vidéo « humoristique » citée dans l’article :
    ▻https://www.instagram.com/reel/DZQG3f1o8B3

    #justice_de_classe #pédocriminalité #VSS
    #France-Défausse

    • Nicoleferronize n’est pas drôle sur amstramgram mais grave. Je ne consulte jamais tramgram mais quand elle était sur France-Inter (la radio filmé) elle était beaucoup plus fine que drôle. Charline me fait rire sur Inter. Elles ont toutes les deux une forme d’humour très réfléchie comme une forme de politesse face au désespoir (dixit je sais plus). Chose que Sophia Aram croit posséder, malheureusement plus elle y croit plus elle s’enfonce.
      il y a une erreur sur le blog de mediapart :

      Cette question de moyens n’est évidemment pas le seul ressort de cette affaire tragique. Notre pays est tout entier tourné vers les adultes masculins comme point de repère, et les affaires se multiplient, comme celle du violeur de la Sande , où l’on voit des prédateurs pouvant tranquillement commettre leurs crimes pendant plusieurs décennies sans être inquiétés, immunisés par leur statut de “bon père de famille”.

      ▻https://fr.wikipedia.org/wiki/Dino_Scala
      ▻https://seenthis.net/messages/1034187

  • En salles depuis un mois, Michael « reconfigure la culture de la pédocriminalité » — La Déferlante
    ▻https://revueladeferlante.fr/en-salles-depuis-un-mois-michael-reconfigure-la-culture-de-la-pedo

    Sorti dans les salles fran­çaises il y a tout juste un mois, Michael, le film à la gloire de Michael Jackson, vient de passer la barre des 3,5 millions d’entrées, ce qui le classe parmi les biopics les plus vus du box-office hexagonal. Un succès qui, au-delà du film lui-même, interroge la per­ma­nence des repré­sen­ta­tions pédo­cri­mi­nelles au #cinéma.

    #pédocriminalité

    • Dernière audition de cette enquête parlementaire : des moyens énormes, une salle immense et en tout et pour tout 10 personnes présentes.
      – où sont les parlementaires ?
      – où sont les journalistes ?

      Ce cauchemar est rejoué à l’infini dans la constatation du déni des violences sexuelles faites aux enfants, du sexisme, du patriarcat et toujours rien n’a avancé depuis la CIIVISE et son démantèlement masqué.
      Je veux dire, la société civile n’existe pas pour l’AN ? personne ne peut venir écouter comme dans n’importe quel conseil municipal ? pas même des étudiant+es en politique ? C’est une honte tous ces sièges restés vides.

  • Antoine Pelissolo, psychiatre : « Traiter la pédocriminalité presque exclusivement sous l’angle judiciaire, après les faits, c’est trop tard »
    ▻https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/05/19/antoine-pelissolo-psychiatre-traiter-la-pedocriminalite-presque-exclusivemen

    Pour progresser, il nous faut accepter une idée très inconfortable : il existe, dans toute société, des individus, qui sont dans la très grande majorité des cas des hommes, présentant des attirances sexuelles envers les enfants, des difficultés majeures de contrôle pulsionnel, et des trajectoires de violence ou de vulnérabilité pouvant conduire à des passages à l’acte. Il faut ouvrir ce débat, en faire un objet politique pour mener à une véritable prise de conscience, voire un électrochoc. Que chacun se sente concerné et s’interroge.

    Un volet essentiel de cette démarche est la prévention individuelle. Certaines personnes concernées n’ont jamais commis d’infraction et peuvent chercher elles-mêmes à éviter le passage à l’acte. Or, elles n’ont pas facilement accès à des dispositifs de soins précoces, anonymes et spécialisés. La honte, la peur et l’absence de structures adaptées conduisent au silence jusqu’à la catastrophe. Des réponses existent en France, portées par les centres ressources pour les intervenants auprès des auteurs de violences sexuelles (CRIAVS), mais elles restent embryonnaires, et les professionnels de santé eux-mêmes n’ont que très peu de connaissances dans ce domaine.

    L’Allemagne a ouvert une voie importante avec le programme Dunkelfeld (« zone grise »), lancé à Berlin dès 2005. L’idée est de proposer une prise en charge confidentielle à des personnes attirées par les enfants avant tout passage à l’acte. Le message est clair : dire aux auteurs qu’ils ne sont pas responsables de certaines de leurs pulsions ou obsessions, mais qu’ils sont en revanche responsables de leurs actes et doivent demander de l’aide avant que des enfants ne soient détruits.

    ▻https://justpaste.it/kximi

    la "solution féministe" d’une transformation radicale de l’éducation des garçons et la "solution thérapeutique" d’une prise en charge accessible à des hommes qui voudraient s’empêcher sans y parvenir ne suffiront probablement pas à toutes deux à renouveler un mouvement d’humanisation dont on voit actuellement à quel point il est en panne, renversé (dans ce texte, absence de mention de l’inceste et de l’amour pour les enfants (qui lui non plus"ne connait pas de loi"). (presque) tout est bon, rien n’est suffisant il me semble.

    #violences_sexuelles_sur_mineurs #enfants #soins #pulsions #pédocriminalité

  • Musk et son petit « business du sordide » au tribunal #haters #pedocriminalité #fachosphere
    Ce sont les premiers à s’offusquer des histoires de mœurs dès qu’il s’agit du camp adverse. Mais lorsqu’elles touchent les leurs, les fascistes sont beaucoup plus tolérants, voire carrément laxistes. Une frange non négligeable de ces meutes de décérébrés s’indignent régulièrement sur les réseaux sociaux, voyant des complots de réseaux pédocriminels partout. Par contre, pour les combattre dans leurs « propres » rangs, ils se font beaucoup plus discrets. C’est pourquoi ils se réfugient si volontiers sur X, puisque tout y est permis, et surtout le pire. (la suite ici :
    ▻https://forgedelopinion.blogspot.com/2026/05/musk-et-son-petit-business-du-sordide.html

  • "L’affaire Epstein n’est que le début, les digues vont sauter"

    via ▻https://diaspora.psyco.fr/p/12448672

    youtube :

    SCANDALE EPSTEIN : Karl Zéro balance tout avec Alexis Poulin

    Dans cet épisode explosif du Moderne Talk, Alexis Poulin reçoit le journaliste d’investigation Karl Zéro pour décortiquer sans filtre l’un des plus grands scandales du XXIe siècle : l’affaire Jeffrey Epstein.

    Réseaux de pouvoir, élites politiques, financières et médiatiques, complicités, silences assourdissants et zones d’ombre persistantes… Ils reviennent en détail sur les faits, les victimes, les noms qui circulent encore aujourd’hui et ce que cette affaire révèle du vrai fonctionnement du système.

    Une conversation dense, documentée et sans concession.

    ▻https://yewtu.be/watch?v=zneVE3jgLqA
    ▻https://www.youtube.com/watch?v=zneVE3jgLqA

    2026-04-30 --- 70 Min.

    #politique #corruption #Epstein #pédocriminalité

  • L’affaire #Epstein, misère de l’anti-complotisme
    ▻https://lvsl.fr/laffaire-epstein-misere-de-lanti-complotisme

    À moins de vivre dans une grotte, vous n’avez pu totalement passer à côté : l’affaire Epstein, du nom de Jeffrey Epstein, homme d’affaire et pédocriminel nord-américain décédé en 2019, connaît de nouveaux rebondissements internationaux. Car le Département de la justice des États-Unis a commencé à publier le dossier le concernant. Celui-ci est devenu au cours des dernières années une bombe #Politique au regard du nombre de personnalités citées dans ces millions de pages pourtant largement caviardées. Alors que l’affaire, semblable à un puits sans fond de corruption, déchaîne les passions, le lecteur francophone pourrait être frappé de la grande pudeur avec laquelle les principaux médias l’abordent. Quant aux interventions politiques, elles ont été pour le moins prudentes de ce côté-ci de l’Atlantique. Par leurs (...)

    #anti-complotisme #Clinton #complotisme #Jack_Lang #pédocriminalité #Trump

  • Extrait de la newsletter de la Mozilla Fundation reçue en début de semaine.

    Le 14 octobre, les gouvernements de l’UE devraient voter pour se prononcer sur « Chat Control », une proposition de surveillance généralisée qui pourrait sérieusement compromettre le chiffrement.1
    Si elle est adoptée, cette loi pourrait transformer Internet tel que nous le connaissons. Imaginez ouvrir WhatsApp, Signal ou iMessage tout en sachant que chaque message privé, chaque photo et chaque fichier pourrait avoir été analysé avant même que vous ne l’envoyiez.

    Nos téléphones et ordinateurs se transformeraient en outils de surveillance. Heureusement, ce futur n’est pas inévitable : certains gouvernements de l’UE y sont opposés tandis que d’autres n’ont pas encore tranché. À quelques jours de ce vote crucial, la pression publique peut faire pencher la balance. C’est là que vous avez un rôle à jouer.

    Les législateurs·trices de l’UE sont sous pression pour conclure un accord qui pourrait ni plus ni moins démanteler le chiffrement. Mais le gouvernement de chaque État membre a son mot à dire et tous ne sont pas d’accord. Certains y sont favorables quand d’autres réfléchissent encore.

    C’est précisément ce qui peut faire de ce moment un tournant décisif. Un accord au Conseil européen le 14 octobre lancerait la phase suivante des négociations, rapprochant cette loi de sa promulgation. Votre voix, votre signature et votre soutien peuvent faire pencher la balance, et ce quel que soit l’endroit en Europe où vous vivez.

    Les pays opposés : Autriche, République tchèque, Estonie, Finlande, Luxembourg, Pays-Bas, Pologne et Slovénie.

    Les pays indécis : Belgique, Allemagne, Grèce, Italie, Lettonie, Slovaquie et Suède.

    Les pays favorables : Bulgarie, Croatie, Chypre, Danemark, France, Hongrie, Irlande, Lituanie, Malte, Portugal, Roumanie et Espagne.

    Il y a cette pétition à signer : ▻https://www.mozillafoundation.org/fr/campaigns/tell-the-eu-dont-break-encryption-with-chat-control

    #chat_control #surveillance #chiffrement #cyber-communications #Internet #merdification (une manifestation de plus de la)

    • Ils nous mènent sans doute à la guerre, mais une fois n’est pas coutume, les allemands bloquent ce projet liberticide.

      Patrick Breyer - Mastodon
      ▻https://digitalcourage.social/@echo_pbreyer/115337976945525419

      La ministre allemande de la Justice : « Le #ChatControl sans motif doit être un tabou dans un État de droit. » La communication privée ne doit pas faire l’objet d’une suspicion généralisée. « L’Allemagne n’approuvera pas de telles propositions au niveau européen. »

    • La Mozilla Foundation me fait savoir dans sa newsletter que :

      Après des mois de pression, de campagne et d’action à travers l’Europe, la proposition de loi « Chat Control » de l’Union européenne a été bloquée, du moins pour l’instant.

      ▻https://www.techradar.com/vpn/vpn-privacy-security/the-vote-on-chat-control-has-been-postponed-but-the-fight-isnt-over-yet-h
      ▻https://www.techradar.com/computing/cyber-security/its-official-germany-will-not-agree-to-chat-control-heres-everything-we-k

    • Est-ce vraiment une arrière garde vouée à la défaite ou est-ce que la "protection des enfants" revendiqué par des adultes qui se foutent de l’enfance marquera des points ?

      Projet Chat Control : « Il faut avancer sans crainte vers le recours au scan des données personnelles pour protéger au mieux les mineurs »
      TRIBUNE
      ▻https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/10/27/projet-chat-control-il-faut-avancer-sans-crainte-vers-le-recours-au-scan-des

      Dans une tribune au « Monde », un collectif emmené par l’universitaire Jean-Claude Planque et la sénatrice Olivia Richard défend la mise en place d’outils permettant la recherche systématique des contenus pédocriminels. A leurs yeux, un tel dispositif est loin d’être incompatible avec la protection des libertés fondamentales.

      En 2022, plus de 32 millions de signalements de #contenus_pédocriminels venus du monde entier ont été reçus par le Centre national pour les enfants disparus et exploités aux Etats-Unis. En France, ce sont quelque 170 000 rapports de ce type dont l’Office mineurs a été destinataire en 2024, soit une augmentation de 12 000 % en dix ans.

      Ces données présentent un tableau particulièrement sombre des enjeux actuels de la #pédocriminalité, où les auteurs comme les victimes sont de plus en plus jeunes – parfois des nourrissons de quelques mois – et où les actes sont de plus en plus violents et abjects.

      Devant l’ampleur du phénomène et au regard de ses conséquences, l’Union européenne (UE) a, dès 2021, adopté un règlement dérogeant à la directive « vie privée et communications électroniques » [de 2002] afin de permettre aux plateformes, temporairement et sur la base du volontariat, de détecter en ligne et de signaler les contenus issus de l’exploitation sexuelle de mineurs. Depuis quatre ans, leur aide est précieuse pour aider nos enquêteurs à arrêter les pédocriminels en France et en Europe.

      Caractère systématique

      Dans la continuité, la Commission européenne a proposé de mettre en place un cadre permanent permettant de lutter au mieux contre la pédocriminalité en ligne. Pourtant, les différentes instances européennes peinent à s’accorder sur le contenu du texte. C’est en particulier l’instauration du scan chat qui peine à faire l’unanimité parmi les Etats membres.

      De quoi s’agit-il ? L’idée est simple : les plateformes seraient contraintes de scanner le contenu de chaque message, au moment de l’envoi, afin de détecter les contenus pédocriminels et les signaler aux autorités. Si un groupe de pays, parmi lesquels la France, soutient la nécessité d’un tel contrôle, un autre groupe s’y oppose farouchement au nom de prétendus risques d’atteintes aux libertés individuelles.

      Une avancée semblait se profiler, à l’occasion du vote sur cette question lors de la réunion du Conseil de l’UE mi-octobre. Malheureusement, le sujet a été retiré de l’ordre du jour et repoussé à une prochaine session au mois de décembre sans véritable explication. Pourtant, le temps presse car la dérogation permettant aux plateformes de signaler les contenus pédocriminels prendra fin en avril 2026.

      Les opposants à la mise en place de ce scan chat avancent un certain nombre d’arguments. C’est d’abord le caractère systématique du contrôle, rendu possible par le recours à l’intelligence artificielle (IA), qui est critiqué. Mais le principe même de la recherche d’auteurs d’infractions implique un contrôle large. De plus, l’ampleur et la gravité du phénomène pédocriminel justifient le recours aux méthodes de détection les plus performantes.

      La fragilisation du chiffrement est un autre argument évoqué pour rejeter l’utilisation du scan chat. On objectera d’abord que, lorsque le chiffrement « de bout en bout » est proposé en option, les utilisateurs y recourent assez peu… sauf s’ils échangent du contenu illicite [le chiffrement de bout en bout est prévu par défaut sur la majorité des applications de messagerie, et n’est optionnel que dans de rares cas, notamment celui de l’application Telegram]. Techniquement, il suffit d’opérer le contrôle avant le chiffrement, c’est-à-dire avant l’envoi, c’est ce que l’on appelle le client-side scanning [analyse côté client]. C’est cette solution qui a la préférence dans le projet de texte européen.

      Le risque de « faux positifs » est souvent mis en avant. Il est certes réel, dans la mesure où certains échanges, à caractère sexuel, pourraient être identifiés comme pédocriminels alors qu’ils ne concernent que des adultes consentants ; mais il ne doit pas amener pour autant au rejet du scan chat. Il s’agit plutôt d’appeler à une attention particulière portée au calibrage de l’IA et à la mise en place d’un contrôle humain rigoureux.

      Réglementation cadrée

      Enfin, les détracteurs de ce contrôle mettent en avant le risque de prendre prétexte de la protection des mineurs pour mettre en place un système de surveillance généralisée : un gouvernement « autoritaire » pourrait utiliser cette technologie pour cibler des groupes d’individus en fonction de l’orientation sexuelle ou des opinions politiques. Il s’agit là d’un sophisme. En effet, la technologie existe d’ores et déjà et est utilisée par certains régimes à ces fins éminemment contestables.
      Bien au contraire, une réglementation encadrant son utilisation et la réservant à des hypothèses bien déterminées rendrait son utilisation malveillante beaucoup plus complexe. En la matière, il convient de se départir de toute peur fantasmatique, visée politique ou idéologique. Le but recherché n’est pas de « faire de notre monde numérisé un grand panoptique policier » [comme le craignait Rodrigo Arenas, député La France insoumise, dans une tribune au « Monde », en septembre], mais bien de faciliter l’identification des auteurs et les complices des crimes parmi les plus abjects qui soient.
      Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Rodrigo Arenas, député LFI : « Sous l’étendard de la protection des mineurs, l’UE s’apprête à faire un pas décisif vers une société de contrôle »

      Il faut donc avancer sans crainte vers le recours au scan control pour protéger au mieux les mineurs. Il faut bien entendu le faire en adoptant une réglementation parfaitement cadrée permettant d’assurer l’efficacité de ce contrôle tout en préservant nos droits fondamentaux. Il ne faut pas se focaliser sur les risques inhérents à la lutte contre le crime, mais sur les moyens d’éviter leur réalisation tout en gardant à l’esprit la priorité à donner à la protection des mineurs. C’est bien là l’apanage de l’Etat de droit : assurer la sécurité des citoyens en utilisant les outils les plus performants, tout en préservant au maximum les libertés essentielles.

      Une part certaine des auteurs, majeurs comme mineurs, de violences sur des enfants a été victime de ce type de fait, et tous ont eu une activité pédocriminelle en ligne. C’est donc en protégeant les enfants d’aujourd’hui que nous éviterons qu’ils deviennent les agresseurs des enfants de demain. La mise en place de la recherche systématique des contenus pédocriminels n’est pas un prétexte à une surveillance généralisée, mais bien une nécessité absolue.

      Jean-Michel Arnaud, sénateur (Union centriste) des Hautes-Alpes, membre de la commission des lois, de la commission des affaires européennes et de la délégation aux droits des femmes ; Annick Billon, sénatrice (Union centriste) de Vendée, membre de la commission de la culture et vice-présidente de la délégation aux droits des femmes ; Laure Darcos, sénatrice (Les Indépendants - République et Territoires) de l’Essonne, vice-présidente de la commission de la culture, vice-présidente de la délégation aux droits des femmes ; Lauriane Josende, sénatrice (Les Républicains) des Pyrénées-Orientales, membre de la commission des lois et de la délégation aux droits des femmes ; Jean-Claude Planque, docteur en droit privé et sciences criminelles, est maître de conférences à l’université de Lille et ancien codirecteur de l’Institut de criminologie de Lille ; Olivia Richard est sénatrice des Français établis hors de France (Union centriste), membre de la Commission des lois et de la délégation aux droits des femmes ; Dominique Vérien, sénatrice (Union centriste) de l’Yonne, membre de la Commission des lois et présidente de la délégation aux droits des femmes

    • Le risque, c’est le détournement de finalité. Avec toutes nos données privées qui finissent avalées par des organisations peu scrupuleuses et régurgitées pour autre chose que la protection des enfants, comme par exemple, pour déterminer quelle source a alimenté quel journaliste, pour ne citer que le plus trivial, mais malgré tout assez parlant.

    • End of “Chat Control”: EU Parliament Stops Mass Surveillance in Voting Thriller – Paving the Way for Genuine Child Protection!

      ▻https://www.patrick-breyer.de/en/end-of-chat-control-eu-parliament-stops-mass-surveillance-in-voting-t

      Les bonnes nouvelles se faisaient rares ces derniers temps.

      The controversial mass surveillance of private messages in Europe is coming to an end. After the European Parliament had already rejected the indiscriminate and blanket Chat Control by US tech companies on 13 March, conservative forces attempted a democratically highly questionable maneuver yesterday to force a repeat vote to extend the law anyway.

      However, in a true voting thriller today, the Parliament finally pulled the plug on this surveillance mania: With a razor-thin majority of just a single vote, the Parliament first rejected the automated assessment of unknown private photos and chat texts as “suspicious” or “unsuspicious”. In the subsequent final vote, the amended remaining proposal clearly failed to reach a majority.

      This means: As of 4 April, the EU derogation will expire for good. US corporations like Meta, Google, and Microsoft must stop the indiscriminate scanning of the private chats of European citizens. The digital privacy of correspondence is restored!

  • #Chat_Control, ça s’en va… et ça revient

    La #directive dite Chat Control, actuellement discutée au niveau européen, pourrait bouleverser en profondeur nos usages numériques quotidiens. Présentée comme une mesure pour lutter contre la #pédocriminalité en ligne, elle obligerait les services de messagerie et de communication à analyser systématiquement tous les messages, photos et vidéos échangés par les utilisateurs, y compris les conversations privées chiffrées. En clair, cela reviendrait à instaurer une #surveillance_de_masse automatique, sans distinction entre suspects et citoyens ordinaires. Si ses objectifs affichés paraissent légitimes, les moyens proposés posent de graves questions de respect de la vie privée, d’efficacité réelle, et de compatibilité avec les droits fondamentaux. Cet article revient sur les principaux enjeux et dérives possibles de Chat Control, afin d’éclairer un débat qui, au-delà de la technique, concerne la liberté de chacun à communiquer sans être épié.

    Dans La baleine et le réacteur, Langdon Winner montre (chap. 8) que les politiques encadrant les technologies se réduisent souvent à une analyse des risques. On compare risques et bénéfices, sans considérer que le risque est souvent perçu de manière subjective — peur légitime ou courage — et comporte toujours une part irrationnelle, même si, dans l’histoire, on a multiplié des instruments efficaces de mesure du risque. Winner souligne que fonder une décision politique sur la mesure du risque oblige les opposants à prouver que le bénéfice ne vaut pas le préjudice, lequel devient alors une conséquence acceptable plutôt qu’un problème en soi.

    C’est cette manière d’envisager les choses qui prévaut depuis mai 2022 lorsque la Commission Européenne a présenté un projet de Règlement (COM(2022) 209) dans le cadre de sa stratégie relative à « un Internet plus sûr pour les enfants ». Porté par la DG Home, le projet s’inscrit dans un programme général de prévention des abus sexuels sur mineurs (#Child_Sexual_Abuse_Regulation, #CSAR). Le projet CSAR est surnommé Chat Control par ses détracteurs, insistant par là sur les conséquences hautement préjudiciables du projet sur les #droits_fondamentaux. Tout se passe néanmoins comme si le débat ne se limitait qu’à un compromis rendu obligatoire au nom des droits de l’enfance entre politique sécuritaire et liberté de communiquer.

    Comme vous le verrez plus bas, le projet est toujours sur la table des négociations et il faut cette fois encore se mobiliser (avant le 14 octobre prochain !)

    Pourquoi est-ce la Commission Européenne et non le Parlement qui a proposé ce projet de régulation ? Il appartient à la Commission de traduire dans les décisions la volonté politique de l’UE. L’exposé des motifs présente donc les arguments non pas sous l’aspect politique mais sous l’aspect de l’expression d’un besoin constaté :

    - les abus sexuels sur mineurs en ligne seraient en forte augmentation,
    - les outils actuels seraient insuffisants pour détecter et supprimer les contenus pédocriminels,
    – il faudrait un cadre juridique harmonisé dans l’UE pour obliger les plateformes à détecter ces contenus,
    – en tant qu’organe exécutif, la Commission agit dans le cadre de ses mandats, notamment l’article 114 et l’article 83 du Traité sur le fonctionnement de l’Union Européenne, et propose donc un projet de régulation.

    Dès l’instant que la Commission Européenne propose un dispositif de lutte contre la pédocriminalité, le débat est biaisé car il ne s’agit plus de discuter des effets probables du dispositif en matière d’éthique, d’équité, ou même de politique : le sujet est posé, il lui faut une solution technique. Toute controverse implique d’abord de se départir de l’accusation implicite de vouloir remettre en cause la protection de l’enfance. C’est au nom de l’article 24 des Droits fondamentaux de l’UE (droits de l’enfant), qui font écho avec la Charte des Nations Unies, que le principe fondamental du projet de #régulation est posé. Mais ce faisant, on peut toutefois s’interroger : peut-on ériger un droit fondamental au dessus des autres ? Le principe de l’égalité des droits fondamentaux semble le contredire, mais dans certains cas, la situation peut être déclarée temporaire. C’est dans cette brèche que s’engouffrent la plupart des problématiques touchant à la surveillance électronique : par exemple, quel équilibre trouver entre le droit à la liberté d’expression et la protection de la vie privée ? vieux problème, n’est-ce pas ?

    Dans une telle situation, le préjudice est à la mesure du risque : d’un côté le risque d’une croissance de la pédocriminalité, de l’autre la confidentialité des communications. Par son projet de régulation, la Commission ne prétend pas résoudre un dilemme, elle prétend d’emblée vouloir trouver une solution technique qui puisse satisfaire la tension entre risque et préjudice. La conséquence est la négation du système économique, social et politique dans lequel s’inscrit ce solutionnisme.

    Pourquoi Framasoft en parle ?

    En tant qu’association d’éducation populaire, voilà des années que nous promouvons les solutions alternatives, respectueuses de données personnelles des utilisateurs et permettant à chacun d’exercer son droit à la communication privée. C’est pour cela que nous avons à multiples reprises plébiscité les solutions… les moins pire. L’utilisation de Signal, par exemple risque d’être très largement empêchée en cas de compromis fonctionnel du CSAR entre les pays européens. La présidente de Signal, Meredith Whittaker, s’est clairement prononcé pour un retrait de l’application du marché européen si tel était le cas.

    D’autres solutions existent et on peut en trouver une petite liste dans ce billet. Néanmoins, alors que voilà déjà deux ans que nous avions relayé la mobilisation à l’encontre de Chat Control, force est de constater une très forte insistance de certains élus européens et des institutions elles-mêmes à l’encontre du chiffrement et du droit à la communication privée.

    Notre responsabilité ne consiste pas seulement à promouvoir des logiciels libres mais aussi de prévenir les utilisateurs des effets potentiellement sacrificiels auxquels ils s’exposent. Dans un monde où l’utilisation de technologies de chiffrement n’est plus associée à la vie privée et à l’hygiène numérique mais à un comportement potentiellement suspect, nous sommes en devoir de les alerter et de participer à la mobilisation.

    – La Quadrature du Net se mobilise depuis longtemps sur cette question.
    – Les Chatons se sont groupés contre Chat Control
    – French Data Network prévenait déjà au mois d’août
    - Une pétition existe sur change.org
    - Un site recense la position de nos élus sur le CSAR
    - On peut aussi se mobiliser plus activement en contactant les députés

    Client-side scanning

    Le texte de la proposition CSAR ne mentionne pas explicitement les techniques censées être utilisées dans le cadre de la surveillance des communications interpersonnelles. Il laisse cependant des portes ouvertes en ces termes (texte initial) :

    (…) le processus de détection est, de manière générale, le plus intrusif pour les utilisateurs (…), vu qu’il nécessite l’examen automatique du texte des communications interpersonnelles. Il importe, à cet égard, de tenir compte du fait qu’un tel examen est souvent la seule manière de détecter de tels abus et que la technologie utilisée ne « comprend » pas le contenu des communications, mais y recherche plutôt des schémas connus, définis à l’avance, qui indiquent la possibilité d’un pédopiégeage.

    L’analyse automatisée des messages privés est par nature incompatible avec le chiffrement de bout en bout. Mais la Commission ne peut pas affirmer explicitement que le chiffrement de nos communications présente en soi un danger pédocriminel, en particulier parce que le chiffrement des communications est nécessaire dans bien des cas d’usage : pensez par exemple lorsque vous communiquez avec votre banque. La seule conclusion qui s’impose, et qui fait primer la logique sur l’éthique (et même l’économie), c’est que l’analyse doit être faite avant chiffrement, donc sur le dispositif lui-même, votre smartphone, votre ordinateur, avec l’application utilisée. Charge aux fournisseurs de se débrouiller pour mettre en place un dispositif de contrôle automatique, c’est-à-dire ouvrir une porte (une backdoor) pour scanner ce que vous faites. Imaginez par exemple être épié par dessus votre épaule lorsque vous écrivez une lettre : personne ne vous empêche de la mettre sous enveloppe et la poster, par contre un tiers aura analysé, et donc lu, ce que vous avez écrit.

    C’est ce qu’on appelle le client-side scanning (CSS). L’annexe 9 (pages 284 sq) de l’étude d’impact de la proposition de régulation porte sur la question du difficile équilibre entre le droit à la communication privée (le chiffrement des communication) et la détection de contenus pédocriminels. La solution qui semble la meilleure à retenir en l’état consiste à réaliser un scan et une analyse de correspondance directement sur le dispositif lui-même ou sur un serveur distant avant l’envoi du contenu au destinataire (voir p. 309 et p. 310).

    On peut noter hélas que cette annexe technique est rédigée un peu à la va-vite. Par exemple, la question de l’évaluation des risques de faux positifs liés aux contenus pédocriminels sont réduits à des chiffres épars notamment fournis par des dispositifs qui, eux, ont tout intérêt rassurer. Par exemple PhotoADN, fourni par Microsoft, qui estime à 1/50 milliards le nombre de faux positifs (voir note p. 281 : comment est-évalué ? avec de l’IA ?). Par ailleurs, servant la soupe à l’approche comparative des dispositifs envisagés, on peut noter le lobbying assez intense de la « fondation » Thorn qui s’est positionné pour promouvoir son dispositif de surveillance auprès des fonctionnaires européens, ce qui fut assez commenté et documenté dès 2022.

    En réalité, tout le projet s’expose à des contradictions assez évidentes avec les dispositions mêmes de l’Union Européenne :

    - L’article 7 de la Charte des droits fondamentaux de l’UE qui garantit le respect de la vie privée et des communications : « Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ».
    – Le principe de proportionnalité : les mesures proposées sont disproportionnées par rapport à l’objectif poursuivi et généralise le caractère potentiellement criminel de toute activité de communication privée. Tout le monde serait un pédocriminel en puissance.
    - Malgré l’exhaustivité de l’étude d’impact, le projet ne prévoit pas de mécanismes clairs pour éviter les abus ou limiter l’usage du CSS à la seule lutte contre la pédocriminalité sur Internet

    Du côté de la société civile, on note depuis 2022 la multiplication des analyses techniques démontrant que le CSS est une mauvaise solution. Comme le rappelle l’Internet Society, l’analyse côté client :

    – est à la source d’une augmentation de la surface d’attaque des dispositifs exposant ainsi les individus à un risque accru de criminalité profitant de ces vulnérabilités,
    - pose un ensemble de défis quasiment insurmontables : la puissance de traitement pour pouvoir analyser tous les contenus en temps réel, la maintenance des bases de données, le contrôle de ces bases de données (qui a accès ? qui contrôle ?),
    – expose à des détournements à d’autres fin que la lutte contre la pédocriminalité : la surveillance de masse à des fins répressives.

    Depuis 2022, les prise de position se multiplient à l’avenant. En 2023, le Contrôleur européen de la protection des données lui-même dans un communiqué concluant un séminaire spécialement consacré, qualifie le projet CSAR comme une tentative inadaptée, inefficace, et potentiellement nuisible. Un an plus tard, Netzpolitik rapporte encore :

    Depuis des années, des légions d’experts en informatique et chercheurs en sécurité, des juristes, des experts en protection des données, des organisations numériques, des entreprises technologiques, des fournisseurs de messagerie, des représentants des Nations Unies, des experts en protection de l’enfance, des gardiens des normes Internet, des scientifiques et toutes sortes d’experts ont tiré la sonnette d’alarme dans le monde entier : Chat Control est dangereux. Il s’agit d’une nouvelle forme de surveillance de masse. Elle affaiblira la sécurité informatique de chacun d’entre nous. Elle introduirait une infrastructure de surveillance sur les applications et les terminaux au-delà de l’UE, que les États autoritaires utiliseraient à leur avantage.

    Les arguments sont controversés mais attention aux fachos

    Considérant que l’expertise ne lui était guère favorable, la Commission Européenne a beaucoup communiqué pour promouvoir son projet. Le député européen Patrick Breyer (Verts/Alliance Libre, membre du Parti Pirate) a réalisé un long dossier sur Chat Control dans lequel il démonte plusieurs arguments fallacieux utilisés par la Commission (voir en anglais et en français). Il ici inutile de les répéter, le dossier étant sur ce point assez complet.

    En revanche, la saga de la Commission fut émaillée de plusieurs épisodes pour le moins affligeants. Par exemple, cette affaire de pantouflage de deux agents d’Europol chez Thorn, la multiplication de réunions à rythme soutenu pour passer le projet en force, les eurodéputés eux-mêmes qui ne veulent pas de surveillance de masse, etc.

    Un épisode de cette saga mérite toutefois de s’y attarder un peu. Celui de l’affaire de microciblage illégal employé par la Commission pour communiquer auprès du public des Pays Bas afin de faire tourner l’opinion en sa faveur. Ce qui est intéressant, dans cette histoire, c’est que ce microciblage visait à exclure des groupes dont les opinions sont plus ou moins proches de l’extrême droite. La raison est à la fois trouble et double. En premier lieu parce que la rapporteuse initiale du projet, la suédoise Ylva Johansson est à l’aile gauche du parti social-démocrate suédois. Un échec de ses multiples prises de parole verrait sa position pro-européenne battre de l’aile, une position qui, encore récemment, mise énormément sur la recherche de compromis entre les pays européens, en particulier en faveur d’une politique migratoire accueillante. En second lieu, il faut prendre en compte que Chat Control est aussi bien décrié par les élus européens d’extrême droite qui y voient un double avantage : d’une part démontrer que l’UE remet en cause les principes souverainistes auxquels ils adhèrent et d’autre part leur permet à peu de frais de se positionner en défenseurs des libertés. Pour les élus français on peut voir par exemple la lettre écrite par Virginie Joron et Tom Vandendriessche sur X ou cette Question à la Commission par Mathilde Androët. Bien sûr, il s’agit d’une question d’affichage et de posture, mais voir nos principes fondamentaux défendus par une engeance pareille me fait vraiment froid dans le dos (remarquons toutefois que ce genre de position est à géométrie variable, puisque les illibéraux fascisants comme Viktor Orban sont plutôt favorables à des logiciels espions comme Pegasus, plus discrets sans doute…).

    Les compromis ont bon dos

    En fait, si l’on regarde bien la chronologie de la proposition de Règlement, les multiples réunions de compromissions se soldant ou non par des accords, elle suit une route parfaitement rectiligne jusqu’à aujourd’hui. Devant les désaccords, les présidences tournantes du Conseil n’ont jamais cessé de remettre le projet sur la table, montrant ainsi que plusieurs pays le soutiennent activement et que le texte risque de devenir un sujet particulièrement clivant.

    Il se trouvait néanmoins qu’en juin 2024 on pouvait croire la situation définitivement bloquée. En effet, alors que la Belgique avait tenté de remettre un proposition de compromis qui relançait le débat sur le client-side scanning, plusieurs pays ont annoncé leur refus de principe ou leur abstention. Comme le projet n’avait alors aucune possibilité de trouver un accord qualifié, le Conseil l’avait donc supprimé de l’ordre du jour. Venait ensuite la présidence de la Hongrie et son gouvernement particulièrement pro-surveillance, qui relança… heureusement encore un échec, appuyé notamment en août 2024, par une lettre ouverte de plus de 300 chercheurs européens montrant que « les solutions techno-centrées basées sur la surveillance ne sont pas une bonne option pour lutter contre la propagation des contenus pédocriminels ». Entre-temps l’Autriche s’est abstenue, et la Pologne a proposé une refonte assez radicale, fidèle à sa position selon laquelle le projet CSAR est bien trop intrusif (elle privilégiait la détection volontaire sur le mode de la prévention (les fournisseurs signalent d’eux-mêmes les contenus illicite). D’autre pays encore s’étant positionnés à l’encontre, les compromis sont restés hasardeux.

    Sauf que… le 1er juillet 2025, le Danemark a pris la tête du Conseil de l’Union européenne et a relancé un projet de compromis. Les négociations seraient censées aboutir à une validation du texte le 14 octobre 2025. Une étude assez complète du texte du compromis danois peut-être trouvée sur edri.org. On retrouve le retour de la détection obligatoire (et de masse) cette fois automatisée par IA, le client-side scanning avec un consentement plus ou moins rendu obligatoire ( !), la classification de tous les systèmes de messagerie chiffrés comme étant à haut risque (donc aucune exception), un système de vérification d’âge (dont on connaît déjà les limites, ne serait-ce qu’en termes de faisabilité et de fiabilité et qui exclurait d’emblée les enfants de la possibilité d’utiliser du chiffrement).

    Avec un peu d’optimisme, Edri.org note toutefois :

    Étant donné que bon nombre de ces éléments sont précisément à l’origine de l’opposition de longue date de la minorité de blocage (les 11 États membres qui empêchent l’adoption du règlement CSA au Conseil), il est évident que les Danois courent à un nouvel échec. Leur tentative ressemble davantage à un exercice de relations publiques qu’à une véritable volonté de faire avancer les choses…

    À l’heure de la rédaction de cet article, bien que quelques médias secondaires affirment que la France s’est enfin positionnée et serait favorable à une mouture du projet proposé par le Danemark, aucune position officielle du gouvernement Français n’est parue… Mais… récemment encore, en mars 2025, le gouvernement de Bruno Retailleau était prêt à beaucoup de concessions avec les libertés pour surveiller les communications à l’encontre du chiffrement. Cela fait suite à de nombreuses tentatives de limitation du droit des correspondances dans l’histoire récente de la France. Ainsi, il fut nullement étonnant de voir les représentants du gouvernement français dans le groupe de travail sur l’application de la loi du 12 octobre 2025 (version diffusée par la représentation allemande ; ce groupe de travail vise à préparer et coordonner les décisions politiques liées à la coopération policière européenne) tenir la position favorable suivante :

    La France s’est largement déclarée en faveur du texte actuel. Elle a salué le fait que les ordonnances de détection aient été réintroduites. Elle s’est également félicitée de l’inclusion de la classification des risques et de l’analyse côté client. La proportionnalité a été maintenue. Il était important de garantir un examen humain des résultats positifs. La France souhaiterait donc que le Hit-System [système de correspondance de résultats dans une analyse côté client] soit réintroduit dans le texte afin de réduire le nombre de faux positifs. En outre, il doit exister un moyen de faire passer rapidement les services au statut « à haut risque » sur la base de conclusions pertinentes. La sextorsion étant un problème majeur en France, celle-ci a plaidé en faveur d’une période d’examen plus courte pour le grooming [pédopiégeage] (18 mois au lieu de 3 ans). La France s’est également félicitée de la certification des technologies de détection et de la prolongation prévue de 72 mois du règlement provisoire.

    Sans vouloir dépeindre négativement la situation, il faut reconnaître que ce dernier document est assez alarmant. La majorité des représentants y soutiennent le texte, malgré quelques réserves techniques secondaires. Seules la Pologne, l’Allemagne et la Tchéquie font preuve d’assez d’intelligence pour pouvoir, espérons-le, empêcher l’avènement du CSAR.

    ►https://framablog.org/2025/09/29/chat-control-ca-sen-va-et-ca-revient

  • Néonazis, pédocriminels, masculinistes et nihilistes : enquête sur ces communautés de jeunes hommes fascinés par le mal et l’ultraviolence

    [ TW masculinisme au cube : féminicides, viols, ...]
    ▻https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/09/29/neonazis-pedocriminels-masculinistes-et-nihilistes-enquete-sur-ces-communaut

    Comme d’autres groupuscules similaires actifs sur les messageries Discord et Telegram, 764 est une communauté ouvertement sociopathe et nihiliste, un pot-pourri idéologique où cohabitent racisme, antisémitisme, #néonazisme, #masculinisme, #pédocriminalité et références satanistes. Ses participants sont pour l’essentiel de très jeunes hommes, parfois mineurs, souffrant d’importants problèmes psychologiques, qui, à travers une forme de sextorsion, contraignent des adolescentes fragiles à se scarifier ou à s’adonner à des actes sexuels violents et dégradants par webcams interposées.

    Durant sa garde à vue dans les locaux de la police judiciaire de Rouen, Théo ne s’est pourtant réclamé d’aucune idéologie : il n’est pas plus néonazi que sataniste, a-t-il assuré. Ce qui l’a conduit à rejoindre 764, c’est son attirance pour le morbide. Une fascination alimentée par le foisonnement de contenus ultraviolents disponibles sur certains sites gore, où cohabitent des vidéos de tueries de masse, d’accidents, de meurtres ou d’attentats en tout genre.

    Théo fait remonter sa dérive à deux ou trois ans quand, au fil de ses journées, absorbé par l’écran de son ordinateur, il a fait la découverte de 764. Pour intégrer ce groupe, a-t-il expliqué aux policiers, il faut remplir l’une de ces trois conditions : avoir tué quelqu’un et être en mesure de le prouver ; avoir tué des animaux et être en mesure de le prouver ; avoir contraint des jeunes filles à se mutiler et être en mesure de le prouver. C’est donc pour devenir membre de 764 qu’il reconnaît avoir tué deux lapins en les étouffant dans un sac et en filmant leur agonie. Et c’est dans le même but qu’il admet avoir contacté une cinquantaine de jeunes filles sur des forums d’adolescentes dépressives et suicidaires pour les amener à se scarifier.

    Ce dossier n’est pas le premier du genre à intéresser la justice française. Il existe au moins un précédent, plus dérangeant encore et d’une tout autre ampleur : celui de Rohan R. Ce jeune Indien de 22 ans, issu de la classe moyenne supérieure de Bombay, vivait depuis près de quatre ans à Antibes (Alpes-Maritimes) pour y suivre ses études dans une école de commerce internationale quand il a été interpellé, en avril 2021.
    Depuis la Côte d’Azur, le jeune homme administrait un autre groupe sur Discord, baptisé « CVLT » (prononcer « cult », « secte » en anglais). Il devrait être jugé en 2026 devant la cour d’assises de Paris, où il encourt la réclusion criminelle à perpétuité pour pas moins de 20 crimes et délits, parmi lesquels « torture ou acte de barbarie sur un mineur de 15 ans », « détention d’images pédopornographiques », « provocation au suicide suivie d’effet » ou encore « complicité de viol d’un mineur de 15 ans ».

    ▻https://justpaste.it/bjzmy

    • « Beaucoup de personnes ont peur de moi. La peur est le seul moyen d’avoir le contrôle sur les autres. »

      (Parole prononcées par Rohan R., jeune Indien de 22 ans, issu de la classe moyenne supérieure de Bombay et administrateur du groupe Discord baptisé « CVLT » lors de son audition par le juge d’instruction).

      En voilà un qui a bien "retiendu" les leçons de nos bons maîtres à penser, ceux que l’on voit quotidiennement dégoiser sur les plateaux des chaînes d’infos en continu.
      Allons, un peu de "pragmatisme" : tous ces jeunes gens, ils pourront bientôt prouver leur "valeur" sur le "front russe" ...

    • Je crois pas qu’ils finiront, sauf rares exceptions, dans des groupes à la Roussitch. Ils se voient avant tout comme aptes à prouver leur domination aux yeux de quelques semblables avec lesquels ils sont en compétition, collectionnent des « victoires » sans risque (surtout pas de combat), si ce n’est légaux. Ils se font valoir dans un monde sans enjeu territorial aucun, celui de dividus de l’internet. Peu de chances que cela donne des vrais grands chefs, ou même de la chair à canon. En revanche, cela peut conduire à des assauts féminicides inédits.

    • Ah mais, ce n’est pas mon propos. Je pensais plutôt : on ne leur demandera pas s’ils sont d’accord. On les sortira de leurs geôles et ils devront acheter leur impunité au prix du sang. Pourquoi l’Occident se priverait-il de son Prigojine et de la milice qui va bien pour des opérations « spéciales » ? On pourrait même les employer pour des missions intérieures contre des « séparatistes » un peu trop attachés aux valeurs démocratiques.

    • Éléments d’analyses et quelques entretiens vidéo en illustration du propos. Chaque vidéo fait l’objet d’un découpage en chapitres pour mieux se repérer dans l’exposé (ou pour aller au plus pressé, c’est vous qui voyez) :
      ►https://www.diagrammes.fr/fr/program/variete-des-extremes-droites

      L’essor global des extrêmes droites s’accompagne de la structuration d’une véritable internationale brune, avec ses lieux de rencontre réguliers et ses intellectuels organiques. Il convient toutefois de ne pas négliger les différences entre plusieurs grandes familles : car ils ont beau croiser leurs expériences, s’emprunter des morceaux de programmes ou parfois se ranger derrière un même candidat, les promoteurs d’un état social financé par des tarifs douaniers et purgé de ses bénéficiaires allogènes ne se confondent pas avec les « tronçonneurs » libertariens des administrations publiques. Pareillement, les nostalgiques des hiérarchies traditionnelles ne partagent pas forcément les priorités des défenseurs d’un peuple supposément méprisé par des élites arrogantes.

    • Loïk Le Priol s’engage à l’École des mousses dès 16 ans, en 2010. Après avoir été utile à l’armée comme commando de marine, il en fait trop en permission dès 2015. L’armée raque pour ses frasques et le démobilise pour raisons médicales. Puis son contrat militaire est rompu par l’employeur en octobre 2017, suite à une condamnation pénale, « au motif de son implication dans des actes de violence graves, incompatibles avec l’état de militaire ».
      Mais à part une figu sur un clip de rap, c’était pas le genre à se faire mousser sur le net.
      ►https://fr.wikipedia.org/wiki/Loïk_Le_Priol

  • Appel à mobilisation - Vannes, Paris, Nice le 24 mai 2025 : Contre la pédocriminalité, pour la protection des enfants
    Communiqué interassociatif - Violences sexuelles : La faillite et la dangerosité de l’ordre des médecins sont confirmées : retirons-lui tout pouvoir

    Nous, associations, collectifs, organisations syndicales, militant·es féministes et enfantistes, appelons à une mobilisation à Vannes, à Paris et à Nice le 24 mai 2025 à 14h, alors que se tient à Vannes depuis le 24 février le procès Le Scouarnec, jugé pour des faits pédocriminels sur 299 personnes.

    Loin d’être un fait divers, cette affaire n’est que le reflet de la problématique systémique des violences sexuelles, et en particulier celles faites aux enfants.

    Nos enfants peuvent être victimes partout : chez elle·ux, dans les foyers de l’ASE, dans les établissements scolaires ou périscolaires (sport, écoles, IME, centres de loisir, etc.), dans les institutions religieuses et même dans les établissements de soins.

    ▻https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2025/05/21/appel-a-mobilisation-vannes-paris-nice-le-24-m

    #enfant #pedocriminalité

  • Audition à l’assemblée nationale par la délégation aux droits des enfants sur l’exploitation sexuelle des enfants

    La DDE de l’Assemblée nationale, présidée par Perrine GOULET, Députée de la Nièvre, a auditionné plusieurs acteurs sur l’exploitation sexuelle des enfants, notamment le Mouvement du Nid, l’ACPE, mais aussi l’Amicale du Nid.

    Nous avons précisé en avant-propos :
    qu’il ne s’agit pas de prostitution mais d’exploitation sexuelle d’enfants par le système prostitutionnel
    que cette notion d’exploitation chasse la notion de « consentement » à des actes sexuels répétés et tarifés avec des inconnus
    qu’il y a continuum entre victimes mineur·es et majeur·es – basculement en un jour de la vie
    que le système prostitutionnel repose sur un premier acteur : le « client », concernant les mineur·es : des pédocriminels

    ►https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2025/05/09/audition-a-lassemblee-nationale-par-la-delegat

    #enfant #pedocriminalité

  • Bigoterie en France : Un tsunami de papolâtrie, écœurant, hypocrite et à vomir
    Ni dieu ni maître, à bas la calotte et Vive la Sociale !

    Le corps des pleureuses est au complet, ils sont venus, ils sont tous là, même Giogio le Fils maudit, dès qu’ils ont entendu ce cri : le Pape est mort . De l’extrême-droite à l’extrême-gauche, tous sont affligés, frappés comme les animaux malades de la peste cléricale et ils battent leur coulpe à l’unisson. Il ne manque pas un bouton de guêtre. Le Cléricalisme bouge encore, on voit ainsi pleinement les effets de la pénétration de la Doctrine sociale de l’Église dans tous les partis, les associations et les organisations ; l’infection est là et bien là.

    Tout cela montre qu’ils n’ont jamais rompu vraiment avec leur «  Sainte-Mére l’Église  ». Et chacun se répand en maniant la langue de buis, le bois dont l’Église est taillée. On est en train de subir une overdose d’hosties, de messes, d’encens, mais cela ne durera que le temps où vivent les roses, il ne restera bientôt que les épines, et les vrais problèmes reprendront le dessus, car ils n’ont pas disparu, après cette grande vague d’hypocrisies en tous genres.

    Après les pleureuses , on aura droit aux bookmakers qui parieront doctement sur le Pape qui sera élu et qui supputeront sur le temps que mettra la fumée blanche à survoler le Latran . Certains, comme l’actuel locataire de l’Élysée se diront que cette Union sacrée autour d’une tombe, pourrait bien continuer en une belle Union nationale autour de sa personne. Et il se presse au Vatican pour assister à la messe, après tout n’est-il pas Proto-Chanoine du Latran  ?

    C’est pourquoi, il ne ménage pas sa peine pour violer la loi de Séparation des Églises et de l’État , pour apparaître comme «  le Premier catholique de France  ». Que l’on ne compte pas sur la Fédération nationale de la Libre Pensée pour participer à cette sinistre Commedia dell’arte .

    La mort du pape Bergoglio montre une fois de plus combien un représentant (que certains qualifient aujourd’hui de)  "sympathique" ou "humain" de la hiérarchie catholique peut faire oublier les permanences de l’Église catholique . On perd également vite de vue que l’autonomie géopolitique de la papauté s’est construite dans la longue durée et qu’elle poursuit des buts qui ne sont pas ceux des mouvements émancipateurs.

    Pour s’en rappeler, la Libre Pensée vous renvoie à son analyse du bras de fer entre le Pape et Emmanuel Macron l’an dernier, et vous invite à commander le nouveau numéro d’ Arguments de la Libre Pensée, "Dismas ou le cléricalisme d’extrême-gauche" , qui analyse longuement un épisode de fascination d’une certaine extrême-gauche pour l’épiscopat sud-américain. Ce numéro sera très bientôt disponible.

    Et n’oubliez pas : l’abus d’hosties nuit gravement à la santé mentale.

    FÉDERATION NATIONALE DE LA LIBRE PENSÉE ►https://www.fnlp.fr

    #France #bigots #bigottes #Hypocrisie #pape #religion #en_vedette des #médias #enfants #violence #impunité #violophilie #pédophilie #culture_du_viol #viol #catholicisme #pédocriminalité #viols #violences_sexuelles #journullistes

  • Enfance saccagée en organisation .
    Boule dans la gorge à lire grand matin.
    Saloperie de patriarcat catholique.

    Le village d’enfants de Riaumont est situé près de Liévin. Il est fondé en 1953 par le Père Revet d’obédience bénédictine. Il s’entoure d’une dizaine de moines et finit pas demander et obtenir, en 1960, un agrément de foyer de semi-liberté. Il pratique des prix de journée très bas et accueille des profils difficiles, catégorisés à l’époque comme « débiles », « caractériels » ou « cas sociaux ». Plus de 700 garçons âgés de 6 à 18 ans vont passer dans cette institution, placés soit par la DDASS ou l’Éducation surveillée.

    ▻https://dubasque.org/livre-ouvert-les-enfants-martyrs-de-riaumont

    #pédocriminalité #enfance_détruite

  • Procès Le Scouarnec : «  L’inceste est au cœur de l’affaire »
    ▻https://www.elle.fr/Societe/Interviews/Affaire-Le-Scouarnec-L-inceste-est-au-coeur-de-l-affaire-4318501

    Les violences infligées à ces patients mineurs ne se seraient certainement pas produites pendant autant de temps sans les défaillances institutionnelles qui ont largement été relayées dans la presse. Elles n’auraient pas non plus existé sans le silence du clan familial, qui avait découvert les agissements de Joël Le Scouarnec sur deux de ses nièces et une autre enfant proche de la famille, à la fin des années 1990. L’inceste a ainsi été le catalyseur des innombrables crimes sexuels commis par le chirurgien. Partie civile, l’association «  Face à l’inceste  » veillera à ce que le sujet ne soit pas occulté des débats.

    #VSS #pédocriminalité #viol #culture_du_viol #inceste

  • Rendez-vous de l’horreur entre pédocriminels : un réseau inédit de violeurs d’enfants identifié en France
    Par Ronan Folgoas et Jérémie Pham-Lê - Le 21 février 2025 - Le Parisien
    ▻https://www.leparisien.fr/faits-divers/rendez-vous-de-lhorreur-entre-pedocriminels-un-reseau-inedit-de-violeurs-

    INFO LE PARISIEN. Cinq suspects ont été interpellés par les policiers de l’Office mineurs en février dans le cadre d’une vaste enquête sur des viols et sévices commis sur de très jeunes enfants par un cercle de pédocriminels. L’organisateur est un assistant familial de 32 ans de Loire-Atlantique. (...)

    #pédocriminalité

    • Avec un renvoi d’ascenceur de Darmanin à Bayrou.

      C’est intéressant politiquement (entendre politique dans le sens du vivre ensemble) tous ces mensonges qui se découvrent alors que l’immoralité fascisante est à son comble. Parce qu’il y a un moment où les victimes savent très bien de quoi il est question et ce qu’est l’atteinte à l’intégrité, bien mieux que ces tocards véreux. Parce que les violences sexuelles touchent profondément et dans leur psyché tellement de personnes qui ont besoin de paroles justes et bienfaisantes que ça percute tout un système de fourbes. Et qu’il n’est pas possible de noyer le poisson ou de faire des tours de passe passe, les victimes ne s’achètent pas. Juste devant cette nécessité de vérité elles veulent que la justice expose et juge les faits enfin dits.

  • Quels liens entre l’Église et « l’affaire Bétharram » qui menace François Bayrou ? Vue par les catholiques de Cath.ch

    Le Premier ministre français François Bayrou est mis en cause pour n’avoir pas agi contre des violences, notamment sexuelles, commises dans l’école catholique de Notre-Dame de Bétharram (Pyrénées-Atlantiques) depuis les années 1950. Mais de quelle façon l’Église catholique est-elle impliquée dans cette affaire ? Explications.
    François Bayrou était-il au courant des agissements criminels qui se sont déroulés dans l’établissement Notre-Dame de Bétharram ? La question est brûlante actuellement en France, prenant des allures d’affaire d’État. Médiapart est à présent le fer de lance des accusations contre le Premier ministre. Le média présente depuis quelques jours des éléments censés démontrer que François Bayrou ne pouvait qu’avoir eu connaissance des rumeurs sur des violences physiques et sexuelles qui se déroulaient dans cette école. Cela alors qu’il occupait dans des postes clés qui lui auraient permis d’agir de façon décisive face à cette situation. L’actuel Premier ministre a en effet été, pendant la période concernée, Maire de la ville de Pau, la préfecture du département des Pyrénées-Atlantiques, ministre de l’Éducation nationale, mais également parent d’élèves. Plusieurs de ses enfants ont en effet été scolarisés dans l’établissement.


    Une centaine de plaintes
    Si le dénouement de l’histoire est encore inconnu, l’affaire met en avant un nouveau scandale lié à l’Église. Fondé en 1837 sous le nom d’Institution Notre-Dame de Bétharram, l’institut a été renommé Le Beau Rameau en 2009. Historiquement, il a été géré par la congrégation des Prêtres du Sacré-Cœur de Jésus de Bétharram, une congrégation catholique. Il s’agit toujours aujourd’hui d’un établissement scolaire catholique privé.

    L’établissement scolaire avait fait l’objet de plaintes dès 1996. Un ancien directeur de Notre-Dame de Bétharram, le Père Pierre Silviet-Carricart, membre de la congrégation de Bétharram, avait notamment été visé par deux accusations d’agressions sexuelles, relate le quotidien La Croix. Le religieux avait mis fin à ses jours en 2000.

    L’affaire a commencé à être révélée publiquement en octobre 2023, lorsque des anciens élèves ont témoigné de sévices subis. Ces témoignages ont conduit à une série de plaintes déposées auprès des autorités judiciaires. Les faits dénoncés s’étendent sur plusieurs décennies, depuis les années 1950 jusqu’aux années 2010. À ce jour, plus de 100 plaintes ont été déposées, impliquant une vingtaine d’agresseurs présumés, à la fois des religieux et des laïcs. Le parquet de Pau a ouvert une enquête début 2024.

    Climat de violences
    Une seule personne encore en fonction dans l’établissement est concernée par les accusations. Il s’agit d’un surveillant laïc, qui a été écarté par la direction le 14 février 2024. Dans le détail, neuf religieux sont incriminés, dont huit pour violences sexuelles, révèle le communiqué de presse du collectif de victimes de Bétharram.

    Les accusations vont de sévices psychologiques et physiques à des attouchements, des fellations et des viols. Un système de punitions corporelles et de violence aurait perduré dans l’établissement au moins jusqu’au début des années 2000. Si la grande majorité des cas sont prescrits, une accusation de viol remontant à 1996 incriminant un religieux pourrait faire l’objet d’une procédure pénale.

    La question se pose aujourd’hui d’une dissimulation à grande échelle, impliquant aussi bien la direction de l’établissement que des notables locaux qui auraient fait en sorte que les affaires ne s’ébruitent pas. C’est dans ce contexte que se pose la question de la responsabilité de François Bayrou.

    L’évêque choqué
    Si l’aspect systémique des abus n’a pas encore été démontré, des craintes émergent quant à l’existence de victimes supplémentaires dans d’autres lieux. Alain Esquerre, porte-parole des victimes, redoute ainsi que « là où les prêtres qui ont dirigé Bétharram sont passés par la suite, il y ait eu d’autres agressions sexuelles ». La congrégation est aujourd’hui implantée dans une quinzaine de pays, notamment en Afrique, en Asie et en Amérique du Sud. Les Prêtres du Sacré-Cœur de Jésus de Bétharram forment un institut de vie consacrée catholique fondée en 1832 à Bétharram, situé à quelques kilomètres de Lourdes, par Michel Garicoïts.

    La congrégation a fait savoir qu’elle se tenait à la disposition de la justice, de même que les responsables de l’établissement, qui ont en outre fait part de « leur volonté de se porter partie civile ». Du côté des autorités ecclésiales, Mgr Marc Aillet, évêque de Lescar, Oloron et Bayonne, avait reconnu en février 2024 la plausibilité des faits au vu du nombre de plaintes. « Dans notre diocèse comme dans l’ensemble du pays, les catholiques et l’opinion sont, à juste titre, terriblement choqués par ces révélations, comme je le suis moi-même, toujours solidaire des victimes que nous devons porter dans la prière », avait encore déclaré le prélat (cath.ch/cx/ag/arch/rz)

    © Centre catholique des médias Cath-Info, 13.02.2025

    Par Raphaël Zbinden

    Source : ▻https://www.cath.ch/newsf/quels-liens-entre-leglise-et-laffaire-betharram-qui-menace-francois-bayrou
    #Abus_sexuels #France #Lourdes #politique #enfants #violence #impunité #violophilie #pédophilie #culture_du_viol #viol #catholicisme #pédocriminalité #viols #violences_sexuelles #françois_bayrou #bayrou #francois_bayrou #congrégation

  • Pédocriminalité : les insoutenables « carnets noirs » de Joël Le Scouarnec
    ▻https://lesjours.fr/obsessions/proces-pedocriminalite-le-scouarnec/ep1-enquete-hors-norme

    Nouvelle série. Le chirurgien est jugé à partir du 24 février pour viols et agressions sexuelles aggravés sur 299 ex-patients. Il a consigné ses actes dans ses journaux intimes.

    • Procès Le Scouarnec : comment l’ex-chirurgien pédocriminel aux 299 victimes est si longtemps « passé entre les gouttes »
      ▻https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/02/24/pedocriminalite-ouverture-du-proces-le-scouarnec-ex-chirurgien-aux-299-victi

      La plus importante affaire de pédocriminalité jugée en France débute à partir de lundi et pour quatre mois. Age moyen des victimes : 11 ans à l’époque des faits. Des crimes que l’accusé racontait méthodiquement dans ses journaux intimes.
      Par Florence Aubenas

      A la télévision et dans les magazines de faits divers, le docteur Joël Le Scouarnec aimait suivre les histoires d’hommes qui lui ressemblaient : les pédophiles. Il se reconnaissait en eux, fier d’être différent. A un détail près : lui ne se ferait jamais attraper. Ça n’arrivait qu’aux autres, il se sentait intouchable. Pendant toute sa carrière, aucun personnel soignant ne l’avait jamais surpris sur le fait, aucune plainte n’avait été déposée par un petit patient ou ses parents. D’une manière redoutable, le chirurgien avait inventé le crime sexuel parfait.

      Finalement arrêté en 2017, à quelques mois de sa retraite, Joël Le Scouarnec, 74 ans, va être jugé pour viols ou agressions sexuelles aggravés de 299 victimes présumées, qu’il a reconnus pour la plupart. Age moyen de ces dernières : 11 ans à l’époque des faits. Mais si le médecin comparaîtra seul dans le box, les défaillances des institutions françaises dans la protection de l’enfance devraient envahir les débats.

      C’est à Vannes, ville où se tiendra son procès devant la cour criminelle du Morbihan à partir de lundi 24 février, que la grande majorité des faits auraient eu lieu. Aujourd’hui disparue, la clinique du Sacré-Cœur était un petit établissement privé tenu par des religieuses quand Joël Le Scouarnec y a été recruté en 1994. A cette époque, le secteur de la santé s’enfonce déjà dans la misère, avec ses restructurations féroces et ses pénuries de recrutements. L’arrivée d’un chirurgien digestif de 44 ans, ancien interne des hôpitaux de Nantes, une femme et trois enfants, ressemble alors à une aubaine.

      A vrai dire, cela fait dix ans que la passion de Le Scouarnec pour son métier a commencé à s’émousser. Sa vie est ailleurs, dans sa « bulle pédophile », selon son expression, depuis qu’il a abusé d’une nièce, 8 ans, sa première victime, en 1985. Désormais, « ça » le tyrannise, il le raconte dans ses journaux intimes tenus pendant plus de trente ans, où, jour après jour, enfant après enfant, il détaille ce qu’il nomme « sa vie sexuelle ».

      Ses viols et agressions d’une dizaine de proches y sont décrits, le volet dit « familial » du dossier, pour lequel il a déjà été condamné à quinze ans de réclusion en 2020. Mais ce sont les hôpitaux qui vont devenir son principal terrain de chasse et le noyau de ce second procès. « Je n’examinais plus les enfants comme des petits malades, j’avais sur eux un regard de pédophile. Tout geste prenait une connotation sexuelle », expliquera le chirurgien pendant l’enquête.

      Au long de sa vie professionnelle, d’autres praticiens vont se faire arrêter pour crime sexuel dans la dizaine d’établissements où il a officié : un psychiatre retrouvé dans le lit d’une malade ou un manipulateur en électroradiologie en gynécologie qui avait violé deux patientes. Joël Le Scouarnec, lui, a mis au point ce qu’il a appelé sa « procédure ».

      Une alerte du FBI

      Dans les couloirs, il repère les enfants seuls dans leur chambre. Si un parent ou un soignant est présent, le chirurgien fait demi-tour : leur demander de quitter la pièce attirerait l’attention. Il revient plus tard. Pousse la porte. Lance quelques phrases, toujours les mêmes, lapidaires et professionnelles : « Je viens voir si tu as mal au ventre », ou bien « Est-ce que ça te brûle quand tu fais pipi ? » Ensuite, tout va très vite. Le bas du corps est dénudé, les mains s’y glissent, gestes furtifs maquillés en examens médicaux. La porte s’ouvre ? Il suffit de rabattre le drap.

      Joël Le Scouarnec veille à ne jamais provoquer ni traces ou douleur physique, rien qui puisse entraîner des cris. Trop de résistance le fait renoncer. Ça n’arrive jamais, ou presque. La blouse blanche, le statut d’adulte, la maladie, tout pousse les enfants à se soumettre. Les petits surtout : « L’avantage des filles de cet âge [entre 3 et 10 ans], c’est qu’on peut les toucher sans qu’elles se posent trop de questions », écrit le chirurgien dans son journal.

      Passée la puberté, ou à son approche, les viols et agressions auraient surtout été commis en salle d’opération, sous anesthésie. Le médecin évitait tout geste susceptible d’inquiéter les jeunes malades. Mais au bloc, il est impossible d’être seul, cet univers très fermé où cinq professionnels au moins se surveillent les uns les autres. « Il faut savoir être patient et compter sur sa chance », explique le journal de Joël Le Scouarnec. Une infirmière tourne le dos ? L’anesthésiste regarde ailleurs ? De nouveau, les mains du chirurgien plongent sur ou sous le drap, qui recouvre les corps endormis, hors de la zone à opérer. « J’ai fait des centaines d’interventions avec lui et je n’ai jamais rien vu », racontera plus tard un confrère.

      La première alerte va arriver dans les années 2000, de très loin : les Etats-Unis. Au cours d’une opération internationale ciblant des sites pédopornographiques sur le dark Web, la police fédérale américaine (FBI) alerte la France sur trois paiements effectués par le biais de la carte bancaire du chirurgien. Mais, le 9 décembre 2004, pas d’opération surprise à l’aube dans la maison familiale : Joël Le Scouarnec est convoqué à la #gendarmerie à Grand-Champ, près de Vannes, ce qui lui laisse le temps de dissimuler les preuves. Aucune perquisition n’a lieu à l’hôpital, aucun proche ni collègue n’est entendu.

      Imbroglio institutionnel

      Pendant sa garde à vue, pliée en vingt-cinq minutes et cinq questions, le chirurgien plaide la crise conjugale. Dès le lendemain, il est de retour dans la chambre des petits patients. Condamné en novembre 2005 à quatre mois de prison avec sursis, sans obligation de soins ni restriction professionnelle, il triomphe dans son journal : « Je suis passé entre les gouttes. »

      En 2005, il a 55 ans et vient de quitter la clinique de Vannes pour l’hôpital public de Quimperlé, dans le Finistère. Il y brigue, pour la première fois, le statut de « praticien hospitalier », un poste plus stable, mais plus contrôlé que dans le privé.

      A ce moment-là, va se nouer un imbroglio institutionnel aux conséquences terribles. Tout démarre d’un psychiatre, Thierry Bonvalot, alors président du comité médical d’établissement de l’hôpital de Quimperlé. Par un confrère, qui a expertisé Joël Le Scouarnec dans l’affaire de pédopornographie de 2004, Thierry Bonvalot a eu écho de sa condamnation et s’alarme de son recrutement dans une lettre au directeur de l’hôpital, en juin 2006, puis dans une autre au conseil départemental de l’#ordre_des_médecins du Finistère, le mois suivant. Réclamé, le casier judiciaire du chirurgien arrive. Il porte la mention : néant. Débordé, le greffe de Vannes n’a toujours pas mis le fichier à jour, sept mois après la condamnation du chirurgien, qui peut officiellement être titularisé le 1er août 2006.

      Enfin actualisé, l’extrait de casier est posté à l’ordre des médecins du Finistère en novembre de la même année. Mais au lieu d’éclaircir l’affaire, il va augmenter la confusion, faisant du cas Le Scouarnec celui dont chacun tente de se défausser. L’ordre transmet le dossier à l’antenne locale de la direction régionale des affaires sanitaires et sociales (Drass), qui le transmet elle-même à la direction départementale des affaires sanitaires et sociales (Ddass) – ces deux instances ont été remplacées, en 2010, par l’agence régionale de santé –, ainsi qu’au ministère de la santé.

      Admis à l’unanimité au conseil de l’ordre

      « Si sa condamnation avait été connue avant, il n’aurait pas été nommé », regrette le ministère de la santé début 2007. Mais que faire désormais ? Aucune nouvelle plainte ne vise le chirurgien. Au contraire. Dans une lettre, le directeur de l’hôpital de Quimperlé loue Joël Le Scouarnec, « sérieux et compétent » ; son recrutement aurait même sorti son établissement d’une « grave crise ». Dès lors, le ministère tranche : retour de l’affaire à l’envoyeur, c’est-à-dire à l’ordre des médecins du Finistère, garant de la moralité de la profession. La Drass estime que c’est à la Ddass de le saisir, la Ddass pense que c’est le rôle de la Drass. Personne ne bouge. Entretemps, dans le département, Joël Le Scouarnec a été admis à l’unanimité au conseil de l’ordre.

      Les courriers du psychiatre Thierry Bonvalot auraient pu déclencher des investigations administratives. Mais ils n’ont été transmis ni au ministère, ni à la Drass, ni à la Ddass. L’affaire Le Scouarnec vient de se dissoudre dans le marécage bureaucratique.
      Quand le service de chirurgie ferme à Quimperlé, Joël Le Scouarnec rejoint l’hôpital de Jonzac (Charente-Maritime) en 2008. Cette fois, son casier le suit. Mais là encore, la directrice d’alors évoquera devant les enquêteurs la pénurie de médecins. « Il était très gentil », précisera-t-elle en parlant du chirurgien. « Aucune agression physique n’ayant eu lieu », il n’est pas accompagné de mesure particulière.

      C’est une petite fille de 6 ans, alors voisine du chirurgien à Jonzac, qui a permis son arrestation en avril 2017 : il l’avait agressée au fond de son jardin. Alors seulement, ses journaux intimes ont été découverts : ils constitueront la principale pièce à charge au procès de Vannes.

      #enfants #malades #inceste #crimes_sexuels

    • Les « carnets noirs » de Joël Le Scouarnec, le chirurgien pédophile
      ▻https://www.lemonde.fr/police-justice/article/2020/01/03/les-carnets-noirs-de-joel-le-scouarnec-le-chirurgien-pedophile_6024661_16535

      Au téléphone, le gendarme répète que Joël Le Scouarnec vient d’être arrêté, mais la jeune femme n’arrive pas à l’imaginer en prison, lui « qui était toujours passé entre les mailles du filet ». Elle se trouve projetée trente ans en arrière, petite fille invitée dans le manoir des Le Scouarnec. Comme jadis, il lui semble sentir la main de son oncle Joël venir se poser sur son épaule, « une main lourde », pareille à « une chape de plomb ». Et remontent ses sentiments d’alors : « Contre lui, je ne suis rien. »

      (...) Depuis le collège, il dresse l’inventaire des livres lus, des opéras entendus, des monuments visités, des plus beaux paysages. Certains recensements pourtant obéissent à un autre ordre : 301 544 photos et vidéos pédopornographiques, rangées méthodiquement, par série et par thèmes – zoophilie, scatologie, enfants nus… Les journaux intimes du chirurgien − que des victimes ont aujourd’hui baptisés « les carnets noirs » − aussi sont découverts.
      Pendant vingt-huit ans (de 1989 à 2017), jour après jour, Le Scouarnec y détaille des abus et des viols sur des enfants dans la douzaine d’établissements où il a opéré. 349 victimes potentielles auraient déjà été dénombrées, menaçant de submerger l’enquête sous les investigations.

      ▻https://archive.ph/XIwlo

  • Tous les jours, près de chez vous, un bon père de famille couche avec sa petite fille de neuf ans. Ou parfois elle lui fait juste une petite fellation. Ou c’est une grande soeur avec sa petite soeur. Dans cette anthropologie de l’inceste, Dorothée Dussy se penche sur les mécanismes complexes par lesquels l’inceste est couramment pratiqué dans l’intimité des foyers français. À la faveur du réel, et de la banalité des abus sexuels commis sur les enfants, l’inceste se révèle structurant de l’ordre social. Il y apparaît comme un outil de formation à l’exploitation et à la domination de genre et de classe. Cinq ans d’enquête ethnographique sont restitués dans ce livre : un voyage subversif au coeur de familles que rien, ou presque, ne distingue des vôtres. Préface de Charlotte Pudlowski

    ▻https://www.ombres-blanches.fr/product/4273/dorothee-dussy-charlotte-pudlowski-le-berceau-des-dominations-anthro

    #inceste #pédocriminalité #domination_genre

  • Viols sur mineurs à Bétharram : les mensonges de Bayrou pour défendre une institution catholique | Mediapart
    ▻https://www.mediapart.fr/journal/france/050225/viols-sur-mineurs-betharram-les-mensonges-de-bayrou-pour-defendre-une-inst

    Des prêtres et des surveillants du pensionnat Notre-Dame-de-Bétharram, près de Pau, sont visés par une centaine de plaintes. Malgré l’ampleur du scandale, François Bayrou, qui y a scolarisé ses enfants, jure qu’il ignorait tout. Plusieurs documents et témoignages recueillis par Mediapart prouvent le contraire.

    David Perrotin et Antton Rouget

    5 février 2025