• Mères seules, pensions à elles
    https://www.liberation.fr/france/2019/03/05/meres-seules-pensions-a-elles_1713234

    Elles sont devenues un élément incontournable du paysage familial français : les familles monoparentales représentent désormais un foyer sur cinq selon l’Insee, contre un sur dix il y a une trentaine d’années. Dans 85 % des cas, le parent solo est une femme. Voilà pour le tableau clinique. Côté symptômes, la crise des gilets jaunes a permis de faire émerger dans le débat public les maux dont souffrent nombre de ces foyers, que résument bien les statistiques : 34,9 % des familles monoparentales disposaient en 2015 de revenus inférieurs au seuil de pauvreté (moins de 1 334 euros pour une femme avec un enfant de moins de 14 ans), contre 11,8 % des personnes vivant en couple selon l’Insee (1). Soit 2 millions de personnes contraintes de se serrer la ceinture, de sauter parfois des repas ou de renoncer à se chauffer.
    Fléau

    Face à ce constat pour le moins alarmant, le groupe de réflexion Terra Nova appelle à « en finir au plus vite avec les impayés de pension alimentaire », facteur indéniable de cette précarité. Dans une note rendue publique ce mercredi, le think tank livre une série de pistes pour endiguer ce fléau. Le non-paiement de ces pensions touche environ 35 % de ces familles et concernerait près de 500 000 enfants.

    Tout en saluant les mesures mises en place ces dernières années, Terra Nova exhorte à aller plus loin. La loi de 2014 sur l’égalité réelle entre les femmes et les hommes a en effet permis la mise en place d’un système de garantie des impayés de pension alimentaire (Gipa), chapeauté par la caisse d’allocations familiales (CAF) : désormais, après un mois d’impayé (contre deux auparavant), la CAF peut verser une allocation de soutien familial au parent isolé confronté à un mauvais payeur (115,30 euros) et engager des démarches de recouvrement auprès de ce dernier. Une agence de recouvrement des impayés (Aripa), elle aussi sous l’égide de la CAF, a également vu le jour en janvier 2017 pour accompagner les parents dans leurs démarches et engager le recouvrement.

    Mais pour le directeur général de Terra Nova, Thierry Pech, ce système laisse à désirer en ce qu’il fait « reposer sur les mères la décision de poursuivre ou pas le mauvais payeur, et cette décision est impossible à prendre, notamment pour des raisons psychologiques », déplore-t-il. Et de conclure : « Ce qui n’est pas pris en compte, c’est la charge mentale que cela représente. » Sans compter que cela suppose connaître le dispositif et avoir le cœur de se lancer dans pareille procédure… Résultat : Terra Nova estime que seules 37 000 familles ont engagé des procédures de recouvrement via ce système, soit moins de 20 % des bénéficiaires potentiels.
    « Outil de chantage »

    Le groupe de réflexion suggère ainsi de rendre obligatoire le recours à une agence de gestion et de recouvrement, à l’image de ce qui se fait au Québec. Là-bas, depuis 1995 et la Marche du pain et des roses au cours de laquelle les féministes de la province francophone ont manifesté pour dénoncer la précarité, la gestion et le paiement des pensions alimentaires ont été confiés à un organisme gouvernemental, l’agence Revenu Québec. Dès qu’un jugement est prononcé pour fixer une pension alimentaire, une copie en est automatiquement confiée à cette agence, habilitée à prélever le montant des pensions alimentaires directement sur les revenus des débiteurs. L’organisme peut par ailleurs avancer jusqu’à trois mois de versement en cas de besoin. Et les résultats sont là : tandis qu’avant 1995, seuls 45 % des débiteurs versaient leur dû d’eux-mêmes, ce taux caracole désormais à 96 %.

    « Le regard d’une tierce personne peut jouer un rôle dissuasif et permet de faire tampon entre les parents », appuie la porte-parole du collectif Abandon de famille, tolérance zéro, Stéphanie Lamy, qui milite contre les « violences économiques » et soutient la mise en place en France d’une solution similaire à celle établie au Québec pour éviter que la pension alimentaire ne devienne un « outil de chantage ». Pour la militante, il est grand temps de s’attaquer à cette question des mauvais payeurs et de faire appliquer la loi. Car le délit d’abandon de famille tel que prévu par l’article 227-3 du code pénal est passible de deux ans de prison et de 15 000 euros d’amende, dès lors que le mauvais payeur ne passe pas en caisse à dessein, et ce depuis plus de deux mois. « Or, dans les faits, beaucoup de plaintes sont classées sans suite », déplore Stéphanie Lamy.

    La semaine dernière, elle a lancé une pétition pour dénoncer un risque de dépénalisation de l’abandon de famille en raison de la réforme de la justice. Car désormais, la modification des pensions alimentaires pourrait être effectuée par la Caisse d’allocations familiales, et non plus par un notaire ou un juge aux affaires familiales. Or le délit d’abandon de famille tel qu’il est défini actuellement est constitué dès lors que n’est pas appliquée une décision judiciaire ou une convention « judiciairement homologuée ». Ce qui exclut les documents émanant de la CAF.
    « Pas assez efficace »

    En déplacement à Pessac (Gironde) la semaine dernière, le président de la République s’est voulu rassurant : « Nous n’irons pas vers une dépénalisation », a-t-il dit. La secrétaire d’Etat à l’Egalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, a quant à elle assuré au Figaro, le 26 février, que le gouvernement étudie actuellement la faisabilité d’un système à la québécoise. Mi-février déjà, lors d’un déplacement à Bergerac (Dordogne), Marlène Schiappa avait reconnu que « le système actuel n’est pas assez efficace ».

    Terra Nova suggère enfin d’augmenter le montant de l’allocation de soutien familial différentielle : si les ressources du débiteur sont faibles, la CAF verse un complément à la pension alimentaire pour atteindre un montant minimum, qui s’élève actuellement à 115,30 euros. Terra Nova suggère de l’augmenter pour atteindre 170 euros. Enfin, pour le think tank, il serait bon de rendre obligatoires les sessions de préparation à la coparentalité, pour limiter les conflits entre parents.

    (1) Sont considérées comme pauvres les personnes ayant des ressources inférieures à 60 % du revenu médian. Soit, en 2018, 1 026 euros pour une personne vivant seule et 1 334 euros pour un parent élevant seul un enfant de moins de 14 ans.

    • C’est moi ou il y a plein de textes intéressants aujourd’hui d’un coup d’un seul ?

      Intéressant, de signaler que le fait qu’il s’agit d’une relation de gré à gré (et donc au bon gré du dominant, de celui qui peut se contenter d’une menace de ne pas payer sans être violent) met les femmes dans cette situation de ne pas recevoir d’aide financière pour élever les gosses de leurs ex. J’en profite pour signaler qu’en cas de garde alternée ce sont toujours les femmes qui allongent le plus de frais (c’est pas moi qui le dis, y’a des travaux dessus) pour l’éducation, la santé, l’habillement, ces trucs qui ne sont pas du « allez les enfants on va au ciné ou au restau » mais des trucs impossibles à refuser de payer quand on voit que le gosse en a besoin et quand le père ne le voit pas. Je dis ça, des fois que la fausse bonne idée arrive de rendre ce partage-là de responsabilités automatique alors qu’en l’état de ce qu’on sait des relations entre conjoint·es après une séparation, les femmes ont besoin de #pension_alimentaire (ou de pognon, plus simplement).

      cc @sandburg pour le modèle allemand ?


  • Les Allemandes bientôt contraintes de révéler leurs aventures extra-conjuguales - Journal des Femmes
    http://www.journaldesfemmes.com/societe/actu/1614558-allemagne-relation-extra-conjugale-paternite

    L’Allemagne est en passe de voter une loi plutôt étonnante. Les femmes pourraient être contraintes de révéler à leurs conjoints hésitants la véritable identité du père de leur enfant. Si l’homme a des doutes sur le géniteur de l’enfant, il pourra donc faire appel à cette nouvelle législation pour obliger celle qui partage sa vie à avouer des relations extra-conjugales. Ce projet de loi a été proposé par le ministre de la Justice Heiko Maas et il sera présenté au conseil des ministres le 31 août 2016 en vue de sa soumission prochaine au Parlement. L’Homme politique a affirmé, selon l’AFP : « Nous voulons assurer davantage de droits et de moyens de recours légaux aux faux pères [...] la mère ne doit pouvoir garder le silence que s’il y a des raisons très sérieuses de ne pas identifier le père biologique. » En cas d’infidélité avérée, le « faux père » pourrait alors prétendre à des « frais d’entretien » auprès du vrai géniteur et ce, jusqu’à 2 ans.
    Une originalité qui laisse cependant perplexe. Le ministre de la Justice n’a pas précisé les sanctions encourues ni le pourcentage de population susceptible d’être touché par cette loi. Qui plus est, dans quelle mesure peut-ont contraindre l’intéressée à parler ? Il faudrait par ailleurs faire passer de multiples tests ADN, un coût élevé pour l’État. Cela reviendrait aussi à punir par la loi l’infidélité...

    #paternité #adultère #patriarcat #filiation #droit_du_sang #pension_alimentaire #divorce #mariage


    • La voix du mort.
      Voir les commentaires sur ce drame.
      Plus c’est ignoble, plus longtemps ça reste sur l’article.
      Voir aussi par exemple ce titre d’article :
      CAF : 247 millions d’euros de fraude détectés en 2015, une hausse de 18 %

      Au hasard, d’autres titres d’article :
      – Unité de déradicalisation de Lille-Annœullin : les sept détenus apprécient le confort
      – La Grande Guerre vue de Roubaix : drôles d’histoires de cochons
      – Le logo des Hauts-de-France, c’est pour ce vendredi ou pour plus tard ?

      Mais aussi : La Voix de la Police, votre quotidien local
      http://labrique.net/index.php/thematiques/histoires-du-bocal/811-la-voix-de-la-police-votre-quotidien-local

    • Ça va mieux. 398 euros par mois pour une femme et ses deux enfants.

      « À part me dire que je dois demander une #pension_alimentaire au papa de mes enfants, je n’ai rien de plus. La CAF m’a même supprimé mon APL », nous avait-elle répondu. Encore un peu plus fatiguée par ses problèmes qui s’accumulaient et dont elle ne voyait pas d’issue. Sans RSA, sans APL, Émilie n’avait plus que l’allocation enfant handicapée belge pour vivre (398 euros), et nous avait dit doucement, sans s’énerver, « être à bout », ne plus savoir « comment s’en sortir ».

      #suicide #allocataire #CAF #RSA #APL

    • Ah merci de remonter cette affaire en tête des préoccupations, un moment j’ai cru que les seenthisien·es s’inquietaient plus des standards du HTML5

      Concernant « À part me dire que je dois demander une #pension_alimentaire au papa de mes enfants » oh ben merde, ça dure encore ce #sévice_administratif ? j’y ai eu droit. Tu sais, quand t’as déjà réussi à virer le mec, t’es pas encore sortie de l’auberge, car même s’il fait l’autruche t’as pas envie de te le mettre à dos quand tu as personne pour t’aider. T’es juste en plein #désespoir, tu bouffes déjà ton échec de vie, l’amour s’est arrêté, tu survis, et tu sais plus comment élever tes mômes et bouffer. Alors, si il peut le/la/les prendre le week-end, tu ravales ta fierté, tu te dis que tu souffles au moins un peu, mais non, t’as un robot CAF devant toi qui lit la prescription de juriste pour t’enfoncer un peu plus et te demande de l’attaquer.
      Misère, j’ose pas imaginer ce que ça peut être quand en plus ton enfant est handicapé.
      #mère_isolée #faites_des_enfants_qui_disaient

    • Si tu acceptes d’attaquer le père en justice (la CAF peut aussi le faire pour toi il me semble) et quand il est prouvé qu’il n’a pas les moyens de payer une pension, alors seulement la CAF verse une aide de pension forfaitaire. Faut pas rêver non plus, en tout cas pour moi, il y a 15 ans, ça s’élevait à environ 100€ … (si, si, par mois) j’ai préféré renoncer tellement je trouvais ça lamentable.

      Mais si tu refuses de mener le père en justice, la CAF ne te verse pas ce forfait.

      Je ne sais pas comment ça a évolué, ce qui m’avait choqué, c’est aussi la façon dont ça avait été présenté dès le premier entretien CAF. Parce que oui, à un moment tu vas retrouver l’envie d’agir, mais quand tu connais la justice et ses lenteurs, que ton couple s’est séparé violemment, tu veux juste de l’air et du temps. Perso, j’ai attendu 5 ans avant d’agir, et je l’ai trainé en médiation familiale, c’est vraiment bien cette possibilité, mais il faut être un peu apaisé pour mener l’autre à grandir, tu peux faire un contrat écrit avec le père aidé de l’intervenant puis passer ensuite devant le juge. Bon, la première fois où il a versé les 150€ dont on avait convenu, il n’a pas pu s’empêcher de me dire « Tiens, c’est pour le racket », la môme avait 7 ans … la fois suivante, il avait mon RIB pour que je m’évite de péter un cable.

    • C’est totalement dégueulasse que le versement des prestations soient conditionné au lancement d’une procédure faute de quoi la #pension-alimentaire est pas versée, sous couvert de « ne pas accorder de droits sans avoir ouvert au préalable tous les droits accessibles » (pour limiter les #indus ultérieurs et freiner l’accès aux #allocations). Pas de tunes si on se fait pas la guerre. Cette contrainte succède élégamment à celles de la vie maritale et en rajoute sur celles qui pèsent déjà sur la séparation, cf @touti). Les modalités facilitées qui ont été créées (autoriser la CAF à poursuivre), si elles ont des effets dans d’autres cas, sont avant tout une manière de susciter/entretenir la #guerre_entre_pauvres, « à une - adossée à l’#état - contre un ». On affiche ses bonnes intentions : assurer un partage, aussi minimal soit-il, des responsabilités parentales implique de contraindre des femmes à se faire les agentes d’un processus de #judiciarisation.

      #micropolitique #féminisme_alibi_de_l'État


  • Les #mères_isolées, « seules capitaines à bord », pour le meilleur et pour le pire
    http://www.lemonde.fr/societe/article/2016/06/02/les-meres-isolees-seules-capitaines-a-bord-pour-le-meilleur-et-pour-le-pire_

    Sous la grande verrière du jardin d’acclimatation de Paris, Angeline Serebo a trouvé ce qu’elle cherchait : un huissier de justice. Infirmière, elle élève seule ses cinq enfants, âgés de 5 à 22 ans. Elle a une « bonne entente » avec le père des deux aînés. En revanche, celui des trois plus jeunes, dont elle est divorcée, a « disparu dans la nature », explique-t-elle. Elle cherche à récupérer la #pension_alimentaire qu’il ne paie plus depuis juillet 2014. Son interlocutrice lui explique comment procéder et à quel coût.

    Tout autour, d’autres femmes consultent des avocats, des psychologues, des assistantes sociales, des représentants d’associations et d’entreprises, des personnels de la ville de Paris, de la Caisse d’allocations familiales (#CAF), ou du Quai d’Orsay (pour le recouvrement des pensions à l’étranger), ou même des conseillères en esthétique.

    Tous ont été rassemblés, mercredi 1er juin, par la fondation K d’urgences, qui organise chaque année une journée consacrée aux #familles_monoparentales, avec le soutien de la CAF et d’#entreprises dont #LVMH, propriétaire du jardin d’acclimatation.

    « L’idée est de réunir tout ce dont elles ont besoin, observe la journaliste Christine Kelly, présidente et fondatrice de K d’urgences. C’est une situation très difficile. Ce sont les premières victimes de la crise. » Chaque année la manifestation grandit : un millier de personnes se sont inscrites.

    Chaque minute compte
    Ce qui était jadis une exception, le plus souvent liée au veuvage, est en train d’entrer dans la norme....

    #paywall...

    • @colporteur just ask :

      Sous la grande verrière du jardin d’acclimatation de Paris, Angeline Serebo a trouvé ce qu’elle cherchait : un huissier de justice. Infirmière, elle élève seule ses cinq enfants, âgés de 5 à 22 ans. Elle a une « bonne entente » avec le père des deux aînés. En revanche, celui des trois plus jeunes, dont elle est divorcée, a « disparu dans la nature », explique-t-elle. Elle cherche à récupérer la pension alimentaire qu’il ne paie plus depuis juillet 2014. Son interlocutrice lui explique comment procéder et à quel coût.

      Tout autour, d’autres femmes consultent des avocats, des psychologues, des assistantes sociales, des représentants d’associations et d’entreprises, des personnels de la ville de Paris, de la Caisse d’allocations familiales (CAF), ou du Quai d’Orsay (pour le recouvrement des pensions à l’étranger), ou même des conseillères en esthétique.

      Tous ont été rassemblés, mercredi 1er juin, par la fondation K d’urgences, qui organise chaque année une journée consacrée aux familles monoparentales, avec le soutien de la CAF et d’entreprises dont LVMH, propriétaire du jardin d’acclimatation.

      « L’idée est de réunir tout ce dont elles ont besoin, observe la journaliste Christine Kelly, présidente et fondatrice de K d’urgences. C’est une situation très difficile. Ce sont les premières victimes de la crise. » Chaque année la manifestation grandit : un millier de personnes se sont inscrites.
      Chaque minute compte
      Svanhilde Bolens, 26 ans, et sa fille, Manon, 3 ans et demi. Habite à Saint-Chéron (91). Ancienne militaire, elle est en reconversion pro pour devenir assitsante médico-sociale. « Avec le papa, on s’est connu à 16 ans. On s’est séparé quand Manon avait 1 an ».

      Ce qui était jadis une exception, le plus souvent liée au veuvage, est en train d’entrer dans la norme. Selon les derniers chiffres de l’Insee, 1,5 million de familles sont composées d’un parent sans conjoint résidant avec au moins un enfant mineur, soit une famille sur cinq.

      Dans 85 % des cas ce parent est une femme. Elles sont davantage touchées par le chômage, la précarité, les difficultés à se loger correctement, la pauvreté. Mais, comme le relève une enquête publiée mardi 31 mai par l’association Uniparent, la réalité est contrastée : 82 % des 900 personnes interrogées se disent fières d’élever seules leurs enfants.

      Dans ces vies, chaque euro compte, chaque minute compte. Pourtant, Angeline est « moins fatiguée » depuis qu’elle est seule avec ses enfants. « Avant je vivais sa vie à lui et non la mienne, relate-t-elle. On mangeait ce qu’il aimait, on ne partait pas en vacances parce qu’il ne voulait pas. Le fait qu’il ne soit pas là m’allège car je n’ai plus à m’occuper de lui. Je suis seul capitaine à bord. »

      Hélène Soriano aussi trouve cela « pas si dur » de vivre sans son mari, qui l’a quittée en laissant une dette de loyer de plus de 3 000 euros. Auxiliaire de vie à mi-temps, elle doit faire des heures de ménage en plus pour boucler son budget. Son ex-mari reçoit leur fils de 12 ans un samedi soir par mois, quand Hélène lui demande. Elle doit fournir le repas. Et pourtant, elle « profite » de ce qui est malgré tout une liberté retrouvée.

      Sa sœur cadette, Stéphanie, vit elle aussi seule avec ses trois enfants. « Pour moi c’est une libération », s’exclame cette dernière. Son mari était violent. Comme il ne paie plus sa pension, la cagnotte qu’elle réservait à la semaine annuelle de vacances pour les enfants est engloutie.

      Lors de la séparation il y a sept ans, elle a dû quitter son travail de réceptionniste dans un hôtel car elle ne pouvait plus travailler le soir et le week-end. « Mon salaire ne suffisait pas à payer les frais de garde », relève-t-elle. Le revenu de solidarité active (RSA) et les allocations de la CAF la font vivre pour l’instant. Elle a repris des études de français langue étrangère et aimerait enseigner.
      « Un stress permanent »
      Celine Juin, 40 ans, salariée dans une société de vente à domicile, élève ses 3 filles, seule à Orly (94). Elle est bénévole à l’association K d’urgences après avoir été conseillée par celle-ci, quelques années auparavant.

      La difficulté à faire garder les enfants revient comme une antienne. Anicette Nguemo Lahet, 32 ans, mère d’une fille de 6 ans, est secrétaire médicale à mi-temps. Elle aimerait « reprendre des études et accéder à un poste plus valorisant ». Mais comment étudier le soir quand on est seule à Paris, sans pouvoir payer un baby-sitting ?

      Pour obtenir une place en crèche, les femmes qui ne travaillent pas ne sont pas prioritaires. La fille de Sylvie Diomande, 35 ans, est gardée deux fois trois heures chaque semaine. Pas assez pour chercher efficacement du travail. Elle ne veut pas en demander plus aux amis qui l’hébergent. Ces deux femmes n’ont jamais vécu avec le père de leurs enfants. Les grossesses n’étaient pas prévues.

      C’est également le cas de Marie-Hélène, 45 ans (le prénom est modifié). Son ex-compagnon n’a pas reconnu leur fille de 5 ans. Auparavant chargée de mission à l’international, elle a été « écrasée par la fatigue » après la naissance, et n’a pas eu l’énergie de chercher de nouveaux contrats. Elle vit désormais au RSA, sans parents proches pour l’aider. Ses amis s’éloignent. Elle décrit « un stress permanent ». « On est seul pour tout, détaille-t-elle. On ne peut pas dire : “chéri, tu achèteras une baguette”. La vie psychologique, les loisirs, l’école, les fringues, les vacances, c’est moi. »

      Ce tête-à-tête a ses avantages et ses inconvénients. « Les enfants ont besoin d’un père, pour son autorité », affirme Iwona (le prénom est modifié), une Polonaise de 44 ans qui habite un studio parisien avec ses deux enfants. « On ne peut pas partager les responsabilités, relève Jérôme Mendiela, 53 ans, l’un des rares pères présents. Celui qui est seul avec les enfants doit trouver toutes les réponses à leurs questions. » Avec ses trois grands enfants et son salaire confortable, ce dernier se dit « conscient de [s]a chance ».

      Pour tous, entretenir une vie sociale est un défi. Se remettre en couple semble inatteignable. « Pas le temps ! », disent la plupart des femmes. Certaines le regrettent. « La vie est plus facile à deux, affirme Sandra (le prénom est modifié), 38 ans, « en embrouille » avec le père de son enfant de 9 mois, dont elle est à nouveau enceinte. Je recherche l’équilibre d’un foyer. » Angeline, elle, n’a pas envie de retrouver un mari. Un petit ami oui, mais « qui vit chez lui et pas chez moi ».


  • Du nouveau dans les pensions alimentaires garanties | France info
    http://www.franceinfo.fr/emission/c-est-mon-epoque/2015-2016/les-pensions-alimentaires-garanties-24-02-2016-06-23

    C’est un fléau moderne. 4 pensions alimentaires sur 10 ne sont pas versées. Très souvent, les #femmes en sont victimes. Il y a de nouvelles solutions pour lutter contre ces impayés. A partir du 1er avril, la caisse d’allocations familiales simplifie les démarches.

    Mieux encore, la #CAF dégaine un dispositif qui sait tout faire en matière de #pension_alimentaire. D’abord ça ira beaucoup plus vite : la pension n’est pas versée, elle fait défaut une seule fois. Le mécanisme est déclenché sans attendre deux mois d’impayés. Et dans la limite de 100 euros par mois, le parent va tout de suite recevoir de l’argent. Ensuite, le système devient plus souple. Ce n’est plus tout ou rien, ou une pension alimentaire ou une allocation de soutien. On va panacher. Du coup, tout le monde touchera au minimum 100 euros. Par exemple, le juge a fixé la pension à 50 euros. Elle est bel et bien payée par le parent qui la doit. La caisse d’allocations familiales intervient tout de même parce qu’elle va compléter tous les mois pour arriver à 100. Auparavant une pension, même minuscule, ça interdisait tout simplement de toucher le fameux complément de soutien.

    Du nouveau également pour le parent qui doit verser la pension

    La CAF va se retourner elle-même contre le parent qui ne paie pas, et avec de nouvelles armes : saisie sur salaire, sur indemnités chômage ou sur pension de retraite et même prélèvement possible directement sur le compte bancaire.
    C’est tout nouveau, elle porte bien son nom, c’est une #procédure_de_paiement_direct. La caisse d’allocations familiales n’a même plus besoin de recourir à un huissier. Elle a désormais le pouvoir d’aller chercher les sous là où ils sont, et de remonter le temps : jusqu’à 24 mois d’arriérés, c’est-à-dire deux ans contre six mois avant la réforme.

    En réalité, c’est un coup de pouce pour les femmes

    On estime que 100.000 foyers sont potentiellement concernés, ce sont des « familles monoparentales ». Mais derrière cette dénomination, dans 85% des cas, on parle d’une femme, une mère qui élève seule son ou ses enfants avec bien souvent de petits moyens. Alors, ce nouvel arsenal a été testé dans 20 départements pendant un an et demi, avec succès. Et du coup, la décision est prise. Cette garantie contre les impayés de pensions alimentaires, la GIPA, sera étendue à toute la France dès le 1er avril.

    Jusqu’alors, la CAF imposait aux femmes concernées de lancer des procédures contre les pères carents.
    On a là une extension des capacités de récupération des indus par une caisse sociale.

    #recouvrement #indu


  • Un enfant de divorcés sur cinq vit en résidence alternée (La-Croix)
    http://www.la-croix.com/Famille/Couple/Un-enfant-de-divorces-sur-cinq-vit-en-residence-alternee-2015-01-27-127323

    Qu’on ne s’y trompe pas toutefois  : la résidence chez la mère reste ultra-majoritaire, puisqu’elle est prononcée dans 69 % des divorces. Elle accuse toutefois une légère baisse par rapport à 2003 – où elle se montait alors à 78 % –, et ce du fait de la progression continue de la résidence alternée.

    #familles #garde_alternée #enfants #stéréotype