#peopolisation

  • Accusé d’inceste sur son beau-fils, Olivier Duhamel démissionne de ses fonctions
    https://www.lefigaro.fr/flash-actu/accuse-d-inceste-sur-son-beau-fils-le-politologue-olivier-duhamel-demission

    Accusé d’inceste sur un des ses beaux-fils dans un livre à paraître jeudi, le politologue Olivier Duhamel a annoncé lundi mettre fin à l’ensemble de ses fonctions, dont celle de président de la Fondation nationale des sciences politiques (FNSP). « Étant l’objet d’attaques personnelles, et désireux de préserver les institutions dans lesquelles je travaille, j’y mets fin à mes fonctions », écrit sur Twitter le politologue, qui anime par ailleurs une émission sur Europe 1 et est chroniqueur sur LCI.

    Le Monde et L’Obs dévoilent lundi les bonnes feuilles de l’ouvrage de la juriste Camille Kouchner, « la Familia grande » (Ed. Seuil), dans lequel elle accuse son beau-père, Olivier Duhamel, d’avoir agressé sexuellement son frère jumeau quand il avait 14 ans. « J’avais 14 ans et j’ai laissé faire (...). J’avais 14 ans, je savais et je n’ai rien dit », écrit Camille Kouchner, maîtresse de conférences en droit de 45 ans, selon des extraits du livre. Elle et son frère sont les enfants de l’ex-ministre Bernard Kouchner et de la professeure de droit Evelyne Pisier (morte en 2017), qui avait ensuite épousé le politologue Olivier Duhamel. . . . . .

  • Irène Bonnaud - L’intégralité de l’article du Monde sur Zoé...
    https://www.facebook.com/irene.bonnaud/posts/401796069995100

    L’incorruptible de la Vouli, figure de Syriza
    LE MONDE | 07.03.2015
    Par Adéa Guillot (Athènes, correspondance)

    La nuit est tombée depuis longtemps sur Athènes, ce mercredi 4 mars. Dans les couloirs déserts de la Vouli, le Parlement grec, le calme règne sauf dans l’antichambre du bureau de la présidente Zoé Konstantopoulou. Il est plus de 23 heures et plusieurs personnes attendent pour voir la jeune femme. « C’est comme cela tous les jours depuis sa prise de fonction le 6 février », explique une employée venue déposer plusieurs dossiers à traiter pour le lendemain. « La journée, elle enchaîne les rendez-­vous, mène les débats à la tribune puis le soir reçoit jusqu’à 2 ou 3 heures du matin. Cela fait plus de trente ans que je travaille ici, je n’ai jamais connu une telle force de travail », s’étonne cette fonctionnaire qui a pourtant vu défiler une petite dizaine de présidents.

    Zoé Konstantopoulou, députée du parti de la gauche radicale Syriza – qui a gagné les élections législatives du 25 janvier en Grèce –, a été triomphalement élue le 6 février présidente du Parlement avec 235 voix sur un total de 298 députés présents. Un record. Elle est aussi, à 38 ans, la plus jeune présidente de la Vouli et la deuxième femme seulement à exercer cette fonction. « Un alibi pour Syriza qui n’a désigné aucune femme ministre dans son gouvernement et qui a vite rectifié le tir en proposant M Konstantopoulou à la tête du Parlement, ironise un député du parti d’opposition Nouvelle Démocratie (ND, conservateur). Depuis, elle joue les dominatrices à la tribune du haut de son mètre 80, mais elle va devoir apprendre que l’on ne peut pas diriger un Parlement en se mettant à dos les députes eux­mêmes. »

    Ces propos violents ne surprennent pas l’intéressée : « Il y a un véritable problème générationnel et de sexisme parmi ceux qui ont gouverné la Grèce jusqu’ici, mais ils devront s’habituer. Je compte changer ce Parlement, en faire un exemple de démocratie, de liberté mais aussi de responsabilité. »

    Grande, très grande, sa silhouette puissante domine bien souvent l’assemblée dans laquelle elle se trouve. Toujours strictement habillée de tailleurs noirs, perchée à longueur de journée sur des talons de 7 centimètres et avec comme seule parure sa longue chevelure brune, la jeune femme tranche dans une Vouli encore largement masculine. « Avoir seulement 69 femmes sur 300 députés au Parlement montre que la route reste longue en termes de parité, souligne­-t­-elle, installée dans son vaste bureau aux mosaïques murales baroques. Moi, j’ai eu deux grands­-mères exceptionnelles, Zoé et Vasso. Des femmes autodidactes, fortes, qui m’ont appris à complètement choisir ma vie, à ne rien subir. Alors, quoi qu’en pensent certains, je ne suis pas là seulement pour répondre à des impératifs de parité. »

    Bain militant

    Selon Manolis K. Hatziyakoumis, l’un de ses anciens professeurs, « Zoé a toujours eu une flamme, une curiosité et surtout un sens de l’intérêt général développé ». Ce vieux monsieur très digne fut le professeur particulier de toute une génération de Grecs qui sont aujourd’hui à des postes­-clés comme l’actuel maire d’Athènes, Georges Kaminis, ou l’ancien recteur de la faculté de droit et député conservateur, Théodore Fortsakis. Souvent des juristes. « Pour moi, ce qui a toujours compté, c’était de faire de mes élèves des humanistes. La justice est mère de toutes les vertus, disaient les Grecs anciens. J’y crois totalement et, avec les notions de mesure et d’éthique, c’est ce que j’ai enseigné à Zoé et je pense que pour elle la Loi, c’est tout. »

    Issue d’une lignée d’avocats, elle choisit très tôt de suivre l’exemple familial et entreprend des études de droit à l’université d’Athènes, qu’elle complétera par un master 2 en droit pénal européen décroché à la Sorbonne, à Paris, en 2000, puis par un diplôme en droits de l’homme et droit pénal, national et international de l’université Columbia, à New York. Parallèlement, elle s’implique dans les organisations syndicales étudiantes, accorde bénévolement des conseils juridiques et enseigne l’anglais aux détenus de la prison de Fresnes (Val­de­Marne) lors de son passage en France. « Il est très important de donner un peu de ce que tu reçois. Je pense que les étudiants, surtout en droit, peuvent être très rapidement utiles à la société », estime­t­elle. Devenue avocate, elle représente notamment la famille d’Alexis Grigoropoulos, cet adolescent tué en décembre 2008 par un policier grec à Athènes et dont la mort avait provoqué trois semaines d’émeutes urbaines. « Ce n’était qu’un môme de 15 ans sorti boire une limonade avec ses copains. Quand j’ai appris la nouvelle, j’ai ressenti au ventre cette injustice. Nous avons obtenu la prison à vie pour l’assassin et dix ans pour son complice », se félicite­-t-elle, soudain dure.

    Son père, Nikos Konstantopoulos, lui-­même avocat, fut entre 1993 et 2004 le président du Synaspismos, un parti de gauche radicale devenu depuis la principale composante de Syriza. Sa mère, la journaliste Lina Alexiou, a quant à elle souvent dénoncé les injustices sociales dans ses reportages. La jeune Zoé a donc été plongée dans un bain militant dès son enfance. « C’est la fille de son père. Très ambitieuse et voulant depuis toujours se donner les moyens de grimper un jour au sein de Syriza », juge un député ND. « Je portais bien sûr de l’intérêt à la politique, répond Zoé Konstantopoulou, mais je pensais plutôt en rester éloignée ! Car je sais à quel point c’est un processus exigeant et j’adore mon travail d’avocate. » Pourtant, en 2009, la jeune femme rejoint la liste Syriza pour les élections européennes. « Mais ce n’est véritablement qu’avec la crise que j’ai décidé de m’investir. Cela devenait un devoir », affirme­t­elle.

    « Coups de gueule légendaires »

    En juin 2012, elle est élue député. Commence alors une période mouvementée qui va la faire connaître du grand public. La lutte contre la corruption et la fraude fiscale devient son cheval de bataille. Elle écrit le Livre noir de la honte qui compile les affaires politico-­financières que son parti considère comme scandaleuses et surtout se lance dans une véritable croisade autour de la « liste Lagarde » qui contient les noms d’exilés fiscaux grecs en Suisse, « une radiographie parfaite de la corruption et de la collusion à la grecque », selon elle.

    Livrée en 2010 par l’ancienne ministre française de l’économie Christine Lagarde à son homologue grec de l’époque Georges Papaconstantinou, il aura fallu attendre la formation d’une commission parlementaire d’enquête pour qu’elle soit examinée. Zoé Konstantopoulou en est la rapporteuse et se montre la plus offensive lors des auditions de témoins. La jeune femme ne recule devant aucune question qui fâche et provoque des colères sans précédent qui s’entendent depuis l’extérieur de la salle où les débats se passent à huis clos.

    « Ses coups de gueule sont restés légendaires », s’amuse l’un de ses proches. Pour Méliza Méya, son amie d’enfance et témoin à son mariage en 2014 avec le marin Apostolis Mantis, « la Zoé passionnée queles gens ont découverte est celle que je connais depuis toujours. Dès l’école primaire, elle était ultra-sensible à l’injustice et se battait pour ses droits ou ceux de ses camarades. Enfants, nous étions fans de la série américaine “Matlock”, l’histoire d’un avocat qui remportait n’importe quel procès ! » Méliza Méya décrit une femme « simple » et « joyeuse » dans l’intimité, mais « qui doit s’armer de sérieux et de sévérité face à ce monde politique qui a peur de perdre ses privilèges et qui est très violent à son égard ».

    Depuis son arrivée à la tête du Parlement, Zoé Konstantopoulou ne s’est pas fait que des amis. « On la surnomme Robespierre parce qu’elle aime faire tomber les têtes et qu’elle se pose en incorruptible moralisante comme le révolutionnaire français », raconte un député du parti de centre gauche To Potami (« La Rivière »). « Elle ne se comporte pas normalement avec le souci de l’équilibre et du compromis qui doit caractériser un président de Parlement, accuse Manolis Kéfaloyiannis, député ND avec lequel Zoé Konstantopoulou s’est à plusieurs reprises accrochée. Elle est un peu populiste. Elle donne son avis sur tout. » Pour Stavros Theodorakis, le président de To Potami, « elle nous prouve chaque jour qu’elle ne sait pas collaborer et je crois que même le premier ministre Alexis Tsipras regrette de l’avoir mise là ».

    Un esprit farouche d’indépendance

    Une référence directe au refus de Zoé Konstantopoulou de voter, lors d’une réunion du groupe parlementaire le 25 février, en faveur de l’accord conclu cinq jours plus tôt entre le gouvernement grec et ses créanciers et qui prévoit la prolongation de quatre mois du programme de prêts en cours. « Il s’agissait d’une consultation interne au parti, mais je crois qu’il est essentiel que dans les procédures importantes chacun donne son avis franchement », répond sans détour la jeune femme. Cet esprit farouche d’indépendance agace au sein même de son parti. « Zoé roule d’abord pour elle­même et son ambition est certainement aussi de se placer en dauphin potentiel au sein de Syriza », estime un membre du Comité central de Syriza.

    Le 4 mars, Zoé Konstantopoulou a présenté un catalogue de réformes qu’elle souhaite lancer au Parlement. Mettre fin à plusieurs privilèges des députés, lutter contre l’absentéisme parlementaire en menaçant de couper 1/5 de leur salaire aux élus qui ne se présenteraient pas aux sessions plus de cinq fois par mois…

    Certaines de ses annonces font grincer des dents dans une institution peu habituée à tant d’intrépidité. La présidente a surtout promis la création dans les prochaines semaines d’un comité d’audit de la dette grecque. « L’objectif est de déterminer l’éventuel caractère odieux, illégal ou illégitime des dettes publiques contractées par le gouvernement grec », précise-t­-elle, faisant allusion à plusieurs affaires de corruption et à l’opacité qui entoure l’achat d’armes par son pays. « Le peuple a le droit de demander que la partie de la dette qui est illégale – si cela est avéré à l’issue de la commission – soit ef acée. » Une déclaration explosive alors que le gouvernement grec, qui a longtemps souhaité un effacement d’un pan de la dette, semble s’être rendu ces dernières semaines aux arguments de ses créanciers et ne parle plus désormais que de rééchelonnement.

    « Nous n’en sommes qu’au début des négociations avec nos bailleurs de fonds, martèle Zoé Konstantopoulou. Il ne faut pas admettre que l’Eurogroupe soit le seul interlocuteur de la Grèce car l’humanité n’est pas faite que de relations économiques. » Renforcer la démocratie, replacer les peuples et leurs droits au centre des projets politiques, en Grèce comme en Europe, « ce ne sont pas des objectifs romantiques mais indispensables si l’on ne veut pas que l’Europe explose », conclut la jeune femme. Une vraie profession de foi se permet-­on de lui faire remarquer. Et Zoé Konstantopoulou de répondre, malicieuse : « Vous savez que mon bureau, ici, c’était la chapelle de la fille du roi lorsque le Parlement était encore le palais royal ? » Va pour la profession de foi donc, « mais républicaine et démocratique ».

    #Syriza #féminisme #eurogroupe #corruption #dette