Jeudi juillet, Amnesty International a publié une longue prise de position [ ►https://www.amnesty.fr/reperes/loi-presomption-legitime-defense-de-la-police-ce-qu-il-faut-savoir ] dénonçant, si la loi devait être adoptée, « une #inversion inédite de la charge de la #preuve » après le tir d’un membre des forces de l’ordre. Démontrer qu’une telle action est bien conforme à la loi ne reposerait plus, désormais, sur l’Etat, mais bien sur les « familles des victimes », auxquelles il reviendrait « de prouver que le tir responsable de la mort de leur proche était illégal ».
« Concrètement, observe pour sa part un collectif regroupant, entre autres, le Syndicat des avocats de France, celui de la magistrature ou encore la Ligue des droits de l’homme, le fonctionnaire ayant fait usage de son arme à feu ne pourrait plus être placé en garde à vue, ce qui fera obstacle au recueil de sa version, à la réunion des premiers indices et, in fine, à la manifestation de la vérité. » Ce qui serait de nature à « renforcer le sentiment de l’existence d’une impunité policière partagé par une partie de la population et affaiblir la confiance dans l’Etat de droit », écrit Jean-Marie Burguburu, président de la Commission nationale consultative des droits de l’homme dans un communiqué publié le 30 juin.
Dans un avis daté du 26 juin [ ►https://www.defenseurdesdroits.fr/avis-sur-la-proposition-de-loi-visant-reconnaitre-une-presomption ], particulièrement étoffé sur le plan de l’analyse juridique, la Défenseure des droits, Claire Hédon, met en garde contre les difficultés soulevées par une telle disposition, susceptible de produire des « effets opposés, mais également problématiques » : « Soit cette présomption resterait largement dépourvue de portée utile, dès lors que l’autorité judiciaire devrait, en toute hypothèse, instruire à charge et à décharge, écrit-elle. (…) Soit elle produirait un effet pratique préoccupant, en conduisant les enquêteurs ou le parquet à considérer que l’usage de l’arme est d’emblée justifié, sauf élément manifeste du contraire. »