• via @LarrereMathilde :
    Le bousillage. Détournements et appropriations des techniques et des outils de production chez les ouvriers verriers à la fin du XIXe siècle
    https://journals.openedition.org/rh19/4342

    Dans bien des industries, « faire de la perruque » est une activité connue. Il existe pour les ouvriers une tolérance – non reconnue officiellement par les chefs d’entreprise – à détourner une infime partie des matériaux de l’atelier et de les façonner avec le matériel du lieu de travail selon les occasions. Si la perruque de métal est connue, celle de verre l’est beaucoup moins. Elle prend en cette circonstance la dénomination de bousillage avec cette différence fondamentale qu’il s’agit bien de verre, mais travaillé sur le temps libre du verrier. Sa concrétisation au travers de nombreux bousillages – le terme désigne à la fois l’objet et l’action – commence à fleurir dans les logements ouvriers verriers à partir du dernier tiers du XIXe siècle. Et que ce soit en gobeleterie (service de table), bouteillerie, flaconnage voire verre à vitres, le verrier fait montre d’une grande imagination, tant que la pièce fabriquée diffère de la production habituelle de l’établissement dans lequel il est employé. Or, aujourd’hui, seuls quelques amateurs éclairés comprennent ce que bousillage signifie. Pour la majorité de nos contemporains, cela rime davantage avec destruction plutôt qu’avec création. Grâce aux nombreuses pièces de bousillage qui constituent des collections à part entière au Musée du verre de Charleroi (Belgique) ou au Musée-atelier départemental du verre à Sars-Poteries (Nord, France), il devient possible de documenter et de comprendre une pratique de détournement technique dans le quotidien du travail.

    #perruque #bousillage

  • Un livreur soupçonné d’alimenter des cités de Gennevilliers en cocktails Molotov
    https://www.sudouest.fr/2020/04/25/un-livreur-soupconne-d-alimenter-des-cites-de-gennevilliers-en-cocktails-mo

    L’homme, employé d’Amazon, utilisait le véhicule de son entreprise pour livrer les émeutiers lors des récentes violences urbaines. Il proposait les engins incendiaires à la vente sur les réseaux sociaux
    Un livreur de 26 ans soupçonné d’avoir vendu des engins incendiaires durant les récentes violences urbaines à Gennevilliers (Hauts-de-Seine) a été mis en examen et écroué samedi soir, a indiqué la procureure de la République de Nanterre.

    Cet habitant de la ville, déjà condamné pour vol aggravé en 2015 à 18 mois de prison ferme, proposait à la vente sur les réseaux sociaux ses « cocktails Molotov prêts à l’emploi » (des bouteilles de bière remplies d’essence et équipées d’une mèche) : « six euros les cinq et dix euros les dix », a détaillé Catherine Denis.

    Enquêtant sur les violences urbaines qui se sont déroulées ces derniers jours à Gennevilliers, au cours desquelles une école a été incendiée, la police a repéré sur des images de vidéosurveillance une fourgonnette « livrant une caisse à des émeutiers ».

    L’employé d’Amazon profitait en effet de la mise à disposition de son véhicule par son entreprise pour faire ses livraisons dans plusieurs quartiers. Des engins incendiaires de nature « similaire » – bouteilles de la même marque, même mèche en tissu – ont été retrouvés chez lui par les policiers comme sur le lieu des heurts ou dissimulés dans des buissons à proximité, ainsi que des « éléments prouvant qu’il fabriquait lui-même ces engins », a indiqué la magistrate.

    #livreur #molotovs_pas_chers #perruque

  • Générateur de #perruques_Rococo, sur le site du V&A Museum

    Le 23 mars 1673, le roi #Louis_XIV institue par un édit la communauté des « barbiers-perruquiers-baigneurs-étuvistes », une corporation qui développera dans les décennies suivantes des trésors d’inventivité puisque la #perruque, de plus en plus monumentale et garnie de breloques, devient non seulement un accessoire de mode, mais aussi un marqueur de #statut_social. Voilà pour la caution historique d’un #jeu que nous propose le site du Victoria & Albert Museum de Londres : devenir, en quelques clics, créateur de perruques rococo. Laissez libre cours à toutes vos extravagances, accessoirisez sans compter, frisez de tout votre saoul, poudrez comme si demain n’existait pas, n’ayez, en somme, qu’un seul mot d’ordre : toujours plus ».


    https://www.vam.ac.uk/designawig/?xtor=EREC-31&actId=ebwp0YMB8s1_OGEGSsDRkNUcvuQDVN7a57ET3fWtrS9YsEaa7zK8WpJrv »mpaignType=CAMPAIGN_MAIL&actSource=501895

    #for_fun #histoire
    via @mobileborders

  • Désobéissance à l’usine : la perruque ouvrière - Les Utopiques
    http://www.lesutopiques.org/desobeissance-a-lusine-perruque-ouvriere

    L’illégalisme à l’usine se traduit sous la forme d’actions collectives : manifestations non autorisées dans les ateliers, refus d’accepter les ordres d’un chef haï, occupation des ateliers, grèves illégales, spontanées, piquets de grève, expulsion physique d’huissiers venus constater la grève, destruction de matériel (Metaleurop, 2003), etc. La désobéissance, hors la grève, est présente, bien que minoritaire, à travers de nombreuses formes de contournement du règlement : chahut, consommation d’alcool, de cannabis, affichage politique ou de photos dites « de charme », vol ou chapardage, travail au noir pour un autre employeur ; production illégale à des fins commerciales. Toutes les formes de déviance : coulage de la production, absentéisme volontaire (macadam), sabotage (moins fréquent1), refus de travail… existent dans les ateliers. Une des activités des plus courantes et des plus méconnues concerne « la perruque ».

    Parmi les fabrications de l’usine, toutes ne vont pas à l’employeur. La perruque fait partie de la culture et des pratiques ouvrières. Elle est aussi répandue que méconnue, la réticence à parler d’un travail illégal étant extrême. Son sens provient de l’analogie avec la perruque de cheveux qui est un trompe-l’œil, une tromperie comme l’est, pour l’employeur, la perruque industrielle. On peut définir tout de suite la perruque : « C’est l’utilisation de matériaux et d’outils par un travailleur, sur le lieu de l’entreprise, pendant le temps de travail, dans le but de fabriquer ou transformer un objet en dehors de la production réglementaire de l’entreprise ».

    #travail #perruque #illégalisme

  • Le poil en Islam et dans le monde chrétien
    https://www.franceculture.fr/conferences/musee-du-quai-branly-jacques-chirac/le-poil-en-islam-et-dans-le-monde-chretien

    Avec Marie-France Auzépy et Anne-Marie Moulin

    Professeur émérite à l’Université Paris VIII, Marie-France Auzépy s’est intéressée tout particulièrement à l’histoire de l’iconoclasme. Elle a dirigé et publié de nombreux ouvrages dont une Histoire du poil (Belin, 2011), mais aussi différents travaux autour de son thème principal de recherche, comme L’iconoclasme (Puf, Que sais-je ?, 2006).

    Agrégée de philosophie, Anne-Marie Moulin est aussi médecin, spécialisée en médecine tropicale et parasitologie. Elle a dirigé le Département Santé/Sociétés de l’Institut de Recherche pour le développement pendant plusieurs années et travaillé au CEDEJ, au Caire, de 2003 à 2008. Elle a notamment publié L’Islam au péril des femmes (Maspero 1981, rééd. 2001), Histoire de la médecine arabe, dialogues du passé avec le présent (Confluent, 1996), L’aventure de la vaccination (Fayard, 1996), et Le Médecin du Prince, Voyage à travers les cultures (Odile Jacob, 2010).

    #poil #histoire #radio #conférence #islam #christianisme #tonsure #voile #cheveux #barbe #moustache #perruque #épilation #roux #rousses #rousseur #coiffure #phanères

  • La « perruque » est un exemple de ces pratiques d’inversion et de subversion analysées par de Michel de Certeau. En usine, la perruque consiste à détourner du temps ou du matériel à des fins propres. « Accusé de voler, de récupérer du matériel à son profit et d’utiliser les machines pour son compte, le travailleur qui ’’fait la perruque’’ soustrait à l’usine du temps (plutôt que des biens, car il n’utilise que des restes) en vue d’un travail libre, créatif et précisément sans profit. Sur les lieux mêmes où règne la machine qu’il doit servir, il ruse pour le plaisir d’inventer des produits gratuits destinés seulement à signifier par son oeuvre un savoir-faire propre et répondre par une dépense à des solidarités ouvrières ou familiales. Avec la complicité d’autres travailleurs (qui font ainsi échec à la concurrence fomentée entre eux par l’usine), il réalise des "coups" dans le champ de l’ordre établi... » Il s’agit en fait d’une tentative de réintroduire le don, le gaspillage et la créativité personnelle au sein d’une économie de profit qui les exclut. La perruque permet de réintroduire dans l’ordre présent des tactiques « populaires » de jadis ou d’ailleurs...

    #Subversion
    #détournement
    #deCerteau
    #perruque