person:albert jacquard


  • «  Race  » : la génétique face à ses démons

    https://www.lemonde.fr/sciences/article/2018/07/10/race-la-genetique-face-a-ses-demons_5328964_1650684.html?xtmc=david_reich&xt

    L’étude des génomes pourrait-elle réveiller la notion de «  race  », en passe d’être gommée de la Constitution  ? David Reich, spécialiste de l’ADN ancien, pose la question. Et créé une polémique.


    «  Trasi Henen  ». Photos extraites de la série «  There’s a Place in Hell for Me & My Friends  » (Oodee, 2012). Le photographe sud-africain Pieter Hugo a manipulé les couleurs pour faire ressortir la mélanine et mettre en évidence les contradictions des distinctions raciales fondées sur la couleur de la peau.

    La biologie peut-elle délimiter des groupes humains qui fonderaient l’existence de races à l’intérieur de l’espèce humaine ? Depuis les années 1970, les généticiens avaient tranché : la race est une construction sociale dont il n’existe aucun fondement en biologie. Ils se délestaient ainsi de cette question brûlante, à l’origine au XIXe siècle de théories dont la description emplit aujourd’hui les pages les plus dérangeantes de l’histoire de leur discipline.

    Mais voilà qu’un éminent généticien de l’université Harvard, David Reich, ravive les cendres qu’on croyait éteintes avec la publication de son livre Who We Are and How We Got Here ? (« Qui sommes-nous et comment sommes-nous arrivés ici ? », ­Pantheon Books, non traduit). Son credo ? Dénoncer l’« orthodoxie » du discours sur la diversité génétique qui s’est imposé au cours des dernières décennies et qui a fait de la race une question taboue. « Comment devons-nous nous préparer à la probabilité qu’au cours des années à venir des études génétiques montrent que de nombreuses caractéristiques sont influencées par des variations génétiques et que ces traits diffèrent entre les groupes humains ? », questionnait-il dans une tribune parue en avril dans le New York Times. « Argumenter qu’il n’est pas possible qu’il existe des différences substantielles entre les populations humaines ne fera que favoriser l’instrumentalisation raciste de la génétique que nous voulons justement éviter », concluait-il.

    A l’heure où la France a entrepris de gommer le mot « race » de sa Constitution par un vote des députés, le 27 juin, la polémique lancée par Reich rappelle que la génétique a longtemps flirté avec l’eugénisme, avant de s’en repentir. Et que sa ­prétention à pouvoir tout analyser ou presque peut la conduire à ignorer ses limites – un écueil dénoncé par un grand nombre d’anthropologues en réponse au texte de Reich.

    Comment les généticiens ont-ils effacé la notion de race de leur discipline ? Et pourquoi ressurgit-elle aujourd’hui sous la plume de l’un des leurs – dont les travaux, et c’est là une des subtilités de la polémique, démontrent par ailleurs que les populations humaines sont faites de métissages ?

    Il faut remonter, pour le comprendre, à l’évolution de la place en biologie du concept de race après les ravages de la seconde guerre mondiale. « En réalité, la race est moins un phénomène biologique qu’un mythe social. Ce mythe a fait un mal immense sur le plan social et moral », reconnaissait en 1950 la Déclaration de l’Unesco sur la race. Pourtant, à cette époque, la majorité des généticiens, parmi lesquels Theodosius Dobjansky ou Ronald Fisher, pensaient encore que les races humaines existaient, d’un point de vue biologique. Dès les années 1930, ils avaient entrepris de les redéfinir en s’appuyant sur des caractères qu’ils considéraient plus fiables que les caractères morphologiques, en particulier les groupes sanguins. Ils avaient notamment observé que le groupe O était présent chez 90 % des Amérindiens, et ils croyaient pouvoir décrire des groupes humains homogènes et stables.

    Mais ils s’aperçurent que cette particularité des Amérindiens ne reflétait en rien une pureté de race mais venait de leur histoire, en tant que ­population persécutée et isolée.

    Ni la couleur de peau ni le groupe sanguin ne sont l’expression d’un ensemble de variations communes à un même groupe humain. Les variations entre les êtres humains résultent à la fois de leur adaptation à leur environnement, comme le climat ou l’altitude, et de la diversité des origines géographiques des populations humaines.

    Partant de ce constat, certains généticiens, comme Richard Lewontin aux Etats-Unis ou ­Albert Jacquard en France, déclarèrent que toute tentative de classification des êtres humains en catégories biologiques relevait de choix arbitraires, car, quelles que soient les catégories, elles ne reposent que sur une part infime de l’ensemble des variations. Deux individus pris au hasard à l’intérieur d’un même groupe humain se distinguent par un nombre de variations plus élevé que celui qui distingue deux groupes entre eux. D’où un changement de point de vue que le séquençage du génome humain dans les années 1990 vint conforter. Il révéla de plus que les variations du génome humain ne concernaient qu’une infime partie du génome, de l’ordre de 0,1 %. Dès lors, un discours antiraciste sur la diversité génétique s’imposa dans la discipline, dont David Reich dénonce aujourd’hui l’« orthodoxie ».

    « La “race” est une construction sociale. Nous, les généticiens, n’utilisons quasiment jamais ce terme dans nos articles scientifiques parce qu’il est trop chargé de significations non scientifiques et que sa définition change dans le temps et l’espace », indique David Reich. S’il l’a utilisé, entre guillemets, dans sa tribune, c’était pour alerter sur le fait que le discours scientifique actuel risquait de laisser le champ libre à des sectaires et des faux experts – un champ où ils se sont déjà engouffrés. Trois mois après avoir lancé la polémique, il campe sur ses positions. « Je n’adhère pas à l’idée selon laquelle les différences biologiques moyennes entre deux groupes – par exemple entre des habitants de Taïwan et des habitants de Sardaigne – sont si pe­tites qu’elles peuvent êtres considérées comme ­dépourvues d’un sens biologique et ignorées, ­explique-t-il. C’est depuis un moment le message de nombreux universitaires, qui à mon avis est dangereux car il nuit à la compréhension et la considération de la diversité humaine. »

    « Les découvertes en génétique au cours des dernières décennies ont confirmé que la notion de race n’avait aucun fondement biologique, rétorque la généticienne Evelyne Heyer, du Muséum national d’histoire naturelle. D’une part, il n’existe pas de limites distinctes entre les groupes humains qui permettraient de définir des catégories “étanches”. D’autre part, les critères comme la couleur de peau ne concernent qu’une infime partie du génome. Enfin, les différences ne justifient pas l’existence de hiérarchie entre les êtres humains suivant leurs capacités », dit-elle. L’exposition « Nous et les autres », organisée au Musée de l’homme en 2017 et dont elle fut la commissaire, s’appuyait sur ce discours pour marquer la rupture de la science contemporaine avec les dérives racistes du XIXe siècle et louer l’étude de la diversité biologique. Mais c’est justement par l’étude de cette diversité que ressurgit la question de la race.

    De colossaux programmes de recherche

    Pourquoi ? Le séquençage du génome humain a inauguré de colossaux programmes de recherche axés sur deux champs de recherche, la génétique des populations et la génétique médicale. Dans le premier, contestant le monopole sur ces questions des préhistoriens, des anthropologues et des linguistes, les généticiens tentent de retracer les grands flux migratoires à l’origine du peuplement de la planète, en étudiant les signatures des origines géographiques contenues dans les génomes. Des prouesses techniques et scientifiques qui permettent aujourd’hui de réécrire l’histoire des peuples tels que les Vikings, les Juifs, les Sardes ou les Amérindiens.

    Dans le second, ils recherchent des prédispositions génétiques expliquant la fréquence particulièrement élevée dans certains groupes de population de maladies comme les cancers, le diabète, l’obésité ou la dépression. Les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la France, l’Islande ou encore l’Estonie financent des projets nationaux de génomique, avec, en point de mire, l’avènement d’une médecine personnalisée qui ciblerait un profil génétique en fonction du risque de maladie auquel il est associé.

    D’où le paradoxe : comment nier l’existence de catégories entre les êtres humains tout en délimitant pour ces études des groupes de population au sein desquels on étudie des variations génétiques ? En quoi l’existence de ces groupes mouvants questionne-t-elle la notion de race, qui postulait l’existence d’entités stables et étanches que les biologistes d’antan nommaient « catégories » ? Ces arbitrages biologiques n’ont-ils pas des soubassements politiques ?

    « Dès les années 1970, il y a une ambiguïté dans la rupture avec la notion de race dont nous ne sommes pas sortis. Vous pouvez dire que les races sont des catégories arbitraires qui ne valent pas pour une classification. Cela n’empêche pas que la diversité contenue entre deux catégories, si minime soit-elle, peut vous servir à tout un ensemble d’usages », analyse ainsi l’historien Claude-Olivier Doron. Les groupes délimités par les généticiens ont une existence qui résulte aussi d’une histoire sociale et politique. Ils sont le fruit d’une culture à laquelle, qu’ils le veuillent ou non, ils appartiennent aussi. « Les généticiens considèrent que leurs études sur la génétique des populations n’ont rien à voir avec les études anthropologiques sur lesquelles a été fondée la notion de race. Or, si les techniques, les disciplines et les enjeux ont changé, les grandes catégories de population sur lesquelles s’appuient ces études, tels que les Juifs, les Africains ou les Vikings, restent inchangées », dénonce l’historien Amos Morris-Reich, du Bucerius Institute de l’université de Haïfa, en Israël.

    « IL N’EXISTE PAS DE LIMITES DISTINCTES ENTRE LES GROUPES HUMAINS QUI PERMETTRAIENT
    DE DÉFINIR DES CATÉGORIES ÉTANCHES », ÉVELYNE HEYER, GÉNÉTICIENNE AU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE

    « Le contexte social et politique dans lequel sont menées les études en génomique n’est pas neutre. Etre noir au Etats-Unis n’a pas la même signification qu’au Brésil, et les résultats des analyses génétiques nourrissent des débats locaux et peuvent aussi être récupérés », renchérit l’anthropologue Sarah Abel, de l’université de Reykjavik, l’une des signataires d’une réponse à Reich publiée dans le New York Times.

    « Ce que je partage avec Reich, c’est le fait que laisser les choses non discutées donne la possibilité à un certain nombre de discours racistes de fleurir et de se développer, notamment sur Internet, et il y a besoin d’une pédagogie très précise sur ce que disent et ne disent pas les savoirs génétiques », tempère l’historien Claude-Olivier Doron. « Mais il se montre incapable, dans son article du New York Times, de cerner ces limites. Il confond une multiplicité de choses différentes : groupes fondés sur l’autodéclaration et/ou à partir des catégories du bureau du recensement américain, groupes ad hoc construits par les chercheurs pour des besoins de recherches, catégories anciennes issues des périodes coloniales, etc., sans jamais s’interroger sur les limites, les approximations, les biais de ce que prétend en dire la génétique », regrette-t-il.

    Résultats biaisés

    David Reich s’appuie sur les travaux de son équipe ayant abouti à l’identification, dans les génomes d’hommes afro-américains, de régions les prédisposant au cancer de la prostate. Face à cet argument, les réactions des spécialistes en sciences humaines sont unanimes. « Il faut intégrer la complexité des facteurs dans le risque de survenue des maladies. Dans le cas du cancer de la prostate, cité par David Reich, on s’intéresse de plus en plus aux effets cocktail des composants chimiques de l’environnement et on ne peut pas réduire le risque accru de ce cancer à sa dimension génétique », complète Catherine Bourgain, du Cermes 3, au CNRS, très critique vis-à-vis des modèles statistiques utilisés par David Reich qu’elle juge peu fiables pour l’évaluation de l’influence de facteurs environnementaux qui ­peuvent biaiser leurs résultats.

    Les populations afro-américaines, latinas ou amérindiennes sur lesquelles s’appuient les études en recherche biomédicale aux Etats-Unis sont par ailleurs défavorisées d’un point de vue socio-économique, ce qui les expose à des environnements et à des modes de vie favorisant la survenue des maladies pour lesquelles des prédispositions génétiques sont recherchées : pollution, stress ou encore alcoolisme.

    En 2004, la Food and Drug Administration (FDA) a approuvé le BiDil, un médicament destiné à corriger l’effet d’une mutation prédis­posant les populations afro-américaines à un risque accru d’infarctus du myocarde. « Le problème sur lequel il faut insister sur un cas comme le BiDil, comme sur tout un ensemble de cas, c’est que cela aboutit à l’occultation des autres va­riables, par exemple environnementales, qui peuvent être beaucoup plus importantes », insiste Claude-Olivier Doron.

    Ces études pourraient aussi raviver des stéréotypes ancrés dans l’inconscient collectif. Un programme national mexicain vise ainsi à séquencer le génome de différents types d’Indiens et de métisses afin d’étudier leurs prédispositions ­génétiques au déclenchement précoce du diabète de type 2 et de l’obésité. « La spécificité du débat mexicain, ce sont des mélanges de populations impliquant des Européens, des Afro-Américains et des Asiatiques, mais surtout différents types d’Indiens », explique l’historien Luc Berlivet, lui aussi du Cermes 3. « On voit réapparaître dans le débat des stéréotypes raciaux différents de ceux mobilisés avec les Afro-Américains ou les Amérindiens d’Amérique du Nord. Il ne s’agit plus de distinguer les Blancs des Afro-Américains ou des Latinos, mais différents types d’Indiens. Cela pose les mêmes questions mais de manière décalée », ajoute-t-il.

    Autre source d’inquiétude, une vision réductrice de la notion d’identité produite par les analyses en génétique des origines géographiques. D’autant plus qu’un marché s’est développé, avec des sociétés comme 23andMe, Ancestry.com ou MyHeritage, qui proposent à leurs clients la ­détermination de leurs origines géographiques au moyen de l’analyse génétique.

    Diffusés sans précaution, ces résultats peuvent attiser les tensions locales autour des questions identitaires ou révéler les stéréotypes racistes d’une culture, comme ce fut le cas au Brésil, avec les tests ADN sur les origines africaines. Malgré un récit national valorisant le métissage, les ­préjugés racistes sont ancrés dans la culture brésilienne en raison du passé esclavagiste du pays et de la vulgarisation des théories eugénistes valorisant les phénotypes « blancs » au début du XXe siècle. Les universités brésiliennes ont décidé d’instaurer des quotas d’étudiants à la peau noire dans les années 2000. « Dans ce contexte, il s’agissait de savoir comment se définissait la race noire, et les tests génétiques ont été disqualifiés lorsqu’ils ont révélé que le génome d’un célèbre danseur de samba noir contenait plus de 60 % de gènes européens, raconte l’anthropologue Sarah Abel. Ces résultats ont été utilisés pour dire que les quotas n’avaient pas lieu d’être, car la race n’avait pas de sens au Brésil, ou encore que cela ne servait à rien d’avoir 60 % de gènes européens lorsqu’on était arrêté par des policiers d’après la couleur de la peau. »

    En Europe et aux Etats-Unis, certains militants d’extrême droite devenus experts en génétique n’hésitent pas à s’emparer des données et des résultats des études génétiques pour étayer des idéologies fondées sur la pureté des origines et l’existence d’une identité européenne profonde. Les auteurs du site Humanbiologicaldiversity.com ont ainsi élaboré un argumentaire très étayé visant à refonder la réalité biologique de la race, en s’appuyant notamment sur les travaux de Luca Cavalli-Sforza, pionnier des études génétiques sur les origines géographiques.

    Si l’impact de ces instrumentalisations reste difficile à évaluer, les inquiétudes n’en sont pas moins fondées dans un contexte où les crispations identitaires font le terreau des partis populistes qui menacent les démocraties occidentales. « Il est important de garder à l’esprit l’histoire du racisme scientifique, pour se questionner sur les retombées sociales, politiques, éducatives des études en génomique. Le monde n’est plus le même qu’au temps de l’anthropologie physique, et les relations entre la science et la politique ont également changé. Mais la question de ces re­tombées se pose à tous, que nous soyons jour­nalistes, bioéthiciens, généticiens, historiens ou simples citoyens », conclut Amos Morris-Reich.


  • ON SE FOOT DE NOTRE GUEULE !

    Les supporters, pourtant minoritaires, ont envahi le cœur de la cité en s’octroyant tous les droits, s’accaparant toute l’attention, envahissant tout l’espace. Pour les matchs internationaux, tout semble autorisé aux insupportables supporters à condition qu’ils se conforment aux vociférations et gesticulations qui sont propres à leur rôle. Cette ivresse passagère refonde et renforce une identité nationale en décrépitude. Toute la lourdeur des conflits de la société est ainsi détournée et focalisée sur le concurrent qu’il faut battre et éliminer, l’adversaire étranger qu’il s’agit d’écraser.

    À ce niveau de compétition, le sport n’est plus un amusement d’enfant, mais un business intransigeant. Il s’agit toujours d’une épreuve difficile où la concurrence est féroce et dont le seul but est de gagner sur les autres, la victoire à tout prix. L’équipe gagnante est une entreprise qui fait des affaires, la compétition est son marché, les matchs des opportunités et l’adversaire une menace. Sa stratégie est d’éliminer la menace.

    De partout le sport est présenté comme une évidence, une activité naturelle positive. "Le sport est l’impensé autant que l’incritiqué des temps contemporains" (Robert Redecker, Le sport contre les peuples, 2002). Ce qui nous conditionne n’est jamais perçu comme tel. Notre aliénation ne nous est pas perceptible.

    Le sport a toujours été l’activité préférée développée par les dictatures et les fascistes, « au point de devenir un élément constitutif indispensable de ces régimes » (Jacques Ellul). L’institution sportive est un appareil efficace qui répand massivement une idéologie réactionnaire, " le paradigme de l’idéologie fasciste" (Michel Caillat). On y retrouve la hiérarchisation, la sélection de l’élite, l’obsession de la pureté, la mobilisation de masse, l’omniprésence de la propagande, la glorification de la jeunesse, le culte des forts et de la virilité, l’exaltation de l’effort, l’apologie de la souffrance, la diabolisation de la fainéantise, l’idolâtrie du surhomme, l’exacerbation des passions chauvines, nationalistes et racistes.

    Le sport n’est pas un jeu, mais une activité physique fortement réglementée basée sur l’effort, le renoncement au plaisir, le travail, le rendement, la compétition, le record, le dopage et l’absolue nécessité de la victoire. Le corps du sportif mercenaire est chosifié, transformé en chair à record, en marchandise compétitive, encaserné et drogué. Cette compétitivité sportive fonctionne à l’image du système marchand. "Le sport reflète le fondement des rapports de production capitalistes ainsi que leurs principes structurels de fonctionnement. À travers lui, l’idéologie dominante est perpétuellement et sournoisement distillée à haute dose : individualisme, apologie de la compétition, du rendement et du dépassement de soi, mythe du surhomme et de la croissance ininterrompue des performances” (Michel Caillat, Le sport n’est pas un jeu neutre et innocent, 2008). À l’image du sport, le moteur même de la survie sociale d’aujourd’hui est construit sur la guerre des uns contre les autres, seul contre tous. La loi de la compétition est le dogme de cette société. La compétition est une nuisance sociale où l’autre devient un obstacle à supprimer, l’ennemi à vaincre, où il s’agit de gagner en fabriquant des perdants.


    “L’idée selon laquelle, dans chaque secteur, dans chaque discipline, il faut qu’il y ait un premier, un deuxième et un troisième est une aberration. La compétition, c’est la volonté d’être meilleur qu’autrui, de le dépasser. Quitte à tout faire pour le détruire. Dans le domaine du sport, la compétition engendre le dopage, les pots-de-vin. Elle transforme des êtres humains en une nouvelle espèce, intermédiaire entre les humains et les monstres” (Albert Jacquard, Je suis absolument contre la compétition, L’Express-l’Expansion le 12/09/2013).
    On a besoin des autres pour se construire. C’est la différence de l’autre qui enrichit mon évolution dans la société en la rendant plus complexe. Ce sont les autres qui me font exister. "Je suis les liens que je tisse" (Albert Jacquard, Éloge de la différence, 1981).
Quand on est en compétition on ne tisse plus de liens on les détruit. Toute compétition est un suicide social, une entreprise de déconstruction où les gagnants sont les plus conformistes et les plus antisociaux, car ils détruisent ce qui nous relie les uns aux autres.

    Nous survivons dans le culte de la performance individuelle, où l’on doit se prendre soi-même comme une marchandise à promouvoir sur le marché des apparences. Il faut soigner son image, se montrer à son avantage, être visible et reconnu. Ce “chacun pour soi” incite à mettre la pression sur les autres pour se mettre en avant. La présence de l’autre est alors vécue comme un danger. Tout le monde ment, magouille et fraude éperdument, l’hypocrisie et la fourberie sont devenues normalité.
Le pouvoir des uns sur les autres est partout. Il est construit sur l’élimination de la concurrence. Cette compétition, guerre sans merci, isole, réduit et conditionne les comportements. C’est une restriction arbitraire à la liberté de choisir. Elle se construit sur la règle intransigeante, celle qui s’oppose à tout changement de règles, imposant une situation conflictuelle étouffante dans une méfiance généralisée envers l’ennemi qui est partout.

    Dans cette société autoritaire, ce sont toujours les membres déviants, considérés comme anormaux, qui lui permettent d’évoluer et de ne pas se scléroser dans une uniformité immobile constituée d’interdits généralisés, sans aucune issue, dans une impasse qui lui serait fatale. C’est parce que cette société individualisée est construite sur l’isolement et la compétition, sans coopération ni sociabilité, que l’inadaptation aux règles de la normalité est le signe d’une bonne santé mentale et sociale.

    Le sport est l’opium du peuple, il n’exprime que la soumission à l’ordre établi. "Rouleau compresseur de la modernité décadente, le sport lamine tout sur son passage et devient le seul projet d’une société sans projet" (Marc Perelman, Le sport barbare, 2008).

    L’entreprise football, par son conditionnement massif, ses slogans répétitifs, son affairisme publicitaire, sa fureur nationaliste, est une servitude volontaire qui envahit tout l’espace public dans “une vaste opération de chloroformisation des consciences” (Quel Sport ? n° 30/31). L’unanimisme tapageur de cet empire affairiste et mafieux n’autorise que des comportements de supporters chauvins, spectateurs exaltés, abrutis et asservis. Cette entreprise de diversion et d’enfumage permet de dissimuler la dégradation des conditions de notre survie, et une misère sociale effrénée.


    "Derrière le matraquage footballistique de l’espace public se profilent toujours la guerre en crampons, les haines identitaires et les nationalismes xénophobes. Et derrière les gains, transferts et avantages mirobolants des stars des pelouses, promues “exemples pour la jeunesse”, se cachent les salaires de misère, le chômage, l’exclusion, la précarité et l’aliénation culture de larges fractions de la population invitée à applaudir les nouveaux mercenaires des stades comme naguère les foules romaines étaient conviées par les tyrans aux combats de gladiateurs. Le football-spectacle n’est donc pas simplement un “jeu collectif”, mais une politique d’encadrement pulsionnel des foules, un moyen de contrôle social qui permet la résorption de l’individu dans la masse anonyme, c’est-à-dire le conformisme des automates" (Jean-Marie Brohm et Marc Perelman, Le football, une peste émotionnelle, 2006).

    L’exploitation du travail, sa marchandisation est une aliénation de l’activité humaine. Le temps du non-travail, c’est-à-dire celui des loisirs et de la culture de masse est le domaine de la crétinisation volontaire, de l’automutilation librement consentie. Le sport est le pilier de cette culture qui n’en est pas une et n’est en fait que l’expression de son absence, affirmation ostentatoire de sa soumission à une conformité normalisée.

    "La saturation de l’espace public par le spectacle sportif atteint aujourd’hui des proportions démesurées. (...) Le spectacle sportif apparaît comme une propagande ininterrompue pour la brutalité, l’abrutissement, la vulgarité, la régression intellectuelle et pour finir l’infantilisation des foules solitaires" (Jean-Marie Brohm, Le spectacle sportif, une aliénation de masse, Mediapart 2013).

    Clos sur lui-même, le stade, centre et ciment de la communauté, agrégateur de solitudes, est un espace de concentration où chacun est tout le monde. C’est une masse en fusion, l’unité sonore d’un monde sourd à lui-même, l’assourdissement devenu réalité. "L’institution sportive est organiquement, incorporée au système de production capitaliste dans lequel elle s’épanouit. La diffusion et l’emprise planétaire du sport, l’olympisation du monde vont accompagner l’expansion impérialiste du système capitalisme" (Jean Marie Brohm, Le sport, l’opium du peuple, 1996).

    Le sport c’est la mort des feignasses, l’apologie de l’effort et du sacrifice, l’adoration du travail dans le respect des règles et la servitude à l’ordre en place. Le sport n’est plus que spectacle, publicité suprême du corps marchandise, image de l’adhésion totale à la marchandisation de la vie.

    Lukas Stella, juillet 2016


  • L’Eugénisme En Marche - ou Heureux les pauvres en esprit car le royaume de la manipulation génétique leur est promis Gérard COLLET - 23 Juillet 2018 - Le Grand Soir
    https://www.legrandsoir.info/l-eugenisme-en-marche-ou-heureux-les-pauvres-en-esprit-car-le-royaume-

    Le sieur Laurent Alexandre, ci-devant urologue et actuel entrepreneur [1] a récemment confié à l’Express une tribune fort humblement intitulée « Pourquoi #Bourdieu avait tort » [2]. Voilà donc le sort de P. Bourdieu et d’un pan de la sociologie scellé sans appel par les 50 lignes à l’emporte-pièce du tribun.

    Les lignes en question au demeurant, et quelque provocantes qu’elles paraissent, semblent avoir soulevé fort peu d’intérêt, ne déclenchant apparemment pas le moindre buzz : une recherche sur l’Internet ne mentionne en effet qu’une seule recension notable d’ailleurs fort peu élogieuse, et une critique acerbe qui à vrai dire s’intéresse davantage au journal qu’il l’a publiée qu’à l’auteur [3].

    Ce faible écho n’est guère surprenant, car le tribun, sous des dehors révolutionnaires au sens #macronien du terme, n’y fait montre que du positivisme le plus suranné, d’un #scientisme béat qu’on croyait passé de mode, et du réductionnisme le plus élémentaire. Toutes ces qualités étant rehaussées il est vrai d’un si singulier manque de curiosité. En effet, M. Alexandre semble ignorer les mises en garde précises et nombreuses de l’auteur grâce auquel il pense pulvériser pour le compte Pierre Bourdieu et tous les travaux mettant en évidence l’importance du milieu dans la réussite sociale. Enluminées aussi d’un esprit si rigoureusement critique qu’il passe sous silence les réflexions de fond sur le réductionnisme scientifique pourtant au principe de son article historique.


    Reste que quelques aspects conjoncturels de cette tribune, bien inscrite dans l’air du temps, suggèrent de creuser un peu plus avant le pourquoi et le comment d’un tel pétard mouillé. Car ce pétard passablement truqué œuvre à l’accréditation lancinante d’idées fort dangereuses.

    Qui est L.A.
    Il est évidemment utile de connaître une part du parcours et des engagements de l’auteur afin de tenter comprendre d’où il parle, pourquoi il le fait, et quels sont les credo intellectuels et politiques qui constituent le soubassement de son interprétation des travaux en neurologie et en sciences cognitives. Et ses éventuels intérêts trébuchants.
    Si l’on en croit sa biographie telle que décrite par Wikipédia et confortée par nombre d’articles répertoriés sur le web, L.A. est donc médecin urologue, mais il est bien davantage un représentant de la classe IEP/ENA et créateur d’entreprises. Personnalité libérale proche d’#Alain_Madelin, il est également présent dans la presse via ses rachats et plusieurs journaux font obligeamment place à ses credo.

    L’essentiel de ses interventions (tribunes, conférences) se situe dans le domaine des « technologies », en particulier celles de l’ingénierie génétique ; elles révèlent un héraut du #transhumanisme dissertant complaisamment sur l’immortalité à court terme et les éventuels bienfaits « humanistes » des dites #NBIC. Cette passion visionnaire restant bien entendu totalement indépendante de ses intérêts personnels, investis entre autres dans une société de séquençage d’#ADN. Celle-ci n’étant que le prolongement concret de celle-là.

    On trouve également parmi ses fort nombreuses déclarations, des prises de position erratiques et tonitruantes sur le sujet, allant de la mise en garde alarmiste contre les apprentis sorciers à la #futurologie enthousiaste. Le dénominateur commun étant comme par hasard l’appel à des « investissements massifs ». Car L.A. n’ignore évidemment pas que les avancées technologiques fulgurantes en NBIC et en IA ne tombent pas du ciel, ni de laboratoires marginaux et improvisés, mais sont bel et bien le produit de choix politiques influencés par les nombreux lobbyistes si attentifs au progrès humain...

    Que nous dit-il ?
    De manière fort simpliste [4], L.A. assène des chiffres dont la signification est assez sibylline, mais qu’il explicite aimablement pour nous après les avoir radicalement simplifiés :

    On sait aujourd’hui que l’ADN détermine plus de 50 % de notre intelligence. L’école et la culture familiale ne pèsent pas beaucoup face au poids décisif de la génétique.

    La formule chiffrée présente la compacité d’une publicité de pâte dentifrice ou de crème anti-rides, et le pourcentage bien rond est évidemment garant d’élégance scientifique [5].

    Cette rigueur prend cependant quelques libertés avec l’arithmétique : les deux parts de 50% sont apparemment modulées par un mystérieux coefficient idéologique, puisque la moitié revenant à l’école et à la culture « ne pèse pas beaucoup », tandis que l’autre moitié est « décisive ». Voilà donc une manière singulière d’accommoder les chiffres à la sauce ingénierie génétique.

    On apprend ensuite que pour la lecture elle-même, le rôle de l’école et de l’environnement culturel est marginal. Et l’on se prend à regretter que l’analyse soit encore incomplète puisqu’elle peine toujours à démontrer que le gène de la lecture est usiné à l’origine pour la lecture syllabique et tout à fait incompatible avec la lecture globale.

    En dépit de ce petit goût d’inachevé, le degré de précision des analyses mentionnées est tel qu’il laisse envisager qu’il faudrait doubler l’effort individuel et la contribution familiale des malheureux ayant reçu un « mauvais #patrimoine » pour qu’ils puissent espérer concurrencer les heureux #héritiers [6].

    Notre tribun s’essaye ensuite à démontrer que l’évidente corrélation entre #QI et #pauvreté est taboue [7], ce qui participe incontestablement au déclin de la France.

    Alexandre insiste lourdement, dans de nombreux articles, sur le rôle joué par le QI (et par son origine génétique sous-entendue) dans la « réussite » [8]. Derrière cette affirmation s’en dissimule (mal) une seconde : celle de l’origine raciale de cet « avantage comparatif » génétique.

    L. Alexandre prend ici appui sur le phénomène amorcé en France par la sidération des sphères ministérielles devant les résultats des enquêtes internationales de « compétences ». Le nouveau ministre, comme ses prédécesseurs, se devant de fournir une explication. Qui mette si possible hors de cause les choix institutionnels.

    Pour ce qui concerne la lecture, les résultats de l’enquête #Pirls (Programme international de recherche en #lecture #scolaire, touchant les écoliers de CM1) n’étaient pas très bons en 2012 (cf. Le Monde du 13/12/2012). Ceux de 2017 sont encore plus mauvais, au point de déclencher une prise de parole quasi immédiate du ministre de l’Éducation nationale.

    Mais alors ? La baisse continue du QI de la France [9], d’emblée imputée par le ministre aux horreurs du « #pédagogisme », traduit-elle une baisse génétique corrélée ? Les résultats comparés au niveau européen représentent-ils le potentiel génétique des différentes populations ? Faut-il révéler que les irlandais sont particulièrement doués de gènes performants, et les maltais particulièrement handicapés par leurs #gènes insulaires ?

    En fait, contrairement à ce que disent ces auteurs, sans cesse pleurnichant sur les interdits dont ils seraient victimes malgré les titres de presse et les chaires dont ils disposent dans les journaux, c’est bien l’idée d’un « héritage » des dons qui est la plus répandue. On en trouve trace partout dans le langage, dans les récits historiques, et dans les discussions de Bar du commerce [10].

    Énoncer la théorie #complotiste de l’éléphant dans le couloir est en effet une contre vérité totale [11].

    Reste juste à préciser ce que sont ces « capacités » devenant subrepticement « intelligence » [12]. Mais il est assez clair que l’unité de mesure suggérée ici est en dernier ressort la capacité à « créer sa boîte » et à « développer » l’ « #innovation » susceptible d’arracher des « parts de marché ».

    Il existe en fait deux variétés de fans des fondements génétiques de « l’intelligence » : il y a les « conservateurs », dans l’acception macroniste du monde, pour qui la #race, l’origine, la #caste... disent tout sur l’intelligence de manière définitive, et il y a les « progressistes », En Marche vers l’amélioration de l’espèce, qui dissimulent leur condescendance de classe derrière le vœu pieu de « réparer » les héritages pénalisants. Ces derniers peuvent alors se réclamer d’un « humanisme » qui fleure bon la pitié charitable, mais en réalité se placent d’emblée dans le cadre de la guerre de tous contre tous : la supériorité chinoise doit être surclassée de toute urgence !

    Ce discours a pour but d’ancrer l’idée de supériorités « naturelles » indiscutables, de contrer toute réflexion suggérant des politiques égalitaires voire compensatoires, et surtout de rendre « l’égalitarisme » responsable du « déclin », par l’étouffement de l’énergie des plus doués. Lesquels bien évidemment ne rêvent qu’entreprise, reprises, placements, start-up, concurrence et parts de marché.

    Ce que font semblant d’ignorer ces tartuffes, c’est que l’égalitarisme n’est pas un « programme » mais une attitude philosophique et politique refusant l’enfermement des individus pour cause d’hérédité, de race, de couleur, de QI. Ils feignent d’avoir oublié que l’assise des anciens régimes féodaux était précisément de cette nature, de même que celle des privilèges ici, des castes là-bas. Que la déclaration des droits de l’homme est une déclaration de principe et d’intention et prétend justement affranchir l’Homme d’un calcul de QI ou des résultats d’un séquencement de #génome.

    Les malheureux semblent n’avoir pas compris, que la relativisation de l’interprétation du QI et la défiance vis-à-vis de son utilisation partent du même principe qui refuse que l’on prétende définir, limiter, arrêter le devenir d’un individu, son chemin, ses désirs et sans ambitions en lui opposant un bête chiffre censé le résumer.

    Mais le point d’orgue de l’article en est sans conteste l’émouvant prétexte humaniste : lutter contre le déterminisme génétique pour compenser les inégalités. Beau projet. En contradiction cependant avec l’opposition radicale et méprisante à « l’égalitarisme ». Car l’égalitarisme on le sait, est gauchiste, irresponsable et contraire au progrès lorsqu’il s’agit d’éducation, mais il devient humaniste et porteur d’avenir dès qu’il s’agit d’ingénierie génétique.

    Pourquoi cette tribune n’a pratiquement aucun intérêt scientifique et frôle l’imposture.
    Il faut d’abord noter que les déclarations à l’emporte-pièce de #Laurent_Alexandre ne se préoccupent d’aucune des mises au point de R. Plomin lui-même, et ne font allusion qu’à des aspects parcellaires des travaux de P. Bourdieu.

    Comme le rappelle en effet dans un article assez complet la rédaction du site Chronik [13], les découvertes de Plomin ne nient pas, contrairement à ce que fait croire Laurent Alexandre, l’influence de l’environnement : bien au contraire, elles lui donnent une place fondamentale. Dans un article de 2004 publié par l’American Psychological Association,Robert Plominexplique en effet : http://webspace.pugetsound.edu/facultypages/cjones/chidev/Paper/Articles/Plomin-IQ.pdf

    « Si l’influence des facteurs génétiques sur l’intelligence est d’environ 50 %, cela signifie que les facteurs environnementaux expliquent le reste de la variance. »
    
 
Plus grave encore, selon les mêmes auteurs, la présentation donnée par notre tribuniste émérite constitue l’erreur type que dénonce R. Plomin :

    Nombre de lecteurs de bonne foi peuvent comprendre que l’intelligence de leur enfant est à plus de 50 % déterminée par les gènes dont il a hérité. Mais voilà, c’est précisément cette manière de « comprendre » qui est la plus importante contre-vérité, la plus grave erreur, la « number one fallacy » contre laquelle nous prévient Plomin, notamment dans son interview à la BBC en octobre 2015. [14]

    Le site Mute fournit pour sa part de manière bien documentée quelques précisions sur le travail entrepris par Plomin et son équipe :

    Mais lorsque des centaines de milliers de marqueurs génétiques furent ainsi passées au crible, les chercheurs n’ont trouvé que quelques associations entre des SNPs (polymorphismes d’un seul nucléotide), dont le plus efficient expliquait un peu moins de 1 % de la variance aux tests psychométriques, et les autres moins de 0,4 % (cf par exemple Harlar 2005, Craig 2006, Butcher 2008). L’effet est si faible qu’il faut répliquer ce genre d’études pour exclure les faux positifs. Et, en aucun cas, on ne trouve pour le moment de gène massivement impliqué dans les différences d’intelligence entre individus. De plus, Les deux propriétés essentielles sont ici la pléiotropie (un même gène a plusieurs effets) et la polygénicité (un même trait dépend d’une multitude de gènes) [15]

    Ce qui adoucit singulièrement les déclarations à l’emporte-pièce de L.A., mais nécessite il est vrai un peu plus de réflexion.

    D’où sortent encore des chiffres hallucinants de précision comme :

    Nos différences de capacités de lecture en sont issues à 64 % du patrimoine génétique, la famille, l’école et nos efforts individuels n’y sont que pour un tiers.

    Mais de quelle lecture s’agit-il donc, et comment sont mesurées ces « capacités » ?

    Par ailleurs, il y a une contradiction absolue à avancer ces affirmations et dans le même temps à charger les méthodes d’apprentissage de tous les maux. Et comment interpréter alors avec un tel prisme les nombreux résultats d’enquêtes internationales ? Le surgissement des « capacités » des chinois, coréens et autres signe-t-il donc une modification de leur patrimoine génétique [16], eux qui étaient considérés il y a un siècle comme des « peuples de coolies » [17] ? Ou bien seuls 50% de ces résultats sont-ils attribuables aux gènes chinois ?

    Ou bien encore, la #Chine aurait-elle, avant-même les « #start-up » macroniennes et nonobstant les brevets en gestation dans l’entreprise de L.A., découvert la pierre philosophale NBIC permettant la production en série de génies de la recherche-développement ?

    Ignorent-ils aussi, Alexandre et ses followers , qu’au XIX° siècle les premiers touristes anglais riches qui visitent notre pays, et singulièrement les Alpes (E. Whymper entre autres), y sont stupéfaits par l’omniprésence du « crétinisme » et l’arriération générale des populations qu’ils découvrent. Il faut croire que là encore un phénomène improbable a modifié les gènes des alpins pour en faire, au XXI° siècle des humains quasi normaux.

    On pourrait également renvoyer L.A. -mais il est vrai qu’à la date de sa tribune il ignorait probablement les faits- au rapport parlementaire [18] rendu public ce printemps.

    On y lit par exemple :

    Le département (93) cumule des taux de chômage, de pauvreté et de difficultés scolaires bien supérieurs aux moyennes nationales. Face à ce constat, les moyens humains y sont pourtant inférieurs aux autres territoires : deux fois moins de magistrats, par exemple, au tribunal d’instance d’Aubervilliers, que dans un tribunal parisien équivalent. Dans les écoles « le moins bien doté des établissements parisiens est mieux doté que le plus doté des établissements de la Seine-Saint-Denis »

    Les dés sont donc singulièrement pipés, et il devient très délicat, M. Alexandre, de distinguer ce qui relève de la supériorité des gènes des élèves parisiens de ce qui relève du milieu, n’est-il pas vrai ?

    A travers l’ensemble de ces recherches, au fond, il apparaît que les liens désespérément recherchés entre « gènes » et « intelligence » s’obstinent à ne pas se montrer, et bien entendu, à part Laurent Alexandre on ne trouve pas un seul chercheur pour suggérer encore qu’il existerait des « séquences de code » directement responsables de l’intelligence. Si toutefois il avait pris la peine de tenter une définition de la dite intelligence, mais sans doute veut-il encore faire croire que le QI dont il se gargarise dans nombre d’interventions est un indicateur largement satisfaisant.

    Plus honnête, croisant les réflexions des neurologues, de l’épigénétique, de la sociologie, de la psychologie, de la pédagogie, des sciences cognitives en général, l’article pourrait alors se résumer à la formule :

    P’têt bien que l’héritage génétique a une certaine influence sur l’intelligence, et p’têt bien que l’environnement, les conditions de la croissance et de l’éducation en ont aussi une.

    Ce qui avouons-le est totalement renversant et en surprendra plus d’un. Et que Pierre Bourdieu admettait parfaitement [19]. Notre hardi tribuneur aurait certes gagné à lire quelques autres textes plus larges et plus synthétiques sur le sujet [20] ; mais une compréhension correcte, étayée, de bon sens et non biaisée n’était sans doute pas dans le propos de L.A., archétype des vulgarisateurs à l’affût de bribes de travaux scientifiques susceptibles d’apporter de l’eau à leur moulin quitte à en commettre une exégèse aventureuse. Toutes époques, tous les intérêts et toutes les idéologies ont tenté ainsi de subtiliser les travaux de recherche. Et à l’ère technocratique, surtout s’ils produisent de beaux chiffres [21].

    Au final, l’apport de la tribune alexandrine serait inexistant si elle n’était faussée et caricaturale, et s’il ne tirait des conclusions tout à fait gratuites, primaires et dangereuses.

    On voit donc sans effort exagéré transparaître dans le texte publié par l’Express, ce que L.A. et un certain nombre de commentateurs ont voulu faire dire à R. Plomin, lequel comme on l’a vu s’en est bien défendu.

    Il s’agit essentiellement de prétendre raviver la querelle #inné-acquis sur de nouvelles bases incontestables parce que chiffrées, pour espérer enfin faire basculer l’histoire dans le sens de l’inné. Or quelles que soient les intentions charitables (et surtout pragmatiques) affichées, vouloir à tout prix privilégier l’inné est une démarche enfermante, celle-là même qui renvoie les dominés à leur prétendue #infériorité « naturelle ». Discours que l’on retrouve dans les discours de tous les dominants, de l’esclavage au nazisme en passant par la droite américaine la plus obscurantiste et ségrégationniste. Alors que le choix de l’éducabilité est par nature émancipateur, qui présuppose une égalité de principe et s’attache à la rendre réalisable.

    Il s’agit aussi de redonner vie au #scientisme [22], que l’on croyait durablement disqualifié mais qui ressurgit de ses cendres à chaque « #innovation #R&D ». Il s’agit d’y ajouter hypocritement la promesse de l’amélioration génétique, faisant ainsi le lit d’un transhumanisme au masque humaniste et égalitariste. Hypocrisie fort utile cependant à toute la #startuposphère de l’ingénierie génétique, qui trépigne d’impatience à l’idée de pouvoir un jour fabriquer de l’humain OGM et tenter de damer le pion à la croissance de Facebook.

    Reste que si cette promesse est déçue, comme celle de l’immortalité au bout du chemin de la recherche NBIC, il demeurera la « démonstration » de la nature génétique des différences d’intelligence, justifiant bien entendu les différences de statut humain.

    Il s’agit enfin d’accréditer obstinément une approche réductionniste, fétiche des technocrates avides de chiffres. Un réductionnisme dopé par l’informatique et sa nouvelle dimension « big data » qui n’en est pas avare, et en produit bien davantage que tous les L.A. de la terre peuvent en digérer.

    Il semble pourtant que, prévenu par Karl Popper, tout scientifique sait les limites de cette approche, mère du déterminisme. Car si le réductionnisme peut selon Popper constituer une étape méthodologique fructueuse, il ne peut en aucun cas constituer une doctrine, et l’extrapolation de résultats « réduits » à la réalité est toujours hasardeuse [23].

    Et l’on retrouve également dans cette rhétorique le projet de la sociobiologie, qui prétend expliquer tous les comportements humains sur des bases biologiques, puis plus tard génétiques. Et nombreux sont les scientifiques de toutes disciplines qui ont mis en garde contre un schéma explicatif dont ils dénoncent les évidents effets pervers tant socio-politiques que scientifiques.

    Ou tout cela nous mène-t-il ?
    On serait donc tenté de conclure que la tribune en question est tout simplement totalement dénuée d’intérêt, et n’est qu’un pot-pourri d’approximations, de contre-vérités, de travestissements partiaux de résultats scientifiques, d’absence de réflexion et de rigueur. De soupçonner qu’elle n’était là que pour faire acte de présence dans les média et rester en vue. Le premier réflexe serait donc de l’ignorer simplement et de ne plus jamais ré-ouvrir le journal qui l’a publiée [24].

    Mais ce serait oublier que ce texte poursuit en réalité deux objectifs bien précis, complémentaires, et lourds de conséquences.

    Le premier est d’alimenter en eau fraîche le moulin de la macronie en avançant l’hypothèse de « start-up » susceptibles de doper au CRISPR-Cas9 l’intelligence française dont L.A. et ses amis nous révèlent qu’elle laisse tant à désirer, et qu’elle sera bien insuffisante dans le « monde réel » de la lutte de tous contre tous [25].

    Le second est que compère L.A., par là même avance ses pions en tentant de montrer tout ce que l’ingénierie génétique pourrait apporter à l’économie française, se chiffrant comme à l’ordinaire en points de croissance et donc en créations d’emploi. Hypothétiques. En tous cas en perspectives radieuses pour les intérêts de ce secteur prometteur.

    L’invocation du ministre #Blanquer, de son proche collaborateur Dehaene et de la vision macronienne du monde souligne d’ailleurs la nature éminemment politique de la prétendue avancée scientifique :

    .. C’est-à-dire accentuer la stratégie du ministre Blanquer, développer la recherche en pédagogie et donner des moyens aux grands spécialistes de la cognition : Stanislas Dehaene, François Taddei, Franck Ramus...

    Et bien entendu l’approche « pédagogique » suggérée est majoritairement centrée sur cette vision selon laquelle, comme le déclare volontiers S. Dehaene, l’imagerie cérébrale va ouvrir les portes à la compréhension de l’acte de lire. Loin de cette équipe l’idée de s’appuyer sur les travaux pédagogiques d’approche globale et humaine : il s’agit plutôt d’un « retour à l’ancien monde (!), avec la glorification du modèle purement transmissif. Et elle ignore superbement l’ensemble des travaux de fond, de longue haleine, nourris de savoirs, de savoir-faire et d’expériences multiples. Là encore, « La #Science » aurait tranché de manière indiscutable et désigné les procédures « efficaces ». Il n’est pour s’en rendre compte que de lire certaines réactions approfondies aux projets du ministre [26].

    Tout ce galimatias n’a finalement pour but que de déguiser sous les aspects d’une « science dure » à la mode, capable de présenter des chiffres et des images numériques, une démarche idéologique non explicitée.

    Or cette démarche conduit tout naturellement à faire surgir un eugénisme -bien entendu positif- et à un transhumanisme justifié par la concurrence déloyale et le péril du « gène jaune » augmenté [27]...

    Il y a là, répétons-le, le fond commun de tous les racismes, les esclavagismes, les misérabilismes et de toutes les formes de mépris social : la volonté de renvoyer les dominés à leur place en affirmant qu’ils sont « nés comme ça ». On l’a trouvé à toute époque et sous tous climats, et la convocation des « neurosciences » (extrapolées, tronquées, manipulées, parfois même trahies) n’est que le nouvel alibi justificatif, paré des plumes de l’imagerie cérébrale.

    Laurent Alexandre, toutefois, manque singulièrement d’audace dans la voie qu’il s’est tracée, et hésite à exposer toutes les conséquences prévisibles de son approche de l’inné et de l’acquis : s’il se lâchait vraiment, il nous révélerait sans aucun doute la base génétique des inégalités qui perdurent entre hommes et femmes. Mais nous proposerait bien vite une ingénierie susceptible d’upgrader le second chromosome X des malheureuses.

    On sait évidemment l’idée de « l’amélioration de la race » vieille comme le monde, elle n’a pas attendu L.A., ni le « traitement de textes génétique » ; et depuis le II° Reich jusqu’aux inventeurs du transistor, nombreux sont ceux qui ont parié sur cette voie... Sans grand succès et avec moult dégâts.

    Un chemin beaucoup plus direct vers l’amélioration de la race que celui prêché par L.A. (encore que pas accessible à tous) fut en effet imaginé dans les années 80 du XX° par une Banque des spermes d’exception créée par R.K. Graham [28]. C’était aux US bien entendu, la Chine n’étant alors pas encore le point de mire des eugénistes. L’un des plus célèbres des généreux et altruistes donateurs fut William_Shockley, glorieux inventeur de l’effet transistor et prix Nobel de physique 1956 [29].

    Mais il semble bien, hélas, qu’aucun des rejetons des spermatozoïdes hyper-performants n’ait inventé la Moulinette-à-faire-la-vinaigrette ni même le Repasse-limaces, et l’on ignore si le « pack » fourni par la Banque Graham comprenait à la fois le gêne des semi-conducteurs et celui des traces de paranoïa...

    La seule nouveauté de cette tribune est donc bien sa conclusion en forme d’humanisme en trompe l’œil : certes les nuls sont nuls de naissance et aucune éducation n’y pourra rien, mais la macronie dans sa grande générosité (à moins qu’il s’agisse de pragmatisme) va les aider en faisant appel à L.A. et ses collègues. Elle va « réparer » ces mal dotés de l’ADN, et du même coup de ciseau génétique assurer les « avantages concurrentiels » de la France face à l’Asie.

    L’émouvant slogan : « Se battre et dynamiter le déterminisme génétique ! » claque comme une bannière progressiste, et propulse même L.A. et toute la techno-sphère macronienne dans l’univers sulfureux de l’insoumission, de la révolte, de la lutte finale contre les injustices de la nature...

    Le procès, ici, est clair et a deux aspects complémentaires. Affirmer la grande générosité visionnaire des nouvelles équipes gouvernementales, prêtes à faire la courte échelle aux sous-doués pour qu’ils viennent faire concurrence aux élites. Conforter la volonté de Macron de transformer la France en start-up nation, en privilégiant les visées réductionnistes et scientistes de Blanquer [30] et des équipes de numéricologues et de leur amis entrepreneurs. Lesquels n’attendent que les investissements massifs (publics ?) qui vont leur permettre de créer les « boîtes » de demain [31]. Et tout cela sans laisser place une seconde à la réflexion sur le monde dans lequel ils prétendent ainsi nous entraîner.

    Il n’est au reste pas surprenant que tout ce que la macronie compte de Laurent Alexandre et autres hérauts de la croissance innovante s’empare avec gourmandise de travaux tels que ceux de l’équipe de R. Plomin. Quitte à ne lire que la surface des résultats scientifiques, à se hâter de détourner les travaux pour les citer à l’appui de leur vision orientée du monde.

    Et c’est dans ce droit fil qu’apparaît l’argument massue : la dénonciation hypocrite de la licence qui régnerait en Chine vis-à-vis de l’IA et du transhumanisme : « Aucune norme éthique ne semble freiner les transhumanistes chinois ».

    Et c’est pour mieux conclure : « La Chine disposera d’un avantage considérable dans la société de l’intelligence », suggérant que les « lois de la concurrence » nous obligeraient aussi à accepter à contrecœur l’eugénisme du XXI° siècle à visage (trans)humain.

    Gérard COLLET

    [1] D’une société belge de séquençage ADN selon sa biographie Wikipédia.
    [2] Voir : https://www.lexpress.fr/actualite/sciences/determinisme-pourquoi-bourdieu-avait-tort_2002043.html
    [3] Sciences : peut-on publier n’importe quoi dans L’Express... En un mot : oui. Voir : http://www.acrimed.org/Sciences-peut-on-publier-n-importe-quoi-dans-L
    [4] Mais il est vrai que le format « Tribune » de l’Express ne permet pas de faire dans la dentelle.
    [5] On sait en effet très bien qu’Oral-B élimine 100% de plaque dentaire en plus, que par certaine crème anti ride « l’ovale du visage est redéfini pour 82 % des femmes » tandis que 96% des femmes constatent plus de fermeté...
    [6] En effet, « Nos différences de capacités de lecture sont issues à 64 % de cet héritage, tandis que la famille, l’école et nos efforts individuels n’y sont que pour un tiers. » Or il est clair que 2 x 33 % est supérieur à 64 %.
    [7] Tabou indiscutablement lié à la domination culturelle des idées crypto-marxistes, diffusées sournoisement par les chaînes de télévision et les organes de presse écrite.
    [8] Voir par exemple : https://www.lexpress.fr/actualite/sciences/face-a-l-intelligence-artificielle-le-tabou-du-qi-est-suicidaire_1894152.ht puis aussi : https://www.lexpress.fr/actualite/monde/asie/manipulations-genetiques-augmentation-cerebrale-la-chine-est-ultratranshuma
    [9] Statistiquement s’entend, car il y demeure heureusement quelques grands esprits échappant à la malédiction.
    [10] A titre d’exemple, cet extrait de L’Autre Amérique, Arte, 29/5/2018. : « Ce portrait le Justin Trudeau présente en beau gosse bien né, fils de Pierre Elliott Trudeau [...]. Outre ce lignage, qu’en est-il des convictions de Justin, de sa vision pour le Canada [...] . »
    [11] Cette théorie a été popularisée par Mme Smith-Woolley, une élève du professeur Robert Plomin, personnalité controversée qui a longtemps soutenu l’idée que l’intelligence est très fortement héréditaire. Elle compare la génétique à “l’éléphant dans le couloir” [en référence à l’expression anglaise “the elephant in the room”, qui évoque un problème évident que personne ne veut ou ne peut voir et ne veut discuter, ndt] et pense qu’elle devrait être enseignée aux futurs professeurs. Toby Young, libertarien provocateur et activiste en matière d’éducation, apparaît comme co-auteur de cet article. M. Young s’est récemment attiré l’opprobre pour avoir écrit que la génétique étant le facteur dominant de la réussite scolaire, les écoles ne faisaient que peu de différence. (https://www.lenouveleconomiste.fr/financial-times/reussite-la-spirale-du-succes-63020)
    [12] Dont le sens reste propriété de M. Alexandre. En tous cas, il n’aura pas la place de les définir.
    [13] https://chronik.fr/denigrement-de-pierre-bourdieu-laurent-alexandre-t-nom.html
    [14] Voir note précédente.
    [15] Article publié sur le site Mute : http://we-the-mutants.blogspot.fr/2008/09/plomin-et-la-chasse-aux-gnes-de.html
    [16] http://www.bilan.ch/techno/made-china/le-succes-du-systeme-scolaire-chinois
    [17] En tous cas par les entrepreneurs de l’époque, ancêtres spirituels de L.A.. A ce sujet, on lira avec intérêt Cochinchine de Léon Werth.
    [18] L’état recule en Seine Saint-Denis, rendu public en mai 2018.
    [19] Voir note 11.
    [20] Albert Jacquard dans « L’Héritage de la liberté » expliquait de manière lumineuse l’articulation des deux genèses.
    [21] Rapprocher des instrumentalisations de Darwin (Contresens_Darwin) Voir aussi https://lesamisdebartleby.wordpress.com/2017/09/09/lecobusiness-de-darwin-leur-evolution-et-la-notre : l’entreprise Darwin à Bordeaux !)
    [22] Tout problème humain quel qu’il soit peut être résolu par « la science ».
    [23] Voir à ce sujet Karl Popper ou la connaissance sans certitude, ChapitreXVII Échec au réductionnisme, Page 109.
    [24] Voir à ce sujet l’article d’ACRIMED : « Sciences : peut-on publier n’importe quoi dans L’Express ? »
    [25] Selon Acrimed, il s’agit là d’ « un article pseudo-scientifique cachant mal ses objectifs politiques : défendre une certaine vision de l’éducation, en l’occurrence celle du gouvernement actuel ». Voir note 1.
    [26] Dans ce contexte, la création du conseil scientifique, présidé par Stanislas Dehaene et où neurobiologistes et psychologues cognitivistes sont dominants, est une forme de coup de force qui, de plus, désorganise le paysage français de l’évaluation où les acteurs sont déjà nombreux. (Fondation Copernic – Axel Trani (coord.) : Blanquer : un libéralisme autoritaire contre l’éducation, Éditions Syllepse.
    [27] Selon une autre « tribune tonitruante de L.A. : https://www.lexpress.fr/actualite/monde/asie/manipulations-genetiques-augmentation-cerebrale-la-chine-est-ultratranshuma
    [28] Le narcissique homme d’affaires pense que son action va permettre de maintenir « un certain niveau d’intelligence » dans une société américaine en crise. Graham avait 38 ans d’avance sur L.A..
    [29] Selon sa biographie Wikipédia : A partir de là, les tendances dominatrices et paranoïaques de Shockley commencèrent à s’exacerber. Et il s’évertua à éclipser les deux autres co-inventeurs du célèbre effet.
    [30] M. Blanquer ne limite évidemment pas sa vision à cette facette. Cependant il est clair que le ministre veut une place primordiale pour les neurosciences et affirme volontiers que sur plusieurs débats pédagogiques « la science a tranché ». Confortant ainsi l’approche réductionniste.
    [31] M. Alexandre, pour sa part, ne pourra pas participer pleinement à ces investissements massifs en France, puisque sa biographie le décrit comme résident fiscal belge. (Wikipédia cite à ce sujet « L’Obs). Mais il pourrait bien en profiter.


  • À propos de #collapsologie, trouvé ceci sur la page « fesse-bouc » de Pablo Servigne :

    Présages, le podcast qui questionne l’état de notre monde, les risques d’effondrement de notre civilisation industrielle, et les façons de se préparer à vivre différemment.

    https://www.presages.fr

    Pas encore pris le temps d’explorer cette ressource. Alors je pose ça ici, des fois que l’un·e d’entre vous connaisse ou prenne le temps d’aller voir/écouter ... Merci pour les éventuels retours.

    • Perso j’ai un malaise avec cette flopée de technocrates ou ex-technocrates qui sont spécialistes de l’effondrement, et que c’est eux qui seraient les plus pertinents sur ce sujet, et surtout pire sur les moyens d’en sortir.

      J’arrive pas trop à exprimer pourquoi-comment mais je trouve qu’il y a un truc qui cloche.

      Jean-Marc Jancovici est l’invité de Présages. Ingénieur polytechnicien, Jean-Marc Jancovici…

      Isabelle Delannoy est l’invitée de Présages. Isabelle Delannoy est ingénieure agronome de formation et spécialiste du sujet de l’environnement depuis plus de 20 ans. Elle a longtemps travaillé au sein de l’agence de Yann Arthus-Bertrand, et a été coscénariste du film Home…

      Hélène Le Teno est ingénieure des Ponts et Chaussées, spécialiste des questions de transitions écologiques. Son parcours est riche et passionnant : elle a commencé sa carrière en Chine, a travaillé au sein d’un groupe pétrolier, dans la finance, puis durant six ans au sein du cabinet Carbone 4 auprès d’Alain Grandjean et Jean-Marc Jancovici. Aujourd’hui, elle dirige le pôle Transition écologique du Groupe SOS, la première entreprise sociale européenne, avec 16 000 salariés…

      Gaël Giraud est chef économiste de l’Agence Française du Développement (AFD), et prêtre jésuite. Un homme singulier, inclassable, au parcours pour le moins atypique, qui oscille entre des univers que tout oppose a priori. Diplômé de l’Ecole Normale Supérieure de la rue d’Ulm et de l’Ecole Nationale de la Statistique et de l’Administration Economique, il est également docteur en mathématiques appliquées de l’Ecole polytechnique, spécialiste de la théorie des jeux, et directeur de recherches au CNRS.

      Jean-Marc Gancille est le co-fondateur de Darwin, à Bordeaux, un immense lieu dédié à la transition écologique, à la coopération économique, et aux alternatives citoyennes, qui occupe une ancienne caserne militaire rénovée sur plus de 3 hectares. Darwin a créé un écosystème foisonnant d’activités : entrepreneurs sociaux, associations, évènements, restaurants, brasserie, agriculture urbaine, skate parc, épicerie bio…

      Agnès Sinaï est journaliste environnementale et enseignante, co fondatrice de l’Institut Momentum, laboratoire d’idées sur l’Anthropocène et ses issues, et les transitions nécessaires pour le monde post pétrole. Elle travaille depuis de nombreuses années sur la crise écologique planétaire, sur la décroissance et la résilience. Elle enseigne à Sciences Po Paris…

      #technocratie

    • Ouaip ... Moi-t-aussi, j’ai un peu de mal avec ce genre d’approche de l’effondrement (de la civilisation techno et marchande) et notamment avec ceci :
      https://www.presages.fr/blog/2018/1/4/3-bla-bla
      où l’on essaie de te faire croire que l’effondrement, ben c’est pas si grave en fait, et que, somme toute, si tu veux t’en sortir, tu n’as qu’à te conformer au schéma qui n’est autre que les étapes successives du deuil (comme si c’était aussi simple que cela, quelle rigolade !...) On n’est plus très loin des concepts fumeux de l’éco-psychologie avec la #résilience comme maître-mot (une belle connerie encore) et là, je me dis : mais qu’est-ce qu’ils essaient donc de me vendre, ces fieffés cuistres ?

    • Et sinon, oui, pour le « casting » mis en évidence par @rastapopoulos c’est là que tu t’aperçois que « collapsologue », c’est un métier qui a de l’avenir. Pas mal quand même, d’avoir de l’avenir quand on te prédit la fin du monde ...

      Conclusion : je vais me désabonner de la page FB de P. Servigne parce que, merde, quoi, faut pas déconner tout de même. Mais ceci dit, quand tu remets ton âme au diable Zuckerberg pour faire ta « com », il y a quelque chose qui pue (un peu quand même) ... et, pour finir, c’est toi qui est le produit ! #Facebook is Evil.

    • Roo trop fort le générique de fins fions ! les pompiers pyromanes de retour !

      #nouveaux_marchés en perspective, j’aime trop les vautours pour les en traiter, #mange_merde_bio plutôt avec toujours la même classe sociale aux manettes, il faut revoir et relire le bon vieux Albert Jacquard qui dénonce ces dangereux personnages dont le conformisme nous a mené là.
      Référence également aux Pinçon-Charlot quand ils parlent de Macron et du creuset commun de ces #prédateurs hypocrites : les #grandes_écoles

      https://seenthis.net/messages/691527



  • FOOTAGE DE GUEULE

    L’Euro, le Tour de France, on a été servi... mais quand on croit que c’est fini, c’est reparti, et c’est maintenant au tour des Jeux olympiques de prendre le relais. Du 10 juin au 10 juillet, durant 30 jours, l’Euro 2016, championnat d’Europe UEFA de football, a pris tout l’espace médiatique et occupé le centre d’une dizaine de villes en France. Les supporters, pourtant minoritaires, ont envahi le cœur de la cité en s’octroyant tous les droits, s’accaparant toute l’attention, envahissant tout l’espace. Et pendant ce temps la contestation n’était plus admissible par les pouvoirs en place, les manifestations ont été chassées du centre-ville, réprimées et parfois interdites.
    Pour les matchs internationaux, tout semble autorisé aux insupportables supporters à condition qu’ils se conforment aux vociférations et gesticulations qui sont propres à leur rôle. Cette ivresse passagère refonde et renforce une identité nationale en décrépitude. Toute la lourdeur des conflits de la société est ainsi détournée et focalisée sur le concurrent qu’il faut battre et éliminer, l’adversaire étranger qu’il s’agit d’écraser.

    À ce niveau de compétition, le sport n’est plus un amusement d’enfant, mais un business intransigeant. Il s’agit toujours d’une épreuve difficile où la concurrence est féroce et dont le seul but est de gagner sur les autres, la victoire à tout prix. L’équipe gagnante est une entreprise qui fait des affaires, la compétition est son marché, les matchs des opportunités et l’adversaire une menace. Sa stratégie est d’éliminer la menace.
    De partout le sport est présenté comme une évidence, une activité naturelle positive. "Le sport est l’impensé autant que l’incritiqué des temps contemporains" (Robert Redecker, Le sport contre les peuples, 2002). Ce qui nous conditionne n’est jamais perçu comme tel. Notre aliénation ne nous est pas perceptible.

    Le sport a toujours été l’activité préférée développée par les dictatures et les fascistes, « au point de devenir un élément constitutif indispensable de ces régimes » (Jacques Ellul). L’institution sportive est un appareil efficace qui répand massivement une idéologie réactionnaire, " le paradigme de l’idéologie fasciste" (Michel Caillat). On y retrouve la hiérarchisation, la sélection de l’élite, l’obsession de la pureté, la mobilisation de masse, l’omniprésence de la propagande, la glorification de la jeunesse, le culte des forts et de la virilité, l’exaltation de l’effort, l’apologie de la souffrance, la diabolisation de la fainéantise, l’idolâtrie du surhomme, l’exacerbation des passions chauvines, nationalistes et racistes.

    Le sport n’est pas un jeu, mais une activité physique fortement réglementée basée sur l’effort, le renoncement au plaisir, le travail, le rendement, la compétition, le record, le dopage et l’absolue nécessité de la victoire. Le corps du sportif mercenaire est chosifié, transformé en chair à record, en marchandise compétitive, encaserné et drogué. Cette compétitivité sportive fonctionne à l’image du système marchand. "Le sport reflète le fondement des rapports de production capitalistes ainsi que leurs principes structurels de fonctionnement. À travers lui, l’idéologie dominante est perpétuellement et sournoisement distillée à haute dose : individualisme, apologie de la compétition, du rendement et du dépassement de soi, mythe du surhomme et de la croissance ininterrompue des performances” (Michel Caillat, Le sport n’est pas un jeu neutre et innocent, 2008). À l’image du sport, le moteur même de la survie sociale d’aujourd’hui est construit sur la guerre des uns contre les autres, seul contre tous. La loi de la compétition est le dogme de cette société. La compétition est une nuisance sociale où l’autre devient un obstacle à supprimer, l’ennemi à vaincre, où il s’agit de gagner en fabriquant des perdants.
    “L’idée selon laquelle, dans chaque secteur, dans chaque discipline, il faut qu’il y ait un premier, un deuxième et un troisième est une aberration. La compétition, c’est la volonté d’être meilleur qu’autrui, de le dépasser. Quitte à tout faire pour le détruire. Dans le domaine du sport, la compétition engendre le dopage, les pots-de-vin. Elle transforme des êtres humains en une nouvelle espèce, intermédiaire entre les humains et les monstres” (Albert Jacquard, Je suis absolument contre la compétition, L’Express-l’Expansion le 12/09/2013).

    On a besoin des autres pour se construire. C’est la différence de l’autre qui enrichit mon évolution dans la société en la rendant plus complexe. Ce sont les autres qui me font exister. "Je suis les liens que je tisse" (Albert Jacquard, Éloge de la différence, 1981).
    Quand on est en compétition on ne tisse plus de liens on les détruit. Toute compétition est un suicide social, une entreprise de déconstruction où les gagnants sont les plus conformistes et les plus antisociaux, car ils détruisent ce qui nous relie les uns aux autres.

    Nous survivons dans le culte de la performance individuelle, où l’on doit se prendre soi-même comme une marchandise à promouvoir sur le marché des apparences. Il faut soigner son image, se montrer à son avantage, être visible et reconnu. Ce “chacun pour soi” incite à mettre la pression sur les autres pour se mettre en avant. La présence de l’autre est alors vécue comme un danger. Tout le monde ment, magouille et fraude éperdument, l’hypocrisie et la fourberie sont devenues normalité.
    Le pouvoir des uns sur les autres est partout. Il est construit sur l’élimination de la concurrence. Cette compétition, guerre sans merci, isole, réduit et conditionne les comportements. C’est une restriction arbitraire à la liberté de choisir. Elle se construit sur la règle intransigeante, celle qui s’oppose à tout changement de règles, imposant une situation conflictuelle étouffante dans une méfiance généralisée envers l’ennemi qui est partout.
    Dans cette société autoritaire, ce sont toujours les membres déviants, considérés comme anormaux, qui lui permettent d’évoluer et de ne pas se scléroser dans une uniformité immobile constituée d’interdits généralisés, sans aucune issue, dans une impasse qui lui serait fatale. C’est parce que cette société individualisée est construite sur l’isolement et la compétition, sans coopération ni sociabilité, que l’inadaptation aux règles de la normalité est le signe d’une bonne santé mentale et sociale.

    Le sport est l’opium du peuple, il n’exprime que la soumission à l’ordre établi. "Rouleau compresseur de la modernité décadente, le sport lamine tout sur son passage et devient le seul projet d’une société sans projet" (Marc Perelman, Le sport barbare, 2008).
    L’entreprise football, par son conditionnement massif, ses slogans répétitifs, son affairisme publicitaire, sa fureur nationaliste, est une servitude volontaire qui envahit tout l’espace public dans “une vaste opération de chloroformisation des consciences” (Quel Sport ? n° 30/31). L’unanimisme tapageur de cet empire affairiste et mafieux n’autorise que des comportements de supporters chauvins, spectateurs exaltés, abrutis et asservis. Cette entreprise de diversion et d’enfumage permet de dissimuler la dégradation des conditions de notre survie, et une misère sociale effrénée.
    "Derrière le matraquage footballistique de l’espace public se profilent toujours la guerre en crampons, les haines identitaires et les nationalismes xénophobes. Et derrière les gains, transferts et avantages mirobolants des stars des pelouses, promues “exemples pour la jeunesse”, se cachent les salaires de misère, le chômage, l’exclusion, la précarité et l’aliénation culture de larges fractions de la population invitée à applaudir les nouveaux mercenaires des stades comme naguère les foules romaines étaient conviées par les tyrans aux combats de gladiateurs. Le football-spectacle n’est donc pas simplement un “jeu collectif”, mais une politique d’encadrement pulsionnel des foules, un moyen de contrôle social qui permet la résorption de l’individu dans la masse anonyme, c’est-à-dire le conformisme des automates" (Jean-Marie Brohm et Marc Perelman, Le football, une peste émotionnelle, 2006).

    L’exploitation du travail, sa marchandisation est une aliénation de l’activité humaine. Le temps du non-travail, c’est-à-dire celui des loisirs et de la culture de masse est le domaine de la crétinisation volontaire, de l’automutilation librement consentie. Le sport est le pilier de cette culture qui n’en est pas une et n’est en fait que l’expression de son absence, affirmation ostentatoire de sa soumission à une conformité normalisée.
    "La saturation de l’espace public par le spectacle sportif atteint aujourd’hui des proportions démesurées. (...) Le spectacle sportif apparaît comme une propagande ininterrompue pour la brutalité, l’abrutissement, la vulgarité, la régression intellectuelle et pour finir l’infantilisation des foules solitaires" (Jean-Marie Brohm, Le spectacle sportif, une aliénation de masse, Mediapart 2013).

    Clos sur lui-même, le stade, centre et ciment de la communauté, agrégateur de solitudes, est un espace de concentration où chacun est tout le monde. C’est une masse en fusion, l’unité sonore d’un monde sourd à lui-même, l’assourdissement devenu réalité. "L’institution sportive est organiquement, incorporée au système de production capitaliste dans lequel elle s’épanouit. La diffusion et l’emprise planétaire du sport, l’olympisation du monde vont accompagner l’expansion impérialiste du système capitalisme" (Jean Marie Brohm, Le sport, l’opium du peuple, 1996).
    Le sport c’est la mort des feignasses, l’apologie de l’effort et du sacrifice, l’adoration du travail dans le respect des règles et la servitude à l’ordre en place. Le sport n’est plus que spectacle, publicité suprême du corps marchandise, image de l’adhésion totale à la marchandisation de la vie.

    Lukas Stella



  • CONTRE LA COMPÉTITION !

    « L’idée selon laquelle, dans chaque secteur, dans chaque discipline, il faut qu’il y ait un premier, un deuxième et un troisième est une aberration. La compétition, c’est la volonté d’être meilleur qu’autrui, de le dépasser. Quitte à tout faire pour le détruire. Dans le domaine du sport, la compétition engendre le dopage, les pots-de-vin. Elle transforme des êtres humains en une nouvelle espèce, intermédiaire entre les humains et les monstres. »

    Albert Jacquard, « Je suis absolument contre la compétition, mais pour l’émulation », L’Express-l’Expansion le 12/09/2013.

    ‪REBÂTIR UNE SOCIÉTÉ HUMAINE SANS COMPÉTITION‬
    « On nous fait croire que l’important dans la vie, c’est de lutter et de gagner. Or pour moi, un gagnant est un fabriquant de perdants. Il faut donc rebâtir une société humaine où la compétition sera éliminée ; je n’ai pas à être plus fort que l’autre, j’ai à être plus fort que moi grâce à l’autre. »

    https://www.youtube.com/watch?v=tjHx9IMtgiY

    • Le même, en exclu chez moi :

      Imaginez une société où au lieu d’être en état de méfiance permanente, on est en état de confiance, d’ouverture ! Vous me direz : « oui mais alors on va tout perdre au début… » Peut-être… ce n’est pas sûr, c’est pas sûr ! Le fameux tendre la joue, ça n’a jamais été essayé, alors on peut peut-être imaginer que cela pourrait marcher, pourquoi pas. Mais essayons d’être concrets… Je me dis, mais, qu’est-ce qui empêche la société dans laquelle je vis d’appliquer cette règle si simple de l’ouverture à l’autre pour se construire soi ? En cherchant, il me semble que le ver est dans le fruit, car notre société a beaucoup de qualité, je ne le nie pas, nous vivons dans une démocratie, on a le droit de parler etc, je ne dis pas de mal de ma société occidentale, mais je suis bien obligé quand même d’être lucide ! Je veux dire qu’elle a quelques petits défauts ! Et elle a un défaut majeur, le ver qui fait pourrir le fruit, ce ver c’est, il me semble, l’esprit de compétition ! L’esprit de compétition, je regarde l’autre et j’ai peur,et je l’emporte sur lui, et je gagne ! Et on essaie de faire des gagnants ! Mais chaque fois qu’on fait un gagnant, on fait toute une multitude de perdants ! Je n’ai pas le droit de faire des perdants !

      http://www.ethologie.info/revue/spip.php?article15

    • Petite je détestais certaines formes de sport parce que c’était synonyme de compétition. Je n’avais évidemment ni les clefs ni la maturité d’expliquer les choses, c’était instinctif, je ressentais ça comme un truc débile. Et ça l’est.

    • Compétition ou concours, c’est la question ;-)

      Sozialistischer Wettbewerb
      https://de.wikipedia.org/wiki/Sozialistischer_Wettbewerb

      Gewinner des sozialistischen Wettbewerb (1973)

      Socialist emulation
      https://en.wikipedia.org/wiki/Socialist_emulation

      Competition vs. emulation

      The first variant is a literal translation of the Russian term, commonly used by Western authors. The second form is an official Soviet translation of the term, intended to put distance from the “capitalist competition”, which in its turn was translated as “капиталистическая конкуренция”, “kapitalisticheskaya konkurenciya”.

      Implied was that “capitalist competition” only profited those that won, while “socialist emulation” benefited all involved.

      Les auteurs de Wikipedia n’ont pas échappé au piège de l’anticommunisme. Ils ajoutent un commentaire qui évoque le côté contraignant du système politique de l’URSS et détournent l’attention de l’aspect essentiel du terme. Pour rendre l’explication encore plus fallacieuse ils omettent d’expliquer que dans la compétition capitaliste « the winner takes it all » et les perdants sont détruits avec le capital investi. Dans le cas d’un individu ayant échoué dans la compétiton capitaliste son capital perdu est constitué par le temps passé et par sa santé amoindrie en conséquence de l’énorme effort fourni. Des millions d’hommes et de femmes perdent la vie dans ce processus chaque année.

      Pour donner un exemple : Dans la logique capitaliste il est inévitable et nécessaire que des ouvriers perdent la vie dans des accidents de travail. Ils en sont pleinement responsables parce qu’ils n’ont pas été assez fort pour survivre. Auschwitz n’est que l’expression ultime de ce principe, la question du racisme anti-juif cachant la logique sous-jacente qui définit le caractère et les agissements quotidiens de notre société.

      Tout ceci est la conséquence de la suprématie du capital et de la valeur d’échange utilisée comme critère pour mesurer les êtres et les choses . Il transforme ainsi tout être vivant en une chose privée de toute qualité humaine. Le capital et les droits de l’homme sont des ennemis naturels.

      Une compétition / un concours / une émulation utile ne peut se faire que hors de la logique capitaliste, elle doit placer la solidarité entre les participants au centre afin de fournir des résultats satisfaisants.

      Ceci exclue toute intervention « d’en haut » comme ce fut le cas dans le système staliniste.

      #capitalisme #production #compétition #sozialistischer_wettbewerb


  • À l’heure où une femme politique française que je n’ai même pas envie de nommer assène que « la France est un pays de race blanche », mon bouquin est à présent disponible sur Amazon

    Dans le chapitre Le concept de race , je déconstruis ce genre de propos :

    Les théories raciales qui prétendent à la pureté de la race ne tendent en fait qu’à augmenter sensiblement les homozygotes d’une population, rendant par là même cette population moins adaptable, la fragilisant et pouvant même à terme, la conduire à la disparition.
    Ainsi, on comprend mieux que deux individus, phénotypiquement très proches (donc susceptibles d’être regroupés dans une même « race ») peuvent être génétiquement très différents et peuvent donc avoir une descendance elle-même très différenciée du point de vue morphologique. Autrement dit, la ressemblance physique ne fait pas la race.

    Par ailleurs, il faut bien comprendre que biologiquement parlant, le phénomène de raciation correspond à une réponse adaptative à un milieu donné, au sein d’une espèce, afin de permettre la survie de cette espèce. Or, l’espèce humaine a ceci de particulier qu’au cours de l’évolution, sa réponse adaptative a été le développement de l’intelligence, ce qui permit ensuite à l’humain d’adapter le milieu naturel à ses besoins (vêtements, habitations, outils… etc.) et non plus l’inverse. Ce qui signifie que le processus de raciation n’a plus lieu d’être depuis que la pression sélective a privilégié l’accroissement du cerveau, à peu près depuis le paléolithique supérieur.

    Et avec de vrais morceaux d’Albert Jacquard dedans pour souligner le propos :

    Rappelons tout d’abord que, contrairement à une opinion répandue, les diverses couleurs de peau résultent, pour l’essentiel, de la densité dans l’épiderme d’un unique pigment, la mélanine, présent aussi bien chez les Blancs, que chez les Jaunes ou chez les Noirs, mais avec des doses très variables. […]
    Ce caractère se comporte de façon très mendélienne : tout se passe comme s’il était gouverné par 4 paires de gènes ayant des effets additifs. […] Dans cette optique, les « Blancs » possèdent huit gènes b entrainant une couleur claire, les « Noirs » huit gènes n entrainant une couleur foncée. Tous les intermédiaires sont possibles […]
    Finalement nous constatons que si la couleur de la peau est le caractère le plus évident, le plus facile à comparer, elle ne correspond qu’à une part infime de notre patrimoine génétique (sans doute 8 ou 10 gènes sur quelques dizaines de milliers) ; elle n’est apparemment liée à aucun autre caractère biologique important ; elle ne peut donc en aucune manière servir à un classement significatif des populations…

    , cité depuis Éloge de la différence .

    http://amazon.fr/dp/295357011X
    http://blog.monolecte.fr/post/2015/09/04/comprendre-lantisemitisme
    #shameless_autopromo #racisme #race #xénophobie #livre #bouquin


  • L’injustice selon Albert Jacquard | Le Monde des Lecteurs
    http://mediateur.blog.lemonde.fr/2013/09/23/linjustice-selon-albert-jacquard

    « Oui, j’ai un souvenir précis, ça paraît ridicule, totalement infantile, mais effectivement j’ai souvenir d’avoir été révolté. C’était en classe de 8e à peu près, oui, je devais avoir huit ans, et on préparait un chant, je m’en souviens, « Mon beau sapin, roi des forêts ». Vous savez, comme on chante quand on est enfant. Et on préparait dans ma classe ! Je vois encore l’institutrice, Madame Aubagne, c’est une des rares dont j’ai retenu le nom. Et elle nous faisait chanter. Et puis, il y a eu quelqu’un qui chantait faux dans le groupe. Elle a dit : « C’est Albert Jacquard qui chante faux. Allez Albert Jacquard, tu chantes faux, tu le fais exprès, tu ne chanteras pas le jour de Noël ». Et effectivement, le jour de Noël, moi je suis resté à ma place pendant que tous les petits camarades allaient sur la scène pour chanter « Mon beau sapin, roi des forêts ». Or, c’est pas vrai ! C’était pas moi qui chantais faux. Je dis pas que je chante bien, mais j’avais vraiment le sentiment d’avoir été victime d’une injustice comme on n’en fait plus ! Une injustice horrible ! C’était le monde entier qui aurait dû s’effondrer devant une chose pareille. Alors j’étais scandalisé ! Maintenant vraiment je remets les choses en place, mais cela met bien en évidence que pour un enfant, quand il a le sentiment d’être victime de quelque chose, c’est monstrueux, c’est insupportable… J’aurais été prêt peut-être pas à égorger cette madame Aubagne qui était une femme excellente d’ailleurs, mais prêt à tout. J’ai cru que j’étais méprisé ! Evidemment je ne l’étais pas, mais j’ai cru que je l’étais. »

    Ça me rappelle un souvenir de maternelle. D’une façon générale, ma scolarité a été sans problème : assez bonne élève, j’avais la sympathie des instits (souvent on me collait les nouveaux arrivants) et pas mal de potes, j’étais juste très vivante (pour ne pas dire dissipée). Donc, pendant cette année de maternelle, une petite peste avait le don de me pourrir la vie, juste comme ça pour m’emmerder. Il faut dire qu’à l’époque, j’étais très ronde mais je ne sais si c’est la raison de son animosité envers moi. Vers la fin de l’année, nous étions en rang dans le couloir pour aller à la cantine, quand cette peste m’a sorti une dernière vacherie. N’y tenant plus, je me suis vers elle et je l’ai mordu au bras. Quand je dis mordu, c’est vraiment mordu, il y avait les marques rouge, presque au sang. Evidemment, je me suis fait copieusement enguirlander par l’instit et j’ai été punie. Mais là où j’ai trouvé qu’il y avait une grande injustice, c’est qu’au dernier jour de classe, pour clore en beauté l’année, il y a eu une distribution de petits cadeaux pour tous les élèves. Je n’en ai pas eu et l’autre pétasse en eu deux. Je trouvais cela très révoltant parce que j’avais déjà été punie pour mon forfait et que le restant de l’année j’étais plutôt sympa alors que l’autre non.
    #enfance #c'est_pas_juste


  • « Concept-propriété » : un dernier texte d’Albert Jacquard | Fondation Copernic
    http://www.fondation-copernic.org/spip.php?article985

    « Concept-propriété » : un dernier texte d’Albert Jacquard
    19 septembre 2013

    Albert Jacquard a été de tous les combats pour le droit au logement. A la fin de sa vie, bien que très affaibli, il nous avait donné ce texte, pour la postface de la Note Copernic-DAL contre le logement cher. Il n’a as eu le temps d’y mettre la dernière main, mais le texte demeure.

    « CONCEPT-PROPRIÉTÉ »

    Par définition, la propriété est le droit exclusif d’utiliser un bien. S’approprier, c’est donc exclure. « Ceci m’appartient » signifie « Ceci ne t’appartient pas ».

    Le besoin de manifester un tel droit exclusif s’observe chez les animaux, lorsqu’ils marquent leur territoire. Chacun, par ce moyen, prolonge l’objet qu’est son corps en lui annexant un ensemble d’entités qui ne font pas réellement partie de ce corps, mais qui participent à la définition de son domaine. Au contact des biens qui lui appartiennent, sur lesquels il a apposé sa marque, chaque vivant se ressent, lui qui est si vulnérable, comme recouvert d’une cuirasse protectrice.

    Pour l’être humain, plus que pour tout autre animal, ce comportement est exacerbé par une caractéristique qui lui est propre : la pensée de l’avenir submerge, chez lui, la conscience du présent ; chaque jour est consacré à la préparation du suivant, ce qui génère une angoisse permanente. Il ne peut retrouver un peu de stabilité, de sérénité, qu’en créant des liens entre sa personne provisoire et des objets durables ; l’appropriation est la manifestation de ce besoin.

    Il n’est donc pas étonnant que la plupart des constitutions fassent figurer le droit de propriété dans la liste des Droits de l’Homme. Il s’agit d’assurer la stabilité du cadre au sein duquel se construisent les personnes. Initialement, la propriété évoquée par ce droit était celle de biens utiles à la vie quotidienne ou au maintien de la cohésion sociale. Le champs de l’appropriation s’est progressivement élargi et s’est éloigné de ce qui le légitimait. De nombreuses sociétés ont complété le droit d’usage par le droit de transmission sous la forme de l’héritage ; l’appropriation a ainsi été étendue au-delà de la succession des générations. Mené à son terme, ce processus ne peut aboutir, dans un univers limité, qu’à un blocage généralisé par épuisement des biens encore disponibles.

    Mais surtout, le droit « d’user » est devenu le « droit d’abuser », et même le droit de détruire. L’exclusion, qui est le prolongement logique de l’appropriation, est alors définitive, irrémédiable.

    Dans de multiples cas, le simple usage d’un bien entraîne sa destruction. « User » n’a donc pas le même sens pour un terrain que l’on occupe ou un outil dont on se sert que pour une nourriture que l’on consomme ou un carburant que l’on brûle.

    Dans un monde où les ressources seraient illimitées dans l’espace et dans le temps, ou tout au moins rapidement renouvelables, la destruction n’aurait que des inconvénients provisoires. Elle peut, par contre, être une catastrophe pour l’ensemble de la collectivité dans un monde tel que le nôtre, caractérisé par sa finitude. Elle est alors un acte irréversible, qui appauvrit définitivement la collectivité. S’approprier un bien non renouvelable pour le détruire est donc un acte pire qu’un vol, c’est un crime contre les humains à venir.

    La prise de conscience des limites de la planète impose donc une limitation rigoureuse du droit de propriété dans tous les domaines. Un équilibre doit être défini et imposé entre ce qui est nécessaire à l’épanouissement de nos contemporains et les besoins des humains à venir. A coté de la propriété individuelle et de la propriété collective doit être introduit le concept de propriété de l’espèce. Il doit concerner aussi bien les richesses créées dans toutes les civilisations par le développement des cultures que celles offertes spontanément par la nature.

    Ce concept a d’ailleurs été déjà introduit à propos des œuvres d’art ; la cathédrale d’Amiens ou le temple de Borobudur appartiennent définitivement à tous les hommes ; le portrait du docteur Gachet par Van Gogh a été acheté, paraît-il, par un riche japonais, mais celui-ci s’est vu refusé le droit de faire incinérer ce tableau avec son cadavre. Ces monuments, ces chefs-d’œuvre, appartiennent à tous les humains pour qui ils sont des sources d’émerveillement et de fierté. Ils ne peuvent participer aux transactions qui agitent les « marchés » ; pour eux la notion de valeur est hors sujet.

    Il est encore temps d’étendre, au nom des Droits de l’Homme, cette protection de la richesse de tous.

    Albert Jacquard

    #Albert_Jacquard
    #Concept-propriété


  • Ce qu’Albert Jacquard nous apprend - Investig’Action
    http://www.michelcollon.info/Ce-qu-Albert-Jacquard-nous-apprend.html

    Ce qu’Albert Jacquard nous apprend

    http://www.dailymotion.com/video/xwq1mk_albert-jacquard-et-mr-maisonneuve-1999_news

    Généticien, statisticien, philosophe, humaniste, Albert Jacquard était un grand homme. Son parcours de vie quelque peu atypique apporte de l’espoir. Polytechnicien, il a évolué dans le monde de l’entreprise, s’est orienté vers une carrière scientifique par la suite, pour finalement opérer un revirement à 180 degrés et s’investir sans relâche dans l’engagement citoyen. Les traces laissées par Albert Jacquard sont une invitation à une réflexion profonde sur les déséquilibres au sein de notre société, sur l’importance de l’éducation et les défis qui sont à relever. Son objectif disait-il « ce n’est pas de construire la société de demain, c’est de montrer qu’elle ne doit pas ressembler à celle d’aujourd’hui. » (IGA)

     

    « C’en est fini de toutes ces guerres ridicules ! »
     
    Albert Jacquard nous explique qu’il est important de chercher les causes de toutes les guerres et que la cause première n’est autre que l’acceptation par nos cultures d’avoir pris comme moteur la concurrence et la compétition. Il est de l’intérêt de chacun de faire que la planète soit pacifiée et c’est à travers l’éducation des enfants que le changement peut s’opérer.

    #Albert_Jacquard


  • Trilogie Du Clitoris / Sociologie - mezamashidokei
    http://mezamashidokei.tuxfamily.org/index.php?post/Trilogie-Du-Clitoris-/-Sociologie

    Selon Françoise Héritier, anthropologue, ethnologue et grande amie du regretté Albert Jacquard, les différences physiques entre femmes et hommes en termes de taille, de poids, de force, ne sont pas une donnée biologique originelle, mais la conséquence d’une sélection opérée durant 750 000 ans. Elle s’est notamment opérée par des interdits alimentaires imposés aux femmes lorsqu’elles étaient enceintes ou allaitaient. Par la suite, il est un fait qu’on a toujours privilégié les hommes grands et les femmes petites, renforçant au cours des siècles leurs écarts physiques.


  • Albert Jacquard : « Qu’est-ce que cela veut dire, être intelligent ? »
    http://bibliobs.nouvelobs.com/essais/20130912.OBS6824/albert-jacquard-qu-est-ce-que-cela-veut-dire-l-intelligence.html

    L’intelligence, c’est la faculté de comprendre. Or comprendre vraiment quelque chose, c’est toujours long. Etre vraiment intelligent, c’est... comprendre qu’on n’a pas compris. Exemple type : Albert Einstein, élève à la scolarité médiocre, qui ne fut certainement pas un enfant surdoué, et dont personne ne prétendra, je suppose, qu’il n’était pas intelligent. Mais comprendre que l’on n’a pas encore compris, c’est beaucoup plus intelligent que de croire que l’on a compris ? ce qui est la caractéristique de l’enfant prétendument surdoué. Ce dernier se signale avant tout par la confiance en soi, par l’habitude de s’imposer, ou l’aptitude à se manifester. C’est une simple question d’aventure sociale.

    • Ce dernier se signale avant tout par la confiance en soi, par l’habitude de s’imposer, ou l’aptitude à se manifester.

      La confiance en soi , je ne crois pas. Les enfants "surdoués" ne sont pas reconnus. Ils souffrent souvent de solitude et de repli sur eux-mêmes.

      L’habitude de s’imposer , pas non plus. Si l’intelligence était reconnue, le manque d’intelligence ne s’imposerait pas comme il le fait.

      L’aptitude à se manifester , pas non plus. Comme le dit le dicton : « Les tonneaux vides font le plus de bruit ».

      Albert Jacquard et Albert Einstein étaient d’abord des humanistes. C’est cet humanisme qui leur a donné la confiance en soi. C’est cet humanisme, par la nécessité et l’urgence, qui leur a donné l’habitude de s’imposer et l’aptitude à se manifester.

    • Après l’exemple d’Einstein élève quelconque et dont le « géni » n’etait pas reconnu par l’ecole, ca me fait mal de voire cette fin d’entretiens, sur « l’intelligence scolaire moyenne des filles ».

      Malheureusement, ici comme ailleurs, nous succombons à cette mode absurde : la valorisation de la vitesse, dominant de la société actuelle. Cessons de confondre la vitesse avec l’aboutissement, car, on le sait depuis longtemps, rien ne sert de courir... Moi qui enseigne la génétique à des étudiants en première année de médecine, je constate que, en moyenne, les filles sont meilleures. Est-ce à dire que les garçons sont moins intelligents ? Je pense qu’il y a une explication plus logique : à cet âge, tandis que les filles pensent à leurs études, les garçons pensent aux filles...

      Pour Albert Einstein, il a pu bénéficier aussi du travail de sa première épouse Mileva Maric et l’inverse n’est pas réciproque. Après leur divorce elle n’a pas pu/voulu poursuivre ses recherches et toute son oeuvre est tombé dans l’oubli au point qu’on a perdu les documents la concernant.
      http://fr.wikipedia.org/wiki/Mileva_Einstein

      The other side of Albert Einstein

      Probably the most widely believed claim about Einstein’s darker side concerns his first wife, Mileva Maric. Maric was also a physics student, three years older than Einstein, and rumours have spread since the early 1990s that she was the real brains of the partnership. The story reached its widest audience with the 2003 US television documentary, Einstein’s Wife.

      Maric came to general attention with the publication of the love letters between herself and Einstein as part of the Princeton Press’ Collected Papers of Albert Einstein. The letters show that the two students discussed their work and planned to carry out research together, and that Maric supported her lover while he looked for work before they married in early 1903.

      But did she collaborate on those vital papers of 1905 or even, as some critics claim, do the bulk of the work? Even the 2003 documentary admitted that the evidence was slim. The key piece of evidence waved by Mileva’s advocates comes via the Soviet physicist Abram Joffe who, it is claimed, wrote in a 1955 obituary of seeing an original manuscript signed by ’Einstein-Marity’ (a Hungarianised form of Maric), implying that the two originally shared credit. However, Joffe makes no claim about having seen the original papers, but believed that such a hyphenated surname was the Swiss custom.

      “The fact there was nothing by Maric in her own name or co-signed with Einstein, either before she met him, while they were living together, or in the 30 years after they separated, I take as strong evidence that she never played a major creative role in his thinking,” says John Stachel, director of the Center of Einstein Studies at Boston University, and editor of the Collected Papers.

      Mileva did act as Einstein’s amanuensis, checking his calculations and looking up data, but while he continued to discuss his work in his letters to her, Mileva often did not reply in kind. “We have one of his most important letters about the electrodynamics of moving bodies, and her response where she discusses everything else in his letter but that,” Stachel adds. “There’s no evidence she acted as anything more than a sounding board for his ideas.”

      http://www.2ubh.com/features/Einstein.html
      Les historiens tienne comme une preuve de la non importance de Mileva le fait qu’elle n’ai pas publié après son divorce, mais si son travail lui à été volé par son ex, je peu comprendre son dégout à poursuivre dans ce domaine. D’autre part comme les ecrits de Mileva n’ont pas été conservés on ne saura jamais. Il est aussi pris pour preuve de la non importance de Mileva le fait qu’elle n’ai pas été publié en son nom seul, mais qui prennait au serieux une physicienne en 1905, pas grand monde vu ce que l’histoire nous a laisser de ces chercheuses.

      Voire aussi ceci en Français
      http://www.lexpress.fr/informations/n-numero-1-einstein-un-genie-d-une-sagesse-toute-relative_629587.html

      Cette naissance escamotée creuse un fossé entre Albert et Mileva. Ils se marient en janvier 1903 à Berne. Mais rien ne sera plus comme avant désormais. Hans Albert, leur premier fils, naît en mai 1904. La théorie de la relativité restreinte, elle, voit le jour en 1905. C’est de l’Histoire, la grande. La petite susurre un contre-chant. Mileva, toujours Mileva. Quelle est la part de la brillante étudiante dans l’élaboration géniale d’Albert ? Celle qu’il appelait « ma main droite » a- t-elle inspiré Einstein ? Ou bien lui doit-on le travail mathématique qui accompagne sa théorie ? Les biographes serbes de Mileva lui attribuent presque la paternité de l’idée. Quelques savants américains aussi. La question a donné lieu à des bagarres « homériques », selon Highfield et Carter, au congrès de la très sérieuse association des scientifiques américains (AAAS), en 1990, à La Nouvelle-Orléans. Einstein, c’est un fait, n’a jamais décrit la genèse de l’idée de la relativité. Quand, pour soutenir l’effort de guerre en 1943, on lui demanda de mettre en vente l’original du texte sur la relativité, il répondit qu’il s’en était débarrassé après sa publication. Peter Michelmore, auteur en 1963 d’Einstein, profil de l’homme - un livre décrié par ses thuriféraires - affirme que, selon Hans Albert, Mileva aurait résolu certains problèmes mathématiques, les idées créatrices ayant bien jailli du cerveau bouillonnant du futur prix Nobel. Un prix dont Einstein remettra le montant à Mileva, après leur divorce.


  • Albert Jacquard - Wikipédia
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Albert_Jacquard

    « Je reçois comme un honneur la proposition que me font les deux associations Espéranto-France et SAT-Amikaro de parrainer cette pétition en faveur de l’espéranto. Je souhaite que l’enseignement de l’espéranto soit officialisé par les autorités de nombreux pays. Un jour viendra où tout être humain saura utiliser l’espéranto comme un instrument de mise en commun. Développer l’usage de l’espéranto est un moyen de préserver l’avenir du français18. »


  • Le généticien et humaniste Albert Jacquard est mort. En 1996, « Le Monde diplomatique » publiait son plaidoyer pour une « Communauté culturelle méditerranéenne » qui ne se réduise pas « à une zone de marché et à des flux de marchandises ou, pis, à des flux monétaires ». Un texte qui résonne aujourd’hui alors que se tient depuis hier la troisième conférence ministérielle de l’Union pour la Méditerranée.

    Pour une communauté culturelle méditerranéenne, par Albert Jacquard (#1996/08)
    http://www.monde-diplomatique.fr/1996/08/JACQUARD/5782

    « Les frontières sont les cicatrices laissées par l’histoire. » Les plaies des guerres ne guérissent pas seules, et nos sociétés ne sont guère prêtes à une « Terre des hommes » où les frontières entre nations ne seraient plus qu’un souvenir. Des étapes demeurent nécessaires. Après la victoire sur la barbarie nazie, la mise en place de l’Union européenne voulait en constituer une. Faible progrès si cet ensemble s’entoure de frontières aussi étanches que celles qui séparaient les nations d’autrefois.

    #Identité_culturelle #Europe #Méditerranée


  • C’est un cri d’alarme que je pousse au monde qui semble aveugle en ce moment et depuis longtemps : ECOUTEZ LA VOIX DU BON SENS ! bon sang au lieu d’être dans un mimétisme total de la pensée unique ambiante.

    Agnes Maillard a écrit dans « seen this » : Le monde selon Albert Jacquard - Revue Etho-logique
    http://www.ethologie.info/revue/spip.php?artic...
    Albert Jacquard est mort... sa pensée lui survivra longtemps

    Alors, du coup, le projet politique il est tout simple : on est 6 milliards, on va être 9 milliards… et si on essayait chaque fois que l’on se rencontre de créer le surhomme, c’est-à-dire de se comprendre de s’enrichir l’un par l’autre ? Ce n’est pas très difficile, il suffit de se regarder. Il se trouve qu’on ne fait pas ça, il se trouve, il n’y a pas besoin de décortiquer l’actualité, pour se dire que c’est exactement le contraire qui est fait et, pire encore, c’est exactement le contraire qui nous est enseigné qui nous est conseillé ! J’espère, dit-on aux enfants, que tu seras le 1er de ta classe ; j’espère que tu vas bien te battre contre les autres ; que tu vas rentrer à l’ENA ou à polytechniques etc ! Tu es sur terre pour vaincre les autres ! On ose dire cela ! A partir du moment où l’on regarde l’autre comme un adversaire potentiel, comme quelqu’un qui me barre la route alors effectivement je ne peux que lui faire des croc-en jambes, je ne peux que m’arranger pour qu’il ne me gêne pas trop et je vais donc essayer de l’éliminer. Et du coup, oh bien sûr au début je vais gagner des batailles, je vais l’emporter sur un tel, sur un tel, sur un autre, mais l’aboutissement il est prévisible, il est connu, l’aboutissement c’est la guerre perdue, et du coup est-ce que c’est vraiment un conseil à donner ? Non il faut dire à un enfant j’espère que tu ne seras jamais premier, ni dernier parce que ça n’a pas de sens ! Ça ne veut rien dire ! Il ne s’agit pas de t’abandonner, il s’agit de lutter, bien sûr qu’il s’agit de lutter, et contre qui ? Pas contre l’autre ! Contre toi ! Il s’agit de devenir quelqu’un ! C’est pas facile, c’est tout au long de la vie difficile, mais tu as besoin d’aide, les autres sont là pour ça, par conséquent, ça devient cohérent !


  • Le monde selon Albert Jacquard - Revue Etho-logique
    http://www.ethologie.info/revue/spip.php?article15
    Albert Jacquard est mort... sa pensée lui survivra longtemps

    Alors, du coup, le projet politique il est tout simple : on est 6 milliards, on va être 9 milliards… et si on essayait chaque fois que l’on se rencontre de créer le surhomme, c’est-à-dire de se comprendre de s’enrichir l’un par l’autre ? Ce n’est pas très difficile, il suffit de se regarder. Il se trouve qu’on ne fait pas ça, il se trouve, il n’y a pas besoin de décortiquer l’actualité, pour se dire que c’est exactement le contraire qui est fait et, pire encore, c’est exactement le contraire qui nous est enseigné qui nous est conseillé ! J’espère, dit-on aux enfants, que tu seras le 1er de ta classe ; j’espère que tu vas bien te battre contre les autres ; que tu vas rentrer à l’ENA ou à polytechniques etc ! Tu es sur terre pour vaincre les autres ! On ose dire cela ! A partir du moment où l’on regarde l’autre comme un adversaire potentiel, comme quelqu’un qui me barre la route alors effectivement je ne peux que lui faire des croc-en jambes, je ne peux que m’arranger pour qu’il ne me gêne pas trop et je vais donc essayer de l’éliminer. Et du coup, oh bien sûr au début je vais gagner des batailles, je vais l’emporter sur un tel, sur un tel, sur un autre, mais l’aboutissement il est prévisible, il est connu, l’aboutissement c’est la guerre perdue, et du coup est-ce que c’est vraiment un conseil à donner ? Non il faut dire à un enfant j’espère que tu ne seras jamais premier, ni dernier parce que ça n’a pas de sens ! Ça ne veut rien dire ! Il ne s’agit pas de t’abandonner, il s’agit de lutter, bien sûr qu’il s’agit de lutter, et contre qui ? Pas contre l’autre ! Contre toi ! Il s’agit de devenir quelqu’un ! C’est pas facile, c’est tout au long de la vie difficile, mais tu as besoin d’aide, les autres sont là pour ça, par conséquent, ça devient cohérent !

    • C’est un cri d’alarme que je pousse au monde qui semble aveugle en ce moment et depuis longtemps : ECOUTEZ LA VOIX DU BON SENS ! bon sang au lieu d’être dans un mimétisme total de la pensée unique ambiante.


  • Le généticien Albert Jacquard est mort
    http://lemonde.fr/societe/article/2013/09/12/albert-jacquard-est-mort_3476554_3224.html

    Le généticien Albert Jacquard est mort à l’âge de 87 ans, a annoncé jeudi son fils à l’AFP. Ce polytechnicien, né le 23 décembre 1925, a été emporté par une forme de leucémie, a-t-il précisé.

    Spécialiste de génétique, ce chercheur était également connu pour ses engagements citoyens. Membre du Comité de consultation national d’éthique, cet apôtre de la « décroissance joyeuse » était président d’honneur de l’association Droit au logement.

    Sa conscience politique, son combat contre les injustices, c’est aux Etats-Unis, à la fin des années 1960, qu’il les forge, alors qu’il étudie la génétique des populations à l’université Stanford. Les émeutes raciales et la naissance du mouvement hippie sur fond de protestation contre la guerre de Vietnam modifient sa vision du monde et de la société. De retour en France, il publie, en 1978, L’Eloge de la différence, un livre-manifeste contre les inégalités, qu’il n’a cessé de combattre jusqu’à sa mort.

    Les hommages ont commencé à affluer sur les réseaux sociaux. A l’image de celui de François Rebsamen, président du groupe socialiste au Sénat, qui salue sur Twitter « un grand humaniste ».

    A n’en pas douter, toutes ces bonnes âmes qui ne manqueront pas de rendre hommage au grand homme auront souci de mettre en pratique les idées qu’il défendait.



  • Albert Jacquard démonte le concept de ’Propriété Intellectuelle’ | transmedia et éducation | Scoop.it
    http://www.scoop.it/t/transmedia-et-education/p/65096762/albert-jacquard-demonte-le-concept-de-propriete-intellectuelle

    Albert Jacquard démonte le concept de ’Propriété Intellectuelle’
    Une guerre conceptuelle, sémantique a commencé visant à privatiser peu à peu ce qui pourrait être de l’ordre du monde des idées et peut être si nous n’y prenons pas garde du phénomène de la pensée.


  • Moi, Albert Jacquard, ministre de l’Éducation, je décrète : - KINOKS
    http://kinoks.org/article.php3?id_article=376

    Préambule : L’Éducation nationale ne doit pas préparer les jeunes dont l’économie ou la société ont besoin. La finalité de l’éducation est de provoquer une métamorphose chez un être pour qu’il sorte de lui-même, surmonte sa peur de l’étranger, et rencontre le monde où il vit à travers le savoir. Moi, ministre de l’Éducation nationale, je n’ai qu’une obsession : que tous ceux qui me sont confiés apprennent à regarder les autres et leur environnement, à écouter, discuter, échanger, s’exprimer, s’émerveiller. À la société de s’arranger avec ceux qui sortent de l’école, aux entreprises d’organiser les évaluations et la formation de leur personnel à l’entrée des fonctions. Il faut que les rôles cessent d’être inversés : l’éducation nationale ne produira plus de chair à profit.

    #éducation #société #for:twitter