person:alexis kraland

  • Quand des motards se transforment en #voltigeurs...

    Au sujet de « LA VIDÉO » du flic visant la foule des Gilets Jaunes avec son flingue hier, 22 décembre 2018 à Paris, et de l’absence, quasi partout, du contexte initial quand les policiers balancent des grenades offensives sur des manifestant-e-s ne présentant pas de danger pour eux à ce moment là : il y a en fait plusieurs vidéastes et plusieurs vidéos différentes (et une heure d’écart entre l’heure indiquée par le serveur de Twitter et la France...)

    Ci-dessous, les différentes vidéos, et pour bien voir, le timing exact où on voit le flingue (afin de distinguer les différences d’angles entre les vidéos)

    Première(s) vidéo(s) consécutive(s) à l’action, sans doute dans un quasi direct :

    premier angle 22/12 à 16h29 donc 17h29 via Clément Lanot / @ClementLanot

    URGENT - PARIS #22decembre - Les motards de la police attaqués par un groupe d’individus. Une moto a du être abandonnée pour exfiltrer les forces. Un policier a sorti son arme de service. #GiletsJaunes
    https://twitter.com/ClementLanot/status/1076515134699462656

    Il est très proche des policiers et cette vidéo commence immédiatement sur le flingue pointé, il n’y a donc pas le contexte initial... Soit il a eut le temps de visionner / couper son film et il en transmet un extrait à l’aide de son smartphone, soit il filme à l’aide de son smartphone à l’arrache ( ̶m̶o̶i̶n̶s̶ ̶v̶r̶a̶i̶s̶e̶m̶b̶l̶a̶b̶l̶e̶ confirmé depuis dans une interview) quand il prend conscience de l’importance de ce à quoi il assiste, le tout en plus d’une autre probable autre caméra (gopro sur casque ?) ; en tout cas il y a un effet de zoom sur cette vidéo qu’on ne retrouve pas dans sa seconde vidéo plus bas...

    Exactement au même moment (ce qui m’incite à croire à un direct ou presque) :

    deuxième angle 22/12 à 16h29 donc 17h29 via Stéphanie Roy / @Steph_Roy_

    #Paris Scène extrêmement violente sur les champs Élysées. Des policiers pris à parti, l’un d’eux sort son arme. #GiletsJaunes #ActeVI #Acte6 #ChampsElysees #22Decembre2018 #22Decembre
    https://twitter.com/Steph_Roy_/status/1076515047147487233

    Elle est un peu plus proche du groupe des Gilets Jaunes, sous un autre angle, le flingue apparait à la 9ème seconde.
    Sur le montage final de Line Press pour qui elle couvre la manifestation, le flingue apparait à 48’39" (vidéo calée dessus) C’est en fait ce montage qu’utilise la syndicaliste plus bas, et ça montre les limites de l’image non-commentée / non contextualisée : https://youtu.be/kj9ENdWRfbY?t=2919

    /// Edit : Troisième angle, autre vidéo, cette fois-ci de Remy Buisine pour Brut en live sur facebook : à regarder à partir de 2h12 pour contextualiser & 2h17 pour l’action en elle même : https://www.facebook.com/brutofficiel/videos/676292252793549
    Une fois encore on constate clairement la faute commise par les motards qui, se croyant en danger suite au retrait-panique des camions de police en sous-effectif sur le boulevard, et alors que la foule ne se dirige pas vers eux, ils « couvrent » leur départ avec l’envoi de plusieurs grenades de désencerclement contre elle. Remy Buisine étant au milieu de cette foule (très éparse), on sent bien le moment d’incompréhension et de flottement et comment les déflagrations ont attirée celle-ci vers les motards... A moins que ordre leur ait été donné de faire diversion ?

    //// Edit quatrième angle signalé par Alexis Kraland. Vidéo de Street Politics, où on voit encore plus clairement l’absence totale d’attroupement, et donc de danger immédiat, autour des motards qui aurait soit-disant justifié l’emploi de grenades offensives de désencerclement ; calage de la vidéo au timing de la première grenade de la salve ayant tout déclenché :
    https://youtu.be/fMZPdZl6ulQ?t=561

    Plus tard dans la soirée, Clément Lanot publie une nouvelle vidéo plus longue avec le contexte initial :
    22/12 à 20h28 soit 21h28

    VIDÉO - Un policier sort son arme à feu alors que des motards de la police sont attaqués sur les #ChampsElysées : nouvelles images de la scène. #GiletsJaunes #ActesVI
    https://twitter.com/ClementLanot/status/1076575276438556672

    L’arme apparait cette fois-ci à 0’55’’
    Tout m’incite à penser que ces images sont issues d’une caméra embarquée, type sur casque, comme le font énormément de journalistes désormais. Pour diffuser les images, ils doivent disposer du matériel pour décharger les cartes, et, généralement, ils prennent le temps de visionner pour faire un montage des meilleurs passages.

    #BFM tv publie très rapidement des images et pour cause, des journalistes de sa rédaction seraient sur les lieux et disent avoir assisté à la scène. Le reportage est daté 22/12/2018 à 19h26 Mis à jour le 22/12/2018 à 19h30 : Gilets jaunes : pris à partie sur les Champs-Elysées, un policier sort son arme
    https://web.archive.org/web/20181222225753/https://www.bfmtv.com/societe/gilets-jaunes-pris-a-partie-sur-les-champs-elysees-un-policier-sort-son
    Là, le flingue sort à 0’35’’ ... Problème : on reconnait la seconde vidéo de Clément Lanot, mais une version intermédiaire, sans l’effet de zoom de la première, et sans l’intro contextualisante de la seconde. Et Clément Lanot n’est pas crédité. De plus l’intro montre d’autres images d’un autre moment avant, coupées. Il explique sur twitter qu’il a commencé à filmer à ce moment là et ne dispose pas d’autres images.

    // EDIT ! En fait BFM a mis en ligne la vidéo dès 18h06 pour le serveur de twitter, soit à 19h06 en france, sans plus sourcer Clément Lanot :

    Champs-Élysées : Pris à partie, un policier sort son arme
    https://twitter.com/BFMTV/status/1076539439235641344

    Dans les deux cas, les noms des journalistes de BFM sans le nom de Clément Lanot portent à confusion.
    Les journalistes de BFM évoquent le sujet dès 16h39 (twitter) soit 17h39 en accompagnement d’une autre vidéo d’ambiance globale :

    La situation se tend sur les Champs-Elysées
    https://twitter.com/BFMTV/status/1076517494683324416

    Edit // Stephanie Leroy a mis une vidéo plus complète en ligne qui semble provenir de la même caméra que sont extrait plus haut, et où on voit les différents vidéastes :
    23/12 à 12h56, soit 13h56

    La scène dans sa totalité. #ActeVI #GiletsJaunes
    https://web.archive.org/web/20181223175026/https:/twitter.com/Steph_Roy_/status/1076823956760477696

    //// Edit encore : un témoignage sonore du photographe Alexis Kraland
    https://soundcloud.com/nicolasgregoire/interview-alexis-kraland

    Est-ce que #BFMtv et autre mainstream ont volontairement coupé l’intro lors du JT du 20h comme c’est affirmé un peu partout ? Aucun moyen de l’affirmer sans savoir ce que Clément Lanot leur a envoyé. Pour autant, c’est la publication de la seconde vidéo de Clément Lanot à 21h30 sur twitter qui a contrecarré, mais trop tard, le récit qui circulait partout. Et, clairement, depuis cette publication, la question des choix éditoriaux se pose.
    Est-ce que tous les mainstream ont re-contextualisée l’information qui était tronquée dès que c’était possible ? Est-ce qu’ils le feront à temps et avec suffisamment de puissance pour ré-équilibrer ce qui a été diffusé et manipulé depuis par les syndicats policiers en faisant croire à un simple lynchage « gratuit » ? Je n’ai évidemment pas de preuves mais l’expérience m’inciterait à penser que, comme d’habitude...
    NON
    Ça ne sera pas fait, sauf si un buzz plus gros que celui des policiers en danger réussi à inverser la tendance-marketing. Et ensuite, comme ça va se diffuser en « automedia de misère » (facebook) entre les gilets jaunes, on se plaindra encore que les gens ne font plus confiance aux médias, qu’ils manquent de discernement et qu’ils foncent dans les #fakenews tête baisée... Quelle surprise !

    Effet à moyen terme : Le récit est déjà totalement biaisé, sauf que des arrestations vont surement avoir lieu suite à ces vidéos. Pour ce que j’en vois depuis des années, rarement les photos et vidéos servent à disculper, bien plus souvent à inculper, quand bien même elles contiennent des preuves à décharge. Ça a été le cas encore récemment à Nantes et ce sera surement encore le cas avec cette histoire-ci. Il n’y a quasiment jamais de vrais experts en décryptage d’images, et de toute façon la justice part du principe que la police fait office d’expertise...
    De quoi bien dégouter de l’image en manifestation, et d’une corporation qui préfère globalement la sécurité de l’emploi à l’enquête de fond. J’aimerai plaindre les journalistes face à leur hiérarchie mais trop peu utilisent les outils à leur disposition pour faire basculer les choses.

    /// edit encore : Effectivement et sans surprise, y’a enquête, sur la base d’une agression contre les flics, et non d’une agression des flics contre la foule ayant entrainé la suite... : Policiers attaqués sur les Champs-Élysées : ouverture d’une enquête en flagrance" ; on y voit aussi la vidéo de l’émission en plateau, que je préfère ne pas commenter pour ne pas être trop désobligeante...
    https://web.archive.org/web/20181223173934/https://www.bfmtv.com/police-justice/policiers-attaques-sur-les-champs-elysees-ouverture-d-une-enquete-en-fl

    Le parquet de Paris a annoncé ce dimanche l’ouverture d’une enquête pour violences volontaires avec arme en réunion sur personnes dépositaires de l’autorité publique et dégradations de biens publics. La 1ère DPJ (Direction régionale de la police judiciaire de la préfecture de police de Paris) a été chargée de cette enquête en flagrance.

    //// edit : Si, comme le laisse craindre le montage vidéo qui accompagne un thread d’une Déléguée Nationale UNITE SGP POLICE, c’est le récit du lynchage policier qui l’emporte sur la faute ou l’erreur de discernement, ou l’ordre de disperser sans vision claire de la situation, ce sera, avec toujours plus de témoins de la tromperie, un pas supplémentaire dans la légitime colère populaire contre les désormais #forces_du_désordre...
    https://twitter.com/LindaKebbab/status/1077315892357332994

    ///// edit : On tient peut-être le champion de la honte professionnelle sur le sujet avec le Huffington qui reprend l’intégralité du thread de la policière déléguée syndicale qui regrettait que le flic n’ait pas tiré, et son montage vidéo bidonné sans le souligner ni chercher les sources, bref, un copié-collé sans aucune vérification des faits... Gravissime.
    https://www.huffingtonpost.fr/2018/12/24/policiers-agresses-sur-les-champs-elysees-une-syndicaliste-explique-l

    POLICE - « Les extrêmes se sont rejoints et nous font la guerre. » Voici comment Linda Kebbab conclut ses explications, ce lundi 24 décembre. Alors que l’agression de motards de la police nationale par des manifestants en marge de l’acte VI de la mobilisation des gilets jaunes fait les gros titres depuis deux jours, la déléguée nationale du syndicat Unité SGP Police FO a tenu a livrer ses éclaircissements sur les agissements de ses collègues.
    Sur Twitter, la représentante syndicale a publié une version longue et montée de l’altercation survenue à proximité des Champs-Élysées, samedi 22 décembre. Elle commente les images, justifiant la décision des fonctionnaires de sortir une arme et d’abandonner, dans un premier temps, l’une de leurs motos.


  • #Journalisme : En finir avec la neutralité
    Article de Pierre Billaud et Léo Marron paru le 19 octobre 2018 sur La Fabrique de l’info, "webmagazine d’enquête et de réflexion sur le journalisme"

    À rebours d’une information « neutre » et « objective », certains journalistes font de leur engagement le moteur de leur travail. Une situation qui crée le débat au sein de la profession. Parfois décriés par leur pairs, eux assument une prise de parti.

    Combien de journalistes en France peuvent ajouter à leur CV une fiche S, une interdiction de manifestation ou un procès sans en avoir été prévenu à l’avance ? Assurément bien peu. Ils s’appellent Gaspard Glanz, Nnoman Cadoret, Alexis Kraland ou Gaspard d’Allens. Ils sont journalistes, travaillent en freelance, ont leur propre média ou collaborent régulièrement avec des références de la presse alternative.

    lire la suite : http://lafabriquedelinfo.fr/en-finir-avec-neutralite
    ou l’écouter : https://archive.org/details/Journalisme-Neutralite


    Photo : journalistes #mainstream pris à parti lors de la manifestation de réoccupation de la Zone à Défendre de Notre-Dame-des-Landes, le 17 novembre 2012. En même temps que des instructions précises sur les limites à respecter (anonymat, lieux privés...) un brassard jaune leur avait été fourni afin de pourvoir visibiliser leur présence. Certain-e-s dépasseront les consentements qui avaient été donnés et rencontreront des problèmes pour « shooter » à tout va.
    Archives photos ValK : https://frama.link/valk

    • Le problème de ce genre d’articles c’est que tout à la mise en évidence de quelques personnalités choisies, ils oublient systématiquement qu’il existe des #médias_libres depuis belle lurette et pas seulement depuis 5 ou 10 ans. Et que ces médias libres sont centrés sur un fonctionnement collectif.

      Qu’il y a une presse et des magazines indépendants, certes @lundimatin, mais aussi @cqfd, @jef_klak, @labrique, Le Postillon, @bastamag, La lettre à Lulu et bien d’autres. Des télévisions libres ou des collectifs audiovisuels (feue Zalea TV, Regarde à vue, collectif Bon pied bon oeil...) qui ne sont pas nés de la vogue du riot porn ou des dernières applis de streaming en direct. Des radios associatives engagées qui font un boulot de terrain pour les plus anciennes depuis plus de 30 ans, Canal Sud, FPP, Radio Canut, Radio Campus Lille... Elles sont aussi opportunément oubliées dans les papiers qui traitent de l’effervescence du podcast aujourd’hui, et même, tenez-vous bien, qui s’ébaubissent de ce qu’on puisse y entendre des émissions féministes, antiracistes, faites par des « vrais-gens » ou qui leur donnent la parole, bref, toutes choses fondamentales et dont on ne peut que se réjouir qu’elles essaiment, mais qu’on pouvait entendre ailleurs depuis un bout de temps pourvu qu’on le veuille.

      Alors cette critique de la prétendue « neutralité journalistique », elle ne date pas d’hier. Cette remise en question du fonctionnement médiatique, elle n’est pas surgie de la conscience éclairée de quelques défectrices ou défecteurs des grands groupes. Et le fait de systématiquement oublier l’#histoire des médias libres pour pouvoir continuer à tout traiter par le prisme de la sacro-sainte « actualité » et de la « personnalité remarquable » (toutes deux aussi illusoires que la « neutralité ») fait précisément partie du problème.

    • C’est amusant parce que c’est justement exactement ce que dit #Benjamin_Ferron dans l’interview qui lui est accordée à la fin :

      Cela a toujours plus ou moins existé. Dans les années 1970, on assiste à l’émergence du journalisme alternatif issu à la fois de l’univers du militantisme et du journalisme professionnel. Cette forme de production a plusieurs caractéristiques qui en fait un espace particulièrement flou. Il existe une presse underground, parallèle, alternative, qu’on retrouve récemment, notamment en marge des contestations contre la loi Travail. Mais ce phénomène est plus ancien. À ce titre, la première plateforme qui revendique cette double appartenance au champ journalistique et au champ militant est Indymedia.

      C’est une concentration de médias indépendants qui se crée à l’occasion des manifestations contre l’OMC à Seattle, en 1999. Ces journalistes militants mettent en place une organisation visant à produire de l’information sur le mouvement social en cour du point de vue des militants. Ils anticipent le traitement défavorable de leurs revendications par les médias dominants. Ils organisent alors leur propre production d’information. Donc ce qu’on a pu constater récemment, avec le mouvement Nuit debout, les manifestations contre la loi Travail s’observait déjà il y a 20 ans.

      Autre exemple : la Coordination Permanente des Médias Libres, créée en 1999 et qui regroupe aujourd’hui 74 médias. Ce groupe a évolué vers un pôle plus proche du champ journalistique et de ses enjeux. Lorsque cette coordination s’est reformée, (une deuxième fois en 2014, à l’occasion des rencontres des médias libres et du journalisme de résistance), les producteurs d’information étaient tous issus d’une nouvelle génération de personnes qui ont fait des formations de haut niveau, pour partie dans le journalisme et qui viennent de médias traditionnels. Ils investissent cet univers des médias libres comme espace de revendication militante. La trajectoire d’Hervé Kempf est à ce titre emblématique.

      Alors oui, il n’y a pas tous les médias dont tu parles dans la Coord des #Médias_Libres. Peut-être parce que certains ne se retrouvent pas dans l’aspect professionnel / salarié de cette coord. Pour rappel, elle est ici http://medias-libres.org/les-medias-libres
      Selon moi il manque plutôt toute la constellation née entre #indymedia et cette coordination : des médias libres qui tendent peut-être plus vers de l’#automedia : https://mediaslibres.org avec en particulier le réseau #Mutu qui s’est beaucoup développé. Un autre réseau qui se développe pas mal ces temps-ci est #demosphere, agendas militants locaux animés par des bénévoles (dont je fais partie ;) ) On pourrait aussi citer le réseau #Ritimo...

      Quand au collectif #photo #vidéo engagé « Bon Pied Bon Œil », #BPBO, j’en ai fait partie quelques années et je viens de déterrer une archive puisque le blog n’existe plus : https://web.archive.org/web/20161020193015/http://bonpiedbonoeil.net/index.php?p=gallery pour que tu puisses constater, si le cœur t’en dit, que si si, y’avait bien du #Riot_Porn à sa création, puisque ce collectif est né d’une (excitante) rencontre en pleine répression et de l’envie d’en témoigner. C’est au fur et à mesure de l’implication des un-e-s et des autres dans les mouvement sociaux, et aussi un peu à force de questionnements relous des unes sur la notion de #sécurité vs #spectacle, que cette dimension s’est estompée. On peut suivre encore certains des photographes et vidéastes sur facebook https://www.facebook.com/bonpiedbonoeil.net , twitter https://twitter.com/BonPiedBonOeil/lists/bpbo-team/members , et un peu par là : https://www.flickr.com/groups/2218195@N21 . Une part de moi reste attachée à ce collectif, je n’exclue pas de refaire des choses avec elleux puisque son fonctionnement est basé sur l’anarchisme (pour faire court) : chacun-e fait ce qui lui semble bon de faire. Je l’ai quitté justement exactement pour les raisons qui me font un peu râler à la fin de l’enregistrement : la sensation d’être une secrétaire de l’ombre. C’est un rôle qui, clairement, invisibilise la place des femmes dans les luttes. Partout où je suis passée, de la zad au mexique en tout cas, j’ai vu le même schéma : on se met un peu à l’écart, « au service de », on ne fait pas d’auto-promo, ce qui justement généralement nous arrange particulièrement quand on est anticapitaliste... et paf, tour de passe passe mascu, quand il est question d’interroger des « personnes avisées », y’a que des mecs !
      Pardon, je m’égare, mais j’avoue, des fois... on en a gros !!!


  • Le journaliste Alexis Kraland doit être libéré

    https://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/031018/le-journaliste-alexis-kraland-doit-etre-libere

    Depuis 10h00, ce mercredi 3 octobre 2018, le photo-journaliste Alexis Kraland, convoqué par la police dans le cadre de sa couverture de la manifestation de la place de la Contrescarpe, le 1er mai à Paris, ne donne plus de nouvelles. Nous, reporters, journalistes, photographes, pigistes ponctuels ou permanents, demandons qu’il soit immédiatement relâché et qu’aucune charge ne soit retenue contre lui, et plus largement, que ces situations cessent immédiatement.

    Depuis 10h00, ce mercredi 3 octobre 2018, notre collègue et ami, Alexis Kraland est en garde à vue.

    Reporter indépendant, il a été convoqué par la Sûreté Nationale ce jour pour expliquer les raisons de sa présence, lors de la manifestation parisienne du 1er mai 2018.

    Manifestation qui, on s’en souvient, avait été durement réprimée, par la police, mais également par des proches non assermentés du président de la République, Vincent Crase et Alexandre Benalla.

    Alexis Kraland était ce jour là, en soirée, place de la Contrescarpe, sensiblement au même moment que le duo Benalla – Crase. Il a d’ailleurs vendu une vidéo à l’émission « Quotidien » présentée par Yann Barthès. Ses images ont été diffusées dans l’édition du 20 Septembre 2018.

    On y voit un groupe de CRS frappant et gazant à plusieurs reprises un petit groupe de manifestant.es. On distingue très clairement qu’ Alexis Kraland, pourtant identifié comme reporter, caméra à la main, se fait gazer à plusieurs reprises, au visage et sur l’objectif de sa caméra. Dans cette séquence, on constate une volonté manifeste des agents de police de nuire à l’intégrité physique et au travail d’Alexis Kraland.

    Nous sommes sans nouvelle de notre confrère, depuis ce mercredi 3 octobre, 10h00, heure de sa convocation.

    Nous savons que plusieurs personnes étaient également convoquées pour des faits de « participation à une manifestation violente ». Parmi elles, plusieurs ont été placées en garde à vue.

    Nous dénonçons vigoureusement ces méthodes de placement en garde à vue de journalistes, photographes, reporters, pour le seul motif de leur présence sur une manifestation, certes violente, mais qu’ils documentent par leur travail. Nous dénonçons ce qui s’apparente à du harcèlement policier, dont l’objectif reste de pousser les journalistes, photographes, reporters indépendants à cesser de couvrir ces événements, où, souvent, ils sont les seuls à rapporter la violence des forces de l’ordres. Nous dénonçons cette méthode policière de plus en plus courante, qui consiste à nous empêcher physiquement et juridiquement de faire notre travail, d’effacer nos images, de détruire notre matériel, et ainsi nous empêcher de les diffuser sur tous supports de presse nationales ou internationales.

    Au même titre qu’on ne reproche pas à un reporter de guerre d’être en zone de conflit, on ne peut reprocher à un reporter qui couvre une manifestation de « participer à une manifestation violente ».

    Nous, reporters, journalistes, photographes, pigistes ponctuels ou permanents, demandons qu’il soit immédiatement relâché et qu’aucune charge ne soit retenue contre lui, et plus largement, que ces situations cessent immédiatement.

    Premiers signataires :

    Collectif OEIL,

    Fumigène Magazine,

    Collectif La Meute,

    Syndicat national des journalistes,

    Revue Etats d’urgence

    (d’autres signataires à venir...)


  • Sale jour pour l’info libre. Alors que Alexis Kraland est convoqué à #Paris dans le cadre de son #reportage du 1er Mai, le journaliste #basque Boro de « La Haine Info » passe en procès à #Madrid pour les mêmes raisons : documenter et dénoncer les #violencespolicieres
    SOUTIEN A EUX ✊
    Relire son interview donnée à Revolution Permanente :
    https://www.revolutionpermanente.fr/Etat-Espagnol-Un-journaliste-d-un-media-alternatif-risque-huit-
    #journalisme @photographie #video #reporter #medias_libres #censure #proces #harcellement_judiciaire #Benalla


  • Blessé grave sur la #ZAD : nouvelle controverse sur le recours aux grenades par les gendarmes
    https://www.bastamag.net/Blesse-grave-sur-la-Zad-nouvelle-controverse-sur-le-recours-aux-grenades-p

    Que s’est-il passé le 22 mai sur la Zad de Notre-dame-des-Landes avant que Maxime, 21 ans, ne perde sa main, arrachée par l’explosion d’une grenade « GLI-F4 » à triple effet (lacrymogène, assourdissante, et explosive) ? Dans un communiqué publié le jour même, le ministère de l’Intérieur affirme qu’une « une cinquantaine d’opposants radicaux cagoulés se sont attaqués aux forces de l’ordre (présentes pour « sécuriser » les travaux de déblaiement des habitations détruites, ndlr) en leur jetant notamment des (...)

    En bref

    / #Luttes_sociales, Des grands projets... inutiles ?, ZAD

    #Des_grands_projets..._inutiles_ ?




  • Le #Parti_Pirate défend les droits des auteurs ! | Alexis Kraland
    http://www.huffingtonpost.fr/alexis-kraland/le-parti-pirate-defend-le_b_5379443.html

    Annotations :

    Introduit en 1710, le droit d’auteur devait protéger les artistes de l’exploitation commerciale qui pourrait être faite de leurs œuvres à leur insu, leur accordant un monopole commercial de 14 ans − renouvelable une fois. Lorsque quelqu’un achète un produit culturel sur une plateforme labélisée « offre légale », seule une maigre partie des fonds récoltés est transmise à l’auteur, le reste disparaissant malencontreusement dans des montages financiers corporatistes orchestrés par SACEM & Cie. Montages que la Cour des Comptes critique ouvertement. Ainsi, seul un très faible pourcentage de la somme déboursée est reversée aux artistes. Par exemple, pour une chanson (...)

    #droits_d'auteurs #revenus_garantis #piratage #Alternatives

    • L’idée, par exemple, d’une #licence_globale avait fait son chemin au Parti Socialiste, lorsqu’il était dans l’opposition. Cette licence globale permettrait de poser les briques d’un droit d’auteur adapté. (...) Pourtant, ce n’est pas aller assez loin que de proposer un si fin pansement pour un problème social bien plus grand.

      La question de fond est en effet de savoir comment faire en sorte que les personnes pratiquant des activités non-salariées puissent obtenir reconnaissance et rétribution pour leur contribution aux biens communs. Cela concerne aussi bien les artistes, que les développeurs de #logiciels_libres, les contributeurs à Wikipedia, ou encore les bénévoles (...)

      Un #revenu_de_base inconditionnel, versé de la naissance à la mort et couvrant les besoins primaires (logement, nourriture, habillement), formerait à ce titre un changement de paradigme intéressant. Chacun⋅e serait ainsi libre de mener sa vie comme il/elle l’entend et par exemple d’avoir une activité salariée lui assurant un plus grand revenu, ou bien au contraire de consacrer sa vie entière à sa passion (...)

    • « Paradoxalement, les études sur le partage de la culture s’accordent sur un point : le partage − ou piratage, comme vous préférez − des œuvres culturelles est en fait extrêmement positif pour l’industie culturelle. Même les études de la HADOPI reconnaissent que le partage ne nuit pas à l’industrie culturelle. »
      Les choses sont plus compliquées et le partipirate nous promet un avenir « Verts », ils devraient bientôt avoir leur ministre au ps. Non seulement le net ne représente pas un danger pour les majors mais la centralisation que représente le téléchargement direct,les réseaux sociaux est une arme absolue.
      Je renvois sur le site de Thierry Crouzet :
      Le Net rend plus con que la TV http://blog.tcrouzet.com/2014/03/07/le-net-rend-plus-con-que-la-tv
      « Aujourd’hui, le bruit médiatique est si intense que seules les stars réussissent à se faire entendre notoirement. Quelques roturiers arrivent encore à percer, mais juste pour entretenir un espoir statistiquement vain. Les gagnants écrasent désormais non seulement les perdants mais aussi tous ceux qui ne sont pas superstars. La situation est même pire qu’avant l’ouverture du Net au grand public. Qu’est-ce qui a foiré ?

      La réponse est simple. À l’origine, le Net était décentralisé. Google est depuis devenu le seul point d’accès de cette galaxie, déclenchant une bataille pour le référencement que seuls les géants peuvent se payer. Plus Google grossit, plus les petits sites perdent en visibilité relative. Alors ont émergé les grands réseaux sociaux, avec leur volonté d’avaler tout le Web et de nous enfermer dans des échanges statistiquement futiles. Résultat : le marché de la culture n’a cessé de se massifier, bien au-delà de ce que nous avait réservé la TV. Nous sommes devenus statistiquement, je répète volontairement, des consommateurs mimétiques. C’est au moment où l’humanité à le plus besoin d’intelligence collective, au moment où elle se dote de l’outil pour la déployer à une échelle inégalée, qu’elle s’enferme dans quelques cavernes étouffantes.

      Il existe certes des villages, mais trop dispersés, trop dilués dans la masse pour peser sur le cours de l’histoire. »

      Mot clé Long trail : http://blog.tcrouzet.com/tag/long-tail

      Et l’incontournable S.I.Lex :Le contrecoup le plus négatif de la guerre au partage et son véritable objectif
      http://scinfolex.com/2014/03/08/le-contrecoup-le-plus-negatif-de-la-guerre-au-partage-et-son-veritable-ob