person:andré markowicz

  • Un appel face à la fin du monde
    https://diacritik.com/2018/08/27/un-appel-face-a-la-fin-du-monde

    Les initiatives « locales » et la volonté citoyenne ne suffisent plus. Il est aujourd’hui vital que des décisions politiques drastiques – et contraignantes donc impopulaires – soient prises. Elles ne le seront que sous notre pression. Voilà le paradoxe avec lequel il faut jouer.

    • « Le plus grand défi de l’histoire de l’humanité » : l’appel de 200 personnalités pour sauver la planète

      https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/09/03/le-plus-grand-defi-de-l-histoire-de-l-humanite-l-appel-de-200-personnalites-

      Tribune. Quelques jours après la démission de Nicolas Hulot, nous lançons cet appel : face au plus grand défi de l’histoire de l’humanité, le pouvoir politique doit agir fermement et immédiatement. Il est temps d’être sérieux.

      Nous vivons un cataclysme planétaire. Réchauffement climatique, diminution drastique des espaces de vie, effondrement de la biodiversité, pollution profonde des sols, de l’eau et de l’air, déforestation rapide : tous les indicateurs sont alarmants. Au rythme actuel, dans quelques décennies, il ne restera presque plus rien. Les humains et la plupart des espèces vivantes sont en situation critique.

      Il est trop tard pour que rien ne se soit passé : l’effondrement est en cours. La sixième extinction massive se déroule à une vitesse sans précédent. Mais il n’est pas trop tard pour éviter le pire.

      Nous considérons donc que toute action politique qui ne ferait pas de la lutte contre ce cataclysme sa priorité concrète, annoncée et assumée, ne serait plus crédible.

      Nous considérons qu’un gouvernement qui ne ferait pas du sauvetage de ce qui peut encore l’être son objectif premier et revendiqué ne saurait être pris au sérieux.

      Nous proposons le choix du politique – loin des lobbys – et des mesures potentiellement impopulaires qui en résulteront.

      C’est une question de survie. Elle ne peut, par essence, pas être considérée comme secondaire.

      De très nombreux autres combats sont légitimes. Mais si celui-ci est perdu, aucun ne pourra plus être mené.

      Avec une petite interview…
      https://www.youtube.com/watch?v=mFC1yxiOtgg

      #tribune #climat #effondrement

      À force, ça va vraiment finir par être trop tard :/

    • « Le plus grand défi de l’histoire de l’humanité » : l’appel de 200 personnalités pour sauver la planète
      Le Monde, le 3 septembre 2018

      Isabelle Adjani, actrice ; Laure Adler, journaliste ; Pedro Almodovar, cinéaste ; Laurie Anderson, artiste ; Charles Aznavour, chanteur ; Santiago Amigorena, écrivain ; Pierre Arditi, acteur ; Niels Arestrup, acteur ; Ariane Ascaride, actrice ; Olivier Assayas, cinéaste ; Yvan Attal, acteur, cinéaste ; Josiane Balasko, actrice ; Aurélien Barrau, astrophysicien (Institut universitaire de France) ; Nathalie Baye, actrice ; Emmanuelle Béart, actrice ; Xavier Beauvois, cinéaste ; Alain Benoit, physicien (Académie des sciences) ; Jane Birkin, chanteuse, actrice ; Juliette Binoche, actrice ; Benjamin Biolay, chanteur ; Dominique Blanc, actrice ; Gilles Boeuf, biologiste ; Mathieu Boogaerts, chanteur ; John Boorman, cinéaste ; Romane Bohringer, actrice ; Carole Bouquet, actrice ; Stéphane Braunschweig, metteur en scène ; Zabou Breitman, actrice, metteuse en scène ; Nicolas Briançon, acteur, metteur en scène ; Irina Brook, metteuse en scène ; Valeria Bruni Tedeschi, actrice, cinéaste ; Florence Burgat, philosophe ; Gabriel Byrne, acteur ; Cali, chanteur ; Sophie Calle, artiste ; Jane Campion, cinéaste ; Isabelle Carré, actrice ; Emmanuel Carrère, écrivain ; Anne Carson, auteure et professeure ; Michel Cassé, astrophysicien ; Laetitia Casta, actrice ; Bernard Castaing, physicien (Académie des sciences) ; Antoine de Caunes, journaliste, cinéaste ; Alain Chamfort, chanteur ; Boris Charmatz, chorégraphe ; Christiane Chauviré, philosophe ; Jeanne Cherhal, chanteuse ; François Civil, acteur ; Hélène Cixous, écrivaine ; Isabel Coixet, cinéaste ; Françoise Combes, astrophysicienne (Collège de France) ; François Cluzet, acteur ; Gregory Colbert, photographe, cinéaste ; Bradley Cooper, acteur ; Brady Corbet, acteur ; Béatrice Copper-Royer, psychologue ; Marion Cotillard, actrice ; Denis Couvet, écologue ; Camille Cottin, actrice ; Clotilde Courau, actrice ; Franck Courchamp, écologue (Académie européenne des sciences) ; Nicole Croisille, chanteuse ; David Cronenberg, cinéaste ; Alfonso Cuaro, cinéaste ; Willem Dafoe, acteur ; Philippe Decouflé, chorégraphe ; Sébastien Delage, musicien ; Vincent Delerm, chanteur ; Alain Delon, acteur ; Catherine Deneuve, actrice ; Claire Denis, cinéaste ; Philippe Descola, anthropologue (Collège de France) ; Alexandre Desplat, compositeur ; Manu Dibango, musicien ; Hervé Dole, astrophysicien (Institut universitaire de France) ; Valérie Dréville, actrice ; Diane Dufresne, chanteuse ; Sandrine Dumas, actrice, metteuse en scène ; Romain Duris, acteur ; Lars Eidinger, acteur ; Marianne Faithfull, chanteuse ; Pierre Fayet, physicien (Académie des sciences) ; Ralph Fiennes, acteur ; Frah (Shaka Ponk), chanteur ; Cécile de France, actrice ; Stéphane Freiss, acteur ; Thierry Frémaux, directeur de festival ; Jean-Michel Frodon, critique, professeur ; Marie-Agnès Gillot, danseuse étoile ; Pierre-Henri Gouyon, biologiste ; Julien Grain, astrophysicien ; Anouk Grinberg, actrice ; Mikhaïl Gromov, mathématicien (Académie des sciences) ; Sylvie Guillem, danseuse étoile ; Arthur H, chanteur ; Ethan Hawke, acteur ; Christopher Hampton, scénariste ; Nora Hamzawi, actrice ; Ivo Van Hove, metteur en scène ; Isabelle Huppert, actrice ; Agnès Jaoui, actrice, cinéaste ; Michel Jonasz, chanteur ; Camelia Jordana, chanteuse ; Jean Jouzel, climatologue (Académie des sciences) ; Juliette, chanteuse ; Anish Kapoor, sculpteur, peintre ; Mathieu Kassovitz, acteur ; Angélique Kidjo, chanteuse ; Cédric Klapisch, cinéaste ; Thierry Klifa, cinéaste ; Panos H. Koutras, cinéaste ; Lou de Laâge, actrice ; Ludovic Lagarde, metteur en scène ; Laurent Lafitte, acteur ; Laurent Lamarca, chanteur ; Maxence Laperouse, comédien ; Camille Laurens, écrivaine ; Bernard Lavilliers, chanteur ; Sandra Lavorel, écologue (Académie des sciences) ; Jude Law, acteur ; Patrice Leconte, cinéaste ; Roland Lehoucq, astrophysicien ; Gérard Lefort, journaliste ; Nolwenn Leroy, chanteuse ; Peter Lindbergh, photographe ; Louane, chanteuse ; Luce, chanteuse ; Ibrahim Maalouf, musicien ; Vincent Macaigne, metteur en scène, acteur ; Benoît Magimel, acteur ; Yvon Le Maho, écologue (Académie des sciences) ; Andreï Makine, écrivain de l’Académie Française ; Abd al Malik, rappeur ; Sophie Marceau, actrice ; Virginie Maris, philosophe ; André Markowicz, traducteur ; Nicolas Martin, journaliste ; Vincent Message, écrivain ; Wajdi Mouawad, metteur en scène ; Nana Mouskouri, chanteuse ; Jean-Luc Nancy, philosophe ; Arthur Nauzyciel, metteur en scène ; Safy Nebbou, cinéaste ; Pierre Niney, acteur ; Helena Noguerra, chanteuse ; Claude Nuridsany, cinéaste ; Michael Ondaatje, écrivain ; Thomas Ostermeier, metteur en scène ; Clive Owen, acteur ; Corine Pelluchon, philosophe ; Laurent Pelly, metteur en scène ; Raphaël Personnaz, acteur ; Dominique Pitoiset, metteur en scène ; Denis Podalydès, acteur ; Pomme, chanteuse ; Martin Provost, cinéaste ; Olivier Py, metteur en scène ; Susheela Raman, chanteuse ; Charlotte Rampling, actrice ; Raphaël, chanteur ; Régine, chanteuse ; Cécile Renault, astrophysicienne ; Robin Renucci, acteur ; Jean-Michel Ribes, metteur en scène ; Tim Robbins, acteur ; Muriel Robin, actrice ; Isabella Rossellini, actrice ; Brigitte Roüan, actrice, cinéaste ; Carlo Rovelli, physicien (Institut universitaire de France) ; Eric Ruf, directeur de la Comédie-Française ; Céline Sallette, actrice ; Rodrigo Santoro, acteur ; Marjane Satrapi, cinéaste ; Kristin Scott Thomas, actrice ; Albin de la Simone, musicien ; Abderrahmane Sissako, cinéaste ; Marianne Slot, productrice ; Patti Smith, chanteuse, écrivaine ; Sabrina Speich, géoscientifique ; Marion Stalens, réalisatrice ; Kristen Stewart, actrice ; Tom Stoppard, dramaturge ; Peter Suschitzky, chef opérateur ; Malgorzata Szumowska, cinéaste ; Béla Tarr, cinéaste ; Gilles Taurand, scénariste ; Alexandre Tharaud, musicien ; James Thierrée, danseur, chorégraphe ; Mélanie Thierry, actrice ; Danièle Thompson, cinéaste ; Melita Toscan du Plantier, attachée de presse ; Jean-Louis Trintignant, acteur ; John Turturro, acteur ; Hélène Tysman, pianiste ; Pierre Vanhove, physicien ; Karin Viard, actrice ; Polydoros Vogiatzis, acteur ; Rufus Wainwright, chanteur ; Régis Wargnier, cinéaste ; Jacques Weber, acteur ; Wim Wenders, cinéaste ; Sonia Wieder-Atherton, musicienne ; Bob Wilson, metteur en scène ; Lambert Wilson, acteur ; Jia Zhang-ke, cinéaste ; Elsa Zylberstein, actrice


  • Contre la saison France-Israël
    4 mai 2018 Par Les invités de Mediapart
    https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/040518/contre-la-saison-france-israel

    Dénonçant une opération où la Culture sert de « vitrine » à l’État d’Israël et à sa politique chaque jour plus dure envers les Palestiniens, 80 personnalités issues du monde des arts affirment leur refus de participer à la « Saison France-Israël » et expliquent les raisons de leur choix. Parmi eux : Alain Damasio, Annie Ernaux, Tardi, Nathalie Quintane ou Jean-Luc Godard.

    • Les signataires :
      Pierre Alferi, écrivain
      Guy Alloucherie, metteur en scène
      Valérie Belin, photographe
      Stéphane Bérard, plasticien
      Christian Benedetti, metteur en scène
      Arno Bertina, écrivain
      Julien Blaine, écrivain
      Simone Bitton, cinéaste
      Irène Bonnaud, metteure en scène et traductrice
      Catherine Boskowitz, metteure en scène
      Nicolas Bouchaud, comédien
      Alain Bublex, plasticien
      Robert Cantarella, metteur en scène
      Laurent Cauwet, écrivain
      Laurence Chable, comédienne
      Fanny de Chaillé, chorégraphe
      Patrick Condé, comédien
      Enzo Cormann, écrivain
      Stéphane Couturier, photographe
      Sylvain Creuzevault, auteur/metteur en scène
      Alain Damasio, écrivain
      Luc Delahaye, photographe
      Philippe Delaigue, metteur en scène
      Eva Doumbia, metteure en scène, auteure
      Valérie Dréville, comédienne
      Dominique Eddé, écrivaine
      Annie Ernaux, écrivaine
      Fantazio, musicien
      Sylvain George, cinéaste
      Liliane Giraudon, auteure
      Sylvie Glissant, Institut du tout monde
      Jean-Luc Godard, cinéaste
      Dominique Grange, chanteuse
      Harry Gruyaert, photographe
      Alain Guiraudie, cinéaste
      Eric Hazan, écrivain-éditeur
      Laurent Huon, comédien
      Imhotep, compositeur, groupe IAM
      Valérie Jouve, photographe
      Nicolas Klotz, cinéaste
      Leslie Kaplan, auteure
      Kadour (HK), chanteur
      La Parisienne Libérée, chanteuse
      Pierre-Yves Macé, compositeur
      Pierre Maillet, comédien et metteur en scène
      Jean-Paul Manganaro, écrivain et traducteur
      André Markowicz, écrivain, traducteur
      Myriam Marzouki, metteure en scène
      Maguy Marin, chorégraphe
      Jean-Charles Massera, artiste, écrivain
      Valérie Massadian, cinéaste
      Daniel Mermet, réalisateur
      Natacha Miche, auteure
      Alexandre Mouawad, éditeur-graphiste
      Nicolas Milhé, plasticien
      Jean-Pierre Moulin, comédien
      Gérard Mordillat, écrivain
      Bernard Noël, écrivain
      Vincent Ozanon, comédien
      Elisabeth Perceval, cinéaste
      Mathieu Pernot, photographe
      Ernest Pignon-Ernest, plasticien
      Christian Prigent, écrivain
      Amandine Pudlo, comédienne
      Nathalie Quintane, auteure
      Adelibe Rosenstein, metteuse en scène
      Mala Sandoz, metteuse en scène
      Eyal Sivan, cinéaste
      Samuel Steiner, écrivain
      Philippe Tancelin, poète
      François Tanguy, metteur en scène
      Tardi, dessinateur
      Serge Teyssot-Gay, musicien
      Mathilde Villeneuve, lab. Aubervilliers
      Martine Vandeville, comédienne
      Jean-Jacques Viton, écrivain
      Martin Winckler, écrivain (et médecin)
      Dominique Ziegler, auteur-metteur en scène

      #Palestine #BDS #Boycott_culturel



  • Nos deux appartements - Librairie du Globe
    http://www.librairieduglobe.com/events/event/nos-deux-appartements

    Nos deux appartements

    Détails de l’événement
    Début : 12 avril 2018 19:30
    Lieu : Librairie du Globe
    Catégories : Livres et littérature

     » – Bonjour François, Bonne Année !
    – Bonjour, André ! Bonne Année ! Comment allez vous ? André, mais quel est donc le livre à paraître chez Inculte en mars et dont tout le monde parle ??? :-)))
    – Qui ça tout le monde ??? C’est L’Appartement…. sur mon appartement de Pétersbourg…

    (gros blanc)
    – Ah bon, mais c’est bizarre… nous terminons un livre qui va paraître en mars et s’appelle… l’Appartement.

    (re-gros blanc)
    – Ah ?? Mais… c’est….
    – Nous c’est un album jeunesse, et le titre complet sera l’Appartement, un siècle d’histoire russe… Et vous ?
    – Moi, c’est un roman en vers, vous savez ! (« ouf ! » de chaque côté du combiné).

    Du coup, comme dit l’autre, on fait une soirée appartements au Globe en avril, alors ? »

    • L’Appartement, André Markowicz

    • L’Appartement, un siècle d’histoire russe d’Alexandra Litvina et Ania Desnitskaïa


  • À propos de l’hommage appuyé à Jean d’Ormesson :

    Ce long, très long mais très intéressant billet d’André Markowicz malheureusement sur FB et que je me permets de reproduire ici avec le lien pour celles et ceux qui ont encore un compte.

    https://www.facebook.com/photo.php?fbid=2053869168158718&set=a.1385294238349551.1073741827.10000606

    –---

    André Markowicz

    Mireille aux Invalides, Macron, d’Ormesson et Johnny, images de la France

    Ça avait commencé le jour d’avant. J’avais vu passer une déclaration de Françoise Nyssen, mon éditrice, une personne que je connais depuis plus de ving-cinq ans, qui disait qu’il serait bon de rendre un hommage national à Jean d’Ormesson et à Johnny Hallyday. Sur le coup, j’ai cru que ça devait être un hommage conjoint, dans la même fournée, pour ainsi dire, et j’ai pensé, — qu’elle me pardonne — qu’elle déraillait. Et bon, vous savez comme c’est, il y a plein de choses qui se passent en l’espace d’une heure, j’ai oublié cette déclaration, j’avais d’autres choses à faire.

    Quand un ami m’a dit qu’il y aurait un hommage à Jean d’Ormesson aux Invalides, j’ai cru qu’il me faisait marcher. Bon, je l’avoue d’emblée, je n’ai jamais pu lire trois pages d’affilée de ses livres — et dire que je suis mort de honte à l’avouer serait mentir. J’en avais feuilleté quelques-uns, sur les tables de libraires, et c’était toujours, comme on dit en français (et seulement en français) « bien écrit », comme si ça voulait dire quelque chose, de bien écrire, pour un écrivain. Mon ami Armando, à la Sorbonne, faisait ça : il regardait systématiquement les premières pages des romans sur les tables des libraires, et il livrait son jugement : « Oui, c’est pas Dante ».

    Et donc oui, oui, oui, Jean d’Ormesson écrit bien. Il a une « belle langue ». Et non, Jean d’Ormesson, ce n’est pas Dante. Quand je traduisais « les Démons », ce sont des gens comme d’Ormesson qui m’ont servi d’images pour la figure de l’écrivain Karmazinov, qui, de fait, « écrit bien », et qui finit son œuvre en disant « merci ». Merci à ses lecteurs, merci à l’existence, merci à qui vous voulez — qui finit très content. Parce que c’est vrai que c’est très important, d’être content dans la vie. Parce que ça fait plaisir à tout le monde. D’abord à ceux qui vous lisent, et ensuite à soi-même. Et donc, bon, j’ai toujours pensé qu’il était, au mieux, l’exemple parfait du « petit maître », issu d’une tradition, là encore, bien française, qui date du XVIIe. C’est vrai, du coup, il représente une « certaine image de la France » — d’une certaine tradition française de la littérature, ridicule pour toute l’Europe depuis le romantisme — et qui n’est pas moins ridicule aujourd’hui.

    Ce n’était pas une blague. Il y a eu un hommage aux Invalides. Pourquoi aux Invalides ? Est-ce que d’Ormesson avait, je ne sais pas, accompli des actes héroïques au service de la France, ou est-ce qu’il avait été victime du terrorisme ? Etait-il une figure de l’ampleur de Simone Veil ? Et quel écrivain français a été l’objet d’un tel hommage avant lui ? — Il y avait eu Malraux, je crois. Mais Malraux avait été ministre, il était une figure du siècle. Mais qu’a-t-on fait à la mort de Claude Simon ou de Beckett ou, je ne sais pas, celle de Francis Ponge ou de René Char, sans parler de Foucault, de Barthes ou de Derrida — et même d’Yves Bonnefoy ? — Il y a eu des communiqués de l’Elysée (ce qui est bien normal), mais jamais un hommage aux Invalides, c’est-à-dire un hommage de la République, en présence, qui plus est, des deux anciens présidents de la République encore ingambes que nous avons, à savoir Nicolas Sarkozy et François Hollande. — Qu’est-ce que ça veut dire, qu’on rende hommage à d’Ormesson de cette façon ? C’était ça, ma question.

    Et puis, j’ai écouté le discours d’Emmanuel Macron. Et là, les choses ont commencé à se remettre en place : non, Françoise Nyssen n’avait pas déraillé du tout. Elle avait exprimé l’idée. Parce que ce discours est un moment majeur, pas seulement pour d’Ormesson, ou, plutôt, pas du tout pour d’Ormesson, mais pour la vision à long terme de la présidence de Macron — pour sa vision de la France. De sa France à lui.

    Objectivement, c’était un discours formidable. Un discours littéraire, qui multiplie les citations, qui est un hymne à « ce que la France a de plus beau, sa littérature »… Un discours formidable aussi parce que mimétique : on aurait dit que Macron (ou Sylvain Fort, mais ça n’a aucune importance — en l’occurrence, c’est Macron, je veux dire le Président de la République française) faisait un pastiche proustien du style de d’Ormesson lui-même pour prononcer son éloge funèbre, en construisant, avec des imparfaits du subjonctifs gaulliens (et grammaticalement indispensables) un éloge de la clarté, qualité essentielle du « génie national ». Et puis, j’ai entendu cette phrase : « La France est ce pays complexe où la gaieté, la quête du bonheur, l’allégresse, qui furent un temps les atours de notre génie national, furent un jour, on ne sait quand, comme frappés d’indignité. »

    Dites, — comment ça, « on ne sait pas quand » ? Si, on sait parfaitement quand : d’abord, — non pas en France, mais dans l’Europe entière, au moment du romantisme, et de la Révolution française. Quand, d’un seul coup, c’est le monde qui a fait irruption dans les livres, et pas seulement dans la beauté des salons. C’est le moment du grand débat entre Racine et Shakespeare, oui, dans l’Europe tout entière. Et la remise en cause de la « légèreté comme génie national de la France », c’est, par exemple, tout Victor Hugo. Et puis, il y a ce moment de désastre, d’éblouissement qui reste, jusqu’à nous, une déchirure « irréfragable », selon le beau mot employé par Macron, le moment de Rimbaud — qui trouve la légèreté verlainienne, sublime, à la limite extrême de l’indicible, et la transforme en cette légèreté atroce et impensable, « littéralement et dans tous les sens », des « Derniers vers », et qui le laisse dévasté, Verlaine, et qui s’en va, en nous laissant, oui, aujourd’hui encore, nous tous qui parlons français, béants et bouleversés : et c’est après la catastrophe de Rimbaud que viendra, par exemple, celle d’un poète comme Paul Celan (qui lui est si proche).

    Emmanuel Macron a cité les amis de Jean d’Ormesson : Berl, Caillois, Hersch, Mohrt, Déon, Marceau, Rheims, Sureau, Rouart, Deniau, Fumaroli, Nourissier, Orsenna, Lambron ou Baer… — Bon, Orsenna…
    Hersch… C’est Jeanne Hersch ? Et Sureau, c’est François Sureau (dont j’apprends qu’il écrivait les discours de Fillon) ? Et les autres… Berl, Mohrt, Déon, Marceau, Rheims, Rouart, Fumaroli, c’est, de fait, « une certaine idée de la France », — une idée dont je ne pourrais pas dire qu’elle est franchement de gauche. C’est de cette longue lignée dont parle le Président pour peindre, aux Invalides, dans le cadre le plus solennel de la République, la France qu’il veut construire. Et il le fait sans avoir besoin de dire l’essentiel, qui est compris par toute l’assistance : nous sommes dans le cercle du « Figaro », dans le cercle — très ancien — de la droite française la plus traditionnelle, celle des « Hussards », des nostalgiques de l’aristocratie. Parce qu’il faut bien le dire, quand même, non ? — la « légèreté » de Jean d’Ormesson, c’était quand bien ça qu’elle recouvrait : la réaction la plus franche — même si Dieu me préserve de mettre en cause son attachement à la démocratie parlementaire. —

    Michel Mohrt, Marceau (Félicien, pas Marcel…), Michel Déon, Paul Morand, toute, je le dis, cette crapulerie de l’élitisme de la vieille France, moi, je ne sais pas, ça ne me donne pas l’image d’une France dans laquelle je pourrais me reconnaître.

    L’impression que j’ai, c’est que par l’intermédiaire de Jean d’Ormesson, le Président rendait hommage à cette France-là, en l’appelant « la France », et c’est à propos de cette France-là qu’il parlait de son « génie national ». Et sans jamais employer de mot de « réaction », ou le mot « droite ».

    Les Invalides, c’était pour ça. Pour dire la France dans laquelle nous vivons, maintenant que la gauche n’existe plus. Depuis qu’il n’y a plus que la droite. Dans cette légèreté des beautés esthétiques — et cela, alors même, je le dis en passant (j’en ai parlé ailleurs) que la langue française disparaît, en France même, par les faillites de l’enseignement, et, à l’étranger, par les diminutions drastiques et successives du budget alloué à l’enseignement du français. On le sait, la littérature, la beauté, c’est, je le dis en français, l’affaire des « happy few ».

    Et puis, pour les « unhappy many », le lendemain, c’était l’hommage à une autre France, celle des milieux populaires, celle, censément, de Johnny Hallyday. Les deux faces du même.— En deux jours, les deux France étaient ainsi réconciliées par une seule voix, jupitérienne, celle des élites et celle du peuple. Je ne dirai rien de ce deuxième hommage, je ne me reconnais ni dans d’Ormesson, ni dans Johnny (que j’avais vu très grand acteur avec Godard). Mais paix à l’âme de Johnny, que la terre, comme on le dit en russe, lui soit « duvet », qu’elle lui soit, c’est le cas de le dire, « légère ».

    Il y a eu deux hommages, un appel aux applaudissements dans le second, un silence grandiose à la fin du premier, et, moi, parmi les citations que le Président, il y a en une sur laquelle j’ai tiqué, parce que, vraiment, je n’arrivais pas à la situer (je dois dire que je ne me souvenais pas de celle de « La Vie de Rancé », mais qu’elle est grande !..). Non, à un moment, Macron parle de Mireille.

    « C’est le moment de dire, comme Mireille à l’enterrement de Verlaine : « Regarde, tous tes amis sont là. »…

    C’est qui, Mireille ? Dois-je avoir peur d’afficher mon inculture ? J’ai fouillé tout Paul Fort (enfin, pas tout…), il y a un poème célèbre qui devenu une très belle chanson de Brassens sur l’enterrement de Verlaine (Paul Fort y avait assisté)… et pas de Mireille. Je demande autour de moi, je regarde sur Google, il y a une autre chanson de Paul Fort, à « Mireille, dite Petit-Verglas », — mais, là encore, cette citation n’y est pas. Est-ce une espèce de condensé d’une citation de Brassens ? Sur le coup, dans ma naïveté, je me suis demandé s’il ne voulait pas parler de Mireille, vous savez, qui avait fait « le petit conservatoire de la chanson » à l’ORTF… Je me demande d’ailleurs si le jeune Johnny n’est pas passé chez elle. — Je plaisante. Et puis, Mireille, même si quand j’étais enfant, elle était vieille, elle n’était pas vieille à ce point-là. Donc, je ne sais pas qui est Mireille.

    Je me demande ce qu’elle vient faire, cette Mireille, aux Invalides pour dire « tous tes amis sont là »… Si c’est une bourde (je ne vois pas laquelle), ou si, d’une façon plus bizarre, ce n’est pas comme une blague, procédé bien connu parmi les potaches, de fourrer au milieu d’une vingtaine de citations véritables, une citation totalement débile, que personne ne remarquera, histoire, justement, de ne pas se faire remarquer, parce qu’il ne faut pas dire que le roi est nu. — De mon temps, des copains khâgneux avaient fait une série de références à la pensée héraclitéenne de Jacob Delafond, auteur d’un « Tout s’écoule ». C’était, de la part de ces jeunes gens, un signe de mépris envers leur prof. De quoi serait-ce le signe ici ?...

    Quoi qu’il en soit, cette Mireille, aux Invalides, elle participe à la construction de l’image de la France du président Macron. — Non, non, notre roi n’est pas nu. Il porte les habits de la « vieille France ». Ils sont très beaux. Ils sont très vieux. Mais ce ne sont pas ceux des grands auteurs du classicisme, — ce sont plutôt ceux des petits marquis.

    *

    Et puis, enfin, bizarrement, je ne sais pas comment dire : j’ai le cœur serré en pensant à Verlaine.


  • Une génération tragique... de poètes russes

    https://www.franceculture.fr/emissions/fictions-theatre-et-cie/extrait-de-une-generation-tragique

    Ils sont nés dans les années 1890 en Russie, ils s’appellent Mikhaïl Boulgakov, Ossip Mandelstam, Anna Akhmatova, Vladimir Maïakovski, Boris Pasternak, Marina Tsvetaeva. Ils sont écrivains. Ils ont tous connu un destin tragique : prison, camps, misère. La plupart ont disparu dans les années quarante. André Markowicz nous raconte leur histoire. Anouk Grinberg lit et nous fait partager le monde brûlant de Marina Tsvetaeva, née en 1892, exilée, suicidée en 1941 en Russie.

    #poésie #littérature #russie


  • Un rêve
    Tout bête
    Tout simple

    À la retraite
    Je travaillerai dans une association
    Pour aider les jeunes gens avec les réseaux asociaux

    Mes jeunes gens à moi
    Dorment tous les trois profondément
    Cafés et écriture en silence, il est tôt

    C’est le premier mercredi depuis la rentrée
    L’emploi du temps n’est pas tout à fait le même
    J’ai le trac pour ce premier mercredi

    Première différence d’emploi du temps
    Je n’accompagne plus Sarah au stade excentré
    Au lieu de quoi j’écris en buvant du café

    Emploi du temps toujours
    Veiller au réveil d’Émile
    Ne pas oublier ses affaires de piscine

    Quand je pense que ce soir
    Je vais dans les jardins d’Actes Sud
    Pour la sortie de Jerusalem, emploi du temps

    Deux guitares encombrent désormais
    Ma chambre, rares sont les moments
    Où elles se font gratter le dos

    Iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii
    Mon doigt reste appuyé
    Emile m’a fait peur en me surprenant

    Mes deux guitares inertes
    De temps en temps, un enchaînement d’accords
    Pas demain que je deviens musicien

    Dans la salle d’attente de l’orthophoniste
    Lisant Jerusalem , viennent parfois se superposer
    Des phrases comme la confiture est sur la table

    Dans la salle d’attente de la docteure
    Lisant Jerusalem , viennent parfois s’ajouter
    Des phrases, Maman il m’a pris mon jouet

    Les 1300 pages de Jerusalem
    S’épaississent donc
    Des phrases du quotidien d’un père

    Nouilles sautées à la séchuanaise
    Moqueries des filles
    Quetsches et café

    Je mange des quetsches
    En regardant le jardin détrempé
    Automne

    Le vieux gros célibataire
    Lave en hâte son seul pantalon sans trou
    Pour la soirée chez Actes Sud

    Le vieux gros célibataire
    Cire en hâte ses seules chaussures sans trou
    Pour la soirée chez Actes Sud

    Le vieux gros célibataire
    Porte des chaussettes trouées
    Pour la soirée chez Actes Sud

    Le vieux gros célibataire
    cherche en hâte un t-shirt propre
    Pour la soirée chez Actes Sud

    Si tu portes des chaussettes trouées
    Cire bien tes chaussures
    Vieux proverbe sicilien

    Le vieux gros célibataire
    Quand on y pense
    Quel cumul !

    Sarah au cheval, Émile aux échecs
    Zoé à la céramique, c’est mercredi
    Et le vieux gros célibataire écrit !

    La prolifération d’un seul détail
    Dans un rêve : une cabine téléphonique
    Et c’est un pont trentenaire entre Asie et USA

    J’écris désormais des récits
    Dans lesquels il faut des notes de bas de page
    Pour être compréhensibles des plus jeunes : PCV

    Et comment une envie de pisser
    Devient une aventure
    Qui s’étale sur presque trente ans

    https://goo.gl/maps/g5cuDAJ9ke52

    Je voulais vérifier le 948 N. Wolcott à Chicago
    Sur mon écran, la maison dans laquelle
    J’ai pris la photo accrochée sur le mur, derrière mon écran

    Dans les soirées
    La musique
    Fait parler de plus en plus fort

    Et on n’entend plus
    Ce que dit la personne
    Juste en face de vous

    Pour la soirée de sortie de Jerusalem La pluie battante sur la verrière
    Rend tout assourdissant

    Est-ce que vraiment moi
    Qui semble capable
    De parler à tout plein de gens ?

    Ou est-ce que cette soirée
    Grouille en fait
    De semblables ?

    André Markowicz et moi
    Reprenons presque
    Notre conciliabule de mars

    Longue conversation
    Avec Adrien
    Comment faire avec l’Étreinte

    Mathieu dit le plus grand bien qui soit
    D’Une Fuite en Égypte
    À qui veut l’entendre

    Je rencontre
    Mathilde Helleu
    À laquelle je dois tant

    Je rencontre
    Claro
    Je mentionne La Maison des feuilles

    Je parle dyslexie
    Avec Jérôme
    (Et avec Mathilde)

    Je rentre épuisé
    De vacarme
    Et de champagne

    Je peine à trouver le sommeil
    Et je peine à accepter
    Le lendemain qui ne chante pas

    #mon_oiseau_bleu


  • https://www.youtube.com/watch?v=CMcKrMXzjhg

    Rêve de savoir jouer du piano comme Dollar Brand
    Rêve d’une nouvelle procédure judicaire
    Rêve de ma pendaison par la maladresse de mon père

    C’est un pic-vert
    Opiniâtre
    Qui me réveille

    Le pic-vert matinal
    M’envoie un message
    En morse, ce n’est pas SOS

    Un vent du Nord
    A créé du désordre
    Dans ma chambre

    Le vent du Nord
    Ne savait pas quoi nous apporter :
    De grands fourreaux de nuages

    Le vent du Nord
    Souffle fort au sommet
    Les nuages passent vite

    Le vent du Nord
    Brosse la canopée
    Sans bruit, continument

    Le vent du Nord
    Me donne envie d’un café
    Avec des spéculoos !

    Je reproduis un rituel photographique
    Sans y croire, par pure habitude
    Ma photographie est devenue superstition

    Les fesses froides sur la margelle
    Les doigts qui brûlent autour de la tasse
    Le visage dans les nuages, là

    Le ciel se couvre, plus un rai de soleil
    Émile arrive pour son petit déjeuner
    Je vais aller faire de la peinture

    Tout à l’heure, des nuages gris
    Se découpaient sur ciel bleu,
    Maintenant nuages blancs sur ciel gris

    Un premier rideau de pluie
    Franchit le Bousquillou
    Nous n’y couperons pas

    Je voudrais décrire la beauté
    D’une partie d’échecs avec Émile
    Mais n’est pas Nabokov qui veut

    Le vent du Nord
    Joue avec
    Mes nerfs

    La musique me fait penser à elle
    La poésie me fait penser à elle
    De quelles beautés faut-il me couper ?

    La photographie
    Ne me fait pas penser à elle
    Mais je n’en fais plus, je devrais

    Il n’était pas neuf heures
    Quand ma voisine est venue voir si cela allait
    J’avais déjà peint cinq volets. Ça va mieux !

    Rouge basque
    Rouge basque
    Rouge basque

    Ma voisine a fini de lire hier soir
    Une fuite en Égypte
    Son sourire en dit long. Ému

    Une fois par an, des jurons
    Et un litre de mélange à 4%
    Pour ressusciter la débrousailleuse

    Tous les ans je mesure les progrès
    D’Émile dans sa spatialisation
    En passant la débroussailleuse

    Je délègue le déjeuner aux filles
    Et je retourne sous l’arche
    Manger de la poussière

    Le vent du Nord
    Plein de remords
    A dispersé tous ses nuages

    La factrice apporte le journal
    Abonnement de mes parents
    Zoé : « encore des articles sur Macron ! »

    Un article retrace l’affaire Fillon
    Les dates qui l’émaillent au printemps
    Sont celles de mon histoire avec elle

    Mais mains sont pleines
    De rouge basque et laissent
    De petites tâches sur mon clavier

    D’après le journal, les nouveaux députés
    Macronistes viennent de l’entreprise
    Et parlent de bench marking à l’Assemblée

    Je m’interdis
    La lecture
    Du journal

    Je m’interdis la lecture du journal
    J’ai bien assez de livres comme ça
    Au hasard : Partages d’A. Markowicz

    Les rêves de sieste
    Sont tellement prompts à la fuite
    De vrais lézards sur des murs chauds

    De fins rideaux de pluie se succèdent
    Douchent les velléités de rivière
    Et encouragent le ponçage

    Deux belles parties siciliennes
    Avec Émile, par deux fois
    Les Noirs l’emportent

    La vie des maisons cévenoles
    En hiver donnent du souci
    À leurs habitants en été

    C’est un Juif qui parle
    À un autre Arabe…

    (André Markowicz)

    Pour Philippe De Jonckheere
    À la même table, dans la même vie
    André Markowicz (25 mars 2017)

    Dans la nuit du 24 au 25 mars
    Je m’en souviens
    Elle m’a …

    Le 25 mars au matin
    Je lui ai cuisiné une omelette
    Qu’elle a trouvé parfaite

    Et le 25 mars au soir
    Je la retrouvais dans Paris
    Visiter l’exposition de Twombly

    Le 25 mars, je l’ai photographiée
    De dos devant l’École de Fontainebleau
    C’est l’unique image que j’ai d’elle

    Le 25 mars, nous avons dîné
    De frites et de légumes crus délicieux
    À la terrasse du Père Fouettard

    Le soir du 25 mars, je la déposais
    Devant chez elle, dans un grand rire
    Elle m’a montré ses fesses dans mes phares

    Après mûre réflexion
    Je décide de ne pas
    Arracher la page de dédicace

    Hanno arrive
    Avec Till et Mila
    Je les vois sur la route

    Dîner désordre
    Mais bon
    Mais désordre

    Le soir, les enfants partis dans leurs chambres
    Nous parlons avec Hanno, je lui parle d’elle
    Nous parlons des États-Unis, des Arts Déco

    Nous parlons des États-Unis, des Arts Déco
    Mais nous ne sommes pas d’anciens combattants
    Au contraire des personnes avides de comprendre

    Quelques paroles tellement vraies entre nous
    Tu ne fais plus de photos ? Non, j’écris. Oui, bien sûr
    C’est la différence entre exister un peu, et pas du tout

    Nous reparlons de la mort de mon frère
    De cette douleur de toute une vie
    Hanno se souvient de comment j’étais avant

    On reparle d’amis perdus de vue
    Des voyages à Saint-Dizier
    Et de ma petite voiture, l’AX

    Je suis triste, Hanno me dit
    Que je ne devrais pas. C’est juste
    Le mauvais moment de l’année, fin juillet

    Il est minuit quand nous montons
    Je reçois un gentil message de B.
    Elle me manque

    Je m’endors en relisant le message de B.
    J’ai noté trois mots sur un papier
    Pour ne pas les oublier. Nuit

    #mon_oiseau_bleu


  • J – 35 : Présenté souvent comme un pensum, notamment pour les auteurs, singulièrement ceux en dédicace, le Salon du livre est certes une expérience fatigante mais il est aussi l’occasion de rencontrer ses petits copains d’écurie et c’est un plaisir insigne de faire la connaissance d’André Markowicz et de pouvoir lui dire sa gratitude pour ce qui est de pouvoir lire Dostoïevski, ou encore de le complimenter pour ses très beaux Partages . André aura été un excellent professeur pour ce qui est d’engager la conversation avec les lecteurs, lui sait faire cela comme personne apparemment. J’aurais tenté, sans grand succès, de reproduire de telles recettes dimanche mais cela n’aura pas produit les résultats attendus si ce n’est celui de faire rire mes camarades d’ Inculte . Parmi lesquels, Emmanuel Adely auquel j’aurais pu dire tout le bien de ce que je pensais de son dernier livre, Je paie et nous aurons pu également échanger à propos de la confluence entre le Tarn (très froid) et la Jonte (glaciale) en pays presque.

    Sinon cela donne un peu le vertige tout de même d’être assis à une table, à peine garanti par le faible bouclier d’une petite pile de ses livres, et de voir passer, l’après-midi durant, des personnes, des centaines de personnes, des milliers de personnes, dont très peu, vraiment très peu, une poignée, à peine plus d’une poignée, hésitent un peu et puis soulèvent un des livres de la pile, puis le repose comme un objet brûlant une fois qu’ils ont identifié que la personne photographiée en macaron en quatrième de couverture et le gros type assis derrière la pile de livres, et bien ce sont la même personne. De temps en temps au contraire ce sont des personnes déterminées comme mues par une timidité dont les digues ont lâché d’un coup et qui vous racontent en phrases empressées à quel point votre livre et leurs existences se superposent, que c’en est troublant, alors vous proposez gentiment, sans ironie excessive, vous aussi vous avez tué votre compagne et vos enfants ?

    Entre deux livres signés, vous envoyez quelques messages écrits et brefs par téléphone de poche, les réponses de votre correspondante de cœur vous amusent fort, bien au-delà sans doute de la bonne humeur qui est attendue de vous contractuellement.

    Puis vous retournez au charbon, il fait une chaleur moite, un bruit de fond qui par moments monte, monte et monte encore, tout pourrait normalement vous comprimer le crâne, c’est sans compter le récit déjanté qu’Emmanuel Adely fait d’un récent atelier d’écriture qu’il a animé sur les hauts versants alpins et qui tient en lui les ferments d’un roman parfaitement contemporain.

    En sortant du salon, vous échangez vos numéros de téléphones de poche, c’est au-delà du cordial, fraternel presque, il vous promet de lire la chronique que vous avez écrite à propos de Je paie et que vous lui avez remise imprimée. Douze stations plus loin vous recevez un message amical, il est touché par votre chronique, on se promet de se voir dans les Cévennes. Entretemps, vous avez repris une toute autre conversation textuelle avec votre correspondante de cœur, un peu plus, leurs noms de famille celui d’Emmanuel et de votre correspondant de cœur se ressemblant, Emmanuel a manqué de recevoir un message qui l’aurait sans doute laissé perplexe.

    La vie sur le nuage numéro neuf.

    #qui_ca

    • #salon_du_livre donc. Mon souvenir du salon, c’est que j’y trainais mes guêtres il y a... 30 ans, allez, pendant trois ou quatre ans, pour décrocher des tafs misérables avec des éditeurs requins dont le principal objectif était d’essorer vivant tout ce qui de près ou de loin ressemblait à un graphiste ou un cartographe indépendant (dans ce contexte, c’est assez marrant de se définir comme « indépendant » alors qu’on est en fait « esclave » de ce système d’externalisation). J’acceptais parce que je n’avais pas le choix. Mais bon, grâce à tous les Dieux de Norvège et de Gaule, après, je n’ai plus eu besoin de m’allonger.

      Cette expérience a laissé une forte empreinte en moi et même aujourd’hui, s’il m’arrive de parcourir les travées d’un salon de livres, n’importe où, je ne peux m’empêcher d’avoir des nausées ou de me boucher le nez en passant devant les stands de certains éditeurs : par Exemple Max Milo éditeurs, ou Autrement de l’époque Henri Dougier mais ça doit pas avoir beaucoup changé depuis, certainement les plus grosses crapules éditoriales françaises. J’ai toujours en encadré le chéque de 1,46 euros pour les droits d’auteur de mon atlas de l’eau vendu à 15 000 exemplaire :)

    • J’ai corrigé depuis 4 minutes, le vrai chiffre est 15 000, d’où la crapulerie (sinon oui, c’était logique). Bonjour le lapsus :)

      Et oui, nous sommes en train de tout mettre en ligne, mais comme on est pas beaucoup, ça prend du temps ...

    • Je ne vais plus dans les salons du livre, je trouve ça déprimant. Voir tou·tes ces aut·eurs·rices faire de la figuration pour que leurs bouquins soient vendus, un peu comme si c’était des patates m’afflige. En fait, non parce que les marchés où on vend des patates sont bien plus joyeux et vivants, et d’ailleurs je m’y rend avec plaisir.


  • L’abstention
    André Markowicz
    (post publié sur son compte FB le mardi 27 décembre 2016)

    L’#abstention américaine au vote de l’#ONU contre la poursuite de l’extension des #colonies arrive à la toute fin de l’administration #Obama, et je la prends comme une espèce de sarcasme, ou d’aveu d’impuissance, ce qui revient au même. — Quel effet aura cette résolution ? Evidemment aucun, puisque l’administration de #Trump fera tout le contraire et que l’ambassadeur en #Israël nommé par le président élu est, au sens strict du terme, un fasciste, engagé dans le financement des colonies et de l’#extrême-droite israélienne.
    Et pourtant, qu’est-ce qu’il était nécessaire, ce vote inutile ! Comme il était important de dire que ce sont les nations réunies qui pensent que cette politique de grignotage de la terre est un des obstacles majeurs à la paix — pour ne pas dire l’obstacle majeur. Mais Obama, au #Moyen-Orient, pendant les huit ans de son mandat, n’aura été capable que d’accroître le chaos que lui avait laissé #Bush — il n’aura rien pu faire pour forcer réellement le gouvernement israélien à négocier, et à arriver à faire la paix — la paix, nécessairement avec un ennemi.
    Et qu’il aurait été nécessaire, ce vote : la preuve, le tollé du gouvernement israélien, les cris, comme d’habitude, à l’antisémitisme (réservés à Obama, mais jamais à Poutine, qui, pourtant, ne s’est pas abstenu, mais a voté la résolution, avec tous les autres membres du #Conseil_de_sécurité)... On a l’impression, vu l’ampleur de la réaction, que, oui, si ce vote était intervenu plus tôt, — disons au début du mandat d’Obama, eh bien, il aurait pu déboucher sur quelque chose, et, réellement, on aurait pu imposer des négociations sérieuses. Mais telle a été la politique d’Obama — pour Israël comme pour la #Syrie : l’abstention. Une abstention qui se termine sur un désastre.
    Le résultat de cette condamnation sera donc, comme disait je ne sais plus qui, « à partir de dorénavant, ça sera comme d’habitude ». — Le gouvernement d’Israël continuera d’être dirigé par une minorité extrême de fanatiques fascisants, parce que telle est la nature du #scrutin_proportionnel : le pouvoir absolu de la minorité la plus extrême, qui fait et qui défait, au gré de ses alliances, les majorités. Ce gouvernement continuera les implantations, aidé et financé par une administration américaine, elle aussi, fascisante, et, comme c’est déjà le cas à présent, la solution des deux Etats restera impossible. — Et puis, dans ce pays qui fut magnifique, il n’y aura bientôt que des collines bétonnées, dans le pire style de nos banlieues, — parce que c’est aussi ça, le résultat de la #colonisation : le béton roi.
    Et Israël continuera de faire bande à part dans « le concert des nations », comme on dit, ou plutôt, continuera de faire bande à part à cause de la cacophonie de ces mêmes nations. Il continuera aussi de prendre en otage la mémoire du #Génocide, et, au nom de cette mémoire, de réduire les populations palestiniennes à l’impuissance, à les humilier de check-points en routes réservées, et donc à faire naître chez elles, de génération en génération, un désir de vengeance implacable, de plus en plus violent. Israël continuera à nourrir les extrêmes, puisque, dans une situation de déréliction totale, et d’impuissance des politiques soi-disant laïcs, ce sont les religieux qui se chargent de tout — sur la terre et au-delà, — les religieux, obscurantistes et tout-puissants sur des populations sans repère et sans espoir.
    Parler d’une solution de paix à deux états est, je ne suis pas le seul à le dire, une illusion. Il n’y aura pas deux états, dans un horizon visible — juste parce que, dans les conditions actuelles, cette solution n’est pas viable, ni politiquement, ni économiquement, ni, surtout, moralement : il n’y a pas deux états. Il y a un Etat, tout puissant, et, à la rigueur, une réserve d’Indiens, à qui on accorde — et pas pour tout — une certaine dose d’autonomie, c’est-à-dire, là encore, d’impuissance. — Au moins, les Navajos, ils ont des casinos.
    Le gouvernement de droite-extrême parie sur la continuité d’un niveau raisonnable de violence. Un attentat de temps en temps, un type qui se fait sauter dans un café, dans un bus, bon, c’est tragique, pour les gens qui en sont les victimes et leurs familles, mais, à l’échelle d’un Etat, c’est non seulement supportable, c’est, comment dire ? presque utile, puisque ça sert à montrer que, les ennemis, les Arabes, ne seront jamais prêts pour la paix, et ça sert à retrouver la solidarité des nations — une solidarité qui, en temps, justement, de calme, n’existe pas : car Israël est un Etat autoritaire et raciste, un Etat qui se comporte en pirate, défiant les lois internationales et les traités qu’il a lui-même signés — avec la bénédiction, veule et intéressée, des USA. C’est un État qui joue sur la confusion qu’il entretient entre « les Juifs » et les « Israéliens », — comme si « l’Etat juif » était l’État de tous les Juifs, et que tous les Juifs du monde devaient être solidaires de lui, dans l’absolu, indépendamment de la politique qu’il conduit. Parce que la politique d’Israël est celle de tous les nationalismes, — faire de son être même — un être fantasmé — une politique : il est, en tant que tel, quoi qu’il fasse, l’État d’un peuple élu pour une terre promise.
    La terre promise, elle a bon dos.

    https://www.facebook.com/andre.markowicz/posts/1856975591181411

    #Palestine



  • #André_Markowicz : les langues, la #traduction, la transmission
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/130216/andre-markowicz-les-langues-la-traduction-la-transmission

    André Markowicz n’a pas seulement traduit Shakespeare, tout Dostoïevski, Tchekhov, Gogol et Pouchkine. Passeur de la #Littérature russe en France, il est aussi celui qui, par ses traductions, fait œuvre, non sans créer parfois des polémiques. Le voici qui publie une volumineuse anthologie de la #poésie_chinoise Tang du VIIIe siècle. Sans connaître la langue. Explications.

    #Culture-Idées #littérature_russe


  • Sur Nadejda Tolokonnikova et Bakounine
    http://www.larevuedesressources.org/sur-nadejda-tolokonnikova-et-bakounine,2631.html

    Traduite en justice, Nadedja Tolokonnikova a été condamnée à deux ans de détention dans un camp d’adaptation par le travail, du côté de Prats en Mordovie. Le 23 septembre 2013, elle entame une grève de la faim et fait parvenir une lettre dans laquelle elle dénonce ses conditions de détention. Via Web-association des auteurs, dissémination mensuelle sur le thème « traduction et adaptation » proposé par Antoine Bréa Cette lettre a été traduite par André Markowicz, on peut la lire sur un site de la Ligue des (...)

    #Interventions


  • Vacarme n° 56 disponible en ligne
    http://www.vacarme.org/article2179.html

    Un an après sa parution papier, le numéro spécial de Vacarme (été 2011) est intégralement disponible en ligne. Et c’est un événement. Conçu comme une anthologie de textes introuvables, il est composé de textes rares et précieux de figures incontournables de la pensée et de l’art : l’historien E. P. Thompson, Anne Cheng, Marguerite Duras, Serge Daney, André Markowicz, Dionys Mascolo, Charles Reznikoff et tant d’autres. l’actualité de Vacarme / affichage Une

    #l'actualité_de_Vacarme #affichage_Une


  • Poésie et Histoire 3/4 - Armand Robin bouge encore (rediffusion de l’émission du 21-06-11) - Histoire - France Culture
    http://www.franceculture.fr/emission-la-fabrique-de-l-histoire-poesie-et-histoire-34-armand-robin-

    un documentaire d’Anne Kropotkine et Anne Fleury
     
    « Déambulant de langue en langue », Armand Robin a multiplié les genres : poésie, prose, traductions, bulletins d’écoute des radios étrangères, travaux critiques et création radiophonique. De ces diverses expériences surgit une œuvre éclatée qui privilégia la voix des autres et l’éloigna de lui-même.
    L’écrivain est allé jusqu’à affirmer son inexistence, quoique né en 1912 et mort en 1961.
    La « non œuvre » d’Armand Robin, longtemps introuvable et éparpillée, demeure largement méconnue, si ce n’est par une petit groupe de connaisseurs et d’admirateurs souvent ralliés à une image simplificatrice de poète maudit, excentrique et anarchiste… L’auteur lui-même a participé à la fabrication de son mythe en laissant courir de nombreuses versions contradictoires à propos d’étapes cruciales de son évolution.
    Ainsi les coulisses de la postérité d’Armand Robin sont semées de pièges et nous sommes forcément tombées dans certains d’entre eux.
    Françoise Morvan, auteur et traductrice, a découvert Armand Robin, en 1968. Elle a eu à cœur de revenir aux sources et de mettre au jour, presque archéologiquement, les fragments de cette œuvre.
     
    Avec André Markowicz (traducteur et écrivain), Georges Monti (fondateur des éditions Le temps qu’il fait), Françoise Morvan (traductrice et écrivain) et Michel Ragon (écrivain).
    Textes lus par Christophe Brault.

    http://www.franceculture.fr/player/reecouter?play=4361171