person:annie thébaud

  • Collectif pour la santé des travailleurs et des travailleuses, pour ne plus perdre sa vie à la gagner ! 2ème édition.

    http://neplusperdresaviealagagner.org

    Le collectif « Ne plus perdre sa vie à la gagner » face à la disparition d’un certain nombre d’outils (dont le CHSCT) souhaite lancer des initiatives autour de la santé et des conditions
    de travail et enclencher des actions et campagnes collectives. C’est l’objectif de ces deuxièmes États généraux après le grand succès de ceux de mars 2016 qui avaient réuni plusieurs centaines de personne à la bourse du travail de Paris. De nombreux sujets seront abordés et travaillés dont les ordonnances Macrons, les violences faites aux femmes, les risques chimiques dont l’amiante et les pesticides, les questions de précarité, intérim et sous-traitance, de temps de travail et d’intensification, de restructurations, de réorganisations et de démocratie au travail. Au sortir de ces États généraux nous lancerons des campagnes et actions collectives.

    Les États généraux de la santé des travailleuses et des travailleurs auront lieu les 24 ET 25 MAI 2018 À PARIS
    Bourse du travail, 3 rue du Château d’eau - Paris 10 ème Métro République.

    Le collectif « Ne plus perdre plus sa vie à la gagner » pour la défense de la santé des travailleuses et des travailleurs existe depuis 2015 et réunit : Annie Thebaud Mony
    (Directrice de recherches honoraire à l’INSERM), Daniele Linhart (Sociologue, Directrice de recherches émérite au CNRS), l’Union syndicale Solidaires, le SAF, le SM, l’UD CGT 76,
    le SNPST, l’Association Santé Médecine du Travail, le SMTIEGCGT, le collectif CGT et UGICT-CGT médecins du travail, la FNATH, Attac, la Fondation Copernic, les syndicats CGT, FSU et Sud de l’inspection du travail, l’Association des experts agréés et des intervenants auprès des #CHSCT, les associations Henri Pezerat, Andeva, Ban Asbestos, Robin des toits, et tous les signataires de l’appel.

    https://seenthis.net/messages/469810
    #travailleuses #travailleurs #chômeurs #chômeuses #fainéants #fainéantes ne travailler jamais - j’suis d’accord mais je cherche du travail. Si, si... un peu de temps en temps, point trop n’en faut (le salaire me suffirai).


  • Santé au travail : « nous sommes face à une forme de crime organisé » | Le nouvel Economiste
    https://www.lenouveleconomiste.fr/sante-au-travail-nous-sommes-face-a-une-forme-de-crime-organise-1

    Moyenâgeuse et cynique. C’est en ces termes qu’Annie Thébaud-Mony qualifie l’attitude de certains industriels vis-à-vis de la santé et de la sécurité des salariés. Attitude qui, selon elle, expliquerait que l’on déplore encore chaque jour en France deux morts par accidents du travail et plus de dix des suites d’une exposition à l’#amiante.

    Une situation archaïque que cette spécialiste des questions de sécurité au travail dénonce depuis près de 30 ans en parlant non pas de négligence mais d’une authentique forme de “#crime organisé” de la part de certains dirigeants qui, depuis longtemps, ont appris à sous-traiter non seulement les risques qu’ils génèrent mais aussi les responsabilités qui les accompagnent.

    Face à cette manifestation de “pur cynisme industriel” dont les pouvoirs publics n’ont jusqu’alors pas pris la mesure, Annie Thébaud-Mony entend opposer deux mesures : l’interdiction d’avoir recours à la sous-traitance sur tout site dangereux et l’introduction des notions de crime industriel et de désastre volontaire dans le droit pénal. Seuls moyens, selon elle, d’en finir avec une situation qui persiste à placer l’intérêt économique au-dessus de la préservation de la vie humaine.

    “Je viens de refuser la Légion d’honneur parce que ce n’est tout simplement pas le type de reconnaissance que j’attends au terme de toutes ces années d’engagement et de recherche scientifique sur les questions de santé au travail et de santé environnementale. Ce que j’attends, c’est que mon travail soit pris en compte et reconnu ; autrement dit, qu’il incite les pouvoirs publics à adopter un certain nombre de dispositions, ne serait-ce que pour faire respecter la loi.

    #travail #industrie #santé #pollution


  • #Amiante : un permis de tuer pour les industriels ? par Ingrid Merckx | Politis
    https://www.politis.fr/articles/2017/07/amiante-un-permis-de-tuer-pour-les-industriels-37273

    Vingt et un ans ont passé depuis l’ouverture de l’instruction. Plus de 100 000 personnes sont mortes du fait d’intoxications à l’amiante. L’Institut national de veille sanitaire (Inves) anticipe que ce cancérigène interdit en France depuis 1997 pourrait encore être à l’origine de 100 000 décès d’ici à 2050. Et ce, uniquement pour la France, car les industriels de l’amiante – Eternit, Saint-Gobain… – continuent leurs activités à l’étranger, notamment en Amérique latine. Les associations de victimes attendaient l’ouverture d’un procès quand la décision est tombée : le 27 juin, le parquet de Paris a mis un terme à l’information judiciaire et a recommandé un non-lieu dans au moins une dizaine d’affaires, au motif qu’il était impossible de déterminer avec certitude la date d’intoxication à l’amiante des salariés qui se sont retournés contre leur entreprise. Si ce non lieu l’emportait, il marquerait une catastrophe sanitaire pire encore que le scandale du tabac alerte Annie Thébaud-Mony [1]. Directrice de recherche honoraire à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), elle est aussi présidente de l’association Henri-Pézerat et porte-parole de l’association Ban Asbestos, qui n’hésitent pas à dénoncer dans le dossier de l’amiante un véritable « permis de tuer » accordé aux multinationales de l’amiante.

    • Il n’y a pas que l’amiante, bien sur.
      http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/502780/la-voie-de-contournement-de-lac-megantic-toujours-attendue
      Canada : Lac-Mégantic

      Quatre ans après la tragédie de Lac-Mégantic qui a fauché la vie de 47 personnes, la voie de contournement ferroviaire du centre-ville se fait attendre. Les trains qui transportent des produits dangereux continuent à passer « comme si ça n’était jamais arrivé », déplorent des résidents qui estiment que, tant que cette voie ne sera pas construite, leur guérison ne sera pas complète.

      Le bruit des locomotives n’avait jamais réveillé Robert Bellefleur avant le 6 juillet 2013. Depuis, le résident ne compte plus les nuits où le son strident des wagons sur les rails vient perturber son sommeil.

      « C’est un des plus grands stress de voir et d’entendre le train passer pratiquement au même endroit qu’avant le drame » , explique M. Bellefleur. L’homme s’explique mal qu’encore aujourd’hui, des trains continuent à passer par le centre-ville sans éveiller un plus grand sentiment d’urgence pour trouver une solution.


  • Annie Thébaud-Mony : « Il ne doit plus y avoir de permis de tuer dans le monde du travail »
    https://www.bastamag.net/Annie-Thebaud-Mony-Il-ne-doit-plus-y-avoir-de-permis-de-tuer-dans-le-monde

    Au moins 2,6 millions de travailleurs sont exposés à un ou plusieurs cancérogènes, selon la dernière étude de l’agence sanitaire Santé publique France. Pour Annie Thébaud-Mony, sociologue spécialiste des questions de santé publique, la prévention des risques professionnels doit devenir l’une des priorités de la gauche qui se reconstruira après les législatives et bataillera face au démantèlement annoncé des #Protections_sociales. D’autant que le coût financier pour soigner les milliers de cancers (...)

    #Résister

    / #imagineLaGauche, #Menaces_sur_la_santé_publique, #Transformer_le_travail, #Conditions_de_travail, Protections sociales, A la (...)


  • Orange remplace des parafoudres des années 1970, et c’est radioactif - Sciencesetavenir.fr
    https://www.sciencesetavenir.fr/sante/orange-remplace-des-parafoudres-des-annees-1970-et-c-est-radioactif

    Annie Thébaud-Mony, également chercheuse associée au Groupement d’intérêt scientifique sur les cancers professionnels (Giscop 93) à l’université Paris-13, pointe, quant à elle, une mise en danger des travailleurs quelle que soit la dose : « Le message continuel que la radioactivité à faible dose n’est pas dangereuse est catastrophique. Il n’y a pas de notion de seuil. À partir du moment où l’on se retrouve en présence d’un stockage non fiable et que les gens sont exposés à des rayonnements, il y a danger. » D’autant que « les bidons de stockage ne sont pas bien proportionnés », ajoute Franck Refouvelet, délégué du personnel CGT et secrétaire CHSCT de l’unité d’intervention Auvergne, et font respirer aux agents, qui ne portent pas de masque respiratoire à charbon actif, un air très radioactif : « Pour pouvoir poser délicatement et en évitant la casse les parafoudres dans ces bidons de 200 litres, il faut se pencher dedans, jusqu’aux épaules. »

    Alors que, techniquement, il est possible de se prémunir contre ce type d’exposition. « Cela coûte moins cher d’exposer les salariés à un risque mortel que de prendre les précautions qui les en protègeraient », déplore Annie Thébaud-Mony


  • Cancer au travail : la Commission européenne complice de l’industrie

    http://www.lemonde.fr/planete/article/2017/02/24/cancer-au-travail-bruxelles-complice-de-l-industrie_5084643_3244.html

    Pour fixer les normes limitant l’exposition des travailleurs aux substances cancérogènes, responsables chaque année de 100 000 décès, Bruxelles s’appuie sur des experts majoritairement liés aux industriels.

    Travailler à en mourir. Chaque année en Europe, 100 000 personnes meurent d’avoir été exposées à des produits qui leur ont causé un cancer tandis qu’elles exerçaient leur métier. Poumons, cavité nasale, vessie, prostate, larynx, maladie de Hodgkin, lymphomes, etc. : 100 000 cancers professionnels si bien documentés qu’ils sont dits « évitables ». Pour réduire le risque au maximum, voire l’éliminer totalement, les employeurs sont tenus d’adapter les conditions de travail de leurs employés en fonction de normes appelées « valeurs limites d’exposition ». Encore faut-il que ces normes, fixées substance par substance, soient suffisamment protectrices. Qui en décide ?
    Dans l’Union européenne (UE), la détermination de ces valeurs limites découle des recommandations d’un comité officiel largement inconnu, le Comité scientifique en matière de limites d’exposition professionnelle (Scoel). Or la majorité de ses experts (15 sur 22) entretiennent des liens avec les secteurs industriels directement concernés par les substances soumises à leur évaluation.

    Des liens on ne peut plus étroits pour trois d’entre eux, directement employés par les groupes BASF (chimie) et Shell (pétrole et gaz). Mais surtout, l’enquête du Monde démontre que c’est en toute connaissance de cause que la Commission européenne a choisi de confier à ces experts l’intégrité physique de plusieurs millions de travailleurs.

    « Les travailleurs ont l’illusion d’être protégés »

    Si le sujet prend un relief particulier aujourd’hui, c’est parce que l’Union européenne a entrepris de réviser sa « directive sur la protection des travailleurs contre les risques liés à l’exposition à des agents cancérogènes ou mutagènes au travail ». Le Parlement européen examinera mardi 28 février ses propositions. Elles concernent une quinzaine de substances : chlorure de vinyle, chrome hexavalent, différents types de fibres minérales (des isolants qui ont remplacé l’amiante et posent également question), poussières de bois, etc. Pas moins de 20 millions de personnes y sont exposées.

    Mais les valeurs limites d’exposition proposées par la Commission sont « beaucoup trop élevées », déplore Laurent Vogel, juriste, chercheur à l’Institut syndical européen (ETUI), un centre de recherche et de formation de la Confédération européenne des syndicats. La valeur proposée pour le chrome hexavalent, par exemple, est vingt-cinq fois supérieure à celle appliquée en France.

    Plus de 1 million d’ouvriers européens sont exposés à cette substance qui provoque des cancers du poumon. « Des valeurs limites très élevées aboutissent à des désastres, estime M. Vogel. Les travailleurs ont l’illusion d’être protégés. Dans la pratique, ces valeurs limites se convertissent alors en une autorisation de tuer accordée aux entreprises. » Et ces valeurs limites dérivent toutes des avis émis par le Scoel, le comité d’experts européen.

    Le Scoel est composé de vingt membres et de deux « invités ». Aucun n’est employé à temps plein par la Commission : ces experts ne sont pas des fonctionnaires européens, mais exercent une activité professionnelle principale comme professeurs d’université, chercheurs au sein d’instituts, etc., à Berlin, Edimbourg (Ecosse) ou Utrecht (Pays-Bas). Plusieurs fois par an, la Commission organise des réunions du Scoel auxquelles ils participent.

    Des experts liés à l’industrie délibérément sélectionnés

    C’est la Commission qui a choisi chacun d’entre eux pour un mandat de trois ans, en fonction « de leur expertise et leur expérience scientifiques reconnues », ainsi que l’exigent les textes européens. Mais les membres ont dû, au moment de la soumission de leur candidature, remplir des « déclarations d’intérêts ». Dans ces formulaires, il leur est demandé de consigner toute activité pouvant les mettre en situation de conflit d’intérêts. C’est-à-dire toute collaboration, au cours des cinq années qui précèdent, avec des entités « ayant un intérêt dans le champ d’activité » du Scoel, ce qui recouvre à peu près tous les secteurs industriels européens.

    Les déclarations d’intérêts étant des documents publics, Le Monde a pu prendre connaissance des informations dont la Commission disposait pour éclairer son choix et constater qu’elle a délibérément sélectionné quinze experts liés – à différents degrés – à l’industrie. Chimie, métaux, fibres minérales ou encore automobile : la plupart des secteurs « représentés » dans le Scoel sont d’ailleurs impliqués dans des actions de lobbying visant à influencer leurs obligations futures dans la directive sur la protection des travailleurs. Pour les industriels, des valeurs limites strictes, synonymes de mise en conformité, représentent un coût.

    La Commission n’ignorait donc pas que Robert Landsiedel et Edgar Leibold sont employés par le groupe allemand BASF, et Peter Boogaard, par Shell. Le leader mondial de la chimie et le géant de l’industrie pétrolière doivent appliquer les valeurs limites inspirées par les avis du Scoel. « Je suis tout à fait conscient du conflit d’intérêts potentiel (perceptible) et tout à fait capable, professionnellement, de faire les distinctions appropriées », a écrit Peter Boorgaard dans un courriel au Monde.

    Les clients de Sebastian Hoffmann, le dirigeant d’un cabinet de consultants en toxicologie, doivent aussi appliquer les normes d’exposition : ce sont des industriels de la chimie. La Commission a néanmoins considéré que M. Hoffmann n’avait « aucun » conflit d’intérêts. C’est le mot qu’elle a inscrit en face de plusieurs noms dans son tableau d’appréciation des membres du Scoel, en contradiction flagrante avec les informations figurant dans leurs déclarations d’intérêts.

    Fréquentes omissions

    C’est aussi le cas pour Hermann Bolt et Helmut Greim qui n’auraient, selon la Commission, « aucun » conflit d’intérêts. Retraités de longue date de leurs activités universitaires respectives, membres du Scoel depuis sa création il y a plus de deux décennies, les toxicologues allemands en sont désormais des membres « invités », présents à toutes les réunions ou presque. M. Bolt a pourtant déclaré être membre du conseil scientifique de l’EUGT, une organisation au service de l’industrie automobile et dirigée par BMW, Daimler et Volkswagen. Conseil scientifique d’ailleurs présidé par le second expert, M. Greim. Longtemps expert au sein de divers comités scientifiques européens, celui-ci s’est distingué au cours des dernières années pour prôner, auprès de la Commission, une réglementation minimaliste des perturbateurs endocriniens, des substances chimiques qui interagissent avec le sytème hormonal.

    Si M. Greim a bien indiqué être consultant et conseiller pour les industriels de la chimie et des fibres minérales, il ne mentionne pas des collaborations que plusieurs médias européens, dont Le Monde, ont documentées dans le détail au cours des derniers mois. M. Greim est, entre autres, membre d’un groupe mis en place par Monsanto pour défendre le glyphosate, principe actif du Roundup, son célèbre herbicide soupçonné d’être cancérogène, et officie comme consultant pour BASF. La rubrique prévue pour les « membres de famille proche » est vide dans sa déclaration d’intérêts alors que son épouse, Heidrun Greim, codirigeait une société de consultants en toxicologie jusqu’en 2016.

    A noter que les oublis ne sont pas rares : cinq experts ont omis de consigner certains travaux. Le président du Scoel par exemple, Leonard Levy, déclare être consultant pour l’industrie des métaux, mais oublie une mission de consultant pour l’industrie des fibres minérales effectuée en 2015 en compagnie de M. Greim.

    « Honteux »

    « Quand l’industrie me demande conseil, je le fais comme expert indépendant, et l’industrie sait très bien qu’elle ne peut pas influencer mes évaluations », a assuré M. Greim au Monde, qui lui demandait si ses collaborations avec des organisations défendant des intérêts commerciaux pouvaient altérer son jugement. Des experts mentionnés, seuls MM. Boogaard et Greim ont répondu aux sollicitations du Monde.
    Si les experts sont libres de collaborer avec qui bon leur semble, la Commission, selon les textes européens, doit, elle, veiller à ce que les recommandations du Scoel se fondent « sur les principes éthiques de l’excellence, de l’indépendance, de l’impartialité et de la transparence », a écrit la porte-parole de la Commission européenne au Monde. Des « mesures d’atténuation pour éviter des conflits d’intérêts » ont été mises en place, assure-t-elle. « Ainsi, les membres qui ont un lien avec une certaine branche industrielle ne peuvent pas participer aux discussions concernant les substances spécifiques. »

    « C’est honteux !, réagit la sociologue Annie Thébaud-Mony, directrice de recherche honoraire à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) et grande figure de la santé au travail en France. J’ai du mal à comprendre que la Commission européenne, qui doit œuvrer pour le bien de tous, s’affranchisse d’un recours à une expertise effective, libérée de tout lien avec l’industrie. »

    La Commission assume

    Deux cas singuliers, enfin. Les experts Ivonne Rietjens et Angelo Moretto ont en commun d’avoir dû démissionner de panels scientifiques d’une autre agence officielle, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), en raison, précisément, de leurs conflits d’intérêts. Un article de presse spécialisée avait révélé que Mme Rietjens avait été rémunérée un peu plus de 50 000 euros en 2014 pour sa présence assidue au conseil de surveillance de Royal Wessanen, une entreprise agroalimentaire néerlandaise.

    M. Moretto avait quant à lui quitté le panel traitant de la question des pesticides après avoir fait l’objet, en 2011, de l’une des deux uniques procédures de « rupture de confiance » dans l’histoire de l’agence. Il n’avait pas déclaré posséder 17 % des parts d’un cabinet de consultants en toxicologie qu’il avait cofondé, Melete. Il en possédait toujours 10 % quand il a été désigné membre du Scoel, en mai 2015, sans que la Commission, cette fois, trouve cela problématique.

    Sur les seize collaborations que M. Moretto déclare au total, la moitié correspond à des expertises dans le cadre de procès. En clair, des industriels ont recours aux services de M. Moretto pour se défendre dans des procédures les opposant à des employés – plus souvent les proches de ceux-ci quand ils en sont morts – qui leur réclament des dédommagements pour des maladies liées à leur exposition à l’amiante, au benzène, au cobalt, au chrome et plus généralement à des produits de la pétrochimie.

    « Il est indispensable d’avoir des experts qui ont une vraie expertise de terrain », assume la porte-parole de la Commission, justifiant la pertinence de confier les normes européennes de protection contre le cancer professionnel à des experts qui assistent les entreprises qui en sont à l’origine.


  • * O’Marché Frais / La Courneuve - Licenciée pour avoir perdu son bébé ?

    Ayele a 33 ans. Elle est caissière. Le 8 juin 2016, à 4 mois et demi de grossesse, elle rompt la poche des eaux au travail, en portant une pastèque sur le tapis de caisse. Les pompiers l’amènent immédiatement à l’hôpital. Pendant 5 jours, elle garde l’espoir de sauver son bébé mais un début d’infection oblige le corps médical à interrompre sa grossesse.

    Son employeur, O’Marché Frais, est un supermarché de La Courneuve, spécialisé dans les dates limite de consommation. Les conditions de travail des caissières y sont particulièrement difficiles : vidéo-surveillance permanente, infantilisation par les responsables de caisse, isolement et pression au rendement.


    Ayele a continué à travailler, malgré l’épuisement dû à ses conditions de travail, parce qu’elle avait besoin de son CDI pour que son enfant naisse dans un vrai logement. Elle a travaillé debout et toujours plus vite, pour répondre aux injonctions de sa responsable de caisse et de sa directrice Et comme elle était épuisée, comme elle le savait, elle a prévenu son employeur, en lui remettant un certificat de grossesse. La direction de O’Marché Frais a-t-elle alors aménagé le poste de travail d’Ayele, pour remplir son obligation de sécurité ? Absolument pas. Ayele a continué à travailler vite, toujours plus vite, sous la surveillance déstabilisante des caméras vidéo au-dessus des caisses et des vigiles de la société sous-traitante, jusqu’à l’accident de travail, fatal pour son bébé.

    Et à peine un mois après son retour au travail, la direction la licencie sous prétexte d’erreurs de caisse. Au cours de l’entretien préalable, la directrice générale du magasin a dit explicitement qu’elle ne supportait pas que sa responsabilité dans la survenue de l’accident, soit questionnée au travers des questions des délégués du personnel. Elle a ajouté que c’était « SON entreprise ».

    Le droit de propriété autorise-t-il de telles atteintes à la vie des femmes salariées ? La maternité est un droit, pas une faute professionnelle et l’employeur a des obligations vis-à-vis de tout-e salarié-e. L’une d’elles est l’obligation de protection de la santé et de la sécurité des salarié-e-s définie par l’article L4121-1du Code du Travail.

    Nous, signataires de la pétition, exigeons :

    La réintégration immédiate d’Ayele à son poste de travail.
    Que la responsabilité de la direction par rapport à l’accident du travail d’Ayele fasse l’objet d’une enquête.
    Au cas où des responsabilités seraient établies, nous demandons au procureur de la République d’engager des poursuites envers les responsables de l’accident.
    L’inclusion dans le Code du Travail du droit à un aménagement de poste sur présentation d’un certificat médical pour toutes les femmes enceintes, notamment en cas de port de charge.

    Premier-e-s signataires :
    Ana Azaria, présidente de Femmes Egalité
    Sophie Binet, pilote du collectif "Femmes mixité" de la CGT
    Clémence Bucher et Hélène Crouzillat, collectif les Mattermittentes,
    Alain Carré, Médecin du travail, représentant CGT des travailleurs à la commission maladies professionnelles du COCT
    Caroline De Haas, féministe
    Carine Delahaie, rédactrice en cheffe de Clara Magazine
    Monique Dental, Réseau Féministe "Ruptures"
    Dominique Huez, vice-président association Santé et Médecine du Travail
    Amar Lagha, secrétaire général de la fédération du commerce CGT
    Séverine Lemière, universitaire, association "FIT une femme un toit"
    Lilia Mhissen, avocate à la Cour
    Hervé Ossant, secrétaire général de la CGT 93
    Anne Perraut Soliveres, directrice de la rédaction de la revue Pratiques
    Suzy Rojtman, porte parole du Collectif National pour le Droit des Femmes (CNDF)
    Roselyne Rollier, Présidente de la Maison des Femmes Thérèse Clerc de Montreuil
    Sabine Salmon, présidente de Femmes Solidaires
    Claire Serre Combe, porte parole d’Osez le féminisme (OLF)
    Rachel Silvera, universitaire
    Annie Thébaud Mony, directrice de recherche honoraire INSERM, Présidente de l’association Henri Pézerat.
    Céline Verzeletti, secrétaire confédérale de la CGT
    Muriel Wolfers, secrétaire générale de l’Union Locale CGT de la Courneuve
    Delphine Zoughebi, avocate à la Cour, présidente de l’association Protection sur Ordonnance

    https://www.change.org/p/licenci%C3%A9e-pour-avoir-perdu-son-b%C3%A9b%C3%A9
    #Caissiére #La_Courneuve #Femmes


  • Un cycle sur les inégalités de santé ,inégalités d’accès, inégalités de traitement ....
    http://universitepopulairetoulouse.fr/spip.php?article855

    Nous avons en 2015 et 2016 organisé tout un cycle sur le #Travail avec de nombreux intervenant e s, Danièle Linhard , Vincent de Gauléjac, Bénédicte Vidaillet, Marie-Anne Dujarier ,Annie Thébaud Mony........tous et toutes sont venu-e-s nous parler des nouvelles formes de management, des planeurs, de l’évaluation au travail.... .de la santé au travail . Vous pouvez retrouver l’enregistrement des soirées débat sur notre site....Des notions, des apports théoriques,des éclairages spécifiques tous sous (...)

    Travail

    http://universitepopulairetoulouse.fr/IMG/pdf/journee-24-janvier.pdf
    http://universitepopulairetoulouse.fr/IMG/pdf/chomeurs-sous-traitants-precaires_16_et_17_mars-points_f
    http://universitepopulairetoulouse.fr/IMG/pdf/eg_-_synthese_atelier_chsct.pdf
    http://universitepopulairetoulouse.fr/IMG/pdf/synthese_ot_management.pdf


  • Souvent convoquée pour énoncer des vérités indiscutables, la science n’est pas neutre. Depuis 50 ans, elle participe même activement au développement incontrôlé des #risques_industriels : #amiante, #nucléaire, #pesticides ou #perturbateurs_endocriniens. C’est ce que révèle le livre La science asservie. #Santé_publique : les collusions mortifères entre industriels et chercheurs., écrit par Annie Thébaud-Mony, directrice de recherche à l’Inserm et spécialiste des questions de #santé_au_travail. Elle y défend aussi une autre conception du travail scientifique, ancré dans la réalité des ouvriers, premières victimes des risques industriels. « En 1984, un #ouvrier avait quatre fois plus de risques de mourir d’un cancer qu’un cadre supérieur. En 2008, ce risque est dix fois plus élevé », explique-t-elle. Entretien .

    http://www.bastamag.net/Risques-industriels-On-veut-faire-disparaitre-ceux-qui-ont-ete-contamines


    #radioactivité #contamination #Annie_Thébaud_Mony


  • Article d’Annie Thébaud-Mony pour la revue de Solidaires
    http://universitepopulairetoulouse.fr/spip.php?article682

    Deux soirées débats exceptionnelles avec Annie Thébaud Mony le 18 et le 19 avril organisées avec l’association ADDEVA81 ,Les Amis de la Terre Midi Pyrénées et l’Université Populaire Toulouse. Le 18 avril à la salle Castelbou, 22 rue Léonce Castelbou, à 20h30 conférence débat avec Annie Thébaud Mony autour du livre collectif « Les Risques du #Travail » Le 19 avril ciné débat avec la projection du film à 20h30 Utopia Toulouse « Les Sentinelles » en présence du réalisateur Pierre Pezerat (...)

    Travail

    http://universitepopulairetoulouse.fr/IMG/pdf/et_voila_n44_mars_2016-1.pdf


  • Les RISQUES du TRAVAIL
    http://universitepopulairetoulouse.fr/spip.php?article637

    Deux soirées débats exceptionnelles avec Annie Thébaud Mony le 18 et le 19 avril organisées avec l’association ADDEVA81 ,Les Amis de la Terre Midi Pyrénées et l’Université Populaire Toulouse. Le 18 avril à la Bourse du Travail place St Sernin à 20h30 conférence débat avec Annie Thébaud Mony autour du livre collectif « Les Risques du Travail » Le 19 avril ciné débat avec la projection du film à 20h30 Utopia Toulouse « Les Sentinelles » en présence du réalisateur Pierre Pezerat [-lire (...)

    #Programme_d'activités


  • Cinéma-debat : « Les Sentinelles »
    http://universitepopulairetoulouse.fr/spip.php?article575

    Mardi 19 avril projection à Utopia Toulouse à 20h30 du film « Les sentinelles » En présence du réalisateur Pierre Pezerat ,suivi d’un débat avec Annie Thébaud Mony , Jean-Marie Birbes, organisée avec l’Université Populaire Toulouse. Pierre Pezerat présentera son film à Albi le 16 et le 17 avril. Le travail c’est la santé, chantait Henri Salvador… Pour Josette et Jean-Marie, anciens ouvriers dans des usines qui utilisaient l’amiante, cette chanson ne faisait même pas sourire. Trop de leurs collègues (...)

    #Cinéma_-_débat


  • La mine de Salau, Ariège, petit historique
    http://universitepopulairetoulouse.fr/spip.php?article641

    La mine de Salau, en Ariège dans le Couseran a fermè en 1986. Plutôt que faire du plagiat nous diffusons un long extrait historique de la mine de Salau repris sur le site patrimoine seixois qui s’intitule SALAU. Enquête sur le carreau de la mine, le lien est ci-dessous. Site extrêmement documenté ,photos et documents à l’appui que l’on peut voir à l’espace muséal à Salau entièrement dédié à la mine et aux mineurs. D’autres liens à découvrir notamment la lettre d’Annie Thébaud Mony au rédacteur de la (...)

    Ecologie & Politique

    #Ecologie_&_Politique
    « http://patrimoine-seixois.fr/salau-enquete-sur-le-carreau-de-la-mine »
    « http://cea09ecologie.org/spip.php?article215 »
    « http://www.asso-henri-pezerat.org/amiante-une-mine-pyreneenne-fait-polemique »
    « http://cea09ecologie.org/spip.php?article219 »
    « http://www.ariegenews.com/news-92505.html »
    « http://www.lesechos.fr/11/09/2015/LesEchos/22021-127-ECH_variscan-veut-relancer-une-mine-de-tungstene-en-ariege.htm »
    http://universitepopulairetoulouse.fr/IMG/pdf/couflens_info_n30.pdf


  • Lobbying et régulations 3 : La fabrication de l’ignorance
    http://www.franceculture.fr/emission-terre-a-terre-lobbying-et-regulations-3-la-fabrication-de-l-i

    L’ #agnotologie, vous connaissez ? C’est la #science de l’ignorance, appliquée avec méthode aux effets sur les populations du #tabac, de la #chimie, ou encore... d’un accident #nucléaire, comme à #Fukushima.

    http://rf.proxycast.org/1108785799458988032/10867-19.12.2015-ITEMA_20868319-0.mp3


    http://radiofrance-podcast.net/podcast09/rss_10867.xml

    Avec : Thierry Ribault, chercheur, CNRS-CLERSE-Université Lille 1 ; Cécile Asanuma-Brice, chercheur associée, CNRS-CLERSE-Université Lille 1, Maison franco-japonaise, Tokyo et Annie Thébaud-Mony, sociologue, directrice de recherches honoraire à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm)

    #Plomb #lobbying #Amiante


  • Santé au travail : On achève bien les prolos - CQFD, mensuel de critique et d’expérimentation sociales
    http://cqfd-journal.org/Sante-au-travail-On-acheve-bien

    Annie Thébaud-Mony, sociologue de la santé, avait (un peu) fait parler d’elle au cœur de l’été 2012, en refusant avec fermeté la Légion d’honneur dont voulait la décorer la ministre Verte Cécile Duflot. Elle avait fait savoir que la seule récompense souhaitable pour ses travaux serait un changement complet d’orientation des politiques publiques, dans le sens de la prévention du cancer.

    Bien sûr, la presse ne s’était pas appesantie sur ce geste rare. Le dernier livre de Thébaud-Mony, La Science asservie, est, lui, carrément passé inaperçu, bien que son propos soit fracassant [1]. C’est assez compréhensible d’un certain point de vue, car la lecture de ce livre est douloureuse, insupportable même parfois. Il porte sur le lien entre cancers, Big Business et Big Science. Pour être plus précis : sur la façon dont les grandes industries empoisonnent notre milieu et trouvent systématiquement des appuis dans la recherche scientifique pour les aider à masquer le fait qu’elles détruisent consciemment un grand nombre de vies – à commencer par celles de leurs ouvriers.

    #travail #santé


  • Annie Thébaud-Mony : « Industriels et autorités publiques ont rendu invisibles les cancers des ouvriers et les inégalités sociales de santé »
    http://multinationales.org/Industriels-et-autorites-publiques-ont-rendu-invisibles-les-cancers

    Depuis 50 ans et plus, la science a contribué au développement incontrôlé des risques industriels : amiante, nucléaire, pesticides ou perturbateurs endocriniens. Pire encore, les industriels ont souvent réussi à manipuler la recherche et influencer les chercheurs pour minimiser ces risques et rendre leurs conséquences largement invisibles. « En 1984, un ouvrier avait quatre fois plus de risques de mourir d’un cancer qu’un cadre supérieur. En 2008, ce risque est dix fois plus élevé », explique Annie (...)

    #Invités

    "http://webdoc.rfi.fr/pour-suites/enquete-pollution-cachee-cevennes"


  • La bible de la santé au travail : pour ne pas perdre sa vie à la gagner
    http://voila-le-travail.fr/la-bible-de-la-sante-au-travail-pour-ne-pas-perdre-sa-vie-a-la-gagn

    L’ouvrage de près de 600 pages revient aussi sur des scandales sanitaires historiques sortis de l’ombre, comme l’amiante ou l’explosion de l’usine AZF à Toulouse en septembre 2001, mais aussi davantage d’actualité, avec le drame du Rana Plaza au Bangladesh en avril 2014. Ces deux derniers exemples illustrent la théorie de la « sous-traitance en cascade » et du « transfert des risques » d’Annie Thébaud-Mony.


  • Risques toxiques : comment les cancers des ouvriers sont occultés par les industriels
    http://www.crashdebug.fr/index.php/actualites-france/10583-risques-toxiques-comment-les-cancers-des-ouvriers-sont-occultes-par

    Pour essayer de comprendre cette logique mortifère, il faut bien que vous compreniez que pour l’oligarchie, nous sommes, ni plus, ni moins, que du ... bétails ... dont ils peuvent disposer....

    Souvent convoquée pour énoncer des vérités indiscutables, la science n’est pas neutre. Depuis 50 ans, elle participe même activement au développement incontrôlé des risques industriels : amiante, nucléaire, pesticides ou perturbateurs endocriniens. C’est ce que révèle le livre "La science asservie. Santé publique : les collusions mortifères entre industriels et chercheurs", écrit par Annie Thébaud-Mony, directrice de recherche à l’Inserm et spécialiste des questions de santé au travail. Elle y défend aussi une autre conception du travail scientifique, ancré dans la réalité des ouvriers, premières (...)

    http://webdoc.rfi.fr/pour-suites/enquete-pollution-cachee-cevennes


  • Enregistrement sonore de la conférence de Annie Thebaud-Mony
    http://universitepopulairetoulouse.fr/spip.php?article422

    Toulouse, Le Bijou, le 29 avril 2015. Dans les discours politiques, la science est aujourd’hui de plus en plus convoquée pour énoncer des vérités incontestables. Pourtant, suite à de nombreux scandales sanitaires, un climat de suspicion s’est installé, creusant un fossé entre les chercheurs et les citoyens. Chacun est alors confronté à ces questions essentielles s’agissant de la santé : qui croire ? Que nous cache-t-on ? À qui profite la science ? Annie Thébaud-Mony est sociologue, directrice de (...)

    #Bibliothèque_Sonore


  • Risques #Toxiques : comment les cancers des ouvriers sont occultés par les industriels
    http://www.bastamag.net/Risques-industriels-On-veut-faire-disparaitre-ceux-qui-ont-ete-contamines

    Souvent convoquée pour énoncer des vérités indiscutables, la science n’est pas neutre. Depuis 50 ans, elle participe même activement au développement incontrôlé des risques industriels : amiante, nucléaire, pesticides ou perturbateurs endocriniens. C’est ce que révèle le livre La science asservie. #Santé_publique : les collusions mortifères entre industriels et chercheurs., écrit par Annie Thébaud-Mony, directrice de recherche à l’Inserm et spécialiste des questions de santé au travail. Elle y défend aussi (...)

    #Décrypter

    / Santé , #Inégalités, #Conditions_de_travail, Toxiques, A la une, #Transformer_le_travail, Menaces sur la santé (...)

    #Menaces_sur_la_santé_publique


  • Conférence-débat : « La science asservie »
    http://universitepopulairetoulouse.fr/spip.php?article381

    L’Université Populaire de Toulouse, les Amis de la Terre Midi Pyrénées et le Réseau Sortir du Nucléaire invitent Annie Thébaud-Mony pour une conférence-débat le mercredi 29 avril à 20H30 au Bijou. Dans les discours politiques, la science est aujourd’hui de plus en plus convoquée pour énoncer des vérités incontestables. Pourtant, suite à de nombreux scandales sanitaires, un climat de suspicion s’est installé, creusant un fossé entre les chercheurs et les citoyens. Chacun est alors confronté à ces questions (...)

    #Programme_d'activités



  • #Santé au #travail : « nous sommes face à une forme de #crime organisé » | Le nouvel Economiste
    http://www.lenouveleconomiste.fr/sante-au-travail-nous-sommes-face-a-une-forme-de-crime-organise-16867/

    Moyenâgeuse et cynique. C’est en ces termes qu’Annie Thébaud-Mony qualifie l’attitude de certains industriels vis-à-vis de la santé et de la sécurité des salariés. Attitude qui, selon elle, expliquerait que l’on déplore encore chaque jour en France deux morts par accidents du travail et plus de dix des suites d’une exposition à l’amiante.

    Une situation archaïque que cette spécialiste des questions de sécurité au travail dénonce depuis près de 30 ans en parlant non pas de négligence mais d’une authentique forme de “crime organisé” de la part de certains dirigeants qui, depuis longtemps, ont appris à sous-traiter non seulement les risques qu’ils génèrent mais aussi les responsabilités qui les accompagnent.

    Face à cette manifestation de “pur cynisme industriel” dont les pouvoirs publics n’ont jusqu’alors pas pris la mesure, Annie Thébaud-Mony entend opposer deux mesures : l’interdiction d’avoir recours à la sous-traitance sur tout site dangereux et l’introduction des notions de crime industriel et de désastre volontaire dans le droit pénal. Seuls moyens, selon elle, d’en finir avec une situation qui persiste à placer l’intérêt économique au-dessus de la préservation de la vie humaine.


  • Une chercheuse contre le crime industriel | Pièces et main d’œuvre
    http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=382

    « La reconnaissance que j’appelle de mes vœux serait de voir la justice française condamner les crimes industriels à la mesure de leurs conséquences, pour qu’enfin la prévention devienne réalité ». C’est en ces termes qu’Annie Thébaud-Mony, directrice de recherche à l’Inserm, spécialiste de la « santé au travail », a refusé le 31 juillet 2012 la légion d’honneur proposée par la ministre Duflot. Le parti industriel et les tenants de la réindustrialisation française, les sections CGT d’Arkema, de Peugeot et du volailler Doux n’ont pas réagi. Nous profitons de ce geste de décence minimal – quoique exceptionnel – de la part d’une chercheuse en santé publique pour rappeler cette évidence : l’emploi tue, mais c’est en son nom que toutes les forces « progressistes », écolo-techniciennes, syndicalistes, « de gauche » réclament le « redressement productif » du pays. Quitte à se couvrir parfois d’une opportune conversion à la décroissance, sans jamais s’attaquer au tabou de l’emploi ni à la course à l’innovation – c’est-à-dire à la destruction de nos vies - que celui-ci exige.(1) Or chacun sait, grâce à Michel Destot, le maire PS-CEA de Grenoble que « à travers [l’innovation] apparaît le développement des activités économiques qui génère lui-même des emplois pour l’ensemble de nos concitoyens. Il y a là une véritable mine d’or, prenons-en conscience. » (2) Depuis trente ans, Annie Thébaud-Mony documente ce que nous avons résumé par la formule « Nos emplois (...)

    #Nécrotechnologies

    • « Le chômage, perçu comme principal problème social, a tendance à masquer les atteintes à la santé liées au travail. (…) En France, le travail tue, blesse et rend malade, à raison de deux morts par jour dus à des accidents, de huit morts par jour dus à l’amiante, de deux millions et demi de salariés exposés quotidiennement à des cocktails cancérigènes, de millions d’hommes et de femmes constamment poussés aux limites de ce qu’un être humain peut supporter, moralement et physiquement. »


  • Reporterre.net - Voici pourquoi je refuse la Légion d’honneur
    http://reporterre.net/spip.php?article3061

    *

    Voici pourquoi je refuse la Légion d’honneur*

    La scientifique Annie Thébaud-Mony refuse la Légion d’Honneur que lui a décerné Cécile Duflot. Ce geste permet d’alerter sur le manque de recherche sur les maladies professionnels, l’impunité qui protège les industriels criminels, la dégradation constante de la santé au travail et environnementale. Voici la lettre qu’elle a écrit à la ministre.

    Annie Thébaud-Mony - 6 août 2012

    Madame la ministre,

    Madame Cécile Duflot Ministre de l’égalité, des territoires et du logement,

    Par votre courrier du 20 juillet 2012, vous m’informez personnellement de ma nomination au grade de Chevalier de la Légion d’Honneur et m’indiquez que vous êtes à l’origine de celle-ci. J’y suis très sensible et je tiens à vous remercier d’avoir jugé mon activité professionnelle et mes engagements citoyens dignes d’une reconnaissance nationale. Cependant - tout en étant consciente du sens que revêt ce choix de votre part - je ne peux accepter de recevoir cette distinction et je vais dans ce courrier m’en expliquer auprès de vous.