person:arlie russell hochschild

    • C’est très interessant. Merci @emouaten sur @seenthis tu as pas mal de ressources sur ce sujet avec le tag #male_entitlment

      Tout au long du livre, Kimmel met en garde le lecteur : le genre n’est pas le seul prisme d’explication de cette violence radicale. Les facteurs sociologiques, psychologiques, familiaux sont multiples ; les dimensions collective et individuelle sont complexes dans la trajectoire de ses auteurs et adeptes. Mais le genre, autrement dit une certaine construction sociale du masculin (et du féminin), est toujours présent. Si expliquer n’est pas justifier, pour combattre efficacement un phénomène, on ne peut faire l’économie de son explication. Cependant, lors des instructions judiciaires ou des procès relatifs aux tueries de masse et au terrorisme, le genre n’est presque jamais questionné par les décideurs politiques, les juges et les nombreux spécialistes mobilisés par ces derniers (psychologues, psychiatres, etc.). La raison en est, dit Kimmel, que les auteurs de telles violences sont précisément, dans leur immense majorité, des hommes.

      Si les djihadistes ou les néo-nazis étaient majoritairement des femmes, nul doute que les meurtres et les attentats commis seraient politiquement et médiatiquement questionnés au prisme du genre. Or le masculin est pensé comme l’universel, ce qui conduit à passer à côté d’une grande partie du problème. « Boys will be boys »… La violence n’est-elle pas, après tout, « par nature » masculine ? Mais alors, demande Kimmel, comment expliquer qu’un très faible nombre d’hommes deviennent des terroristes ?

      Chez certains, le décalage ressenti avec les normes dominantes et stéréotypées de la masculinité hégémonique, comme le dit la sociologue australienne Raewyn Connell, voire toxique, trouve dans la violence irréversible un exutoire. « Leur capacité d’exprimer et de vivre leur masculinité avec succès est de plus en plus réduite dans la société actuelle », écrit Kimmel. À la difficulté à trouver un emploi correspondant à leurs compétences, à l’absence de vie amoureuse, sexuelle ou conjugale satisfaisante – parfois en raison d’une homosexualité impossible à assumer dans son milieu social ou sa famille –, à l’impression d’avoir été « doublés dans la file » – selon l’expression de la politiste américaine Arlie Russell Hochschild – des ressources (école, études, travail, aides sociales) par les femmes et les minorités ethniques, au sentiment d’être opprimé par la promotion de l’égalité femmes-hommes et des droits, codes et contenus culturels des LGBT, s’ajoute très souvent le fait d’avoir été, dans l’enfance, victime de harcèlement et/ou de violences sexuelles. Les hommes qui intègrent des groupes violents ou terroristes peuvent aussi avoir subi une stigmatisation institutionnelle et des discriminations liées à leur origine ou religion supposées.

    • Bien sûr, c’est moins profond, mais ça m’a fait penser aux paroles de Miss Maggie, de #Renaud :
      https://www.paroles.net/renaud/paroles-miss-maggie

      Femme je t’aime parce que
      Tu vas pas mourir à la guerre
      Parce’ que la vue d’une arme à feu
      Fait pas frissonner tes ovaires

      Parc’que dans les ranges des chasseurs
      Qui dégomment la tourterelle
      Et occasionnellement les beurs
      J’ai jamais vu une femelle

      Pas une femme n’est assez minable
      Pour astiquer un revolver
      Et se sentir invulnérable
      A part, bien sûr, Madame Thatcher

      #Musique #Musique_et_politique