person:arnaud lagardère

  • Une vidéo dévoile le faste d’une fête donnée à Versailles par Carlos Ghosn en 2014
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/05/09/une-video-devoile-le-faste-d-une-fete-donnee-a-versailles-par-carlos-ghosn-e
    https://www.youtube.com/watch?v=DYhWZ0IYFSg

    Une vidéo dévoile le faste d’une fête donnée à Versailles par Carlos Ghosn en 2014
    Cet événement, qui a eu lieu le jour du 60e anniversaire du chef d’entreprise, visait officiellement à célébrer les 15 ans de l’Alliance Renault-Nissan.
    […]
    Officiellement, il s’agissait d’un événement pour les 15 ans de l’Alliance Renault-Nissan mais selon les deux médias, l’assistance était davantage composée d’amis de M. Ghosn que de représentants des deux constructeurs. La date, le 9 mars, interroge également, puisqu’elle correspond exactement aux 60 ans du chef d’entreprise et non à celle de l’anniversaire de l’Alliance. Le montant de la facture réglée par le constructeur s’élève à 600 000 euros.


  • Quand Macron nous menace à la Une de Paris-Match ...
    https://blogs.mediapart.fr/olivier-beuvelet/blog/240319/quand-macron-nous-menace-la-une-de-paris-match

    Une image vaut mille mots, cliché aussi confus que confucéen. Avec son regard d’acier, notre président l’a rendu plus clair, cette semaine en Une de Paris-Match. Il n’y est pas allé par quatre chemin : vous voulez vous battre ? Je suis prêt à me battre ! dit ce regard contondant, affiché à la une de l’hebdomadaire de l’ami Lagardère. (qui vient à nous, même si on ne veut pas venir à lui)

    On a presque l’impression que la photographie a été faite par son modèle plus que par son ou sa photographe. Ne pas rester l’objet de l’adversaire, être celui qui formule, reformule, le point de vue de référence, légitime, tel semble être l’enjeu de la lutte des images dans la crise du pouvoir néolibéral. Transposition sur le plan visuel des enjeux sociaux réels. Cependant, contrairement au modèle canonique de Flagg qui nous disait « I want you », cette image au regard appuyé ne demande rien aux spectateurs, rien d’autre que rester immobiles et sages. Elle objectifie plus qu’elle n’interpelle. Elle émane d’un sujet qui n’attend rien d’autrui, d’un sujet qui n’a besoin que de s’écouter lui-même, d’un sujet qui veut maintenant s’imposer, se montrer et cherche à en découdre sur un plan physique.

    • Cette image, qui se veut performative, fait pendant à celle-ci, qui circulait au même moment dans l’arrière-boutique des réseaux sociaux... loin des surfaces d’affichage :


      Le président se permettait récemment de reprendre le sénat qui opérait selon la loi, en lui disant de « garder la bonne hauteur »… Très bon conseil ! Cette Une de Paris-Match, dans le registre de son "Qu’il viennent me chercher !", nous montre encore une fois, qu’en bon chef, il sait s’appliquer à soi-même ce qu’il exige des autres.

    • Il veut peut-être avoir l’air méchant mais il est plutôt crispé dans une attitude apeurée : tête rentrée dans les épaules dans une position inconfortable, placement de côté comme entre deux chaises et un bras droit qui lui manque. C’est quand même symptomatique d’un manque de parole d’en arriver à décrypter des photos.
      #mal_barré

    • « Le choc des images est désastreux » | André Gunthert

      La place de la caricature, désormais réduite à la portion congrue dans les colonnes des quotidiens, est un bon indicateur des contradictions qui étouffent la presse d’information. Plus de place pour la satire, quand on rame à contre-courant pour sauver les meubles d’un libéralisme décati. Mais la caricature se nourrit des colères et des ridicules, et n’a que faire des routines du journalisme. En ces temps de tumulte et de ruine d’un pouvoir qui court à l’abîme, son énergie déborde sur internet, où le rire et la moquerie répondent aux mines apeurées des commentateurs des chaînes d’info. Alors qu’on cherche en vain une Une marquante de Libération sur la crise des Gilets jaunes, c’est Facebook et Twitter qui fournissent les images les plus cruelles de l’égarement d’un régime en coma dépassé...

      L’hebdomadaire d’Arnaud Lagardère, ami des Macron, qui leur a déjà consacré pas moins de 13 couvertures, tente de réparer les dégâts de la sortie à ski. Un portrait qui se veut martial du président fixant le peuple des Gilets jaunes, les sourcils froncés, accolé à une image du « saccage des Champs-Elysées », illustre « La riposte aux casseurs » (photo : Stephane Lemouton, Bestimage). Mais l’air furibard, la pose peu naturelle, et le registre zyva du caïd supposé impressionner les émeutiers donnent un air de caricature involontaire à ce montage. Celui-ci n’a pas tardé à être détourné à son tour, par l’ajout d’une grenade de désencerlement ou d’autres accessoires du maintien de l’ordre à la française.

      http://imagesociale.fr/7330


  • Demain 21 mars 2019, sortie de Crépuscule, le livre de Juan Branco.

    http://anneetarnaud.com/juan-branco-crepuscule

    Diffusé sur Internet dans un état original et brutal, il a généré un buzz considérable et des dizaines de milliers de téléchargements. Il parait aujourd’hui en librairie, après bien des péripéties liées à son caractère subversif et emporté, dans une version différente du document diffusé sur le net.Introduit, chapitré différemment, le livre contient une enquête originale et des éléments inédits sur la banque Rothschild, le ministère des finances et les liens de journalistes avec Emmanuel Macron.

    La préface de Denis Robert (source : FB)

    Ma préface au livre de Juan Branco/ Crépuscule/ en vente partout avant épuisement des stocks dès ce matin.

    C’était au début du mois de novembre 2018. Le Président de la République achevait sa tournée mémorielle par une visite à Pont à Mousson, une ville en bord de Moselle. Il devait y clôturer un colloque qui usait d’anglicismes pour « inventer » son monde de demain : Choose France Grand Est. J’y ai un ami médecin. Je le soupçonne d’avoir voté pour Emmanuel Macron aux deux tours de la Présidentielle. Entendons-nous bien, j’ai fait comme lui au second tour, sans état d’âme particulier. Donc cet ami que je soupçonne de toujours voter à droite m’envoie un long mail quelques jours plus tard avec une dizaine de photos édifiantes. C’était comme si un gaz mortel avait anéanti toute une ville. Pas un seul mussipontains dans les rues. La place Duroc complètement fermée à la population. Idem pour l’Abbaye des Prémontrés où étaient enfermés les cinq cent invités du colloque, des élus et des décideurs triés, fouillés, encravatés. En cet après-midi, la ville est anesthésiée. On a écarté la population. Dans un cercle d’environ un kilomètre de diamètre autour d’Emmanuel Macron, pas un seul habitant libre et vivant. Rien que des barrières métalliques, des gendarmes et des compagnies républicaines de sécurité, patientant dans des dizaines de cars garés le long des berges. Le soir, à la télévision et le lendemain dans la presse, on relevait la réussite du voyage présidentielle, sans faire état de la mise à l’écart du peuple importun. « Je n’ai jamais vu ça, c’est complètement dingue » commentera mon ami à propos de la peur visible de voir le Président confronté à des opposants.

    C’était le 5 novembre et les gilets jaunes étaient encore pliés dans les coffres des fourgonnettes. Juan Branco ajoutait une dernière touche à son manuscrit « Crépuscule » qu’il venait de mettre en ligne sur son blog. Il était encore confidentiel.

    Une semaine plus tard, les gilets jaunes vont commencer à râler sur les réseaux sociaux, puis sur les ronds-points. Cette taxe carbone pour les voitures diesel fait hurler les pauvres. Et se cacher les riches. Le pays se fragmente, le pouvoir joue la montre. Les commentaires médiatiques minimisent à l’unisson le mouvement qui se dessine et s’enracine. L’écart se creuse, bientôt abyssal, entre la France de tout en haut et celle d’en bas. Au milieu, s’ouvre un gouffre que cherchent à combler les corps dits intermédiaires et les préposés aux commérages politiques. Personne n’y parvient. Les corps intermédiaires ont été pulvérisés par Emmanuel Macron et sa République en marche. Les médias restent pour l’essentiel indulgents à l’égard du pouvoir et développent des théories fumeuses pour masquer leur incompréhension face à cette révolte. J’ai les photos de mon ami médecin en tête. Un Président qui se cache à ce point de sa population est un président qui triche et qui a peur. Quelles autres explications ?

    Juan, qui n’est alors qu’une relation sur Facebook, poste un message en m’invitant à lire son texte. Ce que je ne fais pas tout de suite, rebuté par le propos apocalyptique : « Le pays entre en convulsions diverses où la haine et la violence ont pris pied. Cette enquête sur les ressorts intimes du pouvoir macroniste, écrite en octobre 2018, vient donner raison à ces haines et violences que l’on s’est tant plu à déconsidérer. » On en voit tellement passer sur le net. Pourtant, malgré le style abscons, la longueur des phrases et l’âpreté d’une lecture sur écran, quelque chose m’accroche dans le ton, ce Juan Branco semble connaître son sujet et tenir la distance. J’enregistre le document.

    Je suis entouré d’amis, journalistes, voisins, parents qui, pour la plupart, minimisent le mouvement des gilets jaunes. Sur Facebook, l’incendie se propage, mais dans les médias mainstream, on avance pépère, traitant les manifestants au mieux d’olibrius ou de beaufs (Jacques Julliard), au pire de « racailles cagoulées » (Pascal Bruckner), « de salopards d’extrême droite ou d’extrême gauche qui viennent taper du policier » (Luc Ferry) ou de « hordes de minus, de pillards rongés par le ressentiment comme par les puces » (F-O Giesbert). Chaque samedi, tandis que le Président se terre, les gilets jaunes occupent pourtant de plus en plus d’espace. Mes interlocuteurs reprennent souvent l’acmé des commentaires médiatiques, s’effraient de la violence de la rue, critiquent l’absence d’organisation et de revendications claires, amalgament les gilets jaunes à l’extrême droite. Ces raisonnements m’apparaissent étriqués, dupliqués et in fine dénués de fondement. Ils expriment une peur de l’inconnu et de l’insurrection qui couve.

    Je viens de publier une enquête qui décrit la façon dont les milliardaires, aidés par les banques d’affaires et les cabinets d’avocats, pillent les États (« Les prédateurs », avec Catherine Legall, Le Cherche-midi, 2018). J’ai beaucoup réfléchi, écrit des livres, réalisé des documentaires autour de la question de ces inégalités croissantes, de la prégnance de la finance sur l’économie, et de la paupérisation de nos économies : comment un pays aussi riche que les nôtre peut-il produire autant de pauvreté ? Je prends le parti sur les réseaux sociaux, comme lors de débats publics, des gilets jaunes. Ils expriment une révolte salutaire, essentielle. Ils nous rendent honneur et fierté malgré les excès et les bavures. On me relance alors régulièrement : « Tu as lu Crépuscule ? Tu as vu la vidéo de Juan Branco chez Mermet ? ». Un soir de la fin décembre 2018, je me tape les deux. Je découvre d’abord un jeune homme calme et fougueux, à la pensée structurée qui développe une critique argumentée et originale du macronisme. Puis je me plonge dans « Crépuscule ». J’en sors fatigué mais emballé. Je n’ai pas lâché son manuscrit. Malgré les digressions et la posture parfois emphatique, c’est la première fois que je lis une histoire aussi fouillée et convaincante de ce que pourrait être le macronisme qui apparaît ici comme une splendide arnaque démocratique.

    Le macronisme n’est ni un humanisme, ni une idéologie. C’est – à l’évidence, à la lecture de Crépuscule- une invention d’oligarques. C’est un système de préservation et d’optimisation des acquis d’une (grande) bourgeoisie qui ne savait plus à quels saints se vouer après la déconfiture des deux précédents mandats présidentiels.

    Emmanuel Macron est passé par là. Il a conquis les foules. Il marche sur l’eau. Il consolide et perpétue le rapport de domination des élites sur le peuple. Il ne cherche pas à s’enrichir ou à enrichir précisément sa famille tel le tyran classique et âpre au gain. Mais, il est dur au mal, travaille pour sa caste, ses amis, ceux qui l’ont aidé à conquérir le pouvoir. Il cherche à préserver et à faire prospérer leurs intérêts. Le macronisme est une forme élaborée, moderne et high tech de despotisme. Un despotisme éclairé certes mais un despotisme quand même.

    Rien que ça ?
    Rien que ça.

    Le manuscrit dans sa première version – Juan intervient régulièrement sur son blog pour peaufiner son texte- se divise en deux parties. La première -une centaine de feuillets- est un monologue sur la prise de pouvoir d’Emmanuel Macron. La seconde plus courte -une quarantaine de feuillets- est un portrait du nouveau secrétaire d’État chargé de la Jeunesse et des Sports, Gabriel Attal. Les deux sont réunis sous la bannière d’un « Crépuscule » promis au jeune président et à ses affidés (dont le méconnu Gabriel Attal). La rumeur autour du texte et les téléchargements vont bon train. Juan devient assez vite une star des réseaux sociaux et multiplient les vidéos et interventions sur Facebook et Twitter. Fin décembre, son texte a été téléchargé plus de cent mille fois et certaines de ses vidéos comptent deux millions de vues.

    Nous entretenons une courte relation épistolaire. J’invite Juan à reprendre son texte, à le densifier, à le fluidifier en pensant à son lecteur. Je le pousse à faire un travail journalistique et pédagogique et lui propose de chercher un éditeur. Je le fais sans calcul, par passion pour cette histoire et ce manuscrit en devenir. Je n’avais encore jamais lu ni compris à ce point les raisons profondes du macronisme. J’avais bien compris que les médias faisaient la promotion d’Emmanuel Macron. J’avais lu ça et là qu’il copinait avec Xavier Niel. Je m’étais étonné de voir la reine des paparazzis Mimi Marchand s’occuper en exclusivité de l’image du Président. J’avais relevé que Brigitte Macron ne portait que des fringues appartenant à des entreprises de Bernard Arnault. Mais je n’avais jamais fait de lien entre ces événements et d’autres contés par Juan Branco.

    Je baignais dans un bain d’eau tiède, à peine énervé de lire et d’entendre, à longueur d’éditoriaux ou d’apparitions télévisées, des commentaires laudatifs sur la jeunesse et la l’intelligence d’Emmanuel Macron. Quelle chance nous avions ! J’avais fermé les écoutilles. Je somnolais. J’étais comme ces grenouilles qui ne se rendent jamais compte qu’elles vont finir ébouillantées. Les pauvres…

    Les gilets jaunes nous ont réveillés. Juan, par son parcours et sa position dans l’appareil d’État, par son âge et ses relations avec les leaders de cette République en marche, participe à ce réveil de nos consciences endolories. Il nous permet de mieux appréhender la chose macronienne. Et de cerner l’horreur naissante.

    – Horreur, tu veux dire « aurore » ?
    – Non, je veux dire « Horreur ».
    – Tu déconnes ?
    – Non, rien de ce qui est proposé n’est défendable. Ce qui est horrible, c’est autant le programme économique et fiscal que la manière avec laquelle on nous l’enrobe et la lutte des classes qui profile…

    Juan Branco est un pirate et un insider. Il raconte, de l’intérieur, l’avènement d’Emmanuel Macron et des trentenaires qui l’entourent et l’encouragent. Tous ont le même profil : dents longues, ambition dévorante, pensée aseptisée et dénuée d’affect pour tout ce qui concerne le « peuple ». L’idée même du peuple. Le mot est banni de leur vocabulaire. « Ils ne sont pas corrompus. Ils sont la corruption » écrit Juan avec affectation et un certain réalisme. A les voir travailler et communiquer, on peut lui donner raison.

    Juan a vingt-neuf ans. Il a été le directeur de cabinet d’Aurélie Filippetti avant qu’elle ne devienne ministre et le vire. Il a côtoyé, à ce titre, les patrons de chaînes de télé et de journaux. Il a été dragué par les adeptes de la République en marche et par Xavier Niel. Il est normalien, a fréquenté l’école alsacienne à Paris où il a partagé la scolarité de Gabriel Attal qu’il a connu sarkoziste, socialiste et maintenant macronien pur sucre. Cet Attal est une sorte de quintessence de la philosophie présidentielle. La description qu’il en fait est glaçante et sert détonateur au livre. Ce jeune homme bien mis, ministre à 29 ans, symbolise à la perfection le triomphe du vide politique et du progressisme libéral. Cette modernité constamment mise en avant évacue toute idée d’intérêt général et déifie l’absence de scrupules. Seule compte la marche en avant vers nulle part, la victoire individuelle, le Rolex à trente ans et le nouveau smartphone.

    On est ici dans la saga d’un gouvernement qui court pour ne pas tomber, qui cache des accords passés. A lire Branco, on déchiffre et on réalise la trahison. On la voit. C’est de cela qu’il s’agit. D’une perfidie. D’une tromperie sur la qualité de l’offre politique. Le président qui veut légiférer sur les fake news est lui-même le produit d’une immense fake news. Celle d’un jeune provincial supérieurement intelligent qui œuvrerait pour le bien de tous et se serait levé un matin en rêvant à son destin présidentiel. A lire Branco, l’histoire devient plus grise, intéressante, secrète, chaotique, compromettante. Et crépusculaire.

    Emmanuel Macron transparaît dans ce récit comme le produit d’une manipulation de l’opinion. Grâce au raisonnement mis en place, aux faits énoncés et sourcés, Emmanuel Macron, aussi brillant soit-il, est dévoilé comme le candidat d’un système oligarchique à bout de souffle qui avait intérêt à se trouver une vitrine et un storytelling sous peine de disparaître.

    Comme manifestation incontestable de cette scénarisation de la vie politique, prenons l’exemple du 10 décembre 2018. Ce soir-là, en pleine crise des gilets jaunes, Emmanuel Macron, dans une allocution télévisée millimétrée, annonçait que tous les employeurs qui le pouvaient devraient verser une prime de fin d’année à leurs salariés. Cette prime ne serait pas soumise à l’impôt. Le Président, acculé par la colère des gilets jaunes, lançait un appel aux entrepreneurs. Help-me. Le 11 au matin, dans un improbable mimétisme, les PDG d’Altice, de Free, de LVMH, d’Orange et quelques autres annoncèrent qu’ils allaient tous lâcher autour de mille euros pour chacun de leurs employés, en vertu d’un « nécessaire effort de solidarité nationale ». Patrick Drahi, Xavier Niel, Bernard Arnault, Stéphane Richard, pour ne citer que quatre des principaux supporters d’Emmanuel Macron, répondaient présents. Tout était à l’évidence prévu, prémédité. Il fallait réagir vite et lâcher un peu de cash. Les amis et les sponsors de la campagne d’Emmanuel Macron ont répondu présents. Comment pouvait-il en être autrement ?

    En cette fin d’année 2018, les actionnaires du Cac 40 se distribuaient 47 milliards de dividendes, la fortune de Bernard Arnault doublait, Emmanuel Macron s’arcboutait sur le maintien de l’ISF. Il l’avait promis à ceux qui avaient financé sa campagne, à toutes ces familles, qui, à coups de chèques de 7500 euros, avaient exigé plus de justice fiscale… pour elles. En cette fin d’année, curieux paradoxe, le nombre d’individu vivant sous le seuil de pauvreté dépassait en France les neuf millions.

    Et les amis du Président, sous la pression des gilets jaunes, lâchaient leur obole. De même l’État, inquiet de voir chaque samedi le peuple des ronds-points s’approcher des centre villes, réglait ses primes à la police en leur offrant des flash-balls flambant neufs et très performants. Plus tard, ils feront voter une loi anticasseur et assumeront sans faillir leur dérive autoritaire.

    Je profite de la fin d’année et du début janvier pour faire la tournée des popotes en invitant plusieurs de mes amis éditeurs à lire le texte de Juan. Je suis d’un naturel confiant. Juan multiplie les followers et les libraires s’emballent pour la version numérique et si littéraire de Crépuscule. Je préviens mes amis éditeurs que le texte sera complété et amélioré. J’explique qu’on est dans la tradition très française des pamphlets. Que celui-ci est une œuvre salutaire. Depuis le livre de Christian Eckert où l’ancien ministre du Budget racontait comment Emmanuel Macron, alors ministre de l’économie, avait abusé de son passage à Bercy, pour bâtir sa campagne des présidentielles (« Un ministre ne devrait pas dire ça, Robert Laffont, 2018) , personne ne s’était attelé à dire, avec autant de précision, d’où venait le Président, ni comment il avait construit son succès... Je vais essuyer cinq refus. La plupart du temps, la première lecture -celle de l’éditeur- est positive. C’est ensuite -quand on monte dans l’organigramme de la maison d’édition- que les choses se gâtent. Malgré les dizaines de milliers de téléchargement sur Internet, malgré la crise des gilets jaunes et le lien évident entre celle-ci et le livre de Juan, aucun éditeur important ne veut prendre le risque de le publier. La question est, à l’évidence, moins judiciaire que politique. Même si, curieuse conjonction des temps, le 9 janvier 2019, Aurore Bergé, la porte-parole de LREM, annonçait avoir porté plainte contre Juan (et le chroniqueur Thomas Guénolé) pour incitation à la haine et à la violence. « Il y a pire que celui qui menace, que celui qui tabasse, que celui qui intimide, il y a ceux qui arment les esprits pour légitimer ces violences dans notre pays », indiquait la députée des Yvelines (à Paris-Match).

    Le refus du manuscrit et les attaques contre Juan me dépriment au point qu’avec un ami j’envisage de participer à son édition à titre personnel. J’en étais là quand deux éditeurs un peu plus indépendants et enthousiastes que les autres ont pris contact.

    Ce que vous avez entre les mains, cette chronique d’un effondrement qui peut advenir, est le fruit d’une courte maturation. Sa lecture permet de mieux comprendre comment et pourquoi, ce président a si peur du peuple et compte tellement sur la police pour sauver sa réputation et celle de ses amis. Les grandes messes macroniennes, érigées en débats, occupent en ce mois de février finissant, à temps quasi complet, les écrans. Elles retardent une échéance qui semble, à lire Juan Branco, inéluctable. J’aurais pu dire « espérée ». Je n’en suis pas sûr. Contrairement à l’auteur de Crépuscule, je ne suis pas persuadé que l’effondrement puis la destitution d’Emmanuel Macron soit la seule issue au conflit qui agite le pays. Ni la meilleure.

    Jamais des politiques fiscales et économiques n’ont été autant construites, vendues et inventées pour bénéficier aux classes supérieures déjà si riches et dominantes. L’absence de contre-pouvoir médiatique et d’offre politique crédible à opposer sont désespérantes. Nous nous sommes laissés endormir et berner. Mais nous avons été des électeurs consentants. Et ce qui profile n’est pas la fin d’un monde, juste son déclin, sa nuit. Son tumulte. Son désordre. Sa confusion. Pourquoi croire au pire ? Espérons l’aube, le calme, le silence et la justice. Espérons des hommes debout, déterminés et lucides.

    Contrairement à la vision sombre et sans autre alternative qu’une révolution forcément sanglante, développée par Juan, il reste un peu de temps et des espoirs. Il reste aussi des journalistes dans les médias mainstream, comme dans la presse alternative et indépendante, pour poursuivre le travail d’enquête autour du macronisme. Et inverser la tendance lourde qui voudrait enterrer les gilets jaunes sous les gravats du ressentiment des managers en place.

    Ce livre est différent de ce qui s’édite et se lit usuellement sur Emmanuel Macron, ceux qui l’ont amené à l’Élysée et ceux qui vivent grassement aux crochets de cette République en marche vers leur néant. Son auteur assume pleinement et courageusement une forme de trahison. Juan vit à Saint Germain des Près. C’est un jeune bourgeois qui rompt avec sa classe, ses maîtres, certains de ses amis, ses collègues de Normale Sup et de Science po. Il vit depuis près d’un an grâce au RSA. Gageons que cela lui sera reproché. Il a aussi rompu avec sa vie d’avant et ses salaires de banquiers pour entreprendre ce travail pour lui-même, sur lui-même et pour nous. Il n’a rien prémédité. Il s’est levé un matin et s’est mis à écrire. À prendre ce risque parce que le reste -tout le reste- lui paraissait insupportable.

    « Crépuscule » nous éclaire – c’est son paradoxe- sur la face obscure de ce pouvoir déliquescent. C’est d’abord un exercice de lucidité.

    Le « cadeau pour les fêtes » (publié le 21/12/2018) : vidéo de l’entretien de Daniel Mermet avec Juan Branco : https://la-bas.org/la-bas-magazine/entretiens/Juan-Branco-desosse-Macron

    Juan Branco vient de ce monde-là. Avocat, philosophe, chercheur, diplômé des hautes écoles qui fabriquent les élites de la haute fonction publique, à 30 ans il connaît ce monde de l’intérieur. Sur son blog, il publie « CRÉPUSCULE », une enquête sur les ressorts intimes du pouvoir macroniste et ses liens de corruption, de népotisme et d’endogamie, « un scandale démocratique majeur : la captation du pouvoir par une petite minorité, qui s’est ensuite assurée d’en redistribuer l’usufruit auprès des siens, en un détournement qui explique l’explosion de violence à laquelle nous avons assisté.


  • Des médias s’associent pour un #comptage indépendant des #manifestants
    https://www.mediapart.fr/journal/france/210318/des-medias-s-associent-pour-un-comptage-independant-des-manifestants

    Face aux écarts de #chiffres, plusieurs dizaines de rédactions, dont Mediapart, ont décidé d’appliquer le 22 mars à Paris un dispositif permettant de fournir leur propre chiffre de fréquentation des défilés.

    #France #Economie #manifestations #social

    • médias ou milliardaires qui s’associent ?
      Synergie ?

      Bernard Arnault, PDG du groupe de luxe LVMH (patron des Echos, du Parisien), Serge Dassault (Le Figaro), François Pinault (Le Point), Patrick Drahi, principal actionnaire de SFR (Libération, L’Express, BFM-TV, RMC), Vincent Bolloré (Canal+). On trouve ensuite Xavier Niel, patron de l’opérateur de téléphonie Free et 11ème fortune de France, qui s’est associé avec Pierre Bergé, héritier du couturier Yves Saint-Laurent, et avec le banquier Matthieu Pigasse, pour devenir propriétaire du groupe Le Monde (L’Obs, Télérama, La Vie...). Matthieu Pigasse possède également Radio Nova et l’hebdomadaire Les Inrocks.

      Martin Bouygues, 30ème fortune de France, est propriétaire du groupe TF1. La famille Mohn, qui contrôle le groupe allemand Bertelsmann [2], est propriétaire de M6, RTL, Gala, Femme actuelle, VSD, Capital,… Viennent ensuite Arnaud Lagardère, propriétaire d’Europe 1, Paris Match, du JDD, de Virgin radio, RFM, Télé 7 jours, et Marie-Odile Amaury, qui possède L’Equipe (et dont le groupe est, par l’une de ses filiales, organisateur du Tour de France notamment).

      on pourrait aussi ajouter la famille Bettencourt qui finance le journal ultra-libéral L’opinion. Ou le milliardaire d’origine libanaise Iskander Safa, 71ème fortune de France et propriétaire du très réac Valeurs actuelles..


  • LES MAMIES ET PAPIS JOURNALISTES FONT DE LA RESISTANCE

    Quand Europe 1 a annoncé le remplacement de Jean-Pierre Elkabbach par Fabien Namias, on a pu croire un moment que la #radio périphérique allait donner un coup de jeune à sa grille.
    L’espoir a été de courte durée. Le 2 janvier, la radio d’Arnaud Lagardère annonçait avec des trémolos dans le communiqué : « Europe 1 attaque fort la nouvelle année ».
    Et d’annoncer que si Jean-Pierre Elkabbach (79 ans, quand même) disparaissait de la grille, le « Débat des grandes voix » (de 17 à 18h) conservait ses grandes signatures telles que Catherine Nay (74 ans), Michèle Cotta (79 ans), Charles Villeneuve (75 ans), Gérard Carreyrou (74 ans), Robert Namias (72 ans), Daniel Cohn-Bendit (71 ans), etc.
    Les septuagénaires ont de l’avenir chez #Lagardère, contrairement à l’ensemble des rédactions où les plus de 55 ans sont très souvent sacrifiés.
    Il serait étonnant que ces mamies et papis du #journalisme soutiennent les revendications d’une retraite à 60 ans. Ouf, Fillon, Valls et consorts sont rassurés, ce n’est pas sur Europe 1 qu’on pourfendra leur programme.
    Quant à Jean-Pierre Elkabbach, il ne disparaîtra pas puisqu’il serait en négociation avec les chaînes de #Bolloré.
    Chez Bolloré aussi, on fait plutôt confiance aux vieux routiers de l’information pour ne pas risquer de dérapages, comme l’apologie de l’indépendance des rédactions (comme à iTélé), la revalorisation du SMIC, l’interdiction des licenciements boursiers ou les dénonciations des affaires de certains dirigeants en Afrique.
    Bref, l’ordre règne sur les ondes. Le néolibéralisme est bien gardé.
    Le #SNJ-CGT, lui, sera aux côtés des nombreux jeunes (et moins jeunes !) #journalistes_précaires, #pigistes mal payés, corvéables à merci, dédiés aux tâches obscures qui ne partiront pas à la retraite dans les mêmes conditions que les « grandes voix », royalement rémunérées, qui dissertent à longueur d’antenne pour déverser la doxa bien-pensante.
    Pour le SNJ-CGT, il y a encore des « bastilles » à prendre. Dans les rédactions aussi.

    Montreuil, le mercredi 4 janvier 2017
    source : http://www.snjcgt.fr/_front/Pages/article.php?cat=1&item=1&page=1&art=757
    http://www.acrimed.org/Les-mamies-et-papis-journalistes-font-de-la

    Journalistes précaires, journalistes au quotidien


    http://agone.org/elements/journalistesprecairesjournalistesauquotidien
    #Alain_Accardo #Agone
    http://cequilfautdetruire.org/spip.php?article840
    #Olivier_Cyran #CQFD

    • A mon avis, les ""journalistes"" de télé (et de ceux des grandes radios) sont recrutés par copinage pour leur absence totale de rigueur intellectuelle et leur capacité à lécher le cul de tous les pouvoirs.

      Aucune raison donc de les renouveler quand ils vieillissent.

    • Jean-Pierre Elkabbach, serviteur de deux maîtres ?
      Conseiller de #Lagardère et de #Bolloré : l’intersyndicale de Lagardère Active proteste.

      Léa Salamé ne nous avait pas habitués à dénoncer la violence patronale qui s’exerce contre les salariés, notamment lorsqu’ils sont brutalement licenciés. C’est chose faite. Dans l’émission « C à vous » du 21 décembre 2016, ne mâchant pas ses mots, elle a jugé « très violente » l’éviction de… #Jean-Pierre_Elkabbach, écarté quelques jours auparavant de la « Matinale » d’Europe 1. Depuis peu, nous sommes rassurés : le séjour de l’intervieweur-vedette au Pôle emploi de l’éditocratie aura été de courte durée. Il avait déjà obtenu un temps partiel. Un temps plein lui est désormais assuré, et même un triple emploi.

      Alors qu’une interview hebdomadaire devait être confiée à Jean-Pierre Elkabbach sur #Europe_1, il a ainsi décidé de rejoindre #i-Télé, future CNews – où la violence patronale qui émeut tant Léa Salamé a provoqué le départ de plus des deux tiers des effectifs.

      Par la même occasion, il a été nommé conseiller du groupe de Bolloré pour son développement, comme l’a officialisé le 11 janvier, sur Twitter, le groupe Canal+ :


      http://www.acrimed.org/Jean-Pierre-Elkabbach-serviteur-de-deux-maitres


  • Europe 1 : Elkabbach rétrogradé - Dessin de Lasserpe | Urtikan.net
    http://www.urtikan.net/dessin-du-jour/europe-1-elkabbach-retrograde

    Nouvelle crise à #Europe_1 ! Lundi matin, lors d’une réunion convoquée à la hâte, #Denis_Olivennes, le patron des médias du groupe Lagardère, a acté la mise à l’écart de #Jean-Pierre_Elkabbach. Une annonce surprise aux effets quasi immédiats : le 2 janvier, le #journaliste ne présentera plus l’interview #politique matinale qu’il assurait depuis 1987 ! A 79 ans, il paie là sa prestation très critiquée lors du troisième débat des primaires des Républicains. En direct devant 5 millions de téléspectateurs, Bruno Le Maire avait remis à sa place le journaliste, exigeant davantage de respect. « Ce jour-là, #Arnaud_Lagardère a compris qu’il fallait en finir », se rappelle un cadre du groupe.

    http://www.leparisien.fr/culture-loisirs/elkabbach-retrograde-13-12-2016-6448104.php
    Arnaud, Jade et belle-maman

    Un texte d’ Antoine Zéo dans la peau d’Arnaud Lagardère en ce samedi soir 24 septembre 2011 avec des photographies (D.R.)
    tirées du site de la discothèque du Carré.

    #Jade_Forest
    http://www.le-tigre.net/Lagardere.html


  • Révélations Libye : mais pourquoi personne n’interroge Nicolas Sarkozy ? - RipouxBlique des CumulardsVentrusGrosQ
    http://slisel.over-blog.com/2016/11/revelations-libye-mais-pourquoi-personne-n-interroge-nicolas-sarko

    Depuis novembre, Mediapart et Le Monde ont publié de nombreuses révélations sur un possible versement de fonds par Kadhafi lors de la campagne de Sarkozy en 2007. Une seule question a été posée à l’ancien président pourtant interviewé plus de huit fois ce mois-ci.

    « Entretien vidéo exclusif – Takieddine : “J’ai remis trois valises d’argent libyen à Guéant et Sarkozy.” » Mediapart, en partenariat avec l’agence Premières lignes, a lâché un nouveau témoignage mardi qu’on aurait pu penser accablant. Et pourtant, cet énième élément de l’affaire du financement libyen présumé de la campagne de Sarkozy en 2007 a été traité plutôt discrètement. Il ne fait ni la une des journaux, ni celle des JT, et n’est pas, loin s’en faut, le sujet principal abordé dans les interviews politiques. Et si certains médias jugent que les déclarations de Takieddine doivent être prises avec des pincettes, il faut rappeler que ce témoignage n’est pas isolé. Le 3 novembre dernier, Le Monde publiait d’autres révélations tout aussi explosives —renforçant celles déjà publiées par le site Mediapart depuis 2011— à propos de la campagne de 2007.

     
    S’il n’y a toujours aucune preuve tangible concernant un financement de la campagne de Sarkozy par le réseau de l’ex-dictateur Mouammar Kadhafi, les indices accablent le clan Sarkozy. Selon les deux sites d’information, qui ont eu accès à l’enquête, les magistrats instructeurs jugent même désormais « probable l’hypothèse d’un financement libyen ». Notamment après ces éléments de l’enquête (non exhaustifs) :

    Les enquêteurs ont obtenu pas moins de sept témoignages qui accréditent ­l’hypothèse du versement de fonds par Mouammar Kadhafi à l’équipe de Nicolas Sarkozy.
    La justice dispose aussi d’écoutes téléphoniques accablantes. « Oui, ils cherchent le lien avec Kadhafi mais ils ne cherchent pas au bon endroit », dit par exemple l’avocat franco-djiboutien Mohamed Aref dans une conversation interceptée par la police.
    Mediapart a révélé l’existence d’un carnet d’un ancien ministre du pétrole libyen, Choukri Ghanem, qui mentionne ­plusieurs versements pour un montant de 6,5 millions d’euros. Ce dernier sera retrouvé mort le 29 avril 2012 dans le Danube, en Autriche.
    Une conversation interceptée prouve que Nicolas Sarkozy aurait demandé en 2014 une lettre à Alexandre Djouhri et qui l’innocenterait.
    Selon un autre témoin cité par Mediapart, des mallettes de plusieurs millions d’euros ont été données directement à Boris Boillon (ex-conseiller diplomatique de Nicolas Sarkozy à l’Élysée) et à Claude Guéant et ont été ramenées dans un voyage en avion privé de Syrte au Bourget.
    Boillon, enfin, percevait selon ce témoin « des petits cadeaux », sous forme d’enveloppes avec des milliers d’euros. Et justement, le 31 juillet 2013, Boris Boillon est interpellé à la gare du Nord, avec un sac contenant 350.000 euros d’argent liquide.
    Même s’il n’y a pas de preuve irréfutable, même si l’enquête est toujours en cours, il paraît tout de même logique que des journalistes interrogent le candidat à la primaire de droite sur ces nouveaux éléments.

    8 interviews de Nicolas Sarkozy, 1 question sur la Libye

    Depuis les révélations du Monde le 3 novembre, Nicolas Sarkozy a été interrogé par TF1, France 2, France 3, Le Parisien, Valeurs actuelles, RTL et, Public Sénat avec Sud Radio (sans parler des médias spécialisés comme Terre-net.fr ou Business immo). Aucune question ne lui a été posée sur ce sujet. Il aura fallu attendre ce jeudi pour que la seule et l’unique lui soit posée par Le Figaro— près de deux semaines après les premières révélations.

    Le 15 novembre, le candidat à la primaire de la droite est l’invité de la matinale de RTL pendant une quinzaine de minutes. La journaliste cherche à savoir s’il a « la pêche » avant de l’interroger sur la primaire, ses concurrents, François Bayrou, Donald Trump, l’Europe, la double ration de frites pour les enfants musulmans ou juifs, Notre-Dame-des-Landes. Rien sur la Libye.

    Le 13 novembre, Nicolas Sarkozy est l’invité exclusif du 20h de TF1. Il est interrogé sur les commémorations des attentats, le groupe État islamique, les manifestations de policiers, la victoire de Donald Trump, la primaire de la droite, sa carrière politique en cas de défaite, mais pas un mot sur les accusations liées à sa campagne de 2007.

     

    Le 12 novembre, Le Parisien publie une interview fleuve de l’ex-chef d’État. Deux questions sont bien posées sur « les affaires », mais n’abordent pas le financement supposé libyen.

    Le 10 novembre, Nicolas Sarkozy est interrogé dans la matinale de France 2. Il est invité à répondre sur l’élection de Donald Trump, l’Europe et la primaire. Le nom de Kadhafi ne sera jamais évoqué.

    Le 8 novembre, l’ancien chef de l’État est interrogé pendant une heure par cinq journalistes sur Public Sénat avec Sud Radio. Rien ne sera évoqué.

    Le 6 novembre, il est l’invité de l’émission Dimanche en politique de France 3. Sur les 28 minutes du programme, pas une seconde ne sera accordée pour évoquer l’enquête en cours sur le financement de la campagne de 2007.

    Par ailleurs, le 3 novembre dernier, lors du second débat entre les différents candidats à la primaire de la droite aucune question n’a été posée sur toutes ces révélations. Même chose dans l’interview publiée par Valeurs actuelles.

    Il aura fallu attendre le 17 novembre— plus de 15 jours après les premières révélations— pour que le candidat à la primaire soit interrogé pour la première fois sur le sujet dans le Le Figaro. « Je n’ai que mépris pour cette officine qui depuis des années essaye sans succès de me salir », a-t-il notamment répondu. Il n’a toutefois pas été relancé par les journalistes.

    Silence radio dans les JT de France Télévisions

    Au rayon des JT, c’est aussi le froid polaire. La plupart des journaux télévisés n’ont pas estimé nécessaire de rapporter le témoignage exclusif publié mardi.
    Au menu du JT du 13h de TF1 ce mardi : super Lune, dernier jour pour la taxe d’habitation, grève des agents des impôts, police des douanes, primaire de la droite, désertification médicale… Mais rien sur les révélations de Mediapart datées du matin même.

    Silence radio également dans le JT de France 2 de 13h de mardi et de mercredi et plus étonnant encore de 20h. Le journal de David Pujadas a seulement accordé une page spéciale à la pré-annonce de la candidature de Macron. Sur France 3, le 19/20—l’un des programmes les plus regardés en access prime-time— ne dira pas un mot non plus.

    Chez TF1, Gilles Bouleau en parle quelques secondes, le temps d’une brève. Même chose ce mercredi dans Le Journal de 8h de la matinale de France Inter, l’un des plus écoutés de France.

    Ses proches interrogés mais rapidement

    À défaut d’avoir l’intéressé lui-même, quelques soutiens de Nicolas Sarkozy (Rachida Dati au Figaro, Laurent Wauquiez sur Europe 1 et Christian Estrosi sur BFMTV) ont été interrogés sur cette question. Ils ont toutefois eu la chance d’avoir une seule question sur le sujet et en fin d’interview.

    Les liens entre mis en cause et journalistes

    Alors comment expliquer que la presse (surtout audiovisuelle) relaie peu ces informations ou que Nicolas Sarkozy lui-même ne soit jamais interrogé dessus ? Contacté par BuzzFeed News, Simon Piel, l’un des auteurs des révélations duMonde, avance quelques hypothèses. « Nous avons eu cette réflexion en interne et c’est certain que cette affaire est assez complexe. Ce n’est pas de l’info très comestible, même si nous tâchons de la rendre pédagogique », analyse-t-il. Et d’ajouter :

    « MAIS IL Y A CLAIREMENT DES MÉDIAS QUI ONT DÉCIDÉ DE SOUS-TRAITER CETTE AFFAIRE. SOIT PARCE QU’ILS ESTIMENT QUE CELA POLLUERAIT LES DÉBATS DE LA PRIMAIRE, SOIT PARCE QU’ILS ONT DES LIENS PLUS QUE CONNIVENTS AVEC DES GENS MIS EN CAUSE. »

    En effet, Mediapart a aussi révélé les liens entre des mis en cause et le conseiller d’Arnaud Lagardère, mais aussi l’actuel patron du Journal du dimanche, Hervé Gattegno. Le Monde a lui livré une conversation interceptée qui montre l’influence du clan Sarkozy sur Le Figaro.

    À l’étranger, « la presse aurait été plus agressive »

    L’un des journalistes de Mediapart, Fabrice Arfi, partage également ce constat et juge qu’il peut y avoir « une forme de lâcheté journalistique partagée ».

    « LORS DE NOS RÉVÉLATIONS SUR L’AFFAIRE BETTENCOURT OU CAHUZAC, IL Y A TOUJOURS EU UNE FORME DE MÉFIANCE AU DÉBUT, MAIS LÀ, JE NE COMPRENDS PAS CE TRAITEMENT MÉDIATIQUE. J’AI L’IMPRESSION QU’IL Y A DEUX MONDES : CELUI DU CIRQUE MÉDIATIQUE ET CELUI DES FAITS. MAIS CES DEUX UNIVERS NE SE RENCONTRENT PAS. »

    Les deux journalistes d’investigation ont en tout cas une certitude : la presse étrangère n’aurait pas été aussi timide. « Quand on voit ce qu’il s’est passé avec les mails de Clinton aux États-Unis, le traitement médiatique français est hallucinant », lâche Fabrice Arfi. « Si ces faits concernaient un pays anglo-saxon, la presse se serait montrée sans aucun doute plus agressive. Mais ce n’est pas dans la culture française », ajoute Simon Piel.

    Alors une question sur toutes ces révélations va-t-elle être posée lors du prochain débat de la primaire ce jeudi ? Contactés, certains journalistes chargés de l’animer n’ont pas encore donné suite.

    Source : Buzzfeed

    http://srv497.fr.nf/r


  • Financement libyen de la campagne de Sarkozy : l’enquête impossible

    http://www.lemonde.fr/societe/article/2016/11/03/financement-libyen-de-la-campagne-de-sarkozy-l-enquete-impossible_5024793_32

    Les indices s’accumulent sur un possible versement de fonds par Mouammar Kadhafi lors de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007.

    Trois ans et demi d’investigations poussées, toujours pas l’ombre d’une preuve définitive, mais de forts soupçons. Les juges du pôle financier Serge Tournaire et Aude Buresi tentent depuis avril 2013 de déterminer si la campagne présidentielle 2007 de Nicolas Sarkozy a bien fait l’objet d’un financement illicite libyen. Ils disposent désormais de centaines de documents : notes des services déclassifiées, interceptions téléphoniques, témoignages sous X… Tous les ingrédients d’une sorte d’enquête impossible, à laquelle Le Monde a eu accès.

    Il en ressort une impression troublante. Ainsi, les enquêteurs ont obtenu pas moins de sept témoignages qui accréditent ­l’hypothèse du versement de fonds par Mouammar Kadhafi à l’équipe de Nicolas Sarkozy, appuyés par le carnet accusateur d’un ancien ministre libyen du pétrole. Beaucoup de fausses pistes et de témoi­gnages invérifiables. Les magistrats doivent en outre compter avec une forte adversité, appuyée sur des réseaux tant politiques que médiatiques.
    En témoigne cette confidence, qui les ­concerne directement, interceptée en mars 2015. « Oui, ils cherchent le lien avec Kadhafi mais ils ne cherchent pas au bon endroit. » Ces propos tenus au téléphone par l’avocat franco-djiboutien Mohamed Aref sur un possible financement par la Libye de la campagne de 2007 de Nicolas Sarkozy ont fait sursauter les policiers qui écoutaient discrètement la conversation.

    Caisse noire

    Ce vendredi 27 mars 2015, M. Aref rassure au téléphone son confrère malaisien Siva Rajendram, tétanisé. Ce dernier a versé 500 000 euros sur le compte de Claude Guéant contre une prétendue vente de deux tableaux de l’artiste Andries van ­Eertvelt. Il fuit les autorités françaises qui le soupçonnent d’être l’un des maillons d’un possible financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy – plutôt qu’un simple amateur de peinture baroque flamande. « Dis-leur simplement que tu n’as rien à voir avec eux », lâche sèchement M. Aref, lui-même inquiet. Contacté par Le Monde, M. Aref assure pourtant « n’avoir jamais parlé du dossier libyen avec M. Rajendram ».

    En ce début d’année 2015, les magistrats veulent, semble-t-il, accélérer la procédure. L’ancien secrétaire général de l’Elysée, Claude Guéant, a été mis en examen ­samedi 7 mars, de même qu’un richissime homme d’affaires saoudien, Khaled ­Bugshan, soupçonné d’avoir mis à disposition ses circuits financiers pour opacifier les injections de liquide libyen. Non loin de Genève, à Chêne-Bougeries, les villas d’un banquier franco-djiboutien, Wahib Nacer, et de son voisin, Alexandre Djouhri, l’in­termédiaire préféré de la Sarkozie, ont été perquisitionnées. Tous sont soupçonnés d’avoir mis leurs compétences au service d’une caisse noire pour la campagne de ­Nicolas Sarkozy, remplie de cash venu de Tripoli. Tous attendent aujourd’hui avec ­inquiétude le résultat des investigations.

    Les juges disposent de témoignages troublants. L’ambassadeur de France en Libye entre janvier 2008 et février 2011, François Gouyette, leur a ainsi indiqué avoir entendu parler d’un possible financement de la campagne de Nicolas Sarkozy, mais ces rumeurs lui sont parvenues après 2011 et le début de la révolution libyenne. Deux personnes lui en ont fait état. Moftah Missouri, l’ancien interprète du guide, et une autre personne dont il a préféré taire le nom devant les magistrats. L’un d’eux parlait de 5 millions d’euros, l’autre de 50. Mais les magistrats n’ont pas pu recouper les faits révélés.

    « Les “mecs” en chemin ont détourné l’argent »

    Fin septembre, le site Mediapart a relancé l’affaire en dévoilant l’existence d’un carnet d’un ancien ministre du pétrole libyen, Choukri Ghanem, qui mentionnent ­plusieurs versements pour un montant de 6,5 millions d’euros. Ce dignitaire du régime de Mouammar Kadhafi faisait aussi fonction de patron de la société pétrolière nationale et avait la manie de noter scrupuleusement les comptes rendus de ses entretiens. Le 29 avril 2007, durant l’entre-deux-tours de l’élection présidentielle française, il résume les échanges tenus dans la ferme de Bechir Saleh, directeur de cabinet de Kadhafi, et, à ce titre, détenteur de bien des ­secrets, à une quarantaine de kilomètres de Tripoli. En voici la retranscription exacte :

    « A midi, j’ai déjeuné avec El-Baghdadi ­[premier ministre] et Bachir Saleh à la ferme de Bachir. Bachir a parlé, disant avoir envoyé 1,5 million d’euros à Sarkozy quand Saïf ­[Al-Islam Kadhafi, fils du numéro un libyen] donnait 3 millions d’euros. Mais on leur a dit que l’argent n’était pas arrivé. Il semblerait que les “mecs” en chemin l’ont détourné, tout comme ils lui ont pris 2 millions en provenance de Abdallah Senoussi [chef des services de renseignement libyen]. »
    Choukri Ghanem écrit ses doutes quant à l’impact de ces 6,5 millions d’euros : « J’ignore s’ils croient vraiment qu’ils peuvent changer la politique de la France moyennant cet argent. D’abord, les montants qu’ils engagent sont dérisoires à l’échelle de l’Europe. Et puis d’autres pays paient bien plus. »

    Contacté par Le Monde, Bechir Saleh, 70 ans, qui vit à Johannesburg, en Afrique du Sud sous la protection du président Jacob Zuma autrefois proche de Kadhafi, a un trou de mémoire : « Je ne suis pas au courant de cette réunion, ça ne me dit rien. » Choukri Ghanem, lui, a été retrouvé mort le 29 avril 2012 dans le Danube, en Autriche. Une crise cardiaque, selon les enquêteurs autrichiens. De quoi terroriser un peu plus les protagonistes de cette sombre histoire.

    Bechir Saleh a été convoqué le 7 septembre par les enquêteurs français qui avaient tenté, en vain, de l’entendre par visioconférence quelques mois plus tôt. Mais il n’a pas quitté Johannesburg. Un homme lui rend parfois visite à l’improviste. M. Saleh lui doit la vie (et beaucoup de ses ennuis) pour avoir été exfiltré de Libye en 2011, en pleine guerre, vers Paris, via Djerba, en Tunisie.

    Ce visiteur s’appelle Alexandre Djouhri. C’est un proche du patron des services de renseignement intérieur (DCRI) de l’époque, Bernard Squarcini, qui a mené cette mission délicate en lien avec l’ambassadeur de France à Tunis, Boris Boillon. Le tandem Alexandre Djouhri et Bernard Squarcini a ensuite orchestré l’exfiltration secrète de Saleh de Paris vers l’Afrique du Sud, en passant par le Niger, entre les deux tours de l’élection présidentielle française de 2012 et alors qu’il était visé par une notice rouge, un mandat d’arrêt d’Interpol.
    C’est Mohamed Aref, l’avocat franco-djiboutien, proche de Djouhri, qui a réglé, à travers la société Datco, la facture du jet privé dans lequel s’est envolé Bechir Saleh. Ce qu’il dément formellement.

    « Je connais cette société Datco, mais ce n’est pas à moi et je n’apparais pas dans les statuts, se défend M. Aref qui se dit plus proche de François Hollande que de la Sarkozie. Que certains aient utilisé mon nom pour brouiller les pistes, c’est une hypothèse. »
    Alexandre Djouhri, qui apparaît comme un personnage central, est cité depuis une décennie dans nombre d’enquêtes sans jamais avoir été inquiété. Convoqué, lui aussi, le 7 septembre par les juges, il ne s’est pas présenté. Depuis mars 2015 et la mise en examen de Claude Guéant, Alexandre Djouhri a prudemment choisi de ne plus poser un pied en France. Tout au plus, confiait-il à son ami, le député Les Républicains Alain Marsaud, qu’il y passerait peut-être « un week-end » pour éviter une garde à vue.

    En octobre, il séjournait à l’Hôtel Kempinski, à Djibouti, pays d’origine de Mohamed Aref, où il a pris le temps de déjeuner avec le gouverneur de la banque centrale, Ahmed Osman, un proche du président Ismaïl Omar Guelleh. Au bord des eaux turquoise du golfe de Tadjourah comme dans sa résidence suisse ou en Russie où son fils a épousé une descendante d’oligarque, il suit de près les avancées de l’enquête.

    « Le plus tôt serait le mieux »

    Convaincu que Bechir Saleh constituait une porte d’entrée idéale vers la Libye, ses affaires et surtout son argent, Alexandre Djouhri a toujours pris soin de lui. Les enquêteurs ont ainsi mis en évidence qu’il l’avait invité à plusieurs reprises à séjourner au Ritz, à Paris, en 2007 et en 2008, pour un montant avoisinant… les 60 000 euros. Avec discrétion : l’argent de son compte à l’hôtel, ouvert au nom de son fils, avait été abondé de 500 000 euros issus d’un compte bancaire de l’un des membres de la puissante famille saoudienne Bugshan.
    Dans le même temps, Alexandre Djouhri fait son possible pour que l’enquête sur l’argent libyen n’avance pas. Djouhri en est convaincu : les « socialos » ont pris attache avec Bechir Saleh pour qu’il « raconte des conneries » en échange de la levée de son mandat d’Interpol délivré à la demande des nouvelles autorités libyennes.

    Le 11 mars 2014, « Monsieur Alexandre », comme il se fait appeler, retourne voir ­Bechir Saleh à Johannesburg. Il appelle dans le même temps un de ces hommes liges, Hervé Seveno, un ancien policier reconverti dans le privé à qui il demande de rédiger une lettre signée… Bechir Saleh qui innocente Nicolas Sarkozy. Selon les propres termes de M. Djouhri, l’idée de cette lettre est de « démentir catégoriquement toute implication dans le moindre financement de la campagne électorale de M. Nicolas Sarkozy ». Lui se chargera de la faire parvenir aux juges. L’idée n’est pas de lui. Elle vient de Nicolas Sarkozy en personne et a été soufflée par son directeur de cabinet, l’ancien préfet de police Michel Gaudin, à Djouhri. Ce dernier s’interroge néanmoins sur la pertinence de la démarche lors d’une discussion téléphonique avec M. Gaudin le 21 mars 2014 :
    « A mon avis, ça serait pas opportun pendant les municipales là… Non ?
    – Compte tenu de l’accélération des choses (…). Après, on voit, mais vous pensez que ça pourrait se faire vite, donc, d’après ce que je comprends, répond M. Gaudin.
    – Moi, je m’en fous, dit Djouhri. Posez-luila question [à M. Sarkozy] et moi, j’attaque. »

    Deux heures s’écoulent. Michel Gaudin le rappelle pour lui préciser que, selon « le président », « le plus tôt serait le mieux ». L’on ignore aujourd’hui si cette lettre sera finalement envoyée aux magistrats.
    Alexandre Djouhri est diablement efficace. Il obtient en temps réel des informations sur les procédures, grâce notamment à Hugues Moutouh, un ancien conseiller de Claude Guéant au ministère de l’intérieur. Aujourd’hui président du directoire de Guy Dauphin Environnement, il est soupçonné d’avoir transmis des informations confidentielles, émanant des « services ». Comme lors de l’arrestation d’un Saoudien en août 2014 sur lequel il communique des éléments. Ce qu’il dément avec vigueur.

    « Je n’ai jamais transmis une information à Alexandre Djouhri, c’est pour moi une atteinte très grave à ma fonction d’alors. Je n’ai jamais œuvré pour entraver l’enquête. Je suis choqué et scandalisé. Je n’ai rien à voir avec cette affaire de financement libyen », affirme-t-il au Monde.
    Les révélations médiatiques sont surveillées de près par l’entourage de l’ancien président, voire par Nicolas Sarkozy lui-même. Le 12 février 2014, alors que L’Express publiait un nouvel épisode du dossier, Nicolas Sarkozy demandait à son directeur de cabinet Michel Gaudin de « surveiller l’affaire de nos amis d’outre-Méditerranée ». A chaque article sur le soupçon de financement libyen, M. Djouhri agite aussi ses réseaux dans les médias. Il commande à des journalistes « amis » des papiers favorables ou appelle directement les hiérarques – comme le communicant Ramzi Khiroun, conseiller spécial d’Arnaud Lagardère – pour se plaindre s’ils sont trop critiques.

    « Vous m’interrogez sur un cousin ? Vous êtes fou »

    Dans une conversation du 17 mars 2015, dix jours après la mise en examen de Claude Guéant, il appelle Rudi Roussillon, conseiller du Groupe Dassault et président du conseil de surveillance de la Société du Figaro. « Moi je pense quand même que tu devrais quand même faire faire un édito (…) que Thréard [Yves Thréard, directeur adjoint du Figaro] l’appelle, qu’il lui, qu’il prépare un papier. » « Je vais organiser un truc pareil », acquiesce le conseiller médias de Serge Dassault. Le quotidien se contentera d’une brève pour évoquer la mise en examen de M. Guéant mais invitera ce dernier au « Talk Le Figaro » où il aura tout loisir de dénoncer « une volonté de [l]’abattre ».

    Alexandre Djouhri apparaît peu à peu comme le chef d’une « organisation ». Dans les écoutes, il parle d’« équipe » ou de « famille » dont le noyau dur se compose de deux personnes, en plus de lui-même : Mohamed Aref, cet avocat franco-djiboutien de 64 ans qui dit avoir rencontré « il y a trois ans » M. Djouhri, devenu un « ami » et un « client », et qui fait office de trésorier. Et un spécialiste des montages financiers, Wahib Nacer, 72 ans, banquier franco-djiboutien à la retraite, ancien de la filiale suisse du Crédit agricole – par ailleurs cousin germain et beau-frère de M. Aref. Ce dernier s’emporte lorsqu’on l’interroge sur M. Nacer : « Vous m’interrogez sur un cousin ? Vous êtes fou. Ne faites plus cela ! » Tous trois sont domiciliés à Chêne-Bougeries, une commune coquette près de Genève. Contacté à plusieurs reprises, M. Djouhri n’a pas donné suite. De son côté, M. Nacer n’a pu être joint.

    Location d’une « chambre »

    Sur la comptabilité tenue par Wahib Nacer, le nom de M. Djouhri ne figure nulle part, selon les éléments de l’enquête. Monsieur Alexandre n’a que des espèces. Quand il n’en retire pas par millions au guichet d’une banque genevoise, il sollicite sa fille ou un autre « fournisseur », un employé de l’hôtel de luxe de La Cigogne surnommé « Spiros ».
    Seules ses initiales, « AD », et ses alias, « Alpha », « El Attas » ou « Iskandar » (Alexandre en turco-perse) figurent sur les relevés saisis chez Wahib Nacer. Pour ses circuits complexes, « AD » a recours aux comptes bancaires de prête-noms. L’une des hypothèses des enquêteurs est que M. Djouhri ait été utilisé pour blanchir dans ses propres circuits financiers le cash libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy. Ils ne sont pas parvenus pour l’heure à l’établir de manière certaine. Un élément les intrigue particulièrement. Pourquoi Claude Guéant a-t-il loué entre le 21 mars et le 31 juillet 2007 un coffre de grande taille, une « chambre » dans le jargon, à l’agence Opéra de la BNP ? Pour entreposer des archives avait assuré l’intéressé, sans convaincre. Contactés par l’intermédiaire de leurs avocats, Nicolas Sarkozy et Claude Guéant n’ont pas donné suite.

    Trois jours de révélations sur le système Sarkozy

    Le Monde révèle, au cours de trois publications successives, l’existence d’un vaste système délictueux, impliquant de hautes personnalités liées à Nicolas Sarkozy. Ce réseau, (dé)voué à la protection de l’ancien chef de l’Etat, est composé de policiers ou magistrats restés fidèles à l’ex-président, mais aussi d’hommes d’affaires, d’intermédiaires, de diplomates et même de journalistes. Une structure informelle qui apparaît aujourd’hui en pleine lumière, à la faveur de plusieurs enquêtes judiciaires, toutes conduites par le juge parisien Serge Tournaire, et auxquelles Le Monde a eu accès - en sus de nos propres investigations.

    Elles mettent en lumière les dessous d’une organisation mise en place dès l’arrivée de Nicolas Sarkozy au ministère de l’intérieur, en 2002, renforcée lors de son accession à l’Elysée en 2007, et qui s’est perpétuée après sa défaite en 2012.


  • François Ruffin : « un salarié aussi désinvolte qu’Arnaud Lagardère aurait été licencié depuis longtemps » - Agence Info Libre | 24 février 2016
    http://www.agenceinfolibre.fr/francois-ruffin-un-salarie-aussi-desinvolte-quarnaud-lagardere-aurai

    François Ruffin, réalisateur du documentaire « Merci patron ! » était l’invité d’Europe 1 ce jour où il en a profité pour régler quelques comptes contre le patron d’Europe 1, Arnaud Lagardère.
    Jean-Michel Aphatie 2’18 : « j’ai vu votre documentaire, je l’ai trouvé bien fait ».
    Jean-Michel Aphatie 3’04 : « Libération dit : au fond, ce que vous avez filmé ne montre pas grand chose, c’est une able bien faite mais on reste un peu sceptique sur le message qui est le votre ».

    http://www.dailymotion.com/video/x3u0a4i_francois-ruffin-mon-documentaire-est-un-combat-contre-l-oligarc


  • Merci patron ! Europe 1 déprogramme François Ruffin - Acrimed | Action Critique Médias
    http://www.acrimed.org/Merci-patron-Europe-1-deprogramme-Francois-Ruffin

    Le 24 février prochain sort en salle Merci Patron, le premier #film de François Ruffin, directeur du journal Fakir. Le film, dont le succès a été spectaculaire lors des dizaines d’avant premières partout en France, a pour héros le milliardaire et première fortune de France, Bernard Arnault, patron de LVMH, qui possède notamment Les Echos ou Le Parisien.

    François Ruffin, qui assure actuellement la #promotion du film, devait être l’invité de l’émission « Europe 1 social club » de Frédéric Taddéi le 23 février. Invitation lancée il y a trois semaines et confirmée par mail aujourd’hui même à 12h03. Or cinq minutes plus tard, nouveau message, cette fois-ci très lapidaire « Désolé, je viens tout juste d’apprendre que l’interview était annulée… ». La direction d’Europe 1, propriété d’Arnaud Lagardère, a décidé que François Ruffin n’était pas le bienvenu sur son antenne.

    #censure


  • Je n’ai pas vu référencé ici cet excellent article de Laurent Bonnefoy [Chargé de recherche au CNRS (Ceri/Sciences Po Paris) ; porteur-adjoint du projet du Conseil européen de la recherche (ERC), When Authoritarianism Fails in the Arab World (2013-2017) ; Spécialiste de l’islamisme dans la péninsule Arabique], pourtant présent sur Seenthis.

    Logique de guerre contre logique politique
    Attentats de Paris

    Orient XXI > Magazine > Laurent Bonnefoy > 18 novembre 2015

    Extraits

    Le phénomène « Je suis Charlie » (instrumentalisé en cela par les médias et le monde politique) a largement construit le défi posé à la société française il y a près d’un an en termes d’atteinte à la liberté d’expression, à la laïcité et au droit au blasphème. Dans ce cadre, l’action de Chérif et Saïd Kouachi était présentée comme l’expression d’un grief adressé à l’encontre du « modèle » de société incarné par les humoristes de Charlie Hebdo. L’analyse était toutefois viciée....
    ... Elle se méprenait aussi sur la fonction politique implicite de l’hebdomadaire satirique, dont l’humour à géométrie variable conduit (sans doute au corps défendant de certains de ses caricaturistes) à polariser davantage la société, à stigmatiser les musulmans et à donner à nombre d’entre eux le sentiment qu’ils subissent une inégalité de traitement ou qu’ils ne sont pas protégés autant que d’autres minorités. Face à une telle construction, il n’est pas étonnant de constater que pour le 11 janvier, à l’occasion de la grande manifestation, tout le monde n’était pas « Charlie », en particulier une part importante des populations issues des banlieues périphériques de Paris. Ceux qui ne l’étaient pas rejetaient alors notamment la sanctification de Charlie Hebdo, mais aussi la récupération par Israël et Benyamin Nétanyahou, présent aux côtés de François Hollande lors de la marche, de la nature antisémite de l’attentat.

    Une approche alternative du défi posé par les djihadistes à la France aurait dû s’imposer. Cette quête d’un contre-récit apparaît comme plus que jamais utile bien que pas toujours audible dans un espace médiatique et politique largement unanimiste. En janvier 2015 comme aujourd’hui, le véritable défi est bien celui de la réinvention du « vivre ensemble ». Par-delà les échecs patents du modèle républicain et son hypocrisie manifeste dans nombre de territoires, ce que l’OEI et d’autres groupes djihadistes transnationaux mettent en péril en agissant à Paris est justement le projet symbolique des sociétés européennes d’être multiculturelles (reconnaissons simplement que dans leur funeste entreprise, ils ont bien des alliés objectifs en France ou ailleurs, à droite comme à gauche de l’échiquier politique) . Cette conceptualisation alternative de la problématique terroriste en France replace les victimes juives de l’Hyper Cacher au cœur de l’analyse. Elle signale également combien le phénomène islamophobe qui croit indéniablement dans le sillage des attentats perpétrés par les djihadistes marque la victoire de ces derniers. Antisémitisme et islamophobie signalent ainsi une même logique et exigent une identique lutte, loin du « deux poids, deux mesures » qui trop souvent s’affirme. Il serait bon que les médias et les responsables politiques en France soulignent cette dimension avec davantage de force et de conviction afin de briser une mécanique de polarisation identitaire devenue quasiment inexorable.

    Cette reconstruction des termes du défi terroriste ne peut toutefois faire l’économie d’une sérieuse réflexion sur le rôle de la France à l’échelle internationale et sur ses alliances, avec Israël d’une part tant qu’il poursuivra sa politique répressive à l’égard des Palestiniens et sa stratégie de colonisation, mais également avec les monarchies du Golfe avec lesquelles le président François Hollande a établi une relation mercantile malsaine, plus affirmée que jamais. L’engagement militaire saoudien au Yémen depuis mars 2015, soutenu par la diplomatie française, apparaît à cet égard bien problématique dans la mesure où il amène à renforcer les positions djihadistes.
    ...
    Les attentats de Paris et de Saint-Denis apparaissent ainsi comme le fruit du télescopage entre les engagements militaires de la coalition au Proche-Orient contre l’OEI et le quotidien des Parisiens. Il est malheureusement probable que cette funeste rencontre soit de plus en plus fréquente. L’incapacité collective des élites françaises à relier les événements entre eux et à générer un lien de causalité entre des bombes, des balles, des drones et des porte-avions « ici » ou « là-bas » se révèle meurtrière. Les premières réactions du pouvoir emmené par François Hollande et Manuel Valls laissent penser que ce lien continuera à être occulté et que le gouvernement de la France, aux côtés de ceux des États-Unis, du Royaume-Uni et de la Russie, s’entêtera à vivre dans le déni, considérant que davantage de bombes françaises déversées au Moyen-Orient génèrent plus de sécurité en Europe. Il faudra pourtant accepter que c’est exactement l’inverse qui partout se produit.

    Il conviendra aussi de tirer les conséquences de ce télescopage entre les vies européennes et celles des voisins proche-orientaux qui parfois vivent sous la terreur des missiles et ou des drones de la coalition à laquelle participe la France. Certes, la rage de l’OEI et sa volonté de frapper la France ne procèdent pas uniquement des bombardements des « positions djihadistes ». Elles s’appuient sur un antagonisme qui s’est renforcé au fil des années, voire des décennies, et qui est d’une complexité telle qu’il est devenu impossible de dire avec précision qui riposte à qui et à quoi. Tout juste convient-il de rappeler combien, comme l’écrivait le professeur Jean Leca, il n’y a pas d’« immaculée conception » de la violence, mais que celle-ci est le produit d’une relation . L’engagement militaire français, qui semble toujours aller croissant, constitue dès lors une variable fondamentale qui génère une représentation de l’inimitié et alimente, directement ou non, la décision de certains de massacrer ou de se faire exploser dans un bar, un fast-food et une salle de concert.

    Au-delà de ces considérations qui peuvent apparaître comme générales et complexes à mettre en œuvre, le règlement de la question syrienne reste un préalable. Certaines décisions concrètes peuvent être prises, telle la mise en place de zones d’exclusion aériennes pour protéger les civils et permettre de mettre à mal une part de la propagande de l’OEI qui se projette en tant que protecteur des sunnites. Continuer de considérer , comme le fait une part de plus en plus importante des responsables politiques français, que la communauté internationale n’a en Syrie que le choix entre Bachar Al-Assad et l’OEI ne peut être qu’une impasse stratégique, politique, humanitaire et sécuritaire.

    http://orientxxi.info/magazine/logique-de-guerre-contre-logique-politique,1090

    #France #Attentats #Politique-étrangère #EI #Syrie #Arabie #Israël #bombardements #racisme


  • Nous avons des armes : le film
    http://nada-info.fr/souscription_nada.html

    Mais, face à la meute, nous aussi Nous Avons Des Armes pour contrer et pourquoi pas inverser le rapport de force, sortir du cadre idéologique dicté par les journalistes et leurs maîtres, se réapproprier les formes de notre propre expression.

    C’est ce qu’entend impulser notre nouveau #film « Nous avons des armes ».

    Pour le réaliser, nous avons demandé des euros à Bernard Arnault, première fortune de France et propriétaire des Echos. Mais il a dit non.
    Nous avons demandé des euros à Arnaud Lagardère, milliardaire, et propriétaire d’Europe 1. Mais il a dit non.
    Nous avons même demandé des euros à Alain Duhamel, éditorialiste convaincu du réel pluralisme médiatique en France. Mais il a dit non.

    Alors, pour réaliser ce film de combat : donnez-nous des euros.
    Car le succès des Nouveaux chiens de garde au cinéma n’a pas pour autant permis sa viabilité économique (le prix prohibitif des archives), ni rempli d’euros la gamelle des auteurs. L’autoproduction favorisera son indépendance, allégera les coûts de fabrication et permettra au film d’être plus rapidement à disposition. Nous avons des armes sera distribué directement par DVD ou au cours de projections militantes. Nous appelons donc à une #souscription-soutien de 5 euros (ou plus) et du pré-achat du DVD à 15 euros (ou plus).

    Faites passer !

    http://vimeo.com/74237042


    http://vimeo.com/74237041


  • Jade et Arnaud Lagardère : #censure !!
    http://thepiratebay.sx/torrent/8767814/Tout__ccedil_a_ne_nous_rendra_pas_le_Congo___Jade_et_arnaud_Laga

    Reportage « La belle, le milliardiare et la discrète » diffusé dans l’émission « Tout ça ne nous rendra pas le Congo » sur la RTBF le 13 novembre 2012 avec Arnaud Lagardère et Jade Foret.

    En juin 2013, Arnaud Lagardère rachete les droits de diffusion de ce reportage compromettant pour en empêcher la diffusion : http://mariannebelgique.blogspot.be/2013/07/arnaud-lagardere-placardise-son-suicide.html

    #censure #armements #connerie

    reportage à se pisser de rire, déjà seenné ici : http://seenthis.net/messages/97956


  • « Portrait du Journaliste en Sarkozyste » | Vincent Quivy (Acrimed)
    http://www.acrimed.org/article3868.html

    Cet animateur télé qui bouge encore Avril 2008 : Jean-Pierre Elkabbach est à son apogée, pilier incontournable de l’univers audiovisuel, commandeur voué par le temps à imposer sa morgue et son la au petit univers politico-médiatique français. Soutien et ami d’un président de la République, Nicolas Sarkozy, aux allures de Roi soleil, exécuteur de confiance d’un baron d’industrie, Arnaud Lagardère, devenu maître d’un empire médiatique sans équivalent dans l’Hexagone, homme lige des parlementaires français qui l’ont choisi, dans une belle unanimité, pour diriger leur chaîne télévisée, Public Sénat, il est aussi un animateur écouté, un intervieweur recherché, un patron de radio, Europe 1, craint et donc respecté. (...) Source : Acrimed


  • Le vélo d’appartement d’Arnaud | Marc Endeweld (Le Vagabond Approximatif)
    http://vagabondapproximatif.blogspot.com/2011/09/le-velo-dappartement-de-lagardere.html

    Ça y est, Arnaud Lagardère, fils de Jean-Luc, l’avoue, la vidéo qui a buzzé tout l’été où on le voit accompagné de sa douce et tendre Jade est « ridicule ». Cette vidéo, vous pouvez la (re)voir ici. « Je peux la résumer par un seul adjectif : ridicule », confessait-t-il, mardi dernier, au très sérieux quotidien économique Les Echos sous forme de rétropédalage de communication, sur fond de… résultats financiers médiocres. Car le fils Lagardère est aux mains du groupe éponyme, rassemblant tout de même quelques médias et éditeurs d’importance dans notre pays (Europe 1, Le Journal du Dimanche, Paris Match, Elle, Hachette…), et participant à l’aventure EADS (Airbus et quelques armes volantes…).


  • #mouarf : « Shooting sexy » pour Arnaud Lagardère et sa compagne Jade Foret - Libération
    http://www.liberation.fr/vous/06013958-shooting-sexy-pour-arnaud-lagardere-et-sa-compagne-jade-foret

    Vidéo et papier très surprenants mis en ligne par le magazine belge Le Soir mag pour son numéro de cette semaine. On y voit le milliardaire français Arnaud Lagardère en compagnie de la jeune top modèle belge Jade Foret.

    Grande maison, petits bisous, musique d’ambiance et canapés très larges : la séance de photos filmée a tout de la préparation d’un film érotique sans imagination mais elle a seulement pour but de montrer que leur relation est épanouie.

    http://www.youtube.com/watch?v=JQ3aQUBoFPs

    Vive la Sarkozie ! Ça prouve que même des gars avec lesquels tu ne supporterais pas de passer plus de cinq minutes (même bourré) peuvent rencontrer le vrai grand amour avec un top-model qui a posé dans Photo Magazine.

    • Sinon que ça a l’air insolite, voire grotesque, n’est-ce pas exactement ainsi qu’une bonne majorité d’Internautes dévoile sa vie privée en ligne ? Certes, peu suscitent l’intérêt des médias, et encore moins font venir des photographes et des journalistes chez eux. En général, les Internautes publient leurs anecdotes amoureuses par eux-mêmes sur leurs blogs personnels ignorés de tous... ;-)

    • @martin, pas d’accord (même si tu rigoles). Ça n’a rien à voir avec « les gens » sur Internet : ce type a 50 ans, est milliardaire et patron d’un immense groupe média. Il est entouré, expertisé et conseillé. (Accessoirement, quand je feuillette un catalogue de maillots de bain, j’achète un maillot de bain, pas le mannequin qui pose pour les photos.)

      C’est comme Sarko : ça n’est pas comme ça que les gens vivent, ça n’est pas non plus comme ça qu’ils souhaitent vivre et, non, madame Michu n’est pas dupe. Ce qui est plus que grotesque, c’est que ça révèle ce que cette classe (et leurs conseillers en communication) croient être les aspirations des gens.


  • Planète sans visa » Ce que personne ne veut savoir (sur le pouvoir)
    http://fabrice-nicolino.com/index.php/?p=799

    Je vous invite à regarder de près la structure des réseaux patronaux relevant du principal indice boursier, le fameux CAC 40 (ici). Il s’agit d’un écheveau tendu comme l’acier, dans lequel 500 administrateurs et 95 dirigeants exécutifs - au 31 décembre 2009 - font régner leur loi sans nul contrepouvoir (ici). Vu de près, il y a quelque chose de répugnant à considérer cette consanguinité générale. Si on laisse de côté quelques héritiers, comme Martin Bouygues ou Arnaud Lagardère, qui ne sont jamais que les fils de leurs pères, force est de constater que les sources de la domination économique sont étonnamment limitées. Pour aller à l’essentiel, il faut parler de Polytechnique et des spécialisations qui lui sont liées, à commencer par le corps des Ponts et Chaussées et celui des Mines, mais sans oublier les Télécoms ni même les Écoles normales supérieures ; de l’École nationale d’administration (ENA) et de ses pseudopodes, comme l’Inspection générale des finances ; à quoi il faut ajouter c

    #économie #lutte #classes #domination #spoliation #for:twitter


  • Le Web, forcément coupable - Recherche en histoire visuelle
    http://www.arhv.lhivic.org/index.php/2008/12/14/895-le-web-forcement-coupable

    Mais le scandale est ailleurs. Conscients que la presse écrite est la plupart du temps également publiée en ligne, les sénateurs ont prévu une exception aux petits oignons, qui exclut de ce délai la diffusion sur Internet de contenus également publiés sur support papier. Bref, il y aura deux poids, deux mesures. La même information, éventuellement diffamatoire, publiée sur le site d’un journal papier ou sur un site uniquement Internet sera soumise à deux régimes différents. La proposition de loi explique en effet, sans honte, que le contraire « serait mal compris des entreprises de presse ». Il faut lire bien sûr : ferait de la peine aux Arnaud Lagardère ou Serge Dassault.

    #politique #Internet #france #journalisme