person:bachar al-assad

  • https://www.francetvinfo.fr/monde/syrie/syrie-les-emirats-arabes-unis-rouvrent-leur-ambassade-a-damas-fermee-de

    Syrie : les Emirats arabes unis rouvrent leur ambassade à Damas, fermée depuis sept ans

    C’est une victoire diplomatique pour le président syrien Bachar al-Assad, mis au ban par les pays arabes depuis le début du conflit.
    Vue du quartier d\’Abou Roumaneh, à Damas (Syrie), en 2015, où l’ambassade des Emirats arabes unis doit rouvrir, le 27 décembre 2018.

    (Le même jour, Syrianair reprend ses vols pour Tunis, également suspendus depuis 7 ans.)

    Tout ça pour ça... #syrie

  • Erdogan se rapproche d’Al-Assad - Actuarabe
    http://actuarabe.com/erdogan-se-rapproche-dal-assad

    La visite du Président soudanais Omar Al-Bashir à Damas n’a qu’une valeur symbolique. Elle intervient au milieu de nombreuses actions destinées à améliorer l’image du Président Bachar Al-Assad, en réponse aux Américains qui refusent la solution russe réhabilitant le régime syrien. Les Américains ont beau traîner les pieds, ils finiront par accepter Al-Assad.

  • La Syrie a rendu à la France la légion d’honneur attribuée à Assad
    19 avril 2018
    https://www.rtbf.be/info/monde/detail_la-syrie-a-rendu-a-la-france-la-legion-d-honneur-attribuee-a-assad?id=98

    La présidence syrienne a annoncé jeudi que la décoration de la Légion d’honneur attribuée par la France en 2001 au président Bachar al-Assad avait été rendue après la participation de Paris aux frappes contre la Syrie samedi.

  • Une nouvelle agression tripartite qui se solde par un échec, par Abdelbari Atwan - Actuarabe
    http://actuarabe.com/une-nouvelle-agression-tripartite-qui-se-solde-par-un-echec

    On peut dire que l’agression tripartite incarnée par les missiles lancés sur la Syrie, dont la plupart ont été interceptés, n’a pas atteint la majeure partie de ses objectifs mais a donné des résultats inverses : elle a renforcé la popularité du Président syrien Bachar Al-Assad, dans et en dehors du pays, a donné un nouveau souffle à ses alliances avec la Russie, l’Iran et le Liban (Hezbollah), et a réaffirmé la solidité de l’armée arabe syrienne, tout en affaiblissant le Président américain Donald Trump.

  • Joli effort de Hala Kodmani pour Libé, dans ce genre journalistique très particulier qui consiste à trouver des arabes qui supplient qu’on bombarde leur propre pays (#please_bomb_my_country) :
    http://www.liberation.fr/planete/2018/04/14/ils-ont-frappe-une-fabrique-de-liquide-vaisselle-reactions-de-syriens-a-l

    Attendues et espérées depuis l’attaque chimique sur Douma samedi dernier, les frappes américano-franco-britannique sur les cibles du régime syrien ont été accueillies essentiellement par la dérision par les opposants au régime de Bachar Al-Assad.

    Du coup, c’est tellement bien documenté qu’on obtient des informations top-secret grâce à « un Damascène informé », mais c’est juste qu’il était à 1500 kilomètres de là au moment des bombardements :

    « Tous les lieux avaient été vidés de leurs hommes et matériel depuis quelques jours », indique un Damascène informé bien qu’en exil dans un pays du Golfe.

    #je_sais_rien_mais_je_dirai_tout

  • Washington, Paris et Londres mènent une série de frappes ciblées en Syrie
    https://www.crashdebug.fr/actualites-france/14758-washington-paris-et-londres-menent-une-serie-de-frappes-ciblees-en-

    Ceci alors que 74% des Français(es) étaient opposé à de telles frappes, c’est bien la preuve que ce n’est pas Macron qui dirige la France, mais Washington...

    La défense anti-aérienne syrienne entre en action, dans le ciel de Damas, à l’aube du samedi 14 avril.

    H.AMMAR / AP

    Après plusieurs jours de tergiversations, les Etats-Unis et leurs alliés sont entrés en action. Lors d’une allocution très solennelle, depuis la Maison Blanche, Donald Trump a annoncé, vendredi 13 avril, que Washington lançait des frappes contre la Syrie, en coordination avec la France et le Royaume-Uni.

    « Il y a peu de temps, j’ai ordonné aux forces armées des Etats-Unis de lancer des frappes de précision contre des cibles associées aux capacités chimiques militaires du dictateur syrien Bachar Al-Assad. Une opération (...)

  • Une guerre au profit de l’État sioniste
    par Abdel Bari Atwan –
    11 avril 2018 – Raï al-Yaoum – Traduction : Chronique de Palestine

    Trump semble avoir l’intention de lancer une guerre majeure, et le rôle d’Israël est central.

    Nous avions d’abord supposé que l’attaque que le président américain Donald Trump a l’intention de lancer sur la Syrie à tout moment serait tripartite : impliquant la France et la Grande-Bretagne aux côtés des Américains. Mais les dernières menaces d’Israël d’anéantir le régime du président Bachar al-Assad si l’Iran lance une attaque de représailles depuis le territoire syrien montrent clairement que l’État sioniste est au cœur de la nouvelle coalition dirigée par les États-Unis et jouera un rôle clé dans son agression.

    Et il n’est pas improbable que l’Iran et le Hezbollah soient aussi en tête de la liste des cibles.

    Israël a placé ses forces en état d’alerte en prévision d’éventuelles représailles iraniennes pour la mort de sept Iraniens, tués lors de la frappe de missiles israéliens sur la base aérienne T-4 syrienne près de Homs, il y a deux jours. Mais il se prépare aussi à des représailles de la Syrie et du Hezbollah en raison de son rôle central dans la prochaine agression américaine – surtout après que le ministre israélien Yoav Galant ait déclaré que le moment était venu de « tuer Assad ».

    Le président russe Vladimir Poutine a appelé Binyamin Netanyahu pour le mettre en garde contre une implication israélienne dans la prochaine guerre.

    (...)

    • Une base syrienne visée par des missiles, Moscou accuse Israël
      Reuters 9 avril 2018
      https://fr.news.yahoo.com/une-a%C3%A9rienne-larm%C3%A9e-syrienne-frapp%C3%A9e-par-des-missiles-

      AMMAN (Reuters) - Plusieurs missiles ont frappé tôt lundi matin une base aérienne de l’armée syrienne dans le gouvernorat de Homs, rapporte la télévision d’Etat syrienne au surlendemain d’une attaque chimique présumée contre la ville rebelle de Douma, dans la Ghouta orientale.

      La Russie a attribué la responsabilité de ce raid à Israël. Le ministère russe de la Défense a déclaré que deux avions de combat F-15 israéliens avaient tiré huit missiles sur la base à partir de l’espace aérien libanais. Cinq des huit missiles ont été abattus par la défense anti-aérienne syrienne, a précisé le ministère.

      La Syrie a formulé peu après les mêmes accusations, après avoir dans un premier temps pointé du doigt les Etats-Unis, qui ont démenti toute implication.

      L’Etat hébreu n’a fait aucun commentaire dans l’immédiat.

      Selon la télévision de Damas, l’attaque a visé la base de Tiyas, également appelée T-4, entre les villes de Homs et Palmyre, dans le centre du pays, et elle a fait plusieurs morts et blessés.

      L’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) a rapporté qu’au moins 14 personnes avaient été tuées par ces frappes, dont plusieurs combattants de diverses nationalités, allusion aux membres des milices chiites soutenues par l’Iran et alliées au régime de Bachar al Assad, qui viennent principalement d’Irak, d’Iran et du Liban.

      L’agence de presse iranienne Fars a porté à quatre le nombre de « défenseurs de sanctuaires » iraniens tués dans l’attaque menée par « les avions du régime sioniste » contre la base aérienne en Syrie. Le ministère iranien des Affaires étrangères a condamné l’attaque, parlant d’une « violation flagrante du droit international » de nature à compliquer la crise syrienne et les équations régionales.

  • Procès de Tarnac : le Comité invisible, dix ans de subversion

    http://www.lemonde.fr/idees/article/2018/03/14/proces-de-tarnac-le-comite-invisible-dix-ans-de-subversion_5270531_3232.html

    De « L’insurrection qui vient » à la création du site « Lundimatin », la mouvance révolutionnaire liée à l’affaire de Tarnac s’ouvre au milieu culturel.

    Voici plus de dix ans que L’insurrection qui vient (La Fabrique, 2007), brûlot théorique du Comité invisible, embrasait la sphère radicale. Depuis, les membres ont grandi, voyagé, bataillé, vieilli aussi. Se sont-ils pour autant assagis ? Disons qu’ils semblent avoir beaucoup appris. Et avoir en partie rompu avec la posture « post-situ » qui caractérisait leurs premiers écrits. Un ton péremptoire et un style comminatoire hérités des méthodes les plus contestables de l’Internationale situationniste et de son mentor, Guy Debord.

    « Voir la gueule de ceux qui sont quelqu’un dans cette société peut aider à comprendre la joie de n’y être personne », écrivaient-ils en 2017. Et les voici qui, le 27 janvier 2018, organisent, à la Bourse du travail, à Paris, et au Clos sauvage, à Aubervilliers, une journée de conférences et de débats intitulée « Tout le monde déteste le travail », où sont notamment intervenus le philosophe Pierre Musso, l’écrivain de science-fiction Alain Damasio ou le metteur en scène Sylvain Creuzevault. Contradiction ? Plutôt une évolution, perceptible depuis leur deuxième opus, A nos amis (La Fabrique, 2014), où les formules lapidaires à l’égard d’autres collectifs – coopérativistes ou mutualistes – laissaient place à une volonté d’ouverture.

    Il y a une indéniable volonté de « ne pas s’enfermer dans un ghetto radical », déclare Julien Coupat, lors de la soirée que les « tarnaciens » ont donnée, jeudi 8 mars, à la Marbrerie, chaleureuse salle de concerts de Montreuil, louée chichement pour l’occasion. Une fête pour se serrer les coudes avant les trois semaines d’audiences qui se sont ouvertes mardi 13 mars.

    Autre pilier du groupe et animateur du site Lundimatin, Mathieu Burnel se réjouit que la soirée réunisse aussi bien de jeunes émeutiers que des écrivains confirmés, de nouvelles recrues que de vieux routiers, comme le philosophe Frédéric Lordon ou l’écrivain Serge Quadruppani. Car, « s’il y a bien un objectif que cette opération a lamentablement raté, c’était celui de nous isoler pour mieux pouvoir nous écraser », expliquent Mathieu Burnel et Julien Coupat.

    En effet, poursuivent-ils « sans les centaines de personnes qui nous ont soutenus, sans tant d’amis rencontrés au fil des ans, nous ne serions aujourd’hui que le vague souvenir d’un fait divers un peu étrange ». L’« affaire de Tarnac » – ce village corrézien où des membres présumés du Comité invisible s’étaient installés – n’est pas tombée dans l’oubli. Elle est même devenue un symbole, une marque, un tarmac où circulent les idées subversives, même si une partie du groupe a émigré du côté d’Eymoutiers, dans la Haute-Vienne, sur le plateau de Millevaches, où d’autres manières de vivre et de subvertir l’ordre du monde s’inventent.

    Solide armature théorique

    Crée en 2014, le site Lundimatin marque incontestablement un tournant. C’est tout d’abord une réussite éditoriale. Le journal électronique, au graphisme sobre et élégant, rassemble toute la mouvance autonome, libertaire et révolutionnaire. Chaque lundi matin, un article sur la ZAD de Bure y côtoie une lecture du talmudiste Ivan Segré, un appel au blocage des universités jouxte un reportage sur un campement de réfugiés. Mais le cercle des lecteurs, comme celui des contributeurs, s’est élargi.

    Bien sûr, la rhétorique émeutière est toujours présente. Mais elle est aussi bien portée par de jeunes zadistes que par Marcel Campion, « le roi des forains », qui « apporte [sa] voix et [ses] poings dans la guerre sociale qui se prépare » (Lundimatin no 112, 4 septembre 2017), ou par l’écrivain Eric Vuillard, Prix Goncourt 2017, auteur de romans dans lesquels « l’Histoire apparaît comme une puissance dévorante et absurde » (Lundimatin no 121, le 6 novembre 2017). Deux volumes de Lundimatin en version papier sont déjà sortis en libraire, dont un numéro entièrement consacré à l’affaire de Tarnac.

    Cette ouverture n’empêche pas le groupuscule révolutionnaire de tenir une ligne ferme sur des sujets qui divisent la gauche radicale. Ainsi en va-t-il de la Syrie, dont témoignent les reportages de Pierre Torres, les entretiens avec des exilés kurdes, les analyses de Catherine Coquio sur la Ghouta. Une fidélité à la révolution syrienne et à l’opposition au régime de Bachar Al-Assad qui a conduit le site à mener l’une des critiques les plus argumentées de la façon dont Le Média renvoyait dos-à-dos le dirigeant syrien et ses opposants (Le Média sur la Syrie : naufrage du « journalisme alternatif », par Sarah Kilani et Thomas Moreau, Lundimatin no 135, 28 février 2018).

    Ainsi Ivan Segré y a-t-il publié l’une des analyses les plus élaborées du livre « décolonial » de Houria Bouteldja, porte-parole du Parti des indigènes de la République et auteure de Les Blancs, les Juifs et nous : vers une politique de l’amour révolutionnaire (La Fabrique, 2016). Une solide armature théorique – Foucault, Deleuze, Debord, mais peut-être avant tout le philosophe italien Giorgio Agamben – et une connaissance aiguisée des mouvements émancipatoires du siècle dernier, adossée à de multiples implantations dans des luttes locales, leur permettent d’articuler témoignages et théorie en évitant, le plus souvent, les écueils du socialisme autoritaire comme ceux du gauchisme postcolonial.

    Indéniable empreinte

    La mouvance serait-elle devenue mainstream ? N’exagérons rien. Théoricienne de la guérilla des « cortèges de tête », notamment observés lors des manifestations contre la loi travail, elle demeure résolument insurrectionnelle, faisant l’apologie des blocages et autres sabotages (« Dans saboter, il y a beauté »). C’est pourquoi Lundimatin ne commémorera pas Mai 68. « Nous, on s’en fout de Mai 68, peut-on lire sur le site révolutionnaire. Que Cohn-Bendit soit pote avec Macron et Debord à la Bibliothèque nationale, ça ne nous fait ni chaud ni froid. »

    Mais, poursuivent les auteurs anonymes, « ça n’est pas une raison pour ne pas se donner rencard en mai prochain, vu la situation », car « on ne va pas laisser Macron dérouler ses plans tranquillement pendant dix ans. On ne va pas se laisser marcher sur la gueule en nous récitant du Molière ». Que veulent-ils alors ? « Nous, on veut déchiqueter le désastre. » C’est pourquoi le philosophe Jacques Rancière a pu déceler dans cette prose, certes inventive et corrosive, un catastrophisme répandu à droite comme à gauche : « Il y a quand même une chose que Badiou, Zizek ou le Comité invisible partagent avec Finkielkraut, Houellebecq ou Sloterdijk : c’est cette description basique du nihilisme d’un monde contemporain » voué uniquement au « narcissisme marchand », déclare-t-il dans En quel temps vivons-nous ? (La Fabrique, 2016).

    La surenchère décadentiste et l’antidémocratisme du groupe de Tarnac, qui conchie les assemblées générales, ont également suscité les critiques de Jaime Semprun, fondateur des éditions de l’Encyclopédie des nuisances, et René Riesel, ancien membre de l’Internationale situationniste : « Ces songeries catastrophiles s’accordent à se déclarer enchantées de la disparition de toutes les formes de discussion et de décision collectives par lesquelles l’ancien mouvement révolutionnaire avait tenté de s’auto-organiser » (Catastrophisme, administration du désastre et soumission durable, Encyclopédie des nuisances, 2008).

    Pourtant, après vingt ans de publication théorique et d’activisme, l’empreinte du Comité invisible, notamment chez les jeunes générations, est indéniable. Malgré ses excès, il reste cité et plébiscité. Pour autres, une séquence s’achève, et il est temps de changer d’air. Notamment parce que la volonté affichée par Julien Coupat de « destituer la politique » conduirait à une forme de découragement. Et parce que cette sacrée insurrection ne vient toujours pas.

    Pour l’écrivain Nathalie Quintane, au contraire, le site Lundimatin a ouvert un précieux espace politique et littéraire. De la revue Tiqqun à Lundimatin, en passant par L’insurrection qui vient, la mouvance insurrectionniste a, entre ouverture et clôture, tracé un chemin. L’insurrection viendra-t-elle enfin ? Et sera-t-elle communiste, anarchiste ou, au contraire, droitière et traditionaliste ? Nul ne le sait. Mais gageons avec Guy Debord que, pour ces jeunes gens qui veulent forcer la porte du temps, « la sagesse ne viendra jamais ».

  • Au moins 250 morts en 48 heures : en #Syrie, le supplice des habitants de la #Ghouta
    https://www.mediapart.fr/journal/international/210218/au-moins-250-morts-en-48-heures-en-syrie-le-supplice-des-habitants-de-la-g

    Un blessé est traité à Douma, le 20 février. © Reuters Ces derniers jours, les bombardements intensifs des forces gouvernementales dans la Ghouta orientale ont fait au moins 250 morts. Depuis cinq ans et demi, cette plaine bocagère aux portes de Damas résiste à Bachar al-Assad et ses habitants craignent les massacres si l’armée syrienne reprend la région.

    #International

  • L’avion de combat russe abattu en Syrie augure d’une guerre plus large _ WSWS.Org - Peter Symonds - 6 février 2018 *
    https://www.wsws.org/fr/articles/2018/02/06/syri-f06.html

    L’avion de combat russe abattu dans le nord de la Syrie samedi menace d’intensifier dramatiquement l’affrontement entre Washington et Moscou dans la guerre par procuration soutenue par les États-Unis pour évincer le régime du président Bachar al-Assad soutenu par la Russie. Les médias russes et de hauts responsables politiques accusent déjà les États-Unis d’y être impliqués.

    Le ministère russe de la défense a rapporté qu’un Sukhoi Su-25 avait été touché par un missile sol-air portatif, ou MANPAD, dans la province d’Idlib, dans le nord de la Syrie. Le pilote, qui n’a pas été nommé, a été éjecté de l’avion mais a été tué sur le terrain lors d’une « bagarre avec des terroristes ». Le Su-25 est un avion d’attaque au sol à basse altitude.

    Tharir al-Sham, groupe affilié à Al-Qaïda, a revendiqué la responsabilité, affirmant que l’un de ses combattants avait réussi à abattre l’avion à l’aide d’un missile antiaérien tiré à l’épaule. Le ministère russe de la défense a annoncé que des frappes de représailles contre les forces anti-Assad dans la région ont tué plus de 30 combattants.

    Le sénateur russe Frants Klintsevich, vice-président de la commission de la défense et de la sécurité du Conseil de la Fédération de Russie, a tenu les États-Unis responsables de l’acte. « Je suis absolument convaincu […] qu’aujourd’hui les militants ont des MANPAD, et qu’ils ont été fournis par les Américains par l’intermédiaire de pays tiers », a-t-il dit.

    Klintsevich a appelé à une enquête rigoureuse pour déterminer le type de MANPAD qui ont été fournis et les « circonstances de la destruction du Su – 25 ». Il a averti que « la perte d’un avion n’est rien, mais cela a une grande importance et de grande conséquences. »
    Le parlementaire russe Dmitry Sablin a blâmé un pays non identifié, voisin de la Syrie, pour avoir fourni le MANPAD utilisé pour abattre l’avion. « Les pays par lesquels transitent les armes qui sont ensuite utilisées contre les militaires russes, doivent comprendre que cela ne restera pas impuni », a-t-il déclaré.

    Le Pentagone a rapidement nié avoir fourni des MANPAD aux milices soutenues par les États-Unis et a réitéré le mensonge selon lequel ses opérations de combat se concentrent uniquement sur l’État islamique (ÉI), désormais vaincu. « Les États-Unis n’ont pas équipé leurs forces armées partenaires en Syrie d’armes sol-air et n’ont aucune intention de le faire à l’avenir », a déclaré samedi le porte-parole du Pentagone, Eric Pahon, aux médias russes.

    Ce déni ne résiste pas à un examen sérieux. Rien que le mois dernier, les États-Unis ont annoncé qu’ils armeraient et équiperaient une « force frontalière » de 30 000 hommes constituée principalement d’unités de protection du peuple kurdes (YPG) afin de se tailler de fait une enclave dans le nord de la Syrie, à partir de laquelle des attaques pourront être lancées contre le régime d’Assad.

    Les plans américains sont en pleine déroute. La Turquie, qui qualifie les YPG de terroristes alignés sur le parti séparatiste des travailleurs du Kurdistan (PKK), a lancé une offensive à grande échelle dans l’enclave kurde. En même temps, les forces gouvernementales syriennes, soutenues par la Russie, ont lancé leurs propres attaques contre des milices appuyées par les pays occidentaux qui cherchent à s’accrocher à ce qu’il reste du territoire contrôlé par l’opposition.

    Un long éditorial du New York Times mercredi dernier, intitulé « Alors que les alliés des États-Unis s’affrontent, la lutte contre l’ÉI faiblit », a passé en revue la politique incohérente et contradictoire de Washington qui a mené à des combats entre la Turquie, son allié au sein de l’OTAN, et les forces par procuration américaines en Syrie. Dans une tentative de résoudre ce problème insoluble, les États-Unis ont donné le feu vert à l’offensive turque, mais ils ont fixé une ligne à ne pas franchir à la ville syrienne de Manbij, où sont basés des centaines de soldats américains, ainsi que des milices kurdes.

    En conclusion, le New York Times a sévèrement critiqué la Russie et l’Iran pour avoir manœuvré « afin d’assurer une présence et une influence permanentes » et a accusé les États-Unis, en réalité le président Donald Trump, de « se soustraire à sa responsabilité pour l’avenir politique de la Syrie ». Cet éditorial ne peut être interprété que comme un appel à l’action pour contenir la Russie et l’Iran afin d’empêcher que les États-Unis soient encore plus marginalisés dans le bourbier syrien qu’ils ont créé. Quelques jours plus tard, la réponse apparaissait sous la forme de cet avion de combat russe abattu alors qu’il attaquait les forces alignées sur les États-Unis.

    Dans le monde trouble des intrigues de l’opposition syrienne, où les milices de droite alignées sur Al-Qaïda collaborent ouvertement avec des groupes pro-occidentaux, la CIA et les forces spéciales américaines, il est impossible de savoir précisément qui a fourni le MANPAD et qui a pris la décision de le tirer, ou même qu’elle milice l’a fait.

    Le site Debkafile, qui a des liens étroits avec les services secrets israéliens, a rapporté le mois dernier que le Pentagone « envoyait aux YPG [milices kurdes] des systèmes de défense aérienne portatifs – des MANPAD – particulièrement efficaces contre les avions et les hélicoptères volant à basse altitude ».

    Dans un article intitulé « Qui a déclenché le tir contre l’avion de chasse russe dans une zone de guerre tapissée d’armes ? », Al Arabiya a souligné qu’un certain nombre de milices de l’opposition syrienne avaient accès à des missiles antiaériens. Il a déclaré que les FIM-92 Stingers américains, un des modèles de MANPAD, ont été fabriqués sous licence en Turquie par la société Roketsan et, selon l’analyste américain Theodore Karasik, ont été livrés à « de nombreuses forces d’opposition syriennes, comme l’Armée syrienne libre [alignée sur l’occident], autour d’Idlib ».

    Indépendamment de qui a précisément appuyé sur la gâchette, ce dernier incident souligne la situation extrêmement tendue dans laquelle les forces militaires russes et américaines se font face de près, de part et d’autre des belligérants dans la désastreuse guerre civile syrienne.

    Le danger d’un conflit entre les deux puissances nucléaires a été grandement exacerbé par la publication du gouvernement Trump d’une nouvelle Stratégie de défense nationale en janvier, qui déclarait que « la compétition stratégique interétatique », et non le terrorisme, était « maintenant la préoccupation principale ». Elle a qualifié la Chine et la Russie de « puissances révisionnistes » et a déclaré que les États-Unis doivent « donner la priorité à la préparation à la guerre ».

    Cela a été encore renforcé vendredi dernier avec la publication de la dernière Nuclear Posture Review (Étude sur la position nucléaire) des États-Unis. Elle désigne la Russie, avec la Chine, la Corée du Nord et l’Iran, comme des menaces potentielles et appelle à une expansion de l’arsenal nucléaire américain. Elle recommande le développement d’une gamme de nouvelles armes qui pourraient être utilisées dans des situations autres que la guerre nucléaire à grande échelle, ce qui nuirait aux accords visant à faire reculer les arsenaux nucléaires.

    La guerre civile syrienne n’est que l’une des poudrières au Moyen-Orient et dans le monde entier qui pourraient toutes déclencher un conflit catastrophique pendant que toutes les parties manœuvrent et intriguent pour renforcer leur présence et leur influence. La responsabilité principale pour cette situation, cependant, revient à l’impérialisme américain. Au cours du dernier quart de siècle, il a mené une guerre d’agression après l’autre, transformant la Syrie, le Yémen, l’Irak et toute la région en une poudrière instable.

    (Article paru en anglais le 5 février 2018)

    #MANPAD #Syrie #Guerre#états-unis #world_socialist_web_site #journalisme #russie #Chine #Corée_du_Nord #Iran #Pentagone #Stingers #stratégie #Israel #Agression #F16 #Daech #USA #Front Al-Nosra #tsahal
    https://seenthis.net/messages/667167

  • Avec les « #Fake_News_Awards », Donald Trump vise une nouvelle fois la presse
    http://www.lemonde.fr/donald-trump/article/2018/01/18/avec-les-fake-news-awards-donald-trump-cible-une-nouvelle-fois-la-presse_524

    Le président des Etats-Unis a tenu parole. Mercredi 17 janvier, Donald Trump a dévoilé via un lien sur son compte Twitter les noms promis depuis deux semaines des médias qu’il déteste le plus, gratifiés de « prix » de « l’information bidon ». Sans surprise, le New York Times, la chaîne d’information continue CNN et le Washington Post, régulièrement pris à partie par l’occupant du bureau Ovale, prennent une bonne place dans une liste aux allures de tract de campagne publiée sur le site du Parti républicain. Le premier prix de ce classement infamant est d’ailleurs attribué non pas à un journaliste mais à un chroniqueur, le Prix Nobel d’économie #Paul_Krugman, contempteur infatigable du président dans les colonnes du quotidien new-yorkais.
    […]
    John McCain, qui lutte contre une tumeur au cerveau, a publié dans le Washington Post une tribune dans laquelle il a invité le président à mettre un terme à ses attaques. « L’expression “#fake_news ” à laquelle le président américain a donné une légitimité, est utilisée par des autocrates pour réduire au silence des journalistes », a déploré M. McCain.

    S’exprimant au Sénat, Jeff Flake a abondé dans ce sens, notant que le président syrien, Bachar Al-Assad, son homologue philippin, Rodrigo Duterte, et le président vénézuélien, Nicolas Maduro, y avaient tous eu recours au cours des derniers mois pour écarter les critiques, tout comme les autorités birmanes ou de Singapour. Le sénateur a rappelé que l’expression d’« ennemi du peuple » avait été utilisée par Staline pour stigmatiser ses opposants. « Le fait qu’un président américain puisse s’adonner à un tel spectacle défie l’entendement, mais voilà où nous en sommes, a regretté Jeff Flake, un président américain qui ne supporte pas les critiques et qui doit toujours trouver quelqu’un d’autre à blâmer, trace une voie très dangereuse. »

  • Un journaliste français vivant à Damas raconte son quotidien sous les bombes - Sputnik France
    https://fr.sputniknews.com/france/201801161034766446-damas-journaliste-francais

    Afin de contrer à l’avance les tweets des intellectuels visionnaires favorables à l’opposition et notamment à l’Armée Syrienne Libre, de Nicolas Hénin à Raphaël Glucksmann, signalons d’emblée que Jean-Pierre Duthion n’est pas un zélé défenseur du président syrien. Compliqué de l’étiqueter « pro-Assad » lorsqu’il ose déclarer en direct sur RMC dans l’émission d’Éric Brunet depuis Damas que « le régime syrien est un régime sanguinaire » et qu’il continue aujourd’hui de proclamer que « c’est un régime d’attardés ». Si sa vie dans le pays s’est terminée par un séjour de quatre jours dans les geôles damascènes, il admet sans ciller qu’il n’a jamais cru à la « rébellion modérée ».

    Sur l’accusation d’être un propagandiste français de Bachar al-Assad, insinuée tout au long de cet article de l’Obs, j’ai souhaité en avoir le cœur net en contactant deux journalistes avec qui il a travaillé à Damas : Antoine Mariotti de France 24 et Marion Mertens de Paris Match. Le premier est venu à Damas, la veille de l’attaque chimique de la Ghouta en 2013 et témoigne sur son fixeur d’alors :

    « Il ne jouait pas les experts militaires, il ne s’est pas présenté comme directeur de recherche. Je suis Français, j’habite à Damas voilà ce que je vois, voilà ce que je ressens, voilà ce qui se passe autour de moi. »

    Et Mariotti de dire ce qu’il en était des relations de Duthion avec les autorités : « quand on est fixeur, on est forcément en lien avec les autorités », ne serait-ce que pour la délivrance de visas pour les journalistes. Mais ajoute-t-il, il serait « caricatural de dire que c’était un soldat du régime ou un sous-fifre ». Et le journaliste de France 24 de conclure : « par contre, il avait "les boules", parce qu’il avait des amis qui évidemment étaient décédés parce qu’ils avaient pris des mortiers. »

    Quant à Marion Mertens, elle souligne que l’intérêt de la chronique de Jean-Pierre Duthion sur le site de Paris Match, c’était d’avoir « son point de vue sur ce qu’il se passait, de la vie civile alors que le pays bascule dans la guerre ». Et elle confirme la perception du personnage rencontré, « assez drôle, cultivé et foutraque » ainsi qu’un « type assez libre et qui n’est pas du tout conformiste ».

    30’ (avec un plan fixe assez Straubien) nettement plus instructives que ce que nous racontent la plupart des « Syriologues » patentés.

    https://www.youtube.com/watch?time_continue=3&v=3rLEqCqTD5o

    #syrie

  • Assad : Les mains de la France « sont trempées dans le sang syrien »
    https://www.crashdebug.fr/international/14322-assad-les-mains-de-la-france-sont-trempees-dans-le-sang-syrien

    Sachant tout le soutien que nos dirigeants apportent depuis des années aux terroristes chargés de faire tomber Assad , il était cocasse d’entendre Macron déclarer dimanche sur France 2 : « D’ici mi, fin février, “nous” aurons gagné la guerre contre l’EI »…

    OD

    « Les tentatives de la France et d’autres pays occidentaux de présenter Damas comme responsable de l’absence de progrès aux négociations de Genève sur la crise syrienne s’expliquent par le fait qu’ils apportent eux-mêmes une assistance aux terroristes.

    La France et d’autres pays qui affirment que le récent volet des négociations de Genève sur la Syrie a échoué en raison de la position de Damas, n’ont pas le droit de critiquer la Syrie après avoir soutenu eux-mêmes le terrorisme, a déclaré lundi le Président syrien Bachar al-Assad.

    « Quant à la France, il est (...)

  • L’enquête sur les #armes_chimiques en Syrie en suspense à l’ONU
    http://www.lemonde.fr/international/article/2017/10/24/l-onu-va-se-positionner-sur-l-enquete-sur-les-armes-chimiques-en-syrie_52050

    Est-ce que l’enquête sur les attaques menées en Syrie avec des armes chimiques va être prolongée ? C’est la question que va se poser le Conseil de sécurité des Nations unies (ONU), qui doit voter mardi sa poursuite ou non, ont rapporté lundi 23 octobre des diplomates.

    Cette mesure risque d’être bloquée par un veto de la Russie – alliée du régime du président syrien Bachar Al-Assad –, qui souhaite au préalable pouvoir consulter un rapport devant être publié jeudi, à propos de l’attaque au sarin menée en avril contre le village de #Khan_Cheikhoun, qui avait fait plus de 80 morts.

    Les Etats-Unis avaient réclamé la tenue d’un vote sur le projet de résolution présenté la semaine dernière visant à permettre au comité d’experts de l’ONU et de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques de poursuivre pendant une année supplémentaire leurs travaux pour identifier les auteurs des attaques aux armes chimiques au cours des six ans de guerre en Syrie.

    L’ambassadrice américaine auprès de l’ONU, Nikki Haley, avait pressé vendredi le Conseil de sécurité « d’agir maintenant » pour soutenir cette prolongation. Le mandat actuel du comité d’enquête – baptisé Joint Investigative Mechanism – s’achève le 18 novembre.

    Le titre initial était, comme l’indique l’adresse : L’ONU va se positionner sur l’enquête sur les armes chimiques en Syrie. Il a été modifié moins d’une heure plus tard pour introduire ce… #en_suspense. Et donc, prolongation ou … suspension, l’affaire est en suspens ;-)

  • Ce que révèle l’enquête judiciaire sur les agissements du cimentier Lafarge en Syrie

    http://www.lemonde.fr/international/article/2017/09/20/ce-que-revele-l-enquete-judiciaire-sur-les-agissements-du-cimentier-lafarge-

    « Le Monde » a eu accès à l’enquête sur les activités de Lafarge qui tentait de préserver sa cimenterie en Syrie pendant la guerre civile. Des responsables ont reconnu le versement de sommes à l’EI.

    Une date suffit à condenser le parfum de soufre qui émane de ce dossier. Le 29 juin 2014, l’organisation Etat islamique (EI) proclame l’instauration du « califat » : un immense territoire à cheval entre l’Irak et la Syrie bascule « officiellement » sous le joug de l’organisation terroriste. Le même jour, à Rakka (Syrie), un cadre d’une usine du cimentier français Lafarge, située dans le nord du pays, informe par mail ses supérieurs qu’il a pris rendez-vous avec un « responsable de l’Etat islamique » pour négocier la sécurité des employés du site.

    Ce rendez-vous surréaliste marque le point culminant d’un engrenage commencé trois ans plus tôt. Depuis son implantation en Syrie, fin 2010, Lafarge n’a qu’une obsession : maintenir coûte que coûte l’activité de son usine de Jalabiya, à 87 kilomètres de Rakka, quitte à financer indirectement des organisations terroristes. Une aventure industrielle hasardeuse qui se conclura de façon dramatique, le 19 septembre 2014, par la prise de la cimenterie par les troupes de l’EI.

    Après la révélation de ce scandale par Le Monde, en juin 2016, le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire, en octobre 2016, faisant suite à une plainte du ministère des finances pour « relations financières illicites entre la France et la Syrie ». Dans cette enquête confiée aux douanes judiciaires, que Le Monde et Le Canard enchaîné ont pu consulter, les neuf principaux responsables de Lafarge – fusionné en 2015 avec le suisse Holcim – et de sa filiale Lafarge Cement Syria (LCS) ont été entendus.

    Leurs auditions décrivent de l’intérieur les mécanismes qui ont entraîné l’entreprise dans ce naufrage judiciaire et moral. Elles racontent, mois par mois, l’entêtement d’un groupe aveuglé par une obsession : ne pas abandonner la cimenterie LCS, promise à l’appétit destructeur des belligérants, afin de conserver un avantage stratégique dans la perspective de la reconstruction du pays.

    Cette enquête révèle deux faits majeurs. Tout d’abord, la décision du leader mondial des matériaux de construction de rester en Syrie a reçu l’aval des autorités françaises, avec lesquelles le groupe était en relation régulière entre 2011 et 2014. Ensuite, les responsables de l’usine ont omis de préciser aux diplomates le prix de leur acharnement : plusieurs centaines de milliers d’euros versés à divers groupes armés, dont 5 millions de livres syriennes (20 000 euros) par mois à l’EI.

    La conclusion des douanes est sans appel : Lafarge a « indirectement » financé des groupes « terroristes », par le truchement d’un intermédiaire, produisant au besoin « de fausses pièces comptables ». Et si seuls trois responsables ont avoué avoir eu connaissance de ces pratiques, « il est tout à fait vraisemblable que d’autres protagonistes aient couvert ces agissements », dont l’ex-PDG du groupe, Bruno Lafont, le « directeur sûreté », Jean-Claude Veillard, et « certains actionnaires ».

    Aucun de ces responsables n’a été amené à s’expliquer devant un tribunal à l’issue de cette enquête. Mais les investigations suivent leur cours. Une information judiciaire, ouverte le 9 juin 2017 pour « financement du terrorisme » et « mise en danger d’autrui » après une plainte déposée par l’ONG Sherpa, a été élargie, le 23 juin, aux faits visés par le travail des douanes.

    2008-2010 : le pari de Lafarge en Syrie

    L’engrenage qui a conduit Lafarge à se compromettre dans le conflit syrien débute à la fin des années 2000. En 2008, le cimentier, qui vient de racheter la société égyptienne Orascom afin de renforcer son implantation dans la région, valide la construction d’une usine dans le nord de la Syrie, près de la frontière turque. Deux ans plus tard, la cimenterie LCS sort de terre. L’investissement s’élève à 680 millions de dollars, l’amortissement est prévu sur vingt ans. Mais l’histoire va quelque peu bousculer ces prévisions comptables.

    Mars 2011 : le début des troubles

    L’usine vient à peine de commencer sa production de ciment quand d’importantes manifestations embrasent le sud du pays et se propagent rapidement aux principales agglomérations. En relation avec les autorités françaises, les responsables du groupe décident de rester.

    « On est informés, forcément. On avait vu ce qui s’était passé pour les “printemps arabes”, mais on était dans l’incapacité totale d’anticiper et de prévoir », explique l’ancien PDG de Lafarge Bruno Lafont, devant les enquêteurs des douanes judiciaires. « L’usine est au nord, près de la frontière turque, très isolée. Au début, et pendant toute l’année 2011, il ne se passe absolument rien », tempère Bruno Pescheux, PDG de LCS jusqu’en juin 2014.

    Tout au long de son aventure syrienne, Lafarge est resté en contact permanent avec l’ambassade de France à Damas – qui sera fermée par Nicolas Sarkozy en mars 2012 –, puis avec l’ambassade de France en Jordanie. Jean-Claude Veillard, un ancien fusilier marin dans les forces spéciales et les commandos, est également en relation avec la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE).

    « Jean-Claude avait de bons contacts avec les services, notamment la DGSE », explique Eric Olsen, ancien DRH, puis directeur général de Lafarge. Il « me tenait informé des mouvements des Kurdes et de l’Armée syrienne libre, poursuit-il. Je comptais sur l’expertise et la protection de l’Etat français pour nous tenir au courant ».

    Chaque mois, au siège de Lafarge à Paris, un comité de sûreté réunissant les opérationnels, le département juridique, l’assurance, le directeur du siège et les ressources humaines fait le point sur les pays où le groupe est implanté, dont la Syrie.

    Mai 2011 : les premières sanctions

    Le 9 mai 2011, le Conseil de l’Union européenne (UE) adopte un embargo sur les armes et le pétrole syriens. Celui-ci sera étendu le 18 janvier 2012 pour un ensemble élargi de matériaux, notamment certains ciments. A cette époque, Lafarge, dont le marché est local, ne s’estime pas concerné par les sanctions. « D’après ce que j’avais compris, explique Bruno Pescheux, il s’agissait essentiellement de prohibition d’exportations depuis la Syrie vers l’UE. Or, nous étions dans l’autre sens, on importait. »

    Décembre 2011 : Total quitte la Syrie

    Le 1er décembre, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme déclare la Syrie en état de guerre civile. Quatre jours plus tard, le pétrolier Total annonce son départ du pays. Dans les mois qui suivent, Air liquide et les fromageries Bel plient bagages à leur tour. Fin 2012, Lafarge est le dernier groupe français présent en Syrie.

    « Pourquoi Lafarge reste en Syrie ?, demandent les enquêteurs aux responsables du cimentier.

    – On pouvait toujours fonctionner en sécurité et en conformité. Donc on a continué, répond laconiquement Bruno Lafont.

    – Mais en janvier 2012, la situation dégénérait…, intervient l’enquêteur.

    – Ce n’est pas ce que disait le Quai d’Orsay, insiste Christian Herrault, ancien directeur général adjoint opérationnel du groupe. Le Quai d’Orsay dit qu’il faut tenir, que ça va se régler. Et il faut voir qu’on ne peut pas faire des allers-retours, on est ancrés et, si on quitte, d’autres viendront à notre place… »

    Juillet 2012 : l’évacuation des expatriés
    A l’été 2012, l’armée du régime perd le contrôle de la frontière turque. A l’ouest, la zone passe sous l’emprise des Kurdes du Parti de l’union démocratique (PYD), à l’est, sous celle de l’Armée syrienne libre et de divers groupes islamistes. La ville de Kobané, à 55 kilomètres de l’usine, est tenue par les Kurdes, tandis que Manbij, à 66 kilomètres, est sous le contrôle des rebelles.

    « Cette nouvelle redistribution des cartes ne vous fait-elle pas craindre pour vos salariés et votre usine ?, s’enquiert l’agent des douanes.

    – Un peu, oui, répond M. Lafont. Mais, là encore, je me fie à ce que mes collaborateurs me disent. »

    Les « collaborateurs » de M. Lafont semblaient pourtant bien au fait des risques encourus par le personnel du site. « On a même interrompu l’usine à l’été 2012, faute de sûreté suffisante », relate M. Pescheux. Le directeur de la cimenterie demande alors aux employés chrétiens et alaouites de ne plus venir travailler, pour raison de sécurité. Les expatriés – une centaine de salariés sur plus de 300 – sont quant à eux exfiltrés du pays en juillet 2012.

    A partir de la fin de l’été, seuls les employés sunnites et kurdes sont autorisés à continuer à travailler sur le site. Afin de limiter les trajets, de plus en plus périlleux, leur patron leur demande de se domicilier à Manbij, ou d’emménager directement dans la cimenterie. M. Pescheux, lui, déménage ses bureaux de Damas au Caire, en Egypte, d’où il dirige l’usine à distance, en toute sécurité.

    Malgré la dégradation de la situation, le directeur de LCS justifie devant les enquêteurs la décision de maintenir l’activité du site avec le personnel local : « L’idée était de préserver l’intégrité de l’usine en la faisant fonctionner, même de manière discontinue. On voulait éviter la cannibalisation de l’usine, qui serait arrivée si elle avait été perçue comme à l’abandon. »

    Davantage que le profit immédiat – la production de ciment a rapidement chuté, passant de 2,3 millions de tonnes en 2011 à 800 000 tonnes en 2013 –, c’est la volonté acharnée d’occuper le site dans la perspective de la reconstruction du pays qui motivera les décisions du groupe. A cette date, personne, au sein de l’entreprise, pas plus qu’au Quai d’Orsay, ne semble anticiper la tragédie dans laquelle la Syrie est en train de sombrer.

    Septembre 2012 : une « économie de racket »

    A la fin de l’été 2012, la situation dégénère. « L’économie de racket a commencé en septembre ou octobre 2012 », se souvient M. Herrault. En septembre, deux responsables du groupe, Jean-Claude Veillard, le directeur de la sûreté, et Jacob Waerness, gestionnaire de risque sur le site de l’usine LCS, se rendent à Gaziantep, en Turquie, pour y rencontrer des milices de l’opposition syrienne.

    « Il était très clair qu’elles étaient indépendantes et ne voulaient pas se coordonner. Et il était très clair qu’elles voulaient taxer ce qui passait par les routes, poursuit M. Herrault. C’était clairement du racket, même si c’était les “bons” qui rackettaient. Tous les six mois, on allait voir le Quai d’Orsay, qui nous poussait à rester.

    – Vous vous souvenez du nom de ces milices ?, demande l’enquêteur.

    – Ah non, elles changent d’allégeance… Ce qui était un peu fou, c’est que toutes ces milices étaient alimentées en armes et argent par le Qatar et l’Arabie saoudite, sous le regard américain, sans aucun discernement. On aime bien mettre des noms sur les choses, mais là-bas rien n’est si simple… »

    A l’issue de la réunion de Gaziantep, LCS missionne un ancien actionnaire minoritaire de l’usine, Firas Tlass, pour monnayer la sécurité de ses employés sur les routes. Entre septembre 2012 et mai 2014, cet homme d’affaires – fils de l’ex-ministre de la défense du président Bachar Al-Assad, ayant fait défection au régime – se voit remettre entre 80 000 et 100 000 dollars par mois pour négocier avec les groupes armés qui tiennent les checkpoints autour de l’usine.

    A cette période, l’Etat islamique en Irak, ancêtre de l’EI, n’a pas encore fait irruption dans la guerre civile syrienne. L’usine est en revanche encerclée par les milices kurdes et des groupes islamistes, dont le Front Al-Nosra. Selon le directeur de l’usine, M. Pescheux, il n’existait pas de liste précise des destinataires des fonds versés par Firas Tlass : « Ceux qui gardaient un checkpoint pouvaient changer d’allégeance », assure-t-il.

    Octobre 2012 : neuf employés kidnappés

    En octobre 2012, neuf employés de l’usine sont pris en otage. Le directeur sûreté de Lafarge, M. Veillard, raconte : « Ces employés alaouites avaient été écartés de l’usine pour leur sécurité confessionnelle. Ils étaient au chômage technique, à Tartous [dans l’ouest de la Syrie]. Ils étaient payés jusqu’au jour où le DRH de l’usine leur a demandé de venir percevoir leur salaire à l’usine. Les neuf employés sont venus en bus, via Rakka, et se sont fait enlever par des Kurdes, puis [ont été] revendus à des milices locales. Lafarge a payé 200 000 euros, en livres syriennes. »

    Avril 2013 : Lafarge, « c’est le drapeau français »

    Début 2013, le pays bascule dans une nouvelle ère. Le 6 mars, Rakka est prise par différents groupes islamistes, dont le Front Al-Nosra, qui prête allégeance à Al-Qaida et tombe donc sous le coup des sanctions du Conseil de sécurité de l’ONU. Un mois plus tard, le 9 avril, l’Etat islamique en Irak, qui s’est implanté en Syrie, se rebaptise « Etat islamique en Irak et Levant » (EIIL). Le groupe prend le contrôle de Rakka le 13 juin.

    « Comment Lafarge peut-elle conserver une usine dans cette guerre qui devient de plus en plus sale, qui dégénère ? demande un enquêteur aux dirigeants du groupe.

    – C’est là où on se pose la question si on reste ou pas, répond le PDG, Bruno Lafont. On commence à penser qu’on va se replier. On a eu des feedbacks de nos gars. On pouvait visiblement continuer.

    – Ce qu’il faut comprendre, c’est que lorsque cette guerre a commencé, l’usine venait de démarrer, insiste le patron de l’usine, Bruno Pescheux. On pensait que quand tout serait fini, il y aurait au moins une cimenterie qui pourrait fournir du ciment pour reconstruire la Syrie…

    – On allait voir, tous les six mois, l’ambassadeur de France pour la Syrie [à Paris], et personne ne nous a dit : “Maintenant, il faut que vous partiez”, précise Christian Herrault. Le gouvernement français nous incite fortement à rester, c’est quand même le plus gros investissement français en Syrie et c’est le drapeau français. Donc oui, Bruno Lafont dit : “On reste.” »

    Octobre 2013 : « Daech s’inscrit dans le paysage »
    Le 11 octobre 2013, le Conseil européen confirme les sanctions à l’encontre de certaines entités terroristes, dont le Front Al-Nosra, Al-Qaida et l’EIIL. « Pourquoi Lafarge a pris le risque de rester en Syrie, où ces trois organisations sont présentes ? », demande l’enquêteur. La réponse du directeur général adjoint opérationnel est un pur modèle de rationalisation économique :

    « On gérait les risques par cette économie de racket, et il n’y a pas eu de phénomène marquant jusqu’à fin 2013 », explique Christian Herrault, oubliant au passage l’enlèvement de neuf employés alaouites de l’usine un an plus tôt.

    « Quel est ce phénomène marquant ?

    – Daech s’inscrit dans le paysage. Ils affichent la volonté de taxer les routes. Un des chefs se réclamant de Daech convoque Bruno [Pescheux] et Jacob [Waerness] à Rakka (…). C’est Firas [Tlass], ou un de ses hommes, qui y va et voit la situation. Daech vient dans la liste des racketteurs, ça fait 10 % des sommes, dont la moitié était pour les Kurdes.

    – A ce moment-là, que vous dit le Quai d’Orsay ?

    – Pas de changement de leur position. Encore une fois, pas de solution intermédiaire, soit on partait, soit on restait. Le rackettage de Daech, c’était l’équivalent de 500 tonnes… Sachant qu’on a trois silos de 20 000 tonnes… Est-ce qu’on va tout plier pour 500 tonnes ? »

    C’est l’ancien actionnaire minoritaire M. Tlass qui sera chargé de payer les groupes armés en utilisant le cash de l’usine. Pour entrer ces dépenses dans la comptabilité, « on utilisait des notes de frais que je signais “frais de représentation”, explique M. Herrault. Donc là, c’était les notes de Bruno [Pescheux], mais il n’y avait rien dessus, il n’y avait aucun nom de milice. »

    Bruno Pescheux, lui, se souvient avoir vu les noms de Daech et du Front Al-Nosra mentionnés sur des documents :

    « Avez-vous vu le nom de Daech ? demande l’enquêteur.

    – Oui, répond le directeur de l’usine.

    – Avez-vous une idée du montant prévu pour Daech ?

    – De l’ordre de 20 000 dollars par mois. »

    Juin 2014 : un rendez-vous avec l’organisation Etat islamique
    A l’été 2014, l’EIIL contrôle le nord-est de la Syrie et fait une percée vers l’ouest. Le 29 juin, l’organisation proclame le « califat » et se baptise « Etat islamique ». Au sud de l’usine, les combats font rage entre le Front Al-Nosra et l’EI, qui est aux prises avec les Kurdes au nord du site. L’étau se resserre : à 500 mètres de l’usine, un checkpoint marque la sortie de la zone kurde ; à 20 kilomètres, un barrage signale l’entrée de la zone contrôlée par l’EI.

    Ce 29 juin, le nouveau responsable sûreté de l’usine, un ancien des forces spéciales jordaniennes qui a remplacé M. Waerness, envoie un mail au DRH local, avec le directeur de LCS, M. Pescheux, en copie : « Je viens d’arriver de Rakka. Le responsable de l’Etat islamique est toujours là, il est à Mossoul en ce moment. Notre client de Rakka m’a arrangé un rendez-vous avec lui, concernant nos expatriés au Pakistan et en Egypte. Une fois que j’aurai l’autorisation, je vous informerai. »

    « Pourquoi aller voir cette personne de l’El ?, demande l’enquêteur au directeur de l’usine.

    – L’idée était de dire : pour faire fonctionner cette usine, les locaux ont beaucoup de mal. L’idée était de faire revenir des expats pour les épauler, mais il fallait garantir leur sûreté : pas de kidnapping ou de choses comme ça », répond M. Pescheux.

    Juillet 2014 : « La situation autour de l’usine a empiré »
    Début juillet, l’El attaque les Kurdes à Kobané, à 50 kilomètres de la cimenterie. Les combats font plusieurs centaines de morts. Le 8 juillet, le responsable jordanien de la sûreté de l’usine envoie un mail alarmiste à M. Pescheux, qui a été versé au dossier par la plainte de Sherpa :

    « La situation autour de l’usine a empiré après que le camion-suicide a explosé au checkpoint du PYD [parti kurde] hier, à minuit. C’était à 10 kilomètres à l’est de l’usine, les quatre passagers ont été tués. L’Etat islamique a commencé une campagne discrète contre le PYD dans notre région (…). Le PYD a établi de sérieuses mesures de sécurité autour de l’usine, et a demandé la fermeture et l’évacuation de l’usine. »

    « A ce moment-là, on me dit que la situation est de plus en plus difficile. Je sais, à ce moment-là, qu’on va partir », assure Bruno Lafont. Le directeur sûreté du groupe, M. Veillard, est moins alarmiste : « Pour moi, l’attentat à 10 kilomètres n’existe pas. Il n’y a rien autour de l’usine. Le premier village doit être à 30 kilomètres. Maintenant, c’est peut-être un type qui s’est fait sauter. En aucun cas, il n’y avait un risque pour les employés et l’usine. »

    Le 17 juillet, un responsable de l’usine envoie pourtant un nouveau mail sans équivoque au PDG de LCS : « Notre personnel à l’usine est très perturbé et inquiet. Ils se sentent comme des prisonniers au sein de l’usine (…). L’EI est en train de s’emparer du contrôle de l’entrée de l’usine et n’autorise personne à entrer ou sortir (…). Nous ne sommes pas capables de rassurer nos employés (…). Nous avons besoin de votre aide pour régler cette question avec nos voisins. »

    27 juillet 2014 : l’usine interrompt sa production

    A la fin du mois de juillet 2014, la dégradation de la situation militaire contraint la cimenterie à interrompre son activité. Malgré les injonctions du chef militaire kurde d’évacuer les lieux, LCS reprendra pourtant la production cinq semaines plus tard.

    15 août 2014 : « J’ai fait la recommandation de fermer l’usine »

    Le 15 août 2014, une résolution de l’ONU interdit toute relation financière avec les groupes terroristes présents en Syrie, pouvant être « considérée comme un appui financier à des organisations terroristes ». « Que s’est-il passé chez Lafarge à ce moment-là ? », s’enquiert un enquêteur des douanes.

    « Frédéric [Jolibois, qui a remplacé Bruno Pescheux à la tête de LCS] envoie un mail au service juridique pour la conduite à tenir. Il faut voir que Daech n’avait alors rien fait en dehors de la Syrie, il n’y avait pas eu Charlie, le Bataclan… C’était alors une affaire syrienne, relativise M. Herrault. Je précise au service juridique que Daech, vers le 16 août, est bel et bien une organisation terroriste. Ce que je sais, c’est que rien n’a été payé après le 15 août. »

    La directrice juridique de Lafarge est consultée. Elle explique aux douaniers : « J’ai été informée sur deux points (…). Le deuxième était : l’Etat islamique demande des taxes aux transporteurs. Peut-on traiter avec ces transporteurs ? C’était en août 2014. L’avis juridique a été rendu début septembre 2014 et était très clair : oui, il y a un risque juridique. J’ai fait la recommandation de fermer l’usine. »

    1er septembre 2014 : le laissez-passer de l’EI

    Malgré l’avis de la direction juridique, l’usine se prépare à reprendre ses activités. Un laissez-passer pour ses clients et transporteurs, daté du 1er septembre 2014 et tamponné par le gouverneur de l’El à Alep, a été versé au dossier. Son contenu laisse entendre que l’usine a passé un « accord » avec l’EI : « Au nom d’Allah le miséricordieux, les moudjahidine sont priés de laisser passer aux barrages ce véhicule transportant du ciment de l’usine Lafarge, après accord avec l’entreprise pour le commerce de cette matière. »

    9 septembre 2014 : reprise de l’activité

    Passant outre les injonctions du commandant kurde, l’usine reprend sa production le 9 septembre. Le lendemain, son nouveau directeur, M. Jolibois, se rend à l’ambassade de France en Jordanie. Selon le compte rendu qu’a fait l’ambassade de cet entretien, il réaffirme la volonté du groupe de se maintenir en Syrie pour « préserver ses actifs et ses activités futures ».

    Le directeur de LCS assure aux autorités françaises que Lafarge « ne verse rien au PYD ou à l’Etat islamique ». Il reconnaît seulement que les « transporteurs locaux » doivent obtenir des laissez-passer « sans impliquer l’usine ou Lafarge », ce qui semble contredit par l’exemplaire daté du 1er septembre qui a été retrouvé. Le compte rendu de l’ambassade conclut : « Jolibois ne semblait pas particulièrement inquiet des conséquences, pour la sécurité de l’usine et de son personnel, de la présence de l’Etat islamique à quelques kilomètres d’Aïn-Al-Arab [nom arabe de Kobané]. »

    « Nous sommes à cinq jours d’une attaque décisive de l’El dans la région. Comment pourrait-on caractériser ces déclarations : un manque de lucidité, la cupidité ou business as usual ?, s’enquiert l’agent des douanes.

    – Je ne suis pas au courant, élude le PDG, M. Lafont. Je pense qu’il faut poser la question à M. Jolibois. Je ne sais pas de quoi il était au courant. »

    Dans leur rapport de synthèse, les douanes s’étonnent des réponses systématiquement évasives du PDG de Lafarge : « Bruno Lafont disait tout ignorer des pratiques de son personnel en Syrie (…). Il serait tout à fait étonnant que M. Lafont n’ait pas demandé à son équipe de direction d’avoir un point précis de la situation d’une cimenterie dans un pays en guerre depuis plusieurs années. »

    Le jour de l’entretien de M. Jolibois à l’ambassade de France en Jordanie, ce dernier a en effet envoyé un mail à plusieurs responsables du groupe, à Paris, évoquant un plan d’évacuation de l’usine : « La semaine prochaine, Ahmad [le directeur sûreté de l’usine] partagera notre plan d’évacuation avec le département de sécurité de Lafarge, et il devrait être en mesure de nous envoyer la version à jour d’ici deux semaines. » L’usine sera attaquée dix jours plus tard…

    19 septembre 2014 : l’attaque de l’usine

    Le 18 septembre, un employé de l’usine est informé d’une attaque imminente de l’EI et en fait part à son patron. Le directeur de l’usine envoie par mail ses dernières consignes de sécurité. Il suggère de « préparer des matelas, de la nourriture, de l’eau, du sucre, dans les tunnels techniques de l’usine ». « Si les affrontements arrivent à l’usine, déplacer les équipes dans les tunnels et attendre », précise-t-il.

    Quelques heures plus tard, les troupes de l’EI sont aux portes de l’usine. La plupart des employés sont évacués en catastrophe par bus vers Manbij. Mais le plan d’évacuation est défaillant. Les bus ne reviennent pas à l’usine. Une trentaine d’employés bloqués sur place doivent s’enfuir par leurs propres moyens, entassés dans deux véhicules abandonnés sur le site. L’usine sera prise d’assaut dans la nuit.

    Quatre employés de Lafarge sont arrêtés par l’EI pendant l’évacuation, et retenus en otage une dizaine de jours. Parmi eux, deux chrétiens arrêtés dans un des bus affrétés par Lafarge sont contraints de se convertir à l’islam avant d’être relâchés.

    Le 21 septembre, un employé en colère écrit un mail au directeur de la cimenterie : « Nous vous demandons fermement de commencer une enquête afin de vérifier les faits suivants (…). Après plus de deux ans de réunions quotidiennes portant sur la sécurité, qui est responsable de l’absence de plan d’évacuation de l’usine de notre équipe, et qui a abandonné plus de trente de nos braves employés une heure avant l’attaque de l’El et l’explosion du réservoir de pétrole ? »

    Quelques jours plus tard, M. Jolibois se félicitera pourtant, dans un mail envoyé au groupe, du succès de l’évacuation : « Malgré la complexité de la situation et l’extrême urgence à laquelle nous avons été confrontés, nous avons réussi à sortir nos employés de l’usine sains et saufs. Les choses ne se sont probablement pas déroulées telles que nous les avions planifiées ; néanmoins, nous avons atteint le but principal. Lafarge Cement Syria n’est pas morte. Je suis convaincu que nous gagnerons la dernière bataille. »

    • L’armée syrienne se rapproche de l’EI à Deir Ezzor - Le Temps
      https://www.letemps.ch/monde/2017/09/17/larmee-syrienne-se-rapproche-lei-deir-ezzo

      En outre, indique cet organisme proche de l’opposition syrienne, des frappes aériennes menées par la Russie d’une part et par la coalition internationale contre l’EI dirigée par les Etats-Unis d’autre part ont tué au total plus de 30 personnes dans toute la province de Deir Ezzor ces dernières 24 heures. Les FDS se sont plaintes samedi dans ce contexte d’avoir été la cible de l’aviation russe et des forces armées syriennes. Moscou nie.

      Le chef de la diplomatie américaine Rex Tillerson a téléphoné samedi à son homologue russe Sergueï Lavrov pour discuter de la situation en Syrie. Mais le communiqué du ministère russe des Affaires étrangères qui relate l’entretien ne dit pas si les deux hommes ont discuté de l’accusation des FDS. Ni ce que Moscou a éventuellement répondu.

      Les FDS ont exhorté le même jour les forces du régime syrien à ne pas franchir l’Euphrate, considéré comme « une ligne rouge ». A Damas, une conseillère du président Bachar al-Assad a affirmé de son côté que l’armée syrienne s’en prendrait à tous ceux qui s’opposent à la reconquête du territoire national.

    • ‘I Want to Finish This’: US Special Ops Leaders Urge Washington to Stick by the Syrian Kurds - Defense One
      http://www.defenseone.com/threats/2017/09/special-report-elite-us-forces-say-dont-abandon-syrian-kurd-fighters/140984

      ““They are more like us; they are just aggressive,” this commander said of the SDF and its Kurdish contingent, the YPG, to me. “A stable group of pragmatic people.” And in the case of the Kurds, pragmatic people who see this conflict as an opportunity to govern themselves. “They want to win,” says the second commander. “You don’t spend your time pushing them into the fight — they want to go into the fight.”

      “There is a real desire to be seen as a legitimate partner,” he said of the Syrian Kurds and the Syrian Democratic Forces more broadly. “These people want to do the right thing. They see it as this is their opportunity to change the perception of them.” Indeed, the varying perceptions of Syrian Kurds and the Kurdish People’s Protection Units of the YPG are a source of tension between the State Department and the Pentagon.

      For their part, the U.S. special operators see them as partners who never leave a fight. And the mission, they say, doesn’t cost a lot for all that it offers America. “It is not a major investment,” says the second commander. “We have a working partner here and that is a rarity in this part of the world.”

      And they say there is one scenario that could turn the situation from dream to nightmare: the U.S. abandons the Syrian Kurds.

    • Syrie : l’armée franchit l’Euphrate à Deir Ezzor pour prendre l’EI à revers - Moyen-Orient - RFI
      http://www.rfi.fr/moyen-orient/20170919-syrie-armee-euphrate-deir-ezzor-ei-etat-islamique-russie-aviation

      Ce débarquement répond à deux objectifs. Le premier est de prendre à revers les jihadistes et d’encercler totalement leurs troupes qui occupent encore le tiers de la ville de Deir Ezzor. Le deuxième est de barrer la voie à la coalition arabo-kurde, soutenue par Washington, qui n’est plus, en certains points, qu’à 6 kilomètres de la rive du fleuve.

      Les Syriens et leurs alliés ont donc décidé de ne pas partager le terrain à Deir Ezzor avec les Américains et leurs alliés. Ils veulent clairement poursuivre leur progression à l’est vers la frontière syro-irakienne, et au sud-est vers les deux derniers bastions jihadistes en Syrie, les villes d’Al-Mayadeen et de Boukamal.

    • Fabrice Balanche : À Boukamal, le régime syrien est tombé dans une embuscade, comme à Qousseir - Propos recueillis par Élie SAIKALI - L’Orient-Le Jour
      https://www.lorientlejour.com/article/1084554/fabrice-balanche-a-boukamal-le-regime-syrien-est-tombe-dans-une-embus

      La question qui se poserait aujourd’hui concernerait la rive nord de l’Euphrate. Celle-ci est tenue actuellement par les FDS. Mais si actuellement le commandement est kurde, l’essentiel des combattants sont des Arabes qui ont rejoint le mouvement. Quand l’EI sera vaincu, qui contrôlera cette zone ? Selon le plan de Washington, ce sont les tribus arabes locales qui devraient contrôler cette zone sous protection américaine et kurde. Mais la question du contrôle futur de la région est encore en suspens.

  • La plus grande bataille est en cours pour renverser Assad. L’arme privilégiée : les réfugiés. | Elijah J M | ايليا ج مغناير
    https://elijahjm.wordpress.com/2017/08/22/la-plus-grande-bataille-est-en-cours-pour-renverser-assad-larme-

    Les USA et leurs alliés régionaux et occidentaux, qui se sont évertués à alimenter la guerre en Syrie, ont perdu la bataille visant à changer le régime par des moyens militaires. Mais ils sont loin d’avoir lâché prise. Bien au contraire, ils s’apprêtent à livrer la plus grande bataille d’entre toutes : faire tomber le président syrien Bachar al-Assad par la voie des urnes, plus particulièrement en comptant sur les votes des millions de réfugiés dispersés à l’extérieur du pays, loin du contrôle du gouvernement central à Damas.

    Selon les Nations Unies, il y aurait environ 6 millions de réfugiés déplacés à l’intérieur du territoire syrien et 5,1 millions à l’extérieur de la Syrie (surtout en Turquie, au Liban, en Jordanie et en Irak), plus environ un million en Europe.

    Les pays abritant des réfugiés syriens se font constamment recommander de garder ces réfugiés où ils sont et de les empêcher de retourner en Syrie, surtout dans les secteurs libérés par l’armée syrienne. Des pays comme le Liban ont été avertis sans ambages que le retour des réfugiés syriens constitue une « ligne rouge » et qu’il doit être évité coûte que coûte (apparemment parce que « ce n’est pas encore leur moment d’entrer en scène »).

    Les recommandations liées au retour des réfugiés syriens reposaient sous trois conditions : ce devrait être un retour volontaire, dans un environnement sûr et qui ne constituait pas une menace à la sécurité nationale.

    Ces trois conditions peuvent-elles être remplies ? Premièrement, le retour volontaire des réfugiés se complique lorsqu’ils bénéficient d’une aide financière substantielle dans le pays hôte (qui représente une fortune comparativement à ce qu’ils peuvent gagner chez eux). Deuxièmement, la guerre en Syrie n’est pas encore terminée, rendant ainsi impossible un retour en toute sécurité de l’ensemble des réfugiés. Troisièmement, la plupart des réfugiés à l’extérieur de la Syrie sont considérés comme hostiles par le gouvernement de Damas, qui craint donc leur retour malgré le programme de réconciliation en cours mis sur pied par Damas ces dernières années, qui invite tous les éléments antigouvernementaux à retourner chez eux sans craindre pour leur sécurité.

    La communauté internationale se prépare en vue des prochaines élections présidentielles anticipées en Syrie, dont la supervision internationale exigée par l’entremise des Nations Unies se ferait non seulement en Syrie, mais aussi à l’extérieur de la Syrie, où des millions de réfugiés pourront démontrer qu’Assad n’a pas l’appui de millions de Syriens. Pour sa part, Damas est bien conscient de ces préparatifs et rejettera tout ce qu’il soupçonne de violer sa souveraineté. Le gouvernement syrien se méfie de la manipulation et de la corruption d’élections précédemment observées au Liban voisin, où l’Arabie saoudite a investi deux milliards de dollars pour obtenir quelques sièges supplémentaires au parlement libanais pour ses mandataires, le « mouvement Avenir » dirigé par Saad Hariri, le premier ministre national actuel qui possède la double nationalité. Damas ne va certainement pas perdre par la voie des urnes ce qu’il a gagné après plus de six ans de guerre, au moment même où les pays de la région ont déjà perdu les centaines de milliards de dollars qu’ils ont investis en armes et en aide financière pour renverser le régime syrien.

  • Bel effort du Monde : nous expliquer qu’en réalité, c’est le régime syrien qui instrumentalise l’image du petit Omrane.

    Omrane, le petit Syrien sauvé des décombres d’Alep, réapparaît sur les médias du régime
    http://www.lemonde.fr/big-browser/article/2017/06/07/omrane-le-petit-syrien-sauve-des-decombres-d-alep-reapparait-sur-les-medias-

    On peut douter que la succession de quatre interviews en à peine quelques jours, lors desquelles les mêmes propos sont répétés et les mêmes accusations lancées, ait été organisée sans l’aval, ou même l’impulsion de Damas. Les informations sur la guerre diffusées par les médias officiels syriens sont en effet étroitement contrôlées par le régime. Les autres médias – russes, iraniens, libanais – peuvent être considérés comme bienveillants envers Damas.

    « Ils sont dans une zone sous contrôle du gouvernement et c’est un gouvernement dont on sait qu’il arrête et torture ceux qui le critiquent, opine la chercheuse Valerie Szybala, du Syria Institute. La situation me fait dire qu’ils ont probablement été contraints. »

    Mais avant même sa réapparition médiatique, le petit Omrane avait déjà été instrumentalisé. Pendant que les opposants au régime médiatisaient son sort, Bachar Al-Assad disait à une télévision suisse que la photo « n’était pas réelle et avait été retouchée », qu’elle « faisait partie de la publicité de ces casques blancs ».

    #inversion_du_monde

    • La logique de ce genre d’article est tout de même épatante : constatant qu’un fait est gênant pour l’opposition et plutôt favorable au régime, on se fait un devoir de tartiner un long article expliquant que, non mais regardez c’est incroyable) : cette information est favorable au régime (quel scandale !).

      Si on lit bien, le fond de ce genre de littérature consiste à expliciter un jugement moral sur le fait que cette information déplaît à l’auteur : cette information est favorable au régime, donc c’est mal. Ça ne raconte rien d’autre.

      La citation, elle, explose un peu plus les critères de validation journalistique : cette information me déplaît,donc elle est « probablement » fausse.

      (Cela dit, on en bouffe du comme ça depuis 2011.)

  • Oh chouette : en France en juin 2017, on trouve encore des journalistes pour écrire ce genre de gentil compliment bien subtile : La France et le casse-tête Bachar Al-Assad, quinze ans d’une relation sulfureuse
    http://www.francetvinfo.fr/monde/revolte-en-syrie/video-la-france-et-le-casse-tete-bachar-al-assad-quinze-ans-d-une-relat

    La dernière tactique de ce Machiavel pour rester au pouvoir : se poser en rempart contre l’Etat islamique. Mais peut-on, au nom de la lutte contre la menace terroriste, pactiser avec un dictateur et en faire notre allié dans le combat contre Daech ? Quinze ans que le tyran Al-Assad mène la France par le bout du nez. Depuis les attentats, il joue à merveille sur ses peurs et ses divisions. Après avoir mis son pays à feu et à sang, il nargue les Occidentaux qui, tous, prédisaient sa défaite.

    #il_nargue_les_occidentaux

  • i24NEWS - « Le temps est venu » de tuer Bachar al-Assad (ministre israélien)
    https://www.i24news.tv/fr/actu/israel/diplomatie-defense/145390-170516-le-temps-est-venu-de-tuer-bashar-al-assad-ministre-israelien

    Mais qui, à part ces gens-là, se permet de tenir impunément un tel discours ? Au passage, maintenant que le pays a bien été détruit, et pour longtemps, on suggère ce par quoi on aurait pu commencer si le « bien » des Syriens avait été vraiment l’objectif...

    #syrie

  • Après l’attaque chimique et quatre ans après le massacre de la Ghouta — En #Syrie, l’#ONU enquête toujours, par Akram Belkaïd (mai 2017)
    https://www.monde-diplomatique.fr/2017/05/BELKAID/57428 #st

    Le gouvernement français accuse formellement le régime de M. Bachar Al-Assad dans l’attaque chimique contre une ville de la province d’Idlib. Selon le chef de la diplomatie, Jean-Marc Ayrault cette responsabilité est prouvée par un rapport des services de renseignements qui affirme que Damas détient toujours des agents chimiques de guerre. De son côté, l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) estime « irréfutables » les preuves d’emploi de gaz de type sarin dans ce bombardement. En collaboration avec les Nations Unies, cette instance continue d’enquêter en Syrie sans pour autant désigner de coupable.

    http://zinc.mondediplo.net/messages/63122 via Le Monde diplomatique

  • Sinon, ne jamais gâcher une bonne occasion de publier n’importe quoi : Bana Alabed après les frappes américaines en Syrie : "Nous ne voulons pas de Troisième Guerre Mondiale"
    http://www.huffingtonpost.fr/2017/04/07/bana-alabed-apres-les-frappes-americaines-en-syrie-nous-ne-vou_a_2203

    La petite fille, qui racontait son quotidien à Alep sur Twitter, a remercié Donald Trump de son intervention.

    INTERNATIONAL - Depuis la Syrie, où elle habitait, Bana Alabed, 7 ans, racontait son quotidien sous les bombardement. Désormais réfugiée en Turquie, la petite fille a réagi ce vendredi 7 avril sur Twitter aux représailles américaines, après l’attaque chimique de Khan Cheikhoun.

    « Je suis un enfant syrien, qui a souffert sous Bachar al-Assad et Poutine. Je remercie Donald Trump de son action contre les assassins de mon peuple », a posté la petite fille. « Poutine et Bachar al-Assad ont bombardé mon école, tué mes amis et volé mon enfance. Il est temps de punir les meurtriers des enfants en Syrie. »

    Au mois de janvier 2017, Bana Alabed avait adressé une lettre ouverte à Donald Trump, dans laquelle elle lui demandait d’intervenir en Syrie. « Vous devez faire quelque chose pour les enfants de Syrie parce qu’ils sont semblables à vos enfants et méritent de vivre en paix comme vous », écrivait-elle alors. Et si le président n’avait pas directement répondu à son courrier, il semble aujourd’hui avoir répondu à ses attentes.

    Apparemment, pas d’autre reprise en français. On a dû se dire que, les bombardements américains ayant commencé, ce n’était pas nécessaire d’en faire trop.

  • Le poutinisme, ce spectre qui hante l’Europe
    http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/03/25/le-poutinisme-ce-spectre-qui-hante-l-europe_5100764_3232.html

    En recevant vendredi Marine Le Pen, Vladimir Poutine poursuit sa politique de déstabilisation de l’ordre continental qui garantit la paix en Europe occidentale depuis 1945.
    . . .
    Certes, le président russe a prétendu qu’il ne voulait nullement intervenir dans le cours des choses, mais il s’est déclaré « très heureux » de rencontrer ­Marine Le Pen et a salué en elle la représentante d’un « spectre politique en Europe qui croît rapidement ».
    . . .
    Ce spectre qui hante l’Europe, c’est celui de la déstabilisation et, à terme, de la destruction de l’ordre continental, qui garantit la paix en Europe occidentale depuis 1945. Car qu’est-ce que Poutine, le modèle que promeut Marine Le Pen ? Un régime très autoritaire, qui assassine ses opposants ; le viol des règles internationales avec l’annexion de la Crimée ; le soutien au régime syrien de Bachar Al-Assad, dont les crimes ont plus nourri le terrorisme djihadiste qu’ils ne l’ont combattu ; le repli ethnico-religieux, sur la chrétienté blanche, qui incarnerait la vraie Europe face à un Occident décadent.

    #Poutine #Russie #Europe #Lepen

  • Facebook, un mois dans la machine à infos - Libération
    http://www.liberation.fr/futurs/2017/03/12/facebook-un-mois-dans-la-machine-a-infos_1555220

    L’impact énorme de la fachosphère

    L’outil de Linkfluence permet de mesurer le nombre d’interactions sur une page Facebook. Ce chiffre agrège les partages, commentaires, « j’aime » et réactions en tout genre. A ce jeu-là, les médias traditionnels restent les plus puissants : pendant les vingt-huit jours étudiés, BFM TV a produit 7,1 millions d’interactions, contre 5,2 millions pour le Figaro et 4,7 millions pour le Monde. Avec 2,7 millions, France Info est talonné par un autre média public, mais financé par Moscou, RT France. Beaucoup plus indulgent avec le FN, Fillon et Bachar al-Assad qu’avec les habitants de banlieues, les migrants et l’UE, le « site en français de la chaîne d’information internationale russe RT », au service revendiqué de la stratégie d’influence du Kremlin, a généré la somme hallucinante de 2,2 millions d’interactions. C’est à peine moins que le plus grand journal régional français, Ouest-France, mais davantage que Mediapart et Libé. Et beaucoup, beaucoup plus que le Point et Valeurs actuelles (environ 650 000 chacun). Les deux hebdos de droite, fondés il y a plus ou moins cinquante ans, sont à la peine face à leurs nouveaux concurrents exaltés, souvent radicalisés, et forts de militants prosélytes : TV Libertés, FdeSouche et Actu 17 font deux à trois fois mieux qu’eux.
    Les pro-russes sont les plus actifs

    Le cas de RT France interpelle. Comment le média russe peut-il atteindre ce niveau très élevé ? Au-delà de son utilisation intelligente de la plateforme qu’est #Facebook et de sa ligne hyper polémique, le média russe, qui dessine dans ses articles un monde au bord de l’apocalypse, arrose à tout va. Sur la période observée, il a publié plus de 1 700 posts sur sa page, soit une soixantaine par jour. Vertigineux. Il est le plus actif de notre liste, devant le Monde, le Huff Post et… Sputnik France, un autre média abondé par le Kremlin, avec la même direction éditoriale (environ 1 500 posts chacun). De quoi prendre conscience de la force avec laquelle la Russie a décidé de déployer son soft power…

    Juste derrière ce trio, pas de Figaro, BFM TV ou Ouest-France, mais l’usine FdeSouche et ses 1 300 publications. Sans surprise, la #fachosphère, alimentée par une multitude de pages Facebook, a beaucoup plus d’impact que les autres catégories de notre échantillon.

    #PhoneStories #Linfiltré #FN

  • Un conseiller d’Obama admet : « Nous avons armé Al-Nosra et Al-Qaïda en Syrie » - RipouxBlique des CumulardsVentrusGrosQ
    http://slisel.over-blog.com/2017/01/un-conseiller-d-obama-admet-nous-avons-arme-al-nosra-et-al-qaida-e
    http://www.algeriepatriotique.com/sites/default/files/styles/282x211/public/field/image/ben+rhodes.jpg?itok=8-F2jIez

    Les éléments tangibles prouvant que les Etats-Unis ont directement ou indirectement soutenu les groupes terroristes activant en Syrie s’amoncellent. Certains sont même fournis par d’anciens hauts responsables de l’Administration Obama qui vient de passer le relais à l’équipe de Donald Trump. Ben Rhodes, conseiller adjoint à la Sécurité nationale pour les communications stratégiques de Barack Obama, a fait des révélations cette semaine qui ont provoqué un séisme à Washington. Il a affirmé qu’il existe des vases communicants entre ce que certains appellent l’opposition syrienne modérée et les groupes terroristes affiliés à Al-Qaïda. Dans ses confidences reprises samedi par un site animé par des vétérans de l’armée américaine, Ben Rhodes a non seulement soutenu que les rebelles syriens avaient des contacts avec Al-Qaïda et le Front Al-Nosra, mais que « l’opposition » avait aussi maintes fois préconisé à Washington de travailler avec les terroristes. « Ce qui est étrange, c’est que j’ai rencontré l’opposition syrienne, et souvent ses responsables ont soutenu que nous devrions travailler avec Al-Nosra, qui est Al-Qaïda », a-t-il déclaré, ajoutant qu’« Al-Nosra combat avec des armes américaines ».

    Rhodes semble dire que les Etats-Unis n’ont finalement pas travaillé avec Al-Nosra et Al-Qaïda. Mais en lâchant une telle déclaration, il admet tout de même que les rebelles syriens et Al-Nosra étaient les deux faces d’une même médaille et que leur seul but était de renverser Bachar Al-Assad. Même si l’on suppose que les Etats-Unis n’ont jamais travaillé avec Al-Nosra, le fait cependant que les rebelles syriens aient demandé à Washington de travailler avec Al-Nosra est un élément qui remet totalement en cause le discours tenu par les Occidentaux pour justifier la destruction de la Syrie.

    Il ressort aussi des déclarations post-Obama de Ben Rhodes que les invitations incessantes de Washington à distinguer entre ce qu’elle appelle l’opposition modérée et les mouvements terroristes se revendiquant d’Al-Qaïda ou de Daech étaient une fumisterie du moment qu’il n’y avait aucun moyen pour les Etats-Unis d’empêcher les rebelles syriens de fraterniser avec Al-Nosra, précisément parce que les deux entités avaient militairement juré de combattre Al-Assad par tous les moyens. Cela y compris en accusant Al-Assad d’utiliser des armes chimiques contre son propre peuple. En fait, il a été largement rapporté que « les rebelles syriens avaient promis loyauté à Al-Qaïda ».

    Bien évidemment, tout cela, les Américains le savaient. Ils savaient également que les armes fournies aux soi-disant rebelles syriens allaient fatalement tomber entre les mains d’Al-Nosra et d’Al-Qaïda. D’ailleurs, les rebelles eux-mêmes ont clairement dit qu’ils ne combattraient pas Al-Nosra. C’est ce qui se produira. D’importants lots d’armes américaines ont fini entre les mains de nombreuses cellules terroristes.

    Malgré les mises en garde de certains cadres de son administration, Barack Obama n’a rien voulu savoir. Il a même dit préférer les terroristes à Bachar Al-Assad, adoptant ainsi la même position que les Israéliens vis-à-vis d’Al-Qaïda et de Daech. Cela explique pourquoi Tel-Aviv n’a pas lésiné aussi sur les moyens, y compris militaires, pour aider le Front Al-Nosra et mettre les bâtons dans les roues de l’armée syrienne.

    Khider Cherif

    http://www.algeriepatriotique.com