person:benyamin netanyahou

  • Sylvain Cypel démonte l’idée de Jean-Pierre Filiu selon laquelle il aurait existé un sionisme des origines humaniste et non raciste.

    Benyamin Nétanyahou. Fin ou accomplissement du rêve sioniste ?
    https://orientxxi.info/lu-vu-entendu/benyamin-netanyahou-fin-ou-accomplissement-du-reve-sioniste,2856

    Lorsque Filiu, en clôture de l’ouvrage, juge que « la rupture [de Nétanyahou] avec les pères fondateurs est historique », et lorsqu’il conseille « d’oser l’espoir et de renouer avec l’esprit des pionniers sionistes », il octroie au sionisme des fondateurs une attitude qu’il idéalise. Car non seulement le sionisme s’est bâti sur deux piliers : l’un dit « socialiste » et l’autre nationaliste, mais les deux ont, de tout temps, fonctionné autant dans le conflit que dans l’alliance. De fait, l’ethnicisme leur était, à tous deux, constitutif, comme l’a magistralement montré Zeev Sternhell dans Aux origines d’Israël. Entre nationalisme et socialisme (Fayard, 1996).

    Ce n’est pas le sionisme révisionniste qui a tenu le premier rôle dans la Nakba palestinienne (même s’il y a amplement participé), mais bien le sionisme qui se disait socialiste. C’est ce même sionisme socialiste qui dès la naissance d’Israël a repris dans son code législatif les « internements administratifs », mis en place par les autorités britanniques durant le mandat, cette possibilité d’emprisonner quiconque sans motif ni limite dans le temps et auxquels les Palestiniens sont soumis jusqu’à ce jour. C’est le sionisme travailliste qui, à la tête du Fonds national juif, a inscrit dans ses règlements l’interdiction de la vente de terre à des non-juifs — en d’autres termes l’impossibilité pour des citoyens palestiniens d’Israël d’acquérir des terres. La liste est longue des discriminations ethniques qu’Israël a imposées à sa minorité palestinienne restée vivre dans ses frontières dès les premières années de son existence, lorsque le sionisme travailliste dominait. Enfin, c’est sous le sionisme socialiste, dans les années 1960, que fut théorisée la légitimité de la « guerre préventive », contraire aux principes du droit international, que revendiquera Israël pour lancer la guerre dite « des Six-Jours » en juin 1967 (et en de multiples autres occasions). Bref, « l’esprit des pionniers » était moins reluisant que ne l’affirme Jean-Pierre Filiu. Et dans ses actes, Nétanyahou n’est pas toujours en rupture ; il est aussi, souvent, le continuateur de la geste sioniste, en plus exacerbée.

    Mon Dieu, on est 2019, et Filiu en est encore à ce genre d’élucubrations sur le gentil sionisme « socialiste » des origines…


  • La défense des juifs, ultime morale des pouvoirs que leurs peuples désavouent | Slate.fr
    http://www.slate.fr/story/171594/gilets-jaunes-antisemitisme-pretexte-pouvoir-vigilants

    par Claude Askolovitch

    La haine de la plèbe chez les bourgeois honnêtes m’a toujours amusé ; elle est une pensée décorative qui distrait de la peur, et comme ce pouvoir cède et cède encore à quiconque le menace, policiers en préavis de grève ou « gilets jaunes » qui répondent en brutes de bal populaire à la violence légitime de l’État, comme le président est allé plier le genou virtuel sur la pétition web d’une « gilet jaune » et lui a écrit que finalement, elle avait raison, les marcheurs dépités ont bien droit à un réconfort verbal. Ils se requinquent en stigmatisant l’antisémite, et n’auront pas peur de combattre les quenelliers ! Ah, les braves gens.

    Au demeurant, la quenelle est une saloperie. Mais, oserais-je, la quenelle des salopards n’est qu’un instant des « gilets jaunes », que seule l’acrimonie élitaire décrète signifiant.

    On aurait pu, a contrario, passer en boucle sur nos télévisions ces « gilets jaunes » savoyards qui s’enlaçaient sur « La foule » de Piaf, dans une scène douce et onirique, le soir où des gendarmes émus levaient leur barrage, et on aurait alors commenté leur ressemblance avec les occupants d’usines du Front populaire ? On aurait pu chanter la fraternité de ces veillées de Noël où des « gilets jaunes » se sont tenu chaud, et l’humanité émouvante de ces désormais plus que rien. Mais concernant le peuple ici et maintenant, spontanément, une bourgeoisie préfère voir la chemise brune sous le gilet jaune. Et je ne pourrais, juif, que m’en inquiéter.

    J’appelle ici « vigilants » ces femmes et ces hommes cultivés et engagés qui, je n’en doute pas, ne me veulent, juif, que du bien, et qui recherchent, cherchent encore et trouvent toujours –la haine est irréfutable– l’antisémitime qui rongerait le pays. Les vigilants sont des éclairagistes d’influence. Ce qu’ils sortent de l’ombre devient indiginité nationale. On ne saurait discuter leurs affolements qui, mis bout à bout, deviennent une lecture admise de la société. Les vigilants, cette saison, ont éclairé les « gilets jaunes » d’une lumière implacable.

    Avant les quenellards du samedi parisien, ils avaient ainsi mis à jour une banderole, photographiée dans le Rhône, qui attestait l’ambiance. On y lisait, en contrebas d’un barrage de « gilets jaunes », cette équation sordide et clairement anti-juive : « Macron = Drahi = Attali = Banques = Medias = Sion », les « s » étant calligraphiés façon nazie, les « a » suggérant un triangle franc-maçon. Indubitablement odieuse et fasciste, cette banderole fit florès. Pourtant, elle ne disait rien des barrages, ni de celles et ceux qui les tenaient.

    Le Progrès, 20 minutes ou l’AFP en firent justice dans des articles enquêtés. La banderole, saleté éphémère, n’avait été en place que peu de temps ; les « gilets jaunes » qui tenaient le barrage, l’ayant découverte, l’avaient détruite eux-mêmes. Elle ne venait pas d’eux. Elle était, cette banderole, l’œuvre de provocateurs malins, squatteurs pervers et anonymes d’un mouvement peu structuré.

    Mais –puissance de la vigilance et de la pulsion de bavardage de nos élites– la banderole, démontée, vécut avec une intensité rare et fut une tendance sur les réseau sociaux, la première preuve de l’antisémitisme des contestataires, avant la confirmation quenellarde, point d’orgue du « on le savait bien ».

    J’ai, juif, un point de vue sur les vigilants : ils m’enferment bien plus qu’ils ne me protègent, et travestissent bien plus qu’ils ne révèlent. Ils m’exposent à des combats dont je ne veux pas et dont je deviens le prétexte. Ils me singularisent, affolent ma mère et avec elles toutes celles et ceux, juifs, qui à force de matraquage pensent que toute l’actualité, encore et toujours, converge contre nous. C’est heureusement inexact, quand bien même nos paysages ne sont pas joyeux.

    Dans une France d’abandon et de rancœurs, de rumeurs et d’inquiétude, les crapuleries d’un Soral ou d’un Dieudonné peuvent se glisser en folklore sordide. Mais ce n’est pas l’antisémitisme qui mène ce bal, simplement l’envie de vulgarité qui anime les hommes que l’on oublie, et qui s’oublient.

    C’est triste pour la France, mais est-ce périlleux pour les juifs ? Ces malheureux idiots ne nous détestent pas de préférence, en dépit de leurs gourous, et il serait absurde d’entrer dans leur perversité et de la nourrir d’indignations forcées. La scène du Sacré-Cœur était laide bien avant d’être antisémite. Sans doute ne l’était-elle pas, et celle du métro, possiblement, pas davantage. De la viande bête, de la viande saoule, entonne un air vulgaire et reproduit un geste de pornographie politique.

    La vieille dame du métro n’a pas voulu porter plainte et conteste que les pochtrons imbéciles qu’elle avait chapitré ait prononcé des mots anti-juifs. Il n’y avait, pour nous juifs, pas grand-chose à dire ; on a dit pourtant, et c’est ici que je redoute un danger, si d’habitudes, de paresses, d’automatismes, de vigilance, de cynisme, on mobilisait l’offense faite aux juifs pour punir les « gilets jaunes », en les écrasant d’une épithète infâmante.

    Cela a commencé, cela a pris, le bavardage est le propre de la politique. C’est, manifestement, une méchanceté et un mensonge. Croit-on vraiment que sur les barrages, il n’y a pas de tendresse ni de beaux sentiments ? Croit-on que dans la foule, il n’est pas d’espérance ni d’humanité ?

    Mais on brosse à petites touches, de petits faits vrais mais choisis, un tableau sordide d’une France des provinces lumpenisée et trumpisée, perméable au complotisme, acquise à l’antisémitisme, mue par la haine de l’élite et des Rothschild qui furent les patrons de Macron, et tout, alors, serait limpide, et tout serait plié.

    Que l’on prenne garde : ce discours est performatif plus que descriptif. Il ne raconte pas le mouvement, mais l’emprisonne et peut le remodeler. Il anticipe ce qui n’est pas et n’a pas lieu d’être, mais qui sait ? Il fabriquera l’horreur, s’il apparaît qu’effectivement, la question juive est le prétexte des gouvernants contre les réfractaires, si pour disperser cette révolte qui l’empoisse, les beaux chevaliers de la forteresse assiégée du pouvoir m’empoignent, moi, juif, et m’utilisent comme leur arme suprême, me jettent à la figure des enragés. La haine, alors, viendra.

    L’antisémitisme n’est pas une vue de l’esprit. Il existe dans les replis de notre société, blesse et parfois tue. Mais il n’est qu’une violence minoritaire, marginale et condamnée –et instrumentalisée aussi bien. L’antisémitisme est cette aubaine que la vigilance offre aux gouvernants en souci. Nous y sommes, exactement. Pris en flagrant délit de mépris puis de reculade, le pouvoir –ses hérauts– s’oublie et se grise de vertu, tel un doux ivrogne qui chasse ses faiblesses dans la dive bouteille.

    Soyons clairs, ici. Les juifs français, une poignée de centaines de milliers d’individus citoyens, ne participent pas à cette construction. On la leur amène, on la leur impose, on les y enferme, dans les façons des vigilants, dans la complaisance des politiques à nous témoigner des sollicitudes, et chacun se félicite d’une si bonne entente.

    Tout ceci est humain et parfois de bonne compagnie, mais pas exempt de danger ni de folies. Depuis des années –la montée des actes antisémites en attestait–, on expliquait aux juifs et à propos des juifs que l’islamiste, le musulman, l’immigré par extension, le migrant, l’homme de la banlieue islamisée et ensauvagée, était l’ennemi du juif comme de la République, et l’ennemi des ensauvagés était notre gardien.

    Les vigilants cultivaient la bourgeoisie libérale et d’autorité, qu’elle fut socialiste ou de l’ex-UMP. D’autres allaient plus loin et, avec une certaine logique, affirmaient que face à l’ennemi, les juifs devaient résolument pencher à droite, le plus à droite possible, et devenir avec le triste Zemmour et le joyeux Goldnadel les flancs-gardes des Le Pen, Wauquiez ou Dupont-Aignan, car les ennemis de mes ennemis sont mes amis, comme dirait Benyamin Netanyahou, qui préfère Orbán et Bolsonaro au juif cosmopolite Soros et aux mollassons démocrates. Nous ne jouions plus Crémieux puis Lacoste, si l’on parlait de l’Algérie, mais l’OAS ; il fallait bien cela pour nous épargner l’islam et ses ensauvagés des cités, nos repoussoirs communs.

    Ils brossent, ces vigilants, le tableau d’une France dont Soral rêverait, qui n’existe pas mais qu’il fabriquent de leur jactance, que des médias de Panurge prolongent et que des politiques sans structure entérinent.

    Je devrais, juif, éviter aussi bien la Somme que la Seine-Saint-Denis, redouter Trappes comme Carcassonne. Je devrais, dans une terre qui a oublié mon martyre, me résigner à ne vivre qu’à l’amitié des riches, des puissants et des cyniques, et accepter, pour mon bien, que mon histoire serve à repousser le musulman comme le « gilet jaune », que certains ici veulent traiter en ennemi.

    Tariq Ramadan d’un côté, la quenelle de l’autre, les épouvantails à juifs quadrilleraient le territoire, et seul le pouvoir, seuls les possédants, seuls les libéraux, seuls les macronistes, seuls ceux qui possèdent le monde, pourraient me tolérer.

    Réalise-t-on –je parle en juif et en républicain– ce que portent ces logiques susurrées, instillées, admises, commentées et retweetées ? Rarement la vérité simple d’un pays aura été niée à ce point par un discours prétendu vertueux –et j’en serais, juif, l’objet, et ils en sont, les vigilants, coupables.

    Réalise-t-on pourtant quel malheur nous préparons –je parle en juif–, si venons à penser que dans notre pays, seuls les riches nous agréeraient, si nous oublions que ce peuple mal embouché nous cacha, jadis, quand les élites prêtaient serment à Pétain ?

    Pouvons-nous, juifs, vivre heureux en France dans l’idée que le peuple nous rejette, si nous participons ensuite à son humiliation, et si nous consentons aux opportunismes des politiques et aux manipultions des vigilants ? Nos ancêtres, sous l’autocrate russe, savaient être tolstoïens et ne haïssaient pas le moujik au prétexte des progromes, pourtant réels ceux-là.

    Posons pour finir. Nul ne prétend que le pays est simple, ou la période.

    Nul ne prétend que le mouvement baptisé « gilets jaunes » est exempt de laideurs populacières, qui s’entremêlent aux insurrections populaires.

    Nul ne croit que Dieudonné ou Soral sont des illusions.

    Nul le croit que les peuples sont commodes, et joyeux les dilemmes des juifs.

    Nul ne pense qu’il est facile d’être de gauche au Royaume-Uni, quand Jeremy Corbyn, ayant rendu le Labour aux masses, grasseye le plus stupide des tiers-mondismes et, croyant aimer la Palestine, autorise le malheur des vieux juifs du travaillisme.

    Nul ne pense qu’il est pimpant de se vouloir insoumis, quand le populaire François Ruffin fait résonner des thèmes étranges et ne veut pas comprendre qu’Étienne Chouard, complotiste et un temps soralien, n’est plus de son monde. Mais s’il l’était ? Et de cette question, je suis, comme d’autres, et en dépit de moi, contaminé.

    #Antisémitisme #Manipulation #Médias #Gilets_jaunes

    • Je ne peux pas dire que je suive de très près l’actualité, je crois qu’au contraire j’ai pris de très mauvaises bonnes habitudes en 2016-2016 en décidant de tout ignorer de la catastrophe électorale en cours alors, mais lors de mes exercices de dyslexie créative, j’ai bien vu passer un article ou l’autre à propos de ces incidents antisémites relatifs aux gilets jaunes (qu’on met toujours entre guillemets dans Le Monde, comme si la chose était salissante), et j’ai été surpris de ma propre réaction, je me suis dit, ah ben tiens comme c’est curieux, l’antisémitisme comme dernière cartouche du discrédit et puis de vieux réflexes plus prudents m’ont dit que sans doute il fallait que je fasse un choix sur cette affaire, soit je me documentais, j’essayais d’en savoir un peu plus sur le sujet pour me forger une opinion qui soit un peu plus qu’une réaction, soit je retournais dans mon garage faire de l’html avec des bouts de trucs à moi et je décidais de n’en rien penser, j’ai choisi, évidemment, la deuxième solution. Et puis je tombe sur cet article dans mon fil de seenthis et j’en suis drôlement reconnaissant à Claude Askolovitch qui confirme bien ce que je pensais tout bas, le tout en continuant de jouer dans mon garage.

    • J’ai, juif, un point de vue sur les vigilants : ils m’enferment bien plus qu’ils ne me protègent, et travestissent bien plus qu’ils ne révèlent. Ils m’exposent à des combats dont je ne veux pas et dont je deviens le prétexte.

      L’antisémitisme n’est pas une vue de l’esprit. Il existe dans les replis de notre société, blesse et parfois tue. Mais il n’est qu’une violence minoritaire, marginale et condamnée –et instrumentalisée aussi bien. L’antisémitisme est cette aubaine que la vigilance offre aux gouvernants en souci. Nous y sommes, exactement. Pris en flagrant délit de mépris puis de reculade, le pouvoir –ses hérauts– s’oublie et se grise de vertu, tel un doux ivrogne qui chasse ses faiblesses dans la dive bouteille.

      Soyons clairs, ici. Les juifs français, une poignée de centaines de milliers d’individus citoyens, ne participent pas à cette construction. On la leur amène, on la leur impose, on les y enferme, dans les façons des vigilants, dans la complaisance des politiques à nous témoigner des sollicitudes, et chacun se félicite d’une si bonne entente.

    • Ça y est, j’ai trouvé le tag approprié : #belles_âmes. Les belles âmes, ce sont ces personnes qui poussent les agendas de personnes minorisées ou discriminées ou exploitées ou invisibilisées. Que l’on gratte un peu et l’on devine parfois, derrière le plaisir d’être une belle âme et de se distinguer des âmes laides, certains intérêts (mal)habilement dissimulés.

      (C’est le problème des #proféministes qui utilisent leur anti-sexisme pour se faire valoir, voire pour expliquer que le féminisme devrait faire ci ou ça mais pas les emmerder, eux qui ont une si belle âme.)

      Ben là ça ne sert qu’un #mépris_de_classe et un renvoi de toutes les initiatives pour remettre en cause la marche de la France (néolibéralisme, montée des inégalités et prédation du bien public par une caste de dirigeants pour la plupart de culture catholique) dans le camp de l’ennemi public attaché à détruire « nos » valeurs.


  • Les néonazi autrichiens champions de la lutte contre l’antisémitisme ?

    Non au détournement par Israël de la lutte contre l’antisémitisme - Association France Palestine Solidarité

    http://www.france-palestine.org/Non-au-detournement-par-Israel-de-la-lutte-contre-l-antisemitisme

    C’est à Vienne que le coup s’est préparé, dans une réunion des ambassadeurs des pays membres de l’Union européenne, réunion qui s’est tenue sous les auspices du gouvernement autrichien… qui comprend plusieurs néo-nazis tout en étant courtisé par le Premier ministre Benyamin Netanyahou…Sous la pression du lobby européen inconditionnel de l’État d’Israël, ce comité a adopté un projet de résolution « pour la lutte contre l’antisémitisme et la protection des communautés juives en Europe » qui sera soumis à la décision finale du Conseil européen « Justice et affaires intérieures ».Jusqu’ici rien à dire… sauf que l’article 2 de ce projet de résolution demande aux États membres d’adopter la « définition IHRA » de l’antisémitisme. Une définition manipulée, car elle cherche à assimiler toute critique visant la politique de l’État d’Israël à de l’antisémitisme. Une définition indigente sur le fond, mais qui est là pour introduire des « exemples » qui entretiennent confusion et manipulation.


  • i24NEWS - Netanyahou met en garde le Hezbollah lors de sa rencontre avec Pompeo à Bruxelles
    https://www.i24news.tv/fr/actu/international/190109-181203-reunion-d-urgence-netanyahou-pompeo-a-bruxelles-sur-la-situati

    Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a rencontré lundi le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo lors d’un voyage éclair à Bruxelles pour discuter des efforts conjoints visant à freiner l’"agression iranienne" dans la région.

    M. Netanyahou - rejoint par le chef du Mossad Yossi Cohen et d’autres responsables israéliens - aurait déclaré à Mike Pompeo qu’Israël agirait pour empêcher le Hezbollah de construire des usines de missiles de précision au Liban, a rapporté lundi soir Channel 2.

    Dans Rai al-yom (https://www.raialyoum.com/index.php/%d9%86%d8%aa%d9%86%d9%8a%d8%a7%d9%87%d9%88-%d9%8a%d8%b7%d9%8a%d8%b1-%d9%8), ABA (Abdel-Bari Atouane) commente cette visite en rappelant des précédents qui ont conduit à des agressions militaires israéliennes. En l’occurrence, il s’agirait peut-être d’obtenir le soutien des USA et notamment le droit à engager les F35. En tout cas, une bonne manière pour Netanyahou de se sortir des risques d’une inculpation par la justice du pays quy’il dirige.

    #israël #hesbollah #iran


  • Police: Sufficient evidence to indict #Netanyahu in #Case_4000
    https://www.ynetnews.com/articles/0,7340,L-5418366,00.html


    Shaul Elovitch and Prime Minister Netanyahu
    Photo: EPA, Yuval Chen

    The Israel Police announced Sunday morning that there is sufficient evidence to indict Prime Minister Benjamin Netanyahu for bribery, fraud and breach of trust in Case 4000, which deals with suspected corruption tied to telecommunications giant Bezeq and the Walla! News website.
     
    Prime Minister Netanyahu is suspected of taking bribes and acting in a conflict of interest by promoted regulations worth hundreds of millions of dollars to Bezeq and its majority shareholder Shaul Elovitch, including Bezeq’s merger with the satellite TV company Yes. In return, the prime minister allegedly demanded—both directly and indirectly—to receive favorable coverage on Walla! News, which is owned by Bezeq.

    Police have already recommended indicting Netanyahu on #corruption charges in two other cases. One involves accepting gifts from billionaire friends, and the second revolves around alleged offers of advantageous legislation for a newspaper in return for positive coverage.
     
    All three cases now await the decision of Attorney General Avichai Mandelblit, who is the only one authorized to order the investigation or indictment of a sitting prime minister.
     
    The Bezeq case, known as Case 4000, is the most serious of all those of which Netanyahu has been accused. Two of his top confidants have turned state witnesses and are believed to have provided police with incriminating evidence. Netanyahu held the government’s communications portfolio until last year and oversaw regulation in the field.
     
    Police say the investigation, which included the testimony of 60 witnesses, revealed that Netanyahu and Bezeq boss Shaul Elovitch engaged in a “bribe-based relationship.”

    • En Israël, la police recommande l’inculpation de Nétanyahou dans une troisième enquête
      https://www.lemonde.fr/international/article/2018/12/02/en-israel-la-police-recommande-l-inculpation-de-netanyahou-dans-une-troisiem


      Le premier ministre israélien Benjamin Nétanyahou et sa femme Sara Nétanyahou à Paris, le 11 novembre 2018, lors de la cérémonie commémorant le centenaire de l’armistice de la première guerre mondiale.
      Francois Mori / AP

      La police israélienne a réuni suffisamment d’éléments à charge pour recommander l’inculpation du premier ministre, Benyamin Nétanyahou, dans un troisième dossier. Elle en a fait l’annonce spectaculaire, dimanche 2 décembre. Le chef du gouvernement est soupçonné de corruption, fraude et abus de pouvoir dans l’« affaire 4000 », dite Bezeq-Walla, sans doute l’enquête la plus redoutable dans laquelle il apparaît. Sa femme Sara est aussi mise en cause. Les faits se seraient produits entre 2014 et 2017, période pendant laquelle il occupait également la fonction de ministre des communications.

      Les enquêteurs estiment que le premier ministre a promu à l’époque des régulations entièrement favorables au groupe de télécoms Bezeq, appartenant à un proche, Shaul Elovitch. En échange, celui-ci aurait organisé une couverture très positive pour le premier ministre et son épouse Sara par le site d’informations en ligne Walla news. La police dit avoir trouvé la preuve que « Nétanyahou et ses proches sont intervenus de façon ouverte, parfois quotidienne, dans le contenu publié sur le site Walla news, et ont cherché à influer sur la promotion d’employés (rédacteurs en chef et reporters), tout en utilisant leurs liens avec Shaul et [son épouse] Iris Elovitch. » Le site aurait multiplié les articles favorables et les photos flatteuses pour le couple Nétanyahou.

    • Israël : la police recommande l’inculpation de Netanyahu pour corruption
      Par AFP le 02.12.2018 à 09h46
      https://www.challenges.fr/monde/israel-la-police-recommande-l-inculpation-de-netanyahu-pour-corruption_62

      (...) En février, la police avait déjà recommandé l’inculpation de M. Netanyahu dans deux affaires.

      Elle le soupçonne, lui et des membres de sa famille, d’avoir reçu pour un million de shekels (285.000 dollars) cigares de luxe, bouteilles de champagne et bijoux de la part de richissimes personnalités, en échange de faveurs financières ou personnelles.

      Dans un autre dossier, les enquêteurs suspectent M. Netanyahu d’avoir tenté de conclure avec le propriétaire du Yediot Aharonot un accord pour une couverture plus favorable de la part du plus grand quotidien israélien payant.


  • Macron irrite Israël en n’honorant pas une visite qu’il avait promise
    Par Piotr Smolar Publié le 28 novembre 2018
    https://www.lemonde.fr/international/article/2018/11/28/macron-irrite-israel-en-n-honorant-pas-une-visite-qu-il-avait-promise_539001

    Emmanuel Macron et Benyamin Nétanyahou à Paris, le 11 novembre. PHILIPPE WOJAZER / REUTERS

    Le gouvernement israélien est irrité contre Paris. Nulle crise ou tension majeure, mais une affaire de bienséance diplomatique et d’étiquette. Dans la soirée du jeudi 29 novembre aura lieu à Tel-Aviv, au Musée d’art, la cérémonie de clôture de la saison croisée entre les deux pays. Elle a permis l’organisation de nombreux événements culturels et scientifiques, en France comme en Israël, et avait été lancée en grande pompe.

    Or, contrairement à son engagement initial, Emmanuel Macron ne fera pas le déplacement cette fois-ci. Seul le ministre de la culture, Franck Riester, sera présent à Tel Aviv. Aucun officiel israélien de haut rang ne se trouvera à ses côtés.
    (...)
    Or, cette visite n’a pas eu lieu et n’est pas programmée pour l’instant. A cela s’ajoute l’annulation de la visite du premier ministre Edouard Philippe, les 31 mai et 1er juin, pour des « raisons d’agenda ». Le gouvernement gérait alors la réforme de la SNCF. Cette visite avait été ensuite envisagée au cours de l’automne, explique-t-on de source française, avant d’être encore reportée.

    D’où la mauvaise humeur du gouvernement israélien, d’autant que dans l’intervalle, M. Nétanyahou a effectué un second déplacement à Paris, à l’occasion du centenaire de l’armistice de 1918. En outre, le bilan de la saison croisée, sur le plan de l’impact politique et médiatique, est décevant, estime-t-on du côté israélien. « On espérait que la culture aurait un impact diplomatique. On a mis énormément d’argent dans cette opération pour zéro succès, en ce qui concerne l’image d’Israël en France et celle de la France ici » , explique une source diplomatique. (...)

    #BDS


  • Le soutien du Ghana rapproche Israël du siège convoité à l’Union africaine
    Middle East Eye | Azad Essa | 22 novembre 2018
    https://www.middleeasteye.net/fr/opinions/le-soutien-du-ghana-rapproche-isra-l-du-si-ge-convoit-l-union-africai

    Lors d’une récente visite en Israël, la ministre des Affaires étrangères du Ghana a confirmé que son gouvernement aiderait Israël à obtenir le statut d’observateur auprès de l’Union africaine (UA).

    Accra devient la dernière nation africaine à soutenir publiquement la demande d’Israël de siéger à cette instance continentale. Le Kenya et l’Éthiopie ont déjà approuvé la candidature d’Israël en qualité de membre observateur, lorsque le vote aura lieu en février.

    Les membres observateurs auprès de l’UA ont la possibilité d’accéder à tous les États membres et de s’adresser à eux collectivement. C’est l’occasion de renforcer les liens politiques avec le continent. Voici l’une des raisons pour lesquelles le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a fait pression pour obtenir le statut d’observateur : contrer l’influence de la Palestine auprès de l’UA, qui a toujours adopté une position plutôt pro-palestinienne.

    La Palestine a obtenu le statut d’observateur en 2013, comme la Turquie en 2005. (...)

    #IsraelGhana #UA


  • Rappel : ce que raconte Trump sur l’affaire Khashoggi, c’est très basiquement la position que Netanyahou lui a dit d’adopter. Par exemple au début du mois’ tout cela était déjà exprimé clairement : Affaire Khashoggi : Netanyahou demande aux USA de maintenir les liens avec ben Salmane (média US)
    https://www.i24news.tv/fr/actu/international/187669-181101-le-prince-saoudien-aurait-decrit-kashoggi-comme-un-dangereux-i

    Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a demandé à des responsables américains de maintenir les liens avec le prince héritier d’Arabie saoudite malgré le meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi au consulat de son pays à Istanbul, a rapporté jeudi le Washington Post.


  • 11 novembre : l’histoire se répète dans le monde arabe ?
    Par Abdelbari Atwan - Rai Al-Youm – Actuarabe - Lundi 12 novembre
    http://actuarabe.com/11-novembre-lhistoire-se-repete-dans-le-monde-arabe

    (...) Les Etats-Unis jouent le rôle que jouaient la Grande-Bretagne et la France

    Cent ans après, l’histoire se répète. Les Etats-Unis jouent le rôle que jouaient la Grande-Bretagne et la France. Ils préparent le terrain à une deuxième grande révolution arabe sous le nom d’OTAN arabe sunnite, afin de faire la guerre à l’Iran cette fois-ci, avec la participation d’Israël.

    Le Chérif Hussein Ben Ali a lancé sa grande révolution arabe depuis La Mecque et son successeur, ou plutôt son rival saoudien, le Roi Salman Ben Abdulaziz et peut-être son fils Mohammed Ben Salman, seront les chefs de ce mouvement « arabe sunnite » parrainé par les Etats-Unis et Israël, sous prétexte de lutte contre l’expansion iranienne menaçant la région. Il est paradoxal que la Jordanie fasse partie de ce nouvel OTAN arabe, qui sera peut-être annoncé en janvier au sommet des huit (six Etats du Golfe avec l’Egypte et la Jordanie) à Washington, si tout se passe comme l’ont prévu Benyamin Netanyahou et Jared Kushner, gendre du Président américain. En ce qui concerne la nouvelle déclaration Balfour, elle est incarnée par la « transaction du siècle », qui est un des piliers du plan américano-israélien que nous venons de mentionner.

    Nous sommes devant un leurre qui sera peut-être plus dangereux que le premier et nous impliquera dans une guerre dont nous, les Arabes, seront les premières victimes. Elle épuisera nos richesses, ou ce qu’il en reste, et se terminera par la destruction de nos villes et villages, sans oublier nos puits de pétrole. Il y a tout de même une différence de taille : Israël, qui appelle à la guerre, n’en sortira pas indemne et sera d’une manière ou d’une autre victime des destructions comme les pays de « l’OTAN arabe ». (...)


  • Limogeage d’Al-Assiri : « Mauvaise nouvelle pour Israël » - Actuarabe - Al-Akhbar – Lundi 22 octobre 2018
    http://actuarabe.com/le-limogeage-dal-assiri-mauvaise-nouvelle-pour-israel

    Ahmed Al-Assiri

    (...à Mais les médias ne sont pas tous demeurés aussi silencieux, notamment suite aux conséquences internes en Arabie saoudite et le limogeage du sous-directeur des services de renseignement, Ahmed Al-Assiri.
    Moav Vardi, l’analyste des affaires internationales sur la dixième chaîne, a décrit cette mesure comme « une très mauvaise nouvelle pour Israël ». Il a ainsi révélé les liens solides entre Al-Assiri et ses homologues israéliens, ainsi que le niveau de coopération entre Riyad et Tel-Aviv. Sur son compte Twitter, il a déclaré : « de nombreuses personnes ont perdu cette nuit un allié précieux ».

    De son côté, le journaliste Ben Kaspit a écrit dans un article pour The Monitor qu’en coulisse, Israël se tenait aux côtés de l’Arabie saoudite, pour qu’elle « digère » l’assassinat de Khashoggi, sans autre choix possible. Il a rapporté ces propos d’un dirigeant israélien : « La lutte contre l’Iran rend tout insignifiant. La sécurité nationale d’Israël et la menace iranienne sont nos priorités. Les affaires internes de l’Arabie saoudite nous concernent moins actuellement ». La source a ensuite ajouté : « Si cela s’était passé sous Obama, il est clair que l’administration se serait retournée contre les Saoudiens en moins de deux ». Donald Trump a une approche opposée : « Le Président Trump comprend que le problème iranien est plus important et la démocratie devra attendre ». Ces déclarations confirment les propos tenus à plusieurs reprises par le chef du gouvernement israélien, Benyamin Netanyahou, sur la coopération sécuritaire croissante avec de grands Etats arabes et musulmans, sans les nommer. Elles interviennent quelques jours après une rencontre entre le chef d’état-major de l’armée d’occupation, Gadi Eizenkot, et son homologue saoudien, Fayad Al-Ruwaili, lors d’une conférence réunissant les chefs des armées de plusieurs pays aux Etats-Unis. (...)


  • Netanyahou à Oman. Opération normalisation d’Israël dans le Golfe | Courrier international
    https://www.courrierinternational.com/article/netanyahou-oman-operation-normalisation-disrael-dans-le-golfe

    Le sultan d’Oman, Qabous ben Saïd, sert la main du Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, en visite surprise dans le sultanat, le 26 octobre 2018. Photo : Omani Royal Palace / AFP

    La présence du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou à Mascate a pris de court de nombreux observateurs. Pourtant, les pas vers une normalisation des relations se multiplient dans tous les pays du Golfe.

    #IsraelOman #catastrophe_arabe

    • Le ministre israélien des sports aux Émirats arabes unis se joindra à l’équipe d’Abu Dhabi pour un tournoi de judo
      26 octobre 2018
      http://www.fr.awdnews.com/index/le-ministre-israelien-des-sports-aux-emirats-arabes-unis-se-joindra-a-le

      Le ministre israélien de la Culture et des Sports Miri Regev s’est rendu aux Emirats Arabes Unis (EAU) pour accompagner l’équipe de judo israélienne au Grand Chelem d’Abu Dhabi 2018 alors que les pays arabes de la région réchauffent considérablement leurs relations avec le régime de Tel Aviv après des rapports de contacts secrets.

      Mme Regev est arrivée à Abu Dhabi vendredi matin, et elle doit participer à la cérémonie d’ouverture de l’événement international qui se tiendra demain à Zayed Sports City, la capitale émiratie, a rapporté une agence de presse palestinienne de langue arabe, Ma’an.

      #IsraelEAU
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      Palestine Alqadi
      ‏ @ALQadiPAL - 07:43 - 28 oct. 2018
      https://twitter.com/ALQadiPAL/status/1056496579992059905

      ويستمر مسلسل التطبيع بعد قطر وعمان

      وزيرة الثقافة والرياضة الصهيونية ميري ريجيف في لحظة امتنان مع رئيس الجودو الإماراتي،

      الوزيرة عملت كمتحدثة باسم جيش الاحتلال، تكره العرب ، لإحظوا ، اين يركز نظره خجلا

      ليش يا عرب ليش تطعنو القدس بظهرها ؟

    • La visite d’une ministre israélienne aux Émirats interroge sur les relations d’Israël avec le Golfe
      Nadda Osman - 30 octobre 2018
      https://www.middleeasteye.net/fr/reportages/la-visite-d-une-ministre-isra-lienne-aux-mirats-interroge-sur-les-rel

      En moins d’une semaine, trois hauts responsables israéliens, dont le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, se sont rendus en visite officielle dans le Golfe

      La visite officielle de la ministre israélienne Miri Regev aux Émirats arabes unis ce week-end a suscité des réactions mitigées sur les réseaux sociaux. Les internautes se demandaient si cela marquait le début du réchauffement des relations entre Israël et les EAU.

      Regev, la ministre israélienne de la Culture et des Sports, a assisté dimanche au grand tournoi de judo à Abou Dabi, où l’un des athlètes israéliens a remporté l’or. Cet événement a particulièrement attiré l’attention car c’était la première fois que l’hymne national israélien, Hatikvah, était joué aux Émirats.

      Regev a ensuite tweeté : « Nous avons fait l’histoire. Le peuple d’Israël vit ! »

      Bien que les Israéliens aient déjà assisté à des événements sportifs dans le Golfe auparavant, leur participation était souvent subordonnée à l’absence de symboles nationaux.

      L’année dernière, la Fédération internationale de judo a toutefois menacé d’annuler le grand chelem d’Abou Dabi si les athlètes israéliens ne bénéficiaient pas des mêmes droits que les autres concurrents.
      (...)
      La visite de la ministre est survenue quelques jours seulement après le voyage surprise du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou à Oman pour rencontrer le sultan Qaboos, marquant la première visite d’un dirigeant israélien dans ce pays du Golfe depuis 1996.
      (...)
      La rencontre de Mascate portait plus sur le désir d’Oman de jouer un rôle dans la région que sur la conclusion d’un accord de paix entre Israéliens et Palestiniens, a déclaré à MEE une source diplomatique occidentale.

      « Oman tente de jouer un rôle régional entre les divers parties et axes de la région et considère Israël comme un acteur important concernant diverses questions régionales », a déclaré le diplomate.

      Ce mardi, un troisième haut responsable israélien s’est rendu dans un pays du Golfe. Le ministre israélien des Communications, Ayoub Kara, participe en ce moment à la Conférence de plénipotentiaires de l’Union internationale des télécommunications à Dubaï, où il a appelé à la « paix et la stabilité » dans la région.

      #Golfe


  • Al-Jazira, les groupes pro-israéliens et le documentaire secret

    Sous la pression du pouvoir, qui ne veut pas fâcher les Américains, la chaîne qatarie a renoncé à diffuser « The Lobby – USA », un documentaire sur les groupes de pression qui défendent outre-Atlantique les intérêts du gouvernement de Benyamin Nétanyahou.
    https://abonnes.lemonde.fr/proche-orient/article/2018/09/11/al-jazira-les-groupes-pro-israeliens-et-le-documentaire-secret_53532 ?

    C’est l’histoire d’un documentaire interdit, qui déchaîne les passions, sur fond d’imbroglio géopolitique moyen-oriental. Quatre épisodes de cinquante minutes, frappés de censure par la chaîne qui les a pourtant produits : Al-Jazira, le bras médiatique du Qatar.

    Durant la fin de l’année 2017 et le début de l’année 2018, le sort de ce film, nimbé de secret, a obsédé les cercles militants pro-palestiniens et pro-israéliens aux Etats-Unis. Les premiers se méfiaient de sa diffusion comme de la peste et les seconds l’attendaient comme le messie.

    Et pour cause : The Lobby – USA, comme il est intitulé, s’intéresse à la myriade de groupes de pression qui défendent outre-Atlantique les intérêts du gouvernement de Benyamin Nétanyahou, le premier ministre israélien, à la tête d’une coalition de droite dure, hostile à la création d’un Etat palestinien.

    Lire aussi : Hanan Ashrawi : « Les Américains sont devenus complices de l’occupation israélienne »

    Grâce à un reporter infiltré dans leurs rangs et filmant en caméra cachée, le documentaire promettait de révéler les méthodes clandestines employées par ces organisations, très richement dotées, pour s’attacher le soutien quasi unanime du Congrès et contrer leurs adversaires dans la bataille pour l’opinion publique.

    Des révélations juteuses étaient attendues. Un premier documentaire du même genre, consacré aux lobbys pro-israéliens au Royaume-Uni et diffusé début 2017, avait montré un diplomate israélien conspirant avec un haut fonctionnaire pour faire « chuter » un ministre aux positions jugées trop pro-palestiniennes. Pris en flagrant délit d’ingérence dans la vie politique britannique, l’ambassade israélienne avait dû publier des excuses officielles et renvoyer au pays son très zélé employé. Le procès en « antisémitisme » dressé en réaction contre la chaîne avait été balayé par Ofcom, le gendarme du paysage audiovisuel britannique.

    Des extraits du film commencent à fuiter

    Mais début mars, après un long suspense et plusieurs déprogrammations, le journaliste américain Clayton Swisher, chef de la cellule investigation d’Al-Jazira, à l’origine de ce travail, s’est résolu à confirmer ce que la presse israélienne avait révélé quelque temps plus tôt : The Lobby – USA était sacrifié sur l’autel de la raison d’Etat. Pour s’attirer les faveurs des grandes organisations juives américaines, et par ricochet celle de l’administration Trump, dont elles ont l’oreille, les autorités de Doha gelaient la diffusion du deuxième volet.

    CYBER-HARCÈLEMENT SYSTÉMATISÉ DES PARTISANS DU BDS (BOYCOTT-DÉSINVESTISSEMENT-SANCTION)
    Une décision prise dans le contexte de la guerre froide sévissant dans le Golfe entre le camp pro-saoudien et le Qatar, que ses voisins boycottent au motif qu’il ferait le jeu de l’Iran et des islamistes au Proche-Orient. Conscient qu’il ne pèserait pas lourd face à Riyad si la Maison Blanche venait à le lâcher, le petit émirat gazier a jugé préférable, sur ce sujet ultrasensible, de mettre en sourdine sa caisse de résonance médiatique. Et tant pis si ce diktat sapait les prétentions d’« indépendance » de la chaîne, financée à 100 % par le pouvoir qatari.

    Mais en interne, la décision n’est visiblement pas passée. Dans un geste de défiance à l’égard de ses employeurs, Clayton Swisher a pris un congé sabbatique. Et depuis quelques semaines, comme on pouvait s’y attendre, des extraits du mystérieux film commencent à fuiter sur Internet et dans la presse. Deux sites pro-palestiniens américains, The Electronic Intifada et Gray Zone, ont diffusé des extraits.

    Puis Le Monde diplomatique, qui a eu accès à un montage quasi définitif des quatre épisodes, a publié un long exposé de leur contenu, que The Nation, un magasine progressiste américain, a repris à son tour.


  • Lobby israélien aux Etats-Unis, le documentaire interdit,

    par Alain Gresh (Le Monde diplomatique, septembre 2018)

    https://www.monde-diplomatique.fr/2018/09/GRESH/59047

    À l’écran, il a tout du parfait gentleman. Malgré sa dégaine d’étudiant, James Anthony Kleinfeld, jeune Britannique juif bien sous tous rapports, diplômé de la prestigieuse université d’Oxford, parlant six langues, dont le néerlandais et le yiddish, s’orientant sans difficulté dans les arcanes des conflits au Proche-Orient, trouverait facilement sa place dans les bureaux d’un ministère des affaires étrangères occidental ou d’un think tank renommé. Pour l’heure, il a d’autres desseins : s’investir dans les organisations américaines favorables à Israël. Il est recruté par The Israel Project (TIP), qui s’occupe de soigner l’image d’Israël dans les médias. Accueilli à bras ouverts du fait de ses compétences, il côtoie durant cinq mois le gratin des responsables d’associations engagées dans la défense inconditionnelle d’Israël, notamment du puissant lobby pro-israélien aux États-Unis, l’American Israel Public Affairs Committee (Aipac). Il fraie avec eux dans les cocktails, congrès, conventions, stages de formation pour militants, se liant avec les uns et les autres. Avenant, chaleureux, efficace, il gagne la confiance de ses interlocuteurs, qui lui parlent à cœur ouvert, laissant au vestiaire la langue de bois et les « éléments de langage » convenus. Et leurs confidences sont explosives.

    Comment influence-t-on le Congrès ? « Les membres du Congrès ne font rien si on ne fait pas pression sur eux, et la seule manière, c’est l’argent. » Comment combat-on les militants favorables aux droits des Palestiniens sur les campus universitaires ? « Avec les anti-Israéliens, le plus efficace est de faire des recherches sur eux, que vous mettez en ligne sur un site Web anonyme et que vous diffusez par des annonces ciblées sur Facebook. » Avec une candeur d’autant plus grande qu’ils croient s’épancher auprès d’un ami, les interlocuteurs de Kleinfeld admettent qu’ils se livrent à des opérations d’espionnage de citoyens américains, avec l’aide du ministère des affaires stratégiques israélien.

    Créé en (...)

    • Lobby israélien, le #documentaire interdit

      Une enquête menée par la chaîne qatarie #Al-Jazira dévoile les méthodes des groupes de pression américains favorables à Israël. Mais, soucieux de ne pas s’aliéner ces organisations dans son contentieux avec l’Arabie saoudite, le Qatar a gelé la diffusion du reportage.

      À l’écran, il a tout du parfait gentleman. Malgré sa dégaine d’étudiant, James Anthony Kleinfeld, jeune Britannique juif bien sous tous rapports, diplômé de la prestigieuse université d’Oxford, parlant six langues, dont le néerlandais et le yiddish, s’orientant sans difficulté dans les arcanes des conflits au Proche-Orient, trouverait facilement sa place dans les bureaux d’un ministère des affaires étrangères occidental ou d’un think tank renommé. Pour l’heure, il a d’autres desseins : s’investir dans les organisations américaines favorables à Israël. Il est recruté par The Israel Project (TIP), qui s’occupe de soigner l’image d’Israël dans les médias. Accueilli à bras ouverts du fait de ses compétences, il côtoie durant cinq mois le gratin des responsables d’associations engagées dans la défense inconditionnelle d’Israël, notamment du puissant lobby pro-israélien aux États-Unis, l’American Israel Public Affairs Committee (Aipac) (1). Il fraie avec eux dans les cocktails, congrès, conventions, stages de formation pour militants, se liant avec les uns et les autres. Avenant, chaleureux, efficace, il gagne la confiance de ses interlocuteurs, qui lui parlent à cœur ouvert, laissant au vestiaire la langue de bois et les « éléments de langage » convenus. Et leurs confidences sont explosives.

      Comment influence-t-on le Congrès ? « Les membres du Congrès ne font rien si on ne fait pas pression sur eux, et la seule manière, c’est l’argent. » Comment combat-on les militants favorables aux droits des Palestiniens sur les campus universitaires ? « Avec les anti-Israéliens, le plus efficace est de faire des recherches sur eux, que vous mettez en ligne sur un site Web anonyme et que vous diffusez par des annonces ciblées sur Facebook. » Avec une candeur d’autant plus grande qu’ils croient s’épancher auprès d’un ami, les interlocuteurs de Kleinfeld admettent qu’ils se livrent à des opérations d’espionnage de citoyens américains, avec l’aide du ministère des affaires stratégiques israélien.

      Créé en 2006, ce dernier dépend directement du premier ministre Benyamin Netanyahou. L’une de ses responsables confie : « Nous sommes un gouvernement qui travaille sur un territoire étranger et nous devons être très, très prudents. » En effet, car certaines de ces actions pourraient se révéler passibles des tribunaux américains.

      À la fin du stage de « Tony », M. Eric Gallagher, son chef à TIP, se montre si satisfait de ses services qu’il lui propose de l’embaucher. « J’adorerais que tu viennes travailler pour moi. J’ai besoin de quelqu’un qui a l’esprit d’équipe, qui travaille dur, qui est passionné, curieux, bien formé, qui parle bien, qui a beaucoup lu. Tu es tout cela. »Mais son poulain refuse. Car, on l’aura deviné, il n’est pas tout à fait celui qu’il prétend être, même si ses diplômes et ses compétences ne sont pas contestables : il est un infiltré, missionné par la chaîne Al-Jazira, propriété de l’émirat du Qatar, pour réaliser un documentaire sur le lobby pro-israélien. Il a filmé en caméra cachée une partie des confidences qu’il a recueillies et il a réuni, avec d’autres membres d’une équipe dirigée par Phil Rees, de la cellule d’investigation de la chaîne, tous les ingrédients d’une enquête spectaculaire. La diffusion de celle-ci était d’autant plus attendue que, en 2017 déjà, un reportage d’Al-Jazira sur le lobby pro-israélien au Royaume-Uni (2) avait montré les ingérences d’Israël dans les affaires internes d’un pays étranger, et ses tentatives pour faire chuter un ministre considéré comme propalestinien — ce qui avait abouti à des excuses publiques de l’ambassadeur d’Israël à Londres et au retour précipité à Tel-Aviv d’un diplomate de haut rang.

      On pouvait donc s’attendre à un événement médiatique, avec ses démentis outragés et ses violentes polémiques. Mais non : la diffusion, programmée pour début 2018, a été reportée sine die, sans explications officielles. On a fini par apprendre, grâce à des articles dans la presse juive américaine (3), que le documentaire ne passerait pas, ce qu’a confirmé Clayton Swisher, directeur de la cellule d’investigation de la chaîne, dans un article où il regrettait ce choix ; quelques jours plus tard, la chaîne annonçait qu’il prenait un congé sabbatique (4). L’enquête a été sacrifiée dans la bataille sans merci que se livrent le Qatar d’un côté et l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis de l’autre pour gagner les faveurs de Washington dans le conflit qui les oppose depuis juin 2017 (5). Et quelle meilleure manière de l’emporter que de s’attirer les faveurs du puissant lobby pro-israélien, dont on connaît l’influence sur la politique américaine au Proche-Orient ?

      Pour faire pencher la balance, le Qatar a donc fait « reporter » la diffusion, obtenant en échange le secours inespéré d’une partie de l’aile droite d’un lobby déjà très à droite dans son ensemble. M. Morton Klein, le président de l’Organisation sioniste américaine (ZOA), un proche de M. Stephen Bannon, ancien conseiller du président Donald Trump, s’est même rendu à Doha et s’est réjoui d’avoir enterré le documentaire (lire « Le Qatar en quête d’amis »). Que de tels groupes, qui accusaient il y a peu le Qatar de financer le Hamas et le terrorisme, aient accepté de virer de bord en échange de la rétention de l’enquête en dit long sur le caractère embarrassant des révélations qu’elle contient.

      Cet enfouissement d’un travail qui a duré plus d’une année a suscité des remous au sein de la chaîne. Certains ont souhaité que ces révélations ne sombrent pas dans les sables mouvants des compromis géopolitiques. C’est la raison pour laquelle nous avons pu voir, grâce à un ami résidant dans le Golfe, les quatre épisodes du documentaire, de cinquante minutes chacun, dans leur version presque définitive.

      Ce qui frappe au visionnage, c’est la fébrilité qui a saisi le lobby depuis quelques années, due à une peur sourde de perdre son influence. Comment l’expliquer, alors que le soutien à Israël est massif aux États-Unis et que les élus des deux partis, républicain et démocrate, apportent un appui sans faille à n’importe quelle aventure d’Israël ? L’élection de M. Trump n’a-t-elle pas amené Washington à abandonner toute volonté de jouer les intermédiaires dans le conflit israélo-arabe et à se ranger sans aucun faux-semblant aux côtés du gouvernement le plus à droite de l’histoire d’Israël ? Sans doute ; mais, dans ce paysage en apparence favorable, un spectre hante le lobby : celui de Boycott, désinvestissement et sanctions (BDS).

      Ce mouvement lancé en 2005 se propose d’appliquer à Israël les méthodes non violentes qui ont fait leurs preuves contre l’Afrique du Sud de l’apartheid. Il a connu un essor sur les campus américains. Mais faut-il vraiment s’en alarmer, s’interroge M. David Brog, directeur des affaires stratégiques de Chrétiens unis pour Israël (CUFI) et directeur exécutif de la Maccabee Task Force, l’un des groupes qui combattent BDS ? « Israël est la “start-up nation”. Il reçoit plus d’investissements étrangers qu’à n’importe quel autre moment de son histoire. Alors pourquoi ne pas se calmer, comprendre que BDS ne vaut rien et l’ignorer ? » Il insiste : « Je ne pense pas que BDS ait jamais eu pour objectif que les universités retirent leurs investissements en Israël. En ce qui concerne l’argent, nous n’avons pas d’inquiétude à avoir ; mais les efforts déployés pour creuser un fossé entre nous, qui aimons Israël, et la génération montante, sont préoccupants. Parmi les jeunes nés après l’an 2000 et les étudiants, on en arrive au point où la majorité est plus favorable aux Palestiniens qu’aux Israéliens. » M. Jacob Baime, directeur exécutif de l’Israel on Campus Coalition, un groupe d’organisations qui emploie plus d’une centaine de personnes pour lutter contre BDS dans les universités, s’inquiète : « La seule chose que tous les membres du Congrès, tous les présidents, tous les ambassadeurs ont en commun est le fait d’avoir passé du temps sur les campus, et c’est durant cette période qu’ils ont été formés. » Seront-ils encore demain des « amis d’Israël » ?

      Discréditer le messager

      Un élément supplémentaire alarme le lobby. Le soutien à Israël a toujours transcendé les clivages entre démocrates et républicains. N’est-ce pas M. Barack Obama qui, quelques mois avant la fin de son mandat, a fait voter une aide inconditionnelle de 38 milliards de dollars (33 milliards d’euros) à Israël sur dix ans, en dépit de ses relations détestables avec M. Netanyahou ? Mais le paysage politique se transforme, et le ralliement inconditionnel du lobby à M. Trump réduit sa base, qui se résume de plus en plus au Parti républicain et à la droite évangélique. M. David Hazony, ancien directeur de The Tower Magazine et membre influent de TIP, le reconnaît dans le documentaire : « Le boycott immédiat d’Israël, ce n’est pas un problème. Le plus gros problème, c’est le Parti démocrate, les partisans de Bernie Sanders, tous ces anti-Israéliens qu’ils amènent dans le Parti démocrate. Être pro-israélien ne relèvera bientôt plus d’un consensus bipartisan, et chaque fois que la présidence changera, la politique à l’égard d’Israël risquera de changer. C’est une chose dangereuse pour Israël. C’est cela qui est en jeu dans la bataille sur les campus. » Ce que confirme John Mearsheimer, coauteur d’un célèbre livre (6) sur le lobby, dont les commentaires ponctuent le documentaire. Il constate que, désormais, le soutien à Israël croît au Parti républicain alors qu’il diminue au Parti démocrate : « Il y a une différence substantielle entre les deux partis. »

      Comment contrer cette évolution ? En engageant un débat politique ? Difficile, alors que, depuis l’échec des accords d’Oslo, signés en 1993, Israël est dirigé par des partis d’extrême droite qui refusent toute solution diplomatique. Il ne peut être question de discuter du sort des Palestiniens, de l’avenir des colonies ou du drame de Gaza. Et le ralliement du lobby à M. Netanyahou et à M. Trump est peu propice à susciter l’enthousiasme des étudiants américains. Le journaliste Max Blumenthal fait remarquer (Twitter, 15 février 2018) que c’est cette tactique du refus de la discussion que le lobby déploie au sujet du documentaire d’Al-Jazira : assimiler le journalisme d’investigation à de l’espionnage ; discréditer la chaîne en la réduisant à son propriétaire, le Qatar ; affirmer que le sujet est le « lobby juif », et non le soutien à Israël. Et ainsi éviter toute discussion sur le fond des révélations et sur la politique israélienne.

      Directeur exécutif du Comité d’urgence pour Israël (ECI), M. Noah Pollak synthétise la ligne adoptée face aux critiques : « Pour discréditer le message, il faut discréditer le messager. Quand vous évoquez BDS, vous devez dire que c’est un groupe qui prône la haine, la violence contre les civils. C’est-à-dire qu’il soutient le terrorisme. » Et, bien sûr, qu’il est antisémite. L’organisation Voix juives pour la paix (JVP) ? Il préfère l’appeler « Voix juives pour le Hamas »… Mais il reste optimiste, car, comme il l’explique à « Tony », la majorité des Américains reste favorable à Israël, alors qu’au Royaume-Uni « c’est de la haine pure. Vous avez laissé la moitié de ces Pakistanais de m… s’installer chez vous ».

      Pour « discréditer le messager », il faut accumuler des informations variées, qui vont de sa vie privée à ses activités professionnelles, en passant par ses convictions politiques. Le lobby pro-israélien a instauré ces dernières années un réseau d’espionnage. « Nos opérations de recherche,s’enorgueillit M. Baime, disposent d’une technologie de pointe. Quand je suis arrivé, il y a quelques années, notre budget était de quelques milliers de dollars ; il est aujourd’hui de 1,5 million, sans doute 2. Je ne sais même pas ; c’est énorme. » Mais ses amis et lui tiennent à rester « invisibles » : « Nous faisons cela de manière sécurisée et anonyme ; c’est la clé. »

      Parmi les groupes les plus redoutés par les militants favorables aux droits des Palestiniens figure Canary Mission (7), dont le financement, les membres et le fonctionnement restent secrets. Une journaliste proche du lobby explique son rôle : « Ceux qui le haïssent, ceux qui sont visés parlent de “liste noire”. Vous avez des noms, des étudiants et des professeurs d’université, des organisations qui ont des liens avec le terrorisme ou avec des terroristes qui ont appelé à la destruction de l’État juif. » Le site de l’organisation résume ainsi son objectif : « Assurez-vous que les radicaux d’aujourd’hui ne deviendront pas vos employés demain. » Surplombant la biographie de chaque victime clouée au pilori, ce slogan : « Si vous êtes raciste, le monde doit le savoir. »
      Kleinfeld a réussi à remonter à son fondateur et financier, M. Adam Milstein, président du Conseil israélien américain (IAC), condamné à une peine de prison pour fraude fiscale en 2009, ce qui ne l’a pas empêché de poursuivre ses activités du fond de sa cellule. Il expose au jeune homme sa philosophie : « Tout d’abord, mener des enquêtes sur eux [les militants favorables à la Palestine].. Quel est leur projet ? S’attaquer aux Juifs parce que c’est facile, parce que c’est populaire. Nous devons les démasquer pour ce qu’ils sont : des racistes, des gens hostiles à la démocratie. Nous devons les mettre sur la défensive. »

      Plusieurs étudiants témoignent des risques qu’ils encourent. Mme Summer Awad, qui a participé à la campagne pour les droits des Palestiniens à Knoxville (Tennessee), raconte comment elle a été harcelée sur Twitter, comment « ils » ont mis en ligne des informations à son sujet datant de plus de dix ans : « Ils creusent et creusent encore. Quelqu’un a contacté mon employeur et lui a demandé de me licencier, en le menaçant de le dénoncer comme antisémite s’il n’obtempérait pas. » Ces méthodes de délation peuvent signifier une mise à mort professionnelle ou, pour un étudiant, compliquer la recherche d’un emploi à la fin de son cursus. Certains des accusés ont donc envoyé des « messages de repentir » qui sont publiés dans une rubrique spéciale du site de Canary Mission (8) en échange du retrait de leur nom de la liste noire : des « aveux » anonymisés dans lesquels ils expliquent qu’ils ont été « trompés » et qui ressemblent à ceux arrachés aux suspects de sympathies communistes du temps du maccarthysme aux États-Unis dans les années 1950, ou dans les régimes autoritaires aujourd’hui. « C’est la guerre psychologique. Ils sont terrifiés, se réjouit M. Baime. Soit ils la ferment, soit ils passent leur temps à faire des recherches [sur les accusations portées contre eux] au lieu d’attaquer Israël. C’est très efficace. » Un autre interlocuteur de « Tony » regrette cependant que « diffamer quelqu’un en le traitant d’antisémite n’ait plus le même impact ».

      Ces croisades, qui s’appuient sur la récolte de données personnelles de citoyens américains, ne seraient pas possibles sans les moyens accordés par le ministère des affaires stratégiques israélien. Mme Sima Vaknin-Gil, sa directrice générale, le reconnaît lors d’une conférence à l’IAC : « En ce qui concerne la collecte de données, l’analyse de l’information, le travail sur les organisations militantes, la piste de l’argent, c’est quelque chose que seul un pays, avec les ressources dont il dispose, peut faire au mieux. » Elle ajoute : « Le fait que le gouvernement israélien ait décidé d’être un acteur-clé signifie beaucoup, parce que nous pouvons apporter des compétences que ne possèdent pas les organisations non gouvernementales impliquées dans cette affaire. Nous sommes le seul acteur du réseau pro-israélien à pouvoir combler les lacunes. (…) Nous avons le budget, et nous pouvons mettre sur la table des choses bien différentes. » Puis son propos se fait menaçant : « Tous ceux qui ont quelque chose à voir avec BDS doivent s’interroger à deux fois : est-ce que je dois choisir ce camp ou bien l’autre ? »

      Une violation des lois américaines

      Dans ce travail de collecte d’informations, Mme Vaknin-Gil admet : « Nous avons la FDD et d’autres qui travaillent [pour nous]. » La Fondation pour la défense des démocraties (FDD) est un think tank néoconservateur qui a joué ces dernières années un rôle important dans le rapprochement entre les Émirats arabes unis et Israël. Il a participé l’été dernier à la campagne contre le Qatar et contre Al-Jazira, accusée d’être un instrument de déstabilisation régionale. Or, selon la loi américaine, les organisations ou les individus travaillant pour un gouvernement étranger doivent s’enregistrer en tant que tels au ministère de la justice. Ce dernier osera-t-il traîner devant les tribunaux la FDD, qui n’a pas accompli ces démarches ?

      Comme le remarque Ali Abunimah, animateur du site The Electronic Intifada, « si vous aviez un enregistrement d’un haut responsable russe ou iranien, ou même canadien, reconnaissant que son pays mène des opérations clandestines d’espionnage de citoyens américains et utilise pour cela la couverture d’une organisation américaine, ce serait une bombe ! ». Car cette coopération ne se limite pas à la FDD, et nombre des interlocuteurs de Kleinfeld, comme M. Baime, l’admettent sous le sceau de la confidence, même s’ils ajoutent que le sujet est « délicat » et qu’il vaut mieux ne pas s’étendre.

      Le documentaire contient d’autres révélations, comme la manière dont les journalistes américains sont « pris en charge » à Jérusalem par TIP (9), cornaqués, mais aussi alimentés en sujets « clés en main » qu’ils n’ont plus qu’à diffuser aux États-Unis ; ou les pressions exercées sur les médias et les agences de presse pour qu’ils modifient leurs dépêches ou leurs articles…

      Bien que tout semble aujourd’hui sourire à Israël, ses partisans américains, en dépit de tous leurs moyens, sont nerveux. L’avenir leur paraît s’assombrir, y compris dans les milieux les plus susceptibles de les appuyer. Mme Vaknin-Gil l’admet : « Nous avons perdu la génération des Juifs nés après l’an 2000. Leurs parents viennent m’expliquer les difficultés qu’ils rencontrent avec leurs enfants durant des dîners de shabbat. [Les plus jeunes] ne reconnaissent pas l’État d’Israël et ne nous voient pas comme une entité à admirer. »

      #Alain_Gresh
      Directeur du journal en ligne Orient XXI

      #Palestine #BDS


  • Antisémitisme : le leader travailliste britannique Jeremy Corbyn à nouveau dans la tourmente

    Plusieurs erreurs dans un article du Monde

    https://abonnes.lemonde.fr/europe/article/2018/08/14/antisemitisme-le-leader-travailliste-britannique-jeremy-corbyn-a-nou

    Le Daily Mail a publié samedi une photo montrant M. Corbyn en 2014 tenant en ses mains une couronne de fleurs lors d’une cérémonie à Tunis. Celui qui était alors simple député était sur place pour une conférence consacrée à la Palestine, organisée par le président tunisien. A la fin, deux gerbes de fleurs ont été déposées sur des tombes palestiniennes.

    La première commémorait 47 Palestiniens tués dans une attaque aérienne israélienne sur une base de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) en 1985. M. Corbyn affirme que c’est ce que la photo du Daily Mail montre. La seconde a été déposée sur les tombes de Salah Khalaf, le fondateur de Septembre noir, Fakhri al-Omari, son bras droit, et Hayel Abdel-Hamid, le chef de la sécurité de l’OLP. Tous les trois ont été assassinés vingt ans après l’attentat de Munich par le Mossad, les services secrets israéliens. C’est cette cérémonie à laquelle M. Corbyn dit avoir été simplement « présent ».

    Noter : que Salah Khalaf, aussi connu sous le nom d’Abou Iyad, a été assassiné par le groupe Abou Nidal. Mais le réduire à fondateur de Septembre Noir est une absurdité : il était un des principaux compagnons d’Arafat et un des principaux dirigeants de l’OLP. Il a soutenu les évolutions politiques de l’organisation après 1973. Il faut lire le livre qu’Eric Rouleau lui a consacré « Palestinien sans patrie ».Pourquoi refuserait-on de déposer des fleurs sur sa tombe ? Il faudrait alors refuser aux dirigeants étrangers d’aller sur la tombe de Yasser Arafat.

    La campagne engagée contre Corbyn ne vise pas des dérives antisémites, mais bien la solidarité avec les Palestiniens. Il est dommage que Le Monde y contribue.

    A relire sur OrientXXI
    https://orientxxi.info/magazine/antisemitisme-offensive-orchestree-contre-jeremy-corbyn-au-royaume-uni,2


  • i24NEWS - L’armée israélienne révèle le nom du soldat tué vendredi à la frontière avec Gaza
    21/07/2018 20:57:16
    Écrit par i24NEWS
    https://www.i24news.tv/fr/actu/israel/179949-180721-l-armee-israelienne-revele-le-nom-du-soldat-tue-vendredi-a-la-

    L’armée israélienne a révélé samedi le nom du soldat qui a été tué vendredi après avoir été pris pour cible par des snipers issus des rangs du mouvement terroriste Hamas le long de la frontière entre Gaza et Israël.

    Il s’agit du sergent d’Etat-major Aviv Levi, âgé de 21 ans et de la ville de Petah Tikva, lequel a été tué « lors d’une opération dans le sud de la bande de Gaza », a précisé l’armée dans un communiqué, ajoutant qu’il était membre de la brigade Givati.
    (...)
    Le Premier ministre Benyamin Netanyahou a aussitôt transmis ses « sincères condoléances » aux parents et aux frères et soeurs du sergent d’Etat-major Levi.

    « Aviv s’est battu aux côtés de ses amis avec détermination et bravoure face au terrorisme de la bande de Gaza, et malheureusement cette bataille exige parfois un prix insupportable », a déclaré le Premier ministre israélien.(...)


  • Israël : la loi sur « l’Etat-nation » adoptée à la Knesset
    Le Monde.fr avec Reuters | 19.07.2018
    https://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2018/07/19/israel-la-loi-sur-l-etat-nation-adoptee-a-la-knesset_5333366_3218.html

    Les députés israéliens ont approuvé, jeudi 19 juillet, un projet de loi controversé qui ne reconnaît le droit à l’autodétermination qu’aux juifs. « Israël est l’Etat-nation du peuple juif dans lequel il réalise son droit naturel, culturel, historique et religieux à l’autodétermination », dit le texte, adopté par 62 voix contre 55 et deux abstentions.

    Plusieurs députés arabes israéliens ont bruyamment exprimé leur indignation après le vote. « C’est un moment décisif dans les annales du sionisme et de l’histoire de l’Etat d’Israël », s’est en revanche félicité le premier ministre Benyamin Nétanyahou.

    La loi, symboliquement promulguée juste après le 70e anniversaire de la naissance de l’Etat d’Israël, retire par ailleurs à l’arabe son statut de langue officielle au côté de l’hébreu, pour le remplacer par un « statut spécial » qui autorise la poursuite de son utilisation dans l’administration.

    Les détracteurs du texte jugeaient les premières moutures encore plus discriminatoires à l’égard des Arabes Israéliens, qui représentent 20 % de la population.


  • i24NEWS - Le Mossad récupère la montre appartenant à l’espion Eli Cohen exécuté en Syrie
    https://www.i24news.tv/fr/actu/international/moyen-orient/178787-180705-le-mossad-recupere-une-montre-appartenant-a-l-espion-eli-cohen

    « Je félicite les agents du Mossad pour cette opération effectuée avec détermination et courage, dont l’unique objectif était de rendre à Israël un souvenir d’un grand combattant qui a grandement contribué à la sécurité de l’Etat », a déclaré le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou.

    et il y en a des dizaines comme ça...

    haaretz.com : Spy’s widow: ’Mossad spoke to us a couple of months ago when the watch was up for sale’... The Prime Minister’s Office declined to comment on where the watch was purchased.

    Bref, l’Etat israélien a acheté, sans doute sur internet, la montre d’un espion exécuté en 1965.

    Requêtes Google :
    ministre israélien espion iran : 263 000 résultats
    montre espion israélien syrie : 216 000 r"ésultats

    #fakenews #propagande


  • Une ligne de chemin de fer reliera Israël à l’Arabie saoudite
    Middle East Eye - 24 juin 2018
    http://www.middleeasteye.net/fr/reportages/une-ligne-de-chemin-de-fer-reliera-isra-l-l-arabie-saoudite-116017449

    Le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou et son ministre des Transports et du Renseignement Yisrael Katz ont donné leur accord final pour la réalisation d’une ligne de chemain de fer entre l’Europe et l’Arabie saoudite, passant par Israël.

    Plusieurs médias israéliens ont relayé l’information, précisant que le projet s’intitulait « les rails de la paix régionale ».

    Ce projet prévoit de faire passer la ligne de chemin de fer d’Israël vers l’Arabie saoudite en passant par la frontière jordanienne et la ville de Jénine en Cisjordanie. Un projet qui aura un important soutien américain, selon les médias israéliens.

    Le gouvernement israélien a chargé le ministre Yisrael Katz de présenter les avantages de ce projets à plusieurs pays européens et asiatiques, mais aussi arabes, particulièrement l’Arabie saoudite et ses voisins du Golfe.


  • L’« accord du siècle » : les maîtres espions entrent en scène
    Middle East Eye - 28 juin 2018
    http://www.middleeasteye.net/fr/reportages/l-accord-du-si-cle-les-ma-tres-espions-entre-en-sc-ne-1793925807

    Yossi Cohen, directeur du Mossad israélien assistant à la fête nationale du 4 juillet à l’ambassade américaine en Israël, 2017 (AFP)

    Une importante réunion a rassemblé, le 17 juin dernier, à Aqaba en Jordanie, les responsables des services secrets israéliens, saoudiens, égyptiens et palestiniens.

    Selon le site français Intelligence online, cette réunion intervenait un jour avant la rencontre entre le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, et le roi de Jordanie, Abdallah II.

    Le chef du Mossad israélien, Yossi Cohen, le directeur des services secrets saoudiens, Khaled ben Ali al-Humaidan, le responsable du Service de renseignement général égyptien, Abbas Kamel, le chef des services secrets jordaniens, Adnan Issam al-Jundi, et le directeur du renseignement de l’Autorité palestinienne Majed Faraj, auraient assisté à cette réunion secrète dans la ville côtière jordanienne.

    Selon les sources du site Intelligence Online, ce sont le conseiller de Donald Trump, Jared Kushner, et l’émissaire spécial de Donald Trump pour le Moyen-Orient, Jason Greenblatt qui sont à l’origine de l’organisation de ce conclave entre maîtres espions.

    L’ordre du jour de cette réunion reste encore inconnue. Plusieurs médias s’accordent toutefois à deviner qu’il s’agissait de convaincre l’Autorité palestinienne d’’accepter l’« accord du siècle » que veut imposer l’administration Trump.

    Mais le patron des services secrets palestiniens, Majed Faraj, aurait refusé de participer activement à la discussion lors de cette réunion, se contentant d’exprimer des observations d’ordre général.

    Or, mercredi 27 juin, Majed Faraj a déclaré devant des journalistes à Ramallah qu’il était satisfait du refus de plusieurs pays arabes à la proposition de Washington, appelé l’« accord du siècle ».


  • Rassemblement contre la venue de Netanyahou en France le mardi 5 juin
    https://rebellyon.info/RASSEMBLEMENT-contre-la-venue-de-19303

    La « saison croisée France-Israël » doit être inaugurée à Paris le 5 juin par le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, conjointement avec le président de la République Emmanuel Macron. Rendez-vous à Lyon le mardi 5 juin à 18h sur les quais du Rhône.

    #Infos_locales

    / #Résistances_et_solidarités_internationales, Une


  • L’ambassadeur américain en #Israël, David Friedman, est un artisan de longue date des colonies en Cisjordanie,
    https://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2018/05/24/apres-gaza-israel-s-en-prend-aux-medias-internationaux_5303580_3218.html

    [...] il fut le président de l’organisation American Friends of Beit El institutions, du nom d’une colonie située à la sortie Est de Ramallah. Depuis sa désignation comme ambassadeur par Donald Trump il y a un an, il intervient dans le débat public comme un avocat ardent d’Israël, chéri par la droite et le premier ministre Benyamin Nétanyahou.

    #Etats-Unis


  • Israël hanté par la Nakba
    Thomas Vescovi, Monde diplomatique, mai 2018
    https://www.monde-diplomatique.fr/2018/05/VESCOVI/58636

    « La marche du grand retour » : c’est ainsi que les organisations politiques palestiniennes nomment les actions menées chaque année depuis 2009 entre le 30 mars et le 15 mai. Pour l’État d’Israël, le 14 mai marque le souvenir de ce jour de 1948 où David Ben Gourion déclara l’indépendance. La société palestinienne, elle, commémore le lendemain la Nakba (« catastrophe », en arabe) : l’expulsion des 805 000 Palestiniens dont les descendants attendent encore l’application de la résolution 194, votée le 11 décembre 1948 par l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies (ONU). Ce texte fonde leur « droit au retour » : c’est-à-dire de pouvoir rentrer dans leurs foyers ou de recevoir une compensation. Enfin, c’est à cette date que l’administration de M. Donald Trump entend inaugurer la nouvelle ambassade des États-Unis à Jérusalem.

    Au terme de la première guerre israélo-arabe, des centaines de milliers de Palestiniens se retrouvent éparpillés aux quatre coins de la région. Des historiens enregistrent les événements, conscients que la version du vainqueur risque de s’imposer. Les écrits de Walid Khalidi ou Sami Hadawi sont sans ambiguïté : qu’il ait préféré fuir de lui-même pour se protéger ou qu’il y ait été forcé, le peuple palestinien a été chassé de sa terre (1). Mais, pour que cette version des événements de 1948 se diffuse au-delà du monde arabe, il a fallu attendre 1987 et la publication des premiers ouvrages des « nouveaux historiens » israéliens, parmi lesquels Benny Morris, Tom Segev, Ilan Pappé et Avi Shlaïm (2). En s’appuyant sur les archives de leur État, ces chercheurs ébranlèrent un à un les piliers de l’historiographie officielle.

    La temporalité de ces publications n’est pas anodine. Le premier ouvrage paraît lorsque se déclenche la première Intifada, près d’une décennie après l’arrivée au pouvoir de la droite et le début du mouvement refuznik, qui voit des objecteurs de conscience refuser de servir dans les territoires occupés tandis que des militaires israéliens s’interrogent à propos des pratiques de leur armée. Les pacifistes entrent dans une phase d’ouverture et d’interrogation sur leur société, leur État et leur rapport à l’autre. L’accession d’Itzhak Rabin au poste de premier ministre en 1992 et le début des négociations avec l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), qui conduisent à la signature des accords d’Oslo en septembre 1993, s’inscrivent dans ce cadre. C’est l’époque où la guerre froide se termine et où le soutien de nombreux pays arabes à la coalition anti-irakienne durant la guerre du Golfe de 1991 sonne le glas d’un panarabisme longtemps opposé à toute négociation avec Israël.

    Au cours de la première moitié des années 1990, les travaux des « nouveaux historiens » suscitent un réel intérêt au sein d’une partie de la société israélienne. Conférences, séminaires, débats dans les médias : sans être acceptées par tous, les thèses avancées dans ces ouvrages sont du moins discutées. Des projets d’écriture d’une histoire israélo-palestinienne surgissent, de même que des commissions visant à revoir les programmes d’histoire dans les écoles. Cependant, les discussions restent cantonnées aux milieux intellectuels. L’assassinat de Rabin par un extrémiste juif en 1995, puis l’arrivée au pouvoir de M. Benyamin Netanyahou en 1996 et le début des attentats-suicides sur le sol israélien mettent à mal ce processus d’ouverture, mais ne l’interrompent pas.

    Le déclenchement de la seconde Intifada, fin septembre 2000, referme néanmoins les derniers espaces d’échange et de dialogue entre Israéliens et Palestiniens au sujet de leurs récits historiques. Principaux promoteurs de ces relations, les mouvements pacifistes s’effondrent à la suite de l’échec, en juillet 2000, du sommet de Camp David ; un échec dont le premier ministre travailliste Ehoud Barak, par un tour de passe-passe masquant sa propre intransigeance (il reconnaîtra plus tard n’avoir rien proposé au dirigeant palestinien), impute la responsabilité au seul Yasser Arafat. Sans représenter l’avant-garde du mouvement, les militants de la gauche sioniste parvenaient à rassembler de larges secteurs de la société israélienne. Avec les déclarations de M. Barak et le déclenchement d’un second soulèvement palestinien bien plus meurtrier et militarisé que le premier, la majeure partie d’entre eux cessent toute activité pacifiste ; leurs organisations s’essoufflent.

    Pour la société juive, il n’y aurait alors « plus de partenaire » avec qui faire la paix. Les Israéliens perçoivent la seconde Intifada comme une attaque sans sommation des Palestiniens, qui plus est marquée par la mobilisation du Hamas, nouvelle force politique à tendance islamiste, ce qui fait écho à une actualité mondiale anxiogène. En 2001, Ariel Sharon, chef de file de la droite, remporte les élections en proposant une autre issue : puisque la cohabitation est impossible, la séparation amènera la paix. Conformément à cette logique unilatérale, un mur est construit en Cisjordanie entre Palestiniens et colons israéliens et l’armée se retire de la bande de Gaza.

    La mémoire de la Nakba est à nouveau profondément enfouie au profit de la vieille propagande : les Palestiniens auraient quitté leur terre pour ne pas vivre avec des Juifs ; Israël a droit à cette terre que Dieu aurait donnée à Abraham. Dès sa prise de fonctions, Sharon fait retirer des écoles le manuel d’histoire d’Eyal Naveh, qui introduisait une vision hétérodoxe de 1948. À l’université, les travaux des « nouveaux historiens » sont combattus avec virulence. Aujourd’hui, cette bataille est au cœur des actions d’Im Tirtzu, une organisation estudiantine proche du dirigeant d’extrême droite et actuel ministre de l’éducation Naftali Bennett, dont les militants ont mené ces dernières années une campagne baptisée « La Nakba est un mensonge » (3). Les Israéliens refusent de se considérer comme partie prenante de l’histoire palestinienne, et les institutions leur martèlent qu’ils sont les héritiers d’idées émancipatrices et progressistes.

    La création d’Israël a lieu au lendemain de la guerre la plus meurtrière de l’histoire, à l’issue de laquelle les idéaux de liberté ont triomphé du fascisme. Les Juifs incarnent les principales victimes de la terreur nazie, et la fondation d’un État-refuge au Proche-Orient doit venir réparer cette tragédie pourtant européenne. Dès lors, la défense d’Israël devient un enjeu à la fois politique et civilisationnel. La mémoire de la Nakba risque de ternir la totale innocence qu’affiche l’appareil d’État israélien. Accepter qu’à la création du pays ses combattants n’aient pas été des victimes, mais des bourreaux, ruinerait la « pureté des armes » dont se targue l’armée dite « de défense » d’Israël.

    La logique de séparation a entraîné dans la société juive israélienne un profond désintérêt pour la question palestinienne. Lors des élections législatives de mars 2015, seuls 9 % considéraient l’obtention d’un accord de paix avec les Palestiniens comme une priorité pour le prochain gouvernement (4). Ce sujet devenant invisible à leurs yeux, une forte proportion d’Israéliens se rallient aux idées les plus nationalistes. En 2001, lorsque la violence de la seconde Intifada était à son paroxysme, 35 % d’entre eux se disaient favorables à un « transfert » de la population arabe hors d’Israël vers la Cisjordanie ou la Jordanie (5). En 2015, 58 % soutiennent cette proposition, et 59 % la mise en place d’un régime d’apartheid privilégiant les Juifs en cas d’annexion de la Cisjordanie.

    Sur les ruines du grand mouvement pour la paix ont toutefois émergé de petites organisations agissant sur des questions plus ciblées. Ainsi Zochrot, fondée en 2001, se donne pour objectif d’enseigner la Nakba à la société israélienne. Elle a pris l’initiative de la première conférence sur le droit au retour des réfugiés palestiniens en Israël et organise depuis 2013 un festival annuel de films intitulé « De la Nakba au retour ». Elle propose également des visites de sites palestiniens « abandonnés » en 1948. La résidence d’un cheikh devenue cafétéria de l’université de Tel-Aviv, des maisons palestiniennes transformées en centre psychiatrique à Kfar Shaul : autant d’éléments du paysage israélien qui rappellent l’arabité de la terre. Pour les fondateurs du centre de recherche alternatif De-Colonizer (décoloniser), Éléonore Merza et Eitan Bronstein, la Nakba reste un tabou en Israël. En pratique, « la discussion se limite généralement à la question de savoir s’il est souhaitable ou même permis d’en discuter ». Cependant, ils notent que la situation a évolué, puisque le mot bénéficie d’un écho suffisant pour inquiéter les responsables politiques.

    Le 23 mars 2011, la Knesset, le Parlement israélien, adopte un amendement au budget prévoyant qu’aucune organisation commémorant le jour de la fête nationale comme un deuil ne reçoive plus de subventions. Naturellement, ces associations n’en bénéficiaient pas auparavant, mais il s’agit de les stigmatiser et de diffuser le sentiment que prendre part à ce type de manifestations vous place en dehors de la société. Par ailleurs, l’amendement dénie à la population arabe d’Israël, soit un habitant sur cinq, le droit d’honorer son histoire. D’ailleurs, depuis 2009, les écoles arabes n’ont officiellement plus le droit d’utiliser le terme « Nakba » dans leurs programmes.

    Pour la sociologue Ronit Lentin, il existe en Israël trois manières de considérer la Nakba (6). Une minorité ressasse la vision fantasmée de la Palestine comme « terre sans peuple pour un peuple sans terre ». D’autres reconnaissent partiellement la tragédie vécue par les Palestiniens, mais refusent d’admettre une quelconque responsabilité juive, voire répètent les arguments éculés sur les liens entre les Arabes et les nazis (7). Enfin, certains reconnaissent explicitement l’expulsion, mais refusent l’idée de présenter des excuses, ou regrettent même que le transfert n’ait pas été total — comme le « nouvel historien » repenti Benny Morris, qui a fini par affirmer : « Un État juif n’aurait pas pu être créé sans déraciner les Palestiniens (8). »

    Le Likoud, quant à lui, s’en tient à la version officielle niant toute expulsion, et par conséquent tout droit des Palestiniens sur la terre. La gauche sioniste reconnaît des massacres et des expulsions, mais en attribue la responsabilité aux milices nationalistes du Parti révisionniste, l’Irgoun et le Lehi.

    Pour certains militants anti-occupation, la découverte de la réalité de 1948 a marqué le début d’une remise en question plus générale de l’État d’Israël. D’où la réticence de beaucoup de leurs concitoyens à s’interroger sur cette période. Accepter de voir s’effondrer le récit inculqué depuis l’école les condamnerait à une marginalisation, voire à une stigmatisation ; on les accuserait d’accepter le discours de l’adversaire. Ainsi, certains parviennent à enfouir ces vérités au plus profond d’eux-mêmes afin de poursuivre normalement leur vie.

    Conformément à la théorie freudienne (9), Israël agit avec la Nakba comme un esprit traumatisé qui tente de refouler ce qui le hante. Une sorte d’« inquiétante étrangeté », à la source d’un sentiment de honte ressenti à l’égard d’actes passés, provoque un malaise qui pousse à vouloir les faire disparaître. Ce passé dérangeant revient, selon Freud, lorsque s’effacent les limites entre l’imagination et la réalité. La mémoire de la Nakba remonte à la surface par l’intermédiaire de divers acteurs qui détruisent les créations imaginaires pour montrer la réalité, et de Palestiniens qui saisissent toutes les occasions de resurgir dans l’espace public.

    La marche du 30 mars et celles qui ont suivi, avec leur lourd bilan humain, sont un cauchemar pour l’État d’Israël ; un rappel du fait que cinq millions de Palestiniens, les réfugiés et leurs descendants qui vivent à Gaza, en Cisjordanie ou dans d’autres pays de la région continuent de s’accrocher à leur droit au retour, ou à une indemnité à titre de compensation pour avoir été chassés de leur terre et de leurs demeures. Ils incarnent une injustice dont les Israéliens restent comptables.

    Thomas Vescovi Chercheur indépendant en histoire contemporaine, auteur de La Mémoire de la Nakba en Israël, L’Harmattan, coll. « Comprendre le Moyen-Orient », Paris, 2015.

    (1) Walid Khalidi, Nakba, 1947-1948, Sindbad - Actes sud - Institut des études palestiniennes, Arles, 2012.
    (2) Lire Dominique Vidal, « L’expulsion des Palestiniens revisitée par des historiens israéliens », Le Monde diplomatique, décembre 1997.
    (3) Lire Charles Enderlin, « Israël à l’heure de l’Inquisition », Le Monde diplomatique, mars 2016.
    (4) The Times of Israel, Jérusalem, 25 janvier 2015.
    (5) Gideon Levy, « Survey : Most Israeli Jews wouldn’t give Palestinians vote if West Bank was annexed », Haaretz, Tel-Aviv, 23 octobre 2012.
    (6) Ronit Lentin, Co-memory and Melancholia. Israelis memorialising the Palestinian Nakba, Manchester University Press, 2010.
    (7) Lire Gilbert Achcar, « Inusable grand mufti de Jérusalem », Le Monde diplomatique, mai 2010.
    (8) Haaretz, 9 janvier 2004.
    (9) Sigmund Freud, L’Inquiétante Étrangeté et autres essais, Gallimard, coll. « Folio essais », Paris, 1985 (1re éd. : 1919).

    #Palestine #Nakba #Histoire


  • Gaza : indignation de l’émissaire de l’ONU après la mort d’un ado
    Guillaume Gendron, Libération, le 21 avril 2018
    http://www.liberation.fr/planete/2018/04/21/gaza-indignation-de-l-emissaire-de-l-onu-apres-la-mort-d-un-ado_1644965

    Quatre Palestiniens, dont un mineur, ont été tués vendredi lors de nouvelles manifestations à la frontière de Gaza. L’émissaire de l’ONU dans la région a accusé Tsahal de « tirer sur des enfants ».

    « Voilà une autre idée : arrêtez de tirer sur des enfants ». Au soir d’un quatrième vendredi consécutif de colère et de sang à Gaza, l’envoyé spécial de l’ONU pour le « processus de paix » au Proche-Orient, le Bulgare Nickolay Mladenov, a décidé d’enfreindre les codes policés du verbiage diplomatique.

    Il répondait ainsi sur Twitter à un ancien porte-parole de Tsahal qui lui suggérait d’ordonner aux employés de l’ONU à Gaza de former une chaîne humaine pour empêcher les manifestants de s’approcher de la frontière. Plus tôt, Mladenov s’était indigné en termes tout aussi forts de la mort dans la journée d’un adolescent de 15 ans, tué d’une balle dans la tête par un sniper israélien, « un incident tragique qui doit faire l’objet d’une enquête ». Une vidéo confuse du moment fatal, largement relayée sur les réseaux sociaux, montre le jeune Palestinien abattu au milieu d’autres manifestants, à plusieurs dizaines de mètres de la clôture et ne posant aucune menace apparente.

    Au total, selon le ministère de la santé de Gaza contrôlé par le Hamas, quatre palestiniens ont été tués durant la journée de vendredi, et 156 autres blessés par des tirs à balles réelles. Depuis le 30 mars et le début de la « Marche du retour », mobilisation de masse le long de la frontière avec Israël, 37 Palestiniens - dont quatre mineurs - ont été tués par les forces israéliennes positionnées de l’autre côté des barbelés. Aucun Israélien n’a été blessé.

    Lancé à l’origine par des activistes « apolitiques » puis soutenu financièrement et logistiquement par le Hamas, le mouvement réclame « le droit au retour » des réfugiés et leurs descendants ainsi que la levée du blocus sur l’enclave. Si la grande majorité des participants est pacifique, divers incidents (lancers de pierres et de cocktails molotov, cerf-volants enflammés, pneus brûlés, drapeaux nazis) ont été montés en épingle par les officiels israéliens pour en démentir la nature non-violente. Jeudi, des drones israéliens ont largué des milliers de flyers le long de la frontière intimant aux Palestiniens de ne pas participer à ces rassemblements et ne pas se laisser manipuler « à des fins politiques par le Hamas ». La mobilisation doit culminer le 15 mai, jour de la « Nakba » pour les Palestiniens, soit la « Catastrophe » que fut l’expulsion de leurs villages en 1948.

    Depuis le début de cette flambée de violence, 4 900 Palestiniens ont été blessés. Jeudi, les équipes de Médecins Sans Frontières ont annoncé avoir traité en trois semaines plus de patients que durant toute l’année 2014, durant laquelle s’était déroulée l’opération israélienne « Bordure protectrice ». Les équipes de l’ONG ont souligné la nature « dévastatrice » des blessures causées par les balles des tireurs d’élite, « d’une sévérité inhabituelle, extrêmement complexes à soigner et qui laisseront de lourdes séquelles à la majorité des patients ». La description des lésions (« chez la moitié des 500 victimes de tirs que nous avons prises en charge, la balle a littéralement détruit les tissus après avoir pulvérisé l’os ») semble indiquer l’utilisation de balles explosives. Selon le ministère de la Santé de Gaza, 60% des blessés sont touchés dans la région du genou, indiquant une consigne claire. Plusieurs Gazaouis, faute de pouvoir être transférés hors de Gaza pour plus de soins en Cisjordanie, ont dû être amputés - un recours auprès de la Cour suprême israélienne pour autoriser ces sorties a été déposé.

    La réaction outragée de Nickolay Mladenov s’inscrit dans un contexte de condamnation internationale grandissante, alors que l’Etat hébreu fête ses 70 ans. Jeudi, l’actrice israélo-américaine Natalie Portman a annulé sa venue à la cérémonie du prix Genesis, sorte de Nobel israélien qu’elle devait recevoir, citant « des événements récents bouleversants », sans faire référence explicitement à Gaza. Vivement critiquée en Israël, l’actrice a depuis précisé qu’elle ne souhaitait pas, par sa présence, apparaître comme un soutien de Benyamin Netanyahou, qui devait lire un discours introductif.

    #Palestine #Gaza #Palestine_assassinée #enfants #ONU #Nickolay_Mladenov #armée_israélienne


  • Israël refuse toute enquête indépendante sur la mort de manifestants dans la bande de Gaza
    Le Monde.fr avec AFP | 01.04.2018
    http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2018/04/01/israel-refuse-toute-enquete-independante-sur-la-mort-de-manifestants-dans-la

    (...) Le premier ministre, Benyamin Nétanyahou, a également rejeté toutes les critiques et a exprimé samedi dans un communiqué son soutien à l’armée : « Bravo à nos soldats. » Dimanche, il a aussi dénoncé les « leçons de morale » du président turc, Recep Tayyip Erdogan, qui avait accusé la veille Israël d’avoir commis une « attaque inhumaine ».

    הצבא המוסרי בעולם לא יקבל הטפות מוסר ממי שבמשך שנים מפציץ אוכלוסיה אזרחית ללא אבחנה. כנראה שכך מציינים באנקרה את ה-1 באפריל.
    — netanyahu (@ Benjamin Netanyahu)

    (« L’armée la plus éthique du monde n’a pas de leçons de morale à recevoir de la part de celui qui bombarde des civils sans discernement depuis des années. »)

    « Hé, Nétanyahou ! Tu es un occupant ! Et c’est en tant qu’occupant que tu es sur ces terres. En même temps, tu es un terroriste », lui a rétorqué dans la foulée M. Erdogan, lors d’un discours télévisé devant ses partisans à Adana (sud de la Turquie). « Ce que tu fais aux Palestiniens opprimés sera inscrit dans l’histoire et nous ne l’oublierons jamais », a-t-il poursuivi, ajoutant que « le peuple israélien est mal à l’aise avec ce que tu fais ». (...)

    #Netanyahu_Erdogan