person:bill gates

  • Bill Gates, « l’homme le plus généreux du monde », ne l’est pas tant que cela
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/110519/bill-gates-l-homme-le-plus-genereux-du-monde-ne-l-est-pas-tant-que-cela

    En étudiant « l’art de la fausse générosité » mise en œuvre par la fondation Gates, le journaliste Lionel Astruc dessine dans un livre d’enquête les contours d’un « philanthrocapitalisme » associant bonnes affaires et belles actions. Le concept résonne après les promesses en centaines de millions d’euros faites par les grandes fortunes françaises dans la foulée de l’incendie de Notre-Dame de Paris.

    #ESSAIS #Fondation_Gates,_Fondation_Bill_et_Melinda_Gates,_Bill_Gates,_Lionel_Astruc,_A_la_Une

  • Plusieurs milliardaires américains demandent une augmentation des impôts sur les plus riches - Finance - Trends-Tendances
    https://trends.levif.be/economie/banque-et-finance/plusieurs-milliardaires-americains-demandent-une-augmentation-des-impots-sur-les-plus-riches/article-opinion-1119255.html?cookie_check=1557060338

    En quelques semaines, coup sur coup, des milliardaires comme Bill Gates, Warren Buffet et même Jamie Dimon, le patron de JP Morgan la plus importante banque américaine, tous ont tiré la sonnette d’alarme. Ils estiment que les plus riches sont sous-taxés et que le rêve américain, c’est-à-dire la possibilité de devenir riche en partant de rien, n’est aujourd’hui plus possible à cause du système actuel qui rend les riches plus riches et que les pauvres n’ont plus l’occasion de sortir de leur condition. — Permalink

    #justicesociale #usa #économie

  • Capitalocène, racisme environnemental et écoféminisme – Agitations
    https://agitationautonome.com/2019/04/07/capitalocene-racisme-environnemental-et-ecofeminisme

    « En dehors du fait que les méthodes d’exploitation ne correspondent pas au niveau de développement social, mais aux conditions accidentelles et fort inégales dans lesquelles les producteurs sont individuellement placés, nous assistons dans ces deux formes [petite et grande culture] à une exploitation gaspilleuse des ressources du sol au lieu d’une culture consciencieuse et rationnelle de la terre, propriété commune et éternelle, condition inaliénable de l’existence et de la reproduction de générations humaines qui se relaient ».
    Karl Marx, Le Capital, Volume II

    « Quand il pleut, quand il y a de faux nuages sur Paris, n’oubliez jamais que c’est la faute du gouvernement. La production industrielle aliénée fait la pluie. La révolution fait le beau temps ».
    Guy Debord, La Planète Malade

    Introduction

    Indéniablement, le désastre est en cours. Les îles Marshall sont progressivement inondées, certaines ont déjà disparu. Les réfugiés climatiques se multiplient, et sont des milliers à demander l’asile climatique : ils seront plusieurs centaines de millions d’ici 30 ans (à noter qu’à ce jour, le statut de « réfugié climatique » n’est pas reconnu juridiquement par les institutions supranationales). Les catastrophes naturelles s’intensifient, l’augmentation de la salinité des eaux menace nombre de terres agricoles, les feux de forêts paraissent dans certaines régions inarrêtables. Des métropoles et mégalopoles phares du capitalisme mondialisé sont menacées d’être invivables d’ici quelques décennies, notamment Miami, New-York, Rotterdam, Tokyo, Singapour ou encore Amsterdam.

    Il serait fastidieux de recenser tous les dégâts du réchauffement climatique, et là n’est pas notre sujet. Nombre de travaux ont déjà été réalisés1 sur ce qui apparaît aujourd’hui comme une menace monstrueuse et imminente : l’effondrement de toute civilisation humaine. Les théories catastrophistes ont désormais le vent en poupe, tout comme les thèses, articles et ouvrages de collapsologie. Le survivalisme devient progressivement un thème sociétal en vogue, surfant au gré des pseudo-solutions individualistes et techno-utopistes prônées par les tenants du capitalisme vert ou par les lobbys assurantiels du risque climatique. Le changement climatique est un marché lucratif.

    Depuis des décennies, l’ampleur du danger est étudiée par des institutions et chercheurs, pour la plupart occidentaux et régulièrement subventionnés par de grands groupes capitalistes. Les plus grandes fortunes mondiales se transforment en philanthropes sauveurs de l’humanité. En 2016, Bill Gates, à travers sa fondation et le fonds Breakthrough Energy Ventures, levait un milliard de dollars afin de développer des technologies de géo-ingénierie illuminées nécessitant l’exploitation de millions de prolétaires pour des résultats plus qu’incertains. Mark Zuckerberg (Facebook), Jeff Bezos (Amazon) ou Richard Branson (Virgin) furent parmi les principaux donateurs. D’autres multi-milliardaires explorent en hélicoptère les savanes africaines et indonésiennes afin de redorer leur image en comptant le nombre d’éléphants disparus chaque année : une façon comme une autre de faire campagne sans nécessité de serrer des mains.

    Les capitalistes profitent de la déqualification du prolétariat à l’ère du Toyotisme2 pour s’arroger toutes les compétences techniques et toutes les solutions au changement climatique : les travailleurs, aliénés, sont dépossédés de toute capacité d’intervention sur la production, entrainant la promotion d’une attitude individualiste et morale sur la crise en cours. Ainsi, les capitalistes font de la crise environnementale un problème « civilisationnel », un « enjeu nouveau pour nos démocraties », se pressent pour parler de « consensus » quant au danger qui nous guette. L’idéologie citoyenniste du « tous-ensemble » ou celle pseudo-radicale de l’éco-populisme sont incapables de mettre fin aux ambitions d’exploitation des ressources naturelles propres au système actuel, précisément parce que ce dernier ne peut fonctionner qu’en accumulant toujours plus de richesses. Ces idéologies s’indignent de l’inaction de l’État, incapable de remettre l’humanité sur de bons rails. Dès lors, l’ État est le nouvel interlocuteur privilégié des acteurs des Marches pour le Climat, marches très majoritairement métropolitaines, blanches et bourgeoises. De son côté, l’économie apparaît pour ces marcheurs, dans un système mondialisé, comme lointaine, sinon secondaire : elle est un « interlocuteur » absent.

    L’indignation citoyenniste est d’un moralisme exacerbé, si bien qu’on entend parler à longueur de temps d’alternatives institutionnelles. C’est l’homme qui est visé dans son individualité, abstraitement, et ce principalement à travers son mode de consommation. La production marchande passe à la trappe au profit du « consom’acteur », le genre humain est aussi bien le fauteur de trouble que le bouc-émissaire, l’universalisme bourgeois hors-sol des Lumières reprend ses droits. Une vision fictionnelle du système-monde l’emporte à l’heure où les sols sont presque partout déjà morts.

    Contre cette lecture caricaturale de la crise en cours, nous effectuerons dans un premier temps une critique radicale du concept d’Anthropocène, en tant qu’il serait cause du réchauffement climatique, et nous lui préférerons le concept de Capitalocène. Dans un second temps, nous verrons comment le système capitaliste produit différentes formes de racisme environnemental. Enfin, nous verrons ce qu’une lecture écoféministe de la crise telle que celle de Maria Mies nous enseigne à propos des liens entre effondrement environnemental et domination masculine, le tout afin de comprendre comment les luttes actuelles (aux prises avec les contradictions du capital, de genre et avec la segmentation raciale du travail comme de l’espace) sont imbriquées et tendent à ralentir la crise.

    #capitalocène #écoféminisme

  • Lionel Astruc : « À travers sa fondation, Bill Gates contourne l’État et s’achète du pouvoir »
    https://www.franceinter.fr/emissions/l-interview/l-interview-16-mars-2019

    Le journaliste a enquêté sur la fondation du patron de Microsoft et de sa femme. La fondation Bill et Melinda Gates, dont l’intention affichée est de lutter contres les inégalités, investirait dans des activités "peu éthiques" et "nourrirait les fléaux contre lesquels elle prétend lutter". Écoutez cette interview... #ogm et produits phyto de #monsanto, investissement dans le pétrole, la malbouffe,... — Permalink

    #capitalisme

  • Global inequality: Do we really live in a one-hump world?

    There is a powerful infographic that has been circulating on social media for a couple of years now. It illustrates a dramatic transformation from a “two hump world” in 1975 to a “one hump world” today. It was created by Hans Rosling and Gapminder, and has been reproduced and circulated by Max Roser and Our World in Data. Take a look:

    It is an astonishing image. In his post on inequality, Roser uses this graph to conclude: “The poorer countries have caught up, and world income inequality has declined.” Hans Rosling went further, saying that thinking about the world in terms of North and South is no longer a useful lens, as the South has caught up to the North. Bill Gates has used the graph to claim that “the world is no longer separated between the West and the Rest.” Steven Pinker leveraged it for the same purpose in his book Enlightenment Now. And Duncan Green recently wrote that income inequality is no longer about a divide between nations or regions of the world, but rather between social groups within the global population as a whole.

    Indeed, the graph gives the impression that all of the world’s people are basically in the same income bubble: whether you’re in Europe, Asia or the Americas, we’re all in the same hump, with a smooth, normal distribution. Clearly globalization has abolished that old colonial divide between North and South, and has worked nicely in favour of the majority of the world’s population. Right?

    Well, not quite. In fact, this impression is exactly the opposite of what is actually happening in the world.

    There are a few things about this graph that we need to keep in mind:

    First of all, the x axis is laid out on a logarithmic scale. This has the effect of cramming the incomes of the rich into the same visual space as the incomes of the poor. If laid out on a linear scale, we would see that in reality the bulk of the world’s population is pressed way over to the left, while a long tail of rich people whips out to the right, with people in the global North capturing virtually all of the income above $30 per day. It’s a very different picture indeed.

    Second, the income figures are adjusted for PPP. Comparing the incomes of rich people and poor people in PPP terms is problematic because PPP is known to overstate the purchasing power of the poor vis-a-vis the rich (basically because the poor consume a range of goods that are under-represented in PPP calculations, as economists like Ha-Joon Chang and Sanjay Reddy have pointed out). This approach may work for measuring something like poverty, or access to consumption, but it doesn’t make sense to use it for assessing the distribution of income generated by the global economy each year. For this, we need to use constant dollars.

    Third, the countries in the graph are grouped by world region: Europe, Asia and the Pacific, North and South America, Africa. The problem with this grouping is that it tells us nothing about “North and South”. Global North countries like Australia, New Zealand and Japan are included in Asia and Pacific, while the Americas include the US and Canada right alongside Haiti and Belize. If we want to know whether the North-South divide still exists, we need a grouping that will actually serve that end.

    So what happens if we look at the data differently? Divide the world’s countries between global South and global North, use constant dollars instead of PPP, and set it out on a linear axis rather than a logarithmic one. Here’s what it looks like. The circle sizes represent population, and the x axis is average income (graphics developed by Huzaifa Zoomkawala; click through for more detail):

    Suddenly the story changes completely. We see that while per capita income has indeed increased in the global South, the global North has captured the vast majority of new income generated by global growth since 1960. As a result, the income gap between the average person in the North and the average person in the South has nearly quadrupled in size, going from $9,000 in 1960 to $35,000 today.

    In other words, there has been no “catch up”, no “convergence”. On the contrary, what’s happening is divergence, big time.

    This is not to say that Rosling and Roser’s hump graphs are wrong. They tell us important things about how world demographics have changed. But they certainly cannot be used to conclude that poor countries have “caught up”, or that the North-South divide no longer exists, or that income inequality between nations doesn’t matter anymore. Indeed, quite the opposite is true.

    Why is this happening? Because, as I explain in The Divide, the global economy has been organized to facilitate the North’s access to cheap labour, raw materials, and captive markets in the South - today just as during the colonial period. Sure, some important things have obviously changed. But the countries of the North still control a vastly disproportionate share of voting power in the World Bank and the IMF, the institutions that control the rules of the global economy. They control a disproportionate share of bargaining power in the World Trade Organization. They wield leverage over the economic policy of poorer countries through debt. They control the majority of the world’s secrecy jurisdictions, which enable multinational companies to extract untaxed profits out of the South. They retain the ability to topple foreign governments whose economic policies they don’t like, and occupy countries they consider to be strategic in terms of resources and geography.

    These geopolitical power imbalances sustain and reproduce a global class divide that has worsened since the end of colonialism. This injustice is conveniently elided by the one-hump graph, which offers a misleadingly rosy narrative about what has happened over the past half century.

    https://www.jasonhickel.org/blog/2019/3/17/two-hump-world

    #inégalités #monde #statistiques #visualisation #chiffres #évolution
    ping @reka

  • Four Ways #blockchain #technology Will Disrupt Telecommunications
    https://hackernoon.com/four-ways-blockchain-technology-will-disrupt-telecommunications-48357404

    In March of this year, Jeff Bezos, founder of Amazon, unseated Bill Gates for the position of richest man in the world. The feat was the result of a massive $40 billion jump in net worth — the largest ever, according to Forbes.With Bezos, Zuckerberg and others reaching the uppermost echelon of wealth, it’s easy to forget the days when the dot.com bubble burst, and companies like Amazon were the pariahs of the stock market. The move from the bottom to the top reflects both the fickle public sentiment of investors, and the underlying fundamental value that made Amazon what it is today.In a similar vein perhaps, the Bitcoin bubble has officially burst. Dropping nearly 80% from its highs at the end of 2017, the first and greatest cryptocurrency has come on tough times.Fundamentals are (...)

    #telecommunication

  • Classement Forbes : Bezos reste l’homme le plus riche du monde, Bernard Arnault est 4e
    https://www.latribune.fr/economie/international/classement-forbes-bezos-reste-l-homme-le-plus-riche-du-monde-bernard-arnau

    Pas de révolution au classement des personnes les plus riches du monde du magazine Forbes : le fondateur d’Amazon Jeff Bezos reste le numéro un devant Bill Gates et Warren Buffett. Mais l’année 2019 recèle tout de même des surprises : la chute de Zuckerberg, la remontée de Donald Trump (malgré une fortune inchangée)... Quant à Bernard Arnault, le patron de LVMH, il conforte sa position de première fortune française et quatrième mondiale.

    Le trio de tête du classement 2019 des personnes les plus riches de la planète de Forbes est identique à celui de 2018, avec Jeff Bezos, le patron d’Amazon, qui conserve sa première place en amassant près de 20 milliards de dollars supplémentaires pour une fortune estimée à 131 milliards de dollars. Il creuse ainsi l’écart avec le numéro deux, Bill Gates, cofondateur de Microsoft devenu philanthrope. A 63 ans, il a vu sa fortune augmenter plus modestement, pour atteindre 96,5 milliards de dollars, contre 90 milliards l’an dernier.

    Le troisième du classement est l’investisseur Warren Buffett, 88 ans, doyen du podium, même si sa réputation d’avoir le nez pour les bonnes affaires a pris un coup avec le plongeon fin février des bénéfices et de l’action du géant agroalimentaire Kraft Heinz, sur lequel il avait misé. Il voit ainsi sa fortune baisser de 1,5 milliard, à 82,5 milliards de dollars.

    Avec 14 représentants parmi les 20 premiers, les Américains dominent toujours ce classement mondial, qui rassemble quelque 2.100 milliardaires, dont la fortune cumulée s’élève à 8.700 milliards de dollars.

    La France compte tout de même deux représentants dans le top 20 : Bernard Arnault, président du groupe français LVMH, qui reste la 4e fortune planétaire et le Français le plus riche, avec une fortune estimée à 66,9 milliards d’euros (76 milliards de dollars). Et Françoise Bettencourt-Meyers, l’héritière de L’Oréal, classée 15e, qui est d’ailleurs la seule femme parmi les 20 premiers.

    Sur la troisième marche du podium français figure François Pinault, fondateur du groupe PPR aujourd’hui disparu, rival de LVMH dans le luxe avec Kering, qui a vu sa fortune estimée croître de près de 12% en un an à 26,1 milliards d’euros (29,7 milliards de dollars).

    Zuckerberg chute à la 8e place, miné par les déboires de Facebook
    Surprise de taille, le patron de Facebook Mark Zuckerberg tombe du 5e au 8e rang après avoir « perdu » près de 9 milliards de dollars.

  • How Google, Microsoft, and Big Tech Are Automating the Climate Crisis
    https://gizmodo.com/how-google-microsoft-and-big-tech-are-automating-the-1832790799

    I am not sure how Google’s mission of indexing all the world’s information came to contain the side quest of helping the world in which it sits burn. Or how Bill Gates can talk about fighting climate change at Davos while his company props up and propels its actual largest contributors. (The most impactful move Gates could probably make at this point would be to ask Microsoft to cut ties from the fossil fuel industry.) Or how Amazon can advertise services aimed to optimize the obtaining and burning of carbon with the same blase copy with which it advertises Kindle self-publishing services.

  • Enfants : les risques de l’addiction aux écrans (et pas que....)
    https://www.crashdebug.fr/high-teck/15652-enfants-les-risques-de-l-addiction-aux-ecrans-et-pas-que

    Il ne faut pas voir que le danger des écrans, il y a aussi la baisse du QI à cause des perturbateurs endocriniens, et le phénomène d’addiction ne touche pas que les enfants loin de la, il faut en comprendre les mécanismes (vidéo ci-dessous) car nous pouvons être accroc aux notifications, aux mails, aux nouvelles qui tombent en permanence, et ce sans même nous en rendre compte. Il faut aussi faire attention a votre rétine (et à celle de vos enfants), les verres spéciaux ne coûtent pas très cher, et sont extrêmement efficace.

    Update 14.02.2019 : Comment les géants du Web fabriquent l’addiction

    Update 14.02.2019 : Bill Gates et Steve Jobs ont élevé leurs enfants sans technologie — et cela aurait dû être un signal d’alarme (Business Insider)

    Inattention, difficulté d’apprentissage, troubles (...)

  • The future of tech according to Mark Cuban, Zuck and Bill Gates is…liberal arts?!?
    https://hackernoon.com/https-medium-com-stevenchien-the-future-of-tech-according-to-mark-cuban-

    When these billionaire tech heavyweights speak, it’s worth a listen.We’ve all heard of the impending Robot-pocalypse, where robots come and steal everyone’s job.A sample of some fear-mongering headlines:JP Morgan just outsourced finance and legal work to a robot that can complete 360,000 hours of billable work in a few seconds.Mark Cuban predicts robots will soon be able to write better computer code than humans.Even some doctors may get displaced by smart toilets and other sensors that provide a more accurate diagnosis.Imagine that…Doctors, lawyers, accountants and engineers being displaced by Robots…it’s every Tiger Mom’s worst nightmare!Hold up! So what’s this all mean?Mark Cuban, the billionaire software developer and owner of the Dallas Mavericks says:“I personally think there’s going to be (...)

    #side-project #leadership #personal-development #entrepreneurship #side-hustle

  • Ten Years and $10,000
    https://hackernoon.com/ten-years-and-10-000-5be22c77491a?source=rss----3a8144eabfe3---4

    Bill Gates once wrote, “Most people overestimate what they can do in one year and underestimate what they can do in ten years.” Cards Against Humanity is a good embodiment of this principle, even if their spin on that saying might contain more swear words.According to co-founder Max Temkin, Cards Against Humanity celebrated its tenth-anniversary last night. It’s an impressive milestone, considering the company got started with a scant $15,570 raised on Kickstarter before it quickly started generating millions of dollars in revenue, and if the planogram at my local Target is instructive, became the most popular tabletop game of the holiday season — taking up more space than Monopoly and Clue combined.Cards Against Humanity also manufactures the Exploding Kittens franchise, making them one of (...)

    #entrepreneurship #venture-capital #startup #tech #business

  • #cryptocurrency Viability Analysis 2018 Q4
    https://hackernoon.com/cryptocurrency-viability-analysis-2018-q4-eef5b5a66d20?source=rss----3a8

    Cryptocurrencies are the future and #blockchain is here to stay!Disclaimer: Data sourced from InWara. This is not financial advice.Cryptocurrency market continues to plunge with major currencies losing over 40% market cap in just a span of one month (From the second week of November 2018 to the second week of December 2018). #bitcoin’s dominance over the marketplace escalates while the bearish momentum is still lurking. Despite the slowdown in the trade, visionaries like Tim Draper, Peter Lynch, Bill Gates, Jack Dorsey, Patrick Byrne and many more still believe that cryptocurrencies will be reshaping the future economy.2018 had a great start but sluggish endIn the very first week of 2018, cryptomarket peaked to an all-time high with more than $60 Billion of cryptocurrency traded within 24 (...)

    #private-funding-activity #ico-market

  • Why #coding is a difficulty for many…
    https://hackernoon.com/coding-the-word-that-is-being-thrown-around-by-almost-every-tech-geek-fr

    Coding, the word that is being thrown around by almost every tech geek from a student to #developer level is surely the way leading forward. Since childhood, I have been fascinated by the word “coding” and I have been deeply attached with this word ever since. Check out code.org’s video on “Coding is not difficult” which shall give you an insight into how the famous tech people like Mark Zuckerberg, Bill Gates, etc. started their career. Many people are intimidated by coding, and hence I would like to share my views and #experience so far!I still remember I was in grade 5 when we first started to code in QBASIC, the basic #programming language for kids to understand. The ecstasy of running a “Hello World” program in any language is unparalleled and my case was no different. I remember I shouted out loud in (...)

    #technology

  • Economie solidaire : Jean-Marc Borello, l’homme qui fait du social un business, Isabelle Rey-Lefebvre et Denis Cosnard, Le Monde (qui lâche son canasson)

    Ce proche d’Emmanuel #Macron préside aux destinées du groupe SOS d’économie solidaire dont le chiffre d’affaires frôle le milliard d’euros.


    Jean Marc Borello à son arrivée pour une réunion avec les candidats du mouvement « En marche ! », à Paris, le 13 mai 2017.

    Et un #hôpital de plus ! Le neuvième à tomber dans l’escarcelle de SOS. Le groupe français d’économie sociale a annoncé, début novembre, la reprise du centre médical La Source, à Saint-Léger-les-Mélèzes (Hautes-Alpes). Au même moment, à Marseille, il a été choisi par la ville pour restaurer et exploiter durant quarante ans le fort d’Entrecasteaux, un site militaire du XVIIe siècle fermé depuis des années. Dans un ou deux ans, il devrait être transformé en lieu d’innovation culturelle. A la clé, 300 emplois, notamment pour des jeunes en difficulté.

    C’est encore le Groupe SOS qui a été désigné, en septembre, par le gouvernement pour prendre en charge des personnes radicalisées, notamment celles de retour de Syrie. Objectif : les sortir de leur parcours extrémiste et les réinsérer. Un centre a ouvert à Paris fin septembre, un deuxième est prévu à Marseille.

    Plus discrètement, SOS a été retenu par le groupe parlementaire La République en marche (#LRM) pour apprendre à une partie de ses députés à s’exprimer dans les médias. Et dans quelques jours, il devrait reprendre Les Brigades vertes, une grosse association de Dardilly (Rhône) chargée d’aider des personnes au revenu de solidarité active (RSA) à trouver un avenir, elle-même en grand péril.

    Un hôpital à redresser, un monument historique à restaurer, des islamistes radicalisés à remettre dans le droit chemin, des élus à former, des réfugiés à héberger… De mois en mois, SOS n’en finit pas de remporter les appels d’offres les plus divers, et de grandir, grandir.

    Au total, le groupe associatif affirme employer à présent près de 18 000 salariés dans 500 établissements, et table, pour 2018, sur un chiffre d’affaires de 948 millions d’euros. Le cap du milliard est en vue. « Cela fera une croissance de 10 % à 15 %, comme les années précédentes », évalue Jean-Marc Borello, installé dans son bureau du 11e arrondissement de Paris. En France, jamais une entreprise de l’économie sociale et solidaire n’avait atteint pareille taille.

    Association milliardaire

    Soudain, le patron de 60 ans se lève et ouvre la fenêtre, histoire de fumer une cigarette en mesurant le chemin accompli depuis la création des premières associations fondatrices de SOS, en #1984. « La valeur liquidative du groupe est désormais voisine de 1 milliard d’euros, notamment parce que notre “truc associatif” est propriétaire de ses murs, glisse-t-il avec satisfaction. Cela veut dire que, si demain on arrêtait tout, on se retrouverait avec 1 milliard. Mais qu’est-ce qu’on en ferait ? »

    Une association milliardaire ! Joli succès pour cet ancien éducateur spécialisé, devenu gestionnaire de boîtes de nuit aux côtés de Régine, puis figure de proue de l’économie sociale, et désormais l’un des #patrons les plus proches d’Emmanuel Macron. Après l’avoir eu comme élève à Sciences Po, le dirigeant de SOS s’est mis à son service durant la campagne présidentielle. Dans la foulée, deux anciens du groupe, Pacôme Rupin et Aurélien Taché, ont été élus à l’Assemblée.

    Quatre mois après l’élection, le président-fondateur lui-même s’est vu confier par le gouvernement une mission sur « l’innovation sociale au service de la lutte contre l’exclusion ». Membre du bureau exécutif de LRM, l’homme fort de SOS préside aujourd’hui la commission chargée de choisir les candidats pour les élections européennes, un poste de confiance. Dans certaines réunions, « il arrive que M. Borello surplombe les ministres, leur coupe la parole », constate Louis Gallois, ancien patron de la SNCF et actuel président de la Fédération des acteurs de la solidarité.

    Mais ce succès ne va pas sans susciter des critiques. M. Borello s’est vu qualifier de « Bernard Tapie », d’« industriel du social ». Certains l’accusent de reproduire dans le monde associatif les logiques prédatrices du capitalisme classique. Et d’avoir constitué, avec SOS, un petit empire géré de façon clanique.

    Pouvoir concentré

    De fait, l’association est verrouillée. Pas de bénévoles, pas d’adhérents hormis une centaine de membres triés sur le volet : magistrats, hauts fonctionnaires, professeurs de médecine qui doivent être parrainés par les trente membres du conseil d’administration… qu’ils ont élus. Le circuit est ainsi bouclé, ce qu’admet le patron. « Bien sûr, il ne suffit pas de payer sa cotisation pour entrer : il faut avoir rendu des services éminents ou être ancien responsable des associations passées dans le groupe. » Le conseil, réuni trois ou quatre fois l’an, a d’ailleurs un rôle mineur, affirme un administrateur des premiers jours.

    « Cette absence de contrôle démocratique, de contre-pouvoir, pose problème dans un domaine comme l’action sociale », juge Patrick Doutreligne, président de l’Union nationale interfédérale des œuvres et organismes privés non lucratifs sanitaires et sociaux. M. Borello se défend : « C’est une association de gestion, elle reste fermée et à l’abri d’une OPA associative. »

    En pratique, le pouvoir paraît concentré entre les mains du président et de quelques dirigeants, liés pour certains d’entre eux par des relations affectives ou familiales. « Oui, il y a autour de Jean-Marc une forme de cour, dont j’ai fait partie, et qui bénéficie parfois de privilèges, notamment d’appartements rachetés au groupe », reconnaît, un peu gêné, un ancien responsable.

    Un château avec piscine et kangourous dans le parc

    Le patron se déplace en voiture avec chauffeur. Il passe des week-ends dans une propriété du groupe, Les Tournelles, à Hautefeuille (Seine-et-Marne), un château avec piscine, jacuzzi, salle de projection, et même des kangourous dans le parc.
    Des signes qui passent mal dans le milieu de l’action sociale et qui contrastent avec le sort des salariés de base. « En fin d’année 2017, j’ai voulu remercier mon équipe qui s’est démenée pour remettre sur pied notre accueil, témoigne une directrice. La hiérarchie a royalement proposé une prime humiliante de 50 euros... »

    Et puis, il y a la façon dont Jean-Marc Borello se comporte avec certains hommes. La scène s’est répétée à de nombreuses reprises. « C’est une sorte de tradition », racontent des habitués. Lors des grandes fêtes qui ponctuent la vie du groupe, M. Borello ouvre le bal sur Gigi L’Amoroso, de Dalida. Lorsque résonnent les premières notes de piano et de mandoline, le patron de SOS choisit dans l’assemblée un des membres du personnel, un beau jeune homme en général, l’entraîne sur la piste et danse avec lui. Quand la chanson s’arrête, il embrasse son partenaire. Parfois sur la bouche.
    « Moi, il m’a même roulé une pelle en public, par surprise, alors que je n’avais rien demandé », témoigne un de ceux passés entre ses bras, encore sidéré. « Il a essayé, mais j’ai tourné la tête à temps pour éviter son baiser », confie un autre. « Comme ses habitudes sont connues dans le groupe, les garçons qui ne veulent pas être pris pour cible sortent de la salle à ce moment-là, ajoutent trois anciens cadres. Mais tous ne sont pas avertis. »

    « Je ne force personne »
    Des baisers ? Jean-Marc Borello assume. « Cela peut choquer, mais nous savons d’où nous venons, c’est-à-dire d’Arcat, du Kiosque, des premières associations de lutte contre le sida. » Du baiser sur la bouche conçu comme un acte militant, et de la fête antidote à la mort. En revanche, il dément tout harcèlement. « Je ne force personne, se défend-il. Cette maison a été fondée sur la protection des plus faibles, et nous avons des procédures très rigoureuses contre ce genre de choses. » Aucune plainte n’a d’ailleurs été déposée.

    « Tous les garçons ne sont pas consentants, corrige un de ceux qui ont assisté à ce type de scène. Mais comment voulez-vous qu’ils se rebellent ? Ils ont face à eux le patron du groupe, un homme imposant, charismatique, qui pourrait être leur père. Le pape de l’économie sociale et solidaire ! S’ils veulent faire carrière dans le secteur, ils n’ont aucun intérêt à ruer dans les brancards. »
    « Je me suis senti agressé, mais je ne voulais pas être à l’origine d’une crise dans notre petit milieu », confirme un des hommes concernés, qui souhaite rester anonyme, comme les neuf témoins qui nous ont décrit ces situations. Et puis, autour d’eux, personne ne semble choqué. « Tu connais Jean-Marc, il est comme ça, avec ses excès… »

    Quant à la stratégie tous azimuts du groupe, elle peut dérouter, elle aussi. Le patron assume. « Certains groupes veulent se concentrer sur leur “core business”. Nous, on en a soixante, de corps, et quand on en a marre, on en change ! », s’exclame-t-il en riant.

    « Dans le domaine social au sens large »

    Aux centres de soin pour les drogués ou les personnes handicapées, aux maisons pour les enfants de la Ddass, se sont ajoutés au fil des ans des hôpitaux, des crèches, des maisons de retraite, des chantiers d’insertion, des boutiques de produits équitables, deux journaux (Respect Mag, Up le mag), une radio (Raje), une agence de média training, un restaurant à Saint-Denis, ou encore le Pavillon Elysée, un lieu de réception ultrachic qui vient de rouvrir après un an de travaux, en bas des Champs-Elysées.

    Derrière cet empilement, il y a une logique, plaide M. Borello : « inventer la société de demain » en multipliant les initiatives « dans le domaine social au sens large ».
    De même, l’ex-patron du Palace revendique l’efficacité économique. « Dans de nombreux secteurs, nous sommes en concurrence directe avec le privé, par exemple dans les maisons de retraite, et on ne peut pas se louper », souligne-t-il. A ses yeux, gagner de l’argent est la clé pour continuer à assurer ses missions au profit d’un public toujours plus large.

    Pour y parvenir, le groupe emploie une méthode bien rodée. D’abord, il dépense moins que d’autres pour payer son personnel, même si les écarts de salaires, initialement limités de 1 à 4, vont désormais de 1 à 15, en comptant certains chirurgiens. « Comme on donne du sens à leur job, on attire les meilleurs élèves des meilleures écoles, sourit le président du directoire. Ils viennent ici travailler plus et gagner moins ! »
    Ensuite, parmi toutes les structures mal en point qui frappent à la porte, il ne reprend que celles qui bénéficient de #subventions sûres ou, surtout, disposent d’un #patrimoine_immobilier. « C’est le critère numéro un », assurent des anciens. Une fois dans le giron du groupe, les structures font l’objet d’une reprise en main vigoureuse. Les dirigeants sont remplacés par de jeunes diplômés des meilleures écoles.

    Gestion par courriel
    Pour Maxime de Rostolan, fondateur de Fermes d’avenir, association qui prône une agriculture biologique, cela s’est bien passé, même s’il a dû lâcher la direction : « Nous avons longuement réfléchi avant d’adhérer à SOS, nous avons eu toutes les réponses à nos questions et, surtout, des moyens financiers pour un tour de France qui a permis de développer le concept », raconte-t-il.
    Une autre association de producteurs, Bio Normandie, a, elle, renoncé au mariage malgré une mauvaise passe financière : « Nous avons tout de suite senti que la seule chose qui intéressait les émissaires de SOS était notre réseau de producteurs et transformateurs, bâti en vingt ans d’activité, mais pas notre fonctionnement ni nos valeurs, et que nous y perdrions notre identité », confie Grégory Tierce, responsable du pôle production.
    Pour l’association bordelaise Mana, spécialisée dans les soins aux réfugiés les plus traumatisés, l’intégration, depuis juillet 2017, se révèle douloureuse. Les traducteurs du bulgare, du roumain, de l’albanais, de l’afghan, qui viennent à l’appui des médecins lors de consultations, ont été priés, pour certains, de devenir #auto-entrepreneurs, d’accepter des #missions facturées à la minute, sans prise en charge de leurs déplacements, sans rétribution si le rendez-vous est annulé, sans protection s’ils doivent se rendre dans des squats où peuvent sévir tuberculose, gale et rougeole… La gestion se passe désormais par courriel et plate-forme informatique, sans contacts humains, ce qui heurte ces travailleurs sociaux très impliqués dans leur tâche.

    Economies d’échelle
    Face aux tensions, Guy Sebbah, le directeur de SOS Solidarités est venu de Paris fin octobre en réunion de crise pour « écouter les salariés », constitués en collectif. Quatre jours plus tard, celle qui avait pris la parole au nom des autres, la psychologue Zineb Mantrach, était remerciée et son contrat non renouvelé à quatre jours de son échéance : « J’ai dû interrompre toutes mes séances et ateliers qui s’adressent à des réfugiés en grande souffrance, traumatisés par des viols, des tortures. »

    Durant notre entretien, elle reçoit un texto : « J’ai besoin de vous. Quand revenez-vous ? », demande une ancienne patiente, enceinte à la suite d’un viol. « Je reçois plein de messages de ce type », explique en pleurant la psychologue.
    Autre levier, le groupe joue la carte des économies d’échelle, en particulier au niveau des achats. A Douai (Nord), où SOS a repris en 2015 un établissement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), « on a pu économiser 70 000 euros par an grâce aux tarifs négociés par le groupe », relate ainsi M. Borello. La même mécanique devrait permettre d’améliorer les comptes des quatre #Ehpad que la SNCF doit transférer à SOS au 1er janvier.

    Groupe SOS : un trésor immobilier évalué à 500 millions d’euros , Isabelle Rey-Lefebvre
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2018/12/05/groupe-sos-un-tresor-immobilier-evalue-a-500-millions-d-euros_5392949_3224.h

    Groupe SOS : un trésor immobilier évalué à 500 millions d’euros
    Certains dirigeants de SOS ont pu racheter au groupe des appartements à des prix très avantageux.

    Depuis une trentaine d’années, le Groupe SOS s’est constitué un petit empire #immobilier évalué à 500 millions d’euros. Il repose sur un portefeuille hétéroclite de 455 #logements_sociaux et très sociaux principalement situés à Paris, 26 commerces, deux garages, des châteaux, des bureaux à Metz, Marseille et Casablanca, et 48 structures du type résidences sociales, crèches, maisons-relais, foyers de jeunes travailleurs… Tout est logé dans Alterna, filiale à statut coopératif de SOS, dirigée par Frédéric Bailly. « Centraliser l’immobilier permet de mutualiser des compétences pour réaliser des travaux, et de mieux convaincre les banques de nous accorder des prêts », explique Jean-Marc Borello, président du directoire du groupe.

    Un trésor dont les dirigeants de SOS ont parfois su profiter. C’est ainsi qu’un bel immeuble en pierre de taille, au cœur de Paris, destiné initialement à du logement très social, s’est ainsi retrouvé pour moitié la propriété d’Eric Teboul, alors gérant d’Alterna. En juin 2004 et juin 2006, en pleine flambée des prix, il y a acquis cinq appartements pour 2 500 et 3 000 euros le mètre carré, bien en dessous des prix de marché. Guy Sebbah, directeur de SOS Solidarités, y a, lui, acheté, en 2004, un appartement de 74 mètres carrés au prix de 157 000 euros, qu’il a revendu 710 000 euros en 2015. Frédéric Bailly, l’actuel gérant d’Alterna, a pu bénéficier en 2004, dans le même immeuble, d’un appartement de 47 mètres carrés achetés 2 143 euros le mètre carré. A l’époque, le prix moyen dans l’arrondissement s’établissait à 4 910 euros. Une opération similaire a porté sur un appartement d’un immeuble du 18e arrondissement, vendu au directeur de la communication de SOS, Nicolas Froissard.

    « Risque de conflit d’intérêts »

    L’Agence nationale de contrôle du logement social, qui a étudié l’affaire, relève : « En décidant de vendre à des personnes travaillant au sein du Groupe SOS, Alliance Immobilière [ancien nom d’Alterna] a écarté des acheteurs offrant un meilleur prix. Ceci illustre le risque de conflit d’intérêts d’autant que deux de ces ventes se sont traduites par une moins-value pour Alliance Immobilière. » Le groupe se défend en affirmant avoir respecté la valeur donnée par l’administration des Domaines.

    D’où vient le patrimoine d’Alterna ? Il a grandi au fil des acquisitions réalisées pour mener à bien les projets sociaux et financées par d’abondantes subventions (36,1 millions d’euros en 2017), mais aussi de l’intégration d’associations. En rejoignant SOS, elles lui transfèrent leurs actifs, terrains, bâtiments, etc. C’est le cas, par exemple, des Œuvres sociales d’Ormesson et de Villiers, vieille fondation datant du XIXe siècle destinée à l’origine au soin des tuberculeux, à la tête de deux établissements dans le Val-de-Marne, dont une maison d’accueil de 50 places pour personnes lourdement handicapées à Ormesson-sur-Marne.

    La fondation a rejoint SOS en 2010 et son patrimoine immobilier, évalué à 6,5 millions d’euros, a été transféré à Alterna en juillet 2015 : « Très vite, nous avons senti l’intérêt du Groupe SOS pour ce terrain, en plein centre-ville, raconte Jean-Luc Lefeuvre, président du conseil de la vie sociale de l’établissement. Depuis qu’il a mis la main sur cette propriété sans débourser un sou, le président de SOS qui nous avait promis de la maintenir et la réhabiliter veut transférer l’établissement à Villiers, dans un nouveau bâtiment, et vendre le terrain de d’Ormesson, un parc de trois hectares, mitoyen de la mairie ». M. Borello se défend : « Nous discutons avec la maire de l’utilisation future de ce terrain, dont la vente financerait tout juste la construction d’un nouveau bâtiment à Villiers. »

    Mélange des genres

    Alterna vend aussi beaucoup de biens dont elle n’a plus l’usage. Elle a ainsi, entre 2015 et 2017, cédé dix immeubles à la régie immobilière de la ville de Paris, dégageant de belles plus-values, par exemple de 5,4 millions d’euros rien qu’avec les deux immeubles et trois appartements vendus en 2017. Grâce à ces gains et malgré une exploitation déficitaire, les comptes d’Alterna sont bénéficiaires, d’environ 2 millions d’euros en 2017, pour un chiffre d’affaires de 12 millions d’euros.

    Cela permet à la société de transférer, chaque année, entre 1 et 2 millions d’euros à des entités du groupe à statut commercial, telles que le Comptoir de l’innovation, la société d’événementiel Event It, des incubateurs d’entreprises, la société de BTP Exigences ou encore la société holding SOS Participations.
    Ce mélange des genres a le don d’irriter les contrôleurs de l’Ancols qui, dans leurs rapports de 2003, 2011 et 2016, critiquent ces mouvements de fonds et l’absence de comptabilités séparées sans, toutefois, les sanctionner : « L’activité de logement social, qui bénéficie d’aides publiques sous forme de subventions et d’exemptions fiscales, ne doit pas permettre le soutien d’autres activités même s’il s’agit de l’intérêt général », jugeaient-ils en 2011. « Il faut bien aider au démarrage de ces entreprises d’insertion », justifie M. Borello.

    Isabelle Rey-Lefebvre

    Jean-Marc Borello, l’atout social d’Emmanuel Macron , Patrick Roger, le 17 janvier 2017

    Le président de SOS, numéro un de l’économie sociale et solidaire, est l’un des neuf délégués nationaux du candidat d’En marche !

    Le siège du groupe SOS ne paye pas de mine. Niché au fond d’un passage du quartier de la République, à Paris (11e), à deux pas du Cirque d’hiver, le lieu n’a rien à voir avec ces luxueux bureaux d’affaires dont le clinquant et le tape-à-l’œil font office de carte de visite. Le hall d’accueil a des allures de ruche affairée. C’est le cœur névralgique d’un géant de l’économie sociale et solidaire, qui regroupe plus de 400 établissements, emploie 15 000 salariés et devrait franchir en 2017 le cap du milliard d’euros de chiffre d’affaires.

    A peine son visiteur lui a-t-il été annoncé que le président fondateur, Jean-Marc Borello, surgit, la main tendue, la poignée de main ferme. Il revient tout juste d’un déplacement à Mayotte, où le groupe gère trois établissements, notamment dans le domaine de la protection de l’enfance. En jean et chemise, ce « grand patron » à la carrure de rugbyman et à l’accent méridional, né en 1957 à Gardanne (Bouches-du-Rhône), ne colle pas aux canons du genre.

    Depuis la fin octobre 2016, Emmanuel Macron en a fait un des neuf délégués nationaux de son mouvement, En marche !, de même que Catherine Barbaroux, la présidente de l’Adie, première association de microcrédit en France. Ce sont ainsi deux des principaux acteurs de l’économie sociale et solidaire, connus pour leurs engagements de longue date aux côtés des exclus et leur enracinement à gauche, qui figurent dans le cercle rapproché des « ambassadeurs » du mouvement.

    « Je suis irréductiblement de gauche »

    Voilà qui ne cadre guère avec le cliché abondamment reproduit de l’ex-banquier d’affaires de chez Rothschild, estampillé libéral et voué aux gémonies par une partie de la gauche. C’est pourtant une des facettes méconnues du personnage, qui en nourrissent la complexité. « Bien avant En marche !, j’ai amené Emmanuel voir ce qui se passait dans le domaine de l’économie sociale et solidaire, il y a quinze ans déjà », raconte Jean-Marc Borello, qui l’a eu comme élève à Sciences Po, où l’ancien éducateur spécialisé prodiguait des enseignements.
    Les deux hommes se sont revus lorsque Emmanuel Macron est devenu ministre de l’économie, en août 2014. Le président du groupe SOS avait préalablement pas mal travaillé sur l’élaboration de la loi de juillet 2014 avec Benoît Hamon, lorsque celui-ci était ministre délégué à l’économie sociale et solidaire. Ils ont alors recommencé à travailler ensemble. Et le voilà à présent intégré dans l’équipe d’En marche !
    « Macron, c’est un vrai bénéfice pour amener les jeunes à réinvestir le débat politique. C’est franchement une belle histoire, s’enthousiasme Jean-Marc Borello. C’est formidable de repartir sur une aventure comme ça. »

    Il avoue avoir toujours à affronter le scepticisme d’une partie de son entourage, notamment parmi ceux qui ont suivi sa trajectoire depuis qu’il intervenait à la fin des années 1970 auprès de jeunes délinquants en région parisienne, aux Ulis (Essonne), avant d’intégrer, après l’arrivée de la gauche au pouvoir, en #1981, la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et les toxicomanies.

    « Je suis irréductiblement de gauche et je suis trop vieux pour changer, se défend-il. Mais on ne pourra pas faire face aux besoins de solidarité, qui sont immenses, si on ne crée pas au préalable de la richesse. » Cette vision, il la développe dans un ouvrage à paraître le 19 janvier, au titre en forme d’oxymore, Pour un capitalisme d’intérêt général (Débats publics, 193 p., 18 euros).

    « Aller voir tout ce qui fonctionne très bien »

    Quel peut être le rôle de ces délégués nationaux issus de l’économie sociale et solidaire dans l’élaboration du projet d’Emmanuel Macron, outre le fait qu’ils disposent d’un important réseau ? « Notre domaine d’intervention, c’est la #lutte_contre_les_exclusions, comment gérer les politiques publiques autour de l’exclusion, du logement, etc., explique Jean-Marc Borello. Je fais remonter les propositions et les demandes du secteur. Il y a des groupes qui travaillent sur le logement, la grande exclusion, l’immigration, le droit d’asile… » Il n’ira pas, toutefois, jusqu’à lever le voile sur ce qui pourrait irriguer les engagements du candidat Macron, que ce dernier devrait présenter le 4 février à Lyon.
    « Nous sommes dans l’idée d’aller voir tout ce qui fonctionne très bien et qu’on n’a jamais été foutu de développer à l’échelle nationale, comment, avec toutes ces initiatives qui ont fait leurs preuves sur le terrain, monter des dispositifs ambitieux, comment faire pour desserrer l’étau administratif et réglementaire pour permettre aux gens d’innover », reprend le patron de SOS.

    Il cite en exemple l’expérience de Cuisine mode d’emploi(s), créée par le chef Thierry Marx pour permettre à des jeunes sans qualification ou à des chômeurs de longue durée d’intégrer les métiers de la restauration. Ou encore celle de Mozaïk RH, fondée par Saïd Hammouche pour aider les jeunes diplômés des quartiers défavorisés à intégrer le monde de l’entreprise.

    Mauvaise polémique
    Et, quand Emmanuel Macron se déplace dans le Pas-de-Calais, rencontre des acteurs locaux intervenant dans le domaine de l’habitat social ou de la précarité, décrit les conséquences sanitaires de la paupérisation de certains territoires, il parle en connaissance de cause, nourri précisément par ces expériences de terrain. Il décrit une réalité qui perdure et, même, va en s’aggravant. Cela lui a valu un tombereau de critiques. Une bien mauvaise polémique, en fait : cette réalité, les acteurs de l’économie sociale et de la prévention ne la connaissent que trop bien.

    « Il y a un vrai mouvement mondial autour de l’entrepreneuriat social, 40 % des sortants de grandes écoles veulent travailler dans l’économie sociale , assure Jean-Marc Borello. Là-dessus, Emmanuel Macron est absolument convaincu. » Ses propositions dans ce domaine pourraient contribuer à rééquilibrer l’image et le corpus programmatique du candidat d’En marche ! Et aussi exercer un réel pouvoir de séduction auprès d’une partie de l’électorat jeune – et moins jeune – à la recherche de nouveaux modes d’engagement.

    #histoire #socialisme #Borello

    • Jean-Marc Borello : itinéraire d’un patron, du milieu de la nuit à la macronie, Laure Bretton et Gurvan Kristanadjaja

      Le fondateur du groupe SOS assiste à une réunion à l’ELysée, le 12 décembre. Photo Bruno Lévy. Divergence

      Avant de construire son empire, Jean-Marc Borello s’est engagé contre le sida. Celui qui a toujours flirté avec la politique est décrit comme un personnage fascinant.

      Colosse culminant à près de deux mètres, voix rocailleuse et accent marseillais, Jean-Marc Borello, 61 ans, est un #patron déroutant. En trente ans, l’ancien éducateur de rue est devenu le pape - laïc - de l’économie sociale et solidaire (#ESS), un secteur passé à la postérité depuis que François Hollande lui a dédié un ministère, niché au cœur de la forteresse de Bercy. Depuis, toutes les formules superlatives ont été tentées pour décrire Jean-Marc Borello, sorti de l’ombre associative pour devenir un acteur politico-économique majeur. « Bill Gates de l’ESS » quand on veut être gentil. « Bernard Tapie du #social », quand on a quelques doutes sur le bonhomme quand même. Chez Borello, les cheveux mi-longs ont cédé la place à une coupe en brosse grisonnante avec raie sur le côté, le blouson en cuir a été remplacé par un costard. Comme un dernier îlot de résistance au conformisme bourgeois, la cravate se fait rare. Parti d’un engagement militant et personnel - lutter contre les toxicomanies et le sida - il a construit un petit empire comptant aujourd’hui plus de 17 000 personnes . Homme d’affaires accompli, le patron du groupe SOS tranche par une familiarité devenue marque de fabrique. « Jean-Marc », lance-t-il simplement en tendant la main quand on le rencontre.

      A l’origine, rien ne prédestine Jean-Marc Borello à être un homme de pouvoir. Né en 1957 d’un père militaire et d’une mère ouvrière à Aix-en-Provence, il grandit à Gardanne. Pensionnaire et délégué de classe, il se fait renvoyer. Meneur d’hommes mais pas dans les clous. En 1982, sa vision de l’éducation de jeunes en détresse le fait remarquer : il entre à la Mission interministérielle de lutte contre les toxicomanies (Mildeca), nommé par le gouvernement #Mauroy. Le compagnonnage socialiste ne fait que commencer. Deux ans plus tard, il fonde sa propre association, SOS drogue international. [...]

      Depuis trente ans, Jean-Marc Borello a toujours flirté avec la politique. D’abord à Marseille en 1981. Mitterandiste, il entre au cabinet de Gaston Defferre, maireemblématique. Entre 1984 et 1986, il est chef de cabinet de Gilles Trigano, alors délégué aux nouvelles formations auprès du Premier ministre Laurent Fabius. Gravitant dans la galaxie #socialiste parisienne, Jean-Marc Borello rencontre #Bertrand_Delanoë puis #Anne_Hidalgo. SOS coche toutes les cases pour la gauche : le groupe s’occupe de publics défavorisés, s’investit dans l’insertion professionnelle.

      #Harcèlement_sexuel : « Je ne voulais pas de ce baiser mais Borello a le bras long » , Laure Bretton et Gurvan Kristanadjaja —
      https://www.liberation.fr/france/2018/12/20/harcelement-sexuel-je-ne-voulais-pas-de-ce-baiser-mais-borello-a-le-bras-

      Pilier de la #macronie, figure du milieu de l’économie sociale et solidaire ne cachant pas son homosexualité, le président du groupe SOS est accusé de harcèlement et d’#agressions_sexuelles dans son #entreprise. Il se défend en invoquant la « culture du groupe ». « Libération » a recueilli le témoignage d’anciens employés décrivant les comportements déplacés de leur patron, au vu et au su de tous.

      L’idée venait d’en haut, le timing était parfait. Juste avant la journée de lutte contre les violences sexistes et sexuelles du 25 novembre, les milliers de collaborateurs du groupe SOS, géant français de l’économie sociale et solidaire, ont reçu une invitation de leur direction. L’idée ? S’engager personnellement contre le harcèlement et les agressions, notamment homophobes. Depuis trente ans, la lutte contre les inégalités et la solidarité font l’ADN du groupe SOS. Le défi ? Poster sur les réseaux sociaux des photos d’un baiser entre salariés - homme-homme, femme-femme, femme-homme - accompagnées du hashtag #FraternitéChallenge. « Chaque agression est une agression de trop. Il n’est pas question ni de capituler ni de nous y habituer », souligne la newsletter envoyée par le service communication. La direction montre l’exemple, joignant deux clichés d’hommes s’embrassant sur la bouche. Sur l’une des images, le porte-parole LGBT du groupe dépose un baiser sur les lèvres du président du directoire, Jean-Marc Borello. « La liberté c’est le droit. L’égalité, c’est le fait. La fraternité c’est le devoir », souligne le grand patron dans un tweet lançant l’opération. [...]

      Ce qui fait tiquer dans ce #FraternitéChallenge apparu fin novembre, c’est qu’il coïncide avec les avancées d’une enquête que Libération a entamée au début de l’été : plusieurs anciens #salariés accusent Jean-Marc Borello de faits relevant, selon le code pénal, de harcèlement, d’atteintes ou d’agressions sexuelles. Si elle correspond à la raison d’être du groupe SOS, cette campagne de communication virale ressemble aussi à un début de contre-attaque médiatique : fournir des images d’embrassades volontaires pour noyer d’autres gestes non consentis.

      [... ]La scène est devenue un classique des soirées SOS. Du genre que l’on ressasse à la machine à café le lendemain.

      Ce soir de septembre il y a quatre ans, le choix de Borello se porte sur Antoine (1), 22 ans, qui termine un #stage à SOS : « Il m’a invité à danser, en insistant. Il ne voulait pas me lâcher. Je savais ce qui pouvait arriver. On était près du bar, il y avait plein de monde autour. J’ai essayé de résister. Il savait très bien ce qu’il faisait puisque quand il m’a lâché, il a dit à la cantonade : "T’as mis la langue en plus, coquine". » Sauf qu’Antoine ne voulait pas de ce baiser et que personne n’a bronché autour de lui, même si certains des convives ont pu faire des photos de la scène, que Libération s’est procurées. « J’ai assisté au baiser d’Antoine ce soir-là. Nous savions tous que ce n’était pas consenti. Ce genre de comportements était régulier de la part de Jean-Marc Borello », souligne un invité de la soirée baptisée « I love 1984 ».

    • Muriel Pénicaud et Jean-Marc Borello : coup de foudre en macronie
      https://www.parismatch.com/Actu/Politique/Muriel-Penicaud-et-Jean-Marc-Borello-coup-de-foudre-en-macronie-1642582#

      Ils se sont découverts en juin 2017. Jean-Marc Borello, l’un des fondateurs d’En marche !, tutoie le président de la République depuis Sciences po, quand il lui enseignait les questions sociales pendant la préparation à l’Ena. Muriel Pénicaud vient d’être nommée ministre du Travail. Elle lui commande un rapport sur l’inclusion et l’avenir des emplois aidés. Il accepte : « On m’avait demandé vingt fois, vingt fois j’avais refusé. Là, au lieu de caler une armoire, il a été entièrement appliqué, même ce qui impliquait de modifier la loi. » (...)
      L’AMITIÉ EN POLITIQUE
      Muriel Pénicaud et Jean-Marc Borello : coup de foudre en macronie
      Paris Match | Publié le 19/08/2019 à 12h53
      Anne-Sophie Lechevallier
      Jean-Marc Borello et Muriel Pénicaud le 19 juillet sur le quai d’Orsay, à Paris. Jean-Marc Borello et Muriel Pénicaud le 19 juillet sur le quai d’Orsay, à Paris.
      Frédéric Lafargue / Paris Match
      La ministre du Travail et le président du groupe SOS, un des fondateurs d’En marche !, se sont rencontrés grâce au chef de l’Etat et ne se quittent plus.

      « On est des amis de trente ans qui se connaissent depuis deux ans », s’exclame Muriel Pénicaud, 64 ans. « A partir du moment où on s’est croisés, on a rattrapé le temps perdu », complète Jean-Marc Borello, 61 ans. Ces deux-là auraient pu se rencontrer des milliers de fois durant leurs quarante années de vie professionnelle. Il a fallu attendre Emmanuel Macron. « Nos styles sont très compatibles. Nous sommes libres, définitivement, irréductiblement libres. Et profondément attachés à Emmanuel Macron », constatent-ils, l’un complétant la phrase de l’autre.

      Ils se sont découverts en juin 2017. Jean-Marc Borello, l’un des fondateurs d’En marche !, tutoie le président de la République depuis Sciences po, quand il lui enseignait les questions sociales pendant la préparation à l’Ena. Muriel Pénicaud vient d’être nommée ministre du Travail. Elle lui commande un rapport sur l’inclusion et l’avenir des emplois aidés. Il accepte : « On m’avait demandé vingt fois, vingt fois j’avais refusé. Là, au lieu de caler une armoire, il a été entièrement appliqué, même ce qui impliquait de modifier la loi. »

      Série d’été :L’amitié en politique, version haute fidélité entre Hollande et Sapin

      Un soir, lors d’un dîner organisé chez leur ami commun le chef Thierry Marx, ils se sont raconté leurs vies. Elles ont plus d’un point commun. La ministre du Travail et le président du groupe SOS partagent des « parcours atypiques, loin des chemins académiques ». Pas de grandes écoles. Un engagement précoce pour les jeunes en difficulté (lui comme éducateur, elle dans les missions locales d’insertion). Quelques mois passés dans les cabinets socialistes époque Mitterrand (celui de Martine Aubry pour l’une, de Gaston Defferre pour l’autre). Plusieurs années à la tête d’entreprises (DRH de Danone notamment pour elle et, pour lui, gérant des établissements du groupe Régine, puis fondateur du géant de l’économie sociale et solidaire SOS). Une carte au syndicat, une autre au PS… qu’ils ont chacun gardée six mois. Elle avait 20 ans et est partie quand elle a constaté la place qui était alors réservée aux femmes. Lui, parce que Bertrand Delanoë se présentait à la Mairie de Paris : « Cela m’a ennuyé, profondément, il y avait trop de règles, je n’étais pas fait pour un parti ! »

      "La patience n’est pas notre qualité principale"

      Ils se parlent presque chaque jour, dès six heures du matin. Elle : « Nous sommes sparring partners. La patience n’est pas notre qualité principale. Disons qu’on ne se modère pas du tout l’un l’autre : on s’amplifie, on en rajoute. » Les brunchs du dimanche deviennent des moments de travail « au bout de trois minutes ». Rarement, ils invitent un troisième convive. De toute façon, « on ennuierait le monde entier, se marre Borello, ou alors il en faudrait un troisième passionné par l’entreprise, l’insertion et la réussite du quinquennat ». Ils s’amusent de leur âge, de leur amitié récente (« une amitié politique, ça a l’air d’un oxymore, mais ça peut exister ») et de la politique. « Un monde, considère-t-il, terriblement violent, injuste, pas passionnant, qui rend fou et dont il faut être capable de s’extraire. » Devenue « icône » des Jeunes avec Macron (Les Jam !) depuis qu’elle a posé pour Match en position de tai-chi dans le jardin de l’hôtel du Châtelet, elle a créé avec Jean-Marc Borello et Philippe Grangeon (qui a rejoint l’Elysée) le club des « Vam », Les Vieux avec Macron. « Cent vingt ans d’expérience professionnelle à nous trois ! Cela nous permet d’échanger nos vues sur la société. »

    • ça m’a fait tiquer aussi @colporteur

      Article qui détaille ses démêlées avec la justice dont sa direction du Palace de l’infect Bergé + un extrait wikipedia

      https://www.lemonde.fr/economie/article/2009/06/11/jean-marc-borello-un-patron-sans-but-lucratif_1205675_3234.html

      Jean-Marc Borello est dans les années 1990 administrateur de l’institut des Tournelles, association de protection de l’#enfance. Alors que le directeur de l’institut est soupçonné de viol sur un mineur, Jean-Marc Borello le défend à la barre, convaincu de l’impossibilité d’« histoires de pédophilie » dans cette institution. Le directeur sera condamné à douze ans de prison en 2004.

    • @touti la page que tu indiques (pas wikipedia) exige un login...
      mais voilà l’article

      Jean-Marc Borello : un patron sans but lucratif , 11 juin 2009

      Il fut éducateur spécialisé et homme d’affaires dans le show-biz. Il use aujourd’hui de ses compétences multiples pour développer Groupe SOS, une entreprise en forte croissance qui oeuvre dans le social.

      Carrure de rugbyman, accent chantant du sud de la France, Jean-Marc Borello sait repérer les occasions, foncer et transformer tous ses essais. Tout en jouant collectif. Jeudi 4 juin, il était l’une des vedettes du colloque Entrepreneurs d’avenir, à l’Assemblée nationale. Son Groupe SOS connaît un développement digne des start-up de la belle époque de la Silicon Valley. De 300 salariés fin 2001, il est passé à 2 500 aujourd’hui. Les jeunes les plus diplômés rêvent de se faire embaucher chez lui.

      L’innovation est au coeur de sa réussite. Alors que la crise affecte la plupart des secteurs d’activité, elle est pour lui un accélérateur. « Nous risquons de passer de 25 % à 35 % de croissance », dit-il sans ostentation, dans les vastes combles d’un immeuble du 11e arrondissement, siège du Groupe SOS. A la différence des autres entrepreneurs, Jean-Marc Borello, 52 ans, a choisi le secteur social. Or la crise réduit, certes, le pouvoir d’achat des consommateurs, mais pas « les besoins fondamentaux » des habitants les plus démunis, cibles du Groupe SOS. Des toxicomanes, des sans-abri, des jeunes sans diplôme et sans emploi, sans papiers parfois. Des détenus malades, qui n’ont nulle part où aller quand ils sortent de prison.

      Plutôt que de maximiser le profit pour ses actionnaires, il maximise le service rendu. Le Groupe appartient à des associations sans but lucratif. Lui-même se contente d’un train de vie modeste, disent ses proches. Quand il est devenu salarié du Groupe SOS, il a divisé son salaire par sept.

      C’était en 1998. Avant, il dirigeait bénévolement SOS Drogue international, une association créée en 1984 avec Régine Choukroun, connue pour ses boîtes de nuit, ses restaurants et ses hôtels. Parallèlement, pour gagner sa vie, il dirige le Groupe Régine. Il reprend, à ce titre, le Pavillon Ledoyen, un grand restaurant situé sur les Champs-Elysées, à Paris. Cette expérience s’avère un excellent moyen d’apprendre la direction d’entreprise. Sur le tas et en potassant le « Que sais-je ? » sur les sociétés commerciales, explique-t-il. « Régine n’y comprenait rien non plus. On avait tout pour réussir ! », s’amuse-t-il. « J’étais sur deux univers border line : les exclus et le show-biz », ajoute-t-il, soucieux de donner une certaine cohérence à un parcours des plus atypiques.

      Sa formation d’éducateur spécialisé ne l’avait pas préparé à la gestion d’entreprises. Mais, au lycée d’Aix-en-Provence, ce fils d’un père « militaire de carrière » et d’une mère « catholique, cheftaine scoute et ouvrière » avait développé ses talents d’organisateur. « Pensionnaire, j’ai été renvoyé pour avoir organisé une grève. J’étais de toute façon chef de classe, forcément en première ligne des comités d’action lycéens et tout le temps en bagarre contre le modèle établi », raconte-t-il dans le livre-entretien SOS contre toute attente (Rue de l’Echiquier, 160 p., 14 euros).

      Educateur, Jean-Marc Borello s’intéresse aux cas extrêmes, et en particulier à un jeune déclaré « inassumable en milieu carcéral ». Ses résultats le font remarquer. En 1982, il est nommé chargé de mission à la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (Mildt). Il y apprend comment fonctionne l’administration, ses besoins et ses rouages, comment s’y tissent des relations à haut niveau, rencontre Régine, venue offrir ses services et ses moyens pour aider les toxicomanes. Elle lui propose, quelques années plus tard, en 1986, de l’embaucher, alors que la droite revient au pouvoir et qu’il sait ses jours comptés dans un gouvernement de gauche. Mais, dix ans plus tard, en 1996, il écope de six mois de prison avec sursis, en tant que président du Palace. Un réseau de jeunes vendait de l’ecstasy dans son établissement. Le Palace est fermé. Le Groupe Régine ne s’en remet pas.

      C’est l’occasion pour Jean-Marc Borello de se consacrer à plein-temps au Groupe SOS et de l’ouvrir à tous les secteurs de l’économie sociale. Il crée des sociétés d’insertion : un traiteur éthique, un restaurant, L’Usine, une société de location de voitures avec chauffeur, entre autres. « Il casse le stéréotype du demandeur d’emploi perdu pour la société en employant des personnes en insertion dans un groupe événementiel haut de gamme », apprécie Adèle Haentjens, responsable de la Fondation d’entreprise de la Société générale. Il remporte des appels d’offres face à d’autres associations, mais aussi à des groupes privés ayant pignon sur rue.

      Ses sociétés d’insertion se financent à 95 %. En revanche, les associations de service public vivent à 80 % de contrats avec l’administration ou les collectivités locales. Pas de la générosité du public : « La charité, j’exècre », explique Jean-Marc Borello. « C’est une tête chercheuse, toujours en avance », estime-t-on dans l’entourage de Christine Boutin, ministre du logement et de la ville. « Il donne de son temps pour aider les autres entrepreneurs sociaux à réussir », constate Arnaud Mourot, de l’organisation internationale Ashoka.

      En revanche, les associations plus traditionnelles critiquent « ses visées hégémoniques ». Les rumeurs circulent. « En 2001, quand j’ai dit que je rejoignais SOS, on m’a dit de me méfier, que j’allais chez le Bernard Tapie du social », raconte Guy Sebbah, médecin, délégué général Ile-de-France du Groupe SOS. « Le personnage alimente tous les fantasmes. C’est la soutane qui s’émeut des paillettes », résume un bon connaisseur du milieu associatif.

      Les inspections administratives de ses associations se multiplient. Sans que jamais aucune irrégularité n’ait pu être constatée. « Depuis quinze ans que j’entends parler de lui, je n’ai jamais douté de sa profonde honnêteté. C’est un être profondément altruiste », affirme avec force Alain Régnier, préfet et délégué général pour la coordination de l’hébergement des sans-abri auprès du premier ministre.
      Le professionnalisme de ses équipes incite élus et administrations à leur confier de plus en plus de missions. A droite comme à gauche. « Ce n’est pas la politique qui l’intéresse, mais ce qu’on peut en faire », analyse Guy Sebbah. Jean-Marc Borello dit néanmoins qu’il s’engagerait bien à nouveau, mais seulement pour « un sarkozyste de gauche » ! Autre provocation.

      Sans attendre cet événement improbable, il continue d’ouvrir de nouvelles pistes. Comme la création d’une holding pour reprendre des PME en difficulté et les transformer en entreprises d’insertion. Pour maintenir l’emploi, le moyen de lutter le plus efficace contre l’exclusion.

  • Deux patrons lancent un appel pour développer la philanthropie à la française Bertille Bayart - 3 Décembre 2018 - Le figaro
    http://www.lefigaro.fr/societes/2018/12/03/20005-20181203ARTFIG00282-deux-patrons-lancent-un-appel-pour-developper-la-

    Denis Duverne et Serge Weinberg, lancent l’initiative « Changer par le don ». Ils ont déjà réuni une quarantaine de signatures des mondes économique et culturel, afin de développer la culture du don en France.


    . . . . . .
    Denis Duverne, président du conseil d’administration d’Axa, et Serge Weinberg, son homologue chez Sanofi, ont lancé lundi l’initiative « Changer par le don », sur laquelle ils ont déjà réuni une quarantaine de signatures du monde économique et du monde culturel. Les deux philanthropes, respectivement engagés auprès de la Fondation pour la recherche médicale et de l’Institut du cerveau et de la moelle épinière, ont à l’esprit le « Giving Pledge » de Bill Gates et Warren Buffett.
    . . . . . .
    Les deux milliardaires américains encouragent leurs pairs à donner, avant ou après leur mort, la moitié de leur fortune à des œuvres. « Changer par le don » s’adapte à l’échelle française : l’appel vise les millionnaires, . . . .

    #obscénité #mécénat #philanthropie #foutage_de_gueule #foutage_de_geule #don #ONG #sanofi #AXA

  • Cheap Words | The New Yorker
    https://www.newyorker.com/magazine/2014/02/17/cheap-words

    Amazon is a global superstore, like Walmart. It’s also a hardware manufacturer, like Apple, and a utility, like Con Edison, and a video distributor, like Netflix, and a book publisher, like Random House, and a production studio, like Paramount, and a literary magazine, like The Paris Review, and a grocery deliverer, like FreshDirect, and someday it might be a package service, like U.P.S. Its founder and chief executive, Jeff Bezos, also owns a major newspaper, the Washington Post. All these streams and tributaries make Amazon something radically new in the history of American business.

    Recently, Amazon even started creating its own “content”—publishing books. The results have been decidedly mixed. A monopoly is dangerous because it concentrates so much economic power, but in the book business the prospect of a single owner of both the means of production and the modes of distribution is especially worrisome: it would give Amazon more control over the exchange of ideas than any company in U.S. history. Even in the iPhone age, books remain central to American intellectual life, and perhaps to democracy. And so the big question is not just whether Amazon is bad for the book industry; it’s whether Amazon is bad for books.

    According to Marcus, Amazon executives considered publishing people “antediluvian losers with rotary phones and inventory systems designed in 1968 and warehouses full of crap.” Publishers kept no data on customers, making their bets on books a matter of instinct rather than metrics. They were full of inefficiences, starting with overpriced Manhattan offices. There was “a general feeling that the New York publishing business was just this cloistered, Gilded Age antique just barely getting by in a sort of Colonial Williamsburg of commerce, but when Amazon waded into this they would show publishing how it was done.”

    During the 1999 holiday season, Amazon tried publishing books, leasing the rights to a defunct imprint called Weathervane and putting out a few titles. “These were not incipient best-sellers,” Marcus writes. “They were creatures from the black lagoon of the remainder table”—Christmas recipes and the like, selected with no apparent thought. Employees with publishing experience, like Fried, were not consulted. Weathervane fell into an oblivion so complete that there’s no trace of it on the Internet. (Representatives at the company today claim never to have heard of it.) Nobody at Amazon seemed to absorb any lessons from the failure. A decade later, the company would try again.

    Around this time, a group called the “personalization team,” or P13N, started to replace editorial suggestions for readers with algorithms that used customers’ history to make recommendations for future purchases. At Amazon, “personalization” meant data analytics and statistical probability. Author interviews became less frequent, and in-house essays were subsumed by customer reviews, which cost the company nothing. Tim Appelo, the entertainment editor at the time, said, “You could be the Platonic ideal of the reviewer, and you would not beat even those rather crude early algorithms.” Amazon’s departments competed with one another almost as fiercely as they did with other companies. According to Brad Stone, a trash-talking sign was hung on a wall in the P13N office: “people forget that john henry died in the end.” Machines defeated human beings.

    In December, 1999, at the height of the dot-com mania, Time named Bezos its Person of the Year. “Amazon isn’t about technology or even commerce,” the breathless cover article announced. “Amazon is, like every other site on the Web, a content play.” Yet this was the moment, Marcus said, when “content” people were “on the way out.” Although the writers and the editors made the site more interesting, and easier to navigate, they didn’t bring more customers.

    The fact that Amazon once devoted significant space on its site to editorial judgments—to thinking and writing—would be an obscure footnote if not for certain turns in the company’s more recent history. According to one insider, around 2008—when the company was selling far more than books, and was making twenty billion dollars a year in revenue, more than the combined sales of all other American bookstores—Amazon began thinking of content as central to its business. Authors started to be considered among the company’s most important customers. By then, Amazon had lost much of the market in selling music and videos to Apple and Netflix, and its relations with publishers were deteriorating. These difficulties offended Bezos’s ideal of “seamless” commerce. “The company despises friction in the marketplace,” the Amazon insider said. “It’s easier for us to sell books and make books happen if we do it our way and not deal with others. It’s a tech-industry thing: ‘We think we can do it better.’ ” If you could control the content, you controlled everything.

    Many publishers had come to regard Amazon as a heavy in khakis and oxford shirts. In its drive for profitability, Amazon did not raise retail prices; it simply squeezed its suppliers harder, much as Walmart had done with manufacturers. Amazon demanded ever-larger co-op fees and better shipping terms; publishers knew that they would stop being favored by the site’s recommendation algorithms if they didn’t comply. Eventually, they all did. (Few customers realize that the results generated by Amazon’s search engine are partly determined by promotional fees.)

    In late 2007, at a press conference in New York, Bezos unveiled the Kindle, a simple, lightweight device that—in a crucial improvement over previous e-readers—could store as many as two hundred books, downloaded from Amazon’s 3G network. Bezos announced that the price of best-sellers and new titles would be nine-ninety-nine, regardless of length or quality—a figure that Bezos, inspired by Apple’s sale of songs on iTunes for ninety-nine cents, basically pulled out of thin air. Amazon had carefully concealed the number from publishers. “We didn’t want to let that cat out of the bag,” Steele said.

    The price was below wholesale in some cases, and so low that it represented a serious threat to the market in twenty-six-dollar hardcovers. Bookstores that depended on hardcover sales—from Barnes & Noble and Borders (which liquidated its business in 2011) to Rainy Day Books in Kansas City—glimpsed their possible doom. If reading went entirely digital, what purpose would they serve? The next year, 2008, which brought the financial crisis, was disastrous for bookstores and publishers alike, with widespread layoffs.

    By 2010, Amazon controlled ninety per cent of the market in digital books—a dominance that almost no company, in any industry, could claim. Its prohibitively low prices warded off competition.

    Publishers looked around for a competitor to Amazon, and they found one in Apple, which was getting ready to introduce the iPad, and the iBooks Store. Apple wanted a deal with each of the Big Six houses (Hachette, HarperCollins, Macmillan, Penguin, Random House, and Simon & Schuster) that would allow the publishers to set the retail price of titles on iBooks, with Apple taking a thirty-per-cent commission on each sale. This was known as the “agency model,” and, in some ways, it offered the publishers a worse deal than selling wholesale to Amazon. But it gave publishers control over pricing and a way to challenge Amazon’s grip on the market. Apple’s terms included the provision that it could match the price of any rival, which induced the publishers to impose the agency model on all digital retailers, including Amazon.

    Five of the Big Six went along with Apple. (Random House was the holdout.) Most of the executives let Amazon know of the change by phone or e-mail, but John Sargent flew out to Seattle to meet with four Amazon executives, including Russ Grandinetti, the vice-president of Kindle content. In an e-mail to a friend, Sargent wrote, “Am on my way out to Seattle to get my ass kicked by Amazon.”

    Sargent’s gesture didn’t seem to matter much to the Amazon executives, who were used to imposing their own terms. Seated at a table in a small conference room, Sargent said that Macmillan wanted to switch to the agency model for e-books, and that if Amazon refused Macmillan would withhold digital editions until seven months after print publication. The discussion was angry and brief. After twenty minutes, Grandinetti escorted Sargent out of the building. The next day, Amazon removed the buy buttons from Macmillan’s print and digital titles on its site, only to restore them a week later, under heavy criticism. Amazon unwillingly accepted the agency model, and within a couple of months e-books were selling for as much as fourteen dollars and ninety-nine cents.

    Amazon filed a complaint with the Federal Trade Commission. In April, 2012, the Justice Department sued Apple and the five publishers for conspiring to raise prices and restrain competition. Eventually, all the publishers settled with the government. (Macmillan was the last, after Sargent learned that potential damages could far exceed the equity value of the company.) Macmillan was obliged to pay twenty million dollars, and Penguin seventy-five million—enormous sums in a business that has always struggled to maintain respectable profit margins.

    Apple fought the charges, and the case went to trial last June. Grandinetti, Sargent, and others testified in the federal courthouse in lower Manhattan. As proof of collusion, the government presented evidence of e-mails, phone calls, and dinners among the Big Six publishers during their negotiations with Apple. Sargent and other executives acknowledged that they wanted higher prices for e-books, but they argued that the evidence showed them only to be competitors in an incestuous business, not conspirators. On July 10th, Judge Denise Cote ruled in the government’s favor.

    Apple, facing up to eight hundred and forty million dollars in damages, has appealed. As Apple and the publishers see it, the ruling ignored the context of the case: when the key events occurred, Amazon effectively had a monopoly in digital books and was selling them so cheaply that it resembled predatory pricing—a barrier to entry for potential competitors. Since then, Amazon’s share of the e-book market has dropped, levelling off at about sixty-five per cent, with the rest going largely to Apple and to Barnes & Noble, which sells the Nook e-reader. In other words, before the feds stepped in, the agency model introduced competition to the market. But the court’s decision reflected a trend in legal thinking among liberals and conservatives alike, going back to the seventies, that looks at antitrust cases from the perspective of consumers, not producers: what matters is lowering prices, even if that goal comes at the expense of competition.

    With Amazon’s patented 1-Click shopping, which already knows your address and credit-card information, there’s just you and the buy button; transactions are as quick and thoughtless as scratching an itch. “It’s sort of a masturbatory culture,” the marketing executive said. If you pay seventy-nine dollars annually to become an Amazon Prime member, a box with the Amazon smile appears at your door two days after you click, with free shipping. Amazon’s next frontier is same-day delivery: first in certain American cities, then throughout the U.S., then the world. In December, the company patented “anticipatory shipping,” which will use your shopping data to put items that you don’t yet know you want to buy, but will soon enough, on a truck or in a warehouse near you.

    Amazon employs or subcontracts tens of thousands of warehouse workers, with seasonal variation, often building its fulfillment centers in areas with high unemployment and low wages. Accounts from inside the centers describe the work of picking, boxing, and shipping books and dog food and beard trimmers as a high-tech version of the dehumanized factory floor satirized in Chaplin’s “Modern Times.” Pickers holding computerized handsets are perpetually timed and measured as they fast-walk up to eleven miles per shift around a million-square-foot warehouse, expected to collect orders in as little as thirty-three seconds. After watching footage taken by an undercover BBC reporter, a stress expert said, “The evidence shows increased risk of mental illness and physical illness.” The company says that its warehouse jobs are “similar to jobs in many other industries.”

    When I spoke with Grandinetti, he expressed sympathy for publishers faced with upheaval. “The move to people reading digitally and buying books digitally is the single biggest change that any of us in the book business will experience in our time,” he said. “Because the change is particularly big in size, and because we happen to be a leader in making it, a lot of that fear gets projected onto us.” Bezos also argues that Amazon’s role is simply to usher in inevitable change. After giving “60 Minutes” a first glimpse of Amazon drone delivery, Bezos told Charlie Rose, “Amazon is not happening to bookselling. The future is happening to bookselling.”

    In Grandinetti’s view, the Kindle “has helped the book business make a more orderly transition to a mixed print and digital world than perhaps any other medium.” Compared with people who work in music, movies, and newspapers, he said, authors are well positioned to thrive. The old print world of scarcity—with a limited number of publishers and editors selecting which manuscripts to publish, and a limited number of bookstores selecting which titles to carry—is yielding to a world of digital abundance. Grandinetti told me that, in these new circumstances, a publisher’s job “is to build a megaphone.”

    After the Kindle came out, the company established Amazon Publishing, which is now a profitable empire of digital works: in addition to Kindle Singles, it has mystery, thriller, romance, and Christian lines; it publishes translations and reprints; it has a self-service fan-fiction platform; and it offers an extremely popular self-publishing platform. Authors become Amazon partners, earning up to seventy per cent in royalties, as opposed to the fifteen per cent that authors typically make on hardcovers. Bezos touts the biggest successes, such as Theresa Ragan, whose self-published thrillers and romances have been downloaded hundreds of thousands of times. But one survey found that half of all self-published authors make less than five hundred dollars a year.

    Every year, Fine distributes grants of twenty-five thousand dollars, on average, to dozens of hard-up literary organizations. Beneficiaries include the pen American Center, the Loft Literary Center, in Minneapolis, and the magazine Poets & Writers. “For Amazon, it’s the cost of doing business, like criminal penalties for banks,” the arts manager said, suggesting that the money keeps potential critics quiet. Like liberal Democrats taking Wall Street campaign contributions, the nonprofits don’t advertise the grants. When the Best Translated Book Award received money from Amazon, Dennis Johnson, of Melville House, which had received the prize that year, announced that his firm would no longer compete for it. “Every translator in America wrote me saying I was a son of a bitch,” Johnson said. A few nonprofit heads privately told him, “I wanted to speak out, but I might have taken four thousand dollars from them, too.” A year later, at the Associated Writing Programs conference, Fine shook Johnson’s hand, saying, “I just wanted to thank you—that was the best publicity we could have had.” (Fine denies this.)

    By producing its own original work, Amazon can sell more devices and sign up more Prime members—a major source of revenue. While the company was building the Kindle, it started a digital store for streaming music and videos, and, around the same time it launched Amazon Publishing, it created Amazon Studios.

    The division pursued an unusual way of producing television series, using its strength in data collection. Amazon invited writers to submit scripts on its Web site—“an open platform for content creators,” as Bill Carr, the vice-president for digital music and video, put it. Five thousand scripts poured in, and Amazon chose to develop fourteen into pilots. Last spring, Amazon put the pilots on its site, where customers could review them and answer a detailed questionnaire. (“Please rate the following aspects of this show: The humor, the characters . . . ”) More than a million customers watched. Engineers also developed software, called Amazon Storyteller, which scriptwriters can use to create a “storyboard animatic”—a cartoon rendition of a script’s plot—allowing pilots to be visualized without the expense of filming. The difficulty, according to Carr, is to “get the right feedback and the right data, and, of the many, many data points that I can collect from customers, which ones can tell you, ‘This is the one’?”

    Bezos applying his “take no prisoners” pragmatism to the Post: “There are conflicts of interest with Amazon’s many contracts with the government, and he’s got so many policy issues going, like sales tax.” One ex-employee who worked closely with Bezos warned, “At Amazon, drawing a distinction between content people and business people is a foreign concept.”

    Perhaps buying the Post was meant to be a good civic deed. Bezos has a family foundation, but he has hardly involved himself in philanthropy. In 2010, Charlie Rose asked him what he thought of Bill Gates’s challenge to other billionaires to give away most of their wealth. Bezos didn’t answer. Instead, he launched into a monologue on the virtue of markets in solving social problems, and somehow ended up touting the Kindle.

    Bezos bought a newspaper for much the same reason that he has invested money in a project for commercial space travel: the intellectual challenge. With the Post, the challenge is to turn around a money-losing enterprise in a damaged industry, and perhaps to show a way for newspapers to thrive again.

    Lately, digital titles have levelled off at about thirty per cent of book sales. Whatever the temporary fluctuations in publishers’ profits, the long-term outlook is discouraging. This is partly because Americans don’t read as many books as they used to—they are too busy doing other things with their devices—but also because of the relentless downward pressure on prices that Amazon enforces. The digital market is awash with millions of barely edited titles, most of it dreck, while readers are being conditioned to think that books are worth as little as a sandwich. “Amazon has successfully fostered the idea that a book is a thing of minimal value,” Johnson said. “It’s a widget.”

    There are two ways to think about this. Amazon believes that its approach encourages ever more people to tell their stories to ever more people, and turns writers into entrepreneurs; the price per unit might be cheap, but the higher number of units sold, and the accompanying royalties, will make authors wealthier. Jane Friedman, of Open Road, is unfazed by the prospect that Amazon might destroy the old model of publishing. “They are practicing the American Dream—competition is good!” she told me. Publishers, meanwhile, “have been banks for authors. Advances have been very high.” In Friedman’s view, selling digital books at low prices will democratize reading: “What do you want as an author—to sell books to as few people as possible for as much as possible, or for as little as possible to as many readers as possible?”

    The answer seems self-evident, but there is a more skeptical view. Several editors, agents, and authors told me that the money for serious fiction and nonfiction has eroded dramatically in recent years; advances on mid-list titles—books that are expected to sell modestly but whose quality gives them a strong chance of enduring—have declined by a quarter.

    #Amazon

  • United Nations considers a test ban on evolution-warping gene drives - MIT Technology Review
    https://www.technologyreview.com/s/612415/united-nations-considers-a-test-ban-on-evolution-warping-gene-driv

    he billionaire Bill Gates wants to end malaria, and so he’s particularly “energized” about gene drives, a technology that could wipe out the mosquitoes that spread the disease.
    Recommended for You

    Gates calls the new approach a “breakthrough,” but some environmental groups say gene drives are too dangerous to ever use.

    Now the sides are headed for a showdown.

    In a letter circulated today, scientists funded by the Bill & Melinda Gates Foundation and others are raising the alarm over what they say is an attempt to use a United Nations biodiversity meeting this week in Sharm El-Sheikh, Egypt, to introduce a global ban on field tests of the technology.

    At issue is a draft resolution by diplomats updating the UN Convention on Biological Diversity, which—if adopted—would call on governments to “refrain from” any release of organisms containing engineered gene drives, even as part of experiments.

    The proposal for a global gene-drive moratorium has been pushed by environmental groups that are also opposed to genetically modified soybeans and corn. They have likened the gene-drive technique to the atom bomb.

    In response, the Gates Foundation, based in Seattle, has been funding a counter-campaign, hiring public relations agencies to preempt restrictive legislation and to distribute today’s letter. Many of its signatories are directly funded by the foundation.

    “This is a lobbying game on both sides, to put it bluntly,” says Todd Kuiken, who studies gene-drive policy at North Carolina State University. (He says he was asked to sign the Gates letter but declined because he is a technical advisor to the UN.)

    It’s the ability of a gene drive to spread on its own in the wild that accounts for both the technology’s promise and its peril. Scientists already take elaborate precautions against accidental release of gene-drive mosquitoes from their labs.

    Burt says for now the biggest unknown is whether the technology will work at all. “The risk we are trying to deal with is that it doesn’t work, that it falls over when we release it, or resistance develops very quickly,” he says.

    That means both opponents and supporters of gene drives may be overestimating how soon one could be ready.

    “The member states are hearing and thinking that these are sitting in the lab ready to be released, and that is not the case,” says Kuiken. “Nothing I have seen suggested these things are literally ready to go out the door tomorrow. We could have better decisions if everyone knew they could take a breath.”

    #Gene_drive #Hubris #Bill_Gates #Malaria

  • GBD 2017 : a fragile world - The Lancet
    https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(18)32858-7/abstract

    Massive global health study reveals « disturbing » trends
    https://newatlas.com/global-health-report-fertility-mortality/57181

    Running for over a decade now, the annual Global Burden of Disease (GBD) study is a giant peer-reviewed assessment of global health trends. The results this year, published across a series of articles in the prestigious journal The Lancet, present some concerning trends, from a worrying plateau in global mortality rates to a decline in global fertility rates.

    (19) Quelle espérance de vie en 2040 ? - Libération
    https://www.liberation.fr/planete/2018/10/17/quelle-esperance-de-vie-en-2040_1685755

    Quant à savoir si la #santé mondiale va suivre le scénario pessimiste ou optimiste, tout dépendra des #politiques de santé mises en place aujourd’hui et dans les quelques années à venir. Pour le directeur de l’IHME, Chris Murray, « le scénario du meilleur et du pire doivent permettre aux acteurs d’examiner les changements à mettre en œuvre pour améliorer les systèmes de santé », en faisant ressortir les mesures les plus efficaces à long terme. Reste aux #Etats à s’en emparer.

    #Démographie mondiale : déclin pour les pays riches, baby boom pour les autres | Bio à la une
    https://www.bioalaune.com/fr/actualite-bio/36783/demographie-mondiale-declin-pays-riches-baby-boom-autres

    Dans le détail, quatre-vingt-onze nations, principalement situées en Europe et sur le continent américain, n’ont pas un nombre de naissances suffisant pour maintenir leur population actuelle. A l’inverse, en Afrique et en Asie, les taux de natalité sont en augmentation, selon cette étude de l’Institut de métrologie et d’évaluation de la santé (IHME, Université de Washington), organisme financé par la fondation Bill et Melinda Gates.

  • MIT and Harvard reconsidering Saudi ties after Khashoggi murder | World news | The Guardian
    https://www.theguardian.com/world/2018/nov/13/saudi-arabia-mit-harvard-funding-mohammed-bin-salman-reconsidering-khas

    Last March, Saudi Arabia’s de facto ruler, Crown Prince Mohammed bin Salman, came to the United States with a mission: to boost his image as a moderniser, liberaliser and reformer at a time when he stood accused of war crimes in Yemen and had recently consolidated power by jailing rivals, critics, rights activists and even family members.
    Saudi Arabia says it is a beacon of light fighting ‘dark’ Iran
    Read more

    Over the course of his three-week trip he appeared alongside American giants of government, business and entertainment, inking lucrative business deals while letting the celebrity and reputation of people such as Michael Bloomberg, Bill Gates, Jeff Bezos and Dwayne Johnson rub off on him.

    #mit #boston #arabie_saoudite

  • AI in #medicine : A Beginner’s Guide
    https://hackernoon.com/ai-in-medicine-a-beginners-guide-a3b34b1dd5d7?source=rss----3a8144eabfe3

    Introduction“My AI will seek to collaborate with people for the greater good, rather than usurp the human role and supplant them” — from the Hippocratic oath on artificial intelligence by Oren Etzioni [1]Artificial Intelligence (AI) is currently one of the most hotly debated topics in technology with seemingly every business leader and computer scientist voicing an extreme opinion on the topic. Elon Musk, Bill Gates, and Stephen Hawking are all pessimists who have posited that AI poses an existential threat to humanity. Musk even publicly states that, “AI is far more dangerous than nukes” [2]. Famed futurist and technologist Ray Kurzweil, who studied under the inventor of the AI field, has a more optimistic outlook, “My view is not that AI is going to displace us. It’s going to enhance us. It (...)

    #healthcare #artificial-intelligence #machine-learning

  • Google, Apple, Facebook, Les Nouveaux Maîtres du Monde
    https://www.youtube.com/watch?v=x3TqYnHAruo

    Ils s’appellent Bill Gates, Mark Zuckerberg, Sergey Brin ou encore Larry Page : ces Américains, dont certains n’ont pas encore 40 ans, comptent parmi les hommes les plus riches et les plus puissants de la planète. Leur point commun ? Ils ont créé le monde d’aujourd’hui grâce à une révolution technologique sans précédent : Internet et les réseaux sociaux. Anciens ados visionnaires devenus les dirigeants des plus grandes entreprises du secteur – Google, Facebook, Apple, Microsoft –, ils possèdent (...)

    #Apple #Google #Microsoft #Facebook #domination #GAFAM

  • Paul Allen : son parcours en 10 dates clés - Tech - Numerama
    https://www.numerama.com/tech/431741-paul-allen-son-parcours-en-10-dates-cles.html

    Paul Allen est décédé le lundi 15 octobre 2018. Cofondateur de Microsoft avec Bill Gates, l’Américain a au fil des ans diversifié ses activités, de la philanthropie aux activités spatiales, en passant par la science et le sport. Retour sur sa vie en dix dates-clés.

    Paul Allen s’est donc éteint le lundi 15 octobre 2018, à l’âge de 65 ans. Bien que moins célèbre que son compère Bill Gates, avec qui il a co-fondé Microsoft dans les années 70, une société devenue aujourd’hui l’une des plus grosses entreprises informatiques du monde, l’Américain a laissé derrière lui de multiples projets reflétant ses centres d’intérêt. C’est la maladie qui l’a terrassé.

    Y-en a des qui l’ont googlé sans nous le dire...

    Sans rire, je n’ai pas vu passer l’information jusqu’à par hasard hier soir...

  • L’écotartuffe du mois, par Nicolas Casaux
    https://www.facebook.com/nicolas.casaux/posts/10155970187972523?__tn__=K-R

    Voudriez-vous voir se former un mouvement de résistance sérieux contre le capitalisme ? Si oui, oubliez Aurélien Barrau.

    Cet astrophysicien a récemment acquis une certaine notoriété à cause de sa perspective écologiste : il a récemment publié un appel signé par plein d’idiots utiles de l’industrie du divertissement (d’Alain Delon à Muriel Robin) demandant la restriction de certaines libertés individuelles afin de sauver la planète. Que ceux qui ont le plus profité des conforts et des luxes de la civilisation industrielle, qui sont parmi les plus privilégiés des privilégiés, se permettent de demander aux autorités qu’elles restreignent les libertés du peuple, tout de même, il fallait oser — même si l’expression "libertés individuelles" est une triste blague dans le cadre de la société technocapitaliste, bien entendu, mais c’est une autre histoire. Ainsi, cet appel est une sorte de plaidoyer en faveur de l’écofascisme prédit par Bernard Charbonneau il y a plusieurs décennies :

    « L’écofascisme a l’avenir pour lui, et il pourrait être aussi bien le fait d’un régime totalitaire de gauche que de droite sous la pression de la nécessité. En effet, les gouvernements seront de plus en plus contraints d’agir pour gérer des ressources et un espace qui se raréfient. [...] Si la crise énergétique se développe, la pénurie peut paradoxalement pousser au développement. Le pétrole manque ? Il faut multiplier les forages. La terre s’épuise ? Colonisons les mers. L’auto n’a plus d’avenir ? Misons sur l’électronique qui fera faire au peuple des voyages imaginaires. Mais on ne peut reculer indéfiniment pour mieux sauter. Un beau jour, le pouvoir sera bien contraint d’adopter une façon de faire plus radicale. Une prospective sans illusion peut mener à penser que le virage écologique ne sera pas le fait d’une opposition dépourvue de moyens, mais de la bourgeoisie dirigeante, le jour où elle ne pourra plus faire autrement. Ce seront les divers responsables de la ruine de la terre qui organiseront le sauvetage du peu qui en restera, et qui après l’abondance géreront la pénurie et la survie. Car ceux-là n’ont aucun préjugé, ils ne croient pas plus au développement qu’à l’écologie : ils ne croient qu’au pouvoir. »

    Ecofascisme qui ne résoudrait bien évidemment rien du tout, puisqu’il n’implique aucun changement fondamental.

    Aucune critique du capitalisme et de ses implications économiques mondialisées (il reconnait, certes, que le capitalisme pose quelques problèmes mais trouve qu’il a aussi des vertus), de l’idéologie qui l’anime, aucune critique du pouvoir, aucune critique des mécanismes de coercition sur lesquels il repose (il ne blâme pas plus les dirigeants que tout le peuple, nous sommes responsables, nous avons les dirigeants que nous méritons, etc., il ne comprend manifestement pas comment le pouvoir s’est organisé et se maintient), aucune critique de l’imposture démocratique, espoir placé en des actions potentielles que nos dirigeants pourraient prendre, croyance en une civilisation industrielle rendue verte grâce aux EnR, le cocktail habituel des vendeurs d’illusions de l’écocapitalisme.

    Mais pourquoi ? Pourquoi demander leur avis à des astrophysiciens ? Pourquoi demander leur avis à des gens — à des gens de la haute — qui passent leur existence à travailler sur des sujets aussi éloignés du quotidien de toutes les espèces vivantes et des réalités du monde, du monde à la mesure de l’être humain ? Bref, on a trouvé celui qui succèdera à Hubert Reeves dans le rôle de caution d’autorité astrale de l’écocapitalisme.

    (C’est une question rhétorique, bien évidemment. Le fait de demander son avis à un astrophysicien n’est qu’une incarnation de la domination de l’autorité Science, de l’expertocratie, et de l’idéologie progressiste, fascinée par l’univers et sa conquête. L’astrophysicien, qui connait (?) les trous noirs, ces choses incroyablement complexes qui nous dépassent, nous, simples mortels, doit forcément connaître la situation socioécologique terrestre. C’est une illustration parfaite de ce que c’est qu’un argument d’autorité. C’est un grand scientifique, il doit savoir. Malheureusement pas, (ultra-)spécialisation oblige. L’appel d’Aurélien Barrau et son plaidoyer pour plus encore d’embrigadement étatique sont également très bien anticipés, parfaitement même, dans le livre "Catastrophisme, administration du désastre et soumission durable" de René Riesel et Jaime Semprun.)

  • Les migrants, champions de la lutte contre les #Inégalités mondiales
    https://www.bastamag.net/Les-migrants-champions-de-la-lutte-contre-les-inegalites-mondiales

    En matière d’aide au développement, les migrants font trois fois mieux que les 29 pays les plus industrialisés. Les envois de fonds de la part de personnes émigrées vers les pays à revenu faible et intermédiaire ont atteint 466 milliards de dollars en 2017. « La valeur de ces 466 milliards de dollars est importante. C’est comme si les migrants collectaient, en un an, plus d’argent que les cinq plus riches entrepreneurs du monde (Jeff Bezos, Bill Gates, Warren Buffet, Bernard Arnault et Mark (...)

    En bref

    / #Afrique, #Asie_et_Pacifique, Inégalités, #Migrations, #Finance

  • Ca a l’air intéressant, je lirai ca plus tard...

    Procrastination : c’est la taille (de l’amygdale) qui compte
    Pierre Ropert, France Culture, le 29 aout 2018
    https://www.franceculture.fr/sciences/procrastination-cest-la-taille-de-lamygdale-qui-compte

    Selon des chercheurs allemands, notre capacité à la procrastination dépend beaucoup de la taille de l’amygdale, une zone du cerveau impliquée dans notre capacité à la prise de décision.

    Non, les plus procrastinateurs d’entre nous ne sont pas ceux qui ont le plus gros poil dans la main, mais la plus grosse amygdale dans le cerveau, à en croire une équipe de chercheurs allemands. Dans une étude publiée dans la revue Psychological Science, intitulée The Structural and Functional Signature of Action Control, les scientifiques racontent comment ils ont cherché à comprendre si la procrastination peut trouver une explication anatomique, et non pas uniquement psychologique.

    Pour ce faire, les chercheurs ont soumis 264 volontaires à une IRM, après leur avoir fait remplir un questionnaire sur leur tendance à remettre ou non les choses au lendemain. Les scientifiques se sont attardés sur l’amygdale et le cortex cingulaire, deux zones du cerveaux liées à la prise de décision. Ils ont ainsi constaté que non seulement l’amygdale était plus grosse chez les personnes les plus "paresseuses", mais également que, chez elles, les connexions entre les deux zones étaient moins importantes.

    Or l’amygdale a pour rôle de nous prévenir des conséquences négatives de nos actions, quand le cortex cingulaire, lui, utilise les données envoyées par l’amygdale pour choisir les actions à accomplir. Il "priorise" ainsi certaines actions sur les autres, ainsi que les émotions ressenties. En d’autres termes : si certaines personnes ont tendance à procrastiner, c’est parce que leur amygdale, plus développée, leur fait voir avant tout les conséquences négatives de leurs actions. Et si la connexion entre le cortex cingulaire et l’amygdale est plus faible, alors il devient plus difficile de choisir quelles actions réaliser.

    Heureusement, si avoir une amygdale plus importante ou un cortex cingulaire un peu moins connecté tiennent du péché capital, la paresse n’est plus si mal vue. Ainsi, une étude de la Florida Gulf Coast University stipule que les personnes ayant un QI élevé sont plus paresseuses que les autres, alors qu’une autre étude menée par le professeur Eisuke Hasegawa montrait que les éléments considérés comme paresseux sont nécessaires à la société.

    En février 2018, l’émission "Une histoire particulière" consacrait deux documentaires à la procrastination. Dans l’épisode "Cherchons F/H paresseux pour un poste de directeur", la psychologue Gwenaëlle Hamelin, spécialiste du stress au travail et du burn out, expliquait ainsi que "faire moins est une stratégie gagnante". Et Bill Gates l’affirmait lui-même : "Je choisis une personne paresseuse pour un travail difficile, car une personne paresseuse va trouver un moyen facile de le faire."

    Déjà en 2012, dans l’émission La Grande Table, il était question de l’ouvrage du philosophe américain John Perry, La Procrastination : l’art de reporter au lendemain, où il développait un plaidoyer en faveur de la procrastination structurée, un "défaut" susceptible de transformer son récipiendaire en foudre de guerre. Le philosophe Mathieu Potte-Bonneville voyait dans ce livre "une tentative de déculpabilisation de la procrastination" : "John Perry se prétend procrastinateur, et essaie de voir comment il est possible de s’en servir. Il explique qu’explorer sa propre procrastination lui a permis de retrouver l’estime de lui-même et l’estime des autres. La procrastination, c’est aussi une expérience profondément désespérante, un dégoût de soi, un revers noir de la satisfaction du travail bien fait, et le livre constitue à cet égard une tentative de déculpabilisation. Il s’agit de montrer que le procrastinateur est extraordinairement actif contrairement à ce qu’il croit, car pour ne pas faire ce qu’il a à faire, eh bien il fait tout un ensemble d’autres choses. John Perry produit une méthode de procrastination structurée, qui permet de classer les corvées par ordre d’importance, et de se consacrer aux tâches les moins importantes pour éviter de s’occuper des plus urgentes. Ce livre ne se veut pas profond, il n’est pas question d’une recherche des causes. On l’affirme comme un fait, un peu comme la différence entre gaucher et droitier. Le moralisme se pose une question que résume Ovide : « Je vois le meilleur, je l’approuve, et je fais le pire ». Le procrastinateur est celui qui sait que ça n’est pas bien de procrastiner, d’ailleurs il n’en est pas heureux, mais il n’arrive pas à faire autrement. On peut l’expliquer par l’environnement dans lequel nous sommes pris et qui nous dit qu’il faut impérativement se réaliser et prendre des initiatives. Aujourd’hui, on a une épidémie de dépressions liée à ce que l’injonction dans le monde du travail est : soyez proactif. Plutôt que de sombrer dans la dépression, on développe une activité frénétique, dont on peut se demander si elle est du côté de la productivité ou de l’improductivité. Plus que l’absentéisme, le présentéisme en entreprise est un gros problème car les gens sont là mais font autre chose que ce qu’ils devraient faire. Si la philosophie permet d’échapper à la procrastination, la littérature permet d’en explorer les affres et l’expérience. C’est Marcel Proust qui en parle le premier : La recherche du temps perdu, qu’est-ce que c’est sinon l’immense odyssée de quelqu’un qui n’a pas vécu ce qu’il avait à vivre, et qui ne peut le vivre qu’en décidant de l’écrire ?"

    Articles cités:

    The physical sacrifice of thinking: Investigating the relationship between thinking and physical activity in everyday life
    Todd McElroy, David L Dickinson, Nathan Stroh, and Christopher A Dickinson
    Journal of Health Psychology 21:1750-1757 (2015)
    http://journals.sagepub.com/doi/abs/10.1177/1359105314565827

    Lazy workers are necessary for long-term sustainability in insect societies
    Eisuke Hasegawa, Yasunori Ishii, Koichiro Tada, Kazuya Kobayashi & Jin Yoshimura
    Scientific Reports 6:20846 (2016)
    https://www.nature.com/articles/srep20846

    The Structural and Functional Signature of Action Control
    Caroline Schlüter, Christoph Fraenz, Marlies Pinnow, Patrick Friedrich, Onur Güntürkün, and Erhan Genç
    Psychological Science, in press (2018)
    http://journals.sagepub.com/doi/abs/10.1177/0956797618779380

    #Procrastination #Paresse #Science #Psychologie vs. #Anatomie #Amygdale