person:charles ier

  • Sur les rois – Le grand continent
    https://legrandcontinent.eu/2018/03/22/on-kings

    La royauté est une des formes les plus persistantes de gouvernement humain. Bien que nous ne puissions lui assigner avec précision une origine historique dans le temps et l’espace, sa présence est attestée à toutes les époques sur tous les continents, et au cours de la plus grande partie de l’histoire humaine elle a eu tendance à se diffuser plutôt qu’à se perdre.
    Exécution de Louis XVI.

    Mais il y a plus. Une fois les rois au pouvoir, il est remarquablement difficile de se débarrasser d’eux. Il fallut des pirouettes juridiques extraordinaires pour se donner la possibilité d’exécuter Charles Ier et Louis XVI ; et le simple acte d’éliminer une famille royale, comme celle des tsars, nous laisse (pour toujours, semble-t-il), des tsars de rechange sur les bras. Aujourd’hui même, ce n’est sans doute pas une coïncidence si les seuls régimes qui aient complètement échappé aux troubles des Printemps Arabes de 2011 sont les monarchies établies de longue date. Par-delà même la chute des rois, les structures juridiques et politiques de la monarchie persistent : ainsi dans les États modernes fondés sur le curieux et contradictoire principe de « souveraineté populaire », qui veut que le pouvoir autrefois détenu par les rois s’exerce encore, mais désormais transféré vers une entité qu’on appelle « le peuple ».

    L’un des effets secondaires inattendus de l’effondrement des empires coloniaux européens fut de faire de la notion de souveraineté le principe des systèmes constitutionnels un peu partout — avec quelques exceptions partielles comme le Népal ou l’Arabie Saoudite, qui étaient déjà des monarchies. D’où il suit qu’une théorie politique, si elle ne prend pas cela en considération, ou si elle traite de la royauté comme un phénomène marginal, exceptionnel ou secondaire, n’est pas une très bonne théorie.