person:corey robin

  • Queer attitude et incrimination.
    https://vacarme.org/article3177.html

    L’affaire Ronell/Reitman fait symptôme d’une difficulté à faire tenir ensemble police des mœurs et subversion de l’ordre patriarcal. Car la question du fameux Title IX, de son usage et mésusage, est aussi celle de sa dérive. En 1972, il s’agit de lutter contre des discriminations dues au sexe, à savoir l’interdiction faite aux femmes de pouvoir avoir les mêmes activités physiques, sportives, intellectuelles que les hommes. Aujourd’hui il semble être le point d’appui des plaintes pour abus de pouvoir (...)

    #Autour_d'Avital_Ronell

    / #Avital_Ronell

    • Je regroupe mes réaction aux 3 textes sur l’affaire Ronell proposé par vacarme ici :

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      https://vacarme.org/article3176.html

      Dans le cas présent, il faut mettre en balance une femme de cœur, unanimement reconnue pour sa force et sa générosité, et un étudiant qui n’a pas réussi à obtenir la place qu’il souhaitait – à tort ou à raison – dans le monde redoutablement concurrent des chercheurs américains.

      Ca fait mal au coeur de voire le #victime_blaming utilisé par Nathalie Koble (même si je sais pas qui elle est, elle semble se revendiqué féministe).

      En l’occurrence, confondre sans discernement harcèlement – dans un cadre professionnel – et vie privée – hors de ce cadre - relève à la fois du lynchage et de l’atteinte aux droits de l’homme et de la femme : ira-t-on reprocher à une femme libre toute une vie intime, librement consentie, et ses affinités intellectuelles comme une opprobre, parce qu’elle est en procès avec un étudiant ? N’est-on pas là en train de confondre la liberté du consentement et le harcèlement pour verser dans un faux moralisme, puisqu’il ne prend les visages du puritanisme que pour n’être au fond que le prétexte à l’exposition la plus dégradante possible de l’intégrité d’une femme ?

      Elle est peut être féministe mais elle semble avoir raté l’idée que le privé est politique. Ce discours me semble malhonnete. Elle utilise exactement les technique de protection des dominant·es.
      – l’agresseur·e présumé est quelqu’un de respectable.
      – la personne qui dénonce l’agression est blamé (accusé de mentir pour chantage, vengeance, cupidité, ou par regrets pudibonds...)
      – C’est de la séduction mal comprise - drague un peu lourde
      – C’est une affaire privé -
      – C’est pas du vrai harcelement car la victime un homme et l’accusée une femme.

      Sinon sur ce texte, il est ecrit au masculin, avec l’expression « La femme » et « l’homme » qui témoigne d’une vision essentialiste. Du coup Nathalie Koble elle me semble modérément féministe mais ca me rassure pas pour autant. J’ai pas encor lu les autres textes de vacarme sur ce sujet mais j’espère qu’il n’y a pas que ce type de discours nauséabond.

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      https://vacarme.org/article3177.html

      Car le projet d’une femme queer est d’agir en refusant les assignations normatives et les rapports de domination. Or chacun sait que quand un être domine, il n’est plus libre, et que la liberté ne consiste pas à dominer mais bien à refuser tout rapport de domination, qu’on soit dominant ou dominé socialement. D’où cette difficulté structurelle pour la liberté humaine du consentement des dominés ou de leur servitude volontaire ou de leur capacité à récupérer un statut victimaire, quand ils ont simplement renoncé à leur liberté. Pour un étudiant est-ce si impossible de dire non à son professeur ?

      Celui là est plus tordu. J’ai l’impression que là l’idée c’est qu’elle fesait de la poésie surréaliste ou une expérience BDSM queer et du coup c’est pas que agression. Elle est queer alors elle peu pas harcelé. Et la victime n’avait qu’a se défendre -

      Le final c’est le ponpon :

      Non l’affaire Ronell/Reitman n’est pas symétrique des affaires #MeToo. Et l’on peut s’étonner malgré tout de la célérité à sanctionner une femme quand tant d’hommes ne sont jamais inquiétés.

      Je suis pas d’accord sur ce deux poids deux mesures. Les harceleuses, agresseuses, violeuses... doivent etre dénoncé autant que les hommes qui commettent ces actes. Ni plus ni moins.

      #metoo dénonce le harcelement sexuel sur le lieu de travail. Entre collègues, dans la hiérarchie, vis à vis de client·es... Dès le début il y a eu des hommes victimes. Dans le travail les discriminations font que la position de pouvoir est plutot aux hommes, mais il y a des femmes qui ont du pouvoir et peuvent l’utiliser pour harceler. c’est pas possible de donner une autorisation de harcelé aux dominé·es (ni à personne !).

      Simone de Beauvoir avait été renvoyé de son poste d’enseignante pour avoir couché avec des élèves, ca lui vaut le titre de #grand_homme dans mes archives.

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      Le dernier :
      https://vacarme.org/article3175.html

      À titre personnel, mais peut-être parce que je suis viriliste, j’aurais tendance à penser que les femmes professeurs sont davantage en droit que les hommes professeurs à se sentir a priori protégées d’accusations de harcèlement sexuel et de contact sexuel : même en position d’autorité, elles ne bénéficient pas de cette menace constante de pouvoir pénétrer l’autre ou de le faire bander sans son consentement — à moins d’être sacrément équipée de prothèses technologiques et de breuvages magiques, ce qui est assez rare et compliqué (en d’autres termes, il me semble qu’il faudrait toujours tenir compte d’une inégalité de genre irréductible dans les affaires de harcèlement sexuel).

      Lui c’est le grand portnawak, le penis est donc un « genre » à ses yeux et il y a pas moyen pour une femme de commettre des violences sexuelles. Le vrai viol c’est avec un penis et sans penis pas de violence sexuelle possible.
      Les agressions sexuelles commises par des femmes ne sont pas de bourdes. Et parlé de bourde au sujet d’une femme ca me semble connoté sexiste. Ca me rappel les attaques sexistes contre S.Royal.
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      Je trouve tout ca malhonnete. Ces 3 textes utilisent quantité d’arguments qui sont justement ceux utilisé habituellement par les masculinistes. En fait ces trois personnes sont surtout 3 universitaires de pouvoir qui veulent garder leur droit à harceler les étudant·es et qui défendent ce droit à travers cette affaire.

    • J’avais raté celui là ! merci @marielle

      Voilà deux personnes qui flirtent (on efface ici toutes attributions de genre, toujours douteuses et modifiables). Deux adultes, en pleine possession de leurs droits et de leurs consciences. L’un est le professeur de l’autre et l’autre, par conséquent, son étudiant. Ils flirtent c’est-à-dire s’amadouent, se donnent de gentils noms, en paroles et en mails, se caressent un peu. Sur le plan du sexe et du sentiment ça ne va pas plus loin.

      C’etait pas un flirt puisque l’une des deux parties a porter plainte. On retrouve la thèse complotiste, la mise en cause de la victime, la négation du rapport hierarchique. C’est un peu moins bourrin que les autres car il y a un peu de contexte et de perspective dans celui là. Je vais pas y passer la journée, les profs qui flirts avec leurs etudiant·es sont en faute et celleux qui les harcelent sont bien sur encore plus et cela qu’illes soient queer ou pas.

    • Bien d’accord sur le manque de contexte. Le figaro à l’air d’en parlé sous #paywall : http://www.lefigaro.fr/international/2018/08/22/01003-20180822ARTFIG00215-metoo-une-universitaire-feministe-reconnue-coupab
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      Non, c’est pas les mêmes relations, c’est pas la même violence, sauf à multiplier les rapports de domination pour renverser le handicap fondamental d’être une meuf qui n’a pas appris à dire non avec autant d’assurance qu’un gars : race, âge, position sociale, rapport hiérarchique. Ce qui est peut-être le cas ici, j’en sais rien.

      Ici on sais que c’était sa directrice de thèse et cette position de domination est évacué et niée par tou·tes les universitaires pro Ronell publié par Vacarme.

    • Plusieurs texte là dessus dans libé aujourd’hui dont un qui donne un peu le contexte.
      http://www.liberation.fr/debats/2018/08/24/l-excentrique-philosophe-avital-ronell-suspendue-de-l-universite-de-new-y

      Selon le New York Times, qui a sorti l’affaire mi-août, Nimrod Reitman, aujourd’hui âgé de 34 ans quand Ronell en a 66, lui reproche de lui avoir envoyé pendant trois ans des mails déplacés, mais aussi d’avoir eu des gestes à connotation sexuelle à plusieurs reprises. Reitman raconte ainsi une journée de 2012, à Paris, où la philosophe l’avait invité à l’accompagner. Elle lui aurait demandé de lui lire des poésies, dans sa chambre, pendant qu’elle faisait la sieste. Puis l’aurait invité dans son lit, lui aurait touché la poitrine, l’aurait embrassé. Reitman explique ne pas avoir osé réagir par peur de représailles sur son avenir universitaire. Dès le lendemain, il lui aurait pourtant dit son désaccord et sa gêne. Mais la situation se serait répétée à plusieurs reprises. Avital Ronell, elle, dément catégoriquement tout contact sexuel. Quant à ses mails : « Nos communications étaient entre deux adultes, un homme gay et une femme queer, qui partagent un héritage israélien, aussi bien qu’un penchant pour une communication imagée et familière, née de sensibilités et d’un contexte académique communs », a-t-elle déclaré au New York Times.
      Excentricité

      Au terme d’une enquête de onze mois, l’université a conclu que Ronell s’était bien livrée à du harcèlement sexuel et que son comportement avait été « suffisamment envahissant pour altérer les termes et les conditions de l’environnement d’apprentissage de M. Reitman ». Elle a en revanche rejeté les accusations d’agression sexuelle, estimant qu’elle n’avait pas de preuve.

      Au printemps, plusieurs dizaines d’intellectuels et de professeurs d’université avaient signé un texte de soutien, initié par Judith Butler, la grande figure des études de genre, destiné à l’Université de New York, pour plaider la cause de la philosophe lors de l’enquête interne de la fac. Le courrier confidentiel a fuité sur un blog - sans doute était-ce aussi l’occasion de porter un coup aux études de genre et au poststructuralisme. Très malhabile, le texte reprenait les arguments classiques de la défense des hommes harceleurs…

      ...

      Le véritable « abus fait du Title IX » n’est pas là pour l’historienne Joan Scott, qui a signé elle aussi la lettre de soutien à Ronell : « Le Title IX est récemment devenu uniquement centré sur le harcèlement sexuel, a-t-elle expliqué dans un mail à Libération. Depuis 1972, les universités confrontées à une plainte dans le cadre du Title IX ont répondu de manière diverse au fil des ans : elles ont protégé leurs éminents universitaires, choisissant d’ignorer les plaintes d’étudiants ; elles ont protégé leurs athlètes et tous ceux qu’elles considéraient comme vitaux pour leurs programmes ; elles ont parfois puni les accusés après une prudente investigation. Mais plus récemment, la réponse la plus typique est de considérer une plainte comme prouvée, sans trop d’efforts pour examiner les faits afin d’agir vite et de punir l’accusé. […] Au lieu d’un jury composé de ses pairs, l’accusé fait face à des équipes d’avocats décidés à protéger l’université de coûteuses poursuites en justice ou de la perte de fonds fédéraux. […] C’est ce qui s’est passé dans le cas Ronell. » Ce qui ne suffira peut-être pas : Nimrod Reitman réfléchit à porter plainte, cette fois en justice, contre Avital Ronell et l’Université de New York.

    • Aux Etats-Unis, l’affaire de la professeure Avital Ronell questionne #MeToo
      https://www.mediapart.fr/journal/international/280818/aux-etats-unis-l-affaire-de-la-professeure-avital-ronell-questionne-metoo

      Le pouvoir. Pour Corey Robin, figure de la gauche intellectuelle américaine, voilà bien la question centrale. « La question qui hante tous ces échanges est celle du pouvoir, écrit-il. Voilà un doctorant qui essaie de faire son chemin dans une institution où tout dépend d’un bon, ou d’un mauvais mot, de son superviseur. (...) Je ne doute pas que Ronell ait pu croire, parfois, que le langage qu’elle utilisait était partagé. Ceux qui sont en position de pouvoir, et qui abusent de ce pouvoir, le croient souvent. »

      « Ce qui me frappe dans cette histoire, c’est moins la dimension sexuelle que cette demande incessante, et fatigante, que Ronell exigeait de son élève, juge Claire Potter, professeur d’histoire à la New School de New York. Lorsque vous êtes professeur, vous devez penser aux barrières. Des amitiés fortes ne sont pas exclues. Mais il doit y avoir des barrières claires dans l’intimité. »

      Professeur à l’institut de French Studies de NYU, le sociologue Frédéric Viguier est frappé par la dimension générationnelle de la polémique, qui révèle les profondes disparités de condition dans l’université américaine, système hyperconcurrentiel et privé où des « stars » très bien payées dans les meilleures universités, souvent des centaines de milliers de dollars par an, disposent d’un pouvoir exorbitant sur des doctorants dont elles peuvent accélérer, ou entraver, les carrières.

      https://justpaste.it/5h1k4

  • Contracts, court rulings giving employers legal upper hand - latimes.com
    http://www.latimes.com/business/la-fi-scotus-employees-20130706,0,2060456.story

    Comment des emplois se créent aux Etats-Unis :

    Emboldened by Supreme Court decisions and a weak job market, employers are starting to require workers to sign away their rights in return for a job.

    Commentaire de Corey Robin, http://coreyrobin.com/2013/07/06/not-even-a-bourgeois-freedom-freedom-of-contract-in-john-robertss-americ

    ... we’re back in a version of the nineteenth century, in which this same nexus of employers and judges is being used to sharply abridge whatever modicum of freedom there is to be found in at-will employment.

  • Continuing the Margaret Thatcher Memorial Season on this blog: why the Left gets neoliberalism wrong, by political scientist Corey Robin.

    poke @monolecte : It turns out that the thing about rugged individualism is (once one gets beyond the pulp novels of Ayn Rand and Robert Heinlein, not exactly founts of academic rigour) a red herring, and the true atom of the neoliberal world view is traditional, vaguely feudal, hierarchical structures of authority: patriarchial families, and enterprises with owners and chains of fealty:

    For all their individualist bluster, libertarians—particularly those market-oriented libertarians who are rightly viewed as the leading theoreticians of neoliberalism—often make the same claim. When these libertarians look out at society, they don’t always see isolated or autonomous individuals; they’re just as likely to see private hierarchies like the family or the workplace, where a father governs his family and an owner his employees. And that, I suspect (though further research is certainly necessary), is what they think of and like about society: that it’s an archipelago of private governments.
    What often gets lost in these debates is what I think is the real, or at least a main, thrust of neoliberalism, according to some of its most interesting and important theoreticians (and its actual practice): not to liberate the individual or to deregulate the marketplace, but to shift power from government (or at least those sectors of government like the legislature that make some claim to or pretense of democratic legitimacy; at a later point I plan to talk about Hayek’s brief on behalf of an unelected, unaccountable judiciary, which bears all the trappings of medieval judges applying the common law, similar to the “belated feudalism” of the 19th century American state, so brilliantly analyzed by Karen Orren here) to the private authority of fathers and owners.
    By this analysis, while neoliberalism may wield the rhetoric of atomised individualism, it is more like a counter-enlightenment of sorts.

    http://coreyrobin.com/2011/07/19/why-the-left-gets-neoliberalism-wrong-its-the-feudalism-stupid

  • Film History: Columnists and Historians Assess Spielberg’s “Lincoln” by Kelly Candaele

    http://lareviewofbooks.org/article.php?id=1251&fulltext=1

    In his blog, Brooklyn College Professor Corey Robin quotes from the 1992 book Slaves No More (by Ira Berlin et.al.), making it clear that despite Lincoln’s great accomplishment, historians overturned long ago a Lincoln-centered view of emancipation. The destruction of slavery was:

    [A] process by which slavery collapsed under the pressure of federal arms and the slaves’ determination to place their own liberty on the wartime agenda. In documenting the transformation of a war for the Union into a war against slavery, it shifts the focus from the halls of power in Washington and Richmond to the plantations, farms, and battlefields of the South and demonstrates how slaves accomplished their own liberation and shaped the destiny of a nation.

    The relegating of African Americans to secondary roles, even in films where black civil rights is the central topic (2011’s The Help is a recent example) is unfortunately the rule rather than the exception. But on the positive side, Lincoln has accomplished something that historian and literary critic Irving Howe suggested is very rare for American artists: the ability to portray politics as “a distinctive mode of social existence with manners and values of its own.”

    The history of slavery, its origins, extirpation, and consequences, becomes more fascinating and illuminating once the context is expanded. Robin Blackburn’s new book The American Crucible — Slavery, Emancipation and Human Rights argues that the success of anti-slavery movements involved some combination of class struggle, war, and a re-casting of the state’s relationship to the claims of property — New York Congressman Fernando Wood, for instance, spoke against the 13th Amendment as a “tyrannical destruction of individual property.” Wood was pointing to the broader underpinnings of both the Constitution and state law.

    For Blackburn, who writes in a Marxist vein, dominant economic interests, both North and South, needed a “different type of state.” In the South, slaves, who were legally property, could run away, while northern manufacturing demanded state regulation of finance, funding for internal transportation and communications infrastructure, and tariff protection. These Unionist and Confederate “rival nationalisms” were both expansionist, the Union looking to overtake the continent and the Confederacy eyeing new slave territory in the West, the South and in Cuba. The clash, according to Blackburn, “was thus one of rival empires, as well as competing nationalisms.”

    Foner also places the state in the center of Civil War and Reconstruction history, focusing on how shifting political dynamics shaped the economic and social relations that followed the abolition of slavery. Slavery was a mode of racial domination but also a system of labor that a “distinctive ruling class” was fighting to retain. The “labor question,” and what role the state would play in re-constituting a disciplined and docile labor force after the Civil War became central to the battle between former master and former slave.

    It was Radical Republican Thaddeus Stevens (portrayed by Tommy Lee Jones in Lincoln), Foner points out, who recognized the “hollow victory” that liberation would bring unless accompanied by the “destruction of the land-based political power” of the agrarian ruling classes. In Nothing but Freedom — Emancipation and Its Legacy, Foner reveals some striking similarities between post-emancipation southern politics and similar developments in the Caribbean and Africa. Struggles over immigration, labor laws, taxation, fiscal policy and the definition of property rights “reveal how much of post-emancipation politics was defined by the ‘labor problem.’ In the southern United States, sharecropping became the common solution to an economic struggle whereby resilient planters and large landowners where eventually (after Radical Reconstruction) able to deny blacks access to productive land, capital, and political power.

    If this seems a bit far afield from the central focus of Lincoln, it shows how difficult — how impossible — it is to present complex historical “moments” through film. History is not a series of “moments” but is, as the recently deceased historian E.J. Hobsbawn reminded us, something that surrounds us. “We swim in the past as fish do in water, and cannot escape from it,” Hobsbawm wrote in On History. The historian’s role — from Hobsbawn’s (and Marx’s) point of view — is the examination of how societies transform themselves and how social structures factor in that process.

    Getting history wrong, as Ernest Renan noted over a century ago, is an essential element in the formation of a nation. Historians will continue to inform us about whether Spielberg and Kushner got Lincoln wrong in the service of polishing a national myth. Perhaps it is an unfair criticism to direct at a two and-a-half-hour movie on one of our most important political figures, but this story of emancipation is woefully incomplete. How could it be otherwise?

    Tragedy very often accompanies politics practiced a high level. Has any American President avoided making decisions about the life and death of others? Lincoln was a man able to control his vanity by casting a cold eye upon both the virtues and the corruptions of human beings. He was able to reject cynicism, that reliable psychological shield for feelings of political impotence, and this the movie demonstrates clearly.

    The film succeeds in portraying Lincoln as a political man in Weber’s sense, a man of ambition who was willing to be held responsible for the results of his decisions.

    #lincoln
    #histoire