person:daech

  • astana-apres-alep | Framapad annuel
    https://annuel.framapad.org/p/astana-apres-alep

    Une belle interview de Rudolf el Kareh. Elle devrait intéresser @nidal et @simplicissimus
    Elle est sous #paywall dans la Libre Belgique. Alors, je me permets de la retranscrire dans un pad.

    Il est grand temps de regarder la réalité en face. Il y a eu, de la part d’un groupe d’Etats aux systèmes de valeurs opposés, une manipulation de l’information, et une présentation des réalités dans un récit destiné à servir leurs intérêts et leurs stratégies. Comme toutes les manœuvres déployées dans ce cas de figure, les outils classiques de la propagande ont été mobilisés et notamment la désinformation, la diabolisation et les clichés manichéens. Les groupes terroristes affiliés à Daech et Al Nosra (aujourd’hui Fateh Al Cham, soit Al Qaïda, Ndlr), ainsi que leurs clones ont été présentés comme de sympathiques « insurgés » et comme des « rebelles ». Sans oublier l’occultation de l’identité de leurs parrains et de leurs commanditaires.

    #syrie #turquie #propagande #Alep

  • « Tout ne s’explique pas par la grille anti-impérialiste et décoloniale », par les rédchefs de la Revue du crieur
    http://lemonde.fr/idees/article/2016/10/05/islamisme-il-y-a-une-place-pour-la-comprehension-fine-de-ce-qui-advient-aujo

    « Contre l’#islamisme, ni Causeur ni Crieur » est le titre d’une tribune parue dans Le Monde du dimanche 2-3 octobre appelant à sortir de « l’alternative entre les républicains patriotes et les islamo-gauchistes » qu’elle s’évertue elle-même à construire. Le titre et la proposition font beaucoup d’honneur à la Revue du crieur, présentée comme incarnant une gauche « amie des musulmans » refusant de « considérer ce qu’il y a de neuf dans la séquence historique » ouverte par le terrorisme islamiste.

    [tribune citée ici : https://seenthis.net/messages/529943]

    Cette tribune pose au fond très mal des questions très importantes qui travaillent et divisent la gauche. Nous avons besoin d’une plus grande intelligence du présent que ce genre de polarités factices qui ne recouvrent pas l’état réel du rapport de force intellectuel et politique en France, marqué aujourd’hui par l’hégémonie du discours identitaire réactionnaire. A celui-ci, une partie de la gauche, drapée de républicanisme autoritaire, contribue tous les jours à donner des gages de respectabilité, tandis que tout autre discours peine à se faire entendre.

    Ce n’est pourtant pas faire preuve de complaisance avec le djihadisme que de tenter de comprendre pourquoi de jeunes Français musulmans se retrouvent à faire le choix du terrorisme. Ce n’est pas minorer la dérive violente de ceux qui utilisent la religion musulmane à des fins criminelles que de ne pas tomber dans l’amalgame consistant à tracer une continuité entre l’islam, l’islamisme, le salafisme et le fondamentalisme meurtrier de Daech.

    Entre le rien à voir avec l’islam et le tout à voir avec la religion, il y a une place pour une compréhension fine de ce qui advient aujourd’hui, surtout lorsqu’on mesure combien un discours réducteur sur l’islam peut avoir des conséquences politiques concrètes dévastatrices.

    Ce n’est pas, non plus, épouser à tout prix la cause des damnés de la terre que d’observer que les partisans d’une laïcité agressive alimentent une islamophobie politique, médiatique et populaire, à moins de considérer que tous ceux qui s’en démarquent, tels le pape François ou Emmanuel Macron, appartiennent aussi au camp des dangereux « islamo-gauchistes », une catégorie d’analyse aussi floue qu’indigente. Ce n’est pas être de naïfs « amis des musulmans » que d’insister sur la nécessité de lutter contre le danger terroriste sans pour autant céder à l’invention récurrente d’ennemis imaginaires ayant les traits de ces jeunes filles voilées à l’université ou de ces mères de famille en burkini sur la plage.

    Certes, et c’est compréhensible dans ce contexte de stigmatisation des populations de croyance et/ou de culture musulmanes dans lequel nous baignons, une partie de la gauche radicale a choisi de faire de la question « raciale » une cause prioritaire. De même, une fraction du camp indigéniste s’est engagée dans un raidissement identitaire explicable face au rouleau compresseur réactionnaire. Ce choix, nous pouvons le lui reprocher car il engage un type de combat qui la condamne à une impasse stratégique en ce qu’il force ses défenseurs à demeurer plus que minoritaires et inaudibles dans l’opinion.

    Le risque, à terme, est l’enfermement dans un entre-soi ou dans un #gauchisme de campus bien connu des universités nord-américaines, qui alimente sans fin l’autoflagellation et le narcissisme des petites différences à coups d’argumentaires abscons. Une telle position, détachée de toute base sociale, prend le risque de légitimer les sarcasmes des pseudo-républicains ultralaïques prenant pour cible les multiculturalistes angéliques.

    Un minimum d’honnêteté intellectuelle est suffisant pour entendre que tout ne s’explique pas par la grille anti-impérialiste et décoloniale : le Moyen-Orient est aujourd’hui plongé dans une guerre civile et religieuse qui n’est réductible ni aux effets de nos guerres passées et présentes ni à la question des enjeux pétroliers. Et il existe, par ailleurs, suffisamment d’articulations réelles entre question sociale et question « raciale » pour que nous n’ayons pas à choisir entre la défense des ouvriers blancs et celle des « Arabes » musulmans.

    Mais la lucidité, aujourd’hui, ne consiste pas en la recherche d’un équilibre bancal, à la manière de l’hypocrite « identité heureuse » promue par Alain Juppé, des coups de menton suivis de piteuses reculades d’un Manuel Valls, ou d’un François Hollande tentant toujours de ménager la chèvre et le chou jusqu’à l’absurde, comme lorsqu’il proposa que Léonarda, adolescente kosovare expulsée à la descente de son car scolaire, obtienne le droit de revenir en France, « mais sans sa famille ». Sortir de l’impasse où nous sommes tous suppose une réflexion plus profonde que cette pensée tiède et mauvaise qui fait reculer le débat plus que tout autre chose.

    Renvoyer dos-à-dos, au prix d’un exercice d’équilibriste de ce type, la fièvre identitaire d’une droite et d’une gauche durcies par l’échéance électorale prochaine, et les crispations d’une fraction de la gauche radicale et du camp décolonial, c’est d’abord mal mesurer l’écart de puissance et d’influence, incommensurable, qui les sépare, et faire ainsi le jeu de la première. C’est aussi avaliser la posture d’une gauche prétendument tempérée qui refuse de prendre sa responsabilité dans le marasme qui nous est imposé. La raison n’est pas du bord de ceux qui font semblant de chercher une voie moyenne, plus juste, plus raisonnable, en réalité seulement plus frileuse et plus sotte.

    De même qu’une gauche d’antan soi-disant « responsable » avait voulu, hier, disqualifier la #gauche altermondialiste – jugée par elle naïve, archaïque et tiers-mondiste – sans parvenir pour autant à endiguer la dynamique néolibérale responsable de tant d’inégalités et de violences –, une gauche d’aujourd’hui qui se présente comme « réaliste » cherche à se démarquer d’une autre gauche, celle-là émancipatrice, qui condamne la construction récurrente d’un pseudo-problème musulman en guise de dernier masque posé sur les échecs profonds d’une société politique, toutes tendances confondues. Ce sont ces échecs qui constituent la plus grande menace pour la cohésion de notre société.

    #décolonisation #idées cc @mona @baroug

  • DAESH : autopsie d’un monstre / France Inter
    http://www.franceinter.fr/emission-lenquete-daesh-autopsie-dun-monstre
    l’émission du vendredi 20 novembre 2015 | Enquête de Benoît Collombat & Jacques Monin
    http://rf.proxycast.org/1098216945129365504/14166-20.11.2015-ITEMA_20845772-0.mp3

    (...) Jusqu’alors l’Arabie Saoudite dominait nettement la production de pétrole, et le Qatar celle du gaz. Or ces deux pays apprennent que l’Iran, leur plus farouche rival, projette de construire un pipeline qui traverserait l’Irak et la Syrie pour s’assurer un débouché vers la méditerranée. Cela redistribuerait totalement les cartes du marché du pétrole et du gaz. C’est clairement là l’un des éléments qui vont pousser ces deux pays à déstabiliser Bachar el Assad.

    Preuve qu’un mouvement se met en route : le prince qui dirige les services de renseignement saoudiens rend visite à Vladimir Poutine pour lui demander de mettre fin au soutien russe à Bachar El Assad. Il sera éconduit sans ménagement.

    Avec ou sans l’appui des russes, l’opération de déstabilisation de Bachar El Assad est donc lancée… pour des raisons économiques liées à l’acheminement du pétrole, certes, mais pas seulement. En effet si l’Arabie Saoudite et le Qatar soutiennent des groupes rebelles c’est aussi dans le but de provoquer la chute du régime laïque syrien et y instaurer à terme un régime islamique extrêmement sévère.
    C’est l’analyse d’Alain Juillet :
    <<Les opposants religieux, c’est-à-dire les Frères musulmans - dont le Qatar est un des supports reconnus – et les Saoudiens, ne vont pas hésiter à financer des gens pour réinstaller dans ce pays laïc la vraie religion : la religion vue par les Salafistes.>>

    Ainsi se consolident peu à peu deux mouvements terroristes, Daech et Al Nosra, financés par le Qatar et l’Arabie Saoudite, comme le relevait en mai 2015, dans un rapport du congrès américain.

  • Le dossier des militaires enlevés otage de la bataille à venir dans le jurd - Scarlett HADDAD - L’Orient-Le Jour
    http://www.lorientlejour.com/article/919004/le-dossier-des-militaires-enleves-otage-de-la-bataille-a-venir-dans-l

    Selon la source militaire précitée, ce changement de sensibilité joue en faveur de l’armée et lui permet de mieux contrôler la situation, mais celle-ci n’a strictement rien à voir avec d’éventuels préparatifs militaires en vue d’une large offensive des deux côtés de la frontière par, d’une part, les combattants de Daech et al-Nosra et, d’autre part, l’armée syrienne et le Hezbollah. Pourtant, il est probable qu’une importante bataille se prépare dans cette zone, sachant que les deux parties attendent la fonte des neiges pour pouvoir se déplacer plus facilement, notamment à bord des véhicules militaires. C’est en quelque sorte à qui surprendra l’autre, les deux camps cherchant entre-temps à renforcer leurs positions et leurs moyens. L’armée libanaise, elle, doit rester vigilante, d’autant que les combats qui se sont déroulés récemment à Zabadani en Syrie, et qui sont à l’avantage de l’armée syrienne et du Hezbollah, pourraient pousser les combattants à fuir vers le jurd de Ersal et vers le Liban si la route de Deraa était coupée pour eux.