person:dimítris christoúlas

  • Refaire société Panagiotis Grigoriou - 7 Avril 2019 - Greek Crisis
    http://www.greekcrisis.fr/2019/04/Fr0718.html

    Pluie de retour, mer agitée. La presse s’attarde sur les candidates et les candidats aux prochains scrutins, le tout, entre scandales politico-financiers à répétition et cynisme politique à outrance. C’est le moment apparemment du scandale dit Petsítis... porteur de valises, ami de Pappás qui est ministre et ami de Tsípras. Sondages à répétition, déclarations dépourvues de sens, pas même grammatical, et on dira que c’est toujours du grec. Sable mouvant ou encore, sable des plages attendant les touristes mais ce n’est pas la saison.

    Moments graves, situation aggravée, politiciens gravissimes. Jadis d’actualité, la mémoire de Dimítris Christoúlas au jour anniversaire de sa disparition, le 4 avril, a été complètement oubliée, autrement-dit occultée par les medias, Internet compris. Dimítris Christoúlas était ce pharmacien retraité lequel le 4 avril 2012 il s’est tiré une balle dans la tête place Sýntagma, devant le “Parlement”.

    Dans sa dernière lettre, Christoúlas avait assimilé les politiciens sous contrôle de la Troïka, au gouvernement collaborationniste pronazi de Geórgios Tsolákoglou : “Le gouvernement de Tsolákoglou a détruit toute chance de survie pour moi, qui vivais avec une pension très digne que j’avais payée et pour laquelle j’ai cotisé sans aucune aide de l’État pendant 35 ans. Mon âge avancé ne me permet pas de réagir autrement (...) Je ne vois pas d’autre solution que de mettre fin à ma vie de cette façon digne pour ne pas finir en fouillant dans les poubelles pour survivre. Je pense que les jeunes sans avenir prendront un jour les armes et pendront la tête en bas les traîtres à notre pays (...)”.

    Je me souviens de cette matinée car j’y étais, plus exactement, j’y étais quelques minutes seulement après le suicide de Dimítris. Il faisait encore presque tôt dans la matinée, à peine huit heures, le corps, les premiers attroupements dans un silence alors sidérant, la nouvelle qui s’est rependue à travers la ville, puis la colère, les manifestations citoyennes dans l’après-midi, et les déclarations bien entendu des politiciens... très engagées, Syrizístes en tête à l’époque. Sur place il y a eu du monde, beaucoup de monde en colère et au message fort explicite : “Traîtres, vous avez son sang sur vos mains”.

    Rappelons qu’en cette année 2012 bien lointaine, son printemps fut encore celui des fortes mobilisations, étant donné que la classe moyenne grecque ne subissait que le début de sa destruction et que le système préparait encore sa propre relève, SYRIZA essentiellement. D’ailleurs, le lieu où Dimítris Christoúlas est mort avait longtemps été le théâtre d’hommages nombreux et il a été proposé que soit érigé en cet endroit un monument commémoratif. SYRIZA est passé par là, le refus, son crime politique préparée mais naturellement occultée, enfin l’oubli imposé.

    Ce n’est que jusqu’à 2015 que les journaux proches de SYRIZA, à l’instar du “Quotidien des Rédacteurs” consacraient encore de leurs reportages à la mémoire de Dimítris Christoúlas à la date du 4 avril. Ensuite, plus rien. On dirait que Don Quichotte, sa la Grotte de Montesinos, ses vents et leurs moulins sont passes par là.

    En 2019, les manifestants de jadis ont quitté les pavés et parfois même le pays. Seuls nos matous, plus chanceux dans ce pays, n’auront guère changé de quotidien surtout près les poissonneries. Comme le rappelle avec ironie et amertume mon ami Olivier Delorme sur son blog cette semaine : “Pour le reste, comme on pourra le constater ci-après, et comme le chantait encore ce matin France Inter - Radio Paris, pour mieux dire -, la Grèce va mieux ! La preuve ? On a appris hier qu’à Komotiní, dans le Nord du pays, un homme âgé de 38 ans est mort dans l’incendie de sa maison, au 103, rue Labyrinthos. Cet incendie a été provoqué par des bougies, son frère, avec qui il cohabitait, a pu sortir à temps de la maison. L’électricité avait été coupée en raison d’une dette envers la compagnie d’électricité”, blog d’Olivier Delorme, le 4 avril. http://www.olivier-delorme.com/odblog/index.php?2019/04 Lisez le reste de son article pour ainsi découvrir... la liste du “bonheur grec retrouvé”.

    Cette semaine, il y a eu aussi le passage d’Olivier Delorme au magazine d’information Focus sur ERT (télévision grecque). L’interviewer a eu la bonne idée de lui poser des questions sur le couple franco allemand qui n’existe pas, et Olivier en a profité pour mettre le couvert sur l’euro et la nécessité de mettre un terme à l’UE. Il y a aussi dans cette émission, notre ami José-Manuel Lamarque et son regard géopolitique sur la question, le géographe et analyste Christophe Guilluy, ainsi que Natacha Polony, plus évidement les analystes et... théologiens de l’autre côté des réalités, l’article et l’émission c’est ici sur le blog d’Olivier Delorme. http://www.olivier-delorme.com/odblog/index.php?2019/04/05/1010-vieilleries-et-etat-poule

    La Grèce va mieux ! La preuve ? Les suicides, lesquels se poursuivent et se multiplient, le plus souvent ignorés de la presse nationale. Même si leurs causes peuvent être considérées d’après le reportage au cas par cas de la presse locale, comme “spécifiques”, et comme hypothétiquement échappant à la morosité anthropologique de la Grèce actuelle, cette réalité est pourtant incontournable... donc ignorée des discours officiels et parfois même médiatiques.

    Rien que près de la date du 4 avril, et de la mémoire du suicide historique et politique de Dimítris Christoúlas, j’ai pu remarquer à travers la presse régionale, qu’un homme de 80 ans s’est pendu à Andritsaina dans le Péloponnèse, presse locale de Patras. Ou à Elatia en Grèce Centrale, un homme de 35 ans s’est également pendu, presse locale, puis le 31 mars un homme de 54 ans s’est suicidé faisant usage de son fusil de chasse sur l’île de Zante, presse locale, ou le 21 mars, un homme qui s’est suicidé de la même manière à Agrínio en Grèce de l’Ouest, presse locale, ensuite un adolescent de 16 ans qui s’est suicidé à Siteía en Crète, presse locale, enfin, cette femme de 52 ans qui s’est suicidée en se jetant de son balcon du 5ème étage à Patras, presse locale. Le... nombre y est, Charon est on dirait de la “fête”.

    Au pays réel et non pas celui des politiciens, on peut certes boire son café sous le soleil à Athènes ou s’y balader devant les boutiques fermées, comme on peut autant disparaître, soleil d’ailleurs ou pas... par suppression volontaire et autant autodestructrice. En même temps et c’est aussi une forme de réaction, des monastères et notamment ceux du Mont Athos, inaugurent alors églises et locaux en ville, pour que leurs moines puissent rencontrer les fidèles en ville, de plus en nombreux. On dirait que le petit peuple s’accroche comme il le peut, là où il peut.

    L’analyse de Christophe Guilluy est d’ailleurs pertinente. “Pour la première fois dans l’Histoire, les catégories modestes ne vivent plus là où se crée l’emploi. Du fait de la division internationale du travail et de la polarisation de l’emploi, il était logique que la classe moyenne, la classe majoritaire, implose. Les conséquences culturelles et politiques sont gigantesques.”
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    http://www.greekcrisis.fr/2019/04/Fr0718.html

    #Grèce #suicides #pauvreté #mort #union_européenne #ue #église #médias


  • Au citoyen inconnu
    http://www.greekcrisis.fr/2013/04/Fr0226.html

    Dimitris Christoulas s’est suicidé il y a un an, pratiquement jour pour jour, place de la Constitution. Il s’est tiré une balle sous un arbre anonyme, devenu depuis, un autre lieu de mémoire, à quelques mètres à peine du monument du soldat inconnu sur cette même place. Par un hasard de la microhistoire par ce gros temps anthropophage, je me trouvais place de la Constitution quelques minutes seulement après le suicide de Dimitris et ensuite, j’ai vécu directement cette traînée de poudre émotionnelle (...)