person:edouard philippe

  • Grand débat : Edouard Philippe participe à son tour à une réunion locale - Le Parisien
    http://www.leparisien.fr/politique/grand-debat-edouard-philippe-s-invite-a-son-tour-dans-une-reunion-locale-

    Ça c’est la version officielle

    Il s’était fait discret jusque-là. Edouard Philippe a participé à son tour, ce vendredi soir, à une réunion publique organisée à Sartrouville (Yvelines) dans le cadre du grand débat national.

    C’est la première fois que le chef du gouvernement s’invite à l’une de ces réunions, au lendemain de la participation du président Emmanuel Macron à une réunion du grand débat à Bourg-de-Péage (Drôme).

    Ma frangine qui habite Sartrouville m’a fait un tout autre récit : Carine Tounkara et Christèle Rettenmoser (LREM) ont organisé cette soirée « grand débat » dans une salle municipale... à l’insu des habitant·es qui, non informé·es de la tenue de ce débat, n’ont pas pu participer ! Les personnes présentes étaient donc des invitées confidentielles.



  • #s04e02
    #Affaire_Benalla : Matignon a provoqué l’enquête sur les sources de Mediapart - Page 1 | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/060219/affaire-benalla-matignon-provoque-l-enquete-sur-les-sources-de-mediapart

    Matignon répond au journaliste. « La chef du #GSPM dément être impliquée d’une quelconque façon dans la rupture du contrôle judiciaire de MM. #Benalla et Crase. Elle affirme connaître M. Benalla, mais ne jamais avoir rencontré M. Crase et qu’à sa connaissance celui-ci n’est jamais venu à son domicile. Elle dément également que son compagnon ait pu organiser cette rencontre chez elle en son absence », explique à Mediapart l’entourage d’Édouard Philippe. Matignon a aussi vérifié qu’aucune écoute administrative n’avait été autorisée concernant les protagonistes cités pendant la période des faits.

    Résultat : Valeurs actuelles ne publie rien. Contacté, le journaliste de l’hebdomadaire, Louis de Raguenel, confirme avoir envoyé des questions à Matignon. « S’il était avéré que ce sont mes questions qui ont entraîné la tentative de perquisition de Mediapart, je trouve cela choquant. Moi, j’ai fait mon travail de journaliste », a-t-il réagi.

    [...]

    Le procureur Heitz, qui pilote personnellement les investigations, n’est pas n’importe qui. Il a été nommé en octobre dernier par le pouvoir exécutif après un processus de désignation qui avait suscité une vive polémique, l’Élysée ayant retoqué les trois postulants retenus par le ministère de la justice et le Conseil supérieur de la magistrature.

    Les procureurs, « parce qu’ils sont porteurs d’une politique publique définie par notre gouvernement […], s’inscrivent dans une ligne de hiérarchie », avait estimé en octobre dernier la ministre de la justice, Nicole Belloubet, qui a couvert mardi 5 février, en mentant devant l’Assemblée nationale, la tentative de perquisition de Mediapart par le parquet de Paris.

    Le premier ministre Édouard Philippe a quant à lui dit assumer être intervenu, avec le président de la République, dans la nomination de Rémy Heitz, voulant « être certain » qu’il serait « parfaitement à l’aise » avec le nouveau procureur de Paris.

    papier de libé sur le journaliste en 2014 (suite révélation VA sur Davet / Lhomme)

    (1) « Valeurs actuelles » marche dans la #barbouze - Libération
    https://www.liberation.fr/ecrans/2014/10/28/valeurs-actuelles-marche-dans-la-barbouze_1131405

    Avant de devenir journaliste, ce militant UMP proche de la Droite forte a été le monsieur Communication numérique de Claude Guéant au ministère de l’Intérieur, entre 2011 et 2012. Puis il a été promu chef du groupe « nouvelles technologies et veille » au cabinet du directeur général de la Police nationale, Claude Balland. Très actif, le jeune community manager se fait vite remarquer par ses prises de position outrancières sur les réseaux sociaux, notamment contre le mariage gay.

    En mars 2013, comme l’a révélé l’Express à l’époque, il finit par être discrètement écarté par Manuel Valls, qui se méfie à juste titre de son activisme. A 26 ans, Louis de #Raguenel devient alors le nouveau rédacteur en chef Internet de Valeurs actuelles. Une reconversion éclair qui ne manque pas de faire jaser en interne. Aux côtés de quelques autres plumes fraîchement débauchées, la nouvelle recrue incarne le virage radical pris avec l’arrivée d’Yves de Kerdrel aux manettes, en octobre 2013. Depuis, de révélations anonymes en dossiers complaisants, l’hebdomadaire s’efforce de servir au mieux la cause sarkozyste. Une stratégie offensive dans laquelle Louis de Raguenel occupe une place discrète mais efficace. La semaine de son scoop, il s’est ouvertement targué d’avoir obtenu ses informations par l’intermédiaire d’un ancien policier proche de la galaxie sarkozyste, reconverti depuis dans le privé. Contacté par Libération, Louis de Raguenel n’a pas souhaité répondre à nos questions.

    La piste barbouzarde est aujourd’hui corroborée par les témoignages des policiers chargés d’assurer la sécurité de Gérard Davet et de Fabrice Lhomme, sous protection rapprochée depuis qu’ils ont reçu des menaces de mort. A deux reprises, tôt le matin, les hommes du SDLP (Service de la protection) ont identifié un véhicule dans lequel un photographe mitraillait méthodiquement ses cibles à l’aide d’un téléobjectif. A chaque fois, la plaque d’immatriculation a été relevée et passée aux cribles des fichiers de police. La première correspond au véhicule d’un particulier, la seconde à une voiture de location.

    Pour les deux journalistes du Monde, les menaces justifiant une protection policière remontent à la fin de l’été, quand Gérard Davet a reçu dans sa boîte aux lettres un courrier explicite (« on va te faire la peau »). Quelques jours plus tard, Fabrice Lhomme découvre sur son paillasson le dessin d’un cercueil, à l’intérieur duquel ont été notés les noms et dates de naissance de sa femme et de ses enfants. Une enquête préliminaire a été ouverte dans la foulée par le parquet de Paris, confiée aux policiers de la BRDP (Brigade de répression de la délinquance aux personnes).

    et plus recemment sur le mari de la cheffe du GSPM

    https://www.liberation.fr/france/2019/02/06/revelations-sur-un-nouveau-partenaire-de-benalla-qui-inquiete-matignon_17

    • #croustillant
      #pop_corn
      https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/02/06/la-perquisition-avortee-de-mediapart-a-ete-declenchee-par-des-informations-t

      « Je voulais savoir si des services étatiques avaient été mobilisés, explique M. de Raguenel. La bande provient-elle d’une écoute ou d’une sonorisation clandestine ? L’idée n’était aucunement d’enquêter sur les sources de Mediapart, ni de savoir comment le site a eu accès à l’enregistrement. »

      Lire aussi Les questions que pose la tentative de perquisition à « Mediapart »
      Après cet appel de M. de Raguenel, mais aussi d’autres médias, un courrier est adressé par le directeur de cabinet d’Edouard Philippe au procureur de Paris, dans un souci de « transparence », selon l’entourage du premier ministre.

      « Plusieurs journalistes nous ont contactés, jeudi et vendredi, pour tenter d’établir un lien entre la cheffe du GSPM, son conjoint, et la rupture du contrôle judiciaire de MM. Benalla et Crase. Matignon a donc procédé à de premières vérifications », écrit M. Ribadeau-Dumas dans ce courrier en date du 1er février, que Le Monde a pu consulter.

      Le bras droit de M. Philippe explique avoir « convoqué sans attendre » Marie-Elodie Poitout, cheffe du GSPM. Elle lui aurait alors expliqué avoir « reçu M. Benalla, qu’elle dit connaître depuis 2017, à son domicile, fin juillet, avec un ami commun », Chokri Wakrim, mais assure que M. Crase n’était pas présent. Enfin, M. Ribadeau-Dumas affirme dans cette lettre qu’aucun des protagonistes n’a fait l’objet « d’autorisation de techniques de renseignement », réfutant ainsi l’idée selon laquelle l’enregistrement aurait été réalisé par un service de renseignement.

      La brigade criminelle saisie du dossier
      Selon Le Parisien, la brigade criminelle, saisie du dossier, a procédé en début de semaine aux premières auditions. Marie-Elodie Poitout a été entendue mardi. Elle aurait confirmé avoir reçu M. Benalla à son domicile à la période indiquée, sans pouvoir préciser le jour, pour lui témoigner son soutien, tout en assurant ne pas avoir réalisé les fameux enregistrements.

      Elle aurait en outre affirmé ne pas se souvenir de la présence de M. Crase lors de cette rencontre mais a indiqué que son compagnon était présent. D’après Valeurs actuelles, ce dernier, militaire en activité, aurait été entendu par la direction du renseignement et de la sécurité de la défense pour son éventuelle implication dans le contrat de protection de l’oligarque russe Iskander Makhmudov que M. Benalla est soupçonné d’avoir négocié alors qu’il était encore en poste à l’Elysée.

      Selon Libération, Chokri Wakrim, présent au domicile de Mme Poitout, serait impliqué dans l’exécution de ce contrat. Le quotidien assure que M. Wakrim « a été sollicité quelques mois plus tôt par M. Benalla pour travailler sur le fameux contrat russe » puis « était notamment chargé, à Monaco, de la sécurité de la famille de M. Makhmudov ». Contactés, ni Alexandre Benalla, ni Vincent Crase n’ont donné suite aux sollicitations du Monde. M. Wakrim et Mme Poitout n’ont pu être joints.

      Reste à savoir pourquoi Matignon a alerté le parquet de la sorte, alors qu’aucune procédure judiciaire n’était ouverte. L’entourage de M. Philippe précise au Monde qu’« il ne s’agit en aucun cas d’un signalement ou d’un article 40 [du code pénal, qui impose aux agents publics le signalement des crimes ou délits dont ils ont connaissance]. Il s’agit simplement de partager en toute transparence avec la justice des éléments de réponse transmis à la presse et qui sont susceptibles de concerner une affaire judiciaire en cours. Qui comprendrait que Matignon réserve à la presse des informations que la justice pourrait estimer utiles ? »

      Une célérité qui interroge
      Toujours est-il que le parquet de Paris a décidé d’ouvrir une enquête préliminaire – dont les bases judiciaires font débat, celle-ci ayant été lancée sans qu’aucune plainte ne soit déposée – dans la foulée de l’envoi de ce courrier et de diligenter les premiers actes avec une célérité qui interroge.

      Pour la première fois de son histoire, Mediapart a fait face à une tentative de perquisition. Comme il en avait la possibilité, le journal en ligne a refusé cet acte judiciaire. Depuis lundi, une trentaine de sociétés de journalistes ont apporté leur soutien à Mediapart en déclarant notamment que la perquisition qui avait visé le site fondé par Edwy Plenel « constitue une tentative particulièrement inquiétante d’attenter au secret de leurs sources. »

    • Révélations sur un nouveau partenaire de Benalla qui inquiète Matignon - Libération
      https://www.liberation.fr/france/2019/02/06/revelations-sur-un-nouveau-partenaire-de-benalla-qui-inquiete-matignon_17


      Alexandre Benalla et Chokri Wakrim en août 2018.
      Captures d’écran vidéo, DR

      C’est un personnage central de l’affaire Benalla, dont le nom n’est encore jamais apparu jusqu’ici. Chokri Wakrim, 34 ans, a pourtant tissé de nombreux liens avec l’ancien collaborateur d’Emmanuel Macron. Libération enquête depuis plusieurs semaines sur ce militaire au parcours opaque. Selon nos informations, il est impliqué dans un contrat de sécurité avec l’oligarque russe, Iskander #Makhmudov. L’homme est aussi le compagnon de Marie-Elodie Poitout, cheffe du groupe de sécurité du Premier ministre (GSPM), Edouard Philippe.
      […]
      Un attelage d’autant plus suspect que Wakrim a été sollicité quelques mois plus tôt par Alexandre Benalla pour travailler sur le fameux contrat russe. Il était notamment en charge, à Monaco, de la sécurité de la famille de Iskander Makhmudov. A l’époque, une partie de ce contrat avait été confiée à la société de sécurité privée Velours, qu’Alexandre Benalla connaît bien pour y avoir travaillé entre 2014 et 2015. Or il existe un autre lien entre cette entreprise et Chokri Wakrim. Selon nos informations, ce dernier a en effet créé une autre société avec un des fondateurs de Velours, dont les statuts datent du 9 juillet 2018, à peine dix jours avant les premières révélations du Monde à l’origine de l’affaire Benalla. Pourquoi avoir créé cette structure à l’objet social incongru (« entretien corporel »), sans lien apparent avec le milieu de la sécurité ? Toujours est-il que le patron de Velours a revendu toutes ses parts à Chokri Wakrim quelques semaines plus tard.

      Plusieurs documents consultés par Libération attestent par ailleurs de la proximité entre Chokri Wakrim et Alexandre Benalla. Le militaire l’a notamment accompagné cet été dans le château de l’homme d’affaires Vincent Miclet, en Dordogne. Dans une vidéo, il apparaît par exemple en pleine séance de tir à la carabine avec l’ancien collaborateur d’Emmanuel Macron, dans les jardins de la demeure. Une autre séquence le montre cette fois au domicile parisien de Mohamad Izzat Khatab, sulfureux homme d’affaires syrien soupçonné de nombreuses escroqueries, qui a hébergé Alexandre Benalla pendant plusieurs semaines après son son départ de l’Elysée, comme l’avait révélé Libération. Une proximité qui soulève de très nombreuses questions. Contacté à plusieurs reprises, Chokri Wakrim n’a pas répondu à nos sollicitations.

      #Izmaïlovo #Izmaïlovskaya

    • https://melenchon.fr/2019/02/04/perquisition-mediapart-letat-autoritaire-saffole

      Ce jour-là, Médiapart n’eut pas un mot pour s’étonner des 17 perquisitions contre les militants de « La France insoumise » et trois de leurs prestataires, ni pour les motifs, ni pour la méthode. Pas un mot d’étonnement sur le déploiement de cent policiers avec les méthodes réservées au grand banditisme, ni la perquisition au domicile du Président d’un groupe parlementaire d’opposition, de la saisie de tout le contenu de l’ordinateur de la Secrétaire Générale du groupe, pourtant aucunement concernée par les deux dossiers bizarrement joints qui servaient de prétexte à cette razzia. Pas un mot contre la confiscation d’ordinateurs ou de leur contenu intégral, rien contre la capture du fichier d’adhérents au Parti de Gauche, pas un mot contre l’interdiction faite aux responsables d’être présents pendant la perquisition du siège de « La France insoumise ». J’en passe et non des moindres.

      Médiapart ne s’étonna de rien, approuva tout, se tut sur tout ce qui à l’évidence sentait à plein nez l’instrumentalisation politique de la justice et de la police. Rien sur les liens politiques entre les décideurs de l’opération, rien sur l’anomalie d’une opération construite sur deux simples dénonciations et dont seul j’ai eu à pâtir parmi nombre d’autres cités dans ces deux domaines des assistants au Parlement européen et des comptes de campagnes pourtant validés. Rien. Au contraire Médiapart a organisé une croisade de presse contre moi le jour même pour crime de lèse-majesté médiatique. Mediapart a tout justifié, tout validé. Médiapart a couvert de boue dans des spasmes de rage misogyne Sophia Chikirou. Edwy Plenel a tellement dépassé les bornes qu’il a dû lui-même retirer un de ses tweets graveleux. Médiapart a claironné que « les hommes politiques n’ont pas de vie privée ». Médiapart a diffusé des mensonges délibérés comme celui d’après lequel nous aurions été prévenus de longue date de ces perquisitions. Médiapart a fait tout ce qui lui était possible pour salir nos personnes, notre honneur, nos vies personnelles. Médiapart a été dans cette circonstance le chien de garde zélé des basses besognes de la Macronie.

      Mais voilà que l’arroseur est arrosé. Médiapart est pris à son tour dans les manipulations de coups tordus entre divers étages de la police, et de la justice. Cela sous couvert d’une plainte de Benalla à propos d’un supposé viol du secret de l’instruction concernant sa vie privée. L’une d’entre nous a pourtant déposé une plainte de même nature. Bien sûr, elle n’a été suivie d’aucun effet d’aucune sorte. Alors que se passe-t-il ?

      Au-delà de tous les effets de manche et postures héroïques de défenseurs de la liberté de la presse, la réalité crue est d’une autre nature et d’une autre gravité. Les médias, la police et la justice fonctionnent en circuit fermé depuis des années. Les uns achètent des informations à certains des autres qui ne devraient pas les vendre. Parfois, la tractation est gratuite quand se produit un cas qu’ils appellent le « donnant-donnant ». On se demande ce que chacun donne et contre quoi. La preuve de ce trafic impuni : jamais aucune plainte pour violation du secret de l’instruction n’aboutit. Jamais. Au sujet de nos perquisitions, Médiapart publia dès le lendemain des « informations » en copié-collé (tendancieux) des procès-verbaux sans que le Parquet n’émette la moindre protestation ni velléité de réaction. Jubilant, Fabrice Arfi tweeta : « (Révélations) Les premières découvertes des perquisitions Mélenchon. Et c’est embarrassant… ». Mais tout a changé depuis peu.

      Le démarrage de l’affaire Benalla a ouvert une guerre sans merci entre services de police, également entre eux et le palais de l’Elysée, et entre magistrats et médias qui servent de relais d’habitude aux fuites organisées. Tout le monde est en embuscade autour d’un palais présidentiel en état de siège multiple. Tout est en cause dorénavant dans un régime aux abois. Les deux procureurs et les trois policiers venus perquisitionner savaient parfaitement que les dirigeants de Médiapart, sans doute prévenus de longue date, ne permettraient pas la perquisition. En effet celle-ci n’avait pas l’aval d’un juge, au contraire de mon invasion matinale. Ils savaient qu’ils exciperaient du secret des sources. Ce privilège réservé aux seuls journalistes, s’il est parfaitement compréhensible et nécessaire dans une enquête menée par un média, change de nature quand il concerne les affaires de justice. En effet il devient alors la négation des droits de la défense à une instruction sans publicité et donc sans pression. Le secret des sources dans le délit de violation du secret de l’instruction est tout simplement la porte ouverte à tous les abus et manœuvres puisque personne ne peut se défendre, ni contredire les informations publiées, ni solliciter personne pour faire cesser le trafic marchand de l’information. Il devient un droit à faire des piloris médiatiques.

      Ceux qui sont venus chez Médiapart avaient donc une autre intention évidente : intimider les sources d’informations policières à l’œuvre dans l’affaire Benalla auprès de Médiapart et auprès des autres médias qui attendent leur tour de balançoire. Une guerre de grande ampleur a donc lieu en ce moment au sommet des hiérarchies élyséenne, policière et judiciaire. Médiapart aurait dû comprendre à temps ce que signifiait l’agression contre « La France insoumise », les inquisitions sous prétexte de dossiers bidonnés. Médiapart aurait dû se rendre compte que le pouvoir macroniste voulait seulement ouvrir un feuilleton judiciaire à rebondissements contre moi comme cela se pratique dans beaucoup de pays contre les leaders de ma mouvance. Il aurait dû penser politiquement la situation au lieu de s’abandonner au joie du « Schadenfreude », joie à propos du malheur des autres.

      Voici ce que je crois : encouragé par la complicité de Médiapart contre nous, conscient de l’énorme discrédit des médias dans la période, le pouvoir aux abois se croit dorénavant tout permis. Sa tendance autoritaire est désormais en action la bride sur le cou. Si discutables que soient les pratiques de Médiapart et de ses dirigeants, si détestables que soient les méthodes utilisées par ce média contre nous, il ne faut pas se mettre à leur niveau. Ne soyons pas comme Fabrice Arfi quand il pérorait à mon sujet « Depuis deux jours les fausses nouvelles volent en escadrille. La première d’entre elles consiste à dire par un habile syllogisme que les procureurs de la république n’étant pas indépendants en France, la perquisition visant un membre de l’opposition est la preuve d’une justice aux ordres de l’Elysée. CQFD. C’est pourtant bien plus compliqué que cela. Mais que valent la complexité et la nuance quand il s’agit de s’ériger en martyr ? »

      Le danger du moment demande au contraire de prendre la mesure de ce qui se passe bien au-delà de nos mauvais souvenirs. Devant l’exigence d’une justice impartiale et juste, face à l’exigence de la liberté de la presse, on ne règle pas de compte avec ses adversaires politiques. Il faut donc comprendre que le coup porté contre la rédaction de Médiapart en annonce d’autres contre d’autres rédactions. Les perquisitions politiques contre « La France insoumise » ouvraient la porte à celle de Médiapart. Ce qui est fait à Médiapart prépare d’autres mauvais coup de même nature contre d’autres médias ou d’autres formations politiques. Une telle pente est sans retour quand elle est prise. Le silence moutonnier des députés macronistes montre qu’ils sont prêts à tout avaliser. La Macronie est devenue dangereuse pour la liberté. En attestent la violence de la répression contre les manifestants, les pressions sur la justice pour le prononcé de peines très lourdes contre les gilets jaunes. En attestent la série de lois liberticides de Belloubet et Castaner. En attestent les délires du Président de la République sur le rôle de Poutine dans l’insurrection des gilets jaunes et son mépris de classe devenu incoercible. En atteste l’état de siège dans lequel vit notre pays sous la main de cette équipe au pouvoir « par effraction » selon l’expression de son propre chef. Mais que Médiapart n’oublie pas ses erreurs s’il veut être utile au moment qui commence. Nous, nous n’oublierons pas que nos principes doivent profiter aussi à nos adversaires, même les moins sympathiques. La République, comme la liberté, ne se divise pas au gré des moments.

    • Juan Branco :

      « J’ai grand peine pour Mediapart qui se trouve complu en une situation que leur propre veulerie, lors des perquisitions d’octobre, aura autorisé. Je refuse de rendre héroïques des personnes qui s’étaient effacées lorsque la liberté des autres était en danger.

      Je ne recevrai aucun des arguments rhétoriques, notamment en ce qui concerne la saisine des JLD dont on sait tous l’inanité, pour tenter de distinguer les situations. Il y a une tendance grave en un pouvoir que ce media a contribué à enfanter, et celle-ci est là depuis le début.

      Mediapart y a cédé par habitus sociologique, bien plus que du fait des liens qu’il entretient par ailleurs avec certains de ses principaux soutiens (Niel, dont il est incompréhensible que Mediapart n’ait pas racheté la participation) ou Jean-Pierre Mignard.

      Ils ont voulu voir en Macron un bourgeois gentilhomme, là où il présentait de graves dangers : parce qu’ils leur ressemblait. Leur lecture de l’un des mouvements politiques les plus dangereux de notre temps a contribué à le légitimer et le normaliser au sein de la sphère publique.

      Un tel saccage de mois et de mois d’enquête menés par @fabricearfi, @MartineOrange et tant d’autres, un tel saccage d’années de lutte d’@edwyplenel en faveur des idées contre lesquelles s’est fondée la macronie, est chose qui ne peut que blesser. Voilà où nous nous trouvons.

      Alors je répète, une énième fois : cessons de vouloir nous distinguer en courant comme des lapins aveuglés derrière chacune des manifestations de l’autoritarisme de ce pouvoir. Car alors celui-ci en s’effondrant, nous écrasera. Lisons. Débattons. Et enfin, pensons. »


  • Macron réfléchit à la tenue d’un référendum pour l’après Grand débat
    https://www.latribune.fr/economie/france/macron-reflechit-a-la-tenue-d-un-referendum-pour-l-apres-grand-debat-80615

    Cette consultation pourrait se tenir le 26 mai, jour des élections européennes, selon le JDD. Cette initiative constituerait une réponse à la revendication des « Gilets jaunes » de participer davantage à la vie démocratique. L’opposition demande à être consultée sur les questions qui seraient posées.

    • #bonapartisme

      Référendum en France — Wikipédia
      https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9f%C3%A9rendum_en_France

      Par la suite, les élites dirigeantes vont se méfier du peuple : les idées de Sieyès en faveur de la souveraineté nationale et d’une démocratie représentative prévalent sur la souveraineté populaire et la participation directe du peuple, en dehors de l’élection. Cependant, Napoléon 1er comprit trop bien le parti qu’il pouvait tirer de l’appel direct au peuple, tout en le domestiquant, et la longue période qui suit va discréditer le procédé. Sous les régimes impériaux le référendum devient un plébiscite, instrument de l’accession au pouvoir de Bonaparte qui, aidé d’une administration zélée et omniprésente, obtient ainsi en 1800 le Consulat après son coup d’État du 18 Brumaire, puis le Consulat à vie, puis sa transformation en Empire, qu’il obtient de prolonger encore sous une forme tempérée lors des Cent-Jours ; tout pareillement pour Napoléon III qui fait entériner ainsi son coup d’État de 1851, puis le rétablissement de l’Empire où apparaît clairement constitutionnalisée la technique plébiscitaire, avant de faire ratifier une très relative libéralisation du régime à la veille de la guerre de 1870.

    • L’hypothèse d’un référendum le jour des élections européennes ne convainc pas
      https://www.lemonde.fr/politique/article/2019/02/04/l-idee-d-un-referendum-le-jour-des-elections-europeennes-peine-a-convaincre_

      Et si la crise des « gilets jaunes » trouvait une issue dans l’organisation d’un référendum ? L’idée n’en est qu’au stade de l’hypothèse, mais elle est suffisamment prise au sérieux pour provoquer un tourbillon de réactions dans la majorité et dans l’opposition.

      La possibilité d’organiser une consultation a été évoquée dans Le Journal du dimanche, le 3 février. Selon l’hebdomadaire, Emmanuel Macron serait de plus en plus enclin à soumettre une ou plusieurs questions au vote des électeurs le 26 mai prochain, jour des élections européennes. Les Français pourraient alors être interrogés sur des sujets institutionnels (réduction du nombre de parlementaires, reconnaissance du vote blanc, limitation du cumul de mandats dans le temps…).

      Le premier ministre, Edouard Philippe, a toutefois souligné lundi que soulever l’hypothèse d’organiser ou non un référendum était prématurée. « Il y a un grand débat qui est en cours […], la question de savoir dans quelles conditions, sur quelles propositions nous [en] sortirons est une question qui n’est pas encore à l’ordre du jour », a-t-il déclaré, sans autre commentaire.

      A peine dégainée, l’idée a rapidement été tempérée par plusieurs membres du gouvernement. Lundi matin, le ministre des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a ainsi estimé qu’il n’était « pas souhaitable » qu’un référendum ait lieu le même jour que les élections européennes. « L’enjeu européen est suffisamment fort pour en faire un enjeu europée, a-t-il argumenté, sur France Inter.Le référendum, c’est autre chose, c’est un enjeu national. Je ne pense pas qu’il faille mélanger les deux. » La veille, la ministre des affaires européennes, Nathalie Loiseau, s’était déjà montrée très réservée sur le sujet : « Je souhaite qu’on parle d’Europe le 26 mai, parce qu’il y a des enjeux majeurs et […] il faut en parler », a-t-elle déclaré sur Europe 1.


  • Quand l’Office de lutte contre la cybercriminalité exige le retrait d’un photomontage visant Macron
    https://www.nextinpact.com/news/107547-quand-office-lutte-contre-cybercriminalite-exige-retrait-dun-phot

    L’office central de la lutte contre la criminalité informatique a réclamé le retrait sur Google+ d’un photomontage visant le président de la République à la place de Pinochet avec, derrière lui, Édouard Philippe, Premier ministre et Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur. Contacté, l’organisme s’est refusé à nous livrer la moindre explication.


  • La mortalité routière en recul, mais les 80 km/h toujours sur la sellette - Sud Ouest.fr
    https://www.sudouest.fr/2019/01/28/la-mortalite-routiere-en-recul-mais-les-80-km-h-toujours-sur-la-sellette-57

    Le ministère de l’Intérieur note une baisse de la mortalité sur le réseau secondaire depuis juillet. Des estimations contestées par les anti-80 km/h, engagés depuis des mois dans une guerre de chiffres.

    On anticipait la chose différemment il y a quelques semaines...

    Pour l’exécutif, la dégradation « massive » des radars explique les mauvais chiffres à venir de la sécurité routière
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/01/12/pour-l-executif-la-degradation-massive-des-radars-explique-les-mauvais-chiff

    L’exécutif doit s’attendre à une nouvelle épreuve, avec la publication des chiffres de la mortalité routière de 2018. Bien que déjà connus, ils ne seront dévoilés que le 25 janvier. Au Parisien, Emmanuel Barbe, le délégué interministériel à la sécurité routière, a confié, le 11 janvier, que « les résultats sur les accidents mortels [de décembre 2018] [seraient] décevants ». Il a imputé ce phénomène à la « dégradation massive » des radars fixes, survenue en décembre 2018, dans le contexte de révolte des « gilets jaunes » : ceux qui les vandalisent les considèrent comme des instruments de racket de l’Etat, et non comme des outils permettant de sauver des vies.


  • Le stade, laboratoire de la politique sécuritaire en France
    https://lundi.am/Le-stade-ce-precurseur

    Le stade, laboratoire de la politique sécuritaire en France
    paru dans lundimatin#175, le 22 janvier 2019
    Appel à dons

    En réponse aux épisodes de violences qui ont émaillés certaines manifestations des Gilets Jaunes, le Premier ministre Edouard Philippe a déclaré sur TF1 vouloir appliquer aux ’casseurs’ les méthodes de la lutte contre le hooliganisme. Les citoyens s’apprêtent donc à vivre dans l’espace public ce qu’endurent les supporters de foot depuis de longues années dans les stades.

    Guillaume Navarro nous a envoyé ce texte qui présente les différents dispositifs en vigueur pour lutter contre le hooliganisme et les dérives qui en découlent. Il fait le parallèle avec les mesures administratives mises en place durant l’état d’urgence et pérennisées depuis. Et bien sûr avec la répression que subit le mouvement des Gilets Jaunes et le vote des futures lois anti-casseurs.

    « On a connu une situation en France, où dans des grandes manifestations publiques, on avait des débordements d’une grande violence. C’était dans le courant des années 2000, dans les stades de foot. On a pris des mesures à l’époque qui avaient surpris et parfois interrogé, mais qui ont permis de faire en sorte que ceux dont on savait qu’ils venaient au stade exclusivement pour casser, pour provoquer et absolument pas pour assister à une manifestation sportive, puissent être, dès lors qu’ils étaient identifiés, interdits de participation à ces manifestations et qu’ils aillent le cas échéant pointer au commissariat. Ce dispositif a bien fonctionné. Si on veut à la fois défendre la liberté de manifester, si on veut faire en sort que ceux qui ne sont pas d’accord avec une mesure puissent le faire pacifiquement, il faut faire évoluer notre droit ». Edouard Philippe, TF1, 7 janvier 2019

    #maintien_de_l'ordre #hooliganisme

    • Ce n’est pas un hasard si le stade est un précurseur en matière de politique sécuritaire. C’est un miroir grossissant qui cristallise toutes les tensions de la société actuelle : l’omniprésence de l’argent, l’accaparement des clubs par de riches investisseurs, le règne de l’image et du consumérisme, la starification, le rôle central des diffuseurs et des médias, la présence de toutes les classes sociales et d’âges dans le stade, des inégalités mises en exergue par la segmentation des tribunes, une majorité de consommateurs passifs, une frange contestataire, et une minorité violente.

      Un autre miroir grossissant qui n’a rien de microscopique non plus c’est celui de la prison

      https://seenthis.net/messages/754252


  • Des milliers d’étudiants étrangers privés d’études en France

    Outre une perte d’attractivité des universités françaises, l’augmentation des frais d’inscription pour les étudiants extra-européens risque d’entraîner un effacement du champ de recherches et de formation dédié à la Méditerranée, estiment François Castaing et Pascale Froment, professeurs à l’université Paris-VIII.

    L’annonce du gouvernement d’augmenter les frais d’inscription des étudiants étrangers [hors Union européenne] a été affichée en moins de quarante-huit heures sur tout le réseau Campus France. Une diligence rare, souvent constatée lorsqu’il s’agit de sélectionner et d’exclure, socialement et géographiquement…

    Différentes voix se sont exprimées à ce sujet, hélas difficilement audibles dans un contexte politique et médiatique fort troublé. Il n’en reste pas moins que la question soulevée par la décision d’un barrage financier à la liberté d’étudier dans les universités françaises ne peut être éludée ; il en va d’un choix de société à long terme.

    L’université Paris-VIII Vincennes-Saint-Denis, située en Seine-Saint-Denis (93), accueille actuellement près de 30 % d’étudiants étrangers, soit deux fois plus que la moyenne des universités françaises (14 %). Cette attractivité de Paris-VIII n’est pas sans rapport avec les choix assumés d’être une « université-monde », même si d’autres logiques interviennent qui ont aussi à voir avec son « territoire » d’insertion dans l’un des départements français les plus pauvres et stigmatisés. Cette attractivité est clairement menacée par la hausse des frais d’inscription compte tenu du profil de nos étudiants, avec à la clé un effacement probable du champ de recherche et de formation dédié à la Méditerranée.A

    Depuis vingt-cinq ans, l’actuel master « Méditerranée, Maghreb, Europe » peut s’enorgueillir d’avoir défendu – contre vents et marées – un espace d’enseignement et de recherche axé sur la Méditerranée, occidentale au départ puis élargie à l’ensemble du bassin. Une Méditerranée appréhendée non pas dans l’opposition de deux rives mais bien comme un espace de circulations, d’échanges, de transformations, un espace pluriel, complexe, commun, pour ne pas dire partagé.
    Métissage intellectuel et social

    Contre tout enfermement dans des catégories et assignations culturalistes, le pari d’une approche transdisciplinaire a largement contribué à un décloisonnement de la pensée, indispensable pour l’intelligibilité de cet espace, et à la rencontre d’étudiants issus d’horizons géographiques, linguistiques, disciplinaires multiples.

    Venus de France, d’Espagne, d’Italie, de Grèce, mais aussi de Turquie et de Mauritanie en passant par le Liban et Israël et, bien sûr, des pays du Maghreb, les étudiants de ce master ont été formés scientifiquement sur la base d’un métissage intellectuel et social ouvrant à une compréhension partagée de la richesse et de la complexité de l’espace méditerranéen.A

    Par leurs diplômes, puis leurs projets, ils se sont pour beaucoup insérés professionnellement ici mais aussi ailleurs… Ce faisant, ils sont devenus de subtils passeurs de ces rencontres et de ces proximités culturelles. La connaissance fine des nombreux enjeux que cristallise la Méditerranée dans ses géométries variables ne peut se concevoir sans la participation des étudiants des rives sud et est.

    Nous connaissons bien ces étudiants qui sont les nôtres, leur situation universitaire, certes, mais aussi leurs conditions de vie, leurs « galères », tant en amont de leur arrivée (la course d’obstacles et les exigences croissantes pour espérer obtenir un visa) qu’au quotidien de leur vie d’étudiant, sur les plans économiques (travailler pour financer les études), social (des conditions d’hébergement difficiles), de la santé ou encore familial.

    Pour l’écrasante majorité, ils ne pourront passer le cap des frais d’inscription. Ce sont assurément des milliers de jeunes interdits d’études. Et c’est aussi, pour la France, se priver de la construction de savoirs croisés, co-construits, indispensables sur cet espace et à partir de cet espace.

    Bien au-delà de notre master et de l’université Paris-VIII, il y a là le risque imminent d’une désertification progressive du champ des études méditerranéennes et d’une méconnaissance pour la société française de cet espace, des tensions et des contradictions mais aussi des richesses et des potentiels qui le traversent, avec tous les dangers que cela représente. Une menace régulièrement rappelée par nombre d’universitaires, comme en témoignait déjà Misère de l’historiographie du « Maghreb » post-colonial (1962-2012), de l’historien Pierre Vermeren (Publications de la Sorbonne, 2012).Lire aussi Comment la France a délaissé les études sur le Maghreb

    Ce cynique « Bienvenue en France » [du nom de la stratégie d’attractivité pour les étudiants internationaux, présentée par Edouard Philippe en novembre 2018] – sic – combine alors tristement une vision à courte vue, très libérale en son essence, dans la lignée de l’immigration choisie de 2006, et un message pour le moins inquiétant de fermeture à l’égard d’une partie de cette Méditerranée à laquelle nous appartenons. Visions qui se rapprochent dangereusement de celles des Viktor Orban ou Matteo Salvini par une volonté, si peu masquée, de tarir le flux d’étudiants en provenance de cette région, très largement francophone, à l’instar des autres flux migratoires transitant par la Méditerranée.

    Ce sera, nous l’espérons, tout à l’honneur des universités françaises, et de Paris-VIII, que d’affirmer une résistance à cet « air du temps » délétère – qui s’installe dans la durée – en défendant une politique d’ouverture aux étudiants de Méditerranée et d’Afrique et, au-delà, gage d’une connaissance désoccidentalisée, mieux partagée des « fluidités » méditerranéennes et, plus largement, d’une reconnaissance de l’altérité.

    https://mondafrique.com/des-milliers-detudiants-etrangers-prives-detudes
    #frais_d'inscription #université #France

    • https://www.univ-lyon2.fr/universite/presse-medias/cp-l-universite-lumiere-lyon-2-s-engage-a-exonerer-les-etudiant-es-etrang

      (Je crois que Clermont-Freand a pris la même décision.)

      Le Gouvernement a annoncé à l’automne dernier l’augmentation des droits d’inscription des étudiant.es extracommunautaires de 170€ à 2 770 € en licence et, respectivement, de 243€ et 380€ à 3 770 € en master et en doctorat.

      La Commission recherche, le Comité technique, le Conseil académique et le Conseil d’administration de l’Université Lumière Lyon 2 se sont clairement prononcés en décembre dernier contre l’augmentation des droits d’inscription pour les étudiant.es étranger.es extra-communautaires.

      Cette mesure, inscrite dans une stratégie intitulée paradoxalement « Bienvenue en France », remet en cause le principe d’une université française ouverte à tou.tes ainsi que la stratégie internationale de la France en matière d’accueil des étudiant.es étranger.es, de développement de la Francophonie et d’attractivité de la recherche française.

      Si l’amélioration de l’accueil des étudiant.es étranger.es est évidemment une nécessité, l’augmentation des droits d’inscription ne paraît ni pertinente, ni juste car elle concerne des étudiant.es parmi les plus fragiles et bat en brèche le principe d’égalité de traitement entre usager.es du service public de l’enseignement supérieur et de la recherche.

      Le triplement annoncé des bourses et des exonérations ne permettra pas de couvrir tous les besoins. De nombreux/ses étudiant.es devront renoncer à leurs projets de formation en France en raison du niveau des frais d’inscription. Cette éviction concernera en premier lieu les régions du monde les plus pauvres et, plus généralement, les étudiant.es les moins fortuné.es.

      Afin de permettre au plus grand nombre de poursuivre leurs études en France, l’Université Lumière Lyon 2 exonérera à la rentrée universitaire 2019/2020 l’ensemble des étudiant.es étranger.es de ces frais complémentaires et leur appliquera uniquement les droits en vigueur pour l’ensemble des étudiant.es français.es.


  • Le gouvernement veut limiter le #droit_de_manifester : c’est inacceptable ! (#déclaration unitaire)

    Il doit répondre aux demandes sociales et démocratiques !

    Après Macron lors de ses vœux, c’est Edouard Philippe qui est monté au créneau lundi 7 janvier pour un rappel à l’ordre. Sa préoccupation : comment en finir avec les « #désordres » auxquels donne lieu la #mobilisation. Il faut sans doute comprendre aussi : comment faire en sorte que le mouvement des #gilets_jaunes ne soit plus aussi fortement soutenu par l’opinion publique ! Car c’est bien cela qui accuse le gouvernement et son monde. Il est sourd à une #révolte qui prend profondément sa source dans les #classes_populaires qui ne supportent plus ce qu’elles vivent depuis si longtemps.

    Le gouvernement se dépêche de faire une nouvelle loi. Cette fois, pour aggraver les #sanctions et empêcher les « violents » de se mêler aux manifestations, mais surtout en réalité procéder à des #interdictions_de_manifester et criminaliser toute participation à une manifestation non déclarée. La comparaison faite avec les fauteurs de trouble dans les stades est une imposture, car il s’agit cette fois d’un droit constitutionnel : celui de manifester. LREM avait précisément rejeté la même proposition de loi au Sénat il y a quelques mois au nom du risque encouru pour les libertés individuelles !

    De plus, tout montre que les forces de police ne sont pas privées de moyens de répression. D’ores et déjà de lourdes peines sont tombées, et vont continuer à l’être de manière aggravée. Un total provisoire établit à 3 747 le nombre de condamnations prononcées, plus 216 emprisonnements, plus de 4 500 mesures de garde à vue, plus de 1 600 blessés dont certains gravement. Des dizaines de milliers de personnes ont été gazées. Chacun a en mémoire les 151 lycéens immobilisés au sol à genoux, mains sur la tête, à Mantes-la-Jolie, et les lycéens victimes de matraquage dans toute la France.

    Jouer la carte de l’ordre relève donc de la manœuvre politique. Confronté à une mobilisation sociale à laquelle il ne sait ni ne veut répondre, le pouvoir agite la menace de la répression pour apeurer l’opinion. Et comme par hasard, des forces très liées au pouvoir Macron appellent à manifester le 27 janvier prochain en faveur du rétablissement de l’ordre, alors que cette date du dimanche 27 janvier est déjà prévue pour une mobilisation sur le climat !

    Tout indique que des mesures se préparent pour porter un coup aux droits démocratiques.

    Nous ne laisserons pas sans riposte la mise en cause des libertés.

    Nous refusons la nouvelle loi en préparation.

    Nous exigeons de satisfaire immédiatement les revendications sociales : une vraie hausse du SMIC et de vraies augmentations de salaires, des retraites à taux plein et des allocations chômage, le rétablissement de l’ISF et la justice fiscale, l’égalité femmes-hommes, la fin de la casse et le développement de services publics de proximité sur l’ensemble du territoire dans les communes rurales, urbaines et de banlieues, et notamment des transports publics accessibles quels que soient les revenus et le lieu de résidence, l’accès de toutes et tous aux soins (médecine générale, hôpitaux et maternités de proximité).

    Nous exigeons l’interdiction des armes possiblement mortelles ou très blessantes utilisées par les forces de police comme les flashballs ou les grenades de désencerclement conformément aux recommandations du défenseur des droits, la libération des victimes de la répression policière et judiciaire injustifiée, l’abrogation de l’ensemble des dispositifs liberticides et attentatoires au droit de manifester. La lumière doit être faite sur les chaînes de commandement responsables des violences policières ayant abouti à des blessures de manifestant-es.

    Nous soutenons les mobilisations des gilets jaunes aux revendications convergentes avec celles du mouvement syndical et associatif. Nous participons aux luttes du syndicalisme, des associations de défense des libertés et des mouvements écologistes et féministes.

    Nous serons également dans la rue le 27 janvier pour le climat et la justice sociale.

    Le gouvernement doit répondre et céder aux revendications. C’est ce qu’attend une majorité de la population.

    Le 11 janvier 2019.

    Ensemble !, Gauche Démocratique et Sociale, Nouveau Parti Anticapitaliste, Parti Communiste des Ouvriers de France, Parti de Gauche, République et Socialisme.

    https://www.npa2009.org/actualite/politique/le-gouvernement-veut-limiter-le-droit-de-manifester-cest-inacceptable
    #résistance #manifestation #maintien_de_l'ordre


  • #Finances_publiques | Où réduire le poids de la #dépense_publique ? | France Stratégie
    https://www.strategie.gouv.fr/publications/reduire-poids-de-depense-publique

    Baisser structurellement le poids des dépenses publiques de 3 points de PIB est un objectif ambitieux. L’atteindre de façon réaliste tout en préservant certains postes prioritaires supposerait de consentir aussi des efforts sur les #dépenses_sociales.

    Synthèse de la note : https://www.banquedesterritoires.fr/depense-publique-ou-faire-des-economies

    Avec un niveau de dépense publique équivalent à 56,5% de son produit intérieur brut en 2017, la France fait figure de championne d’Europe et le gouvernement s’est en effet fixé pour objectif une baisse de 3 points d’ici 2022 - ce qui représente 65 à 70 milliards d’euros. France Stratégie rappelle que ce niveau « s’explique d’abord par des choix collectifs », que ce soit en matière de système de retraite, de dépenses de santé et d’éducation ou d’aides sociales en sens large. Mais s’expliquent aussi par des postes de dépenses pas réellement choisis… à commencer par le poids des dépenses de fonctionnement « de nos administrations centrales ou locales ». La note évoque ainsi, côté collectivités locales, des « dépenses dites d’administration générale » en hausse d’environ « 1,2% par an » depuis 2009, du fait principalement de la progression de la masse salariale.
    Toutefois, relève France Stratégie de façon plus originale, « l’excès du poids » de ces dépenses de fonctionnement est « sans doute surestimé ». A contrario, « notre propension à soutenir l’économie marchande via de nombreuses et diverses subventions est peut-être moins connue, et à coup sûr sous-estimée ».

    Suivi d’un encadré sur la position du président de la Cour des Comptes :

    […] « Nous sommes conscients que les choix à faire et les arbitrages à rendre sont difficiles », a reconnu Didier Migaud lors de l’audience solennelle de rentrée de la Cour, en présence du Premier ministre, Édouard Philippe. Mais « il reste possible de répondre aux attentes qui se sont exprimées sans renoncer aux engagements pris devant les Français et sans renoncer à l’effort de redressement des comptes publics », a-t-il poursuivi.
    Selon lui, « des efforts ont incontestablement été réalisés ces dernières années » qui ont permis de réduire « de façon ininterrompue » le déficit. Pourtant « ces efforts de redressement semblent marquer le pas », a-t-il regretté. « La conséquence de cette situation, nous la connaissons : notre pays ne parvient pas à stabiliser sa dette publique », proche de « la barre symbolique des 100% de notre produit intérieur brut », a-t-il souligné.
    […] « La fin d’année 2018 a conduit à des attentes très fortes à l’égard de l’État », a souligné Didier Migaud. Mais « les circonstances actuelles imposent non pas de freiner mais d’accélérer » la « transformation de l’action publique », a-t-il dit. « Du côté des recettes, des marges existent, en remettant par exemple à plat les trop nombreuses niches fiscales et sociales qui grèvent nos ressources » et « nuisent à l’équité du prélèvement à l’impôt », a-t-il estimé. Quant aux dépenses, des améliorations sont possibles, en accélérant « la transition numérique des services publics » et en réduisant « les effets d’aubaine induits par certains transferts sociaux », a-t-il conclu.


  • Évacuation de la Zad. Des gendarmes et civils recevront une médaille
    https://www.ouest-france.fr/environnement/amenagement-du-territoire/nddl/evacuation-de-la-zad-des-gendarmes-et-civils-recevront-une-medaille-617

    Le 25 janvier, à Matignon, Édouard Philippe doit remettre la médaille de la sécurité intérieure, mention spéciale «  Notre-Dame-des-Landes  » à une centaine de gendarmes, civils et autorités administratives.

    Une centaine de personnes, d’après nos informations, seront médaillées le 25 janvier, à Matignon. Ces gendarmes, civils et autorités administratives ont participé, sur le terrain, ou d’un peu plus loin, aux opérations de maintien de l’ordre sur le site de Notre-Dame-des-Landes et à l’évacuation partielle de la Zad, au printemps 2018.

    Le Premier ministre, Édouard Philippe, leur remettra à chacun la médaille de la sécurité intérieure portant la mention «  Notre-Dame-des-Landes  ». On ne connaît pas encore les profils et fonctions précises des récompensés. On sait, en revanche, que la préfète Nicole Klein en fera partie. Depuis, elle a rejoint le cabinet de François de Rugy, ministre de la Transition écologique.

    Cette agrafe «  Notre-Dame-des-Landes  » est toute nouvelle. Elle a été créée au Journal officiel du 1er décembre, pour distinguer les personnels des forces de sécurité qui ont été déployés sur le site de Loire-Atlantique où devait être construit un aéroport international et qui avait été investi par des opposants au projet.


  • David Dufresne : « La police s’est enfermée dans une logique d’escalade et d’affrontement »
    https://www.nouvelobs.com/societe/20190110.OBS8278/david-dufresne-la-police-s-est-enfermee-dans-une-logique-d-escalade-et-d-

    Les images d’un « gilet jaune » de 72 ans violemment projeté au sol par un CRS samedi 5 janvier à Paris. Le témoignage d’un homme à « Sud-Ouest », photos de son visage blessé à l’appui, affirmant avoir reçu un projectile non identifié – tir de Flash-Ball ? éclat de grenade ? – le même jour à Bordeaux. D’autres images prises à Aix-en-Provence samedi dernier qui montrent, face à des « gilets jaunes », deux membres des forces de l’ordre, l’un d’eux bras levé, une grenade dans sa main qu’on entend crier « Le premier qui avance, il est mort ». Autant de « signalements » que le journaliste indépendant David Dufresne, spécialiste de la question du maintien de l’ordre dans la police, recense depuis début décembre. Il en a aujourd’hui 253, qu’il a tous notifiés, via Twitter, au ministère de l’Intérieur. Interview.

    Quel regard portez-vous sur le maintien de l’ordre à la française ?

    Il s’est enfermé dans une logique contraire à celle des polices européennes comparables comme en Angleterre ou en Allemagne... Alors que celles-ci sont dans une logique de désescalade – c’est-à-dire dans l’idée du dialogue et de montrer sa force pour ne pas l’utiliser –, la police française s’est enfermée dans une logique d’escalade et d’affrontement.
    « Aujourd’hui, pour de nombreuses raisons, et alors qu’il existe d’autres méthodes, on demande aux policiers d’aller au contact. C’est évidemment multiplier les risques de blessures, de bavures… »

    De plus, on fait des effets d’annonces et dramatiser en annonçant un déploiement inouï de policiers – comme l’a fait Edouard Philippe lundi en annonçant 80.000 forces de l’ordre pour samedi –, on envoie des policiers au front qui ne sont absolument pas formés et entraînés au maintien de l’ordre. Ils ont l’habitude d’être gardiens de la paix, policier de l’anti-gang ou de la Brigade anti-criminalité (BAC). Ils viennent avec leur culture, leurs méthodes, leurs appréhensions, ils ne sont pas du tout préparés à se retrouver face à une foule de manifestants.

    Enfin, la France utilise massivement des armes prohibées dans le reste de l’Europe en matière de maintien de l’ordre : je pense aux Flash-Balls et LBD (lanceurs de balles de défense). Rappelons que le Défenseur des droits recommande depuis des années, et encore très récemment dans son rapport de 2017, l’interdiction du Flash-Ball en maintien de l’ordre. Ces armes provoquent des dégâts invraisemblables.

    Les policiers, sur-sollicités depuis des mois, font face à certaines personnes au comportement particulièrement violent...

    Il ne s’agit pas de contester la difficulté du travail policier. Mais avancer la fatigue comme argument justifiant leur violence ne tient pas. Ce n’est pas aux gens mutilés de payer la fatigue du policier. Je dis « mutilés » car il faut employer les bons mots : ceux qui perdent un œil le perdent à vie, ne parlons donc pas de simples blessures.
    « La société doit réfléchir au fait de savoir si sa conversion au tout sécuritaire mérite que les policiers travaillent 15 heures par jour. Avec les risques inhérents. »

    Quelle serait, selon vous, la réponse policière proportionnée face aux manifestants violents, pour certains dotés de bombes artisanales ou autres ?

    Question insidieuse : aucun des blessés graves n’était porteur de menaces dont vous faites état. La question est, comme le dit un syndicat puissant de commissaires, de sortir du côté match de foot manifestants vs. policiers. C’est à l’arbitre – le politique – de donner une réponse proportionnée. Elle sera politique, sociale, économique. Pas répressive.

    Vos signalements ne concernent pas seulement des violences physiques.

    En effet. Certains portent sur des manquements potentiels à la déontologie. Briser le téléphone portable d’un manifestant qui filme n’est pas physiquement violent, mais ça reste illégal. Idem quand un policier arrache un gilet jaune. Ou quand les canons à eau visent, comme à Toulouse samedi dernier, des secouristes volontaires.

    Fin décembre, l’Inspection générale de la police nationale avait été saisie par la justice pour 48 affaires de violences policières présumées. [78 selon les derniers chiffres de France Inter, publiés après cette interview].

    On en est maintenant à 53 saisines. C’est-à-dire autant de dossiers que l’IGPN a accepté de traiter. Quid des autres ? Pour l’heure, c’est cinq fois plus que lors des manifestations contre la loi travail. De mon côté, je compile ce qui est traçable visuellement, photos et vidéos à l’appui. C’est donc sans compter les violences non filmées, probablement plus nombreuses, que je ne peux, faute de temps, pas documenter.

    Selon l’AFP, les forces de l’ordre annonçaient de leur côté plus de 1.000 blessés fin décembre.

    Le problème, c’est qu’on a des chiffres extrêmement précis concernant les forces de l’ordre, mais pas concernant les manifestants. Les chiffres varient, on serait entre 1.200 et 1.700 blessés côté manifestants. Tout le monde n’est pas blessé au Flash-Ball bien sûr, mais ces chiffres sont considérables. L’omerta sur ces chiffres est tout proprement incompréhensible.

    « La Nouvelle République » rapporte que mercredi soir, à Tours, un Comité de défense des victimes des violences policières a lancé un appel à témoignages.

    Je constate en effet une évolution. Au début du mouvement, les gens filmaient la manifestation. Maintenant, ils filment pour contester les violences policières. Comme la justice va commencer à passer, certains demandent aussi à d’autres s’ils ne possèdent pas des images de tel ou tel acte pour les produire en justice.

    Comment expliquez-vous que vous recensiez autant de signalements ?

    Je ne m’attendais pas, au début, à ce que ça dure aussi longtemps. Le drame, c’est ça : la masse. Au-delà de l’irresponsabilité policière, il y a les autorisations, donc le politique. En France, politique et maintien de l’ordre sont intimement liés. Dans le maintien de l’ordre, une arme ne sort que sur autorisation du commandement préfectoral qui prend ses ordres à Beauvau, qui les prend à Matignon, qui éventuellement les prend à l’Elysée. Les 250 cas que je soulève sont autant de cas politiques.
    « La seule réponse politique, à coups de déclarations ministérielles voire présidentielles avant chaque acte, c’est d’envoyer la police. »

    Une réponse tout à fait insuffisante qui ne réglera jamais la question. La preuve : tous les samedis, des gens vont manifester en sachant qu’ils peuvent perdre un œil. Par ailleurs, certains policiers me contactent aussi pour exprimer leur exaspération, leur colère, leur désarroi face à des ordres, à un jeu qu’on leur demande de jouer pour lequel ils considèrent ne pas être efficaces.

    Ma démarche est de lutter contre le déni médiatique – après l’effroi face à une telle violence, j’étais sidéré, dans les premiers temps, de voir que les images n’étaient pas diffusées – mais aussi contre le déni politique. Quand on reprend les déclarations de Christophe Castaner, Edouard Philippe, ou Emmanuel Macron, il n’y a pas un mot pour les victimes.

    Qu’avez-vous à répondre à ceux affirmant qu’on ignore dans certains cas ce qu’il s’est passé avant et/ou après ces signalements, qu’il manque la mise en contexte ?

    Je m’évertue à essayer de donner une source menant à des témoignages écrits. La justice passe son temps à juger des choses qu’elle n’a pas vues. Bien sûr, chercher le contexte est plus que légitime et nécessaire, mais il peut s’établir autrement qu’en vidéo. Le maintien de l’ordre obéit à deux règles : l’absolue nécessité de l’usage de la force et la proportionnalité. Dans les vidéos de bavures recensées, ces deux principes sont bafoués. Et aucune ne peut se justifier par tel ou tel événement s’étant déroulé auparavant. Sinon, c’est la loi du talion, et la police n’est pas, justement, la loi du talion. La République non plus.

    Aujourd’hui, en matière de maintien de l’ordre, en France, les samedis, pendant le mouvement des gilets jaunes, la République est en dessous de ses valeurs. C’est ce que montrent ces vidéos.

    Propos recueillis par Céline Rastello

    #maintien_de_l'ordre


  • Un mouvement qui dure
    https://grenoble.indymedia.org/2019-01-09-Un-mouvement-qui-dure

    Depuis le début du mouvement des Gilets Jaunes le 17 Novembre, 5600 personnes ont été placées en garde à vue. Elles ont débouché sur 1000 condamnations dont 153 assorties d’un mandat de dépôt (en taule illico). Ce sont les chiffres du pouvoir, on peut, sans se risquer, dire qu’ils sont minorés.(Voir l’article de Mathieu Rigouste) Et le premier Ministre Édouard Philippe va durcir encore plus la répression et criminaliser les manifestant.e.s. Un texte de loi sera déposé à l’Assemblé début février. Il (...)

    #Anciens_éditos

    https://www.huffingtonpost.fr/2019/01/07/jacline-mouraud-cree-son-parti-les-emergents-en-marge-des-gilets-jaun


  • Un mouvement qui dure
    https://grenoble.indymedia.org/2019-01-09-753-Un-mouvement-qui-dure

    Depuis le début du mouvement des Gilets Jaunes le 17 Novembre, 5600 personnes ont été placées en garde à vue. Elles ont débouché sur 1000 condamnations dont 153 assorties d’un mandat de dépôt (en taule illico). Ce sont les chiffres du pouvoir, on peut, sans se risquer, dire qu’ils sont minorés.(Voir l’article de Mathieu Rigouste) Et le premier Ministre Édouard Philippe va durcir encore plus la répression et criminaliser les manifestant.e.s. Un texte de loi sera déposé à l’Assemblé début février. Il (...)

    #Anciens_éditos

    https://www.huffingtonpost.fr/2019/01/07/jacline-mouraud-cree-son-parti-les-emergents-en-marge-des-gilets-jaun


  • BUTTEZ-LES JUSQUE DANS LES CHIOTTES ! – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2019/01/09/buttez-les-jusque-dans-les-chiottes

    Lors de son allocution télévisée le soir du dernier jour de l’année 2018, alors que sa fonction consiste idéalement à rassembler les Français, et non à les diviser au nom d’intérêts partidaires, le président de la République a pris un soin malin et pervers à les déchirer comme s’il était un vulgaire chef de parti en quête d’une élection à l’Élysée. Ce chef de parti s’est comporté en chef de bande, ce dont témoigne cette prise de parole avec laquelle il fait de la totalité des gilets-jaunes une « foule haineuse », homophobe, raciste, antisémite, putschiste, néofasciste !

    Comment comprendre que le premier des Français, qui devrait fédérer derrière sa personne, considère les gilets-jaunes de façon monolithique en disant : « Certains prennent pour prétexte de parler au nom du peuple -mais lequel ? D’où ? Comment ?- et n’étant en fait que les porte-voix d’une foule haineuse, s’en prennent aux élus, aux forces de l’ordre, aux journalistes, aux juifs, aux étrangers, aux homosexuels, c’est tout simplement la négation de la France ! » Macron jette de l’huile sur le feu en toute inconscience alors que sa fonction lui intime d’éteindre les incendies.

    Autrement dit, les centaines de milliers de gilets-jaunes -deux millions et demi, disaient il y a quelque temps les comptages des réseaux sociaux après croisements- sont tous haineux, tous ennemis des élus, tous ennemis de la police ou de la gendarmerie, des journalistes, des juifs, des étrangers, des homosexuels, et tous… nient la France ! Comment, quand on prétend être trop intelligent pour être véritablement compris, peut-on montrer qu’on l’est si peu alors qu’on est très bien compris, trop bien même ? C’est une énigme, sauf à regarder de plus près au psychisme de ce jeune homme décidément immature en tout.

    Le voilà qui envoie au front son premier ministre porter sa parole présidentielle : courageux mais pas téméraire, le Jupiter ! Édouard Philippe, en bon juppéiste, se montre le meilleur avaleur de couleuvres de sa génération ! Voilà qui force le respect… Droit dans des bottes qui ne sont pas les siennes -c’étaient, d’occasion, celles de Juppé-, le voilà qui délivre la substantifique moelle de la pensée complexe du président de la République. Je résume pour les esprits simples : « De la matraque, rien que de la matraque, toute la matraque ». On comprend qu’avec une pensée aussi subtile, Macron ait raté deux fois le concours d’entrée à l’École normale supérieure pourtant pas bien regardante sur la pensée complexe de ses impétrants à qui l’on enseigne ensuite une pensée simpliste !

    Que propose en substance le premier ministre ? Abracadabra et voilà un bon vieux fichier de ce qu’il est convenu de nommer en français courant des délinquants politiques : c’est clairement le retour aux bonnes vieilles méthodes de la police politique -flicages, fichages, écoutes, surveillances, arrestations préventives, détentions des opposants politiques. Avec les moyens modernes, ce traitement qui a récemment été infligé à Julien Coupat, suivi, espionné, arrêté, mis en examen sur simple suspicion, va se trouver étendu à tout réfractaire au libéralisme de l’État maastrichtien. Il nous faut lire ou relire Orwell d’urgence…

    Et puis, coup de tonnerre, cette information dont je me demande si, juste après la lecture du titre, elle n’est pas un fake news ou une pochade de l’excellent « Gorafi » : « Luc Ferry appelle à tirer sur les gilets jaunes et veut l’intervention de l’armée » ! Très drôle… Je vérifie : pas drôle du tout, c’est une véritable information, elle se trouve sous ce titre dans « France-Soir » du mardi 8 janvier.

     A Radio-Classique, où il est éditorialiste, le philosophe a en effet vraiment dit : « Évidemment qu’on est tous contre les violences, mais ce que je ne comprends pas c’est qu’on ne donne pas les moyens aux policiers de mettre fin à ces violences. » Lui fait-on remarquer qu’il existe des risques qu’il répond : « Et alors ? Écoutez franchement, quand on voit des types qui tabassent à coup de pied un malheureux policier qui est par terre. Qu’ils se servent de leurs armes une bonne fois. Ça suffit  ! » Il continue en affirmant : « On a la quatrième armée du monde elle est capable de mettre fin à ces saloperies. » Luc Ferry souhaite donc qu’on tire comme des lapins ceux « qui viennent taper du policier », mais aussi « ces espèces de nervis, ces espèces de salopards d’extrême droite, d’extrême gauche et des quartiers qui viennent taper du policier, ça suffit ». Selon le philosophe, « il y en a eu beaucoup, après les manifestations, il y avait des bandes des quartiers qui venaient se servir ».

     Donc il faut buter les gilets-jaunes et les gamins des banlieues venus piller le magasin de souvenirs de l’Arc de Triomphe sans que la police ait cru bon de les en empêcher -de la même manière qu’avec une longue séance de dépavage, les journalistes ont pu filmer sans grands problèmes des scènes que les forces de l’ordre pouvaient empêcher, mais dont le pouvoir avait besoin afin d’associer les revendications des gilets-jaunes à la violence urbaine…

      Luc Ferry qui, jadis, fut traducteur de Horkheimer et de Kant avant de devenir ministre de Jacques Chirac, va désormais avoir du mal à critiquer Marine Le Pen en la faisant passer pour une ennemie de la République et de la démocratie ! Même BHL, qui pense probablement pareillement, n’a pas osé -ni Joffrin, ni Quatremer, etc.

    A son corps et à son âme humaniste défendant, Luc Ferry mérite les félicitations car il dit tout haut ce que pensent tout bas les acteurs de l’État maastrichtien -leurs journalistes et leurs éditorialistes, leurs consultants et leurs intellectuels, leurs artistes et leurs comédiens, leurs économistes et leurs lobbyistes.  A la faveur de cet aveu très kantien (lire ou relire la « Doctrine du droit »), on découvre enfin à visage découvert la véritable nature de ce pouvoir économiquement libéral et politiquement autoritaire. Les choses sont claires. Grattons un peu et l’on découvre sous la croûte la véritable nature de ce pouvoir : il réunit tout ce monde faisandé qui méprise le petit peuple dans ses dîners parisiens. Emmanuel Macron, Benjamin Griveaux, Édouard Philippe, Luc Ferry, BHL, Joffrin, Quatremer & C°, font bien leur boulot, chacun à sa place : tout est désormais en ordre de marche pour que la suite s’écrive avec du sang.  

    Michel Onfray

    https://michelonfray.com/interventions-hebdomadaires/butez-les-jusque-dans-les-chiottes- ?❞


  • Retraite, chômage, institutions… les 7 réformes clefs de Macron pour 2019
    https://www.crashdebug.fr/actualites-france/15461-retraite-chomage-institutions-les-7-reformes-clefs-de-macron-pour-2

    Le réel programme de d’Emmanuel Macron est dicté par Bruxelles...

    Retraite, chômage, institutions… les 7 réformes clefs de Macron en 2019 - AFP

    Le gouvernement a un agenda de réformes prévues de longue date bien rempli pour 2019. Mais il devrait être bousculé par le grand débat national qui doit démarrer à la mi-janvier.

    Déterminés à relancer les réformes après la tempête des « gilets jaunes » , Emmanuel Macron et Edouard Philippe vont fixer lors d’un séminaire gouvernemental, mercredi , les priorités des premiers mois de 2019. Des retraites à l’assurance-chômage, en passant par la fiscalité locale ou la révision constitutionnelle, tour d’horizon des chantiers d’envergure de la nouvelle année.

    · Assurance-chômage

    Les partenaires sociaux ont ouvert, à la demande du gouvernement, une (...)



  • Que contient la nouvelle loi « anti-casseurs » annoncée par E. Philippe ?
    https://rouendanslarue.net/que-contient-la-nouvelle-loi-anti-casseurs-annoncee-par-edouard-phil


    Bye, bye, #démocratie !

    Dans une « interview » donnée ce soir au JT de TF1, entre un énième reportage sur « l’extrême violence » de la foule haineuse des Gilets Jaunes et l’annonce – qui tombe à pic ! – de la réouverture de la prison de la Santé, le Premier Ministre Edouard Philippe a présenté les mesures qui vont être prises dans les semaines à venir pour tenter d’endiguer le mouvement qui traverse la France depuis le 17 novembre :


  • Revue de presse continue spéciale « gilets jaunes »
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?672-revue-de-presse-semaine-du

    « Ils sont mieux ici que seuls chez eux devant la télé » : un Noël avec des « gilets jaunes »

    Chapon, bûche et messe de Noël : dans l’ex-bassin minier, des « gilets jaunes » réveillonnent sur leur rond-point

    « Gilets jaunes » : Arnaud et Jessica, la vie à l’euro près

    La police scientifique lance un préavis de grève

    Les Gilets jaunes et la question démocratique

    “Gilets jaunes” : Macron attaqué en justice pour racket et violences

    Le gilet jaune, nouvel étendard de la liberté d’expression ? Reportages dans la Loire à Saint Chamond

    « Gilets jaunes » : un an ferme pour des jets de projectiles sur les forces de l’ordre à Nancy

    Gilets jaunes : à Clermont-Ferrand, la mobilisation ne faiblit pas

    Joyeux Noël à la nation des ronds-points !

    Syndicalisme et gilets jaunes

    Les « gilets jaunes » sont là pour Édouard Philippe en Haute-Vienne

    (...)

    *

    Présentation/Archives/Abonnement


  • Des effigies pendues et brûlées, un rituel contestataire qui traverse les siècles
    http://www.leparisien.fr/politique/des-effigies-pendues-et-brulees-un-rituel-contestataire-qui-traverse-les-

    Quelques mois après son éviction en 1787, le contrôleur général des finances Charles-Alexandre de Calonne est exécuté place Dauphine à Paris. Enfin, presque : c’est son mannequin qui est brûlé par la foule en colère, dans un rituel contestataire toujours en vogue.

    Samedi se tenait à Paris la Fête à Macron, au cours de laquelle plusieurs effigies — notamment un pantin attaché à une potence — du président ont été tournées en ridicule. Au moins n’ont-ils pas été molestés, comme il y a un mois à Nantes : le 7 avril, un mannequin à l’image d’Emmanuel Macron y était pendu puis brûlé au cours d’une manifestation, suscitant l’indignation de nombreux élus LREM. Le parquet de Nantes a annoncé avoir ouvert une enquête, confiée à la PJ de Rennes.

    Le chef de l’Etat n’est pas le seul à en faire les frais : le 19 mars, au Havre, deux effigies de Guillaume Pepy et Edouard Philippe avaient été incendiées.

    Une mise à mort symbolique qui traverse les siècles..

    #mémoire #traditions #imaginaire #révolution_française


  • Depuis la crise des « gilets jaunes », la vie à huis clos d’Emmanuel Macron

    Insultes, huées, menaces… Quand il sort, désormais, cela tourne mal. Depuis le début de la mobilisation des « gilets jaunes », pour le président qui aimait tant les promenades, elles sont devenues rares (et discrètes). Comme les visites.

    De l’aéroport de Loudes, en Haute-Loire, jusqu’au Puy-en-Velay, il y a 10 km, un quart d’heure en voiture. Ce 4 décembre, pour rejoindre la préfecture incendiée trois jours plus tôt par les « gilets jaunes », Emmanuel Macron n’a heureusement pas besoin de passer par le rond-point de Lachamp, sur la commune de Saint-Pierre-Eynac. C’est là, sur la RN88, que des manifestants avaient cousu un pantin de taille humaine, posé sur un échafaud plus vrai que nature. Sur le billot était écrit : « Te guillotiner c’est notre projet. »

    Le président de la République file vers la préfecture. En route, il discute avec les passagers en gilet jaune d’une voiture croisée par hasard. Aucune image, aucune vidéo. Le 3 décembre, il n’a aussi passé qu’une tête dans le bureau de l’un de ses collaborateurs qui recevait un « gilet » venu de Chalon-sur-Saône à pied. Ces gens seront parmi les rares protestataires qu’Emmanuel Macron a rencontrés durant cette crise ouverte le 17 novembre, où sa capacité à réformer et sa popularité se sont abîmées, mais où il a aussi perdu une part de sa liberté.

    Sans prévenir les élus, il est venu au Puy apporter son soutien au préfet. Celui-ci montre les armoires en cendres, les vitres brisées, les bureaux noircis par la suie. Il conte au chef de l’Etat ce samedi où le « portail a été pété », les pneus entassés et enflammés, et cette bataille inégale entre les « trente » de la préfecture et les deux cents manifestants empêchant les pompiers d’accéder au bâtiment. Bilan : trente-huit blessés… « Ils criaient : “Vous allez tous griller comme des poulets ! », termine le préfet. « Vous les connaissez ? », interroge Emmanuel Macron, incrédule.

    Dès que l’avion présidentiel s’est posé à Loudes, la nouvelle de sa visite s’est ébruitée. Un message posté sur Facebook a réveillé quelques « gilets jaunes ». Une vingtaine d’hommes et de femmes attendent le chef de l’État à la sortie de la préfecture. « Ouuuuuh ! Démission ! », « Enculé ! », « Président des riches ! » Pas encore de quoi trop s’émouvoir. C’est sur la route de la caserne de gendarmerie que tout va basculer…

    « On vous hait ! »

    M. Macron commence par traverser Le Puy vitre ouverte, pour dire bonjour. Des insultes lui répondent, il doit vite la remonter. Un homme se jette ensuite devant la voiture. En sortant de la caserne, cinquante manifestants l’injurient encore : « On vous hait ! »

    L’échange promis à la presse locale est annulé. Les services de sécurité exfiltrent le président par une sortie annexe. De la séquence ne reste que l’image d’un démarrage en trombe sous les huées. Quelques jours plus tard, le chef de l’État racontera au président du MoDem François Bayrou que, de la voiture, il a entendu une femme lancer : « Salope, j’espère que tu vas crever sur la route ! »

    Emmanuel Macron aime pourtant les promenades. Dès son arrivée au ministère de l’économie, en 2014, il avait fait de ces échappées sa griffe. Elles étaient à la fois le thermomètre de sa popularité et un moyen d’asseoir sa notoriété. « Il est où, Emmanuel ? », s’agaçait François Hollande à chaque déplacement avec lui. « Emmanuel » traînait derrière. Selfies, autographes, bisous, il se régalait. Mais, depuis que les « gilets jaunes » le traquent sur Facebook, ces déambulations sont impensables. Il voyage incognito, ou alors sans caméras.

    Jeudi 20 décembre, c’est avec l’AFP et France-info, ces médias de « l’ancien monde », qu’il est allé à Soissons, dans l’Aisne, visiter sans prévenir un centre pour enfants victimes de maltraitance. Officiellement, personne n’a été exclu du voyage, mais il fallait éviter les caméras, en cas d’incident. « S’il ne prévient pas avant de partir, c’est qu’il sait déjà qu’il risque de s’en prendre plein la figure », confirme un conseiller. Sa photographe officielle, Soazig de la Moissonnière, envoie seule quelques clichés où le président, décontracté au milieu de son équipe, rit à la table d’un restaurant Courtepaille, à Mareuil-lès-Meaux (Seine-et-Marne).

    Gibets, cibles et cercueils

    Deux jours avant les injures du Puy-en-Velay, sa petite promenade à pied au milieu des vitrines fracassées de l’avenue Kléber, à Paris, avait déjà mal tourné. Il revenait alors d’Argentine, où il avait participé au G20. Sur les portables de ses collaborateurs, il a découvert de Buenos Aires les images des violences du 1er décembre et il se rend à l’Arc de triomphe saccagé avant de partir à la rencontre des commerçants. Mais des « gilets jaunes » débarquent. Copieusement sifflé, il doit s’éclipser sous la protection des policiers.

    Avant le 11-Novembre, « il était déjà revenu de son périple dans l’est de la France très conscient qu’une colère grondait », assure Philippe Grangeon, l’un de ses conseillers. Mais c’était au temps où l’Élysée pouvait encore accuser les médias de grossir le trait. « Je parle aux gens, ça se passe bien, mais les journalistes écrivent à l’avance un scénario où je me ferais sans cesse alpaguer, comme si j’étais un personnage de télé-réalité ! », se plaint Emmanuel Macron devant les ministres Bruno Le Maire, Gérald Darmanin, Jean-Michel Blanquer et François de Rugy qu’il reçoit à l’Élysée au retour de sa fameuse « itinérance mémorielle » dans onze départements. Ce n’est qu’à la deuxième journée de mobilisation des « gilets jaunes », le 24 novembre, qu’il évoque des « scènes de guerre ». Une semaine plus tard, l’Arc de triomphe est pris d’assaut.

    « Je connais cette violence et cette vulgarité, ce sont les mêmes qui étaient déposées dans la boîte aux lettres de mes parents, lorsque j’ai rencontré Emmanuel », assure Brigitte Macron à ses conseillers désolés. Sauf qu’à l’époque les insultes n’étaient pas si menaçantes. Désormais, les manifestants crachent sur les vitrines et prennent à partie les employés de la chocolaterie familiale d’Amiens. « J’ai l’impression d’être un bouc émissaire, un défouloir » : le 4 décembre, Jean-Alexandre Trogneux, propriétaire du commerce, se fend d’une mise au point : la boutique n’appartient pas au président, son oncle par alliance. Un internaute de la Somme, terre des plus farouches ennemis du président – le député François Ruffin et l’écrivain Edouard Louis –, est placé en garde à vue.

    Dans les « manifs », l’effigie du président est lardée de coups de couteau, ligotée par des chaînes, ensanglantée. Gibets, cibles, cercueils trônent devant les cahutes de bord de route. Sur les sites des manifestants, on parle de lui « jeter des pierres » et même de « le pendre ». Quant aux comptes Facebook d’Eric Drouet et de Priscillia Ludosky, deux des initiateurs du mouvement, ils relaient un faux « mandat d’arrêt » contre Emmanuel Macron, coupable de « haute trahison. »

    Déplacements officiels annulés

    Il n’y a pas que les coups de menton ou de gueule sur les réseaux sociaux. Dans la nuit du 14 au 15 décembre, le député (La République en marche, LRM) de l’Eure Bruno Questel voit débouler devant chez lui « un groupe d’hommes, mais aussi de femmes, largement alcoolisés ». Des visages déjà croisés dix fois dans cette circonscription où il a été élu maire en 2002, conseiller général et enfin parlementaire.

    « Ils voulaient s’installer chez moi », raconte le député au téléphone à Emmanuel Macron et à son premier ministre, Edouard Philippe, après que la police a retrouvé six douilles de cartouches tirées devant sa maison. Même le secrétaire général de l’Élysée, Alexis Kohler, pratiquement inconnu du grand public, a vu ses enfants menacés.

    A Paris, les époux Macron aimaient improviser un dîner à La Rotonde, cette brasserie de Montparnasse où les patrons leur arrangent toujours une table au fond du restaurant. Ils étaient même allés voir Le Grand Bain, le « feel good movie » de Gilles Lellouche, dans une « vraie » salle de cinéma. Trop dangereux aujourd’hui. Depuis le 1er décembre, Brigitte Macron n’a pas franchi les limites du périphérique, se contentant, sans aucune publicité, d’une visite à l’hôpital des Invalides, d’une autre à Necker, d’une troisième à l’Institut de la mémoire de la Pitié-Salpêtrière.

    Adieu les longs week-ends à la Lanterne, aux confins du parc du château de Versailles, où Brigitte Macron a l’habitude d’acheter son pain dans les boulangeries avoisinantes : depuis la mi-novembre, les séjours sont brefs et rares. Hormis sa visite surprise à Soissons, le président lui-même est peu sorti de l’Élysée. Le ministère de l’intérieur craint des bousculades, une agression, voire bien pire. Ses agendas ont été vidés, des déplacements officiels annulés : sa visite en Serbie, les 5 et 6 décembre, puis son séjour à Biarritz (Pyrénées-Atlantiques), le 18 décembre, afin de préparer le G7 de 2019 en compagnie de 150 ambassadeurs. L’agenda officiel est loin d’être rempli. « Il est en réunion interne », répond son service de communication.

    Aucun de ceux qui l’entourent n’a souvenir d’un tel rejet sur le terrain. Seul Bruno Le Maire, lorsqu’il était le ministre de l’agriculture de Nicolas Sarkozy, a connu les quolibets et les tas de fumier déversés sur son passage. Pour les jeunes conseillers de l’Élysée, l’expérience est inédite. « On ne va pas finir le quinquennat dans un abri antiatomique », expliquait au Monde le chargé de la communication de l’Élysée, Sylvain Fort, en prenant ses fonctions après l’« affaire » Benalla. « Débunkériser », disait-on alors au Palais. Devant l’association de la presse présidentielle, à la Maison des polytechniciens, le 17 décembre, il détaille cette fois la menace que fait peser sur le président une « défiance transformée en sécession ».

    « Il ne sort plus sans se maquiller »

    Devant les députés LRM, ou en conseil des ministres, Emmanuel Macron ne laisse échapper aucune fébrilité. Occupé à ne pas imposer ses certitudes, il laisse les autres parler. Mais ceux qui le croisent notent sa fatigue. « Il ne sort plus sans se maquiller tellement il est marqué. Il se maquille même les mains », assure un député LRM qui a l’oreille du chef de l’État. Lors de son allocution enregistrée à l’Élysée, le 10 décembre, plus de 23 millions de téléspectateurs découvrent un président mal rasé et amaigri.

    L’Élysée est devenu un huis clos où les corps étrangers sont de plus en plus rares. Le président (Les Républicains) du Sénat, Gérard Larcher, ou l’ancien chef de l’État Nicolas Sarkozy ont été reçus les 4 et 7 décembre. Le jeudi, John Chambers, l’ex-patron du groupe informatique Cisco devenu ambassadeur de la French Tech à l’international, a aussi franchi le perron du Palais avec une quarantaine de « capital-risqueurs » et d’investisseurs venus découvrir de prometteuses jeunes pousses françaises. Mais le chef de l’État a surtout consulté son premier cercle.

    Depuis que les présidents communiquent par messagerie privée, les « visiteurs du soir » sont rares, ou plus exactement leurs visites sont désormais virtuelles. Emmanuel Macron possède deux téléphones et passe de l’un à l’autre. Naguère, les conseillers ou les gardes guettaient l’heure à laquelle il quittait son bureau et éteignait les lumières. Aujourd’hui, ceux qui communiquent avec lui par Telegram notent l’heure à laquelle il cesse ses consultations : 2 heures, 3 heures du matin…

    Il échange évidemment avec son secrétaire général et son premier ministre, qui ont longtemps plaidé que des concessions aux « gilets jaunes » obéreraient la capacité de réforme du gouvernement. Mais ces dernières semaines, Philippe Grangeon, François Bayrou et Richard Ferrand (président de l’Assemblée nationale), les « sociaux », comme on les appelle, ont joué les premiers rôles dans l’entourage du chef de l’État. Avec Jean-Paul Delevoye (haut-commissaire à la réforme des retraites), ces trois-là ont participé à la vidéoconférence qu’Emmanuel Macron a organisée le 8 décembre à l’Élysée afin de réfléchir à la sortie de crise. C’est avec eux, ces représentants du vieux monde, qu’il s’est convaincu de lâcher plus de 10 milliards d’euros pour « sauver le capital des réformes ».

    Pas de trêve pour son anniversaire

    Insulté sur les réseaux sociaux, le président n’ignore pas la tentation et les références révolutionnaires d’une partie des émeutiers. « Le référendum d’initiative citoyenne n’est pas conçu par ses initiateurs – qui ne sont pas des gentils “gilets jaunes”, mais des complotistes de la pire espèce – comme un outil démocratique mais comme un outil de sédition », a encore confié Sylvain Fort, lundi 17 décembre.

    Quand une partie de l’extrême gauche s’est mise à espérer tout haut que la police rejoigne le mouvement de contestation, le ministre de l’intérieur, Christophe Castaner, a été prié d’éteindre au plus vite la sourde fronde au sein des forces de l’ordre. Une prime de 300 euros a été attribuée à 110 000 policiers et gendarmes, ainsi qu’une hausse de salaire de 150 euros.

    Même au sein de l’armée, il a fallu menacer de sanctions une dizaine de généraux, un amiral et un colonel de la 2e section, c’est-à-dire retraités mais encore mobilisables, après qu’ils ont signé une lettre ouverte sur un site d’extrême droite.

    « Vous ne pouvez pas décider seul d’effacer nos repères civilisationnels et nous priver de notre patrie charnelle, disait le texte, en s’insurgeant de la signature par la France du pacte de Marrakech (Maroc) sur les migrations. Vous êtes comptable devant les Français de vos actions. Votre élection ne constitue pas un blanc-seing. » Des airs de putsch ? En tout cas un affront pour le président, qui est aussi le chef des armées, et déteste qu’elles le contestent.

    Vendredi 21 décembre, c’était son anniversaire. Quarante et un ans. Encore une jeunesse. Évidemment, Facebook a repéré l’événement et appelé à « pourrir la fête ». Pas de trêve, au contraire. « A bas sa majesté Macron ! », « Dégage Macron Ier ! », continuent de crier les « gilets jaunes » sur les ronds-points rasés puis reconstruits. Rond-point de la Jaunaie, à Redon, en Ille-et-Vilaine, une nouvelle guillotine vient d’être installée : « On veut juste qu’il comprenne qu’il faut qu’il s’en aille », explique une manifestante.

    Voilà le jeune président rattrapé par le fameux « dégagisme » qui l’a aidé à se hisser à la tête du pouvoir, mais aussi par ses analyses historiques et ses critiques sur la « normalisation » progressive des présidents de la Ve République. En juillet 2015, dans l’hebdomadaire Le 1, il assurait que le grand « absent » de « la politique française » était « la figure du roi », dont « fondamentalement le peuple français n’a [vait] pas voulu la mort ». A l’époque, il pensait encore qu’il manquait un roi à la France.

    Raphaëlle Bacqué, Ariane Chemin, Virginie Maling . Publié dans #LeMonde.
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2018/12/22/emmanuel-macron-a-huis-clos-en-son-palais_5401266_823448.html

    • C’est maintenant l’ordre qui doit régner, le calme et la concorde.

      Peut pas parler français le Méprisant de la république ?
      Il en appelle à la concorde  !
      Le seul qui ne pourra pas la ramener, en appelle à la concorde ... Pitoyable. Surtout de la part de celui qui a tout déclenché par sa Haine de nous.


  • Etudiants étrangers : « #BienvenueEnFrance marque le désengagement de l’Etat dans l’enseignement supérieur »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/12/14/etudiants-etrangers-bienvenueenfrance-marque-le-desengagement-de-l-etat-dans

    Dans une tribune au « Monde », un collectif de doctorants de l’Ecole polytechnique exprime son opposition à l’augmentation des frais universitaires des étudiants extracommunautaires.

    Fidèle à son habitude, Le Monde met derrière paywall une tribune rédigée bénévolement.

    Étudiants étrangers : « #BienvenueEnFrance marque le désengagement de l’État dans l’enseignement supérieur »

    Dans une tribune au « Monde », un collectif de doctorants de l’Ecole polytechnique exprime son opposition à l’augmentation des frais universitaires des étudiants extracommunautaires.
    Tribune. Le premier ministre, Edouard Philippe, a annoncé une nouvelle stratégie concernant l’attractivité de l’enseignement supérieur français auprès des étudiants internationaux intitulée #BienvenueEnFrance. Cette réforme se matérialise par une forte augmentation des frais universitaires pour l’intégralité des étudiants non européens. Spécifiquement, les frais augmentent de 170 euros à 2 770 euros annuels pour les licences, et de 243 euros et 380 euros à 3 770 euros pour les masters et doctorats respectivement. En contrepartie, le gouvernement propose d’introduire seulement 14 000 bourses d’excellence pour l’ensemble des étudiants (320 000 étudiants étrangers actuellement).

    Cette annonce a déjà suscité de nombreuses et légitimes réactions, notamment portées par les étudiants en licence ou en master : ce plan remet, en effet, en cause une valeur cardinale de notre système universitaire, son accès égalitaire, car peu onéreux. Mais nous voulons quant à nous approfondir spécifiquement le sujet rarement discuté des doctorants, dont le statut de salarié est trop souvent occulté dans ces réformes. Nous, doctorantes et doctorants à l’Ecole polytechnique, nous opposons au projet de réforme qui dégrade sévèrement nos conditions de vie, dévalorise dangereusement la vision du doctorat et nous paraît discriminatoire vis-à-vis des lois du travail.

    Nous sommes avant tout de jeunes travailleurs en début de carrière, avec au moins cinq ans d’études supérieures à notre actif. Nous avons réussi à obtenir un financement pour notre thèse sur la base d’un concours et la plupart d’entre nous ont un contrat de travail de trois ans afin d’accomplir notre mission de recherche. La réalité du travail en thèse est telle que le laboratoire devient notre seconde maison pour cette période, avec des horaires « hors forfait » et une pression grandissante pour publier.

    Nous fournissons une partie très importante du travail de recherche : dans le périmètre de Paris-Saclay, nous sommes par exemple coauteurs d’environ 70 % des publications scientifiques qui produisent le rayonnement de nos laboratoires sur la scène nationale et internationale.

    Nos travaux de recherche peuvent également donner lieu à la création de start-up, si attendues aujourd’hui pour la croissance économique du pays, et nous encourageons de fait la création d’incubateurs dans les universités et les écoles, et l’accompagnement de la recherche par des cellules de valorisation dans les organismes comme le CNRS [Centre national de la recherche scientifique]. En parallèle, nous sommes régulièrement impliqués dans des activités d’enseignement, en encadrant des stagiaires ou des travaux dirigés [TD].

    Ainsi, nous sommes membres à part entière d’une équipe de recherche et participons activement à l’enseignement et l’innovation. Enfin, nous appartenons, comme tous les salariés, à la population active : nous payons des impôts et participons au financement social.
    Néanmoins, le gouvernement semble avoir, comme souvent, totalement ignoré la catégorie de jeunes chercheurs que nous constituons parmi les étudiants (le texte du dossier de presse sur la réforme annoncée fait référence aux doctorants seulement 6 fois sur 28 pages), sans jamais considérer ni notre statut particulier ni la valeur que nous apportons. La réforme proposée se résume en une froide augmentation des frais d’inscription pour les doctorants non européens, qui passent de 380 euros à 3 770 euros.

    Non seulement il nous semble totalement aberrant de demander à des salariés de payer pour pouvoir exercer leur travail, mais en outre cette mesure met ceux d’entre nous qui ne sont pas originaires d’un pays de l’Union européenne dans une position où ils sont de facto payés moins que le smic.

    En effet, le salaire standard d’un doctorant est d’environ 1 700 euros brut mensuel, soit moins de 1 400 euros net. Avec l’application des nouveaux frais qui représentent 314,17 euros net par mois pour un doctorant, son salaire total tombe en dessous de 1 100 euros mensuel. Pour rappel, le smic mensuel net est de 1 173 euros depuis le 1er janvier 2018. La France va donc rémunérer des jeunes chercheurs, pourtant hautement qualifiés, puisque d’un niveau supérieur à bac + 5, avec un salaire inférieur au smic. Aucune profession ne peut accepter de voir sa rémunération baisser soudainement de 20 % sans réaction.

    De plus, imagine-t-on un salarié consacrer chaque année près de trois mois de salaire net pour s’acquitter d’un « droit de travailler » ? Cette politique est d’autant plus choquante qu’elle introduit un biais dans la rémunération des jeunes chercheurs selon leurs origines, comme si cette origine était liée à leurs compétences techniques, ce qui serait considéré comme une discrimination claire et nette dans n’importe quelle entreprise.

    Cette nouvelle mesure proposée n’est malheureusement pas la première à dégrader sensiblement notre niveau de vie. Par exemple, depuis le début de l’année 2018, nous devons cotiser, comme tous les étudiants, 90 euros supplémentaires par an en « contribution de vie étudiante et de campus » (CVEC). Cette CVEC remplace la cotisation pour la Sécurité sociale étudiante aujourd’hui disparue. Sauf que nous autres doctorants, comme tous les salariés non fonctionnaires, relevions déjà du régime général de la Sécurité sociale !

    La CVEC représente ainsi simplement une cotisation supplémentaire pour nous, ajoutée à nos frais d’inscription. De même, la rémunération de notre activité complémentaire d’enseignement a été baissée de 343,86 euros brut à 218,19 euros brut par l’arrêté du 29 août 2016, alors que cette activité est une composante non négligeable de notre travail.

    A contre-sens complet du reste du monde, la France dévalorise donc de plus en plus le doctorat, malgré son importance pour le fonctionnement de l’éducation et de la recherche, et en dépit des nombreuses applications qu’il génère. Cette baisse de l’attractivité du doctorat est en contradiction complète avec les objectifs annoncés par le gouvernement.

    Finalement, la mesure #BienvenueEnFrance s’inscrit dans une lignée de réformes marquant le désengagement de l’Etat dans l’enseignement supérieur, et nous semble extrêmement inquiétante, au sens où elle renforce des discriminations pécuniaires et raciales pour l’accès à l’université en France. Ce désengagement va à l’encontre des intérêts des étudiants et des travailleurs de l’enseignement supérieur, et n’aidera certainement pas les étudiants étrangers à se sentir bienvenus.
    Ainsi, nous appelons tous les étudiants, doctorants, enseignants-chercheurs et finalement tous les citoyens à se mobiliser contre la mesure #BienvenueEnFrance et à entreprendre une réflexion plus large sur l’avenir de l’enseignement supérieur et de la recherche en France.

    Premiers signataires : Lamiae Abdeladim, doctorante de l’Ecole polytechnique ; Ayoub Aouina, doctorant de l’Ecole polytechnique ; Aymeric Baradat, doctorant de l’Ecole polytechnique ; Romain Bocheux, doctorant de l’Ecole polytechnique ; Mathilde Boissier, doctorante de l’Ecole polytechnique ; Matteo Bonanomi, doctorant de l’Ecole polytechnique ; Céline Bonnet, doctorante de l’Ecole polytechnique ; Jean-Paul Booth, doctorant de l’école polytechnique…
    Liste complète des signataires :
    https://fr.scribd.com/document/395689292/Liste-des-signataires-doctorants-de-l-X


  • En 2018, les femmes toujours plus méprisées par la presse française
    https://www.liberation.fr/france/2018/12/20/en-2018-les-femmes-toujours-plus-snobees-par-la-presse-francaise_1698962

    Testostérones à tous les étages : cette année encore, les femmes peinent à se faire une place dans nos journaux, si on en croit le baromètre 2018 des personnalités les plus médiatisées publié mercredi. Selon l’étude, réalisée par la plateforme Pressedd, les femmes ont été encore moins visibles dans la presse française en 2018 qu’en 2017. Seules 15,3% d’entre elles figurent dans la liste des 1 000 personnalités ayant eu la plus forte exposition médiatique cette année (contre 16,9% en 2017).

    C’est le deuxième plus mauvais score en six ans, souligne Pressedd qui a analysé les 1 500 premiers titres de presse française (presse quotidienne nationale et régionale, presse magazine, presse hebdomadaire régionale, professionnelle et spécialisée) et 1 500 sites d’informations. En 2013, les femmes représentaient 19,2% des personnalités médiatisées.
    Une plus grande visibilité des sportifs (masculins)

    Un paradoxe, alors que les « questions de parité, de représentativité et de mobilisation contre la violence faite aux femmes semblent occuper une place centrale dans le débat public », dans le sillage du mouvement #MeToo, relève l’étude. Une possible clé d’explication de cette visibilité des femmes en baisse : la plus grande visibilité des joueurs masculins de l’équipe de France de football, qui trustent le classement.

    Mondial oblige, la catégorie sport est en effet la plus représentée (près de la moitié des personnalités les plus médiatisées sont des sportifs), et est composée de 6% de femmes seulement. Viennent ensuite les personnalités politiques (28%), qui monopolisent le trio de tête, 100% masculin (Emmanuel Macron, Donald Trump et Edouard Philippe).
    Femmes issues de l’entreprise quasi absentes

    Il faut remonter à la douzième place pour trouver la première femme de la liste, la chancelière Angela Merkel, suivie de Marine Le Pen (14e place) et Theresa May (18e place). Quatre autres femmes figurent dans le top 50 : les ministres Agnès Buzyn, Elisabeth Borne et Nicole Belloubet puis la maire de Paris Anne Hidalgo. Uniquement des personnalités issues de la sphère politique, les plus visibles : plus de la moitié des 50 premières personnalités féminines du classement ont des responsabilités politiques. Des femmes pas vraiment porteuses d’actualités positives : « La visibilité des dix premières femmes les plus représentées dans la presse française est directement associée à des difficultés politiques diverses et autres controverses », pointe le document.

    Au total, les femmes enregistrent 13% des citations seulement. La presse écrite est un peu moins inégalitaire : les femmes représentent 22% des personnalités citées en une des journaux. Les membres féminines du gouvernement sont également plus disertes, puisque 14 femmes membres de l’exécutif totalisent près d’un tiers des citations. Les femmes issues du monde de l’entreprise, en revanche, sont quasiment absentes : cette catégorie ne compte que 4% de femmes citées, avec par exemple la présidente du syndicat agricole FNSEA Christiane Lambert, 242e du classement.

    #sexisme #invisibilisation #femmes


  • Comment des villes « hyper connectées » contrôlent l’espace public
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2018/12/19/au-nom-de-la-smart-city-des-villes-sous-surveillance_5399527_3234.html

    Ni fantasme ni science-fiction : ces dispositifs sont très exactement ceux que des villes françaises commencent à expérimenter sous le nom générique de « safe city » (la ville sûre), avatar en uniforme de la « smart city », la « ville hyper connectée ». « La sécurité est, avec la mobilité, le pilier le plus réaliste de la smart city, estime Marc Darmon, directeur général adjoint du groupe Thales. Il y a un marché porteur pour ces technologies, par la conjonction de l’urbanisation, de la numérisation et de risques qui s’aggravent. »
    Un mouvement de fond

    De Nice à Valenciennes (Nord), de Marseille à la Défense ou à Nîmes, de plus en plus de collectivités se laissent tenter par des plates-formes numériques organisées autour des outils de surveillance et de contrôle de l’espace public.

    Un mouvement de fond, en phase avec de puissants intérêts industriels et porté par des subventions publiques, qui prospère dans un certain flou juridique et inquiète les associations de défense des libertés publiques. Construits autour d’une vidéoprotection dernier cri, dopée à l’intelligence artificielle, aux algorithmes et au « big data », ces dispositifs ont l’avantage de rendre bien concret l’un des rêves fondateurs de la smart city : la gestion centralisée de la ville depuis un poste unique de commandement.

    Mais dans ce schéma, les outils de surveillance occupent une place à part. Au point de faire de la sécurité la première priorité. « La vidéoprotection n’est qu’une partie de la smart city, mais c’est peut-être la plus importante, car elle donne une vision instantanée du territoire : c’est le cœur et le poumon de la ville, c’est un outil qui sert à la gestion ordinaire de l’espace urbain », assume Bernard Serafino, responsable de la sécurité au cabinet du maire de Nîmes.
    « Big data de la tranquillité publique »

    La préfecture du Gard a déployé, avec Engie Ineo, un système de vidéosurveillance intelligente à l’échelle des quinze communes de l’agglomération : 600 caméras, reliées à un centre de supervision high-tech, qui permettent de gérer l’espace urbain et de rechercher et de suivre un individu ou un véhicule d’un bout à l’autre de l’agglomération.

    La ville de Marseille, de son côté, se fait fort depuis le printemps de mettre en place un « big data de la tranquillité publique » grâce aux technologies de Engie Ineo et à une plate-forme de données Oracle, un dispositif censé être opérationnel début 2019. « La safe city est la première brique de la smart city, c’est un outil d’aide à la décision pour la collectivité », décrit Caroline Pozmentier, l’adjointe au maire chargée de la sécurité publique.

    « Une logique de surveillance massive »

    Dans ce contexte, les plates-formes safe city « made in France » sont cofinancées par la Banque publique d’investissement (Bpifrance), subventionnées par les collectivités et encouragées par le Comité de la filière industrielle de sécurité (Cofis), placé sous la tutelle du premier ministre Edouard Philippe.

    « C’est important pour les villes de se dire qu’il y a des acteurs français sur ces sujets clés : notre droit est plus contraignant que celui de la Chine ou des Etats-Unis sur la gestion des données », estime Nathalie Allegret, chez Engie Ineo.

    Françaises ou non, ces technologies soulèvent quelques inquiétudes. « La safe city, c’est la prolifération d’outils issus du milieu du renseignement, dans une logique de surveillance massive, d’identification des signaux faibles, des comportements suspects », dénonce Félix Tréguer, un responsable marseillais de l’association La Quadrature du Net. « Ces outils permettront un contrôle social très sophistiqué quand leur potentiel sera optimisé, estime-t-il. Nous ne trouvons pas rassurant que la police municipale devienne le service de renseignement de l’espace public urbain et de son double numérique. »

    « Améliorer les secours, la circulation, c’est légitime, mais la généralisation de la vidéosurveillance nous inquiète, et scruter les réseaux sociaux, ce n’est pas le rôle d’un maire ! Sans aucun garde-fou, un outil pareil ne peut pas faire preuve de la neutralité indispensable, redoute Henri Busquet, de la Ligue des droits de l’homme à Nice. C’est potentiellement un outil de destruction politique, qui fait courir un risque particulier aux opposants, aux journalistes… »

    La tentation du contrôle social

    L’inquiétude est d’autant plus vive que certains élus ne cachent pas vouloir repousser les limites du cadre légal. « On pourrait faire beaucoup mieux, estime M. Estrosi, qui s’est plusieurs fois heurté à la CNIL. Ce qui nous limite, c’est la loi, notamment la loi Informatique et libertés de 1978. Je demande à ce que le législateur fasse évoluer les textes, au rythme où évolue la société. Je dispose du logiciel qui permettrait dès demain matin d’appliquer la reconnaissance faciale et d’identifier des individus fichés où qu’ils se trouvent dans la ville… Pourquoi se l’interdire ? Est-ce qu’on veut prendre le risque de voir des gens mourir au nom des libertés individuelles, alors qu’on a les technologies qui permettraient de l’éviter ? »

    #Capitalisme_surveillance #Videosurveillance #Smart_city #Safe_city

    • Imaginez : depuis la salle de commande d’un centre municipal de #supervision, vous contrôlez toute votre #ville. Sur un mur d’écrans, vous suivez les individus au comportement « anormal », vous vérifiez les objets abandonnés, vous repérez une altercation dans la rue, sans oublier de surveiller les tramways bondés, de garder un œil sur la crue de la rivière… Pas besoin de chercher au hasard : l’#intelligence_artificielle vous montre, parmi les images filmées par des centaines de caméras haute définition à vision nocturne, uniquement ce que vous devez voir.
      Mieux : vous recevez en direct les #vidéos d’attroupements suspects ou de véhicules gênants envoyées depuis leur smartphone par vos administrés, et un algorithme scanne les réseaux sociaux pour anticiper d’éventuels rassemblements à risques.

      D’un simple geste sur un terminal numérique mobile – audacieusement baptisé « tablette d’hypervision » –, vous ouvrez ou fermez les bornes d’accès au centre-ville piéton, vous maîtrisez l’entrée des bâtiments publics, vous modifiez les feux de circulation, vous intensifiez l’éclairage d’une rue. Un bruit suspect retentit ? Les caméras de la zone se tournent d’elles-mêmes vers son origine. Sur la carte numérique de la ville, toutes les équipes – #police, secours, services techniques – sont géolocalisées, vous pouvez les envoyer sur place au plus vite en cas de besoin…

      #sécuritaire #sécurité


  • Ces millions d’heures sup’ non payées qui suscitent la colère des policiers Guillaume Poingt - 17 Décembre 2018 - Le figaro
    http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2018/12/17/20002-20181217ARTFIG00254-ces-millions-d-heures-sup-non-payees-qui-susciten

    . . . . . .
    Plus de 20 millions d’heures supplémentaires non payées
    Selon un rapport sénatorial publié en juin 2018, « le stock d’heures supplémentaires non récupérées par les personnels de la police nationale et non indemnisées s’élevait, à la fin 2017, à 21,82 millions d’heures, niveau jamais atteint à ce jour ». Et la situation ne s’est pas améliorée depuis. « Je pense qu’on est aujourd’hui à 25 millions d’heures supplémentaires non payées », nous explique Yves Lefebvre, secrétaire général Unité SGP Police FO.

    À environ 12 euros l’heure supplémentaire, ces heures impayées correspondent à une somme avoisinant les 300 millions d’euros, calcule Yves Lefebvre. Lundi 10 décembre, dans un courrier adressé à Emmanuel Macron et révélé par Nice-Matin, https://www.nicematin.com/politique/ciotti-ecrit-a-macron-pour-lui-demander-de-payer-toutes-les-heures-supple le député LR des Alpes-Maritimes Eric Ciotti estimait que « le nombre d’heures théoriques moyen par agent concerné s’élève à près de 158 heures, pour un coût moyen par agent proche de 2.000 euros ».

    Ce constat se heurte à une situation inextricable. D’une part, comme nous l’explique Patrice Ribeiro - patron de Synergie-officiers -, « l’État n’a pas les moyens de payer les heures impayées et donne des compensations ». Mais en raison du climat actuellement très tendu en France, les policiers ne peuvent pas bénéficier de ces compensations. « Entre les attentats, l’évacuation des ‘gilets jaunes’ des ronds-points et les missions du quotidien, les collègues ne peuvent pas récupérer leurs heures sinon ça affaiblit la présence policière sur le terrain », détaille Yves Lefebvre. Même son de cloche chez Patrice Ribeiro : « On est en période de très forte tension et les effectifs sont très sollicités. On donne aux policiers des compensations qu’ils ne peuvent pas prendre. C’est le serpent qui se mord la queue ».

    Rembourser les heures supplémentaires... ou obliger les policiers à les récupérer
    Patrice Ribeiro raconte que des gardiens de la paix en fin de carrière ont parfois accumulé plusieurs mois, voire même plusieurs années de jours qu’ils n’ont pas pu prendre. « Prenons l’exemple d’un gardien de la paix de 57 ans. S’il a 3 ans de jours accumulés, il peut poser ses jours payés comme s’il était en activité mais on ne peut pas le remplacer », détaille-t-il. Une situation totalement ubuesque. « À ne pas vouloir payer maintenant, l’administration paie plus tard en jours d’absence », conclut Patrice Ribeiro.

    À moins que l’État ne se décide finalement à régler toutes les heures supplémentaires non récupérées par les personnels de la police nationale afin d’apaiser la colère qui monte. C’est ce que préconise Yves Lefebvre. « On pourrait aller sur un plan de remboursement étalé sur 2-3 ans », estime-t-il. Selon une de nos sources, la problématique des heures supplémentaires est en tout cas actuellement à l’étude au ministère de l’Intérieur.

    Une autre piste consiste à obliger les personnels à récupérer leurs heures supplémentaires, malgré les nombreuses difficultés décrites précédemment. En juin 2018, le premier ministre Édouard Philippe a répondu à un référé de la Cour des comptes relatif aux rémunérations et au temps de travail dans la police et la gendarmerie nationales. « Le projet d’arrêté portant organisation du temps de travail remplacera les instructions générales relatives à l’organisation du travail dans la police nationale de 2002 et modifiera les règles sur les modes de récupération des heures supplémentaires », est-il expliqué. « Dès l’entrée en vigueur de ce texte, qui doit intervenir au plus tard en janvier 2019, les chefs de service pourront obliger les personnels, en fonction des nécessités du service, à récupérer leurs heures supplémentaires au-delà d’un seuil de 100 heures générées à compter d’une date en cours de détermination. Cet arrêt du flux de la production des heures supplémentaires conduira mécaniquement, à moyen terme, à réduire leur stock », poursuit le courrier.

    #police #travail Les #malheureux #stakhanovisme mal placé