person:edward snowden


  • Commentary: The world’s best cyber army doesn’t belong to Russia | Reuters
    http://mobile.reuters.com/article/idUSKCN10F1H5

    NSA operations have, for example, recently delved into elections in Mexico,  targeting its last presidential campaign. According to a top-secret PowerPoint presentation leaked by former NSA contract employee Edward Snowden, the operation involved a “surge effort against one of Mexico’s leading presidential candidates, Enrique Peña Nieto, and nine of his close associates.” Peña won that election and is now Mexico’s president. 

    The NSA identified Peña’s cellphone and those of his associates using advanced software that can filter out specific phones from the swarm around the candidate. These lines were then targeted. The technology, one NSA analyst noted, “might find a needle in a haystack.” The analyst described it as “a repeatable and efficient” process.

    […]

    Now under construction inside NSA’s secret city, Cyber Command’s new $3.2- billion headquarters is to include 14 buildings, 11 parking garages and an enormous cyberbrain — a 600,000-square-foot, $896.5-million supercomputer facility that will eat up an enormous amount of power, about 60 megawatts. This is enough electricity to power a city of more than 40,000 homes.


  • La mystification des « casques blancs » | Arrêt sur Info
    http://arretsurinfo.ch/la-mystification-des-casques-blancs

    La campagne pour l’attribution du Prix Nobel de la Paix 2016 aux « Casques Blancs » a échoué, malgré une extraordinaire opération « psyop » du camp atlantiste, une guerre psychologique et de propagande matérialisée par un intense lobbying des médias occidentaux mobilisant des célébrités d’Hollywood, tels George Clooney, Ben Affleck et Justin Timberlake, et, sur le plan arabe, la campagne du Qatar via ses deux vecteurs médiatiques Al Jazira et le journal « Al Arabi Al Jadid-New Arab » du transfuge communiste palestinien Azmi Bichara. La prestigieuse distinction a été attribuée au président colombien Juan Manuel Santos pour « ses efforts déterminés » en faveur de la paix dans son pays, engagé depuis 52 ans dans une guerre civile contre la guerilla marxiste des FARC. Retour sur cette mystification.
    DES AGENCES DE RELATIONS PUBLIQUES AMÉRICAINES AU SERVICE DE LA GUERRE DE SYRIE
    Par Max Blumenthal (1) – Co publié avec la revue Afrique Asie
    1 – Des organisations de solidarité, en réalité agences américaines de relations publiques, financent et orchestrent la propagande anti-syrienne et attisent la guerre.

    Le 30 septembre, des manifestants se sont rassemblés dans toutes les villes occidentales pour un « week-end d’action » pour « arrêter les bombes » larguées par les avions de guerre russes et syriens sur la partie orientale d’Alep contrôlée par les rebelles.
    Des milliers de personnes ont participé à ces manifestations, portant des pancartes sur lesquelles on pouvait lire « Renversons Assad » ou « Assad, ça suffit ! ». Peu de participants semblaient savoir que ces initiatives étaient organisées sous les auspices d’une agence de relations publiques financée par l’opposition, The Syrian Campaign, « La Campagne syrienne » (LCS).
    En s’associant à des groupes locaux comme les travailleurs syriens de la défense civile, plus connus sous le nom de « Casques Blancs », et à travers un vaste réseau de connections dans les médias et les centres d’influence politique, LCS a joué un rôle crucial dans la diffusion d’images et de reportages sur les horreurs rapportées, ce mois-ci, sur Alep-Est.
    Le groupe a la capacité d’opérer à l’intérieur des centres de pouvoir à Washington et peut mobiliser des milliers de manifestants dans les rues. Malgré l’énorme rôle qu’elle joue dans la façon de voir, en Occident, la guerre civile syrienne, qui aborde, maintenant, sa sixième année et entre dans l’une de ses phases les plus sombres, cette organisation reste pratiquement inconnue du grand public.
    LCS se présente comme une voix impartiale, apolitique des citoyens syriens ordinaires, dédiée à la protection civile. « Nous nous considérons comme une organisation de solidarité », me dit James Sadri, son directeur Stratégie. « Nous ne sommes pas payés par quiconque pour suivre une ligne particulière. Nous avons l’impression d’avoir fait un travail vraiment bon en identifiant les militants de la ligne de front, les médecins, les humanitaires et en essayant de transmettre leur parole à la communauté internationale. »
    Cependant, derrière cette noble rhétorique sur la solidarité et les images de sauveteurs héroïques se ruant pour sauver des vies, il y a un programme qui s’aligne étroitement sur les forces qui prônent un changement de régime, de Riyad à Washington. En effet, LCS a œuvré en faveur de la mise en place d’une zone d’exclusion aérienne (NFZ) en Syrie qui nécessiterait la présence d’au moins « 70 000 soldats américains » pour la faire respecter, selon le Pentagone, ainsi que de la destruction des infrastructures du gouvernement et des installations militaires. On ne connaît aucun cas où l’imposition d’une NFZ n’a pas été suivie d’un changement de régime, ce qui semble être exactement l’objectif de LCS et ses partenaires.
    2 – Instrumentaliser l’indignation

    « Pour pouvoir contrôler tout l’espace aérien syrien, il nous faudrait entrer en guerre avec la Syrie et la Russie. C’est une décision plutôt radicale que je ne vais pas prendre », déclarait, récemment, le général Joseph Dunford, le président des chefs d’état-major interarmées (JCS), lors d’une audition du Comité des Services armés du Sénat. Alors que les hauts gradés à Washington semblent réticents quant à l’emploi de la force totale de sa puissance aérienne pour imposer une NFZ, LCS capitalise sur l’indignation inspirée par le bombardement d’Alep-Est tenue par les rebelles, pour intensifier les appels à un engagement militaire américain plus important.
    LCS a prudemment enrobé l’interventionnisme dans un discours pseudo libéral de droits de l’homme, en présentant l’intervention occidentale militaire comme « le meilleur moyen de soutenir les réfugiés syriens » et en faisant passer la NFZ –accompagnée de zones soi-disant sécurisées et sans bombardement qui exigeraient aussi un renforcement militaire occidental- comme un « moyen de protéger les civils et de vaincre ISIS ».
    L’un des instruments les plus connus de la promotion d’une intervention militaire LCS est le groupe de défense civile autoproclamé « non armé et impartial » des Casques Blancs.
    Les images des Casques Blancs sauvant les civils pris dans les ruines des bâtiments bombardés par le gouvernement syrien et son allié russe sont devenues omniprésentes dans la couverture médiatique de la crise.
    Ayant déclaré qu’ils avaient sauvé des dizaines de milliers de vies, le groupe est devenu une source majeure pour les journalistes et les organisations de droits de l’homme qui cherchent des informations de l’intérieur du théâtre de la guerre, depuis le nombre de victimes jusqu’aux détails sur le type de bombes larguées.
    3 – Qui sont les Casques Blancs ?

    Cependant, comme LCS, les Casques Blancs sont tout sauf impartiaux. En effet, le groupe a été fondé en collaboration avec Le Bureau des Initiatives Transitionnelles de l’Agence américaine pour le Développement international, l’USAID), une branche explicitement politique de l’agence qui a financé les tentatives de subversion politique à Cuba et au Venezuela.
    USAID est le principal financier des Casques Blancs, auxquels il a versé au moins $23 millions depuis 2013. Cet argent représente une partie des $339,6 millions prévu par l’USAID pour « soutenir les activités qui ont pour objectif une transition pacifique vers une Syrie démocratique et stable », ou pour établir une structure gouvernementale parallèle qui pourrait remplir le vide laissé par le départ de Bachar al-Assad.
    Grâce à une impulsion de relations publiques agressives de LCS, les Casques Blancs ont été nominés pour le Prix Nobel de la Paix et ont, déjà, reçu le « Nobel alternatif » connu sous le nom de Right Livelihood Award dont, entre autres, Amy Goodman, Edward Snowden et Mordechai Vanunu, le lanceur d’alerte israélien sur le nucléaire, ont été lauréats. En même temps, les Casques Blancs défendent la NFZ publiquement et sur le site créé par LCS. Celle-ci a récolté des soutiens aux Casques Blancs auprès de nombreuses célébrités d’Hollywood dont Ben Affleck, Alicia Keyes et Justin Timberlake. Et avec ses levées de fonds et son rayonnement, les Casques Blancs sont devenus les stars d’un documentaire habilement produit par Netflix qui a bénéficié d’une hyper médiatisation en Occident.
    Cependant, faire des Casques Blancs un événement international n’est que l’un des succès de LCS dans son objectif de renversement du gouvernement syrien.
    4 – La cible onusienne

    Lorsqu’un convoi d’aide organisé par le Croissant Rouge Arabe Syrien (CRAS) et le Bureau des Nations unies pour la Coordination des Affaires humanitaires a subi une attaque en route vers Alep-Ouest, le 18 septembre, les Casques Blancs ont accusé directement les gouvernements syrien et russe.
    En fait, un de leurs membres se trouvait être parmi les premiers civils à apparaître devant la camera sur le site de l’attaque, déclarant en anglais que « les hélicoptères du régime visaient cet endroit avec quatre bombes ».
    Les Casques Blancs ont aussi produit l’un des principaux éléments de preuve sur lesquels les journalistes occidentaux se sont appuyés pour impliquer la Russie et le gouvernement syrien dans l’attaque : une photo supposée décrire un fragment de queue d’une bombe russe OFAB 250-270 à fragmentation. Une information qui n’a été confirmée, ni par les Nations unies, ni par le CRAS, et aucune preuve de bombe de ce type n’a été produite.
    Ironiquement, les Casques Blancs figuraient au premier plan de l’impulsion donnée par LCS pour saboter le travail humanitaire en Syrie. Pendant des mois, LCS a décrit l’ONU en termes de complice de Bachar al-Assad pour avoir coordonné le transport de l’aide avec le gouvernement, comme elle l’a toujours fait avec les gouvernements dans les zones de conflit à travers le monde.
    Kareem Shaheen, du Guardian, a fait l’éloge d’un rapport de 50 pages de LCS attaquant le travail de l’ONU en Syrie en le traitant d’ « accablant ». Un article ultérieur citait le rapport comme un élément d’influence de sa propre enquête « exclusive », et descendait en flamme la coordination de l’ONU avec le gouvernement syrien.
    Sur un site Internet créé par LCS pour diffuser le rapport, les visiteurs sont accueillis par un logo de l’ONU dégoulinant de sang. LCS a même revendiqué avoir forcé l’ex-coordinateur résident de l’ONU, Yacoub El-Hillo à quitter son poste à Damas, une revendication erronée. Il fut, cependant, trop tard pour exiger un démenti. Parmi les groupes d’opposition qui ont promu le rapport anti-ONU de LCS, on trouve Ahrar al-Sham, une faction jihadiste rebelle qui s’est alliée avec al-Qaïda dans sa mission visant à établir un État islamique exclusif en Syrie.
    Un Occidental qui dirigeait une ONG humanitaire politiquement neutre à Damas, m’a informé des attaques de LCS contre l’ONU. Parlant anonymement – les employés des ONG comme lui n’ont généralement pas le droit de parler aux médias et doivent en affronter les conséquences s’ils le font– la source accusait LCS de « diviser et polariser la communauté humanitaire » selon des critères politiques, tout en forçant ces ONG « à prendre des décisions fondées sur les répercussions médiatiques potentielles plutôt que de se focaliser sur les besoins réels sur le terrain ».
    Poursuivant son témoignage, ce responsable d’ONG accusait LCS et ses partenaires de l’opposition d’« identifier progressivement les travailleurs humanitaires travaillant depuis Damas comme partie prenante du conflit » limitant leur capacité à négocier l’accès aux territoires contrôlés par les rebelles.
    « En tant que travailleur humanitaire moi-même, expliquait-il, je sais que cela me met, moi et mes équipes, en grand danger, car cela légitime les factions en guerre à nous traiter comme une extension de l’une des partie au conflit. Les milliers de Syriens qui se sont engagés avec l’ONU ou avec les organisations humanitaires sont des civils. Ils ne s’engagent pas seulement pour avoir un salaire, mais dans l’espoir de faire quelque chose de positif pour d’autres Syriens. LCS les humilie tous en les qualifiant de partisans d’une des parties et en leur faisant perdre l’espoir de devenir des acteurs d’un changement positif dans leur propre société ».
    En septembre, avant que l’attaque du convoi d’aide n’oblige l’ONU à suspendre un grand nombre de ses interventions en Syrie, LCS a incité 73 organisations d’aide opérant en territoire rebelle, y compris les Casques Blancs, à suspendre leur coopération avec le programme d’aide de l’ONU.
    Comme le notait le Guardian dans son reportage, « la décision de se retirer du programme Whole of Syria, dans le cadre duquel des organisations partagent l’information pour aider à la livraison de l’aide, signifie en pratique que l’ONU perdra de vue ce qui se passe au nord de la Syrie et dans les zones tenues par l’opposition où les ONG font la majeure partie de leur travail ».
    5 – Une création des agences internationales de relations publiques

    En dépit de l’influence de LCS sur la scène médiatique internationale, il est difficile d’obtenir des détails sur le fonctionnement interne de l’organisation. LCS est enregistrée en Angleterre sous le nom de Voices Project, une entreprise privée, à une adresse partagée par 91 autres compagnies. En dehors d’Ayman Asfari, la plupart des donateurs sont anonymes.
    Au-delà de cette opération opaque, se posent des questions sur ses liens avec Avaaz, une organisation internationale de relations publiques qui a joué un rôle instrumental dans l’émergence du soutien à une zone d’exclusivité aérienne en Libye et dans la fondation de LCS par Purpose, une autre entreprise de relations publiques branche d’Avaaz.
    Quoi qu’il en soit, un regard attentif sur les origines et l’intervention de LCS suscite des doutes sur l’image de l’organisation en tant que voix authentique des civils syriens, et devrait inviter, également, à se poser sérieusement des questions sur le programme de ses partenaires.
    Mieux connue pour son travail sur les questions sociales, avec des clients solidement financés comme l’ACLU (American Civil Liberties Union) et le groupe de réforme de la police, Campaign Zero, Purpose, l’agence de relations publiques basée à New York et Londres, s’engage à fournir des campagnes créatives qui produisent un « changement de comportement », un « changement de perception », « un changement de politique » ou « un changement d’infrastructure ». Lorsque le conflit syrien est entré dans sa troisième année, l’agence était prête à effectuer un « changement de régime ». Le 3 février 2014, Anna Nolan, la responsable Stratégie de Purpose, diffusait une offre d’emploi. Selon cette offre d’emploi, son entreprise cherchait « deux stagiaires pour rejoindre l’équipe de Purpose afin d’aider à lancer un mouvement en Syrie ».
    À peu près au même moment, un autre responsable de Purpose, Ali Weiner, diffusait une offre d’emploi pour un poste de stagiaire payé pour le nouveau projet Syrian Voices de l’entreprise. « Ensemble, avec les Syriens de la diaspora et les ONG partenaires, écrivait Weiner, Purpose est en train de construire un mouvement qui amplifiera les voix des Syriens modérés, non-violents, et qui mobilisera les peuples du Moyen-Orient et du monde pour appeler à des changements spécifiques de la situation politique et humanitaire dans la région ». Elle expliquait que l’employé rendrait compte d’abord « à un stratégiste basé à Londres, mais travaillera étroitement avec les équipes de Purpose à Londres et à New York ».
    Le 16 juin 2014, Jeremy Heimans, fondateur de Purpose rédigeait les statuts de la société mère de The Syrian Campaign. Elle était enregistrée par Heimans sous le nom de Voices Project, au 3 Bull Lane, St.Ives Cambrigeshire, England.
    C’était l’une des 91 sociétés privées enregistrées à cette adresse. James Sadri, le directeur Stratégie de LCS, ne m’a pas expliqué pourquoi cette organisation avait choisi la même adresse, ni pourquoi elle était enregistrée en tant qu’entreprise privée.
    En même temps qu’Heimans, le directeur Europe de Purpose, Tim Dixon, fut nommé au conseil d’administration de LCS. Tout comme John Jackson, un stratégiste qui, auparavant, avait dirigé la Burma Campaign, au Royaume Uni, visant à convaincre l’Union européenne de prendre des sanctions contre le régime de ce pays.
    Anna Nolan est devenue la directrice de projet de LCS, tout en restant directrice Stratégie de Purpose. James Sadri affirme que Purpose n’est pas impliqué dans LCS. Et si on insiste sur la présence de plusieurs stratégistes de Purpose au conseil d’administration de LCS et dans son personnel, Sadri persiste : « Nous ne dépendons pas de Purpose. Il n’y a aucun lien financier et nous sommes indépendants ». Sadri dément les allégations selon lesquelles LCS est née d’Avaaz. « Nous n’avons aucun lien avec Avaaz », affirme-t-il, accusant une conspiration de « Russia Today » qui lie les deux agences de relations publiques.
    Cependant, dans sa première offre d’emploi pour son projet Syrian Voices, Purpose se targuait de « générer certains des modèles de changements sociaux les plus performants », y compris « le réseau avaaz.org, aujourd’hui fort de 30 millions d’actions. » En fait, le fondateur de LCS, co-fondateur de Purpose, Jeremy Heimans, fut, aussi, l’un des premiers fondateurs d’Avaaz. Comme il l’a déclaré au journal Forbes, « J’ai co-fondé Avaaz et Get Up (un groupe militant australien) qui ont inspiré la création de Purpose. »
    6 – Une zone d’exclusion aérienne nouvelle et améliorée

    L’attitude défensive de LCS quant à ses liens avec Avaaz est incompréhensible. Revenons en 2011. Avaaz lançait, alors, une campagne publique pour une zone d’exclusivité aérienne en Libye, et une pétition qui a réuni 1 200 940 signatures pour l’intervention occidentale soutenue par l’ONU.
    John Hilary, le directeur exécutif de War On Want, l’organisation caritative britannique de pointe anti-pauvreté et anti-guerre, avait alors averti : « Ces militants généralement bien intentionnés ne s’imaginent pas qu’ils vont renforcer l’emprise de ces gouvernements occidentaux qui veulent à tout prix réaffirmer leurs intérêts en Afrique du nord… Il est clair qu’une NFZ donne l’impression d’une intervention étrangère plutôt humanitaire, en mettant l’accent sur l’arrêt des bombardements, même si cela pourrait conduire à une escalade de la violence ».
    L’avertissement pressant de John Hilary fut concrétisé lorsque la NFZ imposée par l’OTAN accéléra la chute du président Mouammar Kadhafi. Quelques mois plus tard, Kadhafi était violé sauvagement et battu à mort par une foule de fanatiques. État Islamique (IS) et toute une kyrielle de milices affiliées remplirent le vide laissé par la disparition du gouvernement de la Jamahiriya.
    La catastrophe politique aurait dû être considérée comme suffisamment sérieuse pour remettre en question d’autres interventions de ce type. Cependant, l’expérience de la Libye n’a pas réussi à dissuader Avaaz de lancer une nouvelle campagne pour une autre NFZ, cette fois en Syrie.
    « Pour certains, une zone d’exclusivité aérienne pouvait effacer l’image de la politique étrangère de George W.Bush et des interventions illégales occidentales. Mais c’est autre chose », insistait Avaaz dans un communiqué défendant son soutien à une nouvelle NFZ en Syrie.
    Sadri décrivait le soutien de LCS pour la NFZ comme le produit d’un « long processus d’écoute » impliquant le vote des civiles syriens dans les territoires contrôlés par les rebelles et les réfugiés à l’extérieur du pays. Il affirmait que sa société était une « organisation solidaire », et non une entreprise de relations publiques, et était catégorique sur le fait que si une NFZ était imposée dans le ciel syrien, elle serait différente de celles des conflits antérieurs. Il ajoutait, « je suis seulement en train d’essayer de nous encourager à sortir d’un débat simpliste. Il y a une réaction instinctive envers la Syrie, à dire que « c’est l’Irak » ou « c’est la Libye ». Mais non. C’est un conflit complètement différent ».
    7 – Financer une « transition crédible »

    Pour le géant du pétrole qui a financé le lancement du Syria Project, les moyens -l’intervention militaire- justifiaient la fin, à savoir son retour à son pays d’origine et sa participation à la vie économique, selon ses propres termes. Malgré les affirmations de LCS, selon lesquelles elle « refuse des fonds de toute partie au conflit », elle a été fondée et maintenue grâce à une aide financière généreuse de l’une des figures les plus influentes de l’opposition en exil, Ayman Asfari, le PDG de la Compagnie gazière et pétrolière Petrofac Limited. Asfari pèse $1,2 milliards et possède environ un cinquième des actions de sa compagnie qui emploie 18000 employés et enregistre près de $7 milliards de revenu annuel.
    Il a contribué, à travers sa Fondation Asfari, pour des centaines de milliers de dollars, à LCS et a assuré un siège d’administrateur à sa femme Sawsan. Il a, également, été un donateur de premier plan et un partisan de la Coalition nationale syrienne (Syrian National Coalition), le plus important groupe du gouvernement en exil mis en place après le soulèvement syrien.
    Le groupe est fermement résolu à faire tomber Assad et à le remplacer par l’un des siens. Le soutien d’Asfari aux forces d’opposition est si marqué que le gouvernement syrien a lancé un mandat d’arrêt l’accusant de soutenir le « terrorisme ».
    À Londres, Asfari a été un donateur majeur de l’ex-Premier ministre David Cameron et son Parti conservateur. En mai dernier, Cameron était l’annonceur d’une levée de fonds pour l’Appeal Hands Up for Syria, une organisation caritative lourdement soutenue par Asfari qui sponsorise l’éducation des enfants syriens vivant dans les camps de réfugiés. Le choix de Cameron pour cet événement aurait pu paraître étrange compte tenu de sa résistance farouche à l’accueil d’enfants non accompagnés qui ont fui en Europe. Mais Asfari a généralement soutenu la politique d’exclusion de Cameron.
    Questionné au cours de l’émission Hardtalk de la BBC, sur sa position, Asfari expliquait, « Je ne veux pas que le pays se vide. Je rêve encore que ces gars (les réfugiés) pourront revenir dans leurs maisons et qu’ils pourront jouer un rôle constructif pour retrouver l’unité de la Syrie ».
    À Washington, Asfari est considéré comme un lien important avec l’opposition syrienne. Il a été reçu à la Maison Blanche huit fois depuis 2014, y a rencontré des responsables comme Philip Gordon, l’ex-coordinateur pour le Moyen-Orient qui était un des premiers à défendre la livraison d’armes à l’insurrection en Syrie. Depuis qu’il a quitté l’administration, cependant, Gordon a exprimé ses regrets d’avoir adopté la politique du changement de régime.
    Dans un long éditorial publié dans Politico, en septembre 2015, il critique l’obstination de l’administration Obama pour un changement de régime. « Il n’y a maintenant réellement aucune chance de victoire de l’opposition militaire pouvant conduire à une gouvernance stable ou pacifique en Syrie dans un futur proche, mais il y a la quasi certitude que persister dans cette voie ne fera que conduire à encore plus d’années de guerre civile et féroce. »
    Asfari a publiquement fustigé Gordon quelques jours plus tard, dans le même programme Hardtalk. « Je lui ai écrit un email après avoir lu cet article dansPolitico, et je lui ai dit que j’étais respectueusement en désaccord. Je pense que l’idée que nous allons avoir une transition en Syrie avec Assad pour une période indéfinie est illusoire. Parce qu’à la fin, ce que le peuple veut, c’est une transition crédible. »
    Pour Asfari, une transition post-guerre « crédible » demanderait beaucoup plus que le rapatriement des réfugiés et l’intégration des forces d’opposition dans l’armée. « Y aura-t-il la diaspora syrienne, y compris des gens comme moi, pour investir dans le pays », a-t-il demandé sur le plateau d’Hardtalk. « Si nous n’atteignons aucun de ces objectifs, à quoi ça sert d’avoir une Syrie libre ? ».
    The Independent a décrit Asfari comme figurant au Panthéon des exilés « super riches », prêts à reconstruire une Syrie post-Assad -et de faucher au passage des jolis contrats. Pour atteindre cet objectif de retour triomphal en Syrie, après la chute du gouvernement Assad, Asfari a, non seulement, fourni la mise initiale de fonds pour LCS, il a, également, contribué à pérenniser des donations massives en faveur du groupe.
    Pour cette seule année, la Fondation Asfari a donné $180 000 à la société selon Laila Kiki, qui dirige la communication de LCS. Asfari n’est pas le seul donateur, cependant. D’après Laila Kiki, le Rockefeller Brothers Fund contribue aussi pour $120 000 au budget 2016 de LCS qui s’élève à $800 000. « Le reste des fonds vient de donateurs qui souhaitent rester anonymes », explique-t-elle.
    Parmi les principales priorités de LCS, pour lesquelles l’organisation a, apparemment, budgétisé un montant substantiel, il y a l’action auprès des médias occidentaux pour qu’ils deviennent plus interventionnistes. Lorsque LCS a placé une annonce sur son site internet pour recruter un responsable Presse pour son lancement en 2014, elle a insisté sur son besoin de « quelqu’un qui peut intervenir dans les médias aux États-Unis, en Grande-Bretagne et en Europe dans la même semaine ».
    Le candidat idéal devra être capable de « maintenir des relations fortes avec imprimeries, radios, journalistes on line, et rédacteurs pour les encourager à considérer LCS comme une voix de premier plan sur la Syrie ».
    Privilégiant l’expérience en relations publiques sur la connaissance politique, LCS rassurait les candidats : « Vous n’avez pas besoin d’être un expert de la Syrie ou de parler Arabe. » Après tout, la personne était destinée à travailler en collaboration étroite avec un « responsable syrien de la communication » anonyme qui « se chargera de recueillir des informations et des relations à l’intérieur de la Syrie ».
    James Sadri reconnaît que LCS a été impliqué dans l’achat d’articles aux grandes publications. « Nous avons, dans le passé, aidé à publier des tribunes écrites par des gens sur le terrain. Il y a un tas de tribunes de gens qui sont en Syrie », dit-il. Mais il ne dira pas lesquelles, qui étaient les auteurs, ou si son agence a joué un rôle dans leur paternité.
    Un récent incident a mis à jour comment LCS manipule habilement les informations transmises depuis Alep aux médias occidentaux. C’était le 17 août. Un avion de combat syrien ou russe venait de frapper un immeuble d’appartement dans la partie Est d’Alep tenue par les rebelles. Sophie McNeill, une correspondante au Moyen-Orient pour l’Australian Broadcasting Corporation, recevait une photo de la Société médicale américano-syrienne (Syrian American Medical Society) qui conserve un groupe de médecins travaillant sur le Net avec WhatsApp, à l’intérieur du territoire rebelle, en liaison avec les médias internationaux.
    La photo montrait un garçon de cinq ans, Omran Daqneesh, qui avait été extrait des ruines du bâtiment par des Casques Blancs et mis dans une ambulance où il était filmé par des membres de l’Aleppo Media Center. L’image terrifiante montrait un petit garçon hébété, assis bien droit et le regard vide, ses joues rondes couvertes de cendres et de sang. « La vidéo montrait ensuite Omran assis clignant des yeux à l’arrière de cette ambulance », écrivait McNeill sans expliquer de qui elle tenait cette vidéo. Immédiatement, elle postait le film sur Twitter.
    « Regardez cette vidéo parvenue d’Alep ce soir. Et regardez-la encore. Rappellez-vous qu’avec #Syria, #wecantsaywedidntknow » (#Nous ne pouvons dire que nous ne savons pas – NDT), écrivait McNeill. Son texte était retweeté plus de 17 000 fois et son hashtag qui accusait l’inaction contre des actes d’une telle horreur perpétrés par le régime syrien, devint viral. (McNeill n’a, toutefois, pas répondu aux questions envoyées sur son email ouvert au public.)
    Quelques heures plus tard, l’image d’Omran apparaissait à la Une de dizaines de journaux internationaux du New York Times au Wall Street Journal en passant par le Times de Londres.
    Kate Bolduan, de CNN, qui avait suggéré lors du bombardement par Israël de la Bande de Gaza, en 2014, que les victimes civiles étaient, en fait, des boucliers humains, éclatait en larmes lors d’une émission spéciale détaillant le sauvetage d’Omran. Abu Sulaiman al-Mouhajir, le citoyen australien qui est l’un des dirigeants et porte-parole de la branche syrienne d’al-Qaeda, Jabhat Fateh al-Sham (anciennement Front al-Nousra – NDT)), porta un intérêt particulier à l’enfant.
    « Je ne peux supporter de voir des enfants blessés ou tués », écrivait-il sur Facebook. « Leurs visages innocents devraient nous rappeler notre responsabilité ».
    Saisissant l’occasion, LCS rassembla des citations du photographe qui avait pris cette image symbolique, Mahmoud Raslan, et qui les avait mis en relation avec une série de médias. Alors que de nombreux médias publiaient les déclarations de Raslan, Public Radio International fut au nombre de ceux, peu nombreux, qui notèrent le rôle de LCS auprès de la presse, se référant à cette organisation en termes de « groupe de pression pro-opposition avec un réseau de contacts en Syrie ».
    Le 20 août, McNeill lança un appel sur Facebook : « Avez-vous été horrifiés par les images du petit Omran ? », demandait-elle aux lecteurs.
    « Vous ne pouvez pas arrêter d’y penser ? Bien, ne vous contentez pas de retweeter, d’être indignés pendant 24 heures et de passer votre chemin. Écoutez ce que deux grands humanitaires pour la Syrie, Zaher Sahloul et James Sadri, veulent que vous fassiez maintenant ».
    Sadri, rappelons-le, est le directeur de LCS et Sahloul était le directeur de la Syrian American Society qui est partenaire de LCS. Dans l’article, que McNeill avait écrit à propos de la photo d’Omran qui était mise sur son Facebook, Sahloul et Sadri pressaient les Occidentaux de se joindre à l’appel pour une zone d’exclusivité aérienne – politique que McNeill a assumé tacitement. Récemment, Sahloul a été félicité par l’éditorialiste néoconservateur Eli Lake pour avoir accusé Obama d’avoir « permis un génocide en Syrie ». En septembre, il se joignait à la Fédération juive unie de Chicago, radicalement opposée à la solidarité avec la Palestine, pour promouvoir son action.
    Alors que l’indignation inspirée par l’image d’Omran s’étendait, l’éditorialiste du New York Times, Nicholas Kristof (un ami et éditeur de Lina Sergie Attar, membre du conseil d’administration de LCS), appelait à « tirer des missiles de l’extérieur de la Syrie pour bombarder les voies militaires syriennes afin de les rendre inutilisables ».
    En même temps, sur Morning Joe, programme de la MSNBC, Joe Scafborough brandissant la photo d’Omran déclarait, indigné : « Le monde se rappellera. Gardez vos lamentations… Vous pouvez encore faire quelque chose. Mais rien n’a été fait ».
    Alors que des éditoriaux haletants et des dépêches-diatribes dénonçaient l’« inaction » supposée de l’administration Obama, la pression publique pour une campagne militaire occidentale à plus grande échelle commençait à atteindre un niveau sans précédent.
    8 – Le contrôle de l’information

    Le jour qui suivit les grands titres à la Une sur Omran, le Canary, un site britannique de gauche, publiait une autre photo qui montrait une sombre réalité derrière l’image symbolique.
    Extraite de la page Facebook de Mahmoud Raslan, le militant du Aleppo Media Center, géré par les Américains, qui prit la vidéo initiale d’Omran, une photo montrait Raslan posant, triomphant, sur un selfie, avec un groupe de combattants rebelles. Les hommes armés appartenaient à la faction Nour al-Din al-Zenki.
    Au moins deux des hommes qui apparaissaient sur la photo avec Raslan avaient récemment décapité un garçon qu’ils avaient fait prisonnier, parlant de lui, dans la vidéo, comme d’un « enfant », tout en le violant et l’insultant. Il s’est avéré que l’enfant avait 12 ans, s’appelait Abdullah Issa et avait, peut-être, été membre de la Liwa al-Quds, une milice pro-gouvernementale palestinienne.
    Ce n’est pas la seule fois que Raslan apparaissait avec des combattants d’al-Zenki ou exprimait sa sympathie. Le 2 août, il postait un selfie sur Facebook se décrivant entouré par des combattants d’al Zenki, pour la plupart des adolescents, en treillis de combat.
    « Avec les combattants suicides, depuis le pays des batailles et de la boucherie d’Alep des martyrs, nous vous offrons des vagues de joie, avec la permission de Dieu », écrivait Raslan. Il portait un bandeau comme ceux des « combattants suicides ».
    Malgré ses tendances crapuleuses et ses penchants idéologiques extrémistes, al-Zenki fut, jusqu’en 2015, un bénéficiaire du copieux financement américain, mille de ses combattants, au moins, étant payés par la CIA.
    Charles Lister, un attaché de recherche du Middle-East Institute qui a reconnu que ses recherches sur l’opposition syrienne était « financées à 100% par les gouvernements occidentaux », a présenté al-Zenki comme « des combattants de l’opposition modérée ».
    En août dernier, après la vidéo montrant sur internet les membres d’al-Zenki décapitant l’adolescent, Sam Heller, un membre de la Century Foundation basée à Washington, a plaidé pour que la CIA reprenne le financement du groupe. Décrivant al-Zenki comme « un partenaire naturel, sinon convenable », Heller prétendait que « si Washington insiste pour garder les mains parfaitement propres, il n’y a probablement aucune faction syrienne, dans l’opposition ou de quel que côté de la guerre que ce soit – qui mérite un soutien ».
    Le 24 septembre, al-Zenki a formellement associé ses forces avec celles du groupe jihadist Army of Conquest dirigé par le groupe jihadiste d’al-Qaïda, Jabhat Fateh Al-Sham, ex-Front al-Nousra. De son côté, la LCS coordonnait la diffusion d’une déclaration de Raslan niant ses affinités évidentes avec al-Zenki. Sophie McNeill, la journaliste de l’Australian Broadcasting Corp. qui fut parmi les premiers journalistes à publier la célèbre photo d’Omran, diffusa scrupuleusement la déclaration de Raslan sur Twitter, citant sa source, LCS.
    Décrivant curieusement la victime décapitée comme ayant 19 ans et non comme l’ « enfant » que ses bourreaux prétendaient qu’il était, Raslan plaida l’ignorance concernant l’appartenance des combattants à al-Zenki. « C’était une journée difficile avec des tas de gens et de groupes différents dans les rues. En tant que photographe de guerre, j’ai pris un tas de photos avec des civils et des combattants ».
    Mahmoud Raslan n’a peut-être pas été le partenaire local le plus efficace, mais LCS peut compter sur les Casques Blancs.
    Par Max Blumenthal – Co publié avec la revue Afrique Asie | 10 octobre 2016


  • ACLU Wants 23 Secret Surveillance Laws Made Public
    https://theintercept.com/2016/10/19/aclu-wants-secret-surveillance-laws-made-public

    The ACLU has identified 23 legal opinions that contain new or significant interpretations of surveillance law — affecting the government’s use of malware, its attempts to compel technology companies to circumvent encryption, and the CIA’s bulk collection of financial records under the Patriot Act — all of which remain secret to this day, despite an ostensible push for greater transparency following Edward Snowden’s disclosures. The opinions were written by the Foreign Intelligence Surveillance (...)

    #CIA #algorithme #cryptage #écoutes #web #surveillance #ACLU


  • New court judgment finds UK surveillance agencies collected everyone’s communications data unlawfully and in secret, for over a decade
    https://medium.com/privacy-international/press-release-new-court-judgment-finds-uk-surveillance-agencies-collected-ev

    In a highly significant judgment released today, The Investigatory Powers Tribunal has found that the UK’s intelligence agencies were secretly and unlawfully collecting bulk data on people in the UK without adequate safeguards or supervision for over a decade. This is one of the most significant indictments of the secret use of the Government’s mass surveillance powers since Edward Snowden first began exposing the extent of US and UK spying in 2013. The Tribunal, which is tasked with hearing (...)

    #GCHQ #écoutes #métadonnées #web #surveillance #Investigatory_Powers_Tribunal_(IPT)

    ##Investigatory_Powers_Tribunal__IPT_


  • Des nombres truqués pour mieux espionner

    http://www.lemonde.fr/sciences/article/2016/10/10/des-nombres-truques-pour-mieux-espionner_5011320_1650684.html

    Tricher n’est pas jouer. Mais jouer à tricher peut être stimulant, surtout si cela met en doute la sécurité d’Internet… C’est à ce petit jeu que vient de se livrer une équipe de l’université de Pennsylvanie, du CNRS et d’Inria au sein du Laboratoire lorrain de recherche en informatique et ses applications (Loria) de Nancy.

    Ces chercheurs ont, en quelque sorte, fabriqué une porte qui a toutes les apparences de la solidité, mais qui en réalité est facile à crocheter. En outre, ils sont inquiets du fait que certaines de ces portes prétendument blindées des ­réseaux informatiques, et qui ­assurent la sécurité des messages, des signatures, des paiements, des connexions chiffrées… pourraient ne valoir guère mieux !

    Une clé secrète

    Internet est un réseau sur lequel des machines se « parlent » en permanence pour autoriser des ­connexions : canal chiffré entre deux ordinateurs, transmission de messages cryptés, signature électronique… La première étape est d’échanger une clé secrète, c’est-à-dire une série de chiffres qui servira ensuite à chiffrer et ­déchiffrer des messages ou authentifier des transactions. La solidité de ce maillon est donc cruciale. Et elle est en fait assurée par des fonctions mathématiques.

    Certaines opérations sont en ­effet faciles à calculer mais difficiles à inverser. Voire impossibles. Par exemple, multiplier deux nombres premiers entre eux est rapide, mais étant donné le résultat, retrouver ces deux entiers est d’autant plus ardu que des très grands nombres à plusieurs centaines de chiffres ont été utilisés. Et quand les puissances des ordinateurs progressent, il suffit d’augmenter la difficulté du calcul en accroissant la taille des nombres pour les préserver.

    Un p de 768 bits

    Le protocole Diffie-Hellman, du nom de ses inventeurs en 1976, premier maillon de la chaîne de confiance d’Internet, utilise une autre opération mathématique, plus compliquée à exposer, le ­logarithme discret. Le terme « discret » n’a rien à voir avec la confidentialité, mais indique que des entiers sont utilisés. Le terme ­« logarithme » suggère un lien avec des nombres élevés à une certaine puissance. Toujours est-il qu’étant donné un grand nombre premier p, il est possible de choisir un nombre entier secret x et de publier le résultat combinant ­mathématiquementp et x. En ­revanche, connaissant ce résultat et p, il est très long de trouver x ; le secret est protégé. C’est lui qui servira à chiffrer des messages.

    En pratique, les nombres utilisés sont de 1 024 bits, soit environ 300 chiffres. En juin, une équipe de l’université de Leipzig (Allemagne) et de l’Ecole polytechnique ­fédérale de Lausanne (Suisse) a établi un nouveau record, en réussissant à inverser l’opération à partir d’un p de 768 bits, montrant qu’il est dangereux d’utiliser des clés de cette taille.
    Mais l’équipe américano-française est venue à bout d’un p plus grand, de 1 024 bits, en recourant à dix fois moins de puissance de ­calcul que ses confrères. Deux mois de calculs, avec de 2 000 à 3 000 processeurs, ont été nécessaires, soit dix mille fois moins de temps que ce qu’on pensait. Comment est-ce possible ? En ­trichant. Les chercheurs ont ­fabriqué un nombre p ad hoc, de manière à ­faciliter leurs calculs, tout en faisant en sorte que ça ne se voie pas. Rien dans leur nombre ne laisse penser qu’il puisse être « truqué ».

    Questions dérangeantes

    L’exploit pourrait sembler anecdotique, s’il ne posait des questions dérangeantes. Quelle garantie que les entiers p utilisés soient moins robustes et aussi « truqués » que celui ainsi inventé ? Pour « causer » entre eux, les ordinateurs ne choisissent pas n’importe quel p, ils le piochent dans des listes de référence. Ces standards ne précisent pas comment ont été engendrés ces nombres. Et tout le monde utilise les mêmes…

    « Pour ajouter à la parano, il faut dire que la recette pour construire notre entier a été proposée, en 1992, par Daniel Gordon, qui a ensuite été embauché par l’Agence nationale de sécurité américaine (NSA). De plus, l’un des protocoles qui liste des nombres premiers a été écrit par un sous-traitant de cette même agence », note Emmanuel Thomé, chercheur à l’Inria de Nancy. Ce dernier évoque aussi les documents du lanceur d’alerte Edward Snowden qui ont notamment révélé que la NSA essayait d’« influencer les politiques, les standards et les spécifications pour les technologies commerciales de clés publiques ».

    Autrement dit, d’autres auraient très bien pu avoir la même idée que les chercheurs, mais sans la publier, afin de bénéficier d’avantages pour l’espionnage. Car une fois la clé secrète connue, il est facile de déchiffrer les messages ou d’intercepter les informations circulant sur un canal chiffré, par exemple entre une entreprise et le domicile d’un de ses employés.

    « Il faut éliminer tous les nombres premiers “inconnus”, c’est-à-dire ceux dont on ne sait pas comment et pourquoi ils ont été choisis », estime Emmanuel Thomé. Et d’appeler avec ses coauteurs à piocher des entiers dans des ensembles plus sûrs, à doubler la taille de ces nombres, voire à changer d’opérations mathématiques « difficiles ».


  • NSA Contractor Arrested in Possible New Theft of Secrets

    The contractor, Harold T. Martin, 51 y.o. worked for Booz Allen Hamilton, the same company as Edward Snowden.

    http://www.nytimes.com/2016/10/06/us/nsa-leak-booz-allen-hamilton.html

    The F.B.I. secretly arrested a former National Security Agency contractor in August and, according to law enforcement officials, is investigating whether he stole and disclosed highly classified computer code developed by the agency to hack into the networks of foreign governments.

    [...]

    According to court documents, the F.B.I. discovered thousands of pages of documents and dozens of computers or other electronic devices at his home and in his car, a large amount of it classified. The digital media contained “many terabytes of information,” according to the documents. They also discovered classified documents that had been posted online, including computer code, officials said. Some of the documents were produced in 2014.

    But more than a month later, the authorities cannot say with certainty whether Mr. Martin leaked the information, passed them on to a third party or whether he simply downloaded them.

    #NSA


  • The biggest European impact of Edward Snowden’s revelations may be yet to come
    https://www.washingtonpost.com/news/worldviews/wp/2016/10/06/the-biggest-european-impact-of-edward-snowdens-revelations-may-be-ye

    A lawsuit filed by 10 organizations challenging U.K. mass #surveillance has now reached the European Court of Human Rights in a development that constitutes the most significant legal challenge based on the Snowden revelations outside the United States, so far. The court’s judgments are legally binding. Although Britain has decided to leave the European Union, the country would have to separately withdraw from the European Convention on Human Rights or resign as a member of the Council of Europe to ignore any ruling.

    Human rights advocates hope the court will rule in their favor, in part because such legal challenges have been successful in the past. The European Court of Justice, another institution, struck down transatlantic plans to allow private companies to share personal data on individuals last year. In an explanation, the court cited the #Snowden revelations.

    A decision in favor of the 10 NGOs could impact American intelligence gathering that relies on access to British data, as well as its technical operation centers, which are believed to be located in Germany.


  • Les conseils d’Assange, de Snowden et de Zuckerberg pour éviter la surveillance...
    https://www.crashdebug.fr/informatik/93-securite/12450-les-conseils-d-assange-de-snowden-et-de-zuckerberg-pour-eviter-la-s

    Les experts de la cyber-sécurité, Edward Snowden, Julian Assange, Mark Zuckerberg et Jacob Appelbaum se protègent de la surveillance par des méthodes sophistiqués. Pourquoi cacher un téléphone mobile dans un frigo et détruire définitivement toutes les informations est parfois nécessaire ?

    Edward Snowden a dévoilé les détails sur la surveillance par le renseignement américain des personnes à travers le monde, ce qui explique certainement ses habitudes paranoïaques.

    Au cours de sa rencontre avec le journaliste britannique Glenn Greenwald, M. Snowden a pris des mesures très étranges pour éviter les écoutes. Dès que le journaliste est entré dans la chambre d’hôtel de l’ancien agent américain, M. Snowden a comblé toutes les fentes dans les portes avec des oreillers et mis les mobiles dans le frigo. En (...)


  • State of Surveillance - Edward Snowden and Shane Smith

    When NSA whistleblower Edward #Snowden leaked details of massive government #surveillance programs in 2013, he ignited a raging debate over digital privacy and security. That debate came to a head this year, when Apple refused an FBI court order to access the iPhone of alleged San Bernardino Terrorist Syed Farook. Meanwhile, journalists and activists are under increasing attack from foreign agents. To find out the government’s real capabilities, and whether any of us can truly protect our sensitive information, VICE founder Shane Smith heads to Moscow to meet the man who started the conversation, Edward Snowden.

    https://talk.shadowproject.io/topic/532/state-of-surveillance-edward-snowden-and-shane-smith


  • La Russie va progressivement se séparer de Microsoft
    http://www.comptoir-hardware.com/actus/business/32509-la-russie-va-progressivement-se-separer-de-microsoft.html

    L’utilisation de technologies étrangères est souvent fortement débattue, et ces dernières années avec les révélations d’Edward Snowden sur l’espionnage massif des Etats-Unis, il y a de quoi être un peu frileux. La Russie semble en tout cas vouloir s’affranchir des services de Microsoft à en croire Bloomberg, Vladimir Putin appelle en effet les authorités russes à réduire l’utilisation de technologies étrangères, et leur dépendance... [Tout lire]

    #Business_&_internet


  • Edward Snowden a inauguré une nouvelle ère d’Internet...
    http://www.argotheme.com/organecyberpresse/spip.php?article2916

    Renommé pour divers grands scoops qui ont ébranlé tant la vie politique que médiatique des Etats-Unis, le Washington-Post, quotidien d’informations paraissant 7 jours sur 7, appelle à la condamnation de sa source, en l’occurrence Edward Snowden, qui lui a permis de décrocher la prestigieuse distinction du « Pulitzer » en 2014, pour les révélations de la surveillance d’Internet par la NSA. Ce journal a cassé une campagne conjointe avec la sortie du film retraçant le parcours du jeune américain, épris d’un (...)

    Internet et entreprises qui soumettent des articles pour des liens retours.

    / censure, presse, journaux, dictature, expressions, liberté, journaliste, poète, poésie, livre, écrits, Obama, USA, Israël, Proche-Orient, Palestine , arts, culture, littérature, cinéma, critique, performances, (...)

    #Internet_et_entreprises_qui_soumettent_des_articles_pour_des_liens_retours. #censure,presse,_journaux,_dictature,_expressions,_liberté #_journaliste,_poète,_poésie,_livre,_écrits #Obama,_USA,_Israël,_Proche-Orient,_Palestine #arts,culture,_littérature,_cinéma,_critique,_performances,_styles #Internet,_Web,_cyber-démocratie,_communication,_société,_médias #Russie,_Poutine,_Europe_de_l’Est,



  • Edward Snowden, la grâce présidentielle et le débat sur le statut de « traître »

    http://www.lemonde.fr/big-browser/article/2016/09/20/edward-snowden-la-grace-presidentielle-et-le-debat-sur-le-statut-de-traitre_

    Le Washington Post a été, comme il l’a lui-même annoncé, « à la pointe » de ce scoop en 2013. Sa rédaction a eu accès, avec The Guardian et, plus tard, The Intercept, aux documents de Snowden. Cela lui a valu un prix Pulitzer, partagé avec le Guardian, pour « service d’intérêt public » en 2014.

    Dans le débat relancé sur le rôle et le futur de M. Snowden, ces publications, ainsi que le New York Times et bien d’autres, ont demandé la grâce présidentielle pour permettre à Edward Snowden de revenir aux Etats-Unis. Sauf le Washington Post, ou plus précisément son comité éditorial qui, dans un texte publié le 17 septembre, demande qu’il soit poursuivi. Qu’un journal jette ainsi sa propre source en pâture, publiquement, peut sembler contradictoire, voire aberrant.

    « Pas de pardon pour Snowden. » Le titre de l’éditorial ne souffre d’aucune ambiguïté. Constatant qu’il n’y a aucune possibilité de concessions entre M. Snowden, pour qu’il « accepte une mesure de responsabilité criminelle pour ses excès », et le gouvernement fédéral, pour qu’il « considère une certaine clémence au vu de ses contributions », ses auteurs optent pour le statu quo : « Un pardon absolu ne serait pas équilibré. »

    Edward Snowden, qui ne mérite pas le statut de « lanceur d’alerte » puisqu’il est entre guillemets, « a violé la loi » en « copiant 1,5 million de documents classés secret » (le chiffre est disputé par ses avocats et la communauté du renseignement). Certaines informations contenues dans les documents ont mis en danger « des opérations de renseignements internationales défendables » et des programmes de surveillance, comme Prism, « clairement légaux et ne représentant pas une menace claire de la vie privée ».

    Comme beaucoup de médias, mais avec un peu plus de férocité, Glenn Greenwald a démonté, dans The Intercept, les arguments et critiqué l’attitude « lâche » et l’hypocrisie des éditorialistes washingtoniens :

    « Ce qu’ils ont omis de préciser, c’est que ce n’était pas Edward Snowden, mais leurs propres rédacteurs en chef qui ont décidé de révéler l’existence de ces programmes (…) Snowden lui-même n’a eu aucun rôle dans la décision d’exposer tel ou tel programme, à part fournir les documents aux journaux. Il ne se sentait pas capable de faire de tels choix journalistiques. »

    « Ils devraient au moins avoir le courage d’admettre que c’est le Washington Post – et pas Edward Snowden – qui a pris la décision éditoriale et institutionnelle de rendre publics ces programmes » qualifiés de « clairement légaux », comme Prism, écrit encore M. Greenwald. La logique voudrait qu’au lieu d’accabler M. Snowden, ils présentent leurs excuses à leurs lecteurs et rendent leur prix Pulitzer.


  • 9月20日のツイート
    http://twilog.org/ChikuwaQ/date-160920

    My Tweeted Times tweetedtimes.com/ChikuwaQ?s=rgp - top stories by @johnmoe, @johnrobinson posted at 12:00:10

    Top story: Donald Trump Jr. on Twitter: “This image says it all. Let’s end the … twitter.com/donaldjtrumpjr…, see more tweetedtimes.com/ChikuwaQ?s=tnp posted at 11:40:09

    Top story: The Washington Post is wrong: Edward Snowden should be pardoned | Tr… www.theguardian.com/commentisfree/…, see more tweetedtimes.com/ChikuwaQ?s=tnp posted at 09:44:59

    The latest Papier! paper.li/ChikuwaQ/13277… Thanks to @youtopos @KinoScript @GilesDuke posted at 09:18:08

    RT @holdengraber: “I am not interested in living in a city where there isn’t a production by Samuel Beckett running” Edward Albee pic.twitter.com/gI2dRrXzmo posted at 08:24:09

    RT @Telanova_: Twitten Apparition..., Photo by Nigel (...)


  • #jeff_bezos dirigeant d’#amazon
    Le Washington Post veut voir Snowden (sa source) condamné - Arrêt sur images
    http://www.arretsurimages.net/breves/2016-09-19/Le-Washington-Post-veut-voir-Snowden-sa-source-condamne-

    Le Washington Post appelle à condamner sa propre source. Dans un éditorial remarqué outre-Atlantique, le quotidien de Jeff Bezos, qui avait publié en 2013 plusieurs documents fournis par le lanceur d’alerte et reçu un prix Pulitzer pour son travail sur ce sujet, appelle à ne pas pardonner à Snowden

    [...]
    Ce n’est pas l’avis du Washington Post. Dans un éditorial publié samedi 17 septembre, intitulé « Pas de pardon pour Edward Snowden », l’équipe d’éditorialistes du quotidien répond « non » à cette « question compliquée ». Si le journal reconnaît que la fuite orchestrée par le lanceur d’alerte a ouvert la voie à une réforme utile des agences de renseignement américaines, il reproche à l’ancien employé de la NSA d’avoir fait fuiter des informations sensibles autour du programme de surveillance PRISM, « causant ainsi des dommages importants à la sécurité nationale des Etats-Unis ». « Il a aussi rendu publics les détails d’opérations internationales de renseignement : la coopération avec les services scandinaves contre la Russie ; l’espionnage de la femme d’un assistant d’Oussama Ben Laden ; et certaines cyber-attaques contre la Chine », écrit le Post.


  • Washington Post criticized for opposing Snowden pardon
    http://money.cnn.com/2016/09/18/media/washington-post-criticism-snowden-pardon/index.html

    The Washington Post is facing criticism after its editorial board argued that Edward Snowden, the source of the paper’s Pulitzer Prize-winning reporting on the National Security Agency, should accept some “criminal responsibility” for the leaks.

    The editorial, which was published Saturday, called on Snowden to either stand trial on espionage charges or take a plea bargain from the U.S. government.

    While the editorial called the issue of a presidential pardon “complicated,” it said “President Obama’s answer should continue to be ’no.’”

    Supporters of Snowden have since blasted the Post.

    Glenn Greenwald called the Post “the first-ever paper to explicitly editorialize for the criminal prosecution of its own paper’s source.”


  • Pour la fondatrice du Parti pirate islandais, « il est toujours possible de hacker le système »

    http://www.lemonde.fr/festival/article/2016/09/17/pour-la-fondatrice-du-parti-pirate-islandais-il-est-toujours-possible-de-hac

    « LES GENS ONT L’IMPRESSION QUE LE SYSTÈME EST TRÈS COMPLIQUÉ ET QU’ILS NE PEUVENT RIEN Y CHANGER. MOI JE PENSE QU’IL EST TOUJOURS POSSIBLE DE HACKER LE SYSTÈME. PERSONNE NE S’ATTENDAIT AU BREXIT, PERSONNE NE S’ATTENDAIT À CE QUE TRUMP DEVIENNE UN CANDIDAT CRÉDIBLE À LA PRÉSIDENTIELLE AMÉRICAINE. ALORS POURQUOI PAS DES CHOSES CHOUETTES ? MAIS SI VOUS N’ESSAYEZ PAS DE CHANGER LES CHOSES, EH BIEN VOUS POUVEZ AUSSI BIEN RESTER CHEZ VOUS À REGARDER LA SÉRIE “MR ROBOT”. »

    Il n’est donc pas étonnant qu’une des priorités de l’élue consiste à protéger les lanceurs d’alerte et « leur faciliter la tâche pour qu’ils nous disent si quelque chose ne va pas dans notre système ». Non, elle veut pas offrir l’asile à Edward Snowden. Mais la nationalité islandaise : « L ’asile, ce n’est pas assez sûr, il pourrait être extradé ». L’ancienne porte-parole de WikiLeaks a aussi lourdement insisté sur le cas de Chelsea Manning, ancienne militaire américaine emprisonnée pour avoir fourni des centaines de milliers de documents secrets de l’armée au site de Julian Assange.

    « Il ne faut pas l’oublier. Elle a récemment essayé de se suicider. C’est elle qui a permis à WikiLeaks de décoller. Il n’y aurait pas eu de Snowden, de Panama Papers et autres sans Chelsea Manning. Si vous soutenez Snowden, à chaque fois que vous pensez à lui, pensez aussi à elle. »


  • #Edward_Snowden: ’I’m willing to make a lot of sacrifices for my country’ – video interview | US news | The Guardian
    https://www.theguardian.com/us-news/video/2016/sep/13/edward-snowden-im-willing-to-make-a-lot-of-sacrifices-for-my-country-vi

    NSA whistleblower Edward Snowden tells the Guardian’s Ewen MacAskill why he should be granted a pardon by the US government. He also discusses the dangers of Donald Trump’s rhetoric on mass surveillance – and what he makes of Oliver Stone’s new movie


  • Allemagne : le gendarme de la vie privée étrille les services de renseignement

    http://www.lemonde.fr/pixels/article/2016/09/06/allemagne-le-gendarme-de-la-vie-privee-etrille-les-services-de-renseignement

    En Allemagne, les révélations d’Edward Snowden sur les activités de surveillance des Etats-Unis n’en finissent pas de faire des vagues. La très grande proximité et la collaboration entre la National Security Agency américaine (NSA) et le Service fédéral de renseignement (BND) a notamment déclenché une enquête du commissaire fédéral pour la protection des données (BfDI).

    Il a pu se rendre dans l’une des installations conjointes de la NSA et du BND, à Bad Aibling, dans le sud du pays. Il en a tiré une analyse juridique, classifiée, que s’est procurée le site allemand spécialisé Netzpolitik.

    Une analyse au lance-flammes

    Cette analyse est extrêmement sévère pour le BND : le commissaire a dénombré 18 violations sévères de la loi, et a adressé 12 plaintes formelles liées à ces manquements. Netzpolitik note qu’il s’agit du nombre de plaintes adressé par le commissaire sur une année entière pour tout l’appareil fédéral allemand.

    Selon le BfDI, le BND a créé et utilisé au moins sept bases de données sans aucun fondement légal. Ces bases, écrit-il, doivent être détruites immédiatement. Une sacrée épine dans le pied des services allemands et américains : parmi celles-ci figure XKeyscore, le « Google » pour espions, l’outil qui leur permet de chercher dans la masse de trafic internet intercepté. Il s’agit de l’un des instruments les plus utilisés par les services américains et leurs plus proches alliés. Cet outil, écrit le commissaire, permet de « scanner l’intégralité du trafic internet dans le monde, à la fois les métadonnées [qui communique avec qui, quand et combien de temps] et le contenu ».


  • Secret Report : German Federal Intelligence Service BND Violates Laws And Constitution By The Dozen
    https://netzpolitik.org/2016/secret-report-german-federal-intelligence-service-bnd-violates-laws-by-

    The German Intelligence Service BND illegally collected and stored mass surveillance data and has to delete those data immediately, including XKeyscore. This is one of the results of a classified report of the German Federal Data Protection Commissioner that we are hereby publishing. In her report, she criticizes serious legal violations and a massive restriction of her supervision authority. When Edward Snowden exposed the global system of mass surveillance by secret services three years (...)

    #BND #XKeyscore #web #surveillance #NSA


  • Les confessions d’un maître de l’espionnage français

    http://www.lemonde.fr/societe/article/2016/09/03/les-confessions-d-un-maitre-de-l-espionnage-francais_4991935_3224.html

    C’est une intrusion inespérée dans un monde interdit aux regards extérieurs, celui du renseignement et des guerres secrètes. Face aux élèves de l’école d’ingénieurs CentraleSupélec, dont il est issu, Bernard Barbier, l’un des personnages les plus importants de l’espionnage français des dix dernières années, a levé le voile sur des mystères qu’on pensait insolubles. Au cours de cette causerie, il a ainsi fait œuvre de transparence sur certaines des principales affaires d’espionnage récentes ayant touché la France. Il a brisé des tabous, notamment en relatant l’attaque chinoise sur Areva et en confirmant la responsabilité de la France derrière une attaque informatique mondiale détectée par les services canadiens.

    M. Barbier, qui fut de 2006 à 2014 l’homologue du directeur de l’Agence nationale de sécurité (NSA) américaine, en tant que chef de la direction technique de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), a commencé sa carrière au Commissariat à l’énergie atomique (CEA). Au sein de la DGSE, il obtient, en 2008, une enveloppe de 500 millions d’euros et 800 nouveaux postes pour l’une des plus formidables révolutions du renseignement français : créer un système de collecte massive de données replaçant la France dans la course à l’espionnage moderne.

    De façon surprenante, le contenu de son intervention, faite en juin sur le campus de l’école à Châtenay-Malabry (Hauts-de-Seine) et dont nous avons pu consulter l’enregistrement filmé, n’a eu aucun écho public. En revanche, le milieu du renseignement et sa principale figure, Bernard Bajolet, le chef de la DGSE, ont eu tout l’été pour s’offusquer de ces déclarations qui montrent, sans doute, que les vrais secrets ne sont peut-être pas là où l’on croit. Extraits choisis.

    A ce jour, il ne s’agissait que de soupçons. Les Américains auraient pu jouer un rôle dans le piratage, découvert entre les deux tours de l’élection présidentielle, en mai 2012, des ordinateurs des collaborateurs du chef de l’Etat français, alors Nicolas Sarkozy. Une note interne de la NSA, dévoilée par Le Monde à l’automne 2013 et préparant la visite, le 12 avril 2013, de deux hauts responsables français, dont M. Barbier, venus demander des comptes aux Américains, orientait plutôt les soupçons vers les services secrets israéliens…

    « Le responsable de la sécurité informatique de l’Elysée était un ancien de ma direction à la DGSE, relate M. Barbier. Il nous a demandé de l’aide. On a vu qu’il y avait un “malware” [logiciel malveillant] qui avait une signature identique à celui que nous avions identifié lors d’une attaque contre la Communauté européenne en 2010. Il n’y avait que les Américains et les Russes qui avaient pu faire cette première opération. En 2012, nous avions davantage de moyens et de puissance techniques pour travailler sur les métadonnées. J’en suis venu à la conclusion que cela ne pouvait être que les Etats-Unis.

    Ce malware avait aussi attaqué d’autres pays avec une méthode révolutionnaire qu’a révélée, en 2013, Edward Snowden : la “quantum attack”. Quelqu’un de l’Elysée allait sur Facebook, mais au lieu d’aller directement sur le serveur du réseau social, cette consultation était interceptée par une machine de la NSA qui répondait à la place de Facebook (…), lui permettant d’entrer dans votre ordinateur. Ce malware trouvait la faille et permettait de prendre le contrôle de votre ordinateur.

    J’ai reçu l’ordre du successeur de M. Sarkozy d’aller aux Etats-Unis les engueuler. Ce fut le 12 avril 2013 et ce fut vraiment un grand moment de ma carrière professionnelle. On était sûrs que c’était eux. A la fin de la réunion, Keith Alexander [directeur de la NSA de 2005 à 2014], n’était pas content. Alors que nous étions dans le bus, il me dit qu’il est déçu car il pensait que jamais on ne les détecterait. Et il ajoute : “Vous êtes quand même bons.” Les grands alliés, on ne les espionnait pas. Le fait que les Américains cassent cette règle, ça a été un choc.
    Quand Le Monde s’apprêtait à publier le document interne de la NSA préparant notre visite du 12 avril 2013, j’ai demandé à mon correspondant de la NSA à Paris de m’en donner une copie. Il me répond qu’il ne peut pas, car le niveau de secret de la note est tel que seul le président Obama peut le déclassifier. J’ai réagi en disant que dix millions de Français allaient lire cette note alors que je n’y ai pas accès. Je l’ai finalement eue un jour avant sa publication. »

    Babar ou la fin d’un secret d’Etat

    En 2013, Le Monde publie une note dévoilée par Edward Snowden révélant que les services secrets canadiens suspectent leurs homologues français d’être derrière une vaste opération de piratage informatique lancée en 2009. Si l’attaque vise une demi-douzaine d’institutions iraniennes liées au programme nucléaire de ce pays, elle cible également le Canada, l’Espagne, la Grèce, la Norvège, la Côte d’Ivoire, l’Algérie et même certains objectifs en France. Sur ses auteurs, les Canadiens restaient flous : « Nous estimons, avec un degré modéré de certitude, qu’il s’agit d’une opération sur des réseaux informatiques soutenue par un Etat et mise en œuvre par une agence française de renseignement. » Du côté français, silence absolu. Paris admet s’être doté de capacités défensives, mais dément toute activité offensive, un tabou. Jusqu’au récit de M. Barbier.

    « Les Canadiens ont fait du “reverse” [remonter la trace informatique] sur un malware qu’ils avaient détecté. Ils ont retrouvé le programmeur [le codeur] qui avait surnommé son malware “Babar” et avait signé “Titi”. Ils en ont conclu qu’il était français. Et effectivement, c’était un Français (…). On a franchi un seuil énorme entre 1990 et 1995 quand on a acheté un supercalculateur américain Cray. On s’est aperçu qu’avec une très grande puissance de calcul, on pouvait casser les mots de passe.

    On a commencé à faire du hacking en 1992. J’ai monté les premières équipes de hacking étatique, les premiers soldats de la cyber-armée française. Les meilleurs n’ont pas de formation universitaire. Ce n’est pas un problème de connaissance, c’est un problème de cerveau. C’est quelqu’un qui, à partir de 15-16 ans, a commencé à bidouiller. Il va trouver des choses et donc des failles. Aujourd’hui, ce n’est pas 100 personnes qu’il faudrait recruter, il en faut 200 à 300. »
    La fusion de la DGSE et de son homologue allemand, le BND
    M. Barbier ne s’est pas contenté de relater des opérations. Il a également évoqué la frilosité du pouvoir politique face à ses propositions visant à répondre plus efficacement aux nouvelles menaces, et notamment son projet audacieux esquissant un embryon de renseignement européen.

    « Il est impossible de construire un seul service de renseignement européen avec vingt-huit pays qui n’ont pas les mêmes moyens ni la même culture. Les meilleurs, par rapport à leur nombre d’habitants, ce sont les Suédois. Les Italiens sont mauvais. Les Espagnols sont un peu mieux, mais n’ont pas de moyens. Et les Britanniques, avec 6 500 agents au sein du GCHQ [le renseignement électronique britannique], sont forts, mais sont-ils européens ? Et la France est la première force de renseignement technique en Europe continentale.

    Restent les Allemands, qui sont de solides partenaires. J’ai beaucoup travaillé avec eux, à la fois en transmettant notre savoir-faire mais aussi en leur apportant des moyens techniques. Les ingénieurs allemands et français travaillent très bien ensemble. En revanche, l’ingénieur britannique avec l’ingénieur français, c’est compliqué.
    Pour être plus efficaces, j’ai dit aux politiques en France qu’il fallait fusionner le BND [le Service fédéral allemand de renseignement] et la DGSE. C’est la seule solution. Cela ferait un service de 15 000 personnes. La NSA compte 60 000 personnes, et la direction technique de la DGSE, seule, c’est 3 000 agents. Mais les politiques français n’ont jamais donné suite. »

    Une révolution dans le secret de la DGSE

    Au cours de son exposé, Bernard Barbier a illustré le rôle primordial joué désormais par la direction technique dans la lutte contre les milieux djihadistes et l’espionnage moderne.
    « Pour avoir du renseignement humain sur les réseaux djihadistes, c’est quasiment impossible. Leurs membres [de ces réseaux] ne travaillent qu’avec des gens qu’ils connaissent. Dans la direction, on était déjà bien conscient en 2012 que des Français voulaient revenir faire le djihad en France. A plusieurs reprises, en 2013, mes équipes m’avaient déjà fait écouter des interceptions de Français de Syrie parlant à leur famille ou à des proches, en évoquant clairement leur projet de venir en France (…).

    J’ai réussi à convaincre le service “action” de travailler avec ma direction technique lors d’une première opération conjointe en juillet 2010 sur une équipe qui voulait faire sauter l’ambassade de France à Nouakchott, en Mauritanie. On a montré aux militaires que, grâce aux satellites, on pouvait faire une maquette 3D de leur lieu d’intervention [le campement djihadiste] au milieu de dunes, et donc leur permettre de choisir virtuellement leur chemin. Ils les ont éliminés à leur réveil.
    Cette collaboration a été une vraie révolution au sein de la DGSE. Pour moi, en tant qu’ingénieur, c’était fondamental. Pour les commandos, faire venir des gens d’autres services avec eux, c’était une révolution. Car leur règle absolue, c’est : “Je fais tout moi-même.” En guise de remerciement pour le succès de l’opération, le chef du service action m’a offert une des kalachnikovs prises aux djihadistes. »

    Edward Snowden, « un traître qui nous a plutôt aidés »

    Enfin, interrogé sur le lanceur d’alerte le plus connu de l’histoire du renseignement, M. Barbier a apporté une nuance inattendue au discours officiel tenu habituellement sur Edward Snowden, soulignant les services rendus à la France.

    « Pour moi, Snowden est un traître à son pays, mais il n’a rien à voir avec Julian Assange [fondateur de WikiLeaks]. Les Américains ont fait de Snowden, contractuel extérieur de la NSA, un administrateur système. Alors que ceux qui font ce métier à la DGSE sont des fonctionnaires qui ont entre quinze et vingt ans d’ancienneté. La probabilité d’avoir un Snowden en France est très faible. Snowden a montré que l’espionnage entre alliés existait et que le matériel était piraté par les Américains comme celui vendu par l’entreprise Cisco, ce qui pose un problème d’indépendance pour la technologie. A ce titre, Snowden nous a plutôt aidés. »

    https://www.youtube.com/watch?v=dkCf_nwT07E


  • on the NSA Leak #Shadow_Brokers (tweets du 6/08/16)
    #Shadow_Brokers (tweets du 6/08/16)
    (via @baroug (merci !))

    Edward Snowden ( Snowden) | Twitter on the NSA Leak
    https://twitter.com/Snowden

    The hack of an NSA malware staging server is not unprecedented, but the publication of the take is. Here’s what you need to know: (1/x)

    1) NSA traces and targets malware C2 servers in a practice called Counter Computer Network Exploitation, or CCNE. So do our rivals.

    2) NSA is often lurking undetected for years on the C2 and ORBs (proxy hops) of state hackers. This is how we follow their operations.

    3) This is how we steal their rivals’ hacking tools and reverse-engineer them to create “fingerprints” to help us detect them in the future.

    4) Here’s where it gets interesting: the NSA is not made of magic. Our rivals do the same thing to us — and occasionally succeed.

    5) Knowing this, NSA’s hackers (TAO) are told not to leave their hack tools (“binaries”) on the server after an op. But people get lazy.

    6) What’s new? NSA malware staging servers getting hacked by a rival is not new. A rival publicly demonstrating they have done so is.

    7) Why did they do it? No one knows, but I suspect this is more diplomacy than intelligence, related to the escalation around the DNC hack.

    8) Circumstantial evidence and conventional wisdom indicates Russian responsibility. Here’s why that is significant:

    9) This leak is likely a warning that someone can prove US responsibility for any attacks that originated from this malware server.

    10) That could have significant foreign policy consequences. Particularly if any of those operations targeted US allies.

    11) Particularly if any of those operations targeted elections.

    12) Accordingly, this may be an effort to influence the calculus of decision-makers wondering how sharply to respond to the DNC hacks.

    13) TL;DR: This leak looks like a somebody sending a message that an escalation in the attribution game could get messy fast.

    Bonus: When I came forward, NSA would have migrated offensive operations to new servers as a precaution - it’s cheap and easy. So? So...


  • The NSA Leak Is Real, Snowden Documents Confirm
    https://theintercept.com/2016/08/19/the-nsa-was-hacked-snowden-documents-confirm

    On Monday, a hacking group calling itself the “ShadowBrokers” announced an auction for what it claimed were “cyber weapons” made by the NSA. Based on never-before-published documents provided by the whistleblower Edward Snowden, The Intercept can confirm that the arsenal contains authentic NSA software, part of a powerful constellation of tools used to covertly infect computers worldwide. The provenance of the code has been a matter of heated debate this week among cybersecurity experts, and (...)

    #NSA #malware #hacking

    • The evidence that ties the ShadowBrokers dump to the NSA comes in an agency manual for implanting malware, classified top secret, provided by Snowden, and not previously available to the public. The draft manual instructs NSA operators to track their use of one malware program using a specific 16-character string, “ace02468bdf13579.” That exact same string appears throughout the ShadowBrokers leak in code associated with the same program, SECONDDATE.
      SECOND DATE plays a specialized role inside a complex global system built by the U.S. government to infect and monitor what one document estimated to be millions of computers around the world.

      [...]

      SECONDDATE is a tool designed to intercept web requests and redirect browsers on target computers to an NSA web server. That server, in turn, is designed to infect them with malware. SECONDDATE’s existence was first reported by The Intercept in 2014, as part of a look at a global computer exploitation effort code-named TURBINE. The malware server, known as FOXACID, has also been described in previously released Snowden documents.

      https://www.documentcloud.org/documents/3031639-07-Introduction-to-BADDECISION-Redacted.html


  • #Edward_Snowden, un Genevois si discret

    Pour ce premier article de notre série d’été consacrée à Genève et ses liens avec le monde de l’espionnage, retour sur le cas d’un éphémère résident genevois pas tout-à-fait comme les autres, Edward Snowden. Sans refaire toute une chronologie du personnage et de ses faits d’armes plus qu’abondamment relayés par la presse du monde entier, l’objet de cet article est plutôt de se focaliser sur une période que l’ancien agent de la NSA invoquera lui-même comme charnière dans sa prise de décision et les choix qui l’ont amené à rendre publiques des informations classées secret-défense par le gouvernement des Etats-Unis. Chronique de deux années formatrices à Genève.

    https://www.gbnews.ch/edward-snowden
    #Genève #Snowden