person:eric drouet

  • Éric Drouet au tribunal : « Je suis un relayeur d’information »
    https://lemediapresse.fr/uncategorized/eric-drouet-au-tribunal-je-suis-un-relayeur-dinformation

    Il était venu déposer des bougies place de la concorde en soutien aux blessés et aux morts du mouvement des gilets jaunes. Il finit jugé pour « organisation d’une manifestation non déclarée ». Éric Drouet, l’un des Gilets jaunes les plus médiatiques, a passé la matinée du 15 février au palais de justice de Paris, porte de […]

    #Uncategorized


  • « On veut plus de cette vie qu’ils nous imposent ! »
    https://la-bas.org/5426

    Était-ce le premier acte de la convergence entre les syndicats et les « gilets jaunes » ce mardi 5 février ? La Confédération générale du travail (CGT) avait appelé à une journée de grève générale, reprise par des figures des « gilets jaunes », telles que Éric Drouet et Jérôme Rodrigues. C’est la première fois depuis le 17 novembre 2018 qu’une centrale syndicale de premier plan marche aux côtés des inclassables « gilets jaunes », qui jusqu’à présent refusaient toute affiliation, toute couleur autre que celle de leurs gilets.Continuer la lecture…

    #Vidéo #Luttes #Politique #Economie #France #Paris_et_banlieue


  • Gilets Jaunes, l’urgence de l’acte – Stathis Kouvélakis
    https://www.contretemps.eu/gilets-jaunes-urgence-acte-kouvelakis

    Ce qui caractérise à cet égard le mouvement des GJ, et révèle sa fragilité, c’est plutôt la profusion d’aspirants à la direction, à la fois au niveau local, régional et national. Pour l’instant, au niveau national, la corde semble être tenue par le trio, désormais scindé, de la France en colère Eric Drouet – Priscillia Ludosky – Maxime Nicolle. Le « serment du jeu de Paume » du 13 décembre, suivi par le rassemblement devant l’Hôtel de ville de Paris le 7 janvier, ouvert par la lecture d’une lettre adressée à Macron et suivi d’un cortège vers l’Assemblée, et, point d’orgue de la série, l’organisation réussie d’un rassemblement d’ampleur nationale à Bourges le 12 janvier sont autant d’initiatives qui témoignent d’une volonté évidente de conquérir une position de #leadership et de traduire sur le terrain de l’action de rue les succès acquis sur les #réseaux_sociaux. L’objectif est confirmé par la « scission » devenue à présent publique (via facebook naturellement) au sein de ce trio et qui semble relever exclusivement du jeu banal d’ambitions personnelles rivales[47].

    Cette évolution relève incontestablement du processus très classique de constitution et d’institutionnalisation d’un groupe. A ceci près que, du fait de l’unanimisme identitaire du mouvement des GJ, redoublé du refus (pour l’instant du moins) de toute autre forme de coordination que les réseaux sociaux, fait de ces questions l’objet d’une dénégation de principe. A l’évidence, rien ne déplairait plus à Maxime Nicolle ou Eric Drouet, et sans doute aussi à leurs nombreux « followers », que d’admettre leurs ambitions de leader, fût-ce dans un cadre différent que celui d’un parti politique. Pourtant, ce serait là faire œuvre de clarté, qui permettrait, entre autres choses, de les questionner sur leurs orientations, leur confusionnisme idéologique, leur rôle dans la propagation des théories délirantes d’un Philippe Argillier[48], ou dans la diffusion de propos racistes et complotistes sur le pacte de Marrakech, le rôle des « lobbies » et de « la finance », ou la caution apportée à la pancarte antisémite qui décorait la tribune du rassemblement de Bourges du 12 janvier etc. En réalité, il y a fort à parier que, s’il veut se prémunir de dérives trop prévisibles, et se doter d’une pérennité et d’une efficacité, le mouvement est condamné à réinventer la roue, à savoir trouver des formes de structuration, créer des #espaces_de_délibération et de coordination, bref se soumettre aux lois universelles d’une #action_collective démocratique. Les tentatives en cours de structurer à l’échelle nationale un processus de délégation émanant d’assemblées générales, une « assemblée des assemblées » telle que le propose notamment l’appel des GJ de Commercy[49], représente à l’évidence un enjeu crucial. Leur succès serait un pas vers un mouvement qui pourrait contribuer à la reprise en main de leur vie par les opprimé.e.s et les exploité.e.s, et s’ouvrir, sans garantie aucune, à une perspective émancipatrice.

    Les forces de la #gauche sociale et politique peuvent y contribuer, la question de l’utilité de leur existence même ne manquerait pas de se poser s’il en allait autrement. Il y a toutefois des conditions à cela, dont la satisfaction, disons-le, paraît assez lointaine à l’heure actuelle. L’attitude des directions syndicales, qui confine à l’aveuglement, est particulièrement alarmante. Au lieu de voir dans le mouvement, au minimum, une occasion pour s’affronter avec le macronisme et arracher de véritables concessions, bien au-delà de l’annulation de deux taxes injustes, elles se sont confinées dans le rôle parfaitement illusoire de médiation avec un pouvoir autoritaire et discrédité, allant même jusqu’à lui prêter main-forte au moment où celui-ci apparaissait le plus en difficulté[50]. Quant à la gauche politique, celle qui ne rechigne pas à aller au combat, lorsqu’elle ne s’est pas coupée du mouvement, elle refuse de se saisir de ces contradictions et de les politiser, se contentant de surfer sur les affects qu’il suscite ou de projeter sur lui des schémas, si ce n’est des fantasmes, manifestement inopérants et dépassés. Ce mouvement n’est certainement pas le modèle de toute mobilisation future, mais on peut parier que nombre de ses innovations, et des questions qu’elles posent, resurgiront, sous une forme ou une autre, dans la période à venir. Ne pas comprendre qu’il peut en sortir tout autre chose que tout ce à quoi les mouvements sociaux de la période antérieure nous ont habitué revient à s’exposer à de terribles déconvenues. Or, il convient d’y insister, compte tenu de la profondeur de la crise politique, le temps est dense, ce qui est une autre façon de dire qu’il est compté. On ne saurait accorder trop d’importance aux enquêtes d’opinion, mais on ne peut écarter d’un revers de main les indices qui suggèrent que seule l’#extrême-droite semble pour l’instant profiter de la situation. On le peut d’autant moins que le profil de la plupart des porte-paroles et aspirants leaders des GJ, et la persistance de certains symboles dans les actions les plus emblématiques du mouvement[51], a de quoi susciter l’inquiétude.

     

    Passer à l’acte

    Dans l’hypothèse, peu probable, qu’il s’arrête ou décline rapidement sans laisser de traces durables, qu’aura appris d’utile le mouvement des GJ à celles et ceux pour qui le combat social et politique n’a pas commencé le 24 novembre dernier ? Au moins ceci : qu’il est possible de gagner un soutien majoritaire, d’ébranler en profondeur un pouvoir autoritaire en étant dix fois moins nombreux dans la rue que dans une manifestation syndicale et sans passer par la case des journées de grève « saute-mouton » (ou annoncées comme sur un planning d’examens) comme celles que nous avons connu depuis maintenant de trop nombreuses années. Qu’il est légitime, n’en déplaise aux belles âmes, de se défendre face au déchaînement répressif de l’État et que la contre-violence de celles et ceux qui luttent n’est pas toujours contre-productive, que ses effets dépendent d’une perception de la situation qui relève avant tout d’une compréhension politique. Que l’initiative d’une mobilisation d’envergure peut être prise, pas toujours mais en certaines occasions du moins, par des novices, qui manquent d’expérience, qui feront inévitablement des erreurs, mais qui sont également dépourvus du poids des routines bureaucratiques et des défaites intériorisées qui inhibent la pensée et l’agir des plus aguerris. Qu’il faut aussi commencer par s’organiser là où on peut et comme on peut, qu’un rond-point ou un parking peuvent devenir un foyer d’action collective, mais garder également à l’esprit que, pour gagner, il faut également savoir en sortir, aller voir ailleurs et rencontrer autrui pour construire une lutte commune.

    Le mouvement nous aura également appris que si l’on veut obtenir « plus », ou plutôt : autre chose, que des annulations de taxes sur les carburants ou des hausses de CSG, si on aspire à des choses très immédiates et simples comme des augmentations de salaires, le rétablissement de la législation du travail et la remise en cause de son infinie précarisation, il faudra s’y prendre autrement.

    On en conviendra, ce n’est déjà pas si mal…

    On peut également formuler les choses ainsi : le mouvement des GJ peut se comprendre comme une critique en acte de cette impuissance de plus en plus insupportable dans laquelle la gauche sociale et politique s’est enferrée au cours de cette dernière période, et dont l’origine remonte aux défaites sur lesquelles s’est achevé le siècle passé. Il est illusoire de penser que ce mouvement apporte de lui-même des réponses d’ensemble. Dans ce qui a précédé, nous nous sommes efforcés de montrer en quoi il achoppe également sur des obstacles bien visibles et, pour une large part, bien prévisibles, qui prolongent certaines des tendances parmi les plus sombres de la situation présente. Mais l’événement crée également le besoin, et, pour une part, les conditions d’une nouvelle rencontre. En ce sens, son signifiant le plus important n’est sans doute pas celui, à vrai dire insignifiant, d’un gilet d’automobiliste fluorescent mais bien celui d’« acte » qui scande cette séquence depuis son commencement. Si ces « actes » doivent aboutir à autre chose qu’à une série qui s’étire vers un enlisement terminal, c’est bien cette rencontre qu’il s’agit de construire, pour que cette scansion devienne celle d’un véritable passage à l’acte.

    #Gilets_jaunes

    • Ce qui ressort en revanche clairement, c’est la mise en avant de l’#unanimité en tant que trait constitutif du mouvement. Elle se traduit par l’affichage de revendications pouvant faire immédiatement #consensus, le RIC en est l’exemple-type, et la mise et l’écart des points qui prêtent à controverse, ou sont susceptibles d’en créer. Certes, tous les mouvements sociaux mettent en avant des revendications unifiantes, c’est même leur geste fondateur et une condition indispensable à leur succès. Une telle unification n’est toutefois pas donnée d’emblée, elle se construit au cours de la mobilisation elle-même, par une combinaison de débats et d’effets en retour induits par l’action collective elle-même. L’unanimisme des GJ est d’un autre ordre, il relève d’une dimension proprement #identitaire. En l’absence d’espaces de délibération à l’échelle du mouvement, les revendications ne sont pas débattues, mais plutôt adoptées « par acclamation », ou son strict équivalent qu’est la propagation mimétique-sérielle sur les réseaux sociaux. Les GJ ne se conçoivent pas d’ailleurs comme un « mouvement », ils n’agissent pas en vue de convaincre ou d’entraîner d’autres secteurs du peuple – on remarquera du reste un désintérêt quasi-total à l’égard de toute idée d’extension ou d’élargissement du mouvement – car ils « sont » « le peuple », une croyance largement entretenue par la nouvelle forme d’« entre-soi » induite par le fonctionnement des réseaux sociaux. Et « le » peuple en question ne peut qu’être homogène et unanime. Le rejet de la représentation et de toute médiation s’effectue ainsi au profit de la présence, de l’immédiateté et de la transparence supposées qu’autorise le recours aux réseaux sociaux ou à l’interconnaissance informelle comme seuls outils de coordination et de communication.


  • Quand Emmanuel #Macron ironise sur « #Jojo avec un #gilet_jaune »
    https://www.rtl.fr/actu/politique/quand-emmanuel-macron-ironise-sur-jojo-avec-un-gilet-jaune-7796405481

    Le Président a également déploré le statut octroyé à certains des représentants des « gilets jaunes » depuis le début de la contestation en novembre dernier. Jusque là inconnus du public, Ingrid Levavasseur, Eric Drouet ou encore Priscillia Ludosky (pour ne citer qu’eux) sont régulièrement invités sur les plateaux télé. Et ce n’est pas du goût d’Emmanuel Macron. « Jojo avec un gilet jaune a le même statut qu’un ministre ou un député », a-t-il déploré.

    Une formulation qui risque de ne pas passer inaperçue et qui s’ajoute à une longue liste de sorties remarquées du président de la République. Pourtant ce dernier a fait part de sa volonté de surveiller ce qu’il appelle ses « petites phrases ». Car elles nourrissent selon lui « un procès en #humiliation ». Il poursuit : « Dans le système où nous vivons, cette #franchise n’est peut-être plus possible ». Et même si son intention était de faire preuve de #sincérité, il reconnaît que son « statut de président rend sans doute cette parole asymétrique ».


  • « Gilets jaunes « : Besancenot se joint à l’appel à une « grève générale illimitée » le 5 février
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2019/01/23/gilets-jaunes-besancenot-se-joint-a-l-appel-a-une-greve-generale-illimitee-l

    M. Besancenot propose, en outre, que « l’ensemble des responsables politiques de gauche » se retrouvent « dans une grande rencontre unitaire lundi pour soutenir la grève générale du 5 et lutter ensemble contre la répression ». Il a notamment invité « Jean-Luc Mélenchon, François Ruffin, Benoît Hamon, [Fabien] Roussel, Nathalie Arthaud, les Verts, la gauche syndicale ».


  • Gilets jaunes : Eric Drouet lance une cagnotte pour les manifestants blessés
    https://lemediapresse.fr/actualites/gilets-jaunes-eric-drouet-lance-une-cagnotte-pour-les-manifestants-ble

    Eric Drouet, une des figures populaires du mouvement des Gilets jaunes, a lancé ce mercredi 9 janvier ne cagnotte pour les manifestants blessés sur la plateforme Paypal. « J’adresse un message a tous les personnalités qui on dit nous soutenir (politiques, chanteurs, humoristes etc ), c’est maintenant qu’il faut agir !! Cette cagnotte dont le montant visé […]


  • Revue de presse continue spéciale gilets jaunes
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?672-revue-de-presse-semaine-du

    Climat, démocratie et Gilets jaunes

    Puy-de-Dôme : un ancien responsable du Rassemblement National appelle à la violence contre les policiers

    Luc Ferry appelle à tirer sur les Gilets jaunes et veut l’intervention de l’armée

    “Gilets jaunes, ne faiblissez pas”, le gouvernement populiste italien affirme son soutien aux gilets jaunes

    BFM TV : gentils journalistes boycottent méchants gilets jaunes

    Saint-Etienne : 4 arrestations après l’incendie d’une cabane de « gilets jaunes »

    Gilets jaunes. Cahiers de doléances : si rien ne se passe, “ça va faire mal” prévient le maire du Montcel, en Savoie

    Gilets jaunes : 4570 personnes placées en garde à vue en un mois, un triste record

    Gilets jaunes. Un fichier des “casseurs“ ? Une ”atteinte à la liberté de manifester” pour le juriste grenoblois S. Slama

    « Les Gilets jaunes ou la blessure non cicatrisée du référendum de 2005 »

    Facho, putschiste, anarchiste ? On a regardé toutes les vidéos d’Eric Drouet, il n’est rien de tout ça

    Saint-Étienne : une cabane de « gilets jaunes » incendiée

    (...)

    *

    Présentation/Archives/Abonnement


  • Les Gilets jaunes : une scène télévisuelle - #Telos
    https://www.telos-eu.com/fr/politique-francaise-et-internationale/les-gilets-jaunes-une-scene-televisuelle.html

    Haro sur Facebook ? Cette désignation du rôle des réseaux sociaux dans le mouvement des Gilets jaunes relève d’une courte vue. Beaucoup d’événements et de thèmes débattus au sein de Facebook n’impriment pas l’agenda des télévisions, tant il est vrai que pour qu’un sujet embrase l’espace public, il lui faut le relais des chaînes d’information. Ce sont elles qui, par leur puissance, « anoblissent » une cause, la popularisent, la martèlent et l’installent au cœur de l’espace public. Notons que les Gilets jaunes ont déroulé la trame idéale pour un feuilleton télévisuel au pays des Lumières, celle d’un conflit entre des militants qui se gargarisent d’incarner le peuple, d’une part, et le gouvernement, de l’autre. Et ils ont utilisé un ingrédient-clef des feuilletons : le rendez-vous hebdomadaire avec les manifestations du samedi. Dès lors, à partir du samedi noir du 1er décembre, le suspens n’a cessé de rebondir : la semaine prochaine, quelle séquence vont offrir les Gilets jaunes ? Eric Drouet, leader historique qui jouit d’une certaine autorité sur le mouvement, effectue via Skype des « live » suivis par quelques milliers de supporters pour concevoir le spectacle du samedi suivant. Conscient des ficelles pour capter l’attention, il introduit du suspens : approcher le plus près l’Elysée ? Bloquer le périphérique ? Investir le château de Versailles ? Envahir les Galeries Lafayette ? L’imagination des apprentis scénaristes est mise à contribution.

    • Comme les Indignés en 2011 ou Nuit debout en 2016, le mouvement des Gilets Jaunes obéit à un agencement quasiment ritualisé.

      Point un, dans le cyberspace : quelques braises allumées sur les réseaux sociaux, qui, pour des raisons qu’il est parfois difficile d’expliquer, induisent une circulation virale – l’étude des contagions virales autour de meme échappe souvent à une explication évidente, car elles peuvent fleurir sur ce qui apparaît à première vue comme un non événement, voire un gag.

      (c’est moi qui met en italique, on n’est pas loin de la fake news…)


  • [RussEurope-en-Exil] Emmanuel Macron, Président du « parti de l’ordre », par Jacques Sapir
    https://www.les-crises.fr/russeurope-en-exil-emmanuel-macron-president-du-parti-de-lordre-par-jacqu

    Emmanuel Macron s’était présenté comme le candidat du « parti du mouvement ». Moins de deux ans après son élection, il est devenu le Président du parti de l’ordre. Les interpellations d’Eric Drouet et de ses camarades dans la nuit du 2 au 3 janvier, mais aussi les 219 incarcérations qui ont eu lieu depuis […]


  • Gilets jaunes : 4570 personnes placées en garde à vue en un mois, un triste record
    https://www.bastamag.net/Gilets-jaunes-4570-personnes-placees-en-garde-a-vue-en-un-mois-un-triste-r

    Le mouvement des gilets jaunes bat tous les records en nombre d’interpellations, de personnes déferrées en #Justice et de peines de prison ferme. Si l’arrestation et le placement en garde à vue le 2 janvier d’Eric Drouet, l’un des leaders du mouvement, ont été très médiatisée, loin des caméras, détentions et sanctions pleuvent. En un mois, du 17 novembre au 17 décembre 2018, 4570 personnes ont été placées en garde à vue (1567 à Paris et 3003 en région), selon les chiffres du ministère de la Justice révélés le (...)

    En bref

    / #Atteintes_aux_libertés, Justice, #Luttes_sociales


  • Revue de presse continue spéciale gilets jaunes
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?672-revue-de-presse-semaine-du

    Arrestation d’Eric Drouet : sur Facebook, des appels à « durcir » l’acte 8 des Gilets jaunes

    Les dessous du coup de foudre de Jean-Luc Mélenchon pour Eric Drouet, le gilet jaune interpellé à Paris

    Gilets jaunes : malaise chez les rappeurs

    Saint-Flour (Cantal) : les baraquements des gilets jaunes incendiés

    « Eric Drouet, gilet jaune et électeur du FN » : récit d’une hallucination politico-médiatique

    Assemblée extraordinaire de Commercy 21 décembre 2018

    Incendies du Nouvel An : cette fois, Castaner n’a pas vu de « séditieux »

    Le député du Puy-de-Dôme, André Chassaigne, demande une loi d’amnistie pour les « gilets jaunes »

    A Taiwan aussi des « gilets jaunes »

    « Les “gilets jaunes” veulent rompre avec le sentiment de dépossession »

    « Les réseaux sociaux, nouvel outil de rassemblement dans une société atomisée »

    (...)

    *

    Présentation/Archives/Abonnement


  • Le Gilet jaune Éric Drouet à nouveau interpellé
    https://lemediapresse.fr/actualites/le-gilet-jaune-eric-drouet-a-nouveau-interpelle

    Éric Drouet, une des figures les plus populaires du mouvement des Gilets jaunes, a été interpellé pour la deuxième fois, ce mercredi 2 janvier à place de la Concorde. Quelques dizaines de personnes s’étaient réunies à son appel sur les Champs-Élysées, afin de rendre hommage aux personnes blessées ou décédées depuis le début des manifestations. Les […]


  • Christophe Brusset : « Les grands industriels pollués, nocifs risqueront des sanctions en cas de manquement »
    Les demandeurs d’emploi fabriquent des produits plus durs que prévu et le cachent

    Mélenchon exprime sa « fascination » pour le foyer du « capitalisme rouge »
    Pyongsong, « Silicon Valley » de la Corée du Nord au « gilet jaune » Eric Drouet

    Les Chinois brisent un tabou en entrant dans un temple illégalement interdit aux femmes
    « Deux Indiennes caressent mes cheveux crépus, mais personne ne me drague »

    Passeports d’Alexandre Benalla : « Nous nous engageons à remplacer la viande et le poisson chaque lundi »
    L’appel des 500 pour un « lundi vert » : le parquet de Paris ouvre une enquête préliminaire
    #de_la_dyslexie_créative


  • Emmanuel Macron, une mort pendant les manifestations
    Les forces de l’ordre craignent par dessus tout deux jours au Tchad loin des « gilets jaunes »

    Indonésie, avec les « délogés » : « L’Hôtel c’est pour les vacances, pas pour vivre »
    A Marseille, le bilan du tsunami s’alourdit à plus de 280 morts

    Selon Trump, Eric Drouet, l’une des figures du mouvement des « gilets jaunes » va « éradiquer » le groupe Etat Islamique en Syrie
    Erodagn sera jugé le 5 juin

    A Lille, l’ancienne conseillère de Martin Aubry dans l’enfer de la dette
    Le Mozambique choisit le macronisme pour conquérir la ville

    Besoin de fuir la foule ? Emmanuel Macron deux jours au Tchad
    Cinq idées pour être seul au monde loin des gilets jaunes

    Il y a trente ans une enquête ouverte après une scène antisémite dans le métro parisien
    « Gilets jaunes », le monde a failli trouver un accord sur le climat.

    Des briques de lait contaminées par l’Etat
    Climat : la pétition réclamant un recours en justice contre les résidus de détergent recueilli 1,6 million de signatures.

    #de_la_dyslexie_créative


  • Depuis la crise des « gilets jaunes », la vie à huis clos d’Emmanuel Macron

    Insultes, huées, menaces… Quand il sort, désormais, cela tourne mal. Depuis le début de la mobilisation des « gilets jaunes », pour le président qui aimait tant les promenades, elles sont devenues rares (et discrètes). Comme les visites.

    De l’aéroport de Loudes, en Haute-Loire, jusqu’au Puy-en-Velay, il y a 10 km, un quart d’heure en voiture. Ce 4 décembre, pour rejoindre la préfecture incendiée trois jours plus tôt par les « gilets jaunes », Emmanuel Macron n’a heureusement pas besoin de passer par le rond-point de Lachamp, sur la commune de Saint-Pierre-Eynac. C’est là, sur la RN88, que des manifestants avaient cousu un pantin de taille humaine, posé sur un échafaud plus vrai que nature. Sur le billot était écrit : « Te guillotiner c’est notre projet. »

    Le président de la République file vers la préfecture. En route, il discute avec les passagers en gilet jaune d’une voiture croisée par hasard. Aucune image, aucune vidéo. Le 3 décembre, il n’a aussi passé qu’une tête dans le bureau de l’un de ses collaborateurs qui recevait un « gilet » venu de Chalon-sur-Saône à pied. Ces gens seront parmi les rares protestataires qu’Emmanuel Macron a rencontrés durant cette crise ouverte le 17 novembre, où sa capacité à réformer et sa popularité se sont abîmées, mais où il a aussi perdu une part de sa liberté.

    Sans prévenir les élus, il est venu au Puy apporter son soutien au préfet. Celui-ci montre les armoires en cendres, les vitres brisées, les bureaux noircis par la suie. Il conte au chef de l’Etat ce samedi où le « portail a été pété », les pneus entassés et enflammés, et cette bataille inégale entre les « trente » de la préfecture et les deux cents manifestants empêchant les pompiers d’accéder au bâtiment. Bilan : trente-huit blessés… « Ils criaient : “Vous allez tous griller comme des poulets ! », termine le préfet. « Vous les connaissez ? », interroge Emmanuel Macron, incrédule.

    Dès que l’avion présidentiel s’est posé à Loudes, la nouvelle de sa visite s’est ébruitée. Un message posté sur Facebook a réveillé quelques « gilets jaunes ». Une vingtaine d’hommes et de femmes attendent le chef de l’État à la sortie de la préfecture. « Ouuuuuh ! Démission ! », « Enculé ! », « Président des riches ! » Pas encore de quoi trop s’émouvoir. C’est sur la route de la caserne de gendarmerie que tout va basculer…

    « On vous hait ! »

    M. Macron commence par traverser Le Puy vitre ouverte, pour dire bonjour. Des insultes lui répondent, il doit vite la remonter. Un homme se jette ensuite devant la voiture. En sortant de la caserne, cinquante manifestants l’injurient encore : « On vous hait ! »

    L’échange promis à la presse locale est annulé. Les services de sécurité exfiltrent le président par une sortie annexe. De la séquence ne reste que l’image d’un démarrage en trombe sous les huées. Quelques jours plus tard, le chef de l’État racontera au président du MoDem François Bayrou que, de la voiture, il a entendu une femme lancer : « Salope, j’espère que tu vas crever sur la route ! »

    Emmanuel Macron aime pourtant les promenades. Dès son arrivée au ministère de l’économie, en 2014, il avait fait de ces échappées sa griffe. Elles étaient à la fois le thermomètre de sa popularité et un moyen d’asseoir sa notoriété. « Il est où, Emmanuel ? », s’agaçait François Hollande à chaque déplacement avec lui. « Emmanuel » traînait derrière. Selfies, autographes, bisous, il se régalait. Mais, depuis que les « gilets jaunes » le traquent sur Facebook, ces déambulations sont impensables. Il voyage incognito, ou alors sans caméras.

    Jeudi 20 décembre, c’est avec l’AFP et France-info, ces médias de « l’ancien monde », qu’il est allé à Soissons, dans l’Aisne, visiter sans prévenir un centre pour enfants victimes de maltraitance. Officiellement, personne n’a été exclu du voyage, mais il fallait éviter les caméras, en cas d’incident. « S’il ne prévient pas avant de partir, c’est qu’il sait déjà qu’il risque de s’en prendre plein la figure », confirme un conseiller. Sa photographe officielle, Soazig de la Moissonnière, envoie seule quelques clichés où le président, décontracté au milieu de son équipe, rit à la table d’un restaurant Courtepaille, à Mareuil-lès-Meaux (Seine-et-Marne).

    Gibets, cibles et cercueils

    Deux jours avant les injures du Puy-en-Velay, sa petite promenade à pied au milieu des vitrines fracassées de l’avenue Kléber, à Paris, avait déjà mal tourné. Il revenait alors d’Argentine, où il avait participé au G20. Sur les portables de ses collaborateurs, il a découvert de Buenos Aires les images des violences du 1er décembre et il se rend à l’Arc de triomphe saccagé avant de partir à la rencontre des commerçants. Mais des « gilets jaunes » débarquent. Copieusement sifflé, il doit s’éclipser sous la protection des policiers.

    Avant le 11-Novembre, « il était déjà revenu de son périple dans l’est de la France très conscient qu’une colère grondait », assure Philippe Grangeon, l’un de ses conseillers. Mais c’était au temps où l’Élysée pouvait encore accuser les médias de grossir le trait. « Je parle aux gens, ça se passe bien, mais les journalistes écrivent à l’avance un scénario où je me ferais sans cesse alpaguer, comme si j’étais un personnage de télé-réalité ! », se plaint Emmanuel Macron devant les ministres Bruno Le Maire, Gérald Darmanin, Jean-Michel Blanquer et François de Rugy qu’il reçoit à l’Élysée au retour de sa fameuse « itinérance mémorielle » dans onze départements. Ce n’est qu’à la deuxième journée de mobilisation des « gilets jaunes », le 24 novembre, qu’il évoque des « scènes de guerre ». Une semaine plus tard, l’Arc de triomphe est pris d’assaut.

    « Je connais cette violence et cette vulgarité, ce sont les mêmes qui étaient déposées dans la boîte aux lettres de mes parents, lorsque j’ai rencontré Emmanuel », assure Brigitte Macron à ses conseillers désolés. Sauf qu’à l’époque les insultes n’étaient pas si menaçantes. Désormais, les manifestants crachent sur les vitrines et prennent à partie les employés de la chocolaterie familiale d’Amiens. « J’ai l’impression d’être un bouc émissaire, un défouloir » : le 4 décembre, Jean-Alexandre Trogneux, propriétaire du commerce, se fend d’une mise au point : la boutique n’appartient pas au président, son oncle par alliance. Un internaute de la Somme, terre des plus farouches ennemis du président – le député François Ruffin et l’écrivain Edouard Louis –, est placé en garde à vue.

    Dans les « manifs », l’effigie du président est lardée de coups de couteau, ligotée par des chaînes, ensanglantée. Gibets, cibles, cercueils trônent devant les cahutes de bord de route. Sur les sites des manifestants, on parle de lui « jeter des pierres » et même de « le pendre ». Quant aux comptes Facebook d’Eric Drouet et de Priscillia Ludosky, deux des initiateurs du mouvement, ils relaient un faux « mandat d’arrêt » contre Emmanuel Macron, coupable de « haute trahison. »

    Déplacements officiels annulés

    Il n’y a pas que les coups de menton ou de gueule sur les réseaux sociaux. Dans la nuit du 14 au 15 décembre, le député (La République en marche, LRM) de l’Eure Bruno Questel voit débouler devant chez lui « un groupe d’hommes, mais aussi de femmes, largement alcoolisés ». Des visages déjà croisés dix fois dans cette circonscription où il a été élu maire en 2002, conseiller général et enfin parlementaire.

    « Ils voulaient s’installer chez moi », raconte le député au téléphone à Emmanuel Macron et à son premier ministre, Edouard Philippe, après que la police a retrouvé six douilles de cartouches tirées devant sa maison. Même le secrétaire général de l’Élysée, Alexis Kohler, pratiquement inconnu du grand public, a vu ses enfants menacés.

    A Paris, les époux Macron aimaient improviser un dîner à La Rotonde, cette brasserie de Montparnasse où les patrons leur arrangent toujours une table au fond du restaurant. Ils étaient même allés voir Le Grand Bain, le « feel good movie » de Gilles Lellouche, dans une « vraie » salle de cinéma. Trop dangereux aujourd’hui. Depuis le 1er décembre, Brigitte Macron n’a pas franchi les limites du périphérique, se contentant, sans aucune publicité, d’une visite à l’hôpital des Invalides, d’une autre à Necker, d’une troisième à l’Institut de la mémoire de la Pitié-Salpêtrière.

    Adieu les longs week-ends à la Lanterne, aux confins du parc du château de Versailles, où Brigitte Macron a l’habitude d’acheter son pain dans les boulangeries avoisinantes : depuis la mi-novembre, les séjours sont brefs et rares. Hormis sa visite surprise à Soissons, le président lui-même est peu sorti de l’Élysée. Le ministère de l’intérieur craint des bousculades, une agression, voire bien pire. Ses agendas ont été vidés, des déplacements officiels annulés : sa visite en Serbie, les 5 et 6 décembre, puis son séjour à Biarritz (Pyrénées-Atlantiques), le 18 décembre, afin de préparer le G7 de 2019 en compagnie de 150 ambassadeurs. L’agenda officiel est loin d’être rempli. « Il est en réunion interne », répond son service de communication.

    Aucun de ceux qui l’entourent n’a souvenir d’un tel rejet sur le terrain. Seul Bruno Le Maire, lorsqu’il était le ministre de l’agriculture de Nicolas Sarkozy, a connu les quolibets et les tas de fumier déversés sur son passage. Pour les jeunes conseillers de l’Élysée, l’expérience est inédite. « On ne va pas finir le quinquennat dans un abri antiatomique », expliquait au Monde le chargé de la communication de l’Élysée, Sylvain Fort, en prenant ses fonctions après l’« affaire » Benalla. « Débunkériser », disait-on alors au Palais. Devant l’association de la presse présidentielle, à la Maison des polytechniciens, le 17 décembre, il détaille cette fois la menace que fait peser sur le président une « défiance transformée en sécession ».

    « Il ne sort plus sans se maquiller »

    Devant les députés LRM, ou en conseil des ministres, Emmanuel Macron ne laisse échapper aucune fébrilité. Occupé à ne pas imposer ses certitudes, il laisse les autres parler. Mais ceux qui le croisent notent sa fatigue. « Il ne sort plus sans se maquiller tellement il est marqué. Il se maquille même les mains », assure un député LRM qui a l’oreille du chef de l’État. Lors de son allocution enregistrée à l’Élysée, le 10 décembre, plus de 23 millions de téléspectateurs découvrent un président mal rasé et amaigri.

    L’Élysée est devenu un huis clos où les corps étrangers sont de plus en plus rares. Le président (Les Républicains) du Sénat, Gérard Larcher, ou l’ancien chef de l’État Nicolas Sarkozy ont été reçus les 4 et 7 décembre. Le jeudi, John Chambers, l’ex-patron du groupe informatique Cisco devenu ambassadeur de la French Tech à l’international, a aussi franchi le perron du Palais avec une quarantaine de « capital-risqueurs » et d’investisseurs venus découvrir de prometteuses jeunes pousses françaises. Mais le chef de l’État a surtout consulté son premier cercle.

    Depuis que les présidents communiquent par messagerie privée, les « visiteurs du soir » sont rares, ou plus exactement leurs visites sont désormais virtuelles. Emmanuel Macron possède deux téléphones et passe de l’un à l’autre. Naguère, les conseillers ou les gardes guettaient l’heure à laquelle il quittait son bureau et éteignait les lumières. Aujourd’hui, ceux qui communiquent avec lui par Telegram notent l’heure à laquelle il cesse ses consultations : 2 heures, 3 heures du matin…

    Il échange évidemment avec son secrétaire général et son premier ministre, qui ont longtemps plaidé que des concessions aux « gilets jaunes » obéreraient la capacité de réforme du gouvernement. Mais ces dernières semaines, Philippe Grangeon, François Bayrou et Richard Ferrand (président de l’Assemblée nationale), les « sociaux », comme on les appelle, ont joué les premiers rôles dans l’entourage du chef de l’État. Avec Jean-Paul Delevoye (haut-commissaire à la réforme des retraites), ces trois-là ont participé à la vidéoconférence qu’Emmanuel Macron a organisée le 8 décembre à l’Élysée afin de réfléchir à la sortie de crise. C’est avec eux, ces représentants du vieux monde, qu’il s’est convaincu de lâcher plus de 10 milliards d’euros pour « sauver le capital des réformes ».

    Pas de trêve pour son anniversaire

    Insulté sur les réseaux sociaux, le président n’ignore pas la tentation et les références révolutionnaires d’une partie des émeutiers. « Le référendum d’initiative citoyenne n’est pas conçu par ses initiateurs – qui ne sont pas des gentils “gilets jaunes”, mais des complotistes de la pire espèce – comme un outil démocratique mais comme un outil de sédition », a encore confié Sylvain Fort, lundi 17 décembre.

    Quand une partie de l’extrême gauche s’est mise à espérer tout haut que la police rejoigne le mouvement de contestation, le ministre de l’intérieur, Christophe Castaner, a été prié d’éteindre au plus vite la sourde fronde au sein des forces de l’ordre. Une prime de 300 euros a été attribuée à 110 000 policiers et gendarmes, ainsi qu’une hausse de salaire de 150 euros.

    Même au sein de l’armée, il a fallu menacer de sanctions une dizaine de généraux, un amiral et un colonel de la 2e section, c’est-à-dire retraités mais encore mobilisables, après qu’ils ont signé une lettre ouverte sur un site d’extrême droite.

    « Vous ne pouvez pas décider seul d’effacer nos repères civilisationnels et nous priver de notre patrie charnelle, disait le texte, en s’insurgeant de la signature par la France du pacte de Marrakech (Maroc) sur les migrations. Vous êtes comptable devant les Français de vos actions. Votre élection ne constitue pas un blanc-seing. » Des airs de putsch ? En tout cas un affront pour le président, qui est aussi le chef des armées, et déteste qu’elles le contestent.

    Vendredi 21 décembre, c’était son anniversaire. Quarante et un ans. Encore une jeunesse. Évidemment, Facebook a repéré l’événement et appelé à « pourrir la fête ». Pas de trêve, au contraire. « A bas sa majesté Macron ! », « Dégage Macron Ier ! », continuent de crier les « gilets jaunes » sur les ronds-points rasés puis reconstruits. Rond-point de la Jaunaie, à Redon, en Ille-et-Vilaine, une nouvelle guillotine vient d’être installée : « On veut juste qu’il comprenne qu’il faut qu’il s’en aille », explique une manifestante.

    Voilà le jeune président rattrapé par le fameux « dégagisme » qui l’a aidé à se hisser à la tête du pouvoir, mais aussi par ses analyses historiques et ses critiques sur la « normalisation » progressive des présidents de la Ve République. En juillet 2015, dans l’hebdomadaire Le 1, il assurait que le grand « absent » de « la politique française » était « la figure du roi », dont « fondamentalement le peuple français n’a [vait] pas voulu la mort ». A l’époque, il pensait encore qu’il manquait un roi à la France.

    Raphaëlle Bacqué, Ariane Chemin, Virginie Maling . Publié dans #LeMonde.
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2018/12/22/emmanuel-macron-a-huis-clos-en-son-palais_5401266_823448.html

    • C’est maintenant l’ordre qui doit régner, le calme et la concorde.

      Peut pas parler français le Méprisant de la république ?
      Il en appelle à la concorde  !
      Le seul qui ne pourra pas la ramener, en appelle à la concorde ... Pitoyable. Surtout de la part de celui qui a tout déclenché par sa Haine de nous.


  • Débat : La #foule n’est pas le #peuple

    On a entendu, depuis un mois, beaucoup d’approximations sur ce que la #démocratie est censée être, du côté des #gilets_jaunes et des responsables politiques qui entendent récupérer leur mouvement, mais aussi du côté de certains journalistes et chroniqueurs.

    Au nom du peuple…

    Certains affirment à satiété depuis un mois que « les gilets jaunes sont le peuple ». C’est un raccourci problématique à plusieurs égards. Dans un système démocratique, « le peuple », c’est la communauté formée par l’ensemble des citoyens. C’est une abstraction, un idéal qui permet de penser le vivre en commun.

    Il reste à savoir ce que veut le peuple. Par convention, on peut s’en approcher par le suffrage universel. Aux présidentielles de 2017, rappelons que 37 millions de citoyens se sont rendus aux urnes. On peut insister sur l’importance de l’abstention et du vote blanc et nul, mais 37 millions, cela reste 100 fois plus que les plus importantes mobilisations de gilets jaunes.

    La règle majoritaire est une approximation de ce que « veut » le peuple. En France, pour certaines élections du moins, notamment pour les présidentielles, le mode de scrutin veille à ce qu’une majorité se dégage. Au second tour, on contraint les électeurs à choisir entre deux candidats seulement, de sorte que le vainqueur puisse clamer avoir été élu par une majorité. C’est là encore une illusion, mais les électeurs jouent habituellement le jeu. Ainsi, ils confirment toujours le résultat de l’élection lors des élections législatives, car ils savent que – en France du moins – l’existence d’une majorité claire est indispensable au bon fonctionnement des institutions et à la conduite de l’action publique.

    Certes, cette majorité est un peu artificielle, et Emmanuel Macron a sans doute perdu de vue qu’il a été élu par de nombreux citoyens qui entendaient, avant tout, s’opposer à Marine Le Pen. En outre, la démocratie ne s’épuise pas dans le vote, et la majorité ne peut pas tout imposer. Les citoyens doivent pouvoir s’exprimer entre deux élections. C’est la raison pour laquelle la démocratie garantit le droit de s’exprimer, de s’engager dans un parti, un syndicat ou une association, de manifester, de faire grève, de signer une pétition. Par ailleurs, les droits des minorités doivent être défendus par la Constitution et le droit, et par les autorités.

    Distinguer les revendications légitimes

    En France, la démocratie reste largement fondée sur la représentation. Les mécanismes de démocratie participative jouent un rôle modeste, les corps intermédiaires sont traditionnellement considérés avec suspicion, les juges ont une influence relativement modeste, et les élus ont une grande autonomie d’action. En effet, les députés ne sont pas censés représenter leurs électeurs, mais la Nation, et le Président jouit d’importantes prérogatives, dans une approche de sa fonction très gaullienne, voire bonapartiste.

    La crise des gilets jaunes est sans doute l’occasion de repenser tout cela, et de donner plus de poids à des mécanismes de démocratie participative et délibérative. Elle est aussi une salutaire mise en garde pour les gouvernants qui ont trop fait abstraction de la manière dont certaines mesures ont été perçues par la population. Réforme de l’ISF, baisse des APL, hausse de la CSG pour les retraités, limitation à 80 km/h ou fiscalité sur le gazole sont autant de décisions qui ont suscité de fortes récriminations qui n’ont pas été entendues, au nom de l’idée que le Président avait un mandat clair et un projet pour la France, et qu’il devait garder le cap.

    Il n’en reste pas moins qu’une minorité, même très mobilisée, même bénéficiant d’un soutien de l’opinion publique, ne peut pas se substituer à la majorité et effacer les résultats des élections. Les gilets jaunes sont un mouvement d’ampleur, mais on n’a jamais eu plus de 300 000 personnes dans la rue. La foule n’est pas le peuple et 300 000 personnes ne peuvent pas décider pour le peuple.

    Que faire, en effet, si 300 000 personnes défilent pour demander l’interdiction de la chasse, et si la semaine d’après 300 000 défilent pour demander son maintien ? Quand les opposants au mariage pour tous ont défilé en masse, et durablement, le gouvernement aurait-il dû retirer sa loi ? Comment distinguer les revendications légitimes, qui doivent être prises en compte, des autres ?

    Dans le cas du mouvement des gilets jaunes, le gouvernement aurait dû comprendre plus tôt qu’il était l’expression d’un fort mécontentement chez une partie substantielle du corps électoral. Les premières réactions – ou l’absence de réaction – n’ont fait que mettre de l’huile sur le feu et cultiver chez les citoyens mobilisés l’idée qu’ils étaient déconsidérés.

    Il n’en reste pas moins que, dans une démocratie représentative, on ne peut laisser la rue gouverner, sinon toute réforme – qui fait généralement des gagnants qui s’ignorent et des perdants qui se mobilisent – serait exclue.
    La logique du « tout ou rien »

    En outre, comment intégrer la violence à cette équation ? Une manifestation violente est-elle plus ou moins légitime qu’une manifestation pacifique ? Certains estiment que la violence est un indice du degré de mécontentement des manifestants (de « désespoir », diraient ceux qui les soutiennent) et que le gouvernement doit être plus à l’écoute en cas de débordements. Mais, une fois encore, peut-on gouverner un pays ainsi ?

    Ce qui caractérise le mouvement des gilets jaunes depuis le premier jour, c’est la méconnaissance des règles habituelles de la mobilisation, qui doit opérer à travers un ensemble d’outils démocratiques et pacifiques : pétitions, tribunes dans la presse, manifestations (déclarées et encadrées), contacts avec les élus, grèves…

    Le mouvement avait trouvé, avec le gilet jaune, un marqueur de mobilisation très astucieux : chaque automobiliste français était équipé de cet accessoire visible, facile à porter ou à mettre en évidence sur son tableau de bord. Mais les initiateurs du mouvement ont choisi d’emblée d’opter pour des formes d’action illégales : manifestations non déclarées en préfecture et dépourvues de responsable et de service d’ordre, blocages de routes et de commerces, violences envers les automobilistes récalcitrants et les forces de l’ordre, dégradations et incendies volontaires…

    Ils ont en outre, par principe, refusé de rencontrer les représentants de l’État et cherché à imposer leurs revendications de manière unilatérale, dans une logique du « tout ou rien ». Si n’importe quelle organisation – mouvement politique, syndicat, association, collectif – s’était rendue coupable du dixième des exactions commises par le mouvement des gilets jaunes, elle aurait sans doute été rapidement dissoute.

    En l’espèce, l’impunité règne, car le mouvement n’a pas de structure et de représentants officiels : chacun peut s’improviser porte-parole des gilets jaunes auprès de médias très complaisants, sans endosser la moindre responsabilité, ou se livrer à une surenchère sur les réseaux sociaux.

    La question de la violence, nœud du #conflit

    Certains commentateurs relativisent cette violence structurelle. Ils opposent la violence du gouvernement, qui étrangle de taxes les classes laborieuses et fait montre d’arrogance, et celle des manifestants. Ils comparent les débordements des gilets jaunes à ceux des supporters de foot les soirs de victoire ou à ceux du Nouvel An. Ils renvoient dos à dos casseurs et forces de l’ordre. Le citoyen qui se promène aujourd’hui dans les rues désolées de Paris, Bordeaux, Saint-Étienne ou Toulouse, entre carcasses de voitures brûlées, barricades et devantures de magasins défoncées, pourra difficilement considérer que ce ne sont que les inévitables effets collatéraux d’un mouvement fondamentalement non violent.

    La question de la violence est le nœud de ce conflit. Elle en constitue alternativement la légitimité (« Il faut prendre en compte les revendications de ces gens en colère ») et l’illégitimité (« On ne cède pas aux casseurs et aux factieux »). Car, sitôt que le pouvoir accède à des revendications exprimées avec violence – et le gouvernement n’a eu d’autre choix que de le faire, pour que la pression retombe –, on encourage d’autres groupes sociaux à adopter des comportements inciviques et délictueux.

    Pourquoi faire grève des semaines durant ou se réunir pacifiquement – à la manière du mouvement Nuit debout – pendant des mois sans rien obtenir si, en mettant à sac les Champs-Élysées ou en incendiant une préfecture, l’on provoque un recul immédiat du gouvernement ? La manière dont certains lycéens se sont récemment « mobilisés » – en brûlant des voitures et en s’équipant pour en découdre avec les forces de l’ordre – montre que le recul face à la violence crée des effets de contagion difficilement contrôlables.

    Les sondages, un outil à manier avec prudence

    Les partisans des gilets jaunes argueront que le gouvernement n’a pas cédé à la violence, mais à l’opinion publique. Que les sondages établissent que les citoyens ont pris fait et cause pour les gilets jaunes, contre le Président. Mais qu’en est-il réellement ? D’abord, que veut dire « soutien aux gilets jaunes » ? On ne reviendra pas ici sur l’inanité de certains sondages. Interroger les gens sur leur comportement passés ou futurs (« pour qui avez-vous/allez-vous voter ? » ou sur leurs préférences « quelle est votre sensibilité politique ? ») a du sens, mais interroger les gens sur des questions vagues ou très complexes, donne des résultats qui doivent être considérés avec prudence.

    Éprouver une forme de sympathie pour des citoyens qui protestent contre la hausse des taxes, réclament plus de pouvoir d’achat et de services publics, s’élèvent contre des réformes impopulaires, et dénoncent le mépris des élites, ne revient pas à valider l’ensemble de leurs revendications ou à souscrire à un changement de pouvoir ou de régime.

    On rappellera alors que 80 % des Français désapprouvent l’action du Président. Mais qui peut se dire satisfait de son action alors que la France vit une situation insurrectionnelle, que les citoyens sont empêchés de circuler à leur guise ou de travailler, que les chaînes de télévision passent en boucle des images de guérilla urbaine ? Le citoyen de bonne foi ne peut que constater que le Président s’y prend mal pour gouverner le pays.

    Pour autant, est-ce que les 80 % de sondés seraient prêts à porter Jacline Mouraud ou Éric Drouet au pouvoir, ou l’un des leaders de l’opposition ? Jean‑Luc Mélenchon, Marine Le Pen, Laurent Wauquiez et Olivier Faure soufflent sur les braises depuis le début du mouvement, en espérant tirer leur épingle du jeu et rejouer la présidentielle, mais les citoyens ne sont pas dupes : les sondages les plus récents montrent qu’aucun ne tire bénéfice du mouvement et ne constitue une alternative politique crédible.
    Une vaste majorité attachée aux institutions et à la paix sociale

    Nul ne sait où va ce mouvement. La mobilisation est numériquement en baisse, mais les plus radicaux pensent leur heure venue et ne vont sans doute pas relâcher la pression. Les échauffourées ne sont plus le fait de gilets jaunes, mais d’extrémistes, de casseurs et d’opportunistes.

    Les chercheurs en sciences sociales n’aiment pas faire de prédictions : ils sont scientifiquement mal équipés pour cela et préfèrent plus prudemment « prédire le passé », en analysant le déroulement d’événements dont on connaît l’issue. On peut néanmoins penser que, à ce stade du mouvement, l’opinion publique va se retourner.

    L’émotion passée, les citoyens français, dont la vaste majorité est attachée aux institutions, à l’ordre public et à la paix sociale, s’entendront sans doute pour considérer qu’une insurrection hebdomadaire n’est pas le moyen le plus sûr d’améliorer le sort des Français, et que le coup de semonce à l’endroit du gouvernement était suffisant. Désormais, rares sont les personnalités et les acteurs de la société civile qui affichent leur soutien à un mouvement marqué par une ligne politique confuse, par sa fascination pour la violence et par son refus de la négociation.

    Les Français ont, dans un premier temps, largement approuvé les gilets jaunes parce qu’ils partageaient leurs revendications, étaient déçus par le gouvernement ou manifestaient une certaine sympathie pour un mouvement inédit. Certains étaient sans doute aussi mus par une forme de suivisme, de culpabilité de classe, de griserie médiatique ou de romantisme révolutionnaire. D’autres refusaient d’afficher leur soutien à un gouvernement sourd aux revendications, et désapprouvaient le discours de ceux qui affichaient leur mépris pour cette mobilisation populaire ou dénonçaient un peu rapidement la « peste brune ».

    On rappellera aussi que le mouvement des gilets jaunes n’a, initialement, guère laissé le choix au quidam. Face à un barrage, il était contraint, plus ou moins aimablement, d’enfiler son gilet jaune, de prêter allégeance à la cause, d’y contribuer éventuellement par une obole, afin de pouvoir aller travailler ou conduire ses enfants à l’école. Nombreux étaient les automobilistes qui arboraient un gilet jaune dans leur véhicule, « au cas où ».
    « Ce qui n’était encore que le sentiment d’une partie de la nation parut ainsi l’opinion de tous… »

    Face à ces pressions, face à la quasi-unanimité des responsables politiques, des commentateurs et des leaders d’opinion, il semblait difficile pour le citoyen de faire part de ses doutes. Mais, sauf à penser que l’électorat modéré, qui a dominé les élections l’an passé, s’est subitement volatilisé ou a radicalement changé d’orientation politique, on peut faire l’hypothèse qu’une partie des citoyens a dissimulé ses préférences.

    Il y a près de deux siècles, Tocqueville avait révélé les falsifications auxquelles pouvaient conduire certaines contraintes, en prenant l’exemple du sentiment religieux durant la Révolution française. Selon lui, les pressions qui s’exerçaient sur les croyants, qui jugeaient malvenu d’exprimer leur attachement au christianisme, avaient fait apparaître l’opinion publique comme antireligieuse, alors qu’elle ne l’était pas.

    Ce phénomène s’entretenait de lui-même, la faiblesse supposée du nombre des croyants au sein de la société française les incitant à continuer de taire leurs convictions :

    « Ceux qui niaient le christianisme élevant la voix et ceux qui croyaient encore faisant silence, il arriva ce qui s’est vu si souvent depuis parmi nous, non seulement en fait de religion, mais en tout autre matière. […] Ce qui n’était encore que le sentiment d’une partie de la nation parut ainsi l’opinion de tous, et sembla dès lors irrésistible aux yeux mêmes de ceux qui lui donnaient cette fausse apparence. » (De la démocratie en Amérique. Laffont, p. 1045)

    https://theconversation.com/debat-la-foule-nest-pas-le-peuple-108487
    #terminologie #mots #vocabulaire

    #violence


  • Porte-paroles et silenciation des femmes.
    https://www.liberation.fr/checknews/2018/12/08/eric-drouet-benjamin-cauchy-et-christophe-chalencon-les-trois-gilets-jaun

    Inconnus il y a encore quelques semaines, certains de leurs visages sont maintenant sur nos écrans jour et nuit. Et leurs noms devenus familiers. D’autres n’ont fait qu’une seule apparition en tant que « porte-parole » des gilets jaunes, et sont retombés dans l’anonymat.

    Ces inconnu·Es retombé·es dans l’anonymat sont en particulier les femmes et les personnes racisées

    6) Priscillia Ludosky, l’initiatrice effacée (38 apparitions)
    C’est elle qui a lancé une pétition qui a aujourd’hui recueilli plus d’un million de signatures. Comme CheckNews l’expliquait, l’autoentrepreneuse a rapidement fait partie des premiers citoyens mobilisés, puisque c’est la médiatisation de sa pétition qui a lancé le mouvement. Au titre d’auteure de la pétition virale, Priscillia Ludosky est qualifiée de « porte-parole » dès le 26 novembre, où elle est elle aussi annoncée comme l’une des huit représentants officiels. C’est dans ce contexte qu’elle se rend au ministère de l’Ecologie le 27 novembre, en compagnie d’Eric Drouet. Cet événement permet à la jeune femme de prendre la parole, en duplex sur BFMTV après son entretien avec le ministre François de Rugy. La séquence est largement rediffusée sur la chaîne par la suite.

    Même si elle est mentionnée régulièrement, Priscillia Ludosky disparaît ensuite complètement des médias. Les 38 apparitions recensées consistent en fait en des rediffusions de son rendez-vous au ministère, et des rediffusions d’anciennes apparitions. Cette dernière n’intervient sur aucun plateau, a contrario de son acolyte Eric Drouet. Seules trois de ses 36 interventions sur BFM sont inédites. Un autre gilet jaune, Jean-François Barnaba, confiait ainsi à Libé il y a quelques jours n’avoir « plus de nouvelle » : « Personne n’arrive à la joindre. Certains disent qu’elle est à l’étranger, au Canada je crois. » Une hypothèse que CheckNews, qui n’arrive plus non plus à la joindre depuis plusieurs semaines, n’a pas pu vérifier.

    Mais Priscillia Ludosky continue toutefois de publier sur Facebook. Le Parisien rapporte ainsi que : « En lien étroit avec plusieurs autres leaders de la mobilisation, elle publie ce jeudi [6 décembre] un sondage pour soumettre aux internautes quatre revendications à défendre dans le futur. »

    L’historique a aussi la dent dure contre certains squatteurs de plateaux. Le 4 décembre, dans un communiqué publié sur le réseau social, elle déplorait ainsi : « Certains, soi-disant concernés par la situation en tant que citoyens en colère, ne nous ont jamais contactés pour aider de quelque manière que ce soit, et font tout de même le tour des médias pour parler et même négocier au nom des gilets jaunes. Et à bras ouverts, ils sont accueillis par les médias ». Sans préciser qui elle visait, mais attaquant aussi les médias, coupables d’inviter « des personnes controversées, qui défendent leurs intérêts personnels. »
    7) Jacline Mouraud, la revenante (37 apparitions)

    Très largement médiatisée au début du mouvement, Jacline Mouraud est complètement absente des chaînes étudiées du 25 novembre au 2 décembre. Celle qui fut qualifiée « d’égérie » des gilets jaunes avant de s’évanouir (du corpus analysé) réapparaît ce jour-là, à l’occasion de la publication de la tribune qu’elle a cosignée avec, notamment, Christophe Chalençon et Benjamin Cauchy. Le retour de Jacline Mouraud, décrite comme l’une des leaders des « gilets jaunes libres » ou modérés, est une véritable percée médiatique : en cinq jours, elle apparaît à 37 reprises. 22 de ses 35 interventions sur BFM sont des rediffusions. Néanmoins, depuis qu’elle a déclaré, avec Benjamin Cauchy, avoir reçu des menaces de mort, sa présence se manifeste presque exclusivement à travers des duplex, comme ce fut le cas par exemple sur France 2, pendant son émission spéciale.

    14) Marine Charette-Labadie et Laetita Dewalle : 9 apparitions chacune

    Sur 40 porte-parole seulement 4 femmes, qui « s’évanouissent » ou « disparaissent complétement des médias ».


  • (6) Dans le combat final des gilets jaunes, Jupiter va affronter des modérateurs Facebook - Libération
    https://www.liberation.fr/debats/2018/11/30/dans-le-combat-final-des-gilets-jaunes-jupiter-va-affronter-des-moderateu

    Plusieurs des porte-parole du mouvement sont les administrateurs de groupes Facebook très influents. Ils conçoivent leur action dans une transparence totale et sont soumis en temps réel à la supervision et la critique de leurs congénères.

    Dans le combat final des gilets jaunes, Jupiter va affronter des modérateurs Facebook

    Dans un mouvement sans chef, qui est le patron ? A un moment, il faut bien une structure pour coordonner la lutte, déterminer une liste de revendications, répondre à la presse et négocier avec le gouvernement. Pour répondre à cette problématique, les gilets jaunes ont mis en place une « délégation » de huit « communicants officiels » chargés de prendre contact avec le gouvernement.

    Qui sont ces huit porte-parole ? Comment ont-ils été désignés ? Le sujet est inflammable au sein des gilets jaunes qui prônent une démocratie directe, un horizontalisme radical dans lequel chaque voix doit se faire entendre de la même manière. Ce n’est pas très démocratique mais l’équipe des huit s’est auto-nommée, autour d’un canal historique des gilets jaunes : Eric Drouet (qui a depuis annoncé se retirer de la délégation ce jeudi), créateur de l’événement Facebook du 17 novembre, et Priscillia Ludosky, créatrice de la pétition contre la hausse du prix du carburant qui a tout lancé.

    Dans ce nouveau genre de mobilisation, où la participation en ligne est toute aussi importante que les blocages sur les ronds-points, les chefs par défaut sont les admins des pages Facebook. Eric Drouet et Priscillia Ludosky sont maintenant tous les deux admins du groupe La France en colère !!!, qui comprend 250 000 personnes. Dans le groupe des huit, une troisième tête se dégage : le charismatique Maxime Nicolle aka Fly Rider, qui avait été invité chez Cyril Hanouna. Il gère Fly Rider infos blocages, un groupe de 62 000 personnes qui suivent ses Facebook live quotidiens.

    S’il fallait tracer les limites d’un ancien et d’un nouveau monde, Emmanuel Macron et Philippe Martinez apparaissent comparés à Eric Drouet et Maxime Nicolle comme la relique d’une époque révolue. Ces deux leaders des gilets jaunes renouvellent totalement la manière de gérer un mouvement social.

    Avec eux, tout se passe en direct sur Facebook, via des lives où les deux porte-parole se retrouvent sous un feu nourri de questions et de critiques, auxquels ils répondent toujours, avec un grand calme et une certaine responsabilité (malgré la diffusion parfois de fausses informations).

    On se demanderait presque pourquoi BFM TV ne les diffuse pas en direct à l’antenne. Ces lives n’ont pas moins de pertinence dans le conflit qu’un discours d’Emmanuel Macron ou Edouard Philippe. Alors que, parmi les gilets jaunes, plus personne ne croit au discours des médias traditionnels, ces Facebook live, et plus largement toutes les vidéos qui circulent sur le réseau, apparaissent comme le seul média fiable.

    Exemple de ces dialogues entre gilets jaunes et leurs leaders informels. Sur un live de Maxime Nicolle, un internaute lui écrit en commentaire : « Et après ça il faut accepter des milliers de jeunes migrants, j’en ai marre des gens qui se voilent la face et qui se demandent où part le fric des Français. » Très calme, sans cette panique typique du journaliste télé confronté à une question qui sort du cadre, Nicolle lit la question et répond du tac au tac : « L’immigration, elle est due à quoi ? A la France qui vend des armes à des pays qui bombardent les civils. Au lieu de traiter la conséquence en étant raciste contre les immigrés, si tu veux que ça change, faut s’attaquer à la source du problème et arrêter de vendre des armes à ces pays. »

    On peut évidemment douter de cette explication un peu simpliste, mais force est de constater que Maxime Nicolle joue là le rôle d’un corps intermédiaire – typiquement d’un leader syndical – en canalisant la colère populaire, en répondant aux inquiétudes des éléments les plus extrêmes de sa base. Dans les groupes de gilets jaunes, il y a une vraie différence entre le ton posé de ces Facebook lives, fascinants moments de débat public, et la violence parfois affligeante des commentaires.
    Démocratie de l’audience

    Nicolle et Drouet le répètent sans cesse, ils ne sont pas des chefs ou des porte-parole mais de simples « messagers » de la colère des gilets jaunes qu’ils répercutent sur les plateaux télé ou dans les palais de la République. « Il faut pouvoir informer les gens, expliquait Nicolle dans un Facebook live. Il y a des gens comme moi et d’autres qui font des vidéos parce qu’ils ont des facilités d’élocution, que d’autres n’ont pas. Si nous, on ne le fait pas, personne ne le fera à notre place. » C’est une démocratie de l’audience : le succès de leurs groupes et de leurs Facebook lives leur donne une mission d’information et de représentation par rapport aux autres gilets jaunes.

    Cela a été très peu relevé mais il s’est passé un événement considérable lors de la rencontre entre les deux représentants des gilets jaunes et François de Rugy mardi soir : la réunion a été diffusée en Facebook live par Eric Drouet, en caméra cachée, sans l’accord du ministre de l’Ecologie.

    Maxime Nicolle le disait dans une vidéo : « Je ne sais pas si je serai convoqué pour aller discuter à l’Elysée mais si c’est le cas, ce sera filmé en direct. Sinon ça ne vaut pas la peine. » Pour les gilets jaunes, une réunion avec le gouvernement ne peut qu’être diffusée en direct, sinon ils manqueraient à leur obligation de transparence et pourraient trahir, dans l’opacité des négociations politiques, les revendications de la base. La République en marche, le mouvement participatif le moins participatif de tous les temps, incapable de toute transparence, ferait bien de s’en inspirer.

    Sondage sur le groupe Facebook de Maxime Nicolle aka Fly Rider.

    La différence entre un élu politique et un représentant gilet jaune est que ces derniers sont soumis en temps réel à la supervision et à la critique de leurs congénères. On découvre là un séduisant modèle de démocratie directe.

    Commentaires les plus likés pendant le direct d’Eric Drouet au ministère de l’Ecologie.

    Contrairement à ce que pensent les gilets jaunes, persuadés que Macron les censure par l’entremise de Facebook, leur meilleur allié s’appelle Mark Zuckerberg. Le mouvement a été sans conteste aidé par le nouvel algorithme Facebook qui survalorise les contenus de groupes au détriment des contenus postés par des pages (et donc par les médias). Après quelques likes sur un groupe, on se retrouve submergé du contenu de ce groupe dans son fil d’actualités. Le nouvel algo a précipité les gilets jaunes dans une « bulle de filtre » où ils ne voient presque plus que du contenu jaune.

    Cette mise en avant des groupes résulte d’un changement de paradigme de Mark Zuckerberg, qui a décidé, à l’issue d’une tournée dans l’Amérique profonde, de développer la fonctionnalité Groupes du réseau.

    « Connecter ensemble les amis et la famille a été quelque chose très positif, déclarait Zuckerberg en 2017. Mais je pense qu’il y a ce sentiment général que nous avons une responsabilité pour faire plus que cela et pour aider les communautés et aider les gens à être exposé à de nouvelles perspectives et rencontrer de nouvelles personnes – pas seulement donner la parole aux gens, mais aussi aider à construire un terreau commun pour que les gens avancent ensemble. » Qui mieux que les groupes de gilets jaunes ont appliqué la doctrine de Zuckerberg ?

    Le patron de Facebook a pensé la fonctionnalité Groupes comme une manière de désenclaver l’Amérique périphérique : « Je vais aller dans une église et le prêtre va me dire : "Je sais que si une usine ferme dans ma ville, je vais faire de l’aide psychologique à de nombreuses personnes le mois suivant." Quelqu’un doit s’occuper de cela. Les structures qui aidaient les gens sont en train de disparaître. »

    Les admins de groupe Facebook, dont les prérogatives ne cessent d’être augmentées par Zuckerberg, sont les nouveaux corps intermédiaires, prospérant sur les ruines des syndicats, des associations ou des partis politiques. Ayant méticuleusement fait disparaître ces courroies de transmission entre lui et le peuple, Emmanuel Macron se retrouve maintenant en frontal face à des admins de page Facebook.

    Dans le combat final des gilets jaunes, Jupiter va affronter des modos. Qui vont le filmer en direct en vidéo verticale et n’hésiteront pas à le kickban s’il refuse de donner pièce à leurs revendications. Bonne chance, Manu.
    Vincent Glad auteur du blog l’An 2000 sur liberation.fr

    #Facebook #Gilets_jaunes #Mobilisation #Groupes_facebook


  • (20+) Dans le combat final des gilets jaunes, Jupiter va affronter des modérateurs Facebook - Libération
    https://www.liberation.fr/debats/2018/11/30/dans-le-combat-final-des-gilets-jaunes-jupiter-va-affronter-des-moderateu

    Dans ce nouveau genre de mobilisation, où la participation en ligne est toute aussi importante que les blocages sur les ronds-points, les chefs par défaut sont les admins des pages Facebook. Eric Drouet et Priscillia Ludosky sont maintenant tous les deux #admins du groupe La France en colère !!!, qui comprend 250 000 personnes. Dans le groupe des huit, une troisième tête se dégage : le charismatique Maxime Nicolle aka Fly Rider, qui avait été invité chez Cyril Hanouna. Il gère Fly Rider infos blocages, un groupe de 62 000 personnes qui suivent ses #Facebook_live quotidiens.

    S’il fallait tracer les limites d’un ancien et d’un nouveau monde, Emmanuel Macron et Philippe Martinez apparaissent comparés à Eric Drouet et Maxime Nicolle comme la relique d’une époque révolue. Ces deux leaders des #gilets_jaunes renouvellent totalement la manière de gérer un mouvement social.

    Avec eux, tout se passe en direct sur Facebook, via des lives où les deux porte-parole se retrouvent sous un feu nourri de questions et de critiques, auxquels ils répondent toujours, avec un grand calme et une certaine responsabilité (malgré la diffusion parfois de fausses informations).

    On se demanderait presque pourquoi BFM TV ne les diffuse pas en direct à l’antenne. Ces lives n’ont pas moins de pertinence dans le conflit qu’un discours d’Emmanuel Macron ou Edouard Philippe. Alors que, parmi les gilets jaunes, plus personne ne croit au discours des #médias traditionnels, ces Facebook live, et plus largement toutes les vidéos qui circulent sur le réseau, apparaissent comme le seul média fiable.

    Exemple de ces dialogues entre gilets jaunes et leurs #leaders informels. Sur un live de Maxime Nicolle, un internaute lui écrit en commentaire : « Et après ça il faut accepter des milliers de jeunes migrants, j’en ai marre des gens qui se voilent la face et qui se demandent où part le fric des Français. » Très calme, sans cette panique typique du journaliste télé confronté à une question qui sort du cadre, Nicolle lit la question et répond du tac au tac : « L’immigration, elle est due à quoi ? A la France qui vend des armes à des pays qui bombardent les civils. Au lieu de traiter la conséquence en étant raciste contre les immigrés, si tu veux que ça change, faut s’attaquer à la source du problème et arrêter de vendre des armes à ces pays. »

    On peut évidemment douter de cette explication un peu simpliste, mais force est de constater que Maxime Nicolle joue là le rôle d’un corps intermédiaire – typiquement d’un leader syndical – en canalisant la colère populaire, en répondant aux inquiétudes des éléments les plus extrêmes de sa base. Dans les groupes de gilets jaunes, il y a une vraie différence entre le ton posé de ces Facebook lives, fascinants moments de débat public, et la violence parfois affligeante des commentaires.

    Démocratie de l’audience
    Nicolle et Drouet le répètent sans cesse, ils ne sont pas des chefs ou des porte-parole mais de simples « #messagers » de la colère des gilets jaunes qu’ils répercutent sur les plateaux télé ou dans les palais de la République. « Il faut pouvoir informer les gens, expliquait Nicolle dans un Facebook live. Il y a des gens comme moi et d’autres qui font des vidéos parce qu’ils ont des facilités d’élocution, que d’autres n’ont pas. Si nous, on ne le fait pas, personne ne le fera à notre place. » C’est une démocratie de l’audience : le succès de leurs groupes et de leurs Facebook lives leur donne une mission d’information et de représentation par rapport aux autres gilets jaunes.

    Cela a été très peu relevé mais il s’est passé un événement considérable lors de la rencontre entre les deux #représentants des gilets jaunes et François de Rugy mardi soir : la réunion a été diffusée en Facebook live par Eric Drouet, en caméra cachée, sans l’accord du ministre de l’Ecologie.

    Maxime Nicolle le disait dans une vidéo : « Je ne sais pas si je serai convoqué pour aller discuter à l’Elysée mais si c’est le cas, ce sera filmé en direct. Sinon ça ne vaut pas la peine. » Pour les gilets jaunes, une réunion avec le gouvernement ne peut qu’être diffusée en #direct, sinon ils manqueraient à leur obligation de transparence et pourraient trahir, dans l’opacité des négociations politiques, les revendications de la base. La République en marche, le mouvement participatif le moins participatif de tous les temps, incapable de toute transparence, ferait bien de s’en inspirer.

    Sondage sur le groupe Facebook de Maxime Nicolle aka Fly Rider.

    La différence entre un élu politique et un représentant gilet jaune est que ces derniers sont soumis en temps réel à la supervision et à la critique de leurs congénères. On découvre là un séduisant modèle de démocratie directe.

    Contrairement à ce que pensent les gilets jaunes, persuadés que Macron les censure par l’entremise de Facebook, leur meilleur allié s’appelle Mark Zuckerberg. Le mouvement a été sans conteste aidé par le nouvel #algorithme Facebook qui survalorise les contenus de groupes au détriment des contenus postés par des pages (et donc par les médias). Après quelques likes sur un groupe, on se retrouve submergé du contenu de ce groupe dans son fil d’actualités. Le nouvel algo a précipité les gilets jaunes dans une « bulle de filtre » où ils ne voient presque plus que du contenu jaune.

    Cette mise en avant des groupes résulte d’un changement de paradigme de Mark Zuckerberg, qui a décidé, à l’issue d’une tournée dans l’Amérique profonde, de développer la fonctionnalité Groupes du réseau.

    « Connecter ensemble les amis et la famille a été quelque chose très positif, déclarait Zuckerberg en 2017. Mais je pense qu’il y a ce sentiment général que nous avons une responsabilité pour faire plus que cela et pour aider les communautés et aider les gens à être exposé à de nouvelles perspectives et rencontrer de nouvelles personnes – pas seulement donner la parole aux gens, mais aussi aider à construire un terreau commun pour que les gens avancent ensemble. » Qui mieux que les groupes de gilets jaunes ont appliqué la doctrine de Zuckerberg ?

    Le patron de Facebook a pensé la fonctionnalité Groupes comme une manière de désenclaver l’Amérique périphérique : « Je vais aller dans une église et le prêtre va me dire : "Je sais que si une usine ferme dans ma ville, je vais faire de l’aide psychologique à de nombreuses personnes le mois suivant." Quelqu’un doit s’occuper de cela. Les structures qui aidaient les gens sont en train de disparaître. »

    Les admins de #groupe Facebook, dont les prérogatives ne cessent d’être augmentées par Zuckerberg, sont les nouveaux corps intermédiaires, prospérant sur les ruines des syndicats, des associations ou des partis politiques. Ayant méticuleusement fait disparaître ces courroies de transmission entre lui et le peuple, Emmanuel Macron se retrouve maintenant en frontal face à des admins de page Facebook.

    Dans le combat final des gilets jaunes, Jupiter va affronter des modos. Qui vont le filmer en direct en vidéo verticale et n’hésiteront pas à le kickban s’il refuse de donner pièce à leurs revendications. Bonne chance, Manu.

    • La même info devient : « The “Yellow Jackets” Riots In France Are What Happens When Facebook Gets Involved With Local News » sur Buzzfeed News #clickbait
      https://www.buzzfeednews.com/article/ryanhatesthis/france-paris-yellow-jackets-facebook

      Cela dit on a peut-être pas fini d’entendre parler de ce changement d’algo au profit des « groupes » Facebook.

      Facebook Groups are “the greatest short-term threat to election news and information integrity” http://www.niemanlab.org/2018/11/facebook-groups-are-the-greatest-short-term-threat-to-election-news-and-i

      Intéressant O. Ertzscheid, comme d’hab.

      affordance.info: Après avoir Liké, les gilets jaunes vont-ils voter ?
      https://www.affordance.info/mon_weblog/2018/12/les-gilets-jaunes-vont-ils-voter.html

      Difficile d’évoquer la mobilisation en ligne, Facebook et le mouvement des Gilets Jaunes sans convoquer en arrière-plan ce qui s’est passé dans le cadre de la campagne électorale de Trump ou du Brexit et de ce que l’on sait aujourd’hui de la manipulation de l’opinion orchestrée par Cambridge Analytica et du rôle que cela a joué (dans l’élection de Trump et dans le vote pour le Brexit donc). 

      Les Décodeurs du Monde ont repris les listes de revendications « officielles » des Gilets Jaunes et les ont complété par les mots d’ordre revenant régulièrement sur les réseaux sociaux ou dans les manifs pour obtenir une liste d’une cinquantaine de revendications, et les ont placées sur l’échiquier politique « de Mélenchon à Le Pen ». Vous pouvez vous-même voter « oui » ou « non » pour chacune des propositions et comparer cela avec la position des leaders des principaux partis politiques lors de la dernière campagne présidentielle. Bref c’est rigolo et assez instructif. 

      Naturellement, énormément de ces propositions sont apparues, dans Facebook, sous la forme de simples posts isolés et ont généré parfois des centaines de commentaires. Certaines ont aussi fait l’objet de points particuliers lors des différents Facebook Live de Fly Rider, ou d’Eric Drouet et de Priscilla Ludowsky qui sont les principaux « attracteurs » du mouvement sur Facebook depuis leurs comptes et pages respectives.

      Pour Facebook il est donc très facile de très précisément savoir, à l’échelle de chaque profil individuel, qui a liké, commenté, approuvé ou désapprouvé tout ou partie des revendications, et de le faire revendication par revendication, profil par profil, avec un niveau de granularité très fin. Non seulement c’est très facile mais en plus c’est la base de son modèle économique, de son architecture technique, et de ses récents et récurrents ennuis ...

      Ces informations, Facebook est en capacité de les « vendre », à tel ou tel parti politique dans le cadre de n’importe quelle élection. Pour être précis - c’est important - il ne « vendra » pas « le nom de Untel qui a liké telle proposition » mais il permettra à tel annonceur agissant pour tel parti politique ou tel lobby, d’afficher la bonne publicité ou le bon argument au bon moment sur le bon profil pour le convaincre que son candidat soutient cette idée. Bref très exactement ce qui s’est produit dans le cadre du scandale Cambridge Analytica (avec toute les histoires de « dark posts » et autres « shadow profiles ») et qui, sachons-le, va continuer de se produire puisque la seule décision de la plateforme après ledit scandale fut de promettre davantage de transparence.

      #OhWait.

      On a donc, une nouvelle fois un assez gros problème qui se profile à l’horizon pour autant que l’on soit attaché à une version républicaine de la démocratie. Parce que quelle que soit l’issue du mouvement des Gilets Jaunes et indépendamment de sa temporalité propre, il est absolument évident que les prochaines élections en France vont se jouer sur la cinquantaine de thèmes qui sont présentés ici. En commençant par ceux liés au pouvoir d’achat.

      Quelle que soit l’issue du mouvement, la base de donnée « opinion » qui restera aux mains de Facebook est une bombe démocratique à retardement ... Et nous n’avons à ce jour absolument aucune garantie qu’elle ne soit pas vendue à la découpe au(x) plus offrant(s). 

      Pour autant que l’hypothèse sociologique ramenant l’essentiel du mouvement des gilets jaunes aux classes populaires et aux professions intermédiaires soit valide (et je pense qu’elle l’est comme expliqué entre autres par ici), la suite est parfaitement connue, elle est même déjà écrite.

      Le discrédit actuel des partis politiques « non radicaux » étant ce qu’il est, l’espoir de ne pas voir la France basculer sous présidence FN ne repose plus que sur le nombre de faux pas ou d’erreurs de communication que feront les leaders de ce parti fasciste et sur le charisme d’huître de leurs potentiels alliés. La seule alternative possible étant aujourd’hui à chercher du côté de la France Insoumise, à la seule condition que son leader charismatique parvienne à redescendre un peu sur terre.

      Dans mon dernier article sur le sujet je concluais en soulignant la forme « d’émancipation paradoxale » que produisait Facebook en permettant aux Gilets Jaunes d’accéder à un espace, discursif, médiatique, organisationnel et situationnel dont ces gens-là se retrouvaient privés depuis l’effondrement des corps intermédiaires supposés les représenter. 

      Il n’est pas impossible que cette émancipation leur soit également volée parce qu’une nouvelle fois, il faut le dire, le répéter et le comprendre, Facebook facilite autant les révolutions sociales qu’il en compromet la victoire. Et qu’une plateforme commerciale privée se substituant à un espace de débat public a d’abord vocation à instrumentaliser toute forme d’expression singulière ou groupale au service de ses seuls intérêts économiques. 

      Ajoutez à cela le fait que voilà des décennies que l’action politique a privé et amputé les classes populaires et intermédiaires d’un peu de leur pouvoir d’achat et de beaucoup de leur dignité. Considérez également toutes ces années où la parole et la voix de ces mêmes classes populaires et intermédiaires, pour autant qu’on leur ait permis de l’exprimer, a été niée dans son expression même, notamment au moment du référendum européen de 2005. Et puis tant que vous y serez, n’oubliez pas d’ajouter aussi toutes ces années à refuser la proportionnelle et à déconnecter toujours davantage la votation de la représentation pour s’étonner ensuite de la montée des abstentions. 

      Ce que les Gilets Jaunes sont en train de tenter de rebâtir dans une errance politique qui n’est mesurable qu’à l’aune de leur désespérance idéologique c’est, simplement, fondamentalement et essentiellement, un espace réel de revendications. Rien d’autre. Autour de ronds-points qui sont leurs assemblées. Un espace réel de revendications toutes légitimes. Oui. Toutes légitimes car toutes relevant d’un sentiment d’urgence. Et cette urgence est moins celle des fins de mois difficiles que celle d’une dignité à reconstruire. 

      Que la rationalité politique classique et les alcôves classiques du compromis (la fameuse « table des négociations ») paraissent tout à fait inatteignables n’est une surprise que pour ceux qui ont laissé ce fiasco s’organiser tant qu’il leur permettait de préserver leurs intérêts. Chaque plateau télé, chaque débat radiophonique confrontant les moins radicaux des Gilets Jaunes aux plus modérés des représentants politiques l’affirme avec l’évidence d’une formidable claque dans la gueule.


  • Qui a choisi les huit porte-parole des gilets jaunes ? Quelles sont leurs revendications ?
    https://www.crashdebug.fr/actualites-france/15301-qui-a-choisi-les-huit-porte-parole-des-gilets-jaunes-quelles-sont-l

    Priscillia Ludosky, à Torcy (Seine-et-Marne) le 10 novembre 2018. Benjamin Girette. Hans Lucas

    La création d’une « délégation » de huit gilets jaunes a été annoncée ce matin dans un communiqué.

    Question posée par Eric le 26 novembre

    Bonjour,

    Depuis ce lundi, un « communiqué officiel des gilets jaunes » circule sur Facebook. Celui-ci annonce la création d’un comité qui veut rencontrer « le président de la République, le Premier ministre et son gouvernement ». Les huit porte-parole, ou « messagers » sont Eric Drouet, Maxime Nicolle, Mathieu Blavier, Jason Herbert, Thomas Miralles, Marine Charrette-Labadie, Julien Terrier et Priscillia Ludosky.

    Des « porte-parole » et non des représentants

    Comment ont été choisis ces huit porte-parole ? « La délégation a été définie hier soir pendant une visioconférence », à laquelle ont (...)

    #En_vedette #Actualités_françaises


  • #GiletsJaunes : une "non-délégation", "non-élue", de "communicant-e-s" a donc vu le jour samedi #24novembre et a présenté un "communiqué officiel" https://www.facebook.com/maxime.nicolle/posts/10217637190218899 issu d’un sondage qu’ils ont mis en place https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSeQSvmKCLWrG3KfLPihY5ZMPorfXpt_1Q3Mz4BvE-GzCXPtOA/viewform?entry.927807786=oui et qui aurait recueilli plus de 30.000 participations. Il serait intéressant et urgent de voir et pouvoir quantifier les réponses...

    Ce groupe censé pouvoir porter ensuite les revendications qui auront émergé à Emmanuel Macron est issu de la structuration du mouvement sur facebook, et de celleux qui ont tout organisé pour le #17novembre. Suite à la désignation de 44 délégués de régions, ceux-ci se sont concertés à une "trentaine par vision-conférence" pour choisir 8 personnes "représentatives", aux manettes depuis le début, qu’elles soient devant les caméras ou dans l’ombre.

    Aux personnes qui estiment qu’elles ne représentent rien, comme aux personnes qui réfutent les bases brunes de ce mouvement, le nombre d’abonné-e-s, de partages, de groupes TRÈS actifs, de signatures de la pétition basée sur un refus des taxes, etc. donne sérieusement à réfléchir. Nier leur nombre, leur travail, leurs réflexions (quoi qu’on en pense) serait tout aussi insultant que présenter le "peuple" ou l’ensemble des #Gilets_Jaunes sous une seule sensibilité, bête et/ou beauf et partir du principe qu’ils pensent mal par manque de culture politique. Au demeurant, ce #24novembre encore, le nombre de personnes, très sympas, qui expliquent avoir voté Le Pen est assez affolant. Bien sûr aucun-e n’est fiché eStrême, comme le signale la préfecture, biaisant la perception politique, mais dès que les propos vont plus loin, il est bien question de préserver et privilégier les français face à l’immigration, bien plus souvent que face aux multinationales pilleuses, et de pouvoir encore plus consommer...

    J’avais commencé cette publication sous forme de complément à la recension https://seenthis.net/messages/736409 mais vu l’ampleur des éléments à consigner, j’en fais une publication séparée (et qui sera complétée au fur et à mesure, elle aussi)

    La création d’une « délégation » de huit gilets jaunes a été annoncée ce matin dans un communiqué.
    https://www.liberation.fr/checknews/2018/11/26/qui-a-choisi-les-huit-porte-parole-des-gilets-jaunes-que-veulent-ils_1694

    Depuis ce lundi, un « communiqué officiel des gilets jaunes » circule sur Facebook. Celui-ci annonce la création d’un comité qui veut rencontrer « le président de la République, le Premier ministre et son gouvernement ». Les huit porte-parole, ou « messagers » sont Eric Drouet, Maxime Nicolle, Mathieu Blavier, Jason Herbert, Thomas Miralles, Marine Charrette-Labadie, Julien Terrier et Priscillia Ludosky...

    Checknews fait aussi leurs portraits, mais ils sont très très incomplets : https://www.liberation.fr/checknews/2018/11/26/courtier-ex-journaliste-serveuse-portraits-des-huit-porte-parole-des-gile
    L’article de Mariane du 4 novembre donne beaucoup plus d’info sur leurs origines et la structuration du mouvement : "Hausse du carburant et mobilisation du 17 novembre : ne leur dites pas qu’ils sont d’extrême droite !" : https://www.marianne.net/societe/mobilisation-du-17-novembre-des-organisateurs-sans-etiquette-en-lutte-cont

    –-------------------------

    Éric Drouet, créateur de l’évènement du 17 novembre, déjà signalé plusieurs fois comme meneur issu de la fachosphere : https://www.facebook.com/eric.drouet et gestionaire de la page "La France enervée" : https://www.facebook.com/eric.drouet77

    Eric Drouet, gilet jaune ou chemise brune ? :
    http://observatoiredesreseaux.info/2018/11/25/eric-drouet-gilet-jaune-ou-chemise-brune

    si celui-ci se déclare apolitique et n’affiche effectivement aucune appartenance partisane sur sa page Facebook, il y a déjà posté des publications anti-migrants assez typées.

    Il a décidé de se retirer de la "délégation" : https://www.facebook.com/eric.drouet77/posts/118570562427178 mais il appelle au prochain rassemblement "Acte 3 Macron démission" https://www.facebook.com/events/591420981275639 où un sondage montre que la "délégation" n’est pas si bien accueillie que ça : https://www.facebook.com/events/591420981275639/permalink/594110001006737

    –-------------------------

    Maxime Nicolle alias Fly Rider, ancien militaire breton, intérimaire, reçu un peu partout, dont chez Hanouna : https://www.facebook.com/maxime.nicolle (profil visiblement nettoyé, privatisé à l’occasion de sa médiatisation) et gestionnaire du groupe "Fly Rider Infos Blocage" : https://www.facebook.com/groups/113011902965556
    Sauf que deux "porte-parole" du mouvement des gilets jaunes à #Saint-Brieuc s’étonnent de cette nomination car ils ne le connaissent pas.
    Il est spécialiste de l’info-intox-vidéo-virale sur facebook, des heures et des heures à visionner. Malin et déterminé, il prône des méthode d’autogestion et d’horizontalité et il a appris ce qu’il était possible de dire et (à peu près) quand s’arrêter pour ne pas cliver... Décryptage d’une de ses dernières video par Sylvain Ernault : https://twitter.com/SylvainErnault/status/1067115394610200578

    –-------------------------

    Mathieu Blavier : https://www.facebook.com/mathieublavier
    Etudiant en droit (par correspondance ?) devenu entrepreneur (fabricant de jus de pomme) pour financer ses études (tout en poursuivant celles de Mécanicien cellule d’aéronefs ? https://fr.linkedin.com/in/mathieu-blavier-8a0b6a127 )
    Son profil est celui du parfait futur winner, avec plein de pages suivies où lui aussi montre qu’il est fan d’air soft, lui aussi membre de Debout la France et fier d’être français et chrétien, quitte à être prosélyte (https://www.facebook.com/Christianisezvous ...)

    –------------------------

    Jason Herbert : Membre du Conseil National des journalistes de la CFDT-Journalistes (et comme les autres ne le savaient pas, sic, il "va dégager" : https://twitter.com/SylvainErnault/status/1067128957873651714
    Son profil facebook ne montre pas grand chose hormis qu’il aime le sport, les Insoumis, #Fakir et en même temps la République En Marche, et en même temps #Spoutnik et #Ruptly et la dissidence française et... : https://www.facebook.com/herbert.jason
    Son profil professionnel montre son niveau de communicant sur les réseaux : http://fr.viadeo.com/fr/profile/jason.herbert

    –-----------------------

    Thomas Miralles : chef d’entreprise, spécialisé dans la finance. Il s’est présenté en 2014 aux élections municipales sous la bannière Canet Bleu Marine : https://www.lindependant.fr/2018/11/26/le-porte-parole-catalan-des-gilets-jaunes-etait-candidat-sur-une-liste-

    –-----------------------

    Julien Terrier : ancien militaire de l’armée de l’air, fan d’air soft (et d’armes), son profil laisse peu de suspens sur sa sensibilité : https://www.facebook.com/julien.terrier.359
    Présenté par les médias comme le leader du mouvement de #Grenoble, où Il habite dans la banlieue super bourgeoise de Corenc (là où on trouve facilement une piscine par maison, avec vue dégagée sur toute l’agglomération...) ses derniers propos dans le groupe local ne laissent, eux non plus, pas trop de suspens :

    Il est temps de passer à l’attaque, la période pacifiste est révolue car nous ne sommes plus dans un état de droits.

    https://www.facebook.com/groups/602597793476259/permalink/616172352118803

    –-----------------------
    Enfin, les deux seules femmes de la "non-délégation" :
    –-----------------------

    Marine Charrette-Labadie : se présente comme "proche de la de gauche", elle est "très active sur l’aspect organisation", présentée par Libé comme créatrice de la plus grosse page, "La France en colère !!!" , qui en fait s’avère être un groupe rassemblant plus de 200000 abonné-e-s : https://www.facebook.com/groups/277506326438568 (on ne la trouve pourtant pas dans les admin, là aussi elle doit intervenir sous pseudo. Mais elle est jeune, femme (et noire) "ça pose problème à certains. Ils ont du mal à concevoir qu’une femme puisse les conseiller"

    –------------------------

    Priscillia Ludosky : à l’initiative de la pétition « pour une baisse des prix du carburant à la pompe » qui frôle le million de signatures : https://www.change.org/p/pour-une-baisse-des-prix-%C3%A0-la-pompe-essence-diesel
    Elle aussi jeune, femme, noire, elle s’exprime peu sur sa page où elle partage beaucoup d’infos : https://www.facebook.com/priscillia.ludosky

    –------------------------

    Concernant les tous premiers :

    Benjamin Cauchy : sur-médiatisé et rapidement grillé, il a été désavoué et n’est plus porte-parole de sa région ni du mouvement : https://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/haute-garonne/toulouse/toulouse-gilets-jaunes-rejettent-benjamin-cauchy-qui-se
    Pour se venger (et continuer à faire parler de lui) il lance l’association "Les Citrons" (!). Il se définit comme "gaulliste", est encarté à "Debout la France" mais présente un profil bien plus sombre : https://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/haute-garonne/toulouse/toulouse-qui-est-vraiment-porte-parole-gilets-jaunes-be
    Il estime désormais que les "communicants" désignés seraient "proches de la France insoumise". Il dit souhaiter « encore être le porte-parole des GJ » (LCI).
    Il affirme regretter la radicalisation pro-violence d’une partie des GJ (BFM).

    Frank Buhler : lui aussi initiateur du premier rassemblement, lui aussi sur-médiatisé, lui aussi encarté à Debout la France, suspendu du FN pour propos racistes, lui aussi débarqué du mouvement.
    https://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/tarn-et-garonne/montauban/initiateur-gilets-jaunes-franck-buhler-avait-ete-suspen

    Jacline Mouraud, toute première initiatrice, a beaucoup attaquée depuis. Elle indique qu’elle ne s’est jamais présentée comme le « porte-parole des GJ » mais comme le « porte-voix d’une France qui souffre ». https://www.facebook.com/jacline.H/posts/10218435160489800

    #fachosphere #confusionnisme

    • Décryptage (à venir) : Sondage : Propositions en cas de rencontre avec les membres du Gouvernement auquel plus de 30.000 personnes auraient répondu par oui ou non :
      https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSeQSvmKCLWrG3KfLPihY5ZMPorfXpt_1Q3Mz4BvE-GzCXPtOA/viewform?entry.927807786=oui

      1-Transport – Ecologie / Développement d’une Transition écologique viable, réfléchie et durable
      – Réduction de le TICPE ainsi que de la taxe carbone
      – Suppression de projet de loi visant à interdire le Gasoil Non Routier « fioul rouge » (pour les agriculteurs)
      – Interdiction du glyphosate
      – Annulation du projet de loi du biocarburant à l’huile de palme (gaz de schiste, OGM)
      – Abandon du projet de renouvellement du parc automobile français en électrique et mise sur le marché de bio-carburants

      2- Election - Lois - Citoyenneté / Pour que la voix du citoyen soit réellement prise en compte
      Consultation du peuple plus fréquente, par voie de referendum national mais également local
      – Mise en place d’une Assemblée citoyenne participative et renouvelable tous les 6 mois
      – Suppression du sénat (système parlementaire bicaméral)
      – Reconnaitre et comptabiliser le vote blanc aux différents scrutins électoral
      – Promulgation des lois par les citoyens eux-mêmes

      3- Emploi – Entreprises / Augmentation du pouvoir d’achat et revalorisation du travail
      Baisse des charges patronales
      – Augmentation des aides financières publiques pour l’embauche en CDI et CDD ainsi que pour les contrats d’apprentissage (plus particulièrement accentuée pour l’embauche des personnes à mobilité réduite et favorisant les emplois non précaires)
      – Augmentation du smic alloué et revaloriser en conséquence le calcul du quotient familial
      – Exonération des heures supplémentaires (pour encore plus de pouvoir d’achat)
      – Aide au retour à l’emploi ou à la reconversion professionnelle grâce à des formations efficaces et valorisantes
      – Respecter la parité homme/femme : alignement de la qualification et du poste occupé à rémunération égale

      4- Précarité
      – Augmentation des retraites
      – Retraite au calcul identique pour tous
      – Augmentation des aides financières aux étudiants pour l’installation, la mobilité et la culture
      – Réévaluation de l’Allocation pour le logement (APL)
      – Fin des régimes spéciaux (retraite)

      5- Réduction du budget des comptes public
      – Réduction significative des salaires des membres du gouvernement
      – Suppression des privilèges (salaires après mandats, emplois fictifs..)
      – Contrôle des notes de frais des élus
      – Présence physique obligatoire des élus en Assemblée

      DIVERS SUJETS DE SOCIETE
      / EDUCATION - CULTURE – SUCCESSION - SANTE
      Création d’un vrai POSTBAC

      – Inclusion des personnes handicapées dans tous les domaines de la société
      – Accès à la culture pour tous
      – Diminution de l’assistanat
      – Suppression de l’article 80 (ambulanciers)
      – Refonte proportionnelle totale du barème des droits de successions


  • C’est jaune, c’est moche et ça peut vous pourrir la vie… | DEFENSE COLLECTIVE
    https://defensecollective.noblogs.org/post/2018/11/14/cest-jaune-cest-moche-et-ca-peut-vous-pourrir-la-vie

    Pourquoi nous n’irons pas au 17 novembre ?

    Ce 17 novembre n’a pas encore eu lieu que pourtant déjà fleurissent un peu partout des commentaires qui érigent cet appel en « mouvement » . On parle ainsi d’agrégat de colères diverses et variées, de vent de révolte populaire au sens strict du terme, et de formes de mobilisation échappant aux organisations conventionnelles. Un mouvement social aux formes inédites et capable de dépasser la situation sociale actuelle serait en gestation ? Pour l’heure, le moteur et le seul trait commun de l’ensemble des appels à l’action est une grogne antifiscale, devant se manifester par le biais d’un blocage routier…

     

    « On bloque tout » ? On rit jaune…

    Si le terme de « blocage » semble clair pour quiconque a une fois dans sa vie participé de près ou de loin à un mouvement social, dans le cas présent il revêt un aspect pour le moins singulier, notamment en raison de sa date de mise en application : le samedi. Que peut-on espérer concrètement d’un blocage un jour de fermeture de la plupart des entreprises ? Voilà la question qu’on peut se poser en premier lieu. Contre qui espère-t-on imposer un rapport de force si l’on décide d’être le moins nuisible possible pour les patrons ? D’autant plus que l’on voit fleurir parmi les consignes de certains évènements des messages du type « laisser passer ceux qui travaillent », etc.

    Ces modalités d’action n’ont rien d’inédit : elles sont courantes chez les groupements politiques droitiers, les syndicats corporatistes, les petits commerçants défendant la liberté d’exploiter… Dupont-Aignan a plusieurs fois lancé des actions de « blocage » auprès de stations de péage autoroutiers, même chose pour les Bonnets rouges. À chaque fois fut posé en règle de base le respect de la « liberté de travailler » justifiant la date et permettant de créer la distinction à faire avec les mouvements sociaux ; à chaque fois ces actions furent qualifiées d’un prétendu « spontanéisme populaire des gens des périphéries », qui trouveraient par ce biais les moyens de « se faire entendre ». Le « blocage » des gilets jaunes n’en est pas un : il n’a pas pour objectif de perturber l’économie, de mettre en difficulté le patronat, ni de libérer du temps pour s’organiser, mais uniquement de rendre visible une « colère » censée être « apolitique ».

    Le mouvement des gilets jaunes tiendrait également sa spécificité d’une forme d’organisation éclatée « jamais vue ». Il se structurerait informellement autour de Facebook, sans chef identifiable. On tient là le nœud du problème, puisqu’à vouloir prendre pour vérité le miroir déformant d’Internet, on passe à côté des éléments les plus importants d’analyse. Tout d’abord, il est faux de considérer que ce mouvement est un tant soit peu horizontal ou sans chef, c’est un effet de complète dispersion des mots d’ordres qui procure cette impression. Même Libération nous le rappelle : « Dans ces mouvements grassroots venus d’Internet, le chef, c’est l’admin de la page Facebook. Rien de plus. »1 Et tant pis pour les espaces de discussion politiques ou stratégiques, place aux nouvelles formes d’organisation 2.0 !

    En ce qui concerne les gilets jaunes rennais, par exemple, leur espace d’organisation hors Facebook a consisté en tout et pour tout en deux réunions pendant lesquelles les organisateurs de l’événement ont donnés leurs ordres à une petite trentaine de personnes, présentant de longues consignes de sécurité et montrant manifestement que tout était déjà préparé avant la réunion, qui ne servait qu’à galvaniser les troupes (« Vous pouvez applaudir ! »). Pour le fond politique, ils se sont contenté de répéter vaguement le plus petit dénominateur commun entre les membres de leur public, « Marre des taxes ! », et d’insister au final sur le caractère apolitique de la démarche : « C’est un mouvement citoyen » et autres « Si on voit des banderoles, on les arrache ! ». Pour les modes de mobilisation horizontaux et révolutionnaires, on repassera…

    La « France périphérique » s’en va-t-en guerre

    La construction d’un rapport de force contre l’État, via la revendication antifiscale, pour une question de baisse des prix de l’essence n’est pas anodine. Il trouve son sens dans un regroupement populaire formé par la poursuite d’intérêts communs ? Mais ceux-ci s’appuient sur une structuration sociale opposant le « peuple de France » (qui regroupe pêle-mêle entrepreneurs, cadres, commerçants, ouvriers, retraités et employés, en bon ordre interclassiste, et sans distinction de positions politiques bien sûr, on est pas là pour ça) aux élites urbaines coupées des problématiques populaires. En effet le « peuple » conceptuel pointe invariablement son nez quand le rapport de classe passe en arrière-plan.

    Le flou qui en résulte s’exprime aussi notamment dans des référence historiques aux contours douteux, évoquant « le monarque contre la plèbe », les révoltes paysannes sous l’ancien Régime et ainsi de suite. Se sentir obligé d’aller chercher des références datées de plusieurs siècles pour expliquer la source d’un conflit de 2018 laisse songeur. Sans même s’en rendre compte, la plupart des dernières analyses du « mouvement des gilets jaunes », posent comme acquise l’existence d’un « peuple des périphéries » (groupement de bon sens autour d’un « ras le bol de Macron », et du rejet du mouvement social) qui s’oppose aux « bobos des villes » et aux décideurs.

    C’est exactement le schéma de société théorisé et défendu par l’extrême droite, notamment parce qu’il porte en lui la refonte des questions de classes autour de concepts presque exclusivement territoriaux. Ainsi, le monde fonctionnerait autour des salauds « bobos », habitants des villes, ennemis jurés de l’essence, en rupture décadente avec le « passé » du bon peuple de France. Pour sauvegarder ce schéma de société, une barrière morale est érigée autour de la figure du « pauvre de campagne », qui a la vie dure non pas a cause de son patron qui ne le paye pas suffisamment pour qu’il puisse se rendre sur son lieu de travail, mais à cause des taxes, et d’un ennemi aux contours flous, aux allures complotistes. (...)

    https://seenthis.net/messages/735696

    #17_novembre #gilet_jaune