person:eric fournier

  • Les pamphlets antisémites de Céline, Gallimard, l’antisémitisme. Un post FB de Tal Bruttmann, historien qui s’est opposé à cette publication à laquelle l’éditeur a fini par renoncer
    https://www.facebook.com/tal.bruttmann/posts/1409574769170126

    Quand on aura un peu de recul sur l’histoire (entendu comme telle, ses étapes et sa chronologie) sur le projet de réédition des pamphlets de Céline, il fait peu de doutes que pas mal de choses s’en dégageront. Notamment le fait qu’un éditeur majeur estime normal, anodin, de préparer la réédition sans guère de précautions, de textes symboliques d’une période dont on pensait être débarrassé. Mais aussi sur la manière dont l’antisémitisme est analysé par certains, dont l’un des arguments lors de la polémique vient d’être repris par Antoine Gallimard himself, et que l’on peut admirer dans le dernier papier consacré par Le Monde au sujet : « Aujourd’hui, l’antisémitisme n’est plus du côté des chrétiens mais des musulmans, et ils ne vont pas lire les textes de Céline ».
    Rien que ça. Passons sur le fait que si si, les musulmans (les Arabes ?) savent lire, et même que certains lisent des auteurs français, y compris du Céline. Oui parce que les musulmans (les arabes ?) sont français, depuis des générations (des fois ca remonte jusqu’à 1830). Et que dans nombre de pays arabes, où les régimes ont depuis des décennies promus l’antisémitisme élevé parfois en politique d’Etat, c’est aussi en publiant à tour de bras la magnifique production européenne, de Mein Kampf en passant par les Protocoles, en célébrant les « professeurs » Garaudy et Faurisson, inspirateurs d’immenses « penseurs » tels que le général Tlass, ministère de la Défense d’Assad et par ailleurs plumitif de l’antisémitisme.
    L’antisémitisme d’aujourd’hui ne serait donc que le propre des musulmans. Un antisémitisme d’ailleurs sans aucune influence intellectuelle, d’instinct donc et pourquoi pas atavique, après tout.
    En matière d’oeillères racistes, ca se pose là. A ma connaissance, ni Alain Soral, ni Dieudonné M’bala (X2) ne sont musulmans, et pourtant ils constituent les têtes d’affiches d’un antisémitisme qui se porte à merveille. Oui, en effet dans leur auditoire il se trouve des musulmans (des arabes, mais y’a aussi des gens d’origine turque et d’autres). Mais pas que. Et surtout pas une majorité. Parce que le public de Soral et M’Bala (X2) c’est aussi des braves petits gars (et filles) du Poitou ou des Ardennes.
    Oui, des Juifs ont été assassinés par des djihadistes en France récemment. Et certains des djihadistes français, qui ont oeuvré ici ou au Moyen-Orient, n’ont pas été formé dans les Madrassa du Pakistan, mais biberonnés ici, par des discours véhiculés par des Soral and Co. et pas uniquement par un Islam radical qui sait aussi fort bien construire un discours antisémite s’abreuvant à toutes ces sources. Penser que cet antisémitisme là serait déconnecté de l’ensemble de la production antisémite, c’est ne rien connaître à cette histoire. Qui se rappelle aujourd’hui que le site suédois RadioIslam fut un précurseur sur le net de la jonction entre Islam, nazisme, négationnisme tout ceci au service d’un antisémitisme moteur ? On pouvait y trouver là tout les textes antisémites occidentaux que l’on voulait.
    Et oui l’antisémitisme « traditionnel » n’a pas fait de mort ces dernières années. En tout cas pour l’heure.
    Et ? Il n’en est pas moins tout aussi existant. Ce n’est pas « l’antisémitisme des musulmans », c’est l’antisémitisme tout court qu’il s’agit de combattre. Et certainement pas de le réduire à une catégorie de population, qui seule en aurait l’apanage. Parce que rééditer de manière normalisée des pamphlets antisémites en 2018, c’est pas un coup des Musulmans qui savent pas lire.

    Céline, Gallimard, et le choix de l’antisémitisme, Alya Aglan, Tal Bruttman, Eric Fournier, André Loez
    https://bibliobs.nouvelobs.com/actualites/20180104.OBS0154/celine-gallimard-et-le-choix-de-l-antisemitisme.html

    Dans la France de 2018, où l’antisémitisme n’est pas qu’un mauvais souvenir mais une réalité meurtrière, où la confusion idéologique, qui gangrène souvent le débat public, favorise la propagation de cette haine au delà des groupes antisémites patentés, on aurait pu penser qu’un accord minimal se ferait, entre éditeurs, responsables politiques, savants et citoyens, pour juger néfaste la réédition sous une couverture prestigieuse des plus monstrueux textes de haine antijuive publiés dans les années 1930 et 1940 : « Bagatelles pour un massacre », « Les Beaux draps », « L’Ecole des cadavres ».

    Et pourtant, depuis l’annonce d’une telle démarche aux éditions Gallimard, parée des atours du « grand écrivain » Céline, les prises de position se multiplient pour défendre ou valider ce projet, qui ne relève pourtant d’aucune évidence ou nécessité. Autant d’arguments dont nous voulons ici montrer l’inconsistance ou l’hypocrisie. (...)

  • Caméra perdue en territoire de la République
    http://contre-attaques.org/magazine/article/camera-perdue

    Jeudi 22 octobre a été diffusé sur France 3 un documentaire intitulé “Profs en territoire perdus de la République ?”. Celui-ci, dans le contexte post-Charlie, réactive l’approche contestable qui était au fondement de l’ouvrage Les territoires perdus de la République paru en 2002. Dix enseignants des #Quartiers_populaires lui répondent et offrent un autre regard : Vincent Capdepuy, Vincent Casanova, Laurence De Cock, Eric Fournier, Hayat El Kaaouachi, Samuel Kuhn, Fanny Layani, Servane Marzin, (...)

    #Magazine

    / #carousel, #Analyses, #Éducation, Quartiers populaires

  • Dix questions à … Eric Fournier
    http://www.atelierdecreationlibertaire.com/alexandre-jacob/2015/02/dix-questions-a-eric-fournier

    Eric Fournier est historien. Après avoir longtemps enseigné dans le secondaire, il dispense sa connaissance de l’histoire sociale et culturelle du XIXe siècle à l’université de Paris I la Sorbonne et porte un regard singulier et novateur sur cette période « des possibles » qui a vu aussi un honnête jeune homme de Marseille se muer en honnête cambrioleur. Avec l’ébouriffante Cité du Sang, ouvrage illustré par Gil et paru chez Libertalia en 2008, il nous emmène dans l’incroyable monde des bouchers de La Villette au moment de l’affaire Dreyfus. Cinq ans plus tard, Libertalia encore lui permet de livrer une étude lumineuse du souvenir des évènements parisiens de 1871. La Commune n’est pas morte. (...) Source : Alexandre Jacob, l’honnête (...)

  • Histoire : « Il faut prôner le désordre »
    http://cqfd-journal.org/Histoire-Il-faut-proner-le

    A l’heure où l’on réactive le roman national à grand coup de best-sellers, un collectif d’enseignants, Aggiornamento hist-géo, décide de questionner ce rapport « actif et collectif » à l’histoire et les pesanteurs de son apprentissage. Rencontre avec Laurence De Cock, professeure en lycée, Véronique Servat, professeure de collège et Éric Fournier, maître de conférences à la Sorbonne-Paris I. (...) Source : CQFD

    • Eric Fournier :

      En ce printemps 2013, la gauche redécouvre spectaculairement la Commune de 1871 et l’initiative vient d’en haut : du gouvernement, des députés socialistes et des sénateurs communistes. Le 9 mars, à l’occasion de la journée de la femme, Najat Vallaud-Belkacem (ministre du droit des femmes et porte-parole du gouvernement) évoque la possible panthéonisation de Louise Michel , parmi d’autres candidates. Le 18 mars, dans une tribune publiée par Libération titrée « La Commune n’est pas morte », deux députés socialistes parisiens annoncent le dépôt d’une résolution mémorielle pour réhabiliter et faire connaître la Commune [2]. C’est chose faite le 8 avril. La proposition de résolution N° 907, signée par plus d’une centaine de députés socialistes soutenus par leur groupe parlementaire, propose de « rendre justice aux victimes de la répression de la Commune de Paris de 1871 »[3]. Le 25 avril, les 20 sénateurs du groupe communiste républicain et citoyen déposent à leur tour une résolution « pour la réhabilitation de la Commune et des communards » à la haute assemblée[4].
      (...)
      La plupart des idéaux, projets et résolutions attribués ici aux communards n’étaient pas le propre de la Commune mais bien de l’ensemble des républicains avancés du XIXe siècle, avant et après l’insurrection, parfois même des républicains modérés qui gouvernent à partir des années 1880. De surcroît, ces projets n’ont pas été mis en œuvre par les communards, ou alors fort timidement. Certes la brièveté de la Commune et les contraintes de la guerre civile expliquent ces inaboutissements.

      Mais, plus essentiellement encore, si ces projets n’ont pas été développés c’est aussi parce que, de l’aube du 18 mars jusqu’aux derniers combats de la Commune, les insurgés accomplissaient pleinement leur propre horizon d’attente révolutionnaire. La grande affaire de la République « sociale » pour laquelle ce sont levés les hommes et les femmes de 1871 était de se gouverner soi-même. Pour eux la souveraineté ne se délègue pas, elle s’exerce directement, ou le plus directement possible. En 1871, s’entremêlent donc avec force deux temporalités indissociables pour les communards : la lutte pour la souveraineté et l’exercice même de la souveraineté, l’insurrection et son horizon politique. De toutes les révolutions du XIXe siècle, la Commune est celle qui a porté à son point le plus haut cette organisation de la souveraineté populaire, où les représentants ne sont que tolérés par ceux qui les ont élus et où les citoyens entendent participer réellement à l’exercice quotidien du pouvoir.
      (...)
      Il y avait des républicains dans les deux camps et Versailles ne saurait être réduite aux seuls monarchistes majoritaires à la chambre. Autant que la révolution communale, la « semaine sanglante » casse une lisse histoire républicaine.
      (...)
      Pourquoi ne pas envisager une journée de commémoration associant à la Commune à la vigilance citoyenne, à la capacité d’exercer sa part de souveraineté, à l’interpellation populaire ? Une telle initiative romprait avec le ronronnement des commémorations historiques et serait à coup sûr inattendue, disruptive, impromptue — à l’image de la Commune de paris en 1871.

      Voir aussi :
      http://seenthis.net/messages/135521

  • Que reste-t-il de la Commune de Paris ?
    http://www.cqfd-journal.org/Que-reste-t-il-de-la-Commune-de

    Du côté des continuateurs en droite ligne des versaillais, Éric Fournier nous fait découvrir l’édifiant rapport de contre-insurrection du général Voirot en 1932. Ce dernier alerte des risques d’une nouvelle Commune, prête à déferler depuis la proche banlieue cette fois, et qui « menée par un parti communiste parfaitement organisé et discipliné, […] pourrait s’appuyer sur de nombreux Parisiens à l’esprit frondeur, sur les ruraux déracinés, les repris de justice, les étrangers et les “gens de couleur”, notamment les Nord-Africains ». Face à l’imminence d’une guerre de rues des plus féroces, Voirot, visionnaire, va jusqu’à préconiser l’usage du « lance-flammes pour investir les immeubles ». Incendiaire !

    #Commune_de_Paris #histoire