person:fidel castro

  • Nicolas Maduro dit avoir échappé à un attentat, qu’il attribue au président colombien
    https://www.lemonde.fr/ameriques/article/2018/08/05/le-gouvernement-venezuelien-affirme-que-nicolas-maduro-a-echappe-a-un-attent

    https://www.youtube.com/watch?v=Ew0RN8ozA8I

    L’image a été diffusée en direct par la télévision d’Etat vénézuélienne. Nicolas Maduro, entouré de sa femme, de ministres et de hauts gradés militaires, est en plein discours devant ses troupes rassemblées dans la capitale Caracas, samedi 4 août, lorsque, sur l’estrade, le président s’interrompt et lève brusquement les yeux au ciel.

    Immédiatement, le réalisateur passe sur d’autres images, plus neutres, de soldats. Seul le son permet de deviner la confusion qui s’empare des autorités. Puis un mouvement de foule débute parmi les militaires pourtant parfaitement alignés jusqu’alors face au podium. Enfin, la retransmission est brutalement interrompue.

    Selon le gouvernement, il s’agirait d’un « attentat », mené par plusieurs drones chargés d’explosif, et dont la cible ne fait pas de doute pour les autorités. « Il s’agit d’un attentat contre la personne du président Nicolas Maduro », a déclaré le ministre de la communication, Jorge Rodriguez. Selon lui, « une charge explosive (…) a détoné à proximité de l’estrade présidentielle » et d’autres charges ont explosé en plusieurs endroits de la parade.


    • On ne convainc pas les gens en les engueulant... Merci #seenthis de me permettre de découvrir Miguel Benasayag. #liberté (si, si : 2 occurences magnifiques) #engagement_joyeux #cycles #irreversibilité

      Le retour de l’horreur et de la Réaction n’est pas l’échec du #projet. Aucune marche vers l’#émancipation n’est sans retour ; la seule chose qui le soit relève de l’expérimentation, chez les humains — ce qui, dirait Deleuze, « fait jurisprudence ». Autrement dit : une fois qu’on a expérimenté qu’une femme, une seule, peut être médecin, c’est irréversible ; une fois qu’on a expérimenté qu’un Noir, un seul, peut être président des États-Unis, c’est irréversible. Bien sûr, le racisme revient et reviendra, il y aura encore des victimes, mais il y a des nouveaux possibles. Il n’y a pas de marche cumulative vers l’émancipation ; les expériences sont irréversibles au cœur de l’éphémère. Le saisir permet d’éviter la tristesse permanente. Dans notre guérilla contre la dictature, nous avons pris le bunker de Somoza puis nous avons « fait justice », c’est-à-dire qu’on l’a liquidé. (rires) Le Nicaragua est ensuite devenu une sorte de merdouille sans nom, mais il ne faut jamais penser « Tout ça pour ça ». Dans la situation de la dictature de Somoza, la liberté passait par son renversement. Il y a des actes d’émancipation, pas d’état d’émancipation. Fidel Castro, en 1959, lorsqu’il renverse le régime de Batista, c’est l’émancipation ; aujourd’hui, Cuba est une horrible caricature. Le Che disait, et ça semblait une idiotie, qu’un révolutionnaire fait la révolution : on n’est révolutionnaire qu’à l’instant précis de l’acte révolutionnaire. Il n’y a pas de monde de la révolution. C’est notre grand défi : pour gagner de nouveaux possibles, il faut abandonner l’idée de lutte finale, de société de justice. Ça ne produit que de la déception — ou de la dictature, lorsque les « justiciers » triomphent.


  • Un troublant exercice de style !

    Ou comment dissimuler ses partis pris sous le masque trompeur d’une objectivité proclamée.
    A propos d’un article d’Ariane Chemin sur le Média (Le Monde, 3 mars 2018)

    Ariane Chemin est une journaliste que je connais bien. Nous ne sommes pas des amis, mais on discute de temps en temps, il nous est arrivé de déjeuner ensemble et quand l’un appelle l’autre sur son portable, l’autre répond aussitôt. Récemment encore, nous avons parlé de son métier, et comme la plupart de ses confrères qui ont le sentiment de faire honnêtement leur travail, Ariane trouvait fort injuste que les journalistes soient tellement décriés par nos concitoyens. Or il se trouve que le 1er mars dernier, dans le cadre de l’enquête qu’elle menait pour le Monde sur le Média dont je suis l’un des co-fondateurs, elle m’a téléphoné, me demandant de répondre à un certain nombre de ses questions, ce que j’ai fait longuement, sans en écarter aucune. Deux jours plus tard, je lisais son enquête qui me laissait — comment dire ? — perplexe. Ne voulant pas que cette perplexité m’encombre, je vais en rendre compte ici, souhaitant que cela serve éventuellement à expliquer ce qu’il n’est pas toujours illégitime de reprocher aux journalistes : la dissimulation de leurs présupposés et de leurs partis pris sous le masque trompeur d’une objectivité proclamée.

    Beaucoup d’entre nous ont déjà éprouvé ce sentiment étrange quand un article concerne des faits que l’on connaît personnellement. Très souvent, on y trouve un certain nombre d’imprécisions, de confusions, d’erreurs, et on se prend à penser que s’il en est de même pour tous les articles qui traitent de sujets qu’on ne connaît pas ou mal, ce ne serait guère rassurant. C’est assurément exagéré, mais en tout cas, dans l’article d’Ariane Chemin, je dois bien avouer n’avoir rien retrouvé de ce que j’ai vécu au Média et rien non plus de ce que je me suis efforcé de lui raconter pendant plus d’une heure. Pour ne pas infliger au lecteur la liste de tout ce qui cloche à mes yeux dans cet article et ne pas donner l’impression fâcheuse d’être un mauvais coucheur, voire un censeur, je me contenterai de prendre le début, les premières phrases, celles qui donnent le ton, créent l’ambiance et préparent psychologiquement le lecteur à adopter le point de vue spécieux de l’auteur. Car l’article d’Ariane Chemin est un modèle de ce qu’on pourrait appeler, en hommage à Raymond Queneau, un troublant exercice de style.

    Ariane Chemin commence par quelques mots aussi précis qu’un constat d’huissier : « Montreuil, métro Robespierre, lundi 19 février, 9 heures du matin. » Jusque là, rien à dire. Encore que souligner dans un article la station de métro la plus proche de l’endroit dont on parle doit avoir une utilité. Pour ma part, si j’écrivais un article sur BFM, je ne commencerai pas par ces mots : « Paris, métro Porte de Versailles, lundi 19 février, 9 heures du matin. » Evidemment, l’avantage avec la station Robespierre, c’est qu’on peut imaginer par exemple la guillotine et ça tombe bien. Car de quoi s’agit-il tout de suite après ? De décrire justement une scène inquiétante, une scène de procès comme les robespierristes, assoiffés de vengeance et de sang, sont supposés en avoir eu le goût à leur époque.

    Deuxième phrase : « La journaliste Aude Rossigneux a été convoquée la veille par un mail lapidaire. » Dès la deuxième phrase, pas d’hésitation, on comprend bien pourquoi le Média s’est installé à un jet de pierre de la station Robespierre : les mails qu’il envoie ne sont pas concis — ce qui est quand même le cas de bien des messages, textos et autres, que nous nous échangeons —, non, ils sont lapidaires, ce qui est déjà menaçant. Limite angoissant. On imagine le mail lapidaire en question : « Aude, descends à la station Robespierre, emprunte la rue Lénine, puis l’avenue Fidel Castro, et arrive jusqu’à nous. »

    La troisième phrase vaut son pesant de cacahuètes : « Dans la cuisine du Média, au sous-sol des nouveaux locaux de la télé proche des « insoumis », le dos au réfrigérateur, elle cherche à comprendre l’objet de cette réunion un brin solennelle. » Ça, je ne l’aurais pas inventé : « le dos au réfrigérateur ». Aude s’est assise où elle a voulu, on est dans une cuisine, il y a un frigo, et la voilà… le dos au mur, pardon, « le dos au réfrigérateur ». Si elle voulait s’enfuir par là, impossible — elle est prisonnière ! Et comme un lapin pris dans les phares d’une voiture, « elle cherche à comprendre l’objet de cette réunion. » Bon, la rédaction du Média était en ébullition depuis des semaines, Aude était au centre de très vives tensions — il est difficile de croire qu’elle tombait ce jour-là des nues, mais peu importe. Pour paraphraser Hitchcock, « demander à un journaliste qui veut raconter une histoire à sa façon de tenir compte de la vraisemblance est aussi ridicule que de demander à un peintre figuratif de représenter la réalité avec exactitude. » Poursuivons donc notre lecture.

    « De l’autre côté de la table en bois clair, trois hommes lui font face : le psychanalyste Gérard Miller, le réalisateur Henri Poulain, accompagné de son directeur de production et associé, Hervé Jacquet. » On n’est qu’à la quatrième phrase de l’article et j’espère que chacun apprécie le talent de l’auteur : l’angoisse est à son paroxysme, Ariane tient la scène. Aude est seule, alors que le nommé Henri est venu « accompagné » dont ne sait quelle âme damnée. Aude est seule, « le dos au réfrigérateur », alors que « trois hommes lui font face ». Aude est seule et, pétrifiée, « elle cherche à comprendre » ce qui se passe. Le grand Alfred, que je viens d’évoquer, appelait ça l’anticipation. Au cinéma, expliquait-il, un coup de fusil ne fait pas peur. Ce qui fiche la trouille au spectateur, c’est le fait de l’attendre. Et en moins de temps qu’il ne faut pour le lire, Ariane Chemin, en toute objectivité bien sûr, a fait le job : on sait de quel côté de la « table en bois clair » est le côté obscur de la force, on tremble, on s’attend au pire — il viendra.

    Cinquième et sixième phrases : « A quelques tasses de café, enfin, la réalisatrice Anaïs Feuillette, compagne de M. Miller, et tout au bout, Sophia Chikirou. « Comment dire tout ça ? » commence la directrice générale de la chaîne, avant de passer la parole au psychanalyste. » Là, plus de doute, on vit la scène comme si on y était et on entrevoit l’incroyable dispositif mis en place, digne des procès en sorcellerie : face à l’innocence persécutée, Savonarole et ses deux assesseurs, et loin sur le côté (à gauche ou à droite, on ne nous le précise pas) deux femmes, dissimulées derrière des « tasses de café », deux femmes dont l’une, « tout au bout » (curieuse indication : derrière elle, il y a quoi ? la porte de l’enfer ?), dont l’une, « tout au bout » ouvre le bal en prononçant une sentence elliptique, quasiment codée : « Comment dire tout ça ? », avant de replonger dans l’ombre et de céder la parole à l’un des trois hommes.

    Arrive la septième et dernière phrase de cette introduction si peu orientée : « L’ancien « mao » parle « d’embarras », de « mauvaise ambiance », de « quelque chose qui s’est mal emmanché », avant de lâcher : « Aude, on a en tête de te parler de la possibilité que tu quittes la rédaction ». Ah, c’était donc ça : on cherchait du côté de Florence (Savonarole), on était prêt à regarder vers Moscou (Vychinski), il fallait penser à Pékin (Mao). Un des trois hommes était un « ancien mao », reconverti donc dans les médias — tout un programme ! Bon, même dans la description peu flatteuse qui est faite de lui, le procureur rouge semble plutôt embêté et laisse même entendre qu’il s’agit pour Aude de quitter la rédaction, pas le Média, mais foin des nuances — Ariane Chemin peut être satisfaite, elle a produit son effet : en sept phrases, pas une de plus, son exercice de style atteint son but. Elle a décrit un « procès » (c’est le signifiant qu’elle n’hésitera pas à utiliser quelques lignes plus tard) et tout le reste de son article peut être à l’avenant. Partiel et partial, ne laissant entendre qu’un seul son de cloche et faisant le procès du Média tout en lui reprochant d’avoir fait celui d’Aude.

    Allez, je tire ici le rideau. Mais j’ajouterai encore une chose : cette scène mensongère et blessante par laquelle la journaliste-romancière a ouvert son papier, j’y étais — on l’aura deviné, pas elle. Comme Fabrice à Waterloo je n’y ai peut-être pas tout vu, mais je peux en tout cas affirmer que la description d’Ariane Chemin est absolument fausse. Comme elle n’a jamais parlé ni avec Anaïs, Henri, Hervé et Sophia (ont-ils eu tort de se méfier d’elle ?), et que je sais ne lui avoir rien dit qui puisse corroborer ses propos, ou elle a inventé ce qu’elle a décrit, ou elle a repris à son compte, sans recul, sans contre-champ, la description que lui en a faite la sixième personne présente, Aude Rossigneux. C’était tout à fait son droit, bien évidemment, et je ne saurais le lui reprocher. Mais alors, une question : est-ce qu’il n’aurait pas été préférable qu’elle prévienne ses lecteurs de son incroyable parti-pris ? Oh, pas grand chose, juste quelques mots, en petits caractères : « Attention, je vous ai décrit une scène à laquelle je n’ai jamais assisté, mais en faisant comme si j’y étais, et ce pour les besoins de ma démonstration. Je tiens à préciser que cinq sur six des participants présents l’ont vécue tout à fait autrement, mais je m’en fous, car je suis convaincue que j’ai raison et qu’eux ont tort. D’ailleurs, tout mon article est du même acabit. J’enquête, mais au final je juge autrui à mon aune, je n’entends que ce que je veux écouter et je n’écoute que ce qui me convient. Subjectif mon article ? Je l’assume. Honnête ? Je vous laisse juge. »

    Gérard Miller

    https://www.lemediatv.fr/articles/un-troublant-exercice-de-style

    #Ariane_Chemin #Le_Monde #L'Immonde #1er_média_du_système


  • Décès de l’aîné des enfants de Fidel Castro

    Hijo mayor de Fidel Castro se suicidó
    http://www.el-nacional.com/noticias/mundo/hijo-mayor-fidel-castro-suicido_221446

    Fidel Castro Díaz-Balart, de 68 años, hijo mayor del fallecido ex presidente cubano Fidel Castro Ruz y sobrino del actual gobernante, Raúl Castro, se suicidó este jueves, tras atravesar un fuerte estado de depresión, informó la prensa oficial.

    «El doctor en Ciencias Fidel Castro Díaz-Balart, quien venía siendo atendido por un grupo de médicos desde hace varios meses con motivo de un estado depresivo profundo, atentó contra su vida en la mañana de hoy primero de febrero», comunicó el diario oficial Granma.

    De acuerdo con la prensa oficial cubana, como parte de su tratamiento por depresión, «Fidelito» -como se le conocía en el país- «requirió inicialmente un régimen de hospitalización y luego se mantuvo con seguimiento ambulatorio durante su reincorporación social».

    «Al momento de su fallecimiento se desempeñaba como Asesor Científico del Consejo de Estado y Vicepresidente de la Academia de Ciencias de Cuba», detallaron los medios oficiales.

    «Fidelito» fue hijo del dictador cubano con Mirtha Díaz-Balart, su primera esposa. 

    Nacido el 1 de septiembre de 1949, graduado en Física en la ex Unión Soviética, «Fidelito» había ocupado el cargo de Secretario Ejecutivo de la Comisión de Asuntos Nucleares desde 1983 hasta 1992.


  • Chères toutes et tous

    Comme on peut l’apprendre, de temps en temps, en lisant #mon_oiseau_bleu, je travaille en ce moment à un texte intitulé Frôlé par un V1, dont l’une des recherches les plus saillantes est de s’intéresser aux figures de l’invisible. Dit comme cela ça peut paraître un peu mystérieux. Je vous donne un exemple : les standardistes de téléphone qui invariablement se présentent comme Arnaud ou Nathalie (et qui en fait s’appellent Mehdi ou Djemila - ce qui est tellement plus joli ceci dit par ailleurs) et auxquelles on compose des visages fictifs dont on ne saura jamais s’ils ont la moindre part de ressemblance (surtout si on prend pour argent comptant qu’elles s’appellent Nathalie ou Arnaud). Le texte procède beaucoup par petites fiches quand ce n’est pas par petites touches, voici une des fiches.

    Mort de Raymond Samuel Tomlinson (1941 - 2016). Je me souviens que c’est en apprenant sa mort, le 5 avril 2016, que j’ai découvert tout ce que je devais à Raymond Samuel Tomlinson, et ce n’est pas rien quand on y pense, rien moins, en effet, que le courrier électronique, qui est rien moins que ma deuxième drogue de prédilection, après la morphine. Et il faudrait sans doute ici dresser la liste de tant d’illustres dont j’ai paradoxalement appris l’existence le jour de leur mort, des figures de l’invisibilité, des fantômes par excellence.

    Je crois qu’assez nombreuses sont effectivement les personnes dont j’ai découvert l’existence en lisant leur chronique nécrologique. En revanche si je voulais dresser une liste de ces personnes, et bien, je ne me souviens pas d’un seul nom !

    Du coup je me demandais si dans notre belle et riante communuaté d’omniscientes et d’omniscients, il n’y aurait pas quelques-uns de ces fantômes que les unes et les autres pourraient me prêter pour me dépanner dans cet effort de fiction qu’est donc Frôlé par un V1

    D’avance #merci

    • Comme par exemple, ce patron de bar tabac dont une amie m’a annoncé la mort alors que je le connaissais pas. Je l’ai imaginé tout grisouille : la cinquantaine, de taille moyenne, le visage un peu carré, une chevelure courte, légèrement bedonnant, habillé d’une chemise et d’un pantalon gris bleuté. La voix un peu rocailleuse. Sans doute le côté tabac qui ressort :) Je ne connais pas son nom.

    • @james Oui, ça marche à fond. On n’est pas obligé que ce soir la jour-même.

      @odilon Disons que c’est mieux si la personne est effectivement connue d’un panel plus large de personnes, limite célébrité, mais je garde le buraliste en question, qui si cela se trouve était au contraire fort bel homme et gentil comme tout, et avec la chemise parfaitement rentrée dans le pantalon.

    • Je pourrais alors dire « Paul VI ! », mais ce serait un peu hors sujet. Juste que c’est le jour où il est mort que j’ai découvert qu’il y avait un Pape. À l’époque, ça m’a franchement intrigué mais honnêtement, ça ne me hante pas ...

    • @james Je n’en reviens pas. Il se trouve que je fais partie des rares personnes qui l’ont vu vivant une dernière fois alors qu’il tentait d’obtenir du connard de gardien du 22 rue Monsieur le Prince le code pour se réfugier dans la cour intérieure et que nous n’avons pas eu le temps de lui gueuler que c’était le 9573 depuis le fond de la cour, parce qu’il a pris ses jambes à son cou mais pas assez vite puisque les voltigeurs l’ont rattrapé juste après la rue Racine devant le numéro 20 où il y a désormais une plaque à son nom.

    • J’ai vécu un moment, hier, qui se rapproche un peu de ta recherche de fantômes. L’enterrement d’un proche : J-F 1964-2018, dernier oncle maternel de ma fille. J’ai approché ce fantôme que les 12 dernières années de sa vie. (il cumulait une douzaine d’année derrière les barreaux entre entrée et sortie).
      Beaucoup plus que sa mort, c’est son enterrement qui m’a appris la difficulté de se faire enterrer comme indigent. Et fantôme de la bouche de la grand-mère de ses 2 fils, Mehdi & Milhan, qui disait qu’elle avait eue accident, hier, en venant à Rennes (elle a pliée sa voiture, c’est tout) que J-F avait dévié sa trajectoire pour que ses fils ne voient pas son cadavre.
      #bleu_comme_un_cadavre
      Aujourd’hui 4 personnes sur les 9 qui ont assisté et arrosé sa sépulture ont le bruit d’un V1 dans le cerveau.
      J-F lui est une nouvelle fois entre 4 murs et cette fois-ci pour perpète. R.I.P

    • @odilon et @james oui, un chapitre en soi celui des anonymes qui deviennent connus par leur décès qui résulte donc des violences policières. Du coup là je me demande si je ne devrais pas ouvrir une catégorie spécifique.

      Cookie Muller, je ne connaissais pas. Merci @vanderling

      Une fois deplus, et c’est le cas presque à chaque fois que je suscite l’intelligence collective de seenthis, ça débloque pas mal de choses.

    • Ça m’a toujours amusé de me retrouver à habiter des rues portant le nom de total·es inconnu·es : Simone Bigot à Clichy, Louis Vestrepain à Toulouse et maintenant Emile Duployé.

      dans le genre parfaitement inconnu, même mort, sauf quand on doit donner l’adresse !
      et pourtant !

      Duployé wrote a series of books on this subject, whose first edition was named Stenography-Duployé, writing easier, faster and more readable than any other, which applies to all languages (published in Lyon in 1860).

    • Je disais hier que parfois j’ai envie de tuer des gens, les deux filles étaient gênées, j’ai cru que j’allais prendre un couteau. Où est la peur ? le jeu ? J’ai dit qu’au contraire, j’aurais du faire du cinéma, au cinéma on peut mourir pour pas cher, on y tue beaucoup plus que dans la vraie vie, et surtout on ressuscite à chaque fois. Le cinéma est fait par des psychopathes détournés de leur dessein premier, des sortes de gentils dont il faudrait quand même se méfier. Et j’y repense aujourd’hui quand le gars fonce à moitié sur nous avec sa voiture, qu’il crève en enfer me dis-je. Mais bon, il parait que si je questionne pourquoi sa copine était gênée c’est que moi-même je devais connaitre la réponse, qu’elle non plus, jamais de chez grand jamais elle n’a pensé à tuer quelqu’un. Mais penser n’est pas tuer, quand même ? et écrire alors ? Bande d’hypocrites.

    • Mikhaïl Timofeïevitch Kalachnikov
      J’ai appris son existence le jour de la fermeture de l’usine qui fabriquait le fameux AK-47.
      Donc pas vraiment le jour de sa mort, quoi que...
      En réalité, dans son cas la (les) mort ça ne (se) compte pas.
      Et le plus sidérant pour moi fut d’apprendre qu’à la fin de sa vie il aurait mis au point ... un piège à taupes !

      « Au total, Mikhaïl Kalachnikov a créé à peu près cent-cinquante armes diverses. »
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Mikha%C3%AFl_Kalachnikov

    • Merci à toutes et tous. Même si je vais seulement picorer dans vos suggestions, il n’en est pas moins que vous avez ouvert une brêche pour ce qui est des personnes, notamment militantes, anonymes qui ont accédé regrettablement à la notoriété par leur mort, voilà typiquement des fantômes qui ont leur place dans mon récit décousu des Frôlés par un V1 .

      On n’est décidément jamais déçu quand on suscite l’intelligence collective de seenthis .

      Et surtout que ce mot de remerciement ne dissuade personne de continuer de forer dans cette tempête de cerveaux , je suis encore très éloigné d’une forme fermée de mon texte.

      Encore une fois, #merci

    • Peut-être d’autres brêches

      Les militant·es des droits des peuples autochtones, des terres, de l’environnement ayant un certain renom dans leur pays et qui ont été assassiné·es :
      Berta Cáceres militante écolo assez connue au Honduras
      Rodrigo Tot, leader indigène au Guatemala qui avait reçu le Goldman Environmental Prize
      Isidro Baldenegro López, mexicain, Goldman Prize 2005
      Si tu as besoin d’une liste tu peux faire une recherche #assassinat ou #meurtre, j’en ai référencé quelques uns

      Les femmes assassinées par leur compagnon ou leur ex :
      Zenash Gezmu, marathonienne éthiopienne réfugiée en France

      et aussi
      les victimes d’homophobie
      Hande Kader, l’héroïne de la Gay Pride retrouvée brûlée à Istanbul

    • Alain Kan est un chanteur français né à Paris le 14 septembre 1944 et disparu le 14 avril 1990. Sa carrière, qui s’étend du début des années 1960 au milieu des années 1980, est assez atypique, du fait de son passage d’un style à l’autre : d’abord chanteur de variétés, il passe au glam rock puis au punk, gagnant en originalité artistique tout en se marginalisant. De manière inhabituelle pour l’époque, il affirmait ouvertement son homosexualité, à laquelle il faisait référence dans certaines de ses chansons, mais aussi sa toxicomanie qui a contribué à nuire à sa carrière. Vu une dernière fois dans le métro parisien, il disparaît sans laisser de traces.

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Alain_Kan#Disparition
      https://www.discogs.com/fr/artist/493333-Alain-Kan
      #Alain_Kan

    • Bon je vous livre, je vous dois bien ça, l’extrait en question écrit, grâce à ce que je qualifie dans cet extrait-même comme l’intelligence collective de Seenthis.

      Extrait donc de Frôlé par un V1, roman en cours

      Mort de Raymond Samuel Tomlinson (1941 – 2016). Je me souviens que c’est en apprenant sa mort, le 5 avril 2016, que j’ai découvert tout ce que je devais à Raymond Samuel Tomlinson, et ce n’est pas rien quand on y pense, rien moins, en effet, que le courrier électronique, qui est rien moins que ma deuxième drogue de prédilection, après la morphine. Et il faudrait sans doute ici dresser la liste de tant d’illustres dont j’ai paradoxalement appris l’existence le jour de leur mort, des figures de l’invisibilité en somme. L’écrivant, je me suis rendu compte que ce paradoxe relevait presque d’une expression du langage courant, Untel ou Unetelle, c’est la première fois que j’en entends parler, dit-on lors de certains décès, de certaines disparitions. Et il faudrait sans doute ici dresser la liste de tant d’illustres dont j’ai pareillement et paradoxalement appris l’existence le jour de leur mort, des fantômes par excellence. Mais alors, je me suis rendu compte que je n’avais pas d’exemples en tête de tels fantômes, de personnes apparaissant dans mon existence littéralement en mourant, et pourtant je jurerais que de telles personnes sont légions. Je tentais par exemple de parcourir les rayonnages désordres de ma bibliothèque tentant de me rappeler quels seraient les auteurs et les auteures que j’aurais lues, ma curiosité intriguée, pour ainsi dire, par l’annonce de leur décès, mais je me rendais bien compte que je regardais au plus mauvais endroit qui soit, ma bibliothèque qui recèle de morts bien vivants dans mon esprit, et celles et ceux que j’aurais adoptés tout juste post mortem et dont j’aurais lu les livres, parfois avidement, auraient rejoints le corpus quasi familial de mes auteurs et auteures avec lesquelles j’entretiens des relations quasi amicales quand ce n’est pas familiales. Je demandais un peu autour de moi, amis et famille, y compris à celles et ceux de mes proches dont justement je me souvenais qu’ils aient un jour proféré cette étrange parole de la naissance d’une personne à sa mort ― je me souvenais assez distinctement par exemple avoir appris la mort de je ne sais plus qui à B. qui me disait ne pas connaître tel auteur ou telle artiste, mais, pareillement, ces proches, B. compris, étaient comme moi, incapables de donner le moindre exemple, la liste de ces fantômes allait donc être très courte : l’ensemble vide, Ø, un ensemble fantôme en soi. Cela m’a vraiment taraudé quelques jours, je ne supportais plus l’idée que ce livre ne compte pas de ces authentiques fantômes, lesquels étaient en train, tels les fantômes qu’ils sont, de me poursuivre dans mes nuits jusqu’à m’en gâter le sommeil ― il m’en faut peu, on l’a vu, une scène d’égorgement nocturne, un octopode imaginaire...―, jusqu’à ce que j’en vienne à utiliser une de mes bottes secrètes, l’intelligence collective de Seenthis. Je m’explique. Seenthis est un réseau social libre, dont on doit, pour beaucoup, la conception, la réalisation, les nombreuses améliorations et l’entretien à un certain @arno ― toutes les personnes dont il va être ici question vont être appelées par leur nom de profil dans ce réseau social, dans lequel je suis moi-même @philippe_de_jonckheere. Il me faudrait sans doute plusieurs douzaines de pages pour décrire à la fois le fonctionnement de cet édifice mais surtout la très intense vie intelligente et cultivée qui y a cours, sans parler de ses très riches débats. Je donne un exemple malgré tout. L’année dernière ma fille Sarah, en préparant ses épreuves de baccalauréat, rencontrait de véritables difficultés avec ses exercices de cartographies, une épreuve, la cartographie, pour laquelle elle se faisait un souci insigne et je n’étais d’aucune aide pour elle, je m’en rendais bien compte, d’une part la géographie n’a jamais été ma matière forte ― ai-je une matière forte ? ― et par ailleurs je suis un très piètre pédagogue. Pour rire, je faisais remarquer à Sarah que c’était d’autant plus idiot que sur Seenthis je suivais, avec grand intérêt, les travaux de quelques cartographes fameux, @reka, @fil, @simplicissimus, @odilon, @visionscarto et leurs discussions passionnantes qui concernaient beaucoup la visualisation de données ― sujet auquel je trouvais une pertinence remarquable, une vieille marotte à moi : les images sont en train de devenir le langage etc… je vous épargne. « Ah Seenthis…, ton Facebook bio », avait répondu pleine de dédain juvénile Sarah, 18 ans. Vexé, évidemment, je décidais de mettre mon Facebook bio à l’épreuve et m’ouvrais, sur mon compte, @philippe_de_jonckheere, à la fois de l’incrédulité de Sarah ― ce qui fit bien rire et même adopter l’expression Facebook bio ― et, à la fois aussi, de la problématique ― la difficile mémorisation d’une carte qu’il faut ensuite restituer depuis un fond de carte, exercice nettement plus difficile qu’il n’y paraît ―, et quelle ne fut pas la richesse des réponses ― il fut même offert à Sarah une possible leçon particulière par visioconférence avec le célèbre @reka ―, et si j’exagérais un peu, ce que je ne fais pas naturellement, je pourrais pousser jusqu’à dire que grâce à Seenthis, mon Facebook bio, Sarah a finalement obtenu un très belle mention à son baccalauréat ― elle a obtenu la note de 15 sur 20 à son épreuve d’histoire-géographie. Il n’empêche, toutes plaisanteries et exagérations mises à part, il règne sur ce réseau de demi-savants une atmosphère d’intelligence collective et de mise en commun remarquable. Je décidais donc de m’ouvrir de ma difficulté du moment dans l’écriture de mon texte en cours, Frôlé par un V1. Je n’ai pas été déçu du résultat, puisque @odilon, @james, @vanderling, @touti, @alexcorp, @vazy ont participé à une conversation longue de quarante-deux messages, laquelle a été suivie, de près, par @marielle, @line_d, @7h36 et @reka et de laquelle est ressortie une figure particulièrement proéminente de fantômes , auxquels je n’avais pas du tout pensé : les victimes anonymes de violences policières, anonymes un jour, fondus et fondues dans la masse en somme, et parce que tués et tuées par les violences policières, ces personnes accédaient à une forme de notoriété étrange, il n’est que de ce citer certains de leurs noms pour vous faire toucher du doigt cette extraction surnaturelle de la masse indifférenciée de la foule, Malik Oussekine (1964 – 1986) ― le premier exemple donné par @james, qui, comme on va le voir, a résonné très étrangement à mes oreilles ―, Rémi Fraisse (1993 – 2014), Adama Traoré (1992 – 2016) et tant d’autres ― lors du printemps 2016, qui a été un véritable déluge de violence policières, s’est tenue une manifestation à Rennes qui a été elle-même violemment réprimée, et pour cause : les manifestants avaient peint au pochoir sur le pavé les noms des très nombreuses victimes de violence policières en France ― depuis 1945, si mes souvenirs sont bons. Mais le nom de Malik Oussekine cela avait une résonnance toute singulière, dont j’ai tenté en plusieurs endroits de mes différents textes ― dans le Jour des Innocents ( http://desordre.net/bloc/ursula/2014/cinquantaine ) notamment, mais aussi dans la longue lettre que j’ai écrite à Adrien Genoudet à propos de son livre l’Étreinte passage qui est devenu un élément saillant de notre spectacle éponyme ― de dire, justement, le frôlement qui a été le nôtre, Malik Oussekine et moi, et qui est, en soi, la figure du fantôme et du frôlement mêlés, fantôme et frôlement qui sont les deux thèmes de ce texte à propos de ce qui est à peine visible, quand ce n’est pas entièrement invisible. Malik Oussekine était un étudiant contestataire, à juste titre, des lois Devaquet-Monory en décembre 1986 ― et comme j’ai été rattrapé par une tristesse boudeuse, précisément en réglant les droits d’inscription élevés pour l’entrée à l’université de Sarah en septembre dernier, et dont je me souvenais que de tels droits, une telle somme, étaient l’une des mesures prévues par ces lois scélérates, et combattues pour cela, et dont je mesurais qu’elles avaient sans doute toutes été plus ou moins adoptées et mises en application, au fil des trente dernières années, en douceur, si j’ose dire, par les différents gouvernements de droite qui se sont succédés, sans discontinuer depuis décembre 1986, hiver au cours duquel, les manifestants avaient fini par obtenir, fort justement et dans la douleur, l’annulation des fameuses lois Devaquet-Monory (1923 – 2009). À ce titre dans la nuit du 6 au 7 décembre 1986 Malik Oussekine a été poursuivi dans la descente de la rue Monsieur de Prince à Paris par une escouade de voltigeurs ― sur une motocyclette, deux gendarmes, l’un pilote l’engin pendant que le second assis derrière, fait usage de sa matraque, notamment en frappant les personnes qui fuient leur charge dans les jambes, mais pas que dans les jambes, sont-ils maladroits ! Malik Oussekine a tenté de trouver refuge dans la très belle cour intérieure du 22 de la rue Monsieur le Prince mais dont l’accès était barré par un digicode ― le 9573 ―, lesquels n’étaient pas aussi fréquents alors, et que le gardien de cette adresse ― un type immonde de bêtise crasse et dont je dois confesser que j’ai souvent rayé, suis-je maladroit ! la carrosserie de cette voiture qu’il entourait de mille soins attentifs, notamment dans la cour intérieure le dimanche matin (Daphna ironisait souvent que sa femme ne devait pas connaître tant de douceur ― Daphna), et on a beau être étudiant aux Arts Déco, il est admirable à quel point on peut manquer d’imagination, et de compétence graphique, finalement, pour ce qui est des représentations obscènes gravées à la clef sur l’acier, des bites donc ― le gros gardien donc, n’a pas voulu lui donner le code, ce qui a condamné Malik Oussekine à prendre la fuite toujours plus bas dans la rue Monsieur le Prince, il a tout juste eu le temps de traverser la rue Racine avant d’être repris par un duo de voltigeurs et donc battu à mort ― je me souviens qu’Élie, le frère de Daphna, et moi, cruels et jeunes, avons tenté de faire valoir, les jours suivants, auprès de cet abruti de gardien qu’il portait la mort de Malik Oussekine sur la conscience, mais j’ai pu constater à quel point de tels concepts pénétraient imparfaitement l’intelligence si rare chez lui, qui nous a répondu, sans surprise, que tel n’était pas son problème à lui, à l’époque le point Godwin n’existait pas, mais je vous laisse imaginer le genre de reducio ad Hitlerum dont Élie et moi, nous sommes rendus coupables, brodant, sans grande imagination, sur des thèmes arendtiens pas spécialement bien maîtrisés par nous, je ne sais pas pour Élie, mais pour ma part il allait encore se passer de nombreuses années avant que je ne lise Hannah Arendt (1906 – 1975), qu’est-ce qu’on peut être péremptoire quand on est jeune ! Ce dont je me souviens surtout c’est que nous avons hurlé, Daphna et moi, depuis le fond de la cour, que le code c’était le 9573 ― pas une fois que je ne passe dans ce quartier sans que je ne tente, vainement depuis, de composer ce code à quatre chiffres au 22 de la rue Monsieur le Prince, rituel morbide, mais dont je ne peux m’empêcher ―, mais que Malik Oussekine dont j’ai le vague souvenir du visage lointain, souvenir qui ne correspond pas du tout à l’unique photographie connue de lui, comme si dans mon souvenir, vieux de plus de trente ans, son visage avait déjà été partiellement happé par la mort, tandis qu’il ne lui restait plus qu’une minute ou deux à vivre, Malik Oussekine ne nous a pas entendus, nos voix sans doute couvertes par le bruit de la rue et justement celui de la motocyclette qui approchait ― et peut-être aussi, je suis en train de m’en souvenir et de m’en rendre compte en l’écrivant, que Daphna et moi, dans notre précipitation, avons dit la même chose, 9573, de deux manières différents et finalement concurrentes, Daphna à l’américaine, neuf-cinq-sept-trois et moi à la française, quatre-vingt-quinze soixante-treize, concourant, presque autant que le gardien abject, finalement, au drame. Ici je dois aussi expliquer, j’imagine, que Daphna et moi résidions, alors, chez le père de Daphna, qui lui-même résidait ailleurs, dans ce qui avait été l’ancien atelier du photographe touche-à-tout pas forcément génial, André Vigneau (1892 – 1968), atelier dont le père de Daphna avait hérité du bail et dans lequel, aux mains justement de cet André Vigneau, Robert Doisneau (1912 – 1994) avait fait ses classes en photographie, ce dont il gardait un souvenir immuable, qu’il avait été content de partager avec moi, nous l’avons vu, lors d’un vernissage au Palais de Tokyo, du temps où ce dernier était le Centre National de la Photographie, avant d’être désamianté et laissé dans cet état assez lamentable qui est celui d’aujourd’hui et qui sert de façon assez décorative, il faut bien le dire, de décor de pseudo friche industrielle et qui permet sans doute à des artistes en manque de sensations révolutionnaires, tels Thomas Hirschhorn, de nous faire croire à leurs vagues intentions anarchistes, parfaitement cadrées par ailleurs, ce n’est pas l’absence de crépi sur les cimaises qui permet d’annuler l’institution. Mais je m’égare. Il y a, malgré tout, dans mon esprit, souvent désordonné, j’en conviens, des liens de sens quasi directs entre Malik Oussekine et Thomas Hirschhorn, les-quels passent étonnamment par le photographe Robert Doisneau. Et il y aura désormais ce genre de liens distendus et capillotractés dans mon esprit entre Raymond Samuel Tomlinson et Malik Oussekine. À la réflexion ce n’est pas le plus inadéquat des hommages si l’on consi-dère que Raymond Samuel Tomlinson a contribué, grandement ― le courrier électronique est la plus belle des fonctionnalités d’Internet ― à la construction et à l’essor d’Internet, qui est le lieu même de la sérendipité, le passage du coq-à-l’âne, grâce, notamment, aux invraisemblables catapultes que sont les liens hypertextes, l’autre merveilleuse fonctionnalité d’Internet. #merci #Raymond_Samuel_Tomlinson_, comme on dit sur _Seenthis. Sur Internet.

    • Je ne connaissais pas le mot sérendipité @philippe_de_jonckheere je regarde dans le dico, rien. un deuxième rien non plus, doivent être trop vieux.
      https://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%A9rendipit%C3%A9

      La sérendipité est le fait de réaliser une découverte scientifique ou une invention technique de façon inattendue à la suite d’un concours de circonstances fortuit et très souvent dans le cadre d’une recherche concernant un autre sujet.

      sans parler de découverte scientifique, ça m’arrive souvent sur le net et sur @seenthis où je dérape souvent, Je sais d’où je pars sans savoir où je vais et bon dieu, j’adore ça. La merveilleuse glissade.

    • Jusque-là, j’associai @davduf à l’histoire de Malik Oussekine, bien que je ne retrouve pas de traces écrites. Je suppose qu’il a fait un travail de mémoire à ce propos, mais je ne me souviens plus :/

      Maintenant vous serez 2 pour me rattacher à lui. Et par lui, à qui j’etais en 1986...

      Bref, ce fil de discussion provoque en moi un vertige que j’ai du mal à exprimer. De l’inventeur du courrier électronique qu’on oubliera à nouveau dans un certain temps et cet étudiant qu’on ne pourra pas oublier... je ne sais pas comment dire... et pourtant j’aimerais bien...

    • @james

      je ne sais pas comment dire... et pourtant j’aimerais bien...

      Ben tu vois moi cela faisait des années que j’essayais d’en dire quelque chose, ce que j’ai donc déjà essayé de faire, et puis je n’y parvenais pas et c’est finalement toi, qui dans ce post de seenthis , a déclenché cet extrait dans une forme que je trouve enfin satisfaisante, ce dont je te suis reconnaissant.

      Si tu veux on peut échanger sur le sujet en dehors de seenthis par mail (pdj arotruc desordre.net), ce qui serait peut-être plus facile, je sens bien que tu es ému, je le suis également.

      Et si tu es francilien, samedi soir, à 20H, à Beaubourg, Adrien Genoudet et moi lisons l’Etreinte et la lettre que j’ai écrite à Adrien que je ne connaissais pas alors, et dans laquelle il est très brièvement question de la génération Malik Oussekine, c’est gratuit, je crois que cela vaut le jus.

      Amicalement

      Phil

    • @vanderling En fait c’est une traduction littérale de serenpidity en anglais et qui est désormais plus ou moins courament admis en Français. C’était même le plaisir par excellence sur Internet il y a vingt ans (@arno portait encore des culottes courtes) notamment parce que les moteurs de recherche alors n’étaient pas du tout pertinents dans les résultats qu’ils fournissaient, on avait coutume de dire qu’on obtenait pas souvent ce qu’on cherchait et presque toujours ce que l’on ne cherchait pas ou plus.

    • #Patrice_Barrat (https://seenthis.net/messages/667086) et plus généralement, ces personnes dont on regrette de ne pas avoir connu plus tôt le travail ou l’action, car l’on découvre à travers les nécrologies de leurs ami·es qu’elles ont lutté, créé ou vécu de façon magnifique et qu’elles auraient mérité une vraie reconnaissance de leur vivant. Cela me fait aussi songer à #Zoo_Project, dont j’avais eu la chance de découvrir le travail avant qu’il ne soit assassiné, mais qui a eu accès à une notoriété bien plus grande du fait des conditions de sa mort. Ou à #Aaron_Swartz. Comme pour les écologistes assassiné·es qu’@odilon signalait, ces pertes, par suicide ou par assassinat, laissent un profond sentiment d’injustice, de tristesse, de révolte.

    • J’ai lu hier le très beau texte publié sur médiapart à propos de la disparition de Patrice_Barrat que je ne connaissait pas et ça m’a vraiment donné envie d’en savoir plus sur lui. J’ai cherché vainement et engluée dans ce vide, je n’ai pas eu le reflex de poster cette info sur seenthis.

    • Ma séquence « #vu_de_Gelbique » du coup...

      #Semira_Adamu https://fr.wikipedia.org/wiki/Semira_Adamu dont je découvre que l’ignoble meurtre s’est passé il y a presque 20 ans et dont le fantôme me soutient à chaque discussion avec mes contemporains moins ouverts à l’altérité

      #Julie et Mélissa, victimes de la perversion de Marc Dutroux. Deux fillettes dont la disparition avait semé l’émoi, provoqué bien des fantasmes puis fait découvrir que, si l’on peut rire de tout mais pas avec n’importe qui, on peut aussi le regretter durement quand l’incertitude baignée de distance et de pseudo indifférence laisse la place à l’horrible cruauté de la perversion mortelle

      #René_Michaux qui a droit à une brève notice Wikipédia en flamand mais pas en français ! https://nl.wikipedia.org/wiki/Ren%C3%A9_Michaux. Un gendarme passé tout près d’être le héros qui aurait retrouvé les précédentes vivantes et, n’ayant pu l’être, s’est retrouvé anti-héros au coeur des discussions sur la guerre de polices. Il en est mort pendant 13 ans, avant de décéder.

      #Thierry_Lotin, lieutenant de l’armée belge mort au Rwanda avec les 9 membres de son peloton, en 1994 juste au début de ce qui est devenu le génocide.

      #Aaron_Swartz, militant superbe dont le nom m’était vaguement connu jusqu’à ce que la nouvelle de son suicide attire mon projecteur personnel sur son oeuvre militante...

      #Ian_Murdock, créateur et fondateur de Debian et du projet Debian. Un nom connu mais une personne inconnue. Une fiche Wikipedia tellement courte pour une trace tellement grande dans le monde du libre.

      Merci @odilon d’avoir attiré mon regard sur ce fil riche :-)


  • Face au danger nucléaire, les effets d’un discours expert désinvolte
    https://theconversation.com/face-au-danger-nucleaire-les-effets-dun-discours-expert-desinvolte-

    L’intuition de l’immensité de la dévastation causée par les armes nucléaires invite un inconfort qui se traduit par un désir de contrôle et de connaissance. Ce désir se mue souvent en une foi dans le discours autorisé qui affirme contrôle et connaissance. En d’autres termes, on se réfugie derrière l’apparente solidité de l’absence d’explosion nucléaire à l’issue de la crise de Cuba ou d’autres.

    Les contingences indépendantes du contrôle des acteurs et les défaillances des pratiques de contrôle qui n’ont pas conduit à une explosion nucléaire, voire l’ont empêchée, ont un nom : la chance.

    La recherche a aussi établi que les cadres intellectuels des « experts » les rendent aveugles au rôle possible de la chance. Or cet aveuglement n’est ni un fondement solide pour juger du rôle de la chance ni une fatalité. Personne ne dit que seule la chance a empêché l’emploi des armes nucléaires, mais le fait qu’elle a été nécessaire – ne serait-ce que dans certains cas – devrait suffire à nuancer ces affirmations de contrôle et à inaugurer un programme de recherche susceptible de décider de son rôle dans l’histoire nucléaire globale.

    La tentation poétique : « La bombe nous protège parce qu’elle nous menace »

    Cette phrase perpétue, sur un mode poétique, l’idéologie dominante, sans se soucier d’offrir des preuves. Elle postule que la menace nucléaire suscite de la peur et que cette peur entraîne de la prudence de la part des décideurs. Or, la recherche empirique a montré, à partir de sources primaires, qu’aucun de ces deux postulats n’était aussi vrai qu’il n’y paraît.

    Ainsi, au moment de la crise de Cuba, la peur a été très limitée en France, alors que le pays était très vulnérable, et les dirigeants qui ont eu le plus peur, tel Fidel Castro, n’ont en rien manifesté de la prudence. Ils ont, bien au contraire, poussé dans le sens de l’escalade.

    L’obscénité de la normalisation : accepter le risque nucléaire comme le risque automobile

    L’analogie entre l’acceptation du danger nucléaire et celle du risque automobile est trompeuse et biaisée quant à ce que l’on peut connaître, les conséquences attendues de la catastrophe et la construction de la responsabilité à cet égard.

    Ce que l’on peut connaître : la mesure du risque automobile s’appuie sur un univers de données exhaustif et de très grande ampleur dans le temps et dans l’espace, accepté par experts et contre-experts. Au contraire, la mesure du risque nucléaire s’appuie sur un nombre très limité d’événements au sujet desquels les officiels ont menti, pour lesquels le secret d’État demeure un obstacle à la connaissance et sur lequel les experts surestiment la suffisance et la validité de leur connaissance.


  • A Moscou, les espions se pressent à l’exposition sur le maître #Kim_Philby
    http://www.lemonde.fr/europe/article/2017/09/15/a-moscou-les-espions-se-pressent-a-l-exposition-sur-le-maitre-kim-philby_518

    Le fauteuil du maître-espion, placé à côté d’un gros poste de radio, est exposé comme une relique. Les cigares que lui a offerts Fidel Castro sont dans une vitrine, le compte rendu dactylographié de sa première visite au quartier général des services de renseignement soviétiques, en 1977, dans une autre. Cette année-là, quinze ans après s’être réfugié à Moscou, Kim Philby, l’un des plus célèbres agents britanniques recruté par le #KGB, met enfin, physiquement, les pieds chez son employeur.

    « Chers camarades, commence-t-il en anglais (il ne parlait pas russe). Mon voyage a débuté dans un parc de Londres par un après-midi ensoleillé il y a 43 ans. Durant ce long parcours, j’ai eu des pass officiels dans sept QG de renseignement, 4 britanniques et 3 américains, aussi je peux affirmer que c’est la huitième organisation majeure que j’ai réussi à pénétrer. »

    Dans les bâtiments rénovés de la Société russe historique de Moscou, ce 15 septembre, la visite de la première exposition toute entière consacrée à un espion soviétique est commentée par « l’élève » de Kim Philby, le colonel Mikhaïl Bogdanov, qui entraîne dans son sillage Sergueï Narychkine, patron des services de renseignements extérieurs russes.
    […]
    En pleine crise russo-américaine, alors que les accusations d’ingérence et d’espionnage pleuvent sur le Kremlin, sans doute faut-il voir dans cette exposition inédite un message : la Russie assume son passé, et son présent.


  • Meyer Lansky - Cuba
    https://en.wikipedia.org/wiki/Meyer_Lansky

    After World War II, Luciano was paroled from prison on the condition that he permanently return to Sicily. However, Luciano secretly moved to Cuba, where he worked to resume control over American Mafia operations. Luciano also ran a number of casinos in Cuba with the sanction of Cuban president General Fulgencio Batista, though the US government succeeded in pressuring the Batista regime to deport Luciano.

    Batista’s closest friend in the Mafia was Lansky. They formed a renowned friendship and business relationship that lasted for a decade. During a stay at the Waldorf-Astoria in New York in the late 1940s, it was mutually agreed upon that, in exchange for kickbacks, Batista would offer Lansky and the Mafia control of Havana’s racetracks and casinos. Batista would open Havana to large scale gambling, and his government would match, dollar for dollar, any hotel investment over $1 million, which would include a casino license. Lansky would place himself at the center of Cuba’s gambling operations. He immediately called on his associates to hold a summit in Havana.

    The Havana Conference was held on December 22, 1946, at the Hotel Nacional. This was the first full-scale meeting of American underworld leaders since the Chicago meeting in 1932. Present were such figures as Joe Adonis and Albert “The Mad Hatter” Anastasia, Frank Costello, Joseph “Joe Bananas” Bonanno, Vito Genovese, Moe Dalitz, Thomas Luchese, from New York, Santo Trafficante Jr. from Tampa, Carlos Marcello from New Orleans, and Stefano Magaddino, Joe Bonanno’s cousin from Buffalo. From Chicago there were Anthony Accardo and the Fischetti brothers, “Trigger-Happy” Charlie and Rocco, and, representing the Jewish interest, Lansky, Dalitz and “Dandy” Phil Kastel from Florida. The first to arrive was Lucky Luciano, who had been deported to Italy, and had to travel to Havana with a false passport. Lansky shared with them his vision of a new Havana, profitable for those willing to invest the right sum of money. According to Luciano’s evidence, and he is the only one who ever recounted the events in any detail, he confirmed that he was appointed as kingpin for the mob, to rule from Cuba until such time as he could find a legitimate way back into the U.S. Entertainment at the conference was provided by, among others, Frank Sinatra who flew down to Cuba with his friends, the Fischetti brothers.

    In 1952, Lansky even offered then President Carlos Prío Socarrás a bribe of U.S. $250,000 to step down so Batista could return to power. Once Batista retook control of the government in a military coup in March, 1952 he quickly put gambling back on track. The dictator contacted Lansky and offered him an annual salary of U.S. $25,000 to serve as an unofficial gambling minister. By 1955, Batista had changed the gambling laws once again, granting a gaming license to anyone who invested $1 million in a hotel or U.S. $200,000 in a new nightclub. Unlike the procedure for acquiring gaming licenses in Vegas, this provision exempted venture capitalists from background checks. As long as they made the required investment, they were provided with public matching funds for construction, a 10-year tax exemption and duty-free importation of equipment and furnishings. The government would get U.S. $250,000 for the license plus a percentage of the profits from each casino. Cuba’s 10,000 slot machines, even the ones that dispensed small prizes for children at country fairs, were to be the province of Batista’s brother-in-law, Roberto Fernandez y Miranda. An Army general and government sports director, Fernandez was also given the parking meters in Havana as a little something extra. Import duties were waived on materials for hotel construction and Cuban contractors with the right “in” made windfalls by importing much more than was needed and selling the surplus to others for hefty profits. It was rumored that besides the U.S. $250,000 to get a license, sometimes more was required under the table. Periodic payoffs were requested and received by corrupt politicians.

    Lansky set about reforming the Montmartre Club, which soon became the “in” place in Havana. He also long expressed an interest in putting a casino in the elegant Hotel Nacional, which overlooked El Morro, the ancient fortress guarding Havana harbor. Lansky planned to take a wing of the 10-story hotel and create luxury suites for high-stakes players. Batista endorsed Lansky’s idea over the objections of American expatriates such as Ernest Hemingway and the elegant hotel opened for business in 1955 with a show by Eartha Kitt. The casino was an immediate success.[18]

    Once all the new hotels, nightclubs and casinos had been built Batista wasted no time collecting his share of the profits. Nightly, the “bagman” for his wife collected 10 percent of the profits at Trafficante’s interests; the Sans Souci cabaret, and the casinos in the hotels Sevilla-Biltmore, Commodoro, Deauville and Capri (part-owned by the actor George Raft). His take from the Lansky casinos, his prized Habana Riviera, the Nacional, the Montmartre Club and others, was said to be 30 percent. What exactly Batista and his cronies actually received in total in the way of bribes, payoffs and profiteering has never been certified. The slot machines alone contributed approximately U.S. $1 million to the regime’s bank account.

    Revolution

    The 1959 Cuban revolution and the rise of Fidel Castro changed the climate for mob investment in Cuba. On that New Year’s Eve of 1958, while Batista was preparing to flee to the Dominican Republic and then on to Spain (where he died in exile in 1973), Lansky was celebrating the $3 million he made in the first year of operations at his 440-room, $18 million palace, the Habana Riviera. Many of the casinos, including several of Lansky’s, were looted and destroyed that night.

    On January 8, 1959, Castro marched into Havana and took over, setting up shop in the Hilton. Lansky had fled the day before for the Bahamas and other Caribbean destinations. The new Cuban president, Manuel Urrutia Lleó, took steps to close the casinos.

    In October 1960, Castro nationalized the island’s hotel-casinos and outlawed gambling. This action essentially wiped out Lansky’s asset base and revenue streams. He lost an estimated $7 million. With the additional crackdown on casinos in Miami, Lansky was forced to depend on his Las Vegas revenues.

    ...

    When asked in his later years what went wrong in Cuba, the gangster offered no excuses. “I crapped out,” he said. Lansky even went as far as to tell people he had lost almost every penny in Cuba and that he was barely scraping by.

    ...

    Since the warming of relations between the United States and Cuba in 2015, Lansky’s grandson, Gary Rapoport, has been asking the Cuban government to compensate him for the confiscation of the Riviera hotel that his grandfather built in Havana.

    #Cuba #USA #mafia #histoire


    • De 1962, année de son indépendance, et jusqu’en 1974, l’Algérie aide activement les mouvements anticoloniaux et les révolutionnaires du monde entier. Avec son sens de la formule, Amilcar Cabral, le fondateur du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC) qualifiera le pays de « Mecque des révolutionnaires ». Dirigée par le tandem Ahmed Ben Bella (à la présidence) et Houari Boumediene (au stratégique ministère de la Défense), l’Algérie jouit alors du prestige d’une indépendance acquise par les armes. Suivant l’inspiration de Fidel Castro et du Che, qui réserveront à Cuba un accueil triomphal à Ahmed Ben Bella, le pays s’impose comme le leader des aspirations des peuples du tiers-monde. Le régime apporte un soutien total aux opposants qui viennent à lui, aussi bien moral que diplomatique et financier.

      Du Che aux Black Panthers

      Grâce à un habile montage d’archives, ce film revisite la décennie prodigieuse, et méconnue, au cours de laquelle la plupart des opposants à la colonisation et au racisme, du Che aux Black Panthers – en passant par les indépendantistes bretons ! –, feront escale dans une capitale algérienne effervescente, rebaptisée « Alger la rouge ». Même après le coup d’État de Boumediene en 1965, le pays poursuivra sur cette lancée. Si cette politique finira par évoluer au mitan des années 1970, elle restera un sujet de fierté pour le peuple algérien. Après sa libération, en 1990, près de trente ans après s’être entraîné avec les fellagas, Nelson Mandela leur rendra un vibrant hommage et déclarera : « L’Algérie est mon pays. »

      http://www.arte.tv/fr/videos/055150-000-A/alger-la-mecque-des-revolutionnaires-1962-1974
      #Algérie #Ernesto_Guevara #décolonisation #OLP #Nelson_Mandela


  • Le mouvement trotskyste et la révolution cubaine | Lutte de classe, le mensuel de Lutte Ouvrière
    http://mensuel.lutte-ouvriere.org//2017/01/22/le-mouvement-trotskyste-et-la-revolution-cubaine_75205.html

    a mort de Fidel Castro, le 25 novembre dernier, a été l’occasion pour la majorité des médias de déverser leur fiel sur le régime né de la révolution cubaine de 1959. Pour des commentateurs défendant le point de vue des possédants, le régime castriste n’est qu’une méprisable dictature puisqu’on n’y vote pas ; ils oublient que, si on vote aux États-Unis, le président peut être élu avec trois millions de voix de moins que sa rivale. Et personne n’a relevé que, malgré l’embargo et la disparition de l’aide soviétique, Cuba reste au 67e rang dans le classement de 188 pays en fonction de leur indice de développement humain et, mieux encore, au 30e rang pour l’éducation et au 33e pour l’espérance de vie. Ces résultats, très enviables pour la plupart des pays du monde, y compris les États-Unis, expliquent à la fois l’élan populaire manifeste lors des obsèques du dirigeant cubain et la hargne des puissances impérialistes...


  • Bilan de la révolution, quel avenir pour Cuba après la disparition de Fidel ?
    http://universitepopulairetoulouse.fr/spip.php?article893

    L’Université Populaire de Toulouse et le comité France Amérique Latine invitent Janette Habel le mercredi 18 janvier à 20H30 au Bijou, 123 avenue de Muret, Toulouse. Janette Habel, qui a bien connu Fidel Castro, est sans doute la meilleure spécialiste de la question cubaine, dont elle fut une militante à la fois engagée et critique. Ci dessous un article publié dans Politis le Hors série n°65 Révolution (...)

    #International

    http://universitepopulairetoulouse.fr/IMG/pdf/cuba320.pdf


  • 1898 : comment les USA violèrent Cuba et les Philippines
    http://www.dedefensa.org/article/1898-comment-les-usa-violerent-cuba-et-les-philippines

    1898 : comment les USA violèrent Cuba et les Philippines

    On a beaucoup parlé de Cuba à cause de la mort de Fidel Castro, on parle aussi des Philippines, devenues rétives avec un président considéré incontrôlable par « l’opinion » occidentale.

    J’ai déjà rappelé la formule de l’historien Joseph R Stromberg : « il n’est pas une situation dans le monde que l’intervention du gouvernement américain ne puisse aggraver ». Stromberg a une deuxième loi : « tous les pays que les Américains veulent sauver les détestent. » Et de citer Cuba, l’Irak, le Nicaragua, la terre de l’United Fruit…

    Quelle ingratitude tout de même !

    Prenons l’exemple de Cuba et des Philippines que Mr Stromberg a étudié dans un texte exceptionnel (1). Cuba, terre du castrisme ; les Philippines, terre du président rebelle Dutarte. Dans les deux cas, une (...)


  • A propos des morts célèbres de 2016, je reviendrai (oui, oui) sur celle de George Michael, mais on n’a pas parlé ici, je crois, de celle de Pierre Barouh, le 28 décembre 2016.

    Figure sympathique et discrète, mais qui a fait beaucoup pour la chanson française et brésilienne en France, auteur de la musique de Un Homme et Une Femme, il a utilisé cet argent pour faire découvrir la Bossa Nova, des chansons et des artistes brésiliens, mais surtout pour créer la maison Saravah (« Il y a des années où l’on a envie de ne rien faire ») qui a lancé plein de jeunes musiciens, dont Jacques Higelin, Brigitte Fontaine, Areski Belkacem, Pierre Akendengué, Naná Vasconcelos, Maurane, Allain Leprest ou Bïa...

    J’adore sa version française de Samba Saravah où il s’explique à ce sujet :
    https://www.youtube.com/watch?v=nkTdcO-ps8I

    –Musique : Natalie Cole (morte en fait le 31 décembre 2015), Otis Clay, David Bowie, Blowfly, Maurice White, Gianmaria Testa, Gato Barbieri, Prince, Alan Vega, Papa Wemba, Billy Paul, Leonard Cohen, Leon Russell, Sharon Jones, Joe Ligon, George Michael, Pierre Barouh, Candy Kane, Bernie Worrell, Mack Rice, Buckwheat Zydeco, Phil Chess, Lonnie Mack, La Velle, Wayne Jackson, Chips Moman, Scotty Moore, Toots Thielemans, André Clergeat, Michel Delpech, George Martin, Kashif, Phife Dawg, Rod Temperton...
    –Dessin : Siné, Chimulus, Puig, Gotlib, Mix-et-Remix, Ted Benoit, Annie Pootoogook...
    –Autre : Mohamed Ali, Dario Fo, Fidel Castro, Marc Riboud, Leila Alaoui, Abbas Kiarostami, Pierre Étaix, Pierre Tchernia, Bill Nunn, Harper Lee, Jean-Pierre Bony, Adama Traoré, Abdirahman Abdi, Roland Agret, Afeni Shakur...

    https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9c%C3%A8s_en_2016
    https://en.wikipedia.org/wiki/Category:2016_deaths

    #Musique #Pierre_Barouh #died_in_2016 #mort_en_2016


  • Conférence-débat : « Bilan de la révolution, quel avenir pour Cuba après la disparition de Fidel ? »
    http://universitepopulairetoulouse.fr/spip.php?article868

    L’Université Populaire de Toulouse invite Janette Habel le mercredi 18 janvier à 20H30 au Bijou, 123 avenue de Muret, Toulouse. Janette Habel, qui a bien connu Fidel Castro, est sans doute la meilleure spécialiste de la question cubaine, dont elle fut une militante à la fois engagée et critique. 1959-2016 : comment mettre en perspective la révolution cubaine plus d’un demi-siècle après sa victoire ? Le 1er janvier 1959, la dictature de Batista s’effondrait sous les assauts conjoints de la guérilla (...)

    #Programme_d'activités

    / #article_une


  • « Ce qui a été omis à la mort de Fidel Castro » par Noam Chomsky | Investig’Action
    http://www.investigaction.net/ce-qui-a-ete-omis-a-la-mort-de-fidel-castro-par-noam-chomsky

    « Les réactions à la mort de Fidel Castro diffèrent selon l’endroit du monde où vous vous trouvez. Par exemple, en Haïti ou en Afrique du Sud, c’était une figure très respectée, une icône, et sa disparition a suscité une grande émotion.
    « Aux États-Unis, l’ambiance générale a été résumée par le premier titre du « New York Times », lequel indiquait en substance : « Le dictateur cubain est mort ». Par curiosité, j’ai jeté un oeil aux archives de ce journal pour voir combien de fois ils avaient qualifié le roi d’Arabie saoudite de « dictateur ». Sans surprise, il n’y avait aucune occurrence…



  • LE PARTI "COMMUNISTE" CUBAIN CONTRE-RÉVOLUTIONNAIRES

    Contre-révolutionnaires d’hier, d’aujourd’hui et de toujours : le Parti « Communiste » cubain, avec Machado, Batista, Castro
    (Groupe Communiste Internationaliste – 1996)
     
    L’action contre-révolutionnaire du Parti « Communiste » cubain, le parti unique du régime castriste, ne commence pas au moment où Fidel Castro se proclame « marxiste-léniniste ». Dès 1923, il fonctionne en tant que « Regroupement Communiste » aux ordres du stalinisme international. Comme toujours et partout dans le monde, à chaque moment décisif, ces « marxistes-léninistes » se sont situés contre les intérêts tant immédiats qu’historiques du prolétariat. A Cuba, il y a trois moments décisifs où la dictature générale du capital a concentré sa tyrannie contre le prolétariat et où le terrorisme d’Etat a atteint un niveau extrême : sous Machado, sous Batista et sous Castro. Et à chaque fois, les « marxistes-léninistes » cubains ont abandonné les luttes ouvrières et se sont mis aux ordres du tyran de service.
     
    L’absolutisme de Gerardo Machado y Morales se caractérise par la persécution, l’emprisonnement et l’assassinat de militants ouvriers comme Alfredo López (secrétaire de la Fondation Ouvrière de La Havane), Enrique Varona, Duménico, Cúxar,… Contre cette tyrannie, la classe ouvrière lance une gigantesque bataille dont le moment culminant sera la grève générale déclenchée le 28 juillet 1933 et qui se généralise immédiatement à l’ensemble du pays. Le 7 août, en plein milieu de cette bataille, les staliniens, en échange de la légalisation du parti « communiste » et de leurs organismes syndicaux par Machado lui-même, donnent l’ordre de reprendre le travail. Les documents signés par le stalinien Cesar Villar au nom de la Confédération Nationale Ouvrière de Cuba (agence de la Confédération Syndicale Latino-Américaine de Montevideo) seront affichés par la police de Machado elle-même sur les colonnes des édifices, les lampadaires et sur les arbres dans les parcs des différentes villes. En dépit des appels au calme, la grève et l’action directe se poursuivent et, le 12 août, alors que le pays est au bord de la guerre civile, Machado prend la fuite accompagné de plusieurs membres éminents de son entourage : des ministres, des hauts fonctionnaires de la police et des chefs militaires responsables directs de la répression. Précisons que durant ses 8 années de tyrannie, Machado a pu compter sur le soutien de l’Amérique du Nord, et qu’au plus fort de la grève, l’île fut encerclée par des cuirassés nord-américains. Mais, comme cela s’est passé en d’autres occasions, le gouvernement américain décida rapidement de changer de cap, et Sumners Wells, l’envoyé de Roosevelt, prit soudainement fait et cause pour l’opposition démocratique, une formule de rechange qui finit par s’imposer.
     
    Un peu plus tard, c’est face à Batista que les staliniens s’agenouillent. Celui-ci permet d’abord à Juan Martinello d’organiser le Parti de l’Union Révolutionnaire en échange d’une collaboration secrète. Ensuite, il autorise la sortie du journal stalinien Hoy. En 1938, le Parti « Communiste » déclare en séance plénière que Batista « n’est plus le point focal de la réaction mais le défenseur de la démocratie ». C’est le résultat de la stratégie stalinienne internationale de Front Populaire appliquée ouvertement dans l’île. Suite à cette déclaration, Blas Roca (déjà secrétaire du Parti « Communiste » Cubain) et Batista se rencontrent ; en septembre 1938, ce dernier légalise le « communisme ». Le Parti de l’Union Révolutionnaire, dont la raison d’être disparaît, se dissout au bénéfice du « communisme » et, pour effacer aux yeux du prolétariat sa collaboration totale avec les différents dictateurs, il décide de changer de nom et devient le PSP : Parti Socialiste Populaire. Lors de la campagne électorale de 1940, Batista bénéficie du soutien inconditionnel des staliniens cubains qui appliquent à la lettre la politique de Front Populaire dictée par Moscou ; en échange de quoi certains de ces staliniens, tel Juan Marinello et Carlos Rafael Rodríguez, seront (déjà) nommés ministres.
     
    Avant les élections de 1940, la position des staliniens cubains était la suivante : « Fulgienco Batista y Zaldívar, cubain à 100 pour 100, défenseur jaloux de la libre patrie, tribun éloquent et populaire… autorité de notre politique nationale, idole d’un peuple qui pense et veille à son bien-être… homme qui incarne les idéaux sacrés d’un Cuba nouveau et qui, par son action démocrate, s’identifie aux nécessités du peuple, recèle en lui-même le sceau de sa valeur. » Il faut savoir que ceux qui chantent à ce moment-là les louanges de Batista (les Blas Roca, Carlo Rafael Rodrígues, etc.) encenseront plus tard Fidel Castro et deviendront ses ministres. Le 28 janvier 1941, Blas Roca écrit : « Nous resterons fidèles à la plate-forme de Batista dans son entièreté. » Et quelques jours plus tard, c’est Juan Marinello qui déclare : « Les seuls hommes loyaux à la plate-forme de Batista sont ceux qui militent au sein de l’Union Révolutionnaire Communiste. » Mais cet amour entre les staliniens et le dictateur Fulgencio n’est pas à sens unique. Le militaire sait reconnaître les extraordinaires services rendus par le Front Populaire. Ainsi, Batista dira par exemple : « Cher Blas… je suis heureux de te ratifier ma conviction sur l’efficace et loyale coopération que mon gouvernement a reçu et vient encore de recevoir de la part du Parti Socialiste Populaire, de ses dirigeants et de ses masses. »
     
    Le Parti Socialiste Populaire, légalisé et reconnu comme parti syndical de l’Etat, dispose maintenant de toutes sortes de moyens et se développe de façon spectaculaire. Batista lui permet, pour la première fois en toute légalité, de publier un journal, de se doter de tous les mécanismes légaux pour contrôler le mouvement ouvrier, d’élire des sénateurs, des députés et des dizaines de fonctionnaires municipaux, d’avoir une présence permanente dans toutes les instances officielles de publicité et même de faire partie du Cabinet. Cela fait du PSP une force nationale de première importance : le nombre d’affiliés au parti passe de 2.800 en janvier 1938 à 5.000 en septembre de la même année puis à 23.000 en janvier 1939.
     
    Les staliniens cubains soutiendront jusqu’au bout la dictature bourgeoise centralisée par Batista, et plus tard, ce sont eux qui fourniront les cadres fondamentaux de la réorganisation étatique castriste. Le 12 avril 1958, lorsque celui qui va devenir le prochain tyran, Fidel Castro, ordonne la grève générale contre Batista, elle n’est pas suivie. La CTC (Centrale des Travailleurs Cubains) dirigée par les staliniens l’interdit et invoque les mêmes arguments que ceux utilisés quelques années plus tôt pour liquider la grève de 1933, grève qui avait abouti à la chute de Machado. Les fonctionnaires staliniens qui travaillent dans l’appareil étatique de Batista continuent à assumer leurs fonctions et restent sourds aux appels de Fidel Castro qu’ils qualifient d’aventurier petit-bourgeois. Au même moment, les Nouvelles de Moscou affirment que les insurrections armées ne sont que des étincelles et qu’elles n’affaiblissent en rien le pouvoir de Batista. Le Mouvement du 26 juillet (1958) lui-même condamnera, en août de la même année, la « trahison » du Parti Socialiste Populaire. Mais, une fois le « linge sale » des trahisons lavé en famille, tout le monde se réconcilie à l’ombre de Castro et on enterre l’histoire des désaccords passés sous toutes sortes de mensonges ou de contre-vérités, le XXème congrès du Parti « Communiste » d’Union Soviétique allant jusqu’à déclarer que « les communistes cubains étaient en premières lignes du combat » (déclaration de Severo Aguirre).
     
    Ce n’est que lorsque la chute de Batista devient évidente et imminente, à la fin de l’année 1958, que les staliniens cubains se décident à jouer sur les deux tableaux. C’est ainsi que Carlos Rafael Rodrígues, ministre de Batista de 1940 à 1944 et ministre sans portefeuille pendant toute la dictature de Batista, se rend à la Sierra Maestra pour conclure un accord officiel avec Fidel Castro, un accord qui préfigure tous ceux qui suivront et fait de ce même C.R. Rodrígues un personnage décisif du régime castriste. Dès lors, l’un des premiers actes gouvernementaux de Fidel Castro sera, le 10 janvier 1959, de légaliser à nouveau le Parti Socialiste Populaire. Nous n’allons pas ici analyser les innombrables luttes internes entre fractions au sein du PSP, les différentes purges, nous n’allons pas non plus examiner les nombreuses oscillations et revirements qui amenèrent Fidel Castro, viscéralement anti-communiste et formellement opposé au PSP, à se soumettre entièrement aux diktats du Parti de Moscou.
     
    A titre de rappel pour les lecteurs qui n’ont aucune idée de la trajectoire de Fidel Castro, rappelons simplement qu’il était un fervent admirateur et un membre du parti « orthodoxe » d’Eduardo Chibás, ennemi implacable du PSP. Dans la citation qui suit, il traite d’ennemis et de traîtres ceux qui seront sous peu ses plus proches collaborateurs au sein du gouvernement et du Parti « communiste ».
     
    Castro dit de Blas Roca qu’il est : « Notre Daladier », et il ajoute : « il change de nom comme de couleur politique et il change plus de ligne tactique que de chemise. C’est un caméléon politique. Un jour, il attaque le militarisme, le lendemain, il le défend… » Il n’hésite donc pas à traiter l’ensemble du parti, et son futur collaborateur Blas Roca, de traîtres à la cause du prolétariat : « Ceux qui claironnent leur gauchisme et leur amour du peuple… tournent le dos aux travailleurs et se placent humblement aux ordres de la botte militaire de Batista… Personne ne peut m’empêcher de leur crier la vérité à la figure à ces profiteurs marchands du prolétariat… » Et ils ne cesseront pas d’être des « marchands du prolétariat » quand ils se mettront sous la coupe de Fidel Castro.
     
    Au contraire, ce sont les Blas Roca, Carlos Rafael Rodrígues,… et y compris Anibal Escalante, ce « communiste moscovite » qui avait comploté depuis toujours contre le régime de Castro, c’est-à-dire en fin de compte, la totalité du parti, qui finit, malgré les apparences, par faire de Fidel Castro un véritable vassal de Moscou, un « marchand du prolétariat » supplémentaire.
     
    Pour terminer, voici la déclaration que fit Fidel Castro (peu après son fameux plaidoyer « L’histoire me donnera l’absolution »), alors qu’il était détenu au Mexique sur les instances de la police de Batista qui l’accusait d’être membre du « parti communiste » : « … Quel sens moral a-t-il, par contre, monsieur Batista, pour parler de communisme alors qu’il fut candidat à la présidence du Parti Communiste aux élections de 1940, alors que ses affiches électorales s’abritaient sous la faucille et le marteau, alors que sur les photos il se promène avec Blas Roca et Lázaro Peña, alors qu’une demi-douzaine de ses ministres actuels et de ses collaborateurs de confiance furent des membres importants du Parti Communiste ? »
     
    Tels sont les antécédents fondamentaux de ce mariage historique qui a fait du parti « communiste », le parti fondamental de l’Etat capitaliste cubain.


    https://www.autistici.org/tridnivalka/guerre-de-classe-052016-en-marge-de-la-mort-de-fidel-castro


  • Dossier : Cuba, des espoirs de la révolution aux déboires de la transition ?
    http://www.contretemps.eu/dossier-cuba-revolution-transition

    Après avoir échappé à des centaines de tentatives d’assassinats et survécu à de multiples opérations médicales, Fidel Castro est décédé le 25 novembre 2016 à l’âge de 90 ans. La mort de celui qui incarna, plus que tout autre, la révolution cubaine et la résistance du peuple cubain à l’impérialisme états-unien, doit amener les anticapitalistes à proposer un bilan critique de l’héritage de la Révolution cubaine, du castrisme et du guévarisme, mais également à poser la question de ce qui se joue actuellement à Cuba : assiste-t-on à une restauration rampante du capitalisme (suivant la pente d’un « modèle » chinois ou vietnamien) ou la transition cubaine prend-elle d’autres formes ? Sous quelles conditions pourrait s’inventer à Cuba un socialisme du 21e siècle, nouant fermement l’opposition au capitalisme et l’aspiration à une démocratie radicale, et quel rôle pourrait jouer la gauche cubaine ?

    #Diaporama #Dossiers #castrisme #Che_Guevara #Fidel_Castro #Raul_Castro #révolution_cubaine #socialisme


  • Propos de Royal sur Castro : une « faute politique » à cause du « rhum » ? - L’Express
    http://www.lexpress.fr/actualite/politique/propos-de-royal-sur-castro-une-faute-politique-a-cause-du-rhum_1857049.html

    Décidément, les propos de Ségolène Royal ont du mal à passer. Seule membre d’un exécutif européen, avec le Premier ministre grec Alexis Tsipras, à assister à Cuba aux cérémonies en l’honneur de Fidel Castro, elle avait nié dimanche l’existence de prisonniers politiques à Cuba.

    Là encore, les chiens de garde veillent. On laisse les dictatures pro-capitalistes massacrer les progressistes de leurs pays sans un mot. Et on poursuit avec assiduité les pays qui contre vents et marées pensent au plus grand nombre avant de penser à leurs élites...

    #propagande #fake_news


  • Tout va bien madame la marquise. Comme quoi S. Royale n’a pas eu toutes les informations sur Castro ou n’en a retenu que certains clichés positifs comme la « propreté » ou la « sécurité ». Positif est tout relatif bien sûr.

    A Cuba, Ségolène Royal défend le bilan de Fidel Castro - 04/12/2016 - ladepeche.fr
    http://www.ladepeche.fr/article/2016/12/04/2471848-a-cuba-segolene-royal-defend-le-bilan-de-fidel-castro.html

    « Grâce à Fidel Castro, les Cubains ont récupéré leur territoire, leur vie, leur destin. Ils se sont inspirés de la Révolution française sans pour autant connaître la terreur qu’il y a eue pendant la Révolution française »
    . . .
    « une liberté religieuse » et d’"une liberté de conscience".
    . . .
    Et bien fournissez-moi des listes de prisonniers politiques, à ce moment-là on pourra faire quelque chose" . . .

    « Donc il faut savoir regarder les choses positivement même si ça dérange », a-t-elle ajouté, estimant que « la France n’a pas à donner de leçon » à Cuba.

    #castro #cuba #dictateurs



  • A #Miami, la #diaspora_cubaine célèbre la mort de #Castro mais se divise sur la suite
    https://www.mediapart.fr/journal/international/041216/miami-la-diaspora-cubaine-celebre-la-mort-de-castro-mais-se-divise-sur-la-

    Des milliers de personnes ont célébré la mort de Fidel Castro, à Little Havana, le quartier cubain de Miami, le 26 novembre. © Reuters Donald Trump n’a cessé durant sa campagne d’attiser la furie anticastriste de la communauté cubaine largement présente en Floride. Et celle-ci a célébré la mort de Fidel Castro. Mais au-delà de la haine que voue la première génération d’exilés au régime de #La_Havane, beaucoup de leurs enfants plaident pour la poursuite de l’ouverture engagée par Obama en 2014 avec la levée de l’embargo.

    #International #Amérique_latine #Cuba #Etats-Unis


  • Cuban Medical Internationalism: Fidel Castro’s humanitarian legacy

    Even in death, Fidel Castro remains a divisive figure. Fearless revolutionary and defender of the poor to some, tyrannical dictator to others, the legacy of his five decades of rule for Cuba will doubtless be contested for many years to come. For the wider world, there is a less controversial aspect of Castro’s legacy that has been largely overlooked. As well as bringing free healthcare to his countrymen, he presided over a “Medical Internationalism” programme that exported medical aid to 158 countries and continues to provide more medical personnel to the developing world than all of the G7 countries combined.


    http://www.irinnews.org/opinion/2016/12/01/cuban-medical-internationalism-fidel-castro%E2%80%99s-humanitarian-legacy
    #santé #Cuba #médecine
    signalé par @albertocampiphoto



  • Fidel / C’est l’heure de l’mettre

    http://www.campuslille.com/index.php/entry/fidel-c-est-l-heure-de-l-mettre

    CE MERCREDI 30 NOVEMBRE 2016 à 18H30
    « Le pire des analphabètes, c’est l’analphabète politique. Il n’écoute pas, ne parle pas, ne participe pas aux événements politiques. Il ne sait pas que le coût de la vie, le prix des haricots et du poisson, le prix de la farine, le loyer, le prix des souliers et des médicaments dépendent des décisions politiques. L’analphabète politique est si bête qu’il s’enorgueillit et gonfle la poitrine pour dire qu’il déteste la politique. Il ne sait pas, l’imbécile, que c’est son ignorance politique qui produit la prostituée, l’enfant de la rue, le voleur, le pire de tous les bandits et surtout le politicien malhonnête, menteur et corrompu, qui lèche les pieds des entreprises nationales et multinationales. » Bertolt Brecht.

    Ce mercredi nous rendons hommage à Fidel. Oui, nous, on l’appelle par son prénom. Pas qu’on l’ait connu personnellement. Mais il était un intime. Quand même. C’est intimement que nous l’avons reconnu comme des nôtres, et avec nous des millions de pauvres sur la Terre. Premier élément de compréhension pour qui est né au cœur de l’Empire et fait la grimace : Fidel était aimé, partout, par les pauvres périphériques. Et haï par les riches. Ce qui donne une première indication sur notre démarche.

    Intimement, cela signifie que, dans la tourmente des faits, dans la fureur du monde, nous connaissons en Fidel quelque chose de bien plus grand que lui : le combat de toujours pour la dignité humaine, pour un avenir en dehors du profit et de la propriété privée. Cela, et l’on peut ergoter longuement sur Cuba, ce ne sont pas les dirigeants de notre pays, présents, passés ou à venir là, qui l’incarnent.

    Il apparaît futile, pour nous, de défendre un bilan ou de témoigner des avancées concrètes qu’une révolution a produites, pour une petite île agressée et soumise au pire embargo de l’Histoire. Futile, tant l’évidence est à nos yeux criante. Futile car ce n’est même pas seulement Cuba qui est l’héritière et la continuatrice de cette révolution. Ce peut être difficile à entrevoir quand on n’est pas un intime, mais il faut bien qu’on vous le dise : depuis le samedi 26 novembre 2016, c’est toute l’Humanité qui est en deuil, même si une partie d’entre elle ne le sait pas.

    Il apparaît mesquin de devoir nous défendre d’un culte de la personnalité, d’une idéalisation, nous, joyeux matérialistes qui savons l’imperfection de toute chose et la faiblesse de chaque homme. Seule l’ignorance peut juger de notre deuil ainsi. Lorsque des nains parlent d’un géant, ils ne peuvent parler que de ses chevilles. Nous ne nous situons pas à ce niveau. Nous connaissons Fidel. Nous mesurons aussi l’ignorance des commentaires.

    Nous savons que les amis de Cuba n’ont guère besoin que nous nous justifions. Les enfants de Mandela, ceux du Che, les paysans andins qui ont recouvré la vue, ceux des barrios qui ont appris à lire, écrire et penser, les filles et fils des indépendances durement acquises ; l’Angolais et le Vietnamien, l’Algérien et le Palestinien, tous ignorent la nécessité de justifier de leur deuil. A juste titre.

    Fidel est le nom – le prénom car entre nous on se dit tu, pas vrai camarade ? – de tous ceux-là. Ce n’est pas que le Castro cubain du siècle dernier, mais le nom d’une lutte continuelle pour nous sauver de la catastrophe. Qui sait que Fidel, en plus d’être le communiste (ce partageur...), est l’écologiste, le pacifiste, l’humaniste, que nous serons tous demain ?

    Ça ricane et ça s’offense, pas vrai ?

    C’est l’ennemi bien sûr, et nous n’avons pas l’envie de le convaincre, il y a une syllabe de trop... Ceux-là même qui mettent le monde à feu et à sang, étranglent, affament les peuples, privatisent tout, s’accaparent tout, et dans ce décor meurtrier et sordide, jouent la comédie des grands hommes, et dépeignent notre monde à leur image : des bons, toujours blancs, riches et foncièrement démocratiques, et des méchants, les autres, agités, sauvages et tyranniques. Cette propagande grossière, ce prêt-à-penser qui se croit libre-arbitre, Fidel s’en moque comme d’une superstition ancienne. Et l’Histoire le confirmera.

    C’est aussi le proche, c’est la gauche d’ici, assise dans ses habitudes et qui n’a plus de barricades que dans sa symbolique. Celle de braves gens qui veulent du mieux mais qui ne veulent surtout pas voir comment s’en donner les moyens. Et qui, héritiers d’un colonialisme jamais éteint, jugent de loin les va-nu-pieds qui se frottent à l’Empire qu’eux-mêmes tolèrent.

    Ceux-là font la moue. Ils prennent leurs distances. Ils ne savent rien de Fidel, mais s’en distinguent. D’où cela vient-il ? De ce qu’on leur a appris ? Mais pourtant... Ces bouches à fiel médiatiques qui salissent Fidel, ne sont-elles pas les mêmes qui salissent nos propres luttes, pourtant tellement moins radicales ? Ne sont-elles pas les mêmes qui qualifient nos chères guerres « d’humanitaires » ? Ne sont-elles pas les mêmes qui nous enjoignent de renoncer, tout le temps, toujours, partout, et pour les siècles des siècles ? Ne sont-elles pas celles qui justifient la casse de nos conquêtes tellement passées, la destruction de la planète, la course folle et fatale vers le précipice ? Ce sont les mêmes. Et qui, quel Quichotte, quel Prométhée les a démenties ? Qui, presque à mains nues, a affronté ce monstre dans le ventre duquel nous sommes trop nombreux à reposer béatement ? Qui a dit que les femmes et les hommes avaient mieux à faire que de se confondre avec la marchandise ?

    Fidel.

    Et toi, tu savais pas...
    (Ce mercredi, nous serons nombreux, en studio, à distance, en direct de La Havane et d’ailleurs, pour dire de quoi Fidel est le nom.)
    https://www.legrandsoir.info/un-ami-est-mort-a-cuba.htmlhttps://www.legrandsoir.info/fidel-et-la-lampe-d-aladin.html 
    C’est l’heure de l’mettre

    #audio #radio #Radios_libres #Radio_Campus_Lille #Fidel_Castro