person:florence parly

  • France to deliver 6 boats to the Libyan Coast Guard in June

    France’s Defense Minister, Florence Parly, announced on Saturday that her country will provide the Libyan Coast Guard with six equipped boats, which will arrive in June.

    The announcement came during Parly’s meeting with Prime Minister of the Tripoli-based Government of National Accord (GNA), Fayez Al-Sarraj, in the margins of the Munich Security Conference.

    The French minister also approved a program for training and equipping the Libyan Coast Guard, which Parly praised its successes in the face of the problems of illegal immigration.

    At the end of the meeting, Al-Sarraj invited the French minister to Libya in the context of consolidating relations between the two countries.

    http://www.addresslibya.com/en/archives/41690
    #Libye #externalisation #France #gardes-côtes_libyens #asile #migrations #frontières #contrôles_frontaliers


  • Opération Chammal : l’article du colonel Legrier passe mal à Paris
    L’Opinion - Jean-Dominique Merchet - 15 Février 2019
    https://www.lopinion.fr/blog/secret-defense/operation-chammal-l-article-colonel-legrier-passe-mal-a-paris-178107

    « Ecrivez ! » disait le général Lecointre, chef d’état-major des armées, en s’adressant aux militaires, les incitant à sortir du « mutisme militaire » dans lequel les armées se sont « enfermées », parfois de manière « confortable ». Un colonel semble avoir pris le conseil un peu trop au pied de la lettre. François-Régis Legrier, chef de corps du 68e Régiment d’artillerie d’Afrique, a publié un article dans le dernier numéro de la Revue Défense Nationale. Le colonel Legrier commandait la Task Force Wagram en Irak, c’est-à-dire le détachement d’obusiers Caesar qui appuient la coalition.

    Son article de sept pages est un retex (retour d’expérience) sur l’engagement de l’artillerie dans le conflit actuel, avec un point particulier sur la bataille d’Hajin (Sept. 2018/Janv. 2019). La conclusion de l’article, bien documenté, a fait grincer des dents à l’état-major des armées comme au cabinet militaire de la ministre Florence Parly. La RDN a décidé de retirer l’article de son site internet, même s’il reste évidemment disponible dans la version papier et en pdf pour les abonnés. http://www.defnat.com/images/ABO-PDF/2019%2002%20%28fevrier%20-%20817%29.pdf

    Voici sa conclusion (c’est nous qui soulignons) : « Oui, la bataille d’Hajin a été gagnée, au moins sur le terrain mais en refusant l’engagement au sol, nous avons prolongé inutilement le conflit et donc contribué à augmenter le nombre de victimes au sein de la population. Nous avons détruit massivement les infrastructures et donné à la population une détestable image de ce que peut être une libération à l’occidentale laissant derrière nous les germes d’une résurgence prochaine d’un nouvel adversaire. Nous n’avons en aucune façon gagné la guerre faute d’une politique réaliste et persévérante et d’une stratégie adéquate. Combien d’Hajin faudra-t-il pour comprendre que nous faisons fausse route ? »

    L’auteur critique l’approche américaine de cette guerre : « La question qui se pose est de savoir si la libération d’une région ne peut se faire qu’au prix de la destruction de ses infrastructures (hôpitaux, lieux de culte, routes, ponts, habitations, etc.). C’est là, l’approche assumée sans complexe, hier et aujourd’hui, par les Américains ; ce n’est pas la nôtre ».

    S’en prendre ainsi au grand allié américain ne passe visiblement pas à Paris. Sur place, le colonel Legrier a pu mesurer l’extrême dépendance des Français aux Américains. Il n’est pas le seul : si la ministre Florence Parly a pu rendre visite à la TF Wagram le week-end dernier - où elle a été accueillie par le colonel Legrier - c’est à bord du Osprey V-22 américain...

    Le colonel Legrier a sans doute commis l’erreur de ne pas soumettre son article à ses autorités avant publication, d’autant qu’il servait en opex au moment de sa rédaction et de sa parution. Le colonel Légrier termine actuellement sa mission de quatre mois, le détachement du 68 étant en cours de relève.

    • France : Un colonel menacé de sanctions après des critiques stratégiques
      Reuters16 février 2019
      https://fr.news.yahoo.com/france-un-colonel-menac%C3%A9-sanctions-apr%C3%A8s-des-critiques-1754

      PARIS (Reuters) - L’armée française réfléchit à des mesures disciplinaires contre un colonel qui s’est attiré les foudres de sa hiérarchie en rédigeant un article mettant en cause sans réserve la stratégie de la coalition internationale contre le groupe Etat islamique (EI) en Syrie et en Irak.

      « Des sanctions sont à l’étude », a déclaré samedi à Reuters le colonel Patrik Steiger, porte-parole de l’état-major, sans plus de précisions.

      Un article publié par le colonel François-Régis Legrier dans le numéro de février de la Revue de défense nationale est à l’origine de la colère de la haute hiérarchie militaire.

      L’auteur, qui a officié comme commandant fin 2018 et début 2019 au sein de la coalition, y tire les leçons de la bataille d’Hajine, une localité syrienne proche de la frontière avec l’Irak, d’où les djihadistes ont été chassés début janvier, après plus de quatre mois de combats.

      « Nous n’avons en aucune façon gagné la guerre faute d’une politique réaliste et persévérante et d’une stratégie adéquate. Combien d’Hajin faudra-t-il pour comprendre que nous faisons fausse route ? », écrit-il en conclusion de cet article intitulé « Victoire tactique, défaite stratégique ? ». (...)


  • Sous-marins : la France et l’Australie vont verrouiller le contrat du siècle
    https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/aeronautique-defense/sous-marins-la-france-et-l-australie-vont-verrouiller-le-contrat-du-siecle


    Cet accord vise principalement à assurer à (et rassurer) l’Australie que Naval Group sera capable tout au long de la durée de la vie du contrat des sous-marins (50 ans) de maintenir son outil industriel.
    Crédits : DCNS

    L’Australie et le groupe naval vont signer l’accord cadre de leur partenariat stratégique (Strategic Partnering Agreement). Naval Group devrait signer avant le printemps un contrat portant sur le design des sous-marins et estimé entre 1 et 2 milliards d’euros.

    En Australie, Naval Group va bientôt voir la lumière après un très, très long tunnel de négociations. Lundi prochain, l’Australie et le groupe naval tricolore vont signer l’accord cadre de leur partenariat stratégique (Strategic Partnering Agreement ou SPA) en présence de Florence Parly et de son homologue australien Christopher Pyne, selon l’entourage de la ministre des Armées. Des négociations qui avaient commencé début février 2017. Un accord intergouvernemental entre l’Australie et la France avait été signé en décembre 2016.

    Ce contrat « chapeau » intègre toutes les clauses de transferts de technologies, de garanties, de risques et de couvertures notamment sur la durée du contrat (50 ans). Il doit également protéger les propriétés intellectuelles de Naval Group. C’est donc l’aboutissement de négociations tripartites très complexes, qui vont en grande partie verrouiller le contrat du siècle pour Naval Group, sélectionné en 2016 par Canberra pour fabriquer douze sous-marins à propulsion classique pour un montant évalué à 50 milliards de dollars australiens (36,2 milliards d’euros).


  • La France et l’Allemagne vont notifier le premier contrat du SCAF à Dassault et Airbus
    https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/aeronautique-defense/la-france-et-l-allemagne-vont-notifier-un-premier-contrat-scaf-a-dassault-


    La France et l’Allemagne vont financer à parts égales un contrat de 65 millions d’euros sur deux ans octroyé à Dassault Aviation et Airbus pour définir l’architecture et le concept du programme SCAF.
    Crédits : DR

    Paris et Berlin vont notifier un premier contrat de 65 millions d’euros sur deux ans à Dassault Aviation et Airbus qui permettra de déterminer l’architecture et le concept du programme SCAF. Par ailleurs, Safran et MTU vont sceller leur alliance pour développer le moteur de l’avion de sixième génération.

    Au-delà des déclarations d’intention et des annonces, la France et l’Allemagne veulent montrer au monde entier que l’avion de combat européen du futur (Système de combat aérien du futur ou SCAF) est un programme qui décolle. Moins de trois mois après l’annonce de son lancement, Paris et Berlin vont notifier mercredi lors d’une visite des deux ministres de la Défense, Florence Parly et son homologue allemande Ursula von der Leyen sur le site de Safran à Gennevilliers, le premier contrat du programme SCAF à Dassault Aviation et à Airbus. Les deux pays vont financer à parts égales 65 millions d’euros sur deux ans pour définir l’architecture et le concept du programme.

    Les deux ministres vont également officialiser le partenariat industriel entre Safran et l’allemand MTU, qui vont motoriser l’avion de combat de sixième génération dans le cadre du programme SCAF. Un accord industriel pour expliquer qui fait quoi pour la motorisation de l’avion de combat sur le principe des compétences des deux motoristes. Ce sera donc Safran en tant qu’architecte du design et des performances du moteur qui pilotera le programme alors que MTU prendra le manche pour gérer les services et la maintenance du moteur (MCO). Avec son savoir-faire et ses compétences acquis sur le M88, qui pousse le Rafale, le motoriste tricolore sera le responsable des parties chaudes du moteur ainsi que des turbines haute pression.


  • Paris se lance dans la course aux armes hypersoniques
    http://en.c4defence.com/AFP/France-armes-d%C3%A9fense-a%C3%A9ronautiquePREV/125760/3

    Dans le sillage de Moscou, Pékin et Washington, Paris se lance à son tour dans la course aux armements hypersoniques, capables de déjouer les défenses antimissiles, et qui promettent à leurs futurs détenteurs un coup stratégique d’avance. « Nous avons décidé de notifier un contrat pour un démonstrateur de planeur hypersonique », capable de se déplacer à une vitesse supérieure à Mach 5, soit plus de 6.000 km/h, a annoncé en début de semaine la ministre française des Armées Florence Parly, en promettant un premier essai en vol « d’ici fin 2021 ». « Beaucoup de nations s’en dotent, nous disposons de toutes les compétences pour le réaliser : nous ne pouvions plus attendre », a-t-elle fait valoir. L’enjeu est hautement stratégique. Trois des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’Onu, dont fait partie la France, sont déjà bien partis dans cette course aux armements avec leurs propres programmes : les Etats-Unis, la Chine et la Russie


  • Toulouse-Blagnac: le scandale Macron - Page 1 | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/240119/toulouse-blagnac-le-scandale-macron

    Décidée en 2014 par Emmanuel Macron, du temps où il était ministre de l’économie, la privatisation de la société de gestion de l’aéroport de Toulouse-Blagnac (SATB) n’aura été qu’une suite interminable de scandales. Et le dernier en date risque d’avoir un retentissement encore plus important que ceux qui l’ont précédé : les actionnaires chinois qui ont racheté à l’État 49,9 % du capital de la société ont en effet décidé de revendre leur part, et de faire au passage une belle galipette financière. Le bilan de l’opération de privatisation est accablant pour le chef de l’État, l’histoire s’apparentant à une opération de prédation sur un bien public.

    • Le journal La Dépêche a révélé, mardi 22 janvier, le projet des actionnaires chinois de la société Casil de rétrocéder pour 500 millions d’euros les 49,9 % des parts de la société de gestion qu’ils avaient acquis en avril 2015, lors de la privatisation voulue par Emmanuel Macron.

      L’actionnaire chinois a mandaté la banque Lazard, dirigée par Matthieu Pigasse (par ailleurs coactionnaire du journal Le Monde), pour chercher un acquéreur au prix de 500 millions d’euros. Ici réside le premier scandale : l’#aéroport de #Toulouse-Blagnac – qui est un bien public, jouant un rôle économique majeur pour la région et ayant des enjeux environnementaux importants pour la ville et le département – va être l’objet d’une galipette financière insensée puisque, en moins de quatre ans, l’acquéreur qui avait déboursé 308 millions d’euros, espère engranger une plus-value de 192 millions d’euros.

      Ce premier scandale a deux facettes : d’abord cela suggère, si l’opération se fait à ce prix, que l’Agence des participations de l’État (APE), dirigée par Martin Vial, le conjoint de la ministre des armées Florence Parly, a bradé un patrimoine public, permettant à l’acquéreur de faire une plus-value peu après sur le dos des citoyens. Cela suggère ensuite – mais nous y reviendrons plus loin – que l’État s’autorise à vendre des biens publics sans se soucier que les acquéreurs puissent faire ensuite ce que bon leur semble de ce bien.

      Le scandale prend d’autant plus de relief qu’il intervient comme l’acte final d’une opération de prédation que l’on a vue venir depuis longtemps.

      Que l’on se souvienne des débuts de l’histoire. À la fin de l’année 2014, Emmanuel Macron décide que l’État cédera à la société Casil, contrôlée par des investisseurs chinois emmenés par Mike Poon, 49,9 % de la SATB. Et à l’époque, il fustige ceux qui dénoncent cette #privatisation (dont Mediapart !), en faisant valoir que cela… n’en est pas une ! En clair, l’opinion est invitée à comprendre qu’avec leurs 49,9 %, les investisseurs chinois seront des actionnaires importants mais minoritaires ; et que la société restera contrôlée en majorité par des actionnaires publics français, soit 25 % pour la chambre de commerce et d’industrie (CCI), 5 % pour la Région Languedoc-Roussillon, Midi-Pyrénées, 5 % pour le département de la Haute-Garonne, et 5 % pour Toulouse Métropole ; le solde, soit 10,1 %, étant détenu par l’État français.

      Cette promesse-là, Emmanuel Macron la répète en boucle. Ainsi lors d’un entretien avec La Dépêche, le 4 décembre 2014 : « Je tiens à préciser qu’il ne s’agit pas d’une privatisation mais bien d’une ouverture de capital dans laquelle les collectivités locales et l’État restent majoritaires avec 50,01 % du capital. On ne vend pas l’aéroport, on ne vend pas les pistes ni les bâtiments qui restent propriété de l’État. […] Nous avons cédé cette participation pour un montant de 308 millions d’euros », dit le ministre de l’économie. Quelques jours plus tard, Emmanuel Macron hausse même le ton : « Celles et ceux que j’ai pu entendre, qui s’indignent de cette cession minoritaire de la société de gestion de l’aéroport de Toulouse, ont pour profession d’une part d’invectiver le gouvernement et d’autre part d’inquiéter les Français », déclare-t-il, en marge du congrès de l’Union nationale des professions libérales.

      Mais peu après, Mediapart apporte la preuve qu’Emmanuel Macron ment. Notre enquête a révélé qu’un pacte secret d’actionnaires avait été conclu et qu’il liait l’État non pas aux collectivités publiques régionales et locales, mais aux investisseurs chinois. Nous avons publié les principaux extraits de ce pacte d’actionnaires que l’État avait conclu secrètement avec la société Casil (lire Privatisation de l’aéroport de Toulouse : Emmanuel Macron a menti et Aéroport de Toulouse : les preuves du mensonge), et qui fait apparaître des dispositions stupéfiantes.

      Ainsi, il est prévu que la SATB sera supervisée par un conseil de surveillance de quinze membres, dont deux désignés par l’État et six désignés par l’investisseur chinois, selon la disposition « 2.1.2 » du pacte. Autrement dit, ces huit membres du conseil de surveillance, liés par le pacte, garantissent aux investisseurs chinois minoritaires de faire strictement ce qu’ils veulent et d’être majoritaires au conseil de surveillance.

      Le point « 2.1.3 » du pacte consolide cette garantie offerte aux investisseurs chinois, puisqu’il y est précisé que « l’État s’engage à voter en faveur des candidats à la fonction de membres du conseil de surveillance présentés par l’Acquéreur, de telle sorte que l’Acquéreur dispose de six (6) représentants au Conseil de surveillance ».

      Mais il y a plus grave. Au point « 2.2.2 », l’État donne la garantie quasi formelle à l’investisseur chinois, aussi minoritaire qu’il soit, qu’il pourra décider strictement de ce qu’il veut et que la puissance publique française ne se mettra jamais en travers de ses visées ou de ses projets : « L’État s’engage d’ores et déjà à ne pas faire obstacle à l’adoption des décisions prises en conformité avec le projet industriel tel que développé par l’Acquéreur dans son Offre et notamment les investissements et budgets conformes avec les lignes directrices de cette Offre. » Bref, les investisseurs chinois avaient carte blanche pour faire ce qu’ils voulaient.

      Depuis cette révélation par Mediapart, le ministère des finances a continué de garder le secret sur ce pacte et ne l’a jamais rendu public dans sa version intégrale.

      À ce premier scandale est ensuite venu s’en greffer d’autres. On a ainsi appris que le principal dirigeant du consortium chinois contrôlant la société Casil, Mike Poon, était impliqué en Chine dans un retentissant scandale de corruption et qu’il était en fuite (lire L’aéroport de Toulouse barbote toujours dans un climat de scandale).

      Un an et demi plus tard, le #mensonge d’Emmanuel Macron prend un caractère public. À l’occasion du vote que l’État émet lors d’une assemblée générale des actionnaires d’ATB, il affiche qu’il a bel et bien pactisé avec l’actionnaire chinois, même quand celui-ci a voulu siphonner les réserves de l’entreprise pour se servir un dividende exceptionnel (lire ici).

      Cette histoire de dividende donne lieu, au printemps 2016, à de longues semaines de conciliabules discrets qui inquiètent ceux des élus locaux attachés à la défense de l’intérêt général. À l’époque, les investisseurs chinois font savoir qu’ils entendent décider du versement d’un dividende aux actionnaires de la société. Au début, ils placent la barre très haut : selon nos informations, aux alentours de 50 millions d’euros.

      La somme indigne de nombreux responsables des collectivités qui figurent parmi les actionnaires historiques. Il faut en effet savoir que la société de gestion est profitable depuis longtemps, à hauteur environ de 5 millions d’euros par an, et qu’elle a eu la prudence de distribuer chaque fois seulement la moitié de ces gains à ces actionnaires, mettant en réserve l’autre moitié, pour faire face aux investissements futurs. Au fil des ans, cette autre moitié a donc fini par constituer un fonds de réserve de plus de 67 millions d’euros à la fin de l’exercice de 2015.

      En exigeant le versement d’un dividende de 50 millions d’euros, les investisseurs chinois ont donc suscité beaucoup d’émoi parmi les collectivités locales concernées. Car cela veut clairement dire que Casil ne tient pas sa parole : après avoir annoncé, lorsqu’elle était candidate pour la privatisation, qu’elle serait non pas un investisseur financier soucieux de profitabilité de court terme mais un investisseur responsable préoccupé des logiques de long terme, la société des investisseurs chinois montre qu’elle veut tout bonnement se « payer sur la bête » et siphonner les réserves de l’entreprise (lire ici).

      L’affaire s’est donc envenimée, et Casil est finalement obligée de transiger, ramenant la ponction sur les réserves à un peu moins de 20 millions d’euros. Ce qui constitue, envers et contre tout, le second scandale dont Emmanuel Macron porte l’entière responsabilité : les caisses d’une entreprise publique ont été partiellement vidées par un investisseur se comportant comme un fonds rapace, sitôt la privatisation effectuée.

      Et chaque année, par la suite, les acquéreurs chinois ont répété l’opération, continuant à piocher dans les réserves de l’entreprise, au risque de mettre en danger les investissements nécessaires à l’avenir : 7,7 millions de dividendes pour l’exercice clos en 2016, après 19,9 millions d’euros pour 2015 et seulement 2,4 millions pour 2014.

      Ces scandales, contre lesquels s’est constamment dressé un « Collectif contre la privatisation », ont fini par avoir un large écho. Et les faits révélés par Mediapart ont, par la suite, été confirmés par de nombreux rapports publics.

      Il y a d’abord eu un rapport sur « Le processus de privatisation des aéroports de Toulouse, Lyon et Nice », publié en octobre 2018 par la Cour des comptes. Stigmatisant « l’échec de la privatisation », les magistrats financiers n’ont pas de mots assez durs contre l’opération de privatisation, faisant en conclusion ces constats : « Le processus choisi a révélé de graves insuffisances : les critères de recevabilité des candidats étaient peu exigeants et limités à leur capacité financière, l’APE ayant choisi de ne pas exiger d’expérience en matière de gestion aéroportuaire ; elle a, par ailleurs, insuffisamment associé, et de manière trop tardive, les autres administrations de l’État, notamment la DGAC. De fait, l’acquéreur retenu a suscité des inquiétudes, en raison de son absence d’expérience en matière de gestion aéroportuaire, de son manque de transparence financière et de ses liens avec la puissance publique chinoise. »

      Un autre rapport public, réalisé par l’Assemblée nationale avec la député (PS) Valérie Rabault pour rapporteure, aboutit à des conclusions tout aussi sévères : « Ainsi, le montant de dividende par action au titre de l’exercice 2015 (versé en 2016) a été multiplié par 8 par rapport à celui versé au titre de l’exercice 2014 (payé en 2015), sans qu’évidemment les résultats financiers de la société ne suivent une telle évolution. Pour l’exercice 2016, le niveau de dividende par action est 3 fois celui de 2014. Au titre de l’exercice 2017, le montant de dividendes voté lors de l’Assemblée générale serait de 13,8 millions d’euros, ce qui représente un dividende de 93 euros par action, selon le calcul de la rapporteure spéciale. Ce montant est ainsi quasiment 6 fois celui de 2014, cette évolution étant sans commune mesure avec l’évolution des résultats. »

      Et ce rapport se concluait par ce constat, en forme de réquisitoire contre la privatisation Macron : « Au final, la rapporteure spéciale observe que les versements de dividendes semblent occuper une place centrale dans la stratégie de la société ATB, au détriment d’une vraie politique de développement de l’aéroport de Toulouse Blagnac. »

      Le fait que, après tant de péripéties, cette privatisation se conclue par une énième galipette financière et la cession par Casil de ses parts est évidemment logique mais choquant. Car dans cette affaire, de bout en bout, c’est la spéculation qui aura été le fil conducteur du récit : le ministre de l’économie s’est comporté comme un banquier d’affaires ; et un bien public a été vendu à l’encan, au profit d’investisseurs cherchant constamment des gains rapides.

      Car il y a dans cette affaire au moins une certitude : ce gâchis n’est pas le produit d’une cascade de malchances ou de maladresses. C’est la conséquences évidente d’une politique délibérée, transformant l’APE en une sorte de banque d’affaires, assez semblable aux banques d’affaires privées, suivant une seule logique, celle des forces de l’argent.

      De cela, il y a de nombreux indices. D’abord, toutes les privatisations des aéroports menées par Emmanuel Macron ont conduit à des dérives de ce type. Dans le cas de la privatisation de l’aéroport de Nice, Martine Orange a ainsi révélé cette histoire ahurissante : ancien directeur adjoint de cabinet de Christine Lagarde puis conseiller économique de Nicolas Sarkozy, Emmanuel Moulin, qui est à l’origine issu de la direction du Trésor, choisit le grand large du privé après la présidentielle de 2012. Et il rejoint la banque d’affaires italienne Mediobanca, comme secrétaire général. À partir de son arrivée, la banque d’affaires voit toutes les portes de l’État s’ouvrir. En 2017, Mediobanca se classe au troisième rang des banques conseils de l’État, juste derrière Rothschild, comme l’a révélé un autre rapport de la Cour des comptes.

      Or qui l’APE prend-elle comme banque conseil pour la privatisation de l’aéroport de Nice, qui intervient après celle de Toulouse ? La même banque Mediobanca. Plus grave : le rapport de la Cour des comptes évoqué plus haut révélera que cette banque est en outre actionnaire minoritaire du consortium qui remporte… la privatisation de l’aéroport. En somme, la banque qui conseille l’État est du côté du vendeur, mais elle fait aussi partie… des acheteurs ! Un #conflit_d’intérêts qui n’empêchera pas Emmanuel Moulin de revenir à Bercy : directeur de cabinet du ministre des finances Bruno Le Maire, il pilotera les futures privatisations, dont celle d’Aéroports de Paris (ADP). L’affairisme autour de l’aéroport de Toulouse est en somme le prélude de celui autour de l’aéroport de Nice ; et cela pour une bonne raison : la start-up nation d’Emmanuel Macron est passée par là, instaurant une confusion généralisée entre l’intérêt général et les appétits privés. Et ce qui est vrai des concessions aéroportuaires l’est tout autant, sinon plus, des concessions autoroutières.

      Une sorte de triste jurisprudence toulousaine s’est donc instaurée. Et c’est aussi pour cela qu’il importe maintenant de savoir si les investisseurs chinois pourront faire la dernière galipette financière à laquelle ils songent, ou si l’intérêt général finira par reprendre le dessus. Car même si la privatisation est bien consommée, il n’y a aucune fatalité à ce que les spéculateurs aient le dernier mot.

      Beaucoup de citoyens qui vivent à Toulouse ou dans sa région l’ont compris : cette privatisation est hautement impopulaire. Le combat du Collectif contre la privatisation, regroupant de nombreuses associations démocratiques et syndicats (voir ci-contre sa première réaction), risque donc de peser fortement dans une région où les gilets jaunes ont aussi des troupes nombreuses.

      Mais dans la nouvelle bataille autour de Toulouse-Blagnac qui va s’ouvrir, les opposants à la privatisation ont aussi de lourds arguments de droit à faire valoir. On oublie trop souvent – et les responsables politiques les premiers, surtout quand ils sont au pouvoir – qu’il existe tout un arsenal juridique très sophistiqué permettant « la résiliation unilatérale par l’administration des marchés publics ou des contrats de concession » – cette formulation est même le titre d’une note de la direction des affaires juridiques de Bercy.

      En certains cas, la résiliation peut ouvrir droit à une indemnisation, mais en d’autres cas non. « L’autorité concédante pourra procéder à la résiliation du contrat en cas de faute du concessionnaire alors même que cette possibilité n’aurait pas été envisagée dans le contrat », dit cette note, qui cite à l’appui une décision du Conseil d’État (7 décembre 2012, commune de Castres n° 351752) qui a fait jurisprudence : « En l’absence même de stipulations du contrat lui donnant cette possibilité, le concédant dispose de la faculté de résilier unilatéralement le contrat pour faute et sans indemnité. »

      Dans le cas présent, n’est-ce pas la solution qui devrait s’imposer à l’État, pour mettre fin aux spéculations de ce fonds rapace ? Dans un pays respectueux des règles de l’État de droit et attaché à la défense de l’intérêt général, c’est assurément cette voie-là qui serait explorée…


  • Lettre ouverte à Macron à propos des violences policères
    https://grenoble.indymedia.org/2019-01-17-Lettre-ouverte-a-Macron-a-propos

    Je partage cette belle lettre ouverte à Macron sur les violences policières. A partager sans modération. Anne-Marie Chartier 2 place Beaumarchais 38130 Echirolles le 16-1-2019 (Maître de Conférence à la retraite Université de Grenoble) A MR MACRON Pdt de la République Objet : La violence d’Etatest organisée audegré le plus haut. Monsieur le Président de la République Dans votre lettre aux français publiée dans le Monde du 15-1-19, vous dites « n’accepter aucune forme de violence (...)

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    • Anne-Marie Chartier le 16-1-2019 (Maître de Conférence à la retraite Université de Grenoble) A MR MACRON Pdt de la République
      Objet : La violence d’Etat est organisée au degré le plus haut.

      Monsieur le Président de la République

      Dans votre lettre aux français publiée dans le Monde du 15-1-19, vous dites « n’accepter aucune forme de violence ».Affirmation paradoxale car vous pratiquez, sans scrupule, à la suite de vos prédécesseurs, la violence d’Etat au plus haut degré,dans tous les domaines, social, militaire, et de la répression. Et vous vous inclinez devant la violence économique des sociétés, telle par exemple, Ford-Blanquefort qui met au chômage 850 salariés, au nom de la rentabilité et de la compétitivité.

      – 1)Vous avez désertifié quantité de petites villes et des campagnes,en supprimant leurs tribunaux, leurs hôpitaux et maternités,les écoles, les Postes, les lignes de chemin de fer locales….sous prétexte de concentrer les moyens financiers, dans un pays où vous prêchez pourtant la décentralisation comme vos aînés….Cette désertification exclut un grand nombre de citoyens de l’accès à ces services, contrairement à ce que vous dites dans votre lettre. Plus personne ne peut croire à la vérité des mots employéspar ceux qui vous ont précédé, et par vous.

      Il n’est plus possible également de s’adresser normalement aux services publics administratifs de la Préfecture, de la Sécurité sociale, des Allocations familiales, des impôts….pour obtenir le moindre renseignement, la moindre aide. Votre gouvernement a pour politique de détruire progressivement les services publics utiles à la population sous le vocable de « réorganisation » et de « modernisme ». Encore des mots dont nous avons appris qu’ils ne cachent que des spoliations au profit des…..holdings.

      Ceci relève d’une violence sociale planifiée contre les citoyens.

      – 2)En tant que chef d’Etat,vous avez engagé la France, directement ou indirectement, dans des guerres les plus destructrices au Mali, au Tchad… au Yémen, en y envoyant l’armée française ou en vendant des armes, entre autres à l’Arabie Saoudite. Or ce pays est le principal propagateur d’une idéologie salafiste intégriste, celle-là même de « L’Etat Islamique », et celle des jeunes « fichés S » qui parfois passent à l’acte. Alors que vous prétendez combattre cette idéologie. Pensez-vous que les citoyens et les jeunes soient incapables d’établir le double ou triple jeu de votre gouvernement ?

      La ministre des Armées, Florence Parly, sous votre direction, a annoncé en septembre 2018 que la France se dotait de drones armés qui permettront « d’allier en permanence la surveillance, l’endurance dans la discrétion, et la capacité de frappe…. », lesquels nécessitent des pilotes qui, à distance,pratiquent des « assassinats ciblés ». Ainsi c’est l’Etat qui décide de se faire justice contre des individus qui n’ont pas été jugés : c’est le droit de tuer sans jugement. Il serait plus que nécessaire de qualifier les actes de ces individus.. Pensez-vous que la jeunesse n’ait pas intégré cette morale éhontée ?

      Ces faits ne sont autres qu’une terrible violence qui détruit peu à peu la République, la justice et toute éthique.

      – 3)La France est le seul pays qui, en Europe, dans des opérations de répression, utilise, en plus des grenades lacrymogènes, des nouveaux lances ballesLDB 40 de longue portée ou GL06-NL, et des grenades GLI-F4. Ce sont ces armes de guerrequi sont responsables des nombreuses blessures recensées chaque week-end depuis novembre 2018 contre les Gilets jaunes (GJ) et la population qui se trouve dans la rue (pertes des yeux, mains arrachées, mâchoires détruites, membres cassés…...) et qui montrent que la police a l’ordre de tirer surtout vers la haut du corps !Ces armes ont été développées dans la deuxième moitié des années 2000 et expérimentées contre les zadistes de Notre Dame des Landes. L’Inspection générale de la Police nationale (IGPN) décrit les grenadesexplosives GLI-F4en ces termes : « …elles comprennent des dispositifs à effet de souffle produit par une substance explosive ou déflagrante et sont susceptibles de mutiler ou de blesser mortellement un individu ».

      C’est donc l’Etat, par l’intermédiaire de son ministre de la défense et de ses préfets, qui arme la police et qui, en d’autres termes, ordonne de tuer des opposants. Par un effet de projection, il a été écrit que les GJ montaient à Paris pour tuer… C’est un pur mensonge.

      Le Monde diplomatique de janvier 2019 (p 13) rappelle les paroles d‘un haut responsable de la police qui confiait « C’est nous, l’institution, qui fixons le niveau de violence de départ. Plus la nôtre est haute, plus celle des manifestants l’est aussi » Il est assez clair que c’est vous qui ordonnez à l’appareil policier le niveau de violence désirée pour asseoir votre politique générale et vos projets de société. Quitte, si cela ne marche pas, à en appeler, pourquoi pas, à l’armée ?? N’y avez-vous pas pensé comme feu le Général de Gaulle en 1968 ?

      La demande faite aux médias de se taire sur les exactions que vous commandez, et de vous exonérer d’être le premier facteur de violence est une évidence. Les contre-vérités répandues dans certains médias (particulièrement dans BFM-TV) sur la violence primitive des Gilets Jaunes, alors que celle-ci n’est qu’une violence en réponse, en dit long sur le mépris que vous avez vis-à-vis de « vos gueux » pour reprendre l’expression d’un gilet jaune de Bourges.

      A propos des mensonges, il en est un qui m’a fait bondir dans votre lettre. Et j’en finirai là. Vous dites que l’impôt sur le revenu, parfois lourd, réduit les inégalités L’Impôt sur le revenu dans sa forme moderne, voulu par les radicaux pour avoir un effet redistributif, et crée en 1914, a eu comme objectif de faire face à la dette publique, et de trouver de nouvelles recettes pour la guerre. Les services publics sont nés bien après, sous l’effet du danger communiste de l’après deuxième guerre mondiale. Il n’a actuellement pas diminué les inégalités sociales. Cessez de penser que les GJ aient des illusions à ce sujet.

      La répression, que vous voulez sévère, ne fait qu’accentuer la colère, et accroît la certitude que la justice, la liberté humaine, la réflexion intelligente pour le mieux-être pour tous, appartiennent à des espaces à créer contre tous les oligarques anciens et modernes, et contre vous et les vôtres.

      Mes salutations républicaines. AM Chartier


  • #COMCYBER : Florence Parly dévoile la doctrine française de lutte informatique offensive (LIO) : Lignes de défense
    http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2019/01/18/florence-parly-devoile-la-doctrine-francaise-de-l

    Il y a trois ans, Jean-Yves Le Drian (ministre de la Défense de 2012 à 2017) avait déjà précisé que la lutte informatique offensive n’était en rien tabou ; désormais les armées françaises sont officiellement dotées d’une doctrine de lutte informatique offensive qui donne le cadre d’emploi précis de l’utilisation du cyber en opérations.

    (…) D’où l’établissement d’une doctrine de LIO (lutte informatique offensive) et la diffusion d’un document spécifique dont la partie publique est à consulter ici. Ce document, dont une partie est classifiée, constitue désormais une référence officielle en matière de lutte informatique offensive.

    http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/files/E%CC%81le%CC%81ments%20publics%20de%20doctrine%20

    #cyberguerre #france #hackers

    On notera l’admirable cyberprojection sur le cyberbouclier, et le caractère cyberarchaïque du cyberglaive.

    • La description de la rupture novatrice du cyber colle mot pour mot aux pratiques de guerillas et de terrorisme depuis les années 60 …
      Je pense que le texte en dit plus sur la perception de l’armée française que sur le cyber

      Véritable rupture en termes de technologie et d’emploi de la force, l’arme cyber est amenée à bouleverser les modalités de la guerre sans en renouveler profondément les principes. Multiplicité d’acteurs étatiques, masqués ou non, organisations terroristes, frontières gommées, perceptions troublées, repères faussés, propagation rapide, droit international non respecté, code de conduite bafoué : tels sont les risques du cyberespace. Une zone grise, un brouillard, dont les effets, eux, sont bien réels, parfois dévastateurs. Le combat dans le cyberespace est de nature asymétrique, hybride, parfois invisible et en apparence indolore. Pourtant, l’emploi de l’arme cyber est susceptible de porter gravement atteinte aux capacités et aux intérêts souverains des États.


  • Qui sont les deux officiers victimes du crash du Mirage 2000D dans le Jura ?
    https://www.crashdebug.fr/actualites-france/15479-qui-sont-les-deux-officiers-victimes-du-crash-du-mirage-2000d-dans-

    Hommages à nos militaires (pas les gradés corrompus), si eux s’engagent dans l’armée pour défendre notre pays c’est parce qu’il l’aime, pas comme nos prestigieux hommes et femmes politiques qui ne pensent en fait qu’à leur nombril (je ne parle pas des petits maires).

    Le capitaine Baptiste Chirié et la lieutenant Audrey Michelon

    PORTRAIT - Les deux membres d’équipage de l’appareil disparu dans l’est de la France, le capitaine Baptiste Chirié et la lieutenant Audrey Michelon, totalisaient à eux deux plus de 2000 heures de vol.

    Jeudi soir, 34 heures après la disparition des radars d’un Mirage 2000D* dans l’est de la France, la ministre des Armées Florence Parly a annoncé dans un communiqué que les deux membres de l’équipage du chasseur-bombardier, le capitaine Baptiste Chirié et (...)

    #En_vedette #Actualités_françaises


  • Spatial militaire : big bang ou pschiiit en 2019 ? (1/3)
    https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/aeronautique-defense/spatial-militaire-un-big-bang-ou-un-pschiit-en-2019-1-3-797045.html


    "Je crois pouvoir dire aujourd’hui que si nous perdons la guerre dans l’espace, nous perdrons la guerre tout court", a estimé le chef d’état-major de l’armée de l’air, le général Philippe Lavigne.
    Crédits : ESA/NASA

    2019 sera l’année du spatial militaire... ou pas. Emmanuel Macron veut une stratégie spatiale de défense pour l’année prochaine. Florence Parly va très prochainement recevoir un rapport sur le spatial militaire. La France se veut ambitieuse. Mais en a-t-elle les moyens ? et sera-t-elle dot[ée] de moyens à la hauteur de son ambition ?
    […]
    Bref, cela pourrait augurer en 2019 d’un big bang en France ou… d’un pschittt. Car faute de crédits supplémentaires dans la future loi de programmation militaire (LPM), la France pourrait être tentée de se concentrer sur une (r)évolution de la gouvernance du spatial militaire et/ou appeler à une grande réforme pour faire évoluer la réglementation spatiale internationale, qui a des trous béants dans la raquette sur la problématique de l’arsenalisation de l’espace. Le Traité de l’espace n’interdit que l’envoi dans l’espace des armes de destruction massive. A défaut de lancer des programmes disruptifs horriblement chers mais capables de réduire le retard de la France par rapport aux nations leader, le ministère des Armées pourrait être tenté de lancer des projets d’études amont (PEA) et/ou des démonstrateurs. Ou encore de repousser le lancement des programmes après 2025. A suivre…

    • Pourquoi Florence Parly insiste tant sur l’importance stratégique du spatial militaire
      https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/aeronautique-defense/pourquoi-florence-parly-insiste-tant-sur-l-importance-strategique-du-spati

      A l’occasion du lancement du satellite d’observation français CSO-1, la ministre des Armées a rappelé tout l’importance stratégique du spatial militaire pour les armées. Un nouveau discours audacieux qui oblige Florence Parly à décliner cette ambition sur le plan budgétaire et capacitaire.

      A quelques jours de Noël, le lancement du satellite d’observation #CS0 (Composante spatiale optique), a permis le 19 décembre à la ministre des Armées Florence Parly d’insister à nouveau sur l’importance stratégique du spatial dans la gestion et l’exécution des opérations des armées. « Aujourd’hui, plus que jamais, notre défense passe par l’espace », avait-elle à nouveau martelé lors de son discours prononcé à l’Ecole militaire. Et de rappeler toute l’importance du spatial lors de l’opération internationale Hamilton (Etats-Unis, Grande-Bretagne et France), qui a permis de détruire des sites de production et de stockage des armes chimiques du régime syrien.

      « Quand le régime syrien a décidé de franchir les limites de l’humanité et de gazer son propre peuple, il nous fallait réagir, a rappelé la ministre. Si nous avons pu le faire vite, précisément : c’est grâce à l’espace. Grâce à Hélios et _Pléiades, nous avons pu collecter des renseignements, détecter les lieux stratégiques de production et de stockage des armes chimiques du régime. Avec le GPS et demain Galileo, nous avons pu positionner et guider nos chasseurs. Grâce à Syracuse, nous avons pu communiquer en permanence pendant l’opération_ ».

      Pour le ministère des Armées, le lancement du premier satellite CSO est « un premier pas », a précisé la ministre. Car la loi de programmation militaire 2019-2025 prévoit le renouvellement complet des capacités spatiales militaires françaises. En 2020 et 2021 seront tirés les deux autres satellites qui compléteront cette composante. Ce qui placera la France « définitivement à la pointe de l’observation spatiale », a fait valoir la ministre. En 2020, la France lancera également trois satellites d’écoute électromagnétique CERES. « C’est une capacité nouvelle pour détecter les centres de commandement et les flottes ennemies », a précisé Florence Parly.

      D’ici à 2022, les deux premiers satellites de télécommunication Syracuse 4 seront en outre lancés. Enfin, la ministre a décidé qu’un troisième serait commandé en 2023. A l’exception du troisième satellite Syracuse 4, la ministre a pris le train en marche pour le renouvellement des capacités spatiales françaises.


  • Noël françafricain : Macron célèbre Barkhane et l’alliance avec Idriss Déby
    Pauline Tétillon et Mahamat Saleh Dahab, L’Huma, le 21 décembre 2018
    https://www.humanite.fr/noel-francafricain-macron-celebre-barkhane-et-lalliance-avec-idriss-deby-66

    C’est Noël au Sahel : les 22 et 23 décembre 2018, le Président Emmanuel Macron se rend à Ndjamena, où se trouve le QG de l’opération Barkhane, auprès des quelques 900 militaires français qui y sont mobilisés. Cette visite sera aussi l’occasion d’un rendez-vous avec le président tchadien Idriss Déby Itno, dans la continuité des relations denses que nourrit la France avec le Tchad. Rien qu’en 2018, Gérard Larcher (président du Sénat), Florence Parly (ministre des armées), au moins deux délégations de députés, y ont été reçus, ainsi que Franck Paris, conseiller Afrique de l’Elysée, le 12 décembre. Depuis des décennies, le Tchad joue un rôle essentiel dans le dispositif militaire français en Afrique et au sein de l’armée française. La guerre contre le terrorisme au Sahel a renforcé cette alliance militaire, offrant ainsi une légitimation internationale à un régime qui ne cesse de se durcir.

    Depuis 2014, les manifestations, grèves et autres mobilisations s’appuyant sur des revendications sociales et politiques se multiplient mais sont étouffées : répressions armées, arrestations, intimidations et condamnations sont le lot commun des acteurs de la société civile. Les réseaux sociaux et l’accès à internet sont régulièrement coupés à la demande du régime, dans un pays où à peine 3 % de la population y a accès. Les mouvements citoyens, syndicats et partis d’opposition s’organisent malgré les pressions fortes : faire face à la violence, aux manipulations du pouvoir, aux intimidations du quotidien envers soi et ses proches...et survivre.

    En effet, une crise profonde affecte le pays. La chute des cours du pétrole est loin d’en être la seule cause : gestion administrative et financière délétère, captation des ressources minières au profit du clan au pouvoir, augmentation des investissements dans l’armée et dans les moyens de répressions et de contrôle au détriment des autres secteurs. Face à cette crise, et pour répondre aux exigences de ses créanciers, le gouvernement a mis en place des mesures d’austérité qui portent atteinte à la population. Les coupes budgétaires affectent des secteurs clefs, comme la santé dont le budget a baissé de 50 % entre 2013 et 2017. Entre 2016 et 2018, les primes et indemnités des fonctionnaires ont été réduites de 50 %. L’année 2018 a été marquée par des grèves sèches paralysant le secteur public pendant plusieurs mois.

    Dans ce contexte, deux conventions de financement d’aide budgétaire, signées avec l’Agence Française de Développement le 6 décembre, vont permettre au gouvernement de régler les salaires des fonctionnaires civils et d’appuyer le secteur de la santé. Ces prêts contribuent une fois de plus à cautionner la gestion délétère du régime en place et alimentent une dette odieuse. Quelques jours plus tard, le gouvernement tchadien a annoncé le rétablissement de la solde des militaires, réduite depuis deux ans du fait de la crise économique. La priorité sécuritaire est clairement affirmée.

    Cette politique du tout sécuritaire répond aux orientations françaises au Tchad : Paris, via la coopération militaire, l’opération Barkhane et l’appui à la force conjointe G5 Sahel, contribue au renseignement, à la formation et à l’appui logistique et matériel des forces armées tchadiennes. Malgré la brutalité du régime, une dizaine de coopérants français, intégrés dans l’armée tchadienne, sont missionnés sur des secteurs clefs comme le renseignement ou la formation au commandement. En octobre 2018, des équipements de maintien de l’ordre étaient livrés à la redoutée Garde Nomade Nationale du Tchad, quand tout le secteur public était paralysé par des grèves et que la rentrée scolaire n’avait toujours pas eu lieu. Alors que la France se targue de former depuis des décennies des militaires tchadiens, l’armée tchadienne est toujours divisée entre une garde républicaine qui protège le pouvoir et une armée régulière désorganisée qui commet des exactions pour combler les manques de salaire.

    Mais la « lutte contre le terrorisme » n’est plus la seule rente diplomatique et financière du régime. L’évolution des routes migratoires au Sahel, due aux politiques européennes, provoque un accroissement du nombre de migrants transitant par le Tchad. Si le pays ne bénéficie pas encore de programme européen de lutte contre les migrations, Idriss Déby se montre disposé à coopérer aux politiques migratoires de l’Union européenne et de ses membres. Le Tchad, considéré comme pays « stable », a ainsi accueilli en 2017 une première mission de l’OFPRA, l’organisme français chargé d’étudier les demandes d’asile. Et à la frontière tchado-soudanaise, les militaires tchadiens, et des milices Janjawid soudanaises soutenues par l’UE jouent un rôle trouble en participant au racket des migrants. Des financements permettant de renforcer la présence de l’armée tchadienne dans les zones frontalières seraient une opportunité pour le régime de Déby, inquiet des mouvements de groupes d’opposition politico-militaires dans ces régions : c’est la rencontre entre le cynisme des politiques migratoires européennes et la brutalité de ce Machiavel du Sahel.

    En se rendant au Tchad, Emmanuel Macron ne fait pas que défendre et célébrer la présence militaire française au Sahel. Il réaffirme l’indéfectible soutien diplomatique et militaire à un chef d’État qui est, depuis 28 ans, pour différents motifs au gré des années, un maillon central de la politique africaine de la France, quel qu’en soit le prix à payer pour la population tchadienne.

    Pauline Tétillon, co-présidente de l’association Survie.
    Mahamat Saleh Dahab, secrétaire général des Patriotes de la diaspora tchadienne.

    #Françafrique #France #Tchad


  • 18/12/2018 La France donne un coup de pouce financier au Tchad
    https://lemonde-arabe.fr/14/12/2018/france-tchad 1/1

    Très présent dans le dossier G5 Sahel, Emmanuel Macron a donné un coup de pouce financier à N’Djamena.
    Alors que le président français doit se rendre prochainement au Tchad afin de faire le point sur le dossier djihadisme qui sévit toujours autant dans la région, plusieurs médias internationaux ont révélé la teneur des deux conventions signées le 6 novembre dernier par Paris en faveur des autorités locales.
    Selon le site Mondo Afrique, un prêt d’une valeur de 40 millions d’euros solutionnera dans un premier temps le paiement de la solde nette des fonctionnaires civils tchadiens pour le mois de décembre (30 millions d’euros environ), ainsi que le versement des pensions et retraites à hauteur du reliquat. Soit 10 millions d’euros correspondant à plus de trois mois de prise en charge.
    Quand à la seconde, il s’agit d’un don de 10 millions d’euros destiné aux dépenses prioritaires en matière de santé. Il couvrira, notamment, la subvention de fonctionnement des principaux hôpitaux du pays (trois dans la capitale et dix en provinces), du Centre national de Transfusion sanguine et des services relatifs à la
    gratuité de soins, à la lutte contre le Sida et à la vaccination.
    Macron après Parly
    Pour rappel, la ministre française des Armées s’était déjà rendue à
    N’Djaména début octobre pour conforter le processus du G5 Sahel. Florence Parly s’était entretenue à cette occasion avec le chef de l’Etat, Idriss Déby Itno, et son ministre délégué à la Défense, Bichara Issa Djadallah.
    Cette force conjointe (Tchad, Mauritanie, Mali, Niger, Burkina Faso) a en effet pour but de lutter efficacement et durablement contre la menace djihadiste au Sahel. Et de prendre le relais, à terme, de la force française, Barkhane, déployée notamment dans le nord du Mali où elle combat les groupes terroristes.

    • Philippe FREOUR
      Aider les pays en difficulté est normal ; mais que peuvent penser nos propres fonctionnaires français civils ou militaires qui mendient le paiement de leurs heures supplémentaires ??? Les gendarmes auxiliaires français (personnels civils effectuant des missions ponctuelles mais récurrentes pour la gendarmerie) ne sont pas payés depuis août dernier !!!!!!!
      D’autre part, nous aimerions savoir quelles contreparties espère Macron en échange de ces aides.....


  • La France proche de se doter d’une nouvelle stratégie spatiale de défense
    https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/aeronautique-defense/la-france-proche-de-se-doter-d-une-nouvelle-strategie-spatiale-de-defense-

    Le ministère des Armées va remettre à Emmanuel Macron dans "les prochains jours" un rapport sur la future stratégie spatiale de défense.

    Le ministère des Armées est tout proche de remettre son rapport sur la politique spatiale de défense au président de la République, qui avait demandé le 13 juillet dernier de définir cette ambition pour les armées. Le conseiller industrie au cabinet de Florence Parly, Hervé Grandjean a précisé au cours d’une conférence de presse, que le ministère était « à quelques jours de la remise de ce rapport sur la stratégie spatiale de défense ». Cette stratégie est censée « dessiner une ambition pour nos forces armées à l’horizon 2040 avec des jalons très clairs, et très cadrés de cette montée en puissance qui est proposée au président de la République ».
    […]
    La France restera-t-elle défensive ou bien deviendra-t-elle une nation offensive dans l’espace à l’image de ce qu’elle a déjà fait dans la cyber ? Interrogé par La Tribune sur un éventuel changement de doctrine, Hervé Grandjean a botté en touche, soulignant que ce thème était du ressort d’Emmanuel Macron. Il a toutefois laissé entendre que « la militarisation (de l’espace, ndlr) n’est pas forcément contradictoire avec les principes édictés par le Traité sur l’espace. (...) Le principe de légitime défense continue à s’appliquer ». Ce qui pourrait laisser entendre une évolution de la doctrine de la France en la matière. Cela reste encore à confirmer.
    […]
    Ce travail a permis de creuser des aspects complémentaires à ce que fait la France dans le domaine du spatial militaire. Il est déjà prévu que les armées investissent 3,6 milliards d’euros tout au long de la future loi de programmation militaire de 2019-2025. Ce qui permettra de renouveler pratiquement l’ensemble de la composante spatiale française sur la période. Le 18 décembre, le lanceur russe Soyuz mettra en orbite le satellite d’observation optique CSO-1, le premier d’une constellation de trois.

    (note : c’est moi qui graisse la dernière phrase ;-)


  • Mme Parly : Pour l’innovation de défense, « geeks de toutes régions, unissez-vous ! » | Zone Militaire
    http://www.opex360.com/2018/11/23/mme-parly-pour-linnovation-de-defense-geeks-de-toutes-regions-unissez-vous

    Pour innover, les Armées auront à se tourner vers l’extérieur et faire appel à tous les talents, d’où qu’ils viennent. Elles le font déjà, via les « hackathons » et les « défis » organisés régulièrement par la Direction générale de l’armement, la Marine nationale et l’armée de l’Air. L’agence de l’innovation de défense lancera prochainement les siens, avec, pour commencer, un « challenge » sur l’intelligence artificielle « dans le domaine spatial », a annoncé Florence Parly.

    « Alors mon message est clair : geeks de toutes régions, unissez-vous, nous attendons vos trouvailles au salon du Bourget de 2019 », a lancé la ministre, reprenant, en la modifiant, la conclusion du « Manifeste du Parti communiste » de Marx et Engels.

    Cela étant, quant à rester dans le registre révolutionnaire, cet appel aux « geeks » est presque une révolution… Même si le mot « hacker » aurait été le mieux approprié malgré qu’il soit souvent (mal) utilisé pour désigner des « pirates informatiques »…

    #armée #hackers #formidable


  • Suspendre les ventes d’armes à Ryad ? #Macron refuse de répondre

    En visite au salon Euronaval, Emmanuel Macron a refusé de répondre mardi aux questions sur un éventuel arrêt des ventes d’armes de la France à l’Arabie Saoudite, comme l’a demandé l’Allemagne à tous les Européens.

    « Mon agenda n’est pas dicté par les médias, que ça vous plaise ou non. Je suis sur un autre sujet. Ca n’a rien à voir avec le sujet qu’on est en train de traiter. Rien. Rien. Donc je n’y répondrai pas. Je regrette. Ca continuera tant que je serai à la place à laquelle je suis. Que ça plaise ou que ça déplaise », a répondu avec un net agacement le président de la République qui visitait avec la ministre des Armées Florence Parly ce salon des industries navales de défense.

    Les journalistes lui demandaient si la France comptait suspendre ses ventes d’armes à Ryad, comme l’a demandé lundi à tous les Européens le ministre allemand de l’Economie Peter Altmaier, tant que l’Arabie Saoudite n’aura pas fait toute la lumière sur le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi.

    « Ce n ?est pas parce qu ?un dirigeant dit quelque chose que je suis censé réagir à chaque fois. Et donc je ne vous répondrai pas », a répété le président à une seconde question sur le sujet.

    Egalement questionnée par la presse, Mme Parly a quant à elle répondu que « la première des priorités est que l ?enquête soit menée et que cette enquête soit crédible ».

    Le président américain Donald Trump avait déclaré samedi que suspendre les ventes d’armes « ferait beaucoup plus de mal » à l’économie américaine qu’à l’Arabie saoudite.

    Dimanche, la chancelière allemande Angela Merkel a prévenu que Berlin n’autoriserait pas en l’état d’exportations d’armes vers l’Arabie saoudite. Le Premier ministre canadien Justin Trudeau a lui affirmé ne pas exclure que le Canada puisse annuler un important contrat de vente d’armes à Ryad.

    http://www.lalibre.be/dernieres-depeches/afp/suspendre-les-ventes-d-armes-a-ryad-macron-refuse-de-repondre-5bcf45c6cd708c
    #Arabie_saoudite #armes #commerce_d'armes #France
    via @reka (twitter)


  • (1) « Mon pays fabrique des #armes » et ce n’est pas anodin - Libération
    https://www.liberation.fr/planete/2018/10/23/mon-pays-fabrique-des-armes-et-ce-n-est-pas-anodin_1687027

    Jean-Charles Larsonneur, député LREM membre de la commission de la #défense, avoue à la journaliste qu’il le regarde « pour la première fois » et se trouve bien en peine de dire ce qui est vendu à l’Arabie Saoudite, gros client de la France. Hors caméra, mais toujours équipé d’un micro, le même élu résume parfaitement le piège dans laquelle Paris s’est enfermé : « Si on n’a plus d’exportations, on n’a plus d’industrie de la défense, donc on perd notre #souveraineté en termes d’outil #militaire. »

    La quête de cette autonomie stratégique justifie donc de vendre à des Etats qui ne sont pas des démocraties (par exemple l’Egypte), voire qui sont soupçonnés de crimes de guerre (comme l’Arabie Saoudite au Yémen). La position française, répétée en boucle par la ministre des Armées, Florence Parly, reste constante : les ventes d’armes sont « extrêmement encadrées », « font l’objet d’une évaluation précise qui prend en compte […] la nature des matériels exportés, le respect des droits de l’homme, la préservation de la paix et de la stabilité régionale ». Cette ligne, qui n’était pas celle d’Emmanuel Macron au début de sa campagne, divise au sein même de l’appareil d’Etat, comme le rappelle le film au terme de son exposé sans révélation mais exhaustif des enjeux entourant ce « vice #business ».


  • Et l’américain Palantir a désormais un rival « Made in France »
    https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/aeronautique-defense/si-si-l-americain-palantir-a-desormais-un-rival-made-in-france-793900.html

    Cette offre répond aux besoins de l’administration française, notamment des services de renseignement et des entreprises françaises, qui souhaitent s’exonérer des risques que peut induire un choix en faveur de Palantir. Pourquoi ? Guillaume Poupard est très clair quand il explique à l’Assemblée nationale en mars dernier, qu’il « va de soi qu’il faut par exemple déconnecter les logiciels Palantir, qui permettent d’effectuer des recherches dans les données, car il est hors de question que l’éditeur de Palantir ait accès aux données opérationnelles traitées par le logiciel. Or, c’est de plus en plus compliqué : de nombreux éditeurs logiciels, en effet, dégagent leur plus-value en fournissant non plus un simple CD-ROM comme autrefois mais un système à distance, en cloud, qui, pour fonctionner, ne doit plus se trouver chez le client mais chez l’éditeur, ce qui soulève de nombreuses questions ». D’ailleurs, le directeur du renseignement militaire, le général Jean-François Ferlet, a indiqué que son service a étudié le logiciel de Palantir, mais qu’il ne l’a pas retenu pour des questions de maîtrise du logiciel.
    La DGA travaille également sur une alternative

    « Il existe une volonté globale de créer une alternative française de confiance, et la DGA y travaille », avait rappelé en mars dernier Guillaume Poupard. C’est le programme Artemis (Architecture de traitement et d’exploitation massive de l’information multi-source), qui a été lancé en novembre 2017 par la direction générale de l’armement (DGA). Ce programme, qui servira à exploiter les bases de données de toute nature, est une composante importante de la feuille de route Intelligence Artificielle (IA) du ministère des Armées, annoncée en mars dernier par Florence Parly.

    #Palantir #Renseignement #Souveraineté_nationale


  • C.I.A. Drone Mission, Curtailed by Obama, Is Expanded in Africa Under Trump

    The C.I.A. is poised to conduct secret drone strikes against Qaeda and Islamic State insurgents from a newly expanded air base deep in the Sahara, making aggressive use of powers that were scaled back during the Obama administration and restored by President Trump.

    Late in his presidency, Barack Obama sought to put the military in charge of drone attacks after a backlash arose over a series of highly visible strikes, some of which killed civilians. The move was intended, in part, to bring greater transparency to attacks that the United States often refused to acknowledge its role in.

    But now the C.I.A. is broadening its drone operations, moving aircraft to northeastern Niger to hunt Islamist militants in southern Libya. The expansion adds to the agency’s limited covert missions in eastern Afghanistan for strikes in Pakistan, and in southern Saudi Arabia for attacks in Yemen.

    Nigerien and American officials said the C.I.A. had been flying drones on surveillance missions for several months from a corner of a small commercial airport in Dirkou. Satellite imagery shows that the airport has grown significantly since February to include a new taxiway, walls and security posts.

    One American official said the drones had not yet been used in lethal missions, but would almost certainly be in the near future, given the growing threat in southern Libya. The official spoke on the condition of anonymity to discuss the secretive operations.

    A C.I.A. spokesman, Timothy Barrett, declined to comment. A Defense Department spokeswoman, Maj. Sheryll Klinkel, said the military had maintained a base at the Dirkou airfield for several months but did not fly drone missions from there.

    The drones take off from Dirkou at night — typically between 10 p.m. and 4 a.m. — buzzing in the clear, starlit desert sky. A New York Times reporter saw the gray aircraft — about the size of Predator drones, which are 27 feet long — flying at least three times over six days in early August. Unlike small passenger planes that land occasionally at the airport, the drones have no blinking lights signaling their presence.

    “All I know is they’re American,” Niger’s interior minister, Mohamed Bazoum, said in an interview. He offered few other details about the drones.

    Dirkou’s mayor, Boubakar Jerome, said the drones had helped improve the town’s security. “It’s always good. If people see things like that, they’ll be scared,” Mr. Jerome said.

    Mr. Obama had curtailed the C.I.A.’s lethal role by limiting its drone flights, notably in Yemen. Some strikes in Pakistan and elsewhere that accidentally killed civilians, stirring outrage among foreign diplomats and military officials, were shielded because of the C.I.A.’s secrecy.

    As part of the shift, the Pentagon was given the unambiguous lead for such operations. The move sought, in part, to end an often awkward charade in which the United States would not concede its responsibility for strikes that were abundantly covered by news organizations and tallied by watchdog groups. However, the C.I.A. program was not fully shut down worldwide, as the agency and its supporters in Congress balked.

    The drone policy was changed last year, after Mike Pompeo, the C.I.A. director at the time, made a forceful case to President Trump that the agency’s broader counterterrorism efforts were being needlessly constrained. The Dirkou base was already up and running by the time Mr. Pompeo stepped down as head of the C.I.A. in April to become Mr. Trump’s secretary of state.

    The Pentagon’s Africa Command has carried out five drone strikes against Qaeda and Islamic State militants in Libya this year, including one two weeks ago. The military launches its MQ-9 Reaper drones from bases in Sicily and in Niamey, Niger’s capital, 800 miles southwest of Dirkou.

    But the C.I.A. base is hundreds of miles closer to southwestern Libya, a notorious haven for Al Qaeda and other extremist groups that also operate in the Sahel region of Niger, Chad, Mali and Algeria. It is also closer to southern Libya than a new $110 million drone base in Agadez, Niger, 350 miles west of Dirkou, where the Pentagon plans to operate armed Reaper drone missions by early next year.

    Another American official said the C.I.A. began setting up the base in January to improve surveillance of the region, partly in response to an ambush last fall in another part of Niger that killed four American troops. The Dirkou airfield was labeled a United States Air Force base as a cover, said the official, who spoke on the condition of anonymity to discuss confidential operational matters.

    The C.I.A. operation in Dirkou is burdened by few, if any, of the political sensitivities that the United States military confronts at its locations, said one former American official involved with the project.

    Even so, security analysts said, it is not clear why the United States needs both military and C.I.A. drone operations in the same general vicinity to combat insurgents in Libya. France also flies Reaper drones from Niamey, but only on unarmed reconnaissance missions.

    “I would be surprised that the C.I.A. would open its own base,” said Bill Roggio, editor of the Foundation for Defense of Democracies’ Long War Journal, which tracks military strikes against militant groups.

    Despite American denials, a Nigerien security official said he had concluded that the C.I.A. launched an armed drone from the Dirkou base to strike a target in Ubari, in southern Libya, on July 25. The Nigerien security official spoke on the condition of anonymity to discuss the classified program.

    A spokesman for the Africa Command, Maj. Karl Wiest, said the military did not carry out the Ubari strike.

    #Ubari is in the same region where the American military in March launched its first-ever drone attack against Qaeda militants in southern Libya. It is at the intersection of the powerful criminal and jihadist currents that have washed across Libya in recent years. Roughly equidistant from Libya’s borders with Niger, Chad and Algeria, the area’s seminomadic residents are heavily involved in the smuggling of weapons, drugs and migrants through the lawless deserts of southern Libya.

    Some of the residents have allied with Islamist militias, including Al Qaeda in the Islamic Maghreb, which operates across Algeria, Mali, Niger and Libya.

    Dirkou, in northeast Niger, is an oasis town of a few thousand people in the open desert, bordered by a small mountain range. For centuries, it has been a key transit point for travelers crossing the Sahara. It helped facilitate the rise of Islam in West Africa in the 9th century, and welcomed salt caravans from the neighboring town of Bilma.

    The town has a handful of narrow, sandy roads. Small trees dot the horizon. Date and neem trees line the streets, providing shelter for people escaping the oppressive midday heat. There is a small market, where goods for sale include spaghetti imported from Libya. Gasoline is also imported from Libya and is cheaper than elsewhere in the country.

    The drones based in Dirkou are loud, and their humming and buzzing drowns out the bleats of goats and crows of roosters.

    “It stops me from sleeping,” said Ajimi Koddo, 45, a former migrant smuggler. “They need to go. They go in our village, and it annoys us too much.”

    Satellite imagery shows that construction started in February on a new compound at the Dirkou airstrip. Since then, the facility has been extended to include a larger paved taxiway and a clamshell tent connected to the airstrip — all features that are consistent with the deployment of small aircraft, possibly drones.

    Five defensive positions were set up around the airport, and there appear to be new security gates and checkpoints both to the compound and the broader airport.

    It’s not the first time that Washington has eyed with interest Dirkou’s tiny base. In the late 1980s, the United States spent $3.2 million renovating the airstrip in an effort to bolster Niger’s government against Col. Muammar el-Qaddafi, then the leader of Libya.

    Compared with other parts of Africa, the C.I.A.’s presence in the continent’s northwest is relatively light, according to a former State Department official who served in the region. In this part of Niger, the C.I.A. is also providing training and sharing intelligence, according to a Nigerien military intelligence document reviewed by The Times.

    The Nigerien security official said about a dozen American Green Berets were stationed earlier this year in #Dirkou — in a base separate from the C.I.A.’s — to train a special counterterrorism battalion of local forces. Those trainers left about three months ago, the official said.

    It is unlikely that they will return anytime soon. The Pentagon is considering withdrawing nearly all American commandos from Niger in the wake of the deadly October ambush that killed four United States soldiers.

    https://www.nytimes.com/2018/09/09/world/africa/cia-drones-africa-military.html
    #CIA #drones #Niger #Sahel #USA #Etats-Unis #EI #ISIS #Etat_islamique #sécurité #terrorisme #base_militaire

    • Le Sahel est-il une zone de #non-droit ?

      La CIA a posé ses valises dans la bande sahélo-saharienne. Le New-York Times l’a annoncé, le 9 septembre dernier. Le quotidien US, a révélé l’existence d’une #base_de_drones secrète non loin de la commune de Dirkou, dans le nord-est du Niger. Cette localité, enclavée, la première grande ville la plus proche est Agadez située à 570 km, est le terrain de tir parfait. Elle est éloignée de tous les regards, y compris des autres forces armées étrangères : France, Allemagne, Italie, présentes sur le sol nigérien. Selon un responsable américain anonyme interrogé par ce journal, les drones déployés à Dirkou n’avaient « pas encore été utilisés dans des missions meurtrières, mais qu’ils le seraient certainement dans un proche avenir, compte tenu de la menace croissante qui pèse sur le sud de la Libye. » Or, d’après les renseignements recueillis par l’IVERIS, ces assertions sont fausses, la CIA a déjà mené des opérations à partir de cette base. Ces informations apportent un nouvel éclairage et expliquent le refus catégorique et systématique de l’administration américaine de placer la force conjointe du G5 Sahel (Tchad, Mauritanie, Burkina-Faso, Niger, Mali) sous le chapitre VII de la charte des Nations Unies.
      L’installation d’une base de drones n’est pas une bonne nouvelle pour les peuples du Sahel, et plus largement de l’Afrique de l’Ouest, qui pourraient connaître les mêmes malheurs que les Afghans et les Pakistanais confrontés à la guerre des drones avec sa cohorte de victimes civiles, appelées pudiquement « dégâts collatéraux ».

      D’après le journaliste du NYT, qui s’est rendu sur place, les drones présents à Dirkou ressembleraient à des Predator, des aéronefs d’ancienne génération qui ont un rayon d’action de 1250 km. Il serait assez étonnant que l’agence de Langley soit équipée de vieux modèles alors que l’US Air Force dispose à Niamey et bientôt à Agadez des derniers modèles MQ-9 Reaper, qui, eux, volent sur une distance de 1850 km. A partir de cette base, la CIA dispose donc d’un terrain de tir étendu qui va de la Libye, au sud de l’Algérie, en passant par le Tchad, jusqu’au centre du Mali, au Nord du Burkina et du Nigéria…

      Selon deux sources militaires de pays d’Afrique de l’Ouest, ces drones ont déjà réalisé des frappes à partir de la base de Dirkou. Ces bombardements ont eu lieu en Libye. Il paraît important de préciser que le chaos existant dans ce pays depuis la guerre de 2011, ne rend pas ces frappes plus légales. Par ailleurs, ces mêmes sources suspectent la CIA d’utiliser Dirkou comme une prison secrète « si des drones peuvent se poser des avions aussi. Rien ne les empêche de transporter des terroristes de Libye exfiltrés. Dirkou un Guantanamo bis ? »

      En outre, il n’est pas impossible que ces drones tueurs aient été en action dans d’autres Etats limitrophes. Qui peut le savoir ? « Cette base est irrégulière, illégale, la CIA peut faire absolument tout ce qu’elle veut là-bas » rapporte un officier. De plus, comment faire la différence entre un MQ-9 Reaper de la CIA ou encore un de l’US Air Force, qui, elle, a obtenu l’autorisation d’armer ses drones (1). Encore que…

      En novembre 2017, le président Mahamadou Issoufou a autorisé les drones de l’US Air Force basés à Niamey, à frapper leurs cibles sur le territoire nigérien (2). Mais pour que cet agrément soit légal, il aurait fallu qu’il soit présenté devant le parlement, ce qui n’a pas été le cas. Même s’il l’avait été, d’une part, il le serait seulement pour l’armée US et pas pour la CIA, d’autre part, il ne serait valable que sur le sol nigérien et pas sur les territoires des pays voisins…

      Pour rappel, cette autorisation a été accordée à peine un mois après les événements de Tongo Tongo, où neuf militaires avaient été tués, cinq soldats nigériens et quatre américains. Cette autorisation est souvent présentée comme la conséquence de cette attaque. Or, les pourparlers ont eu lieu bien avant. En effet, l’AFRICOM a planifié la construction de la base de drone d’Agadez, la seconde la plus importante de l’US Air Force en Afrique après Djibouti, dès 2016, sous le mandat de Barack Obama. Une nouvelle preuve que la politique africaine du Pentagone n’a pas changée avec l’arrivée de Donald Trump (3-4-5).

      Les USA seuls maîtres à bord dans le Sahel

      Dès lors, le véto catégorique des Etats-Unis de placer la force G5 Sahel sous chapitre VII se comprend mieux. Il s’agit de mener une guerre non-officielle sans mandat international des Nations-Unies et sans se soucier du droit international. Ce n’était donc pas utile qu’Emmanuel Macron, fer de lance du G5, force qui aurait permis à l’opération Barkhane de sortir du bourbier dans lequel elle se trouve, plaide à de nombreuses reprises cette cause auprès de Donald Trump. Tous les présidents du G5 Sahel s’y sont essayés également, en vain. Ils ont fini par comprendre, quatre chefs d’Etats ont boudé la dernière Assemblée générale des Nations Unies. Seul, le Président malien, Ibrahim Boubacar Keïta, est monté à la tribune pour réitérer la demande de mise sous chapitre VII, unique solution pour que cette force obtienne un financement pérenne. Alors qu’en décembre 2017, Emmanuel Macron y croyait encore dur comme fer et exigeait des victoires au premier semestre 2018, faute de budget, le G5 Sahel n’est toujours pas opérationnel ! (6-7) Néanmoins, la Chine a promis de le soutenir financièrement. Magnanime, le secrétaire d’Etat à la défense, Jim Mattis a lui assuré à son homologue, Florence Parly, que les Etats-Unis apporteraient à la force conjointe une aide très significativement augmentée. Mais toujours pas de chapitre VII en vue... Ainsi, l’administration Trump joue coup double. Non seulement elle ne s’embarrasse pas avec le Conseil de Sécurité et le droit international mais sous couvert de lutte antiterroriste, elle incruste ses bottes dans ce qui est, (ce qui fut ?), la zone d’influence française.

      Far West

      Cerise sur le gâteau, en août dernier le patron de l’AFRICOM, le général Thomas D. Waldhauser, a annoncé une réduction drastique de ses troupes en Afrique (9). Les sociétés militaires privées, dont celle d’Erik Prince, anciennement Blackwater, ont bien compris le message et sont dans les starting-blocks prêtes à s’installer au Sahel (10).


      https://www.iveris.eu/list/notes_danalyse/371-le_sahel_estil_une_zone_de_nondroit__


  • « Nous sommes en danger » : la France accuse la Russie de tentative d’espionnage par satellite - LCI
    https://www.lci.fr/politique/florence-parly-la-france-accuse-la-russie-d-espionnage-par-satellite-2097776.htm

    ESPION SPATIAL - Lors d’un discours au Centre national des études spatiales (CNES), la ministre française des Armées a accusé Moscou d’avoir tenté d’intercepter des communications sécurisées par le biais d’un satellite espion.

    Florence Parly était ce vendredi à Toulouse, au Centre national d’études spatiales (CNES), pour parler espace. Et c’est par « une histoire » qu’elle a choisi de débuter son discours. L’histoire d’une mésaventure du satellite militaire franco-italien #Athena-Fidus, un satellite qui « permet d’échanger des informations, de planifier des opérations, de garantir notre sécurité ».

    « Alors qu’Athena-Fidus continuait sa rotation tranquillement au-dessus de la Terre, un satellite s’est approché de lui, de près, d’un peu trop près », a raconté la ministre des Armées. « De tellement près qu’on aurait vraiment pu croire qu’il tentait de capter nos communications. » Et de poursuivre sur un ton plus sévère : « Tenter d’écouter ses voisins, ce n’est pas seulement inamical. C’est un acte d’espionnage. » 

    Ce satellite espion « aux grandes oreilles s’appelle #Louch-Olymp, c’est un satellite russe bien connu mais un peu… indiscret. » Florence Parly a rassuré son audience : « Nous l’avions vu arriver, et avons pris les mesures qui s’imposaient. » Et pour cause, Louch-Olymp n’en est pas à son coup d’essai et est depuis quelques temps sous surveillance rapprochée. Ses subites et répétées variations de positionnement sont jugées suspectes et dangereuses par l’Armée française, mais aussi par de nombreuses puissances occidentales.

    « Nous avons d’ailleurs observé qu’il continuait de manœuvrer activement les mois suivants auprès d’autres cibles », a avancé la ministre sans les nommer.

    Le but de cette catastrophe sécuritaire évitée et racontée comme un conte ? Attirer l’attention sur l’importance d’une défense spatiale. « Non, l’espionnage et les actes offensifs, ça n’arrive pas qu’aux autres. Oui, nous sommes en danger, nos communications, nos manœuvres militaires comme nos quotidiens sont en danger si nous ne réagissons pas », a alerté la ministre. "D’autres très grandes puissances spatiales déploient en orbite des objets intrigants, expérimentent des capacités potentiellement offensives, conduisent des manœuvres qui ne laissent guère de doutes sur leur vocation agressive".

    Un groupe de travail du ministère des Armées planche d’ailleurs actuellement sur des propositions concernant une « stratégie spatiale de défense ». Leur rapport doit être remis au président français dans deux mois.

    Placé en orbite géostationnaire en 2014, le satellite Athena-Fidus (« Access on THeatres for EuropeaN Allied forces nations-French Italian Dual Use Satellite ») fournit des moyens de télécommunication de très haut débit aux armées française et italienne et aux services de sécurité civile des deux pays.


    https://fr.wikipedia.org/wiki/Athena-Fidus

    #Olymp-K (aussi désigné par Roscosmos sous le nom de Луч (rayon), Luch, SIGINT satellite, à l’anglosaxonne ou Lutch, à la française)
    https://en.wikipedia.org/wiki/Olymp-K
    ou
    http://spaceflight101.com/spacecraft/olymp

    suivi de sa trajectoire
    http://www.satflare.com/track.asp?q=40258


  • Les îles militarisées en mer de Chine du Sud : la partie émergée de la puissance de frappe de Pékin

    http://theconversation.com/les-iles-militarisees-en-mer-de-chine-du-sud-la-partie-emergee-de-l

    En dépit d’un semblant de détente en Asie entre Donald Trump et Kim Jong‑un, la « guerre d’influence en mer de Chine entre Pékin et Washington ne va pas cesser quels que soient les développements sur le dossier nord-coréen » notait le correspondant du journal Le Monde Gilles Paris, envoyé spécial à Singapour, lors d’un live avec les lecteurs du quotidien.

    #chine #océan_indien #thalassocratie #mer_de_chine_méridionale
    Début juin, le sentiment était le même au sommet annuel du Shangri-La Dialogue à Singapour sur les enjeux de sécurité en Asie-Pacifique.

    La ministre française des Armées, Florence Parly avait particulièrement rappelé l’urgence au respect du droit international en mer de Chine du Sud et que la zone était marquée par la compétition entre pays plus que par la coopération régionale qu’il convenait, selon elle, de soutenir.

    • Lost Horizon narre l’histoire des rescapés d’un accident d’avion qui réussissent à atteindre une lamaserie utopique, appelée « Shangri-La », aux confins du Tibet. Il s’agit d’un lieu fermé dans lequel l’on voit de merveilleux paysages et où le temps est suspendu dans une atmosphère de paix et tranquillité.

      Depuis le temps que je me demandais pourquoi autant d’hôtels s’appelaient comme ça.


  • Après l’enquête de « Libé » sur le harcèlement sexiste dans l’établissement militaire, le chef de corps est sur le départ. Il laisse derrière lui une stèle vue comme une provocation.

    Au lycée de Saint-Cyr, le colonel part, les « tradis » restent

    C’est, en quelque sorte, un cadeau d’adieu. Depuis le début de semaine, une stèle flambant neuve a fait son apparition dans la cour Rivoli du lycée militaire de Saint-Cyr (Yvelines). Entre quatre flèches qui partent vers l’extérieur, trois slogans sont gravés en lettres d’or : « chic à Cyr », « chic aux anciens », « chic aux tradis ». Dans le langage propre aux lycées militaires, les flèches, c’est pour rendre gloire. « Chic », c’est à peu près le même sens. Au sein de l’établissement, l’objet a fait bondir.

    Voir aussi notre long format Harcèlement au lycée militaire de Saint-Cyr : après l’enquête, témoignages et réactions

    Car même si ces slogans ne sont pas nouveaux (ils étaient déjà écrits dans la même cour dans les années 60), même si le ministère des Armées explique à Libération que le « chic aux tradis » est à prendre dans le sens de la glorification de traditions vieilles de deux cents ans, difficile pour certains élèves et professeurs de ne pas voir dans cette stèle une provocation plus que malvenue. Car « chic aux tradis », c’est aussi une référence pour le moins transparente au mouvement des « tradis », ces garçons des classes prépa qui font vivre un enfer aux élèves filles. Libération avait révélé le 23 mars le harcèlement sexiste quasi quotidien qu’elles subissent, à tel point que la plupart d’entre elles abandonnent leur cursus avant terme.
    « Ancien tradi »

    La stèle a été inaugurée tout à fait officiellement alors que le colonel qui dirige le lycée militaire depuis septembre 2015, Thierry Assonion, est sur le départ. Au début du printemps encore – avant l’enquête de Libé – il était donné pour rester l’an prochain. Officiellement, le colonel obéit simplement au « plan annuel de mutation ». Son dernier acte au lycée aura été en tout cas d’installer cette stèle.

    A lire aussi « J’étais un bourreau » : la confession d’un tradi repenti

    Provocation ou pas, le lycée doit désormais regarder du côté de la rentrée : qui pour remplacer le colonel Assonion ? A Saint-Cyr, les bruits de couloir ont d’abord évoqué la possibilité d’une colonelle, ce qui aurait été un signal fort dans un établissement et une institution où peu de place est laissée aux femmes. La rumeur s’est finalement cristallisée sur le nom d’un homme, Tanguy Eon Duval. Un nom qui en effraie plus d’un : « Ce colonel est un ancien tradi, ce serait désastreux de le mettre à la tête du lycée », se désole une source interne. « Symboliquement, c’est grotesque, il n’y a pas pire comme signal, s’énerve un témoin. Si cette hypothèse se concrétise, c’est plus que de la provocation à notre égard. C’est de l’insolence. Qui va me faire croire qu’un ancien tradi fera tout son possible pour bannir les pratiques de ses "frères" ? » Pour le moment, aucun nom n’a été officialisé. Contacté par Libération, le service d’information de l’armée de terre a seulement indiqué ne pas avoir encore choisi « le nom du futur chef de corps ». Mais qu’il y aurait bien « une personne désignée pour la rentrée prochaine ».
    Exclusions

    Concernant les sanctions au sein du lycée, les exclusions sont en revanche bien actées. Pour rappel, à la suite des révélations de Libération, la ministre des Armées, Florence Parly, avait déclaré le 4 avril devant l’Assemblée nationale, vouloir « exclure de Saint-Cyr-l’Ecole les élèves impliqués dans les faits » de harcèlement moral et sexiste et « interdire le redoublement des élèves perturbateurs dans les classes préparatoires ». Le conseil de classe des hypokhâgneux (première année de classe prépa littéraire), qui a eu lieu mardi, a refusé à cinq élèves « tradis » leur poursuite d’étude au sein de l’établissement pour « des raisons de comportement ». Six de leurs camarades, issus de la même promotion, ont quant à eux écopé d’une semaine d’exclusion « avec sursis pour l’année scolaire 2018-2019 » : au moindre écart l’an prochain, c’est la porte (de manière définitive).

    Du côté des deuxième année aussi, les sanctions sont tombées. Mais rien qui ne puisse obérer une future carrière d’officier. Neuf élèves sont passés devant le conseil de discipline. Certains étaient assistés d’un avocat. Le chef du clan des « tradis » et son numéro 2 ont été définitivement bannis du lycée par la hiérarchie militaire à la demande du corps professoral. Les sept autres élèves qui avaient participé à un sketch violemment misogyne réalisé au lycée à l’automne 2017, ont été exclus quinze jours durant les semaines de révisions. Rien de plus. Et au final, l’ensemble de ces neuf « tradis » de deuxième année ont tout de même été autorisés à passer le concours pour intégrer l’école spéciale militaire (ESM) de Saint-Cyr Coëtquidan. Sept d’entre eux sont d’ailleurs admissibles et préparent les épreuves orales pour une potentielle intégration à la rentrée.
    Guillaume Lecaplain , Anaïs Moran

    C’est beau l’armée et la France, plus tu harcèle, humilie et discrimine les femmes et plus tu sera récompensé, reconnu, couvert de gloire et de médailles.
    #fraternité #sexisme_d'état #masculinisme #misogyne #sexisme #discrimination


  • La France doit mettre en place un contrôle parlementaire effectif des ventes d’armes
    http://obsarm.org/spip.php?article302

    A l’occasion de la visite de Mohammed Ben Salman à Paris, Tony Fortin, chargé d’études à l’Observatoire des armements, appelle, dans une tribune au « Monde », les parlementaires à faire la lumière sur les ventes de matériels militaires français à Riyad. Si le drame yéménite tient encore une place marginale dans le débat public, la France n’échappera pas longtemps à son examen de conscience. En ligne de mire, nos ventes d’armes aux forces de la coalition. On pourrait rétorquer comme Florence Parly, ministre (...)

    #L'Observatoire_dans_les_médias

    • La France est en effet la seule puissance européenne dont le gouvernement dispose de tous les leviers en matière de vente d’armes. Au regard des nouvelles pratiques européennes en matière de défense, les pratiques françaises – héritières de notre régime présidentiel centralisé – paraissent archaïques, dangereuses et hors de contrôle. Chez nos voisins germaniques et suédois, le parlement doit par exemple approuver les licences d’exportation d’armes. Quant aux députés britanniques, ils enquêtent, parfois avec mordant, sur la vente de matériel de guerre. Chose impossible en France, nous rétorque-t-on, avec parfois un soupçon de condescendance. Les ventes d’armes y restent étrangères aux notions de transparence ou de contrôle chères à tout régime démocratique. Et la défense impose un tout autre champ lexical : domaine réservé, secret défense, grande muette…

      #vente_armes #controle #démocratie


  • Lui faire ravaler son mépris ! | Éditorial des bulletins d’entreprise du 16 avril 2018

    https://journal.lutte-ouvriere.org/2018/04/18/lui-faire-ravaler-son-mepris_107126.html

    Dimanche 15 avril au soir, pendant plus de deux heures et demie, Macron a étalé sa suffisance. D’abord en s’enorgueillissant des frappes françaises sur la Syrie. Comme si larguer des bombes sur un pays dévasté pouvait être un acte de gloire ! Et puis, cela ne l’empêchera sûrement pas demain de s’asseoir à la table de négociation pour aboutir à conforter le régime sanguinaire d’Assad.

    Sur l’injustice consistant, comme chez Carrefour, à distribuer des millions aux actionnaires tout en supprimant des milliers d’emplois, Macron n’avait rien à dire. Sur les 60 à 80 milliards d’évasion fiscale ? Non plus.

    Son obsession, dit-il, est de « remettre le pays au travail ». On croirait entendre Reagan, Thatcher ou Sarkozy ! Dans un pays où six millions de personnes cherchent un emploi et n’en trouvent pas, à cause justement des politiques patronales défendues par Macron, c’est le monde à l’envers.

    Et avec quel cynisme a-t-il fait la leçon aux retraités, leur expliquant que c’était les travailleurs en activité qui payaient leurs retraites et qu’elles pesaient beaucoup trop sur les salaires ! En bon président des riches, il ne conçoit pas que, quand les profits augmentent, les patrons puissent augmenter les salaires.

    Comme lors de son interview sur TF1, c’est aux cheminots, aux retraités, aux travailleurs que Macron a demandé des efforts. À tout le monde, sauf aux plus riches. À tout le monde, sauf aux actionnaires qui encaissent les dividendes sans rien faire de leurs dix doigts. À tout le monde, sauf à la grande bourgeoisie, qui a eu droit à un cadeau de cinq milliards d’euros avec la suppression de l’impôt sur la fortune et la taxe forfaitaire sur le capital.

    Dans les hôpitaux et les Ehpad, il parle de « réformer » et de « réorganiser », mais il n’est jamais question ni d’embaucher vraiment, ni d’augmenter les salaires. Macron n’a pas exclu de mettre en place une cinquième branche de la Sécurité sociale pour le grand âge, mais il cherche déjà l’argent dans la poche des travailleurs avec l’instauration d’une deuxième journée de solidarité.

    Quant à l’attaque contre les cheminots, Macron est resté droit dans ses bottes. Il défend vigoureusement ceux qui, tels le PDG Pepy ou les ministres Élisabeth Borne et Florence Parly, ont dirigé l’entreprise depuis vingt ans. Et il continue de brandir le rachat de la dette comme une concession qu’il ferait aux cheminots.

    Mais cette dette a été faite par l’État. En quoi les cheminots devraient-ils s’en sentir responsables et payer pour elle ?

    Les cheminots se battent pour que leurs conditions de travail et leurs salaires ne reculent pas. Ils se battent pour que les jeunes ne soient pas plus précaires et plus mal payés. Ils se battent parce qu’ils ne veulent pas devenir des salariés jetables, ballottés au gré des appels d’offres capitalistes. Tous les travailleurs peuvent se reconnaître dans leur combat.

    Macron veut une société où seuls le fric et la rentabilité comptent. Il parle des injustices avec des trémolos, mais il contribue à creuser les inégalités. Et il traite avec un mépris souverain tous ceux qui s’opposent à lui.

    C’est le cas des étudiants qui dénoncent la sélection à l’université et sont accusés d’être des professionnels du désordre. C’est le cas des zadistes de Notre-Dame-des-Landes qui sont en train d’être évacués violemment. Comme si ces 200 personnes étaient un trouble à l’ordre public qui justifie la mobilisation de 2 500 gendarmes mobiles ! En fait, Macron ne tolère pas ceux qui veulent vivre autrement.

    Il érige la compétitivité en vertu absolue et ordonne que tout le monde se plie à ses exigences. Mais cela fait deux siècles que l’économie est basée sur la concurrence, le marché et la propriété privée.

    Et cette concurrence, c’est la loi de la jungle. Ce sont les crises à répétition. C’est la course aux profits, dangereuse et criminelle dans les transports, l’agroalimentaire, la santé ou dans le domaine de l’énergie et de l’environnement. Et n’oublions pas que la concurrence, c’est aussi la guerre. Elle commence sur les marchés commerciaux, et finit par la guerre tout court.

    Il est grand temps de dire qu’on ne marche plus. Pour l’heure, ce sont les cheminots qui sont sur la brèche. Leur grève est massive, et sa durée prouve leur détermination.

    La CGT appelait jeudi 19 avril à une grève et une manifestation interprofessionnelle. Les travailleurs doivent saisir toutes les occasions d’ajouter leur voix à celle des cheminots et de clamer leur opposition à l’ensemble de la politique de Macron.


  • Syrie : des ratés dans l’opération Hamilton - Le Parisien
    http://www.leparisien.fr/politique/syrie-des-rates-dans-l-operation-hamilton-20-04-2018-7675494.php

    Des incidents auraient empêché le tir de plusieurs missiles samedi dernier sur la Syrie. Ces révélations embarrassent le ministère de la Défense.

    « Information classifiée ». Traduction en langage courant : circulez, il n’y a rien à voir ! C’est ce refrain qu’entonne la ministre de la Défense, Florence Parly, depuis que des informations sur l’opération Hamilton (les frappes occidentales exécutées le week-end dernier contre les installations chimiques du régime syrien) laissent penser que le succès ne fut sans doute pas aussi total qu’on le laissait croire au sommet de l’Etat.
    De quoi s’agit-il ? Plusieurs missiles qui auraient dû être tirés par les forces françaises n’ont pu l’être du fait d’incidents techniques. Dans les airs, un des cinq Rafales engagés n’a pu tirer son deuxième Scalp. Conformément à la procédure prévue, le pilote a dû le larguer manuellement au-dessus de la mer, comme le révélait dès lundi sur son blog le journaliste spécialisé Jean-Marc Tanguy.
    Sur mer, c’est peut-être une panne informatique qui aurait empêché les deux frégates multimissions (FREMM) de lancer leurs nouveaux missiles de croisière navals (MdCN). Trois de ces nouveaux missiles d’une portée de 1 000 km ont néanmoins pu être tirés depuis la frégate de réserve qui accompagnait les deux autres bâtiments. Au total (avions et navires), Paris indique avoir tiré douze missiles de croisières sur les cibles syriennes.


  • Retombées désagréables : de gros soucis logistiques à prévoir pour l’opération #Barkhane

    Attaques en Syrie : comment Poutine coupe les ailes de l’armée de l’air en stoppant l’accès aux avions de transport Antonov - Challenges.fr
    https://www.challenges.fr/entreprise/defense/comment-poutine-coupe-les-ailes-de-l-armee-de-l-air-en-stoppant-l-acces-a

    Selon nos informations, rejoignant celles de Ouest-France, le groupe russe Volga-Dniepr a annoncé à l’OTAN qu’il arrêterait de fournir des avions de transport #Antonov_124 aux forces de l’alliance atlantique, dont la France, dès la fin de l’année 2018. Le groupe russe claque ainsi la porte du contrat #Salis, signé dans le cadre de l’OTAN, qui permettait aux armées européennes d’accéder aux fameux Antonov via un système d’heures de vol prépayées. Si Volga Dnepr est un groupe privé, le rôle du Kremlin, dans le contexte ultra-tendu du fait des possibles frappes franco-américaines en Syrie, apparaît évident. « Nous avons reçu des signaux forts selon lesquels cette décision est due aux sanctions américaines », peut-on lire dans un mail interne de l’armée française consulté par Challenges.

    Bien sûr, cette décision n’obère pas l’intégralité des capacités de projection des forces françaises. Celles-ci peuvent toujours s’appuyer sur 14 A400M (à la disponibilité certes très variable) et sur une flotte de C-130, de Transall et de Casa C295. L’armée de l’air peut aussi régulièrement compter sur l’appui de C-17 des alliés britanniques ou canadiens. La projection des forces peut également se faire par voie maritime puis terrestre, même si la solution est bien plus longue et complexe. La sortie de Volga Dnepr du contrat Salis n’en reste pas moins un coup dur pour les forces françaises. Pourquoi ? Parce que celles-ci, malgré l’arrivée de l’A400M d’Airbus, restent dépendantes des fameux Antonov 124 pour le transport de charges très lourdes (hélicoptères, blindés...)

    à la disponibilité certes très variable !… #certes !
    Doux euphémisme…

    • Assemblée nationale ~ Compte rendu de réunion de la commission de la défense nationale et des forces armées
      Mardi 20 septembre 2011 – Séance de 15 heures – Compte rendu n° 49
      http://www.assemblee-nationale.fr/13/cr-cdef/10-11/c1011049.asp

      M. Louis Giscard d’Estaing, rapporteur. Nous apportons dans notre rapport des éléments sur la société ICS, mais je ne peux pas vous renseigner sur sa nationalité. Elle utilise plusieurs types d’avions en fonction de la charge à transporter : des Antonov 124, des Iliouchine 76, des Airbus A300, des Boeing 747 et des Hercule C130. Elle s’est engagée à baser un Antonov 124 sur l’aéroport de Châlons-Vatry, avec pour objectif de réduire les coûts. Les Antonov de la société Salis étaient basés à Leipzig en Allemagne, ce qui imposait des vols de positionnement chaque fois qu’ils devaient venir sur les bases françaises avant de partir sur les théâtres d’opérations, généralement en Afghanistan.

      Le général Philippe Carpentier qui est le responsable du centre multimodal de transport l’a reconnu lors de son audition le 6 avril dernier : à terme, même si nous disposons d’une capacité suffisante en A400M et MRTT, nous aurons toujours besoin d’un volume incompressible de 350 heures de vol par an d’Antonov 124 pour le fret hors gabarit. Se pose dès lors la question de savoir s’il vaut mieux affréter 350 heures de vol ou acheter un Antonov 124, sachant que les besoins de nos forces peuvent varier selon les années.

    • À propos des Antonov 124 : soupçons de #corruption (article du 4/12/2017)

      L’armée lâche son fournisseur de gros porteurs Antonov alors que le PNF enquête - Challenges.fr
      https://www.challenges.fr/entreprise/defense/l-armee-lache-son-fournisseur-de-gros-porteurs-antonov-alors-que-le-pnf-e

      Fin de partie pour ICS. Selon nos informations, le contrat liant l’armée à cette société française spécialisée dans l’affrètement d’avions de transport Antonov 124 n’a pas été renouvelé par le ministère des armées. Celui-ci a décidé le 30 novembre de ne pas procéder au renouvellement annuel prévu par cet accord signé en 2015, une décision confirmée à Challenges par l’hôtel de Brienne. Un nouvel appel d’offres devrait donc être organisé dans au second semestre 2018, «  sur la base d’une analyse nouvelle des besoins et de l’offre  », explique-t-on dans l’entourage de la ministre des Armées Florence Parly. Selon une source proche du dossier, c’est le cabinet de la ministre qui aurait imposé cette décision au CSOA (Centre du soutien des opérations et des acheminements), la division spécialisée dans le transport basée sur la base aérienne de Vélizy-Villacoublay. Ce dernier préconisait le renouvellement du contrat ICS.

      L’affaire est loin de se résumer à une simple renégociation commerciale. ICS était l’un des deux canaux utilisés par l’armée pour affréter des Antonov 124 russes et ukrainiens, seuls appareils de transport de taille suffisante pour le transport stratégique de certains matériels très lourds, une capacité essentielle pour la projection des force françaises. L’autre canal, toujours actif, est le recours à un contrat dit Salis, signé par plusieurs pays de l’OTAN pour accéder aux fameux Antonov. L’armée de l’air dispose bien d’une flotte d’avions de transports, mais celle-ci ne peut répondre qu’à un quart des besoins, du fait des retards de livraisons de l’A400M et de l’absence de très gros porteurs comme l’Antonov 124 ou le C-5 Galaxy américain. Le CSOA a donc toujours tenu à avoir une double source pour accéder aux Antonov 124, denrée rare sur le marché : un contrat privé (ICS), et le contrat Otan dit Salis.
      […]
      L’autre raison, plus officieuse, c’est que le fameux contrat liant cette micro-société à l’armée sent la poudre. Les conditions du contrat avaient déjà été dénoncées en mars dernier dans un rapport du député François Cornut-Gentille, dévoilé par Challenges et le Monde, qui évoquait des soupçons de #favoritisme, des prix jugés excessifs et des #irrégularités dans la passation de marchés publics. Dès son arrivée, la ministre des armées Florence Parly, avait d’ailleurs saisi la justice au titre de l’article 40 du code de procédure pénale, qui enjoint à toute autorité ayant connaissance d’un crime ou d’un délit d’en informer le procureur de la République.

    • Interrogée par Challenges en mars dernier, ICS assurait être victime d’une campagne de désinformation lancée par la concurrence russe, dont SAS serait l’aiguillon. ICS attaquait aussi régulièrement ses rivaux : la société s’était plainte en 2015 de l’attribution d’un marché de transport pour les forces spéciales à son concurrent Pegasus Air Drop, créé par Pierre-Louis Lavie de Rande... lui aussi ancien du CSOA.

      La mise à l’écart d’ICS ouvre la voie à un nouvel appel d’offres, qui risque de se limiter à une poignée de candidats, tant l’Antonov 124 est une denrée rare sur le marché. La grosse vingtaine d’An-124 disponibles dans le monde est en effet détenue par seulement trois compagnies, qui fournissent les avions aux affréteurs privés et même à l’Otan : une ukrainienne (Antonov DB) et deux russes (une privée, Volga-Dnepr, et une société publique, TTF Air 224). Quel que soit le scénario choisi, la France restera donc dans un état de dépendance inquiétant.

      (conclusion de l’article de décembre 2017…)

    • et donc, l’article de mars 2017

      Transport militaire : l’incroyable dépendance russe de la France - Challenges.fr
      https://www.challenges.fr/entreprise/defense/transport-militaire-l-incroyable-dependance-russe-de-la-france_463147

      Un Scud. Le député François Cornut-Gentille a jeté un sacré pavé dans la marre militaire en présentant devant la commission des finances de l’Assemblée nationale, mardi 28 mars, un rapport au vitriol consacré au transport stratégique de l’armée française.

      Le constat est double :
      • un, l’entrée en service de l’A400M ne va pas supprimer le recours des forces françaises aux gros porteurs ukrainiens Antonov An-124, aux capacités d’emport cinq fois supérieure à celle de l’avion européen
      • deux, cette situation met la France en situation de dépendance vis-à-vis de l’Ukraine, et surtout de la Russie. La grosse vingtaine d’An-124 disponibles dans le monde est en effet détenue par seulement trois compagnies : une ukrainienne (Antonov DB) et deux russes (une privée, Volga-Dnepr, et une société publique, TTF Air 224).

      La conclusion du député fait froid dans le dos. «  Dans les faits, ce sont les Russes et les Ukrainiens qui ont la maîtrise de la projection de nos forces sur les théâtres extérieurs, assène le député dans son rapport. C’est une véritable épée de Damoclès qui est suspendue au-dessus de la France.  » Une arme redoutable dans les mains du Kremlin, dont Vladimir Poutine s’est déjà servi, estime François Cornut-Gentille : l’élu de la Haute-Marne rappelle que la société russe TTF Air 224 a interrompu ses vols au profit de la France en septembre 2015… soit un mois seulement après l’annulation du contrat des porte-hélicoptères Mistral à la Russie, prononcée en août. «  La mise à disposition d’Antonov 224 devient un enjeu diplomatique, déplore François Cornut-Gentille. Une nouvelle dégradation des relations avec ces deux Etats [Ukraine et Russie] pourrait paralyser totalement les capacités de projection aérienne de la France. En dépit des grandes phrases, l’autonomie stratégique est en réalité virtuelle.  »

      98% de pièces russes
      Un compte-rendu de réunion de l’Agence européenne de défense et de la NSPA, (l’agence de soutien logistique) de l’OTAN, consulté par Challenges, confirme cette dépendance. Ce document, adressé en juin 2015 aux responsables du transport stratégique de l’armée française, évoquait des «  risques politiques de rupture de service élevés en raisons de la dépendance à des moyens sous contrôle de la Russie  ». Car si les Antonov sont des avions ukrainiens, «  98% des pièces de rechange viennent de Russie, les 2% restants de l’est de l’Ukraine  », soulignait le compte-rendu.

    • Transport aérien : soupçons de trafic d’influence dans l’armée (10/03/2018)
      https://www.franceinter.fr/emissions/secrets-d-info/secrets-d-info-10-mars-2018

      C’est une véritable « bombe judiciaire » au sein de l’armée française.

      Favoritisme, irrégularités sur les marchés publics, usage de faux, et même trafic d’influence… La liste des soupçons sur lesquels enquête depuis l’été 2017 le Parquet national financier (PNF) agite le ministère des Armées.
      […]
      En octobre 2016, la Cour des comptes est la première à relever des «  anomalies  » dans le recours régulier à ICS. Le ministère de la Défense, alors dirigé par Jean-Yves Le Drian est informé, mais aucune procédure interne n’est déclenchée. Contacté, l’ancien ministre de la Défense, n’a pas souhaité répondre. Quelques mois plus tard, un courrier de dénonciation est envoyé par un mystérieux corbeau à la presse, au ministère de la Défense et à des sociétés concurrentes. Le dossier finit par atterrir sur le bureau des juges. À l’intérieur se trouvent des documents internes à ICS et des échanges de mails avec des responsables de l’état-major. «  Une entreprise de déstabilisation orchestrée par un ancien salarié  », pour le patron d’ICS, Philippe de Jonquières. Dans le petit milieu des entreprises privées qui concourent aux marchés du CSOA - elles sont une dizaine - les concurrents se frottent les mains, mais s’inquiètent de voir la justice s’intéresser à ce marché. «  C’est un marigot fait de contrats opaques, de clientélisme et de menaces contre ceux qui osent parler  » commente le responsable d’une entreprise du secteur.

      Les dysfonctionnements au sein du transport stratégique attisent la curiosité du député LR François Cornut-Gentille, qui publie en mars 2017 un rapport de la Commission des finances sur le sujet. «  On a eu du mal à comprendre les prix, qui sont difficilement explicables, commente le député. Curieusement, l’armée française utilise ICS qui est beaucoup plus cher. J’ai été assez saisi devant l’inertie des états-majors, du ministère. En dépit des questions qu’on a formulées, on n’a eu aucune explication claire.  »

    • Antonov ready to offer NATO AN-124 support as Volga-Dnepr bows out - The Loadstar
      https://theloadstar.co.uk/antonov-ready-offer-nato-124-support-volga-dnepr-bows

      Antonov Airlines is ready to provide any required additional support to the EU and NATO’s Strategic Airlift International Solution (SALIS) programme, following the exit of Volga-Dnepr, the other major operator of the AN-124 aircraft.

      … 50% plus cher que les Russes…

      According to the German media, last year Volga-Dnepr performed 973 hours for SALIS, while Antonov operated for 629 hours. Antonov set its fee at €37,500, while Volga-Dnepr’s flying hour charge was €23,300.

      The largest user of SALIS services was the German armed forces, which reserved 1,080 hours for 2017 and 980 hours for 2018, and the French Air Force.

      As a French MP noted, replacing the AN-124 with the A400M military transport aircraft would require five aircraft instead of one, and the cost of flights would triple.