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  • Mort d’Aretha Franklin : quand la « reine de la soul » enchantait le Palais des sports de Paris
    Francis Marmande, Le Monde, le 16 août 2018
    https://abonnes.lemonde.fr/disparitions/article/2018/08/16/mort-d-aretha-franklin-quand-la-reine-de-la-soul-enchantait-le-palai

    Archives. Seul concert d’Aretha Franklin en Europe en 1977, il est marqué par la lecture d’une scène de « Cyrano de Bergerac » et l’attitude d’un public de gougnafiers.

    Lundi 28 novembre 1977, soleil pâle : la reine de la soul music, l’impératrice des musiques de l’âme, la fille du révérend Franklin chavirée par le style de Ray Charles, l’homologue de James Brown, mais femme-femme, trois fois femme, Aretha Franklin, est au Palais des sports de Paris.

    Robe lamée, éclairages pour Holiday on Ice, esthétique tchécoslovaque, sono de salle des pas perdus à la gare Saint-Lazare, prix stratosphériques, orchestre sous-payé, bouillie sonore, public très mixte, ce qui n’est, sauf pour le free jazz, la musique antillaise et le blues, à l’époque jamais la règle. Dehors, queue de comète du gauchisme virulent, affaire de l’avocat allemand des chefs de la Fraction armée rouge Klaus Croissant, c’est soir de manif.

    Le concert d’Aretha Franklin est son seul concert en Europe. Son Aretha in Paris avait été enregistré en public dans les premiers jours de mai 1968. Le concert commence avec un solide retard. Ambiance d’échauffourée larvée. Le côté non voulu de la carrière d’Aretha est émouvant : cet enfant qu’elle a à 14 ans, sans bien savoir ; l’aspect étape des Alpes de sa course sentimentale ; celui, étape des Pyrénées avec quatre cols, de ses relations avec ses maisons de production, tout cela finit par toucher énormément et s’inscrit dans sa voix.

    A l’époque du Palais des sports, elle vient de tomber sous la houlette de l’immense et méconnu Curtis Mayfield (il lui permet d’enregistrer, en 1976, la bande originale du film Sparkle). Bien plus tard, Curtis Mayfield reste paralysé pour avoir pris un projecteur sur le crâne. Le dialogue d’Aretha Franklin avec le malheur n’est pas moins constant que celui qu’elle instaure avec la gloire.

    Une ambiance de radio-crochet

    De toute façon, comme Nina Simone, elle voulait être concertiste et uniquement concertiste, puisqu’elle en avait la compétence et la reconnaissance académique. Mais, Noire. Et il se trouve aujourd’hui de petites douanières de la pensée universitaire (si l’expression n’est pas devenue un oxymore), elles cachetonnent dans les universités américaines et interprètent, sur fond de gender studies et pensée politique de bactérie, les attitudes et les déclarations de Nina Simone ou d’Aretha Franklin, voire leurs choix musicaux, comme autant de stratégies de carrière. Fines mouches. Misère !

    Aretha Franklin est la première artiste à avoir dépassé par les ventes Elvis Presley. Elle est noire, elle impose le respect, sa voix couvre quatre octaves, elle milite pour les droits civiques, pour la culture, pour l’émancipation des femmes dans la culture afro-américaine. C’est le temps de la militante Angela Davis. N’importe quel clip ce soir peut donner, a contrario, la mesure du combat de ces femmes. Lesquelles ne faisaient que reprendre avec virulence le style de Bessie Smith, de Ma Rainey et de toutes ces filles du blues qui vivaient entre filles.

    Sur la scène du Palais des sports, dans une ambiance de radio-crochet, il lui vient une idée. Aretha Franklin n’a pas réussi à nouer avec le public turbulent ce lien sensuel, agressif, charmeur, gorgé de rythmes et de gospel profane qu’elle noue d’habitude. Qu’il attend. Pourtant, le public est partant. Mais les choses ne passent pas. C’est un temps où les publics sont comme aujourd’hui : uniquement prêts à aimer ce qu’ils connaissent déjà.

    Dans ces années 1960-1970, on vire Anita O’Day parce qu’elle est trop blanche, on conspue Albert Ayler parce qu’il joue trop free, Archie Shepp parce qu’il ne joue plus free, le Modern Jazz Quartet parce qu’il est trop bien sapé, Sun Ra parce qu’il ne l’est pas assez. Bref, l’intelligence ne manque pas.

    Elégance casse-cou

    C’est l’instant qu’Aretha Franklin choisit pour faire entrer en scène Glynn Turman, inconnu au bataillon, acteur de télé très célèbre dans le Middlewest, pas du tout au Palais des sports. C’est son nouvel amoureux. Elle lui fait fête. Elle est ainsi faite. Ambiance. Ils s’installent et elle l’interviewe dans la langue de Faulkner. Ambiance. On leur apporte les commodités de la conversation (pour mémoire : des fauteuils). Là, scène très étrange. Glynn Turman extirpe laborieusement de sa poche une édition de Cyrano de Bergerac : dans la langue d’Edmond Rostand. Ils lisent ensemble une (trop) longue scène de la pièce. C’est pour être agréable à l’Amour, à la culture, à la langue, à la France. Ingratitude des gougnafiers. Grande ambiance. Sortie injuste autant que piteuse de l’amant.

    Ce dont on se souvient, c’est la façon impérieuse, sèche, indéniable, dont Aretha Franklin récupère au piano, avec un blues sans fioriture, la situation, le déséquilibre. Et l’aliénation les gougnafiers. Qui fondent comme des nigauds. Ce génie de l’art et de la maladresse, cette élégance casse-cou, l’inaptitude totale au trucage, cette beauté de fille surprise par l’âge de femme, c’est exactement ce qu’on aimait. Sans indulgence, mais sans réserve.

    #Aretha_Franklin #Musique #Soul #Francis_Marmande

    • Archive : Aretha Franklin, « force et grâce » à l’Olympia en 1968
      Lucien Malson, Le Monde, le 8 mai 1968
      https://www.lemonde.fr/disparitions/article/2018/08/16/archive-aretha-franklin-force-et-grace-a-l-olympia-en-1968_5343116_3382.html

      8 mai 1968. Que le jazz ait fécondé les variétés, qu’il ait eu avec elles des rejetons plus ou moins charmants, qu’il ait en tout cas modifié l’apparence de l’art populaire occidental, voilà ce dont on ne peut douter. D’autre part, ce grand séducteur voyage sous des noms nouveaux et, muni de faux papiers d’identité, va de New York à Londres et de Londres à Paris. Qu’est-ce donc que le « rhythm and blues » authentique, sinon une musique qui n’existe que pour le swing et ne vaut que par lui ?

      En ce domaine, les Noirs des Etats-Unis nous ont toujours paru difficilement imitables, non par le fait de quelque génie racial – à supposer qu’il soit concevable, celui-ci se trouverait aujourd’hui fort dilué –, mais en raison des circonstances de leur vie. Ce n’est pas un hasard, par exemple, si les talents de la plupart des chanteuses de couleur, depuis la guerre, éclosent dans les églises avant de s’épanouir dans les salles de concert. Cette expérience du rythme extatique, dès l’enfance, a marqué Fontello Bass, Mitty Collier, Byrdie Green, Etta James, Gloria Jones, Kitty Lester et, bien sûr, Aretha Franklin, que nous avons applaudie hier soir aux galas d’Europe 1.

      Comparée à Ray Charles

      Aretha Franklin, fille d’un pasteur baptiste, née à Memphis en 1942, s’est consacrée d’abord au gospel song et, pendant sept ans, jusqu’à la saison dernière, à toutes les formes de l’art vocal de divertissement chez Columbia. Désormais, Atlantic la révèle telle qu’elle est au plus profond d’elle-même : musicienne de jazz dans l’âme, et que la critique, outre océan, compare déjà – un peu hâtivement – à Ray Charles.

      La voix puissante d’une Mahalia Jackson et un tempérament scénique remarquable

      La troupe d’Aretha Franklin, c’est vrai, s’apparente à celle de Charles. Elle apporte partout où elle passe un mélange réjouissant de chants et de danses, de musique et de spectacle. Pourtant, le groupement criard et assommant, qui assure la première partie, n’a rien à voir avec celui de son illustre confrère ni même avec l’ensemble de James Brown. Les douze musiciens jouent selon le vieux principe du « chacun pour soi et Dieu pour tous » et ne se rachètent qu’après l’entracte en accompagnant tout de même assez bien la chanteuse. Celle-ci a la voix puissante d’une Mahalia Jackson et un tempérament scénique remarquable. Sa très jeune sœur, Caroline Franklin, anime un aimable trio vocal qui tient ici le rôle des « Raelets ».

      Tant de force et tant de grâce alliées font merveille. Le public parisien a beaucoup aimé une Aretha Franklin qui se promet de revenir et nous donne ainsi l’espoir d’assister plus souvent à ces « soirées de la 125e Rue », auxquelles nous restons très attachés.
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      Et pourtant ce concert a été très critiqué, jusque même sur la pochette du disque live (lors de sa réédition en CD) qui s’excuse que ce ne soit pas son meilleur concert...

  • Le premier disque de « jazz »
    http://abonnes.lemonde.fr/festival/article/2017/08/05/le-premier-disque-de-jazz_5169008_4415198.html

    Le prochain livre de Nicolas Beniès, « Le souffle de la révolte » à paraître cet automne chez C&F éditions revient sur cette période de l’histoire et la place qu’y occupe le jazz.

    Bel article de Francis Marmande en attendant la parution...

    Le premier disque de jazz aurait été enregistré le 26 février 1917 à Chicago : un 78-tours gravé dans la cire par la compagnie Victor (fondée en 1901), de l’Original Dixieland « Jass » Band (ODJB) – les guillemets figurent sur l’étiquette. L’étiquette ? Un chien plongeant l’oreille dans le pavillon du gramophone, une invitation à la danse (« for dancing »), et un style : « fox-trot ». L’ODJB, ce sont quatre garçons cornaqués par Nick La Rocca. Tous nés à La Nouvelle-Orléans. Tous blancs, comme le suggère le terme de « Dixieland ». Blancs comme des hosties et tenant à le faire savoir, nom de Dieu ! En un an, plus de 1 million de copies sont vendues dans le pays. Le succès est foudroyant. C’est une révolution musicale, s’enflamment les gazettes. On connaît la chanson.

    C’est pourtant là que tout commence. Est-ce « le premier » ? Le premier quoi ? Vaste question… Une chronologie du jazz de Philippe Baudoin et Isabelle Marquis (Outre mesure, 2005) mentionne, de 1897 à 1917, une trentaine de références enregistrées, du cylindre au disque, en ragtime et autres blues. La Rocca lui-même s’entraînait en accompagnant un gramophone qui jouait les marches militaires de son idole, John Philip Sousa, un officier à bésicles aux airs de colonel bavarois.

    Toujours est-il que le mot « jazz », sans doute habité d’une étrange magie, « fait sensation, il est court, vif, sensuel, vulgaire et sert à tout et à n’importe quoi ». François Billard, dans sa très vivante Vie quotidienne des jazzmen, 1917-1950 (Hachette) n’a pas tort. L’histoire de l’ODJB est retracée par Jean-Christophe Averty (1928-2017), discographe de génie. On peut lire son récit, dans les Cahiers du jazz, créés par le philosophe Lucien Malson, no 3-4 (1961). Au passage, constatant que l’enregistrement impose ses normes, ses distances aux micros et ses durées, il pouvait lui arriver de dire, comme eût dit Alfred Jarry, son guide en provocations : 1917 signe la fin du jazz. Il ne juge guère. Il lui suffit de comparer. Il s’attarde peu sur la personnalité de Nick La Rocca (1889-1961).

    Lequel était, on s’en tient à ses propres propos, autocrate, déplaisant, raciste, mégalomane, et franchement mytho. Il se prenait pour « le Christophe Colomb du jazz ». Ce en quoi il était peut-être, sans le savoir, dans le vrai. Et le musicien ? Contemporain de Buddy Bolden, King Oliver, Freddie Keppard et Louis Armstrong, il joue comme une patate. Depuis l’enfance, il taquine le cornet à pistons. Son adolescence à La Nouvelle-Orléans tient de Ringolevio (Emmett Grogan) et de Mort à crédit (Céline). Pas un Noir à l’horizon.

    En 1917, les Etats-Unis déclarent la guerre à l’Allemagne. Dans les bateaux qui reviennent sur les lieux du crime, Saint-Nazaire, ­Bordeaux, il y a des musiciens. Notamment Jim Europe. Il avait d’ailleurs lui-même enregistré, dès 1913. Devant cette immense aventure qui commence, le symptomatique Original Dixieland Jass Band reste à sa juste place : celle d’un petit combo de gamins qui connurent leur quart d’heure de gloire et qu’une photo montre, en 1921, « apaisant les bêtes sauvages au zoo de Central Park ».

    #Musique #Jazz #Domaine_Public

  • http://www.desordre.net/bloc/ursula/2017/sons/pifarely_trace_provisoire.mp3

    J-227 : concert de Dominique Pifarély (violon) (@dominique) avec son quartet, Antonin Rayon (piano), Bruno Chevillon (contrebasse), François Merville (batterie), concert de sortie du disque du quartet, Tracé provisoire , chez ECM, tout de même.

    Ils attaquent un peu par la face Nord. Du coup pas facile de rentrer dans une écoute plaisante de prime abord, ce qui est rendu d’autant plus difficile que c’est presque une face opposée à celle qui avait été notre versant trois jours plus tôt à la Folie à Autun avec Michele, et c’est d’autant plus difficile de trouver quelques repères dans cette affaire que François Merville n’est pas nécessairement un batteur obsédé par la rainure du swing ou du groove , ou même, de simplement marquer la mesure, fut-ce de façon libre, non, il est libre tout court, c’en est même à se demander s’il est dans le tempo, une sorte de batteur paradoxal qui laisserait aux solistes la tâche de battre la mesure, en tout cas il fourrage dans un set abondant et divers tant dans les objets sur lesquels il frappe, caresse, tripote, que ceux dont il se sert pour taper, caresser, tripoter, on pourrait même avoir le sentiment qu’il est en train de régler son bazar pour le morceau suivant. Bruno Chevillon gratifie l’auditoire d’une pédale de basse fort sourde, quasi percussive, en ce début de morceau, c’est à la fois mécanique et sans timbre, mat, terriblement mal, de temps en temps, malgré tout, ponctué des premières vraies notes de contrebasse, au piano Antonin Rayon pose la couleur, par plages entières, et il faut donc être Dominique Pifarély lui-même, pour retrouver ses petits dans un tel désordre, à peine construit, tout juste ébauché, ce que, justement, il s’emploie à faire avec une sûreté dont on se demande d’où elle peut lui provenir, dans ce qui serait un néant, peut-être pas, une absence d’ordre résolue cela, oui.

    Et c’est de cette manière, de cette matière, de ce magma, que naît cette musique extraordinaire qui va nous être jouée ce soir, et dès ce premier geste créatif de Dominique Pifarély, cette installation en somme, il s’efface bien vite, manière de rappeler que les trois autres ne sont pas exactement ce que l’on peut appeler une section rythmique, en tout cas, il n’est pas né celui qui mettrait des chaînes assez solides aux pieds de ces trois-là pour les empêcher de prendre leur essor, c’est donc dans la pleine intelligence, la confiance et l’écoute de ces trois musiciens d’exception que Dominique Pifarély s’efface une première fois, ce ne sera pas la dernière, d’ailleurs c’en est presque une marque de fabrique, sinon celle de l’effacement du moins celle des alliances mouvantes au sein même de la formation. Les combinaisons par paires ― violon /piano, piano / contrebasse, piano / batterie, contrebasse / violon, contrebasse / batterie, batterie / violon ― puis par trios ― violon / piano / contrebasse, violon /piano / batterie, violon / contrebasse / batterie, piano / contrebasse /batterie, ça va vous suivez ? ― sans parler des solos complets des quatre instruments ne sont évidemment pas aussi nombreuses que celles possibles au sein du nonet de Dédales ― et le nom de cette formation est une indication sur son mode de fonctionnement ―, il n’empêche c’est bien de logiques d’alliage dont il est ici question. Et on se doute qu’un violoniste qui trouve, sans mal, les conditions d’un dialogue fécond avec une tromboniste ― voir Dédales donc ― n’aura aucun mal à produire quelque alchimie avec une contrebasse tenue par un Bruno Chevillon en grande forme, c’est-à-dire en pleines recherches, un Antonin Rayon, lui, déjà occupé aux alliages étendus de son clavier, comme si main gauche et main droite en créaient une troisième, comme on crée une troisième voix, une troisième voie, une troisième main qui serait dans les notes du milieu du clavier, et, donc, un funambule de la percussion qui semble ne rien aimer tant que provoquer des accidents sonores et, chercher, et trouver, les moyens de réparer ces catastrophes désirées.

    C’est une farandole, une farandole des métamorphoses, surgit une flute asiatique, japonisante, mais qui en joue ? : Dominique Pifarély au violon, qui peut donc tout faire avec cet admirable construction de bois verni, du violon certes, et quel, mais aussi, donc de la flute, de l’orgue par moment, de la guitare électrique aussi, alors, pensez si c’est facile pour un tel musicien de produire des sonorités d’alto ou encore de violoncelle.

    La contrebasse, parlons un peu d’elle, de son remarquable instrumentiste de ce soir, Bruno Chevillon. Bruno Chevillon joue de la contrebasse comme Antoni Tàpies ou Jasper Johns peignent, il y a un véritable dialogue avec la matière, la contingence. L’instrument contient des possibles, certains immédiats, le jeu cum arco et le pizzicato , c’est entendu, mais la caisse même de l’instrument se révèle être également une caisse de résonance qui peut être sollicitée de bien d’autres manières encore, comme, par exemple, par percussions allusives de l’archet au-devant du chevalet, à la fois champs et chant d’harmoniques, et la distribution de tout ceci se fait comme le mélange des tons sur une palette, mieux encore, par étalages successifs de nappes, comme le fait notamment Jasper Johns couvrant ses toiles de jaune citron avant d’entamer une cible verte et le vert alors chante et comme il chante ! Bruno Chevillon, musicien ou plasticien ? Les deux sans doute.

    Après avoir joué tous les morceaux du disque, tout juste sorti donc, les musiciens entament un passage ad lib partout (police nulle part) ― et là ils sont en fin de match, chauds ―, sans doute n’en avaient-ils pas la moindre idée avant de se lancer dans ce dernier tour de toboggan, avant de se retrouver une dernière fois sur le thème même du disque, une phrase lancinante chantée à la contrebasse.

    Déluge d’applaudissements, dans la salle on compte essentiellement des amis, des musiciens surtout, tous que je ne connais pas par leurs noms, mais tous que j’ai déjà aperçus au moins une fois sur une de scènes où se joue la musique vi-vante d’aujourd’hui. Je reconnais tout de même, Marc Ducret, Michele, bien sûr, Éric Groleau, Sylvaine Hélary, Nicolas du Surnat’ , Francis Marmande m’a-t-il sem-blé aussi, mais sans son chapeau, donc méconnaissable, et d’autres encore dont je ne connais pas les noms, mais sûr que l’un ou l’autre déjà aperçus aux Instants Chavirés .

    Il paraît que dans un pays dans lequel on trouve de telles richesses musi-cales, on en soit à politiquement anticiper le sabordage pur et simple, qu’on soit politiquement sans solution. Et si on donnait le pouvoir aux musiciens. A ceux-là en tout cas. Ils ne feraient pas pire, ils ne pourraient pas. Ils feraient sans doute plus harmonieux. Quel grand dommage que cela n’arrivera pas. Quel soulagement de savoir qu’ils vont continuer de faire de la musique, de cette musique-là justement.

    #qui_ca

  • attaque avec une joie sans mélange, dégustant à pleine bouche, Le pur bonheur, Georges Bataille , de Francis Marmande, Nouvelles Éditions Lignes, Paris, 2011.

    Juste avant de s’enfoncer dans leur « drôle de guerre », un malheur n’arrivant jamais seul, « les Français » sont soumis à l’un des tout premiers sondages IFOP

    (p.33)