person:george r.r. martin

  • Game of Thrones
    http://www.tetue.net/game-of-thrones

    Pour imaginer ce passage de Game of Thrones, l’auteur George R.R. Martin s’est inspiré d’une pratique médiévale réelle. Cette scène de pénitence de Cersei a été conçue à partir du sort réservé à Jane Shore, la maîtresse du roi Edward IV d’Angleterre, au 15e siècle. Cette dernière avait dû se livrer à une marche similaire après la mort du roi.

    #GoT #reine #adultère

    • j’ai lâché dès le premier épisode de la saison 1 : violence gratuite, sexe sordide… (je n’ai pas vu le reste je ne sais donc pas ce que tout le monde y trouve de si génial)

    • Y’a un nain mutilé qui va au bordel en faisant des blagues, des viols de mineurs, des zombies qui mangent des enfants, des courageux qui se battent par -50 degrés contre des sans dents pour les empêcher d’entrer dans la zone développée, un fille à poil qui crache du feu, une autre qui a des dragons vénères.

      Soirée télé tranquille quoi.

    • Disons que dans le récit initial, il y a pas mal de « minorités puissantes » : les renégats, les "bâtards", les filles révoltées, les combattantes, les handicapés, les gros. Bref tous ceux qui sont habituellement faibles dans l’espace de la fantaisie sont fort⋅e⋅s, déterminé⋅e⋅s, puissant⋅e⋅s et plus intelligent⋅e⋅s.

      Ça, j’ai tout de suite beaucoup aimé. La société décrite est terriblement patriarcale et hiérarchique, mais les héros sont ceux qui sont habituellement opprimés. Les grands, beaux et puissants sont souvent des ordures ou des faibles. D’ailleurs le bellâtre de service se retrouve handicapé et l’eugéniste se fait buter par son fils le nain ! L’histoire est portée par les femmes et les éclopés.

      Mais très rapidement, devant le succès populaire de la série TV, ces aspects égalitaristes sont gommés au profit d’une bonne grosse putasserie. Les personnages les plus "normaux" du livre — c’est-à-dire ceux qui sont dans les schémas habituels de domination homme/femme, mince/gros, bien-portant/pégloteux — sont très secondaires dans le bouquin et sont surdéveloppés dans la série, probablement afin de ne pas faire perdre les repères du spectateur moyen.
      Par exemple, le bordel de Littlefinger a parfois une importance dans l’intrigue, mais dans la série, on en fait la base arrière du gars, parce que ça permet de montrer des nanas à poil le plus souvent possible.
      De la même manière, il y a invention de personnages dans la série TV, comme Talisa Maegyr, qui n’apporte rien au récit (déjà suffisamment encombré de personnages comme ça), si ce n’est de rajouter des plombes de romance à l’eau de rose à des années-lumière du propos de la saga écrite !

      Au bout d’un moment, cet effacement délibéré des femmes fortes pour des femmes décoratives, ça gave !

      Et c’est d’autant plus vrai que ce n’est pas le propos de la saga originale.

    • Cet article ne s’intéresse pas tant à cette série — que je ne regarde pas davantage que vous, pour semblables raisons — qu’à la reconstitution historique qu’est cette scène de #pénitence. Au Moyen-Âge, des concubines royales furent semblablement punies de leur adultère : Jane Shore fit une marche expiatoire, Marguerite de Bourgogne fut tondue et séquestrée, etc.

  • LE LECTEUR UNE ESPÈCE MENACÉE ?
    Michel Abescat et Erwan Desplanques

    Pas le temps... L’esprit ailleurs... Les amateurs de #livres sont en petite forme. Seuls les best-sellers trouvent voix au chapitre. La lecture passe-temps a-t-elle supplanté la lecture passion ? L’âge d’or de la littérature est-il révolu ? Enquête.

    L’amateur de littérature serait-il devenu une espèce menacée ? Tous les signes sont là. Son habitat se raréfie : à Paris, par exemple, 83 librairies ont disparu entre 2011 et 2014. Et sa population ne cesse de décliner. Selon une enquête Ipsos/Livres Hebdo de mars 2014, le nombre de lecteurs avait encore baissé de 5 % en trois ans. En 2014, trois Français sur dix confiaient ainsi n’avoir lu aucun livre dans l’année et quatre sur dix déclaraient lire moins qu’avant. Quant à la diversité des lectures, elle s’appauvrit également dangereusement, l’essentiel des ventes se concentrant de plus en plus sur quelques best-sellers. Guillaume Musso ou Harlan Coben occupent l’espace quand nombre d’écrivains reconnus survivent à 500 exemplaires.

    Fleuron contemporain de la biodiversité littéraire, l’Américain Philip Roth confiait récemment son pessimisme au journal Le Monde : « Je peux vous prédire que dans les trente ans il y aura autant de lecteurs de vraie littérature qu’il y a aujourd’hui de lecteurs de poésie en latin. » Faut-il préciser que dans son pays, selon une étude pour le National Endowment for the Arts, un Américain sur deux n’avait pas ouvert un seul livre en 2014 ? En début d’année, dans Télérama, l’Anglais Will Self y allait lui aussi de son pronostic : « Dans vingt-cinq ans, la littérature n’existera plus. » Faut-il croire ces oiseaux de mauvais augure ? Le lecteur serait-il carrément en voie de disparition ? Et le roman destiné au plaisir d’une petite coterie de lettrés ? Mauvaise passe ou chronique d’une mort annoncée ?

    La baisse de la lecture régulière de livres est constante depuis trente-cinq ans, comme l’attestent les enquêtes sur les pratiques culturelles menées depuis le début des années 1970 par le ministère de la Culture. En 1973, 28 % des Français lisaient plus de vingt livres par an. En 2008, ils n’étaient plus que 16 %. Et ce désengagement touche toutes les catégories, sans exception : sur la même période, les « bac et plus » ont perdu plus de la moitié de leurs forts lecteurs (26 % en 2008 contre 60 % en 1973). Si l’on observe les chiffres concernant les plus jeunes (15-29 ans), cette baisse devrait encore s’aggraver puisque la part des dévoreurs de pages a été divisée par trois entre 1988 et 2008 (de 10 % à 3 %).

    La lecture de livres devient minoritaire, chaque nouvelle génération comptant moins de grands liseurs que la précédente. Contrairement aux idées reçues, ce phénomène est une tendance de fond, antérieure à l’arrivée du numérique. « Internet n’a fait qu’accélérer le processus », constate le sociologue Olivier Donnat, un des principaux artisans de ces enquêtes sur les pratiques culturelles. Pour lui, « nous vivons un basculement de civilisation, du même ordre que celui qui avait été induit par l’invention de l’imprimerie. Notre rapport au livre est en train de changer, il n’occupe plus la place centrale que nous lui accordions, la littérature se désacralise, les élites s’en éloignent. C’est une histoire qui s’achève ».

    La lecture de romans devient une activité épisodique. En cause, le manque de temps ou la concurrence d’autres loisirs.

    La population des lecteurs réguliers vieillit et se féminise. Il suffit d’observer le public des rencontres littéraires en librairie. « La tranche d’âge est de 45-65 ans, note Pascal Thuot, de la librairie Millepages à Vincennes. Et les soirs où les hommes sont le plus nombreux, c’est 20 % maximum. » Les statistiques le confirment : chez les femmes, la baisse de la pratique de la lecture s’est en effet moins traduite par des abandons que par des glissements vers le statut de moyen ou faible lecteur. Dans les autres catégories, la lecture de romans devient une activité épisodique, un passe-temps pour l’été ou les dimanches de pluie. En cause, le « manque de temps » (63 %) ou la « concurrence d’autres loisirs » (45 %), comme le montre l’enquête Ipsos/Livres ­Hebdo. La multiplication des écrans, les sollicitations de Facebook, la séduction de YouTube, l’engouement pour des jeux comme Call of duty ou Candy Crush, le multitâche (écouter de la musique en surfant sur Internet) ne font pas bon ménage avec la littérature, qui nécessite une attention soutenue et du temps.

    Du côté des éditeurs, ce sont d’autres chiffres qui servent de baromètre. Ceux des ventes, qui illustrent à leur manière le même phénomène de désengagement des lecteurs. Certes les best-sellers sont toujours présents au rendez-vous. Ils résistent. Et les Marc Levy, David Foenkinos ou Katherine Pancol font figure de citadelles. Si massives qu’elles occultent le reste du paysage, qui s’effrite inexorablement : celui de la littérature dite du « milieu », c’est-à-dire l’immense majorité des romans, entre têtes de gondole et textes destinés à quelques amateurs pointus. Pascal Quignard peine ainsi à dépasser les 10 000 exemplaires, le dernier livre de Jean Echenoz s’est vendu à 16 000, Jean Rouaud séduit 2 000 à 3 000 lecteurs, à l’instar d’Antoine Volodine. Providence, le dernier livre d’Olivier Cadiot, s’est vendu à 1 400 exemplaires et le dernier Linda Lê, à 1 600 (chiffres GfK).

    Quant aux primo-romanciers, leurs ventes atteignent rarement le millier d’exemplaires en comptant les achats de leur mère et de leurs amis. « Oui, les auteurs qui vendaient 5 000 livres il y a quelques années n’en vendent plus que 1 000 ou 2 000 aujourd’hui. Et le vivent très mal », résume Yves Pagès, le patron des éditions Verticales. D’autant plus qu’à la baisse des ventes les éditeurs ont réagi en multipliant les titres pro­posés. De moins en moins de lecteurs, de plus en plus de livres ! Entre 2006 et 2013, la production de nouveaux titres a ainsi progressé de 33 %, selon une étude du Syndicat national de l’édition. Comment s’étonner alors que le tirage moyen des nouveautés soit en baisse, sur la même période, de 35 % ?

    “L’auteur est le Lumpenproletariat d’une industrie culturelle qui est devenue une industrie du nombre.” – Sylvie Octobre, sociologue

    La multiplication des écrivains est un autre effet mécanique de cette surproduction. Le ministère de la Culture recense aujourd’hui 9 500 « auteurs de littérature » qui doivent se partager un gâteau de plus en plus petit. Paupérisés, jetés dans l’arène de « rentrées littéraires » de plus en plus concurrentielles — cette année, 589 romans français et étrangers —, confrontés à l’indifférence quasi générale, les écrivains font grise mine. Ou s’en amusent, bravaches, à l’instar de François Bégaudeau, qui met en scène dans La Politesse (éd. Verticales), son irrésistible dernier roman, un auteur en butte aux questions de journalistes qui ne l’ont pas lu, aux chaises vides des rencontres en librairie, à la vacuité de salons de littérature où le jeu consiste à attendre des heures, derrière sa pile de livres, d’improbables lecteurs fantômes.

    Désarroi, humiliation, découragement : « L’auteur est le Lumpenproletariat d’une industrie culturelle qui est devenue une industrie du nombre », tranche la sociologue ­Sylvie Octobre. Editeur, Yves Pagès nuance évidemment : « Heureusement, il y a des contre-exemples qui soulignent l’intérêt de défendre un auteur sur la durée : Maylis de Kerangal, qui vendait moins de 1 000 exemplaires, a vendu Réparer les vivants à 160 000 exemplaires en grand format. » Pour éviter la catastrophe, les auteurs doivent ainsi, selon lui, faire attention à ne pas devenir des « machines néolibérales concurrentielles, s’enfumant les uns les autres sur de faux chiffres de vente ». Et surtout être lucides, et « sortir du syndrome Beckett-Lady Gaga. Il faut choisir son camp : on ne peut pas écrire comme Beckett et vendre autant que Lady Gaga ».

    De tout temps, les écrivains se sont plaints de ne pas vendre suffisamment. « A la sortie de La Naissance de la tragédie, Nietzsche n’en a vendu que 200 exemplaires et Flaubert n’avait pas une plus grande notoriété que celle de Pascal Quignard aujourd’hui, remarque la sémiologue Mariette Darrigrand, spécialiste des métiers du livre. Nos comparaisons sont simplement faussées quand on prend le XXe siècle comme référent, qui était, de fait, une période bénie pour le livre. » A croire selon elle que nous assisterions moins à une crise du livre qu’à un simple retour à la normale, après un certain âge d’or de la littérature, une parenthèse ouverte au XIXe siècle avec la démocratisation de la lecture et le succès des romans-feuilletons d’Alexandre Dumas, de Balzac ou d’Eugène Sue. Elle se serait refermée dans les années 1970-1980, avec la disparition de grandes figures comme Sartre ou Beckett et la concurrence de nouvelles pratiques culturelles (télévision, cinéma, Internet...).

    « La génération des baby-boomers entretenait encore un rapport à la littérature extrêmement révérencieux, confirme la sociologue Sylvie Octobre. Le parcours social était imprégné de méritocratie, dont le livre était l’instrument principal. Cette génération considérait comme normal de s’astreindre à franchir cent pages difficiles pour entrer dans un livre de Julien Gracq. Aujourd’hui, les jeunes font davantage d’études mais n’envisagent plus le livre de la même façon : ils sont plus réceptifs au plaisir que procure un texte qu’à son excellence formelle et ne hissent plus la littérature au-dessus des autres formes d’art. »

    Aujourd’hui, en France, trois films sur dix sont des adaptations littéraires.

    La majorité des auteurs d’aujourd’hui, comme Stendhal en son temps, devraient ainsi se résoudre à écrire pour leurs « happy few » — constat qui n’a rien de dramatique en soi : « Est-ce qu’il y a plus de cinq mille personnes en France qui peuvent vraiment se régaler à la lecture d’un livre de Quignard ? J’en doute, mais c’est vrai de tout temps : une oeuvre importante, traversée par la question du langage et de la métaphysique, n’a pas à avoir beaucoup plus de lecteurs, estime Mariette Darrigrand. Certains livres continuent de toucher le grand public, comme les derniers romans d’Emmanuel Carrère ou de Michel Houellebecq, mais pour des raisons qui tiennent souvent davantage au sujet traité qu’aux strictes qualités littéraires. »

    L’appétit pour le récit, la fiction est toujours là, lui, qui se déplace, évolue, s’entiche de nouvelles formes d’expression plus spectaculaires ou faciles d’accès. Aujourd’hui, en France, trois films sur dix sont des adaptations littéraires. « La génération née avec les écrans perd peu à peu la faculté de faire fonctionner son imaginaire à partir d’un simple texte, sans images ni musique, constate Olivier Donnat. On peut le regretter, mais elle trouve aussi le romanesque ailleurs, notamment dans les séries télé. » Dans la lignée de feuilletons littéraires du xixe siècle, Homeland ou The Wire fédèrent de nos jours plus que n’importe quel ou­vrage de librairie. De l’avis gé­néral, la série télé serait devenue « le roman populaire d’aujourd’hui » (Mariette Darrigrand), la forme « qui s’adresse le mieux à l’époque » (Xabi Molia), parlant de front à toutes les générations, à tous les milieux sociaux ou culturels, avec parfois d’heureuses conséquences (inattendues) sur la lecture (voir le succès des tomes originels de Game of thrones, de George R.R. Martin, après la diffusion de leur adaptation sur HBO).

    En cinquante ans, l’environnement culturel s’est élargi, étoffé, diversifié, au risque de marginaliser la littérature et l’expérience poétique. « Ma génération a grandi sur les ruines d’une période particulièrement favorable au livre, dit François Bégaudeau. Ce n’est pas une raison pour pleurer. Moi je viens de la marge, d’abord avec le punk-rock puis avec l’extrême gauche, j’ai appris à savourer la puissance du mineur : assumons-nous comme petits et minoritaires, serrons-nous les coudes entre passionnés de littérature, écrivons de bons livres et renversons l’aigreur en passion joyeuse. » Car la créativité est toujours là : l’éditeur Paul Otchakovsky-Laurens dit recevoir chaque année des manuscrits meilleurs que les années précédentes. Et le libraire Pascal Thuot s’étonne moins du nombre de titres qu’il déballe chaque année des cartons (environ dix mille) que de leur qualité. « Il ne faut pas sombrer dans le catastrophisme : si les ventes baissent, la littérature française reste en excellente santé, assure Yves Pagès. Sa diversité a rarement été aussi forte et reconnue à l’étranger. »

    Tous espèrent simplement que ce bouillonnement créatif ne tournera pas en vase clos, à destination d’un public confidentiel de dix mille lecteurs résistants, mais trouvera de nouveaux relais et un accueil plus large chez les jeunes. Mais comment séduire les vingtenaires avec des romans à 15 euros quand le reste de la production culturelle est quasiment gratuite sur Internet ? « A la différence des séries télé, les romans sont difficiles à pirater, c’est ce qui les sauve et en même temps les tue », note Xabi Molia. Pour survivre, le roman doit faire sa mue à l’écran, s’ouvrir aux nouveaux usages, chercher à être plus abordable (sans céder sur l’exigence), notamment sur Internet où les prix restent prohibitifs. Peut-être alors ne sera-t-il pas condamné au sort de la poésie en latin...

  • « #Game_of_Thrones », ligne Blackcrown-Castle Black, arrêt Winterfell

    La complexité géographique de l’univers de George R.R. Martin développé dans la saga Game of Thrones perdrait le plus averti des voyageurs. De King’s Landing à Winterfell en passant par Sunspear ou Grassy Vale, le graphiste Michael Tyznik a conçu la carte qui permettra à tous les habitants des Sept Royaumes de parcourir leurs vastes territoires sans se perdre entre collines et forêts :


    http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2014/08/13/game-of-thrones-ligne-blackcrown-castle-black-arret-winterfe

    #cartographie #visualisation

    via @franz42 (twitter)

  • Un utile rappel qu’on n’est pas obligé d’utiliser les outils techniques à la mode :

    « The fact that George R.R. Martin writes the mammoth Game of Thrones novels on a DOS machine is no secret but it is still delightful to hear him explain why. The beloved fantasy author said on Conan that he enjoys the simplicity of WordStar 4.0 and dislikes modern autocorrect and spellcheckers. »

    http://www.theverge.com/2014/5/14/5716232/george-r-r-martin-uses-dos-wordstar-to-write

    #obsolescence_programmée #GameOfThrones #critique_de_la_technique #luddisme

  • Man ruins Game of Thrones with series of novels full of spoilers
    http://undergroundmgzn.com/2014/04/15/man-ruins-game-thrones-series-novels-full-spoilers

    The entertainment industry was today warning fans of the popular HBO series Game Of Thrones to avoid ‘at all costs’ a series of books by a rogue enthusiast named George R.R. Martin, who has written five whole volumes consisting solely of #spoilers for the popular television show.

    Faudrait un tag, genre #gorafi_like.
    Ça m’a bien fait rire, en tout cas.

  • George R.R. Martin Has a Detailed Plan For Keeping the Game of Thrones TV Show From Catching Up To Him - Vanity Fair
    http://www.vanityfair.com/vf-hollywood/george-r-r-martin-interview

    Long entretien avec George RR Martin, en particulier sur sa façon de déjouer les attentes du lecteur (pour le dire poliment).

    – You have very strong reversals and you keep the reader off balance. You might think you’re in Sword in the Stone territory early on — you can see the book it might become, with Bran as the hero, but then it’s like a con game between you and the reader.

    – I think you write what you want to read. I’ve been a reader, a voracious reader, since I was a kid in Bayonne. “George with his nose in a book,” they always called me. So I’ve read a lot of stories in my life, and some have affected me very deeply; others I forget five minutes after I put ‘em down. One of the things I’ve come to really appreciate is a kind of unpredictability in my fiction. There’s nothing that bores me quicker than a book that just seems, I know exactly where this book is going. You’ve read them, too. You open a new book and you read the first chapter, maybe the first two chapters, and you don’t even have to read the rest of it. You can see exactly where it’s going. I think I got some of that when I was growing up and we were watching TV. My mother would always predict where the plots were going, whether it was I Love Lucy or something like that. “Well, this is going to happen,” she would say. And, sure enough, it would happen! And nothing was more delightful, when something different happened, when it suddenly took a twist. As long as the twist was justified. You can’t just arbitrarily throw in twists and turns that make no sense. Things have to follow. You want the thing in the end where you say, “Oh my God, I didn’t see that coming, but there was foreshadowing; there was a hint of it here, there was a hint of it there. I should have seen it coming.” And that, to me, is very satisfying. I look for that in the fiction that I read and I try to put it into my own fiction.

    – Like with Bran getting pushed, you foreshadow that, too, so the reader doesn’t feel cheated. Same with the Red Wedding.

    There’s always this tension between fiction and life. Fiction has more structure than life does. But we have to hide the structure. We have to hide the writer, I think, and make a story seem like it was true. Too many stories are too structured and too familiar. The way we read, the way we watch television, the way we go to movies, all give us certain expectations of how a story is going to go. Even for reasons that are totally unconnected with the actual story itself. You go to a movie, who’s the big star? O.K., if Tom Cruise is the star, Tom Cruise is not going to die in the first scene, you know? ‘Cause he’s the star! He’s got to go through. Or you’re watching a TV show and its name is Castle. You know that the character Castle is pretty safe. He’s gonna be there next week, too, and the week after.

    You shouldn’t know that, ideally. The emotional involvement would be greater if somehow we could get past that. So that’s what I try to do, you know? Bran is the first of the major characters you meet, after the prologue. So you think, “Oh, O.K., this is Bran’s story, Bran’s gonna be a hero here.” And then: Whoops! What just happened to Bran there? Immediately, you’re changing the rules. And, hopefully, from that point, the reader is a little uncertain. “I don’t know who’s safe in this movie.” And I love that, when people say to me, “I never know who’s safe in the books. I can never relax.” I want that in my books. And I want that in the books I read, too. I want to feel that anything can happen. Alfred Hitchcock was one of the first ones to do that, most famously in Psycho. You start watching Psycho and you think she’s the heroine. Right? You followed her all the way. She can’t die in the shower!

    – Were there writers that you read as a kid, or shows that you watched, that did that kind of thing? The Twilight Zone did it.

    The Twilight Zone was famous for its twist endings. Twist endings are hard to do. I worked on the revived Twilight Zone in the mid-eighties, and the network was constantly on us, saying, “You have to have more twist endings!” And what we discovered is, it’s a lot harder to do a twist ending in 1987 than it is to do a twist ending in 1959. The audience has seen tens of thousands of more shows, and they’ve gotten far more sophisticated. We tried to remake some of the classic Twilight Zones, like Anne Francis is a mannequin coming into a store in the original, and we tried to remake that. Three minutes into it, they say, “She’s a mannequin.” Ha ha ha ha! Or the one where the woman has an operation. She’s supposedly hideously ugly and she’s having an operation to make her beautiful. But if you notice how they film that, you never see anyone’s face. You just see her with her bandages. And, of course, they take it off, and she’s incredibly beautiful, and everybody reacts with horror – and you see that they’re all idiot pig people! Well, the minute you remake that, the modern audience says, “They’re not showing us anyone’s faces.” So, trick endings are harder to do. The audience is increasingly sophisticated and wary of such things.

    #fiction #Game_of_Thrones

    • #spoil : d’un autre côté, quand tu arrives à la fin, t’as envie de gueuler tant il a twisté les persos. Et puis ça s’arrête sans que les principaux enjeux soient résolus. On te casse les couilles pendant 15 volumes à te dire « fais gaffe, l’hiver arrive » et l’histoire se coupe abruptement à l’arrivée de l’hiver. Alors que toi, t’attendais que ça, que l’hiver arrive et que les choses sérieuses commencent. Certes, il a mis beaucoup d’inattendu dans les destins des persos, mais certains, c’est plus « perdus de vue » qu’autre chose.
      Tu as juste l’impression de t’être tapé un prologue interminable et paf, le mec démissionne au moment où l’intrigue est en place...

      J’ai eu l’impression que Martin en a eu ras le cul de son histoire et qu’il a posé le stylo au milieu en beuglant : tadammmm, j’ai terminé !

    • L’entretien parle de son plan pour ne pas être rattrapé par la série parce qu’il écrit trop lentement !

      Il lui reste deux (gros) livres à écrire, le 6 et le 7 selon le découpage original :

      « Le sixième volume de la série a pour titre The Winds of Winter (Les Vents de l’hiver) et quatre chapitres écrits à l’origine pour A Dance with Dragons sont intégrés à ce livre en juin 201027. À la publication de A Dance with Dragons, une centaine de pages de The Winds of Winter sont déjà écrites. Martin espère écrire ce livre plus rapidement que le précédent mais, ayant tiré la leçon de ses estimations passées trop optimistes, se refuse désormais à faire des prévisions précises sur la date de sa publication6. Il estime néanmoins que finir le livre en trois ans serait raisonnable.

      Le titre annoncé du septième volume est A Dream of Spring (Un rêve de printemps). Martin compte bien conclure sa saga avec ce tome mais laisse néanmoins la porte ouverte à un éventuel huitième livre si cela s’avérait nécessaire30. Il sait déjà dans les grandes lignes comment il va conclure sa saga et le destin de ses principaux personnages et a indiqué que le dénouement serait plus proche d’une fin douce-amère que d’une happy end. En réponse aux questions qui lui ont été posées sur l’éventualité de sa mort avant d’avoir terminé son œuvre, Martin a annoncé qu’il ne permettrait pas qu’un autre écrivain finisse son histoire à sa place. Cependant, il a informé les producteurs de la série télévisée de la manière dont il souhaitait que l’histoire se termine en cas de décès. »

      http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Tr%C3%B4ne_de_fer#Volumes_six_et_sept

    • Mais non mais il va pas raconter tout l’hiver ! L’hiver c’est le climax, la fin est (relativement) proche et ensuite il fera un épilogue ou ils mourront tous tristes et sans enfants, avec aperçu de leur absence d’avenir sur une génération.

      (Et notons en passant que les bouquins sont nettement plus féministes que la série)

    • L’argument qui me semble le plus fort à vrai dire, au delà des considérations de fond, c’est que 50 % de la masse textuelle est relatée du point de vue de femmes. Pour le reste, y’aurait pas mal à dire, mais je ne cherche à convaincre personne : )

    • Je suis assez d’accord avec @baroug : la série cède aux facilités de la narration accrocheuse contemporaine en boostant le cul pour avoir l’air sulfureux tout en ne présentant que le regard du mec lubrique. Il y a beaucoup moins de cul dans les livres et les personnages féminins sont effectivement très importants. Autant la série biche les « femmes de » dont Martin se tamponne un peu, autant le livre suit des destins féminins particuliers que la série élude.
      Manière, Martin semble avoir une affection particulière pour les personnages un peu border line, ceux qu’on colle régulièrement à l’autre bout de la table de banquet, les moches, des éborgnés, les handicapés, les survivants. Je ne peux pas en dire beaucoup plus sans spoiler à mort, mais même si j’aime beaucoup la série TV (c’est beau, dans le genre), j’ai été agréablement surprise par le style d’écriture, par la manière dont sont déroulées les intrigues et je suis vachement moins frustrée depuis que je sais qu’il y a une suite. Parce que ça faisait trop : « j’ai arrêté parce que j’en ai marre ».
      Donc, merci @mona !
      Vraiment.

    • Oui, c’est très lent. Tellement lent comme bouquin, que j’ai abandonné après le troisième tome. Les noces m’ont bien surprises : tant d’action d’un coup, j’ai frôlé la crise cardiaque. Le quatrième tome démarre tellement pas, qu’il m’est tombé des mains et que seuls mes ronflements ont pu me réveiller.

    • Le truc, c’est que pratiquement tous les bouquins actuels sont construit sur l’idée d’exposer toutes les nombreuses ramifications de l’enjeu principal : qui va tenir le trône pour quand l’hiver sera là avec son merdier tant attendu ? Et c’est sûr que là, on aura toutes les cartes en main pour comprendre les actes et les motivations.
      Pour ce qui est des points de vue... je ne trouve pas les personnages si manichéens... mais c’est vrai que ça s’affine au fur et à mesure. Il y a quelques gentils naïfs, mais comme ils sont de moins en moins naïfs, forcément... Beaucoup de gens retords, des retournements, des conversions.

      C’est ça que j’aime : les personnages qui survivent apprennent. D’ailleurs, ceux qui refusent de s’adapter ont une fâcheuse tendance à moins bien survivre que les autres. Tu verras, tu auras d’autres points de vue. Et je continue à trouver une certaine égalité de traitement entre les hommes et les femmes. En tout cas, les femmes sont loin de jouer les plantes décoratives dans cette histoire, ce sont des personnages forts et souvent féroces.

    • Le point de vue féminin ne suffit probablement pas mais déjà, ça se pose là : la moitié de la saga est tout de même racontée de points de vue de femmes, et une bonne part a des ambitions, des désirs, des volontés qui s’opposent au contexte patriarcal de l’univers de GOT. Quant aux points de vue, si globalement en effet on reste plutôt dans la tête des personnages les plus sympathiques (plutôt que des gentils à proprement parler vu qu’on peut considérer qu’il n’y en a pas), mais très vite, les points de vue se multiplient, changent, et y’a des taré-e-s dans le loy.

  • George R.R. Martin : derrière « Game of Thrones », il y a cet homme-là | Rue89 Culture
    http://www.rue89.com/rue89-culture/2013/06/19/george-rr-martin-les-vies-secretes-pere-game-of-thrones-243420 #GOT via @mona

    Tour à tour journaliste, objecteur de conscience pour échapper au Vietnam, écrivain prolifique mais sans le sou, il commence à bosser sur des séries télé pour remplir son frigo dans les années 80 (« La Belle et la bête », « La Quatrième Dimension »).

    De la #fan #folie

     La série lui prend beaucoup de temps et rien ne va jamais assez vite. Dans l’attente du tome 5, des milliers de fans tuent le temps en traquant les scories et incohérences que comptent les milliers de pages et de personnages de la saga .

    Martin s’effraie à l’idée de se perdre dans son propre univers. Du coup, il s’entoure d’une garde rapprochée composée, entre autres, du créateur de Westeros.org. Martin raconte :

    « J’écris un truc et je lui envoie un mail : “Est-ce que j’ai déjà mentionné ça avant ?” Et il me répond : “Oui, page 17, livre 4.” »

    Et du coup je tombe sur ce long papier du New Yorker (avril 2011) : JUST WRITE IT ! A #fantasy author and his impatient fans.
    http://www.newyorker.com/reporting/2011/04/11/110411fa_fact_miller?currentPage=all

    • Un commentaire :

      La peur que George Martin ne meure avant d’avoir écrit la fin de sa saga est notamment alimentée par le décès de Robert Jordan, auteur lui aussi d’une saga-fleuve, la Roue du Temps (beaucoup plus high fantasy que le Trône de Fer), avant d’avoir pu y mettre un point final.

  • Game of Thrones à la carte
    http://culturevisuelle.org/mouton/archives/12

    L’adaptation télévisée du cycle Le Trône de Fer de George R.R. Martin a attiré des dizaines de millions de téléspectateurs lors des deux saisons de dix épisodes produites par la chaîne américaine HBO et diffusées en 2011 et 2012. Succès populaire et d’estime, cette série donne ses lettres de noblesse télévisuelle au genre de la fantasy qui, jusqu’alors, était plutôt malmené sur petit écran.La spécificité du genre tient pour beaucoup aux univers alternatifs que les récits explorent. Le Trône de Fer n’échappe (...)

  • 10 Great Fantasy Series to Read While You’re Waiting for George R.R. Martin’s Next Book
    http://io9.com/5876715/10-great-fantasy-series-to-read-while-youre-waiting-for-george-rr-martins-next-

    George R.R. Martin’s A Dance With Dragons was everything we’d hoped it would be — but now we can’t wait to read the next book, The Winds of Winter. How can we keep from going mad with impatience to find out what happens to Tyrion and Daenerys?

    The good news is, fantasy literature offers tons of other great sagas — many of which are perfect for fans of Martin’s A Song of Ice and Fire. Here are 10 great fantasy series that will help the wait for Westeros go much faster. Note: We’re sort of assuming you’ve already read Tolkien and C.S. Lewis. If you haven’t go do that right now. We’ll wait.

    #game_of_thrones #a_song_of_ice_and_fire

    • me suis arrêté au milieu du volume 4 de l’intégrale, un peu moins prenant que les autres j’ai trouvé, et donc n’ai pas lu « A dance with dragons » bien qu’on m’en a dit le plus grand bien... (ça vaut ptet le coup de s’acharner)

    • Oui, y’a quelques longueurs dans le volume 4. On sent que la construction de l’intrigue a été compliquée. Le volume 5 est plus animé, avec davantage de rebondissements.

      Personnellement j’ai bien accroché, même si lire les 5 volumes d’une coup ça fait un peu beaucoup. Le seul reproche serait peut-être l’aspect assez « noir » des bouquins, qui au bout d’un moment m’a parfois un peu « plombé ». Et pourtant c’est moins gore que la série, qui a plutôt accentué ce côté là il me semble.

  • Y’a pas que des conneries, sur le Web. Y’a aussi les trucs sur la vraie vie des gens : “Game Of Thrones” Season 2 Behind-The-Scenes In Croatia
    http://www.ology.com/technology/watch-game-thrones-season-2-behind-scenes-croatia/01172012

    HBO’s adaptation of George R.R. Martin’s epic saga A Song of Ice and Fire continues this spring with Game of Thrones Season 2. The second season, which will cover the events of A Clash of Kings (ASoIaF book two), is scheduled to premiere on April 1, and HBO’s been gradually preparing for its next campaign with casting reveals, promotional photos, and behind-the-scenes videos. The latest piece, “In Production—Croatia,” shows off the IRL locations that the Game of Thrones crew is using to bring the novel’s places and people to life. Want to know how they made such a convincing King’s Landing? Watch and learn, GeekOlogists. Watch... and learn.

  • Jeu de Trônes : quand la fantasy médiévale reflète notre politique | Slate
    http://m.slate.fr/story/41743/realpolitik-game-of-thrones

    En 1996, lorsque George R.R. Martin entame l’écriture du Trône de Fer (A Song of Ice and Fire), une saga de fantasy moyenâgeuse, il débute par l’histoire d’un roi qui s’efforce avec peine de gérer le pays dont il s’est emparé après une rébellion et de l’homme qu’il a choisi pour l’aider à régner.

    Quinze ans après la publication de ce premier volume, Le Trône de fer (A Game of Thrones), la série de Martin est devenue une série HBO du même nom, un nouvel épisode —cinquième meilleure vente sur la liste du New York Times— vient de sortir (A Dance With Dragons) et l’histoire a évolué, passant de l’univers sombre d’un conte mettant en scène une famille de rois et de reines diaboliques à celui d’une vaste méga-saga géopolitique aux règles d’engagement aussi complexes que variables, à même d’offrir au lecteur versé dans le domaine de la politique étrangère des enseignements d’une étonnante richesse.

    Effectivement, hormis les dragons et les loups géants aux pouvoirs magiques, le Westeros décrit dans les romans de Martin ne nous est pas tout à fait inconnu. Les défis posés par les relations internationales sont à peu près les mêmes, que l’on soit président des États-Unis ou roi féodal ; que votre dette extérieure soit propriété du gouvernement chinois ou d’une banque étrangère aux pouvoirs mystiques employant des assassins professionnels ; que vos peu recommandables partenaires commerciaux soient des cartels du pétrole ou des esclavagistes ; ou que vos ennemis soient mus par une interprétation fondamentaliste de l’Islam ou par une prêtresse qui lit l’avenir dans des bûchers sacrificiels.