person:georges lapierre

  • DES ROBOTS AFFAIRISTES DÉCLARENT LA GUERRE À UN ÉDITEUR INDÉPENDANT
    Le site Internet de L’insomniaque éditeur a dû changer son nom de domaine en ce début d’année 2019. Peu avertis des arcanes de la communication cybernétique, nous avions laissé passer la date d’expiration de ce précieux nom de domaine (insomniaqueediteur. org). En conséquence, le gestionnaire de noms de domaine GoDaddy a jugé bon, sans nous en aviser directement, de vendre ledit nom à l’encan. Il a été adjugé, pour une poignée de dollars, à des imposteurs, qui, sous notre ancien nom de domaine, tentent de se faire passer pour L’insomniaque éditeur — sans la moindre crédibilité, ni même le moindre effort pour paraître crédible.
    Leurs desseins, politiques ou commerciaux, restent très mystérieux à ce jour, mais leurs agissements ne resteront pas impunis, de même que le préjudice moral et matériel que ces escrocs nous ont causé, et nous causent encore à ce jour. Le nom et l’adresse qui sont indiqués à la rubrique « contacts » sont, bien sûr, tout aussi bidon que les prétentions et le contenu de ce pseudo-site, mais nous ne désespérons pas de démasquer la ténébreuse entité qui nous nuit de la sorte.
    On jugera de la nature de ce préjudice en consultant le site qu’a bricolé ce gang d’androïdes à très bas quotient intellectuel artificiel. Usant d’algorithmes rudimentaires et s’exprimant dans un sabir robotique aussi grotesque qu’inintelligible, ces ennemis de l’humanité présentent certains ouvrages parus à notre enseigne dans des articles conçus par ordinateur, qui assemblent en désordre des mots-clés glanés de manière aléatoire sur le vrai site de L’insomniaque et d’autres sites Internet.
    Par exemple, l’essai d’anthropologie radicale de Georges Lapierre, Être Ouragan, donne lieu à un simulacre d’articulet sur « Les 3 pires ouragans des 50 dernières années »… Et notre livre en soutien aux pirates somaliens du golfe d’Aden, Frères de la Côte, est commenté par une notice cyber-encyclopédique délirante qui nous apprend que ces Frères de la Côte constituent une organisation qui « s’est réunie pour la première fois au Chili en 1950 » et qu’ils obéissent à « une loi appelée Octagon », le tout illustré de photos tirées de banques d’images et montrant de jeunes et beaux matelots de la marine de guerre américaine… Le reste est à l’avenant.
    On pourrait se contenter de rire de cette très grossière manipulation-falsification. Ou de mépriser de telles inanités, dépourvues en elles-mêmes de tout sens. On peut aussi y déceler une menace de plus à l’encontre de la liberté, un danger d’asservissement par la confusion mentale généralisée, engendré par les réseaux numériques et ceux qui les contrôlent. En tout état de cause, cette affaire, digne du théâtre de l’absurde, en dit long sur les progrès qu’accomplit le « grand mensonge » qui tient lieu de communication de masse en ce malheureux siècle — le dernier, si les humains n’y portent remède.

    L’INSOMNIAQUE
    Montreuil, le 31 janvier 2019
    http://www.insomniaqueediteur.com/robots-affairistes-declarent-guerre-editeur-independant
    https://www.insomniaqueediteur.com
    https://lignesdeforce.wordpress.com/2019/02/05/des-robots-affairistes-declarent-la-guerre-a-un-editeur-ind
    source : #Claude_Guillon
    #l'insomniaque #insomniaque_éditeur


  • Notes anthropologiques (XXX)

    Georges Lapierre

    https://lavoiedujaguar.net/Notes-anthropologiques-XXX

    Le capital comme idée ou l’Idée comme capital (II)
    L’art du détournement ou la mésaventure des pierres trouées
    de l’île de Yap

    Le capital est une idée qui agit, il est l’idée du genre qui se fait effective, il est l’idée qui génère le genre humain. Ce n’est pas une idée ordinaire, il est l’Idée avec majuscule, l’Idée majuscule, celle qui génère l’être humain et qui donne naissance à la pensée, et l’anime. Le capital est l’idée du genre qui anime l’être humain. Il est à la fois l’idée qui constitue l’être, qui constitue l’intimité corporelle de l’homme et de la femme, celle qui anime le sujet, une idée éminemment subjective, mais cette idée créatrice du sujet, du sujet pensant, se matérialise, se fait objective, elle apparaît, elle se fait apparente, elle devient visible. Elle manifeste son universalité en devenant apparente, en prenant forme, en devenant objet du désir et de la passion de tout un chacun, elle déborde le sujet, l’individu, femme ou homme, elle devient un article de foi, un consensus social, elle concentre et cristallise l’esprit d’une communauté, l’esprit créateur de la vie collective, générant la vie sociale. Elle devient un objet fascinant, un objet magique et la magie fonctionne. À l’origine de l’humain, se trouve la pensée magique. Du fait de notre suffisance, nous ne voulons pas le reconnaître, et pourtant… En elle (ou dans le capital) se conjuguent intériorité et extériorité. Les deux, intériorité et extériorité, s’y mélangent et c’est bien ce qui constitue l’énigme ou le mystère du capital. (...)

    #anthropologie #monnaie #capital #Yap #échange #fête #don #potlatch #David_O’Keefe #Maurice_Godelier


  • Notes anthropologiques (XXIX)

    Georges Lapierre

    https://lavoiedujaguar.net/Notes-anthropologiques-XXIX

    Le capital ou la visibilité de l’Idée (I)
    Première partie, aperçu théorique

    Il convient de prendre le mot « idée » dans le sens originel du terme : l’idée qui se trouve au point de départ de l’activité humaine. C’est dans ce sens originel que j’ai usé jusqu’à présent du concept de pensée : la pensée comme activité pratique de communication. L’idée est ce qui met en branle la pensée comme activité pratique de communication, l’idée se réalisant grâce à la pensée spéculative générant l’activité sociale. Je distingue, sans doute un peu légèrement, l’idée de la pensée en précisant que l’idée active la pensée. Le plus souvent, ces deux termes se confondent dans la mesure même où l’idée anime la pensée. L’idée est contenue dans la pensée, à la fois comme point de départ et comme point d’arrivée. Elle est ce qui met en branle la pensée, qui déclenche son mouvement créateur de réalité, l’étincelle qui met le feu aux poudres, en quelque sorte ; le big-bang à partir duquel se développe tout le procès de création du réel. Elle se trouve aussi à la fin du procès de la pensée comme idée réalisée, comme réalité pleine d’esprit. Cette distinction est seulement hypothétique, une hypothèse théorique qui peut s’avérer intéressante, elle serait plutôt d’ordre épistémologique : faciliter notre compréhension théorique de la réalité — et, en ce qui nous concerne, la compréhension théorique de l’activité marchande et de la marchandise. (...)

    #capital #monnaie #échange #pensée #Marx #Fort_Knox


  • Notes anthropologiques (XXVIII)

    Georges Lapierre

    https://lavoiedujaguar.net/Notes-anthropologiques-XXVIII

    Mexico 2018
    Deuxième partie
    Le mouvement de la pensée et sa critique (II)

    Finalement Hegel ne connaît qu’un seul monde : seul le monde occidental est valide à ses yeux ; la civilisation chrétienne se trouve à la pointe du progrès, elle est à la pointe du mouvement universel de la pensée : la pensée s’objectivant, devenue visible, étant à elle-même son propre objet, c’est le mouvement universel de l’aliénation de la pensée, l’idée se donnant à voir avant de se réaliser. Karl Marx aussi ne connaît qu’un seul monde, le monde capitaliste : le capital s’engendrant lui-même à travers l’activité marchande pour connaître sa propre limite avec le surgissement et l’existence du prolétariat. Hegel et Marx sont tous deux des philosophes chrétiens dans la mesure même où ils restent tous les deux attachés à une certaine idée de « l’homme en devenir », et, à mon sens, cette idée est chrétienne. Hegel et Marx ne connaissent qu’un seul monde, le monde occidental, chrétien et capitaliste. Nous pouvons toujours supposer que les zapatistes connaissent deux mondes, un monde qui n’est ni occidental, ni chrétien, ni capitaliste — c’est le monde indien originel et préhispanique —, et le monde occidental, chrétien et capitaliste. (...)

    #pensée #civilisation #Hegel #Marx #christianisme #capitalisme #zapatistes #État #Grèce_antique #Wittfogel


  • Notes anthropologiques (XXVII)

    Georges Lapierre

    https://lavoiedujaguar.net/Notes-anthropologiques-XXVII

    Mexico 2018
    Deuxième partie
    Le mouvement de la pensée et sa critique (I)

    S’intéresser au mouvement de la pensée, à la vie et à la mort des civilisations, c’est renouer avec une tradition et une curiosité philosophique très anciennes. Il y a toujours dans ce qui remue d’une manière intestine les civilisations des moments clés qui conduisent les idéologues à se poser la question du devenir de la société : la Révolution française et bourgeoise pour Hegel et, plus généralement, pour les romantiques allemands ; la domestication industrielle pour Marx et, plus généralement, pour les socialistes et les anarchistes européens. Aujourd’hui, nous avons le sentiment de nous confronter à un aboutissement, qui pourrait aussi bien signifier une fin, accompagnée, cette fin, d’un renouveau, d’une nouvelle naissance, de la naissance dans les profondeurs du réel d’un mouvement autre, se construisant et se développant selon les déterminations qui sont les siennes. Ou alors, autre supposition, que nous avons entrevue dans les notes précédentes et dont les zapatistes apportent témoignage : l’ancrage dans la réalité comme pensée non aliénée, le retour de la pluralité, chaque communauté de pensée portant en elle son propre devenir, se créant et se reproduisant sans cesse. (...)

    #Mexique #Hegel #Marx #christianisme #zapatistes #civilisations #aliénation


  • Notes anthropologiques (XXVI)

    Georges Lapierre

    https://lavoiedujaguar.net/Notes-anthropologiques-XXVI

    Mexico 2018
    Première partie
    De l’idéologie et de la réalité (II)

    Dans les notes anthropologiques précédentes, j’ai pu noter que la réalité se présentait comme le Léviathan, un monstre qui s’autocréait et s’inventait sans répit à partir de sa propre pensée. À ce sujet, il me semble assez justifié de parler d’autogenèse. Cette autogenèse du réel s’accompagne d’une réflexion de la part de ceux que l’on appelle les intellectuels ou les idéologues sur sa nature, soit pour la justifier, soit pour la critiquer. Cette réflexion est idéologique et elle n’a qu’un lointain rapport avec la réalité elle-même (qu’un lointain rapport avec la pensée proprement dite). L’idéologie accompagne la réalité et a le plus souvent une fonction de propagande, mais elle n’est pas la réalité et il ne faudrait pas confondre idéologie et réalité (idéologie et pensée). Seule la réalité est en mesure de critiquer la réalité. Seul le Léviathan a été en mesure de critiquer le dragon ailé de la société médiévale. Seule la pensée critique la pensée. D’ailleurs je me rends compte que l’idéologie loin de critiquer le monde que nous connaissons, dominé par l’activité marchande et ce qu’elle implique, l’accompagne dans son développement et son progrès. (...)

    #Mexique #réalité #idéologie #histoire #Léviathan #zapatistes #Notre-Dame-des-Landes #Amérique_latine #Hegel #Marx


  • Notes anthropologiques (XXV)

    Georges Lapierre

    https://lavoiedujaguar.net/Notes-anthropologiques-XXV

    Mexico 2018
    Première partie
    De l’idéologie et de la réalité I

    Il est grand temps de distinguer l’idéologie de la réalité, et vice versa ! La fin visée par une autre anthropologie est d’arriver après un voyage mouvementé à la vaste plage de la réalité. Le plus souvent nous parlons idéologiquement de la réalité. Tous ceux qui prétendent décrire ou analyser la réalité dans laquelle nous nous trouvons sont des idéologues et, bien souvent, les idéologues sont aussi des militants qui cherchent à imposer leur vision ou une certaine vision de la réalité. Ces idéologues sont en général payés par l’État et leur vision de la réalité ne s’éloigne pas de celle voulue par la pensée dominante, leur appréhension ne s’écarte guère d’un convenu plus ou moins implicite et ce qu’ils présentent comme des nouveautés a la saveur du bon sens et du bon goût reconnaissable entre mille, et dans laquelle tous se reconnaissent avec une certaine satisfaction. Quand ils ne sont pas directement payés par l’État, les idéologues portent en eux l’idée de l’État, quoi qu’ils disent et quoi qu’ils fassent. L’idéologie est le propre d’une pensée séparée. (...)

    #Mexique #réalité #idéologie #histoire #Jérôme_Baschet #présentisme #capitalisme


  • Notes anthropologiques (XXIV )

    Georges Lapierre

    https://lavoiedujaguar.net/Notes-anthropologiques-XXIV

    Dionysos ou la déraison grecque
    Troisième partie : Le retour de Dionysos

    Dans les notes précédentes consacrées à Dionysos, je me suis surtout attaché au monde inversé qu’évoque ou que rappelle obstinément le culte de Dionysos, monde avant la domination d’une pensée sur une autre, monde essentiellement féminin qui rejette et honnit cette séparation et cette domination. Avec la démocratie athénienne et l’apparition de la raison, c’est une nouvelle forme de domination qui se fait jour, reposant sur la domination absolue de ceux qui ont la pensée de leur activité sociale sur ceux ou celles qui en sont dépossédés. La figure de cette séparation se retrouve dans la conception philosophique de l’être comme être séparé entre pensée et corps, l’âme cherchant à s’émanciper du corps, ce sépulcre, pour le monde divin des idées. Ce monde de la raison, qui est tout aussi bien le monde de la morale et de la norme, cherche à dominer le corps et les passions qui lui sont attachées, à le contraindre selon les voies et les exigences de la raison (et de la morale). (...)

    #Grèce_antique #Dionysos #Maria_Daraki #Euripide #déraison #Henri_Jeanmaire #tragique #libération #sorcières


  • Notes anthropologiques (XXIII)

    Georges Lapierre

    https://lavoiedujaguar.net/Notes-anthropologiques-XXIII

    Dionysos ou la déraison grecque
    Deuxième partie : L’outlaw ou l’Ivrogne divin

    « L’extase est une “sortie”, l’enthousiasme est une “possession” : y a-t-il pour autant communion ? Dionysos est un dieu insaisissable à ses propres fidèles », a pu écrire Louis Gernet dans un article intitulé « L’anthropologie dans la religion grecque ». Y aurait-il un mystère Dionysos ? Le culte de Dionysos avec ses nourrices et son cortège de ménades ou de bacchantes emportées dans une danse et une ivresse collectives les jetant hors d’elles-mêmes nous laisse entrevoir, ou deviner, une forme de pensée qui déborde largement les limites imposées par la raison. Dans cet essai, je me propose seulement d’en saisir quelques aspects, d’en préciser quelques données. C’est que le culte de Dionysos nous emporte dans un domaine qui n’est presque plus le nôtre et laisse deviner une cosmovision qui n’est plus la nôtre. Pourtant il nous plonge dans des profondeurs ignorées ou oubliées de nous-mêmes, à la source de ce que nous sommes. (...)

    #Grèce_antique #Inde #Maria_Daraki #ivresse #déraison #tantrisme #Alain_Daniélou


  • Notes anthropologiques (XXII)

    Georges Lapierre

    https://lavoiedujaguar.net/Notes-anthropologiques-XXII

    Dionysos ou la déraison grecque
    Première partie : Les pouvoirs de l’esprit

    J’entends par esprit, l’esprit d’une société : la pensée dans son envergure sociale partagée par tous les membres de ladite société, formant ainsi une véritable communauté de pensée, sans qu’il y ait séparation à l’intérieur de la société entre ceux qui auraient la pensée de l’activité sociale dans son ampleur générique et ceux qui en seraient dépourvus. C’est en Grèce, vers le VIe siècle un peu avant l’époque dite classique, que la raison serait née avec la polis et la démocratie, elle y aurait connu ses premiers balbutiements avec les physiciens de Milet, puis elle aurait pris son envol avec des philosophes prestigieux à partir de l’époque classique, Socrate, Platon, Aristote… Hormis l’art de bien raisonner c’est-à-dire de tenir un discours qui ne se contredit pas, la raison repose essentiellement sur la séparation entre le monde des idées et l’univers de la non-pensée dit encore naturel — le monde réduit à son paraître. (...)

    #anthropologie #Grèce_antique #Dionysos #cosmovision #E.R._Dodds #tarentelle #transe #ménadisme #folie #hystérie #guérison #Michel_Leiris #Bertrand_Hell


  • Notes anthropologiques (XXI)

    Georges Lapierre

    https://lavoiedujaguar.net/Notes-anthropologiques-XXI

    L’objet de valeur
    Deuxième partie : B) La monnaie

    II. Il était une fois…

    Dans le chapitre précédent, je m’étais surtout attaché au lien qui unissait irrémédiablement la naissance de l’État à celle de la monnaie — plus précisément à une tournure d’esprit dont la monnaie est la confirmation. Je pense que ce rapport entre le pouvoir et l’argent a été trop souvent sous-estimé, quand il n’était pas ignoré, par les historiens et surtout par les philosophes. Je n’ai fait qu’aborder bien trop légèrement cette question qui mériterait un large développement. Mon propos ne consiste pas à m’attacher à la monnaie en tant que moyen d’échange, mais à saisir la dérive de la notion de valeur aboutissant à cet objet de valeur un peu particulier qu’est la monnaie. La formation des États représente un changement important dans l’organisation de la société. Ce changement dans les mœurs s’accompagne d’un changement dans les esprits si bien qu’il est difficile de distinguer les deux : la formation des États et la tournure d’esprit que cela implique. (...)

    #anthropologie #échange #don #État #Louis_Gernet #Polycrate #Grèce_antique #potlatch #Franz_Boas


  • Notes anthropologiques (XX)

    Georges Lapierre

    https://lavoiedujaguar.net/Notes-anthropologiques-XX

    L’objet de valeur
    Deuxième partie : B) La monnaie

    I. Naissance de l’État et naissance de la monnaie

    Comme l’objet de valeur dans les sociétés traditionnelles ou coutumières, la monnaie est l’enjeu d’une pensée spéculative qui se trouve à l’origine de l’activité générique, d’un mode d’échange propre à une société, dite encore communauté de pensée. Elle s’en distingue sur deux aspects : elle génère un mode d’échange particulier, l’échange marchand ; elle rend apparent un point de vue tout aussi particulier sur le monde, le point de vue du marchand s’imposant comme point de vue universel.

    La monnaie marque le passage d’un mode d’échange ouvert reposant sur le don à un échange fermé dans lequel le retour est obligatoire et préalablement fixé. C’est l’échange marchand. Et l’échange marchand n’apparaît pas dans la continuité des échanges traditionnels reposant sur le don et le don en retour, il marque plutôt un arrêt, une rupture, une autre orientation (...)

    #anthropologie #économie #échange #don #État #Louis_Gernet #Marcel_Mauss #Cnossos


  • Notes anthropologiques (XIX)

    Georges Lapierre

    https://lavoiedujaguar.net/Notes-anthropologiques-XIX

    L’objet de valeur
    Deuxième partie : A) l’objet de valeur

    Dans cette deuxième partie, je vais m’attacher dans un premier temps à l’objet de valeur sous son aspect général, une réflexion à bâtons rompus pour tenter de cerner la notion de valeur sans chercher à la figer coûte que coûte ; dans un second temps (« Notes anthropologique XX »), je m’intéresserai à un objet de valeur qui nous concerne plus directement, la monnaie (ou l’argent) afin de marquer ce qui différencie la monnaie, et la notion de valeur qui y est attachée, des autres objets de valeur qui ont cours dans d’autres civilisations ou qui ont eu cours en d’autres temps.

    Dans les notes anthropologiques antérieures j’avais conclu que l’objet de valeur n’était pas l’objet tel que le concevaient les scientifiques. C’est un objet spirituel, chargé d’esprit, et l’esprit, dans la mesure où il est lié à la vie sociale, est différent du sens attaché à l’objet scientifique qui, lui, exprime le lien entre l’individu et son environnement. (...)

    #anthropologie #échange #marchandise #monnaie #valeur #fétiche #esprit #maori #Louis_Gernet


  • Notes anthropologiques (XVIII)

    Georges Lapierre

    https://lavoiedujaguar.net/Notes-anthropologiques-XVIII

    L’objet de valeur
    Première partie, l’objet

    À partir de quel moment l’objet nous est-il apparu dans sa crudité ? À partir de quel moment notre environnement a-t-il été perçu comme nature ? À partir de quel moment tout ce qui n’est pas nous, le non-soi, a-t-il été conçu comme objet, comme une chose qui n’était animée par aucune intention ou volonté propre ? La constitution de l’objet tel qu’on peut le concevoir aujourd’hui ne fut pas une donnée spontanée ou immédiate de la conscience, elle a exigé un profond bouleversement et une remise en cause de l’idée que nous nous faisions de la réalité. Cette séparation que nous marquons instinctivement entre le monde de la pensée et celui de la non-pensée peut être datée, elle est issue de l’expérience, comme toutes nos conceptions de l’être et de la réalité. Elle ne s’est pas faite du jour au lendemain, elle a été progressive, elle a demandé des siècles avant de devenir une donnée de la conscience pour certains et certaines d’entre nous. Elle est loin d’être partagée par tout le genre humain. (...)

    #philosophie #science #sujet/objet #Platon #Kant #Descola #Dieu #esprit #matière #cosmovision #individu #monnaie


  • Notes anthropologiques (XVII)

    Georges Lapierre

    https://lavoiedujaguar.net/Notes-anthropologiques-XVII

    Où il est question de la pensée et de son aliénation

    Dans son essai sur Dionysos, Maria Daraki en évoquant la cosmogonie antique des Grecs écrit : « Au sein d’une culture qui, aux humains, assigne l’identité d’“homme-sexe” et de “femme-sexe”, les morts se donnent à Terre. Les femmes y trouvent un “amant”, les hommes une “amante”. Une telle mort, il faut la vouloir, c’est en cela que se résume la piété. » Et un peu plus loin : « Pour Empédocle, Terre est une sphère dont les “larges flancs” enferme le “feu” de l’union sexuelle cosmique… » Puis elle ajoute : « Et l’on reste rêveur. Alors que, pour la pensée scientifique des siècles classiques, la terre est un disque plat et immobile, pour cette pensée entièrement magique, la terre est une sphère, elle est remplie de feu et elle tourne ! »

    Ce sont sans doute les chamans des tribus indiennes ou indigènes encore existantes qui, à travers les techniques de l’extase, se rapprochent le plus de ce centre spirituel, de cette illumination visionnaire et prophétique qui accompagne l’efflorescence de la pensée. (...)

    #anthropologie #pensée #aliénation #individu #cosmovision #sacrifice


  • l’histgeobox: Feu!Chatterton: „Malinche“
    http://lhistgeobox.blogspot.com/2018/06/feuchatterton-malinche.html

    Avec quelques centaines d’hommes, Hernan Cortés débarque sur les côtes mexicaines en 1519. L’intrépide conquistador parvient en quelques mois à terrasser un puissant empire peuplé de millions d’habitants. Profitant d’un concours de circonstances favorables, l’intrépide conquistador exploite à merveille la supériorité de l’armement des Européens et les divisions au sein des populations autochtones. La rencontre de Malinche, une jeune esclave parlant à la fois le nahuatl et le maya lui ouvre des perspectives inouïes.
    Nous possédons peu de données biographiques fiables (1) sur cette femme aux noms multiples, aux origines incertaines, aux desseins inconnus. Cinq cent ans après sa disparition, celle qui fut appelée Malintzin, Marina, Malinalli ou Malinche, reste une figure très vivace, une icône, dont la mémoire fut tantôt révérée ou bannie. Qui était-elle ?

    • La Maldición de Malinche, Amparo Ochoa, Gabino Palomares
      https://www.youtube.com/watch?v=eyUwolkWINk


      (chanson de Gabino Palomares écrite en 1975, enregistrée en 1978)

      La maldición de Malinche - Wikipedia, la enciclopedia libre
      https://es.wikipedia.org/wiki/La_maldici%C3%B3n_de_Malinche

      «La maldición de Malinche», denuncia la explotación europea y norteamericana de los pueblos indígenas latinoamericanos. Pero sobre todo pone en evidencia el racismo y clasismo que los indígenas sufren en sus propios países. Es una fuerte crítica al malinchismo latinoamericano, es decir, a la preferencia por las culturas europeas o norteamericanas a expensas de la cultura nacional.

      Paroles

      Del mar los vieron llegar
      mis hermanos emplumados,
      eran los hombres barbados
      de la profecía esperada.

      Se oyó la voz del monarca
      de que el Dios había llegado
      y les abrimos la puerta
      por temor a lo ignorado.

      Iban montados en bestias
      como Demonios del mal,
      iban con fuego en las manos
      y cubiertos de metal.

      Sólo el valor de unos cuantos
      les opuso resistencia
      y al mirar correr la sangre
      se llenaron de vergüenza.

      Por que los Dioses ni comen,
      ni gozan con lo robado
      y cuando nos dimos cuenta
      ya todo estaba acabado.

      Y en ese error entregamos
      la grandeza del pasado,
      y en ese error nos quedamos
      trescientos años de esclavos.

      Se nos quedó el maleficio
      de brindar al extranjero
      nuestra fé, nuestra cultura,
      nuestro pan, nuestro dinero.

      Y les seguimos cambiando
      oro por cuentas de vidrio
      y damos nuestra riqueza
      por sus espejos con brillo.

      Hoy en pleno siglo XX
      nos siguen llegando rubios
      y les abrimos la casa
      y los llamamos amigos.

      Pero si llega cansado
      un indio de andar la sierra,
      lo humillamos y lo vemos
      como extraño por su tierra.

      Tú, hipócrita que te muestras
      humilde ante el extranjero
      pero te vuelves soberbio
      con tus hermanos del pueblo.

      Oh, Maldición de Malinche,
      enfermedad del presente
      ¿Cuándo dejarás mi tierra
      cuando harás libre a mi gente?

      EDIT: Tomado de AlbumCancionYLetra.com
      http://www.albumcancionyletra.com/la-maldicion-de-la-malinche_de_gabino-palomares___254375.aspx

    • Quelques infos sur Seenthis à propos de la Malinche : @la_voie_du publie les écrits de Georges Lapierre, anthropologue étudiant la société mexicaine. Parmi ces écrits j’avais repéré « Vierges Indiennes et Christ Noir », mis en ligne sous forme de feuilleton bimensuel d’octobre 2016 à décembre 2017.

      https://www.lavoiedujaguar.net/-Vierge-indienne-et-Christ-noir-

      « Les dieux anciens semblent ne pas vouloir abandonner la terre du Mexique pour le ciel de la transcendance malgré l’effort conjugué des premiers missionnaires franciscains en 1524 et des évangélistes aujourd’hui. Pour donner le change, ils ont dû, ces dieux, changer un peu d’apparence, modifier leur garde-robe, se déguiser, prendre l’aspect d’un saint chrétien, la figure de la Vierge ou du Christ : changer d’apparence, c’est assez facile pour un dieu, cela entre dans ses possibilités sinon dans ses attributions.

      Ainsi déguisés, ils ont pu passer inaperçus et rester dans un coin de leur ancien sanctuaire, ils ont évité d’être balayés grossièrement par le souffle de la tempête venue avec les conquistadores.

      Évidemment le temps ne va pas simplifier cette résistance sibylline des dieux, ils ont dû parfois se contorsionner pour être à la page et suivre l’histoire du Mexique, du Mexique colonial puis du Mexique indépendant, du Mexique créole, du Mexique métis et du Mexique indien. Je me suis intéressé à cette vie cachée des dieux et à leur métamorphose, vaste sujet ! »

      Et dans cet essai se trouve un « hommage à la Malinche » :

      https://www.lavoiedujaguar.net/Hommage-a-la-Malinche

      La cosmogonie mésoaméricaine, malgré son caractère guerrier apporté par l’ascendance nahuatl sur les peuples autochtones, repose sur une réalité sociale qu’elle ne peut ignorer : celle d’un monde paysan attaché à la terre, aux cycles agricoles, aux saisons, soucieux de la pluie et de la sécheresse, fasciné par la vie végétale, les germinations secrètes et les maturations heureuses, séduit par la féminité de la terre, par celle qui donne la vie. La rencontre entre un peuple nomade et guerrier et des peuples sédentaires a donné une cosmogonie originale fondée sur la dualité, respectant aussi bien le côté solaire et diurne du monde que son côté lunaire et nocturne. En s’implantant au Mexique, le christianisme, la religion du ciel et du père, la religion du pouvoir, a dû faire quelques concessions à la féminité comme elle avait été amenée à le faire en Europe. L’Église catholique est restée partagée entre deux visions du monde, entre ciel et terre. Au Mexique, elle a bien cherché à tirer les gens du côté du ciel. Elle a dû faire des concessions à la terre. Le protestantisme et les sectes évangéliques sont prêts à prendre le relais de l’Église catholique : arracher les gens à la terre et à la vie communale pour leur offrir en échange le ciel de la transcendance et de l’abstraction.


  • Notes anthropologiques (XVI)

    Georges Lapierre

    https://lavoiedujaguar.net/Notes-anthropologiques-XVI

    Mexico 2018.
    Chronique d’un barrio de Mexico : Copilco el Alto

    Le quartier Copilco el Alto, où habite la famille de ma belle-sœur, est un quartier populaire à proximité de l’université. Alors que le quartier Santo Domingo qui jouxte Copilco a peu changé, toute la partie qui touche l’Université nationale autonome de Mexico (UNAM) a connu au cours des ans des changements importants et, dans un certain sens, significatifs. Quand j’ai connu ce quartier, en 1999, il était tout frémissant de l’esprit rebelle qui parcourait alors le milieu étudiant. Les étudiants occupaient l’UNAM et s’étaient mis en grève suite à la volonté d’un État, désormais au service de la Banque mondiale, de privatiser les universités. Ce fut un mouvement ample qui a profondément touché et remué tous ceux qui y participaient. Il a commencé le 20 avril 1999 pour se terminer le 6 février de l’année 2000 par l’intervention brutale, mais programmée, de l’armée, qui a pris par surprise le conseil général de la grève alors qu’il était en pleine négociation avec les « autorités ». Plus de mille délégués furent emprisonnés sous l’accusation de mutinerie. (...)

    #Mexique #Mexico #Ville_Monstre #UNAM #barrio #féminicide #corruption #narcos #autodéfense #élections


  • Notes anthropologiques (XV)

    Georges Lapierre

    https://lavoiedujaguar.net/Notes-anthropologiques-XV

    Bref éloge du cannibalisme (suite et fin)
    Seconde partie, la légende

    Dans les notes anthropologiques précédentes j’ai cherché à saisir le cannibalisme sous son aspect culturel, comme pratique sociale liée au défi et au don, comme une sorte de potlatch extrême au cours duquel on s’offre comme nourriture à l’autre. Le cannibalisme vu sous cet angle devient alors une pratique hautement spirituelle : nourrir l’autre de son humanité. Ce cannibalisme, en tant que sceau d’une civilisation reposant sur la vendetta au cours de laquelle la réciprocité est toujours à prendre, a marqué bien des sociétés guerrières et tribales sur tous les continents. Nous le retrouvons sur le mode d’un sacrifice propitiatoire aux dieux dans les sociétés plus complexes reposant sur la domination d’un peuple guerrier sur des peuples paysans, comme dans le cas des Mexica.

    L’opprobre jeté par notre civilisation chrétienne et hypocrite sur cette pratique interdit la plupart du temps d’en reconnaître sereinement la dimension culturelle. Nous la saisissons comme une dépravation des mœurs, comme un retour à l’état de nature. (...)

    #anthropologie #cannibalisme #transgression #ogres #Sade #légende #Kwakiutl #grizzly #Dionysos


  • Notes anthropologiques (XIV)

    Georges Lapierre

    https://lavoiedujaguar.net/Notes-anthropologiques-XIV

    Bref éloge du cannibalisme
    Première partie, la réalité

    Le culte rendu à Xipe Tótec par les Mexica nous plonge aux fondements religieux de la civilisation où l’être se confond avec sa nourriture : l’homme de maïs. La nourriture, le maïs, est essentiellement spirituelle, à la fois produit de la vie sociale et générant la vie sociale, l’esprit se faisant chair. Au cours de la cérémonie tlacaxipehualiztli consacrée à Xipe Tótec, « Notre Seigneur l’Écorché », les prisonniers immolés en haut du temple aussi bien que les captifs morts dans un combat simulé étaient écorchés et dépouillés par les prêtres. Leur peau était portée comme un trophée pendant les vingt jours du mois tozoztontli consacré au dieu ; et les corps, dépecés et mangés au cours d’un banquet rituel, comme si les Aztèques devaient prendre au mot l’expression « homme de maïs ». (...)

    #anthropologie #cannibalisme #tabou #guerre #Dionysos


  • Notes anthropologiques (XIII)

    Georges Lapierre

    https://lavoiedujaguar.net/Notes-anthropologiques-XIII

    Mexico 2018
    Les narcos
    (suite et fin)

    L’activité des cartels de la drogue représente le pouvoir occulte et sans limite du capital. Il est à la fois caché, intouchable et terrible. Le fait qu’il soit invisible le rend encore plus mystérieux et effroyable. Aucune règle ne vient faire tampon entre la population et le déploiement sans frein, irrésistible, de l’activité capitaliste. Ce déchaînement impérieux et meurtrier est le résultat d’un long processus de détérioration et de dégradation de la vie communale. Pourtant, il y a encore au Mexique une résistance réelle face à l’expansion de l’activité des cartels et plus généralement face à la pénétration de l’activité capitaliste. Nous avons l’exemple bien connu des zapatistes dans le Sud-Est mexicain, mais aussi celui de Cherán et d’Ostula dans le Michoacán, et d’autres expériences de reprise en main de la vie communale qui sont moins visibles.

    Ce processus de dévastation de la vie collective a commencé avec l’État, c’est-à-dire avec l’existence d’une volonté séparée et qui se donne les moyens de s’imposer. (...)

    #Mexique #anthropologie #narcotrafic #cartels #État #marché #pensée #marchands #sociétés #communalité


  • Notes anthropologiques (XII)

    Georges Lapierre

    https://lavoiedujaguar.net/Notes-anthropologiques-XII

    Mexico 2018. Les narcos

    Des morts, des morts, des morts innombrables, des morts décapités, des morts démembrés, des morts pendus, des morts tordus, des morts épinglés avec une étiquette à l’orthographe grossière autour du cou, des morts émasculés, des morts écorchés, des morts torturés, des morts après tortures, c’est la danse macabre des squelettes, la danse macabre des calaveras, au son lancinant de la flûte. Et le Mexique contemporain apprend à danser. Alors que le sifflement de la faux passe au-dessus de leur tête, les Mexicains apprennent la danse des banquiers ; ce n’est pas la danse des canards que l’on dansait dans les rades à marins, c’est la danse des dindons. Les premiers pas sont encore hésitants, mais bientôt ils danseront tous, sur un rythme de plus en plus élevé, de plus en plus échevelé, la danse des Maccabées.

    En fin de compte, le capitalisme se résume à cela : danser sur un rythme de plus en plus endiablé la danse des Maccabées. Il fait son nid sur des monceaux de cadavres (...)

    #Mexique #cartels #narcotrafic #marchandise #capitalisme #cadavres #anthropologie

    • Celui qui s’arrête à la marchandise est perdu. Celui qui s’arrête à l’apparence est perdu. Le client n’est roi que le temps d’une séduction, une fois pris, il n’est plus qu’un bouffon. Notre temps est celui du mépris, il faut dire que nous y sommes pour quelque chose ! S’accrocher à l’illusoire ! Ne plus chercher à vivre, avoir peur de mourir ! La drogue est la marchandise idéale, elle rend le client accroc, il a joué sa vie pour un mirage. Et nous en sommes tous là, nous jouons notre vie pour l’apparence d’un rêve, pour de l’esprit qui s’est matérialisé dans une chose et nous gardons l’illusion de nous en approcher alors même qu’il s’éloigne à tout jamais. Ainsi nous entrons dans le jeu du marchand, marchand d’illusions et marchand de vent. Alors il peut bien nous tenir dans le plus grand mépris, lui qui nous a soumis à sa pensée, à son point de vue sur le monde !


  • Mexico 2018,
    un mot au sujet de l’élection présidentielle à venir

    Georges Lapierre

    https://lavoiedujaguar.net/Mexico-2018-un-mot-au-sujet-de-l-election-presidentielle-a-venir

    La course à l’élection présidentielle a commencé il y a déjà quelque temps, un peu comme une voiture qui a pris la route et qui accélère progressivement. À partir d’aujourd’hui, 1er avril, jour des innocents, la course est lancée. Les quatre candidats, tout chauds comme des œufs fraîchement pondus vont se lancer dans une course éperdue où tout est permis, coups de coude, croche-pied, coups bas et que le premier gagne ! Enfin, c’est l’idée et c’est aussi ce qu’on veut nous montrer, le spectacle ! Et si tout se jouait dans les coulisses ? Et si tout était déjà joué ? Comme au jeu d’échecs, une stratégie semble déjà prendre tournure dès le début du jeu. Les premiers déplacements de pions ne sont jamais innocents, ils cachent une tactique qui n’apparaîtra qu’à la fin par un « échec et mat ».

    Quel est l’enjeu de la partie ? L’enjeu est le Mexique comme nourriture de la bête insatiable et c’est bien ce qui se décidera dans cette partie. La bête insatiable n’a pas du tout l’intention de voir cette délicieuse nourriture lui passer sous le nez ou lui échapper en partie. Elle veut continuer à dévorer tout cru le Mexique comme elle le fait actuellement. (...)

    #Mexique #2018 #élection_présidentielle #échecs #Andrés_Manuel_López_Obrador #non-dit #narcotrafic #désastre_social


  • Notes anthropologiques (XI)

    Georges Lapierre

    https://lavoiedujaguar.net/Notes-anthropologiques-XI

    Où il est question de la communalité

    Le Deuxième Congrès international sur la communalité s’est tenu à Oaxaca du 5 au 9 mars 2018. Le Premier Congrès international avait eu lieu à Puebla en 2016 et avait regroupé plus de monde pour deux raisons : la première est l’importance qu’a prise au cours des ans cette notion de communalité, qui fut « inventée » et mise en avant dans les années 1980 par Floriberto Díaz de Tlahuitoltepec, communauté Ayuujk (mixe) de la Sierra Juarez (Oaxaca), et par Jaime Martínez Luna de la communauté zapotèque de Guelatao (Sierra Juarez, Oaxaca) ; la seconde raison est due au fait que l’invitation venait de l’université de Puebla et que ce concept a désormais pénétré, après un rejet de plusieurs années, le monde universitaire focalisant par sa pseudo-« nouveauté » l’attention des intellectuels et des chercheurs. Le monde universitaire était moins présent à Oaxaca, où la convocation ne venait pas de l’université mais de l’« Académie de la communalité » (...)

    #Mexique #Oaxaca #anthropologie #communalité #autonomie #Pierre_Clastres #société #État #individu


  • Notes anthropologiques (X)

    Georges Lapierre

    https://lavoiedujaguar.net/Notes-anthropologiques-X

    La Danse des Aigles (suite et fin)

    Tout en haut du mât se trouve juché le musicien. Il accompagne le vol des « aigles » du son lancinant de sa flûte. À Tamaletom, la flûte était faite d’un roseau maigrelet, qui permettait de tirer des sons aigres et aigus ; elle était décorée en son milieu d’une plume d’un rouge vif, que le souffle du musicien agitait. Autrefois le musicien et le maître de danse se succédaient en haut du mât, le musicien dansait tout en jouant d’un petit tambour et de la flûte, puis prenait place parmi les danseurs (comme quatrième danseur), ensuite le maître du rituel dansait à son tour, faisait des offrandes aux quatre points cardinaux, puis imitait le vol d’un rapace. Les deux fonctions, celle de musicien et celle de chef des danseurs, sont séparées, mais parfois elles peuvent être confondues. Souvent le musicien est aussi le chef des danseurs, comme aujourd’hui dans la capitale, et il joue assis sur le bloc giratoire. À Tamaletom, elles étaient séparées et le musicien était resté au pied du mât. Le chef des danseurs ou encore le maître du rituel, était appelé le k’ohal. À Xilatzen, dans l’hacienda Tancolol, il était appelé « dame aigle » ou « mère aigle », nous dit Guy Stresser-Péan. (...)

    #Mexique #anthropologie #danse #rituel #aguardiente #nahual #sacrifice #guerre #Aztèques #Guy_Stresser-Péan


  • Notes anthropologiques (IX)

    Georges Lapierre

    https://lavoiedujaguar.net/Notes-anthropologiques-IX

    La danse des aigles

    Un matin, je me promenais le long de la rivière qui coule près de chez moi, c’est l’Atoyac, quarante kilomètres plus en aval, elle traverse Oaxaca. Le soleil n’était pas encore très haut dans le ciel et j’évitais de l’avoir dans les yeux quand, soudain, je fus frôlé par une ombre qui m’a paru immense : un bel oiseau de proie planait au-dessus de ma tête, cela pouvait être un vautour, mais un peu gros pour être un zope ou zopilote (urubu ?), le vautour commun du Mexique, ce n’était pas non plus ce que les gens d’ici appellent un quiebra-huesos, un vautour plus gros que le zopilote, mais bien plus petit que le gypaète ou quebrantahuesos que nous pouvons encore apercevoir dans les Pyrénées espagnoles, non ce devait être ce que les Mexicains appellent un águila, un rapace plus gros que la buse, mais qui n’a rien à voir avec l’aigle royal des Alpes. Je l’ai revu un autre matin, planant haut dans le ciel au-dessus du village. Il semble avoir fait le vide autour de lui, je ne vois plus la bande de zopilotes, qui, le matin, prennent le soleil en haut d’un arbre mort (...)

    #Mexique #anthropologie #danse #rituel #gardiens_des_secrets #communauté #Guy_Stresser-Péan #langues #novlangue