person:gilles lucas


  • La grève et le goupillon par Gilles Lucas
    http://cqfd-journal.org/La-greve-et-le-goupillon

    Les critères de rentabilité dans les activités de soins, mis en place par la loi Bachelot continuent à produire leurs effets : réductions de personnels et aggravations des tensions. Propriété d’un ordre religieux, un établissement d’accueil de sans-domicile craque de toute part. Loin du ciel et les pieds sur terre, la majorité des salariés a cessé le travail, pendant quelques jours.


  • Déluge sur la zone humide
    Par Gilles Lucas
    http://cqfd-journal.org/Deluge-sur-la-zone-humide

    Loin de la boue, des sous-bois et des tirs de grenades, les officines préfectorales tapies dans l’ombre ont, en l’espace de quelques semaines, déversé sur les habitants de la Zone à défendre une véritable pluie d’arrêtés destinées à multiplier contrôles et interdictions.

    Appuyant la violence policière et la « communication » de l’État et des industriels, pas moins de vingt et une mesures exceptionnelles d’interdiction ont été publiées, entre le 26 novembre 2012 et le 21 janvier 2013, par les préfectures de Loire-Atlantique et de la région
    Bretagne.


  • Sionisme : « pas en notre nom »
    Propos recueillis par Gilles Lucas
    http://cqfd-journal.org/Les-fantomes-du-Shtetl

    Pierre Stambul, militant libertaire et antisioniste, vient de publier Israël/Palestine, Du refus d’être complice à l’engagement [1] . Il raconte ici ses racines juives et athées et, en opposition au colonialisme israélien, évoque un judaïsme multiethnique et sans frontières, ainsi que le souvenir du Yiddishland de ses ancêtres, vecteur d’une culture, d’un état d’esprit et de courants d’idées prônant une émancipation universelle.

    #cqfd


  • « Le bruit de votre monde qui s’écroule »
    propos recueillis par Gilles Lucas
    http://cqfd-journal.org/Le-bruit-de-votre-monde-qui-s

    À l’aube du 21 décembre 2012, alors que les médias du monde entier s’amusaient à se faire peur avec la prophétie maya de « la fin du monde », plus de 40 000 indiens zapatistes envahissaient silencieusement cinq chefs-lieux du Chiapas. Deux témoins nous racontent.

    CQFD : Vous étiez à San Cristóbal de Las Casas, le 21 décembre, le jour où plus de 20 000 zapatistes, le visage dissimulé par des passe-montagnes et des bandanas, ont défilé dans la ville. Cela a-t-il été une véritable surprise ?

    El Chaparro : Une alerte avait été publiée sur « Enlace zapatista », le site internet de l’EZLN, au sujet d’un prochain communiqué. Mais très peu de gens savaient que les zapatistes allaient réoccuper de façon symbolique les cinq villes qu’ils avaient prises les armes à la main le 1er janvier 1994, lors de leur première apparition publique. En mai 2011, il y avait déjà eu une grande manifestation mais d’une moindre ampleur. Elle était destinée à soutenir le « Mouvement pour la paix avec justice et dignité ». Cette fois-ci, ce sont plus de 40 000 zapatistes – des femmes, des hommes, des enfants et des personnes âgées, qui ont manifesté dans cinq villes différentes.

    Thomas : La veille, ils s’étaient rassemblés dans les caracoles, sortes de centres politico-culturels du mouvement, où siègent notamment les assemblées de « bon gouvernement » zapatistes. Certains ont dû faire jusqu’à dix heures de route pour rejoindre ces lieux de regroupements. C’est sûr que ça a dû demander de sacrés efforts ! Pour le transport, la nourriture, et puis au niveau des communautés et des familles, pour remplacer ceux qui étaient partis manifester…

    El Chaparro : À San Cristóbal, ils sont arrivés à l’entrée de la ville à l’aube avec leurs redillas – ces énormes pick-up dans lesquels on voyage debout. Ils se sont alors rassemblés, puis ont marché en direction du centre. Afin de faciliter leur organisation, chacun portait un numéro se rapportant aux caracoles et aux municipios dont ils font partie. Ils marchaient en silence dans les rues, sans rien dire, sous une pluie permanente. Leur formation semblait très militaire. Dans chaque ville, ils ont fait le tour de la place centrale. Un pick-up avait amené une estrade sur laquelle chaque personne est passée en levant le poing. Aucun commandant zapatiste ne s’est manifesté. Personne n’a pris la parole. Ce n’est que le soir qu’a circulé ce communiqué du Comité clandestin révolutionnaire indigène qui disait : « Vous avez entendu ? C’est le bruit de votre monde qui s’écroule. C’est celui du nôtre qui resurgit. Le jour où le jour fut, c’était la nuit. Et ce sera la nuit le jour où ce fera le jour. Démocratie ! Liberté ! Justice ! »

    Thomas : En 2003, 20 000 zapatistes s’étaient déjà rassemblés toute une nuit à San Cristóbal, torche à la main, pour annoncer la création des caracoles. En mai 2011, ils étaient près de 25 000. Mais ce 21 décembre, il s’agit du plus gros rassemblement public organisé jusqu’à présent par l’EZLN.