person:ilan pappé

  • Ce que les combattants juifs de 1948 disent sur la Nakba | Middle East Eye édition française

    https://www.middleeasteye.net/fr/opinion-fr/ce-que-les-combattants-juifs-de-1948-disent-sur-la-nakba

    Si, officiellement, Israéliens et Palestiniens s’écharpent au sujet des événements de 1948 qui ont conduit 805 000 Arabes à l’exil forcé, en pratique, des combattants juifs ont très tôt témoigné des crimes dont ils ont pu être complices, voire auteurs

    #nakba #israël #palestine

    • la version palestinienne de 1948 n’intéresse plus les pacifistes israéliens, trop occupés pour la plupart à rentrer dans le rang pour ne pas subir la condamnation d’une société refermée sur elle-même.

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      L’« affaire » Teddy Katz

      Kibboutznik de 60 ans, Teddy Katz décide en 1985 de reprendre ses études et s’inscrit dans un parcours de recherche historique sous la direction d’Ilan Pappé, à l’université d’Haïfa. Il souhaite éclairer les événements qui se sont déroulés dans cinq villages palestiniens, dépeuplés en 1948. Il compile 135 entretiens de combattants juifs, dont 65 qui se concentrent sur la tragédie qui aurait eu lieu dans le village de Tantoura, vidé de ses 1 200 habitants le 23 mai 1948 par un bataillon du Palmah.

      Après deux ans de recherche, Katz affirme dans ses travaux qu’entre 85 et 110 hommes ont été froidement abattus sur la plage de Tantoura, après avoir creusé leurs propres tombes. La tuerie se poursuit ensuite dans le village, maison par maison. Une chasse à l’homme se joue également dans les rues. Le massacre cesse avec l’intervention d’habitants juifs du village voisin de Zikhron Yaakov. Au final, plus de 230 personnes sont assassinées.

      En janvier 2000, un journaliste de Maariv décide de retourner voir certains des témoins que mentionne Katz. Le principal témoin, Bentzion Fridan, commandant du bataillon du Palmah qui a opéré à Tantoura, nie tout en bloc et, avec d’autres gradés, porte plainte contre Katz. Celui-ci doit faire face à une dizaine d’avocats décidés à défendre l’honneur des « héros » de la nation.

      Sous la pression médiatique – qui parle de lui comme d’un « collabo » qui relaie la version de l’ennemi – et judiciaire, il accepte de signer un document reconnaissant avoir falsifié les témoignages. Bien qu’il décide quelques heures plus tard de se rétracter et qu’une commission universitaire ait plaidé en sa faveur, la procédure judiciaire se termine.

      Entre l’effondrement d’Oslo, le retour au pouvoir du Likoud, l’échec des négociations de Camp David et de Taba, la seconde Intifada et les attentats kamikazes, la version palestinienne de 1948 n’intéresse plus les pacifistes israéliens, trop occupés pour la plupart à rentrer dans le rang pour ne pas subir la condamnation d’une société refermée sur elle-même.

  • Ofra Yeshua-Lyth : « La seule solution au Proche-Orient est un État démocratique et laïc »
    Par Hassina Mechaï —Date de publication : Mardi 7 mai 2019
    https://www.middleeasteye.net/fr/entretiens/ofra-yeshua-lyth-la-seule-solution-au-proche-orient-est-un-etat-democ

    Pourquoi un État juif n’est pas une bonne idée. La thèse qui sous-tend le livre d’Ofra Yeshua-Lyth, journaliste et écrivaine israélienne, est simple : la situation actuelle en Israël – occupation, militarisation de la société, mélange de nationalisme et de religion – n’est en rien une rupture avec le sionisme ou un dévoiement de sa dynamique.

    Dans ce livre préfacé par l’historien israélien Ilan Pappé, l’auteure, qui a été la correspondante du Maariv, l’un des principaux quotidiens israéliens, à Washington, D.C. et en Allemagne, déduit que la seule solution à ce qui est appelé (de façon erronée selon elle) le « conflit israélo-palestinien » est un État unique laïc et démocratique. Rencontre.

  • Sciences Po censure une #conférence sur l’apartheid israélien

    Le 20 mars 2019 devait se tenir à Sciences Po un événement sur l’apartheid israélien dans le cadre de l’Israeli Apartheid Week. Deux jours avant l’événement, Sciences Po a décidé d’annuler la conférence. Voilà la réponse des organisateurs-rices à cette censure politique. Tou-te-s au 96 boulevard Raspail le 20 mars à 19h, en soutien au peuple palestinien et contre la répression !

    https://blogs.mediapart.fr/collectif-lintersection/blog/190319/sciences-po-censure-une-conference-sur-l-apartheid-israelien
    #apartheid #Israël #Sciences_po #palestine #France

    • Une université suisse doit annuler la « fête de la haine » anti-juive

      Demande d’annulation de la « fête de la haine » d’Israël à la Haute Ecole pédagogique Vaudoise

      Monsieur le recteur Guillaume Vanhulst,

      J’ai appris par un article publié par le centre Simon Wiesenthal, qu’HEP Lausanne a reprogrammé (sous un autre titre (1), mais sans changer le contenu), une formation antisioniste que les autorités vaudoises avaient fait annuler en octobre pour cause de « déséquilibre pédagogique ».

      C’est une formation politique clairement partisane, qui entre en conflit frontal avec les Valeurs et la Charte éthique "favorisant le développement d’une réflexion critique", et le souci d’une "approche critique parmi la diversité des courants de pensée dans le cadre de ses activités de formation et de recherche" énoncées par HEP (2).

      La formation, en effet, est composée de virulents activistes anti-israéliens engagés dans des campagnes antisémites, « qui nient le droit à l’autodétermination du peuple juif, et sont déterminés à détruire l’Etat juif » précise le Centre Simon Wiesenthal, et la lecture du nom des intervenants le confirme au-delà du moindre doute (3).

      Je ne pense pas qu’une "fête de la haine" qui vise à répandre l’idéologie anti-israélienne aux lycéens au travers de la formation que vous assurez aux professeurs, ait sa place dans une école dont la mission est de transmettre la tolérance et l’ouverture par la connaissance.

      La délégitimation d’Israël porte en elle un fruit unique : celui de la haine. Aucun autre.

      Et cette formation à la haine d’Israël est en contradiction profonde avec la charte éthique d’HEP.

      Je vous demande en conséquence et très respectueusement, monsieur le recteur, d’annuler définitivement cette formation des enseignants à la délégitimation d’Israël, ainsi que toute autre formation future qui ne serait pas honnêtement et fondamentalement équilibrée dans son esprit et ses objectifs, et qui ne prévoirait pas la présence d’académiciens pro-Israéliens et anti-Israéliens réputés en nombre égal.

      Veuillez accepter, monsieur le recteur, l’expression de mes sentiments les meilleurs.

      (1) Le titre initial était « 1948 : connaître et enseigner la Nakba palestinienne » et cela s’appelle maintenant : « 1948 : les origines du problème des réfugiés palestiniens »

      (2) https://www.hepl.ch/cms/accueil/mission-et-organisation/valeurs-et-vision/valeurs.html

      (3)
      Elias Khoury, écrivain libanais qui a rejoint l’organisation du Fatah en 1967,
      Ilan Pappe, activiste anti-israélien d’extrême gauche, qui a soutenu la thèse inventée d’un étudiant, Teddy Katz, du massacre par des juifs d’un village palestinien, et continue à la soutenir bien qu’elle ait été rétractée par son auteur et démentie par un comité universitaire.
      Elias Sanbar, actuel ambassadeur palestinien auprès de l’UNESCO,
      Et Shlomo Sand, auteur de plusieurs livres violemment anti-israéliens.


      https://actionnetwork.org/letters/une-universite-suisse-doit-annuler-la-fete-de-la-haine-anti-juive-swi

    • 1948 dans le respect de l’#objectivité scientifique

      Face à une série de #pressions et d’informations erronées liées à la tenue du cours "1948 : Aux origines du problème des #réfugiés_palestiniens", le Comité de direction de la HEP Vaud réaffirme son attachement au respect des principes scientifiques et éthiques fondamentaux, moteurs de sa #liberté_académique.

      Le cours de #formation_continue destiné aux enseignants secondaires d’histoire, intitulé "#1948 : Aux origines du problème des réfugiés palestiniens" fait l’objet, depuis l’automne 2018, d’une série de pressions et d’informations erronées quant à son contenu, ses intervenants pressentis ou de prétendues intentions politiques malveillantes.

      La direction de la #HEP_Vaud, en accord avec les organisateurs du cours, a pris les dispositions nécessaires pour garantir à ce cours une approche respectueuse de la #neutralité_politique et de l’#objectivité_scientifique légitimement attendues de l’institution qui entend en assumer l’entière responsabilité.

      Elle rappelle que ce cours, non public et destiné exclusivement à des spécialistes de la didactique de l’histoire, devra se dérouler dans un climat de réflexion, de respect, d’ouverture et d’échanges académiques. La HEP Vaud proscrira toute approche polémique, tendancieuse, partisane ou arbitraire du sujet.

      « Je sais à quel point le fait d’aborder dans les curriculums de la HEP Vaud des thématiques vives peut susciter des réactions », souligne le recteur Guillaume Vanhulst. « La seule réponse que la HEP Vaud puisse apporter à des interprétations subjectives, voire à des tentatives de manipulation et d’#intimidation, repose sur un strict respect des #principes_scientifiques et éthiques fondamentaux que la Loi sur la HEP lui confère. »

      La compétence à respecter ces principes est à la racine d’un droit fondamental que le Comité de direction de la HEP Vaud entend promouvoir : la liberté académique.

      https://www.hepl.ch/cms/accueil/actualites-et-agenda/actu-hep/1948-respect-objectivite.html
      #éthique

  • A quoi sert Kamel Daoud ? – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2018/12/12/a-quoi-sert-kamel-daoud

    Kamel Daoud. D. R.                                                                                                                                                                                                                                                               
    Pour mes lectures estivales, je me suis fait violence, en glissant dans mes bagages les 464 pages de chroniques (2010-2016) publiées par Kamel Daoud chez Actes Sud. Je dois avouer ne pas avoir dépensé le moindre kopeck pour accéder aux écrits de cet ancien islamiste qui, quand cela est devenu lucratif, a découvert que « Dieu est athée ». Pas question donc de donner un centime de droits d’auteur à cette nouvelle, icône heureuse de nourrir l’orientalisme des néoconservateurs « atlantistes ». Un orientalisme qui est l’une des misères de l’histoire du monde arabe, un travers si bien dénoncé par notre merveilleux Edward Saïd.J’ouvre ce livre, juste après avoir lu le dernier chef-d’œuvre de Jean Ziegler : Le Capitalisme expliqué à ma petite-fille, publié aux éditions du Seuil. Le hasard, pour une fois, a bien fait les choses : lire le manuel de la générosité et de l’altruisme juste avant le grand traité de l’égoïsme met les idées à leur vraie place. Entre les deux livres, il y a un fossé, une tranchée genre 14/18. Daoud dangereux, peu fiable et néo-prosélyte comme tous les repentis, fait la promotion du capital et du libéralisme qui est son corolaire. Ziegler, lucide et généreux, dénonce ce monde de la finance sans lois et ses mortels ravages sur l’humanité. Deux mondes différents, et même opposés. Vieux baroudeur entre les destins de l’humanité, Jean Ziegler a vu trop d’hommes mourir, de faim et de guerre, pour un même effet, savoir que le libéralisme c’est la mort des pauvres, des peuples « en trop ». De ceux qui gênent. Kamel Daoud, à l’opposé, regrette l’absence d’un « capitalisme fort, de patronats puissants et créateurs de plus-values ».Une drôle de sensation m’habite, celle d’un barreur dans la nuit qui sait qu’il va croiser un iceberg. Daoud se dit Algérien, un peu comme moi, mais je ne retrouve en lui rien de notre bien commun, cet homme est de glace, froid et transparent. Du coup, je me sens Algérien comme Jean Ziegler. Alors que Daoud, tenancier de sa petite boutique « d’algérianité », vante une camelote de qualité « made in China » pour séduire les colons jamais guéris de Saint Germain des prés. C’est l’histoire dans l’autre sens, jadis c’est le « blanc » séduisait l’indigène avec de la verroterie. Au risque de perdre ses lecteurs, qui le prennent pour ce qu’il n’est pas, Daoud doit continuer de se poser en « Algérien », c’est son filon en or. Pensez donc, un Algérien musulman et athée, Arabe, qui déteste les Arabes et qui parle de tout cela « sans langue de bois », Netanyahou et Le Pen auraient rêvé de l’inventer. Pourtant, il est bel et bien là. Alors qu’il n’est qu’un ersatz de Bernard-Henri Lévy, une tête de gondole pour vendre des livres que personne ne lit, c’est-à-dire beaucoup de bruit pour rien, le vent de la barbe à papa. Lectures faites, je persiste et comprends mieux pourquoi Jean Ziegler n’est jamais promu par les médias qui se proclament « grands ».Invité à la télévision, Kamel Daoud est traité comme un saint, le tenant de la nouvelle lumière et du savoir avancé. Aux yeux des gogos, ce réactionnaire est « moderne » et « révolutionnaire ». C’est donc sans contradicteurs qu’il déroule sa pelote de lieux communs, l’image du bon nègre Banania qu’attendent les « néocons ». Récemment, je l’ai aperçu sur une chaîne de TV algérienne, avec toujours la même posture du penseur couché, criant : « Je sais me défendre. » Cependant, on ne sait contre quoi il se défend.Questionné sur l’invitation de Daoud, le nouveau commandeur, à l’ambassade de France lors de son passage en Algérie, E. Macron a répondu qu’il « veut entendre tout le monde ». Le Président français considère-t-il que Daoud c’est tout le monde ? Ou tous ceux qui résident dans le jardin des puissants ?Pour revenir à ce qui n’est pas de la littérature, disons que, dans son livre, Daoud nous invite à découvrir, ou redécouvrir, la crème de ses près de 2 000 textes écrits entre 2010 et 2016. Que seraient, nous affirme-t-il, les positions « des journaux et des élites contestataires ». Cette position est lacunaire puisque ce Don Quichotte algérien ne nous dit jamais ce qu’il conteste. Il n’a pas besoin d’exprimer de s’attacher aux détails du vrai : il est l’élite à lui seul, et doit être cru sur parole. Mais, patatras Daoud, par le contenu de son opus, atteint un objectif imprévu. Preuve à l’appui – l’existence de son livre –, il démontre que la censure qu’il prétend combattre n’existe pas en Algérie. En effet, comment publier impunément (et c’est tant mieux) autant d’ignominies sur un peuple et un pays « qui manquaient de la liberté de dire, de lire ou de regarder » ? Sacré Daoud, ce Daoud sacré.Si sa plume se fluidifie miraculeusement contre l’« Arabe et sa langue », le « musulman », et l’« Algérie », cela ne l’empêche pas de célébrer les « Printemps » alors qu’eux aussi sont censés être arabes. Il glorifie les révoltes sans citer un seul révolté. En réalité, il tente de nous faire croire que les révolutions se font sans révolutionnaires et que les chaos sont l’annonce des aubes nouvelles. Outre du Bernard-Henri Lévy ou du Debray, Daoud ne lit visiblement rien d’autre. Sans doute par crainte d’être chahuté par les mauvaises ondes de la vérité. Par exemple, il n’a pas pris connaissance de « la stratégie du choc », brillamment décrite par Naomie Klein, et il regrette sans rire et amèrement que l’anarchie, la destruction et la guerre civile n’aient pas déjà emporté l’Algérie.Chercheur, créateur de concepts, ce grand penseur nous indique avoir découvert que l’Occident a pour malheur d’avoir voulu incarner la Morale universelle. Sans doute voulait-il parler de l’extermination des Amérindiens, de la traite négrière, des colonisations, de l’utilisation de la bombe atomique sur des populations civiles à Hiroshima et Nagasaki ou encore du nazisme et du fascisme né en Occident ? Sacré Daoud.Et même lorsqu’il tente de dénoncer le traitement infligé aux migrants en Pologne, comme par instinct, sa plume fait une arabesque et va retrouver son sujet fétiche : l’Algérie. On peut en déduire que si les migrants sont mal traités en Pologne, c’est à cause de l’Algérie. Il en est de même d’une chronique sur la Roumanie puisque Daoud est universel. Pour lui, tous les chemins du malheur mènent à l’Algérie.Aux intellectuels et universitaires qui se sont opposés à ses positions (le mot idées serait flatteur), il répond, en se réfugiant dans un vocabulaire creux comme un tambour, que « c’est au nom de l’anticolonialisme et de l’inquisition qu’on lui interdit de penser ». Après sa tribune délirante sur des viols de Cologne qui n’ont jamais existé, dans laquelle il présentait l’Arabe comme une sorte d’être génétiquement violeur, les intellectuels qui ont protesté lui auraient organisé un procès stalinien. Il annonce même à grands fracas qu’il va quitter la scène, et prendre la porte. Ce qui serait une bonne idée, s’il la laisse ouverte, sera nous faire de l’air. Mais rassurez-vous, il y a le goût d’être sur les planches et celui des droits d’auteur : il revient par la fenêtre. Recyclant les clichés les plus éculés – mais toujours orientalistes –, il déverse incessamment une haine inégalée du « musulman ». Elle a un sens, son engagement dans la guerre du « choc des civilisations » le monstre agité par les forces les plus réactionnaires, celui qui marche main dans la main avec « le grand remplacement ».Il suffit de lire au hasard, avec rage et courage, cette phrase de Daoud : « Les derniers colons de ce pays plantaient plus d’arbres que ceux qui l’ont libéré… » Oubliant en passant la nature de celui qui tenait la pioche. Il va jusqu’à regretter l’attitude consensuelle montrée par Jean-Pierre Chevènement lors de son passage à Oran en septembre 2010, et plaide, lui Daoud, la cause des Français nostalgiques de « l’Algérie française ». Aidé de son cerveau servile, ce Zemmour algérien affirme, contre toute l’Histoire, que « c’est la France qui a décolonisé la terre ». Et le peuple algérien n’est pour rien dans la lutte pour une indépendance tombée du ciel colonial, une insulte à la vérité, à la mémoire, à l’histoire, aux universitaires, aux intellectuels. Ce concept de la « décolonisation » porté aussi par Daoud Kamel est, en fait, une ultime manœuvre coloniale. Avec Kamel Daoud, nous sommes dans le colonialisme d’outre-tombe. Son projet est clair, son flot de vomi, qui a pour but de flétrir tout ce qui est algérien, doit nous donner à croire que « l’indigène ne peut se libérer, on l’a donc décolonisé ».Moment de détente, ou de saine curiosité satisfaite, moi qui croyais pouvoir accéder à des confidences sur son passé « islamiste », j’ai été déçu par ce livre. Aucun signe, aucun mot, aucune confidence sur ses engagements auprès des forces violentes, qu’il qualifie lui-même de terroristes. Cette amnésie est confirmée, comme le démontre le livre Contre-Enquête (Editions Frantz-Fanon) d’Ahmed Ben Saada : Kamel Daoud est passé à autre chose, Allah est oublié.Jacques-Marie Bourget, journaliste français, et expert de notre monde, le qualifie de « grenouille autopsiée ». Pour Jacques-Marie Bourget, Daoud est « le supplétif des pires néoconservateurs français », « l’indigène alibi ». Et le grand et vrai écrivain Rachid Boudjedra a cloué le cercueil en le mettant à nu.Pour bien revendiquer son appartenance aux camps des civilisateurs, Daoud joint donc sa voix aux tenants du choc des civilisations, depuis en fait, depuis Mahomet et même avant, le seul but du musulman est de vaincre toute la planète. Ainsi, pour lui, pas de différence entre le sacrifice du militant anticolonial Ali La Pointe et le tueur toulousain Mohamed Merah. Pour bien nourrir les phantasmes et la haine, ce néo-harki de la pensée apporte sa contribution : il stigmatise les habitants des quartiers populaires, en s’interrogeant sur « les milliers de Mohamed Merah » qui sont « partout », « dans une salle de bains, l’arme au poing », ou quelque part, « debout au bas de l’immeuble ». Peut-être Daoud n’a-t-il pas lu les confidences d’Albert Chennouf-Meyer (Abel, mon fils, ma bataille. Ed. Du Moment, 2013), père d’Abel, l’une des victimes des tueries de Toulouse ? Et, suivant la doctrine et le mode de penser de ce nouveau philosophe, il est temps de nous poser, nous aussi, une question : « Combien de Daoud sévissent dans les rédactions des journaux algériens ? »Versant dans le tribalisme le plus rétrograde, il appelle de tous ses vœux, dans chaque région, à ne parler autrement qu’en dialecte local. Pour Kamel Daoud, la langue s’écrit « avec l’âme ». Dans une reptation de serpent, il veut voler ainsi à la rescousse de groupes qui prétendent dynamiter l’Algérie. Comme ces mouvements croupions et d’extrême droite qui prétendent défendre (sans doute mieux que Kateb Yacine) la langue et la culture berbères ! Puisqu’il ne lit que Debray et Bernard-Henri Lévy, il n’a pas ouvert le magnifique bouquin de Patricia M.-E. Lorcin Les Identités coloniales… une lecture capable de laver la tête de KD Kamel Daoud. Au-dedans. Le titre que mérite cette « somme » de Daoud est simple : « Chroniques de l’horreur. »Je n’ai trouvé qu’un point sur lequel on puisse gloser sur du Daoud, c’est quand il écrit : « On a détruit les libertés et les libérations acquises après le départ des colons. » Il est effectivement exact qu’un peuple martyrisé, abandonné dans le concert des nations, trop seul après sa révolution ait commis des erreurs et connu des errances. Il est effectivement exact que l’Algérie se cherche toujours. Mais oublier une guerre civile provoquée par les anciens Frères idéologiques de Daoud, ce n’est pas omettre un détail. Mais ce « lissage » permanent de l’histoire, sa recréation sont le carburant que permet à Kamel Daoud de poursuivre ses livres et chroniques de flagellations des « Algériens », de l’« islam », de l’« Arabe », du « régime ». Sans cette interminable mise à mort, le livre n’aurait que l’épaisseur d’un album à colorier.Il est drôle, piquant, amusant de retrouver soudain notre Kamel Daoud quand il revient à sa source d’inspiration première, le wahhabisme. Tout cela sur le mode mondain, chic-français, convenable. Notre immense écrivain, notre Hugo à nous, a découvert le Qatar et ses vertus, vertes comme le dollar. Pour Daoud, le Qatar n’est pas ce qu’il est, c’est-à-dire un pays sans Constitution, sans lois, corrupteur et esclavagiste ayant naguère condamné un poète à mort au prétexte qu’il avait souhaité la venue d’un « printemps » à Doha. Mais le Qatar, versus Bernard-Henri Lévy, n’est-il pas le prototype d’un islam moderne, compatible avec la démocratie et il distribue des prix littéraire, organise de généreux colloques ? Donc, pour Kamel Daoud, la monarchie du Qatar, c’est top. Je lis : « Le Qatar a réussi à exporter l’image d’un pays où l’on peut dire des choses, où l’on assume les relations internationales, même avec Israël, sans hypocrisie, où la liberté de culte n’est pas qu’une chasse aux casse-croûte et où les droits de la femme sont les plus respectés dans cette région du monde, la révolution Al-Jazeera a fini par ‘’enfoncer’’ encore plus le reste du monde ‘’arabe’’, en en soulignant, par contraste, le calendrier moyenâgeux. » Ce propos est outrancier dans un pays, je le répète, où le droit n’existe pas, sauf la Charia que l’on impose jusque dans le lycée, pourtant baptisé… Voltaire !Quel crédit accorder à ce faussaire erratique capable de célébrer Israël, tout en qualifiant cet Etat de « raciste » et « sans frontières ». Dans sa posture de penseur couché, il ne veut pas voir le droit international et islamise la cause palestinienne. Il l’arabise, l’islamise à sa façon, et n’irait pas jusqu’à lire les rapports de Goldstone et de Richard Falk ou tout simplement les livres de Shlomo Sand, Ilan Pappé et ceux du courant israélien des « Nouveaux historiens ». Pour Daoud, le summum de l’injustice, celle faite aux Palestiniens n’existe pas puisqu’il est impossible d’être « injuste » avec des « Arabes, des musulmans ». Peut-être, afin d’adoucir son regard, et rien que pour Kamel Daoud, l’Algérie devrait organiser un ghetto type « Gaza » ?Sans aucune honte, l’effroyable auteur bas de plafond ose écrire : « Le mort palestinien sera un homme tué lorsqu’il ne sera pas un barbu mort ou un Arabe bombardé. » Un passeport pour le crime et bientôt le génocide. Et ce n’est pas parce que dans sa bande Daoud n’est pas seul que l’effet de groupe constitue une excuse. Que valent au poids des piges, des cachets et des droits d’auteur, les plumitifs que l’on découvre à marée basse, au plus bas de l’humanité, rien d’autre que de la haine. Dans ma culture berbère universaliste (et non tribale), il existe un mot pour qualifier ce nuisible : azrem, le serpent                                        
        
    Par Boualem Snaoui                                                            https://www.algeriemondeinfos.com

  • Histoire un peu longue : l’an dernier un festival de musique allemand avait accepté comme sponsor le consulat israélien. Du coup des groupes Palestiniens l’avaient boycotté, et des groupes du monde entier leur avaient emboité le pas en solidarité.

    Cette année, un autre festival de musique allemand, sous pression de groupes sionistes, avait annulé le concert d’un groupe (The Young Fathers) qui faisait partie de ces groupes solidaires. En solidarité, d’autres groupes avaient eux aussi, la semaine dernière, annulé leur participation à ce deuxième festival, tout en lui demandant de revenir sur sa décision.

    C’est donc en solidarité avec les Young Fathers que le texte ci-dessous a été écrit, même si entre temps le festival est revenu à la raison, et que tous les groupes initialement prévus sont revenus dans la programmation...

    Ruhrtriennale festival wrong to expel Young Fathers over support for Palestinian rights
    The Guardian, le 26 juin 2018
    https://www.theguardian.com/world/2018/jun/26/ruhrtriennale-festival-wrong-to-expel-young-fathers-over-support-for-pa

    Chacun ses préférés, mais moi je kiffe de voir Saleh Bakri, Cat Power, Noam Chomsky, Jarvis Cocker, Angela Davis, Brian Eno, Rebecca Foon, Peter Gabriel, Danny Glover, Ian Ilavsky, Ghada Karmi, Aki Kaurismaki, Naomi Klein, Mike Leigh, Ken Loach, Massive Attack, Thurston Moore, Viggo Mortensen, Mira Nair, Ilan Pappe, Eyal Sivan, Patti Smith, Desmond Tutu, Alice Walker, Roger Waters, Eyal Weizman, Vivienne Westwood et Don Wilkie parmi les signataires !

    #Palestine #Allemagne #BDS #Boycott_culturel

  • Israël hanté par la Nakba
    Thomas Vescovi, Monde diplomatique, mai 2018
    https://www.monde-diplomatique.fr/2018/05/VESCOVI/58636

    « La marche du grand retour » : c’est ainsi que les organisations politiques palestiniennes nomment les actions menées chaque année depuis 2009 entre le 30 mars et le 15 mai. Pour l’État d’Israël, le 14 mai marque le souvenir de ce jour de 1948 où David Ben Gourion déclara l’indépendance. La société palestinienne, elle, commémore le lendemain la Nakba (« catastrophe », en arabe) : l’expulsion des 805 000 Palestiniens dont les descendants attendent encore l’application de la résolution 194, votée le 11 décembre 1948 par l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies (ONU). Ce texte fonde leur « droit au retour » : c’est-à-dire de pouvoir rentrer dans leurs foyers ou de recevoir une compensation. Enfin, c’est à cette date que l’administration de M. Donald Trump entend inaugurer la nouvelle ambassade des États-Unis à Jérusalem.

    Au terme de la première guerre israélo-arabe, des centaines de milliers de Palestiniens se retrouvent éparpillés aux quatre coins de la région. Des historiens enregistrent les événements, conscients que la version du vainqueur risque de s’imposer. Les écrits de Walid Khalidi ou Sami Hadawi sont sans ambiguïté : qu’il ait préféré fuir de lui-même pour se protéger ou qu’il y ait été forcé, le peuple palestinien a été chassé de sa terre (1). Mais, pour que cette version des événements de 1948 se diffuse au-delà du monde arabe, il a fallu attendre 1987 et la publication des premiers ouvrages des « nouveaux historiens » israéliens, parmi lesquels Benny Morris, Tom Segev, Ilan Pappé et Avi Shlaïm (2). En s’appuyant sur les archives de leur État, ces chercheurs ébranlèrent un à un les piliers de l’historiographie officielle.

    La temporalité de ces publications n’est pas anodine. Le premier ouvrage paraît lorsque se déclenche la première Intifada, près d’une décennie après l’arrivée au pouvoir de la droite et le début du mouvement refuznik, qui voit des objecteurs de conscience refuser de servir dans les territoires occupés tandis que des militaires israéliens s’interrogent à propos des pratiques de leur armée. Les pacifistes entrent dans une phase d’ouverture et d’interrogation sur leur société, leur État et leur rapport à l’autre. L’accession d’Itzhak Rabin au poste de premier ministre en 1992 et le début des négociations avec l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), qui conduisent à la signature des accords d’Oslo en septembre 1993, s’inscrivent dans ce cadre. C’est l’époque où la guerre froide se termine et où le soutien de nombreux pays arabes à la coalition anti-irakienne durant la guerre du Golfe de 1991 sonne le glas d’un panarabisme longtemps opposé à toute négociation avec Israël.

    Au cours de la première moitié des années 1990, les travaux des « nouveaux historiens » suscitent un réel intérêt au sein d’une partie de la société israélienne. Conférences, séminaires, débats dans les médias : sans être acceptées par tous, les thèses avancées dans ces ouvrages sont du moins discutées. Des projets d’écriture d’une histoire israélo-palestinienne surgissent, de même que des commissions visant à revoir les programmes d’histoire dans les écoles. Cependant, les discussions restent cantonnées aux milieux intellectuels. L’assassinat de Rabin par un extrémiste juif en 1995, puis l’arrivée au pouvoir de M. Benyamin Netanyahou en 1996 et le début des attentats-suicides sur le sol israélien mettent à mal ce processus d’ouverture, mais ne l’interrompent pas.

    Le déclenchement de la seconde Intifada, fin septembre 2000, referme néanmoins les derniers espaces d’échange et de dialogue entre Israéliens et Palestiniens au sujet de leurs récits historiques. Principaux promoteurs de ces relations, les mouvements pacifistes s’effondrent à la suite de l’échec, en juillet 2000, du sommet de Camp David ; un échec dont le premier ministre travailliste Ehoud Barak, par un tour de passe-passe masquant sa propre intransigeance (il reconnaîtra plus tard n’avoir rien proposé au dirigeant palestinien), impute la responsabilité au seul Yasser Arafat. Sans représenter l’avant-garde du mouvement, les militants de la gauche sioniste parvenaient à rassembler de larges secteurs de la société israélienne. Avec les déclarations de M. Barak et le déclenchement d’un second soulèvement palestinien bien plus meurtrier et militarisé que le premier, la majeure partie d’entre eux cessent toute activité pacifiste ; leurs organisations s’essoufflent.

    Pour la société juive, il n’y aurait alors « plus de partenaire » avec qui faire la paix. Les Israéliens perçoivent la seconde Intifada comme une attaque sans sommation des Palestiniens, qui plus est marquée par la mobilisation du Hamas, nouvelle force politique à tendance islamiste, ce qui fait écho à une actualité mondiale anxiogène. En 2001, Ariel Sharon, chef de file de la droite, remporte les élections en proposant une autre issue : puisque la cohabitation est impossible, la séparation amènera la paix. Conformément à cette logique unilatérale, un mur est construit en Cisjordanie entre Palestiniens et colons israéliens et l’armée se retire de la bande de Gaza.

    La mémoire de la Nakba est à nouveau profondément enfouie au profit de la vieille propagande : les Palestiniens auraient quitté leur terre pour ne pas vivre avec des Juifs ; Israël a droit à cette terre que Dieu aurait donnée à Abraham. Dès sa prise de fonctions, Sharon fait retirer des écoles le manuel d’histoire d’Eyal Naveh, qui introduisait une vision hétérodoxe de 1948. À l’université, les travaux des « nouveaux historiens » sont combattus avec virulence. Aujourd’hui, cette bataille est au cœur des actions d’Im Tirtzu, une organisation estudiantine proche du dirigeant d’extrême droite et actuel ministre de l’éducation Naftali Bennett, dont les militants ont mené ces dernières années une campagne baptisée « La Nakba est un mensonge » (3). Les Israéliens refusent de se considérer comme partie prenante de l’histoire palestinienne, et les institutions leur martèlent qu’ils sont les héritiers d’idées émancipatrices et progressistes.

    La création d’Israël a lieu au lendemain de la guerre la plus meurtrière de l’histoire, à l’issue de laquelle les idéaux de liberté ont triomphé du fascisme. Les Juifs incarnent les principales victimes de la terreur nazie, et la fondation d’un État-refuge au Proche-Orient doit venir réparer cette tragédie pourtant européenne. Dès lors, la défense d’Israël devient un enjeu à la fois politique et civilisationnel. La mémoire de la Nakba risque de ternir la totale innocence qu’affiche l’appareil d’État israélien. Accepter qu’à la création du pays ses combattants n’aient pas été des victimes, mais des bourreaux, ruinerait la « pureté des armes » dont se targue l’armée dite « de défense » d’Israël.

    La logique de séparation a entraîné dans la société juive israélienne un profond désintérêt pour la question palestinienne. Lors des élections législatives de mars 2015, seuls 9 % considéraient l’obtention d’un accord de paix avec les Palestiniens comme une priorité pour le prochain gouvernement (4). Ce sujet devenant invisible à leurs yeux, une forte proportion d’Israéliens se rallient aux idées les plus nationalistes. En 2001, lorsque la violence de la seconde Intifada était à son paroxysme, 35 % d’entre eux se disaient favorables à un « transfert » de la population arabe hors d’Israël vers la Cisjordanie ou la Jordanie (5). En 2015, 58 % soutiennent cette proposition, et 59 % la mise en place d’un régime d’apartheid privilégiant les Juifs en cas d’annexion de la Cisjordanie.

    Sur les ruines du grand mouvement pour la paix ont toutefois émergé de petites organisations agissant sur des questions plus ciblées. Ainsi Zochrot, fondée en 2001, se donne pour objectif d’enseigner la Nakba à la société israélienne. Elle a pris l’initiative de la première conférence sur le droit au retour des réfugiés palestiniens en Israël et organise depuis 2013 un festival annuel de films intitulé « De la Nakba au retour ». Elle propose également des visites de sites palestiniens « abandonnés » en 1948. La résidence d’un cheikh devenue cafétéria de l’université de Tel-Aviv, des maisons palestiniennes transformées en centre psychiatrique à Kfar Shaul : autant d’éléments du paysage israélien qui rappellent l’arabité de la terre. Pour les fondateurs du centre de recherche alternatif De-Colonizer (décoloniser), Éléonore Merza et Eitan Bronstein, la Nakba reste un tabou en Israël. En pratique, « la discussion se limite généralement à la question de savoir s’il est souhaitable ou même permis d’en discuter ». Cependant, ils notent que la situation a évolué, puisque le mot bénéficie d’un écho suffisant pour inquiéter les responsables politiques.

    Le 23 mars 2011, la Knesset, le Parlement israélien, adopte un amendement au budget prévoyant qu’aucune organisation commémorant le jour de la fête nationale comme un deuil ne reçoive plus de subventions. Naturellement, ces associations n’en bénéficiaient pas auparavant, mais il s’agit de les stigmatiser et de diffuser le sentiment que prendre part à ce type de manifestations vous place en dehors de la société. Par ailleurs, l’amendement dénie à la population arabe d’Israël, soit un habitant sur cinq, le droit d’honorer son histoire. D’ailleurs, depuis 2009, les écoles arabes n’ont officiellement plus le droit d’utiliser le terme « Nakba » dans leurs programmes.

    Pour la sociologue Ronit Lentin, il existe en Israël trois manières de considérer la Nakba (6). Une minorité ressasse la vision fantasmée de la Palestine comme « terre sans peuple pour un peuple sans terre ». D’autres reconnaissent partiellement la tragédie vécue par les Palestiniens, mais refusent d’admettre une quelconque responsabilité juive, voire répètent les arguments éculés sur les liens entre les Arabes et les nazis (7). Enfin, certains reconnaissent explicitement l’expulsion, mais refusent l’idée de présenter des excuses, ou regrettent même que le transfert n’ait pas été total — comme le « nouvel historien » repenti Benny Morris, qui a fini par affirmer : « Un État juif n’aurait pas pu être créé sans déraciner les Palestiniens (8). »

    Le Likoud, quant à lui, s’en tient à la version officielle niant toute expulsion, et par conséquent tout droit des Palestiniens sur la terre. La gauche sioniste reconnaît des massacres et des expulsions, mais en attribue la responsabilité aux milices nationalistes du Parti révisionniste, l’Irgoun et le Lehi.

    Pour certains militants anti-occupation, la découverte de la réalité de 1948 a marqué le début d’une remise en question plus générale de l’État d’Israël. D’où la réticence de beaucoup de leurs concitoyens à s’interroger sur cette période. Accepter de voir s’effondrer le récit inculqué depuis l’école les condamnerait à une marginalisation, voire à une stigmatisation ; on les accuserait d’accepter le discours de l’adversaire. Ainsi, certains parviennent à enfouir ces vérités au plus profond d’eux-mêmes afin de poursuivre normalement leur vie.

    Conformément à la théorie freudienne (9), Israël agit avec la Nakba comme un esprit traumatisé qui tente de refouler ce qui le hante. Une sorte d’« inquiétante étrangeté », à la source d’un sentiment de honte ressenti à l’égard d’actes passés, provoque un malaise qui pousse à vouloir les faire disparaître. Ce passé dérangeant revient, selon Freud, lorsque s’effacent les limites entre l’imagination et la réalité. La mémoire de la Nakba remonte à la surface par l’intermédiaire de divers acteurs qui détruisent les créations imaginaires pour montrer la réalité, et de Palestiniens qui saisissent toutes les occasions de resurgir dans l’espace public.

    La marche du 30 mars et celles qui ont suivi, avec leur lourd bilan humain, sont un cauchemar pour l’État d’Israël ; un rappel du fait que cinq millions de Palestiniens, les réfugiés et leurs descendants qui vivent à Gaza, en Cisjordanie ou dans d’autres pays de la région continuent de s’accrocher à leur droit au retour, ou à une indemnité à titre de compensation pour avoir été chassés de leur terre et de leurs demeures. Ils incarnent une injustice dont les Israéliens restent comptables.

    Thomas Vescovi Chercheur indépendant en histoire contemporaine, auteur de La Mémoire de la Nakba en Israël, L’Harmattan, coll. « Comprendre le Moyen-Orient », Paris, 2015.

    (1) Walid Khalidi, Nakba, 1947-1948, Sindbad - Actes sud - Institut des études palestiniennes, Arles, 2012.
    (2) Lire Dominique Vidal, « L’expulsion des Palestiniens revisitée par des historiens israéliens », Le Monde diplomatique, décembre 1997.
    (3) Lire Charles Enderlin, « Israël à l’heure de l’Inquisition », Le Monde diplomatique, mars 2016.
    (4) The Times of Israel, Jérusalem, 25 janvier 2015.
    (5) Gideon Levy, « Survey : Most Israeli Jews wouldn’t give Palestinians vote if West Bank was annexed », Haaretz, Tel-Aviv, 23 octobre 2012.
    (6) Ronit Lentin, Co-memory and Melancholia. Israelis memorialising the Palestinian Nakba, Manchester University Press, 2010.
    (7) Lire Gilbert Achcar, « Inusable grand mufti de Jérusalem », Le Monde diplomatique, mai 2010.
    (8) Haaretz, 9 janvier 2004.
    (9) Sigmund Freud, L’Inquiétante Étrangeté et autres essais, Gallimard, coll. « Folio essais », Paris, 1985 (1re éd. : 1919).

    #Palestine #Nakba #Histoire

  • INTERVIEW – Ilan Pappé : « La solution à deux États est en réalité une #prison ouverte » | Middle East Eye
    http://www.middleeasteye.net/fr/reportages/interview-ilan-papp-la-solution-deux-tats-est-en-r-alit-une-prison-ou

    En mai 1967, quelques semaines avant la guerre, les gouverneurs militaires israéliens ont reçu des boîtes contenant des instructions juridiques et militaires pour le contrôle des villes et des villages palestiniens. Israël allait ensuite transformer la #Cisjordanie et la bande de #Gaza en de gigantesques #prisons sous #contrôle et sous surveillance militaires.

    Les #colonies, les postes de contrôle et la #punition collective faisaient partie de ce plan, comme le montre l’historien israélien Ilan Pappé dans The Biggest Prison on Earth : A History of the Occupied Territories, un compte-rendu détaillé de l’occupation israélienne.

    Publié au cinquantième anniversaire de la guerre des Six Jours, l’ouvrage a été présélectionné dans le cadre des Palestine Book Awards 2017 organisés par Middle East Monitor, dont les gagnants ont été annoncés le 24 novembre à Londres. Ilan Pappé, récompensé à cette occasion pour l’ensemble de son œuvre, s’est entretenu avec Middle East Eye au sujet du livre et de ce qu’il révèle.

    #Israel

  • Les territoires occupés sont la plus grande prison de la terre
    11 octobre | Mark Karlin pour Truthout |Traduction SF pour l’AURDIP |Autres ressources
    http://www.aurdip.fr/les-territoires-occupes-sont-la.html

    Cinquante ans après la guerre des six jours, l’occupation israélienne de la Cisjordanie et de la bande de Gaza n’offre pas de perspective de se terminer. L’auteur renommé Ilan Pappé apporte une description exhaustive et accablante de l’occupation dans son nouveau livre, La plus grande prison de la terre : une histoire des territoires occupés (The Biggest Prison on Earth : A History of the Occupied Territories), basée sur une recherche novatrice d’archives et sur des récits de témoins.

    Dans cette interview de Truthout, Ilan Pappé, auteur de La plus grande prison de la terre, avance que le modèle d’Israël pour l’occupation des territoires n’est pas une solution finale à deux États. Israël a plutôt bâti un modèle de prison à ciel ouvert permanente à Gaza et en Cisjordanie.

  • Israël et Palestine : le colonialisme de peuplement et la liberté académique
    5 mars | Ilan Pappé |Traduction JPP pour l’AURDIP
    http://www.aurdip.fr/israel-et-palestine-le.html

    Au cours des dix dernières années, un ancien paradigme universitaire qui était utilisé pour l’analyse historique des mouvements colonialistes européens, dans les différentes parties du monde et à différentes périodes, a refait surface aux États-Unis et en Australie, avec le désir nouveau de comprendre l’histoire moderne de ces pays. Des historiens de premier plan du monde entier ont restructuré le paradigme du colonialisme de peuplement pour y intégrer les lieux où les immigrants européens ont colonisé des terres non européennes, d’abord avec l’aide des Empires coloniaux, puis en luttant contre l’Empire et la population locale indigène.

    Tous les pays d’Amérique du Nord, centrale et du Sud, sont des pays colonisés. Tout comme l’Australie, la Nouvelle-Zélande, l’Algérie, le Zimbabwe et l’Afrique du Sud. Par cela, nous voulons dire que, soit ils ont une histoire coloniale de peuplement, soit ils sont toujours engagés dans une lutte contre la population originaire du pays. (...)

    Eleonora Roldán Mendivíl est une jeune universitaire qui enseigne un cours intitulé « Le racisme dans le capitalisme » à l’Institut Otto-Suhr de l’Université libre de Berlin. Après que d’obscurs blogueurs sionistes de droite ont prétendu que son évaluation sur Israël, comme projet colonial et État d’apartheid, constitue une déclaration antisémite, allégation reprise par le journal populiste de droite Jerusalem Post et par un groupe d’étudiants pro-Israël à l’Université libre, son nouvel emploi à l’Institut Otto-Suhr prévu pour le prochain semestre a été annulé. Il est important d’indiquer que son évaluation sur Israël a été exprimée dans un contexte militant, pas dans sa classe. Son travail est en cours d’être évalué au regard des allégations susmentionnées, et avec tout le respect dû à notre collègue le Prof. Dr. Benz qui le dirige, j’espère que cela se fait dans l’esprit scientifique exposé ci-dessus. Pour autant que les questions de mon expertise soient pertinentes, je suis heureux de contribuer à cette évaluation.

    Le professeur Farid Esack est un théologien musulman de la libération, ancien dirigeant dans le combat anti-apartheid et responsable BDS pour l’Afrique du Sud. Jusqu’à récemment, il occupait le poste de professeur invité à l’Académie des religions du monde à l’Université de Hambourg. Lui aussi a été traité d’antisémite, terroriste, dénonciateur de l’holocauste. La presse allemande a été heureuse de parler de Mr Esack – et de répéter l’accusation sans fondement portée contre lui – mais, à quelques exceptions près, elle a été incapable de communiquer directement avec lui. Le plus grand parti d’opposition de Hambourg, le CDU, doit soumettre un projet de résolution au parlement d’État (‘Bürgerschaft’) de l’État fédéral de Hambourg, résolution qui, si celui-ci l’adoptait, déclarerait le BDS antisémite. (...)

    • Oui, c’est pas souvent qu’elle parle en public...

      avec Richard Falk, John Reynolds, George Bisharat, Catriona Drew, Ilan Pappe, Geoffrey Alderman, Golnar Nabizadeh, John Strawson, Ghada Karmi, Blake Alcott, Alan Johnson, Piaras Mac Éinrí, Markus Gunneflo, Nahed Samour, Vasuki Nesiah, Ugo Mattei, Ronen Ben-Arie, Nadera Shalhoub-Kevorkian, Lea Tsemel, Anthony Löwstedt, Yosefa Loshitzky, Jim Bowen, Mazen Masri, Yoella Har-Shefi, Ofra Yeshua-Lyth, Haitam Suleiman, Robert Home, Valentina Azarova, Oren Ben-Dor, Mia Tamarin, Robert Wintemute, Ardi Imseis, Jeff Handmaker, Salma Karmi-Ayyoub, Jacqui O’Riordan, Hatem Bazian, Yakov Rabkin, Haim Bresheeth, Joel Kovel, Salman Abu-Sitta, Ruba Salih, Eitan Bronstein Aparicio, Joni Assi, Mutaz Qafisheh, Kathy Glavanis-Grantham, Michael Kearney, Brad Roth, Jeff Halper, Cheryl Harris, Penny Green, Philip Franses...

  • Black November - Al Jazeera English

    http://www.aljazeera.com/indepth/opinion/2016/11/black-november-161102060539949.html

    By Ilan Pappe

    Ilan Pappe is the Director of European Center of Palestine Studies at the University of Exeter.

    November is a painful month in the Palestinian calendar. It is dotted with commemorative days that have one theme in common: the partitioning of Palestine.

    Today is the 99th anniversary of the Balfour declaration. Although it did not offer partition, it sowed the seeds for it, which eventually allowed the Zionist movement to take over Palestine.

    On November 15, we commemorate the Palestinian Declaration of Independence (issued by the Palestinian National Council (PNC)), which was a reluctant national Palestinian consent to partition, notwithstanding the injustice and criminality involved in such an act.

    #palestine #balfour

  • « Un État de terreur », de Thomas Suárez -
    15 octobre | David Gerald Fincham pour Mondoweiss | Traduction JPP pour l’AURDIP
    http://www.aurdip.fr/un-etat-de-terreur-de-thomas.html

    Une critique du livre « Un État de terreur : comment le terrorisme a créé l’Israël moderne », de Thomas Suárez. Publié ce jour au Royaume-Uni, disponible en pré-commande aux USA.

    Pour introduire le thème de ce livre, je ne peux pas mieux faire que de citer son approbation par le professeur Ilan Pappé :

    « Un tour de force, basé sur une recherche archivistique appliquée qui examine hardiment l’impact du sionisme sur la Palestine et son peuple dans la première partie du XXe siècle. Le livre est la première analyse complète et structurée de la violence et de la terreur dont se servit le mouvement sioniste, et par la suite, l’État d’Israël, contre le peuple de Palestine. »

    Merci au professeur Pappé et aux autres « nouveaux » historiens israéliens qui travaillent à partir des archives du gouvernement israélien, nous avons désormais une bonne compréhension de l’ampleur de la catastrophe qui frappe le peuple palestinien dans la période 1947-1949 alors que les forces sionistes investissent la Palestine, soit en en chassant la population non juive, soit, si celle-ci avait fui, en s’emparant de leurs biens et détruisant les villages devenus vides.

    L’histoire moins connue de la période qui précède, de la Déclaration Balfour de 1917 en passant par le Mandat britannique de 1922-1948, est maintenant bien documentée dans ce nouveau livre par Thomas Suárez, travaillant pour une grande part à partir des archives du gouvernement britannique. Il poursuit l’histoire jusqu’à la fin de la guerre de 1956 avec laquelle Israël, la Grande-Bretagne et la France agressent l’Égypte.(...)

  • Shimon Peres du point de vue de ses victimes | Ilan Pappe
    http://www.etatdexception.net/shimon-peres-du-point-de-vue-de-ses-victimes

    Les nécrologies de Shimon Peres ont déjà été publiées, préparées sans aucun doute à l’avance, dès que la nouvelle de son hospitalisation est parue dans les médias. Le verdict sur sa vie est très clair et a déjà été prononcé par le président américain Barack Obama : Peres était un homme qui a changé le cours de l’histoire humaine dans sa recherche incessante pour la paix au Moyen-Orient. Mon intuition est que très peu des nécrologies examineront la vie et les activités de Peres du point de vue des victimes du sionisme et d’Israël. Source : Etat d’Exception

  • Le criminel de guerre Shimon Peres échappe à la justice humaine -
    par Ben White –
    28 septembre 2016 – Middle East Monitor – Traduction : Chronique de Palestine – Lotfallah
    http://chroniquepalestine.com/criminel-de-guerre-shimon-peres-echappe-a-justice-humaine

    Shimon Peres, décédé mercredi à l’age de 93 ans après avoir subi un accident vasculaire cérébral le 13 septembre, incarne la disparité entre l’image d’Israël en Occident et la réalité de ses sanglantes politiques coloniales en Palestine et dans la région.

    • Ilan Pappé - Michel Collon : Présentation du livre « La propagande d’Israël » à la Bourse du Travail de Lille ce Samedi 24 Septembre à 19h
      Le 24 septembre à Lille, Ilan Pappé présentera en compagnie de Michel Collon, son dernier livre publié aux éditions Investig’Action : La propagande d’Israël.
      Rendez-vous à la Bourse du Travail à 20h pour échanger avec nos deux spécialistes du conflit israélo-palestinien.

      C’est à la Bourse du Travail
      Boulevard de l’Usine
      Lille, 59000 France
      C’est gratuit.

      La propagande d’Israël - Le livre 
Comment puis-je aider les Palestiniens à obtenir enfin leurs droits ? Quand vous discutez d’Israël pour convaincre un hésitant, bien souvent vous vous retrouvez face à des arguments en réalité façonnés par des experts en com’.

Ilan Pappe est Israélien et il a vécu longtemps en Israël. Il connaît la machine de l’intérieur. Aujourd’hui, il expose la manipulation orchestrée de l’Histoire, mais aussi la propagande au quotidien : cinéma, théâtre, médias, l’instrumentalisation de l’Holocauste... Comment se fabriquent les arguments. Comment fonctionnent les réseaux internationaux de lobbying et les moyens financiers énormes investis pour « redorer » l’image d’Israël à l’étranger.


      Ce livre est indispensable pour que votre interlocuteur puisse vraiment penser par lui-même. Et pour défaire un appareil de propagande extrêmement puissant qui reporte sans cesse la paix.


      L’Auteur 
Ilan Pappé est un historien israélien en exil. En Angleterre. il est professeur d’histoire. Il dirige aussi le Centre Européen pour les Études Palestiniennes et co-dirige le Centre pour les Études Ethno-Politiques, à l’Université d’Exeter

http://www.nord-palestine.org/2016-09-13MessagePalestine.htm 
      http://www.investigaction.net/event/conference-debat-la-propagande-disrael

  • Ilan Pappé in book launch with Jonathan Cook: “Israel and South Africa: The Many Faces of Apartheid”
    http://mondoweiss.net/2016/07/colonialism-apartheid-palestinian

    (...) However, launching his new collaborative book in East Jerusalem on Saturday night, esteemed Israeli historian Ilan Pappé abandoned any pretence of restraint and made the intrepid and timely case that the use of apartheid descriptors when engaging in Israel/Palestine discourse should be an indisputable starting point, not an equivocal theory up for debate. The collection which Pappé has edited, ‘Israel and South Africa: The Many Faces of Apartheid’, has assembled contributions from a wide range of respected academics, politicians, journalists and lawyers, that are all rooted in a fundamental position that recognises that the relationship the Israeli state has manufactured with its Palestinian subjects, in Israel and the occupied territories, equates to a form of apartheid.

    Providing introductory remarks to the vast audience that had gathered in the garden, Pappé commented on the necessity of ensuring the paradigm shift, which has been evident over the last 10 or 15 years within marginal spheres of academia and peripheral political systems around the world, gain credence among those Western elites who actually hold power.

    “For about 40 or 50 years in many places like this – institutes, universities, academic centres, media and so on – there was one dominant way or paradigm through which the conflict in Palestine had been analysed and this was the paradigm or model of a conflict between two national movements,” he said, explaining the orthodoxy in western thought, “there is one country for which two national movements are fighting for; they have equal right to the land, they have an equal attachment to the land, and hence what you need is to find a compromise that would answer the aspirations of both national movements, given the fact that they both have a justified claim to the land.”

    Given that this is the central paradigm for peace that the Quartet (United Nations, USA, European Union and Russia), the main stream media and influential “peace” politicians continue to use, Pappé considers it entirely unsurprising that the main outcome remains the unworkable two-state solution.

    What the book endeavours to do, Pappé expounded, is to expose this manifestly deceitful paradigm, and establish a new paradigm, already common amongst activists and marginalised academics, that relates to the reality on the ground; one of “settler-colonialism and its connection with apartheid.” In essence, the conflict is not between two competing national movements with an equal claim to the land, but between a movement of settler-colonialists and a native people.

    The theoretical framework for the book is formed around this concept and the belief that the natural consequence of settler-colonialism is a system of apartheid which ensures the native people are separated from the settler race.

    (...)

    “Any peace paradigm that retains Israel as a Zionist state has no chance in the world of succeeding,” said Pappé, summarizing, “Similarly to the way that we had to get rid of apartheid, we have to get rid of Zionism before we talk about reconciliation. No other solution will work in this place.”

    #palestine #israël #boycott #bds

  • Un "anniversaire" célébré dans la discretion : 10 ans de blocus à Gaza...

    Solidarité avec nos frères et sœurs de Gaza
    BNC, le 7 juillet 2016
    https://www.bdsfrance.org/solidarite-avec-nos-freres-et-soeurs-de-gaza

    Dix ans de siège, deux ans depuis le massacre israélien de 2014 – il est grand temps de rendre des comptes et qu’un embargo militaire à double sens soit lancé sur Israël !

    Un message du Comité National Palestinien de BDS, la plus large coalition d’organisations de la société civile palestinienne qui dirige le mouvement de Boycott, de Désinvestissement et de Sanctions (BDS) pour les droits des Palestiniens.

    Il y a deux ans, Israël a engagé une attaque militaire brutale sur les Palestiniens de Gaza, au cours de laquelle plus de 2 300 Palestiniens ont trouvé la mort et où 100 000 personnes ont été déplacées.

    Israël a délibérément attaqué des zones entières occupées par des civils à Gaza et a infligé autant de souffrances humaines qu’il a pu. L’ONU et les organisations de défense des droits humains ont documenté les crimes de guerre commis par Israël pendant le massacre.

    Gaza vient d’entrer dans sa dixième année de siège, une politique décrite par l’historien israélien Ilan Pappe comme un « génocide progressif ». Le siège a presque complètement empêché une reconstruction significative depuis l’attaque de 2014.

    Comme Abdulrahman Abunahel, notre coordinateur à Gaza le dit, « un de mes soucis est que plus Israël maintient le siège de la plus grande prison à ciel ouvert du monde , plus la communauté internationale officielle s’adapte et accepte la réduction graduelle et délibérée de Gaza en une prison inhabitable où près de 2 millions de Palestiniens sont confrontés à une mort lente ».

    « Mais en tant que réfugié vivant à Gaza, il ne suffit pas d’appeler à la fin du siège israélien. Il nous faut développer notre campagne BDS jusqu’à ce que le peuple palestinien puisse exercer son droit à l’autodétermination, y compris le droit des réfugiés au retour dans leur maison ».

    Israël est capable de mener ses attaques militaires violentes et de réprimer la résistance populaire palestinienne en toute impunité. Comme l’établit notre fiche Links that Kill fact sheet (Fiche sur les Liens qui tuent), Israël ne peut faire cela que grâce à l’énorme commerce des armes et à la coopération militaire, dont la recherche, qu’il maintient avec divers pays dans le monde.

    Au cours de la période 2009-2018, les États Unis ont fourni une aide militaire à Israël d’une valeur de 30 milliards de dollars. Pour la seule année 2014, l’UE a exporté pour plus d’un milliard de dollars d’armes vers Israël (essentiellement d’Allemagne) et les importations en Europe d’armes israéliennes ont atteint le montant gigantesque de 1,6 milliards de dollars en 2015.

    Tandis que l’Inde, la Colombie et le Brésil demeurent les premiers importateurs d’armes israéliennes, il a été récemment révélé que des livraisons d’armes israéliennes ont servi à des crimes contre l’humanité au Rwanda et au Sud Soudan, entre autres.

    Israël se sert de ses attaques criminelles contre les Palestiniens pour tester sa technologie militaire et ensuite exporter ses armes « testées sur le terrain ». Jusqu’à 85% de la production de l’industrie israélienne d’armement sont exportés et 60% de la production mondiale de drones sont israéliens.

    Israël ne se contente pas d’opprimer les Palestiniens – il exporte son modèle implacable de sécurisation et de répression militarisée dans le monde. Depuis les rues de Ferguson jusqu’aux favelas de Rio et aux frontières de la forteresse Europe, les armes israéliennes et des techniques cruelles maintiennent l’oppression.

    Notre campagne pour un embargo à double sens contre Israël se développe. Plus d’une douzaine de banques ont désinvesti de Elbit Systems à cause de son rôle dans la violence militaire d’Israël, par exemple.

    Partagez s’il vous plaît notre présentation sur Facebook et consultez notre fiche explicative pour plus d’idées sur la manière de s’engager.

    Nous venons de publier un tour d’horizon de l’impact et du développement du mouvement BDS jusqu’en 2016. Nous sommes stimulés par la façon dont le mouvement continue à grossir et à défier le soutien international aux crimes d’Israël, bien qu’Israël fasse tout ce qu’il peut pour attaquer et saper notre mouvement. Regardez ce bilan et pensez à le partager avec votre famille, vos amis, et vos collègues.

    Merci pour votre soutien continu à notre lutte non violente pour la liberté, la justice et l’égalité.

    Le Comité National Palestinien BDS (BNC)

    #Gaza #Palestine #blocus #guerre #massacre #BDS #embargo #embargo_militaire #armes #armement

  • Quelques commentaires critiques de Gaza sur la normalisation entre la Turquie et Israël
    Dr Haidar Eid – Gaza | Publié le 28 juin 2016 sur The Palestine Chronicle | Traduction : Jean-Marie Flémal
    http://www.pourlapalestine.be/quelques-commentaires-critiques-de-gaza-sur-la-normalisation-entre-l

    Israël et la Turquie ont conclu un accord visant à normaliser leurs relations, six ans après une agression navale israélienne qui avait tué dix militants turcs et neuf ans après le début d’un siège mortel qui a rendu Gaza invivable.
    Que ressentons-nous à ce propos, nous, les Palestiniens de Gaza ?
    Pour le dire sans emphase, nous sommes consternés et en colère, comme ce doit également être le cas des familles des dix victimes du drame du Mavi Marmara. Cet accord nous laisse soumis à un état de siège hermétique et médiéval qui équivaut à ce que l’historien israélien Ilan Pappé appelle un « génocide incrémentiel ». Inutile de dire qu’il constitue également une violation des directives de boycott énoncées par la société civile palestinienne en 2005. En fait, la chose n’est pas sans ressembler à une normalisation des liens diplomatiques et économiques avec le gouvernement d’apartheid de l’Afrique du Sud.
    L’AKP est l’homologue turc de l’Ikhwan (Frères musulmans), qui a dirigé l’Égypte pendant un an et qui n’a ni ouvert le passage de Rafah ni levé l’état de siège, et le Hamas, l’homologue palestinien, a ajouté plus de misère encore à l’existence des assiégés de Gaza par le biais de sa domination sévère et de son absence de toute vision politique. Et, aujourd’hui, l’Ikhwan de Turquie signe un accord avec l’apartheid israélien au détriment des droits fondamentaux des Palestiniens !
    Pour ajouter l’insulte à la blessure, le Hamas a sorti une déclaration « exprimant sa gratitude envers les efforts de M. Erdogan pour aider les résidents de Gaza, qui sont en ligne avec le soutien de principe de la Turquie à la cause palestinienne » ! Et le dirigeant du Hamas, Ahmed Yousuf, a expliqué clairement que « la Turquie a fait tout ce qu’elle pouvait pour lever le siège et aider les Palestiniens de Gaza. Au lieu de cela, les changements régionaux l’ont contrainte à modifier sa politique et à accepter l’allègement du siège. Nous ne pouvons espérer davantage de la part de la Turquie. » (...)

    #GAZA

  • Reverse censorship of Palestine maps, scholars tell McGraw-Hill
    https://electronicintifada.net/blogs/charlotte-silver/reverse-censorship-palestine-maps-scholars-tell-mcgraw-hill

    A group of American and international scholars is urging publishing giant McGraw-Hill Education to reverse its recent decision to withdraw and destroy its US college textbook containing a sequence of maps depicting the progressive loss of Palestinian land to Zionist and Israeli colonialism between 1946 and 2000.

    In a letter signed by more than 35 prominent academics, including Judith Butler, Ilan Pappe, Avi Shlaim and Noam Chomsky, the scholars state, “This blatant act of censorship, in response to complaints from those who seek to suppress a free exchange of knowledge and ideas about Israel and Palestine, is shocking and unacceptable.”

  • The Poem That Exposed Israeli War Crimes in 1948 - Israel News - Haaretz
    http://www.haaretz.com/israel-news/.premium-1.709439

    On November 19, 1948, Natan Alterman, whose influential “Seventh Column” – an op-ed in poetry form – appeared every Friday in the daily Davar, the mouthpiece of Israel’s ruling Mapai party (forerunner of Labor), published a poem titled “About This.” Excerpts:
    Across the vanquished city in a jeep he did speed –
    A lad bold and armed, a young lion of a lad!
    And an old man and a woman on that very street
    Cowered against a wall, in fear of him clad.
    Said the lad smiling, milk teeth shining:
    “I’ll try the machine gun”… and put it into play!
    To hide his face in his hands the old man barely had time
    When his blood on the wall was sprayed.

    We shall sing, then, about “delicate incidents”
    Whose name, don’t you know, is murder.
    Sing of conversations with sympathetic listeners,
    Of snickers of forgiveness that are slurred.

    For those in combat gear, and we who impinge,
    Whether by action or agreement subliminal,
    Are thrust, muttering “necessity” and “revenge,”
    Into the realm of the war criminal.
    (translation by Ralph Mandel)
    Extremely moved by the verses, David Ben-Gurion, then chairman of the Provisional State Council in the nascent Jewish state, wrote Alterman: “Congratulations on the moral validity and the powerful expressiveness of your latest column in Davar… You are a pure and faithful mouthpiece of the human conscience, which, if it does not act and beat in our hearts in times like these, will render us unworthy of the great wonders vouchsafed to us until now.
    “I ask your permission to have 100,000 copies of the article – which no armored column in our army exceeds in combat strength – printed by the Defense Ministry for distribution to every army person in Israel.”
    What were the war crimes referred to in the poem?

    Natan Alterman.Moshe Milner / GPO
    The massacres perpetrated by Israeli forces in Lydda (Lod) and in the village of Al-Dawayima, west of Hebron, were among the worst mass killings of the entire War of Independence. In an interview in Haaretz in 2004, historian Benny Morris (author of “The Birth of the Palestinian Refugee Problem, 1947-1949”) declared that the most egregious massacres “occurred at Saliha, in Upper Galilee (70-80 victims), Deir Yassin on the outskirts of Jerusalem (100-110), Lod (50), Dawamiya (hundreds) and perhaps Abu Shusha (70).”
    Lod was conquered in Operation Dani (July 9-19, 1948), which also targeted nearby Ramle. The political and military leadership viewed the capture of those two towns as crucial, because the concentration of Arab forces there threatened Tel Aviv and its surroundings. Specifically, the aim was for the fledgling Israel Defense Forces to clear the roads and allow access to the Jewish communities on the Tel Aviv-Jerusalem road – which remained under Arab control – and to take control of the hilly areas stretching from Latrun to the outskirts of Ramallah. This would mean a clash with units of Jordan’s Arab Legion, which were deployed – or supposedly deployed – in the area.
    Another goal of Operation Dani, which was led by Yigal Allon with Yitzhak Rabin as his deputy, was to expand the territories of the young Jewish state beyond the boundaries delineated by the UN partition plan.
    On July 10, Lod was bombed by the Israeli air force, the first such attack in the War of Independence. A large ground force had also been assembled, including three brigades and 30 artillery batteries, based on the army’s assessment that large Jordanian forces were in the area.
    To their surprise, the IDF units encountered little or no resistance. Even so, there are Palestinian and other Arab sources that allege that 250 people were massacred after Lod was taken. Claims about the scale of the massacre gain credence from Israeli historian Ilan Pappe, who maintains that the army killed 426 men, women and children in a local mosque and the surrounding streets. According to him, 176 bodies were found in the mosque, and the rest outside. Testimony of a Palestinian from Lod lends support to these estimates: “The [Israeli troops], violating all the conventions, shelled the mosque, killing everyone who was inside. I heard from friends who helped remove the dead from the mosque that they carried out 93 bodies; others said there were many more than a hundred.” Clearly, though, there are no agreed-upon, precise figures, and the estimates from both sides are tendentious.
    Israeli troops went from house to house, expelling the remaining inhabitants to the West Bank. In some cases, soldiers looted abandoned houses and stole from the refugees.
    Ben-Gurion’s intentions with respect to Lod remain a subject of debate. Years later, Rabin related how in a meeting with him and Allon, Ben-Gurion, when asked what to do with the residents of Ramle and Lod, gestured with his hand and said, “Expel them.” This version of events was to have been included in Rabin’s memoirs but was banned for publication in Israel, in 1979. His account did appear in The New York Times at the time, and caused a furor. Allon, who also took part in the meeting with Ben-Gurion, vehemently denied Rabin’s account.On July 12, an order was issued by the Yiftah Brigade “to remove the residents from Lod speedily … They are to be directed to Beit Naballah [near Ramle].” .

  • Ilan Pappé : « Cette situation n’est pas temporaire, elle représente le futur » –Publié le 11 mars 2016 sur Qantara.de | Traduction : Jean-Marie Flémal
    http://www.pourlapalestine.be/ilan-pappe-cette-situation-nest-pas-temporaire-elle-represente-le-fu

    Dans une interview réalisée par Emran Feroz, l’historien israélien Ilan Pappe, professeur à l’Université d’Exeter, critique la politique unilatérale israélienne soutenue par le gouvernement Netanyahou, qui est bien décidé à garder le contrôle de la Palestine historique dans sa totalité et approuve la restauration des régimes arabes autoritaires.

    E.F. Le Moyen-Orient change de jour en jour. On ne peut dire quelle sera la situation dans une semaine ou dans un mois. Comment Israël gère-t-il cette rapidité du changement ?

    I.P. Pour l’instant, Israël a un système politique très clairement à droite. Le chances de tout gouvernement libéral ou de gauche de venir au pouvoir en Israël sont très minimes. Il nous faut comprendre que les opinions stratégiques de l’actuel gouvernement sont celles d’Israël dans l’ensemble. Et ce point de vue est très clair. C’est le genre de point de vue qui dit que la création d’un Grand Israël, d’un État ethnique, est plus importante que d’avoir une démocratie en Israël. C’est même plus important encore que d’avoir de bonnes relations avec le reste du monde. Ils ont également l’intention de se débarrasser des Palestiniens.

    Israël comprend bien également que, dans le Moyen-Orient d’aujourd’hui, il y a certaines élites arabes qui veulent soutenir cet objectif, aussi longtemps qu’on leur fournira ce qu’elles désirent – des lobbys, des armes ou de l’argent. Le véritable problème d‘Israël, c’est le fait que le monde n’est pas composé que de politiciens cyniques. Il y a les sociétés et mouvements civils, comme BDS (Boycott, Désinvestissement et Sanctions), il y a Internet et il y a l’électorat dans l’Occident. Aucun d’entre eux ne légitime encore la politique d’Israël. Israël est immanquablement confronté à ces faits. Il a probablement la puissance militaire et économique de survivre, mais il n’aura plus le soutien nécessaire, et pas même parmi les Juifs du monde entier.

    Ainsi donc, l’élite politique en Israël doit se demander si c’est réellement le genre d’Israël qu’elle veut avoir. Malheureusement, pour l’instant, il semble que c’est ce qu’elle veut. Et ainsi, c’est au reste du monde qu’il appartient donc de changer cette situation. Parce que l’Israël d’aujourd’hui est un État d’apartheid qui continuera à violer les droits palestiniens. La situation n’est pas temporaire, elle représente le futur. Les États-Unis et l’Europe doivent s’interroger à propos de ce qu’ils veulent, particulièrement parce qu’Israël est plus clair que jamais auparavant quant à sa politique.

  • L’interdiction du Mouvement islamique est un avertissement pour nous tous | par Ilan Pappe |
    25 novembre 2015
    http://www.middleeasteye.net/fr/opinions/l-interdiction-du-mouvement-islamique-est-un-avertissement-pour-nous-

    (...) Réduire au silence les citoyens palestiniens d’Israël a toujours semblé être un processus compliqué aux yeux des sionistes libéraux lorsqu’ils étaient au pouvoir. Ils étaient conscients de la nécessité de paraître démocratiques et du fait que maintenir à tout prix la nature raciste de l’État nécessitait un subterfuge douloureux, qui a finalement échoué lamentablement.

    Aux environs de l’année 2000, les autorités israéliennes ont abandonné ce subterfuge prudent et l’ont remplacé par un effort pour finaliser les derniers détails de cette vision nouvelle et claire. Cela a commencé par des lois légitimant la création d’espaces ruraux et urbains purement juifs. Cela s’est poursuivi avec l’interdiction du souvenir historique de la Nakba ou de toute identification avec le mouvement de résistance dans les territoires occupés.

    Les mesures les plus dures ont tout d’abord été prises contre des individus. L’éviction du leader et intellectuel Azmi Bishara, l’arrestation d’activistes et les tirs contre des citoyens lors des manifestations de 2000 ont été les faits précurseurs.

    Nous sommes maintenant dans la phase suivante, celle de l’interdiction de partis politiques. Le premier a été le Mouvement islamique ; suivront le Tajammu’, le Parti national et plusieurs ONG qui disposent d’une présence de premier plan dans la société. Le timing est dicté par la progression de la nouvelle « guerre contre le terrorisme ». L’avis de Netanyahou est que la guerre contre l’État islamique légitime tout acte qu’Israël souhaite entreprendre. C’est une sorte de brèche permettant d’accélérer un projet qui était destiné à prendre un peu plus de temps.

    La tragédie réside dans le fait que l’unique raison pour laquelle les autres parties du plan ne se développent pas encore sous nos yeux est que Netanyahou est le seul rempart contre la volonté de son gouvernement d’aller beaucoup plus loin. (...)