person:ilana löwy

  • L’invention du pré-cancer du sein - La Vie des idées
    http://www.laviedesidees.fr/L-invention-du-pre-cancer-du-sein.html

    Grâce aux progrès du dépistage, la catégorie de « pré-cancer » du sein, à mi-chemin du normal et du pathologique, s’est développée à partir du début du XXe siècle. Ilana Löwy examine en sociologue des sciences les bénéfices et les impensés de ces diagnostics justifiant des interventions préventives lourdes.

  • L’invention du pré-cancer du sein - La Vie des idées
    http://www.laviedesidees.fr/L-invention-du-pre-cancer-du-sein.html

    Au-delà d’un sujet particulièrement grave qu’il contribue à repolitiser, l’ouvrage d’Ilana Löwy éclaire avec acuité les tendances sous-jacentes aux sociétés des pays riches, où la médecine étend progressivement son territoire en venant à s’occuper non seulement des malades, mais des bien-portants. Au nom de leur responsabilité et de leur bien-être, les individus sont sommés d’intérioriser des pratiques anxiogènes de calcul du risque. Ils en viennent à évoluer dans un monde particulièrement incertain, et recherchent en parallèle des certitudes face à la maladie et la mort. Enfin, le droit à l’autonomie des patients est proclamé, mais n’empêche pas en certains domaines des formes de domination médicales auxquelles il est très difficile de résister. On peut regretter que, par manque d’espace sans doute, ni la question des rapports sociaux de sexe ni celle d’une prévention fondée sur la prise en compte des facteurs environnementaux ne soient véritablement traitées dans le livre. Il n’en est pas moins une contribution particulièrement remarquable à la sociologie des sciences.

    #médecine #sociologie #cancer #seins

  • En finir avec l’aphrodisme au cinéma | Le cinéma est politique
    http://www.lecinemaestpolitique.fr/en-finir-avec-laphrodisme-au-cinema

    Comme le dit Ilana Löwy dans L’Emprise du genre : « Les écrivaines féministes, de Mary Wollstonecraft à Simone de Beauvoir, ont décrit les effets dévastateurs de la « futilité féminine » : longtemps les femmes (des classes aisées) ont été uniquement préoccupées de leur apparence, de leurs vêtements et d’une sociabilité superficielle. La valeur centrale attribuée à la beauté, la séduction, le charme féminins dirigeait toutes leurs énergies mentales vers la perfection de ces attributs, les empêchant d’utiliser leur cerveau à d’autres buts. Les femmes, explique Wollstonecraft, sont prêtes à tout pour préserver leur beauté : « leurs membres et leurs capacités innées sont freinés dans leur développement aussi sûrement que s’ils étaient restreints par des bandelettes, comme les pieds des Chinoises, (…) elles apprennent dès leur petite enfance que la beauté est leur pouvoir, que leur esprit s’exprime à travers leur corps, et que, emprisonné dans une cage dorée, son seul but est d’ajouter aux attraits de la prison »[2]. Ainsi, ce culte de la beauté détourne non seulement les femmes des « autres buts » que celui de la séduction (en laissant ainsi par exemple toute la place aux hommes dans les domaines du savoir et du pouvoir), mais il fait aussi par conséquent de ce pouvoir de séduction le seul pouvoir des femmes. Or, lorsqu’on l’examine de plus près, il est difficile de voir dans ce « pouvoir » de séduction un réel pouvoir, au même titre que celui détenu par les hommes. En effet, qu’est-ce que le « pouvoir » de séduction sinon le pouvoir de séduire ceux qui ont le véritable pouvoir pour leur en grappiller quelques miettes ? Un pouvoir toujours dépendant des hommes donc.

  • L’éloge des femmes passives
    http://lmsi.net/L-eloge-des-femmes-passives

    La figure de la « dompteuse de garçon », c’est-à-dire partie prenante de l’acte, fait aussi office d’image repoussoir. La femme « prédatrice » demeure une représentation du danger et n’est pas, dès lors, considérée comme séduisante aux yeux des garçons. Il semble que ce magazine ait intégré et de fait relaie l’idée qu’une femme qui affirmerait son appétence sexuelle s’exposerait à être assimilée à une prostituée, une fille disponible sexuellement aux désirs masculins. Ainsi, comme le souligne Ilana Löwy,

    « La réputation sexuelle négative des filles « faciles » exprime un point de vue masculin. Une fille expérimentée met les garçons mal à l’aise parce qu’elle peut juger leur performance sexuelle ; celle dont l’expérience est limitée ne perturbe pas l’ordre « naturel » des relations sexuelles, dans lequel le garçon est supposé prendre l’initiative, et la fille, le suivre. Ces réputations sont établies par les garçons, souvent avec la collaboration d’autres filles. En l’absence d’équivalent masculin à la « fille facile », les filles n’ont pas la possibilité symétrique d’établir la réputation sexuelle négative d’un garçon. Finalement, le groupe des garçons détermine les réputations sexuelles des individus des deux sexes ; asymétrie qui découle de la domination des représentations masculines de la #sexualité. » [5]

    En définitive, cette utilisation ambivalente de la « porno-star » permet de suggérer aux lectrices l’importance d’exposer une féminité, qui demeure une performance de genre, mais qui se doit d’être respectable.

    Enfin, ce mensuel offre la représentation d’une sexualité tournée vers l’autre, et de fait, vers les hommes, et dans ce cadre hétérosexuel, alimentant l’#androcentrisme en matière de sexualité. En effet, la figure masculine devenant système de référence, la sexualité féminine ne semble alors exister qu’en référence à celle-ci. Ainsi, le désir féminin dans certains articles est passé sous silence, le plaisir est soumis à condition et la sexualité semble circonscrite à un cadre conjugal et affectif.

    Dans un article d’avril 2008 « Sexy guide. Faire l’amour !!! On attend quoi au juste ? » sont exposées huit motivations possibles pour une jeune fille d’avoir un rapport sexuel : « Le big love ? », « Le bon endroit ? », « Mes 17 ans ? », « Un mec hyper amoureux ? », « Un Jules très doué ? », « Un garçon romantique ? », « Un rendez-vous chez le gynéco ? », « Les copines ? ». Ainsi, l’amour, la situation spatiale, l’âge, le partenaire, la visite chez un médecin et les paires sont donc présentés comme des raisons valables pour avoir un premier rapport sexuel. Mais le désir n’est à aucun moment mentionné, qu’on aurait pu imaginer par la formulation suivante, simple : « Parce que vous en avez envie ? ».

    cc @beautefatale

  • Je cause ce matin sur France Culture avec Ilana Löwy et Philippe Petit :

    Quel féminisme pour aujourd’hui ? - Idées - France Culture
    http://www.franceculture.fr/emission-les-nouveaux-chemins-de-la-connaissance-quel-feminisme-pour-a

    Ilana Löwy est une chercheuse passionnante qu’on n’entend pas assez :

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Ilana_L%C3%B6wy

    Sinon j’étais un peu dans les choux (l’émission était enregistrée), je crois bien que j’ai dit « postmoderne » au lieu de « postcolonial » :P)

    #femmes

  • Ilana Löwy, à propos de L’emprise du genre
    http://genrehistoire.revues.org/index110.html

    Rousseau a dit que l’homme n’est un homme qu’à certains moments de sa vie, alors que la femme est une femme toute sa vie ; sa vie, c’est d’être une femme, c’est-à-dire d’être un sexe. L’homme a un sexe ; la femme est un sexe. Dans les sociétés occidentales contemporaines, où l’égalité formelle est acquise, on donne beaucoup plus de valeur à la différence résiduelle pour permettre la constitution fixe, hiérarchique, des masculinités et féminités. La loi française de 1994, loi de bioéthique renouvelée dix ans plus tard, dit que l’assistance médicale à la procréation est réservée aux couples en âge de procréer. Autrement dit, aux couples hétérosexuels. Cela n’existe pas dans les autres pays, il est peut-être intéressant de le souligner. Cela ne correspond à rien socialement : tout le monde sait qu’il y a énormément d’enfants nés en France qui n’ont pas forcément un père et une mère qui s’occupent d’eux, mais on a décidé quand même que si c’est par projet, il faut que ce soit hétérosexuel.

    #genre #sexe #société #histoire #femmes #lutte