person:james kenneth galbraith

  • Quel lien social dans un monde inégal ?
    https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-2eme-partie/quel-lien-social-dans-un-monde-inegal

    Inégalités et lien social, avec l’économiste James Kenneth Galbraith et Gaël Giraud, chef économiste de l’Agence Française de Développement, nos invités à l’occasion de la 13ème Conférence internationale de l’AFD sur le développement (6-7 décembre 2018 à Paris).

    James Galbraith l’a redit très clairement sur @franceculture aujourd’hui : la hausse des inégalités en Europe et aux États-Unis est principalement due aux politiques néolibérales d’austérité qui ont donné tout pouvoir au secteur financier @LaGrandeTable

    • Inégalités et lien social, avec l’économiste James Kenneth Galbraith et Gaël Giraud, chef économiste de l’Agence Française de Développement, nos invités à l’occasion de la 13ème Conférence internationale de l’AFD sur le développement (6-7 décembre 2018 à Paris).

      Les raisins de la colère bien souvent, peut-être même le moteur de toute contestation, les inégalités sont aujourd’hui cristallisées et dénoncées par le mouvement des « gilets jaunes ». Entre inégalités réelles et ressenties, la frustration monte, au point de nourrir, peut-être des formes de violence. 

      Car, alors que la richesse mondiale augmente, les inégalités de revenu se creusent au sein des pays. En France, les derniers chiffres de l’Insee montrent qu’elles se sont stabilisées à un niveau proche de 2008, année de la crise. Des inégalités plus prononcées si on prend en compte le patrimoine, marqué par un taux de pauvreté en nette hausse depuis dix ans. Surtout, les travailleurs pauvres gagnent moins de 1026 euros par mois. 

      Le PIB est un très mauvais indicateur de prospérité. Si, demain, vous avez un accident de voiture, vous augmentez le PIB. Si vous jetez du poison dans une rivière, ce sera excellent pour le PIB. 
      (Gaël Giraud)

      Comment nos démocraties se sont-elles débarrassées de tout sentiment de culpabilité et de toute mauvaise conscience à l’égard des perdants de la mondialisation ? Comment favoriser une transition écologique, impérative, et cesser de favoriser les plus riches en marquant l’écart avec les plus pauvres ?

      Est-ce qu’on peut avoir un certain niveau de croissance ? Oui, je crois que c’est nécessaire. Est-ce qu’on peut avoir une croissance rapide qui résolve tous nos problèmes ? Non, je ne crois pas que ce soit possible. 
      (James K. Galbraith)

      On en parle avec nos deux invités, réunis à l’occasion de la 13ème Conférence internationale de l’Agence française de développement (AFD) qui se tient à Paris du 6 au 7 décembre 2018 :
      • Gaël Giraud, chef économiste à l’AFD, auteur de Illusion financière : Des subprimes à la transition écologique (Editions de l’Atelier, 2014), et
      • James K. Galbraith, professeur à l’Université du Texas, auteur en 2009 de L’Etat prédateur (Seuil, 2009) et en 2016 de Crise grecque, tragédie européenne (Seuil, 2016).


  • Emmanuel Todd chez Harper’s magazine - Le bondosage
    http://lebondosage.over-blog.fr/article-emmanuel-todd-chez-harper-s-magazine-123432186.html

    Emmanuel Todd chez Harper’s magazine

    Notre démographe préféré a été très prolixe en matière de conférence vidéo cette année. Après une conférence très intéressante dans ma bonne ville de Montpellier consacré à ses travaux sur les structures familiales et une conférence donnée sur l’euro au Cera. Le voici maintenant en bonne compagnie aux USA dans une conférence organisée par le très sérieux Harper’s Magzine. Une réunion consacrée à l’Europe et à la monnaie unique. Une discussion à laquelle a d’ailleurs participé l’économiste James Kenneth Galbraith fils du célèbre économiste keynésien John Kenneth Galbraith. Une conférence très sérieuse donc même si comme à l’accoutumée Todd a fait rire ses interlocuteurs par ses désormais célèbres formules-chocs remplies d’ironie.

    https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=asPsJagGgAY

    L’argumentation toddienne ici en anglais ne change guère de ses apories habituelles à ceci près que je constate avec curiosité que Todd semble à nouveau s’illusionner cette fois sur nos amis anglo-saxons. Il se peut cependant que le fait qu’il côtoie ici des Anglo-saxons ait altéré un peu ses propos. Après ses erreurs sur le Hollandisme révolutionnaire dont il a reconnu tout de même qu’il avait maintenant peu de chance de se produire le voici qui s’acoquine avec le monde anglo-saxon présenté en quelque sorte comme moins fou que l’Europe pangermanique actuelle. S’il est notablement vrai que l’Allemagne a une part importante dans la situation actuelle et que l’euro joue à court terme dans ces intérêts. Peut-on pour autant qualifier l’Allemagne d’hégémonique ? D’autant que Todd lui-même admet que la France peut casser le système. C’est une hégémonie extrêmement fragile si la France ou même l’Italie peuvent la briser simplement en sortant de l’euro. Mais il est vrai que Todd est un habitué des formules fracassantes. Je dois dire que si cela permet d’attirer l’attention des spectateurs sur les propos en question et de soulever certaines questions. Il est possible aussi que cela desserve grandement l’argumentation toddienne qui est évidemment bien plus complexe que ce que ces formules-chocs peuvent exprimer. Il est vrai aussi que si Todd arrive souvent à se faire inviter dans les médias c’est grâce à ces formules fracassantes dont les médias accros à l’audience sont friands.

    Cependant, revenons au fond de la nouvelle lubie toddienne d’un monde anglo-saxon qui à nouveau serait ce refuge de la raison et de l’équilibre qui fait tant défaut à la folle Europe embrigadé par l’Allemagne dans un nouveau suicide collectif monétaire et commercial cette fois-ci. Je tiens à préciser ici qu’effectivement l’Europe se suicide tant démographiquement qu’économiquement, les deux phénomènes sont d’ailleurs liés comme je l’ai montré avec quelques statistiques à l’appui l’année dernière. On vient d’ailleurs de s’apercevoir que la crise provoque un effondrement démographique dans les pays du sud à l’image de l’Espagne qui a perdu l’année dernière 0,9% de sa population. Ce qui est énorme dans un pays à la natalité déjà catastrophique et qui baisse à nouveau avec la crise. Bref je suis tout à fait d’accord avec Todd sur l’Europe. Mais pas du tout sur l’image qu’il a d’un monde anglo-saxon qui irait bien. Je crois là que Todd se fit un peu trop à ses données démographiques données qui auraient d’ailleurs besoin d’être mises à jour.

    Todd définit ainsi les pays qui vont bien et ceux qui vont mal par la question de la natalité. En effet en dessous de 2 enfants par femme à long terme l’on peut considérer le système comme non viable. Ce qui est vrai. Sans immigration la population allemande baisserait de façon naturelle. Là où Todd se trompe, c’est sur la réalité du dynamisme démographique aux USA qu’il considère comme un système qui marche. Une société de joyeux bordel chaotique, mais qui fait des enfants contrairement au Japon ou à l’Allemagne. Le fait est pourtant que la natalité aux USA n’a cessé de baisser depuis le début de la crise. C’est un fait connu, en 2012 il y a eu 63 naissances pour 1000 femmes contre 67 en 2007. Preuve de l’impact de la crise sur les naissances. D’autre part la bonne tenue des naissances aux USA devait surtout à la présence des latinos en grand nombre sur le sol américain. C’est la forte natalité des Mexicains et des latinos immigrés qui a longtemps permis à l’Amérique de s’affirmer plus dynamique que l’Europe ou le Japon. Affirmer comme Todd le fait que la natalité US est meilleure que celles des autres pays développés en oubliant ce détail est un peu malhonnête. Pour définir un système qui marche, on doit en exclure les importations compensatrices. À l’image de ce qu’il dit sur l’Allemagne d’ailleurs. Les Américains ayant un droit du sol, les latinos font gonfler la natalité moyenne nationale depuis les années 70. Or les chiffres montrent que les Mexicains s’alignent en fait sur la natalité US moyenne. C’est un signe d’intégration, mais cela montre aussi que le soi-disant modèle bordélique ne sera pas forcément plus fécond et équilibré à long terme que les systèmes japonais ou allemands. Peut-être moins déséquilibré avec un taux de natalité à 1,7 1,8 mais pas équilibré.

    La petite carte ci-dessous montre les états ou la natalité a le plus baissé. Ce sont les états où les latinos représentent la plus forte proportion de la population. La natalité moyenne aux USA est donc quelque chose de très trompeur tant ce pays fait appel à l’immigration qui n’a rien de comparable avec les niveaux en France par exemple. Mais même en prenant la fécondité moyenne actuelle des USA ont obtient 1,88 enfant par femme. Les USA ne sont donc plus un système qui marche pour reprendre les termes de Todd

    Proportion de la population latino aux USA

    L’agonie économique des USA

    L’autre problème qu’il y a dans la vision idyllique de l’oncle Sam est économique. Todd sait pertinemment que les grands équilibres ne sont pas retrouvés. Le déficit commercial des USA est toujours aussi énorme et le chômage de longue durée commence à s’installer dans ce pays qui n’en a pas l’habitude. À y regarder de plus près j’ai même plutôt l’impression que les USA s’alignent sur les standards de la vielle Europe chômage élevé, natalité basse et pessimisme généralisé. Sans oublier les inégalités délirantes bien plus grandes qu’en Europe de l’Ouest malgré l’euro et la crise. Et que dire de ces millions d’Américains qui vivent des bons de nourriture. Dans l’OCDE il n’y a que deux pays qui souffrent plus de la faim que les Américainsc’est la Hongrie et l’Estonie. L’Europe d’ailleurs ne fait qu’appliquer en grande partie les politiques inventés et défendus par les USA. Le monétarisme délirant est une invention américaine. La plus grande souplesse des Américains sur la question monétaire ne doit pas faire oublier l’origine du dogme libre-échangiste. Les politiques d’expansion monétaire n’ont d’ailleurs fait que relancer une croissance par le gonflement des actifs financiers et du patrimoine immobilier. Il n’y a pas de vraie croissance créatrice d’emplois qualifiés. Et pour cause le libre-échange est toujours là.

    Plus grave Todd présente l’Amérique comme un ilot de bon sens alors qu’elle attise les flemmes de la guerre en Europe et soutient la Pologne et l’Ukraine dans leurs délires face à la Russie. Ajoutons à cela le traité de libre-échange entre l’UE et les USA et l’on voit à quel point Todd se trompe sur le rôle des USA en cette année 2014. Bush n’est plus là, mais la folie est toujours présente. L’empire continue d’aggraver les déséquilibres mondiaux pour maintenir son existence et son sacro-saint dollar. Todd était un peu plus clairvoyant pendant la deuxième guerre d’Irak. À moins qu’il ne se raccroche à l’Amérique pour ne pas sombrer dans le désespoir, ce que je peux tout à fait comprendre en cette période sombre. L’Europe est une catastrophe, mais l’Amérique ne va pas mieux.

    Todd reste cependant extrêmement intéressant à lire et à écouter. Il énerve d’autant plus quand il se trompe. Pour ceux qui ne l’auraient pas encore vue voici les différentes conférences vidéo de Todd récentes :..

    https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=ky-GP7GgW_4

    Todd à Montpellier sur l’évolution des structures familliales

    https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=BkrQkH5pA4A

    Todd au CERA sur l’Europe et l’euro.

    https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=a8Nk5rT0_nM

    Extrait mémorable de la conférence du CERA : personne ne comprend la monnaie.

    #Emmanuel-Todd
    #Harper's-magazine