person:jared diamond

  • La plongée des « collapsologues » dans la régression archaïque – Daniel Tanuro
    http://www.contretemps.eu/critique-collapsologie-regression-archaique

    A l’heure où la jeunesse de différents pays entame des mobilisations de masse face à la catastrophe climatique, se pose de façon d’autant plus urgente la nécessité de débattre des cadres d’analyses et des réponses politiques face à la crise environnementale. Parmi les courants de pensée les plus récents sur le marché éditorial, la collaposologie[1] s’avère être un succès de librairie, en particulier grâce aux livres co-écrits par Pablo Servigne. Ce succès, largement porté par une campagne publicitaire des plus classiques, est-il un bon signe pour les luttes écologiques et sociales ? Ou n’obscurcit-il pas les horizons émancipateurs que de telles luttes sont à même dessiner ?

    « Le regard tourné vers l’avant est d’autant plus pénétrant qu’il est conscient. L’intuition, authentique, se veut nette et précise. Ce n’est que si la raison se met à parler que l’espérance, vierge de toute fraude, recommence à fleurir » (Ernst Bloch)

     

    Dans leur ouvrage Comment tout peut s’effondrer, paru en 2014, Pablo Servigne et Rafaël Stevens créaient le concept de « collapsologie », qu’ils définissaient comme suit :

    « La collapsologie est l’exercice transdisciplinaire d’étude de l’effondrement de notre civilisation industrielle et de ce qui pourrait lui succéder, en s’appuyant sur les deux modes cognitifs que sont la raison et l’intuition et sur des travaux scientifiques reconnus ».

    Ce n’était qu’un point de départ. En 2017, Pablo Servigne signait un deuxième ouvrage – L’autre loi de la jungle – avec Gauthier Chapelle. Les auteurs y reprenaient la thèse de l’anarchiste russe Kropotkine qui, dans un essai célèbre, paru en 1902, défendait l’idée – déjà émise par Marx et Engels – que l’évolution des espèces ne résulte pas seulement de la compétition, mais aussi de l’entraide[2]. Enfin, en octobre 2018, le trio Servigne-Chapelle-Stevens signait Une autre fin du monde est possible. Vivre l’effondrement et pas seulement y survivre.

    L’impact de cette trilogie mérite qu’on s’y arrête. Les « collapsologues » jouissent en effet d’une grande renommée, dans des milieux extrêmement différents. D’une part, ils sont fort populaires sur les réseaux sociaux, dans des mouvances alternatives et auprès de nombreux/ses activistes de la mouvance écologique radicale. D’autre part, ils ont été reçus à Bercy et à l’Elysée, invités par les fédérations patronales de Belgique et de Suisse et les plus grands médias mainstream ont amplement commenté leurs écrits. Certains journaux dits « de qualité » ont même été jusqu’à saluer en eux les fondateurs d’une nouvelle discipline scientifique…Qu’est-ce donc qui suscite tant d’intérêt, voire d’engouement ?

    On se concentrera ici sur le dernier livre paru, Une autre fin du monde est possible. Pablo Servigne et ses amis y répondent implicitement à certaines critiques, en ignorent d’autres et approfondissent des thèmes développés précédemment. La grande nouveauté de l’ouvrage est de proposer aux lecteurs de passer de la « collapsologie » à la « collapsosophie », autrement dit de la science de l’effondrement à la philosophie de l’effondrement. On verra que cet exercice ambitieux les entraîne vers des conceptions fort discutables, et même dangereuses.

    #collapsologie #naturalisation_des_rapports_sociaux

    • Eh bé ça va loin là…

      D’emblée, le lecteur est frappé par une contradiction : Servigne, Stevens et Chapelle découvrent l’écoféminisme… mais Une autre fin du monde n’évoque ni la lutte des femmes pour leur émancipation, ni la nécessité d’un mouvement autonome des femmes, ni la place centrale de ce mouvement dans les combats contre la destruction environnementale et sociale. Les auteurs préfèrent développer l’idée que les « archétypes féminin et masculin » sont « des polarités qui ne s’opposent pas ». Estimant que « les hommes souffrent aussi de la blessure secrète du patriarcat », ils plaident pour la « réconciliation hommes-femmes » et nous invitent à pratiquer à cet effet des « rituels initiatiques ».

      C’est là que la « collapsosophie » dérape pour plonger dans la régression archaïque, non seulement en paroles, mais en actes. Question rituels, les auteurs recommandent en effet leurs bonnes adresses : aux lecteurs mâles, ils conseillent de suivre, comme ils l’ont fait eux-mêmes, les week-ends d’initiation du « nouveau guerrier » (New Warrior Training Adventure) organisés par le ManKind Project, dont ils chantent les louanges.

      Ce ManKind Project est un business mis sur pied par trois étasuniens à l’initiative d’un certain Bill Kauth. Pour celui-ci, psychothérapeute jungien, il s’agissait de répondre à la vague féministe des années quatre-vingts. Impressionné par le potentiel émancipateur des groupements féministes, Kauth décida de mettre sur pieds des groupes non mixtes censés permettre aux hommes aussi de se libérer, en retrouvant leurs racines profondes et leur âme de mâles « adultes et sains ». Bref, en assumant leur archétype masculin.

      #anti-féminisme #essentialisme #masculinisme

    • Merci ! J’appelle @tranbert qui a aussi lu le livre et m’a donné envie d’en savoir plus.
      De loin, le bouquin ressemble à ce que j’aime des alternatives écolo : la #positive_attitude qui refuse d’envisager les rapports de force, le gloubi-boulga de références mystico-philosophiques, etc. Et derrière la controverse sur les universaux en anthropologie, il y a vraiment ce truc de l’#essentialisme d’une « nature humaine » dont justement l’anthropologie a montré la variété...

      #effondrement #collapsologie #psychologisation #dépolitisation #anthropocène #bah

    • Merci @aude_v !

      #Daniel_Tanuro avait déjà écrit des articles un peu critiques sur ce sujet :

      Une critique de la « collapsologie » : C’est la lutte qui est à l’ordre du jour, pas la résignation endeuillée
      https://www.gaucheanticapitaliste.org/leffondrement-des-societes-humaines-est-il-inevitable-une-cri

      Crise socio-écologique : Pablo Servigne et Rafaël Stevens, ou l’effondrement dans la joie
      http://www.lcr-lagauche.org/pablo-servigne-et-rafael-stevens-ou-leffondrement-dans-la-joie

      Et il y a un article de Pierre Thiesset dans de numéro de mars de La Décroissance qui montre bien comment ces "scientifiques" se font les dupes volontaires et enthousiates de diverses mystoqueries...

    • À mettre en lien, donc, avec l’escroquerie intellectuelle d’#Aurélien_Barrau qui met sur le compte d’une nature humaine essentialisée le désastre écologique.
      (J’en causais ici : http://blog.ecologie-politique.eu/post/Des-mesures-potentiellement-impopulaires et depuis lors Descola a pris des distances très claires avec ce discours, lui qui avait gentiment signé la pétition des people.)
      C’est dix ans de réception de Jared Diamond par des scientifiques qui ont très peu d’humanités, au pluriel. D’ailleurs, au passage, dans un cours modestement intitulé « Histoire du monde », un de mes profs nous a raconté que personne sur l’île de Pâques ne s’est dit : « Allez, c’est moi qui vais couper le dernier arbre sinon c’est les autres qui le feront. » Il s’agit plus probablement d’un rat mangeur de graines d’arbres (entre autres) qui a ravagé un système qui à part ça ne devait pas aller très bien à cause de ce que le pouvoir de quelques-uns de nuire fait aux autres et au milieu...

    • Ceci dit, chez Adrastia, ils ont même prévu un kit de « résilience » : une sacoche de biffetons bien planquée sous un matelas (et quelques marchandise trocables accumulées en réserve), solutions on ne peut plus efficace pour assurer sa survie en milieu hostile : chacun pour soi et la monnaie pour tous. Mais c’est tellement « bien argumenté », que ces vieux réflexes d’accumulation (en cas de guerre, en cas de crise ou de victoire de la gauche) et bien ça passe crème, enfin chez les CSP++, je suppose. Mais sinon, l’essentiel est de garder sa capacité à « faire société » hein ! ... Un faire société en mode « arnaquez-vous les uns les autres et malheur aux vaincus ». Une somme pour tous les bons petits soldats (guerriers sains, droits et courageux d’avant le patriarcat) du capitalisme productiviste ’globalized’

      http://adrastia.org/plan-damortissement-des-chocs-deffondrement

      Je suis un citoyen lambda, plutôt aisé, ingénieur et entrepreneur, maison, famille nombreuse, les deux pieds dans le système, le bon hamster dans sa roue en fait.

      C’est on ne peut plus clair, non ?

      #la_résilience_sans_peine #darwinisme_social #pourritures #hamster (et fier de l’être)

    • Où l’on découvre un nouveau syndrome dépressif : l’éco-anxiété :
      https://www.francetvinfo.fr/sante/environnement-et-sante/quand-le-changement-climatique-attaque-la-sante-mentale-et-si-votre-dep

      (et aussi)
      Histoire en BD d’un jeune couple gentil qui décide de passer à la « résilience ».
      http://adrastia.org/tout-va-bien-enfin-ca-va-aller

      Plüche est illustratrice et travaille sur un projet de BD, Nours est menuisier et travaille en parallèle sur des projets d’écriture et de photographie. Tous les deux sont fusionnels et vivent heureux et modestement. Mais en ce début d’année, l’équilibre économique mondial commence à s’effriter sérieusement et nos deux personnages, habitants d’une grande ville et loin d’être autonomes, vont subir ce qui se révèlera être la plus grande crise économique que l’Histoire ait connue.

      Pour passer direct à la lecture de la BD :
      https://bdtoutvabien.tumblr.com/post/179654965981/tout-va-bien-sur-vos-%C3%A9crans-en-janvier-2019

      Où l’on découvre (page 12) l’engouement de nos deux jeunes gens pour la collapsologie :
      Madame écoute (en faisant un peu d’exercice physique) une interview de Pablo Servigne (sur la chaîne Youtube de Thinkerview)
      Dialogue entre Madame et Monsieur (page 13) :
      Elle : Il faut que tu écoutes cet interview.
      Lui : D’accord. Je ferai ça cet aprèm en allant à l’atelier.
      Elle : J’ai écouté le début.
      Lui (les pieds déjà sous la table) : Notre cher Pablo est toujours aussi calme ?
      Elle (finissant de réchauffer une gamelle de pâtes) : Ah, toujours.
      (Puis faisant une petite bise affectueuse à Monsieur qui semble un peu contrarié quand même)
      Et toujours aussi beau !

      (Ouch ! ...)


  • #Ghost_Towns | Buildings | Architectural Review

    https://www.architectural-review.com/today/ghost-towns/8634793.article

    Though criticised by many, China’s unoccupied new settlements could have a viable future

    Earlier this year a historic landmark was reached, but with little fanfare. The fact that the people of China are now predominantly urban, was largely ignored by the Western media. By contrast, considerable attention focused on China’s new ‘ghost towns’ or kong cheng − cities such as Ordos in the Gobi desert and Zhengzhou New District in Henan Province which are still being built but are largely unoccupied.

    By some estimates, the number of vacant homes in Chinese cities is currently around 64 million: space to accommodate, perhaps, two thirds of the current US population. However, unlike the abandoned cities of rust-belt America or the shrinking cities of Europe, China’s ghost cities seem never to have been occupied in the first place. So to what extent are these deserted places symbolic of the problems of rapid Chinese urbanisation? And what is revealed by the Western discourse about them?

    Characterised by its gargantuan central Genghis Khan Plaza and vast boulevards creating open vistas to the hills of Inner Mongolia, Ordos New Town is a modern frontier city. It is located within a mineral rich region that until recently enjoyed an estimated annual economic growth rate of 40 per cent, and boasts the second highest per-capita income in China, behind only the financial capital, Shanghai.

    Having decided that the existing urban centre of 1.5 million people was too crowded, it was anticipated that the planned cultural districts and satellite developments of Ordos New Town would by now accommodate half a million people rather than the 30,000 that reputedly live there.

    Reports suggest that high profile architectural interventions such as the Ai Weiwei masterplan for 100 villas by 100 architects from 27 different countries have been shelved, although a few of the commissions struggle on.

    It seems that expectations of raising both the region’s profile (at least in ways intended) and the aesthetic esteem of its new residents have failed to materialise. Instead, attention is focused on the vacant buildings and empty concrete shells within a cityscape devoid of traffic and largely empty of people.

    Estimates suggest there’s another dozen Chinese cities with similar ghost town annexes. In the southern city of Kunming, for example, the 40-square-mile area of Chenggong is characterised by similar deserted roads, high-rises and government offices. Even in the rapidly growing metropolitan region of Shanghai, themed model towns such as Anting German Town and Thames Town have few inhabitants. In the Pearl River Delta, the New South China Mall is the world’s largest. Twice the size of the Mall of America in Minneapolis, it is another infamous example of a gui gouwu zhongxin or ‘ghost mall’.

    Located within a dynamic populated region (40 million people live within 60 miles of the new Mall), it has been used in the American documentary Utopia, Part 3 to depict a modern wasteland. With only around 10 of the 2,300 retail spaces occupied, there is an unsettling emptiness here. The sense that this is a building detached from economic and social reality is accentuated by broken display dummies, slowly gliding empty escalators, and gondolas navigating sewage-infested canals. The message is that in this ‘empty temple to consumerism’ − as described by some critics − we find an inherent truth about China’s vapid future.

    Anting German Town Shanghai

    The main square of Anting German Town outside Shanghai. One of the nine satellite European cities built around the city, it has failed to establish any sense of community. The Volkswagen factory is down the road

    Pursued through the imagery of the ghost town, the commentary on stalled elements of Chinese modernity recalls the recent fascination with what has been termed ‘ruin porn’ − apocalyptic photographs of decayed industrial structures in cities such as Detroit, as in the collection The Ruins of Detroit by Yves Marchand and Romain Meffe. These too dramatise the urban landscapes but seldom seem interested in enquiring about the origins and processes underlying them.

    In his popular work Collapse, Jared Diamond fantasised that one day in the future, tourists would stare at the ‘rusting hulks of New York’s skyscrapers’ explaining that human arrogance − overreaching ourselves − is at the root of why societies fail. In Requiem for Detroit, filmmaker Julian Temple too argues that to avoid the fate of the lost cities of the Maya, we must recognise the ‘man-made contagion’ in the ‘rusting hulks of abandoned car plants’. (It seems that even using a different metaphor is deemed to be too hubristic.)

    In terms of the discussion about Chinese ghost cities, many impugn these places as a commentary on the folly of China’s development and its speed of modernisation. Take the Guardian’s former Asia correspondent, Jonathan Watts, who has argued that individuals and civilisations bring about their own annihilation by ‘losing touch with their roots or over-consuming’. Initial signs of success often prove to be the origin of later failures, he argues. In his view, strength is nothing more than potential weakness, and the moral of the tale is that by hitting a tipping point, civilisations will fall much more quickly than they rise.

    In fact, China’s headlong rush to development means that its cities embody many extremes. For example, the city of Changsha in Hunan Province recently announced that in the space of just seven months it would build an 838 metre skyscraper creating the world’s tallest tower. Understandably, doubts exist over whether this can be achieved − the current tallest, the Burj Khalifa in Dubai, took six years to build. Yet such is the outlook of a country with so much dynamic ambition, that even the seemingly impossible is not to be considered off-limits. At the other end of the scale, it was recently revealed that 30 million Chinese continue to live in caves − a reflection of under-development (not an energy efficient lifestyle choice).

    In the West, a risk averse outlook means that caution is the watchword. Not only is the idea of building new cities a distant memory, but data from the US and UK betrays that geographical mobility is reducing as people elect to stay in declining towns rather than seek new opportunities elsewhere. By contrast, China is a country on the move − quite literally. In fact the landmark 50 per cent urbanisation rate was achieved some years ago, driven by a ‘floating population’ of perhaps 200 million people, whose legal status as villagers disguises the fact they have already moved to live and work in cities.

    If cramming five to a room in the existing Anting town means easy access to jobs then why move to Anting German Town, accessible via only a single road, and surrounded by industrial districts and wasteland? But it is also clear that China is building for expansion. The notion of ‘predict and provide’ is so alien to Western planners these days, that they are appalled when particular Chinese authorities announce that they will build a new town with three-lane highways before people move there. How absurd, we say. Look, the roads are empty and unused. But in this debate, it is we who have lost our sense of the audacious.

    When assessing the ghost cities phenomenon, it seems likely that in a country growing at the breakneck speed of China, some mistakes will be made. When bureaucratic targets and technical plans inscribed in protocols and legislation are to the fore, then not all outcomes of investment programmes such as a recent $200 billion infrastructure project will work out. And yes, ghost cities do reflect some worrying economic trends, with rising house prices and the speculative stockpiling of units so that many apartments are owned but not occupied.

    But these problems need to be kept firmly in perspective. The reality is that meaningful development requires risk-taking. The ghost cities today may well prove to be viable in the longer term, as ongoing urbanisation leads to better integration with existing regions, and because by the very virtue of their creation, such areas create new opportunities that alter the existing dynamics.

    #chine #urban_matter #villes_fantômes #architecture


  • Renaud Duterme : « Le fil rouge de l’effondrement, c’est l’explosion des inégalités »
    http://cqfd-journal.org/spip.php?page=pages_mobiles&squelette_mobile=mobile/article&id_article=2542

    Le discours sur l’effondrement est très dépolitisé, à l’image des best-sellers de Pablo Servigne ou de Jared Diamond. Comme s’il ne fallait pointer ni le capitalisme ni les classes dirigeantes dans le désastre en cours...

    « En ce qui me concerne, c’est justement après la lecture du livre de Jared Diamond que j’ai eu l’idée d’écrire sur le sujet. Dans son livre pourtant volumineux, on ne trouve en effet aucune mention du capitalisme et très peu d’analyses en termes de rapports de classes et d’exploitation (du moins quand il parle de notre civilisation). Il n’y a somme toute rien de surprenant, car Diamond ne s’est jamais fait remarquer pour ses opinions de gauche.

    C’est différent pour Raphaël Stevens et Pablo Servigne. Je connaissais ce dernier personnellement avant qu’il ne sorte Comment tout peut s’effondrer et il ne s’est jamais caché de ses tendances libertaires. Pourtant le mot “capitalisme” est également absent de son livre. En fait, lui et son co-auteur ont préféré adopter une posture scientifique et non partisane dans le but de toucher un maximum de personnes. Si je peux comprendre cette posture “fédératrice”, il est clair que c’est un désaccord que j’ai avec une grande partie de cette mouvance dite “collapsologique”.

    Au regard des facteurs objectifs qui nous conduisent au désastre, il est en effet clair que la logique capitaliste, l’accaparement des richesses et l’explosion des inégalités sont les causes fondamentales de l’impasse dans laquelle nous sommes. Il est d’autant plus important de le souligner que les catastrophes à venir vont encore davantage creuser le fossé entre une infime minorité et le reste de la société, tout en permettant au grand capital et aux classes dominantes d’accentuer leur emprise sur l’ensemble de la société. Naomi Klein a parfaitement analysé ce qu’elle nomme très justement le “capitalisme du désastre”. »

    Dans La Stratégie du choc [4], Naomi Klein démontre que le néo-libéralisme mondialisé se nourrit des catastrophes naturelles et des soubresauts politiques. Cela semble remettre en cause cette idée récurrente selon laquelle un effondrement permettrait d’enfin tourner la page de la course à l’abîme capitaliste...

    « Si le capitalisme est empêtré dans ses contradictions, il ne risque pas de s’effondrer de lui-même. Au contraire : on voit que le désarroi et l’insécurité économique et sociale favorisent la mainmise du capital sur l’ensemble de la société. La Grèce illustre bien cette tendance. On a vu comment une crise économique est utilisée par les classes dominantes pour justifier des politiques antisociales drastiques. C’est somme toute ce qu’il s’est passé dans les nombreux pays du Sud qui ont vu intervenir le FMI dans leurs affaires intérieures.

    Par ailleurs, le sentiment d’insécurité (réel ou fantasmé) qui accompagne nécessairement les catastrophes, qu’elles soient naturelles ou sociales, fournit de nouvelles niches pour des capitaux à la recherche de rentabilité. Le contrôle des frontières, les dispositifs de surveillance et le gigantesque marché de la sécurité laissent ainsi entrevoir ce que Mathieu Rigouste nomme un keynésianisme sécuritaire, qui a probablement de beaux jours devant lui. »

    Au regard de ces perspectives, on voit également surgir des appels à un contrôle radical de la démographie. Vous êtes très critiques à ce sujet...

    « C’est une problématique qui revient souvent dans les débats. Il est clair que résoudre les problèmes auxquels l’humanité fait face est plus compliqué sur une planète à 7,5 milliards d’habitants que sur une à 2 milliards. Cela dit, la plupart des néo-malthusiens ne veulent pas admettre l’évidence : mettre cette question au centre du débat revient implicitement à envisager une solution autoritaire du style de celle qu’a mise en place le gouvernement chinois.

    Excepté une solution coercitive, la meilleure façon pour que les familles fassent moins d’enfants est d’améliorer les conditions économiques dans lesquelles elles vivent (sécurité sociale, démocratisation de la contraception, revenus décents) et de favoriser l’émancipation des femmes. En d’autres termes : si les fétichistes de la question démographique usaient autant d’énergie à combattre les inégalités et le néo-colonialisme qui ont appauvri les pays du Sud, la population finirait de facto par se stabiliser. »


  • Malthus en Afrique : le génocide du Rwanda
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?894-malthus-en-afrique

    Chapitre 10 du #Livre de Jared Diamond « Effondrement. Comment les sociétés décident de leur disprition ou de leur survie », Gallmard 2006, pp. 513-534. Lire des abstractions sur « l’explosion démogra­phique » est une chose ; rencontrer jour après jour des rangées d’enfants tout le long de la route, en Afrique de l’Est, réclamant aux touristes de passage un stylo pour écrire à l’école en est une autre. L’impact du nombre d’habitants sur le paysage est bien visible : dans les pâturages, l’herbe est clairse­mée (...)

    #Dynamiques_Géopolitiques

    / Diamond J., #Anthropologie, #Économie, #Psycho-sociologie, Anéantissement / Génocide, Livre, #Démographie, #Guerre, #Agronomie, (...)

    #Diamond_J. #Anéantissement_/_Génocide #Écologie


  • Quand Edouard Philippe et Nicolas Hulot papotent théorie de l’effondrement
    Annabelle Laurent, Usbek & Rica, le 4 juillet 2018
    https://usbeketrica.com/article/edouard-philippe-et-nicolas-hulot-papotent-theorie-de-l-effondrement

    « Cette question me taraude beaucoup plus que certains ne peuvent l’imaginer », a assuré Edouard Philippe, mardi 3 juillet, lors d’un Facebook Live organisé avec Nicolas Hulot. Le sujet ? L’effondrement, ce discours de plus en plus audible annonçant l’effondrement économique et écologique de notre civilisation. Mais l’interprétation que fait le Premier ministre de Collapse, le livre du géographe et biologiste américain Jared Diamond, qu’il cite régulièrement comme référence, est toute personnelle.

    Traduction possible de cet échange quelque peu lunaire : parler effondrement, passe encore, mais n’allez pas faire dire au Premier ministre que la décroissance s’impose dans l’intérêt des générations futures.

    On l’ajoute à la troisième compilation :
    https://seenthis.net/messages/680147

    #effondrement #collapsologie #catastrophe #fin_du_monde #it_has_begun #Anthropocène #capitalocène

    #Edouard_Philippe #Nicolas_Hulot

    Pendant ce temps :

    Le gouvernement annonce ce mercredi, par la voix de Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire, son « plan pour la Biodiversité ». Il est très attendu, notamment par les auteurs de deux études conjointes entre le Museum national d’histoire naturelle et le CNRS, qui alertaient, au printemps, de l’inquiétante disparition des oiseaux de plaines. Pour eux, il est temps de penser un autre modèle agricole, davantage centré sur la biodiversité.

    Disparition des oiseaux de plaines : « L’ensemble de l’écosystème est en train de s’effondrer »
    Marie Merdrignac, Ouest France, le 4 juillet 2018
    https://seenthis.net/messages/706456


  • L’histoire de la population nord-européenne révélée par les anciens génomes.
    Max Planck Institute for the Science of Human History.

    Pour cette étude, l’équipe de recherche, composée de scientifiques de Lituanie, Lettonie, Estonie, Russie et Suède, a rassemblé des données génomiques de 38 anciens Européens du Nord, de chasseurs-cueilleurs nomades du Mésolithique (il y a environ 12 000 à 7 000 ans), d’agriculteurs néolithiques dans le sud de la Suède (il y a environ 6 000 à 5 300 ans) jusqu’aux métallurgistes de l’âge du bronze tardif dans la Baltique orientale (environ 1300 à 500 avant notre ère).

    Il en ressort deux points :

    – il y a eu deux routes de colonisation de la Scandinavie
    – l’agriculture et l’élevage ont été importés par de nouveaux arrivants

    Northern European population history revealed by ancient human genomes | Max Planck Institute for the Science of Human History
    http://www.shh.mpg.de/803153/northern-european-population-history

    #Préhistoire #peuplement #Mésolithique #Néolithique #âge_du_bronze #Max_Planck_Institut #Europe #14000-2500BP


  • Sequoyah — Wikipédia
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Sequoyah

    Je découvre le génie de cet Amérindien analphabète qui a inventé l’écriture cherokee (merci Jared Diamond)

    Sequoyah (ᏍᏏᏉᏯ Ssiquoya en langue cherokee), également connu sous le nom de George Guess, Guest ou Gist, né vers 1767 et mort en juillet ou août 1843 est un orfèvre cherokee et inventeur de l’alphabet cherokee.

    Il en complète indépendamment la création en 1821, rendant par la même l’#écriture et la #lecture du Cherokee possible. Il est l’un des seuls membres d’un peuple pré-alphabétisé à avoir crée un système d’écriture original et efficace par lui-même1. La nation Cherokee commence rapidement à utiliser l’alphabet, celui-ci est officiellement adopté en 1825. Leur taux d’alphabétisation a rapidement dépassé celui des colons européens vivant autour d’eux2.


  • Le temps de l’efflorescence
    http://www.laviedesidees.fr/Le-temps-de-l-efflorescence.html

    Aux Ve et IVe siècles avant notre ère, la Grèce a connu un #développement économique, politique et culturel exceptionnel — au point qu’on a pu parler, avec Renan, d’un « miracle grec ». Pour J. Ober, c’est un effet des relations nombreuses qu’entretenaient les cités.

    Livres & études

    / #démocratie, #concurrence, développement

    #Livres_&_études


  • La géographie ubiquitaire
    http://binaire.blog.lemonde.fr/2017/09/08/la-geographie-ubiquitaire

    La géographie est une science sociale interdisciplinaire, avec des interactions fortes avec la sociologie et l’économie, et des liens étroits avec les sciences naturelles. Ma recherche porte sur la géographie humaine, c’est-à-dire l’étude de la manière dont les sociétés organisent leur espace, de manière différenciée selon les régions du monde. Je m’intéresse aux villes et à ce qu’elles ont de commun, notamment dans leur dynamique, la façon dont elles évoluent au cours du temps.

    La principale question des géographes depuis la fin du 18e siècle, c’est de comprendre la diversité du monde. On a d’abord expliqué cette diversité par des inégalités physiques, des différences entre les sols et les cadres naturels, le rôle des dotations initiales naturelles. Jared Diamond a récemment actualisé ce fil explicatif. Mais la géographie a ensuite beaucoup insisté sur la dimension spatiale, les effets de proximité et de réseaux dans les organisations des sociétés et leurs rencontres, selon un mécanisme de type centre-périphérie qui rend compte d’une grande partie des inégalités entre les sociétés humaines, à différentes échelles.


  • Jean-Baptiste Fressoz, L’apocalypse et l’anthropocène, 2013
    https://sniadecki.wordpress.com/2017/07/19/fressoz-vacarme

    Quand il se penche sur la planète et son histoire, Jean-Baptiste Fressoz interroge non seulement les éblouissements du progrès technique et les ruses déployées pour en masquer les dangers, mais aussi les ruptures épistémologiques trop brillantes, qui veulent opposer une modernité insouciante des dégâts qu’elle causait à la Terre à une post-modernité qui en aurait pleinement conscience. Contre l’occultation de la réflexivité environnementale des sociétés passées et la promotion de lumières écologiques contemporaines, plus aveuglantes que réellement « vertes », il propose une re-politisation de l’histoire à l’aune de l’écologie.

    Vacarme : Comment vous êtes-vous intéressé à l’histoire environnementale ?

    Jean-Baptiste Fressoz : Je voulais remettre en cause le discours assez complaisant et très énervant qui voudrait que les questions environnementales soient l’objet d’une prise de conscience récente, parallèle à leur médiatisation croissante. Dans le jargon philosophico-sociologique actuel cela s’appelle la réflexivité. On serait entré depuis peu seulement dans une nouvelle phase de la modernité dite réflexive.

    #écologie #Histoire #Jean-Baptiste_Fressoz #Vacarme #interview #réflexivité



  • Pourquoi la Nouvelle-Zélande fascine Wall Street
    http://www.dedefensa.org/article/pourquoi-la-nouvelle-zelande-fascine-wall-street

    Pourquoi la Nouvelle-Zélande fascine Wall Street

    Apocalypse Island : c’est ainsi qu’un rédacteur de Lewrockwell.com nomme la Nouvelle-Zélande. Le paradis tempéré du Seigneur des Anneaux est devenu depuis une dizaine d’années une capitale immobilière d’un genre particulier : on achète des îles hors de prix, des grandes propriétés, des haciendas comme en Patagonie. Mais la Nouvelle-Zélande précise l’article est avantagée car son archipel est loin de tout (la Patagonie n’est qu’à deux mille kilomètres du populeux Brésil ou de Buenos Aires…) et qu’il ne figure pas sur les cibles nucléaires. Le cinéaste Peter Jackson a joué un rôle aussi ici en filmant ce paradis pseudo-médiéval propre à attirer les milliardaires en mal de résidence secondaire eschatologique. Les plus négligents oublieront de lire Jared Diamond et sa (...)


  • La #civilisation de l’#Indus, des terres fertiles au désert aride  - Le Temps
    https://www.letemps.ch/sciences/2016/12/26/civilisation-lindus-terres-fertiles-desert-aride

    Si elle s’avère exacte, la théorie du changement climatique suppose que la civilisation de l’Indus fut contrainte de quitter sa vallée devenue infertile. Une #migration qui pourrait avoir mené ces « réfugiés climatiques » vers les plaines du Gange. « Cela s’est accompagné d’un changement dans les stratégies de subsistance. La civilisation de l’Indus s’est progressivement convertie dans des cultures céréalières estivales basées sur le riz et le millet, deux denrées plus à même de supporter ces nouvelles conditions climatiques et nécessitant, pour le riz, le développement d’une #agriculture irriguée », confie Aurore Didier. « Elle a également tissé des liens avec de nouveaux partenaires commerciaux. »

    Pas de quoi donc parler d’« effondrement » d’une société au sens de l’anthropologue Jared Diamond. Il s’agit plutôt d’une adaptation graduelle à l’évolution de l’#environnement, s’étant étalée sur plusieurs siècles. La civilisation de l’Indus s’est éteinte au fur et à mesure que sa culture, ses cités et son réseau commercial se régionalisaient et se transformaient.

    #climat


  • Voilà, moi, ce genre de propos, me rendent dingue !
    Il n’y a pas de #société_traditionnelle ! Toute société est une #société_contemporaine... on vit tous et toutes sur la même planète, au même moment. Toute société est traditionnelle, ou alors aucune ne l’est !

    #tradition #sociétés_traditionnelles

    https://www.unige.ch/public/evenements/prix-latsis

    Si certains peuples ethniques de Nouvelle Guinée, du bassin amazonien ou d’autres contrées lointaines peuvent a priori nous paraître exotiques, ils sont confrontés aux mêmes problèmes que nos sociétés modernes : l’éducation des enfants, le vieillissement de la population, le système de santé, les conflits entre individus ou encore la sécurité.

    Fort de 52 années passées sur le terrain, Jared Diamond expliquera à l’occasion d’une conférence ouverte au public, que nos sociétés modernes ont beaucoup à apprendre des sociétés tribales, dont les solutions, en ternes de capacité d’adaptation à leur environnement, présentent de nombreux avantages par rapport à ce que les peuples occidentaux préconisent.

    Jared Diamond, conférencier de renommée internationale, est notamment à l’origine de trois best-sellers qui ont bouleversé le récit classique de l’histoire : Le troisième chimpanzé (1991), qui décrit les premiers méfaits d’homo sapiens sur la nature, De l’inégalité parmi les sociétés (1997), qui montre comment la géographie favorise ou pénalise le développement des civilisations et Effondrement : comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie (2005), qui explique comment, à plusieurs reprises, les destructions de notre environnement ont contribué à l’écroulement de sociétés.

    Il a reçu de nombreux prix honorifiques pour son travail dont le prix Pulitzer en 1998.

    #mots #terminologie #évolutionnisme #vocabulaire #nous_sommes_tous_contemporains #Jared_Diamond

    • Le pire c’est que dans ses livres Jared Diamond explique la même chose que ce que tu dis ! Mais il est souvent mal traduit ; le titre "de l’inégalité…" par exemple, est atroce, alors que l’original s’intitule “Guns, Germs and Steel”.


  • L’#agriculture ou la pire erreur de l’#histoire de l’humanité (par Jared Diamond & Clive Dennis) – Le Partage
    http://partage-le.com/2016/09/lagriculture-ou-la-pire-erreur-de-lhistoire-de-lhumanite-par-jared-diamo

    « L’agriculture est une invention humaine assez récente, et à bien des égards, ce fut l’une des idées les plus stupides de tous les temps. Les chasseurs-cueilleurs pouvaient subsister grâce à des milliers d’aliments sauvages. L’agriculture a changé tout cela, créant une dépendance accablante à quelques dizaines d’aliments domestiqués, nous rendant vulnérable aux famines, aux invasions de sauterelles et aux épidémies de mildiou. L’agriculture a permis l’#accumulation de ressources produites en surabondance et, inévitablement, à l’accumulation inéquitable ; ainsi la société fut stratifiée et divisée en #classes, et la #pauvreté finalement inventée ».

    • « Je ne pense pas que la plupart des chasseurs-cueilleurs cultivaient avant d’y être obligés, et lorsqu’ils ont fait la transition vers l’agriculture ils ont échangé la qualité pour la quantité »

      Donc c’est la contraception qu’il aurait fallu inventer.

    • C’est l’inverse de la contraception qui s’est produit. Dans un documentaire diffusé sur Arte (Sous la peau) le sujet du passage à l’agriculture était évoqué car l’alimentation changeant (75 plantes différentes consommées par les chasseurs-cueilleurs, une dizaine pour les agriculteurs) les bactéries ingérées ont changé (l’apparition des caries date de cette époque...)
      Par ailleurs les agricultrice étaient de vraie bêtes de somme pour les hommes donc, comme il est dit dans cet article :
      « Libérées du besoin de transporter leurs bébés durant une existence nomade, et sous pression en raison du besoin en bras pour labourer les champs, les femmes agricultrices ont eu tendance à tomber plus souvent enceinte que leurs congénères chasseuses-cueilleuses »

      Le docu de Arte précisait que les chasseuses-cueilleuses avaient en moyenne 1 enfant tous les 4-5 ans (avortement, infanticides...), l’intervale est passé à 2 ans chez les agricultrices (pour éviter les corvées agricoles).

    • Oui, mais comme cela est expliqué dans l’article (et confirmé a priori par plusieurs recherches), l’agriculture est née car les êtres humains devenaient malgré tout trop nombreux pour le mode de vie « chasseur/cueilleur » et c’était donc un moyen de produire plus (et ça a « permis » de se reproduire encore plus, donc le mouvement était irrémédiable).

    • Cet ancien article de Jared Diamond (1987), illustre une fois de plus son obsession pour la croissance démographique comme moteur principal de l’évolution des activités humaines. Cette obsession a été particulièrement critiquée à l’occasion de ces livres De l’inégalité parmi les sociétés (1997) et Effondrement : Comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie (2005) voir en particulier les articles de Daniel Tanuro et le livre collectif Questioning Collapse https://seenthis.net/messages/519656

      Sur les pistes d’explication du développement de l’agriculture, on peut écouter Jean-Denis VIGNE (Archéozoologue et biologiste au Muséum National d’Histoire naturelle) dans cette conférence de mars 2014 où il relate l’état des récentes recherches (en particulier à partir de la quarantième minute). Il souligne à quel point les différentes causalités sont mêlées et l’importance de l’évolution culturelle comme moteur :

      https://www.youtube.com/watch?v=YQVr0Q86RXw

      Sinon il y a aussi les émission de Jean Claude Ameisen Sur les Épaules de Darwin consacrée à la naissance et la diffusion de l’agriculture :

      https://www.youtube.com/watch?v=BMKeRny7uFM

      https://www.youtube.com/watch?v=Ah2zZRKTdRs

      Les passages où Jared Diamond soutien la thèse de la croissance démographique :

      Ces éléments suggèrent que les indiens des Dickson Mounds, à l’instar de beaucoup d’autres peuples primitifs, se sont mis à cultiver, non par choix, mais par nécessité, afin de nourrir leur population en constante augmentation.

      [...]

      L’agriculture pouvait soutenir une population bien plus importante que la chasse, en dépit d’une qualité de vie plus pauvre.

      [...]

      Tandis que les densités de population des chasseurs-cueilleurs s’élevèrent doucement à la fin des périodes glaciaires, des groupes durent choisir entre nourrir plus de bouches en s’orientant vers l’agriculture , et trouver des moyens pour limiter cette croissance . Quelques groupes choisirent la première solution, incapables d’anticiper les mauvais côtés de l’agriculture et séduits par l’abondance éphémère dont ils bénéficièrent jusqu’à ce que la croissance de la population rattrape l’augmentation de la production de nourriture. Ces groupes-là se reproduisirent en grand nombre, puis s’en vinrent décimer les groupes qui avaient choisi de rester chasseurs-cueilleurs, parce qu’une centaine d’agriculteurs mal nourris peuvent quand même combattre un seul chasseur-cueilleur isolé. Les chasseurs-cueilleurs n’ont pas vraiment abandonné leur mode de vie, mais ceux qui s’étaient montrés assez raisonnables pour le conserver ont été expulsés, sauf des régions dont les agriculteurs ne voulaient pas.

      A ce stade, il est utile de rappeler l’accusation banale qui prétend que l’archéologie est un luxe, préoccupé par le passé lointain et n’offrant aucune leçon pour le présent. Les archéologues étudiant l’avènement de l’agriculture ont reconstitué une période cruciale, celle où nous avons commis la pire erreur de l’histoire humaine. Sommés de choisir entre limiter la population ou essayer d’augmenter la production de nourriture, nous avons choisi cette dernière solution et ainsi subi la famine, la guerre, et la tyrannie.

      #néolithique

    • @fsoulabaille j’ai pas l’impression qu’on a lu le même texte. Tu dit que ce sont les hommes (avec un petit h, donc à l’exclusion des femmes) qui sont transformés en bêtes de somme, alors que l’article parle des femmes très clairement et donne des exemple de femmes qui portent les fardeaux les plus lourds tandis que les hommes se baladent les mains vides.

      Et je sais pas ou tu as lu que les femmes agricultrices évitent des corvées lorsqu’elles ont deux fois plus d’enfants que les femmes chasseuses-ceuilleuses. La différence c’est que les chasseuses-ceuilleuses devaient porter les enfants pendant presque 4 ans sur leur dos pour la cueillettes et la chasse puisqu’ils fallait se déplacé pour avoire des ressources. Alors que dans le système agricole sédentaire, elles peuvent les poser plus tot au sol à coté d’elles pour travailler plus et enfanter plus. C’est pas vraiment ce que j’appelle « évité des corvées », c’est plutot à l’inverse une multiplications des corvées et charges de travail pour les femmes.

      Encore aujourd’hui dans l’agriculture les femmes travaillent plus que les hommes puisqu’elles sont au champs, au transport des marchandises, doivent allé chercher l’eau, le bois pour le foyer, et aussi à la maison à faire les tâches domestiques, les repas, soins aux enfants, soins des vieux, des bêtes... J’ai jamais vu que les femmes agricultrices soient dispensé de travaille au prétexte d’être enceintes, mais elles sont par contre dispensé de reconnaissance de leur travail, de rémunération, d’une alimentation correcte... L’article ne dit pas que les femmes enceintes agricultrices se la coulent douce et ca serait bien de documenté cette affirmation qui me semble une déformation de la culture bourgeoise occidentale moderne.

      Il y a aussi le fait que les hommes agriculteurs se réservent les outils et en privent les femmes. Voire Paola Tabet à ce sujet. Les hommes utilisent le bœuf, ânes ou le cheval de trait pour tirer la charrue et les femmes font tout à la main, si c’est pas elles qui sont harnachées à la charrue avec les bête.


  • Je constate un manque dans l’incroyable somme de références que fait vivre Seenthis, tout un ensemble d’articles critiques, en particulier ceux de #Daniel_Tanuro, portant sur #Jared_Diamond et ses livres :
    - Guns, Germs, and Steel : The Fates of Human Societies (1997) traduit en français par De l’inégalité parmi les sociétés : Essai sur l’homme et l’environnement dans l’histoire
    - #Collapse : How Societies Choose to Fail or Survive (2005) traduit en français sous le titre Effondrement : Comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie

    et la réponse universitaire pour les déconstruire :

    Questioning Collapse - Human Resilience, Ecological Vulnerability, and the Aftermath of Empire (2010) http://www.cambridge.org/fr/academic/subjects/archaeology/archaeological-science/questioning-collapse-human-resilience-ecological-vulnerability-and-afterm

    L’inquiétante pensée du mentor écologiste de M. Sarkozy - par Daniel Tanuro ; décembre 2007
    https://www.monde-diplomatique.fr/2007/12/TANURO/15400

    Quand il passe à l’analyse de la crise contemporaine, l’ouvrage dresse une liste de problèmes environnementaux (destruction des écosystèmes naturels, prélèvement excessif sur les ressources, déclin de la biodiversité, érosion et dégradation des sols, exploitation inconsidérée des stocks d’énergies fossiles, surexploitation des ressources en eau douce, empoisonnement chimique, propagation d’espèces invasives, réchauffement dû à l’effet de serre) qui, curieusement, inclut aussi la croissance de la population humaine et la croissance de l’impact de cette population sur l’environnement. Cette croissance « affecte tous les autres problèmes », dit Diamond. Une démarche contestable. En effet, puisque la crise écologique est due au mode social d’activité, composer une liste de « problèmes écologiques » incluant une seule dimension de cette activité ne peut que désigner automatiquement cette dimension-là comme « le » superproblème déterminant tous les autres.

    [...]

    S’agissant de l’état de l’environnement dans son pays, l’auteur croit pouvoir affirmer que « les plaintes exprimées par quasiment tout le monde à Los Angeles sont celles qui sont liées directement à notre population déjà élevée et qui continue de croître : nos embouteillages incurables ; le prix très élevé des logements, résultat du fait que des millions de gens travaillent dans quelques centres d’emploi alors qu’il n’y a qu’un espace résidentiel limité autour de ces centres ».

    [...]

    Dans chaque cas, la méthode suivie consiste à dépouiller le problème étudié de tout ce qu’il a de social, de politique et d’économique, pour ne laisser subsister que de prétendues causes environnementales. Celles-ci sont ensuite ramenées au fait que la population trop élevée continue malgré tout à croître.

    [...]

    Voici par exemple ce qu’on peut lire en conclusion d’un paragraphe décrivant les ravages causés aux forêts américaines par diverses espèces invasives de champignons et d’insectes originaires de Chine : « Une autre espèce dont la Chine a une population abondante, qui a de grands impacts écologiques et économiques, et qu’elle exporte en nombres croissants, est Homo sapiens. Par exemple, la Chine est passée à la troisième place en tant que source d’immigration légale en Australie, et des nombres significatifs d’immigrants, illégaux aussi bien que légaux, traversant l’océan Pacifique, atteignent même les Etats-Unis. »

    [...]

    Pour bien saisir ce point, il nous faut attirer l’attention sur un autre tour de passe-passe de notre auteur à succès. La liste des problèmes environnementaux qu’il dresse comporte non seulement la croissance de la population mais aussi la croissance de l’impact environnemental de la population, par habitant. A première vue, on s’attend à ce que ce concept d’impact soit introduit pour relativiser l’importance des effectifs absolus, puisqu’un même nombre d’êtres humains peut avoir des effets environnementaux fort différents en fonction du mode social de production et de consommation. #Effondrement, en fait, ne s’intéresse pas, en priorité, à l’impact écologique par personne, mais à la croissance de cet impact. Or, comme cette croissance est aujourd’hui plus grande dans certains pays en voie de développement que dans les pays développés, l’attention est détournée de l’injustice des rapports Nord-Sud pour être focalisée sur la menace écologique consécutive au développement des pays pauvres. Ainsi, par un déplacement d’accent à peine perceptible, Diamond parvient à modifier complètement la perception de la situation environnementale au niveau mondial.

    [...]

    Discutant de la sécurité alimentaire, l’auteur d’Effondrement prétend répondre à l’argument suivant : « Il n’y a pas vraiment un problème alimentaire ; il y a assez de nourriture ; on doit seulement résoudre le problème du transport et de la distribution de cette nourriture vers les endroits où elle est nécessaire. » Il faut noter que Diamond, ici, formule lui-même l’objection à laquelle il veut répliquer. Ce faisant, il réduit le problème social de la production et de la distribution de nourriture à une simple question de transport, c’est-à-dire qu’il met dans la bouche de ses adversaires l’idée qu’il suffirait, pour éradiquer la famine, d’acheminer systématiquement la nourriture des lieux où elle peut être produite en surabondance vers les lieux où elle fait défaut.

    Cette caricature lui permet d’escamoter la manière dont l’agrobusiness, par la concurrence, détruit l’agriculture paysanne dans les pays en voie de développement. Or, une fois ce facteur socio-économique écarté de l’analyse, on peut se borner à constater que « certains pays développés, comme les Etats-Unis, produisent ou peuvent produire plus de nourriture que ce que leurs citoyens consomment » et que certains pays du tiers-monde n’y arrivent pas, et on peut faire comme s’il s’agissait dans les deux cas du résultat de conditions naturelles, telles que la pluviosité ou la qualité des sols. Si on ne dit rien du processus au terme duquel on en est arrivé là, alors on peut propager l’idée que la faim découle du refus de certains peuples de s’autolimiter pour respecter ces conditions physiques, alors que celles-ci leur sont imposées par la nature.

    Cet article de Tanuro publié dans Le Monde Diplomatique a fait l’objet de critiques qui ont été publiées et auxquelles Tanuro a répondu de manière convaincante :

    « Effondrement », de Jared Diamond ; janvier 2008
    http://blog.mondediplo.net/2008-01-18-Effondrement-de-Jared-Diamond

    Je retiens surtout des nouveaux apports de Tanuro ces deux passages :

    S’agissant de la protection des forêts en Europe à la fin du Moyen Age, par exemple, il s’appuie sur la très discutable théorie de la « tragédie des communs » de Garrett Hardin (qui veut qu’un bien commun soit inévitablement pillé et saccagé) pour présenter la suppression des droits coutumiers et l’appropriation violente des forêts par les hobereaux allemands, au XVIe siècle (Guerre des Paysans), comme une sage décision et un exemple à suivre dans la protection de l’environnement (p. 523).

    Ce qui me permet de taguer #propriétarien

    et :

    Jared Diamond a un talent de conteur et il brasse une masse de faits souvent captivants. Pour autant, Effondrement n’est pas un modèle de rigueur : la description du mécanisme du changement climatique est fausse (les gaz à effet de serre « n’absorbent » pas la lumière du soleil, au contraire ils la laissent passer !) (p. 493) ; la formule de l’impact humain sur l’environnement (l’impact = la population multipliée par le taux d’impact individuel, I = P x i) (p. 524) est abandonnée depuis 30 ans au profit d’une formule qui reste discutable, mais qui prend au moins en compte la richesse et les technologies d’une société (l’impact = la population multipliée par la richesse multipliée par la technologie, I = P x A x T (3)) ; l’affirmation fantaisiste que l’humanité est en passe d’utiliser la presque totalité du potentiel de conversion de l’énergie solaire par les plantes vertes, de sorte que les communautés végétales naturelles ne disposeront bientôt plus que d’une part infime du rayonnement (théorie du « plafond photosynthétique », p. 491 (4)), amalgame abusivement la part utilisée et la part influencée de la capacité photosynthétique globale.

    La deuxième partie des réponses est aussi intéressante, elle porte sur "la théorie de l’effondrement environnemental" dont le débat est plus scientifique que politique. Deux passages intéressants :

    M. Bernard Thierry résume ainsi le message d’Effondrement : « Par le passé des sociétés humaines ont probablement disparu parce qu’elles avaient détruit leur milieu naturel en exploitant ses ressources au-delà de ce qu’il pouvait supporter. Méditons leur sort pour ne pas répéter leurs erreurs. » Ce résumé me semble exact, à condition d’y inclure le rôle clé de la croissance démographique. L’ensemble constitue ce que Diamond appelle un « écocide ». Or, l’histoire du Groenland telle qu’il la reconstitue ne constitue pas un cas d’écocide, mais un exemple d’incapacité d’une société à s’adapter à un changement de conditions naturelles. Ce n’est pas la même chose.

    [...]

    La théorie de l’écocide élucide-t-elle l’énigme de l’île de Pâques ? Telle est la question. Il me semble très probable que les Polynésiens aient dégradé gravement leur environnement. Mais je doute qu’ils aient provoqué un effondrement au sens où l’entend Diamond : une population qui atteint 15 000 habitants environ, puis sombre dans la barbarie parce qu’elle excède trois ou quatre fois les possibilités de l’écosystème, et chute brutalement à 3 000.

    Voici mon principal argument : il me semble impossible qu’une société néolithique qui ne connaissait pas la roue et n’élevait pas de bêtes de trait ait pu développer la productivité agricole au point de nourrir 15 000 êtres humains sur 165 km2, soit 90 habitants/km2. Selon la monumentale Histoire des agricultures du monde de Marcel Mazoyer et Laurence Roudart, une telle densité représenterait trois fois celles de la Grèce et de l’Italie antiques. Ainsi, l’agriculture pascuane se situerait presque au niveau de productivité du système agraire ultra-performant de l’Egypte pharaonique. Il me semble exclu que de tels résultats aient été atteints dans les conditions de l’île de Pâques, que Diamond décrit comme non-optimales.

    Et sa conclusion :

    En tant qu’environnementaliste, je suis très conscient du fait que le monde va au-devant de graves catastrophes écologiques entraînant de très sérieuses conséquences sociales. [...] Mais ce risque, selon moi, ne se place pas sous le signe de la continuité avec les sociétés du passé. Il se place au contraire sous le signe de la nouveauté radicale. Aucune société dans l’histoire n’a été guidée par la soif inextinguible de profit qui pousse les propriétaires de capitaux à accumuler toujours plus pour produire toujours plus et vendre toujours plus en créant toujours plus de besoins. Aucune société du passé n’a développé une technologie aussi terrible que le nucléaire. Cette situation est sans précédent et elle fait peser une menace sans précédent.

    Ce ne sont donc pas « les problèmes des anciens Mayas, des Anasazis et des Pascuans qui se reproduisent dans le monde moderne », comme l’écrit Diamond : ce sont les problèmes de la société capitaliste moderne qui deviennent de plus en plus aigus. Les « pénuries alimentaires, les famines, les guerres » d’aujourd’hui ne sont pas « dues au fait que trop de gens luttent pour trop peu de ressources » : elles sont dues au fait que les nantis s’approprient les ressources et se donnent les moyens militaires de continuer à les piller pour leur profit. « Les révolutions, les changements de régime violents, l’effondrement de l’autorité, le génocide, la mortalité infantile élevée » ne sont pas « des mesures de la pression environnementale et démographique » : ce sont des mesures de l’injustice, de l’oppression, de l’exploitation et de la barbarie montante, etc.

    S’agissant du monde d’aujourd’hui, c’est peu dire qu’Effondrement détourne l’attention des questions sociales [...] Les bons points environnementaux que Diamond décerne à Chevron, groupe privé, et les mauvais points qu’il attribue à la Compagnie nationale indonésienne du pétrole (pp. 442-443), prennent ici tout leur sens [...]

    « Questioning Collapse » : des historiens et des anthropologues réfutent la thèse de « l’écocide » Par Daniel Tanuro ; 17 Mars 2012
    http://www.lcr-lagauche.be/cm/index.php?option=com_content&view=article&Itemid=53&id=2431

    Dont le passage le plus important est cette explication des liens entre les deux livres de Jared Diamond :

    Signé par Frederick Errington et Deborah Gewertz, ce dernier article démonte remarquablement le « système Diamond ». Comme le notent les auteurs, ce système présente un paradoxe : « ‘De l’ #inégalité parmi les sociétés’ est bâti sur la thèse d’un déterminisme géographique rigide (ceux qui avaient « les armes, les germes – de maladie inconnues sous d’autres cieux - et l’acier » devaient dominer le monde), tandis que le second best seller de Diamond, ‘Effondrement’, avance au contraire l’idée que ‘les sociétés’ ont le choix entre ‘échouer et réussir ». Le mérite de Frederick Errington et de Deborah Gewertz est de mettre en évidence la « continuité entre les arguments des deux ouvrages ». Citons-les :

    « Dans aucun des deux ouvrages, (Diamond) ne considère adéquatement le contexte pour penser la façon dont les buts et les choix sont façonnés et contraints historiquement et culturellement. En effet, dans aucun des deux, (il) ne met en question les hypothèses reflétant le point de vue des puissants (that echo the perspectives of the powerful) : ceux qui contrôlent d’autres, ceux dont les choix dépassent – contraignent- les choix des autres. Donc, dans ‘De l’inégalité’, il considère que chacun choisirait inévitablement de dominer ; dans ‘Effondrement’, il suppose que chacun aurait une égale capacité de choisir. Dans ‘De l’inégalité’ personne n’est tenu pour responsable du cours de l’histoire, dans ‘Effondrement’ tout le monde l’est. Et dans les deux cas, ce sont, pensons-nous, les démunis (the have nots) qui supportent le blâme de l’histoire quand leurs existences et les circonstances sont mésinterprétées. ‘Effondrement’, à notre avis, est typique d’un genre d’histoire qui, en ignorant le contexte, brouille notre compréhension des processus qui affectent réellement le monde aujourd’hui – y compris les sérieux problèmes environnementaux auxquels il doit faire face. »


  • Alberta battles The Beast, a fire that creates its own weather and causes green trees to explode | Edmonton Journal
    http://edmontonjournal.com/news/insight/alberta-battles-the-beast-a-fire-that-creates-its-own-weather-and-c

    University of Alberta wildfire specialist Mike Flannigan.

    Three factors drive boreal forest fires, Flannigan says: ignition, weather and fuel.

    About two thirds of fires are ignited by lightning strikes. Most of the worst fires come from lightning strikes in remote areas, which limits a rapid response. Human activity causes other fires but efforts are being made to limit this destruction with public education, fires bans and visitation bans on high-risk areas.

    Warm weather also increases fire risk, an issue that is becoming more pronounced due to climate change, which has increased the length of the fire season in Alberta by about a month. Warmer temperatures bring more lightning, and the hotter it gets, the more moisture is readily sucked up into the atmosphere, leaving the woods and deadfall drier and more likely to ignite.

    #fortmcmoney

    • Forest conditions are changing, in part due to climate change, but also as a result of (firefighting) practices, probably the largest of which has been interrupting the natural cycle of fires. — Peter Fuglem
      […]
      The government is making some progress in dealing with fuel for fires. Part of the problem here springs from our success in quickly putting out most wildfires. The lack of fire has prevented the boreal forest from regenerating. In the 1970s Alberta forests had mostly young and immature trees. Now they have mostly mature or over-mature trees with more deadfall, leading to a greater risk for the most intense and catastrophic of fires.

      Forest conditions are changing, in part due to climate change, but also as a result of (firefighting) practices, probably the largest of which has been interrupting the natural cycle of fires,” says Peter Fuglem, a B.C. fire expert who helped write Canada’s national wildfire plan and the 2012 review after the Slave Lake fire.

      Wildfires used to remove fuel and also break up the landscape level forest into various ages and types, therefore reducing the likelihood of wildfire expansion.

      There’s been a move in recent decades to allow for “appropriate response” to wildfires, Flannigan says, which essentially means putting out fires quickly around human settlements, but monitoring them and letting them burn in more remote areas.

    • C’est bien expliqué dans Effondrement de Jared Diamond. Les pratiques de gestion des paysages par les amérindiens permettaient de créer une abondance de nourriture, mais aussi de réduire les grands feux par la mise en place de feux réguliers de basse intensité


  • New evidence: Easter Island civilization was not destroyed by war | Ars Technica
    http://arstechnica.com/science/2016/02/new-evidence-easter-island-civilization-was-not-destroyed-by-war

    For centuries, observers believed that the Rapa Nui suffered a catastrophic population crash. But there is no scientific evidence to support this idea, say a group of researchers in the latest issue of the journal Antiquity. That story about environmental collapse and warfare you read about in Jared Diamond’s bestseller #Collapse? Totally wrong.


    • C’est pas nouveau :

      Le monopole de la violence (en allemand : Gewaltmonopol), plus précisément le monopole de la violence physique légitime (Monopol legitimer physischer Gewaltsamkeit), est une définition sociologique de l’État développée par Max Weber dans Le Savant et le politique qui a été important en sociologie mais aussi dans la philosophie du droit et la philosophie politique.

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Monopole_de_la_violence

    • L’État et la Révolution, Lénine, 1917
      https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1917/08/er00t.htm

      Nous nous assignons comme but final la suppression de l’#État, c’est-à-dire de toute violence organisée et systématique , de toute violence exercée sur les hommes, en général. Nous n’attendons pas l’avènement d’un ordre social où le principe de la soumission de la minorité à la majorité ne serait pas observé. Mais, aspirant au socialisme, nous sommes convaincus que dans son évolution il aboutira au communisme et que, par suite, disparaîtra toute nécessité de recourir en général à la violence contre les hommes, toute nécessité de la soumission d’un homme à un autre, d’une partie de la population à une autre ; car les hommes s’habitueront à observer les conditions élémentaires de la vie en société, sans violence et sans soumission.

    • C’est très exactement le principe du #Leviathan
      https://fr.wikipedia.org/wiki/L%C3%A9viathan_%28Thomas_Hobbes%29

      Dès lors, il est inéluctable que chaque individu décide de passer un contrat avec chacun des autres individus, afin d’abdiquer une part de leur pouvoir au profit d’une autorité commune, l’État, ou Léviathan, qualifié de « dieu mortel » en raison de son pouvoir absolu (d’où le frontispice célèbre, dessiné par Abraham Bosse). Seul ce dernier, en effet, est capable de garantir à tous la préservation de leurs vies et de leurs biens. Dit autrement, le gouvernement, selon #Hobbes, doit découler d’un pacte de chacun envers chacun où tous cèdent au souverain leur droit de se gouverner eux-mêmes et leur liberté afin que la volonté du souverain ramène les volontés de tous les individus à une seule et unique volonté.

    • +1 @notabene
      Cette phrase à vomir postée sur twitter est de #chantal_jouanno, sénatrice de paris.

      On sait que tout exercice de la force s’accompagne d’un discours visant à légitimer la force de celui qui l’exerce ; on peut même dire que le propre de tout rapport de force, c’est de n’avoir toute sa force que dans la mesure où il se dissimule comme tel. Bref, pour parler simplement, l’homme politique est celui qui dit : « Dieu est avec nous ». L’équivalent de « Dieu est avec nous », c’est aujourd’hui « l’opinion publique est avec nous ». Tel est l’effet fondamental de l’enquête d’opinion : constituer l’idée qu’il existe une opinion publique unanime, donc légitimer une politique et renforcer les rapports de force qui la fondent ou la rendent possible.

      Pierre Bourdieu : L’opinion publique n’existe pas, 1972.
      http://www.homme-moderne.org/societe/socio/bourdieu/questions/opinionpub.html

      @moderne @obs_sondages

    • Le « dépérissement » de l’état, c’est plutôt la formule (promesse) socialiste, celui-ci étant conçu comme phase de transition vers le #communisme (on a vu ce qu’il en a résulté). La destruction de l’état en revanche n’est pas un objectif dont les anarchistes auraient l’exclusivité (voir L’état et la révolution de Lénine, cité plus haut, mais aussi les courants conseillistes et bien d’autres moments et pratiques #communistes).

      Pour revenir à la formule de cette UMP, c’est très souvent les patrons et la droite qui disent le vrai en ne s’embarrassant pas d’emballage cosmétique (humanitaire,compassionnel) et on a intérêt à prendre au mot ce que fréquement la gauche à bons sentiments ne sait pas formuler, occupée à préserver ses illusions et à les répandre. Avec l’émergence de la deuxième droite à la Hollande, Blair, Schroder, aura donc de plus en plus d’énoncés réalistes (descriptifs) à prendre au sérieux. Je me souviens par exemple que Sellières patron du Medef accusait les intermittents de faire la grève en s’appuyant sur les allocations chômage et qu’il avait raison, qu’il formulait publiquement le ressort d’une pratique qui le pus souvent ne s’énonçait comme telle que dans la proximité et l’interconnaissance. Quand W. Buffet dit, « il y a une lutte de classes et c’est la notre qui est en train de la gagner », il pipote pas sur le gagnant-gagnant.

    • @colporteur la formule communiste ce n’est pas le dépérissement de l’État, c’est un État + fort dans un premier temps, qui permet la dictature du prolétariat, et ce n’est qu’ensuite que serait observer la question de son abolition.

      Mais perso en tant qu’anarchiste, si l’on peu observer de manière sociologique que l’État se réclame de la seule violence légitime, ça ne signifie pas qu’il n’y a que ce type de violence. Non seulement il y a le patriarcat, mais surtout dans le cas ou nous parlons, il y a en même temps celle du patronat. Le chômage tue.

    • @bug_in Non, sauf à considérer que le socialisme dont c’est la seule justification politique « consistante »(une nécessaire période de transition vers le communisme) n’a jamais existé. C’est un peu dommage que les clichés sur le communisme (mouvement réel qui abolit l’état de choses présent, dont... l’État) comme totalitarisme ne soient pas confrontés à la lecture des textes. Dont L’état et la révolution de Lénine. Spécialement à un moment ou l’étatisme semble le dernier refuge, la dernière protection « possible ».

      "Le philistin social-démocrate a été récemment saisi d’une terreur salutaire en entendant prononcer le mot de #dictature_du_prolétariat. Eh bien, messieurs, voulez-vous savoir de quoi cette dictature a l’air ? Regardez la Commune de Paris. C’était la dictature du prolétariat." (F. Engels).

      "L’antithèse directe de l’Empire fut la Commune". « La Commune fut la forme positive » "d’une république qui ne devait pas seulement abolir la forme monarchique de la domination de classe, mais la domination de classe elle-même." La guerre civile en France, Karl Marx
      https://www.marxists.org/francais/ait/1871/05/km18710530c.htm

      Sur la division anarchie/communisme, je crois très utile de lire, outre L’état et la révolution, L’émancipation des travailleurs, Une histoire de la Première Internationale, de Mathieu Léonard
      http://www.lafabrique.fr/catalogue.php?idArt=619&idMot=8
      qui montre entre autre chose que les lignes de fracture ne sont pas si nettes qu’on l’admet le plus souvent.

      Par ailleurs, le #travail, ses accidents, ses conditions, ses productions tue bien davantage que le chômage, quelque soit le degré de misère matérielle et morale auquel celui est destiné à conduire. Il serait quand même temps de mettre en cause non seulement le monopole de la violence légitime mais aussi celui de l’activité « légitime », le travail, et l’#idéologie qui la structure. Le chômage ce n’est seulement pas « le patronat » mais une construction sociale dans laquelle le patron des patrons, étatique et interétatique à toute sa part, une forme de #contrôle qui prend le relais du travail comme forme de contrôle, en alternance et simultanément.

      Arracher la chemise d’un DRH est un acte dictatorial (et c’est précisaient cette possibilité même qui aurait du rester discrète à Air France, que cela fasse irruption dans l’espace public par le bais de l’image voilà qui fait scandale et met « La France en état de choc »), séquestrer un patron c’est mettre en cause le monopole de la « privation de liberté » dont l’état se prévaut.

      Quant au patriarcat, je crois pas trop à une vision transhistorique de la notion. Il est devenu une fonction contradictoire du #capitalisme (celui des sociétés par actions et des états comme celui des mollahs et d’autres monothéismes, des monstres froids comme des monstres chauds), il structure des relations sociales qui sont elles mêmes prises dans des rapports sociaux dominants. Il est chaque jour recommancé (avec des manières spécifiques d’hériter de son passé) dans un contexte qui le qualifie. Et aussi chaque jour contredit, heureusement.

      La légitimité de la violence d’état n’est pas du même ordre et ne se situe pas au même niveau (macrosocial et macropolitique) que de trouver légitime telle ou telle violence (un chien qui mort qui le maltraite), ou illégitime telle ou telle autre (je bats ma femme), dans la vie quotidienne, les relations interpersonnelles.

      Je sais bien que je ne réponds pas à tes objections, voulais juste y revenir avec d’autres éléments, sans prétendre boucler quoi que ce soit.

      #abolition

    • @aude_v il faut être vil serviteur et écervelé pour affirmer la violence légitime de l’Etat, notamment pour une chemise déchirée, c’est surtout la preuve qui nous fait percevoir son inanité et la nécessité totalitaire de ceux qui se retranchent derrière pour exercer leurs abus. Inutile d’être anarchiste pour trouver cela pitoyable et à gerber. Ceux qui proposent autre chose que son combat frontal s’opposent plus intelligemment à la soumission et au discours de domination.

    • @touti de ce que je comprends de l’intervention d’@aude_v (sinon je le prends à mon compte), c’est que depuis l’origine, l’État c’est le monopole de la violence. Dès le départ il y a eu des milices pour protéger les stocks de grains ou les grandes infrastructures agricoles, monopoles des puissants.
      Et si je me souviens bien du dernier Jared Diamond, la légitimité de la violence d’état n’est pas saugrenue, c’est un contrat tacite qui permet de se balader au milieu d’inconnus.

    • @nicolasm je ne discute pas si cette affirmation (sur tweeter) est correcte, je ne donne pas non plus ma position politique, je dis qu’elle confirme la bêtise de celle qui l’émet.
      Ce serait comme d’affirmer que l’Etat est Dieu alors que l’on participe de ce pouvoir …

    • Derrière la bêtise de cette UMP il y a une réelle intelligence de classe, ce qui en face fait le plus souvent défaut dans les énoncés produits sur la question de « la violence », le plus souvent moraux, sauf lorsque les circonstances et le contexte s’y prêtent et que la classe parvient à renouer avec sa propre puissance, avec un savoir situé qui corresponde à cette puissance (et qui donc ne soit pas victimaire), parvient à parler vrai et à agir pour son compte, égoïstement (tiens ! bisounours n’est plus qu’un souvenir, comique).

    • @colporteur oui, tu m’indiques des choses que je ne connais pas (un texte d’Engels par ex.).
      Après je n’ai jamais dit que le travail était un truc gentil et mignon, mais vu qu’on parlais du chômage, j’ai répondu sur le chômage.

      Après perso, je jugerai pas l’action de ces militants en terme de « dictatorial »... je suis pas sur d’avoir compris ta remarque d’ailleurs. Mais pour moi, ils ont fait ce qu’ils pouvaient, qq.part cela montre aussi la faiblesse de nos moyens.

      Sur le patriarcat je vois pas en quoi il est contradictoire au capitalisme (ou je ne comprends pas), mais je crois que tout ceci nous amènerai sur d’autres discussions que nous pourrions avoir a l’occasion d’un autre sujet, histoire de conserver le fil de sens de ce sujet.

    • @aude_v

      ce tweet maladroit est une aubaine qui clarifie les choses !

      Oui c’est cela qui est surprenant, cet instant de clarté. Comme le discours racial (et raciste) de Morano. Qui n’est pas une bourde, qui n’est pas insincère.

      On peut cependant se demander si d’aventure ces (fausses ?) maladresses ne seraient pas volontaires. Pour en préparer d’autres plus grandes encore.

      Mais dans le cas présent on a vraiment le sentiment d’un impensé, Jouanno dit et écrit quelque chose dont elle ne mesure pas la portée. Je pense qu’il est raisonnable de penser par exemple qu’elle ne peut pas comprendre le concept de violence sociale ou que cette oppression sociale est déconnectée de la violence. Donc elle écrit de bonne foi, elle s’estime tout à fait dans son droit de penser cette énormité.

      Sans compter qu’il y a évidemment retournement du sens, cela c’est plus fréquent et sans doute très impensé aussi. Là tout de suite en emmenant Madeleine au basket, je lis, d’abord sans le comprendre le slogan de Pécresse pour les prochaines élections du conseil régionnal : le slogan est admirable, c’est : « nous vous devons beaucoup plus ». On pourrait le prendre une pour une promesse, même une promesse qui ne sera pas tenue, elle sous-entend, le service que vous rend le conseil en place est médiocre, vous allez voir ce que vous allez voir nous allons vous gérer cela aux petits oignons et le service public a reprendre de la valeur, mais en fait c’est juste un mensonge non déguisé : on ne peut pas être partisan de l’austérité budgétaire et promettre davantage. Donc promettons davantage.

      Donc la question revient, sont-ce des maladresses ou au contraire des sondes dans l’espoir de faire passer de plus grosses couleuvres encore ? Sachant naturellement que tout est mensonge et qu’on ne peut s’orienter dans le discours politique qu’au travers de ce que l’on estime être la part (de pourcentage de sel) de vraisemblable dans une mer de mensonges.

    • Je ne comprends pas pourquoi dire vrai (comme Morano dans ce cas, qui ne fait strictement rien d’autre que répéter la théorie et surenchérir sur la pratique effective du gvt, histoire d’essayer de garder un peu de place à la droite dans sa concurrence avec la deuxième droite) serait nécessairement une maladresse ou un ballon d’essai...
      À croire qu’on doive être surpris ou horrifié dès que les mots décrivent un tant soit peu les choses... Mais alors de quel élevage cette déréalisation de la langue serait-elle le nom ?
      En revanche, des ballons d’essai (et plus, La LR est passée, etc.), pour ce qui est de la manière dont l’État met en pratique ce monopole de la violence légitime, il y en a sans cesse. Le dernier en date :

      Bertrand (LR) pour « un ministère de l’Autorité de l’Etat » regroupant Intérieur et Justice
      http://www.lejdc.fr/page-10/france-monde/actualites/economie-politique/politique/2015/10/14/bertrand-lr-pour-un-ministere-de-l-autorite-de-l-etat-regroupant-interieur-et-

      Xavier Bertrand (Les Républicains) a prôné mercredi, alors que les syndicats de #policiers manifestent à Paris, la création d’"un ministère de l’Autorité de l’Etat" qui regrouperait les ministères de l’Intérieur et de la Justice.

      le 27/1/16, voyant que la ref presse citée ci-dessus n’existe plus je la remplace par une autre
      Bertrand a imaginé le ministère de l’Autorité
      http://www.lefigaro.fr/politique/le-scan/coulisses/2015/09/14/25006-20150914ARTFIG00044-comment-xavier-bertrand-a-imagine-le-ministere-de

    • @bug_in Je te rejoins sur un point, derrière cette violence (bousculer, déchirer), car c’en est une, il n’y a pas de #force. Cet acte « dictatorial » (une prise de pouvoir, ou l’émergence d’un double pouvoir, momentané) est à la mesure de la faiblesse du rapport, d’une classe décomposée par la restructuration, non celle pas de telle ou telle usine ou entreprise, mais de l’ensemble de la société.
      Ce qui a fait la force de ces actes violents, ce sont des images, c’est elles qui ont arraché les pauvre masque de la paix et du dialogue social. En face, (Valls, Morano, Air France, ...) essaient maintenant de tirer parti de ce manque de force pour aller plus loin. De notre côté, la question de la force reste entière, et ce qui a lieu la repose avec insistance. Et la déplace, par exemple, pour s’en tenir à la petite écume de l’actualité, on voit le très corpo et aristocratique SNPL signer avec les autres syndicats un communiqué réclamant l’abandon des poursuites ; on voit des militants CGT et d’autres accueillir dans leurs régions (Saint Nazaire et Lyon hier) les ministres quasiment comme il l’auraient fait hier de leurs patrons ou de membres d’un gouvernement de droite de droite.
      Je ne parierais pas sur la tranquillité du gouvernement jusqu’au procès du 2 décembre. Ce qui est bel et bon.

      (sur le patriarcat je voulais pas du tout dire qu’il est contradictoire avec le capitalisme ! mais que sa fonctionnalité pour le capitalisme comporte des contradictions).

    • @aude_v Oui, la mémoire en plein dedans. Tu as entièrement raison, mais je préfère te dire que c’est une force qui finit par décliner. Moi aussi j’avais à un moment le sentiment d’être capable de me rappeler la concomittance dans le temps de deux faits ou de deux discours, bref de deux événements et de savoir en tirer les enseignements, voire de faire des démonstrations. Aujourd’hui je peine parfois à me souvenir de ce que j’ai vu au cinéma la semaine dernière et chaque livre que je tirer au hasard dans ma bibliothèque, le prenant à n’importe quelle page, la lecture d’un paragraphe ne me rappelle rien de très précis, quand ça me rappelle quelque chose.

      Prendre des notes c’est ce qu’il faudrait faire, j’avais tenté de le faire, assez vainement il faut bien le dire, en 2007, j’ai tenu un an et encoreje faiblissais à la fin de cette année, entièrement dépassé par le rythme hallucinant de l’avalanche. Lorsque je relis ces lignes ( http://www.desordre.net/bloc/extreme_droite/index.htm ), j’ai le sentiment de tout redécouvrir. Et pourtant c’est important, oui, tu as raison, la mémoire.


  • Je ne sais pas comment on peut placer Pizarro et Atahualpa sur un pied d’égalité (en oubliant au passage que l’un est l’envahisseur ....) mais ça a pas l’air de gêner France Inter ... Sur le sujet, je conseille le merveilleux livre de Jared Diamond : De l’inégalité parmi les sociétés, qui fait de cette rencontre le point de basculement de la domination occidentale, et qui remonte aux causes premières qui ont mené à cette rencontre et à la tragique issue pour tous les #peuples_autochtones du continent.


  • « Le numéro d’été de la revue Books est consacré à la cuisine. Parmi les nombreux et passionnants articles – dont beaucoup évoquent la technologie, ô combien essentielle dans l’évolution de nos pratiques culinaires – l’un est plus précis. Originellement paru dans The New York Review of Books, cet article de Glen W. Bowersock, professeur émérite d’histoire ancienne à Princeton, s’empare d’une question dont on ne mesurait pas à quel point elle pouvait être importante : [...] »

    http://rue89.nouvelobs.com/2015/06/19/cest-loutil-a-change-monde-non-nest-roue-259837

    #technologie #outils #histoire_des_techniques



  • L’homme n’a pas créé le maïs tout seul | Dans les pas des archéologues
    http://archeo.blog.lemonde.fr/2014/02/13/lhomme-na-pas-cree-le-mais-tout-seul

    L’homme n’a pas créé le maïs tout seul
    Le climat est pour beaucoup dans la naissance du maïs à partir de son ancêtre sauvage il y a dix mille ans. Ce n’est pas une création agronomique des habitants de l’Amérique centrale.

    Titre très étrange pour présenter les résultats d’une étude qui a permis de reconstituer les conditions (y compris climatiques) qui ont permis de passer de la téosinte au maïs.
    Avec un très bon commentaire de Jacques C



  • James C. Scott reviews ‘The World until Yesterday’ by Jared Diamond · LRB 21 November 2013
    http://www.lrb.co.uk/v35/n22/james-c-scott/crops-towns-government

    Contemporary hunter-gatherer life can tell us a great deal about the world of states and empires but it can tell us nothing at all about our prehistory. We have virtually no credible evidence about the world until yesterday and, until we do, the only defensible intellectual position is to shut up.

    via @francoisbriatte
    cc: @erwan_deverre