person:jean gadrey

  • Putains de camions - Les poids lourds en question | ARTE
    https://www.arte.tv/fr/videos/081593-000-A/putains-de-camions

    En Europe, 80 % des marchandises sont transportées par voie routière. Mais à quel prix ? Enquête sur la folie des #poids_lourds.

    Cela n’aura pas échappé aux automobilistes : les #autoroutes européennes sont encombrées par des files de poids lourds toujours plus interminables. Alors que près de 80 % des marchandises transitent par #voie_routière, le nombre de camions en circulation devrait augmenter de 40 % dans cinq ans. Pourquoi ce choix de la route au détriment du #rail ou du #transport_maritime, qui présentent pourtant de nombreux avantages, notamment écologiques ? Pour quelle raison les camions sont-ils aussi nombreux – un tiers d’entre eux, selon les estimations – à rouler à vide ? #Diesel bon marché, dumping sur les salaires des chauffeurs, explosion des commandes sur Internet, production et livraison à flux tendu : cette folie des poids lourds, qui résulte d’une série de décisions politiques, notamment un investissement massif dans les autoroutes, sert des intérêts économiques. Si les entreprises privées profitent de ce système, les citoyens en subissent les conséquences : embouteillages, pollution, risques sanitaires et usure précoce des infrastructures publiques. À l’échelle du continent, la #Suisse offre pourtant un modèle plus vertueux : le pays a su s’affranchir du #lobby_automobile pour miser sur le #transport_ferroviaire.

    #transport #transport_routier

    • C’est la transition écologique selon Macron. Pour moi, cette question du rail, c’est l’évidence d’un gouvernement qui se branle avec les problèmes climatiques et qui, s’il s’inquiète de la fin du monde, c’est pas pour l’éviter, c’est pour l’aménager. On appelle ça du survivalisme, pas de l’écologie.

    • Petite synthèse du reportage.
      1. Le #budget d’entretien des autoroutes et routes nationales allemandes est de 3,9 milliards. Ce coût s’explique en particulier par l’impact des poids lourds : 1 camion de 40 tonnes a un impact équivalent à celui de 60 000 véhicules légers.

      2. Le fonctionnement en #flux_tendu de l’ensemble du système #logistique transforme de facto le #réseau_routier en espace de #stockage grâce à un coût particulièrement intéressant ne prenant pas en compte les #externalités_négatives et reposant largement sur l’#exploitation des travailleurs de l’est de l’#union_européenne, que ce soit les chauffeurs ou les employés des #centres_logistiques. Le reportage cite notamment l’exemple d’Amazon — mais cela doit être valable pour l’ensemble des acteurs du #e-commerce
      qui installe ses centres en Pologne pour ses livraisons en Allemagne. Ce coût extrêmement faible se reflète également dans le fait que 36 % des camions roulant en Allemagne roulent à vide !

      3. Pour en revenir à l’exploitation, les patrons des sociétés de transport mettent une pression terrible sur leurs chauffeurs au détriment de la #sécurité_routière tout en profitant d’un nombre de contrôle très insuffisant et des sanctions trop légères (en #Allemagne) en cas d’irrespect de la législation européenne sur les temps de repos. Ainsi, il est estimé qu’un chauffeur routier pourra faire 100 000 kilomètres sans être contrôlé alors que 50 % de ces contrôles amènent à constater une infraction (cas allemand toujours) ! La faiblesse des sanctions amène d’ailleurs les transporteurs à prévoir leur coût lorsqu’ils ne fraudent pas directement en manipulant les instruments de contrôle.

      4. Bien entendu, le reportage aborde également la question du diesel (subventionné) et des émissions de #particules_fines avec leur impact sur la #santé : maladies cardio-vasculaires, décès prématurés.

      5. L’#électromobilité ne concernera le fret longue distance qu’à long terme, les constructeurs allemands ne s’y investissant pas pour la plupart. Il y a un début de développement de solutions pour le #fret_urbain. Pour le transport de passagers, le reportage cite l’exemple d’un #bus_électrique développé par l’entreprise Build your dreams, d’origine chinoise comme l’indique son nom, et exploité par #Flixbus pour sa liaison Paris – Amiens.

      6. En matière de lobbying, #Volkswagen entretient en particulier un groupe de pression de 40 personnes auprès des instances de l’Union.

      7. Alors qu’un train de marchandise de 740 mètres de long permet de remplacer 52 poids lourds, les #infrastructures_ferroviaires souffrent d’un manque d’investissement, de voies d’évitement trop réduites, d’une #électrification des lignes insuffisante, de gros problèmes de jonctions entre les différents réseaux nationaux.

      8. Le reportage se termine en citant le cas #suisse qui a développé une politique ambitieuse de #ferroutage. Le ferroviaire représente 37 % du fret, dont 70 % pour le transit, soit 2 fois plus qu’en Allemagne et 4 fois plus que la France. Cela s’explique notamment par la question des redevances versées pour l’usage des voies ferrées et routières qui permet de redonner sa chance au ferroviaire alors qu’il est estimé que le fret routier va augmenter en Allemagne de 40 % d’ici 2030 par rapport à 2010.

      J’en profite pour renvoyer vers ce message, de 2016, citant un article de Jean Gadrey signalant le documentaire de Gilles Balbastre, Transport de marchandises : changeons d’ère ! réalisé à l’initiative du comité d’entreprise de SCNF-fret : https://seenthis.net/messages/548855

    • merci @af_sobocinski pour ce résumé. J’ai arrêté à la publicité pour flixbus avec les interviews convenues des voyageurs émerveillé·es par les bus « non polluants », mais rien sur la pollution nucléaire, ce n’est pas sérieux.
      Déçue qu’il n’y est apparemment rien non plus sur les militants écologistes #anti-fret-routier, comme ceux certes des années 1990 de la Vallée du Somport.

      Il y a un passage sur les conducteurs de Pologne ou de Roumanie sous payés mais qui naviguent dans l’espace européen (surtout l’Allemagne) avec des camions qui font des trajets Allemagne=>Pologne=>Allemagne pour justifier ces aberrations socios-économiques-polluantes, Amazon en bonne position des pires entreprises implante ses plateformes dans les pays européens les plus pauvres.

      Et je renote ici le chiffre donné impressionnant : un poids-lourd représente le passage de 60.000 voitures . Donc, il faut inclure dans le coût global du #fret_routier la construction et l’entretien des routes, autoroutes et aires de stationnement tous saturé·es par les poids-lourds. En plus des cadeaux fiscaux, diesel moins cher, #subventions aux entreprises etc. #croissance #folie_humaine #inside_the_wall

      @aude_v j’appellerai pas ça du survivalisme mais du #déni_opportuniste
      #fin_du_monde #macronerie

    • Des cars électriques ? C’est un progrès ! Peut-être qu’un jour on va réussir à éviter le frottement et à en mettre dix les uns derrière les autres et ça ressemblera à un bête train Paris-Amiens qu’on sait faire depuis longtemps. Le car n’a aucun avantage comparé sur le rail ni même la voiture individuelle, quand on a le choix, c’est du sous-transport... Grrrr !

    • Je n’ai pas encore pété de télé @touti mais il n’est pas trop tard pour que je m’y mette. Ce n’est pas les boîtes à conneries et les raisons qui manque. J’ai beaucoup cassé et dès l’adolescence, tout seul où en groupe. Puis on s’est calmé quand on a eu affaire aux flics. Plus tard avec un pote, on pointe à pôle-emploi (anpe à l’époque) depuis une antique cabine téléphonique. Tapez 1, tapez 2… tatati tatata, patins,couffins… au tour de mon compère, avant de finaliser par je ne sais quelle touche, il arrache le combiné et s’en sert telle une masse d’arme pour détruire la cabine. J’ai rien fait pour le retenir, je crois bien même que j’ai dû l’aider. J’ai encore, dans la tête, l’image de cette cabine toute destroy alors qu’on étaient partis faire du stop un peu plus loin.

    • Bon, je n’ai pas imaginé que ça allait déclencher de telles réactions. Je me retire de cette discussion et j’emmène avec moi la façon dont je pense que la télévision fonctionne avec une conclusion qui semble avoir activé moralisme et souvenirs de vandalisme à mon grand désarroi.

    • Je t’ai dit que je comprenais, @touti. Je ne voulais pas laisser passer ton message sans une réaction, je ne savais pas quoi dire et j’ai finalement trouvé que ce serait sympa de te dire que ta colère fait plaisir à entendre. Et j’ai rajouté que c’était sûrement mieux que de casser des télés parce que moi, quand je casse des trucs parce que je suis en rogne, c’est beaucoup de souffrance au départ et je m’en prends plein la gueule à l’arrivée, alors je préfère largement arriver à bien exprimer cette colère par écrit comme tu fais ici.


  • Que serait une fiscalité (plus) juste dès 2019 ?

    https://www.inegalites.fr/Que-serait-une-fiscalite-plus-juste-des-2019

    Des niches fiscales à la taxe carbone en passant par la fiscalité des revenus et du patrimoine, quelles sont les mesures concrètes qui pourraient rendre la fiscalité plus juste ? Les propositions de Jean Gadrey, professeur honoraire d’économie à l’Université de Lille.

    Commençons par un rappel. La redistribution publique des revenus et d’autres ressources consiste à prélever des montants d’argent à certains (recettes fiscales) pour ensuite les dépenser (dépenses publiques). Ces deux volets influent sur les inégalités. D’abord, les « prélèvements » sont-ils justes, tiennent-ils compte des « capacités contributives », prélève-t-on proportionnellement plus sur les plus riches (c’est ce qu’on appelle alors la progressivité), suffisamment sur les entreprises par rapport aux ménages, etc. ? Ensuite, les dépenses publiques ont-elles un effet de réduction des inégalités, qu’il s’agisse des services publics (qui ont joué dans le passé un rôle positif majeur) ou des dépenses sociales (minima sociaux, allocations diverses, dépenses pour le chômage, etc.) ? Dans ce texte, on ne parlera de justice fiscale que pour le premier volet : celui des prélèvements, essentiellement les impôts et les cotisations sociales. Mais c’est dans le domaine des impôts bien plus que dans celui des cotisations sociales que des injustices sont généralement dénoncées.

    #inégalités #justice_fiscale #pauvreté #discriminations


  • Benjamin Griveaux recalé (lui aussi) au Bac ES : « toutes les autres grandes démocraties occidentales ont réglé le problème du chômage de masse. » Jean Gadrey - 10 Janvier 2019 - Alternatives Economiques
    https://blogs.alternatives-economiques.fr/gadrey/2019/01/10/benjamin-griveaux-recale-lui-aussi-au-bac-es-toutes-l

    Emmanuel Macron n’est pas le seul à enchaîner des inepties économiques (voir mon billet précédent). Benjamin Griveaux fait partie de ses meilleurs disciples. La dernière de ses formules choc remonte à son « grand entretien » du 7 janvier matin sur France Inter (vers 19 minutes 30) : « Toutes les autres grandes démocraties occidentales, en mettant de côté l’Espagne et le Portugal, ont réglé le problème du chômage de masse, toutes. Nous sommes les seuls à avoir un taux de chômage à 9 % quand tous les autres sont entre 4 et 6 % ».

    POUR COMMENCER, DES CHIFFRES FAUX
    Je passe rapidement sur le fait que, du côté des statistiques officielles du chômage, les pays européens qui font moins bien que la France ne sont pas « l’Espagne et le Portugal », mais Chypre, la Grèce, L’Italie et L’Espagne. L’ensemble de la zone Euro était à 7,9 % en novembre dernier et la France à 8,9 % selon un communiqué d’Eurostat du 9 janvier. Et parmi les 19 pays de la zone Euro, 9 ne sont pas dans la fourchette Griveaux des 4 % à 6 % et n’ont donc pas « réglé le problème du chômage de masse » au sens de Benjamin. Son affirmation est donc mensongère sur ce point.

    Mais le principal problème à débattre n’est pas là. Le chômage est énorme en France et il coûte très cher aux finances publiques (ordre de grandeur : 100 milliards d’euros par an). Mais les autres grands pays ne sont pas mieux lotis, même si la privation d’emploi y prend parfois d’autres formes.

    LE TAUX DE CHÔMAGE OFFICIEL EST INCAPABLE D’INDIQUER L’AMPLEUR DE LA PRIVATION D’EMPLOI : LE CAS AMÉRICAIN
    Les mesures du chômage dépendent des conventions correspondantes. C’est ainsi que l’Insee, comme le BLS américain (Bureau of Labor Statistics) et le BIT (Bureau International du Travail), utilisent la notion de « halo du chômage » (voir en annexe 1) en admettant que le taux de chômage peut varier dans de fortes proportions selon ce qu’on y met. Voici trois indices portant sur le cas américain, grand modèle des néolibéraux français qui s’extasient devant le taux de chômage actuel de 3,9 % dans ce pays.

    Premier indice, un article des Échos du 17 mai 2015, signé d’Antoine Colson. Extrait : « une personne qui n’a jamais cherché, ou ne cherche pas ou plus de travail n’est pas comptabilisée dans les calculs du chômage. Aux États-Unis, près de 93 millions de personnes de 15 à 64 ans… sont dans cette situation. Un record historique. Qui sont-ils ? Des jeunes et des étudiants (pour environ 20 millions), des retraités et préretraités (50 millions)… mais aussi plus de 24 millions d’hommes et de femmes dans la force de l’âge (de 25 à 54 ans) qui ne cherchent pas ou plus à travailler. À côté, les 8,5 millions de "vrais" chômeurs (qui eux cherchent activement un emploi) font figure d’épouvantails. Certains commentateurs, comme Jim Clifton le président de l’institut Gallup, évoquent même "un grand mensonge du chômage". »

    Deuxième indice : l’estimation de ce président de l’institut Gallup : « Aujourd’hui, il n’y a pas moins de 30 millions d’Américains qui sont soit exclus involontairement du monde du travail, soit en situation de sous-emploi sévère ».
    Si l’on ajoute ces 30 millions aux 8,55 millions de chômeurs officiels en 2015, on obtient UN TAUX DE CHOMAGE (AU SENS LARGE DE PRIVATION D’EMPLOI) DE 24,3 % en 2015 alors que le taux officiel était alors de 5,6 %. . . . . . .

    #économie #chômage #travail #jean_gadrey #gadrey #emploi #statistiques #enfumage #capitalisme #pauvreté #capitalisme #statistiques


  • Vendredi 18 janvier 2019 à 20h - 6e Cérémonie des Doigts d’Or - Les Oscars du Capitalisme - Salle Alain Colas - Lille

    AVEC OLDELAF & ALAIN BERTHIER, JEAN GADREY, AUTOTHUNE, ANNE CONTI, STEF DE MORANO (virage à droite), STEPHANE TITELEIN,.. (distribution en cours)

    https://vimeo.com/305912955

    Chaque année, le PAP’40 et le Cardinal Triple A de l’Église de la Très Sainte Consommation récompensent les serviteurs zélés de la $ainte Croissance et du Grand Capital en leur remettant cette statuette en or tant convoitée... le Doigt d’Or !

    La soirée consiste en une rétrospective des vidéos marquantes de l’année, un passage en revue des séquences cultes de l’année 2018 prouvant que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes... surtout pour nous, les plus riches de la planète !

    Dans les catégories :
MEILLEURE PUBLICITÉ / MEILLEURE RÉPLIQUE / MEILLEUR ACTEUR /
DOIGT D’OR DU FÉMINISME / MEILLEURE FRAUDE / MEILLEUR DISCOURS ANTI-MIGRANT
MEILLEURE INNOVATION QUI INNOVE LA VIE / MEILLEURE BRAVOURE POLICIÈRE
    C’est Salle Alain (Coca) Colas . 53 rue de la Marbrerie, Lille.
Ouverture des portes et buvette dès 19h30
Facile d’accès : à 100m du métro Marbrerie, Ligne 1
    Billets disponibles sur : https://www.helloasso.com/associations/compag

    Mise en scène : Aurélien Ambach Albertini

    Écriture : Aurélien Ambach Albertini & Alessandro Di Giuseppe

    Graphisme : Vincent Lhomme

    Sculpture : Bertrand Sion
Teaser & Habillage : Nathalie Fourcy

    Régie : David Boisseau & Michael Mensier

    Stage communication & administration : Margaux Lassalle & Agathe Denis
    https://www.compagnietriplea.fr/c%C3%A9r%C3%A9monie-des-doigts-d-or/tourn%C3%A9e-6e-c%C3%A9r%C3%A9monie-des-doigts-d-or

    TOURNÉE NATIONALE : 
    18-01 #LILLE Salle Alain Colas avec OLDELAF & ALAIN BERTHIER et JEAN GADREY
    22-01 #LIÉVIN au LAG Lieu Autogéré du Bassin Minier -
    23-01 #BRUXELLES Le Garcia Lorca avec l’entarteur NOËL GODIN avec Kairos
    24-01 #AMIENS Espace Dewailly en partenariat avec Fakir & La Boîte Sans Projet
    25-01 #PARIS Salle Jean Dame avec ALEX VIZOREK, AUDREY VERNON, PATRICK MENAIS, PATRICK DE VALETTE (Chiche Capon)
    28-01 #BESANÇON Le Scènacle - 
    29-01 #LYON Palais de la Mutualité avec PIERRE-EMMANUEL BARRÉ & AYMERIC LOMPRET avec la CGT
    30-01 #GRENOBLE La Basse-cour
    31-01 #AVIGNON Théâtre de La Rotonde - Centre culturel des cheminots
    01-02 #MARSEILLE Le Daki Ling avec CÉDRIC HERROU
    03-02 #LAUTREC Le Café Plùm
    04-02 #MONTPELLIER La Carmagnole
    05-02 #TOULOUSE Hangar de la Cépière avec PATRICK DE VALETTE (Chiche Capon)
    06-02 #BAYONNE La Luna Negra avec la participation de Bizi  !
    07-02 #BORDEAUX Maison Cantonale de la Bastide avec #Greenpeace Bordeaux
    08-02 #LIMOGES Médiathèque de Rilhac-Rancon - avec Alternatiba Limoges
    12-02 #ANGOULÊME Cinéma de la Cité, avec BENOÎT DELÉPINE
    13-02 #NANTES La Manufacture - avec #Alternatiba Nantes
    14-02 #RENNES Maison Internationale - avec #Attac Rennes

    La Cérémonie des Doigts d’Or - Les Oscars du Capitalisme est un événement annuel qui existe depuis 2014. Il est organisé par la Compagnie Triple A & l’Eglise de la Très Sainte Consommation, et co-écrit, mis en scène et présenté par Alessandro Di Giuseppe et Aurélien Ambach Albertini.

    La soirée consiste en une rétrospective des vidéos marquantes de l’année, une sorte de zapping des séquences cultes de l’année prouvant que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes... surtout pour les plus riches de la planète ! Comme pour les Césars, une fois le gagnant désigné, un représentant monte à la tribune pour se féliciter d’avoir gagné, c’est l’occasion d’entendre de joyeux discours bien assaisonnés dans la tradition du rire de résistance.

    #artivisme #enmarche #copinage #capitalisme


  • Un brouillon de texte sur les gilets jaunes et l’écologie...

    Quelque chose du gilet jaune

    C’est bientôt Noël et c’est déjà l’overdose. Des pubs qui dégoulinent de rouge, des passant·es avec leurs gros sacs en papier remplis de cadeaux venus du cœur et d’usines où le travail est bon marché, des questions existentielles sur ce qu’on aimerait recevoir alors qu’il faut bien l’admettre, on n’a franchement besoin de rien… ou bien de tout. C’est la grande bouffe et il y a du monde à table. Des week-ends en avion dans une ville où on n’a personne à aller voir (à part un hôte AirBnB) aux changements d’équipement parce qu’un nouveau vient de sortir qui est tellement mieux (et pas parce que l’ancien ne marche plus), tout déborde.

    Et à côté de ça, les histoires de ces familles qui payent les activités de leurs enfants, vingt euros l’année grâce aux aides municipales, en trois fois sans frais ou de ce petit garçon qui raconte à ses copains de classe qu’hier il a dîné – parce que c’est pas tous les soirs que ça arrive.

    Je suis à peu près aussi en colère en écoutant ces histoires de misère sordide qu’en entendant des discours dans lesquelles elles sont censées représenter les fins de mois difficiles des 80 % que je croise dans les magasins en train de s’acheter des merdes (car même si une sortie en magasin me semble plus relever de la nécessité que du loisir, on m’y croise également). Depuis le mouvement des gilets jaunes, je suis sommée d’entendre des adultes sans enfant me tirer des larmes avec leur plein temps au Smic qu’ils doivent absolument compléter d’heures sup pour « [s’]en sortir » alors que notre mode de vie (le monsieur au Smic est tout près du revenu médian avec ses heures sup) est un désastre écologique et que j’ai passé quinze ans à promouvoir un mode de vie plus sobre, à m’organiser avec des gens dont beaucoup étaient aux minima sociaux pour vivre en coloc, manger bio, réparer nous-même nos vélos et ne pas avoir besoin d’autant que ce Smic, que ce soit pour libérer un peu de temps de cerveau disponible que pour penser autrement la vie dans cette société, de manière plus écologique, plus autonome et politiquement plus enthousiasmante. (Tout en acceptant les contraintes pas toujours agréables qui vont avec notre mode de vie.)

    Alors quand j’ai vu débarquer le mouvement des gilets jaunes, j’ai soufflé un bon coup. Les déçu·es du macronisme, il y a dix ans déjà déçu·es du sarkozysme (« travailler plus pour gagner plus » !) et à qui on n’allait pas la refaire, hein, prennent la rue pour défendre leur pouvoir d’économiser toute une année pour aller passer une semaine en club en Tunisie. Merde alors ! Pourquoi est-ce que mon ancien coloc David, fils d’ouvrier·es, vit correctement depuis des années avec son RSA alors que mon ancien coloc Nicolas, lui aussi fils d’ouvrier·es, a une pauvre vie avec ses plus de deux mille euros par mois ? Les yeux rivés sur le petit pavillon pour lequel il économise (et escroque ses colocs (1)), sur tous les objets de consommation qui lui passent devant les yeux (il a craqué l’an dernier pour un gros 4x4 BMW blanc qu’il a été contraint de revendre quelques mois plus tard), Nico pleurniche. Il a beau ne plus être au Smic, il transpire la frustration et le besoin de reconnaissance. Je doute que Nicolas soit sur les barricades, il croit encore pouvoir réussir seul, mais je l’imagine facilement sympathisant : il joue le jeu et c’est comme ça qu’il est récompensé ? Il a beau ne pas être le mec bien qu’il rêve d’être, il a, comme tout le monde, de bonnes raisons.

    Et ces raisons sont plus convaincantes que les arguments d’un gouvernement qui se fait passer pour le moteur de la « transition écologique » après avoir pleuré de joie lors de l’inauguration du plus grand porte-container de France, promu le car pour pauvres à la place d’un train écologique et attractif, gelé les aides aux paysan·nes qui ne pourrissent pas les nappes phréatiques, grassement subventionné l’industrie de l’extraction au cyanure en Guyane et j’en passe. (Non, je fais pas la liste, je me suis déjà assez fait chier en 2016 pour les camarades de CQFD avec le bilan écolo du précédent et ce sera à peu près la même chose.) Les discours (pro-)gouvernementaux qui mettent en scène l’écologisme de façade de la Macronie m’ont donné envie de revoir ma copie de bobo pauvre devant les perspectives ouvertes par les gilets jaunes.

    D’abord, depuis quinze ans que je bouffe bio, le seul truc qui s’est passé, c’est que c’est devenu un marché plus attractif pour la grande distribution et l’industrie agro-alimentaire. La première ouvre des magasins bio à tous les coins de rue un peu « bien fréquentés » pour fourguer les merdes industrielles que la deuxième nous vend sous l’étiquette rassurante de vrai bio pas industriel qu’elle rachète à des petits producteurs bien connus. Ça n’a servi à rien, d’être consom’actrice et de promouvoir tout ça – sauf à bien bouffer. Et bien bouffer, ça n’a jamais aidé à bien penser, que ce soit après une bonne soupe au potimarron ou après un gros Noël écœurant au foie gras qui pique un peu mais au moins il y en a plein.

    Entre les familles qui sont à vingt euros près et les Nicolas qui galèrent avec deux mille euros mensuels, il y a un monde. Mais entre eux et les bien-pensants qui refusent de comprendre leurs contraintes, il y a peut-être un fossé encore plus grand. Ces contraintes, elles sont de plusieurs ordres mais elles ont en commun de faire des vies pauvres. Les dépenses contraintes (2), justement, font diminuer le revenu disponible. La course à la métropolisation fait grimper en flèche les loyers des villes où on a une chance de trouver du boulot tandis que les autres deviennent d’abordables déserts dotés de services publics encore plus dégradés. Et je vais consacrer un petit développement à une autre de ces contraintes, qui a justement été au centre du débat : la bagnole. (Sans amour excessif pour cet objet puisque la lutte contre la culture de la voiture est mon premier engagement politique et que sur mon vélo je subis presque tous les jours négligence coupable et parfois violence routière gratuite.)

    La dépendance à la bagnole est un trait regrettable des sociétés qui ont été riches et ont créé autour de la tonne de métal qui roule toute seule un monopole radical, c’est à dire une difficulté très forte à vivre sans, quand bien même on le voudrait, notamment parce que, tout le monde ou presque pouvant s’en payer une, les transports en commun sont tombés en déshérence partout où ce n’était pas embouteillé et les formes urbaines ont été adaptées pour devenir hostiles aux autres usages. Cette dépendance ne baisse pas et les budgets qu’elle pompe dans les ménages augmentent, sans rendre plus heureuses les personnes qui ont des bagnoles. La voiture dite « propre », qui semble être le seul argument écolo de la Macronie, est un bon prétexte pour envoyer à la casse une Seat de 1999 avec un contrôle technique toujours plus drastique alors qu’il est possible qu’en dix ans de modestes usages elle pollue moins qu’une Prius avant son premier kilomètre (3). Et cela fait deux ou trois décennies que nos brillants dirigeants, qui se flattent d’avoir une si longue vue, ne touchent pas à la fiscalité du diesel alors qu’on connaît sa nocivité et que plus les ménages sont pauvres, plus leurs investissements automobiles les engagent à long terme. Un terme dans lequel l’action politique, elle, semble incapable de s’inscrire. Une temporalité un peu décente qui donne au moins cinq ans – il en faudrait plus – aux personnes qui viennent d’acquérir un diesel en prenant comme repère les prix à la pompe en 2018. Moi aussi, je serais en rogne si je prenais la bagnole tous les jours, sans plaisir, pour mes obligations et sans véritable choix, si j’étais sommé·e de tirer la croissance avec mes dépenses automobiles et qu’en échange je me faisais traiter de seule responsable de l’état inquiétant dans lequel se trouve la planète.

    Certes, les ravages que l’économie inflige au climat, aux forêts tropicales ou aux sols prend comme prétexte les besoins des classes consommatrices. Des besoins dopés aux amphétamines publicitaires, aux efforts des départements de R&D qui s’emmerdent à trouver des trucs nouveaux à nous vendre et qui au fond ne servent qu’à concentrer les richesses. Les rêves des ménages sont toujours moins toxiques que l’activité économique que s’acharnent à défendre des dirigeants qui se payent ensuite des déclarations écologistes en pointant du doigt le consommateur final. Une écologie dévoyée est devenue le nouveau visage du mépris de classe et une nouvelle menace autoritaire. Ça suffirait presque à donner envie de se vautrer dans tout ce qu’on peut acheter, de se faire un beau Noël qui déborde de partout, de s’acheter la belle bagnole qui fait rêver. Être « rien », mais avoir. C’est le même mécanisme dans les autres classes qui n’ont pas la maîtrise de leur vie même si elles ont la ressource pas négligeable de pouvoir éditorialiser dessus. Et même si elles adoptent des manières de compenser (apparemment) plus immatérielles et plus sortables : le tourisme (4) et le loisir sont de nouvelles drogues qui nous font supporter d’habiter dans des métropoles saturées, de voir nos métiers et nos richesses collectives disparaître sous les politiques d’austérité, de voir les réflexes fascistes et racistes bridés par aucun « barrage démocratique » de la part des élites politiques de ce pays. Tout le monde se soigne comme il peut en compensant, à coups de distinction ou de distraction (et pas assez de révolution). Finalement, nous sommes nombreuses et nombreux à avoir quelque chose du gilet jaune.

    (1) Je remercie ici l’Atelier populaire d’urbanisme de Fives qui m’a permis de de faire valoir mon droit comme à tant d’autres de locataires démuni·es.
    (2) Loyer, énergie et toutes ces dépenses qui ne sont pas du « tiens, je vais m’offrir ça » mais qui font que la plupart des dépenses sont déjà fléchées, pré-dépensées.
    (3) J’exagère mais la part des nuisances écologiques à la fabrication ne cesse de croître et les voitures dites « propres » polluent plus que les autres avant leur premier kilomètre. Lire Airvore de Laurent Castaignède (Écosociété, Montréal, 2018) pour en savoir plus sur ce symbole du capitalisme verdi.
    (4) « Le tourisme est une industrie de la compensation : je souffre, je travaille toute l’année, donc je m’octroie ces quelques semaines de répit. » Rodolphe Christin dans CQFD n°167 de juillet-août 2018. Un mécanisme qu’il doit être possible de retrouver dans d’autres dimensions de nos vies, y compris les plus nobles…

    • C’est assez juste, mais il faut mettre en perspective effectivement l’organisation du territoire, avec la métropolisation qui colonise les zones rurales, c’est-à-dire qui les dépouillent de leurs ressources pour satisfaire les besoins exponentiels des grosses villes qui concentrent les jobs à valeur ajoutée, les services publics, les infrastructures, tout.
      Il faut voir que cette concentration, c’est aussi du contrôle de population comme jamais et que le plus gros contrôle, en dehors de l’emploi, c’est la voracité immobilière qui, elle transforme les classes moyennes un peu à l’aise en quasi-indigents.

      Qui se souvient de la fin des années 90 et le début des années 2000, quand déjà, les bicoques voyaient leur prix exploser partout et où le conseil aux locataires strangulés était : « si tu ne peux pas payer un loyer, achète ! ». Sauf que si tu es trop pauvre pour un loyer de proche banlieue, tu ne risques pas d’être assez riche pour un studio de centre-ville.

      Bref, les prolos ont acheté. Massivement. Portés par la propagande gouvernementale et par les émissions télé débiles qui faisaient de chaque petit proprio un millionnaire (en francs !). Et plus ils se sont éloignés des centres-villes bourgeois qui leur sont à présent définitivement interdits et plus on a fermé les moyens de transport qui les desservaient, les services publics, tout.

      La dette, c’est le pouvoir.

      Dans mon coin, il y a des usines qui se sont ouvertes. Vous savez pourquoi : parce que chez nous, les ouvriers sont une population captive . Ils sont prisonniers de leur crédit immobilier qui leur coute 4 fois la valeur réelle de leur bicoque de promoteur : ils ne peuvent plus partir et revendre, il n’y a plus d’acheteurs. Ils doivent rester et prendre ce qu’on veut bien leur donner. Du coup, ton usine, c’est les salaires au plancher et tout le monde qui ferme bien sa gueule, trop contents de ne pas devoir cumuler 3 jobs pour rembourser la banque.
      Ici, c’est banal de faire une heure de route aller et autant au retour pour bosser. 150 km/jour, 5 jours par semaine : je vous laisse sortir les calculettes.

      Oui, il est facile de se foutre de la gueule des Nicolas qui se font des 2000 €/mois et qui ont l’air de chialer la bouche pleine, mais faut voir la réalité en face : ils sont les cocus de la France des propriétaires et des travailler plus pour gagner plus de Sarko.
      Au final, ils sont juste locataires de leur banque pratiquement jusqu’à ce que mort s’ensuive. Le fric s’évapore dès qu’il arrive sur le compte en banque. Alors oui, ils ont l’air de bien vivre dans de petites maisons encore bien propres et récentes, mais en vrai, quand tu rentres chez eux, tu vois le petit poêle à pétrole planqué dans un coin qui puent et embrume l’atmosphère, parce que la clim’ réversible vendue avec la baraque, ça finit de leur casser les reins avec la note d’électricité, tu vois les patates, riz et pâtes comme aliments de base et des privations à n’en plus finir.
      Et tu vois aussi les iPhone, parce qu’il faut bien avoir l’air de vivre comme tout le monde, ne pas avouer qu’avec 4 fois plus de fric que les vieux parents retraités, tu vis encore et toujours comme un gueux.

      Le bout du chemin.

      Le pire, c’est que rien ne leur sera épargné, aux Nicolas. Leurs gosses grandissent et bientôt, ils découvriront que le ticket d’entrée dans les études supérieures (toutes concentrées dans les métropoles) est hors de leur portée. Déjà, les lycées sont rares et les options-clé encore plus. À résultats égaux, il y a nettement moins de collégiens des bleds qui continuent dans la filière générale que dans les villes, y compris les « quartiers ». Et ne parlons pas de la fac ou des grandes écoles.

      Et à la fin, quand Nicolas n’en pourra plus d’arquer comme un fou pour entretenir sa banque, il lui faudra payer une maison de retraite qui coute encore plus cher que son salaire qui avait l’air si bien.
      Alors, il vendra sa maison, cette source de tous les sacrifices, et il découvrira à ce moment-là à quel point elle ne vaut rien, à quel point, il s’est bien fait rouler dans la farine, toutes ces années.

      Alors ouais, ils sont pathétiques, les Nicolas avec leur « gros » salaire et leur vie de privations, mais ils sont aussi les plus escroqués de l’histoire et il conviendrait plutôt de s’intéresser à ceux qui leur ont fait les poches aussi méthodiquement et qui eux, vont très bien, merci !

    • Complètement d’accord avec toi @monolecte.
      Oui, je me souviens très bien de l’explosion du prix de l’immobilier, notamment quand l’encadrement du prix des loyers autorisait une augmentation annuelle de 5 % par les propriétaires ! 5% par an ! Et c’est que je rappelle toujours toujours autour de moi lorsqu’on aborde ces questions.

    • @odilon : c’est la quadrature du cercle. Quand je vivais à Paris, il en fallait un qui bossait pour le loyer et l’autre pour les factures… et ça ne suffisait pas… et c’était avant le grand boum. On a dû partir.
      Et maintenant, le ticket d’entrée dans les métropoles est le premier obstacle à ma recherche d’emploi. 98% des jobs auxquels je peux prétendre, c’est à Paris (quel manque d’imagination, merde ! Et comment ne pas y voir la cause de l’incapacité de penser le reste de la France !). Mais rien que la double résidence pendant la période d’essai, il faut vraiment un salaire conséquent pour ne pas se retrouver à 0.

    • Gloire à notre bon maitre du mépris et de la récompense.

      Perso je n’ai rien contre les indigents, mais pour les opposer aux travailleurs, il faudrait quand même savoir où est la classe des indigents ? elle existe vraiment ? c’est un peu facile quand même d’opposer les indigents aux travailleurs, distribuer le mépris et les récompenses.
      Et c’est pourtant ce qu’à fait Macron dans son dernier discours : créer une scission dans la distribution des bons points qui à l’air de bien marcher, ainsi on ne tape plus sur les véritables responsables qui sont devenus inatteignables. (au-dessus de 200.000€, on décroche par réflexe de protection ?)

      Tu peux avoir un indigent du CAC40 ou loueur de logement merdique (30 ans à payer des locations insalubres pour permettre aux propriétaires de payer leurs crédits, j’en sais quelque chose)
      Mais de l’autre côté des indigents, tu as aussi, et ce ne sont pas des exceptions, les précaires qui ne partent jamais en vacances, artist·e, écrivain·e, penseur, ouvrier·e, agriculteurice, chomeur·se ou punk à chien ou la nana qui croit choisir sa décroissance bio en yourte pour sauver le monde. (J’en ai fait partie, aussi)

      Et le droit à la paresse bordel ?

      J’ai du travailler un temps pour Pierre&Vacances (2 mois au service photo), le réflexe pavlovien des loisirs/vacances est très très bien entretenu. C’est la base même du système consumériste dans lequel nous sommes et où les 80% de personnes que tu croises dans les magasins vont se récompenser en achetant des merdes. C’est un peu naïf de penser que donner l’exemple en bouffant bio et en se chauffant au solaire va modifier ces positions. J’y ai quand même gagné la haine du travail salarié et j’ai ensuite fait le choix de la pauvreté, pour être « indépendante » (quelle blague sémantique). Il est très bien entretenu le mythe de la récréation/vacance qui doit suivre le travail/souffrance. Chez P&V (ce n’est qu’un exemple) tout est fait pour te faire croire que tu es libre pendant 15 jours dans un monde idéal et sans voitures (de grands parkings aux portes de ces cités du bonheur), que les autres vont te servir, que tu grimpes dans l’échelle sociale et que l’argent n’existe pas (tu payes en collier) pendant ce laps de temps ou tu claques tout pour oublier que tu vas retourner bosser. Il ne faut pas s’étonner que les beaufs si bien éduqués depuis l’école de la république (8h sur un banc pour 30min de récréation) visitent la belle planète des autres pauvres pour 30€ l’aller/retour et en rammène les trophées de leurs souffrances. Faut-il encore qu’ils aient les 30€ et le temps dans la course à chacun pour soi et surtout où chaque individu ne doit surtout pas se sentir responsable du bordel créé, ben oui, ça a été construit sciemment. Depuis Giscard, avec ce que rappelle @monolecte, la maison individuelle tout comme la voiture individuelle c’était la suprème récompense, prime à l’appui, le livret A à 6%, et cela au prix de la destruction du sentiment de communauté, de solidarité, de politique. (tu as vu comment les syndicats vendus lui lèche les chaussettes à force d’avoir cirer ses pompes)

      Et là, ça rediscute de politique aux ronds-points, mais c’est génial, tant mieux ! Aujourd’hui, pour aller se prendre des coups, se faire gazer, revenir estropier par les flics, faut vraiment avoir envie d’en démordre, être dans la merde et ne plus avoir à manger. Et pour ceux qui restent devant la télé ou qui rechignent à rejoindre les GJ ne serait-ce que pour leur apporter du thé chaud, ben, faites un peu acte de solidarité avant que ce mot ne disparaisse totalement des dictionnaires.

    • Je n’avais pas pensé à la dépendance immobilière qui pourtant m’est à peu près aussi étrangère que la dépendance automobile. J’échappe aux deux parce que je n’ai pas assez de pognon ou parce que je suis privilégiée d’une autre manière. Nicolas, c’est le contraire : il gagne bien, sa meuf en école de commerce va bien gagner s’il est assez malin pour ne pas la charger de travail domestique mais il n’est pas privilégié (encore qu’il a eu la chance de vivre avec des copains permaculteurs et de les voir vivre autrement). Il rêve de péri-urbain, de 4x4 blancs BMW et il paye cher, mais alors cher, la satisfaction de ses petits rêves de mec qui veut s’entourer de ce qu’il imagine être des signes de richesse, des petits rêves égoïstes (transport privé, pavillon pour être tranquille, sans colocs, sans voisins, avec sa meuf et bientôt ses gosses).

      Être dans un groupe qui promeut la décroissance, c’était pas seulement pour la soupe au potimarron, c’était pour casser ces rêves de merde, le mal qu’ils font aux gens qui les ont, les satisfont en partie et en partie se font broyer. Le mal qu’ils font à ceux et celles qui les voient passer de très, très loin, dans leur bled d’Afrique ou d’Asie. Le mal qu’ils font à la nature.

      Il paraît que Hulot a causé de ça...
      https://www.francetvinfo.fr/economie/transports/gilets-jaunes/video-gilets-jaunes-pour-nicolas-hulot-la-crise-etait-evitable_3047315.

      Jean Gadrey aussi.
      https://blogs.alternatives-economiques.fr/gadrey/2018/12/05/dix-mesures-de-fiscalite-juste-pour-gilets-jaunes-rou

      Et il y en a plein, des économistes qui font marcher ensemble écologie et social, qui ne se servent pas de l’écologie pour faire marcher la machine à revenir au XIXe siècle.

    • Merci pour ce texte. Ces 2 articles sur le traitement sociologique des gilets jaunes sont également intéressants :
      http://geographiesenmouvement.blogs.liberation.fr/2018/12/14/50-nuances-de-jaune-1-la-fausse-question-du-choix
      http://geographiesenmouvement.blogs.liberation.fr/2018/12/16/50-nuances-de-jaune-2-mepris-de-classe-mepris-despace

      Moi qui appartiens à la classe moyenne plutôt favorisée et qui travaille dans un ministère bien concerné par l’écologie, je vois pas mal de mépris à l’égard des gilets jaunes parmi mes collègues. Je pense que cela tient à la volonté de se différencier d’eux, la classe sociale juste en dessous de la nôtre, sur le plan des valeurs. Aux « vrais » pauvres, la pitié, aux gilets jaunes, le mépris.
      J’avoue que j’ai eu aussi des a prioris sur le mouvement à ses débuts, car je l’apparentais à celui des bonnets rouges. C’est la lecture de divers articles qui m’a fait changer d’avis.


  • L’écotartuffe du mois, par Nicolas Casaux
    https://www.facebook.com/nicolas.casaux/posts/10155970187972523?__tn__=K-R

    Voudriez-vous voir se former un mouvement de résistance sérieux contre le capitalisme ? Si oui, oubliez Aurélien Barrau.

    Cet astrophysicien a récemment acquis une certaine notoriété à cause de sa perspective écologiste : il a récemment publié un appel signé par plein d’idiots utiles de l’industrie du divertissement (d’Alain Delon à Muriel Robin) demandant la restriction de certaines libertés individuelles afin de sauver la planète. Que ceux qui ont le plus profité des conforts et des luxes de la civilisation industrielle, qui sont parmi les plus privilégiés des privilégiés, se permettent de demander aux autorités qu’elles restreignent les libertés du peuple, tout de même, il fallait oser — même si l’expression "libertés individuelles" est une triste blague dans le cadre de la société technocapitaliste, bien entendu, mais c’est une autre histoire. Ainsi, cet appel est une sorte de plaidoyer en faveur de l’écofascisme prédit par Bernard Charbonneau il y a plusieurs décennies :

    « L’écofascisme a l’avenir pour lui, et il pourrait être aussi bien le fait d’un régime totalitaire de gauche que de droite sous la pression de la nécessité. En effet, les gouvernements seront de plus en plus contraints d’agir pour gérer des ressources et un espace qui se raréfient. [...] Si la crise énergétique se développe, la pénurie peut paradoxalement pousser au développement. Le pétrole manque ? Il faut multiplier les forages. La terre s’épuise ? Colonisons les mers. L’auto n’a plus d’avenir ? Misons sur l’électronique qui fera faire au peuple des voyages imaginaires. Mais on ne peut reculer indéfiniment pour mieux sauter. Un beau jour, le pouvoir sera bien contraint d’adopter une façon de faire plus radicale. Une prospective sans illusion peut mener à penser que le virage écologique ne sera pas le fait d’une opposition dépourvue de moyens, mais de la bourgeoisie dirigeante, le jour où elle ne pourra plus faire autrement. Ce seront les divers responsables de la ruine de la terre qui organiseront le sauvetage du peu qui en restera, et qui après l’abondance géreront la pénurie et la survie. Car ceux-là n’ont aucun préjugé, ils ne croient pas plus au développement qu’à l’écologie : ils ne croient qu’au pouvoir. »

    Ecofascisme qui ne résoudrait bien évidemment rien du tout, puisqu’il n’implique aucun changement fondamental.

    Aucune critique du capitalisme et de ses implications économiques mondialisées (il reconnait, certes, que le capitalisme pose quelques problèmes mais trouve qu’il a aussi des vertus), de l’idéologie qui l’anime, aucune critique du pouvoir, aucune critique des mécanismes de coercition sur lesquels il repose (il ne blâme pas plus les dirigeants que tout le peuple, nous sommes responsables, nous avons les dirigeants que nous méritons, etc., il ne comprend manifestement pas comment le pouvoir s’est organisé et se maintient), aucune critique de l’imposture démocratique, espoir placé en des actions potentielles que nos dirigeants pourraient prendre, croyance en une civilisation industrielle rendue verte grâce aux EnR, le cocktail habituel des vendeurs d’illusions de l’écocapitalisme.

    Mais pourquoi ? Pourquoi demander leur avis à des astrophysiciens ? Pourquoi demander leur avis à des gens — à des gens de la haute — qui passent leur existence à travailler sur des sujets aussi éloignés du quotidien de toutes les espèces vivantes et des réalités du monde, du monde à la mesure de l’être humain ? Bref, on a trouvé celui qui succèdera à Hubert Reeves dans le rôle de caution d’autorité astrale de l’écocapitalisme.

    (C’est une question rhétorique, bien évidemment. Le fait de demander son avis à un astrophysicien n’est qu’une incarnation de la domination de l’autorité Science, de l’expertocratie, et de l’idéologie progressiste, fascinée par l’univers et sa conquête. L’astrophysicien, qui connait (?) les trous noirs, ces choses incroyablement complexes qui nous dépassent, nous, simples mortels, doit forcément connaître la situation socioécologique terrestre. C’est une illustration parfaite de ce que c’est qu’un argument d’autorité. C’est un grand scientifique, il doit savoir. Malheureusement pas, (ultra-)spécialisation oblige. L’appel d’Aurélien Barrau et son plaidoyer pour plus encore d’embrigadement étatique sont également très bien anticipés, parfaitement même, dans le livre "Catastrophisme, administration du désastre et soumission durable" de René Riesel et Jaime Semprun.)

    • Rapport à la vidéo partagée par @marcimat : C’est surtout le « nous » qui me dérange dans ce genre de discours, comme si la responsabilité était collective et les mauvaises décisions cautionnées par 7,5 milliards d’êtres humains alors que les vrais décideurs sont tout au plus quelques milliers et qu’ils ne nous laissent guère le choix à savoir danser sur la musique qu’ils nous jouent.

      #gestionnaires_du_cheptel_humain

    • Un copain vient juste de me faire passer ça :
      Ecologie et nouveau pacte avec le vivant : Aurelien Barrau (il a sa chaîne Youtube et n’utilise pas les accents, has been)
      https://www.youtube.com/watch?v=H4wjc4FHpNY


      et je n’ai plus aucune raison d’ignorer qui est A. Barrau (enfin, si, j’aime pas regarder des vidéos en ligne mais je vais me forcer pour me faire ma propre idée). Je plussoie tout ce que vous dites et particulièrement cet argument d’autorité. En matière d’écologie, l’astro-physique a tellement plus à nous apprendre que les sciences sociales et celles du vivant sur cette Terre...

    • Ah oui, il essentialise un peu le problème en disant que c’est la nature humaine... et qu’on peut y changer quelque chose ! Ce qui est contradictoire, c’est bien parce que ce rapport au monde est historique qu’on peut en changer.
      Oui, « l’appel à la responsabilité individuelle est insuffisant » mais sur cette Terre (et je reviens d’un atelier pour des gens en Malaisie qui vivent dans des endroits menacés d’aménagement et subissent la dégradation de l’environnement plutôt que d’y participer à 200 à l’heure sur l’autoroute), c’est l’organisation sociale qui pose problème, pas les faux besoins des gens.
      Bon, vous avez tout dit, je me tais ! C’est répugnant.

    • Juste pour modérer un tout petit peu, quand bien même je ne suis pas forcément d’accord avec lui : il n’est pas que astrophysicien, il a aussi un doctorat en philosophie, il participe pas mal à des trucs sceptiques (au sens méthode scientifique) et de vulgarisation et il est aussi artiste, poésie, vidéo. Enfin pour dire que ce n’est pas que en tant qu’astrophysicien par argument d’autorité de science dure de haut niveau qu’il dit ce qu’il dit.

      C’est une critique possible mais il ne faudrait pas faire l’inverse, un argument d’anti-autorité automatique, du genre « c’est un ouf en science dure ultra pointu donc il a tord », ça ferait un raisonnement tout aussi faux.

      En tout cas, la critique d’ultra-spécialisation dans le texte de Casaux est fausse au regard des diplômes et des travaux de Barrau, il est clairement pas cloisonné dans sa physique.

      Ce qui n’empêche pas d’être en désaccord avec lui, mais avec des arguments pas ad hominem. :)

    • un argument d’anti-autorité automatique, du genre « c’est un ouf en science dure ultra pointu donc il a tort, disait RastaPopoulos...
      Les gens qui disent "DONC il a tort" quand il parle écolopolitique ont tort, désolé Monolecte.

    • Barrau a lui aussi son mot à dire, comme chacun·e d’entre nous. Mais son propos est assez décevant au regard de la grande science dont il se réclame et il est le premier à mettre en avant son autorité, à ne faire venir que des collègues d’institutions prestigieuses (les universités, c’est du caca)... Je sais pas si c’est Descola qui lui a soufflé sa super analyse des chasseurs-cueilleurs qui se comportent comme des pousseurs de caddie mais en vérité c’est plus compliqué que ça (comme c’est plus compliqué que « vivaient en harmonie avec leur environnement ») parce que ce sont des humain·es et qu’ils et elles ont adopté des structures sociales différentes, pas un mode de vie et une pensée uniques.

    • Vous en pensez quoi ? C’est super compliqué, parfois, de répondre à des trucs simplistes.

      « Des mesures potentiellement impopulaires »

      C’était il y a presque vingt ans. La formatrice était venue avec son bébé, qu’elle allaitait, pour nous présenter les grandes lignes de ce qu’est le changement climatique. Les particules de gaz à effet de serre plus denses dans l’atmosphère, qui font que l’énergie solaire est recapturée en plus grande proportion après qu’elle a touché la Terre. Le réchauffement de la planète, qui s’ensuit, ces deux ou trois degrés (selon les différents scénarios) qui ne sont pas uniformément répartis mais constituent une énergie en plus phénoménale, laquelle nourrit des épisodes climatiques plus intenses et plus fréquents. Et puis ce qu’on peut y faire : un quart des émissions dues aux transports, un autre à l’agriculture (pas seulement l’élevage mais aussi le mésusage des sols), un autre au bâtiment, un dernier à l’industrie et une troisième moitié pour tout ce que nous achetons sur le marché mondial et qui n’est pas compté dans la consommation nationale… Les solutions ? Des techniques plus écologiques et moins industrielles mais surtout une réduction : du nombre de kilomètres effectués par les biens et les personnes, etc. Changer de mode de vie mais aussi changer de modèle économique avec un refus collectif de nos habitudes de production et de consommation et une plus petite échelle que celle du monde. Ça tombait bien, les échos de Seattle se faisaient encore entendre et la mondialisation néolibérale était nommée, décrite et combattue.

      Aujourd’hui le bébé de la formatrice est une grande tige qui vient de passer le bac et les appels à sauver la planète ou à ne pas regarder ailleurs pendant que la maison brûle sont toujours plus pressants. Mais rien ne change. Ou plutôt, le peu d’amélioration en matière d’écologie se noie dans l’effet-rebond et dans la course à la croissance et aux innovations techno-scientifiques. Alors on commence à flipper. On est nombreux et nombreuses dans ce cas, particulièrement ceux et celles qui ont des bébés ou des grandes tiges et qui se demandent quelles seront leurs conditions de vie sur cette planète dans vingt, trente ou cinquante ans. Et quand on flippe, on dit parfois des bêtises.
      Je ne sais pas trop d’où viennent les personnalités qui ont signé l’appel d’Aurélien Barrau et de Juliette Binoche, si elles viennent de se réveiller ou si elles donnent leur écot depuis longtemps à des ONG écolos. Une ou deux d’entre elles m’aident à réfléchir (citons Philippe Descola sur le rapport très différent à la nature qu’on peut avoir en Amazonie ou en Europe). Mais aucune ne sort à mes yeux grandie de la signature de ce texte, quelques lignes insignifiantes et moralisatrices qui ne doivent l’attention qu’on leur a portée qu’à la notoriété des signataires (1) ou à leur position prestigieuse dans la sphère académique. Un texte étique auquel je n’avais pas accordé d’attention à sa sortie. Jusqu’à ce que le propos se déplie dans un discours d’Aurélien Barrau qui fait le tour des réseaux sociaux. Les choses sont plus claires : les politiques « potentiellement impopulaires », c’est une administration coercitive du désastre (2) et une allocation autoritaire de ressources limitées (eau, énergie, matières premières). Ce que des penseurs écolos radicaux comme Bernard Charbonneau, André Gorz ou Cornelius Castoriadis ont imaginé dans leurs pires cauchemars et parfois nommé « éco-fascisme ». Alors, quoi choisir entre ne rien faire et cette politique autoritaire ?

      Heureusement, la question ne se pose pas forcément dans ces termes. J’ai pris connaissance du fameux discours d’Aurélien Barrau au retour d’une autre formation (encore organisée par la plus grosse ONG écolo de terrain au monde, décidément, mais cette fois en Malaisie). Il s’agissait de donner à des « défenseurs et défenseuses de territoires » des outils pour comprendre ce qui leur arrivait et s’y opposer. Une puissante flotte de pêche qui drague le fond des mers, tout près des côtes ou travaillent de nombreux pêcheurs artisanaux sur de petits bateaux, et qui détruit l’habitat des poissons et des crustacés. Un projet de plantation de palmiers à huile ou d’hévéa sur des terres dont une communauté autochtone tire sa subsistance dans des vergers en agroforesterie ou cultures associées. Le « nous » du discours moralisateur d’Aurélien Barrau, essentialisant une « nature humaine » et son « comportement endémique », n’a ici pas lieu d’être, d’autant moins que ces groupes sociaux-là ont beaucoup à nous apprendre en matière d’égalité, de non-violence et de respect de l’environnement (à des degrés divers et sans angélisme). Ces valeurs portées par les sociétés autochtones de la péninsule Malaise, on en constate au fil des décennies l’érosion sous le coup du développement et de l’importance accrue de l’économie monétaire. Moins que de nature, il est bien question de culture, voire d’organisation sociale. Ces communautés, souvent rurales et démunies devant la prédation de gros acteurs économiques ou de l’État, subissent de plein fouet des politiques d’aménagement très préjudiciables au milieu naturel et décidées sans elles. Plus de démocratie pour plus d’écologie, elles y croient.

      Si vous m’avez suivie jusqu’ici, vous admettrez peut-être que « nous » les êtres humains avons des intérêts divergents en matière de préservation de l’environnement et d’adoption d’un mode de vie plus sobre, le pauvre Sud et le riche Nord. Mais des gueux et des gueuses dont on pourrit le milieu de vie au nom du profit, il en existe aussi chez nous. Si les stars de cinéma et les prestigieux scientifiques de la tribune s’étaient un peu intéressé·es à tout ça, elles auraient pu rencontrer les habitant·es blasé·es et démuni·es de coins pollués jusqu’à la moelle (http://labrique.net/index.php/thematiques/droit-a-la-ville/837-l-heritage-toxique-de-metaleurop-les-silences-d-evin-malmaison), elles auraient découvert dans des luttes écologiques la présence de gens dont beaucoup sont pauvres, chacun·e à leur manière, et elles auraient découvert un visage plus social de l’écologie (3).

      Presque tout le monde connaît les ZAD de Notre Dame des Landes, Bure ou peut-être Roybon mais il y a aussi ces luttes plus modestes et très nombreuses contre les autoroutes, les lignes THT, les incinérateurs ou les terrains de golf. Dans celle à laquelle j’ai participé, des élu·es locaux soutenaient le projet d’autoroute d’une quelconque compagnie de BTP, Eiffage ou une autre, prétendant que la forêt, c’était un tas d’arbres qu’on replanterait et que l’investissement était privé, donc pas à la charge du contribuable. L’élu qui débitait ces sornettes est mort depuis, que les flammes de l’enfer lui lèchent avec soin les parties génitales. Plus discrètement, le directeur de cabinet du président de la région allait croûter dans la boîte de BTP en question. L’autoroute a été construite contre l’avis des services de l’équipement, pour qui aucun trafic ne justifiait ce projet et qui auraient préféré aménager l’axe existant, sur lequel ils avaient identifiés nombre de points dangereux. Contre l’avis des écologues qui voyaient derrière le tas d’arbres des zones humides et toute une vie diverse et foisonnante. Contre l’avis des économistes et des juristes qui avaient repéré une innocente clause de rétrocession qui permettait à la compagnie de reprendre ses billes si l’autoroute n’était rentable chaque année qu’au mois de février. La suite nous a donné raison et les contribuables ne vont pas tarder à recevoir la note. Tout ça pour dire que ce n’est peut-être pas trop de démocratie qui est la cause des maux mais pas assez.

      Certes, la petite bourgeoisie mondiale (qui au Nord comme au Sud ne compte pas ses kilomètres en bagnole, habite un grand logement parfois équipé d’une indispensable piscine, prend l’avion des dizaines d’heures par an) se bâfre presque autant que les stars de cinéma précédemment cité·es, certes elle a une part de responsabilité dans la consommation excessive de ressources et un intérêt dans l’ordre des choses qui pèse en faveur de l’immobilisme. Mais les politiques qui prétendent la servir font bien pire (et ils ne mangent même pas bio (4)) en entretenant une économie basée sur la consommation excessive d’énergies et d’eau fossiles, de produits miniers et agricoles extraits avec avidité. Ce que ces politiques servent, c’est (on l’a vu mieux que jamais avec l’accession en France d’un inconnu au pouvoir) un système de prédation des ressources économiques et naturelles qui à terme ne servira pas la petite bourgeoisie puisqu’elle est au service d’intérêts bien plus gras qui concentrent les richesses à un rythme exponentiel. Pardon de sortir des analyses marxistes à deux balles mais je les crois quand même plus juste et fines que les vingt lignes signées par les fameuses personnalités et qui demandent à l’État de limiter drastiquement les nuisances du système économique que celui-ci s’est refusé depuis quarante ans à simplement encadrer.

      Pour résumer (parce que ce qu’il faut avant tout, c’est avoir de l’impact, pas se demander pourquoi on en est là), l’État peut se muer en organisation sociale respectueuse de l’environnement mais la nature humaine, elle, serait selon Barrau à jamais figée. C’est beaucoup trop d’optimisme envers la puissance étatique et bien trop peu pour l’espèce humaine, qu’il connaît décidément trop mal : il y a des sociétés de chasseurs-cueilleurs qui n’ont pas développé un rapport respectueux à la nature… et d’autres qui l’ont fait (5).

      L’État éco-fasciste qu’Aurélien et ses ami·es appellent de leurs vœux, il ne va pas se convertir à la simplicité volontaire, il ne va pas mener le défi de la baisse de consommation d’une manière équitable, à travers le rationnement pour tou·tes ou des prix progressifs qui garantissent la satisfaction des besoins primaires, il ne va pas même protéger l’environnement. Il va permettre à certains acteurs de tirer profit de situations de pénurie, il va administrer le désastre pour s’assurer que, malgré tout ce que nous craignons comme dégradation du milieu, le capitalisme continue à distribuer des dividendes et quelques miettes. Finalement, ça a quelque chose de rassurant, de se dire que ce n’est pas « nous » qui sommes le problème mais notre organisation sociale. Parce que nous ne sommes pas prêt·es à penser comme des orangs-outans mais nous pouvons encore faire la révolution.

      (1) Où l’on découvre la « people écologie » (pour ceux et celles qui hésitaient encore entre éco-féminisme, écologie sociale et anti-industrialisme). https://www.vanityfair.fr/pouvoir/politique/articles/pierre-rabhi-enquete-sur-un-prophete-sophie-des-deserts/29872

      (2) René Riesel et Jaime Semprun, Capitalisme, administration du désastre et pollution durable, Éditions de l’Encyclopédie des nuisances, 2010.

      (3) L’écologie et la répartition plus juste des richesses, ne sont pas forcément contradictoires et même plus sûrement complémentaires. Dominique Méda, La Mystique de la croissance. Comment s’en libérer, Flammarion, 2014 ; Éloi Laurent, Social-écologie, Flammarion, 2011 ; Jean Gadrey, Adieu à la croissance. Bien vivre dans un monde solidaire, Les Petits Matins, 2015.

      (4) Les élu·es sont en retard sur le reste de la population en ce qui concerne la compréhension des questions environnementales. Ils et elles ne les prennent pas en compte, obnubilé·es par leur responsabilité de bon père de famille qui doit faire manger ses administré·es et arbitre systématiquement en faveur de l’économie. Par exemple en 2002-2003, dans la population générale, 63 % des personnes admettaient la nécessité de ralentir la croissance économique pour préserver l’environnement alors que seul·es 19 % des parlementaires partageaient cette idée. Daniel Boy, « Les parlementaires et l’environnement », Cahiers du Proses, septembre-octobre 2003, <http://www.developpement.durable.sciences-po.fr/publications/cahier7.pdf>. (Il doit y avoir des références plus récentes sur cette question mais j’ai la flemme de chercher, je reprends celle que j’ai utilisée en 2008 pour ma brochure sur les élections.)

      (5) J’aimerais citer ici l’excellent livre de Franz Broswimmer, Une brève histoire de l’extinction en masse des espèces (2002), rééd. Agone, 2010. L’auteur prend acte de la dégradation de l’environnement opérée de longue date par des sociétés humaines mais aussi du changement de nature et d’échelle de la civilisation thermo-industrielle.

    • Le changement c’est maintenant
      https://youtu.be/zGFI7hMwpGI


      http://www.lepasdecote.fr/?p=655

      Un livre inédit de Bernard Charbonneau (1910-1996), voilà qui a de quoi réjouir les objecteurs de croissance tant la pensée de ce précurseur est une des plus abouties de ce mouvement. Le texte est relativement récent puisqu’écrit en 1990. De surcroît, il ne s’agit pas d’un manuscrit oublié volontairement mais au contraire d’une réflexion centrale sur le « changement ». Un slogan prôné par tous à commencer par certains « écologistes » : « L’homme du changement c’est celui qui prend l’avion pour jeter un pleur sur le dernier Indien. » Avis à Nicolas Bertrand. En lisant Bernard Charbonneau, c’est toute la rhétorique déversée continuellement par le système politique et médiatique qui est décomposée. #Bernard_Charbonneau ne remet pas en cause le changement en tant que tel, bien au contraire - « La société humaine est celle qui satisfait tant soit peu les besoins contradictoires de conservation et de progrès » - mais le « changement pour le changement, au nom de la Révolution ou du marché, [qui] enchaîne l’homme à un ordre de fer… ». Comme la croissance, la production, la science ou le développement, le changement devient sa propre finalité, entraînant la société dans une religion furieuse et fanatique : « Le progrès c’est l’indiscutable, donc indicible : la Vérité autant que la réalité par excellence. » Le reste ne se contente pas d’un résumé et est dans le livre. Pour seulement 12 euros 50, précipitez-y vous tant l’œuvre de Bernard Charbonneau est essentielle pour comprendre notre époque.

      V.C., La Décroissance n° 104, novembre 2013.

      http://www.lepasdecote.fr
      https://seenthis.net/messages/360994#message361056
      https://seenthis.net/messages/199817

    • Bon, plus je réfléchis à cet emballement médiatique à propos du climat (pour faire court), plus je me dis que la démission de Nicolas Hulot y est pour quelque chose, comme si la médiasphère/médiacratie n’attendait que cette rupture de vanne pour se déverser abondamment à ce sujet. Mais ce n’est sûrement qu’une impression.

    • Heu ... oui, tout à mes recherches de nouvelles perceptions sur le sujet, j’ai oublié de dire à @aude_v que son article correspond tout à fait à la perception que j’ai de tout ce battage médiatique autour de la défense de l’environnement. Même ressenti pour les « coquelicots » également.

    • Par contre pour mieux situer le personnage d’Aurélien Barrau (c’est assez pénible à lire mais instructif) : https://zilsel.hypotheses.org/2201

      En cette rentrée 2015, le Carnet Zilsel a publié une première salve de billets on ne peut plus constructifs. Dans l’offre surabondante de références, il est toujours bon d’affirmer des préférences et de le faire avec conviction. Ce travail, procédant par l’affinité cognitive, a son pendant critique. Honorant son programme initial qui consiste à provoquer du dissensus là où persévèrent l’atonie et l’indifférence, le Carnet Zilsel est aujourd’hui ravi de publier une mise au point critique de Vincent Debierre sur les ambitions scientifico-philosophico-esthétiques du physicien théoricien Aurélien Barrau. L’analyse est implacable (et lisible au format PDF : Aurélien Barrau, phobosophe, CZ, 9 oct. 2015). Les réflexions sur les crêtes de la métaphysique apparaissent pour ce qu’elles sont : tirées par les cheveux. En bout d’argumentaire, on repérera un héros familier des lecteurs du Carnet, Jean-Pierre Tremblay, qui se trouve embarqué par M. Barrau dans une défense et illustration hors-sujet de la philosophie « postmoderne ». Certes, nous avons beaucoup discuté en amont. Si la petite équipe autogérée du Carnet approuve sans réserve le travail de sape rationnelle auquel se livre notre camarade Vincent Debierre, les avis ont été partagés notamment sur l’usage quasi-systématique d’Impostures intellectuelles comme étalon de vérité et la critique d’auteurs que certains d’entre nous continuent de lire avec un intérêt certain (J. Derrida, G. Deleuze…). Mais tout compte fait c’est secondaire. De la même façon que Manuel Quinon et Arnaud Saint-Martin ont tenté en mars dernier de secouer (un peu) le cocotier dans la discipline sociologique qui est la leur, Vincent Debierre propose une utile contribution à la démystification des prétentions intellectuelles les plus bruyantes.

    • @aude_v , c’est vrai que ça ne vole pas haut, mais venant de lire le lien envoyé par @sombre ci-dessus, je commence a avoir une perception franchement hostile du personnage, et donc ne me priverais pas personnellement de montrer l’inanité de son initiative. Et puis ça permettrait aux lecteurs de ton billet de bien voir de qui tu parles, et pourquoi tu en parles.

    • Nous y voilà (relevé dans l’interview de libé dont le lien est envoyé par @vanderling ci-dessus :

      Lui [Macron], comme la plupart des dirigeants politiques continuent de vouloir concilier écologie et capitalisme. Est-ce possible ?

      Quoi qu’on réponde, on est coincés. Si on répond oui, les altermondialistes n’écoutent plus. Si on dit non, les plus conservateurs, qui veulent faire un effort mais sans remettre en cause les fondements du système, n’écoutent plus non plus. On ne peut pas se permettre de trop restreindre. Tout le monde est d’accord pour dire qu’on ne doit pas envoyer la vie dans le mur. Les autres combats n’ont aucun sens si celui-là est perdu. Commençons par l’action : effondrons les émissions de CO2 et arrêtons d’envahir les espaces naturels. Et on verra bien quel système permet de le faire efficacement ! La vraie question est : pourrons-nous défendre notre bilan dans cinquante ans ? Non. Même si vous êtes ultralibéral, vous ne pourrez jamais expliquer que vous avez décidé de flinguer l’essentiel des vivants parce qu’il fallait gagner deux points de croissance. Cela transcende les divergences d’analyse économique.

      Autrement dit : l’action écologique est complètement dissociée des choix économiques, donc des choix de société compte tenu du fait qu’on est dans une société dont le futur est décidé par l’économie... Ben voyons...

    • Emmanuel Macron sacré « champion de la Terre » à New York, ça vous inspire quoi ?
      Si cette récompense consacre une action passée, elle est incompréhensible. L’année 2017 a été la pire de l’histoire en termes de rejets de CO2 et la France a été parmi les mauvais élèves. Nous ne sommes pas sur la bonne voie. En revanche, que Macron ait reçu cette médaille ne me choque pas. Je la vois comme une incitation. Parfois, endosser le costume de super-héros peut vous donner envie de vous comporter comme tel. C’est ce que j’espère : il aurait l’opportunité de rester dans l’histoire comme celui qui a commencé à sauver le monde. Ça serait pas mal, quand même ! A sa place, je me laisserais tenter, je crois !

      @ericw je me suis arrêté là, Aurélien Barrau est astrophysicien mais on a dû lui chié dans la tête pour confondre Macron avec Superman. Moi, ça me choque !

      https://twitter.com/twitter/statuses/1045352732197081089

      « Parmi les participants, Bill Gates, la directrice du FMI Christine Lagarde, le gouverneur de la banque d’Angleterre Mark Carney, le président de la banque interaméricaine de développement Luis Alberto Moreno, ou le PDG d’Unilever Paul Polman. Aussi le vice-président de la commission européenne Valdis Dombrovskis, la première ministre de Norvège Erna Solberg, ou le PDG du fonds public d’investissement d’Arabie saoudite Yasir bin Othman Al-Rumayyan. » AFP 13/09

      et Super Macron, on est sauvés.
      #réunion_de_chantier

    • En 2009, on disait : « Si le climat était une banque, on l’aurait déjà sauvé. »
      Neuf ans plus tard, puisque le climat est « bankable », on va tout faire pour sauver l’âme des banquiers.
      (On avance, on avance ...)

    • Et Aurélien Barrau « rhabillé pour l’hiver » par Frédéric Lordon :

      https://blog.mondediplo.net/appels-sans-suite-1

      Avec ce supplément de naïveté qui fait parfois leur charme, les scientifiques des sciences dures, qui ont le plus souvent une conscience politique d’huître (il suffisait d’entendre Cédric Villani parler de politique pour être convaincu d’abandonner l’hypothèse folle d’une sorte de convertibilité automatique des formes d’intelligence entre elles), les scientifiques « durs », donc, se jettent dans la bataille avec pour tout viatique la pensée politique spontanée des savants, c’est-à-dire une sorte de maïzena à base de grands enjeux et d’humanité réconciliée. Au moment précis où les termes du conflit fondamental devraient être aiguisés comme jamais.

      Ainsi, Aurélien Barrau, astrophysicien et vedette de la cause climatique, d’abord préempté par Le Monde pour une tribune à célébrités suscitée par la démission de Nicolas Hulot — misère sans fond… —, puis rattrapé par Libération qui lui fait livrer sa pensée politique, enfin justement non : tragiquement dénuée de politique, Aurélien Barrau explique qu’il ne faut surtout pas poser le problème dans les termes du capitalisme : trop conflictuel, trop d’inutiles divisions quand est d’abord requise la bonne volonté, la bonne volonté des hommes de bonne volonté, celle qui a le souci de réunir l’« homme », qui « transcende les divergences d’analyse économique »


  • La vacance de monsieur Hulot

    Nicolas Hulot : « Je prends la décision de quitter le gouvernement »
    https://www.franceinter.fr/emissions/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien-28-aout-2018

    Nicolas Hulot a annoncé ce mardi sa décision de quitter le gouvernement, un an après son arrivée au ministère de la Transition écologique et solidaire.

    https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/15273-28.08.2018-ITEMA_21786479-8.mp3

    Nicolas Voisin a dit :

    Ce 28 aout 2018, pour la première fois, un ministre a fait le procès du libéralisme, avoué que les lobbys gouvernent, constaté que la société (nous) s’en accommode, dénoncé ce que nous savons tous : ce modèle est un suicide. Puis il démissionna.

    Il faut écouter intégralement cette interview, ne pas se contenter d’extraits et encore moins des commentaires.
    Et ce n’est pas un fan de Hulot qui vous le recommande, loin s’en faut...

    • J’ai hésité à l’écrire, mais ce matin en rentrant de l’école sur la route le long du fjord, j’ai arrêté la voiture (électique je précise...) pour écouter ; j’étais sur le cul.

      Je ne suis pas fan du monsieur, mais je dois avouer que j’étais impressionné d’entendre un ministre d’état - pour la première fois - faire une déclaration, répondre aux questions d’une manière aussi puissante que minimaliste. Pas un mot de trop, un vocabulaire choisi pour en même temps rester dans les clous et en même temps dénoncer d’une manière assez violente et assez claire l’imposture macroniste (et rien que pour ça, chapeau). J’étais à des millions d’annés lumière de penser que la critique la plus radicale de la partition du pouvoir politique qui est en train de se jouer en France en ce moment allait venir de l’intérieur, du coeur même du pouvoir. Ça faisait aussi quelques années lumières que je n’avais pas entendu un responsable politique parler aussi vrai et aussi sincèrement. Pour un fois, je n’avais pas l’impression d’être ni dans la société du spectacle, ni dans la grossière langue de bois (hier, il y avait un lobbyiste à Élysée...). À côté de cette intervention, celle de Benjamin Griveaux qui réagissait sur une autre chaine était totalement minable, absolument effarente. Quelle langue les macroniens ont-ils inventé... Elles et ils parlent toutes et tous de la même façon, mais plus le temps va, plus on se rend compte que leurs narrations et leurs discours sont - outre d’une crapuleuse imposture - d’un vide sidéral.

    • Il y a quelques jours, un Indonésien m’aborde : Française, ha, #Nicolas_Hulot. Et il me fait l’éloge du bonhomme : télévision, politique. Surprise, d’habitude c’est plutôt de footeux qu’on me parle. Je fais « Ouais, ouais » et je pense au héros des pailles qu’on va interdire pour sauver la planète. Contente d’apprendre que le gars ne s’était pas perdu. Peut-être que son fan javanais avait vent de sa prochaine démission ?

    • Sur le #glyphosate et les #pesticides, il fait un bilan généreux de son action...
      « On me dit, sois patient. Mais ça fait trente ans qu’on est patient. »
      Cet été, « sur le changement climatique, on a perdu la main. »
      Je le trouve un peu limité sur l’articulation justice économique-écologie. Parce que ce que d’autres écolos comme Jean Gadrey ne cessent de répéter, c’est que les recettes habituelles ne servent à rien pour lutter contre le chômage de masse et les inégalités (il se murmure même qu’elles en sont responsables) et que l’écologie (de la transition éco à l’écosocialisme), c’est LA seule idéologie du moment qui propose une réponse à nos problèmes sociaux et économiques. Devant des interlocuteurs qui lui disent que ses priorités, elles ne sont pas prioritaires dans le contexte économique, je trouve ses réponses faiblardes, plus que faiblardes. Il répond que si, l’écologie est une priorité en soi et il déconnecte de l’éco. Des réponses qui ne portent pas beaucoup atteinte au projet néo-libéral macroniste. Ce qui est cohérent avec la position qu’il se donne, de mettre de l’écologie dans l’importe quelle idéologie (ici néo-libérale) à condition qu’elle soit de bonne volonté. Bof.

    • « Édouard et Manu, z’ont été sympa avec moi, je les aime. Mais bizarrement, chaque fois qu’on causait d’un truc concret, ils se barraient. Je comprends, hein, mais je suis un peu déçu. Alors je pars mais sans hostilité, je les aime encore beaucoup. »

      Ben je trouve ça dégueulasse. J’ai bossé pour des élu·es EELV qui ont réussi à faire, à force de ténacité, une part de ce qu’il n’a pas pu faire. Par exemple, il y en a un qui a mis sur pied un plan de financement de la rénovation thermique des logements avec remboursement sur les éco d’énergie pour permettre aux ménages de proprios pauvres d’en profiter. Le plan a été saboté une fois son mandat fini. Ignorer ce boulot et rester dans le camp macroniste en se flagellant de n’avoir pas su convaincre Manu, non mais ! On a besoin d’analyses plus fines que ça, plus fines que ce message auto-centré, qui manque d’analyse politique sur ce qu’est le néo-libéralisme aujourd’hui en France et ailleurs - même si, @reka a raison de le dire, son constat envi est juste.

    • @aude_v Je suis d’accord avec ce que tu dis sur l’absence de réflexion éco-sociale de Hulot, mais on ne peut pas dire que ça soit nouveau. Hulot, c’est pas Gorz... Ça a même toujours été ce qui l’empêchaît d’être crédible (pour moi en tout cas) : le côté « la nature les ptits zoiseaux » sans aucune pensée sociale sur la question. En plus, finalement, il a toujours revendiqué cette position.

    • Il y a des bouts de l’interview, ils sont tout de même épatants. Les pistes qu’il trace sont autrement plus ambitieuses que ce qu’on nous a relayé (les pailles « bientôt » interdites). Mais sans convenir qu’il a collaboré avec des malfaisants, il exonère ceux qui n’affaiblissent le politique que quand ça les arrange, et il fait comme s’il n’y avait personne derrière l’écologie (ce en quoi il n’a qu’à moitié tort).

      Démission surprise de Nicolas Hulot  : le verbatim de son interview
      https://www.ouest-france.fr/politique/nicolas-hulot/demission-surprise-de-nicolas-hulot-le-verbatim-de-son-interview-593947

      Nicolas Hulot  : Oui. Non, mais attendez… Je le redis ici  : j’ai une profonde admiration pour Emmanuel Macron. Et pour Edouard Philippe. Et ce n’est pas, croyez-moi, pour atténuer l’effet de la décision de ce matin. Mais sur les sujets que je porte, on n’a pas la même grille de lecture. On n’a pas compris que c’est le modèle dominant qui est la cause. Est-ce qu’on le remet en cause  ?

      Léa Salamé  : Vous voulez dire le libéralisme  ?

      Nicolas Hulot  : Oui, oui. Mais je l’avais dit dès le départ, je me suis moi-même largement prononcé sur des traités comme le CETA et on va en avoir une floppée d’autres […] Mais attendez, moi, je ne critique personne. J’espère que mon départ provoquera une profonde introspection de notre société sur la réalité du monde. Sur le fait que l’Europe ne gagnera que si l’Afrique gagne. Est-ce que nous nous sommes mis en situation de passer un contrat d’avenir avec l’Afrique  ? La réponse est non. Où est passée la taxe sur les transactions financières  ? […] Le nucléaire, cette folie inutile. Economiquement, techniquement dans lequel on s’entête. C’est autant de sujets sur lesquels je n’ai pas réussi à convaincre, j’en prends ma part de responsabilité. Et je pense que ce que les gens attendent d’un ministre, c’est que s’il n’est pas à la hauteur, s’il n’arrive pas à ses fins. Et bien, il doit en tirer des leçons. Je les tire ce matin […]

      Pour ce qui est de la responsabilité française, j’invite parfois les observateurs qui critiquent, notamment les écologistes patentés, à comparer aussi avec les autres pays. La France est plutôt leader dans ce domaine là. Mais ce n’est pas suffisant. Ce n’est pas une raison pour nous en accommoder. Nous n’y arriverons que si le gouvernement dans son ensemble a la même impulsion, la même ambition, la même feuille de route, la même vision. Moi, je ne peux pas passer mon temps dans des querelles avec Stéphane Travert. C’est pas l’idée que je m’étais fait. Je suis rentré dans un esprit de coopération, pas de confrontation. Je ne dis pas que rien n’a été fait […] sur le glyphosate, contrairement à ce que dit Yannick Jadot, la France a été en pointe et elle a montré le chemin.

      Léa Salamé  : Rappelez-nous quels sont les acquis, les petits pas que vous avez réussi à faire ?

      Nicolas Hulot  : On a changé de tropisme sur les pesticides, on est rentré dans une dynamique qui va nous permettre de se séparer d’un certain nombre de molécules. On a programmé la sortie des hydrocarbures. C’est quand même des choses qui sont essentielles et importantes. J’espérais qu’on allait mettre le climat et la biodiversité dans l’article 1 de la constitution. Mais même là nos sénateurs ou l’opposition sur un truc qui n’est pas quand même une révolution culturelle, simplement par posture politicienne, étaient prêts à s’y opposer. Tant que nous serons dans ces affrontements perpétuels, alors que l’humanité a emprunté un chemin tragique… Je crois qu’au moins on peut m’accorder des convictions. Mais un homme, une femme, quel qu’il soit, même s’il a des convictions, s’il est isolé dans un gouvernement, s’il est isolé dans la société… Si vous regardez tout l’été, les résistances anti-éoliennes. Alors ok, on ne veut pas d’éoliennes, on ne veut pas de centrales nucléaires, on ne veut pas de centrales thermiques… Comment on fait si on additionne tous les refus. Et puis ceux qui critiquent, à tort ou à raison, qu’est-ce qu’ils proposent  ? […]

      (...)

      Quand on se réjouit - ça va vous paraître anecdotique - de voir sortir de Saint-Nazaire un porte-conteneurs qui va porter 50 000 conteneurs. Superbe performance technologique. Est-ce bon pour la planète ? La réponse est non. C’est sur toutes ces incohérences, ces contradictions. Et puis, dans cette équation impossible […] est-ce qu’on essaie un peu d’être disruptif, d’investir dans la transition écologique. Les investissements qui permettent de réduire nos dépenses énergétiques qui ne sont pas des dépenses mais des investissements. Est-ce qu’on s’est autorisé à essayer de sortir un peu de l’orthodoxie économique et financière  ? Est-ce que la finance de spéculation qui spécule sur les biens communs on l’a véritablement remise en cause  ?

      On va me dire mais en un an, on ne peut pas tout faire. Certainement, sauf qu’il y a une telle urgence. On me dit mais prends ton temps. Sois patient. Mais ça fait 30 ans qu’on est patient. Ça fait 30 ans qu’on laisse les phénomènes se dérouler et qu’ils sont en train de nous échapper. On me dit  : fixe-toi deux-trois priorités. Mais tout est prioritaire  ! Les sujets de santé-environnement qui viennent nous exploser à la figure dont on va se rendre compte qu’ils ont des conséquences…

      Léa Salamé  : L’économie est aussi prioritaire. Quand on est ministre, on sait qu’il y a des arbitrages à faire. D’un côté, il y a une urgence économique et de l’autre, une urgence écologique et que parfois, elle est contradictoire.

      Nicolas Hulot  : On peut essayer de choisir dans l’économie ce qui participe à la solution. Y aussi des grandes opportunités dans la transition écologique, énergétique. Vous avez même la possibilité de passer dans un modèle agricole qui soit intensif en emplois et non en pesticides […] C’est cette vision d’ensemble.

    • En fait, je crois que j’ai voulu interprèter entre les lignes. Je suis assez d’accord avec vous, le personnage est loin d’être parfait, je formule les même critiques que Aude et les autres (autocentrisme, inneficacité des actions), et il fait partie de la société du spectacle, de l’écologie spectacle, mais dans sa narration d’hier, il y a pris une position assez claire. Il ne pouvait pas faire autrement que de rester poli avec Macron et sa clique de crapules (j’admire Macron et Philippe, je ne veux pas gêner l’action du gouvernement, etc...) mais il faut comprendre les sens réle de ces déclarations, lire ce qu’il y a derrière les mots : ici, rien, ces « statements » n’ont aucun poids face au reste de son discours, et c’est ça que jai trouvé exceptionnel. Même s’il feint de tresser des lauriers au pouvoir macroniste, l’essentiel de ce qu’il dit est puissamment un dénonciation et une expression assez concrète du système Macron : en direct et venant d’un ministre d’état lui même, je crois n’avoir jamais vu ça. Pour le reste, ça ne dédouane pas Hulot de la manière dont il agit (spectacle), ce n’est pas mieux ni moins bien qu’Arthus Bertrand ou similaires (enfin si, un peu mieux parce qu’Arthus Bertrand, ça pu vraiment la merde).

      Je n’ai aucun doute sur la capacité des macronistes à récuperer et absorber l’événement de la manière la plus subtile, ils sont champions du monde dans ce domaine. C4est en effet triste, mais la seule chose dont je me réjouisse, c’est que cet événement va rester dans la mémoire et contribue à fragmenter encore plus à faire craqueler et discréditer le système Macron.

    • L’électrochoc est de taille, notamment pour Emmanuel Macron qui perd sa pastille verte. Poliment mais de facto, avec un réquisitoire implacable, Nicolas Hulot a renvoyé le Président comme le gouvernement dans le vieux monde, celui qui ne sait pas embrasser le temps long et qui se moule dans les exigences dogmatiques des traités européens, celui qui pense croissance à tout prix et impose des cures de régime toujours plus sévères pour les comptes publics. Dans cet univers, l’écologie ne se paie que de mots, de bonnes intentions communicationnelles qui sombrent dans les méandres de la règle d’or et de la rapacité du capital.

      Grosse perte pour Macron

      À sa façon, Nicolas Hulot a sanctionné le gouvernement pour son incapacité à sortir d’un imaginaire pré-réchauffement climatique et des mécanismes de la décision publique dictés par l’urgence et sous contrainte des lobbys. Glyphosate, pesticides, nucléaire… Les reculs se suivent et se ressemblent. Hulot a pointé du doigt l’austérité et le libéralisme économique comme des freins majeurs pour mener une politique écologiste.

      « On se fixe des objectifs mais on n’en n’a pas les moyens parce qu’avec les contraintes budgétaires, on sait très bien à l’avance que les objectifs qu’on se fixe on ne pourra pas les réaliser », a-t-il simplement expliqué, dévoilant même que des plans sont présentés comme nouveaux alors qu’ils ne sont que réorganisation de budgets existants – par exemple, la rénovation énergétique du logement. Les traités de libre-échange, comme le Ceta, contredisent également la marche écologique, a-t-il également affirmé. En effet.

      Ce lien entre cause environnementale et normes néolibérales, Nicolas Hulot l’avait pourtant démontré dans son film Le syndrome du Titanic en 2009. On pourra s’étonner qu’il n’en ait pas tiré davantage de conséquences en acceptant d’entrer dans un gouvernement qui n’a jamais caché sa foi dans la loi du marché. Hulot a tenu à mener cette expérience et la conclusion sonne comme un désaveu pour une orientation politique clairement incompatible avec le combat vital contre les émissions de gaz à effet de serre, la destruction de la biodiversité, la folie consumériste. Hulot espérait sans doute constituer un rempart écologiste en macronie mais il s’est trouvé esseulé face à un mur. Comme s’il avait découvert à ses dépens que le gouvernement épousait la normalité d’un modèle plus soucieux des intérêts du capital que de la planète. « Le modèle dominant » est en cause et il n’est pas remis en cause, a-t-il amèrement regretté. À raison.

      Impossible politique écologiste

      La vision sans profondeur temporelle de ce gouvernement comme des précédents, comme de l’Union européenne, est clairement dénoncée par Nicolas Hulot. L’ancien présentateur d’Ushaïa et fondateur de la FNH a, dans cette interview, écorché la façon dont la politique se fabrique. Le défi écologique ne semble pas pouvoir entrer dans les clous de notre régime, les piles de dossiers traités toujours dans l’urgence répondent au temps court, à d’autres exigences. Les cercles du pouvoir politique sont trop interconnectés avec des groupes aux intérêts financiers contraires aux nécessités environnementales.

      Nicolas Hulot a également formulé cet aveu qui interroge la présence des personnalités de la société civile dans le monde politique institutionnel : « Peut-être n’ai-je pas les codes ». Peut-être faut-il surtout changer les codes. Mais nous n’y sommes pas. Et la situation « tragique » dans laquelle nous nous trouvons sur le plan environnemental avance à pas pressés. Nicolas Hulot a eu le mérite de la poser sur la grande table publique, sans détour, avec tout le poids de sa popularité dans notre pays et de sa sincérité ce matin. Les raisons de l’échec sont structurelles nous dit Hulot. Alors il faut modifier du sol au plafond notre système démocratique, social, économique. En un mot, faire grandir et gagner la force politique qui porte ces ruptures.
      Clémentine Autain

      http://www.regards.fr/politique/article/demission-de-hulot-macron-perd-sa-pastille-verte#comments

    • La nouvelle a atteint l’Indonésie, moi qui pensais parler de ça à mes potes écolo, pas eu besoin, il et elle avaient déjà vu passer la nouvelle. On en a un peu discuté et je voudrais affiner mon propos.

      C’est vrai que son truc sur le porte-conteneurs et autres, c’est assez classe. Mais ce qui m’embête, c’est qu’il présente une écologie contradictoire avec ce dont plein de gens ont besoin maintenant : des empois et des rémunérations qui ne sont pas tirées vers le bas. Je suis une piètre économiste mais il y a un tas de gens comme Gadrey, Dominique Méda, Éloi Laurent qui montrent que les investissements qui sont fait actuellement alimentent la crise climatique et que d’autres sont possibles pour une économie plus intensive en emplois et plus écologique et soutenable écologiquement et socialement. Quand on lui dit, comme l’intervieweuse : « Oui mais l’écologie, ça commence à bien faire, il y a des pauvres partout », il ne sait pas quoi répondre alors qu’il y a des pauvres partout et ça va continuer parce que ces propositions-là ne sont pas la prédation habituelle de budgets publics vers de grosses compagnies qui promettent de ruisseler (impôts-recherche et cie), parce que ces propositions-là sont ignorées - y compris par Hulot dans cette interview.

      C’est grave, parce que c’est comme proposer le nucléaire ou la bougie, présenter un faux choix. Un choix que, plus grave, peu de gens vont pouvoir arbitrer comme lui. Il nous inquiète à juste titre ou bien il nous fait plaisir en ne sortant pas le cocorico chaque fois qu’on chie un gros truc (ici un porte-conteneurs) mais il clive à mort alors que l’enjeu, c’est de réconcilier les classes populaires avec l’écologie parce que l’enjeu, c’est que nous adoptions des politiques écologiques et démocratiques, pas que les mêmes qui ont orienté les budgets publics vers la poche des acteurs éco les plus aisés finissent par organiser l’"administration du désastre".

      Intellectuellement, politiquement, je ne suis pas épatée par l’écologie réformiste sociale mais c’est quand même mieux que ce faux dilemme. Hulot ne sait pas quoi répondre quand l’intervieweuse l’emmène sur ce stéréotype éculé de l’écologie contre les pauvres et contre l’économie (et contre la croissance, ce qui est un enjeu culturel très risqué et qui a peut-être été perdu depuis 2002, quand l’écologie réformiste radicale s’en est emparée). Enfin si, qu’il a choisi sa priorité et il le dit de manière convaincante mais ça ressemble à du conservationnisme, ce loisir de mec blanc bourge qui a longtemps passé pour la seule écologie possible. C’est pas la seule, loin de là.

      Voilà pourquoi, même si la justesse du constat et les sorties m’ont un peu plu au début, je trouve qu’il alimente une idée dangereuse. Le mec était ministre d’État parce que l’écologie est un enjeu transversal, je ne lui demande pas de bien théoriser sur ce sujet mais de respecter le boulot de plein d’élu·es écolo de terrain qui (avec cette idée que l’écologie c’est le logement, les transports, c’est un peu tout) ont fait plein d’expériences de transition écologique dans lesquelles les budgets publics servaient à autre chose qu’à faire exploser les poches des gros capitalistes (désolée pour le cliché mais je ne sais plus comment appeler les classes qui se goinfrent grâce aux « erreurs » néo-libérales) et créaient plus d’emplois que Deliveroo et Uber réunis.

      Ce mec est un ennemi et je crois que ça se voit enfin. À condition de prendre un peu le temps d’y réfléchir, parce qu’a priori c’est très séduisant, ce franc parler calme mais résolu, gentil mais un peu critique. Un peu, pas trop !

    • J’ai écouté, dans le lien fourni au début, l’intégralité de l’entretien ; c’est un #grand_moment_de_radio

      À l’écoute, j’ai l’impression qu’en fait, il prend sa décision en parlant. Au tout début, à plusieurs reprises, on se dit «  il fait partie du gouvernement  ». Puis arrive le moment de «  l’examen de conscience  », où il passe en revue les «  choix  » qu’il a eus à faire — la série de questions auxquelles la réponse est invariablement " non " (décidément, le glyphosate, ça passe pas, le nucléaire on touche à rien et on laisse tourner les centrales, etc.), et, là, il se rend compte qu’il est en train de brûler ses vaisseaux. C’est le sommet de son émotion et c’est qu’il prend sa décision. Comme indiqué ultérieurement par L. Salamé, il n’était pas dans cet esprit avant l’interview. C’est en s’entendant qu’il se convainc. D’où la force du moment.

      Après, on passe plutôt dans un exercice de damage control, où il ressort les arguments rationnels qu’il a dû ressasser un bon nombre de fois depuis plus d’un an et où, surtout, il essaye de pas trop fâcher ses «  nouveaux amis  » du gentil gouvernement. Dont il est d’ailleurs plutôt facile de finalement ne leur reprocher que le #on_s'occupera_de_gérer_le_long_terme_quand_on_aura_fini_de_gérer_le_court_terme … prenant sur lui de n’avoir pas su impulser le changement nécessaire.

      Et c’est là que je me rappelle son métier d’origine : animateur télé qui descendait de son survol en ULM pour débarquer sur un plateau préparé par son équipe, mettre les pieds devant le feu de camp et titiller les émotions, la sienne, celle des participants et celle des spectateurs devant tant de grandiose beauté de la nature… Il sait toujours faire ça vraiment très bien et il nous (en tous cas, moi) embarque avec lui et lui-même avec.

      Sur le fond, je suis assez d’accord avec l’opinion d’@aude_v

      Pour finir, en écrivant ça, ça me fait penser à Sabine Paturel. Mais je ne voudrais pas troller…
      https://www.youtube.com/watch?v=gD7trwyPGKA

    • Nicolas Hulot ou l’histoire du « lobbyiste lobbyé » – Politique | L’Opinion
      https://www.lopinion.fr/edition/politique/nicolas-hulot-l-histoire-lobbyiste-lobbye-160311

      Hulot ou la double méprise : il n’était probablement pas à sa place dans un ministère, vacillant à chaque arbitrage défavorable. Et pas à sa place dans ce gouvernement, lui qui confesse désormais ouvertement qu’il voulait « changer de modèle économique ». Jusqu’à preuve du contraire, ça n’a jamais été la ligne du chef de l’Etat.

      Un point de vue de l’autre bord…

    • « Il n’était probablement pas à sa place dans un ministère, vacillant ... »

      «  L’équipe Macron commence le dénigrement ( bashing) de Nicolas Hulot. Des barbares . [Nicolas Beytout, à sa façon en est un également ! ] Et ça va s’amplifier. La suite sera glauque. Les Benalla de la communication présidentielle sont au travail .... »

    • Je ferais bien un recueil de citations de #Gorz_André en vis-à-vis du Verbatim. Il en sortirait à coup sûr ceci : un penseur de l’écologie politique qui sur le fond mouche un phénomène médiatique, qui sur ce plan réussit sa démission. Mais pour le reste... Il dénonce grave en s’excusant et en appelant au sursaut citoyen que son gouvernement écrase la où il existe. Et soucieux de garder de bonnes relations avec ceux qui représentent cette societe qu’il semble critiquer tout en admirant ses chantres. La vision de l’un et l’incohérence de l’autre...
      Par contre, ne négligeons pas de tenter de ramasser les quelques fruits de cette démission médiatique !

    • Il dénonce grave en s’excusant et en appelant au sursaut citoyen que son gouvernement écrase la où il existe .

      Tout à fait.

      J’ai l’habitude, mais ça me chagrine à chaque fois quand je lis que « personne ne propose de vraies solutions ». Le programme « L’avenir en commun » propose un nombre de choses allant dans le sens que vous décrivez, tous, là. Et plusieurs fois ces jours-ci, j’entends dire « aucun politique ne tient ce langage ». Quand il faudrait plutôt dire « aucun média de masse ne s’intéresse à ces problématiques et n’interroge les politiques sur ces problématiques en y passant le temps nécessaire ».

      Le Hulot, on ne nous en a parlé que pour les pailles en plastique... mais à côté de cela, il réfléchissait visiblement sur l’agriculture intensive en main d’œuvre (par exemple) et sur quelques autres sujets... Exactement comme « le politique peut tout s’il le veut bien », « le comité de rédaction peut parler de tout s’il le veut bien » lui aussi... ce qui permettrait d’avoir une vision plus complète de la réalité.

    • Je ne connais pas très bien Hulot mais certainement qu’il connaissait bien ses sujets, agriculture bio et cie. La seule phrase où il mentionne ça est nickel. Tout ça a été balisé par un nombre incroyable de gens, moi j’ai vu ceux et celles des Verts et leurs partenaires asso, il y en a d’autres dans des partis de gauche, plein de fonctionnaires aussi qui ont plein d’idées et en mettent certaines en œuvre, avec leurs moyens. C’est un monde florissant (pas limité aux ego qui se battaient à feu EELV), pas toujours passionnant et des fois un peu technocrate, écrasé par les politiques, du PS à LR et aujourd’hui l’extrême centre. Et de cela, il n’est pas question.

      Enfin si, il dit qu’il n’y a personne derrière lui : il est « tout seul dans ce gouvernement », il n’a pas de parti pour peser, pas de société civile « structurée qui descend dans la rue pour sauver la biodiversité ». Le sabotage de l’écologie depuis son utilisation en 2007, il la met sur le compte des « gens » au mépris d’analyses systémiques sur le bouclage du pouvoir par le gouvernement représentatif, a fortiori majoritaire, pas d’analyse sur la captivité de « l’ensemble de la société » qui s’en branlerait, de l’écologie, alors que nous sommes nombreux et nombreuses à voir une société noyautée par les intérêts capitalistiques.

      Oui, il dit bien qu’il reste dans le gouvernement quelques minutes avant de dire qu’il part et sa phrase sur « la décision la plus difficile de sa vie » est bancale. Mais il dit avoir pris sa décision hier soir. Bizarre.

    • Hulot a le sens du spectacle en tous cas : alors que sa démission relevait de l’arlésienne, puisqu’il la brandissait comme une menace depuis le début, il est parvenu à en faire un moment médiatique important, presqu’une surprise. Du côté du pouvoir, je doute que la remise en question soit très profonde, l’épisode doit être considéré comme une grossière erreur de #management : si on veut garder un·e cadre, il faut savoir jouer habilement de ses espoirs et susceptibilités, et éviter, surtout, la couleuvre qui fera déborder le vase.

    • Dix ONG interpellent Macron : la démission de Hulot est « une invitation à changer de cap »

      Dans une tribune publiée jeudi, ces ONG rappellent à Emmanuel Macron que l’action en faveur de l’environnement « n’est plus une option mais une urgence ».

      Une démission, « symptôme d’une immense incompréhension ». La démission de Nicolas Hulot « est une invitation à changer de cap tout en osant rompre avec la facilité des Trente glorieuses et ’cinquante’ gaspilleuses » et « invite à un sursaut », écrivent ces ONG. Emmanuel Macron « aurait tort de mésestimer le symbole que représente cette démission surprise » qui est « le symptôme d’une immense incompréhension », conseillent-elles en observant que « la transition écologique n’est ni une promenade de santé ni un supplément d’âme pour politiciens sans imagination ».

      « L’action n’est plus une option ». « Face aux conservatismes qui s’expriment à tous les niveaux de l’Etat, la démission de Nicolas Hulot appelle un sursaut » et « nul doute (...) qu’Emmanuel Macron devra faire sien l’aphorisme de Pierre Mendès-France ’gouverner c’est choisir’ », insistent les signataires. « Face aux menaces climatiques, militaires et l’effondrement des écosystèmes, l’action n’est plus une option mais une nécessité, une urgence, une éthique », pressent ces ONG

      Le « en même temps » ne fonctionne pas, selon ces ONG. Selon elles, « la volonté d’Emmanuel Macron de ménager la chèvre écologique et le chou productiviste n’a pas contribué à créer la condition d’une politique écologique lisible et cohérente ». « En matière écologique, nous ne pouvons plus soutenir l’agriculture biologique et ’en même temps’ le glyphosate, la sobriété énergétique et ’en même temps’ le nucléaire, une redynamisation des centre-villes et ’en même temps’ (le mégacomplexe) Europacity et l’artificialisation des terres agricoles, la nécessaire préservation de la biodiversité et ’en même temps’ la baisse du prix du permis de chasse, la mise en oeuvre de la COP21 et ’en même temps’ la multiplication des projets autoroutiers, les fermes-usines et ’en même temps’ une agriculture paysanne, le libéralisme et ’en même temps’ l’écologie », énumèrent-elles.

      Les ONG signataires de la tribune : la Fondation pour la nature et l’Homme, Agir pour l’environnement, France nature environnement, Générations futures, les Amis de la Terre, Réseau sortir du nucléaire, Action des citoyens pour le désarmement nucléaire, Association pour la protection des animaux sauvages, Virage énergies et Société nationale de protection de la nature.


  • L’assistanat des riches nous coûte un « pognon de dingue » ! Jean Gadrey, Alternatives Economiques
    https://www.alternatives-economiques.fr/jean-gadrey/lassistanat-riches-coute-un-pognon-de-dingue/00085130

    L’aide sociale et les minima sociaux coûtent environ 70 milliards d’euros par an aux finances publiques, soit 3 % du produit intérieur brut (PIB). Ces prestations contribuent de façon décisive à réduire la pauvreté et les inégalités.

    Face à cela, le coût de « l’assistance aux plus riches » pourrait être de l’ordre de 150 milliards d’euros par an hors fraude et évasion fiscales, et de l’ordre de 250 à 300 milliards au moins en incluant ces deux derniers coûts, comme le développait un billet de blog récent. Avec comme impact certain un creusement des inégalités et en particulier un enrichissement devenu indécent des très riches : les 500 individus les plus riches gagnent en moyenne 1 670 fois plus que la moyenne des plus pauvres. Je précise : 1 670 fois plus, après impôts.

    Le coût de « l’assistance aux plus riches » pourrait être de l’ordre de 150 milliards d’euros par an hors fraude et évasion fiscales Twitter

    On peut retenir trois grands postes de « cadeaux » aux plus riches. Chacun d’eux a été développé et amplifié par étapes depuis le milieu des années 1980. C’est aussi depuis ce moment que les inégalités, qui avaient nettement reculé depuis 1900 et au cours des « Trente Glorieuses », ont repris une tendance à la hausse. Cette dernière s’est certes avérée moins forte qu’aux Etats-Unis, mais elle est néanmoins nette, comme l’indique entre autres constats l’évolution de la part du revenu des ménages « accaparée » par les 1 % les plus riches :

    Niches fiscales et niches sociales
    Une fiscalité de plus en plus douce
    Fraude et évasion fiscale, 100 à 150 milliards par an

    #inégalités #riches #assistanat


  • SNCF et services publics de réseau (5) : le bilan des dérégulations engagées serait certainement mauvais… s’il existait ! | Debout ! | Jean Gadrey
    https://blogs.alternatives-economiques.fr/gadrey/2018/03/28/sncf-et-services-publics-de-reseau-5-le-bilan-des-der

    Il n’existe pas de bilan digne de ce nom de la libéralisation des services publics en Europe, en dépit des demandes réitérées depuis les années 1990 …


  • Il manque environ un million d’emplois publics et associatifs pour répondre à des besoins sociaux urgents Alternatives Economiques - Jean Gadrey - 04/02/2018 _
    https://blogs.alternatives-economiques.fr/gadrey/2018/02/04/il-manque-environ-un-million-d-emplois-publics-et-ass

    Grèves et revendications dans les EHPAD, les hôpitaux, besoins non couverts dans l’aide à domicile, pour les personnes handicapées, la petite enfance, dans certains secteurs de l’enseignement, les services sociaux, la culture et les loisirs accessibles à tous, les prisons, l’inspection du travail, la justice, et j’en passe.

    La grande majorité des Français a conscience de ces manques. Parce qu’ils ou elles, ou leurs proches, ont recours à ces services qui sont essentiels sur le plan individuel et collectif. Parce que ces services produisent du développement humain, du respect des droits humains et de la dignité, du lien social. Ils ont un grand défaut aux yeux de l’oligarchie au pouvoir, qui se contrefiche de l’utilité sociale : ils ne sont pas lucratifs. Ou alors ils ne le deviennent que sur le « segment de marché » de ceux et celles qui peuvent payer cher pour en bénéficier, pendant qu’on en prive les moins bien lotis.

    Quand on évoque des « besoins sociaux » de ce type, on nous rétorque parfois qu’ils ne sont pas évaluables, ou qu’on risque de tomber dans des excès, des utopies non finançables. Je n’en crois rien. Que les réponses à ces besoins ne soient pas finançables avec les choix d’austérité actuels du Président et du gouvernement, c’est évident : ils veulent en réalité couper encore plus dans ces services publics et associatifs liés au bien vivre et à des droits humains. Ils ont commencé à le faire en supprimant en masse des emplois dits « aidés » qui sont en fait des emplois d’utilité sociale à financement majoritairement public, dont il faudrait améliorer le statut.

    Mais de tels besoins peuvent parfaitement être évalués, sans excès, avec le souci des limites de la dépense publique, en associant diverses approches : comparaisons internationales, comparaisons entre régions ou départements, analyse avec les acteurs de « bonnes pratiques », via notamment la définition de normes souhaitables et raisonnables (il en existe) d’effectifs d’agents au service des personnes (enfance, personnes âgées ou handicapées, personnes incarcérées, enseignement, soins hospitaliers…) dans une optique de « bientraitance pour tous ».

    DES COMPARAISONS INTERNATIONALES RICHES D’ENSEIGNEMENTS
    Je me limite dans ce billet à quelques comparaisons internationales entre pays ayant des niveaux de vie assez proches, en me réservant la possibilité de compléter un peu plus tard. Un bon article récent dans Alternatives économiques, s’appuyant sur un rapport intéressant de France Stratégie, est celui de Laurent Jeanneau « Fonctionnaires : la France n’est pas suradministrée » https://www.alternatives-economiques.fr/france-nest-suradministree/00082599 . L’article contient le lien vers le rapport de France Stratégie.
    Extraits de l’article : « En 2015, le taux d’administration français se situait à 88,5 ‰, c’est-à-dire que l’on comptait 88,5 fonctionnaires pour 1 000 habitants. C’est plus qu’au Royaume-Uni (79,4 ‰) ou qu’en Belgique (75,7 ‰), mais nettement moins qu’en Suède (138,1 ‰), qu’au Danemark (143,5 ‰) ou qu’en Norvège (158,8 ‰). Et ce taux a sensiblement diminué depuis 20 ans (94,1 ‰ en 1995). »

    Mais ce premier taux est trompeur car dans certains pays plus qu’en France, des missions d’utilité sociale financées par l’État sont gérées par des organismes privés, sans fonctionnaires. Du coup, dans le rapport de France Stratégie commenté par Laurent Jeanneau, « les auteures privilégient un périmètre plus large : celui des services administrés, qui recouvre les secteurs ayant vocation à délivrer des services d’utilité générale, que leur mode de gestion soit privé ou public. » Avec cet indicateur, la France se situe dans une position moyenne : 123 ‰, proche du Royaume-Uni mais en deçà de l’Allemagne.

    À ce niveau très global, il n’est pas possible de savoir dans quels services d’utilité sociale la France serait en retard ou en avance par rapport à d’autres pays « riches ». Mais dans le rapport de France Stratégie on trouve en particulier des données comparatives pour l’éducation et pour la santé et l’action sociale. Voici les deux graphiques. Attention : ils ne concernent que les dépenses publiques (pour le premier) ou l’emploi sur financement public (pour le second), alors qu’on sait que dans certains pays, États-Unis en tête, les dépenses privées sont énormes pour l’éducation et pour la santé.

    J’ajoute une comparaison des effectifs (publics et privés ici) dans l’éducation pour cent élèves ou étudiants en 2015 car ce genre de ratio est une bonne façon de chiffrer la réponse à des besoins similaires. La France est mal classée.

    On peut compléter ce qui précède en citant le rapport de France Stratégie, à propos de l’enseignement, puis de la santé :
    « Les coûts [publics] par élève/étudiant sont relativement faibles en France dans le primaire et le supérieur, en ligne avec les taux d’encadrement… dans le secondaire, la France se situe dans la moyenne des pays de l’OCDE… La faiblesse de ces coûts tient également au bas niveau relatif de rémunération des enseignants. »
    « Avec près de 16 agents publics pour 1 000 habitants dans la branche Santé, la France alloue moitié moins de personnes que la Suède ou le Danemark et trois fois moins que la Norvège, mais plus de deux fois plus que les États-Unis. » [En sachant qu’aux États-Unis, les effectifs dans la santé privée sont du même ordre de grandeur que dans la santé publique]

    Dernière source : l’OCDE, dont les chiffres sur les services de soins de long terme permettent de donner une première idée des dépenses publiques des pays en direction des personnes âgées dites dépendantes accueillies dans des établissements de soins de long terme (cas des EHPAD). La France fait mieux que la moyenne de l’OCDE (où l’on trouve beaucoup de pays bien plus pauvres) mais, avec ses 1,9 % du PIB, elle est loin derrière les cinq pays nordiques (Pays-Bas, Finlande, Suède, Danemark et Norvège)

    DES COMPARAISONS POUR PENSER LE POSSIBLE
    Comparaison n’est pas raison, mais un peu de raison peut résulter des comparaisons, surtout quand elles sont multiples et qu’elles concernent des pays proches à bien des égards. L’argument du gouvernement est aussi classique qu’éculé et hypocrite : on peut faire mieux en dépensant moins et avec moins de personnel. C’est ce qu’a déclaré Agnès Buzin à propos des EHPAD en estimant que leurs difficultés « n’étaient pas qu’une question financière, mais un problème de management, notamment dans les établissements publics ».

    Mais avons-nous des raisons de penser que, dans les pays nordiques notamment, le management est défaillant, d’où des dépenses et des effectifs bien plus élevés que chez nous, ou bien ne savons-nous pas par ailleurs que les usagers de ces services y sont bien mieux traités et que leur accès est socialement bien plus large ?

    ENVIRON UN MILLION D’EMPLOIS DE GRANDE UTILITÉ SOCIALE
    Si nous avions, en France, les mêmes normes (que dans les pays nordiques) de services aux personnes dans la santé, l’éducation, les services sociaux, les personnes âgées et handicapées, la petite enfance, combien d’emplois faudrait-il en plus ?

    Ces activités regroupent en France environ 6 millions d’emplois, autour de 2 millions pour chacune de ces trois grandes branches que sont, dans les comptes nationaux, l’enseignement, la santé, et « l’hébergement médico-social et social et l’action sociale sans hébergement ». Pour rejoindre la qualité (humaine et sociale) de service des pays nordiques, en prenant une moyenne grossière entre ces pays, il faudrait ajouter plus de 15 % d’emplois, soit autour d’un million d’emplois qui font défaut pour que, dans tous ces services, les personnes destinataires soient correctement traitées, et pour que ces services soient accessibles à tous. On pourrait évidemment raffiner ces estimations en raisonnant sur les différentes activités en question, et non pas globalement comme je viens de le faire « à la louche ».

    Pourquoi ces emplois devraient-ils être essentiellement publics, ou associatifs à financement largement public ? Tout simplement parce que l’expérience comme les comparaisons internationales montrent que le privé lucratif prospère, dans ce domaine, sur des inégalités qu’il renforce, et qu’on aboutit à des services à plusieurs vitesses (voir mon billet récent sur les EHPAD). Or s’agissant de services liés à des droits fondamentaux, cela ne devrait pas être toléré.

    TROP CHER, IMPOSSIBLE À FINANCER ?
    Comment financer un tel projet de société du bien vivre au quotidien, au demeurant très riche en emplois créés ? « Ils » ont bien financé le CICE et le pacte « d’irresponsabilité », très inefficaces en termes d’emploi et d’utilité sociale. Pour environ le même prix, on peut financer un tel projet, sachant que son coût net serait bien inférieur à son coût brut du fait du chômage évité (au moins 15.000 euros de dépenses publiques en moyenne par chômeur). Et je ne parle pas d’autres gisements de recettes publiques : évasion fiscale, niches fiscales pour riches, ISF, etc., qu’il faudra mettre à contribution pour financer la transition écologique (laquelle a besoin de justice sociale pour réussir) !

    MAIS QUE FAITES-VOUS DE LA COMPÉTITIVITÉ NATIONALE ?
    Je ne suis pas particulièrement adepte du culte de la compétitivité qui, selon le « théorème de Macron », crée la croissance qui crée l’emploi et la prospérité de tous via le ruissellement. J’avais même commis en 2012 un billet intitulé « ras-le-bol de la compétitivité (néolibérale) ! » https://blogs.alternatives-economiques.fr/gadrey/2012/11/07/ras-le-bol-de-la-competitivite-neoliberale .

    Mais, bon, si on prend un peu au sérieux certains enjeux de compétitivité, on pourrait me dire que ces 30 à 40 milliards nets qu’il faudrait verser pour financer ce que j’ai appelé des « besoins sociaux urgents » vont être détournés de ce qu’on verse aux entreprises, directement ou indirectement, pour booster leur compétitivité.

    Outre le fait que cette stratégie ne produit aucunement les résultats escomptés alors que cela fait au moins quinze ans qu’elle est privilégiée, je vais en rester aux comparaisons internationales pour proposer un argument : ces pays nordiques qui dépensent beaucoup plus que nous pour répondre à des besoins sociaux et humains fondamentaux sont-ils moins compétitifs que nous ?

    Le Forum de Davos publie tous les ans un indice de compétitivité des pays. Il vaut ce qu’il vaut mais c’est une référence mondiale. Parmi les pays en tête du classement 2017, on trouve les Pays-Bas (4°), la Suède (7°), la Finlande (10°), la Norvège (11°) et le Danemark (12°). La France est en… 22ème position.


  • Des scènes d’émeute pour du Nutella dans des Intermarché
    http://www.leprogres.fr/loire-42/2018/01/25/la-guerre-pour-du-nutella

    L’enseigne proposait, ce jeudi matin, des pots de Nutella de 950 grammes à 1,41 euro seulement, soit près de 70 % de réduction. Résultat : des scènes d’émeute un peu partout.

    (...)

    A Saint-Chamond, le magasin est assez petit, c’est un Intermarché Contact. Mais les 300 pots sont partis en un quart d’heure aussi. « Ça se battait. On a vendu ce qu’on vend en trois mois. Sur les tapis des caisses, il n’y avait que du Nutella », témoigne une salariée, qui assure n’avoir jamais connu ça en seize ans.

    (...)

    A l’Intermarché de Saint-Cyprien, les gens se sont battus, ils se sont jetés sur la personne qui transportait les pots de Nutella sur une palette.

    A Rive-de-Gier, les portables étaient de sortie pour filmer l’émeute : « Ils se sont acharnés comme des animaux. Une femme s’est fait tirer les cheveux, une dame âgée a pris un carton sur la tête, une autre avait la main en sang. C’était horrible », témoigne une cliente qui a assisté à la scène.

    • Michel Cymes évoque le sucre et ses dangers, à la faveur de la sortie en salle du passionnant documentaire « #Sugarland ». Le médecin campe sur sa position : le #sucre est une substance ultra-addictive, au même titre que la drogue.
      http://www.rtl.fr/actu/bien-etre/michel-cymes-persiste-et-signe-le-sucre-est-hautement-addictif-7791976607

      Huile de palme + sucre + 70% de réduction, un cocktail d’Intermarché qui occasionne partout en France des scènes inédites de cette concurrence entre fauchés dont se soutient la #guerre_aux_pauvres
      #nutsy

    • @ninachani

      Ça me donne envie de pleurer !

      Pareil. Et c’est souvent cette même envie de pleurer quand je fais les courses d’épicerie. les monceaux de saloperies que je vois dans les caddies de mes semblables et qui disent à la pauvreté de goût et les maladies futures. Des fois quand je vois des personnes hésiter et que j’ai une recette en tête avec ce qu’ils tiennent dans les mains, j’essaie le plus simplement du monde de leur donner cette recette, parfois ce sont les caissiers et les caissières qui m’interrogent à propos de tel ou tel produit un peu exotique sur le tapis, et alors-là je suis intarissable des choses que l’on peut faire avec du nioc man, des pois cassés ou encore du mascarpone, et j’insiste toujours sur le fait que cela ne coûte pas plus cher et cela prend à peine plus de temps que d’ouvrir un truc tout fait et de le faire réchauffer. Ou encore de repérer ans leur caddie un truc tout cuisiné mais qu’on peut améliorer facilement.

      Il n’y a pas longtemps une cassière m’a dit : « on doit bien manger chez vous mais on ne doit pas rigoler beaucoup », ça m’a fait rire, puis ça m’a un peu secoué, cette idée de riz complet = tristesse

      Par petits gestes comme ça, aimables paroles, je me demande si on ne grignote pas un peu de terrain et puis c’est une avalanche de Nutella à -70% qui emporte tout.

    • Il n’y a pas longtemps une cassière m’a dit : « on doit bien manger chez vous mais on ne doit pas rigoler beaucoup », ça m’a fait rire, puis ça m’a un peu secoué, cette idée de riz complet = tristesse

      Ça me rappelle cette discussion avec de jeunes universitaires à qui je racontais que ne consommais jamais de coca cola. L’un m’a répondu que c’était une chose de boycotter les marques qu’on estime prédatrices, mais que là c’était de la frustration. Ben non, aucune frustration de ne pas boire cette merde.

    • @philippe_de_jonckheere
      Maître Mô


      Personne ne s’est battu pour du Nutella.
      Mais on s’est battu parce du luxe est bradé (de 4 € 50 a 1 € 40 !) et donc exceptionnellement accessible.
      En fait on s’est battu parce que trois euros c’est beaucoup d’argent, pour beaucoup de gens : la voilà la tristesse.

    • @unagi Ce n’est pas mon impression. Le nutella il y en a chez les pauvres même si c’est effectivement assez cher. Je pense qu’on s’est battu pour la marque parce que le marketing est très, très bien fait et aussi pour la satisfaction de faire une bonne affaire, pas forcément d’économiser de l’argent. Lordon l’explique très bien, les grandes marques sont très efficaces pour attiser notre désir de nous procurer leur produit, c’est normal ils paient plein de gens très compétents pour étudier nos bas instincts et y répondre. Le capitalisme et la pub qui en est indissociable convainquent plein de gens que le bonheur c’est d’acheter telle marque et si on peut, en plus, avoir l’impression qu’on a été malin, qu’on a eu accès à un prix réservé à une petite minorité, qu’on fait partie des gagnants en quelque sorte, là c’est le top du top. Les gens ils ne vont pas faire d’économie forcément. Si j’achète 4 pots d’un coup je vais manger encore plus de nutella que d’habitude parce que je vais me dire qu’en plus ça coûte beaucoup moins cher cette fois ci alors pourquoi m’en priver, puisqu’il y a 4 pots d’avance. Ça aussi c’est calculé, c’est comme les grands conditionnements. Et en plus on crée ainsi un niveau de consommation + grand qui sera éventuellement maintenu par la suite même quand il n’y aura plus la promotion.

    • Nutella, révélateur de notre temps

      Dans les pots de Nutella, nous le savons désormais, on trouve du sucre, de l’huile, mais aussi de l’humiliation, du cynisme et une bonne dose de mépris de classe. Regardez-donc ces pauvres (non, pardon, ces beauf) qui s’écharpent pour des pots des Nutella ! Les cons ! Mais ils ne le savent pas, que le Nutella c’est mauvais pour la santé, plein de graisse et que ça détruit les écosystèmes des Orangs Outans ? Bien entendu, qu’ils le savent. On le leur a expliqué, à la télé, dans les journaux, à l’école, ou lors de la sortie annuelle au zoo de Beauval. Seulement voilà, c’est bon le Nutella. Et quand il n’est pas cher, pourquoi se priver de pouvoir revenir le soir avec une petite (ou grosse) surprise pour les enfants ? C’est compliqué, de résister, quand on sait qu’on fera plaisir aux gosses, ou qu’on se fera plaisir à soi, ce soir ou demain, avec une tartine de Nutella pas chère.

      Evidemment, l’attitude des gens, accentuée par les films et les commentaires des réseaux sociaux, est rapidement un peu ridicule. Quelle époque, je vous jure, s’entre-tuer, ou presque, pour du Nutella ! Quelle idée ! Et bien je trouve pour ma part qu’il y a plus inquiétant, et sans doute plus révélateur encore des dérives de notre temps : l’attitude des commentateurs. Je lis sur Twitter et sur Facebook énormément de commentaires très ironiques, très méprisants, à l’égard des gens que l’on voit sur ces films. « des têtes à regarder l’Amour est dans le Pré », des « cassos », des « beaufs », des « Groseille » (version plus cinéphile de la même réalité), des « gros veaux trop cons pour ne pas savoir que le Nutella c’est de la merde ». Et j’en passe. Mais franchement... Qui sommes nous, derrière nos écrans (le plus souvent mais - bizarrement - pas toujours, cachés derrière un confortable anonymat) pour juger ces gens et se moquer d’eux ? Il y a sur ces films un concentré de cette France que certains, par calculs politiques, appelaient la France d’en bas, celle des petits, des sans grade. Il y a là des gens qui sont ce que nous avons été, pour beaucoup d’entre nous, ou ce qu’ont été nos parents, nos grands-parents, nos amis d’enfance. Et personnellement, ces commentaires me mettent mal à l’aise. Certains me font mal.

      Ne jugeons pas. Essayons plutôt de comprendre. Comment en arrive-t-on à de telles situations ? Comment en arrive-t-on à se battre dans un magasin pour payer moins cher de la pâte à tartiner ? Fait-on cela par plaisir ? Mais aussi, comment en arrive-t-on à rire collectivement de l’humiliation des plus fragiles d’entre nous qu’apportent ces images ? Comment ne pas voir (et s’il se trouve quelques commentateurs pour en parler ici ou là, ils sont une très faible minorité) que derrière ces images, se cache en réalité le cynisme de Ferrero, qui s’offre une publicité gratuite pour son produit phare ? Comment ne pas voir l’indifférence et le cynisme des responsables de grande surface qui trouveront bien, demain, le moyen de dénoncer les dégradation qui nuisent à l’image de leurs établissements, après avoir réussi en quelques secondes une opération promotionnelle hors norme ?

      C’est là, à mon sens qu’est le vrai enjeu : comprendre comment, une fois de plus, nous acceptons et cautionnons que ceux qui sont peu de choses se moquent de ceux qui sont moins encore, sous le regard amusé et intéressé de ceux qui tirent les bénéfices (au sens premier du terme, sans doute) de ce lamentable épisode ? Sans doute m’accusera-t-on de vivre au pays de Oui-Oui. Peu importe, je l’assume. J’assume, en tout cas, de vouloir vivre dans un monde où décidément, non, se payer des gorges chaudes sur les effets de la pauvreté et du déclassement n’est pas quelque chose d’acceptable.

      https://blogs.mediapart.fr/lionel-jeanjeau/blog/250118/nutella-revelateur-de-notre-temps

    • Dans « la paix sociale », pour quoi peut on encore se battre ? Ces scènes en rappellent d’autres lors de #black_friday où il peut s’agir de produits très coûteux.

      @objectifocean signale :

      Au dela de « Ouh, les cassos, ils se battent pour un pot de #Nutella... »
      Regardez le taux de chômage autour des #intermarché en question.
      Ostricourt 20%
      Roubaix 30%
      Wingles 20%
      Marles-les-Mines 27%
      Saint-chamond 20%
      Saint-Cyprien 25%
      Rive-de-Gier 20%
      Voilà...
      (source Insee 2014)

      La marque, ça compte, c’est pas seulement une aliénation. J’imagine que ceux qui mange du Nutella le préfère aux « pâtes à tartiner » qui l’imitent. Et puis un enjeu de reconnaissance (ici, je suis chômeurs mais je peux quand même filer du Nutella aux mômes comme un salarié intégré, et tant pis si les vrais « gens bien » font aujourd’hui éviter le sucre à leurs enfants, ce modèle là ne se diffusera que lentement, vu les intérêts en jeu). Qui d’entre nous n’a pas vécu une scène où c’était pas le bon jeans, les bonnes chaussures, le bon gâteau, parce que c’était pas assez cher, ou pas assez connu, où c’était moins bien qu’une norme

      Sinon, @philippe_de_jonckheere, c’est sûrement un désastre mais il me parait faux de dire que cela prend pas plus de temps de faire à manger. C’est au minimum 15 minutes, et plutôt une demi heure tous quart d’heure, sauf repas exceptionnel (à lire tes seens je me demande d’ailleurs toujours comment tu fais pour trouver le temps, varier autant, etc.). Pour beaucoup de monde, où bien selon les moments, cuisiner n’a malheureusement rien d’une activité de détente, créatrice, oblative, plaisante, c’est une corvée, du travail domestique.
      En milieu populaire, le repas a pu être un moment important (supposant cuisine). Ce n’est très souvent plus le cas au quotidien mais seulement par exception. Le travail-emploi des femmes et bien d’autres facteurs ont joué. Non seulement, ça dégèle du surgelé plus que ça ouvrait des boites, mais en plus le moment commun du repas a souvent laissé place à l’ingestion post moderne ou chacun tend à manger à sa façon et à son heure (spectacle affreux si il en est).

      Le prix au kilo et au litre ça compte grave. Les promos c’est l’occasion de stocker/consommer des produits de « qualité » standard et pas des produits bas de gamme. Je dois être bien daronisé comme disent les djeuns, mais il y a plein d’articles de supermarché de centre ville que je n’achète que lorsqu’ils font l’objet de réduction et coûtent ainsi le prix du bas de gamme, voire moins. Il peut m’arriver d’acheter 10 paquets de café d’un coup parce qu’il est correct mais à 2€ au lieu de 3, ou trois fois trop de pâtes potables, il n’y a qu’à stocker.

      La conso populaire, elle oblige aussi bien souvent à disposer d’un congelo, pas juste pour le transformé et l’ultra transformé de l’#agrolimentaire mais aussi pour stocker du périssable lorsqu’il est disponible pas cher, en saison, en promo. Pour ma part j’achète souvent pour les congeler des produits bruts soldés pour cause de date de péremption (par exemple des poulets moins pourris que le bas de gamme), ou je prend chez le poissonnier plus de poisson en promo que ce que je cuisinerais de suite, etc.

      #économie_domestique #abondance (s’en donner l’impression)

    • Les prix exceptionnellement bas et la promesse d’une vie meilleure

      @ninachani dit

      Je pense qu’on s’est battu pour la marque parce que le marketing est très, très bien fait et aussi pour la satisfaction de faire une bonne affaire, pas forcément d’économiser de l’argent.

      et je pense qu’elle a raison, elle a indentifié l’essence du fait divers.

      Pour comprendre l’importance de l’idéologie et du marketing il faut éliminer tous les facteurs biologiques. On peut alors tester si l’idéologie est capable d’exercer un influence assez grande pour pousser des adultes à se comporter comme le décrit l’article.

      De ma propre observation je peux contribuer un événement qui s’est déroulé dans les nuits qui ont suivi le 9 novembre 1989 à proximité d’un point de passage entre Berlin-Ouest et l’Est. Il faut savoir que la situation alimentaire en RDA et Berlin-Est était comparable à celle à l’ouest à l’exeption des produit de luxe - on trouvait des croissants Lenôtre au grand magasin de luxe KaDeWe à Berlin-Ouest mais il fallait se contenter des Ost-Schrippen à l’Est. Il n’y avait donc pas de famine à l’est et les gens se nourrissaient d’une manière plus saine qu’on le fait chez nous actuellement - les plats cuisinés et industriels n’existaient simplement pas.

      Il devait être vers 22 heures le 10 ou le 11 novembre 1989 près du pont Bösebrücke qui menait vers le post de contrôle qui était ouvert depuis peu. Les douaniers de l’Est y vérifiaient encore les papiers mais il laissaient passer librement chacun avec une carte d’identité.

      Le large boulevard qui mène vers le pont du côté ouest est peu éclairé, prèsque noir. Un camion comme celui sur la photo s’arrête à cent mètres du pont et ouvre son hayon.

      Il faut savoir que Mon Chérie est une marque de Ferrero amplement annoncée dans les publicités télévisées. Il s’agit de chocolat contenant une cerise qui flotte dans une sorte de Cognac de mauvaise qualité très sucré.

      Du coup des centaines d’habitants de Berlin-Est se ruent vers l’arrière du camoin où des ouvriers distribuent des paquets de chocolat périmé comme si c’étaient des rations de riz pour les affamés du Sahel. Les gens sont sur leur chemin de retour après une visite de la partie ouest de la ville fermée pour eux jusqu’il y a quelques jours. Ils profitent de l’occasion pour s’emparer de quelques paquets de cette merveille devenue accessible d’une manière inattendue et miraculeuse.

      C’est la bagarre, la confusion dans la peinombre est totale, pourtant il me semble que malgré l’enthousiasme frénétique des pauvres gens personne n’est blessé. Le contenu du 40 tonnes part en espace de quelques minutes. Le conducteur ferme le hayon et s’en va après une cigarette bien méritée. Le calme retourne au boulevard Bornholmer Straße où les derniers visiteurs de l’est de dirigent vers leur quartier à Prenzlauer Berg et Weissensee .

      http://www.openstreetmap.org/node/268917019

      Volià ce que tu peux réussir avec un peu de publicité et des prix trés bas.

      #Berlin #mur #publicité

    • Sweet Movie
      https://www.youtube.com/watch?v=QO0BJi5j_wg

      Sweet Movie - Wikipedia
      https://en.wikipedia.org/wiki/Sweet_Movie

      She picks up the hitchhiking sailor Potemkin, though she warns him that if he falls in love, she will kill him. He ignores her many suggestions for him to leave and their relationship evolves. Eventually, in the state of love making, she stabs him to death in their nidus of sugar.

      #film

    • Longtemps j’ai pensé que seuls les marginaux s’éduquaient à échapper aux hallucinations collectives : celles de la morale et l’ordre.
      La publicité et le marketing s’occupent du désir comme la police de l’ordre.
      Résister mentalement aux injonctions sociales qui sont reprises par une foule, à la transe collective du désir (avoir ce que l’on n’a pas), c’est un effort mental auquel peu de gens sont préparés. Ce n’est pas tant une question d’argent que de ressort qui lâche.
      Je n’ai pas d’argent, j’aime modérement le Nutella, mais je souffre avant tout de la transformation en animal que cela pourrait opèrer sur moi.
      Je l’ai vu une fois, c’était un petit village en Normandie, bord de mer, les gens n’y sont pas pauvres, pas loin de Deauville, soir d’Halloween sous la halle du marché. Depuis la remorque d’un tracteur étaient jetés sur la foule des bonbons divers. Très vite, ce qui devait être une fête pour les enfants déguisés se transforme en cauchemar. Les parents veulent accumuler le plus possible de bonbons, ils sont venus avec des sacs, ils marchent sur les mains des enfants qui ont réussi à se baisser dans la cohue. Au départ on croit que c’est drôle, de gagner plus que les autres, mais ça se pousse, ça devient méchant, des petits se mettent à pleurer de peur.
      On a arraché les enfants de là vite fait, mais ils nous en ont voulu !

    • Sinon, @philippe_de_jonckheere, c’est sûrement un désastre mais il me parait faux de dire que cela prend pas plus de temps de faire à manger. C’est au minimum 15 minutes, et plutôt une demi heure tous quart d’heure, sauf repas exceptionnel (à lire tes seens je me demande d’ailleurs toujours comment tu fais pour trouver le temps, varier autant, etc.).

      Ah mais, d’abord je n’ai pas la télévision et je n’ai ni Facebook ni Twitter, et sinon je suis assez organisé comme gars.

      Et sinon en un quart d’heure : tu prends n’importe quel filet de poisson que tu déposes dans du papier alu avec des oignons, des carottes, de l’huile d’olive, du sel du poivre du citron, tu refermes le papier alu et tu colles ça au four pendant unq uart d’heure et c’est très bon. Si tu as un quart d’heure de plus tu fais du riz complet pour accompagner. Et pendant que le riz et le poisson cuisent tu découpes des quartiers de tomates de la feta ou de la mozarelle, de l’huile d’olive et du seul et hop !

      Je maintiens cela peut prendre un quart d’heure. Ensuite je mise beaucoup sur le fait que toute personne qui réaliserait un tel truc aussi facile et en tirer une insigne satisfaction va s’enhardir à faire d’autres trucs (comme des bricks à l’oeuf, une quiche avec de la pâte toute faite... et puis....

      Et puis c’est l’avalanche de Nutella à -70%).

    • @colporteur

      Pour ma part j’achète souvent pour les congeler des produits bruts soldés pour cause de date de péremption (par exemple des poulets moins pourris que le bas de gamme), ou je prend chez le poissonnier plus de poisson en promo que ce que je cuisinerais de suite, etc.

      Tu n’es pas obligé de stocker, continue de n’acheter que les trucs qui sont en promotion, de semaine en semaine il y a toujours des trucs en promotion et du coup ça t’oblige à varier (comme tu dis)

      Phil, hyper daronisé velu

    • Une superbe phrase d’une amie sur Facebook : « quand l’émeute montre la misère, l’imbécile regarde le Nutella ». Reprenez vous mes amis ! Ces femmes et hommes avaient enfin les moyens d’ offrir à leurs gosses une gourmandise qu’ils jugent désirable parce su’ ils en entendent parler sans y gouter jamais. Reprenez vous ! Vous ne pouvez pas reprocher aux pauvres les idées dominantes ni les standards de consommation de la societe de consommation. Ici ils font dans le bruit et la cavalcade ce que vous faites paisiblement et en silence parce que vous en avez les moyens. Et si vous ne le faites pas, comme moi, c’est parce que vous savez de quoi il s’agit. Mais pas eux. LES PAUVRES NE SONT PAS RESPONSABLES DE LEUR PAUVRETÉ QUELQU’EN SOIT LE DOMAINE. jlm

    • @philippe_de_jonckheere genré si tu veux mais c’est pas moi qui en décide, ça se passe comme ça, c’est les femmes qui font la bouffe tous les jours, sauf exception très exceptionnelle (il y a même des « ménages » ou la division routinière des taches c’est popote pour l’homme vaisselle pour la femme), si des hommes font la cuisine, c’est en général pour des exploits culinaires qui n’ont rien à voir avec l’ordinaire (ou bien le barbeuc d’été... sans cuisine).
      Oui, c’est un plaisir de ne pas laisser aux entreprises ce besoin vital, et d’y oeuvrer, un plaisir certainement de surprendre ses enfants par des repas. L’impression quand même que non seulement tu es organisé mais aussi très actif, et pas trop trop fauché.
      35h hebdo, ou temps partiel avec horaire en coupures, plus temps de transports, plus temps de travail domestique, c’est comme d’aller à l’usine, ça peut donner envie de se détendre, de se laisser aller à ne rien faire, voire ne plus laisser la force de faire davantage et chercher à réduire le temps de travail (domestique inclus, de mauvaises mères ! ou le choix de faire la lecture aux lardons le soir plutôt que de cuisiner, qui sait ? ). Et même de se vautrer devant la téloche (un bon neuroleptique) « pour décompresser ».
      Par ailleurs, plein de monde vit seul, ça incite pas à faire à manger lorsque personne ne se joint au repas.

      Si je stocke des promos c’est pour pas faire le chasseur cueilleur qui alterne période de disette et festin selon les arrivages (spécialement pour les protéines animales car je vais au marché régulièrement pour ce qui est végétal, mais ce que je dois y acheter ressemble souvent à de l’imitation de Nutella pour cause de fric). Et puis je trouvais dinque que ma grand mère qui avait connu la guerre ait toujours des kilos de sucre, et finalement moi c’est les pâtes, l’huile d’olive, les pois chiches ou les cornichons (et si quelqu’un apportait de la charcut ? n’en manquons pas) et je sais quoi encore. Je sais que je finirais toujours le mois.
      Plein de produit tiennent fort bien la congélation (à proscrire dans bien des cas). Il m’arrive y compris de stocker des surplus de récup sur le marché (légumes congelables sans trop de perte de qualité), ça demande un taff de mise en oeuvre (acheter des haricots verts ou des rondelles de courgette picard c’est plus vite fait, surtout si on se les fait livrer...). Et ça permet à quelqu’un de pas toujours très organisé de s’organiser autrement : avoir toujours de quoi manger, pour soi ou en cas de repas collectif impromptu. Bon j’arrête, je suis pas un modèle du tout :) et j’ai pas de théorie de la chose (vivre sous le capitalisme) sous la main.
      Faire gaffe aux promos, c’est aussi un boulot de bonne femme, et ça prend du temps (tout comme ça prend du temps de voler l’essentiel de ce que l’on mange). Je me souviens d’avoir vu des pauvresses trimbalant une grosse boite en carton avec les bons de réducs dans un supermarché U.S pour remplir le caddie « à bon escient ». Ce que je vois aujourd’hui au supermarché en bas de chez moi, c’est des femmes qui consultent des comparateurs de prix sur smartphones.

      Ne pas oublier. Ça aussi un petit goût de revanche (à défaut d’être « la » revanche de la chanson) : cette fois je me saignerais moins pour ces machins dont j’ai besoin. Sous les comptabilités ordinaires, le mégotage, ce « matérialisme » vulgaire, un refus de la mesure capitaliste, aussi.

    • Ça me rappelle cette discussion avec de jeunes universitaires à qui je racontais que ne consommais jamais de coca cola.

      Tout comme celles et ceux qui te regardent comme un Martien quand tu leur dis que tu ne bois pas d’alcool. Là aussi, l’injonction sociale est à la clef de la partition. Sauf que j’ai perdu l’envie de danser sur ce que la musique jouait et quand la musique joue trop fort, je me bouche les oreilles :-))

    • @colporteur

      Faire gaffe aux promos, c’est aussi un boulot de bonne femme

      euh, mais c’est pas possible d’écrire ça sur seenthis !
      Dire que c’est un rôle toujours dévolu aux femmes, mais dire « bonne femme », non, franchement, tu plonges … assume ta beauferie et utilise bobonne ou pouffiasse pendant que tu y es mais surtout ne va pas raconter derrière

      genré si tu veux mais c’est pas moi qui en décide

      Si si, c’est toi qui décide de mettre bonne femme, un terme méprisant et condescendant.

    • @touti, Si les guillemets implicites s’entendent pas, je les ajoute. ce que ça veut dire c’est que un taff que les mecs font pas, le soin, la reproduction, ça reste les femmes, en général, et très massivement, idem pour la gestion du budget domestique (promos incluses), sauf pour un homme sans femme, ce citron sans fusée spatiale.

    • Pourtant ces images ne sont pas rassurantes puisqu’elles nous mettent sous les yeux ce que c’est qu’être pauvre dans une société de consommation, ce que c’est que manquer de pouvoir d’achat dans une société d’abondance, au point de se battre pour des pots de Nutella.

      http://rf.proxycast.org/1394173213663043584/13983-26.01.2018-ITEMA_21568105-0.mp3

      https://www.franceculture.fr/emissions/lhumeur-du-matin-par-guillaume-erner/lhumeur-du-matin-par-guillaume-erner-vendredi-26-janvier-2018

    • @sombre

      Tout comme celles et ceux qui te regardent comme un Martien quand tu leur dis que tu ne bois pas d’alcool.

      – Désolé je ne bois pas d’alcool
      – quoi t’es breton et tu bois pas ?
      – oui, enfin j’ai bu mais je ne bois plus.
      – ah ben là oui, d’accord.

      Comme quoi la Bretagne est une terre d’alcooliques, une idée encore bien ancrée. yec’hed mat !

    • A Cologne on lance 300 tonnes de bonbons dans la foule - c’est le poids distribué le lundi gras (Rosenmontag) uniquement. Pourtant ca se passe d’une manière plutôt calme dans le cadre de la folie collective annuelle du carnaval.

      Auf der Jagd : Kids im Kölner Kamelle-Rausch (1:17)
      https://www.youtube.com/watch?v=AXIPePZOsm0

      Là c’est un rituel alors que les excès se produisent lors des situations extraordinaires.

      Rosenmontag
      https://en.wikipedia.org/wiki/Rosenmontag

      Celebrations usually include dressing up in fancy costumes, dancing, parades, heavy drinking and general public displays with floats. Every town in the Karneval areas boasts at least one parade with floats making fun of the themes of the day.[6] Usually sweets (Kamelle) are thrown into the crowds lining the streets among cries of “Helau” or “Alaaf”, whereby the cry “Kölle Alaaf” is only applied in the Cologne area – the exact meaning of Alaaf is disputed, it may stem from “alaf”, Celtic for “luck”, or “Alle af”, Ripuarian for “all [others] away”. Sweets and tulips are thrown into the crowd.

      The celebrations become quieter the next day, known as Veilchendienstag (“Violet Tuesday”, Shrove Tuesday), and end with “Aschermittwoch” (Ash Wednesday).

      2018 date : 12 February

      reportage de la télévision régionale SR3
      http://www.ardmediathek.de/tv/aktueller-bericht/aktueller-bericht-27-02-2017/SR-Fernsehen/Video?bcastId=743232&documentId=40967918

      Buntes Treiben beim Umzug in Neunkirchen, Beamtenbesoldung unter dem Durchschnitt, Rosenmontagsumzug in Burbach, Rosenmontagsumzug in Saarwellingen und Illingen, Rosenmontagsumzüge in Freisen, Wadern und Losheim, Rosenmontagsumzüge in Merchweiler und Marpingen, Interview mit dem Kinderprinzenpaar, Rosenmontagsumzüge in Ommersheim und Reinheim, Rosenmontagsumzüge in Friedrichsthal, Riegelsberg und Schwalbach, Rückblick auf die Fastnachtsumzüge am Fastnachtssonntag.

      #carnaval

    • Les autorités sanitaires ont recensé six fois plus d’intoxications en 2016 qu’en 2010 suite à la consommation de cocaïne et à ses dérivés, dont le crack, a indiqué vendredi l’Agence du médicament.
      Une promotion proposant le pot de Nutella de 950 grammes à 1,41 euro au lieu de 4,50 euros a provoqué la cohue et l’hystérie dans des magasins.
      Dessin de #Chereau pour #Urtikan.net

      http://www.urtikan.net/dessin-du-jour/cocaine-nutella-chacun-ses-addictions
      https://seenthis.net/messages/556318

    • L’analyse de Jean Gadrey
      https://blogs.alternatives-economiques.fr/gadrey/2018/01/27/ruees-sur-le-nutella-a-prix-casse-qui-sont-les-fauteu

      Mais ce n’est pas tout. L’oligarchie est certes d’abord constituée des super dealers que sont les multinationales et la finance, mais ses fondés de pouvoir dans les institutions publiques sont les plus hauts responsables politiques. Pas tous, mais certains, et nombreux. Ceux qui, entre autres, peuvent amplifier les inégalités de revenu et la pauvreté. Par exemple via une fiscalité qui privilégie les riches contre les pauvres, et via l’appauvrissement des services publics. Car la fiscalité, si elle est progressive, et les services publics gratuits ou à des tarifs très abordables, sont deux des grands réducteurs d’inégalités de revenus, avec bien entendu les prestations sociales, si elles ne sont pas réduites à une peau de chagrin, et avec des mesures qui seraient nécessaires pour limiter les écarts de salaires entre les plus hauts et les plus bas.

      Or la dernière période, y compris les derniers mois, ont vu une offensive de grande ampleur de l’oligarchie et de la macronarchie contre les plus modestes, les plus précaires, contre les services publics, contre la fiscalité progressive, contre les prestations sociales et, en préparation, contre le SMIC. Le nombre de pauvres au sens officiel a progressé d’un million en dix ans.

      Il ne s’agit pas de dire que « les pauvres » sont les seuls à participer, pour certains d’entre eux, à la ruée sur les soldes. Ce serait faux. Mais l’incitation à gagner plus de 3 euros sur un pot de Nutella est malgré tout autrement plus forte chez ceux qui doivent compter le moindre euro, ou à qui on vient d’enlever 5 euros d’APL par mois, que chez la plupart de ceux qui les critiquent en oubliant d’incriminer les dealers et les requins.

    • Je me permets d’ajouter une hypothèse : le assez banal phénomène de foule.

      Tu mets les gens dans un espace restreint, tu leur donnes une même destination, avec un même but, et tu regardes comment ça dégénère. Voir comment s’énervent très vite les gens qui se font doubler, ou qui ont l’impression de se faire doubler, ou juste l’impression qu’on va essayer de les doubler, pour ne pas trop théoriser les qualités du marketing du Nutella. Même pour aucun avantage pécunier (genre attendre son queue devant le rayon boucherie), si les gens font la queue dans le désordre, le ton monte vite.

    • Héhé ! Lemmings !!!
      https://www.techsupportalert.com/content/play-classic-lemmings-game-online-your-browser.htm

      Game fans of a certain age will surely remember Lemmings, which was one of the hottest games of the 1990s. Amazingly, someone actually managed to recreate a clone of the game as a Web-based application that you can play in your browser. It works just like the original, and is just as fun and addictive as you’ll remember it.

      To see for yourself, head to http://www.elizium.nu/scripts/lemmings

      Lemming
      https://en.wikipedia.org/wiki/Lemming#Behavior


      @arno ... banal phénomène de foule ... ;-)

      Lemmings have become the subject of a widely popular misconception that they commit mass suicide when they migrate by jumping off cliffs. It is not a mass suicide but the result of their migratory behavior.
      ...
      It is not known why lemming populations fluctuate with such great variance roughly every four years, before numbers drop to near extinction.

      Bah, comme chez l’Homme quoi. Reste à savoir si c’est mieux chez la Femme ;-)

      #it_has_begun

    • Après le Nutella, la vente de couches-culottes provoque des ruées dans un Intermarché
      http://www.bfmtv.com/societe/apres-le-nutella-la-vente-de-couches-culottes-provoque-des-ruees-dans-un-inte

      Après des rabais effectués sur des pots de Nutella allant jusqu’à -70% et provoquant des scènes d’émeutes, c’est au tour des couches-culottes Pampers de rendre les consommateurs hystériques, au sein de l’Intermarché de Metz Vallières.

      Un prix de 23,95 euros à 7,18 euros

      Ce mardi matin, le quotidien Le Républicain Lorrain fait état d’une émeute, ayant éclaté dès l’ouverture du magasin. En cause : une promotion exceptionnelle de -70% sur le paquet de couches Pampers, faisant passer le prix du paquet de 23,95 euros à 7,18 euros.

      Dans les colonnes du journal, la gérante du magasin raconte scène : « C’était l’horreur ! C’est devenu ingérable. Environ 250 personnes étaient présentes à l’ouverture spécialement pour acheter des couches. Des femmes se sont battues, nous avons été contraints d’appeler les forces de l’ordre. Le personnel était à bout ».
      Une enquête ouverte par la répression des fraudes

      La même opération sera toutefois reconduite dès demain matin mais avec la présence des forces de l’ordre afin d’éviter tout débordement. La Répression des fraudes (DGCCRF) a toutefois lancé une enquête sur ses rabais à 70 % sur le Nutella.

      Du café moulu faisait également partie de la liste des produits à prix réduits, dans le cadre de l’opération « Les quatre semaines les moins chères de France », durant lesquelles de nombreuses promotions ont lieu à travers toute la France. Une opération commerciale qui risque de donner lieu à de nombreuses scènes d’émeutes comme on a pu en voir ces derniers jours.

      70%, ça reste un ovni dans le monde des promos, souvent de 20 à 40%, ou, plus trompeur, de 40 à 70% sur le deuxième article identique acheté.
      Je croyais la #vente_à_perte encadrée.
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Vente_à_perte
      #intermarché #pub

    • Sur les phénomènes de foule, il y a eu dans les années xxxx un système de surveillance qui détectait les comportements déviants. Je crois que vous tous qui critiquez le gout national pour le Nutella vous êtes bons pour être classés dans cette catégorie. D’éminents sociologues avaient œuvré pour étudier la foule dans le métro et pouvait ainsi déduire que celui ou celle qui ne courrait dans le sens opposé à la foule était déviant, tout comme rester 2 métros de plus sur le quai ou lever un bras (quand les autres ne le font pas). Grace à un logiciel informatique couplé à la vidéosurveillance, la RATP, grand laboratoire du contrôle de la foule, dit plus communément (voire politiquement pour ceux qui osent encore ce mot) #contrôle_social, créa #prismatica, ce fameux logiciel prêt à épingler ceux qui n’aiment pas le Nutella.

    • Emeutes au Nutella - Analyse de Mélenchon
      La Luciole Mélenchantée
      https://www.youtube.com/watch?v=AQ1e1LefyqU

      Les médias n’ont retenu que le tweet de Mélenchon à propos des émeutes causées par la promo sur le Nutella dans certains supermarchés de la grande distribution. Pourtant, il a émis une analyse complète de la société de consommation capitaliste où la pauvreté explose, notamment dans son livre L’ère du peuple .

      « La publicité est dans la démocratie ce que la propagande est dans la dictature »


  • Violences infligées aux femmes : « Nous exhortons le gouvernement à revoir sa copie »
    http://abonnes.lemonde.fr/idees/article/2017/12/02/violences-infligees-aux-femmes-nous-exhortons-le-gouvernement-a-revo

    Tribune. Un collectif de 100 personnalités demande au président d’augmenter le budget alloué à la lutte contre les violences faites aux femmes.

    #Féminisme

    • Tribune. Samedi 25 novembre, Emmanuel Macron l’a juré, les femmes seront bien la grande cause nationale de son quinquennat. Il a également annoncé son plan d’action pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles. Un discours qui se voulait symboliquement fort et promeut plusieurs mesures nouvelles, telles dix unités de psycho-traumatologie dans les centres hospitaliers ou l’augmentation des délais de prescription pour les mineurs, et reprend également des mesures existantes, comme la formation des professionnels (inscrite dans la loi depuis 2014), l’interrogation des pratiques des professionnels de santé (protocole du 5 novembre 2014) ou l’arrêt des bus de nuit à la demande (juillet 2015). Sauf que ces mesures ne sont accompagnées d’aucun financement supplémentaire.

      Le budget du secrétariat d’Etat sera « sanctuarisé à son plus haut niveau », 30 millions d’euros. En 2017, il était de 29,81 millions d’euros. Les féministes mesurent l’effort sans précédent… Les crédits interministériels dédiés à l’égalité femmes-hommes passent de 400 millions à 420 millions d’euros. Bonne nouvelle ! Mais là encore, il y a un loup : seuls 15 % de ces crédits sont consacrés à la lutte contre les

      violences. Ajoutons que les 20 millions supplémentaires reprennent des actions qui sont déjà effectuées, qui seront désormais labellisées « égalité ».

      AUCUNE AUGMENTATION DU BUDGET DÉDIÉ AUX DROITS DES FEMMES NI AUX VIOLENCES, DES ANNONCES NON FINANCÉES. C’EST CE QUI S’APPELLE UNE OPÉRATION DE COMMUNICATION

      Il s’agit donc bien d’un tour de passe-passe budgétaire. Aucune augmentation du budget dédié aux droits des femmes ni aux violences, des annonces non financées. C’est ce qui s’appelle une opération de communication. Comment peut-on se contenter de si peu face à la réalité des violences infligées aux femmes dans notre pays ? 93 000 femmes adultes victimes chaque année de viol et de tentative de viol, 220 000 victimes de violences conjugales ou intrafamiliales, 550 000 victimes d’agressions sexuelles…

      Deuxième angle mort, le travail. 25 % des agressions sexuelles ont lieu au travail, où les rapports de domination se cumulent avec le lien de subordination et le risque de perdre son emploi pour les victimes qui auraient le courage de briser le silence. Les syndicats et les associations proposent des mesures à intégrer dans la loi, pour sanctionner les entreprises qui ne respectent pas leurs obligations de prévention et pour protéger les femmes victimes de violences. Ajoutons que le gouvernement supprime avec ses ordonnances les seuls outils de prévention au travail, les CHSCT.

      Des annonces très en deçà de l’enjeu

      Au niveau international, nous avons réussi à imposer à l’ordre du jour de l’Organisation internationale du travail, en juin prochain, l’examen d’une norme contre les violences et le harcèlement. Le contenu et la portée de cette norme dépendront de la position des Etats, aussi est-il regrettable qu’Emmanuel Macron n’en ait pas dit un mot samedi. Ce, d’autant que pour l’instant, la position de la France est… étonnante : elle refuse que les violences fondées sur le genre soient identifiées spécifiquement dans cette norme.

      Mais, que l’on se rassure, il y aura une session de rattrapage. Emmanuel Macron l’a dit, il s’agit de premières annonces. Et heureusement, parce qu’aujourd’hui le compte n’y est pas, face à l’ampleur des violences sexistes et sexuelles.

      D’ici là, nous exhortons le gouvernement à revoir sa copie et à prendre en compte, sans anathème, chantage ou pression sur aucune d’entre nous, les critiques des féministes. Nous demandons une augmentation budgétaire au moins équivalente à ce que l’Espagne a débloquée – à savoir 1 milliard d’euros sur cinq ans – associé à une loi-cadre contre les violences permettant notamment de transposer dans le droit français la Convention d’Istanbul [sur la prévention et la lutte contre les violences à l’égard des femmes et la violence domestique, ratifiée en 2014].

      Le respect du débat démocratique impose que l’on accepte, surtout sur un sujet si important, que ces annonces soient passées au crible, vérifiées, confrontées à la réalité et dénoncées pour ce qu’elles sont : très en deçà de l’enjeu et de l’urgence.

      Les signataires : Ludmila Acone, historienne ; Ana Azaria, présidente de Femmes Egalité ; Anne Baltazar, syndicaliste ; Christine Bard, historienne ; Marie-Noëlle Bas, présidente des Chiennes de garde ; Françoise Basch, professeur émérite à l’université Denis-Diderot ; Francine Bavay, présidente de SOS Femmes Alternative, centre Flora-Tristan ; Delphine Beauvois, auteure de littérature de jeunesse ; Maude Beckers, avocate ; Fatima Benomar, coporte-parole des Effronté-e-s ; Savine Bernard, avocate ; Eric Beynel, co porte-parole de Solidaires ; Gérard Biard, président de Zeromacho ; Agnès Bihl, chanteuse ; Sophie Binet, pilote du collectif Femmes mixité de la CGT ; Rita Bonheur, présidente de l’Union des femmes de Martinique ; Catherine Bloch-London, militante féministe ; Emmanuelle Boussard-Verrecchia, avocate ; Marie-Laure Brival, gynécologue-obstétricienne, chef de service Maternité des Lilas ; Michel Bozon, sociologue ; Geneviève Brisac, écrivaine ; Carole Cano, syndicaliste CFE-CGC ; Pascale Carayon, féministe ; Coline Cardi, sociologue ; Marie -France Casalis, porte-parole du Collectif féministe contre le viol ; Marie Cervetti, militante féministe ; Carole Chotil-Rosa, militante féministe ; Annick Coupé, syndicaliste ; Saïd Darwane, conseiller national UNSA ; Madeline Da Silva, militante féministe et des droits de l’enfant ; Michèle Dayras, présidente de SOS-sexisme ; Laurence De Cock, historienne ; Caroline De Haas, militante féministe ; Christine Delphy, sociologue ; Monique Dental, présidente du réseau féministe Ruptures ; Héloïse Duché, militante féministe ; Sylvia Duverger, blog « Féministes en tous genres » ; Eric Fassin, sociologue ; Christine Fauré, historienne ; Aude Fiévet, association Le monde à travers un regard ; Léa Filoche, militante féministe ; Geneviève Fraisse, philosophe ; Jean Gadrey, économiste ; Nicole Gadrey, sociologue ; Valérie Ganne, journaliste, auteure ; Sigrid Gérardin, secrétaire nationale de la FSU ; Cécile Gondard-Lalanne, coporte-parole de Solidaires ; Clara Gonzales, initiatrice du « 06 anti-relous » ; Bernadette Groison, secrétaire générale de la FSU ; Véronique Haché, directrice Générale d’Autolib’ et de Vélib’ métropole ; Anaïs Haddad, coprésidente des Effronté-e-s ; Clémence Helfter, dirigeante de l’UGICT-CGT en charge de l’égalité F-H ; Alice Heyligers, ancienne militante du MLF ; Helena Hirata, sociologue ; Violaine Husson, responsable des questions de genre à la Cimade ; Clara Jaboulay, présidente de l’Union nationale lycéenne ; Marie-Anne Juricic, sociologue ; Danièle Kergoat, sociologue ; Annie Lahmer, féministe ; Mathilde Larrere, historienne ; Sandra Laugier, philosophe ; Lilâ Le Bas, présidente de l’UNEF ; Elisabeth Leininger, psychopraticienne ; Yannick Le Quentrec, sociologue ; Séverine Lemière, économiste ; Elliot Lepers, chef d’entreprise ; Florence Lhote, présidente de l’Association entraide et mouvement des femmes ; Sylvie Liziard, secrétaire nationale UNSA ; Raphaëlle Manière, délégation droit des femmes du CESE ; Marie-Thérèse Martinelli, Marche mondiale des femmes ; Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT ; Christiane Marty, Fondation Copernic ; Dominique Meda, sociologue ; Mar Merita Blat, militante féministe ; Florence Montreynaud, Encore féministes ! ; Tania Mouraud, artiste plasticienne ; Solmaz Ozdemir, SKB France ; Birthe Pedersen, présidente d’ActionAid France-peuples solidaires ; Sophie Pochic, sociologue ; Claire Poursin, co-présidente des effronté-e-s ; Soudeh Rad, militante féministe ; Raphaëlle Rémy-Leleu, porte-parole d’Osez le féminisme ! ; Sabine Reynosa, collectif Femmes mixité CGT ; Florence Rochefort, historienne ; Marie-Sabine Roger, auteure ; Suzy Rojtman, porte-parole du Comité national pour les droits des femmes ; Roselyne Rollier, présidente de la Maison des femmes Thérèse-Clerc ; Laure Salmona, cofondatrice du collectif Féministes contre le cyberharcèlement et co-initiatrice de #SoyezauRDV ; Muriel Salmona, présidente de l’association Mémoire traumatique et victimologie ; Zeynep Saygi, Assemblée citoyenne des originaires de Turquie ; Sibylle Schweier, sociologue ; Geneviève Sellier, professeure émérite à l’université Bordeaux Montaigne ; Réjane Sénac, politiste ; Rachel Silvera, économiste ; Charlotte Soulary, cofondatrice de Chair collaboratrice ; Isabelle Thieuleux, Cndf ; Loïc Trabut, chercheur à l’INED ; Françoise Traverso, présidente de l’Association internationale des droits de l’homme ; Elodie Tuaillon-Hibon, avocate ; Céline Verzeletti, secrétaire confédérale de la CGT ; Françoise Vouillot, psychologue.


  • Non, #Macron n’est pas le Président des riches ! | Debout ! | Jean Gadrey | Les blogs d’Alternatives Économiques
    http://blogs.alternatives-economiques.fr/gadrey/2017/11/17/non-macron-n%E2%80%99est-pas-le-president-des-riches%

    La force d’Emmanuel, cet homme d’exception, est d’ailleurs là : couper les subventions aux associations, mais pouvoir ensuite manifester une extrême empathie pour les militants associatifs, en leur disant de ne pas s’inquiéter, ce qui ne peut que les réconforter. Supprimer en masse des contrats aidés, mais pouvoir dialoguer chaleureusement avec ceux dont l’emploi a disparu, en leur expliquant la main sur le cœur (à ne pas confondre avec le cœur sur la main) que non, décidément, de tels petits boulots sont trop indignes pour eux et qu’ils méritent de vrais emplois, quitte à les créer eux-mêmes. Car lui sait que le futur de la start-up nation n’est pas dans la subvention, n’est pas dans le contrat aidé, autant de béquilles qui empêchent d’être en marche, mais dans le « aide-toi toi-même et fais pas suer ».

    Et s’il y a des caméras partout dans ces moments de grande convivialité avec des gens très modestes, ça ne le gêne pas notre Emmanuel, il ne souhaite pas cacher pas sa profonde humanité ni dissimuler son merveilleux sourire.

    #foutage_de_gueule


  • La Prospérité sans croissance ! Jean Gadrey Radio Campus Lille - Angle d’Attac - 20 Mai 2017
    http://www.campuslille.com/index.php/entry/la-prosperite-sans-croissance-jean-gadrey

    La Prospérité sans croissance était le thème de la dernière émission d’Angle d’ATTAC ce Samedi 20 Mai 2017 à 12h, invité : Jean Gadrey, Économiste et membre d’ATTAC.

    Toutes nos émissions sont disponibles sur « L’Angledattacothèque » : http://attaclille.over-blog.com/page-8722486.html

    #Jean_Gadrey #ATTAC #Economistes #Audio #Radio #Radio_Libre #Economie #croissance #Ecologie


  • @gata cite ce texte :

    « Avec moi » (le 7 mai)
    Pierre Tevanian, Les Mots Sont Importants, le 30 avril 2017
    http://lmsi.net/Avec-moi-le-7-mai

    Avec ce commentaire (https://seenthis.net/messages/594094) :

    Je ne sais pas trop quoi en penser mais Tevanian (dans son long texte, très bon et honnête, texte évoqué dans ce fil mais jamais cité pour l’instant, je crois) parle aussi de la peur (de sa peur) à la fin et il écrit aussi ça :

    J’ai évoqué le paternalisme, c’est-à-dire ce mélange de posture antiraciste protectrice, de condescendance raciste et de tolérance sans limites à l’égard des discriminations, que Macron partage par exemple avec François Hollande. Mais dans beaucoup des prises de positions que j’ai lues, la question du racisme n’est même pas évoquée, et on se contente d’affirmer un lien mécanique entre l’ultralibéralisme de Macron et le triomphe du lepénisme dans cinq ans. Je reconnais dans ces équations simplistes une pauvreté intellectuelle typiquement franchouillarde, qui consiste d’une part à réduire le vote FN à un vote de protestation sociale, un vote ouvrier, un vote de pauvre, de perdant de la mondialisation libérale, bref un cri de souffrance, en minorant gravement la centralité du racisme dans ce vote (pourtant maintes fois revendiquée par les électeurs eux-mêmes, dans les enquêtes « sortie des urnes »), y compris dans sa frange ouvrière (qui par ailleurs ne représente qu’un septième du vote FN), et d’autre part à ne parler du racisme de cet électorat que comme un réflexe mécanique de peur de l’autre lié à la conjoncture économique – ce qui revient à nier les mécanismes sociaux, culturels et idéologiques spécifiques qui alimentent le racisme ou au contraire le battent en brèche.

    –---------------------------------------------------

    Je respecte et j’apprécie le travail de Tevanian, mais cette fois ci je ne suis pas d’accord, je ne sais pas ce que les autres en pensent.

    Mona Chollet, Dominique Vidal et Pierre Tevanian, parmi d’autres, avancent cet argument : Macron ce sera le capitalisme, alors que Le Pen ce sera le capitalisme + le racisme. Ils ajoutent que le racisme est le point qui leur semble le plus important, et que c’est trop facile de s’abstenir pour des blancs qui n’en subiront pas les conséquences.

    Je suis effectivement un blanc, un bourgeois relativement épargné par l’avenir sombre que nous proposent Trump et Le Pen, et aussi un marxiste qui pense que tout est d’abord question de domination sociale. Je suis conscient que l’un des effets les plus sévère, violent, injuste, cruel, insupportable est celui du racisme, de la discrimination de populations entières à cause de leurs origines, de leur aspect ou de leurs pratiques, et je suis aussi de ceux qui pensent que c’est l’une des questions les plus urgentes à régler, à combattre, et à laquelle il faut s’adresser. Néanmoins, je ne confonds pas l’effet et la cause. Je continue de croire (j’ai peut-être tort, mais je ne suis pas naïf) que le racisme n’est qu’une conséquence des inégalités sociales, du malaise social, de la crise sociale.

    Je ne dis pas que le vote FN n’est qu’un vote d’ouvrier et de pauvres, mais oui, en total désaccord avec Pierre Tevanian, je dis que le vote FN est un vote de colère, de protestation, de perdants de la mondialisation libérale, de réflexe lié à la conjoncture économique, de laissés pour compte qui voient une classe dirigeante et financière s’enrichir de façon indécente tout en nous disant que c’est la crise et qu’il faut se serrer la ceinture, qu’on ne pourra plus avoir une retraite, une éducation et des soins gratuits, alors que notre pays et notre planète n’ont jamais été aussi riches, etc. C’est un vote de perte de confiance envers les hommes et les femmes politiques et leurs partis qui nous gouvernent et nous ruinent depuis des décennies, et qui assombrissent notre avenir. Cette perte de confiance, elle me touche aussi. Je ne vote pas Le Pen parce que je ne pense pas que ce soit la solution, mais je comprends la colère, et je comprends aussi le majeur dressé sous forme de Brexit, de Trump ou de Le Pen.

    Alors oui, je pense que dans un tel contexte, le racisme n’est qu’une conséquence, la recherche d’une solution facile, d’un bouc émissaire à faire payer en temps de crise. Oui, je remarque que là où la crise est moins sévère, le fascisme et le racisme avancent moins fortement. Et nos dirigeants actuels en sont, à mon avis, triplement responsables : 1) car ce sont également eux qui, dans leurs discours, ont pointé du doigt ces boucs émissaires ; 2) parce que dans leurs pratiques, ils n’ont pas attendu le FN pour commencer déjà à les opprimer socialement, géographiquement, judiciairement etc. 3) parce que, ils le savent, le capitalisme pourra fleurir tout aussi bien sous un gouvernement FN.

    Donc je suis convaincu que Macron n’est pas la solution à Le Pen. Macron est la cause de Le Pen, et celui qui jette de l’huile sur son feu. Pour combattre le racisme de Le Pen, il faut combattre sa source qui est, selon moi, dans l’ultralibéralisme de Macron. Je me demande même si on n’a pas perdu trop de temps à combattre le racisme sans combattre le capitalisme, car pendant ce temps, plus de 7 millions de Français ont rejoint le vote FN. Ce sont ces 7 millions de Français qui devraient poser question. Toute solution cherchée ailleurs, chez les abstentionnistes par exemple, est d’une myopie qui, me semble-t-il, ne résoudra rien, ni à court ni à long terme...

    #France #Elections_présidentielles_2017 #Abstention #Barrage
    #Pierre_Tevanian #Vote_FN #FN #Racisme

    • Je n’ai pas lu le même passage, surtout la fin. Je n’avance pas un avis en ce qui me concerne car ce n’est pas clair pour moi non plus, mais au niveau de son argumentation, il ne dit pas « ils sont racistes et c’est comme ça ».

      À la fin de l’extrait, à l’exact inverse, il dit clairement que l’argumentation dont vous parlez qui consiste à dire que ça vient surtout de la cause économique empêche de prendre en compte tous « les mécanismes sociaux, culturels et idéologiques spécifiques [autres qu’économiques] qui alimentent le racisme ou au contraire le battent en brèche ».

      Donc il parle bien, non pas d’un fait qui arrive de nul part, mais de causes, et d’autres causes que celle économique. Ça me parait beaucoup moins simpliste qu’une raison juste morale, ce qui d’ailleurs serait bizarre puisque Tevanian fait partie du courant de pensée qui récuse complètement l’anti-racisme moral, et qui dit que le racisme est systémique. Mais systémique ne veut pas dire forcément que des raisons économiques.

      C’est comme ça que j’ai compris le passage, moi, pour l’instant.

    • Pas plus que les raisons économiques du racisme, Tévanian ne récuse l’antiracisme moral, sinon l’usage dépolitisant qui peut en être fait (SOS racisme par exemple).

      « dépasser l’antiracisme moral » (dont je ne comprends pas bien pourquoi il devrait être dépassé [2]).

      [2] Il faudra un jour revenir sur ce fait singulier, et à vrai dire problématique : le discrédit absolu de l’adjectif « moral » dans le monde militant, et la plus-value symbolique, la présomption de clairvoyance, de lucidité, d’intelligence stratégique et de courage que suffit à donner la mise en congé ostensible et théâtralisée de tout soucis moral.

    • ❝[Mona Chollet, Dominique Vidal et Pierre Tevanian, parmi d’autres] avancent que le racisme est le point qui leur semble le plus important, et que c’est trop facile de s’abstenir pour des blancs qui n’en subiront pas les conséquences.❝
      En termes de paternalisme, et précisément tel que décrit par Tevanian ( i.e. , « ce mélange de posture antiraciste protectrice, de condescendance raciste et de tolérance sans limites à l’égard des discriminations ») c’est déjà pas mal ! Ou alors, c’est une rime qui s’est arrimée de travers.
      Je ne pense être fondamentalement contre la démocratie (on me brulerait vif pour moins) mais dans le contexte français, des français, ma foi vacille entre les bêtes de l’apocalypse et les agités de la révolution.

      Être jeune biaise certainement mon sens des responsabilités - mais je ne crois pas que le vote utile (dont le résultat est un des axiome de notre raisonnement aujourd’hui) prenne en compte des considérations politiques à long terme.

      ❝Les gens sont fous, les temps sont flous.❝ scandait Jacques Dutronc , et ça ne fait qu’empirer.
      [Edit : merci, ça me paraissait aussi un peu élever pour du Antoine.. :s]

    • J’ai dit ça, moi ? Heureuse de l’apprendre.

      Il y a des non-Blancs qui clament qu’ils n’iront jamais voter Macron et des Blancs qui n’hésitent pas une seconde, donc on va éviter les résumés simplistes. Mais le nombrilisme blanc qui se fout du racisme et ne comprend pas la peur de certains face à la perspective d’un FN au pouvoir, ça existe, et on en a des témoignages éclatants ci-dessus.

      En ce qui me concerne j’ai la faiblesse de vouloir éviter de vivre dans un pays dirigé par des fascistes si je peux y faire quelque chose (ou de préférer que ça arrive dans 5 ans, si c’est inévitable, plutôt que tout de suite), mais c’est très personnel.

      Envie de hurler dès que je lis que parler de racisme serait avoir une posture « morale », je suppose que c’est le signe que cette campagne se termine.

      Si le problème n’était que de désespoir économique tout le monde aurait voté Mélenchon, non ? Pour autant personne ne parle de « racisme intrinsèque ». On en fait quoi de la stratégie du bouc émissaire et de ce racisme déversé à jet continu par tous les médias, dans tous les secteurs de la société, depuis bien 15 ans ? (Un autre choix des élites qui suscite nettement moins d’indignation que la fabrication de la candidature Macron, tiens.) Le racisme existe indépendamment de la situation économique (il y a des riches racistes, des pays riches et racistes, il y a l’héritage colonial, etc.) mais il flambe lorsqu’il est attisé pour faire oublier un système économique inique. On n’est pas condamnés à la pensée binaire, hein.

      « Je me demande même si on n’a pas perdu trop de temps à combattre le racisme sans combattre le capitalisme. » Arf... Lire ça avec un FN à 21%. Les bras m’en tombent.

    • Ce que je voulais dire c’est que tu étais l’une de celles et ceux qui, à raison, ramenait la question du racisme au centre du choix du second tour :

      Mais est-ce que c’est la seule explication ? Pour beaucoup de militants de gauche, le racisme et l’islamophobie sont des questions secondaires, abstraites, voire inexistantes, qui ne les concernent pas et qui les mettent profondément mal à l’aise ; souvent, même, ils les partagent plus ou moins consciemment. Et même si on flaire l’imposture de sa vitrine « sociale », le programme économique du FN ne suscite pas la même vindicte que les mesures (objectivement terrifiantes) annoncées sans complexes par les macroniens.

      https://seenthis.net/messages/593585

      De même, je ne lis ici ni nombrilisme blanc, ni personne qui se fout du racisme, ni personne qui n’a pas peur de la perspective d’un FN au pouvoir, ni même personne qui voudrait aussi, si possible, éviter de vivre dans un pays dirigé par des fascistes, aujourd’hui ou dans 5 ans. On peut au moins être d’accord là dessus, plutôt que de s’invectiver sur de mauvaises raisons.

      La question est de savoir si voter Macron est une solution, ou s’il continue à alimenter la source qui fait monter mécaniquement le score du FN.

      De cette question résulte celle du rôle de l’ultralibéralisme mis en place depuis 30 ans, et qui va être continué par Macron, dans la montée du FN, et dans la montée du racisme.

      Cette question semble plus difficile que je ne le croyais, puisque le lien me semblait évident, alors qu’à @mona il ne l’est pas, même si elle reconnaît que le racisme « flambe lorsqu’il est attisé pour faire oublier un système économique inique ».

      C’est dans cette hypothèse que je posais la question, mais je me trompe peut-être, qu’il est donc peut-être plus efficace de se battre contre ce « système économique inique » que contre sa conséquence, le racisme, sans que ça veuille dire que je me fous de la conséquence, juste que je cherche ce qui est plus efficace !

      @mona pose une autre question intéressante : « Si le problème n’était que de désespoir économique tout le monde aurait voté Mélenchon, non ? » que je reformule ainsi : « quand l’ultralibéralisme engendre la colère, pourquoi cette colère va plus vers l’extrême droite que vers l’extrême gauche ? » Je pense que les réponses sont complexes et contextuelles, mais j’en vois quelques unes :
      –les réponses de l’extrême droite sont plus simples à comprendre (c’est la faute aux immigrés)
      –les réponses de l’extrême droite qui flattent l’égoïsme sont plus populaires en temps de crise, quand on a moins envie de partager
      –les réponses de l’extrême droite donnent l’illusion qu’on peut s’en sortir sans complètement renverser le système capitaliste
      –les réponses de l’extrême droite, le racisme en particulier, sont bien relayées dans les médias et par les grands partis en France
      –beaucoup de membres de l’extrême gauche viennent de la gauche, et cette gauche en France est jugée (à tort ou à raison, mais parce qu’elle a participé à plusieurs gouvernements) comme complice du « système » et du marasme ultralibéral dans lequel on se trouve
      –peut-être aussi qu’en effet la gauche et l’extrême gauche, en France mais aussi dans le monde entier, on mal fait leur boulot d’explication et que, depuis 30 ans, on n’entend plus beaucoup les idéaux de gauche, et ils ne sont plus si clairs que ça
      –si le but de certains électeurs est de faire un gros « FUCK », de se venger en faisant chier le monde, alors voter FN est plus efficace que voter à l’extrême gauche
      Il y en a sûrement d’autres, qu’en pensez-vous ?

    • Qui vote FN et pour quelles raisons, demande @reka ici :
      https://seenthis.net/messages/595617

      Et quelques pistes :

      –Pourquoi les pauvres votent à droite, de Thomas Frank (livre, 2013)

      –Retour à Forbach, de Régis Sauder (film, 2017)

      –Les Français d’abord, de Valérie Igounet (livre, 2017)

      –Le Vote FN au village, Violaine Girard (livre 2017)
      https://seenthis.net/messages/595570

      –Mon voisin vote Front national, par Willy Pelletier (article, 2017)
      https://www.monde-diplomatique.fr/2017/01/PELLETIER/56999
      (mais #paywall)
      Et une causerie sur le même sujet ici :
      https://seenthis.net/messages/594804

    • je trouve épouvantable de pouvoir encore exonérer la gauche ainsi :

      ...cette gauche en France est jugée (à tort ou à raison, mais parce qu’elle a participé à plusieurs gouvernements) comme complice du « système » et du marasme ultralibéral dans lequel on se trouve

      Complice ? du début de destruction des droits des chômeurs dès 1982 à la création des centres de rétention, du blocage des salaires au déblocage des loyers, de la modernisation de la police à coups de milliards (depuis 1981) à l’état d’urgence, de la glorification de l’entreprise comme coeur de la société aux privatisations, de l’explosion - sous l’égide du « mérite »- des inégalités de revenu à la multiplication des pauvres, de la multiplication des stages et d’innombrables de précarisation... bon j’arrête là une liste interminable des ACTES de cette gauche (de droite) depuis 36 ans.

      le fondé de pouvoir du capital Macron vient après l’élève d’Hec Hollande. Ni "trahison, ni « complicité », un rôle premier, décisif, majeur dans la restauration capitaliste.

      Si « la gauche et l’extrême gauche, en France mais aussi dans le monde entier, on mal fait leur boulot d’explication » (une foi dans la pédagogie dont le rapport avec l’émancipation n’ a rien d’évident), c’est peut-être aussi de ne toujours pas réussir à déciller sur le rôle de cette gauche. Qui éduquera les éducateurs ?

    • J’ai tenté de comprendre le vote FN et le rôle de Macron et ses copains banquiers dans tout ça.

      J’aimerais préciser une chose : quand je dis qu’il me semble que la crise pousse les gens vers le FN, je ne veux pas forcement dire que je pense qu’elle ne pousse que les plus pauvres vers le FN. En partie, cela pourrait être vrai, mais en partie les plus pauvres finissent surtout par cesser de voter.

      Le phénomène qui est probablement le plus efficace pour le FN est celui des classes moyennes qui s’appauvrissent un peu, mais surtout qui voient des gens en dessous d’eux s’appauvrir beaucoup et qui sont terrorisés de devenir comme eux (c’est d’ailleurs une stratégie connue du capitalisme : avoir un fort taux de chômage permet de faire pression sur ceux qui ONT un emploi pour qu’ils soient tellement « contents » qu’ils ne réclament ni augmentation de salaire, ni amélioration des conditions de travail, de chômage, de retraite ou même de transport, d’éducation et de soins de santé).

      Le reste du raisonnement reste valable : la terreur entraîne la recherche d’un bouc émissaire, ce bouc émissaire (l’immigration qui, effectivement, peuple les couches inférieures du confort moderne) est soufflé par ceux qui ne veulent pas être rendus responsables et, finalement, le racisme du FN est surtout une conséquence indirecte (bien que grave) du capitalisme. Macron et ses copains en étant la principale cause. C’est mon opinion en tout cas, mais je peux me tromper...

      Néanmoins, revenons aux plus pauvres...

      Depuis quelques semaines j’ai parfois eu du mal à expliquer pourquoi je m’abstenais, quel était le calcul, la motivation etc. Et puis hier soir, je suis allé voir (en retard par rapport à tout le monde), I, Daniel Blake, le dernier film de Ken Loach. En sortant de ce film, j’ai compris rétrospectivement pourquoi je n’ai pas voté et pourquoi je ne pourrai jamais voter pour Macron. La politique de Macron et ses amis banquiers est celle qui désespère le monde, qui donne envie, au choix, de pleurer, de tuer, de se suicider et/ou de voter FN. On a gagné 5 ans, mais on a pris le plus court chemin pour s’y rendre...

      #Ken_Loach #Cinéma #Daniel_Blake

      https://seenthis.net/messages/534010
      https://seenthis.net/messages/539415
      https://seenthis.net/messages/542080
      https://seenthis.net/messages/596365

      Et la réalité dépasse clairement la fiction :

      Prison ferme pour vol d’une valeur de 20 euros
      Le Figaro, le 25 avril 2017
      https://seenthis.net/messages/593354

      #Justice #Injustice #Vol #Prison

    • Je dis tout ça, et je m’aperçois qu’au même moment, l’équipe de #Osons_Causer (quoi qu’on en pense) dit à peu près la même chose ici :

      10.6 millions d’électeurs FN : Diaboliser ou entendre ?
      Osons Causer, Youtube, le 10 mai 2017
      https://www.youtube.com/watch?v=-qiNlCkiqII

      Critiqué là :
      https://seenthis.net/messages/597540

      Avec des références, ce qui donne (je n’ai pas tout lu) :
      https://seenthis.net/messages/597642

    • Donc je suis convaincu que Macron n’est pas la solution à Le Pen. Macron est la cause de Le Pen, et celui qui jette de l’huile sur son feu. Pour combattre le racisme de Le Pen, il faut combattre sa source qui est, selon moi, dans l’ultralibéralisme de Macron. Je me demande même si on n’a pas perdu trop de temps à combattre le racisme sans combattre le capitalisme, car pendant ce temps, plus de 7 millions de Français ont rejoint le vote FN. Ce sont ces 7 millions de Français qui devraient poser question. Toute solution cherchée ailleurs, chez les abstentionnistes par exemple, est d’une myopie qui, me semble-t-il, ne résoudra rien, ni à court ni à long terme...

      Tout à fait @sinehebdo et je suis persuadée que combattre le racisme c’eut été de voter au premier tour pour le programme le plus égalitaire, celui de L’avenir en commun de la France Insoumise même si on éprouvait de l’aversion pour JLM, le meilleur programme selon Jean Gadrey.

      « Pour que les choses soient (encore plus) claires, je n’ai pas voté pour B. Hamon mais pour J.L. Mélenchon. Pour son programme, le meilleur selon mes critères, plus que pour sa personnalité... »
      http://alternatives-economiques.fr/blogs/gadrey/2017/05/10/l%e2%80%99echec-de-benoit-hamon-s%e2%80%99explique-aussi-pa

    • Bon, je ne veux pas trop en rajouter sur Tevanian que j’aime bien par ailleurs, et dont j’aime bien aussi la « La mécanique raciste », mais il me semble ici qu’il passe à côté de la question posée.

      Qu’il y ait des racistes pauvres et des racistes riches, et des mécanismes spécifiques, ne fait aucun doute.
      Que le racisme soit au minimum l’un des ressorts du vote FN, ne fait aucun doute non plus.

      La question posée à laquelle il ne répond pas est : y a-t-il d’autres raisons que le racisme qui peut pousser quelqu’un, riche ou pauvre, à voter FN ?

    • Virginie Despentes est d’accord avec Tevanian et les autres... :

      #Virginie_Despentes : “Ma colère est une colère de vaincu”
      Nelly Kaprièlian, Les Inrocks, le 26 mai 2017
      https://seenthis.net/messages/601851

      D’après toi, les gens votent FN par détresse ou par ignorance de ce qu’est vraiment ce parti  ?

      Je ne crois pas trop à l’ignorance dans ce pays. Je ne crois pas que le vote FN soit un vote contestataire, c’est un vote raciste, un vote pro-répression policière, un vote pro-torture, un vote de gens qui croient qu’il suffit de taper fort pour que tout rentre dans l’ordre. Un vote d’enfant qui croit qu’il faut que papa soit autoritaire et qu’alors tout va bien se passer. Il me semble que les électeurs FN imaginent que ça ne va s’appliquer qu’aux délinquants ou aux Arabes, et comme on leur explique que le problème en France, c’est pas la pauvreté et la confiscation des richesses, mais les Arabes, ils se disent que ça ira mieux.

      #paywall

    • Je copie à la main une autre citation de la fin de l’entretien, qui contredit (il me semble) la précédente :

      C’est clair que je suis plus en colère.
      La crise de 2008, on commence seulement à comprendre qu’elle est sous-tendue par une théorie. Dans La Stratégie du choc, Naomi Klein écrit sur les théories de Chicago : si un groupe est choqué par une tempête, ou un attentat, et si tu provoques un deuxième choc, les gens feront ce que tu veux, un gouvernement pourra faire passer toutes les lois qu’il veut, ils ne réagiront pas. Je pense que c’est concerté ; les plus riches ont décidé de nous faire une guerre, ce que dit aussi la sociologue Monique Pinçon-Charlot. Je suis furieuse de ne pas l’avoir compris à ce point-là, et furieuse car ça provoque la montée des populismes en Hongrie, en Pologne, en France.

      Alors, le Vote FN, contestataire ou raciste ?

    • Pourquoi c’est forcement l’un à l’exclusion de l’autre ? Les personnes subissant la stratégie du choc décrit par Naomi Klein ET qui sont racistes votent FN. Les gens qui subissent la même chose mais ne sont pas racistes ne votent pas FN. Et il y a des gens qui ne subissent pas la stratégie du choc mais en bénéficient largement et qui sont racistes et qui votent FN. Le gros de l’electorat FN ce sont les commerçants, les militaires, les flics, les agriculteurs et après tout ca il y a des ouvriers.

      S’en ficher du racisme au point de voter FN pour être prétendument contestataire c’est être raciste. Voter FN c’est choisir un vote réactionnaire qui est aussi une regression pour les femmes et la persecuution des homos assurés. Les gens qui choisissent de contester de cette manière ne peuvent pas être dispensé du caractère raciste (sexiste et homophobe) de leur choix.

    • La crise de 2008, on commence seulement à comprendre qu’elle est sous-tendue par une théorie.

      Vraiment ?
      Je trouve cela particulièrement lent à la détente, parce qu’il suffit d’être du côté de la cognée pour comprendre très très vite de quoi il en retourne vraiment : https://blog.monolecte.fr/2008/10/09/ceci-nest-pas-une-crise

      Pour le racisme et le FN, ça marche tant que tu penses que le FN est raciste. Si tu as un tout petit peu d’historicité, tu sais que le FN est raciste, mais…

      Le markéting politique, ça marche. Pas tout le temps (hein, Fillon, mais la marche était tout de même vachement haute !) et pas sur tout le monde, mais ça marche.
      Donc oui, le #pinkwashing de Marine Le Pen a marché et il faut avouer que les médias industriels l’ont bien aidée en banalisant totalement son parti. Bien sûr, pas sur tout le monde, mais quand même. Il y a aujourd’hui des gens racisés qui pensent réellement que le Pen fille n’est pas sous-tendue par une pensée raciste et qui croient en toute bonne foi qu’elle s’est vraiment fritée avec son père pour des questions idéologiques (et non stratégiques). Y a des gens qui pensent que le FN sera totalement normalisé quand le père Le Pen passera l’arme à gauche. Il y a des jeunes qui ne connaissent pas la vie et l’œuvre du père Le Pen, qui ont une éducation historique limitée et qui trouvent dans le FN un parti accueillant pour les jeunes. Y a même des gens qui croient que le FN est vraiment un parti populaire, c’est à dire, préoccupé par le petit peuple et qu’il a un programme social.

      Ne pas oublier non plus le #confusionnisme cultivé avec beaucoup de soin et de cynisme par l’extrême droit en général et le FN en particulier : quand on voit les empoignades que ça a pu créer chez des gens politisés, éduqués et prévenus, je ne vois pas comment ça n’aurait pas fait des ravages dans la population que l’on va qualifier de moins attentive, ceux qui s’informent devant TF1 ( France 2 ou M6) et se distraient devant Hanouna, par exemple. D’ailleurs, leur rhétorique #anti-système a tellement bien marché que tout le monde s’en est emparé pour grappiller des voix, avec le succès que l’on connait. Donc, ce serait bien de ne pas négliger l’efficience de la #propagande de #banalisation et de confusion que nous nous tapons depuis des années.

      Ne pas négliger non plus le fait que comme un bateau qui coule, tout le landernau politique donne sévèrement de la gite à droite, ces derniers temps et que quand tu entends un Premier ministre socialiste tenir publiquement et revendiquer des propos délibérément racistes, avec l’approbation plus ou moins prononcée d’une part des classes politiques et médiatiques, il y a de quoi être confus quant à ce qui définit le #racisme : « Bah, c’est pas raciste de dire que les gitans, c’est tous des voleurs, hein, tout le monde sait ça ».
      De la même manière que nos #institutions sont à présent et de manière évidente, devenues profondément racistes : pour qu’on s’émeuve des crimes policiers contre les racisés, il a fallu qu’un gars se prenne 10 cm de matraque dans l’anus… Rien que d’énoncer les faits me file le vertige. Et encore, j’ai comme l’impression que l’émotion est bien passée et que tout le monde trouve plus ou moins normal aujourd’hui que les racisés risquent tout le temps d’être brutalisés ou tués par la #police. De la même manière que la plupart des gens ne s’émeuvent pas plus que cela du fait que les racisés prennent systématiquement des peines de prison fermes pour des délits mineurs quand les blancs prennent du sursit pour des faits plus lourds et que les riches ne sont jamais inquiétés, même pour des crimes.

      Tout cela est devenu banal, normal, tout comme tout le monde s’est habitué à l’idée qu’à une #manifestation, tu prends le risque réel et tangible d’être grièvement blessé…

      Donc oui, le FN est un parti raciste, oui les racistes continuent à voter massivement et fidèlement pour ce parti qui leur correspond, mais non, ce n’est pas la seule composante de l’électorat FN. Eh oui, des gens croient sincèrement que le FN n’est pas raciste, mais que cet honorable parti fait l’objet d’une campagne de dénigrement organisé par les #merdias (ce mot est un indicateur encore plus précis que celui d’anti-système) qui veulent saboter le seul parti anti-système !

      Oui, ne pas oublier que le #complotisme et la #victimisation font aussi partie de la #stratégie de #contamination des esprits du FN…

    • Ne pas négliger non plus le fait que comme un bateau qui coule, tout le landernau politique donne sévèrement de la gite à droite, ces derniers temps et que quand tu entends un premier ministre socialiste tenir publiquement et revendiquer des propos délibérément racistes, avec l’approbation plus ou moins prononcée d’une part des classes politiques et médiatiques, il y a de quoi être confus quant à ce qui définit le #racisme.

      Ah oui, on peut affirmer que lorsque le bateau société fait eau de toute part, le Landernau politique (et l’opinion par conséquent) se réfugie à tribord. Les « bons-vieux » fantasmes de retour à « l’ordre et à la morale » ne mourront jamais complètement.
      La plus grande confusion s’est emparée de l’équipage et des passagers mais ce qui définit le racisme n’a pas changé : c’est principalement ceux ou celles qui le définissent qui sont à la ramasse.

    • Perso je ne comprends pas comment le FN est banalisé. Tout ce que j’ai vu c’était des journalistes qui cognaient de manière agressive sur des représentants du FN qui étaient invités, contrairement à toutes les autres formations politiques. L’auditeur de radio (ou de télé j’imagine) qui en a marre et qui veut tout changer, je le trouve pas idiot de se dire que le parti anti-système c’est le FN vu le traitement médiatique qui en est fait.

    • Je suis d’accord avec la confusion qu’il y a avec le mot racisme aujourd’hui et l’impacte de la TV. J’ai pas la TV et les seuls personnes susceptibles de voter FN que je croise dans la vie sont dans la bourgeoisie, du coup j’ai une vision probablement déformée des choses.

      Admettons que les programme à la Hanouna influent sur la normalisation des idées du FN, faut quand même être à la base homophobe et sexiste pour regarder ce programme et s’en divertir. Qu’il y ai beaucoup de personnes des classes populaires qui regardent ca c’est possible mais faut déjà être des classes populaires ET homophobe pour trouver ca amusant. Et je pense pas que être de classe populaire implique automatiquement d’être homophobe ou que l’homophobie soit plus rependue chez les classes populaires que dans les autres classes. Par contre il faut être homophobe pour trouver « l’humour » de cette émission divertissante.

      Je pense qu’il est important de parler du racisme, de la xénophobie, (et aussi sexisme, homophobie) le définir et rappeler l’historique du racisme au sein du FN, et de surtout pas faire comme si la spécificité du FN ne reposait pas là dedans. C’est la clé du problème. Si il y a quelques ouvriers qui sont ignorants du racisme du FN il faut les en informé et pas faire comme si le FN n’était pas/plus raciste. J’ai l’impression que le fait de parler en terme de « contestation OU racisme » ou dire que le vote ouvrier FN pourrait ne pas être raciste (+sexiste+homophobe+) c’est encore banalisé le FN. Même pensé sérieusement que le FN soit un vote contestataire ca me dérange. C’est pas vraiment ce que j’appellerai « contestataire » ou alors c’est de la contestation « réactionnaire » car le FN est un parti qui prône un retour vers un système et des valeurs traditionnelles.
      J’ai pas de contacte avec ces ouvriers qui votent FN et ne savaient pas que c’était un parti raciste, sexiste, homophobe dont le programme est réactionnaire. Peut être qu’ils sont nombreux, mais je peu pas croire que ce soit vraiment le cas. Je pense que les gens (ouvriers ou pas) comprennent très bien le fond de ce qu’est la « préférence nationale » et que ceux qui votent FN entendent profité de leur privilèges au détriment d’autres personnes. Qu’ils fassent les hypocrites ou qu’ils soient dans le déni de dominants est typique, c’est comme ca que ca fonctionne, mais c’est pas parce que c’est des ouvriers qui se comportent ainsi qu’on devrait jouer le déni qu’ils demandent.

    • J’ai écrit mon message du dessu après celui de @monolecte du coup je suis en retard.

      Sur le fait que les médias ne banalisent pas le FN, j’ai quant même souvent l’impression que le vocabulaire et les thématiques du FN sont banalisées par les partis et les médias. Mais je ne sais pas comment sont traité les candidat·e·s puisque c’est pas le genre de choses que je regarde dans la press.
      Par rapport à la banalisation du FN il y a cet article de libé trouvé ce matin qui me semble exemplaire :
      https://seenthis.net/messages/603160

      edit sur le sois disant éléctorat ouvrier du FN voire ceci https://seenthis.net/messages/603055

    • #racisme (banalisation du) : certains l’assument ouvertement

      Lu ce matin dans la presse locale :

      Un garçon originaire du Rwanda a été insulté, son ami frappé, dans et devant un bar de la rue Bressigny à Angers, dans la nuit du vendredi 5 au samedi 6 mai.
      Cette nuit-là, les deux amis se rendent dans cet établissement pour boire un verre.
      A peine sont-ils entrés dans le bar qu’ils sont alpagués par un individu, qui s’adresse au garçon blanc (le pote du Rwandais) : « Ton pote, c’est une sous-race. Sa race est inférieure à celle de mon chien ».
      Un autre individu y va de ses remarques : « Vive la race blanche ».
      Propos agrémentés de saluts nazis. Ambiance.

      Après enquête, trois jeunes garçons ont été identifiés et sont convoqués en justice le 28 juin prochain.

      Parmi eux François-Aubert Gannat , fils de Pascal Gannat , chef de file régional du Front national.

      Un détail de poids, au-delà de l’étiquette politique (tiens ? on dirait que l’étiquette politique a quand même de l’importance) , quand on sait que ce même garçon a été condamné pour des faits similaires… deux jours seulement avant ces nouveaux actes !

      En savoir plus sur le lascar :
      https://www.google.fr/search?q=francois+aubert+gannat&sa=X&sqi=2&ved=0ahUKEwi5rtaLjZ3UAhXGtBoKHa2JD


  • Les billets de Jean Gadrey pour célébrer dignement le 8 mars

    – « Le jour de l’année où les femmes pourraient cesser de travailler n’est pas le 7 novembre mais le 28 septembre, et même… le 4 août ! »
    http://alternatives-economiques.fr/blogs/gadrey/2017/02/28/le-jour-de-l%e2%80%99annee-ou-les-femmes-pourraient-cesser-

    Peut-être avez-vous entendu parler en 2016 de la date du 7 novembre, jour considéré comme le « equal pay day ». C’est le jour où les femmes ayant un emploi pourraient s’arrêter de travailler, en gagnant autant sur l’année, si leur salaire HORAIRE moyen était identique à celui des hommes.

    – « Sur l’ensemble d’une carrière, le manque à gagner moyen d’une femme par rapport à un homme est de 300.000 €. Il approche 480.000 € pour les plus diplômé.es ! »
    http://alternatives-economiques.fr/blogs/gadrey/2017/03/03/sur-l%e2%80%99ensemble-d%e2%80%99une-carriere-le-manque-a-g

    – « Femmes et hommes face au temps partiel et au sous-emploi. Des inégalités qui se réduisent ? Pas du tout ! »
    http://alternatives-economiques.fr/blogs/gadrey/2017/03/07/femmes-et-hommes-face-au-temps-partiel-et-au-sous-emploi-de

    Troisième et dernier billet pour célébrer dignement le 8 mars. Les femmes ayant de plus en plus des niveaux d’éducation supérieurs à ceux des hommes, on se dit qu’elles devraient être de moins en moins assignées au temps partiel et en particulier au temps partiel contraint ou sous-emploi, et que l’écart avec les hommes devrait se réduire.


  • Jean-Luc Mélenchon à l’Humanité Dimanche. « La VIe République, c’est d’abord une loi de séparation de la République et de l’argent »
    http://www.humanite.fr/jean-luc-melenchon-lhumanite-dimanche-la-vie-republique-cest-dabord-une-loi

    Jean-Luc Mélenchon, candidat de la France insoumise soutenu par le PCF, Ensemble ! et le PG à l’élection présidentielle, fait de la manifestation du 18 mars pour une VIe République un moment clé de sa campagne. Extrait du grand entretien qu’il a accordé à l’Humanité Dimanche.
    HD. Quel regard portez-vous sur la situation politique marquée par l’affaire Fillon et des certitudes qui volent en éclats les unes après les autres ?

    Jean-Luc Mélenchon. Cette situation est un symptôme sidérant de décomposition politique. La cause est connue. L’argent qui dévore le pays, dévore aussi les personnes. Le mal frappe le cœur de l’élection centrale dans la Ve République. On investit quelqu’un qui est doté de pouvoirs considérables. Le feuilleton Fillon tue tout autre sujet… Il est aujourd’hui impossible de lancer le moindre débat. C’est un moment particulièrement déstabilisant pour la démocratie. Un exemple : M. Macron annonce la fin du système des retraites à la française et le passage au régime par point… zéro seconde de débat. Et, au milieu de cela, surnage «  l’opération Macron  » qui est l’homme de l’oligarchie dans un pays où 99 % des médias sont contrôlés par 9 milliardaires, dont 5 qui ont fait le choix de le soutenir.
    Cette situation nous amène aux portes d’un moment politique particulier que j’appelle le «  dégagisme  », une force aveugle de rejet de tout et de tous. Notre rôle est de lui ouvrir une issue positive. Ce n’est pas d’attendre que tout s’effondre dans le chaos. C’est pourquoi je mène une campagne d’adhésion à un programme. Ce n’est pas une campagne où l’on fait peur, où l’on pousse les gens à se décider en fonction de pari sans contenu : «  Qui est-ce qui a le plus de chances de…  » Ce type de calcul a été ridiculisé par la multiplication des hypothèses qui n’ont pas tenu deux mois. Et personne ne sait quelle sera la situation dans un mois.
    Cette campagne d’adhésion à un projet est ponctuée d’événements comme le 18 mars sur la VIe République qui est une façon de traduire d’une manière concrète cette issue positive.

    HD. Le 18 mars a donc changé de signification au regard de cette situation que vous décrivez ?
    Jean-Luc Mélenchon. Oui. Au départ, il s’agissait de souligner l’importance du changement des institutions pour la suite de la vie politique de notre pays. Notre projet politique, notre stratégie révolutionnaire partent de l’idée que le peuple se réapproprie les institutions politiques en les redéfinissant. C’est la stratégie de la révolution citoyenne...

    • Jean-Luc Mélenchon et sa croissance à + 2 %

      On connait depuis peu les détails du projet économique de « JLM ». Un projet ambitieux et cohérent en dépit de quelques grosses incertitudes (notamment sur l’effet « multiplicateur » des investissements publics et sur l’évolution des taux d’intérêt sur la dette publique). C’est pour l’instant le seul programme économique et de financement vraiment détaillé. Il y est prévu une croissance annuelle moyenne de 2 % sur le quinquennat, manifestement indispensable pour boucler le financement.

      Je me pose alors cette question. Mélenchon a pris depuis plusieurs années un virage résolu et manifestement sincère vers l’écologie politique. Il a pris également ses distances vis-à-vis du culte de la croissance, au point de déclarer en 2012 à Reporterre : « Le PIB est un instrument de mesure extrêmement rustique, il n’est pas utile pour ce qu’on a à faire… Je m’interdis le mot croissance, je dis ‘la relance de l’activité’, je ne parle jamais de croissance dans mes discours ».

      Mais alors, JLM, qui aujourd’hui se lance dans des explications sur les vertus du multiplicateur keynésien (un euro d’investissement public finirait par rapporter plus de deux euros de richesses produites, ce qui est tout sauf évident), ne s’est-il pas fait un peu piégé par ses économistes, dont les deux principaux sont Jacques Généreux (auteur de livres de grande qualité et de grande lisibilité), et Liem Hoang-Ngoc, que je connais assez bien et que j’apprécie depuis des années ?

      Pour les avoir lus l’un et l’autre, j’affirme qu’ils sont loin, eux, d’avoir pris le virage vers l’écologie politique autrement que par des allusions qui ne mangent pas de pain. L’ami Liem est un keynésien pro-croissance, à l’image de la majorité des économistes atterrés, ou de Stiglitz. Mais contrairement à Stiglitz, il ne se préoccupe pas des impératifs écologiques, sauf si j’ai loupé une conversion très récente.

      Essayons donc de raisonner autrement. Partons des finalités sociales et écologiques ambitieuses du programme des « insoumis », ou partons, autre bonne référence, du rapport interassociatif « un million d’emplois pour le climat », dont j’ai déjà parlé sur ce blog. Dans les deux cas, il faut lancer vite de lourds investissements publics et privés dans les trois à cinq ans pour espérer sauver le climat et faire progresser la justice sociale. Poser la question « est-ce que la croissance est une condition indispensable pour y parvenir ? », c’est prendre le problème à l’envers. Pour le prendre à l’endroit, il faut une autre question : est-ce que, si on réalise ces investissements « en finalité » (finalités écologiques et sociales), alors une certaine croissance est probable au cours de ces cinq années d’une « autre relance » (1) ?

      Ma réponse est : oui, c’est probable pour le programme de JLM, sauf nouvelle crise financière mondiale (également probable…), et bien que personne, pas même Jacques Généreux et Lien Hoang Ngoc, ne puisse avancer un chiffre fiable, celui de 2 % pendant quelques années est plausible.

      Toute la question, absente chez les économistes insoumis, est quand même de ne pas sombrer dans le keynésianisme de la relance globale, incapable d’intégrer ce que déclarait JLM en 2012 : « la relance de l’activité implique de la décroissance dans certains domaines… Certaines productions devront croître, comme celles des services à la personne, s’occuper des petits, des personnes dans la dépendance, mais d’autres productions devront décroître ». Cela semble avoir été oublié, alors que c’est essentiel.

      Si vraiment l’écologie politique est au cœur des idées de JLM, il serait bon qu’il pratique l’insoumission vis-à-vis de la macroéconomie keynésienne croissanciste, certes bien plus acceptable socialement que le néolibéralisme, mais non moins désastreuse pour les écosystèmes. Justement parce qu’elle ne nous dit rien de ce qui doit croître et de ce qui doit décroître pour ne pas dégrader encore plus le climat, la biodiversité, etc.

      Et du côté de Benoit Hamon, lui aussi venu, un peu plus tard, à l’écologie politique et à la contestation du culte de la croissance ? Les détails du financement de son projet n’étant pas encore sur la table, je ne peux rien en dire. Je parie malgré tout que, sur cette question de la croissance, les économistes qui le conseillent vont aboutir à des chiffres plus ou moins identiques à ceux de JLM. Après tout, ce serait un point commun de plus entre eux…

      Jean Gadrey

      http://alternatives-economiques.fr/blogs/gadrey/2017/02/26/sur-la-croissance%C2%A0-stiglitz-et-ses-amis-melenchon-et-s

    • Jean-Luc Mélenchon est en fait assez classique quand il table sur la croissance pour augmenter l’emploi.
      Benoit Hamon renouvelle, pour moi, davantage la pensée politique quand il souligne qu’il faut d’abord s’occuper d’apporter un revenu à tous sans espérer que la croissance le fasse.

    • Ce que j’ai du mal à supporter c’est ce genre de propagande, comme la tienne @biggrizzly.

      Il n’y a pas de volonté de raisonner, de comprendre ou d’échanger. C’est du niveau de la cour de récréation : Mon champion est « le bien » et l’autre (de préférence celui qui est politiquement le plus proche) est « le mal ». Désolée mais cela ne fait avancer aucune réflexion.

      Sur twitter, les soutiens d’Hamon n’attaquent pratiquement jamais Mélenchon. Ils attaquent surtout Macron, Fillon, le FN.

      Les soutiens de Mélenchon ne cessent d’attaquer Hamon et ne disent pas grand chose de Macron ou Fillon.
      Rationalité ???

      Divisés, ni l’un ni l’autre ne passeront de toute manière au second tour, hélas.

      Personnellement je persiste à trouver qu’Hamon a apporté des idées nouvelles, qui à mon avis continueront à travailler le débat politique après l’élection.

      Bonne soirée quand même

    • Je n’attaque pas Hamon en tant que personne, je dis juste que le PS ne peut que faire ce qu’il ne cesse de faire depuis 20 ans : se renier. « Mon ennemi c’est la Finance !!! ».

      Et si vraiment tu veux qu’on cause de l’Homme Hamon, ses actes au PS ne font pas envie de le suivre. Même lorsqu’il reprend des idées que j’apprécie.

      Ceci dit, je ne suis pas militant. Mais constater que des gens dont j’apprécie le point de vue peuvent se laisser enluminer de la sorte, ça me navre. Mais je n’y peux pas grand chose, et surtout pas t’en faire le reproche. Je ne peux qu’exprimer ma consternation. Mes plus plates excuses, d’ailleurs, si cela te dérange.



  • Jean GADREY » Blog Archive » La casse du fret ferroviaire au profit du tout camion depuis 2000 : un « crime » écologique et social perpétré dans le silence des grands médias
    http://alternatives-economiques.fr/blogs/gadrey/2016/12/05/la-casse-du-fret-ferroviaire-au-profit-du-tout-camion-depui

    Visionnez (ou allez voir si des projections/débats sont organisées près de chez vous) le dernier documentaire de Gilles Balbastre, « Transport de marchandises : changeons d’ère ! », réalisé à la demande du comité d’entreprise de la SNCF-fret. Une heure d’un ciné vérité épatant, avec des « acteurs » de terrain qui ont des choses concrètes et précises à dire. Pas seulement pour dénoncer une casse dont je n’imaginais pas la brutalité en 15 ans, mais aussi pour expliquer comment on pourrait y mettre fin et faire du service public du fret ferroviaire un outil majeur au service de la transition écologique. A l’opposé des choix qui ont été faits et qu’on peut qualifier « d’écocides » ou de « climaticides », en complément des dommages sociaux qu’ils ont provoqués.

    #transports #climat #écocide



  • #PanamaPapers : le rôle méconnu d’accords de « #libre-échange » made in USA dans l’#évasion_fiscale | Jean Gadrey
    http://alternatives-economiques.fr/blogs/gadrey/2016/04/10/evasions-panameennes-le-role-meconnu-d%E2%80%99accords-de-%

    Le premier est l’accord #CAFTA, qui, contrairement à l’#ALENA, n’est jamais cité dans les débats actuels autour du traité transatlantique ou #TAFTA, de son cousin avec le Canada le CETA, ou encore celui sur la libéralisation des services ou #TISA. Le second, encore plus inconnu, est justement un accord signé avec… le #Panama.

    Le CAFTA, ou pour l’écrire en entier le DR-CAFTA, est un accord signé entre les Etats-Unis et cinq « petits » pays d’Amérique centrale (Costa-Rica, Guatemala, Honduras, El Salvador, Nicaragua), plus la République dominicaine. Il est effectif depuis 2009. Son nom officiel est le « Central America-Dominican Republic Free Trade Agreement ». J’en reparlerai.

    (…)

    Ajout, quelques heures après la mise en ligne : il n’est pas sans intérêt de savoir que Bernie Sanders s’était très vivement opposé à l’accord de « libre-échange » avec le Panama, comme en témoignent des vidéos de ses interventions de l’époque, et bien entendu son vote au Congrès en octobre 2011, où il avait pu rallier 21 sénateurs démocrates. Il vient de le rappeler, le 5 avril dernier, en déclarant notamment ceci :

    “I was opposed to the Panama Free Trade Agreement from day one. I predicted that the passage of this disastrous trade deal would make it easier, not harder, for the wealthy and large corporations to evade taxes by sheltering billions of dollars offshore. I wish I had been proven wrong about this, but it has now come to light that the extent of Panama’s tax avoidance scams is even worse than I had feared.

    “My opponent [Hillary Clinton], on the other hand, opposed this trade agreement when she was running against Barack Obama for president in 2008. But when it really mattered she quickly reversed course and helped push the Panama Free Trade Agreement through Congress as Secretary of State. The results have been a disaster.”


  • Le culte de la croissance… de l’espérance de vie (Jean Gadrey)
    http://alternatives-economiques.fr/blogs/gadrey/2016/02/20/le-culte-de-la-croissance%E2%80%A6-de-l%E2%80%99esperance-d

    Qu’est-ce qui me conduit aujourd’hui à privilégier l’hypothèse de la « fin de la croissance » dans ce domaine aussi ? Plusieurs choses, qui ont toutes à voir avec le renforcement de la double exploitation des humains et de la nature par le capitalisme actuel. Je ne doute pas qu’on assistera encore à des progrès médicaux, qu’on soignera de mieux en mieux des cancers et d’autres maladies graves, etc.

    Mais, dans l’autre sens, 1) le secteur de la santé est de plus en plus « malade du capitalisme », ce qui freine les progrès sanitaires, voire provoque des dégâts sur la santé (exemples de la surmédication et de la polymédication) ; 2) les inégalités, la pauvreté, l’exclusion, la malbouffe, le maltravail, les atteintes à la Sécu, vont annuler tout ou partie des progrès sanitaires potentiels ; et enfin 3) les dommages écologiques du capitalisme et du productivisme vont faire croître la prévalence de nombre de pathologies (en particulier les maladies chroniques) ou en provoquer de nouvelles.

    #espérance_de_vie #it_has_begun

    Rappel des épisodes précédents : http://seenthis.net/messages/451715



  • Croissance, un culte en voie de disparition, par Jean Gadrey (novembre 2015)
    http://www.monde-diplomatique.fr/2015/11/GADREY/54141

    Et pourtant, la #croissance n’est nécessaire à la création d’emplois que dans le modèle actuel, qui repose sur la quête perpétuelle de gains de #productivité : produire toujours plus avec le même volume de #travail. Dans ce modèle, une croissance nulle ou faible, plus faible que les gains de productivité, mène à la régression du volume de travail, et donc du volume d’emplois si le temps de travail moyen par personne reste inchangé. On peut certes alors revendiquer des mesures de réduction ou de partage du temps de travail — c’est même la réponse la plus efficace à la montée du #chômage à court et moyen terme ; mais on ne sort pas pour autant du #productivisme.

    Pour cela, il faut plutôt troquer le vieux logiciel du « #partage des gains de productivité », héritage des « trente glorieuses » ou du fordisme, contre celui du partage des gains de qualité et de soutenabilité. Orienter le système de production et de consommation selon une logique qualitative du « prendre soin » (des personnes, du lien social, des objets, de la biosphère...), en plaçant la qualité des biens communs sociaux et écologiques au cœur des activités humaines et de la politique : sobriété dans la quantité, prospérité dans la qualité. Cela implique aussi de s’attaquer aux inégalités pour que les nouveaux modes de #consommation soient accessibles à tous. C’est même la principale condition pour que les milieux populaires ne voient pas dans cette transition la marque d’une écologie punitive.

    (…)

    Il appartient aux citoyens, le plus souvent en contournant les responsables politiques, et plus rarement avec leur appui, de s’insurger et de généraliser ces logiques où la triade compétitivité-croissance/consumérisme/emplois indécents-chômage cède la place à une autre : coopération-bien vivre/sobriété matérielle/emplois décents-activités utiles... [#st]

    http://zinc.mondediplo.net/messages/13259 via Le Monde diplomatique


  • L’Europe impose à l’Afrique un traité pire que le TAFTA…. | Jean Gadrey
    bilaterals.org
    http://www.bilaterals.org/?l-europe-impose-a-l-afrique-un&lang=en

    L’#Union_Européenne a signé avec seize pays d’#Afrique de l’Ouest un accord dit de partenariat économique. Pire que le Traité transatlantique avec les Etats-Unis, l’#APE est un blanc-seing donné par la Commission européenne aux #multinationales pour piller les #ressources et le marché africains. Un appel est lancé pour appeler les élus européens à ne pas ratifier cet accord.

    Nous avons pris à quelques-un-e-s (Jacques Berthelot, Jean Gadrey, Susan George et Majdouline Sbaï) l’initiative d’un appel dont l’ambition est de bloquer l’adoption par le Parlement européen d’un projet très avancé, qui a exigé des années de négociations souterraines, à l’abri du regard et des exigences de la société civile : un APE, accord dit de partenariat économique avec seize pays de l’Afrique de l’Ouest, sous la pression de l’UE.

    Cet appel est assez court. J’aurai l’occasion, avec les trois personnes qui l’ont initié, d’expliciter certains aspects de cet APE, dont un mécanisme de règlement des différends entre les Etats et les firmes multinationales qui serait à coup sûr bien plus désastreux encore pour des pays pauvres que celui qui figure dans le projet TAFTA.

    Nous espérons également que notre appel confortera la société civile africaine, mobilisée depuis quatorze ans contre ces projets d’APE, et qui va encore mener des mobilisations dans les pays concernés, dont il semble que les Parlements doivent se prononcer.

    S’opposer à l’APE Europe-Afrique de l’Ouest
    http://alternatives-economiques.fr/blogs/gadrey/2014/07/10/s%E2%80%99opposer-a-l%E2%80%99ape-europe-afrique-de-l%E2%80