person:jean ziegler

  • A quoi sert Kamel Daoud ? – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2018/12/12/a-quoi-sert-kamel-daoud

    Kamel Daoud. D. R.                                                                                                                                                                                                                                                               
    Pour mes lectures estivales, je me suis fait violence, en glissant dans mes bagages les 464 pages de chroniques (2010-2016) publiées par Kamel Daoud chez Actes Sud. Je dois avouer ne pas avoir dépensé le moindre kopeck pour accéder aux écrits de cet ancien islamiste qui, quand cela est devenu lucratif, a découvert que « Dieu est athée ». Pas question donc de donner un centime de droits d’auteur à cette nouvelle, icône heureuse de nourrir l’orientalisme des néoconservateurs « atlantistes ». Un orientalisme qui est l’une des misères de l’histoire du monde arabe, un travers si bien dénoncé par notre merveilleux Edward Saïd.J’ouvre ce livre, juste après avoir lu le dernier chef-d’œuvre de Jean Ziegler : Le Capitalisme expliqué à ma petite-fille, publié aux éditions du Seuil. Le hasard, pour une fois, a bien fait les choses : lire le manuel de la générosité et de l’altruisme juste avant le grand traité de l’égoïsme met les idées à leur vraie place. Entre les deux livres, il y a un fossé, une tranchée genre 14/18. Daoud dangereux, peu fiable et néo-prosélyte comme tous les repentis, fait la promotion du capital et du libéralisme qui est son corolaire. Ziegler, lucide et généreux, dénonce ce monde de la finance sans lois et ses mortels ravages sur l’humanité. Deux mondes différents, et même opposés. Vieux baroudeur entre les destins de l’humanité, Jean Ziegler a vu trop d’hommes mourir, de faim et de guerre, pour un même effet, savoir que le libéralisme c’est la mort des pauvres, des peuples « en trop ». De ceux qui gênent. Kamel Daoud, à l’opposé, regrette l’absence d’un « capitalisme fort, de patronats puissants et créateurs de plus-values ».Une drôle de sensation m’habite, celle d’un barreur dans la nuit qui sait qu’il va croiser un iceberg. Daoud se dit Algérien, un peu comme moi, mais je ne retrouve en lui rien de notre bien commun, cet homme est de glace, froid et transparent. Du coup, je me sens Algérien comme Jean Ziegler. Alors que Daoud, tenancier de sa petite boutique « d’algérianité », vante une camelote de qualité « made in China » pour séduire les colons jamais guéris de Saint Germain des prés. C’est l’histoire dans l’autre sens, jadis c’est le « blanc » séduisait l’indigène avec de la verroterie. Au risque de perdre ses lecteurs, qui le prennent pour ce qu’il n’est pas, Daoud doit continuer de se poser en « Algérien », c’est son filon en or. Pensez donc, un Algérien musulman et athée, Arabe, qui déteste les Arabes et qui parle de tout cela « sans langue de bois », Netanyahou et Le Pen auraient rêvé de l’inventer. Pourtant, il est bel et bien là. Alors qu’il n’est qu’un ersatz de Bernard-Henri Lévy, une tête de gondole pour vendre des livres que personne ne lit, c’est-à-dire beaucoup de bruit pour rien, le vent de la barbe à papa. Lectures faites, je persiste et comprends mieux pourquoi Jean Ziegler n’est jamais promu par les médias qui se proclament « grands ».Invité à la télévision, Kamel Daoud est traité comme un saint, le tenant de la nouvelle lumière et du savoir avancé. Aux yeux des gogos, ce réactionnaire est « moderne » et « révolutionnaire ». C’est donc sans contradicteurs qu’il déroule sa pelote de lieux communs, l’image du bon nègre Banania qu’attendent les « néocons ». Récemment, je l’ai aperçu sur une chaîne de TV algérienne, avec toujours la même posture du penseur couché, criant : « Je sais me défendre. » Cependant, on ne sait contre quoi il se défend.Questionné sur l’invitation de Daoud, le nouveau commandeur, à l’ambassade de France lors de son passage en Algérie, E. Macron a répondu qu’il « veut entendre tout le monde ». Le Président français considère-t-il que Daoud c’est tout le monde ? Ou tous ceux qui résident dans le jardin des puissants ?Pour revenir à ce qui n’est pas de la littérature, disons que, dans son livre, Daoud nous invite à découvrir, ou redécouvrir, la crème de ses près de 2 000 textes écrits entre 2010 et 2016. Que seraient, nous affirme-t-il, les positions « des journaux et des élites contestataires ». Cette position est lacunaire puisque ce Don Quichotte algérien ne nous dit jamais ce qu’il conteste. Il n’a pas besoin d’exprimer de s’attacher aux détails du vrai : il est l’élite à lui seul, et doit être cru sur parole. Mais, patatras Daoud, par le contenu de son opus, atteint un objectif imprévu. Preuve à l’appui – l’existence de son livre –, il démontre que la censure qu’il prétend combattre n’existe pas en Algérie. En effet, comment publier impunément (et c’est tant mieux) autant d’ignominies sur un peuple et un pays « qui manquaient de la liberté de dire, de lire ou de regarder » ? Sacré Daoud, ce Daoud sacré.Si sa plume se fluidifie miraculeusement contre l’« Arabe et sa langue », le « musulman », et l’« Algérie », cela ne l’empêche pas de célébrer les « Printemps » alors qu’eux aussi sont censés être arabes. Il glorifie les révoltes sans citer un seul révolté. En réalité, il tente de nous faire croire que les révolutions se font sans révolutionnaires et que les chaos sont l’annonce des aubes nouvelles. Outre du Bernard-Henri Lévy ou du Debray, Daoud ne lit visiblement rien d’autre. Sans doute par crainte d’être chahuté par les mauvaises ondes de la vérité. Par exemple, il n’a pas pris connaissance de « la stratégie du choc », brillamment décrite par Naomie Klein, et il regrette sans rire et amèrement que l’anarchie, la destruction et la guerre civile n’aient pas déjà emporté l’Algérie.Chercheur, créateur de concepts, ce grand penseur nous indique avoir découvert que l’Occident a pour malheur d’avoir voulu incarner la Morale universelle. Sans doute voulait-il parler de l’extermination des Amérindiens, de la traite négrière, des colonisations, de l’utilisation de la bombe atomique sur des populations civiles à Hiroshima et Nagasaki ou encore du nazisme et du fascisme né en Occident ? Sacré Daoud.Et même lorsqu’il tente de dénoncer le traitement infligé aux migrants en Pologne, comme par instinct, sa plume fait une arabesque et va retrouver son sujet fétiche : l’Algérie. On peut en déduire que si les migrants sont mal traités en Pologne, c’est à cause de l’Algérie. Il en est de même d’une chronique sur la Roumanie puisque Daoud est universel. Pour lui, tous les chemins du malheur mènent à l’Algérie.Aux intellectuels et universitaires qui se sont opposés à ses positions (le mot idées serait flatteur), il répond, en se réfugiant dans un vocabulaire creux comme un tambour, que « c’est au nom de l’anticolonialisme et de l’inquisition qu’on lui interdit de penser ». Après sa tribune délirante sur des viols de Cologne qui n’ont jamais existé, dans laquelle il présentait l’Arabe comme une sorte d’être génétiquement violeur, les intellectuels qui ont protesté lui auraient organisé un procès stalinien. Il annonce même à grands fracas qu’il va quitter la scène, et prendre la porte. Ce qui serait une bonne idée, s’il la laisse ouverte, sera nous faire de l’air. Mais rassurez-vous, il y a le goût d’être sur les planches et celui des droits d’auteur : il revient par la fenêtre. Recyclant les clichés les plus éculés – mais toujours orientalistes –, il déverse incessamment une haine inégalée du « musulman ». Elle a un sens, son engagement dans la guerre du « choc des civilisations » le monstre agité par les forces les plus réactionnaires, celui qui marche main dans la main avec « le grand remplacement ».Il suffit de lire au hasard, avec rage et courage, cette phrase de Daoud : « Les derniers colons de ce pays plantaient plus d’arbres que ceux qui l’ont libéré… » Oubliant en passant la nature de celui qui tenait la pioche. Il va jusqu’à regretter l’attitude consensuelle montrée par Jean-Pierre Chevènement lors de son passage à Oran en septembre 2010, et plaide, lui Daoud, la cause des Français nostalgiques de « l’Algérie française ». Aidé de son cerveau servile, ce Zemmour algérien affirme, contre toute l’Histoire, que « c’est la France qui a décolonisé la terre ». Et le peuple algérien n’est pour rien dans la lutte pour une indépendance tombée du ciel colonial, une insulte à la vérité, à la mémoire, à l’histoire, aux universitaires, aux intellectuels. Ce concept de la « décolonisation » porté aussi par Daoud Kamel est, en fait, une ultime manœuvre coloniale. Avec Kamel Daoud, nous sommes dans le colonialisme d’outre-tombe. Son projet est clair, son flot de vomi, qui a pour but de flétrir tout ce qui est algérien, doit nous donner à croire que « l’indigène ne peut se libérer, on l’a donc décolonisé ».Moment de détente, ou de saine curiosité satisfaite, moi qui croyais pouvoir accéder à des confidences sur son passé « islamiste », j’ai été déçu par ce livre. Aucun signe, aucun mot, aucune confidence sur ses engagements auprès des forces violentes, qu’il qualifie lui-même de terroristes. Cette amnésie est confirmée, comme le démontre le livre Contre-Enquête (Editions Frantz-Fanon) d’Ahmed Ben Saada : Kamel Daoud est passé à autre chose, Allah est oublié.Jacques-Marie Bourget, journaliste français, et expert de notre monde, le qualifie de « grenouille autopsiée ». Pour Jacques-Marie Bourget, Daoud est « le supplétif des pires néoconservateurs français », « l’indigène alibi ». Et le grand et vrai écrivain Rachid Boudjedra a cloué le cercueil en le mettant à nu.Pour bien revendiquer son appartenance aux camps des civilisateurs, Daoud joint donc sa voix aux tenants du choc des civilisations, depuis en fait, depuis Mahomet et même avant, le seul but du musulman est de vaincre toute la planète. Ainsi, pour lui, pas de différence entre le sacrifice du militant anticolonial Ali La Pointe et le tueur toulousain Mohamed Merah. Pour bien nourrir les phantasmes et la haine, ce néo-harki de la pensée apporte sa contribution : il stigmatise les habitants des quartiers populaires, en s’interrogeant sur « les milliers de Mohamed Merah » qui sont « partout », « dans une salle de bains, l’arme au poing », ou quelque part, « debout au bas de l’immeuble ». Peut-être Daoud n’a-t-il pas lu les confidences d’Albert Chennouf-Meyer (Abel, mon fils, ma bataille. Ed. Du Moment, 2013), père d’Abel, l’une des victimes des tueries de Toulouse ? Et, suivant la doctrine et le mode de penser de ce nouveau philosophe, il est temps de nous poser, nous aussi, une question : « Combien de Daoud sévissent dans les rédactions des journaux algériens ? »Versant dans le tribalisme le plus rétrograde, il appelle de tous ses vœux, dans chaque région, à ne parler autrement qu’en dialecte local. Pour Kamel Daoud, la langue s’écrit « avec l’âme ». Dans une reptation de serpent, il veut voler ainsi à la rescousse de groupes qui prétendent dynamiter l’Algérie. Comme ces mouvements croupions et d’extrême droite qui prétendent défendre (sans doute mieux que Kateb Yacine) la langue et la culture berbères ! Puisqu’il ne lit que Debray et Bernard-Henri Lévy, il n’a pas ouvert le magnifique bouquin de Patricia M.-E. Lorcin Les Identités coloniales… une lecture capable de laver la tête de KD Kamel Daoud. Au-dedans. Le titre que mérite cette « somme » de Daoud est simple : « Chroniques de l’horreur. »Je n’ai trouvé qu’un point sur lequel on puisse gloser sur du Daoud, c’est quand il écrit : « On a détruit les libertés et les libérations acquises après le départ des colons. » Il est effectivement exact qu’un peuple martyrisé, abandonné dans le concert des nations, trop seul après sa révolution ait commis des erreurs et connu des errances. Il est effectivement exact que l’Algérie se cherche toujours. Mais oublier une guerre civile provoquée par les anciens Frères idéologiques de Daoud, ce n’est pas omettre un détail. Mais ce « lissage » permanent de l’histoire, sa recréation sont le carburant que permet à Kamel Daoud de poursuivre ses livres et chroniques de flagellations des « Algériens », de l’« islam », de l’« Arabe », du « régime ». Sans cette interminable mise à mort, le livre n’aurait que l’épaisseur d’un album à colorier.Il est drôle, piquant, amusant de retrouver soudain notre Kamel Daoud quand il revient à sa source d’inspiration première, le wahhabisme. Tout cela sur le mode mondain, chic-français, convenable. Notre immense écrivain, notre Hugo à nous, a découvert le Qatar et ses vertus, vertes comme le dollar. Pour Daoud, le Qatar n’est pas ce qu’il est, c’est-à-dire un pays sans Constitution, sans lois, corrupteur et esclavagiste ayant naguère condamné un poète à mort au prétexte qu’il avait souhaité la venue d’un « printemps » à Doha. Mais le Qatar, versus Bernard-Henri Lévy, n’est-il pas le prototype d’un islam moderne, compatible avec la démocratie et il distribue des prix littéraire, organise de généreux colloques ? Donc, pour Kamel Daoud, la monarchie du Qatar, c’est top. Je lis : « Le Qatar a réussi à exporter l’image d’un pays où l’on peut dire des choses, où l’on assume les relations internationales, même avec Israël, sans hypocrisie, où la liberté de culte n’est pas qu’une chasse aux casse-croûte et où les droits de la femme sont les plus respectés dans cette région du monde, la révolution Al-Jazeera a fini par ‘’enfoncer’’ encore plus le reste du monde ‘’arabe’’, en en soulignant, par contraste, le calendrier moyenâgeux. » Ce propos est outrancier dans un pays, je le répète, où le droit n’existe pas, sauf la Charia que l’on impose jusque dans le lycée, pourtant baptisé… Voltaire !Quel crédit accorder à ce faussaire erratique capable de célébrer Israël, tout en qualifiant cet Etat de « raciste » et « sans frontières ». Dans sa posture de penseur couché, il ne veut pas voir le droit international et islamise la cause palestinienne. Il l’arabise, l’islamise à sa façon, et n’irait pas jusqu’à lire les rapports de Goldstone et de Richard Falk ou tout simplement les livres de Shlomo Sand, Ilan Pappé et ceux du courant israélien des « Nouveaux historiens ». Pour Daoud, le summum de l’injustice, celle faite aux Palestiniens n’existe pas puisqu’il est impossible d’être « injuste » avec des « Arabes, des musulmans ». Peut-être, afin d’adoucir son regard, et rien que pour Kamel Daoud, l’Algérie devrait organiser un ghetto type « Gaza » ?Sans aucune honte, l’effroyable auteur bas de plafond ose écrire : « Le mort palestinien sera un homme tué lorsqu’il ne sera pas un barbu mort ou un Arabe bombardé. » Un passeport pour le crime et bientôt le génocide. Et ce n’est pas parce que dans sa bande Daoud n’est pas seul que l’effet de groupe constitue une excuse. Que valent au poids des piges, des cachets et des droits d’auteur, les plumitifs que l’on découvre à marée basse, au plus bas de l’humanité, rien d’autre que de la haine. Dans ma culture berbère universaliste (et non tribale), il existe un mot pour qualifier ce nuisible : azrem, le serpent                                        
        
    Par Boualem Snaoui                                                            https://www.algeriemondeinfos.com

  • Jean Ziegler explique le capitalisme à sa petite-fille (en espérant qu’elle en verra la fin)
    https://www.rtbf.be/info/dossier/la-prem1ere-au-bout-du-jour/detail_jean-ziegler-explique-le-capitalisme-a-sa-petite-fille-en-esperant-qu-el

    « Ce livre doit être une arme pour l’insurrection des consciences à venir. Notre #système_capitaliste tel qu’il est aujourd’hui est mortellement dangereux pour la planète et pour l’humanité. Nous devons le détruire, et nous pouvons le faire. Nous pouvons surmonter ce système pour ouvrir à une société, encore inconnue, mais plus juste pour tous les hommes ».

  • L’appel de Jean Ziegler à « l’insurrection des consciences »
    https://www.latribune.fr/opinions/tribunes/l-appel-de-jean-ziegler-a-l-insurrection-des-consciences-780464.html

    Jean Jaurès dit : « La route est bordée de cadavres, mais elle mène à la justice. » Incontestablement, l’humanisation de l’homme progresse. Voilà ce que mon expérience, mes observations indiquent. Mais elles enseignent aussi une autre réalité. En effet, comme l’étayaient les marxistes allemands composant l’École de Francfort dans les années cinquante, la justice fait l’objet d’une double histoire ; la première convoque une justice effectivement vécue, empiriquement vécue, la seconde recourt à l’eschatologie - l’étude de ce que la conscience revendique comme juste. Au premier niveau, celui de la justice effectivement vécue, la situation est terrible. Outre la famine, que faut-il penser de l’humanisation de l’homme lorsqu’un milliard d’êtres humains n’ont pas accès à une eau non toxique ? Lorsque la capacité des conglomérats pharmaceutiques de soigner voire d’éradiquer des maladies s’autolimite pour de basses raisons mercantiles, laissant alors les épidémies ravager les populations les plus vulnérables ? Pour les peuples du tiers-monde, la troisième guerre mondiale a bel et bien commencé. La consolidation du nombre de victimes identifiées par chacune des 23 institutions membres des Nations unies s’est élevée en 2016 à 54 millions de morts. Soit l’équivalent du nombre total des victimes militaires et civiles recensées pendant la Seconde Guerre mondiale. En d’autres termes, l’humanité du tiers-monde perd chaque année dans le silence ce que cette boucherie effroyable a infligé à l’humanité entière pendant six ans.

  • Jean Ziegler : « on ne peut ni amender, ni réformer le capitalisme »
    https://la-bas.org/5109

    Camarades esclaves, exigeons des boulets moins lourds, demandons des chaînes plus longues, réclamons une réduction des coups de fouet ! Ou bien Camarades, levons-nous, prenons les armes et pendons les tyrans. Vous souriez ? Oui, mais la question est toujours : réforme ou révolution ?Continuer la lecture…

    #Vidéo #La_Guerre_des_Idées #Un_autre_chemin

  • La force historique de l’utopie

    Considérant que le capitalisme doit être détruit, notamment du fait qu’il met en péril les limites et ressources finies de notre planète, Jean Ziegler en appelle, dans le dernier chapitre à une « insurrection des consciences ». Optimiste et ardent défenseur de la « force historique formidable qu’est l’utopie », il rappelle que l’esclavage a été vaincu et que l’émancipation des femmes ou la création d’une sécurité sociale sont devenues des réalités. Modeste, il laisse le soin aux mouvements sociaux de par le monde de penser l’émancipation prochaine de l’humanité. « Je ne sais encore rien du système social et économique qui doit le remplacer, mais cela ne m’empêche pas d’espérer que ce sera ta génération qui abattra le capitalisme », conclut-il.

    *
    Jean Ziegler, Le capitalisme expliqué à ma petite-fille (en espérant qu’elle en verra la fin), éd. du Seuil, 2018,117 pages.
    https://www.gauchebdo.ch/2018/05/17/jean-ziegler-propose-son-breviaire-anticapitaliste-le-capitalisme-explique

    Jean Ziegler fut l’invité de Payot Libraire et de l’Association des étudiant-e-s en Science politique & Relations internationales (AESPRI) pour une conférence exceptionnelle autour de son nouvel essai Le capitalisme expliqué à ma petite-fille (en espérant qu’elle en verra la fin). Débat animé par Roland Rossier, journaliste de La Tribune de Genève, et Matthieu Debief, étudiant en sciences politiques. —> https://www.youtube.com/watch?v=u70Rc8_ybpE

  • Le grand débarras | AOC media - Analyse Opinion Critique
    https://aoc.media/opinion/2018/05/02/le-grand-debarras

    par Achille Mbembé mais derrière #paywall :(

    Quelque chose d’extrêmement grave est de nouveau en train de se passer au cœur de l’Europe. Certes, des voix de plus en plus nombreuses se font entendre. La force du vivant aidant, des chaînes humaines se forment. Dans la nuit de la peur et de la délation et face à l’irrépressible demande de répression, des femmes et des hommes de bonne volonté cherchent à réveiller les lucioles endormies de l’hospitalité et de la solidarité. Au milieu d’une anesthésie autrement inquiétante, une minorité agissante s’est mise debout et dénonce désormais avec une vigueur renouvelée ce qui se fait en son nom contre les Autres, ceux-là qui, pense-t-on, ne sont pas des nôtres.

    • Je le copie colle ici, mais bon. Mbembe dans ce texte, avec tout le respect qu’on lui doit, me fait beaucoup penser à Jean Ziegler ou Ignacio Ramonet qui écrivent sur des thèmes, comme ça, et qui essayent de donner l’impression qu’ils ont découvert sinon la poudre, le scoop des scoops, le scandale des scandales, quand beaucoup d’autres écrivent sur la même chose depuis 20 ou 30 ans et de manière beaucoup plus intéressante et surtout plus "modeste".

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      Le grand débarras
      Par Achille Mbembe

      HISTORIEN

      Les routes migratoires les plus mortelles d’un monde par ailleurs de plus en plus balkanisé et enclavé ? L’Europe ! Les nombres de squelettes en mer et le plus vaste cimetière marin en ce début de siècle ? L’Europe ! Le nombre de déserts, eaux territoriales et internationales, bras de mer, îles, détroits, enclaves, canaux, fleuves, ports et aéroports transformés en rideaux de fer technologiques ? L’Europe !

      Quelque chose d’extrêmement grave est de nouveau en train de se passer au cœur de l’Europe. Certes, des voix de plus en plus nombreuses se font entendre. La force du vivant aidant, des chaînes humaines se forment. Dans la nuit de la peur et de la délation et face à l’irrépressible demande de répression, des femmes et des hommes de bonne volonté cherchent à réveiller les lucioles endormies de l’hospitalité et de la solidarité. Au milieu d’une anesthésie autrement inquiétante, une minorité agissante s’est mise debout et dénonce désormais avec une vigueur renouvelée ce qui se fait en son nom contre les Autres, ceux-là qui, pense-t-on, ne sont pas des nôtres.

      Arc-boutés sur la fable de « l’aide au développement », nombreux sont ceux qui croient encore aux contes de fée.
      Arrachés à leurs foyers d’origine, des millions d’hommes, de femmes et d’enfants avilis ont pris les chemins de l’exode. Un autre cycle du grand repeuplement du monde est en cours. Ils ne sont pas des fuyards. Ce sont des fugitifs. Menacés par une calamité ou une autre, ils se sont échappés des lieux qui les ont vu naître et grandir, où ils ont vécu, mais qui un jour, sont devenus inhabitables, des demeures impossibles.

      S’agissant justement de ce grand ébranlement, le refrain est désormais connu. « Explosion démographique ». « Conflits armés ». « Montée des extrémismes religieux ». « Ruée vers l’Europe ». « Crise migratoire » et « crise des réfugiés », entonne-t-on en chœur. « Nous ne pouvons pas accueillir toute la misère du monde ». « Pourquoi viennent-ils ici ? » « Ils n’ont qu’à rester chez eux ».

      Arc-boutés sur la fable de « l’aide au développement », nombreux sont ceux qui croient encore aux contes de fée. Peu importe qu’entre 1980 et 2009, les transferts nets des ressources financières partis d’Afrique vers le reste du monde aient atteint le seuil d’environ 1.400 milliards de dollars, et les transferts illicites celui de 1.350 milliards, la croyance demeure. Les pays du Nord subventionneraient ceux du Sud.

      Peu importe, par ailleurs, que les pays à faibles revenus ou à revenus intermédiaires accueillent plus de 90% des 65.6 millions de réfugiés, déplacés et déracinés dans le monde. Dans ce domaine comme dans d’autres, l’ère est à la fabulation et à la clôture de l’esprit. Un amas de vieux préjugés est ainsi recyclé, produisant à leur tour de nouveaux fantasmes qui, dans un processus d’enroulement tout à fait typique des discours racistes, se mordent sans cesse la queue. « C’est culturel et civilisationnel ». « Ils fuient à cause des tensions entre aînés et cadets (les luttes générationnelles) ». « Plus ils sont pauvres, plus ils sont portés vers le départ ; mais plus leurs conditions de vie s’améliorent, plus s’accroît leur désir de s’établir ailleurs », assènent doctement de pseudo-experts. En arrière-fonds, un vieux spectre hante les consciences, celui de l’invasion par des hordes venues de terres surpeuplées, dans ces pays où l’on compte « encore sept à huit enfants par femme ».

      La solution ?

      Fermer les frontières. Filtrer. Trier. Sélectionner. Expurger. Passer des contrats avec les élites corrompues des pays d’origine des migrants, ou des pays-tiers, de transit, qu’il faut transformer en gardes-chiourmes de l’Occident, et auxquels il faut, contre espèces sonnantes et trébuchantes, sous-traiter l’administration de la brutalité. Faire de ces États des protectorats européens, à la fois des prisons pour les candidats au départ, et des dépotoirs pour ceux dont il faudra bien se débarrasser. Et, surtout, redonner envie aux Européens d’avoir plus d’enfants.

      Telle est, en un mot, l’essentiel de la politique migratoire de l’Europe en ce début de siècle.

      En vérité, le problème, ce ne sont ni les migrants, ni les réfugiés, ni les demandeurs d’asile.

      La frontière. Tout part d’elle et tout nous y ramène.

      Elle n’est plus seulement une ligne de démarcation qui sépare des entités souveraines distinctes. Elle est de plus en plus le nom propre de la violence organisée qui sous-tend et le capitalisme contemporain, et l’ordre de notre monde en général – la femme, l’homme et l’enfant superflu.e et condamné.e à l’abandon, les naufrages et noyades par centaines, voire par milliers, à la semaine, l’interminable attente et l’humiliation dans les consulats, le temps suspendu, des journées de malheur et d’errance dans les aéroports, dans les commissariats de police, dans les parcs, dans les gares, jusque sur les trottoirs des grandes villes où, la nuit à peine tombée, l’on arrache des couvertures et des haillons à des êtres humains d’ores et déjà dépouillés et privés de presque tout, y compris d’eau, d’hygiène et de sommeil, des corps avilis, bref l’humanité en déshérence.

      Tout, en effet, nous ramène à la frontière, ce lieu-zéro de la non-relation et du déni de l’idée même d’une humanité commune, d’une planète, la seule que nous aurions, qu’ensemble nous partagerions, et à laquelle nous lierait notre condition commune de passants. Mais peut-être faudrait-il, pour être tout à fait exact, parler de « frontiérisation » plutôt que de frontières.

      Comment s’étonner que ceux et celles qui le peuvent, survivants d’un enfer vivant, prennent la fuite, cherchent partout refuge, dans tous les coins de la Terre ou leur vie pourrait être épargnée ?
      Qu’est-ce donc que la « frontiérisation » sinon le processus par lequel les puissances de ce monde transforment en permanence certains espaces en lieux infranchissables pour certaines classes de populations ? Qu’est-ce sinon la multiplication consciente d’espaces de perte et de deuil où la vie de tant de gens jugés indésirables vient se fracasser ?

      Qu’est-elle donc sinon une façon de mener la guerre contre des ennemis dont on a auparavant détruit les milieux d’existence et les conditions de survie – l’usage de munitions perforantes à l’uranium et d’armes interdites comme le phosphore blanc ; le bombardement à haute altitude des infrastructures de base ; le cocktail de produits chimiques cancérogènes et radioactifs déposés dans le sol et qui emplissent l’air ; la poussière toxique dans les décombres des villes rasées, la pollution due aux feux d’hydrocarbures ?

      Et que dire des bombes ? Depuis le dernier quart du XXe siècle, à quelles sortes de bombes populations civiles, habitats et environnements n’auront-elles pas été soumises – des bombes aveugles classiques reconverties grâce à l’installation, en queue, de systèmes de centrale inertielle ; des missiles de croisière dotées de têtes chercheuses à infrarouges ; des bombes à micro-ondes destinées à paralyser les centres nerveux électroniques de l’ennemi ; des bombes qui explosent dans les villes, émettant au passage des faisceaux d’énergie qui ont l’apparence de la foudre ; d’autres bombes à micro-ondes qui ne tuent pas, mais qui brulent les gens et augmentent la température de la peau ; des bombes thermobariques qui déclenchent des murs de feu, absorbent l’oxygène des espaces plus ou moins clos, tuent par ondes de choc et asphyxient à peu près tout ce qui respire ; des bombes à fragmentation dont les effets sur les populations civiles sont dévastateurs, qui s’ouvrent au-dessus du sol et dispersent, sans précision et sur des secteurs étendus, des mini-munitions supposées exploser au contact des cibles ; toutes sortes de bombes, la démonstration par l’absurde d’un pouvoir de destruction inouï, bref, l’écocide.

      Comment, dans ces conditions, s’étonner que ceux et celles qui le peuvent, survivants d’un enfer vivant, prennent la fuite, cherchent partout refuge, dans tous les coins de la Terre ou leur vie pourrait être épargnée ?

      Cette forme de la guerre d’abrutissement, calculée et programmée, menée avec des moyens nouveaux, est une guerre contre l’idée même de mobilité, de circulation, de vitesse, alors que l’âge est justement à la vélocité, à l’accélération, et à toujours plus d’abstraction, toujours plus d’algorithmes.

      Elle a par ailleurs pour cibles non point des corps singuliers, mais des masses humaines jugées viles et superflues, mais dont chaque organe doit faire l’objet d’une incapacitation spécifique, héritable de génération en génération – les yeux, le nez, la bouche, les oreilles, la langue, la peau, les os, les poumons, les intestins, le sang, les mains, les jambes, tous ces estropiés, paralytiques et rescapés, toutes ces maladies pulmonaires comme la pneumoconiose, toutes ces traces d’uranium sur les cheveux, des milliers de cas de cancers, d’avortements, de malformations infantiles, de déformations congénitales, de thorax saccages, de dysfonctionnements du système nerveux, la grande dévastation.

      Tout cela, faut-il le répéter, fait partie des pratiques contemporaines de la frontiérisation à distance, au loin, au nom de notre liberté et sécurité. Cette lutte menée contre certains corps d’abjection, amas de viande humaine, se déroule à l’échelle planétaire. Elle est en passe de devenir le propre de notre temps.

      Souvent, elle précède, accompagne ou complète celle qui a cours au milieu de nous ou à nos portes, la traque des corps qui ont eu le tort de se mouvoir (ce qui est le propre d’un corps humain), des corps dont on estime qu’ils ont pénétré par effraction dans des lieux et espaces où ils ne devraient point se trouver, lieux qu’ils encombrent désormais de par leur seule présence, et dont ils doivent être évacués.

      Migrants et réfugiés ne sont que des cryptes dans lesquelles l’on cherche à ensevelir les fantasmes d’une époque terrifiée par elle-même et ses propres excès.
      Cette forme de la violence ressemble aux grandes chasses d’hier. Et d’abord à la chasse à courre et à la chasse à la trappe et leurs techniques respectives – la recherche, la poursuite, la trappe, et le rabattage d’animaux traqués, jusqu’à leur encerclement, leur capture ou leur abattage, avec l’aide de chiens d’ordre et de limiers.

      Mais elle fait également partie d’une longue histoire de chasses à l’homme. Grégoire Chamayou en a étudié les modalités dans sa Chasses à l’homme. Il s’agit toujours à peu près des mêmes cibles – les esclaves marrons, les Peaux-Rouges, les peaux noires, les Juifs, les apatrides, les pauvres, et plus près de nous les sans-papiers. Ces chasses s’attaquent à des corps animés, mouvants et qui, bien que dotés d’une force de traction, d’une intensité, de capacités fugitives et mobiles, sont supposés n’être point des corps de chair et de sang comme les nôtres, désignés, ostracisés, comme ils le sont. Cette chasse se déroule par ailleurs à un moment où les technologies de l’accélération ne cessent de proliférer, créant une planète segmentée, à vitesses multiples.

      La technologisation des frontières bat son plein. Barrières de séparation physiques et virtuelles, numérisation des bases de données, des systèmes de fichage, développement de nouveaux dispositifs de repérage à l’exemple des senseurs, drones, satellites et robots-sentinelles, capteurs infra-rouges et caméras de divers ordres, contrôle biométrique et usage de cartes à puce contenant des données personnelles, tout est mis en œuvre pour transformer la nature même du phénomène frontalier et précipiter l’avènement d’une frontière mobile, portable et omniprésente.

      Migrants et réfugiés ne sont donc pas, en tant que tels, l’objet premier du différend. D’ailleurs, ils n’ont ni noms propres, ni visages singuliers, ni cartes d’identité.

      Ils ne sont que des cryptes, sortes de caveaux ambulants à la surface de multiples organes, formes vides mais menaçantes dans lesquelles l’on cherche à ensevelir les fantasmes d’une époque terrifiée par elle-même et ses propres excès. Le rêve d’une sécurité sans faille, qui exige non seulement surveillance systématique et totale mais aussi expurgation symptomatique des tensions structurelles qui, depuis des décennies, accompagnent notre passage à un nouveau système technique plus automatisé, plus réticulaire et en même temps plus abstrait, fait de multiples écrans – digital, algorithmique, lumineux.

      Le monde a cessé de se manifester à nous dans les termes anciens. C’est à la naissance d’une forme inédite de l’humain (le sujet/objet) et d’autres types de spatialités que nous assistons. L’expérience phénoménologique que nous avions du monde en sort profondément ébranlée. Raison et perception ne coïncident plus. D’où l’affolement.

      Nous voyons de moins en moins ce qui nous est donné à voir et de plus en plus ce que nous voulons à tout prix voir, même si cela que nous voulons à tout prix voir ne correspond à aucune réalité originaire. Peut-être plus qu’auparavant, autrui peut se donner à nous dans une présence physique et tactile concrète tout en demeurant dans une absence spectrale et un vide tout aussi concret, presque phénoménal. C’est le cas des migrants, des réfugiés et des demandeurs d’asile. Ce n’est pas seulement leur mode d’apparition parmi nous qui nous plonge dans une anxiété historique et existentielle. C’est aussi la matrice ontophanique dont nous supposons qu’ils ne sont que le masque (qu’y a-t-il, décidément, derrière ce qui apparait ?) qui nous plonge dans un état d’agitation et d’incertitude radicale.

      Il ne s’agit pas tant de couper l’Europe du monde ou de l’instituer en forteresse imprenable que de consacrer, comme le privilège des seuls Européens, le droit de possession et de libre circulation.
      Les routes migratoires les plus mortelles d’un monde par ailleurs de plus en plus balkanisé et enclavé ? L’Europe ! Les nombres de squelettes en mer et le plus vaste cimetière marin en ce début de siècle ? L’Europe ! Le nombre de déserts, eaux territoriales et internationales, bras de mer, îles, détroits, enclaves, canaux, fleuves, ports et aéroports transformés en rideaux de fer technologiques ? L’Europe ! Et pour couronner le tout, en ces temps d’escalade permanente, les camps. Le retour des camps. L’Europe des camps. Samos, Chios, Lesbos, Idomeni, Lampedusa, Vintimille, Sicile, Subotica, le chapelet des camps.

      Camps de réfugiés ? Camps de déplacés ? Campements de migrants ? Zones d’attente pour personnes en instance ? Zones de transit ? Centres de rétention ? Lieux d’hébergement en urgence ? Jungle ? Paysage composite et hétérogène, à coup sûr. Résumons néanmoins tout cela d’un seul mot, le seul qui décrive à la vérité ce qui s’y passe : camps d’étrangers. En dernière instance, il ne s’agit en effet pas d’autre chose. Il s’agit de camps d’étrangers, aussi bien au cœur de l’Europe qu’à sa lisière. Et c’est le seul nom qui convienne à ces dispositifs et à la sorte de géographie carcérale qu’ils dessinent.

      Il y a quelques années, l’anthropologue Michel Agier en dénombrait près de 400 au sein de l’Union Européenne. C’était avant le grand afflux de 2015. Depuis lors, de nouveaux camps, y compris de triage, ont été créés aussi bien en Europe qu’à sa lisière et, sous son instigation, dans des pays-tiers. En 2011, ces différents lieux de détention pouvaient contenir jusqu’à 32 000 personnes. En 2016, les chiffres s’élevaient à 47 000. Les détenus sont essentiellement des personnes sans visas ni titres de séjour, jugés inéligibles à une protection internationale.

      Il s’agit, pour l’essentiel, de lieux d’internement, d’espaces de relégation, de dispositifs de mise à l’écart de gens considérés comme des intrus, sans titre et par conséquent sans droit et, estime-t-on, sans dignité. Fuyant des mondes et des lieux rendus inhabitables par une double prédation exogène et endogène, ils se sont introduits là où il ne fallait pas, sans y être invités, et sans qu’ils soient désirés. Leur regroupement et mise à l’écart ne peut donc guère avoir pour but final de les secourir. En les arraisonnant dans des camps, l’on veut également – après les avoir placés dans une position d’attente qui les dépouille au préalable de tout statut de droit commun – en faire des sujets potentiellement déportables, refoulables, voire destructibles.

      Il faut le répéter, cette guerre (qui consiste à chasser, capturer, regrouper, trier, séparer et expulser) n’a qu’un seul but. Il ne s’agit pas tant de couper l’Europe du monde ou de l’instituer en forteresse imprenable que de consacrer, comme le privilège des seuls Européens, le droit de possession et de libre circulation sur toute l’étendue d’une planète dont nous sommes pourtant tous des ayant-droits.

      Le XXIe siècle sera-t-il donc celui du triage et de la sélection par le biais des technologies de la sécurité ? Des confins du Sahara en passant par la Méditerranée, le camp est-il en passe de redevenir le terminus d’un certain projet européen, d’une certaine idée de l’Europe dans le monde, sa marque funeste, comme Aime Césaire (Discours sur le colonialisme) en nourrissait il n’y a pas longtemps l’intuition ?

      L’une des contradictions majeures de l’ordre libéral a toujours été la tension entre la liberté et la sécurité. Cette question semble avoir été tranchée. La sécurité l’emporte désormais sur la liberté.

      Une société de sécurité n’est pas nécessairement une société de liberté. Une société de sécurité est une société dominée par le besoin irrépressible d’adhésion a un ensemble de certitudes. Elle a peur de la sorte d’interrogation qui ouvre sur l’inconnu et sur le risque qu’il faut, par contre, endiguer.

      Voilà pourquoi dans une société de sécurité, la priorité est d’identifier à tout prix ce qui est tapi derrière chaque apparition – qui est qui, qui vit où, avec qui et depuis quand, qui fait quoi, qui vient d’où, qui va où, quand, par quelle voie, pourquoi et ainsi de suite. Et, davantage encore, qui projette de commettre quels actes, consciemment ou inconsciemment. Le projet de la société de sécurité n’est pas d’affirmer la liberté, mais de contrôler et de gouverner les modes d’apparition.

      Le mythe contemporain prétend que la technologie constitue le meilleur outil pour gouverner les apparitions. Elle seule permettrait de résoudre ce problème qui est un problème d’ordre, mais aussi de connaissance, de repères, d’anticipation, de prévision. Il est à craindre que le rêve d’une humanité transparente à elle-même, dépourvue de mystère, ne soit qu’une catastrophique illusion. Pour le moment, migrants et réfugiés en paient le prix. Il n’est pas certain qu’à la longue, ils soient les seuls.

      Comment, dans ces conditions, résister àcette prétention de la part d’une des provinces du monde à un droit universel de prédation sinon en osant imaginer l’impossible – l’abolition des frontières, c’est-à-dire la restitution, à tous les habitants de la Terre, humains et non-humains, du droit inaliénable de se déplacer librement sur cette planète.

      (NDLR : ce texte est une version éditée de la contribution d’Achille Mbembe au volume publié sous la direction de Patrick Chamoiseau et Michel Le Bris, Osons la fraternité ! Les écrivains aux côtés des migrants qui paraît chez Philippe Rey à l’occasion du Festival Etonnants Voyageurs.

      Achille Mbembe

      HISTORIEN, ENSEIGNE L’HISTOIRE ET LES SCIENCES POLITIQUES À L’UNIVERSITÉ DU WITWATERSRAND (AFRIQUE DU SUD) ET À L’UNIVERSITÉ DE DUKE (ETATS-UNIS)

  • #OGM - Mensonges et vérités

    La #controverse entre pro-OGM (organismes génétiquement modifiés) et anti-OGM rend le débat passionnel et parfois incompréhensible. Ce tour d’horizon mondial démêle le vrai du faux, preuves scientifiques à l’appui.

    Depuis plus de vingt ans, les OGM (organismes génétiquement modifiés), en particulier les plantes, ne cessent de s’étendre sur la planète, dans le but d’améliorer les rendements de soja, maïs, coton, colza, riz, etc. Dix pays, sur les vingt-huit qui en cultivent, représentent, à eux seuls, 98 % de la superficie mondiale des cultures transgéniques – soit 11 % des terres cultivées –, essentiellement sur le continent américain, le sous-continent indien et en Chine. Aux États-Unis, où les premières plantations de soja transgénique ont été introduites en 1996, les OGM représentent environ 90 % des cultures de soja, de maïs et de coton. Selon leurs défenseurs, ils sont indispensables pour répondre aux besoins d’une population en forte croissance. C’est l’argument du géant du secteur, le semencier américain Monsanto, qui produit aussi le célèbre Roundup, un herbicide total dont la substance active, le glyphosate, épargne les plantes OGM.


    https://www.arte.tv/fr/videos/057483-000-A/ogm-mensonges-et-verites

    #film #documentaire #reportage #vidéo
    #BT #maïs_BT #rentabilité #TH #soja #Roundup #USA #Etats-Unis #monoculture #agriculture #élevage #Argentine #Monsanto #pommes_De_terre #risques #génie_génétique #toxine_BT #pesticides #industrie_agro-alimentaire #glyphosate #herbicide #super_mauvaises_herbes #darwinisme #soja_roundup_ready #atrazin #business #santé #cancer #Mexique #propriété_intellectuelle #brevets #Percy_Schmeiser #sécurité_alimentaire #Ghana #malformation_congénitale #justice #biodiversité

    #USAID (qui lie #aide_au_développement et utilisation de OGM dans le pays qui va recevoir l’aide)

    #Gates_Foundation (qui finance des tests de plantes OGM au Ghana)

    #biotechnologie_agricole #coton #Bukina_Faso #coton_BT #Sofitex #rendements #Geocoton #Roundup_Ready_Flex_Cotton #néo-colonialisme

    #MON810 #maïs_MON810 #riz_doré #riz #Philippines #golden_rice #Syngenta #technologie #dengue #oxitec #moustiques_transgéniques #AGM #animaux_génétiquement_modifiés

    • Une ONG présentée dans le film, au Ghana :
      #Food_sovereignty_ghana

      Food Sovereignty Ghana is a grass-roots movement of Ghanaians, home and abroad, dedicated to the promotion of food sovereignty in Ghana. Our group believes in the collective control over our collective resources, rather than the control of our resources by multinational corporations and other foreign entities. This movement is a product of Special Brainstorming Session meeting on the 21st of March, 2013, at the Accra Freedom Centre. The meeting was in response to several calls by individuals who have been discussing, writing, or tweeting, about the increasing phenomenon of land grabs, the right to water and sanitation as a fundamental human right, water privatization issues, deforestation, climate change, carbon trading and Africa’s atmospheric space, and in particular, the urgent issue of the introduction of GM food technology into our agriculture, particularly, its implications on food sovereignty, sustainable development, biodiversity, and the integrity of our food and water resources, human and animal health, and our very existence as a politically independent people. These calls insisted that these issues need to be comprehensively addressed in a systematic and an organized manner.

      Foremost in these calls was the need for a comprehensive agricultural policy that respects the multi-functional roles played by agriculture in our daily lives, and resists the avaricious calculations behind the proposition that food is just another commodity or component for international agribusiness. The trade in futures or speculation involving food have pushed food prices beyond the reach of almost a billion of people in the world who go to bed, each day, hungry. Even though we have have doubled the amount of food to feed everybody in the world today, people still don’t have access to food. The primary cause of this is the neo-liberal agenda of the imperialists, such as the SAP, EPA, AGOA, TRIPS, AoA, AFSNA, AGRA, which have the focus on marginalising the small family farm agriculture that continues to feed over 80% of Africa and replacing them with governance structures, agreements and practices that depend on and promote unsustainable and inequitable international trade and give power to remote and unaccountable corporations.

      We came together in order to help turn a new leaf. We see a concerted effort, over the years, to distort our agriculture to such an extent that today, our very survival as a free and independent people crucially depend on how fast we are able to apply the breaks, and to rather urgently promote policies that focus on food for people, and value our local food providers, the arduous role of the resilient small family farm for thousands of years. We need to resist imperialist policies such as the Structural Adjustment Programmes of the World Bank and the IMF which rolled away 30 years of gains towards food sovereignty in the 1970s and 80s. Those African countries that graduated from the SAP were subsequently slammed with HIPIC. In all these years, the imperialist countries fortified their agricultural production with heavy government subsidies, as Africa saw the imposition of stringent conditionality removing all government subsidies on our own agriculture. The effect has been a destruction of our local food production capacity and a dependence on corporations for our daily food needs. This has had a devastating effect on Africa’s agriculture, and our ability to feed ourselves.

      We believe that a proper analysis of the food crisis is a matter that cannot be left with trade negotiators, investment experts, or agricultural engineers. It is essentially a matter of political economy. As Jean Ziegler succinctly puts it, “Every child who dies of hunger in today’s world has been murdered.” Our Food Under Our Control! is determined to make sure that such a crime becomes impossible in Ghana. Our number one mission is to switch the language from food security to food sovereignty as the goal, to repeat the words food sovereignty at every opportunity and say we don’t want food security, that can still be dependence, we want food sovereignty, we need food sovereignty. This is not the same as “food security”. A country can have food security through food imports. Dependence on food imports is precarious and prone to multiple risks — from price risks, to supply risks, to conditionality risks (policy conditions that come with food imports). Food sovereignty, on the other hand, implies ensuring domestic production and supply of food. It means that the nationals of the country (or at the very least nationals within the region) must primarily be responsible for ensuring that the nation and the region are first and foremost dependent on their own efforts and resources to grow their basic foods.

      Aims and objectives:

      1. To help promote the people’s right to healthy and culturally appropriate food produced through ecologically sound and sustainable methods, and to generally ensure the priority of domestic food crops produced by small farms over export crops.

      2. To help create mass awareness about the political, economic, health and environmental impacts of genetically modified food technology and defend the right of the people to define their own food and agricultural systems.

      3. To help ensure small farms are sustained by state provision and facilitation of necessary infrastructure: Security of land tenure, Water, Financial credit, Energy, Fertilizers, Transport, Storage, Extension service, Marketing, Technology and Equipment for production, harvesting, storage and transport, and Insurance against crop failures due to climate changes, or other unforeseen circumstances.

      4. To help resist the theft, destruction, and loss of the Commons, our natural and indigenous resources, by means of laws, commercial contracts and intellectual property rights regimes, and to generally serve as the watch-dog over all aspects of agricultural sustainability in Ghana.

      5. To help protect and preserve public access to and ownership of the Commons: Water, Land, Air, Seeds, Energy, Plants, Animals, and work closely with like-minded local, national, and international organisations in the realization of the foregoing objectives.


      http://foodsovereigntyghana.org

    • Un chercheur, #Damián_Verzeñassi de l’#université_de_Rosario, mentionné il y a une année dans un article de Mediapart :

      Argentine : soja transgénique voisine avec maladies

      Avia Terai, ville de 10 000 habitants, est exposée aux pulvérisations incessantes sur ses champs de soja et de coton de glyphosate, le composant de base de l’herbicide de Monsanto. Un pesticide que l’Organisation mondiale pour la santé a étiqueté cancérogène en 2015. Ici, des enfants naissent avec des malformations, des troubles neurologiques sévères et le taux de cancer est trois fois plus élevé que la moyenne nationale, selon l’étude du docteur argentin Damián Verzeñassi de l’université de Rosario. De son côté, Monsanto nie catégoriquement l’authenticité de ces études et considère que la #toxicité de son produit phare Roundup n’a pas encore été prouvée.

      https://www.mediapart.fr/studio/portfolios/argentine-soja-transgenique-voisine-avec-maladies

      Le chercheur a fait une étude dans laquelle il montrait un lien entre le glyphosate et le développement de cancer :
      “Hay una incidencia del glifosato en los nuevos casos de cáncer”

      Desde 2010 se hicieron relevamientos en 32 localidades de la región pampeana y se relevaron más de 110 mil personas. Según Verzeñassi, si se encontró en estas localidades, donde se aplicó el modelo productivo con transgénicos a base de agrotóxicos, un pico muy importante de casos de cáncer, hipotiroidismo y abortos espontáneos.


      https://rosarionuestro.com/hemos-encontrado-un-incremento-en-la-incidencia-del-glifosato-en-los

    • #Red_de_Médicos_de_Pueblos_Fumigados (Argentine)

      La Red Universitaria de Ambiente y Salud (REDUAS) es una coordinación entre profesionales universitarios, académicos, científicos, miembros de equipos de salud humana en sus distintos niveles y demás estudiosos, preocupados por los efectos deletéreos de la salud humana que genera el ambiente degradado a consecuencias de la actividad productiva humana, especialmente cuando esta se da a gran escala y sustentada en una visión extractivista.

      La REDUAS surge como una de las decisiones tomadas en el 1º Encuentro de Médicos de Pueblos Fumigados, realizado en la Facultad de Ciencias Médicas de la Universidad Nacional de Córdoba y organizado por el Modulo de Determinantes Sociales de la Salud de la Cátedra de Pediatría y por la Cátedra de Medicina I de dicha Facultad; concretado el 26 y 27 de agosto de 2010

      La REDUAS se construye para unir, coordinar y potenciar el trabajo de investigación científica, asistencia sanitaria, análisis epidemiológico y divulgación ,difusión y defensa del derecho a la salud colectiva, que realizan equipos que desarrollan este tipo de actividades en 10 provincias distintas de la Republica Argentina y que se encuentran activados por el problema del daño a la salud que ocasiona la fumigación o aspersión, sistemática de más de 300 millones de litros de plaguicidas sobre casi 12 millones de personas que conviven con los sembradíos de cultivos agroindustriales.

      Para avanzar en ese sentido se propone aportar al debate público por la necesidad de construir prácticas productivas que permitan una supervivencia feliz de la especie humana en la superficie terrestre y de la responsabilidad publica, privada, colectiva e individual en el resguardo de esas condiciones ecológicas.

      Considerando al derecho a la salud, como uno de los valores sociales que debemos tratar de privilegiar en el análisis de las decisiones políticas y económicas que se toman en nuestra sociedad, creemos necesario ampliar la difusión del conocimiento de los datos científicos que se dispone, y que muchas veces se invisibilizan; aportar a la generación de nuevos datos e informaciones experimentales y observacionales – poblacionales; y potenciar la voz de los equipos de salud, investigadores y pobladores en general afectados en sus derechos por agresiones ambiéntales generadas por practicas productivas ecológicamente agresivas.


      http://reduas.com.ar
      #résistance

    • #Madres_de_Ituzaingo_Anexo-Cordoba
      http://madresdeituzaingoanexo.blogspot.fr

      Madres de #Ituzaingó: 15 años de pelea por el ambiente

      En marzo de 2002 salieron a la calle por primera vez para reclamar atención sanitaria ante la cantidad de enfermos en el barrio.Lograron mejorar la zona y alejar las fumigaciones, nuevas normas ambientales y un juicio inédito. Dicen que la lucha continúa. Un juicio histórico


      http://www.lavoz.com.ar/ciudadanos/madres-de-ituzaingo-15-anos-de-pelea-por-el-ambiente
      #Sofia_Gatica

    • Transgenic DNA introgressed into traditional maize landraces in #Oaxaca, Mexico

      Concerns have been raised about the potential effects of transgenic introductions on the genetic diversity of crop landraces and wild relatives in areas of crop origin and diversification, as this diversity is considered essential for global food security. Direct effects on non-target species1,2, and the possibility of unintentionally transferring traits of ecological relevance onto landraces and wild relatives have also been sources of concern3,4. The degree of genetic connectivity between industrial crops and their progenitors in landraces and wild relatives is a principal determinant of the evolutionary history of crops and agroecosystems throughout the world5,6. Recent introductions of transgenic DNA constructs into agricultural fields provide unique markers to measure such connectivity. For these reasons, the detection of transgenic DNA in crop landraces is of critical importance. Here we report the presence of introgressed transgenic DNA constructs in native maize landraces grown in remote mountains in Oaxaca, Mexico, part of the Mesoamerican centre of origin and diversification of this crop7,8,9.

      https://www.nature.com/articles/35107068

    • #Gilles-Éric_Séralini

      Gilles-Éric Séralini, né le 23 août 1960 à Bône en Algérie1, est un biologiste français, professeur de biologie moléculaire à l’université de Caen2. Il est cofondateur, administrateur et membre du conseil scientifique du CRIIGEN3, parrain de l’association Générations Cobayes4 et lanceur d’alerte5. Il est aussi membre du conseil scientifique de The Organic Center6, une association dépendant de l’Organic Trade Association (en)7, « le principal porte-parole du business bio aux États-Unis »8, et parrain de la Fondation d’entreprise Ekibio9.

      Il s’est fait notamment connaître du grand public pour ses études sur les OGM et les pesticides, et en particulier en septembre 2012 pour une étude toxicologique portée par le CRIIGEN mettant en doute l’innocuité du maïs génétiquement modifié NK 603 et du Roundup sur la santé de rats10,11. Cette étude, ainsi que les méthodes utilisées pour la médiatiser, ont été l’objet d’importantes controverses, les auteurs étant accusés d’instrumentaliser de la science, ou même suspectés de fraude scientifique12,13. En réalité, les agences de santé européennes et américaines réagissent sur le tard, indiquant les lacunes et faiblesses méthodologiques rédhibitoires de la publication (notamment un groupe de contrôle comportant un nombre d’individus ridiculement bas). Certains dénoncent aussi un manque de déontologie pour s’assurer d’un « coup de communication ». La revue Food and Chemical Toxicology retire l’étude en novembre 2013.


      https://fr.wikipedia.org/wiki/Gilles-%C3%89ric_S%C3%A9ralini

      Dans le documentaire on parle notamment d’un article qu’il a publié dans la revue « Food and chemical toxicology », que j’ai cherché sur internet... et... suprise suprise... je l’ai trouvé, mais le site de Elsevier dit... « RETRACTED »
      Long term toxicity of a Roundup herbicide and a Roundup-tolerant genetically modified maize
      https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0278691512005637

      Il est par contre dispo sur sci-hub !
      http://sci-hub.tw/https://doi.org/10.1016/j.fct.2012.08.005

      voici la conclusion :

      In conclusion, it was previously known that glyphosate con- sumption in water above authorized limits may provoke hepatic and kidney failures ( EPA ). The results of the study presented here clearly demonstrate that lower levels of complete agricultural gly- phosate herbicide formulations, at concentrations well below offi- cially set safety limits, induce severe hormone-dependent mammary, hepatic and kidney disturbances. Similarly, disruption of biosynthetic pathways that may result from overexpression of the EPSPS transgene in the GM NK603 maize can give rise to com- parable pathologies that may be linked to abnormal or unbalanced phenolic acids metabolites, or related compounds. Other muta- genic and metabolic effects of the edible GMO cannot be excluded. This will be the subject of future studies, including transgene and glyphosate presence in rat tissues. Reproductive and multigenera- tional studies will also provide novel insights into these problems. This study represents the first detailed documentation of long- term deleterious effects arising from the consumption of a GM R- tolerant maize and of R, the most used herbicide worldwide. Altogether, the significant biochemical disturbances and physi- ological failures documented in this work confirm the pathological effects of these GMO and R treatments in both sexes, with different amplitudes. We propose that agricultural edible GMOs and formu- lated pesticides must be evaluated very carefully by long term studies to measure their potential toxic effects.

    • #RiskOGM

      RiskOGM constitue depuis 2010 l’action de recherche du ministère en charge de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie pour soutenir la structuration d’une communauté scientifique et le développement de connaissances, de méthodes et de pratiques scientifiques utiles à la définition et à la mise en œuvre des politiques publiques sur les OGM.

      Le programme s’appuie sur un Conseil Scientifique et sur un Comité d’Orientation qui réunit des parties prenantes.

      Les axes de recherche prioritaires identifiés portent sur les plans de surveillance générale des OGM, la coexistence des cultures, la gouvernance, les aspects économiques, éthiques et sociaux ou encore la démarche globale d’analyse de la sécurité des aliments contenant des produits transgéniques,

      3 projets en cours ont été soutenus après un 1er appel à proposition fin 2010. Fin 2013, suite à un deuxième appel, le projet (#PGM / #GMO90plus) a été sélectionné et soutenu à hauteur de 2,5 M€. Il vise à une meilleure connaissance des effets potentiels sur la santé de la consommation sur une longue durée de produits issus des plantes génétiquement modifiées.

      http://recherche-riskogm.fr/fr
      #programme_de_recherche

      Un projet dont fait partie #Bernard_Salles, rattaché à l’INRA, interviewé dans le documentaire.
      Lui, semble clean, contrairement au personnage que je vais un peu après, Pablo Steinberg

    • Projet #G-Twyst :

      G-TwYST is the acronym for Genetically modified plants Two Year Safety Testing. The project duration is from 21 April 2014 – 20 April 2018.

      The European Food Safety Authority (EFSA) has developed guidance for the risk assessment of food and feed containing, consisting or produced from genetically modified (GM) plants as well as guidance on conducting repeated-dose 90-day oral toxicity study in rodents on whole food/feed. Nonetheless, the long-term safety assessment of genetically modified (GM) food/feed is a long-standing controversial topic in the European Union. At the present time there are no standardized protocols to study the potential short-, medium- and/or long-term toxicity of GM plants and derived products. Against this backdrop the main objective of the G-TwYST project is to provide guidance on long-term animal feeding studies for GMO risk assessment while at the same time responding to uncertainties raised through the outcomes and reports from recent (long-term) rodent feeding studies with whole GM food/feed.

      In order to achieve this, G-TwYST:

      Performs rat feeding studies for up to two years with GM maize NK603. This includes 90 day studies for subchronic toxicity, 1 year studies for chronic toxicity as well as 2 year studies for carcinogenicity. The studies will be based on OECD Test Guidelines and executed according to EFSA considerations
      Reviews recent and ongoing research relevant to the scope of G-TwYST
      Engages with related research projects such as GRACE and GMO90plus
      Develops criteria to evaluate the scientific quality of long-term feeding studies
      Develops recommendations on the added value of long-term feeding trials in the context of the GMO risk assessment process.
      As a complementary activity - investigates into the broader societal issues linked to the controversy on animal studies in GMO risk assessment.
      Allows for stakeholder engagement in all key steps of the project in an inclusive and responsive manner.
      Provides for utmost transparency of what is done and by whom it is done.

      G-TwYST is a Collaborative Project of the Seventh Framework Programme of the European Community for Research, Technological Development and Demonstration Activities. The proposal for G-TwYST was established in reponse to a call for proposals on a two-year carcinogenicity rat feeding study with maize NK603 that was launched by he European Commission in June 2013 (KBBE.2013.3.5-03).

      https://www.g-twyst.eu

      Attention : ce projet semble être sous forte influence des lobbys de l’OGM...

      Fait partie de ce projet #Pablo_Steinberg, interviewé dans le documentaire.

      Pablo Steinberg est d’origine argentine, il est également le toxicologue du projet « #GRACE : GMO Risk Assessment and communication evidence », financé par l’UE :

      GRACE was a project funded under the EU Framework 7 programme and undertaken by a consortium of EU research institutes from June 2012 - November 2015. The project had two key objectives:

      I) To provide systematic reviews of the evidence on the health, environmental and socio-economic impacts of GM plants – considering both risks and possible benefits. The results are accessible to the public via an open access database and other channels.

      II) GRACE also reconsidered the design, execution and interpretation of results from various types of animal feeding trials and alternative in vitro methods for assessing the safety of GM food and feed.

      The Biosafety Group was involved in the construction of the central portal and database (CADIMA; Central Access Database for Impact Assessment of Crop Genetic Improvement Technologies) that managed the information gathered in the pursuit of the two objectives and in the dissemination of information.

      http://biosafety.icgeb.org/projects/grace

      La conférence finale de présentation du projet GRACE a été organisée à Potsdam... un 9 novembre... date-anniversaire de la chute du mur...
      Voici ce que #Joachim_Schiemann, coordinateur du projet, dit à cette occasion (je transcris les mots prononcés par Schiemann dans le reportage) :

      « Nous aussi, avec nos activités, nous essayons d’abattre certains murs et de faire bouger certaines positions qui sont bloquées. Je trouve que c’est très symbolique d’avoir organisé cette conférence à Potsdam, à proximité de Berlin et des vestiges du mur »

    • Prof. Potrykus on #Golden_Rice

      #Ingo_Potrykus, Professor emeritus at the Institute of Plant Sciences, ETH Zurich, is one of the world’s most renowned personalities in the fields of agricultural, environmental, and industrial biotechnology, and invented Golden Rice with Peter Beyer. In contrast to usual rice, this one has an increased nutritional value by providing provitamin A. According to WHO, 127 millions of pre-school children worldwide suffer from vitamine A deficiency, causing some 500,000 cases of irreversible blindness every year. This deficiency is responsible for 600,000 deaths among children under the age of 5.

      https://blog.psiram.com/2013/09/prof-potrykus-on-golden-rice
      Ce riz, enrichi de #bêtacarotène pour pallier aux carences de #provitamine_A, a valu, à Monsieur #Potrykus, la couverture du Time, une première pour un botaniste :

    • Golden Illusion. The broken promise of GE ’Golden’ rice

      GE ’Golden’ rice is a genetically engineered (GE, also called genetically modified, GM) rice variety developed by the biotech industry to produce pro-vitamin A (beta-carotene). Proponents portray GE ’Golden’ rice as a technical, quick-fix solution to Vitamin A deficiency (VAD), a health problem in many developing countries. However, not only is GE ’Golden’ rice an ineffective tool to combat VAD it is also environmentally irresponsible, poses risks to human health, and compromises food security.

      https://www.greenpeace.org/archive-international/en/publications/Campaign-reports/Genetic-engineering/Golden-Illusion
      #rapport

    • #MASIPAG (#Philippines)

      MASIPAG a constaté que les paysans qui pratiquent la production agricole biologique gagnent en moyenne environ 100 euros par an de plus que les autres paysans, parce qu’ils ne dépensent pas d’argent dans des fertilisants et pesticides chimiques. Dans le contexte local, cela représente une économie importante. En plus, l’agriculture biologique contribue à un milieu plus sain et à une réduction des émissions de gaz à effet de serre. Malgré cela, le gouvernement philippin poursuit une politique ambiguë. En 2010, il a adopté une loi sur la promotion de l’agriculture biologique, mais en même temps il continue à promouvoir les cultures génétiquement modifiées et hybrides nécessitant le recours aux intrants chimiques. La loi actuelle insiste également sur une certification couteuse des produits bio par les tiers, ce qui empêche les #petits_paysans de certifier leurs produits.

      http://astm.lu/projets-de-solidarite/asie/philipinnes/masipag
      #paysannerie #agriculture_biologique

    • #AquAdvantage

      Le saumon AquAdvantage (#AquAdvantage_salmon® pour les anglophones, parfois résumé en « #AA_Salmon » ou « #AAS ») est le nom commercial d’un saumon transgénique et triploïde1.

      Il s’agit d’un saumon atlantique modifié, créé par l’entreprise AquaBounty Technologies (en)2 qui est devenu en mai 2016 le premier poisson génétiquement modifié par transgenèse commercialisé pour des fins alimentaires. Il a obtenu à cette date une autorisation de commercialisation (après son évaluation3) au Canada. En juillet 2017, l’entreprise a annoncé avoir vendu 4,5 tonnes de saumon AquAdvantage à des clients Canadiens qui ont à ce jour gardés leur anonymat4. L’entreprise prévoit de demander des autorisations pour des truites5, des tilapias 5 et de l’omble arctique génétiquement modifiés6.

      Selon les dossiers produits par AquaBounty à la FDA, deux gènes de saumons Chinook et deux séquences provenant d’une autre espèce (loquette d’Amérique) ont été introduits7, (information reprise par un article du New-York Times8 et un article scientifique évoquent aussi un gène provenant d’un autre poisson (loquette d’Amérique9). En 2010, AquaBounty, produirait déjà au Canada sur l’Île-du-Prince-Édouard les œufs de poissons destinés à des élevages en bassins enclavés à terre au Panama10 pour des poissons à exporter (alors que l’étiquetage n’est toujours pas obligatoire aux États-Unis)10.

      Ce poisson est controversé. Des préoccupations scientifiques et environnementalistes portent sur les risques d’impacts environnementaux à moyen et long terme, plus que sur le risque alimentaire. La FDA a considéré que la modification était équivalente à l’utilisation d’un médicament vétérinaire (hormone de croissance et modification transgénique)11 et a donc utilisé son processus (dit « NADA12 ») d’évaluation vétérinaire. Dans ce cadre, la FDA a conclu que ce poisson ne présentait a priori pas de risques pour la santé, et pouvait être cultivé de manière sûre. Mais en 2013, l’opportunité d’élever un tel poisson reste très contestée13 notamment depuis au moins 1986 concernant les risques qu’il pourrait poser à l’égard de l’environnement14, l’autorisation de mise sur le marché pourrait être à nouveau repoussée15.


      https://fr.wikipedia.org/wiki/AquAdvantage
      #saumon #saumon_transgénique #AquaBounty_Technologies

      Aussi appelé...
      #FrankenFish

  • « En 2016, la #pauvreté aura tué des dizaines de millions de personnes » : le constat terrifiant de Jean Ziegler - Le Vent Se Lève
    http://lvsl.fr/2016-pauvrete-aura-tue-dizaines-de-millions-de-personnes-constat-terrifiant-de-

    Les conséquences sociales de cet ordre mondial dominé par ces grandes puissances économiques glacent le sang : selon un rapport de la FAO, ce sont 58 millions de personnes qui sont mortes en 2015 à cause de la #faim, de la #soif ou de #maladies que l’on pourrait facilement soigner… Et ce, alors que les ressources mondiales et la technologie contemporaine permettraient que plus une seule personne sur terre ne meure de faim, de soif ou de maladies guérissables. « Un enfant qui meurt de faim meurt assassiné », conclut Jean Ziegler.
    Comment ce #capitalisme impitoyable s’est-il imposé ? Comment le rêve des fondateurs de l’ONU, celui d’un monde basé sur le droit et l’égalité des nations, a-t-il pu être brisé avec autant de #violence ?

    L’#impérialisme, bras armé du capitalisme mondialisé

    Selon Jean Ziegler ce capitalisme s’appuie sur l’interventionnisme des nations les plus puissantes de la planète, en particulier celui des Etats-Unis d’Amérique. Il cite Thomas Friedman, conseiller de Madeleine Albright, ambassadrice aux Nations Unies sous Bill Clinton : « Pour que la mondialisation fonctionne, l’Amérique ne doit pas craindre d’agir comme la superpuissance invisible qu’elle est en réalité. La main invisible du marché ne fonctionnera jamais sans poing visible ». Derrière l’Empire, le Capital.

    • C’est bien, j’ai du respect pour Ziegler et ses positions, mais il devrait de temps en temps lire et travailler de manière un peu plus méthodique pour éviter d’enfoncer des ports ouvertes (j’ai fait le même constat pour Jean-Christophe Victor concernant son interview un peu creuse de Libération en Décembre).

      en 2014, il hurlait au scandale des morts en méditerranée pour lesquels aucune statistiques n’existait et que personne ne s’en occupait (et qu’en gros il était le premier à dénoncer le truc)... ALors que plusieurs ONG dont United à Amsterdam ne faisait que ça toute la journée depuis le début des années 2000, en s’appuyant sur un réseau de 150 assoss sur le pourtour méditerranéen qui envoyaient les infos. Par ailleurs, Olivier Clochard de Migreurop a été le premier à cartographier ces morts en mer Méditerranée, en 1999.

      Donc la pauvreté qui tue, peut-être faut-il remonter aux années 1970 pour lire dans la littérature de l’époque les même constats. Ce qui ne veut pas dire qu’il ne faut plus en parler, au contraire, mais il n’est pas interdit de citer et prendre en compte le travail des précurseurs (et éventuellement de leur rendre un hommage mérité) pour rebondir dessus, compléter leur travail etc...

      Juste une mise au point.

  • Jean Ziegler : « Mon livre est une arme pour les opprimés »

    http://the-dissident.eu/11414/jean-ziegler-livre-arme-opprimes

    Jean Ziegler lors du Forum africain pour le Dialogue. Photo ONU

    Enseignant, sociologue, ex-rapporteur pour les Nations Unies, Jean Ziegler est l’un des poumons de la Suisse, ce pays encore dominé par l’opacité bancaire. Ses « Chemins d’espérance », parus aux éditions du Seuil, nous montrent la voie pour en finir avec ce qu’il appelle « l’ordre cannibale du monde ».

    Jean Ziegler : Dans le chapitre final, je parle des combats à venir que nous remporterons ensemble. Éliminer le droit de véto dans des confits où il y a crimes contre l’Humanité, comme aujourd’hui en Syrie. L’intervention humanitaire. L’abolition des sociétés-écrans. Comment arriver à cela ? L’axe essentiel, c’est la société civile. Les mouvements sociaux doivent exercer une pression continue sur les gouvernements. Pour que ces mouvements soient efficaces, il faut les alimenter avec des informations précises. Pour moi et d’autres qui sont directement dans la machine, notre première tâche est de créer la transparence. De fournir ces analyses à la société civile, aux mouvements sociaux pour qu’ils puissent organiser leur combat et forcer les gouvernements à changer leur politique.

    Lorsque vous avez rencontré Ernesto « Che » Guevara à Genève, il vous aurait dit : « C’est ici que tu devras combattre le monstre ».

    « C’est ici le cerveau du monstre. C’est là que tu es né. C’est là où tu dois combattre. » Il a refusé que je reparte avec lui. J’ai été évidemment très profondément blessé. Je me suis dit : « Il me prend pour un petit bourgeois inutile ». Ce qui était probablement le cas (Jean Ziegler est le fils d’un président de tribunal à Thoune dans le canton de Berne, ndlr). Mais, en fait, rétrospectivement, il m’a sauvé la vie. S’il m’avait dit : « Viens avec nous », parmi cette délégation de 12 personnes, comme je suis nul militairement, je serais depuis très longtemps enterré dans une fosse commune au Guatemala, au Vénézuela ou en Bolivie. Tandis que comme député de la Confédération, professeur à l’Université, auteur, rapporteur de l’ONU, j’ai pu grâce à l’intégration subversive alimenter la critique radicale et la conscience publique de cet ordre cannibale du monde.

    https://www.youtube.com/watch?v=BALMqzf3-yk

  • Ces fonds vautours dont le métier est de ruiner des pays pauvres

    http://bibliobs.nouvelobs.com/idees/20161215.OBS2725/ces-fonds-vautours-dont-le-metier-est-de-ruiner-des-pays-pauvres

    Donegal International, FG Capital Management, Elliott Management : dans un essai pugnace, Jean Ziegler dénonce « l’ordre cannibale » imposé par quelques fonds d’investissement.

    La complexité supposée des choses est une stratégie. Elle confisque l’analyse au profit des experts. Le néophyte est prié de se sentir illégitime et de ne pas se mêler de questions trop compliquées. Le sociologue Jean Ziegler, ancien rapporteur à l’ONU pour les questions d’alimentation, montre, à l’inverse, que les choses sont souvent simples. Atrocement simples, même.

    Ainsi en 2011, à l’occasion de la parution de « Destruction massive. Géopolitique de la faim », il faisait savoir que la faim dans le monde était un crime consenti par les Etats riches : tous les êtres humains - tous - seraient nourris si chaque Parlement votait dès demain une loi interdisant la spéculation boursière sur les denrées de base comme le blé.

    Aujourd’hui, avec « Chemins d’espérance », admirable cours de vérités publiques, il désigne clairement deux tueurs : la dette et les fonds vautours. « Le service de la dette maintient les peuples de l’hémisphère sud en esclavage », écrit-il.


    Dans cette géopolitique obscène, absente hélas des débats préélectoraux, il accuse les fonds vautours, ces fonds d’investissement spécialisés dans le rachat de prêts aux pays pauvres à des fins de spéculation.

    Jean Ziegler connaît bien le système. Il a présenté un rapport en août au palais des Nations, à Genève. Un pays pauvre surendetté qui ne peut rembourser ses créanciers est déclaré en cessation de paiement. Le voici seul et vacillant face aux banques internationales pour négocier une réduction de sa dette. Les fonds rapaces rappliquent, rachètent les anciennes obligations à prix cassé. Puis des bataillons d’avocats engagent des procédures pour contraindre le pays pourtant ruiné et le peuple à l’agonie dans les bidonvilles à rembourser ces obligations à hauteur de 100% de leur valeur.

    Cet ordre cannibale du monde s’est imposé presque subrepticement, écrit-il. De très minces oligarchies capitalistes infiniment puissantes et échappant presque totalement à tout contrôle étatique, syndical, social, accaparent aujourd’hui l’essentiel des richesses de la planète et dictent leur loi aux Etats. »

    En 2015, 26 fonds vautours menaient 277 procédures devant 48 juridictions différentes contre 32 pays débiteurs. Dans 77% des cas, ils gagnent. Ces procès rapportent entre 300 et 2000% d’intérêts. Les juridictions britanniques et américaines sont les plus prisées.

    « Les fonds vautours tuent », écrit Jean Ziegler. Exemple parmi tant d’autres : la famine qui s’est déclarée au Malawi en 2002. Le gouvernement n’a pas pu nourrir sa population car pour payer sa dette de plusieurs dizaines de millions de dollars à un vautour, il a dû vendre toutes ses réserves de maïs - 40.000 tonnes.

  • INTERNATIONAL :: SOLIDARITÉ :: L’ONU, bien commun en péril
    http://www.lecourrier.ch/143807/l_onu_bien_commun_en_peril

    Le titre est trompeur. Dans « Chemins d’espérance », Jean Ziegler tire la sonnette d’alarme : l’ONU est au bord de l’abîme et, avec elle, le rêve d’un monde fondé sur les droits humains.

    C’est une déclaration d’amour. A la façon de Jean Ziegler, pleine d’emphase mais sincère. Lucide également. Ces Nations Unies au sein desquelles le sociologue genevois, ancien conseiller national et ex-ennemi No 1 des banques suisses, bataille depuis quinze ans, il en loue l’universalité, la charte – sa constitution démocratique –, la Déclaration universelle des droits humains – sa boussole. Dans son dernier ouvrage Chemins d’espérance1, Jean Ziegler dit son optimisme de voir une société planétaire, sous l’impulsion des ONG et des mouvements sociaux, se bâtir un avenir pacifié et solidaire, rompant avec ce « nouvel obscurantisme » qui veut confier la marche du monde aux « forces du marché ».

    #onu #conflits #géopolitique #jean_ziegler

  • « De tous les grands sociologues de notre temps, Georges Balandier est certainement le plus secret et le plus difficile à cerner », écrivait Jean Ziegler au sujet de l’ethnologue, père de l’expression « tiers-monde » (utilisée pour la première fois par Alfred Sauvy). Militant des luttes africaines, il fut un témoin engagé de la décolonisation sur le continent, au sujet duquel il consacra trois articles dans nos colonnes au milieu des années 1960.

    Georges Balandier des autres, par Jean Ziegler
    http://www.monde-diplomatique.fr/1977/10/ZIEGLER/34431 #st

    Les articles de Georges Balandier dans « Le Monde diplomatique »
    http://www.monde-diplomatique.fr/recherche?auteurs%5B%5D=Georges%20Balandier

    Voir la nécrologie que lui consacre Jean Copans dans Le Monde des livres http://lemonde.fr/disparitions/article/2016/10/05/la-mort-de-georges-balandier-sociologue-specialiste-de-l-afrique_5008603_338

    Georges Balandier a d’abord été l’analyste original d’une double conjoncture : celle de la situation coloniale, de sa contestation et, par la suite, de la décolonisation. Sa pensée foisonnante, libre de toute ascendance ou cooptation, tout en s’affirmant engagée, restait prudente dans ses prises de position politiques ou sociétales.

    Sa science sociale, tout à la fois anthropologique et sociologique, a cherché par la suite, au cours d’une seconde carrière après son départ à la retraite en 1985, à affronter les « turbulences » du temps présent, les innovations de la « sur-modernité », ce qui l’a conduit à devenir l’explorateur des « nouveaux Nouveaux Mondes » (expressions forgées initialement par ses soins). Ces Nouveaux Mondes (des biotechnologies, des réseaux numériques, de la mondialisation, mais aussi de la dissolution du lien social et politique et d’un individualisme extrême) ne pouvaient être repérés que par le recours au Détour (sous-titré « Pouvoir et modernité », 1985), un détour aux vertus proprement anthropologiques tant sur les plans conceptuels que méthodologiques.

    Lire aussi « C’était quoi, le tiers-monde ? », par Immanuel Wallerstein
    http://www.monde-diplomatique.fr/2000/08/WALLERSTEIN/1946

    Au lendemain de la seconde guerre mondiale, les anciennes colonies s’organisaient en « tiers-monde ». Courtisées par les deux Grands, elles entendaient échapper à la logique des blocs. En 1973, le relèvement du prix du pétrole va marquer leur apogée. Comment la roue a-t-elle pu tourner au point d’en transformer une partie en atelier de la délocalisation occidentale, une autre en zone d’appauvrissement ininterrompu ? Réalité sur laquelle les pays riches, réunis à Okinawa, viennent à nouveau de verser des larmes de crocodile.

    http://zinc.mondediplo.net/messages/38613 via Le Monde diplomatique

  • Jean Ziegler : « La tragédie des #réfugiés doit provoquer un sursaut mondial » | L’Humanité
    http://www.humanite.fr/jean-ziegler-la-tragedie-des-refugies-doit-provoquer-un-sursaut-mondial-598

    Selon de nombreuses ONG, la stratégie de l’UE est de créer l’effroi, espérant que moins de gens viendront. Comment peut-on laisser mourir des enfants pour espérer réduire le nombre de réfugiés, laisser les fascistes hongrois et slovaques monter des murs de barbelés, couper la route de la fuite, empêcher les demandes d’asile ? Le plus grand nombre de réfugiés se trouvent hors de l’Europe, en Turquie, au Liban, au Kenya, au Darfour. Ce que l’Europe a accepté est très peu par rapport au nombre global.
    Ce qui est urgent pour les forces progressistes, c’est sauver les gens qui meurent en mer, les gens qui sont refoulés devant les barbelés. L’UE perd sa crédibilité et le peu d’autorité morale qui lui reste

    #shame

  • Les Nouveaux Maîtres du monde de Jean Ziegler , première publication en 2002, réimpression la plus récente en août 2015 aux Editions « Points » Collection Essais.

    Préface (écrite en 2013) :

    ... en vue de la présente réédition je n’ai rien changé au texte original ni actualisé les chiffres ; ces derniers ont certes évolués durant les dix années écoulées, presque toujours dans le sens de l’aggravation...
    ... Un seul changement majeur est intervenu entre 2002 et 2012. La première version était conçue dans une perspective Nord-Sud.
    ... La situation aujourd’hui a évolué. Tandis que l’asservissement de nombreux peuples du Sud s’aggrave, la jungle gagne du terrain en Europe.
    ... Avec 420 millions de producteurs et de consommateurs, les 27 pays de l’Union Européenne abritent la puissance économique la plus considérable de la planète. Or celle-ci fragilise chaque année des millions de familles, jette dans l’angoisse et la misère des millions d’enfants, prive d’accès aux soins, de scolarisation, de sûreté personnelle, de travail, de dignité des millions de citoyens habitant sur son sol.

    Page 69, après une évocation de la situation au Congo Ziegler écrit, en critiquant l’idéologie néo-libérale en 2002 :

    La naturalisation de l’économie est l’ultime ruse de l’idéologie néo-libérale. Et cette naturalisation induit de nombreux méfaits. Notamment, par réflexe d’autodéfense et de repli, la naissance et le développement de mouvement « identitaires » dans de nombreuses collectivités....
    De tous les mouvements dont les acteurs ne se définissent que par certaines qualités objectives partagées, propres à leur servir de bouclier, de motif de distinction, de thème de résistance : l’ethnie, la tribu, le clan, la communauté d’origine, la religion etc. Le SDS (Serpska Demokratska Stranka), parti des Serbes de Bosnie, l’Opus Dei d’origine espagnole, la Fraternité d’Ecône (en Valais) de l’extrême droite catholique, la Hamas palestinien, le FIS algérien, le mouvement du défunt rabbin Meir Kahane en sont des exemples.

    On pourrait actualiser cette liste, je pense, en y mettant Daesh.

    #Jean-Ziegler #Etats-Unis #Refus-du-droit-international #Mondialisation #Economie #Idéologie

  • Olivier De Schutter : « Nous sommes extrêmement immatures dans notre manière de concevoir l’avenir de nos sociétés » - Basta !
    http://www.bastamag.net/Olivier-de-Schutter-Nous-sommes-extremement-immatures-dans-notre-maniere-d

    Si Jean Ziegler parle de « crime », c’est parce que ces morts sont évitables. La faim et la malnutrition sont des questions politiques : nous avons toutes les solutions techniques requises, mais nos gouvernements n’en font pas une priorité. Avec quelques décisions courageuses, le problème de la faim pourrait être résolu : en mettant en place des politiques beaucoup plus redistributives, en donnant la priorité à l’alimentation par rapport aux autres demandes adressées au secteur agricole, et en ayant une meilleure représentation des agriculteurs dans les choix politiques. On pourrait très vite résoudre ce problème qui nous hante.

    #alimentation #faim_dans_le_monde #industrie_alimentaire

  • Jean Ziegler choisit son camp : « Retournez les fusils ! » http://www.politis.fr/Jean-Ziegler-choisit-son-camp,28612.html

    "« Les capitalistes font aujourd’hui un maximum de profits en spéculant sur les aliments de base comme le riz, le maïs, le blé. Les prix explosent, et toutes les cinq secondes, un enfant de moins de dix ans meurt de faim. Aujourd’hui plus que jamais, il faut retourner les fusils. »"

  • Burning food crops to produce biofuels is a crime against humanity | Jean Ziegler | Global development | theguardian.com
    http://www.theguardian.com/global-development/poverty-matters/2013/nov/26/burning-food-crops-biofuels-crime-humanity

    Burning hundreds of millions of tonnes of staple foods to produce biofuels is a crime against humanity. Since 2007, the EU and US governments have given lavish support to agribusinesses to fill car fuel tanks with food – compulsory targets, and tax breaks and subsidies(pdf) worth billions annually. The result? Increased hunger, land grabbing, environmental damage and, ultimately, hundreds of thousands of lives lost.

    Next month David Cameron and other EU leaders have an opportunity to intervene to put a halt to this idiocy when they vote in Brussels on the future of biofuels policy. With one child under 10 dying from hunger and related diseases every five seconds, they must do so.

    It is ironic that biofuels are still promoted by some multinational corporations as an eco-friendly sustainable alternative to fossil fuels. Few, except those who directly profit from biofuels policies like the EU’s 10% target for renewable transport energy, believe there are any environmental or social benefits. The reality is just another form of reckless exploitation of resources. Producing one litre of biofuels, for example, requires 2,500 litres of water.

    #agrocarburant #alimentation #eau

  • Chasseurs de matières premières, lecture indispensable - Investig’Action
    http://www.michelcollon.info/Chasseurs-de-matieres-premieres.html

    http://www.michelcollon.info/client/cache/produit/_500____cover%20custers_49.png

    Mais quel lien y a-t-il donc entre ces achats au Nord et cette misère au Sud ? C’est ici que le livre de Raf Custers apporte un éclairage indispensable. Cuivre, aluminium, fer, plomb, cobalt, zinc, manganèse, bauxite, chrome, uranium, or et diamants proviennent surtout d’Afrique, et leur extraction crée à la fois une richesse fabuleuse et une misère impitoyable. Raf Custers se rend sur place sur place et nous fait comprendre comment.
     
    Chasseurs de matières premières, nous le voyons comme une pièce qui doit absolument figurer dans votre dossier personnel « Puis-je faire quelque chose contre la faim, contre la pauvreté, pour la solidarité ? » Une pièce qui donne tout son sens aux recherches et à la colère de Jean Ziegler concernant la faim dans le monde, ses causes et la responsabilité des multinationales. Jean m’en a parlé : « Les chiffres sont catastrophiques. Toutes les cinq secondes, un enfant meurt de faim. 47.000 personnes meurent de faim tous les jours. Alors que l’agriculture mondiale dans l’état actuel de son développement pourrait nourrir sans problème douze milliards d’êtres humains ! Un enfant qui meurt de faim, au moment où nous parlons, est un enfant assassiné. Sur le plan de la lutte contre la faim, l’échec est total. »[2] Mais ce livre donne aussi tout son sens à mes recherches personnelles : pourquoi l’Amérique latine est-elle pauvre et quel espoir de libération apporte l’expérience d’Hugo Chavez, Evo Morales et d’autres…[3]

    Nous sommes traumatisés, on peut le dire, par cette pauvreté qui persiste et même s’aggrave, en dépit des promesses les plus solennelles. Nous sommes angoissés par ce chiffre impitoyable : un milliard d’êtres humains souffrent aujourd’hui de la faim. Plus que jamais dans l’histoire de l’humanité ! Et donc nous sommes tous deux extrêmement soucieux de voir s’engager plus de forces encore dans cette bataille contre des règles économiques meurtrières, contre une concurrence aveugle qui pousse inexorablement à détruire la Nature et les hommes.

    #Cuivre #aluminium #fer #plomb #cobalt #zinc #manganèse #bauxite
    #chrome #uranium #or #diamants proviennent surtout d’ #Afrique
    #pillage
    #faim
    #pauvreté
    #Raf_Custers

  • #Jean_Ziegler provoque des remous sous la Coupole
    http://www.letemps.ch/Page/Uuid/898b1a40-09ca-11e3-a25d-9bfba368c787|0

    La candidature de Jean Ziegler comme expert au comité consultatif du Conseil des droits de l’homme de l’ONU continue à faire parler d’elle. Ou plutôt son « soutien » par le Conseil fédéral. Mardi, la Commission de politique extérieure du Conseil national a décidé, par 12 voix contre 10 et deux abstentions, de faire savoir qu’elle jugeait ce soutien « inadéquat ».

    Il dit trouver « bizarre » que la commission « perde son temps » sur ce dossier, « alors qu’elle n’est pas habilitée à se prononcer sur ce type de nomination ». « Je suis l’objet d’une campagne de diffamation de UN Watch depuis onze ans, depuis la présentation de mon rapport dénonçant la sous-alimentation des enfants dans les territoires occupés. Lüscher et ses amis sont téléguidés par UN Watch et par les Américains ! » ajoute celui qui a été rapporteur des Nations unies pour le droit à l’alimentation de 2000 à 2008. L’ambassadrice des Etats-Unis auprès des Nations unies à New York a, dans un tweet, elle aussi, qualifié sa candidature d’inadéquate.

    • Polémique inadéquate

      La commission de politique extérieure du Conseil national a jugé hier « inadéquat » le soutien du gouvernement suisse à l’un de ses rares experts onusiens. A une courte majorité, les commissaires ont ainsi tenté de savonner la planche du sociologue genevois Jean Ziegler, candidat à un second mandat au comité consultatif du Conseil des droits humains. Démontrant une fois de plus qu’en Suisse le sectarisme politique est bel et bien l’apanage d’une certaine droite.

      http://www.lecourrier.ch/113054/polemique_inadequate

  • La leçon de géographie

    « Je vais vous donner l’eau par ordre alphabétique ! »

    J’ai vu Joël Lokossou dans la pièce de théatre « J’habite une blessure sacrée » écrite et mise en scène par Mireille Perrier d’après un livre de Jean Ziegler. C’était en novembre 2012 à la maison des métallos, nous avons beaucoup discuté après le spectacle, puis les discussioons se sont poursuivies au café, et dans le métro où il m’a récité du Césaire. C’était magique, J’ai été charmé.

    La pièce était accompagnée d’une exposition d’esquisses cartographiques ("cartes en colères") à l’entrée de la salle. Des cartes qui résonnaient avec la pièce.

    Ce soir, je trouve enfin la pièce dont il m’a parlé, « la leçon de géographie », il y a un extrait de deux minutes qui ensoleillera votre nuit. A voir à l’Avant-scène, le théâtre de colombe en mai 2013.

    http://www.lavant-seine.com/Spectacle_LA%20LECON%20DE%20GEOGRAPHIE_29

    Théâtre
    Joël Lokossou
    De : Fritz Bell
    Mise en scène : Moudjibath-Daouda Koudjo, Erick-Hector Hounkpe

    “ Notre planète est couverte de trois quarts d’eau pour un quart de terre ”. Que peut représenter une telle affirmation pour les écoliers d’un petit village d’une zone désertique africaine ? Dispensée avec malice par Joël Lokossou, cette leçon évite clichés et morale pour nous parler avec simplicité de notre monde en évolution, de ses injustices certaines et de son avenir pas si certain. Dans un dispositif scénique sobre, le talent du comédien se déploie et se fond avec aisance dans les différents personnages. Captivé par l’énergie du professeur, on apprécie l’urgence de ses interrogations et l’intelligence de les poser sous couvert du théâtre et de l’humour.

    Avec : Joël Lokossou
    Production : Passage Production, Kauris d’Afrik - Bénin

  • Les vainqueurs du prix Pinocchio 2012
    Lesieur, Bolera, Areva... et Vinci
    http://www.amisdelaterre.org/ppdd2012.html

    Lesieur a reçu le prix « Plus vert que vert » avec 38 % des votes pour sa campagne publicitaire « Aidons l’Afrique : une bouteille d’huile Lesieur achetée, une bouteille envoyée », illustrant l’engagement du groupe français en matière d’aide aux populations africaines souffrant de famine. Pourtant, Lesieur, via sa maison mère Sofiprotéol, est l’un des plus importants producteur et promoteur de l’industrie des agrocarburants, qualifiée de « crime contre l’Humanité » par Jean Ziegler, ancien rapporteur des Nations unies pour le droit à l’alimentation. Entre 2002 et 2008, près de 75 % de la hausse des prix alimentaires serait en effet imputable aux mouvements financiers spéculatifs utilisant les politiques de soutien aux agrocarburants dans l’Union européenne et aux États-Unis.

    Bolera Minera, une joint venture formée par les groupes Bolloré et Eramet l’emporte dans la catégorie « Une pour tous, tout pour moi » avec 35 % des votes. L’entreprise a obtenu en 2010 un permis d’exploration pour la recherche de lithium en Argentine, dans une région où vivent 33 communautés indigènes. S’estimant lésées dans leur droits à être consultées et à décider de leur propre développement, tel qu’inscrit dans le droit argentin, ces communautés se sont mobilisées : une plainte a été déposée devant la Cour Suprême d’Argentine à l’encontre des gouvernements locaux censés assurer l’effectivité des droits de ces communautés, ainsi qu’auprès du Rapporteur spécial des Nations unies sur les droits des peuples autochtones, qui en juillet 2012, a émis un rapport pointant du doigt les impacts socio-environnementaux de l’exploitation du lithium dans la région de Salinas Grandes.

    Avec 45 % des votes, Areva remporte le Prix Pinocchio dans la catégorie « Mains sales, poches pleines ». Refusant de reconnaître sa responsabilité dans la dégradation des conditions de vie des populations vivant à proximité de ses mines d’uranium en Afrique et pour le décès d’un de ses ex-salarié par cancer du poumon, le groupe nucléaire français serait également impliqué dans un gigantesque montage financier litigieux en vue d’obtenir le marché de construction de centrales nucléaires en Afrique du Sud.

    Lors de cette cérémonie de remise, les Amis de la Terre ont exceptionnellement décidé de remettre un Prix Pinocchio d’honneur. Lauréat l’année dernière dans la catégorie « Plus vert que vert », et de nouveau nominé cette année, Vinci ne pouvait être exempt de toute récompense.

  • Quelques livres de Jean Ziegler à lire rapidement.

    http://www.openworlds.org/livres.php

    Rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l’alimentation de 2001 à 2008, Jean Ziegler est aujourd’hui vice-président du comité consultatif du Conseil des droits de l’homme de l’ONU. Professeur émérite de sociologie à l’Université de Genève, il a consacré l’essentiel de son œuvre à dénoncer les mécanismes d’assujettissement des peuples du monde. Récemment : L’Empire de la honte (2005) et la Haine de l’Occident (2008).

    Destruction massive - Géopolitique de la faim

    Toutes les cinq secondes un enfant de moins de dix ans meurt de faim, tandis que des dizaines de millions d’autres, et leurs parents avec eux, souffrent de la sous-alimentation et de ses terribles séquelles physiques et psychologiques. […]

    Mais l’espoir est là, qui s’incarne dans la résistance quotidienne de ceux qui, dans les régions dévastées, occupent les terres et opposent le droit à l’alimentation à la puissance des trusts agro-alimentaires. Ils attendent de nous un indéfectible soutien.

    Éditeur : Seuil,
    Date de parution : 13/10/2011,
    ISBN-10 : 202106056X
    ISBN-13 : 978-2021060560
    Prix : 20 € TTC.

    La haine de l’Occident

    Jean Ziegler est frappé par l’hostilité de principe que les peuples du Sud manifestent à l’endroit de ceux du Nord. Jusqu’à rendre parfois impossible l’adoption de certaines mesures d’urgence en faveur des plus démunis.

    Comment contraindre le nouvel ordre du capitalisme mondialisé à cesser de soumettre le reste du monde à sa domination meurtrière, et conduire l’Occident à assumer ses responsabilités ?

    Éditeur : Albin-Michel / poche,
    Date de parution : octobre 2008
    ISBN-10 :
    ISBN-13 : 9782226186935 (Albin-Michel) / 9782253129899 (poche)
    Prix : 20.30 € (Albin-Michel) / 7,10 € (poche)

    L’Empire de la honte

    Nous assistons aujourd’hui à un formidable mouvement de reféodalisation du monde, à la mise en coupe réglée des peuples de l’hémisphère Sud par les grandes sociétés transcontinentales. Deux armes de destruction massive sont à l’œuvre : la dette et la faim. Par l’endettement, les États abdiquent leur souveraineté ; par la faim qui en découle, les peuples agonisent et renoncent à la liberté. Oui, c’est bien l’empire de la honte qui s’est mis subrepticement en place sur la planète.

    Éditeur : Fayard / poche,
    Date de parution : 28/11/2007
    ISBN-10 :
    ISBN-13 : 9782213623993 (Fayard) / 9782253121152 (Poche)
    Prix : 20,30 € (Fayard) / 6,60 € (poche)

    #JeanZiegler #Malnutrition #famine #faim #spéculation #génocide

  • Quand le riz devient un produit financier | Jean Ziegler (Le Monde diplomatique)
    http://www.monde-diplomatique.fr/2012/02/ZIEGLER/47426

    Pour son entrée en fonctions, au début de janvier, le nouveau directeur général de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, M. José Graziano da Silva, a promis d’augmenter les ressources destinées à l’Afrique, la « priorité » de son mandat. Mais au-delà de l’aide ponctuelle — nécessaire —, il faudrait soustraire les matières premières agricoles au système de spéculation, comme le proposent des économistes. (...) Source : Le Monde diplomatique