person:jean-jacques urvoas

  • Nord : Non à l’ouverture d’un établissement pénitentiaire à #loos
    https://nantes.indymedia.org/articles/44514

    Nord : Non à l’ouverture d’un établissement pénitentiaire à Loos Appel à résistance contre la prison et son monde samedi 9 février 2019 La Ministre #de la Justice Nicole Belloubet a annoncé courant 2018 la création d’un Plan Prison. L’objectif : construire de nouveaux #centres pénitentiaires pour contrer le manque de place dans les taules françaises, et par conséquent enfermer toujours plus de monde dans ces espaces de privation de liberté. Ce sont 15 000 nouvelles places qui doivent voir le jour au total, dont 7 000 d’ici 2022. Le précédent Ministre de la Justice, Jean-Jacques Urvoas, avait lui aussi développé, en 2017, un programme de construction prévoyant 24 nouvelles #prisons et 10 000 places supplémentaires.

    #Répression #contrôle #social #/ #rétention #précarité #actions #directes #anti-repression #immigration #sans-papieres #frontieres #exclusion #chômage #Répression,contrôle,social,/,prisons,centres,de,rétention,précarité,actions,directes,anti-repression,immigration,sans-papieres,frontieres,exclusion,chômage


  • Les Baumettes, deux taules à angles morts - Libération
    http://www.liberation.fr/france/2018/04/11/les-baumettes-deux-taules-a-angles-morts_1642700

    « Libération » s’est rendu dans la prison « historique » de Marseille, symbole de vétusté et d’inhumanité, qui fermera ses portes en juin, ainsi qu’aux Baumettes 2, inaugurées en 2017. Ce centre pénitentiaire, présenté comme « moderne et digne » mais déjà engorgé, est loin d’améliorer les conditions de vie des détenus et le travail des gardiens.

    Dans le jargon, on appelle ça un « moulon ». Dans les faits, cela signifie qu’un homme a été lynché à mort. C’est ainsi que Ramses Aly Elsayed, 21 ans, a perdu la vie en décembre dans la cour des Baumettes 2 (B2) à Marseille. Le premier homicide dans un établissement flambant neuf (lire page 19). On repense aux mots enthousiastes du directeur interrégional des services pénitentiaires lors de l’inauguration, en mai 2017 : « Les détenus vont changer de siècle. » C’est plutôt une mise à mort moyenâgeuse qui a été filmée en direct par les caméras de surveillance. Sans que personne ne soit en mesure de l’empêcher. Sans qu’elle ne suscite de réactions outragées. Sans qu’elle ne provoque de remise en cause interne. Exactement du même type que celles qui ont pu se dérouler par le passé dans les angles morts de la prison voisine et quasi ancestrale des Baumettes historiques (BH).

    Pour quelques mois encore, ce sont deux mondes qui se dressent côte à côte avec, d’une part, BH, prison mythique devenue le triste symbole de la vétusté et de l’inhumanité, qui fermera ses portes dans quelques semaines et, de l’autre, B2 « moderne et digne », fleuron de ces établissements rutilants censés remédier à la surpopulation. Autrement dit, les #Baumettes, bouillon de misère. Et les Baumettes coquettes. En enquêtant sur cette hydre bicéphale, Libération a voulu questionner la façon dont on incarcère, le poids de l’architecture sur le sens de la peine, les conséquences de la surpopulation sur la vie des détenus. Sur les pas du député Gauche démocrate et républicaine (GDR) des Bouches-du-Rhône, Pierre Dharréville, nous sommes entrés dans le centre pénitentiaire afin de mieux en comprendre le fonctionnement et les difficultés. Comment peut-on encore y mourir en 2018 ? En parallèle, nous avons œuvré à découvrir ce qu’il est impossible de voir lors de la visite d’un élu : la peur derrière les portes ou le mal-être derrière les poignées de main. Plusieurs des témoins rencontrés hors visite officielle seront cités de manière anonyme.

    « Cache-misère » aux Baumettes historiques

    Au commencement, il y a cette situation géographique hors du commun qui pourrait passer pour une insolence de l’architecte : l’établissement a été construit dans les années 30, à proximité des calanques de Morgiou, dans un décor extérieur aussi grandiose que l’intérieur est aujourd’hui miséreux. Le directeur actuel, Guillaume Piney, récapitule : « Les Baumettes historiques ont pu accueillir jusqu’à 2 000 détenus, aujourd’hui ils sont moins de 600, tous condamnés. Ils sont dans des conditions mauvaises, disons qui ne correspondent pas aux standards acceptables… » Un euphémisme pour désigner un cauchemar long de quatre-vingts ans. Les Baumettes historiques fermeront leurs portes en juin - des transferts sont prévus vers d’autres établissements pénitentiaires de la région tels que Draguignan ou Aix-Luynes 2 - pour laisser place à Baumettes 3 (B3) à l’horizon 2021. Une façon de rayer l’abomination du paysage. Celle qui n’a cessé de susciter des constats alarmistes. Celle dont un surveillant disait dans Libé, en décembre 2012 : « C’est la pire prison que j’ai vue, et de très loin. La taule, c’est la taule : il n’y a rien de mieux pour casser un mec. Mais si, en plus, il débarque ici pour une première peine, c’est terrible. Ce n’est pas humain. »

    En 1991, le Comité de prévention de la torture dénonçait « un traitement inhumain et dégradant » des détenus. En 2006, le Conseil de l’Europe parlait « d’endroit répugnant » dont la rénovation « ne peut plus attendre ». En 2012, le contrôleur général des lieux de privation de liberté, Jean-Marie Delarue, ressortait d’une visite profondément choqué par la crasse, les cafards et le délabrement. A tel point que fin 2012, le tribunal administratif de #Marseille condamnait l’Etat à faire des travaux de grande ampleur. « Ils n’ont pas été faits : ils ont juste rajouté des cloisons pour séparer les toilettes du reste de la cellule ou mis un coup de peinture par-ci, par-là », insiste Amid Khallouf, coordinateur sud-est de l’Observatoire international des prisons (OIP). « Du cache-misère », confirme Olivier, surveillant CGT, en poste depuis 1995.

    On le croit aisément en gravissant les escaliers décatis qui mènent au second étage du bâtiment A, où étaient initialement enfermés les détenus incarcérés pour des infractions à caractère sexuel. En haut, quelques mots sont inscrits au feutre noir sur un mur blanc : « J’aimerais être un corbeau, je suis mal dans ma peau. » Désormais, il ne reste plus que 37 détenus en attente de leur transfert vers le bâtiment B, « en moins mauvais état », selon le directeur. Pas de surveillant. Pas de vie. Pas de bruit. A part un léger écho de rap qui émane du bout de la coursive, il règne une ambiance de fin du monde. Lorsque Pierre Dharréville demande à s’entretenir avec un détenu, l’une des portes en bois s’ouvre sur ce qui relève davantage d’un cachot.

    Des couvertures sont disposées en guise de paravent pour masquer la vue depuis l’œilleton. Apparaît un homme de 19 ans, cheveux bruns bouclés, jogging gris et tee-shirt rayé, debout devant une plaque chauffante allumée qui fait office de calorifère. Un lit triple rappelle des temps où trois détenus étaient entassés dans ces 8 m2. « Comment se passe la vie en détention ? » questionne l’élu. « C’est dur », souffle le garçon aux traits adolescents expliquant qu’il dort avec sa veste tellement il a froid. « Vous pensez que ça sert à quelque chose ? » « Ça fait réfléchir à ce qu’il ne faut pas faire », réplique-t-il, bon élève. Quand il sortira, dans une semaine environ, il voudrait « travailler, avoir des enfants et une maison, comme tout le monde ». « Qu’est-ce qui est le plus dur ? » insiste Pierre Dharréville. « C’est de rester là. » La porte se referme.

    Cellule « cercueil » et « bains de sang »

    Avant la visite, Libération a pu entrer en contact par téléphone avec S., également incarcéré au bâtiment A avec les derniers Mohicans de cette taule d’un autre âge. Hors de la présence de la délégation, il parle plus librement. Désormais seul en cellule, il évoque « la peinture gonflée et les taches d’humidité », « les fils qui pendent partout et auxquels tu t’électrocutes ». Puis résume en quelques mots : « Les gens appellent ma cellule "le cercueil" parce que le plafond est arrondi comme dans un cercueil. » La référence n’est pas fausse tant les Baumettes sont le fruit d’une architecture moralisatrice et répressive héritée du XIXe siècle, qui forge les prisons comme un lieu d’expiation. S. ne cesse de dire qu’il « a peur », raconte les couteaux qui tournent « partout ». « C’est la prison la plus dangereuse que je connaisse et j’en ai fait quelques-unes, ajoute-t-il, d’une voix quasiment éteinte. Il y a eu des morts et des morts, elle est hantée. » Il a été témoin de « bains de sang » dans les douches collectives constellées de moisissures et surnommées « Apocalypse Now » tant elles sont devenues le lieu de règlements de comptes. Interrogée par Libération, une intervenante dans une association confirme la violence endémique : « J’ai rencontré des victimes de "moulons" dont un jeune homme avec une béquille. Il s’est pris un coup de couteau en promenade. Certains détenus restent tétanisés dans leur cellule, ne sortent plus, même pour prendre une douche. »

    Au tournant des années 90, l’arrivée des caïds des cités a profondément bouleversé les rapports hiérarchiques. Fini le temps où régnaient les grands noms du milieu phocéen : « Mémé » Guérini, Tany Zampa, Francis le Belge. « J’ai 60 ans. On était des hommes d’honneur. Aujourd’hui les jeunes de quartiers n’ont plus de loi ni de morale. Ils sont capables de vous tuer pour un rien », relate un ancien détenu « fiché au grand banditisme » contacté par téléphone. Il conserve le même souvenir cuisant de son passage aux Baumettes en 2011. « J’étais à l’isolement. J’ai vécu avec des détritus et des rats, les douches sur le palier. C’est un monde à part. Rien que l’odeur pestilentielle qui vous saisit… »

    De son côté, S. sera prochainement transféré vers le bâtiment B en attendant la fermeture de l’établissement. « Là-bas, ils se tuent pour un paquet de cigarettes. Des gens se balafrent tous les jours pour un rien », s’effraie-t-il. Quant aux conditions d’incarcération, elles n’y sont guère meilleures : « Les cellules sont complètement crasseuses. Je nettoie le sol, il y a des cafards. J’ai même trouvé des rats dans une poubelle, c’est écœurant, je n’ai jamais ressenti ça, ajoute-t-il. On est traité comme des animaux ici. Je comprends que les gens recommencent quand ils sortent. Moi, ce n’est pas uniquement ma liberté qu’ils m’ont enlevée, c’est tout le reste. »

    Aux Baumettes 2, « tout est compliqué »

    Désormais, tous les regards sont tournés vers les Baumettes 2, qui regroupent l’intégralité des services : l’unité de soin, les parloirs, la bibliothèque, la salle de sport… Depuis BH, on accède à l’avenir carcéral par un long tunnel en béton gris, sorte de voyage dans le temps qui s’achève dans un halo de lumière. Le contraste est saisissant : ici, les murs sont blancs et verts pomme, entourés de quelques timides bosquets. On entend des cris d’une fenêtre à l’autre, on voit les « yoyos » constitués de bouts de draps qui flottent au vent. L’intérieur exhale l’hôpital avec son sol en lino jaune, ses portes colorées et ses vastes coursives épurées. Même l’acoustique est différente : les bruits sont faibles, presque étouffés. Pierre Dharréville sourit en évoquant la série de science-fiction Trepalium qui met en scène une société où les chômeurs et les actifs sont séparés par un mur. Ici, on est censés être du « bon côté ».

    Lors de l’inauguration, l’ancien garde des Sceaux, Jean-Jacques Urvoas, a souligné qu’on « respecte la philosophie de la peine » : « Payer sa dette mais surtout avoir un temps pour se reconstruire pour revenir dans la société. » En filigrane, la célèbre phrase de Valéry Giscard d’Estaing : « La prison, c’est la privation de la liberté d’aller et venir et rien d’autre. » Pas l’effroi et la terreur, pas la privation de dignité, pas les cellules « cercueil ».

    Même les architectes des Baumettes nouvelle génération évitent d’employer le champ lexical de l’enfermement. Sur le site du projet, il est écrit : « L’air, l’espace et la lumière naturelle sont le fer de lance du parti architectural de ce projet. C’est une prison qui respire. » Il n’est pas certain que les détenus massés à deux dans 8 m2 soient du même avis… A B2, ils sont en effet 850 prévenus - c’est-à-dire en attente de leur procès - pour 573 places. Olivier, surveillant CGT, précise : « A l’origine, le principe de l’encellulement individuel devait prévaloir. Sauf que dès que ça a ouvert, les cellules étaient déjà doublées… » Le directeur, lui, a une formule qui résume bien la situation : « Une maison d’arrêt est un hôtel qui n’affiche jamais complet. » Ici, progrès notable, les douches sont dans les cellules. Celles-ci sont rutilantes avec étagères intégrées, lits superposés - à la place des lits simples - et un petit bureau au vernis jaune criard. Soit un style « camping-car » pour reprendre les termes d’Olivier. Mais, à deux détenus dans un espace aussi confiné, l’atmosphère devient étouffante. Il ne reste aucun endroit pour circuler, obligeant chacun à rester allongé sur son lit. Derrière une porte, D., avec ses lunettes rafistolées, son jogging bleu et son air perdu, explique à Pierre Dharréville que « ça se passe très mal ». « C’est le souk dans ma tête », lance-t-il en jetant un regard éperdu autour de lui. En larmes, il se désole : « Regarde comme c’est petit ! » Lors de la visite, Olivier précise : « Environ 30 % des détenus souffrent de problèmes psychiatriques. Ces gens n’ont pas leur place en prison. »

    Comme pour illustrer les statistiques, un jeune homme, l’air hagard derrière ses lunettes rondes, erre dans un couloir en attendant un rendez-vous médical. Il murmure qu’il est incarcéré avec de « faux détenus juste là pour la castagne ». Il y a aussi cet autre prisonnier devenu paranoïaque entre les murs : « Un détenu menace ma famille, il veut me tuer. Je suis observé dans ma cellule, on regarde tout ce que je fais tout le temps », dit-il. Tous les personnels interrogés dépeignent une prison « déshumanisée », « mal pensée ». « Certes, c’est neuf, il n’y a pas de bruit et tout est propre. Mais il n’y a plus de vie collective pour les surveillants. Et tout est compliqué, le moindre déplacement prend un temps fou. On a complètement perdu le côté humain des Baumettes historiques », déplore Olivier. Il n’y a qu’à voir la promenade sans table ni banc. Ou les nombreux sas de sécurité, les traversées infinies, les boutons qui ne répondent pas, les détenus qui poireautent de longues heures en salle d’attente. Une infirmière s’agace aussi : « On travaillait mieux aux Baumettes historiques, on était au cœur de la détention. Là on est en dehors, complètement coupés. Certes il n’y a pas de bruits de clés et de hurlements mais on ne sait plus ce qu’il se passe. »

    Certains lancent de sombres prophéties : à voir le délitement galopant des lieux, dans dix ans, B2 ne vaudra pas mieux que BH. Au gré de la visite, les malfaçons sautent aux yeux : des bassines au sol recueillent l’eau qui goutte, une porte en placo a été défoncée par un coup de poing, une large tache d’humidité s’étend au plafond. Et puis il y a toutes celles que l’on ne voit pas : pendant longtemps, les détenus n’ont pas eu d’eau chaude, il y a eu une inondation dans la salle informatique, une autre dans les parloirs dédiés aux familles, les serrures électriques tombent régulièrement en panne. « Il y a encore des problèmes d’eau chaude. On n’est pas entré dans une phase contentieuse avec le fabricant mais c’est complexe, explique Guillaume Piney, le directeur. C’est méritoire de vouloir faire de l’architecture moins carcérale mais là, ça pose quelques problèmes… » Des voix dénoncent plus prosaïquement l’utilisation de « matériaux de merde ». « Il a fallu changer toutes les cartes mères des ascenseurs parce qu’ils ont pris les premiers prix, explique Lyriane, surveillante CGT. On passe notre vie à attendre derrière les grilles. Tout est beaucoup plus long. » Une éducatrice souligne qu’elle met vingt minutes à atteindre son bureau depuis l’entrée, le temps de passer tous les sas, douze au total. Dans un courrier datant de mai 2017 que Libération a pu consulter, un avocat alertait le bâtonnier sur les multiples dysfonctionnements des parloirs au lendemain de l’ouverture : les détenus qui n’arrivent jamais à destination, le nombre insuffisant de places en salle d’attente et la pièce « conçue en dépit du bon sens ». Les conseils sont en effet enfermés avec leurs clients dans des boxes sans fenêtre « au détriment de toute règle d’hygiène et de sécurité ».

    Quant aux surveillants, ils ne sont pas suffisamment nombreux pour gérer à la fois les mouvements internes et le standard téléphonique pour les parloirs. « On est un peu en tension pour faire tourner les vieilles Baumettes et B2 mais cela devrait s’arranger », justifie Guillaume Piney. Le personnel semble plus sceptique. « On a une nouvelle structure mais on a gardé le fonctionnement de l’ancienne. Moi, j’ai vingt-cinq ans d’ancienneté, aujourd’hui, je dirais aux jeunes de se barrer, les pouvoirs publics n’ont rien compris », s’agace David, surveillant CGT. Tous décrivent un quotidien marqué par une hausse de la violence et les affres du sous-effectif. Lyriane, qui travaille en prison « depuis des décennies », parle d’une « nouvelle génération de détenus qui n’a plus le respect de l’uniforme », d’un jeu de « poker menteur » où elle « feint d’avoir de l’assurance » : « Un jour, en rentrant de la promenade, un détenu a foncé vers moi. Et là, j’ai pensé : "s’il me choppe à la carotide, c’est fini". Tous les agents sont isolés dans leur secteur. Si on utilise l’alarme, on sait bien que personne ne va arriver, on n’est pas assez nombreux. »

    Libération a pu lire le contenu d’un conseil de discipline qui retranscrit une scène presque banale. C’est le détenu E. qui raconte la promenade du 4 août 2017 au quartier hommes de la maison d’arrêt : « Ils me sont tombés à plusieurs dessus, j’ai été roué de coups, je n’ai rien compris. » D’après le compte rendu, deux détenus l’ont attendu dans un coin avant de lui porter un coup à la tête, puis « un enchaînement de coups de poings et de pieds ». Il a été entièrement déshabillé, frappé à nouveau au visage et traîné par terre par les cheveux. « Le détenu E. s’est ensuite présenté, nu, devant l’entrée de la cour pour pouvoir être évacué. » Ramses Aly Elsayed, quant à lui, ne s’est jamais relevé lorsqu’il a été tabassé en décembre.

    « Dans quel état les gens vont ressortir d’ici ? »

    Ce n’est peut-être pas un hasard si l’architecte a choisi de placer la statue de la « colère » - parmi celle des sept péchés capitaux qui ornent la façade - à côté de la porte de la prison. C’est cette étrange pythie qui accueille et salue le visiteur, celle qui verra partir Pierre Dharréville « avec beaucoup de questions ». « La situation des Baumettes historiques est profondément révoltante, c’est insupportable. La perspective qu’elles soient fermées est rassurante mais qu’on ait tenu jusque-là est indigne de la condition humaine. La vraie question, c’est le sens de la peine et ce qu’elle produit : dans quel état les gens vont ressortir d’ici ? »

    Bientôt, des murs tomberont et d’autres les remplaceront. BH disparaîtra pour laisser place aux Baumettes 3. « En 2022, l’intégralité du site, qui par sa capacité constituera le troisième centre pénitentiaire de France, sera rénovée, offrant ainsi des conditions de détention plus dignes et des conditions de travail améliorées pour le personnel pénitentiaire » , promet déjà la brochure du ministère.
    Julie Brafman Envoyée spéciale à Marseille Photos Olivier Sarrazin. Hans Lucas

    Très bon article. Les photos sont à voir dans l’article.
    #prison #administration_pénitentiaire


  • L’affaire Urvoas ou la justice soumise
    https://www.mediapart.fr/journal/france/151217/l-affaire-urvoas-ou-la-justice-soumise

    Jean-Jacques Urvoas, alors ministre de la justice, le 8 mars 2016, à l’Assemblée nationale. © Reuters L’affaire Urvoas, du nom de cet ancien ministre de la justice qui a transmis à un député une note confidentielle du ministère sur une enquête en cours le visant, est le révélateur d’une lourde pathologie française dans son rapport à la chose judiciaire. Cette maladie s’appelle la soumission.

    #France #CEDH #conseil_constitutionnel #Jean-Jacques_Urvoas #procureurs #SM #Thierry_Solère #USM


  • Affaire Urvoas : ce que cache #Thierry_Solère
    https://www.mediapart.fr/journal/france/131217/affaire-urvoas-ce-que-cache-thierry-solere

    L’ex-ministre de la justice #Jean-Jacques_Urvoas et le député Thierry Solère. © Reuters Le député macroniste Thierry Solère (ex-LR) a été destinataire en mai 2017 d’une note confidentielle du ministère de la justice sur une enquête judiciaire le concernant personnellement. Contrairement à ce qu’il affirme, le document secret, envoyé par le ministre en poste Jean-Jacques Urvoas, contenait bien des informations précises et confidentielles.

    #France #DACG #Fraude_fiscale


  • « Jean-Jacques Urvoas a informé Thierry Solère d’une enquête le concernant »

    http://www.lemonde.fr/police-justice/article/2017/12/13/jean-jacques-urvoas-a-informe-thierry-solere-d-une-enquete-le-concernant_522

    « À l’époque où il était ministre de la justice, Jean-Jacques Urvoas (Parti socialiste) a transmis au député des Hauts-de-Seine Thierry Solère, alors membre du parti Les Républicains (Les Républicains), une note confidentielle sur une enquête policière le concernant, révèle Le Canard enchaîné dans son édition du mercredi 13 décembre. »

    On notera qu’Urvoas a utilisé la messagerie chiffrée #Telegram (celle que BFM TV et les médias équivalents appellent « la messagerie des djihadistes ») alors que, comme la plupart des politiciens, Urvoas a toujours prétendu que le #chiffrement, c’est mal, cas ça empêche les écoutes.

    #copinage #corruption #classe_politique


  • Quand Ouest-France permet à Urvoas d’attaquer un lanceur d’alerte | Le Lanceur
    http://www.lelanceur.fr/quand-ouest-france-permet-a-urvoas-dattaquer-un-lanceur-dalerte
    http://www.lelanceur.fr/wp-content/uploads/2017/09/Jean-Jacques-URVOAS-Garde-des-Sceaux-Ministre-de-la-Justice-©-Tim-Douet_0071-300x300.jpeg

    Résolu à prévenir la presse locale, notamment Ouest-France, Jérôme Abbassene contacte à plusieurs reprises Christian Gouerou, un responsable de l’édition locale, en lui faisant suivre par SMS tous les éléments du dossier. Là, nouvelle surprise : l’un de ses SMS tombe dans les mains de Jean-Jacques Urvoas. Il a clairement été transmis par le journaliste à l’ancien ministre. “Le SMS envoyé sur mon téléphone professionnel avait vocation à être publié en l’état, assure au Lanceur Christian Gouerou. Je l’ai transmis à Urvoas par souci d’alimenter le débat contradictoire en vue d’un possible article.” Sauf qu’il n’y aura pas d’article de Ouest-France sur le sujet et que Christian Gouerou aurait dû cacher le nom de l’expéditeur, ce qui lui aurait permis de protéger sa source. “Cela constitue une violation caractérisée du secret des correspondances et de l’obligation du secret professionnel”, estime Jérôme Abbassene, qui vient de porter l’affaire devant la justice. Le lanceur d’alerte dépose également plainte contre Jean-Jacques Urvoas, notamment pour avoir “porté atteinte au secret des sources”. “Jamais je n’aurais pu imaginer qu’un SMS privé puisse être éventé auprès du principal intéressé, ce n’était qu’une invitation à enquêter, explique au Lanceur Jérôme Abbassene. C’est le propre du secret des correspondances, surtout pour un journaliste.”


  • Quand parlent les chiffres LGS - 19 Aout 2017

    Voici le petit problème à résoudre : dans l’élevage intensif, une poule pondeuse a droit à un espace équivalent à une feuille A4. Sachant qu’elle pèse environ 1,5 kg, quel serait l’espace dévolu à un animal de 60 kg ?
    La réponse est 2,5 m² (c’est le résultat de 0,21*0,297*60/1,5).

    À ce stade, le facétieux Diogène de Synope aurait jeté, aux pieds de son interlocuteur, le pauvre volatile, après l’avoir plumé, et lancé : « voici l’Homme de Platon ! » Ceci pour moquer cet archétype du philosophe conservateur, qui avait défini l’homme « comme un bipède sans cornes et sans plumes ».

    Revenons à notre sujet : dans le « monde merveilleux » de l’agroalimentaire, où la viande est un minerai, un animal de 60 kg aurait donc droit à 2,5 m².
    . . . . . . .
    Dans les prisons françaises, les femmes auraient droit à une cellule de 11 m² pour cinq, soit 2,2 m² par femme. Soit, proportionnellement, moins que les pondeuses en cage !
    . . . . . .
    Nice : les détenues (dont trois sont enceintes) se retrouvent à cinq voire six dans une cellule de 12 m2. "Il y a vingt matelas par terre, de plus en plus de tensions avec les personnels", déplore un représentant syndical.
    http://www.nicematin.com/faits-divers/au-bord-de-lexplosion-le-quartier-des-femmes-de-la-prison-de-nice-est-le-
    . . . . . . .
    Si c’est ici le meilleur des mondes possibles, que sont donc les autres ?

    #prison #élevage_industriel #Femmes #mathématiques #Nice #cage #cellule

    • Quand parlent les chiffres L’intégrale
      https://www.legrandsoir.info/quand-parlent-les-chiffres.html

      Que vous aimiez les maths ou qu’elles vous rebutent, un petit calcul vaut parfois mieux qu’un long discours.

      Au « Pays des Grands Principes », qui prétend éclairer le Monde, il est loin des idéaux, généraux et généreux, à la pratique quotidienne, comme il est loin de la coupe aux lèvres.

      Totem national oblige, une histoire de gallinacé s’impose. Ce n’est pas une histoire de fipronil, mais l’occasion de réviser ses bases : « la règle de trois ». Ne fuyez pas déjà, c’est simple et édifiant !

      Voici le petit problème à résoudre : dans l’élevage intensif, une poule pondeuse a droit à un espace équivalent à une feuille A4. Sachant qu’elle pèse environ 1,5 kg, quel serait l’espace dévolu à un animal de 60 kg ?

      La réponse est 2,5 m² (c’est le résultat de 0,21*0,297*60/1,5).

      À ce stade, le facétieux Diogène de Synope aurait jeté, aux pieds de son interlocuteur, le pauvre volatile, après l’avoir plumé, et lancé : « voici l’Homme de Platon ! » Ceci pour moquer cet archétype du philosophe conservateur, qui avait défini l’homme « comme un bipède sans cornes et sans plumes ».

      Revenons à notre sujet : dans le « monde merveilleux » de l’agroalimentaire, où la viande est un minerai, un animal de 60 kg aurait donc droit à 2,5 m².

      Qu’en est-il dans la réalité, dans la vraie vie ?

      Une invitée de la Matinale de France Inter a retenu mon attention : Adeline Hazan, Contrôleur Général des Lieux de Privation de Liberté (1). Le jugement a été sans appel, le constat accablant. Les phrases percutantes se sont succédé :
      « malheureusement, il y a beaucoup à faire »,
« établissements non respectueux des droits des personnes », 
« attacher et isoler sans aucun contrôle », 
« on n’a pas de chiffres [...] pour une raison inquiétante », 
« 25 à 30 % des détenus sont atteints de psychose [...] n’ont rien à faire dans les prisons », 
« injection forcée dans une prison »,
« à Nice, 5 femmes détenues dans une cellule de 11 m2 »,
« culture de l’enfermement », 
« le fléau de la justice en France, c’est la question de la surpopulation carcérale », 
« plus judicieux de prononcer un travail d’Intérêt général », 
« 850 mineurs dans les prisons », 
« les punaises, les rats dans les lits » (2).

      Dans les prisons françaises, les femmes auraient droit à une cellule de 11 m² pour cinq, soit 2,2 m² par femme. Soit, proportionnellement, moins que les pondeuses en cage !

      Il paraît que « comparaison n’est pas raison » : chacun reste libre de conclure.

      Petit rappel : l’article 8 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789, inscrite dans le préambule de la Constitution de la Cinquième République, dit que « la loi ne doit établir que des peines strictement et évidemment nécessaires. »

      Que penser de ce qui s’apparente, cruellement, à un bannissement de l’Humanité ?

      En reprenant les termes de Montaigne (3), il est tentant de formuler : « Les criminels, nous les pouvons donc bien qualifier de cruels, eu égard aux règles de la raison, mais non pas eu égard à la société capitaliste, qui les surpasse en toute sorte de cruauté ».

      Ailleurs, la situation est ou fut pire : dans une prison secrète de « notre ami le roi », les détenus connurent « cette aveuglante absence de lumière » (4) et les affres de la mort lente ; ailleurs, les prisons sont gérées par le secteur privé et pour le lucre : les détenus sont ainsi, eux aussi, matière à profit.

      Ici, cette dérive honteuse est, déjà, bien amorcée avec les partenariats publics-privés.

      Ici, l’univers carcéral ne va pas s’améliorer : car « il [faudrait] engager une révolution culturelle ». « C’est un problème de courage politique », mais « ce n’est pas dans le sens que veut l’opinion publique » (2).

      « Quittant la barre pour se rapprocher des jurés, il leur dit : ’’ Juger sur les apparences, c’est se faire bourreau’’. Puis, le doigt pointé sur les fenêtres derrière lesquelles montait la rumeur ignoble, il fustigea ’’l’opinion publique qui frappe à la porte de cette salle’’, citant le mot célèbre de maître Moro-Giafferi : ’’ Elle est une prostituée qui tire le juge par la manche. Il faut la chasser de nos prétoires. Lorsqu’elle entre par une porte, la justice sort par l’autre.’’ » (5)

      Bien sûr, « il serait intéressant que la France soit condamnée, non pas par plaisir de voir la France condamnée, bien évidemment, mais comme cela s’est passé en Italie, la Cour Européenne de Droits de l’Homme peut enjoindre le pays condamné à prendre toute une série de mesures » (2).

      « Candide épouvanté, interdit, éperdu, [encore sujet à la nausée], tout palpitant, se disait à lui-même :’’Si c’est ici le meilleur des mondes possibles, que sont donc les autres’’ » (6).

      « Personne »,
      2 fructidor an 225

    • « Au bord de l’explosion », le quartier des femmes de la prison de Nice est le plus surpeuplé de France
      http://www.nicematin.com/faits-divers/au-bord-de-lexplosion-le-quartier-des-femmes-de-la-prison-de-nice-est-le-

      « La situation de notre parc carcéral est aujourd’hui au-delà du tolérable. Il faut de nouvelles places de prison », avait admis Jean-Jacques Urvoas, le garde des Sceaux, lors de sa visite, le 25 août, à la prison de Nice.

      La maison d’arrêt de Nice a battu un nouveau record de surpopulation ce week-end. Dans les quartiers des femmes, les 200% de surpopulation carcérale ont été dépassés, selon le syndicat UFAP-UNSA Justice.

      « Nous avons 79 détenues pour 39 places. Nice devient la prison de femmes la plus surpeuplée de France. Le paradoxe est que cette prison est l’une des moins bien dotées en personne. »

      Conséquences : les détenues (dont trois sont enceintes) se retrouvent à cinq voire six dans une cellule de 12 m2. « Il y a vingt matelas par terre, de plus en plus de tensions avec les personnels », déplore un représentant syndical.

      « La situation de notre parc carcéral est aujourd’hui au-delà du tolérable. Il faut de nouvelles places de prison », avait admis Jean-Jacques Urvos, le garde des Sceaux, lors de sa visite, le 25 août, à la prison de Nice.

      Avec 680 détenus pour une capacité théorique de 356 places, la prison de Nice attend plus que jamais le plan carcéral que Manuel Valls, le Premier ministre, doit annoncer à l’automne.

    • Adeline Hazan : « Quand on présente une pathologie aussi grave que la schizophrénie, on ne doit pas être en prison »
      https://www.franceinter.fr/emissions/l-invite-de-8h20/l-invite-de-8h20-17-aout-2017

      Adeline Hazan est l’invitée de Pierre Weill pour parler des lieux de privation de liberté et de la détention des malades mentaux, faute de place en hôpitaux psychiatriques.

      Près de 17 000 détenus relevant de l’hospitalisation plutôt que de la détention, une surpopulation carcérale, aucune étude sur les conditions de détention pour les détenus victimes d’affections psychiatriques... La contrôleuse générale des lieux de privation de liberté Adeline Hazan a réagi ce jeudi au rapport publié par l’Observatoire international des prisons sur les conditions de détention des personnes atteintes de maladies mentales.

      Des conditions de détention qui ont été sensiblement améliorées depuis la loi encadrant les soins dans les établissements pénitentiaires, mais qui ne répondent pas aux besoin de ces détenus malades.
      . . . . . .


  • Pourquoi certaines communes rêvent d’accueillir une #prison (et d’autres en font des cauchemars)
    http://www.francetvinfo.fr/societe/prisons/enquete-franceinfo-pourquoi-certaines-communes-revent-d-accueillir-une-

    A travers le prisme des recherches foncières, c’est une certaine #géographie de la France qui s’est dessinée, avec des territoires aux aspirations et aux destins contrastés. C’est aussi la place de la prison dans notre société qui a été mise en lumière, entre contraintes de politique pénale, relégation spatiale et fantasmes populaires.

    […] Quand un projet de construction est présenté par le préfet, "la première réaction des élus est généralement la réticence, parce que la prison fait peur, et parce que cela représente un risque politique pour le maire, qui ne sait pas comment son conseil municipal et ses élus vont réagir, explique le chercheur à franceinfo. Très rapidement, les maires affinent le sujet, acceptent souvent de recevoir une prison, voire cherchent à l’accueillir."C’est ce qui s’est passé à Fréjus, où la municipalité s’est rendu compte de l’intérêt qu’elle pourrait avoir à exploiter un terrain peu valorisable. Bien souvent, les prisons héritent ainsi des terrains les moins prestigieux, comme a pu le constater Gérald Billard : "La prison de Nancy-Maxéville a été construite dans une zone d’activité en bordure de zone urbaine sensible, celle de Nantes-Carquefou se trouve sur un ancien terrain militaire dans une zone industrielle et celle de Rennes-Vezin a pris la place d’anciens abattoirs coincés entre une ligne ferroviaire et une zone industrielle."Un temps construits en centre-ville, à proximité immédiate des tribunaux, les établissements pénitentiaires sont désormais relégués en périphérie. « La fonction noble de la justice – le jugement et le prononcé de la peine – s’exerce toujours en ville, dans des tribunaux souvent localisés dans de beaux quartiers, note le géographe Olivier Milhaud, maître de conférences à la Sorbonne, dans la revue Urbanités. L’exécution de la peine, en revanche, se fait dans des établissements pénitentiaires qui s’établissent désormais en marge des villes. »

    […] « On a eu tendance à exagérer l’aspect d’image, qui ne se vérifie pas dans la durée », tranche Olivier Milhaud, auteur de Séparer et punir (CNRS Editions, 2017), interrogé par franceinfo. L’universitaire souligne que la maison centrale de Saint-Martin-de-Ré n’empêche pas l’île de Ré (Charente-Maritime) de rester une destination touristique attractive. "L’administration pénitentiaire est le premier employeur de l’île, mais personne de l’extérieur n’est au courant, explique-t-il. Il y a des stratégies ’d’invisibilisation’, comme le fait de ne pas avoir de panneau routier indiquant la présence de la prison."Olivier Milhaud évoque également « des stratégies paysagères ou architecturales » qui permettent de camoufler une prison. Des peupliers, choisis pour leur croissance rapide, peuvent servir de barrière végétale. Des talus le long des routes peuvent masquer un établissement. Enfin, en jouant sur les couleurs, les architectes peuvent fondre les bâtiments de détention dans le décor urbain (par exemple, en reprenant la couleur des briques du quartier).

    […]_Lors de son opération de recherches de terrains ces derniers mois, le gouvernement s’est cassé les dents à plusieurs reprises. Ce fut particulièrement le cas en Ile-de-France, où le peu d’emplacements identifiés a contraint le garde des Sceaux à ordonner une nouvelle phase de prospection. Il a également dû faire le deuil de sa volonté de construction de maisons d’arrêt dans des agglomérations comme Lyon, Marseille, Nancy ou Strasbourg, d’où proviennent pourtant nombre de détenus."Ces #métropoles à forte concentration urbaine ne veulent pas geler 15 hectares pouvant accueillir autre chose, regrette Jean-Jacques Urvoas. Mais derrière, il y a eu des communes super-volontaires pour récupérer le projet." Colmar a ainsi profité des réticences strasbourgeoises pour récupérer une maison d’arrêt de 550 places, tandis que Dommartin-lès-Toul a hérité de l’établissement de 600 places prévu à Nancy.

    […] "Les familles sont souvent dépendantes des #transports_en_commun, qui sont peu efficaces hors des zones urbaines, confirme le géographe Gérald Billard. Quand il faut prendre un TER, puis un bus, puis finir à pied jusqu’à la prison, on se retrouve facilement avec 5 minutes de retard, et on est privé de #parloir. Et pour les détenus en #semi-liberté, être à l’heure au travail et à l’heure pour le retour en prison peut devenir un casse-tête et compromettre une #réinsertion.

    […] "L’argument économique est la principale motivation avancée par les communes. Mais y a-t-il vraiment tant à gagner en accueillant une prison ? « Les choses ne sont pas si évidentes », tempère Isabelle Leroux, maître de conférences en é#conomie à l’université d’Angers (Maine-et-Loire) et co-auteure de l’essai Les nouvelles prisons. Elle promet une belle désillusion aux maires qui s’attendent à un jackpot."Les surveillants vont souvent vivre dans une autre commune, pour respirer un peu et ne pas croiser les détenus en semi-liberté, affirme-t-elle à franceinfo. Du fait du turn-over, certains vont aussi se contenter d’un studio et ne vont pas faire venir leur famille." L’économiste cite en exemple une maison d’arrêt de 400 places inaugurée en 2010, dont seulement 7 des 184 fonctionnaires résidaient finalement dans la commune en 2013. Outre cet effet démographique limité, l’effet sur l’emploi est négligeable, car les fonctionnaires de la prison sont affectés au plan national et non recrutés dans le bassin local. Que répondre à la mairie de Fréjus, qui salive devant un éventuel chantier à 100 millions d’euros ? Prudence. Si la prison est construite en partenariat public-privé, le chantier risque de peu profiter aux entreprises locales du #BTP.

    […] Autre source potentielle de déception : les gains en matière de dotation globale de fonctionnement (#DGF). Cette dotation est versée par l’Etat aux communes en fonction de leur nombre d’habitants. Lorsqu’une prison est construite, chaque détenu compte pour un habitant supplémentaire et permet de gonfler la DGF. L’impact est minime, prévient l’économiste : « Ce supplément représente seulement 0,5% du #budget_communal » pour une ville de 7 500 habitants accueillant un établissement de 400 places. Soit un gain de 40 000 euros par an.

    […] « Ce n’est qu’en menant une réflexion sur le développement autour de la prison qu’on peut échapper à un non-sens économique », conclut Isabelle Leroux. In fine, l’intérêt du détenu doit primer, estime-t-elle, appelant à veiller à développer les liens entre la prison et le tissu économique local pour permettre une bonne #réinsertion et éviter la #récidive.

    #tourisme #architecture #justice


  • Jean-Jacques Urvoas : un fossoyeur qui se voit jardinier – Observatoire International des Prisons
    https://oip.org/analyse/un-fossoyeur-qui-se-voit-jardinier

    D’ordinaire, c’est l’administration qui assure, dans les coulisses du ministère, la passation. Avec la tradition du « dossier ministre », elle informe le nouvel arrivant des chantiers en cours et à mener. Jean-Jacques Urvoas, lui, n’a pas goûté à cet usage. Il a préféré dresser de son propre chef les priorités dans une lettre bilan-testament. L’ancien ministre veut ainsi « enjamber les élections » (1) et imposer sa marque. L’approche se veut apartisane, au-delà des clivages politiques. Urvoas se présente d’ailleurs « comme un jardinier », plantant « des graines pour que ses successeurs profitent des arbres et récoltent les fruits qui en seront issus » (2). C’est plutôt à un exercice d’équilibriste très bancal qu’il se livre : la seule perspective proposée est un grand écart intenable, entre recours réduit à l’emprisonnement et construction massive de prisons. Des injonctions totalement schizophréniques.

    Dans la presse, Jean-Jacques Urvoas a alors le ton d’un ministre sortant qui, débarrassé du poids des réformes à mener, retrouve du courage politique et s’autorise à porter un regard critique sur la politique pénale. Celui qui avait commencé sa prise de fonction en clamant « l’incarcération est un outil utile » (3) la termine ainsi en exhortant le nouveau gouvernement « à sortir le pays de sa culture du cachot » (4). « Dans notre inconscient, la peine doit faire mal et donc doit passer par la prison » (5) fustige-t-il. Pour expliquer plus loin que la seule politique d’avenir qui compte « est celle qui nous fera rompre avec [cette] vision afflictive » (6). Urvoas retrouve comme par magie son costume d’ancien député, celui avec lequel il condamnait le tout carcéral. Et en appelle au changement de paradigme.


  • Le PS laminé, Cambadélis démissionne
    https://www.mediapart.fr/journal/france/190617/le-ps-lamine-cambadelis-demissionne

    Avec 29 députés, les socialistes pourront former un groupe, mais il s’agit du plus mauvais résultat de leur histoire. Plusieurs figures du quinquennat sont battues, comme Myriam El Khomri, Najat Vallaud-Belkacem ou Jean-Jacques Urvoas. À Évry, le résultat de Manuel Valls est contesté. Jean-Christophe Cambadélis © Reuters

    #France #élections_législatives_2017


  • Sur l’attentat des Champs-Elysées, Marine Le Pen ne s’épargne aucune contradiction
    http://www.huffingtonpost.fr/2017/04/21/sur-lattentat-des-champs-elysees-marine-le-pen-ne-separgne-au_a_22049

    Ses propositions anti-terroristes au crash-test

    Puis, elle a égrené les mesures qu’il faudrait selon elle mettre en oeuvre : « l’expulsion immédiate des fichés S étrangers, l’engagement de procédures accélérées de déchéance de nationalité pour les fichés S binationaux et leur expulsion immédiate dans leur pays d’origine, l’engagement de poursuites pour intelligence avec l’ennemi des fichés S de nationalité française ».

    Que valent ces propositions ? Pour ce qui est de Schengen, les attentats commis sur les sols américain et britannique montrent que les frontières n’ont pas empêché la commission d’attaques. Pour ce qui est de « l’expulsion immédiate de fichés S étrangers », la candidate FN commet une méprise sur la nature de ce fichier. « Le principe de ce fichier est que c’est un outil pour arriver à construire des éléments de preuve », expliquait Jean-Jacques Urvoas en novembre 2015. En l’espèce, « la fiche S est un élément de surveillance, pas un élément de culpabilisation », expliquait-il.

    Un gradé de la DGSI expliquait à Mediapart qu’il s’agit « d’un signal d’alerte qui nous permet d’obtenir des renseignements en amont ». Donc, expulser des fichés S étrangers ou binationaux (si tant est que « leur pays d’origine » soit d’accord pour les accueillir) reviendrait à se couper d’une manne d’informations servant la lutte anti-terroriste.

    Autre type de mesures préconisées par Marine Le Pen dans son allocution, celles relatives à l’islamisme en France. Elle demande l’interdiction des « organisations salafistes », la dissolution de l’UOIF ainsi que l’interdiction de financements étrangers de mosquées. Concernant les « organisations salafistes », un rapport parlementaire de 2015 établissait que « l’adhésion à ce type de croyances fermées et intolérantes constituerait au contraire une barrière à la radicalisation ».

    #Linfiltré #PhoneStories #FN


  • Jean-Jacques Urvoas dévoile une liste de 21 villes d’implantation de nouvelles #prisons
    http://www.caissedesdepotsdesterritoires.fr/cs/ContentServer/?pagename=Territoires/Articles/Articles&cid=1250278679390&nl=1

    Le ministre de la Justice a dévoilé, jeudi 23 février, la liste des villes d’implantation de 21 nouvelles prisons sur les 33 projets envisagés dans le cadre du « plan encellulement individuel ». […] La carte de ces nouvelles implantations apparaît fortement concentrée dans le Sud avec 650 à Nice, autant à Fréjus, 500 à Montpellier, Narbonne et Pau, 400 à Avignon et Perpignan… 550 places sont aussi prévues à Colmar ou Rennes, 30 à Nantes, 200 à Cherbourg. Selon le garde des Sceaux, neuf sites sont prioritaires : Nice, Narbonne, Ajaccio, Montpellier, Guadeloupe, Guyane. La question de l’Ile-de-France n’est pas encore arrêtée : le préfet Michel Delpuech devra remettre ses préconisations avant le 31 mars.


  • Surpopulation carcérale : Jean-Jacques Urvoas dévoile les 21 premières villes choisies pour accueillir de nouvelles prisons
    http://www.brujitafr.fr/2017/02/surpopulation-carcerale-jean-jacques-urvoas-devoile-les-21-premieres-ville

    On ne construira pas de logement, mais des prisons.... Certains maires ont le sourire, d’autres font la grimace. Le ministre de la Justice a dévoilé ce jeudi les villes d’implantation de 21 des 33 nouveaux établissements pénitentiaires promis en octobre...


  • Le parlement facilite la vie des fraudeurs financiers
    https://www.mediapart.fr/journal/france/170217/le-parlement-facilite-la-vie-des-fraudeurs-financiers

    Jean-Jacques Urvoas, ministre de la #Justice. © Reuters En pleine affaire Fillon, les députés ont adopté le jeudi 16 février un amendement prévoyant un délai de #prescription pour les infractions « occultes » et « dissimulées ». Il sera encore plus difficile de mettre à jour des montages de fraude complexes. Une vraie prime à la fraude financière.

    #France #Economie #abus_de_biens_social #délit_financier #droit_des_affaires #financements_occultes #Jean-Jacques_Urvoas #Loi

    • Alors que jusqu’à présent la loi ne prévoyait aucune limite dans le temps, le parlement a décidé de fixer à 12 ans à partir du moment des faits les possibilités de poursuite pour tous les délits financiers : abus de bien social, abus de confiance, trafic d’influence, corruption, détournements de fonds (lire ici notre article sur le cas d’espèce de François Fillon).

      Cet amendement, repéré par Le Canard enchaîné, s’inscrit pourtant dans un texte de loi censé au contraire renforcer l’effectivité de la loi et des poursuites pénales. Il n’y est question que « d’améliorer les procédures pour faciliter la répression des délits », « de renforcer la réponse pénale », « de lutter contre le terrorisme ». Cela illustre le ton général du débat : le répressif, l’autoritaire, la sanction l’ont emporté sur tout, dans tous les domaines. Sauf pour les délits financiers.

      Cet amendement a été glissé par le ministre de la justice, Jean-Jacques Urvoas, lors de la discussion sur la prescription pénale. « J’ai un petit amendement à proposer », aurait-il glissé lors de l’examen du texte au Sénat, le 13 octobre, comme le rapporte LCP. En fait de petit amendement, c’est une vraie prime à la fraude financière.

      [...] Avec le nouveau texte, il y a de grands risques de ne pouvoir plus jamais enquêter sur bien des affaires financières complexes. Et d’étouffer ainsi nombre d’affaires sensibles. Que seraient devenues les affaires Karachi, des frégates de Taïwan, Tapie, du Crédit lyonnais, une partie de l’affaire UBS et même une partie de l’affaire Fillon avec un tel texte, alors que les faits remontent souvent à quinze voire vingt ans ? Qu’adviendra-t-il de dossiers découverts à l’occasion d’un autre Panama Papers révélant des montages frauduleux mis en place en 2000 ou avant ?


  • Y a-t-il un pilote dans la PNIJ, les « Grandes Oreilles » de la police ?

    http://www.slate.fr/story/135083/pilote-pnij-grandes-oreilles-police

    Encore en panne ces dernières semaines, la Plateforme nationale des interceptions judiciaires (PNIJ) n’en finit pas d’accumuler les ratés. Elle devait, initialement, être opérationnelle en 2007. Comment une administration est-elle capable de s’empêtrer ainsi dans ses projets ? Enquête sur un cauchemar digne de Kafka.

    « La PNIJ est indéniablement un objet journalistique », reconnaissait Jean-Jacques Urvoas, garde des Sceaux, en novembre 2016. Qualifiée de « merdier sans nom » par un haut responsable policier (anonyme) cité dans Libération, de « véritable fiasco » par les deux syndicats majoritaires chez les magistrats et les officiers de police, ou encore de « bérézina au pays de Kafka 2.0 » par France Inter, la Plateforme nationale des interceptions judiciaires (PNIJ), emblématique des « grands projets » ratés de l’administration française, fait régulièrement parler d’elle, et toujours en mal.

    Un cauchemar administratif

    Conçue en 2005 pour rationaliser le coût des écoutes téléphoniques judiciaires (et empêcher d’éventuelles barbouzeries), initialement censée être « opérationnelle fin 2007, courant 2008 », la mise en oeuvre de la PNIJ n’a réellement débuté qu’en 2010 avec l’attribution du marché à Thales. Aujourd’hui, le projet a accumulé tant de retards, surcoûts, pannes, « chaos techniques et écrans noirs », que son recours généralisé vient (pour la troisième année consécutive) d’être reporté. Elle était pourtant censée devenir « obligatoire » le 1er janvier 2017 après avoir été reportée deux fois déjà... Elle vient aussi, et pour la nième fois, de tomber en panne.

    Ajoutez-y le fait que le support technique de la PNIJ n’était joignable, initialement, que les jours ouvrables aux horaires de bureau, que les écoutes ne peuvent plus être transmises sur les téléphones portables des enquêteurs lorsqu’ils sont en filature, que les officiers doivent confier leurs cartes d’accès à leurs interprètes lorsque l’écouté ne parle pas français, empêchant policiers, gendarmes et douaniers de pouvoir continuer à s’en servir en parallèle... et vous comprenez mieux pourquoi les OPJ, contraints de l’utiliser, n’ont cessé de râler.

    Un dépassement de budget de plus de 80 millions

    L’an passé, la Cour des comptes s’est elle aussi invitée dans le débat, révélant que la PNIJ, qui devait initialement coûter 17 millions d’euros, et être lancée en 2007, en aura coûté « au moins 102,7M€ tout compris », à la fin de l’année 2016, sans être pour autant pleinement opérationnelle. Maintes fois reportée, la PNIJ devait en effet entrer en vigueur, « au plus tard », le 31 décembre 2015.

    Autre ironie de l’histoire, le nom de Richard Dubant se retrouve désormais exploité, à l’insu de son plein gré, par des escrocs qui s’en servent pour faire la promo de logiciels espions sur des pages qu’ils ont piratées...


  • #Palantir et la #DGSI
    http://www.telerama.fr/medias/palantir-big-data-renseignement,153229.php

    En mars 2015, quelques semaines après l’attentat contre Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher, Palantir a ouvert une filiale française, sur la très chic avenue Hoche, à quelques centaines de mètres de l’Arc de Triomphe. En toute discrétion, comme à son habitude. Après des mois de démarchages et de tractations, la firme américaine a trouvé un accord avec la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). Selon nos informations, recueillies auprès de plusieurs sources au sein des services de renseignement, le contrat aurait été signé à l’été 2016. Montant estimé : 10 millions d’euros. 5% du budget de la DGSI. Auditionné par la commission défense de l’Assemblée nationale en mai dernier, Patrick Calvar, son patron, balisait le terrain en invoquant l’urgence : « Nous ne manquons pas de données ni de métadonnées, mais nous manquons de systèmes pour les analyser [...] Les entreprises françaises qui [les] développent ne sont pas encore capables de répondre à nos besoins, alors que nous devons acquérir ce big data immédiatement. Nos camarades européens sont dans la même situation. Le choix n’a pas encore été fait mais, en tout état de cause, la solution sera temporaire. »


    https://twitter.com/n_rassam/status/806423653571301376

    L’appel d’offres, classifié, n’a pas été rendu public, mais plusieurs entreprises, françaises et étrangères, start-ups et multinationales, y ont répondu. Thalès aurait pu obtenir le marché, mais la toute nouvelle plateforme nationale des interceptions judiciaires (#PNIJ), est un fiasco doublé d’une très mauvaise publicité. « C’est leur EPR », glisse même avec dépit un membre des services. Alors que la loi renseignement de 2015 a sanctuarisé la souveraineté du renseignement, comment le loup Palantir est-il entré dans la bergerie ? Dans les secousses de l’affaire Snowden, Jean-Jacques Urvoas, président de la Commission des lois de l’Assemblée nationale (et pas encore Garde des Sceaux), s’était ému de la curiosité maladive de la #NSA : « Les Etats-Unis n’ont pas d’alliés, ils n’ont que des cibles ou des vassaux ». Pas de quoi empêcher le #renseignement intérieur français de convoler en justes noces avec le meilleur ami des services américains. Ni tout à fait prestataire technique, ni complètement cabinet de consulting, Palantir a surtout vendu une belle promesse aux services de renseignement français : interconnecter les données collectées par les deux services dits du premier cercle (DGSE et DGSI, ndlr), faciliter leur exploitation et gérer le SAV. Afin de former les agents, des Palantirians sont en train d’être recrutés et déployés à Levallois, tandis qu’un expert venu de la DGSE est chargé d’auditer le nouveau système pour débusquer la moindre porte dérobée.

    « C’est juste un prestataire. C’est comme acheter une version personnalisée de Windows 95 », tente de justifier un ancien cadre du renseignement intérieur. « La police est dans le bricolage, la réaction aux événements, au contraire de la DGSE, qui s’équipe depuis 2009. Pour moderniser et professionnaliser les outils, la DGSI a lancé trois plans de recrutement de contractuels. Ce qui la tuait, c’est qu’elle n’avait pas conscience de l’évolution technique. Il y a dix ans, les agents épluchaient encore des fadettes au stabilo. Maintenant que nous collectons en masse les métadonnées sur le territoire national, les entrepôts de données dormantes sont bien plus importants qu’avant et nous avons besoin d’outils pour les traiter. Le défi d’un service de renseignement aujourd’hui, c’est de croiser et d’exploiter du renseignement humain, des sources techniques, pour intervenir le plus en amont possible de la menace ».

    #surveillance


  • A la #prison de Fresnes, le rapport de la #CGLPL sans précédent (14/12/2016)
    http://lemonde.fr/police-justice/article/2016/12/14/la-controleure-des-prisons-alerte-sur-le-traitement-inhumain-des-detenus-a-f

    Dans son courrier de réponse adressé le 13 décembre à Mme Hazan, Jean-Jacques Urvoas, le ministre de la justice, reconnaît lui-même que la maison d’arrêt des hommes affiche un taux d’occupation de 202 % avec 2 474 détenus pour 1 226 places.

    C’est d’ailleurs dans cette même prison de Fresnes que le ministre avait convoqué une conférence de presse le 20 septembre pour dévoiler son plan baptisé « En finir avec la surpopulation carcérale ». Mais là où la contrôleure générale demande des mesures urgentes comme « la suppression immédiate des encellulements à trois », le ministre répond que trois nouvelles maisons d’arrêt pourraient sortir de terre en Ile-de-France d’ici cinq ou dix ans.

    via @isskein



  • Au Journal officiel, un fichier biométrique de 60 millions de « gens honnêtes »
    http://www.nextinpact.com/news/101945-au-journal-officiel-fichier-biometrique-60-millions-gens-honnetes

    Hier, au Journal officiel, le gouvernement a publié un décret instituant un fichier monstre commun aux passeports et aux cartes nationales d’identité. Destiné à faciliter établissement et renouvellement de ces titres, en plus de prévenir les fraudes, il va ingurgiter des centaines de millions de données puisées dans toute la population française.

    En 2012, lorsqu’ils avaient attaqué devant le Conseil constitutionnel la proposition de loi relative à la protection de l’identité, une cohorte de sénateurs et députés socialistes, dont Jean-Jacques Urvoas, avait dénoncé le super fichier voulu par la majorité d’alors. Une mégabase regroupant l’ensemble des informations du passeport français et de la carte nationale d’identité qui représentait selon eux « une ingérence dans l’exercice du droit de toute personne au respect de sa vie privée ».

    Ce texte avait été âprement débattu dans l’hémicycle : « la France n’a créé qu’une seule fois un fichier général de la population, c’était en 1940. Il fut d’ailleurs détruit à la Libération » s’était souvenu le député Serge Blisko (PS). Réponse de Christian Vanneste (UMP) : « Ce n’est pas parce qu’il y a eu hier une dictature à Vichy qu’il ne faut pas protéger aujourd’hui les honnêtes gens ».

    #flicage_généralisé


  • Cette tribune de Didier Fassin sur l’#état_d'urgence était étrangement absente de Seenthis, la voici (29/01/2016)
    http://lemonde.fr/idees/article/2016/01/29/une-mesure-discriminatoire-qui-accentue-les-fractures-francaises_4856067_323

    Au fil des sondages, les Français confirment leur large soutien à l’état d’urgence : ils étaient 91 % à se dire favorables à son instauration en novembre après les attentats, selon l’IFOP et le Journal du dimanche ; ils sont encore 77 % à se déclarer tels en janvier, selon YouGov et le Huffington Post. Les deux tiers n’hésitent du reste pas à s’affirmer prêts à « accepter une certaine limitation des libertés fondamentales des individus pour mieux garantir la sécurité de tous ».

    C’est qu’exprimer cette conviction leur est d’autant plus facile que, du moins pour la plupart d’entre eux, l’état d’urgence ne les affecte pas plus que les atteintes aux droits fondamentaux. Hormis la présence dans les lieux publics de militaires surarmés qui peuvent leur donner l’impression d’être protégés, rien n’est changé pour eux. Leur vie continue comme avant. Pas de couvre-feu, pas de restriction à leur circulation, pas de censure de leurs moyens de communication.

    S’il en est ainsi, c’est que l’état d’urgence, bien qu’il concerne en principe l’ensemble du territoire national et donc toute la population, n’y est appliqué que dans certains espaces et pour certaines catégories : il est une suspension circonscrite de l’état de droit. Les perquisitions administratives nocturnes par des policiers qui enfoncent la porte de l’appartement, plaquent au sol le suspect allégué et terrorisent sa famille – admettant parfois ensuite s’être trompés de domicile, bien que, même dans ces cas, aucun dédommagement ne soit opéré – ne visent que certains quartiers populaires et certains habitants, pour la plupart musulmans ou présumés tels.

    Il en est de même des assignations à résidence avec leur obligation de se présenter au commissariat plusieurs fois par jour qui empêche toute activité, que l’on soit travailleur ou étudiant, et des contrôles d’identité réalisés dans les gares ou dans la rue sur la seule apparence des personnes, indépendamment de toute infraction ou même soupçon d’infraction : seule une faible part des personnes résidant en France est touchée.

    La frustration de voir son logement dévasté sans explication ni recours, de se faire malmener devant ses enfants traumatisés et de découvrir les regards fuyants de voisins devenus suspicieux, l’immense majorité ne l’éprouvera pas, et même n’en saura rien. L’humiliation de se savoir distingué par sa couleur de peau et ses traits physiques au milieu d’une foule d’usagers du métro ou de piétons d’un centre-ville et de devoir subir, sur la base de cette discrimination supposée statistique, un interrogatoire, une fouille au corps, une vérification de ses documents et de son téléphone, seule une minorité en fera l’expérience douloureuse devant des passants qui, gênés ou indifférents, détourneront le regard.

    Quant à la vandalisation de leurs lieux de culte, en Corse ou ailleurs, par des groupes rarement identifiés et poursuivis, les musulmans ne manqueront pas d’en établir le rapprochement avec le saccage de leurs mosquées, à Aubervilliers et ailleurs, cette fois par les forces de l’ordre, au prétexte d’enquêtes, tandis que la majorité s’indignera vertueusement de la première tout en occultant son lien avec le second.

    Car quand bien même les Français finiraient par se rendre compte de la pente dangereuse sur laquelle le gouvernement les conduit, ils se rassureraient en pensant que la fin justifie les moyens et que l’éradication de l’ennemi, comme le dit leur président, suppose d’en passer par ces extrémités. Le discours officiel, auquel adhère plus de la moitié des personnes interrogées, est en effet que ces pratiques liées à l’état d’urgence, si elles ne sont pas sans poser quelques problèmes, n’en demeurent pas moins « efficaces pour lutter contre la menace terroriste ». A quoi bon, sinon, les perquisitions administratives, les assignations à résidence, les contrôles d’identité ciblés, les gardes à vue arbitraires ?

    Or, pour s’en tenir aux premières, censées permettre de prendre par surprise les individus dangereux, à peine plus d’une sur mille a débouché sur des enquêtes préliminaires ou une mise en examen par la section antiterroriste du parquet. Sur sept de ces brutales opérations d’exception, six s’avèrent sans objet et une permet de constater des infractions sans lien avec ce qui l’a justifiée – ce que d’aucuns appellent un « effet d’opportunité » ou encore « faire le ménage dans les cités ».

    L’efficacité ne se mesure en effet pas sur la lutte contre le terrorisme. Elle réside ailleurs. S’agissant des assignations à résidence, on a pointé qu’elles servaient notamment à brider la contestation politique, en particulier dans les milieux écologiste et gauchiste. Mais s’agissant de l’ensemble du dispositif, on a moins souligné combien il pesait sur les quartiers populaires, les communautés musulmanes et les minorités ethnoraciales.

    Cette pression n’est pas nouvelle : elle n’a cessé de s’accentuer depuis trois décennies. La méthode ne l’est pas entièrement non plus : les contrôles d’identité de même que les fouilles des individus et de leur véhicule sont déjà le plus souvent réalisés parmi ces populations de manière illégale, ce que les policiers et leurs supérieurs reconnaissent volontiers ; quant aux effractions dans les logements, même en temps normal, elles ne sont pas rares en dehors de toute procédure judiciaire, à la recherche d’un suspect par exemple.

    Ce que l’état d’urgence permet, c’est donc de régulariser des pratiques qui lui préexistaient. La loi en préparation, dont l’intitulé ne mentionne plus le terrorisme mais le renforcement de la procédure pénale, les pérennisera. C’est là un fait général dans la société contemporaine : plutôt que d’exiger des forces de l’ordre qu’elles respectent la loi, on modifie cette dernière pour l’adapter à leurs manières de faire.

    Dans ces conditions, le discours sur l’#Etat_policier, qui sert à certains pour dénoncer les dérives de l’état d’urgence, les menaces de la législation à venir et les abus de pouvoir des forces de l’ordre, manque partiellement sa cible. La grande majorité des Français ne s’y reconnaît pas, puisque non seulement elle ne subit nullement les effets des restrictions à l’Etat de droit, mais se laisse également convaincre par la rhétorique de l’efficacité de la lutte contre le terrorisme. Ce double aveuglement rend tolérable et même désirable au plus grand nombre des mesures d’exception dont le pouvoir comprend tout le parti qu’il peut tirer. Et cela sans s’embarrasser des contradictions dans lesquelles il s’enferme.

    Alors que la Commission des lois de l’Assemblée nationale préconisait de ne pas reconduire un état d’urgence qu’il jugeait inutile et dangereux, son président, Jean-Jacques Urvoas, longtemps pressenti pour la Place Beauvau mais finalement devenu garde des sceaux, va être chargé de l’accompagner : celui qui se disait il y a un an « opposé à tout texte d’exception » devra donc défendre la série de mesures d’exception – et non seulement d’urgence – voulues par le président de la République.

    Car loin de déboucher sur un Etat policier qui ferait peur à tous, l’état d’urgence, avec les projets de loi pénale et de révision constitutionnelle qui en banalisent les principaux éléments, est un état d’exception segmentaire. Il divise la population française entre ceux dont l’Etat prétend protéger la sécurité et ceux, déjà pénalisés par les disparités économiques et les discriminations raciales, dont il accroît un peu plus l’insécurité. Au nom de la défense de l’ordre public, c’est donc un certain ordre social inégal qu’il s’agit de consolider. Mais ce cynisme politique aura nécessairement un coût : l’expérience de l’injustice qu’il nourrit ne peut que générer un ressentiment dont la société tout entière devra un jour payer le prix.


  • Prisons surpeuplées : France 2 préconise des constructions et un meilleur rangement | Samuel Gontier
    http://television.telerama.fr/television/prisons-surpeuplees-france-2-preconise-des-constructions-et-un-m

    « Dix mille à seize mille places de prison en plus pour limiter la surpopulation, c’est le plan annoncé par le garde des Sceaux Jean-Jacques Urvoas, claironne David Pujadas mercredi soir. Faut-il y croire ? » J’aimerais tant. « On démêlera le vrai du faux. » Merci. Le reportage qui suit accompagne Jean-Jacques Urvoas dans sa visite de la prison de Fresnes et détaille son plan dont le coût s’établit « entre un milliard et deux milliards et demi d’euros ». Source : Ma vie au poste

    • Surpopulation en #maisons_d’arrêt, #suicides_de_détenus, témoignages sur les dysfonctionnements de l’institution pénitentiaire, échec de la #prévention de la #récidive : la prison est un sujet récurrent dans les #médias.
      En 2009, une #loi_pénitentiaire a été votée, sous l’égide de deux ministres de la justice successifs. Si les sujets carcéraux sont aujourd’hui pleinement intégrés dans les préoccupations #politiques et journalistiques, ils sont longtemps restés confinés dans des espaces de traitement discrets, régulés par l’#administration_pénitentiaire
      Avec un focus particulier sur le rôle du Parlement français, l’objectif de cet ouvrage est de retracer les processus qui ont contribué à faire de la #prison un sujet politico-médiatique et des droits des personnes détenues un objet de loi.
      Quelles sont les conditions de constitution d’une situation donnée en problème public et politique ? Quelles peuvent être les contributions du Parlement à l’action publique, au-delà de la seule activité législative ?
      À partir de l’analyse du cas de la politique pénitentiaire depuis 1945, il s’agit de mettre au jour le rôle du Parlement dans la réforme d’un secteur d’action publique relativement fermé et de montrer comment la mobilisation de députés et sénateurs peut contribuer à en redéfinir les problématisations, à redessiner les contours de son réseau d’intervenants et à susciter des changements dans son traitement.

      Changer la prison
      Jeanne Chabbal, 2016
      #Presses_universitaires_de_Rennes
      http://www.pur-editions.fr/detail.php?idOuv=4133

    • Entre l’univers psychiatrique ou la prison j’aurais du mal à choisir. Et je croi pas que la prise en charge psychiatrique coûte moins cher que la prison et que les personnes y soient moins mal traitées. Vu la logique comptable qui régit tout actuellement à mon avis c’est pas par hasard qu’il y a tant de prisonniers qui devraient recevoir des soins psychiatriques. Le monde psychiatrique est un domaine abandonné des pouvoirs publiques et les maltraitances y sont généralisées dans la plus complète indifference et opacité.

    • De ce que j’ai lu dans la press les soins psychiatriques ou toute forme de soins en milieu carcéral sont insuffisants et défectueux. vu la surcharge de travail qui pèse sur le personnel du milieu médical et encor plus psychiatrique et encor plus en milieu carceral tu fait bien de mettre des " a bénéfices ...

    • Paru dans l’Envolée numéro 26 – Octobre 2009 –

      L’infâme bouillie médico-pénitentiaire, suicides et médicalisation.
      C’est probablement en référence à l’efficacité des soins procurés et à la qualité de la prévention pratiquée que Florence Aubenas, nouvelle présidente de l’Observatoire international des prisons (OIP), s’est exclamée : « On est là face à un problème de santé publique, je crois qu’il faut se décider à faire rentrer les médecins dans les prisons ! », la journaliste lui répondant fort justement : « Mais il y a déjà des médecins dans les prisons aujourd’hui ! ». Plus précisément, voilà ce que pense l’OIP (1) : « L’attitude de l’administration pénitentiaire, qui empêche toute analyse documentée et rationnelle du phénomène du suicide en prison, pour se prémunir d’une remise en cause de ses modalités d’action, témoigne de la nécessité de confier au ministère de la Santé la responsabilité de la définition et de la mise en œuvre de la politique de prévention. »

      C’est d’une certaine façon une tentative de faire jouer le pouvoir médical soignant contre le #pouvoir_carcéral. En d’autres termes de faire jouer le biopouvoir contre le pouvoir disciplinaire et les survivances du #pouvoir_souverain, de plaider en quelque sorte pour le droit à la vie des personnes incarcérées. Ce faisant, c’est oublier que le pouvoir médical, sous sa forme psychiatrique, a depuis longtemps, hors du champ initial de son savoir, envahi le #système_pénal, notamment par le biais des expertises. C’est oublier que ce même pouvoir gère l’enfermement psychiatrique et qu’avec la mise en place des #UHSA (Unités d’hospitalisation spécialement aménagées), il devient un acteur à part entière du système pénitentiaire… C’est oublier qu’avec la création des centres de rétention de sûreté, il joue sur tous les tableaux, apportant à la fois la caution de l’expertise et l’alibi du soin (2). C’est oublier enfin que le #pouvoir_médical est capable, sur injonction de la Chancellerie, de lourdement participer à la production de rapports – tel celui de la commission Albrand – où impératifs pénitentiaires (3) et thérapeutiques sont mêlés dans une #infâme_bouillie et où l’amalgame entre délinquance et pathologie est repris de plus belle (4). Mais comme en 2003 avec la mission de réflexion sur les suicides confiée au psychiatre J-L Terra, les choses sont faussées dès le départ car la mission-commission, dirigée par un psychiatre, va d’emblée considérer la question sous l’angle de la maladie mentale. Et l’accroissement, ces dernières années, du nombre de prisonniers souffrant de #troubles_psychiques ne peut que renforcer la tentative d’en faire une affaire médicale. Mais le problème n’est pas fondamentalement psychiatrique, comme tentent de nous le faire croire certaines déclarations médico-pénitentiaires. Il est provoqué par des traitements durs, méritant pleinement le nom de #torture : choc de l’incarcération, longues peines, transferts incessants, placements en quartier d’isolement, mises au #mitard, refus de parloir, rejet de libération conditionnelle, etc. Il est provoqué par la prison même. Première embrouille donc : oser qualifier de psychopathologie la souffrance et les comportements qu’elle induit. Et seconde embrouille : faire porter tout le poids de cette souffrance à l’individu en niant la responsabilité de l’administration pénitentiaire, du #système_répressif dans son ensemble et de la société.

      Quant au soin qui semblerait, en l’occurrence, intéresser la pénitentiaire, il pourrait s’appeler techniques de « préservation de l’intégrité physique à tout prix ».
      Il n’y a pas que les « suicides »…
      On l’a déjà dit, mais on le répète : le bruit qui a été produit sur les suicides en prison (discours officiels et amplification médiatique) a été accompagné d’un silence assourdissant sur les « #morts_suspectes » dans les mêmes endroits. À de rares exceptions près, les medias sont restés prisonniers du sujet défini selon les normes au pouvoir, où pour un peu l’AP apparaîtrait comme une officine de santé publique aux prises avec un problème complexe dont est responsable une sous-catégorie– difficilement repérable – à l’intérieur d’une population spécifique, celle des détenus.

      Mais il n’y a pas que des « suicides » ou des morts mal expliquées parmi les décès qui mettent en cause la prison, et ils ne se produisent pas qu’à l’intérieur (5). Peu de personnes en sont conscientes, mais le nombre de personnes mortes de la prison est bien plus élevé que le chiffre officiel des « suicides » en prison…

      NOTES :

      1. Cf. « Prévention du suicide en prison : en finir avec une politique absurde et mensongère ».

      2. Comment en effet prétendre encore soigner dans un lieu où le moindre propos d’un prisonnier pourrait être retenu contre lui ? À moins de ne plus concevoir le traitement que sous la forme épurée : « Gobe tes médocs et ferme ta gueule ! »

      3. « En charge de la garde de cette personne, l’administration se doit alors de préserver son intégrité physique à tout prix, y compris contre elle-même. » La prévention du suicide en milieu carcéral, rapport de la commission Albrand, p.15.

      4. « Par ailleurs, la délinquance est devenue plus violente et plus improvisée. Les personnes incarcérées sont ainsi souvent adeptes de « conduites à risques », atteintes de troubles de la personnalité, voire de troubles psychiatriques. » Ibid., p.13.

      5. Cf. « Prison : danger de mort » , L’Envolée N°25.

      http://lenvolee.net/tag/medical/page/2
      http://dai.ly/xqba55
      #Laurent_Jacqua
      http://laurent-jacqua.blogs.nouvelobs.com/archive/2012/12/04/proces-de-philippe-lalouel-episode-3.html#c807290

    • Politiques et pratiques de la #psychiatrie_en_prison 1945-1986

      Des annexes psychiatriques aux services médico-psychologiques régionaux (SMPR)
      Depuis le code pénal de 1810 (article 64) et la loi sur les aliénés du 30 juin 1838, psychiatrie et prison avaient suivi deux mouvements historiques parallèles ; le psychiatre, expert, ne venait en prison que pour repérer le fou et pour l’en extraire. Les non-aliénés, les demi-fous, les anormaux mentaux, mais aussi tous ceux qui perturbaient l’ordre carcéral étaient pris en charge par la seule discipline pénitentiaire. Après la rupture de la Seconde Guerre mondiale, un processus de réformes en spirale scella progressivement la convergence historique de la prison et de l’asile et lança la création de structures de prise en charge psychiatrique des détenus (annexes psychiatriques de la réforme Amor puis CMPR et SMPR)… Cette institutionnalisation de l’intervention psychiatrique en prison se déploya sur plus de quarante ans. Dans un contexte de pénuries, à partir d’échecs et d’expérimentations, avec des modèles différents, plusieurs générations de praticiens, de magistrats et de pénitentiaires ont élaboré dans l’action un nouveau cadre d’intervention sanitaire en prison devenue lieu de soin.

      Hélène Bellanger, « Politiques et pratiques de la psychiatrie en prison 1945-1986 », Criminocorpus [En ligne], Savoirs, politiques et pratiques de l’exécution des peines en France au XXe siècle, Communications, mis en ligne le 01 décembre 2014 http://criminocorpus.revues.org/2730



  • « Interdiction de manifester : la justice suspend neuf arrêtés sur dix à Paris »
    http://www.lemonde.fr/police-justice/article/2016/05/17/interdiction-de-manifester-la-justice-suspend-neuf-arretes-sur-dix-a-paris_4

    Dans ses ordonnances de rejet, le juge relève que les interdictions constituent une « #atteinte_grave_et_manifestement_illégale à la #liberté d’aller et venir et à celle de manifester ».

    Instants du procès par la journaliste du Monde
    https://twitter.com/JuliaPascualita

    Des manifestants sont interdits de séjour dans l’arrondissement où ils résident:habiter chez eux les expose à des poursuites #etatdurgence

    Me Kempf :"Le préfet évoque des infractions pénales.Je m’étonne qu’il n’y ait pas de condamnation" La Préfecture :"Des enquêtes sont en cours"

    L’avocat de la Préf n’a pas eu le temps de récupérer les procès-verbaux d’interpellation et reconnaît qu’il n’y a pas eu de suite judiciaire

    La Pref dégaine des notes blanches en défense.Qui évoquent des interpellations sans que des éléments matériels comme un pv le démontrent

    Le communiqué d’une des organisations visées par les interdictions, l’Action antifasciste Paris Banlieue
    http://www.afapb.org/interdictions-de-manifester-suspendues

    Nous considérons ces méthodes comme un aveu de faiblesse de la part de l’état français. Nous voyons le ridicule de ces décisions complètement arbitraires, non seulement dans le motif des interdictions (« risque d’entrave à l’action des forces de l’ordre » — ndlr : et pourquoi pas tous les manifestants), mais aussi dans le fait que certaines personnes assignées n’ont ni été interpellées, inquiétées, voire même présentes dans les derniers mouvements. Aussi, des personnes ont été interdites de certains arrondissements dans lesquels ils/elles habitent et/ou travaillent. Cette situation surréaliste montre bien que l’Etat ne s’attaque pas qu’à la liberté de manifester mais aussi à des libertés bien plus fondamentales.

    #luttes_sociales #état_d'urgence

    • Où l’on voit que le but de l’état d’urgence est de « légaliser » des pratiques policières anciennes comme le contrôle d’identité « à l’improviste » sous divers prétextes pour empêcher quelqu’un d’aller à une manifestation. C’était douteux mais « légal », et à durée limitée.

      Et en plus ça ne marche pas tellement ils sont mauvais : non mais, faire état d’interpellation sans produire le PV, ils se croient vraiment tout permis ! C’est vraiment se moquer (et je suis poli) ouvertement des magistrats. Heureusement, la justice administrative fait son boulot, mais le politique couvre tout.

      Il va donc falloir faire sauter encore les quelques limitations aux pouvoirs policiers. On va droit au #Schutzhaft !

      #état_policier

    • Hier, le ministre de la Justice, Jean-Jacques Urvoas, était invité sur France Inter.
      http://www.franceinter.fr/emission-linvite-jean-jacques-urvoas-0

      Un auditeur est intervenu, de manière mesurée, pour poser une question sur l’inégalité de traitement entre les violences des manifestant·e·s, qui menaient à des peines de prison très rapidement, et les #violences_policières, qui n’étaient jamais condamnées, politiquement ou pénalement. Les premiers mots de la réponse du ministre suffisent : (de mémoire) "On voit bien que la question est très orientée, mais ça ne me pose pas de problème de répondre à des questions orientées." Il faut comprendre que c’est le fait même de poser cette question qui serait "orienté" : l’action de la police ne devrait pas être questionnée. Un #état_de_droit équilibré ne craindrait pas de juger les violences policières.


  • La #Justice « se clochardise », selon son ministre
    https://www.mediapart.fr/journal/france/190416/la-justice-se-clochardise-selon-son-ministre

    « L’institution judiciaire est en voie de clochardisation » a déclaré le 18 avril Jean-Jacques Urvoas, le ministre de la justice, lors d’un déplacement à Lille. Cette pauvreté rend impossible le quotidien des #magistrats. Mais elle a aussi des répercussions concrètes sur la vie des justiciables. Nous republions les témoignages de six magistrats qui racontent comment l’indigence engendre l’injustice. Codes © Reuters

    #France #Experts_judiciaires #juges


  • Face aux défenseurs d’un régime colonial, raciste et d’apartheid, nous ne nous laisserons pas intimider ! – BDS France
    http://www.bdsfrance.org/face-aux-defenseurs-dun-regime-colonial-raciste-et-dapartheid-nous-ne-nou

    (...)Nous rappelons, au 1er Ministre, au Ministre de l’intérieur ainsi qu’au Ministre de la Justice, le courrier en date du 20 novembre 2015 adressé à Mme Taubira alors Ministre de la Justice par Jean-Jacques Urvoas, Président de la Commission des Lois et député du Finistère, membre du Parti Socialiste :
    Les actions menées par ces personnes visent à sensibiliser la population à la question du conflit israélo-palestinien et à sanctionner l’état hébreu pour son non-respect du droit international concernant l’occupation des colonies et son attitude dans le cadre du processus de paix.

    L’incitation à punir ce militantisme constitue une atteinte à la démocratie et aux libertés fondamentales, telles que la liberté d’expression, qui ne doivent faire l’objet de limitations qu’en cas de déclarations ou de faits inacceptables et contraires aux valeurs républicaines.
    http://www.ujfp.org/IMG/pdf/lettre_urvoas_a_taubira_20_11_2015.pdf
    Aujourd’hui, Les politiciens qui soutiennent le régime israélien d’apartheid sont à court d’arguments : ils amalgament l’antisionisme avec l’antisémitisme et le terrorisme, ils prennent les juifs du monde entier en otage, voulant obstinément en faire les complices des crimes de guerre et d’apartheid d’un état qui leur est étranger. Ils osent prétendre que BDS est illégal mais cautionnent les violations constantes du droit international et des droits humains par l’état israélien.(...)