person:jean-yves herment

    • Ils avaient promis, fin juin, de « ne pas relâcher la vigilance ». Malgré l’arrivée au 1er octobre, comme prévu, de 11 des 30 postes gagnés, les syndicats du Rouvray sont méfiants… Délégué CGT, Sébastien Ascoet cible le président de la Commission médicale d’établissement (CME) et la directrice des soins : « Ils naviguent à contre-courant. » Trois jours avant de signer du protocole de sortie de crise, les syndicats voulaient le départ de cette dernière.

      En cause, l’application mise à mal d’un point du protocole. Il a été convenu, en juin, que la mobilité des agents depuis l’hôpital psychiatrique vers les services de jour, en externe, serait gelée jusqu’à fin 2018. Ce point a pour objectif de poser « une photographie des effectifs », explique le délégué CFDT Jean-Yves Herment, « pour voir où sont les besoins ». Depuis août, six réunions ont été faites avec la directrice des ressources humaines en ce sens.

      « Nous avons avec elle un dialogue social de qualité », assurent les syndicats. Une nouvelle réunion aura lieu jeudi 20 septembre à 14h, avant laquelle la direction refuse de s’exprimer, même si l’on ignore si elle s’y rendra. Selon les syndicats leur travail – confié dans le cadre du protocole – est rendu impossible par le non gel de la mobilité.

      Interrogée sur son suivi du protocole, l’Agence régionale de santé (ARS) rappelle être « intervenue en appui de la direction afin d’identifier des points de sortie de crise », mais dit n’être en contact avec la direction du Rouvray que « dans le cadre du droit commun des relations entretenues avec les gouvernances de tous les hôpitaux ». Contacté, le ministère de la Santé n’a pas répondu à nos sollicitations.

      Au moins six agents auraient donc été envoyés vers des structures externes. Conséquence directe, la dernière réunion du mois de septembre n’a pas permis d’avancer, faute de chiffres stables. Pas de doute pour l’intersyndicale, les deux dirigeants pré-cités « font partir des agents en externe pour nous court-circuiter, pour qu’on se plante », dit Jean-Yves Herment.

      Résultat, il y a moins d’agents pour accueillir les patients, menant les unités à la sur-occupation. Selon un chiffre que la direction de l’hôpital n’a pas voulu confirmer, le taux d’occupation était de 107 % à la mi-septembre. En mars, la sur-occupation chronique de l’hôpital avait enclenché la grève. « Dès que nous avons relâché la pression ou que nous avons été en congés, début juillet, c’est reparti pire qu’avant », pose Sébastien Ascoet :

      Il n’y a plus de lits, donc on ouvre les chambres d’isolement avec un lit au sol et un seau. On laisse la porte ouverte mais on ne peut pas tout surveiller, on a pu enfermer des gens la nuit."

      #psychiatrie #CH_du_Rouvray #hôpital_psychiatrique

  • "La victoire des grévistes de la faim du Rouvray « insuffle la bagarre » nationale pour la #psychiatrie"

    Ils sont devenus "le symbole" du malaise hospitalier, particulièrement sur la psychiatrie. Victorieux après 18 jours de grève de la faim, les soignants du Rouvray ne désarment pas.

    (...) Désormais, il faut gérer le retour à la vie normale – tous sont en arrêt -, la notoriété – ils signent des autographes et ont leur chanson – mais aussi « la suite de la lutte », qui ne s’arrête pas aux grilles de l’hôpital du Rouvray.

    La gronde court déjà jusqu’à l’hôpital #Pierre-Janet, au Havre. Avant même le début de la mobilisation rouennaise, les syndicats de l’hôpital alertaient sur les conditions d’accueil infligées aux patients, dès février. Mais le Rouvray, « ça a tout changé », confie Frédéric, « ça insuffle la bagarre ». Délégué Sud, il a redécouvert le goût de la victoire syndicale :

    "Ça faisait des années qu’on se mobilisait pour perdre à chaque fois. Se dire « on peut gagner », ça inverse les choses et le rapport de force. "

    À Janet, il y a eu trois moments clefs pour arriver à cette bascule psychologique. D’abord, le début de la grève de la faim et « la sidération » du choix de ce mode d’action. C’est Thomas qui en a eu l’idée, en pensant « aux infirmiers de Limoges » qui l’ont fait pendant cinq jours en 2017, obtenant gain de cause. Ce fût « l’accélérateur », quand la victoire du Rouvray, deuxième choc, a été « le déclencheur pour les autres », analyse Jean-Yves Herment :

    " Dans l’absolu, ce n’est pas la bonne méthode, parce que celui qui se bat s’épuise. Mais on s’est demandés, en pensant aux agents : comment on les embarque avec nous ?"

    Les grévistes du Havre espèrent « ne pas en arriver là ». Pourtant, cette violence physique a été la solution, après avoir multiplié les actions – die-in, occupations, manifestations… Une solution des plus radicales qui a eu l’effet escompté au Rouvray et marqué ceux de Janet, les amenant à la troisième étape : « Quand ceux du Rouvray sont venus visiter les urgences », explique Jennifer, déléguée CGT. Dans la délégation, une infirmière de Sotteville-lès-Rouen « a fondu en larmes ».

    #CH_du_Rouvray #luttes_sociales #hôpital

  • Hôpital psychiatrique de Rouen : trois grévistes de la faim hospitalisés - Le Parisien
    http://www.leparisien.fr/societe/hopital-psychiatrique-de-rouen-trois-grevistes-de-la-faim-hospitalises-05

    Trois grévistes de la faim de l’hôpital psychiatrique de Rouen ont été hospitalisés lundi « avec un caractère d’urgence » alors que le mouvement, qui vise à obtenir des postes supplémentaires, atteignait son quatorzième jour, selon l’intersyndicale.

    « Jean-Yves Herment, âgé de 40 ans, a perdu entre 13 et 14 % de sa masse corporelle, soit bien au-delà de la limite critique de 10 %, détaille Sébastien Ascoet, délégué syndical CGT. Il était déshydraté et très faible. Le Samu l’a évacué (lundi) matin, sur une civière, vers un service spécialisé du CHU de Rouen ».
    « Des risques de séquelles irréversibles »

    Un deuxième gréviste de la faim, âgé d’une trentaine d’années, a été également évacué en fin de matinée et une femme de 40 ans « dans une situation très préoccupante » l’a été dans l’après-midi, ajoute Sébastien Ascoet. Selon lui, les pronostics vitaux de ces trois personnes ne sont pas engagés mais ces salariés « présentent des risques de séquelles irréversibles ».

    Outre ces trois personnes, cinq salariés étaient toujours en grève de la faim lundi soir, selon la CGT. Le syndicat affirme par ailleurs que 600 à 800 personnes se sont rassemblées devant la mairie de Rouen pour une marche de soutien aux grévistes de la faim et au personnel de l’hôpital.

    52 postes d’aides-soignants et d’infirmiers

    Cette grève de la faim a été entamée le 21 mai par quatre personnes, rejointes progressivement par désormais quatre autres. Elle vise à obtenir la création de 52 postes d’aides-soignants et d’infirmiers.

    Les grévistes de cet hôpital dit « du Rouvray », situé à Sotteville-lès-Rouen, dans la banlieue de Rouen, dénoncent « une surpopulation chronique » et « une dégradation des conditions de travail et d’accueil ». Ils sont mobilisés à travers différentes actions depuis le 22 mars. Une cinquantaine de grévistes ont occupé les locaux de la direction de jeudi soir à dimanche soir, selon l’intersyndicale.

    Sollicitée lundi, la direction de l’hôpital n’a pas donné suite. Le 24 mai, elle avait estimé qu’il n’y avait « plus de suroccupation dans l’établissement à la suite d’un ensemble d’actions mises en place le 15 avril ». La direction avait notamment annoncé l’embauche de cinq contractuels, un chiffre jugé « ridicule » par les syndicats.

    « La comparaison des ressources d’assurance maladie par habitant montre un positionnement du CH du Rouvray au-delà de la moyenne nationale et de la moyenne régionale », avait aussi affirmé la direction.

    Le nombre d’hospitalisations a augmenté de 8,4 % entre 2014 et 2016, selon les données du dernier rapport d’activité de l’établissement. Dans le même temps, les effectifs en équivalent temps plein n’ont progressé que de 0,5 %, passant de 1 941 postes à 1 951.

  • Les soignant·es en lutte de l’#hôpital_psychiatrique du Rouvray occupent l’administration depuis cette après-midi. Leur communiqué :
    https://blogs.mediapart.fr/solidarite-rouvray/blog/310518/communique-des-soignant-es-en-lutte

    Aujourd’hui, jeudi 31 mai à 15h, une centaine de salariés du Centre Hospitalier du Rouvray (hôpital Psychiatrique Rouen, Normandie 76) occupent l’administration pour réclamer notamment 52 postes supplémentaires pour prendre en charge correctement la souffrance psychique de nos concitoyens. Ils appuient ainsi l’action de 7 de leurs collègues en grève de la faim DEPUIS 10 jours !!!

    Nous rappelons que le mouvement de grève a débuté depuis le 22 mars 2018. Et que nous recevons pour seule réponse que du mépris !

    Défendons un service public de Santé de qualité sur tout le territoire !!!

    Z’hôpital public A Défendre !

    L’intersyndicale : CFDT, CGT, SUD, CFTC, Comité de grève, #blousesnoires.

    Pour les Rouennais·es : appel à venir en masse samedi à 14 sur place.

    La direction, elle, avait décampé des lieux au préalable et préparé un autre bâtiment. Prévoyante, mais pas pressée de regarder en face le mouvement social qui la concerne au premier chef. Un article pas mal du tout sur l’après-midi :
    https://actu.fr/normandie/sotteville-les-rouen_76681/greve-faim-lhopital-rouvray-pres-rouen-locaux-direction-occupes_17059763.html

    Les sept grévistes de la faim sont unanimes sur les réponses données par le ministère et son pendant régional. Quand Agnès Buzyn estime que le problème de l’hôpital est le recrutement de psychiatres, ils estiment que ce n’est « pas la priorité et pas ce qu’on demande », résume Marc-Aurélien : « Plus de psychiatres, ça veut dire du rendement. Cela ne nous décharge pas, nous soignants. » Jean-Yves Herment, autre gréviste de la faim, explique :

    Structurellement c’est de soignants dont on a besoin, du personnel au quotidien, à proximité des patients. Sur du long terme, bien sûr, l’un n’empêche pas l’autre. Nous c’est l’urgence qu’on veut gérer, là.

    Julie, salariée simple gréviste, appuie son analyse : « Ils vont recruter des médecins étrangers, en leur disant qu’ils auront une place qu’ils n’auront jamais et feront du chiffre. » L’autre pendant de la « logique comptable » dénoncée par les grévistes est la création d’une « mission d’audit flash » par l’ARS, annoncée mercredi 30 mai. Ils fustigent cette décision, « le troisième audit en trois ans, qui ont coûté 330 000 euros, pour des problèmes connus ».

    #psychiatrie #travail #CH_du_Rouvray

  • « Grève de la faim à Saint-étienne-du-rouvray. La colère monte... »
    https://rouendanslarue.net/greve-de-la-faim-ser

    https://www.youtube.com/watch?v=16RYPo_VNYw

    Le personnel de l’#hôpital_psychiatrique de Saint-Etienne du Rouvray est en grève depuis le 22 mars. L’intersyndicale dénonce la dégradation des conditions d’accueil et de prise en charge des patients et demande la création de postes, l’ouverture d’une unité spécialisée pour adolescent puisque à l’heure actuelle des jeunes de 14 ans peuvent se retrouver sur un lit de camp dans la même chambre que des adultes. Elle demande aussi l’agrandissement de l’unité accueillant des personnes incarcérées. Le conflit a démarré par une grève reconductible et ils ont multiplié les actions comme par exemple l’occupation des locaux de l’ ARS, l’agence régionale de santé, d’où ils ont été délogés par les CRS. Organisés en intersyndicale, des syndiqués et des-non syndiqués se sont réunis dans le collectif « les blouses noires ».

    Voir aussi le texte de François Ruffin sur le site du comité de soutien aux grévistes
    https://blogs.mediapart.fr/solidarite-rouvray/blog/290518/communiques-et-lettres-de-soutien-aux-grevistes-du-rouvray-au-30-mai

    Nous avons joint le délégué CFDT, Jean-Yves Herment, par téléphone :

    "Nous sommes obligés de faire dormir des patients dans des lits de camp, de les installer dans les couloirs, dans des bureaux. Des jeunes ados, de douze ans, se retrouvent dans des services adultes, faute de place. Mais ça n’est pas le pire. Le pire, c’est que j’en ai marre d’enfermer des gens parce qu’on manque de personnel. On met des malades en #chambre_d'isolement, pas pour des raisons médicales, pas pour leur apporter un soin, mais juste pour des raisons administratives, par manque de temps. On ne soigne plus, on enferme, et je n’ai pas choisi ce métier pour ça.
    Depuis le 22 mars, on a tout essayé, mais ni la direction, ni l’Agence Régionale de Santé, n’ont répondu à nos demandes. C’est le mépris. Alors, ça a suscité une telle colère, on s’est dit : ’Il ne nous reste plus que ça, la grève de la faim, nous mettre en danger."

    À Amiens, à l’hôpital Philippe Pinel, la situation, pourtant déjà critique, s’est encore dégradée : deux psychiatres viennent de démissionner, laissant les services médicalement exsangues. Près de quarante postes sont aujourd’hui vacants. Et les mêmes causes produisent (à peu près) les mêmes effets : « Par manque de places, des patients doivent parfois dormir en chambre d’isolement, en contradiction avec tous les protocoles. »

    #vidéo #psychiatrie #contention #maltraitance_institutionnelle #CH_du_Rouvray