person:jessica

  • Palestine Underground, super documentaire d’une demi heure de Jessica Kelly, sur la scène underground en Palestine (48 et 67), la musique électro, techno, rap etc., entre autres avec Sama (2018)
    https://www.youtube.com/watch?v=M-R8S7QwO1g

    Et, à propos de Sama :

    SAMA : «  On venait de Ramallah, Bethléem, Jéricho, Gaza  »
    Eric Carpentier, So Foot, le 15 janvier 2019
    https://www.sofoot.com/sama-on-venait-de-ramallah-bethleem-jericho-gaza-464836.html

    Figure centrale de la nouvelle scène électronique palestinienne, SAMA’ fait bouger les têtes et les lignes de la techno. Mais ce qu’elle préfère, c’est encore le football. La preuve : elle a fait partie de la première équipe nationale féminine de Palestine. Entretien avec une pionnière.

    Il y a vraiment de la politique dans le football, ça va main dans la main dès qu’on parle d’équipes nationales. Surtout dans le cas palestinien. Il y a deux ans environ, l’Arabie saoudite ne voulait pas venir jouer en Palestine, ils nous ont demandé d’aller jouer en Jordanie. Il y avait toute une discussion autour de ça. Alors qu’on voulait juste jouer au foot ! Donc il y a cet aspect-là, mais aussi l’aspect collectif, communautaire du football. Ça crée une atmosphère, tu peux voir des gens d’horizons différents se réunir. Et ça, déjà, c’est politique. Il y a cette idée d’aller au combat ensemble.

    Sama - The Beating Wound (2014)
    https://www.youtube.com/watch?v=OlrmsNtVYfw

    #Palestine #Sama #Muqataa #Musique #Musique_et_politique #Underground #Electro #Techno #Rap #Rave #Football


  • Tiens, je me demande si je ne vais pas faire appel à l’intelligence collective du Facebook bio (expression dont je tiens à vous dire qu’elle est reprise, telle quelle, dans une thèse très sérieuse, à laquelle je ne comprends pas tout, et qui étudie le Désordre avec un niveau de détail tel que je pense que je vais bientôt pouvoir confier le mot de passe ftp et le relai à son auteur).

    Pour un roman en cours d’écriture, j’aimerais trouver un équivalent, une féminisation correcte du mot avatar, la locution dans laquelle ce mot prendrait place, ce serait : « Jessica et toutes ses avatars ». Pour le moment j’ai mis avatares (ce qui va déjà être une paire de manches à faire passer au travers des différentes strates de la correction, mais si on n’essaie pas on n’arrive à rien).

    Et pour le même roman j’aimerais disposer d’un équivalent plus féminin au concept de la filiation, quelque chose qui resterait de la filiation mais qui serait plus du côté de la sororité. Le personnage féminin du roman s’appelle Jessica, elle est contrebassiste et elle est la digne héritière de Joëlle Léandre et c’est cependant une filiation qu’elle refuse (ma contrebassiste est un peu anarchiste et tatillonne à propos de la notion d’héritage). Et c’est vraiment cette notion de filiation que je veux mettre ici.

    Alors chères amies et amis, si vous avez des idées pour mes avatares et ma filiation féminine…


  • FREQ #19: The Writing’s On the Wall for Jessica Pabón-Colón
    https://feministfrequency.com/2018/12/28/freq-19-the-writings-on-the-wall-for-jessica-pabon-colon

      Each issue of the FREQ #Newsletter brings you an #Interview with a fascinating, inspiring, talented woman we think you should know more about. In our latest issue, we talk to pioneering interdisciplinary Latina scholar and activist, Dr. Jessica Pabón-Colón. Her recent book, Graffiti Grrlz: Performing #feminism in the Hip Hop Diaspora is a towering yet accessible work of scholarship on global feminism, urban culture, and the history of graffiti writing. […]

    #art #Music


    https://1.gravatar.com/avatar/7b9b699a1ebe8eae1245ca601b04007a?s=96&d=identicon&r=G


  • Je vois régulièrement passer des trucs pseudo-scientifiques mélangeant quantique, médecine, spiritualité… Je cherche des liens autour de ce sujet. Si vous en avez d’autres…

    La page wikipédia dédiée :
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Mysticisme_quantique

    Une retranscription d’une conférence de 2006 au Québec :
    https://www.sceptiques.qc.ca/activites/conferences/Mai-2006

    #physique_quantique #mysticisme #pseudo-science #médecine_alternative


  • Revue de presse continue spéciale « gilets jaunes »
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?672-revue-de-presse-semaine-du

    « Ils sont mieux ici que seuls chez eux devant la télé » : un Noël avec des « gilets jaunes »

    Chapon, bûche et messe de Noël : dans l’ex-bassin minier, des « gilets jaunes » réveillonnent sur leur rond-point

    « Gilets jaunes » : Arnaud et Jessica, la vie à l’euro près

    La police scientifique lance un préavis de grève

    Les Gilets jaunes et la question démocratique

    “Gilets jaunes” : Macron attaqué en justice pour racket et violences

    Le gilet jaune, nouvel étendard de la liberté d’expression ? Reportages dans la Loire à Saint Chamond

    « Gilets jaunes » : un an ferme pour des jets de projectiles sur les forces de l’ordre à Nancy

    Gilets jaunes : à Clermont-Ferrand, la mobilisation ne faiblit pas

    Joyeux Noël à la nation des ronds-points !

    Syndicalisme et gilets jaunes

    Les « gilets jaunes » sont là pour Édouard Philippe en Haute-Vienne

    (...)

    *

    Présentation/Archives/Abonnement


  • « Gilets jaunes » : Arnaud et Jessica, la vie à l’euro près

    Ces parents de quatre enfants sont à découvert dès le 15 du mois. Ils racontent leur sentiment de déclassement, et pourquoi ils continuent de lutter au sein du mouvement.

    Par Faustine Vincent
    Publié le 15 décembre 2018 à 09h20

    Arnaud, 26 ans, cariste et « gilet jaune », chez lui à Sens (Yonne), le 11 décembre. Benjamin Girette / Hans Lucas pour " Le Monde"
    Arnaud est capable de citer de tête le montant de chaque dépense du foyer à l’euro près. Dans sa famille, installée dans un appartement HLM à Sens (Yonne), c’est lui qui fait les comptes. Or, depuis deux ou trois ans, ils ont beau faire attention, « à partir du 15 du mois, on est à découvert », explique ce cariste dans l’aéronautique de 26 ans. Leur vie s’est comme rétrécie. Le jeune homme, au visage paisible et juvénile, nous reçoit chez eux ce mardi 11 décembre. Sa compagne, Jessica, 26 ans elle aussi, a la mine fatiguée et les cheveux en bataille après avoir passé la nuit sur un rond-point avec d’autres « gilets jaunes ». Le couple se relaie depuis trois semaines pour participer au mouvement, jonglant entre leurs quatre enfants et les horaires décalés d’Arnaud. Les annonces d’Emmanuel Macron, la veille, n’ont pas entamé leur détermination. « C’était… comment il disait, déjà ? Ah oui, de la poudre de perlimpinpin. Pour mon pouvoir d’achat, c’est toujours le néant », lance le père de famille.

    Il finit de changer la couche du dernier-né, puis détaille les comptes autour de la table du salon, aux murs nus et abîmés. Son salaire de 1 493 euros, sur lequel vit toute la famille, ne leur permet plus de faire face aux dépenses courantes. Et ce, malgré les 914 euros d’allocations familiales, les 100 euros d’aide personnalisée au logement (APL) et les 180 euros de la prestation d’accueil du jeune enfant (Paje). « Il y a trois ans, pourtant, on s’en sortait, se souvient-il. Moi je regarde les prix ; entre avant et maintenant, ça n’a rien à voir. »

    Leur loyer est resté stable, à 506,74 euros, mais l’électricité est passée de 30 à 49 euros par mois en deux ans. Leur forfait téléphonique a lui aussi augmenté depuis l’expiration des promotions, bondissant de 5 à 36 euros par mois pour elle, et de 20 à 42 euros pour lui. « Ça fait un énorme trou dans le budget », s’inquiète Jessica. Même les croquettes de leur chien sont plus chères qu’avant, selon elle. « Ça fait polémique, on en parle beaucoup avec les “gilets jaunes” sur Facebook. » La prime d’activité d’Arnaud a, quant à elle, chuté de 225 à 163 euros depuis qu’il est passé, en septembre, de l’intérim à un CDD. Au final, « il va falloir qu’on revoie tout notre budget », soupire la jeune mère au foyer, qui a arrêté ses petits boulots à la naissance des enfants pour éviter des frais de garde trop élevés.

    « Marre d’être pauvre »
    Le couple vérifie en permanence le tableau de leur banque en ligne pour faire les comptes mais rien n’y fait, les graphiques passent immanquablement du vert au rouge. Pour s’en sortir, il doit multiplier les astuces. A Lidl, Jessica traque les promotions de viande, achetée par lot de 5 kg puis congelée. Pour les œufs, ils ont un bon plan : le frère d’Arnaud, qui possède des poules, lui en vend à prix cassé, 2 euros les trente. « C’est 2 euros de gagné. C’est bête, mais ça fait deux kilos de pâtes, de riz, ou des gâteaux », calcule Arnaud. Avec tout ça, ils parviennent tant bien que mal à maintenir leur budget mensuel de nourriture autour de 400 euros.

    Quand les fins de mois sont trop difficiles, ils s’arrangent comme ils peuvent. Le père de Jessica lui glisse parfois un billet de 20 euros. En dehors de la famille, d’autres se montrent également compréhensifs. Le président de l’association de karaté du quartier a accepté de leur faire un échéancier afin qu’ils puissent payer les 120 euros de frais d’inscription pour leur fils aîné. « Il me reste encore 40 euros à donner, précise Jessica. Ce mois-ci je ne pourrai pas, mais le mois prochain, oui. » L’école de conduite où elle a passé son permis a elle aussi accepté un versement progressif, 300 euros par mois, 2 200 euros en tout après son premier échec à l’examen. Une somme colossale pour le couple, mais il n’avait pas le choix : le crédit à 1 euro par jour, dont il avait vu la publicité partout, lui a été refusé. « On dépassait le plafond », explique la jeune femme. La famille n’a pas de voiture pour autant : la banque a refusé de leur faire crédit, cette fois parce qu’ils « vivent trop à découvert ». Ils ont essayé auprès d’autres banques, mais comme ils n’ont pas de CDI, aucune n’a accepté.

    Les travaux qu’ils espéraient faire dans l’appartement attendront. Les visites chez le dentiste aussi. Jessica doit faire des soins importants, mais elle a dû renoncer face au prix, 800 euros pour les six dents de devant. Une fortune, d’autant qu’ils ne peuvent pas bénéficier de la couverture maladie universelle (CMU) car ils dépassent le plafond… de 10 euros. Coquette, Jessica a aussi fait une croix sur les rouges à lèvres et les produits pour les cheveux qu’elle aimait s’offrir au supermarché. Son dernier luxe ? « Un pull à 10 euros chez le Chinois », rougit-elle.

    La priorité, ce sont les enfants. Cette année, il a fallu renoncer au calendrier de l’Avent et au McDo plus d’une fois par mois, malgré leurs demandes pressantes, mais au moins ils ont pu continuer à leur acheter des vêtements de marque. Question pratique, d’abord, ça dure plus longtemps. Question de dignité, surtout. « Les enfants sont tellement méchants entre eux s’ils ont des sous-marques. J’ai pas envie que leurs copains se moquent, explique Jessica. Et puis, c’est mieux pour l’image. » Le mois dernier, la remarque de son fils de 7 ans lui a fait un coup au cœur. « Il m’a dit qu’il en avait marre d’être pauvre », dit-elle avec un sourire gêné. Le petit garçon sait que sa mère va à Paris tous les samedis depuis trois semaines. « Il chante même les chansons d’Emmanuel Macron, s’amuse son père. Ça fait “Oh oh, Emmanuel Macron, oh, tête de con, on vient te chercher chez toi”. La vidéo a fait pas mal de vues sur Facebook. »

    Arnaud et Jessica, qui se mobilisent pour la première fois, avaient voté Hollande en 2012, puis s’étaient abstenus en 2017. Ils ne rejettent pas les impôts, qu’ils jugent « utiles ». Ils se soucient aussi de l’écologie, et ne sont pas des violents. Mais ils ne supportent plus « de payer pour des politiciens qui ne nous représentent pas, qui se permettent de dormir à l’Assemblée pendant le vote des lois, alors que nous, ce serait direct une mise à pied, et qui parlent d’écologie tout en prenant l’avion », enrage Arnaud. Sur le rond-point, la veille, Jessica est passée pour la première fois à un mode d’action plus virulent. Samedi 15 décembre, ils seront tous les deux à Paris, dans la foule des « gilets jaunes ». Et ils crieront de nouveau le message qu’ils sont venus porter et que le pouvoir n’a, à leurs yeux, toujours pas compris.

    Faustine Vincent (Envoyée spéciale à Sens (Yonne))

    #giletsjaunes #gilets_jaunes

    https://www.lemonde.fr/politique/article/2018/12/15/gilets-jaunes-arnaud-et-jessica-la-vie-a-l-euro-pres_5397995_823448.html


  • Arnaud, Jessica, Faustine, et les lecteurs du Monde | Daniel Schneidermann
    https://www.arretsurimages.net/chroniques/le-matinaute/arnaud-jessica-faustine-et-les-lecteurs-du-monde

    Armée de ces édifiantes leçons de vie, Faustine Vincent est allée faire réagir une sociologue et un spécialiste des inégalités. “Ceux qui sont choqués sont issus des classes supérieures [surreprésentées parmi les lecteurs du Monde]. Cela relève d’une haine sociale et d’un mépris de classe” estime Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités. Quant à Arnaud et Jessica, « ils appartiennent à une catégorie de plus en plus identifiée : les classes moyennes fragiles, explique Jeanne Lazarus. Ils cherchent à s’accrocher au mode de vie de la classe moyenne : être bien habillé, avoir une part de plaisirs, ne pas être uniquement dans la contrainte. » Or, ce que leur renvoient les commentaires, c’est qu’ils ne devraient pas s’autoriser ces “petits plaisirs”. “C’est très violent, socialement. C’est une façon (...)

    • Arnaud, Jessica, Faustine, et les lecteurs du Monde - Par Daniel Schneidermann | Arrêt sur images
      https://www.arretsurimages.net/chroniques/le-matinaute/arnaud-jessica-faustine-et-les-lecteurs-du-monde

      C’est l’histoire d’un couple de Gilets jaunes, Arnaud et Jessica, rencontrés par Le Monde à Sens, dans l’Yonne. Il est cariste dans l’aéronautique, elle est mère au foyer, où elle s’occupe de leurs quatre enfants. Ils sont à découvert dès le 15 du mois. A Faustine Vincent, journaliste au Monde, ils ont dévoilé leur budget. Son salaire net, à lui, de 1493 euros. Leurs 914 euros mensuels d’allocations familiales. Et les APL. Et la prestation d’accueil du jeune enfant. Et leurs conclusions : ils n’y arrivent pas. Le reportage est paru le 15 décembre.

      Aussitôt, dans les commentaires du journal, les lecteurs se sont déchainés contre le jeune couple, et accessoirement contre la journaliste qui en a fait une incarnation du mouvement. Dans le viseur des lecteurs du Monde, deux signes extérieurs de richesse : le chien, et les vêtements de marque que les jeunes parents persistent à offrir à leurs enfants ("les enfants sont tellement méchants entre eux s’ils ont des sous-marques" disait Jessica). Aux yeux des lecteurs, Arnaud et Jessica sont de faux pauvres, de mauvais pauvres, qui ne savent pas gérer leur budget. C’est le sens de la grande majorité des 1087 commentaires (à l’heure où j’écris).

      Outre la moisson de souvenirs personnels (c’est fou le nombre de lecteurs et lectrices qui ont porté les anoraks de leur grande soeur, ou les pulls moches tricotés par leur maman) , c’est une profusion de diagnostics psycho-sociologiques -"le problème de cette famille semble effectivement le manque d’intégration sociale, de capital relationnel, de modèle et d’ambition bien plus que le manque d’argent" de conseils de vie -"Si ils le voulaient, ils pourraient revenir a l’ecole en cours du soir et se former, ce qui leur donneraient de meilleures perspectives d’emplois avec de meilleur salaires" "Ce couple exige davantage de la solidarité nationale mais pourrait organiser une garde partagée avec d’autres pour permettre à la mère de travailler à temps partiel" "Quand on n’est pas capable de faire vivre plusieurs enfants, on ne les créent pas." ou de tutos-conso : "Indécent, c’est bien le mot à employer. Des forfaits de téléphone à meilleur prix existent. Les vêtements de marque ? Mais on rêve ! Il existe d’excellents vêtements hors des grandes marques et abordables". 

      Armée de ces édifiantes leçons de vie, Faustine Vincent est allée faire réagir une sociologue et un spécialiste des inégalités. "Ceux qui sont choqués sont issus des classes supérieures [surreprésentées parmi les lecteurs du Monde]. Cela relève d’une haine sociale et d’un mépris de classe" estime Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités. Quant à Arnaud et Jessica, « ils appartiennent à une catégorie de plus en plus identifiée : les classes moyennes fragiles, explique Jeanne Lazarus. Ils cherchent à s’accrocher au mode de vie de la classe moyenne : être bien habillé, avoir une part de plaisirs, ne pas être uniquement dans la contrainte. » Or, ce que leur renvoient les commentaires, c’est qu’ils ne devraient pas s’autoriser ces "petits plaisirs". " C’est très violent, socialement. C’est une façon de dire qu’ils doivent se satisfaire de leur place ", poursuit la sociologue.

      Ce second article, titré " Pourquoi le quotidien d’un couple de Gilets jaunes dérange les lecteurs du Monde ", a explosé le record des commentaires du premier : 1303 (toujours à l’heure où j’écris). En appel, le commentariat du Monde confirme son verdict contre Arnaud et Jessica. Quant à Faustine Vincent, elle voit sa peine aggravée, sur le mode " est-il logique qu’une journaliste du Monde se permette de donner des leçons à son lectorat qui paye pour son salaire ? " (je n’invente pas, c’est le deuxième commentaire par ordre antechronologique ce matin).

      Il arrive souvent, dans la presse en ligne, que les commentaires soient aussi intéressants que les articles commentés : c’est le cas ici. Ce torrent de réactions illustre parfaitement ce que nous décrivions dans notre deuxième émission sur les Gilets jaunes, avec Emmanuel Todd : le décrochage entre les "petites" classes moyennes, hantées par la chute dans la paupérisation (où elles ne sont pas encore) et ceux qui n’ont pas besoin de regarder les étiquettes de prix au supermarché. Simple décrochage ? Incompréhension, plutôt, hostilité, voire guerre froide. La télé n’a cessé, depuis un mois, de montrer la "violence" des Gilets jaunes. Arnaud et Jessica nous révèlent la violence silencieuse de tous les sans-gilet.

      Accessoirement, si je peux me permettre un mot personnel, cela me confirme dans la conviction qu’il faut savoir déplaire à ses lecteurs. C’est une marque de respect envers eux.

      Pourquoi le quotidien d’un couple de Gilets jaunes dérange les lecteurs du Monde
      https://seenthis.net/messages/745927

    • L’article du Monde sur le sujet :
      Pourquoi le quotidien d’un couple de « gilets jaunes » dérange des lecteurs

      Le portrait, dans « Le Monde », de jeunes parents mobilisés dans le mouvement a suscité un déluge de commentaires désobligeants à leur égard.

      Par Faustine Vincent Publié aujourd’hui à 14h28, mis à jour à 16h07

      Dès la parution de l’article du Monde, ce fut un déferlement. Le portrait d’Arnaud et Jessica, un couple de jeunes parents mobilisés dans le mouvement des « gilets jaunes » et témoignant de leurs fins de mois difficiles, a suscité plus de 1 000 commentaires sur le site du Monde, et des centaines d’autres sur Twitter et Facebook.

      Une écrasante majorité d’entre eux expriment une grande hostilité à l’égard du mode de vie de cette famille, installée dans l’Yonne. Tout leur est reproché : le fait qu’ils aient quatre enfants à 26 ans, qu’ils touchent 914 euros d’allocations familiales, que la mère ne travaille pas – même si c’est pour éviter des frais de garde trop élevés –, le montant de leurs forfaits téléphoniques, le fait qu’ils aillent au McDo, qu’ils achètent des vêtements de marque à leurs enfants, et même qu’ils aient un chien.
      Article réservé à nos abonnés Lire aussi « Gilets jaunes » : Arnaud et Jessica, la vie à l’euro près

      La virulence des commentaires sur Internet n’est ni une nouveauté ni représentative de l’ensemble de la population. Pour autant, le déluge d’attaques dont le couple fait l’objet interroge. Pourquoi tant d’hostilité ? « Si l’article était paru dans la presse locale, cela n’aurait pas suscité de réaction, car c’est ce que les gens vivent. Il décrit simplement le quotidien d’une famille populaire, observe Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités. Ceux qui sont choqués sont issus des classes supérieures [surreprésentées parmi les lecteurs du Monde]. Cela relève d’une haine sociale et d’un mépris de classe », estime-t-il. Parmi les commentateurs figurent également des partisans d’Emmanuel Macron. L’un d’eux affirme ainsi que « rien ne démontre que la politique menée par [le président] et son gouvernement leur ait enlevé un centime de pouvoir d’achat ».
      « Ils ne savent pas gérer leur budget »

      Beaucoup ont sorti leur calculatrice pour se pencher sur les comptes du jeune couple, en additionnant le salaire d’Arnaud (1 493 euros) et les aides dont il bénéficie, moins les dépenses figurant dans l’article – lequel ne se voulait pas exhaustif et ne mentionnait donc pas certains frais comme la cantine des enfants, les transports en commun, la mutuelle, la redevance télé, l’abonnement à Internet, etc. Or, une fois le calcul fait, les lecteurs sont formels, « ils ne savent pas gérer leur budget ».

      « Désolé, mais je n’arrive pas à comprendre, écrit l’un d’eux. Revenu total : 2 700 euros. Loyer + électricité : moins de 600 euros. Ça fait donc plus de 2 100 euros pour faire vivre 2 adultes + 4 jeunes enfants. Moi aussi je regarde les prix et il n’est pas compréhensible d’être à découvert dès le 15 du mois. » La question les taraude : que font-ils du reste ?
      Article réservé à nos abonnés Lire aussi « Les classes sociales n’ont jamais disparu. Avec les “gilets jaunes”, elles redeviennent visibles »

      « Se demander si les pauvres ne font pas n’importe quoi avec leur argent est une question très ancienne », rappelle Jeanne Lazarus, sociologue au CNRS. Elle a émergé au XIXe siècle lors de la révolution industrielle, lorsque les familles d’ouvriers ont quitté les campagnes, où l’argent liquide ne circulait quasiment pas, pour les villes. « Les patrons ont alors réfléchi à la façon de leur donner de l’argent, craignant qu’ils dépensent tout en boisson. » Gérer correctement son budget repose alors sur une logique érigée en modèle : savoir faire des restrictions et planifier le futur. Il s’agit d’être « raisonnable », d’agir « en bon père de famille » – une notion supprimée du droit français en 2014.

      Ces accents paternalistes se retrouvent chez certains lecteurs ayant ausculté les comptes du jeune couple. « Il y a dans ces commentaires un rapport de classe très fort, analyse Mme Lazarus. C’est une façon de dire : “Nous, nous savons bien ce qu’il faut faire avec l’argent, car nous en avons plus, et ne faisons pas n’importe quoi.” »
      « Faux pauvres » ou « mauvais pauvres »

      D’autres vont plus loin en les accusant d’être de « faux pauvres ». Avec ses 2 687 euros de revenus, aides incluses, la famille de Jessica et Arnaud se situe pourtant juste en dessous du seuil de pauvreté, fixé à 2 770 euros pour ce type de famille, selon l’Insee. « A titre de comparaison, le revenu médian, pour un foyer de deux adultes et quatre jeunes enfants, est de 4 300 euros, rappelle Louis Maurin. On est donc très loin des revenus de ce couple. Mais les gens ne se rendent pas compte des niveaux de vie de la population française. » Et, comme il s’agit d’argent, tout le monde a un avis. « Les gens adorent en parler, surtout de l’argent des autres, car ils peuvent se projeter et ont l’impression de pouvoir classer les gens plus facilement », explique Jeanne Lazarus.
      Article réservé à nos abonnés Lire aussi « Gilets jaunes » : la révolte des ronds-points

      Avec Jessica et Arnaud, la curiosité se double de la conviction d’avoir un droit de regard sur leurs finances puisqu’une partie importante de leurs revenus vient des allocations, versées grâce aux impôts de la collectivité. Les choix qu’ils font au quotidien irritent d’autant plus que l’argent venant des aides est considéré comme « peu légitime, non mérité, contrairement à celui qui vient du travail », selon la sociologue.

      « Ma compagne et moi payons (avec plaisir) environ 1 200 euros d’impôts par mois… Je ne suis pas sûr d’être content d’apprendre qu’ils servent à ce couple à se payer des forfaits trop chers et des vêtements de marque. Cette révolte [des “gilets jaunes”] est définitivement celle des assistés », écrit ainsi un lecteur. Les classes supérieures bénéficient pourtant, elles aussi, d’aides – tout le monde a notamment droit aux allocations familiales –, mais elles sont moins visibles dans l’immédiat, parce qu’elles passent beaucoup par la défiscalisation.

      Au final, si ces « gilets jaunes » agacent tant une partie des lecteurs, c’est parce qu’ils sont à leurs yeux de « mauvais pauvres » faisant de « mauvais choix ». C’est déjà ce qui était reproché, dans un autre contexte, à une habitante de La Courneuve (Seine-Saint-Denis), que la reporter du Monde Aline Leclerc avait rencontrée en 2010. Les lecteurs s’étaient plus offusqués de voir qu’elle avait un écran plat chez elle malgré ses petits revenus que de savoir que des trafiquants avaient tiré des coups de feu en bas de son immeuble.

      « C’est très violent, socialement »

      Ce que revendiquent Jessica et Arnaud apparaît ainsi comme illégitime aux yeux des commentateurs. Car, au fond, ce que le couple demande, comme tant d’autres « gilets jaunes », c’est de pouvoir vivre sans se serrer la ceinture en permanence, comme nous l’avons beaucoup entendu autour des ronds-points.

      « Ils appartiennent à une catégorie de plus en plus identifiée : les classes moyennes fragiles, explique Jeanne Lazarus. Ils cherchent à s’accrocher au mode de vie de la classe moyenne : être bien habillé, avoir une part de plaisirs, ne pas être uniquement dans la contrainte. Et quand tout s’effrite, c’est par la consommation qu’on trouve une place dans la société. » Or, ce que leur renvoient les commentaires, c’est qu’ils ne devraient pas s’autoriser ces « petits plaisirs ». « C’est très violent, socialement. C’est une façon de dire qu’ils doivent se satisfaire de leur place », poursuit la sociologue.

      Recontacté après la parution de l’article, Arnaud assure que les commentaires virulents « lui passent complètement au-dessus ». A ceux qui les jugent, il répond simplement ceci : « Si les gens veulent échanger, je prends leur vie sans hésiter. »

      Faustine Vincent
      https://www.lemonde.fr/societe/article/2018/12/20/pourquoi-le-quotidien-d-un-couple-de-gilets-jaunes-derange-une-partie-des-le


  • Pourquoi le quotidien d’un couple de « gilets jaunes » dérange des lecteurs
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2018/12/20/pourquoi-le-quotidien-d-un-couple-de-gilets-jaunes-derange-une-partie-des-le

    Dès la parution de l’article du Monde, ce fut un déferlement. Le portrait d’Arnaud et Jessica, un couple de jeunes parents mobilisés dans le mouvement des « gilets jaunes » et témoignant de leurs fins de mois difficiles, a suscité plus de 1 000 commentaires sur le site du Monde, et des centaines d’autres sur Twitter et Facebook.

    Une écrasante majorité d’entre eux expriment une grande hostilité à l’égard du mode de vie de cette famille, installée dans l’Yonne. Tout leur est reproché : le fait qu’ils aient quatre enfants à 26 ans, qu’ils touchent 914 euros d’allocations familiales, que la mère ne travaille pas – même si c’est pour éviter des frais de garde trop élevés –, le montant de leurs forfaits téléphoniques, le fait qu’ils aillent au McDo, qu’ils achètent des vêtements de marque à leurs enfants, et même qu’ils aient un chien.

    « Ceux qui sont choqués sont issus des classes supérieures. Cela relève d’une haine sociale et d’un mépris de classe », Louis Maurin

    La virulence des commentaires sur Internet n’est ni une nouveauté ni représentative de l’ensemble de la population. Pour autant, le déluge d’attaques dont le couple fait l’objet interroge. Pourquoi tant d’hostilité ?

    Je regarde régulièrement les commentaires, sur les sites, ou dans les fils twitter. C’est souvent tellement effrayant sur la haine de classe des riches, de ceux qui se croient "dominants", qui savent mieux que tout le monde ce qu’il faut faire. Un exemple ici, bien analysé.

    Ces commentaires sont un reflet de la société, et des expression de pouvoir et de la lutte de classe dans ce qu’elle est vraiment l’expression des "classes dominantes".

    Soyons clairs : la haine des dominants envers les pauvres est largement supérieure à celle que les pauvres exercent contre le système. Une telle asymétrie pose réellement des problèmes. Mais c’est le milliardaire Warren Buffet qui avait expliqué" cela au mieux : "La lutte de classe, bien sûr qu’elle existe... d’ailleurs, nous l’avons gagnée".

    #Gilets_jaunes #Commentaires


  • Pourquoi le quotidien d’un couple de « gilets jaunes » dérange des lecteurs, Faustine Vincent
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2018/12/20/pourquoi-le-quotidien-d-un-couple-de-gilets-jaunes-derange-une-partie-des-le

    Le portrait, dans « Le Monde », de jeunes parents mobilisés dans le mouvement a suscité un déluge de commentaires désobligeants à leur égard.

    Dès la parution de l’article du Monde, ce fut un déferlement. Le portrait d’Arnaud et Jessica, un couple de jeunes parents mobilisés dans le mouvement des « #gilets_jaunes » et témoignant de leurs fins de mois difficiles, a suscité plus de 1 000 commentaires sur le site du Monde, et des centaines d’autres sur Twitter et Facebook.
    Une écrasante majorité d’entre eux expriment une grande hostilité à l’égard du mode de vie de cette famille, installée dans l’Yonne. Tout leur est reproché : le fait qu’ils aient quatre enfants à 26 ans, qu’ils touchent 914 euros d’#allocations familiales, que la mère ne travaille pas – même si c’est pour éviter des frais de garde trop élevés –, le montant de leurs forfaits téléphoniques, le fait qu’ils aillent au McDo, qu’ils achètent des vêtements de marque à leurs enfants, et même qu’ils aient un chien.

    « Ceux qui sont choqués sont issus des classes supérieures. Cela relève d’une haine sociale et d’un mépris de classe », Louis Maurin
    La virulence des commentaires sur Internet n’est ni une nouveauté ni représentative de l’ensemble de la population. Pour autant, le déluge d’attaques dont le couple fait l’objet interroge. Pourquoi tant d’hostilité ? « Si l’article était paru dans la presse locale, cela n’aurait pas suscité de réaction, car c’est ce que les gens vivent. Il décrit simplement le quotidien d’une famille #populaire, observe Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités. Ceux qui sont choqués sont issus des classes supérieures [surreprésentées parmi les lecteurs du Monde]. Cela relève d’une haine sociale et d’un mépris de classe », estime-t-il. Parmi les commentateurs figurent également des partisans d’Emmanuel Macron. L’un d’eux affirme ainsi que « rien ne démontre que la politique menée par [le président] et son gouvernement leur ait enlevé un centime de pouvoir d’achat ».

    « Ils ne savent pas gérer leur budget »

    Beaucoup ont sorti leur calculatrice pour se pencher sur les comptes du jeune couple, en additionnant le salaire d’Arnaud (1 493 euros) et les aides dont il bénéficie, moins les dépenses figurant dans l’article – lequel ne se voulait pas exhaustif et ne mentionnait donc pas certains frais comme la cantine des enfants, les transports en commun, la mutuelle, la redevance télé, l’abonnement à Internet, etc. Or, une fois le calcul fait, les lecteurs sont formels, « ils ne savent pas gérer leur budget ».

    #allocataires #revenu #travailleurs_pauvres


  • L’apocalypse en jaune fluo - Le Monolecte
    https://blog.monolecte.fr/2018/12/18/lapocalypse-en-jaune-fluo

    C’est une véritable apocalypse en jaune fluo qui a déferlé sur la France et qui a résisté, jour après jour, semaine après semaine, au froid, au découragement, à la violence, à la haine et quelque part, aussi, à la tentation du pire et du chaos. C’est une apocalypse au sens premier du terme : la révélation  !

    Parce que c’est cela qui s’est réellement passé et que plus rien ne pourra effacer : ce qui était invisible est devenu visible, ce qui était nié s’est imposé à tous, ce qui était caché a été exposé de manière irrévocable.

    #gilets_jaunes #démocratie #confiscation_démocratique

    • Certains « gilets jaunes » trouvent une « famille » sur les ronds-points, Aline Leclerc
      https://www.lemonde.fr/societe/article/2018/12/21/certains-gilets-jaunes-trouvent-une-famille-dans-leur-lutte-sur-les-ronds-po

      Le mouvement, apparu le 17 novembre, a fait naître une forme de #solidarité et de fraternité chez ceux qui ne s’étaient jamais révoltés.

      « Râleurs des canapés, mettez vos gilets ! » , annonce la pancarte posée bien en vue contre un pylône du rond-point. L’air de rien, elle dit beaucoup de ce qu’est le mouvement des « gilets jaunes » : la #révolte de ceux qui, jusqu’ici, ne s’étaient jamais révoltés et bougonnaient seuls, chez eux, devant leur télévision. Il y a un mois, ils ont éteint leur écran, enfilé leur gilet. Et sur l’échangeur de la nationale ou le terre-plein à côté du péage, ils ont rencontré des inconnus qui leur ressemblent, avec qui ils refont désormais le monde autour d’un feu de bois, en buvant le café. Au-delà de leurs revendications toujours vives sur le pouvoir d’achat ou la crise démocratique, c’est aussi cela qui les fait continuer la lutte : le plaisir de s’être trouvé cette nouvelle « famille », comme ils aiment désormais à le dire.

      « Ici tout le monde se raconte et on se rend compte qu’on a un peu tous les mêmes problèmes »

      « Ah ça, le répertoire s’est rempli, c’est vrai qu’on s’est fait des amis ! », s’enthousiasme Jessica, mère au foyer rencontrée dans l’Yonne. « Les gens pensaient qu’il n’y avait qu’eux qui avaient des difficultés. Mais ici tout le monde se raconte et on se rend compte qu’on a un peu tous les mêmes problèmes. La misère de chacun, elle nous touche », explique Bernard, ancien thermicien dans une centrale nucléaire. Mobilisé à Montchanin (Saône-et-Loire) depuis le 17 novembre, malgré, explique-t-il, « ses 74 ans et ses deux cancers ». Il nous rappelle cet autre retraité croisé à Saint-André-de-Cubzac (Gironde). En chimiothérapie, il bravait le froid glacial pour retrouver les « gilets jaunes » au bord de la nationale, tous les après-midi : « Ça me change les idées, chez moi c’est sinistre, je m’ennuie. »
      « Ici, il y a une alliance entre la recherche du bien et la recherche de #liens, philosophe Guy, garçon de café à la retraite, autour du feu de Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire). Des gens qui s’isolaient dans leur #précarité, en se retrouvant, recréent du sens. Il y a une faim de vie. »

      Ce bon vieux temps où l’on n’avait pas la télé
      A Montchanin, les « gilets jaunes » racontent comment ils se sont démenés pour qu’un des leurs, handicapé par deux AVC, retrouve le chauffage. « Par fierté, il a longtemps rien osé dire, s’émeut Bernard. Mais c’est la force de ce mouvement. Et moins Macron nous entend, plus les gens se ressoudent ! Le peuple, il est en train de tout se ressouder, et c’est ça qui leur fait peur ! »

      « Ils ont tout fait pour qu’on devienne individualiste »

      Derrière lui, Nono, 54 ans, mécanicien intérimaire, insiste : « Ils ont tout fait pour qu’on devienne individualiste. En nous divisant, et en lavant le cerveau des gens. » Autour du feu de Montceau-les-Mines, Georges, ancien mineur de 68 ans, évoque ce bon vieux temps où l’on n’avait pas la télé : « Les gens se réunissaient le soir pour discuter, y’avait des veillées fraternelles… Et c’est un peu ça en fait qu’on revit, cette fraternité. »

      « On vit dans un monde tellement égoïste, on a toujours mieux à faire qu’aider les autres, ou visiter sa vieille grand-mère. Et là, voir les gens solidaires, ça me fait un bien fou, témoigne aussi Angélique, coiffeuse de 34 ans. Je me dis qu’il n’y a pas que des mauvais ! » Elle ajoute, pensive : « Je ne sais pas si on sera plus heureux, mais on ne sortira pas pareil des “gilets jaunes”. » Et George d’ajouter : « Le premier des changements, il est en nous ! »

      Cela a fait naître en eux une grande fierté

      En relevant la tête, eux, les oubliés, les méprisés, ont réussi en un mois à s’imposer dans les médias et à défier le pouvoir, obtenant même quelques victoires. Beaucoup ne s’en seraient jamais cru capables. Cela a fait naître en eux une grande fierté. Et des rêves grandiloquents : ceux qui restent mobilisés aujourd’hui veulent tout bonnement « changer le système ». Cette #machine_à_broyer qui les écrase depuis quarante ans. « Un jour, peut-être, on parlera des “gilets jaunes” dans les livres d’histoire, songe Angélique, qui élève seule ses deux enfants. Et ce jour-là, je pourrai leur dire “j’y étais !” On n’a pas vécu la guerre, mais on aura fait ça. Je me serai battue pour leur avenir. »

      « Personne n’est capable de vous dire quand ce sera la fin »
      On entrevoit alors combien il sera difficile de mettre fin au mouvement pour ceux qui le pensent révolutionnaire. « Alors quoi, tout le monde rentre chez soi, et puis les #riches restent riches et les #pauvres restent pauvres ? On enlève les barrages et on continue le système ? On peut pas faire ça ! », estime Georges, l’ancien mineur. « On est lucide, on se rend compte qu’il n’y a pas de solution évidente, concède Michel, son beau-frère. Personne n’est capable de vous dire quand ce sera la fin. »

      Beaucoup n’ont tout simplement pas envie qu’elle arrive. « Ça fait peur à certains, estime David, 45 ans, mobilisé à Montceau-les-Mines. Les gens sont devenus amis, la manifestation du samedi est devenue la sortie du week-end. Si on rentre chacun chez soi, ensuite quoi, on se fait juste coucou au Leclerc ? »

    • Un grand texte @monolecte .
      Bravo.

      Pour information, débrayage spontané dans certaines entreprises, exemple Satelec par chez moi.
      Ils doivent être consternés.

      Moins agréable, vendredi après midi, fête d’Ecole primaire, sur Lille.
      La plupart des petites filles, de plus en plus grimées en mini miss (pas du fait de l’école).
      Consternant, à suivre.



  • Je suis allé voir le #film Suspiria (2018) de Luca Guadagnino, avec Dakota Johnson et Tilda Swinton
    https://www.youtube.com/watch?v=BY6QKRl56Ok

    C’est évidemment le remake du Suspiria de Dario Argento (écrit avec Daria Nicolodi), de 1977 (avec Jessica Harper).

    Généralement je ne vais pas voir les remakes des classiques de l’horreur. J’ai l’impression que ça donne soit des copies plan par plan mais avec des effets numériques tape à l’œil, soit des outrances gore. Mais là, un remake de Dario Argento, j’avais envie de voir.

    Hé ben c’est pas mal du tout. Il y a une ambiance pesante tout le long, on est relativement surpris par les évolutions de la trame, et les actrices sont épatantes. Évidemment, Tilda Swinton (qui, je le découvre en regardant la fiche IMDB en sortant de la salle, joue aussi le vieux monsieur, ainsi que la mère Markos), pour te foutre les chocottes, tu peux pas te rater. (Je vois que Dakota Johnson et Tilda Swinton étaient déjà dans A Bigger Splash (2015) du même Luca Guadagnino. Pas encore vu.)

    C’est largement de l’horreur d’ambiance, mais fais gaffe quand même : le premier meurtre est long et pénible, et il y a quelques effets gore. Un peu comme Hérédité (2018) : de l’ambiance, mais quand c’est horrible, c’est horrible…

    Plutôt bonne idée d’ajouter des éléments de cadre historique à Berlin, avec la bande à Baader, des évocations de la guerre… c’est pas vraiment lourd, et ça donne un peu de fond à un scénario un peu con-con sinon (c’est des histoires de sabbat de sorcières, à la base).

    Musique de Thom Yorke (Radiohead). Ouaip. Et un cameo de Jessica Harper. Ouaip aussi.

    (En revanche, la programmation du Gaumont à Montpellier, je comprends pas : le film ne passe qu’une fois par jour, à 21h50.)

    • Du coup je me suis revu le Suspiria de Dario Argento (1977) :
      https://www.youtube.com/watch?v=5Y0EEqtWrJI

      Je vais commencer par préciser que Suspiria n’est pas mon Argento préféré : pour moi le chef-d’œuvre, c’est Profondo Rosso avec David Hemmings (1975). C’est beaucoup plus « tenu » et développé, et on y retrouve l’humour à la con d’Argento (après, Profondo Rosso est presque deux fois plus long ; alors forcément il y a le temps pour y mettre beaucoup plus de choses). Mais bon, Suspiria, c’est tout de même un de mes classiques.

      Ce qui est amusant, en revoyant l’original après le remake, c’est que les choix du second font ressortir les limites du premier.

      – Toute la fin est différente. Et ça donne du corps et des enjeux à l’anecdote (le « sabbat de sorcières », un peu con-con sinon). En gros, dans le film d’Argento, le pourquoi et les enjeux autour du personnage de Jessica Harper, il n’y en a pas vraiment.

      – Et justement, les personnages du premier film ne sont pas très développés. Jessica Harper, on ne sait pas trop son parcours. Et surtout, ses copines, c’est assez néantissime. Le personnage de Udo Kier, on se demande même ce qu’il fait là.

      – L’aspect surnaturel surgit dans la scène finale, et le mot « sorcières » est prononcé pour la première fois au bout d’une heure de film. Les meurtres sont plus ou moins réalistes, essentiellement au couteau (comme dans tout bon giallo). Ce sont les espèces de cris omniprésents dans la bande son qui signalent que ce n’est pas un simple polar ; c’est assez pénible du coup, la bande son en fait des caisses dans l’infernal – je ne parle pas de la musique des Goblin, ça curieusement je supporte assez bien –, pendant que le scénario joue sur l’incertitude. Du coup, pendant une heure on fait comme si c’était un thriller, pendant 20 minutes on introduit le thème des sorcières sur le ton de l’évidence, et dans les 3 dernières minutes on montre que c’est totalement surnaturel (mais avec des effets sonores omniprésents qui, eux, contredisent cette hésitation pour le « surnaturel »). Dans le remake, c’est assumé : le thème des sorcières et des 3 Mères est balancé dès le début, et le premier meurtre (long et pénible, comme je l’ai écrit ci-dessus) est explicitement surnaturel.

      – Comme le surnaturel ne vient que tardivement, il y a une « résolution » de type thriller/polar, classique d’Argento, avec une information incompréhensible montrée au début, dont l’héroïne se souvient et qu’elle ne comprend que plus tard dans le film. Ici c’est assez lourd, et pas franchement intéressant, avec les « 3 iris » et le « secret », qui ouvrent une porte dérobée : c’est donc juste une anecdote – pas le dévoilement de la raison de la folie meurtrière comme dans Profondo Rosso par exemple.


  • Les vidéos de la conférence #Information+ 2018 sont en ligne

    https://vimeo.com/302828789

    >> si vous voulez voir et écouter Sandra Rendgen (sur Minard), Sol Kawage (sur al couleur), Jessica Bellamy (sur l’utilisation de la visualisation de données pour le peuple), Fernanda Viégas (sur la visualisation du #machine_learning et de ses biais), Valentina D’Efilippo (sur les cartes du monde tracées de tête), Nadieh Bremer (sur le projet “Bussed Out”), ou encore Catherine D’Ignazio (#data_feminism) … et bien d’autres…

    https://vimeo.com/informationplus


  • Projet de mon prochain patriarche sur l’or.
    Patriarche n°8 - El Dorado
    à partir de cette image

    “Bernard Otto Holtermann and the world’s largest ‘nugget’ of gold, North Sydney, ca. 1874-1876 / montage photograph by American and Australasian Photographic Company” The ‘nugget’ was found in Hill End, New South Wales by German prospector, Bernhard Otto Holtermannon 19th October 1872. More than half of the 630 lbs weight was pure gold, at that time having the value of 12,000 pounds ($24,000). Today, with gold worth say $1400 per ounce, the value today would be over $10 million. Three photographs were used to create this image of Holtermann, (supposedly holding the worlds’ largest accumulation of rock and gold ever brought to the surface in one piece). He was posed in the studio with his hand on a headclamp, the nugget was inserted and both placed on a photograph of the verandah of his mansion, built from the proceeds of his goldmine.[1]

    –-------

    Fiche wikipédia sur la montagne d’or
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Montagne_d%27or_(mine)


    Résultats de la coulée de boues (de cyanure) issue de la rupture de barrages de Bento Rodrigues en 2015
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    Projet Montagne d’or en Guyane : après la mine de Lefa en Guinée, Nordgold peut-il faire mieux ? - Outre-mer la 1ère
    https://la1ere.francetvinfo.fr/pojet-montagne-guyane-apres-mine-lefa-guinee-nordgold-peut-il-fa

    L’Etat doit se prononcer sur la réalisation de ce projet avant la fin de l’année. François de Rugy, le ministre de la Transition écologique a été interrogé à plusieurs reprises par la presse à ce sujet. Il a déclaré sur France Inter que « le projet ne pouvait pas être mené tel qu’il avait été envisagé ». A l’Assemblée nationale, le ministre a été plus loin en ajoutant « qu’il fallait le revoir de fond en comble ».

    Nordgold en Guinée
    En attendant la décision de l’Etat, deux journalistes du Monde et de France Inter se sont intéressés aux activités en Guinée du groupe russe Nordgold censé se charger de l’exploitation de la Montagne d’or en Guyane.

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    Le projet de Montagne d’or en Guyane va être revu pour obtenir le feu vert de l’Etat

    Cette mine d’or, qui serait la plus grande jamais construite sur le territoire français, provoque l’hostilité d’une partie de la population.

    https://www.lemonde.fr/economie/article/2018/09/07/montagne-d-or-nordgold-pret-a-revoir-son-projet-pour-obtenir-le-feu-vert-de-

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    Guyane française : la traque des orpailleurs clandestins
    https://www.youtube.com/watch?v=kRtFvKlC43w

    Cayenne : le nouveau far west français
    https://www.youtube.com/watch?v=SebdJ9FN-mc

    Chasseur de chercheur, l’or de Guyane
    https://www.youtube.com/watch?v=5geIRZZPWSc

    –-------
    Controverses géopolitiques 1A - Projet de la montagne d’or en Guyane
    https://www.youtube.com/watch?v=9qEeddqdPNA

    Mines en Guyane : le projet Montagne d’or "inacceptable" pour les autochtones
    https://www.youtube.com/watch?v=j5XaI65Hn-Y

    –--------
    mine d’or en Australie

    The ‘Super Pit’ is Australia’s largest open cut gold mine. It is 3.5 km long, 1.5 km wide and 350 m deep, and is large enough to be seen from space. It produces around 28 tonnes of gold per year, and they estimate it won’t reach the end of its life until 2021.

    –------
    Mine de Yanacocha (Pérou)
    La plus grande mine d’or à ciel ouvert d’Amérique du sud


    https://fr.wikipedia.org/wiki/Mine_de_Yanacocha

    –------
    Cartographie

    Schéma structural de la Guyane française( C. Delor , 2004 )


    http://www.jump-voyage.com/carte-guyane-francaise/vacances-guyane

    http://sphaera.cartographie.ird.fr/images/telechargement/00756.pdf

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    Vers la structuration d’une filière aurifère « durable » ? Etude du cas de la Guyane française
    Jessica Oder

    L’objectif de cet article est de se demander si la filière aurifère légale en Guyane française peut servir les objectifs du développement durable. En effet, cette filière est en proie à des difficultés : alors que les cours de l’or sont en constante augmentation, le nombre d’opérateurs miniers diminue constamment, depuis près de sept ans. Ce paradoxe aurifère guyanais trouve ses origines dans la volonté étatique française d’organiser la filière et d’en faire un exemple en matière de « durabilité », volonté clairement exprimée à la suite du Grenelle de l’Environnement. Principalement élaboré à partir d’entretiens semi-directifs et d’archives, l’article a notamment cherché à analyser les principaux éléments de cette structuration, le schéma départemental d’orientation minière (SDOM), en cours d’adoption, et plusieurs initiatives destinées à améliorer les pratiques des opérateurs miniers qui sont majoritairement des artisans. Toutefois, cette évolution révèle des antagonismes entre les parties prenantes (collectivités territoriales, services de l’État, opérateurs miniers et environnementalistes). Ces derniers ont fait surface lors de l’affaire du Camp Caïman, impliquant la multinationale Iamgold, et pendant le processus d’élaboration du SDOM lui-même. Des problématiques connexes telles que les revendications locales de gestion de la ressource aurifère, mais aussi et surtout l’orpaillage illégal, dressent des perspectives d’avenir plutôt incertaines pour la filière aurifère.

    https://journals.openedition.org/echogeo/12587

    –----
    #mad_meg #or

    • José-Maria de Heredia
      Les Conquérants de l’Or

      Après que Balboa menant son bon cheval
      Par les bois non frayés, droit, d’amont en aval,
      Eut, sur l’autre versant des Cordillères hautes,
      Foulé le chaud limon des insalubres côtes
      De l’Isthme qui partage avec ses monts géants
      La glauque immensité des deux grands Océans,
      Et qu’il eut, s’y jetant tout armé de la berge,
      Planté son étendard dans l’écume encor vierge,
      Tous les aventuriers, dont l’esprit s’enflamma,

      Rêvaient, en arrivant au port de Panama,
      De retrouver, espoir cupide et magnifique,
      Aux rivages dorés de la mer Pacifique,
      El Dorado promis qui fuyait devant eux,
      Et, mêlant avec l’or des songes monstrueux,
      De forcer jusqu’au fond de ces torrides zones
      L’âpre virginité des rudes Amazones
      Que n’avait pu dompter la race des héros,
      De renverser des dieux à têtes de taureaux
      Et de vaincre, vrais fils de leur ancêtre Hercule,
      Les peuples de l’Aurore et ceux du Crépuscule.

      Ils savaient que, bravant ces illustres périls,
      Ils atteindraient les bords où germent les béryls
      Et Doboyba qui comble, en ses riches ravines,
      Du vaste écroulement des temples en ruines,
      La nécropole d’or des princes de Zenu ;
      Et que, suivant toujours le chemin inconnu
      Des Indes, par delà les îles des Épices
      Et la terre où bouillonne au fond des précipices
      Sur un lit d’argent fin la Source de Santé,
      Ils verraient, se dressant en un ciel enchanté
      Jusqu’au zénith brûlé du feu des pierreries,
      Resplendir au soleil les vivantes féeries
      Des sierras d’émeraude et des pics de saphir
      Qui recèlent l’antique et fabuleux Ophir.

      Et quand Vasco Nuñez eut payé de sa tête
      L’orgueil d’avoir tenté cette grande conquête,
      Poursuivant après lui ce mirage éclatant,
      Malgré sa mort, la fleur des Cavaliers, portant
      Le pennon de Castille écartelé d’Autriche,
      Pénétra jusqu’au fond des bois de Côte-Riche
      À travers la montagne horrible, ou navigua
      Le long des noirs récifs qui cernent Veragua,
      Et vers l’Est atteignit, malgré de grands naufrages,
      Les bords où l’Orénoque, enflé par les orages,
      Inondant de sa vase un immense horizon,
      Sous le fiévreux éclat d’un ciel lourd de poison,
      Se jette dans la mer par ses cinquante bouches.

      Enfin cent compagnons, tous gens de bonnes souches,
      S’embarquèrent avec Pascual d’Andagoya
      Qui, poussant encor plus sa course, côtoya
      Le golfe où l’Océan Pacifique déferle,
      Mit le cap vers le Sud, doubla l’île de Perle,
      Et cingla devant lui toutes voiles dehors,
      Ayant ainsi, parmi les Conquérants d’alors,
      L’heur d’avoir le premier fendu les mers nouvelles
      Avec les éperons des lourdes caravelles.

      Mais quand, dix mois plus tard, malade et déconfit,
      Après avoir très loin navigué sans profit

      Vers cet El Dorado qui n’était qu’un vain mythe,
      Bravé cent fois la mort, dépassé la limite
      Du monde, ayant perdu quinze soldats sur vingt,
      Dans ses vaisseaux brisés Andagoya revint,
      Pedrarias d’Avila se mit fort en colère ;
      Et ceux qui, sur la foi du récit populaire,
      Hidalgos et routiers, s’étaient tous rassemblés
      Dans Panama, du coup demeurèrent troublés.

      Or les seigneurs, voyant qu’ils ne pouvaient plus guère
      Employer leur personne en actions de guerre,
      Partaient pour Mexico ; mais ceux qui, n’ayant rien,
      Étaient venus tenter aux plages de Darien,
      Désireux de tromper la misère importune,
      Ce que vaut un grand cœur à vaincre la fortune,
      S’entretenant à jeun des rêves les plus beaux,
      Restaient, l’épée oisive et la cape en lambeaux,
      Quoique tous bons marins ou vieux batteurs d’estrade,
      À regarder le flot moutonner dans la rade,
      En attendant qu’un chef hardi les commandât.
      II

      Deux ans étaient passés, lorsqu’un obscur soldat
      Qui fut depuis titré Marquis pour sa conquête,
      François Pizarre, osa présenter la requête
      D’armer un galion pour courir par-delà
      Puerto Pinas. Alors Pedrarias d’Avila
      Lui fit représenter qu’en cette conjoncture
      Il n’était pas prudent de tenter l’aventure
      Et ses dangers sans nombre et sans profit ; d’ailleurs,
      Qu’il ne lui plaisait point de voir que les meilleurs
      De tous ses gens de guerre, en entreprises folles,
      Prodiguassent le sang des veines espagnoles,
      Et que nul avant lui, de tant de Cavaliers,
      N’avait pu triompher des bois de mangliers

      Qui croisent sur ces bords leurs nœuds inextricables ;
      Que, la tempête ayant rompu vergues et câbles
      À leurs vaisseaux en vain si loin aventurés,
      Ils étaient revenus mourants, désemparés,
      Et trop heureux encor d’avoir sauvé la vie.

      Mais ce conseil ne fit qu’échauffer son envie.
      Si bien qu’avec Diego d’Almagro, par contrats,
      Ayant mis en commun leur fortune et leurs bras,
      Et don Fernan de Luque ayant fourni les sommes,
      En l’an mil et cinq cent vingt-quatre, avec cent hommes,
      Pizarre le premier, par un brumeux matin
      De novembre, montant un mauvais brigantin,
      Prit la mer, et lâchant au vent toute sa toile,
      Se fia bravement en son heureuse étoile.

      Mais tout sembla d’abord démentir son espoir.
      Le vent devint bourrasque, et jusqu’au ciel très noir
      La mer terrible, enflant ses houles couleur d’encre,
      Défonça les sabords, rompit les mâts et l’ancre,
      Et fit la triste nef plus rase qu’un radeau.
      Enfin après dix jours d’angoisse, manquant d’eau
      Et de vivres, sa troupe étant d’ailleurs fort lasse,
      Pizarre débarqua sur une côte basse.

      Au bord, les mangliers formaient un long treillis ;
      Plus haut, impénétrable et splendide fouillis

      De lianes en fleur et de vignes grimpantes,
      La berge s’élevait par d’insensibles pentes
      Vers la ligne lointaine et sombre des forêts.

      Et ce pays n’était qu’un très vaste marais.

      Il pleuvait. Les soldats, devenus frénétiques
      Par le harcèlement venimeux des moustiques
      Qui noircissaient le ciel de bourdonnants essaims,
      Foulaient avec horreur, en ces bas-fonds malsains,
      Des reptiles nouveaux et d’étranges insectes
      Ou voyaient émerger des lagunes infectes,
      Sur leur ventre écaillé se traînant d’un pied tors,
      Ces lézards monstrueux qu’on nomme alligators.
      Et quand venait la nuit, sur la terre trempée,
      Dans leurs manteaux, auprès de l’inutile épée,
      Lorsqu’ils s’étaient couchés, n’ayant pour aliment
      Que la racine amère ou le rouge piment,
      Sur le groupe endormi de ces chercheurs d’empires
      Flottait, crêpe vivant, le vol mou des vampires,
      Et ceux-là qu’ils marquaient de leurs baisers velus
      Dormaient d’un tel sommeil qu’ils ne s’éveillaient plus.

      C’est pourquoi les soldats, par force et par prière,
      Contraignirent leur chef à tourner en arrière,
      Et, malgré lui, disant un éternel adieu

      Au triste campement du port de Saint-Mathieu,
      Pizarre, par la mer nouvellement ouverte,
      Avec Bartolomé suivant la découverte,
      Sur un seul brigantin d’un faible tirant d’eau
      Repartit, et, doublant Punta de Pasado,
      Le bon pilote Ruiz eut la fortune insigne,
      Le premier des marins, d’avoir franchi la Ligne
      Et poussé plus au sud du monde occidental.

      La côte s’abaissait, et les bois de santal
      Exhalaient sur la mer leurs brises parfumées.
      De toutes parts montaient de légères fumées,
      Et les marins joyeux, accoudés aux haubans,
      Voyaient les fleuves luire en tortueux rubans
      À travers la campagne, et tout le long des plages
      Fuir des champs cultivés et passer des villages.

      Ensuite, ayant serré la côte de plus près,
      À leurs yeux étonnés parurent les forêts.

      Au pied des volcans morts, sous la zone des cendres,
      L’ébénier, le gayac et les durs palissandres,
      Jusques aux confins bleus des derniers horizons
      Roulant le flot obscur des vertes frondaisons,
      Variés de feuillage et variés d’essence,

      Déployaient la grandeur de leur magnificence ;
      Et du nord au midi, du levant au ponent,
      Couvrant tout le rivage et tout le continent,
      Partout où l’œil pouvait s’étendre, la ramure
      Se prolongeait avec un éternel murmure
      Pareil au bruit des mers. Seul, en ce cadre noir,
      Étincelait un lac, immobile miroir
      Où le soleil, plongeant au milieu de cette ombre,
      Faisait un grand trou d’or dans la verdure sombre.

      Sur le sable marneux, d’énormes caïmans
      Guettaient le tapir noir ou les roses flamants.
      Les majas argentés et les boas superbes
      Sous leurs pesants anneaux broyaient les hautes herbes,
      Ou, s’enroulant autour des troncs d’arbres pourris,
      Attendaient l’heure où vont boire les pécaris.
      Et sur les bords du lac horriblement fertile
      Où tout batracien pullule et tout reptile,
      Alors que le soleil décline, on pouvait voir
      Les fauves par troupeaux descendre à l’abreuvoir :
      Le puma, l’ocelot et les chats-tigres souples,
      Et le beau carnassier qui ne va que par couples
      Et qui par-dessus tous les félins est cité
      Pour sa grâce terrible et sa férocité,
      Le jaguar. Et partout dans l’air multicolore
      Flottait la végétale et la vivante flore ;

      Tandis que des cactus aux hampes d’aloès,
      Les perroquets divers et les kakatoès
      Et les aras, parmi d’assourdissants ramages,
      Lustraient au soleil clair leurs splendides plumages,
      Dans un pétillement d’ailes et de rayons,
      Les frêles oiseaux-mouche et les grands papillons,
      D’un vol vibrant, avec des jets de pierreries,
      Irradiaient autour des lianes fleuries.

      Plus loin, de toutes parts élancés, des halliers,
      Des gorges, des ravins, des taillis, par milliers,
      Pillant les monbins mûrs et les buissons d’icaques,
      Les singes de tout poil, ouistitis et macaques,
      Sakis noirs, capucins, trembleurs et carcajous
      Par les figuiers géants et les hauts acajous,
      Sautant de branche en branche ou pendus par leurs queues,
      Innombrables, de l’aube au soir, durant des lieues,
      Avec des gestes fous hurlant et gambadant,
      Tout le long de la mer les suivaient.

      Cependant,
      Poussé par une tiède et balsamique haleine,
      Le navire, doublant le cap de Sainte-Hélène,
      Glissa paisiblement dans le golfe d’azur
      Où, sous l’éclat d’un jour éternellement pur,
      La mer de Guayaquil, sans colère et sans lutte,

      Arrondissant au loin son immense volute,
      Frange les sables d’or d’une écume d’argent.

      Et l’horizon s’ouvrit magnifique et changeant.

      Les montagnes, dressant les neiges de leur crête,
      Coupaient le ciel foncé d’une brillante arête
      D’où s’élançaient tout droits au haut de l’éther bleu
      Le Prince du Tonnerre et le Seigneur du Feu :
      Le mont Chimborazo dont la sommité ronde,
      Dôme prodigieux sous qui la foudre gronde,
      Dépasse, gigantesque et formidable aussi,
      Le cône incandescent du vieux Cotopaxi.

      Attentif aux gabiers en vigie à la hune,
      Dans le pressentiment de sa haute fortune,
      Pizarre, sur le pont avec les Conquérants,
      Jetait sur ces splendeurs des yeux indifférents,
      Quand, soudain, au détour du dernier promontoire,
      L’équipage, poussant un long cri de victoire,
      Dans le repli du golfe où tremblent les reflets
      Des temples couverts d’or et des riches palais,
      Avec ses quais noircis d’une innombrable foule,
      Entre l’azur du ciel et celui de la houle,
      Au bord de l’Océan vit émerger Tumbez.

      Alors, se recordant ses compagnons tombés
      À ses côtés, ou morts de soif et de famine,
      Et voyant que le peu qui restait avait mine
      De gens plus disposés à se ravitailler
      Qu’à reprendre leur course, errer et batailler,
      Pizarre comprit bien que ce serait démence
      Que de s’aventurer dans cet empire immense ;
      Et jugeant sagement qu’en ce dernier effort
      Il fallait à tout prix qu’il restât le plus fort,
      Il prit langue parmi ces nations étranges,
      Rassembla beaucoup d’or par dons et par échanges,
      Et, gagnant Panama sur son vieux brigantin
      Plein des fruits de la terre et lourd de son butin,
      Il mouilla dans le port après trois ans de courses.
      Là, se trouvant à bout d’hommes et de ressources,
      Bien que fort malhabile aux manières des cours,
      Il résolut d’user d’un suprême recours
      Avant que de tenter sa dernière campagne,
      Et de Nombre de Dios s’embarqua pour l’Espagne.
      III

      Or, lorsqu’il toucha terre au port de San-Lucar,
      Il retrouva l’Espagne en allégresse, car
      L’Impératrice-Reine, en un jour très prospère,
      Comblant les vœux du prince et les désirs du père,
      Avait heureusement mis au monde l’Infant
      Don Philippe — que Dieu conserve triomphant !
      Et l’Empereur joyeux le fêtait dans Tolède.
      Là, Pizarre, accouru pour implorer son aide,
      Conta ses longs travaux et, ployant le genou,
      Lui fit en bon sujet hommage du Pérou.
      Puis ayant présenté, non sans quelque vergogne
      D’offrir si peu, de l’or, des laines de vigogne
      Et deux lamas vivants avec un alpaca,
      Il exposa ses droits. Don Carlos remarqua

      Ces moutons singuliers et de nouvelle espèce
      Dont la taille était haute et la toison épaisse ;
      Même, il daigna peser entre ses doigts royaux,
      Fort gracieusement, la lourdeur des joyaux ;
      Mais quand il dut traiter l’objet de la demande,
      Il répondit avec sa rudesse flamande :
      Qu’il trouvait, à son gré, que le vaillant Marquis
      Don Hernando Cortès avait assez conquis
      En subjuguant le vaste empire des Aztèques ;
      Et que lui-même ainsi que les saints Archevêques
      Et le Conseil étaient fermement résolus
      À ne rien entreprendre et ne protéger plus,
      Dans ses possessions des mers occidentales,
      Ceux qui s’entêteraient à ces courses fatales
      Où s’abîma jadis Diego de Nicuessa.
      Mais, à ce dernier mot, Pizarre se dressa
      Et lui dit : Que c’était chose qui scandalise
      Que d’ainsi rejeter du giron de l’Église,
      Pour quelques onces d’or, autant d’infortunés,
      Qui, dans l’idolâtrie et l’ignorance nés,
      Ne demandaient, voués au céleste anathème,
      Qu’à laver leurs péchés dans l’eau du saint baptême.
      Ensuite il lui peignit en termes éloquents
      La Cordillère énorme avec ses vieux volcans
      D’où le feu souverain, qui fait trembler la terre
      Et fondre le métal au creuset du cratère,
      Précipite le flux brûlant des laves d’or

      Que garde l’oiseau Rock qu’ils ont nommé condor.
      Il lui dit la nature enrichissant la fable ;
      D’innombrables torrents qui roulent dans leur sable
      Des pierres d’émeraude en guise de galets ;
      La chicha fermentant aux celliers des palais
      Dans des vases d’or pur pareils aux vastes jarres
      Où l’on conserve l’huile au fond des Alpujarres ;
      Les temples du Soleil couvrant tout le pays,
      Revêtus d’or, bordés de leurs champs de maïs
      Dont les épis sont d’or aussi bien que la tige
      Et que broutent, miracle à donner le vertige
      Et fait pour rendre même un Empereur pensif,
      Des moutons d’or avec leurs bergers d’or massif.

      Ce discours étonna Don Carlos, et l’Altesse,
      Daignant enfin peser avec la petitesse
      Des secours implorés l’honneur du résultat,
      Voulut que sans tarder Don François répétât,
      Par-devant Nosseigneurs du Grand Conseil, ses offres
      De dilater l’Église et de remplir les coffres.
      Après quoi, lui passant l’habit de chevalier
      De Saint-Jacque, il lui mit au cou son bon collier.
      Et Pizarre jura sur les saintes reliques
      Qu’il resterait fidèle aux rois Très-Catholiques,
      Et qu’il demeurerait le plus ferme soutien
      De l’Église Romaine et du beau nom chrétien.
      Puis l’Empereur dicta les augustes cédules

      Qui faisaient assavoir, même aux plus incrédules,
      Que, sauf les droits anciens des hoirs de l’Amiral,
      Don François Pizarro, lieutenant général
      De Son Altesse, était sans conteste et sans terme
      Seigneur de tous pays, îles et terre ferme,
      Qu’il avait découverts ou qu’il découvrirait.
      La minute étant lue et quand l’acte fut prêt
      À recevoir les seings au bas des protocoles,
      Pizarre, ayant jadis peu hanté les écoles,
      Car en Estremadure il gardait les pourceaux,
      Sur le vélin royal d’où pendaient les grands sceaux
      Fit sa croix, déclarant ne savoir pas écrire,
      Mais d’un ton si hautain que nul ne put en rire.
      Enfin, sur un carreau brodé, le bâton d’or
      Qui distingue l’Alcade et l’Alguazil Mayor
      Lui fut remis par Juan de Fonseca. La chose
      Ainsi dûment réglée et sa patente close,
      L’Adelantade, avant de reprendre la mer,
      Et bien qu’il n’en gardât qu’un souvenir amer,
      Visita ses parents dans Truxillo, leur ville,
      Puis, joyeux, s’embarqua du havre de Séville
      Avec les trois vaisseaux qu’il avait nolisés.
      Il reconnut Gomère, et les vents alizés,
      Gonflant d’un souffle frais leur voilure plus ronde,
      Entraînèrent ses nefs sur la route du monde
      Qui fit l’Espagne grande et Colomb immortel.
      IV

      Or donc, un mois plus tard, au pied du maître-autel,
      Dans Panama, le jour du noble Évangéliste
      Saint Jean, fray Juan Vargas lut au prône la liste
      De tous ceux qui montaient la nouvelle Armada
      Sous Don François Pizarre, et les recommanda.
      Puis, les deux chefs ayant entre eux rompu l’hostie,
      Voici de quelle sorte on fit la départie.

      Lorsque l’Adelantade eut de tous pris congé,
      Ce jour même, après vêpre, en tête du clergé,
      L’Évêque ayant béni l’armée avec la flotte,
      Don Bartolomé Ruiz, comme royal pilote,
      En pompeux apparat, tout vêtu de brocart,

      Le porte-voix au poing, montant au banc de quart,
      Commanda de rentrer l’ancre en la capitane
      Et de mettre la barre au vent de tramontane.
      Alors, parmi les pleurs, les cris et les adieux,
      Les soldats inquiets et les marins joyeux,
      Debout sur les haubans ou montés sur les vergues
      D’où flottait un pavois de drapeaux et d’exergues,
      Quand le coup de canon de partance roula,
      Entonnèrent en chœur l’Ave maris stella ;
      Et les vaisseaux, penchant leurs mâts aux mille flammes,
      Plongèrent à la fois dans l’écume des lames.

      La mer étant fort belle et le nord des plus frais,
      Leur voyage fut prompt, et sans souffrir d’arrêts
      Ou pour cause d’aiguade ou pour raison d’escale,
      Courant allègrement par la mer tropicale,
      Pizarre saluait avec un mâle orgueil,
      Comme d’anciens amis, chaque anse et chaque écueil.
      Bientôt il vit, vainqueur des courants et des calmes,
      Monter à l’horizon les verts bouquets de palmes
      Qui signalent de loin le golfe, et débarquant,
      Aux portes de Tumbez il vint planter son camp.
      Là, s’abouchant avec les Caciques des villes,
      Il apprit que l’horreur des discordes civiles
      Avait ensanglanté l’Empire du Soleil ;
      Que l’orgueilleux bâtard Atahuallpa, pareil
      À la foudre, rasant villes et territoires,

      Avait conquis, après de rapides victoires,
      Cuzco, nombril du monde, où les Rois, ses aïeux,
      Dieux eux-mêmes, siégeaient parmi les anciens Dieux,
      Et qu’il avait courbé sous le joug de l’épée
      La terre de Manco sur son frère usurpée.

      Aussitôt, s’éloignant de la côte à grands pas,
      À travers le désert sablonneux des pampas,
      Tout joyeux de mener au but ses vieilles bandes,
      Pizarre commença d’escalader les Andes.

      De plateaux en plateaux, de talus en talus,
      De l’aube au soir allant jusqu’à n’en pouvoir plus,
      Ils montaient, assaillis de funèbres présages.
      Rien n’animait l’ennui des mornes paysages.
      Seul, parfois, ils voyaient miroiter au lointain
      Dans sa vasque de pierre un lac couleur d’étain.
      Sous un ciel tour à tour glacial et torride,
      Harassés et tirant leurs chevaux par la bride,
      Ils plongeaient aux ravins ou grimpaient aux sommets ;
      La montagne semblait prolonger à jamais,
      Comme pour épuiser leur marche errante et lasse,
      Ses gorges de granit et ses crêtes de glace.
      Une étrange terreur planait sur la sierra
      Et plus d’un vieux routier dont le cœur se serra
      Pour la première fois y connut l’épouvante.
      La terre sous leurs pas, convulsive et mouvante,

      Avec un sourd fracas se fendait, et le vent,
      Au milieu des éclats de foudre, soulevant
      Des tourmentes de neige et des trombes de grêles,
      Se lamentait avec des voix surnaturelles.
      Et roidis, aveuglés, éperdus, les soldats,
      Cramponnés aux rebords à pic des quebradas,
      Sentaient sous leurs pieds lourds fuir le chemin qui glisse.
      Sur leurs fronts la montagne était abrupte et lisse,
      Et plus bas, ils voyaient, dans leurs lits trop étroits,
      Rebondissant le long des bruyantes parois,
      Aux pointes des rochers qu’un rouge éclair allume,
      Se briser les torrents en poussière d’écume.
      Le vertige, plus haut, les gagna. Leurs poumons
      Saignaient en aspirant l’air trop subtil des monts,
      Et le froid de la nuit gelait la triste troupe.
      Tandis que les chevaux, tournant en rond leur croupe,
      L’un sur l’autre appuyés, broutaient un chaume ras,
      Les soldats, violant les tombeaux Aymaras,
      En arrachaient les morts cousus dans leurs suaires
      Et faisaient de grands feux avec ces ossuaires.

      Pizarre seul n’était pas même fatigué.
      Après avoir passé vingt rivières à gué,
      Traversé des pays sans hameaux ni peuplade,
      Souffert le froid, la faim, et tenté l’escalade
      Des monts les plus affreux que l’homme ait mesurés,
      D’un regard, d’une voix et d’un geste assurés,

      Au cœur des moins hardis il soufflait son courage ;
      Car il voyait, terrible et somptueux mirage,
      Au feu de son désir briller Caxamarca.

      Enfin, cinq mois après le jour qu’il débarqua,
      Les pics de la sierra lui tenant lieu de phare,
      Il entra, les clairons sonnant tous leur fanfare,
      À grand bruit de tambours et la bannière au vent,
      Sur les derniers plateaux, et poussant en avant,
      Sans laisser aux soldats le temps de prendre haleine,
      En hâte, il dévala le chemin de la plaine.
      V

      Au nombre de cent six marchaient les gens de pied.
      L’histoire a dédaigné ces braves, mais il sied
      De nommer par leur nom, qu’il soit noble ou vulgaire,
      Tous ceux qui furent chefs en cette illustre guerre
      Et de dire la race et le poil des chevaux,
      Ne pouvant, au récit de leurs communs travaux,
      Ranger en même lieu que des bêtes de somme
      Ces vaillants serviteurs de tout bon gentilhomme.

      Voici. Soixante et deux cavaliers hidalgos
      Chevauchent, par le sang et la bravoure égaux,
      Autour des plis d’azur de la royale enseigne
      Où près du château d’or le pal de gueules saigne

      Et que brandit, suivant le chroniqueur Xerez,
      Le fougueux Gabriel de Rojas, l’alferez,
      Dont le pourpoint de cuir bordé de cannetilles
      Est gaufré du royal écu des deux Castilles,
      Et qui porte à sa toque en velours d’Aragon
      Un saint Michel d’argent terrassant le dragon.
      Sa main ferme retient ce fameux cheval pie
      Qui s’illustra depuis sous Carbajal l’Impie ;
      Cet andalou de race arabe, et mal dompté,
      Qui mâche en se cabrant son mors ensanglanté
      Et de son dur sabot fait jaillir l’étincelle,
      Peut dépasser, ayant son cavalier en selle,
      Le trait le plus vibrant que saurait décocher
      Du nerf le mieux tendu le plus vaillant archer.

      À l’entour de l’enseigne en bon ordre se groupe,
      Poudroyant au soleil, tout le gros de la troupe :
      C’est Juan de la Torre ; Cristobal Peralta,
      Dont la devise est fière : Ad summum per alta ;
      Le borgne Domingo de Serra-Luce ; Alonze
      De Molina, très brun sous son casque de bronze ;
      Et François de Cuellar, gentilhomme andalous,
      Qui chassait les Indiens comme on force des loups ;
      Et Mena qui, parmi les seigneurs de Valence,
      Était en haut renom pour manier la lance.
      Ils s’alignent, réglant le pas de leurs chevaux
      D’après le train suivi par leurs deux chefs rivaux,

      Del Barco qui, fameux chercheur de terres neuves,
      Avec Orellana descendit les grands fleuves,
      Et Juan de Salcedo qui, fils d’un noble sang,
      Quoique sans barbe encor, galope au premier rang.
      Sur un bravo étalon cap de more qui fume
      Et piaffe, en secouant son frein blanchi d’écume.

      Derrière, tout marris de marcher sur leurs pieds,
      Viennent les démontés et les estropiés.
      Juan Forès pique en vain d’un carreau d’arbalète
      Un vieux rouan fourbu qui bronche et qui halète ;
      Ribera l’accompagne, et laisse à l’abandon
      Errer distraitement la bride et le bridon
      Au col de son bai brun qui boite d’un air morne,
      S’étant, faute de fers, usé toute la corne.
      Avec ces pauvres gens marche don Pèdre Alcon,
      Lequel en son écu porte d’or au faucon
      De sable, grilleté, chaperonné de gueules ;
      Ce vieux seigneur jadis avait tourné les meules
      Dans Grenade, du temps qu’il était prisonnier
      Des mécréants. Ce fut un bon pertuisanier.

      Ainsi bien escortés, à l’amble de leurs deux mules
      Fort pacifiquement s’en vont les deux émules :
      Requelme, le premier, comme bon Contador,
      Reste silencieux, car le silence est d’or ;

      Quant au licencié Gil Tellez, le Notaire,
      Il dresse en son esprit le futur inventaire,
      Tout prêt à prélever, au taux juste et légal,
      La part des Cavaliers après le Quint Royal.

      Or, quelques fourrageurs restés sur les derrières,
      Pour rejoindre leurs rangs, malgré les fondrières,
      À leurs chevaux lancés ayant rendu la main,
      Et bravant le vertige et brûlant le chemin,
      Par la montagne à pic descendaient ventre à terre.
      Leur galop furieux fait un bruit de tonnerre.
      Les voici : bride aux dents, le sang aux éperons,
      Dans la foule effarée, au milieu des jurons,
      Du tumulte, des cris, des appels à l’Alcade,
      Ils débouchent. Le chef de cette cavalcade,
      Qui, d’aspect arrogant et vêtu de brocart,
      Tandis que son cheval fait un terrible écart,
      Salue Alvar de Paz qui devant lui se range,
      En balayant la terre avec sa plume orange,
      N’est autre que Fernan, l’aîné, le plus hautain
      Des Pizarre, suivi de Juan, et de Martin
      Qu’on dit d’Alcantara, leur frère par le ventre.
      Briceño qui, depuis, se fit clerc et fut chantre
      À Lima, n’étant pas très habile écuyer,
      Dans cette course folle a perdu l’étrier,
      Et, voyant ses amis déjà loin, se dépêche
      Et pique sa jument couleur de fleur de pêche.

      Le brave Antonio galope à son côté ;
      Il porte avec orgueil sa noble pauvreté,
      Car, s’il a pour tout bien l’épée et la rondache,
      Son cimier héraldique est ceint des feuilles d’ache
      Qui couronnent l’écu des ducs de Carrion.

      Ils passent, soulevant un poudreux tourbillon.

      À leurs cris, un seigneur, de ceux de l’avant-garde,
      S’arrête, et, retournant son cheval, les regarde.
      Il monte un genet blanc dont le caparaçon
      Est rouge, et pour mieux voir se penche sur l’arçon.
      C’est le futur vainqueur de Popayan. Sa taille
      Est faite pour vêtir le harnois de bataille.
      Beau comme un Galaor et fier comme un César,
      Il marche en tête, ayant pour nom Benalcazar.
      Près d’Oreste voici venir le bon Pylade :
      Très basané, le chef coiffé de la salade,
      Il rêve, enveloppé dans son large manteau ;
      C’est le vaillant soldat Hernando de Soto
      Qui, rude explorateur de la zone torride,
      Découvrira plus tard l’éclatante Floride
      Et le père des eaux, le vieux Meschacébé.
      Cet autre qui, casqué d’un morion bombé,
      Boucle au cuir du jambard la lourde pertuisane
      En flattant de la voix sa jument alezane,
      C’est l’aventurier grec Pedro de Candia,

      Lequel ayant brûlé dix villes, dédia,
      Pour expier ces feux, dix lampes à la Vierge.
      Il regarde, au sommet dangereux de la berge,
      Caracoler l’ardent Gonzalo Pizarro,
      Qui depuis, à Lima, par la main du bourreau,
      Ainsi que Carbajal, eut la tête branchée
      Sur le gibet, après qu’elle eut été tranchée
      Aux yeux des Cavaliers qui, séduits par son nom,
      Dans Cuzco révolté haussèrent son pennon.
      Mais lui, bien qu’à son roi déloyal et rebelle,
      Étant bon hidalgo, fit une mort très belle.

      À quelques pas, l’épée et le rosaire au flanc,
      Portant sur les longs plis de son vêtement blanc
      Un scapulaire noir par-dessus le cilice
      Dont il meurtrit sa chair et dompte sa malice,
      Chevauche saintement l’ennemi des faux dieux,
      Le très savant et très miséricordieux
      Moine dominicain fray Vincent de Valverde
      Qui, tremblant qu’à jamais leur âme ne se perde
      Et pour l’éternité ne brûle dans l’Enfer,
      Fit périr des milliers de païens par le fer
      Et les auto-da-fés et la hache et la corde,
      Confiant que Jésus, en sa miséricorde,
      Doux rémunérateur de son pieux dessein,
      Recevrait ces martyrs ignorants dans son sein.

      Enfin, les précédant de dix longueurs de vare,
      Et le premier de tous, marche François Pizarre.

      Sa cape, dont le vent a dérangé les plis,
      Laisse entrevoir la cotte et les brassards polis ;
      Car, seul parmi ces gens, pourtant de forte race,
      Qui tous avaient quitté l’acier pour la cuirasse
      De coton, il gardait, sous l’ardeur du Cancer,
      Sans en paraître las, son vêtement de fer.

      Son barbe cordouan, rétif, faisait des voltes
      Et hennissait ; et lui, châtiant ces révoltes,
      Laissait parfois sonner contre ses flancs trop prompts
      Les molettes d’argent de ses lourds éperons,
      Mais sans plus s’émouvoir qu’un cavalier de pierre,
      Immobile, et dardant de sa sombre paupière
      L’insoutenable éclat de ses yeux de gerfaut.

      Son cœur aussi portait l’armure sans défaut
      Qui sied aux conquérants, et, simple capitaine,
      Il caressait déjà dans son âme hautaine
      L’espoir vertigineux de faire, tôt ou tard,
      Un manteau d’Empereur des langes du bâtard.
      VI

      Ainsi précipitant leur rapide descente
      Par cette route étroite, encaissée et glissante,
      Depuis longtemps, suivant leur chef, et, sans broncher,
      Faisant rouler sous eux le sable et le rocher,
      Les hardis cavaliers couraient dans les ténèbres
      Des défilés en pente et des gorges funèbres
      Qu’éclairait par en haut un jour terne et douteux ;
      Lorsque, subitement, s’effondrant devant eux,
      La montagne s’ouvrit sur le ciel comme une arche
      Gigantesque, et, surpris au milieu de leur marche
      Et comme s’ils sortaient d’une noire prison,
      Dans leurs yeux aveuglés l’espace, l’horizon,

      L’immensité du vide et la grandeur du gouffre
      Se mêlèrent, abîme éblouissant. Le soufre,
      L’eau bouillante, la lave et les feux souterrains,
      Soulevant son échine et crevassant ses reins,
      Avaient ouvert, après des siècles de bataille,
      Au flanc du mont obscur cette splendide entaille.

      Et, la terre manquant sous eux, les Conquérants
      Sur la corniche étroite ayant serré leurs rangs,
      Chevaux et cavaliers brusquement firent halte.

      Les Andes étageaient leurs gradins de basalte,
      De porphyre, de grès, d’ardoise et de granit,
      Jusqu’à l’ultime assise où le roc qui finit
      Sous le linceul neigeux n’apparaît que par place.
      Plus haut, l’âpre forêt des aiguilles de glace
      Fait vibrer le ciel bleu par son scintillement ;
      On dirait d’un terrible et clair fourmillement
      De guerriers cuirassés d’argent, vêtus d’hermine,
      Qui campent aux confins du monde, et que domine
      De loin en loin, colosse incandescent et noir,
      Un volcan qui, dressé dans la splendeur du soir,
      Hausse, porte-étendard de l’hivernal cortège,
      Sa bannière de feu sur un peuple de neige.

      Mais tous fixaient leurs yeux sur les premiers gradins
      Où, près des cours d’eau chaude, au milieu des jardins,
      Ils avaient vu, dans l’or du couchant éclatantes,
      Blanchir à l’infini, les innombrables tentes
      De l’Inca, dont le vent enflait les pavillons ;
      Et de la solfatare en de tels tourbillons
      Montaient confusément d’épaisses fumerolles,
      Que dans cette vapeur, couverts de banderoles,
      La plaine, les coteaux et le premier versant
      De la montagne avaient un aspect très puissant.

      Et tous les Conquérants, dans un morne silence,
      Sur le col des chevaux laissant pendre la lance,
      Ayant considéré mélancoliquement
      Et le peu qu’ils étaient et ce grand armement,
      Pâlirent. Mais Pizarre, arrachant la bannière
      Des mains de Gabriel Rojas, d’une voix fière :
      Pour Don Carlos, mon maître, et dans son Nom Royal,
      Moi, François Pizarro, son serviteur loyal,
      En la forme requise et par-devant Notaire,
      Je prends possession de toute cette terre ;
      Et je prétends de plus que si quelque rival
      Osait y contredire, à pied comme à cheval,
      Je maintiendrai mon droit et laverai l’injure ;
      Et par mon saint patron, Don François, je le jure ! —

      Et ce disant, d’un bras furieux, dans le sol
      Qui frémit, il planta l’étendard espagnol
      Dont le vent des hauteurs qui soufflait par rafales
      Tordit superbement les franges triomphales.

      Cependant les soldats restaient silencieux,
      Éblouis par la pompe imposante des cieux.

      Car derrière eux, vers l’ouest, où sans fin se déroule
      Sur des sables lointains la Pacifique houle,
      En une brume d’or et de pourpre, linceul
      Rougi du sang d’un Dieu, sombrait l’antique Aïeul
      De Celui qui régnait sur ces tentes sans nombre.
      En face, la sierra se dressait haute et sombre.
      Mais quand l’astre royal dans les flots se noya,
      D’un seul coup, la montagne entière flamboya
      De la base au sommet, et les ombres des Andes,
      Gagnant Caxamarca, s’allongèrent plus grandes.
      Et tandis que la nuit, rasant d’abord le sol,
      De gradins en gradins haussait son large vol,
      La mourante clarté, fuyant de cime en cime,
      Fit resplendir enfin la crête plus sublime ;
      Mais l’ombre couvrit tout de son aile. Et voilà
      Que le dernier sommet des pics étincela,

      Puis s’éteignit.

      Alors, formidable, enflammée
      D’un haut pressentiment, tout entière, l’armée,
      Brandissant ses drapeaux sur l’occident vermeil,
      Salua d’un grand cri la chute du Soleil.

      https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Conqu%C3%A9rants_de_l%E2%80%99Or

    • Question @simplicissimus
      En cherchant l’ideogramme chinois pour l’or, j’ai trouvé un symbole de « triple or »

      https://fr.wiktionary.org/wiki/%E9%91%AB
      mais il n’y a pas de traduction ni définition pour ce signe. Gogol translate traduit par Xin et Xin veut dire nouveau, mais j’ai un doute.
      Est-ce que tu sait si un triple or fait un nouveau mot qui n’a pas de rapport direct à l’or ou est ce que ca veux dire qu’il y a trois fois plus d’or dans cet or ?

    • Merci @mad_meg de ta grande confiance en mes capacités ! et, surtout, merci de mobiliser ma curiosité qui ne demande que cela…

      Je ne suis pas sinisant, mais un peu de recherche en partant de ton idéogramme me donne des éléments de réponse. Apparemment, différents idéogrammes retranscrivent le même son, transcrit xīn (et parfois jīn, avec la même prononciation…, le trait horizontal, dont le nom typographique est un #macron est la marque du premier ton (haut et long dixit WP https://fr.wikipedia.org/wiki/Macron_(diacritique)#Transcription_du_chinois )

      cf. gg:translate (à l’écoute du robot qui prononce ces trois idéogrammes, je ne perçois pas vraiment de différence)
      https://translate.google.fr/#zh-CN/fr/金%0A鑫%0A新

      D’après Chine nouvelle et son dictionnaire (Xinhua, justement l’un des xin, comme pour Xin Jiang (ex-Sinkiang dans les transcriptions françaises anciennes)

      • 金 : or

      • 鑫 : ton « triple or », signifiant prospère (et pas d’autre info, si ce n’est que ce caractère est très utilisé pour les noms de commerce…)

      • 新 : nouveau

      Au passage, je trouve les articles de Chine nouvelle particulièrement bien faits… et tu peux apprendre à l’écrire (semble-t-il çar le lien demande une connexion à son compte gmail…)

      https://www.chine-nouvelle.com/outils/dictionnaire.html

    • De mon point de vue, un incontournable : L’Or de Blaise Cendrars

      L’Or (roman) — Wikipédia
      https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Or_(roman)

      L’Or (sous-titré La Merveilleuse Histoire du général Johann August Suter) est un roman de Blaise Cendrars paru chez Grasset en 1925. C’est le premier roman publié par son auteur, connu jusqu’alors pour ses poèmes (Les Pâques à New York, la Prose du Transsibérien et de la petite Jeanne de France) et ses collaborations avec les peintres dans les milieux d’avant-garde.

    • Merci @simplicissimus j’étais sur que tu saurais résoudre cette énigme du « triple or » j’avais vu en effet beaucoup de logos commerciaux avec ce signe. Pour L’Or de Cendras je l’avais lu dans ma jeunesse mais je m’en souviens pas très bien, je vais voir si je te retrouve dans mes livres pour m’y replongé car c’est le moment de m’y mettre vu ma thématique actuelle.
      Et merci aussi pour le lien vers les mines sauvages des indiens du venezuela. Je vais regarder ca de près, ainsi que ce macron que j’ai pas bien compris ce que c’est ^^

    • Sinon sur l’or ca me fait toujours pensé à ce passage du deuxième chant de Maldoror - je pense pas l’utilisé mais j’en profite pour le collé ici

      Un jour, donc, fatigué de talonner du pied le sentier abrupte du voyage terrestre, et de m’en aller, en chancelant comme un homme ivre, à travers les catacombes obscures de la vie, je soulevai avec lenteur mes yeux spleenétiques, cernés d’un grand cercle bleuâtre, vers la concavité du firmament, et j’osai pénétrer, moi, si jeune, les mystères du ciel ! Ne trouvant pas ce que je cherchais, je soulevai la paupière effarée plus haut, plus haut encore, jusqu’à ce que j’aperçusse un trône, formé d’excréments humains et d’or, sur lequel trônait, avec un orgueil idiot, le corps recouvert d’un linceul fait avec des draps non lavés d’hôpital, celui qui s’intitule lui-même le Créateur ! Il tenait à la main le tronc pourri d’un homme mort, et le portait, alternativement, des yeux au nez et du nez à la bouche ; une fois à la bouche, on devine ce qu’il en faisait. Ses pieds plongeaient dans une vaste mare de sang en ébullition, à la surface duquel s’élevaient tout à coup, comme des ténias à travers le contenu d’un pot de chambre, deux ou trois têtes prudentes, et qui s’abaissaient aussitôt, avec la rapidité de la flèche : un coup de pied, bien appliqué sur l’os du nez, était la récompense connue de la révolte au règlement, occasionnée par le besoin de respirer un autre milieu ; car, enfin, ces hommes n’étaient pas des poissons ! Amphibies tout au plus, ils nageaient entre deux eaux dans ce liquide immonde !… jusqu’à ce que, n’ayant plus rien dans la main, le Créateur, avec les deux premières griffes du pied, saisît un autre plongeur par le cou, comme dans une tenaille, et le soulevât en l’air, en dehors de la vase rougeâtre, sauce exquise ! Pour celui-là, il faisait comme pour l’autre. Il lui dévorait d’abord la tête, les jambes et les bras, et en dernier lieu le tronc, jusqu’à ce qu’il ne restât plus rien ; car, il croquait les os. Ainsi de suite, durant les autres heures de son éternité. Quelquefois il s’écriait : « Je vous ai créés ; donc j’ai le droit de faire de vous ce que je veux. Vous ne m’avez rien fait, je ne dis pas le contraire. Je vous fais souffrir, et c’est pour mon plaisir. » Et il reprenait son repas cruel, en remuant sa mâchoire inférieure, laquelle remuait sa barbe pleine de cervelle.

      https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Chants_de_Maldoror/Chant_II

    • Encore une question pour @simplicissimus ou toute personne qui aurais des infos là dessus.
      Dans un interview sur la chaine Thinkerview mais je ne sais plus laquelle, le mec qui fait les entretiens dit que la Chine constituerait un stock d’or de manière à pouvoir étaloné le yuan sur l’or et prendre ainsi le dessus sur le dollar et faire du yuan la nouvelle monnaie de référence. J’en sais pas plus, mais si quelqu’un·e à des infos là dessus, ou sur cette rumeur, je suis prenneuse.
      Merci

      sur gogol j’ai trouver quelques infos de 2017 mais je sais pas ce que ca vaut
      https://www.loretlargent.info/crise/la-chine-adossera-le-yuan-%E5%85%83-a-l%E2%80%99or/7762
      https://www.businessbourse.com/2017/12/13/letalon-or-russo-chinois-signifie-fin-de-domination-dollar-americain
      https://medium.com/@Pierre_Paperon/alibaba-et-un-standard-mon%C3%A9taire-le-yuan-or-419b578c58d7
      https://blogs.mediapart.fr/jean-paul-baquiast/blog/170917/le-brics-prepare-la-mise-en-place-dun-nouvel-etalon-or

    • Une histoire de la ruée vers l’or, en Californie, à partir de 1848
      https://www.youtube.com/watch?v=XKxVyBo9jek

      Effondrement minier survenu sur la mine d’Elura située à 600 km à l’ouest-nord-ouest de Sydney, qui exploitait un gisement découvert dans les années 1970. Les mineurs y extrayaient de l’or, de l’argent, de l’ilménite, du leucoxène (altération de l’ilménite1), du zircon, du cuivre, du zinc et du plomb. L’effondrement s’est heureusement produit peu après le retrait des mineurs (et du matériel de chantier).

    • Dans l’Aude, la vallée de l’Orbiel minée par une pollution à l’arsenic
      https://www.lemonde.fr/planete/article/2018/12/05/dans-l-aude-la-vallee-de-l-orbiel-minee-par-une-pollution-a-l-arsenic_539270
      #paywall je vais voire si il y a d’autres sources sur ce sujet.

      https://www.lindependant.fr/2018/11/14/pollution-a-larsenic-dans-lorbiel-suite-aux-intemperies-trois-associati
      –—

      https://www.lindependant.fr/2014/08/02/cet-arsenic-qui-empoisonne-la-vie-de-la-vallee-de-l-orbiel,1914128.php

      La préfecture a reconduit le 8 juillet un arrêté de 1997 interdisant la mise sur le marché des légumes-feuilles, légumes-racines, de thym ou d’escargots issus de huit communes.

      Le triste rituel est reconduit, chaque année, à de rares exceptions près, depuis 1997. Le 8 juillet, le préfet de l’Aude Louis Le Franc a, comme ses prédécesseurs, signé l’arrêté « portant suspension de la mise sur le marché des légumes feuilles, des légumes racines, des poireaux cultivés, du thym et des escargots ramassés dans la vallée de l’Orbiel, de ses environs et du site industriel de Salsigne ».

      C’est, comme pour les arrêtés des années passées, à de multiples analyses effectuées de 1997 à 2007 sur les végétaux que se réfère la préfecture. Arsenic, plomb, cadmium, mercure, voilà les éléments dont des « concentrations supérieures aux teneurs au-delà desquelles la sécurité des populations ne peut être garantie » ont été détectées.

      De quoi justifier ces suspensions de mise sur le marché des carottes, navets, choux, épinards, salades, mâche, blette, céleris branches et autres poireaux « cultivés sur des parcelles inondables, irriguées ou arrosées par des eaux en provenance de l’Orbiel et de ses affluents » : Villanière, Villardonnel, Conques-sur-Orbiel, Salsigne, Lastours et Villalier sont visées. Même mesure, donc, pour le thym et les escargots, avec une liste de villages concernés à laquelle viennent se rajouter Fournes-Cabardès et Limousis.

      –-----
      La mine d’or de Salsigne est un des sites les plus pollué en France.
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Mine_d%27or_de_Salsigne


  • In the Age of A.I., Is Seeing Still Believing ? | The New Yorker
    https://www.newyorker.com/magazine/2018/11/12/in-the-age-of-ai-is-seeing-still-believing

    In a media environment saturated with fake news, such technology has disturbing implications. Last fall, an anonymous Redditor with the username Deepfakes released a software tool kit that allows anyone to make synthetic videos in which a neural network substitutes one person’s face for another’s, while keeping their expressions consistent. Along with the kit, the user posted pornographic videos, now known as “deepfakes,” that appear to feature various Hollywood actresses. (The software is complex but comprehensible: “Let’s say for example we’re perving on some innocent girl named Jessica,” one tutorial reads. “The folders you create would be: ‘jessica; jessica_faces; porn; porn_faces; model; output.’ ”) Around the same time, “Synthesizing Obama,” a paper published by a research group at the University of Washington, showed that a neural network could create believable videos in which the former President appeared to be saying words that were really spoken by someone else. In a video voiced by Jordan Peele, Obama seems to say that “President Trump is a total and complete dipshit,” and warns that “how we move forward in the age of information” will determine “whether we become some kind of fucked-up dystopia.”

    “People have been doing synthesis for a long time, with different tools,” he said. He rattled off various milestones in the history of image manipulation: the transposition, in a famous photograph from the eighteen-sixties, of Abraham Lincoln’s head onto the body of the slavery advocate John C. Calhoun; the mass alteration of photographs in Stalin’s Russia, designed to purge his enemies from the history books; the convenient realignment of the pyramids on the cover of National Geographic, in 1982; the composite photograph of John Kerry and Jane Fonda standing together at an anti-Vietnam demonstration, which incensed many voters after the Times credulously reprinted it, in 2004, above a story about Kerry’s antiwar activities.

    “In the past, anybody could buy Photoshop. But to really use it well you had to be highly skilled,” Farid said. “Now the technology is democratizing.” It used to be safe to assume that ordinary people were incapable of complex image manipulations. Farid recalled a case—a bitter divorce—in which a wife had presented the court with a video of her husband at a café table, his hand reaching out to caress another woman’s. The husband insisted it was fake. “I noticed that there was a reflection of his hand in the surface of the table,” Farid said, “and getting the geometry exactly right would’ve been really hard.” Now convincing synthetic images and videos were becoming easier to make.

    The acceleration of home computing has converged with another trend: the mass uploading of photographs and videos to the Web. Later, when I sat down with Efros in his office, he explained that, even in the early two-thousands, computer graphics had been “data-starved”: although 3-D modellers were capable of creating photorealistic scenes, their cities, interiors, and mountainscapes felt empty and lifeless. True realism, Efros said, requires “data, data, data” about “the gunk, the dirt, the complexity of the world,” which is best gathered by accident, through the recording of ordinary life.

    Today, researchers have access to systems like ImageNet, a site run by computer scientists at Stanford and Princeton which brings together fourteen million photographs of ordinary places and objects, most of them casual snapshots posted to Flickr, eBay, and other Web sites. Initially, these images were sorted into categories (carrousels, subwoofers, paper clips, parking meters, chests of drawers) by tens of thousands of workers hired through Amazon Mechanical Turk. Then, in 2012, researchers at the University of Toronto succeeded in building neural networks capable of categorizing ImageNet’s images automatically; their dramatic success helped set off today’s neural-networking boom. In recent years, YouTube has become an unofficial ImageNet for video. Efros’s lab has overcome the site’s “platform bias”—its preference for cats and pop stars—by developing a neural network that mines, from “life style” videos such as “My Spring Morning Routine” and “My Rustic, Cozy Living Room,” clips of people opening packages, peering into fridges, drying off with towels, brushing their teeth. This vast archive of the uninteresting has made a new level of synthetic realism possible.

    In 2016, the Defense Advanced Research Projects Agency (DARPA) launched a program in Media Forensics, or MediFor, focussed on the threat that synthetic media poses to national security. Matt Turek, the program’s manager, ticked off possible manipulations when we spoke: “Objects that are cut and pasted into images. The removal of objects from a scene. Faces that might be swapped. Audio that is inconsistent with the video. Images that appear to be taken at a certain time and place but weren’t.” He went on, “What I think we’ll see, in a couple of years, is the synthesis of events that didn’t happen. Multiple images and videos taken from different perspectives will be constructed in such a way that they look like they come from different cameras. It could be something nation-state driven, trying to sway political or military action. It could come from a small, low-resource group. Potentially, it could come from an individual.”

    As with today’s text-based fake news, the problem is double-edged. Having been deceived by a fake video, one begins to wonder whether many real videos are fake. Eventually, skepticism becomes a strategy in itself. In 2016, when the “Access Hollywood” tape surfaced, Donald Trump acknowledged its accuracy while dismissing his statements as “locker-room talk.” Now Trump suggests to associates that “we don’t think that was my voice.”

    “The larger danger is plausible deniability,” Farid told me. It’s here that the comparison with counterfeiting breaks down. No cashier opens up the register hoping to find counterfeit bills. In politics, however, it’s often in our interest not to believe what we are seeing.

    As alarming as synthetic media may be, it may be more alarming that we arrived at our current crises of misinformation—Russian election hacking; genocidal propaganda in Myanmar; instant-message-driven mob violence in India—without it. Social media was enough to do the job, by turning ordinary people into media manipulators who will say (or share) anything to win an argument. The main effect of synthetic media may be to close off an escape route from the social-media bubble. In 2014, video of the deaths of Michael Brown and Eric Garner helped start the Black Lives Matter movement; footage of the football player Ray Rice assaulting his fiancée catalyzed a reckoning with domestic violence in the National Football League. It seemed as though video evidence, by turning us all into eyewitnesses, might provide a path out of polarization and toward reality. With the advent of synthetic media, all that changes. Body cameras may still capture what really happened, but the aesthetic of the body camera—its claim to authenticity—is also a vector for misinformation. “Eyewitness video” becomes an oxymoron. The path toward reality begins to wash away.

    #Fake_news #Image #Synthèse


  • Quelques aventures des cagoules

    La vérité sur un mouvement terroriste (un de plus !) qui fait trembler l’État
    ou comment devenir anarcho-autonome en 4 leçons

    Par Jessica Gould

    http://jefklak.org/quelques-aventures-des-cagoules

    Cette BD est née il y a une douzaine d’années dans un squat, quelque part en banlieue parisienne. L’idée était de jouer sur l’autodérision, de porter sur le mouvement social auquel nous appartenions ce regard grinçant que nous portions sur le monde. Bref, de pouvoir se moquer de certains travers d’un milieu « libertaire » en jouant sur ses contradictions, ses conflits, ses postures parfois… Mais il ne s’est jamais agi de régler des comptes. Au contraire. Il était bien question de mettre en déroute cette figure caricaturale que le discours de l’État et les médias tentaient de nous coller à la peau sous le nom d’« anarcho-autonome » ou d’« ultra-gauche », nouvel avatar d’un ennemi intérieur fantasmé.Peu de temps après, aux paroles suivirent les actes, puisque plusieurs affaires pour « organisation terroriste » se succédèrent, condamnant certain·es de nos proches à plus d’un an de prison pour quelques faits dérisoires. Le numéro 2 des Cagoules « Spécial répression » n’a jamais vu le jour, étant donné que la « répression », justement, nous étions en train de la vivre de plein fouet. Et quand les loups sont lâchés, il peut arriver de manquer d’humour (mais heureusement, cela n’est que passager)

    Cette bande dessinée est issue du deuxième numéro de la revue Jef klak, « Bout d’ficelle », encore disponible en librairie.

    Télécharger la BD en PDF, ce qui permettra une meilleure lecture !

    http://jefklak.org/wordpress/wp-content/uploads/2018/11/Cagoules_JefKlak.pdf


  • The Growth of Sinclair’s Conservative Media Empire | The New Yorker
    https://www.newyorker.com/magazine/2018/10/22/the-growth-of-sinclairs-conservative-media-empire

    Sinclair is the largest owner of television stations in the United States, with a hundred and ninety-two stations in eighty-nine markets. It reaches thirty-nine per cent of American viewers. The company’s executive chairman, David D. Smith, is a conservative whose views combine a suspicion of government, an aversion to political correctness, and strong libertarian leanings. Smith, who is sixty-eight, has a thick neck, deep under-eye bags, and a head of silvery hair. He is an enthusiast of fine food and has owned farm-to-table restaurants in Harbor East, an upscale neighborhood in Baltimore. An ardent supporter of Donald Trump, he has not been shy about using his stations to advance his political ideology. Sinclair employees say that the company orders them to air biased political segments produced by the corporate news division, including editorials by the conservative commentator Mark Hyman, and that it feeds interviewers questions intended to favor Republicans.

    In some cases, anchors have been compelled to read from scripts prepared by Sinclair. In April, 2018, dozens of newscasters across the country parroted Trump’s invectives about “fake news,” saying, “Some members of the media use their platforms to push their own personal bias and agenda to control exactly what people think. This is extremely dangerous to our democracy.” In response, Dan Rather, the former anchor of “CBS Evening News,” wrote, on Twitter, “News anchors looking into camera and reading a script handed down by a corporate overlord, words meant to obscure the truth not elucidate it, isn’t journalism. It’s propaganda. It’s Orwellian. A slippery slope to how despots wrest power, silence dissent, and oppress the masses.”

    It’s unclear whether Sinclair is attempting to influence the politics of its viewers or simply appealing to positions that viewers may already have—or both. Andrew Schwartzman, a telecommunications lecturer at Georgetown Law School, told me, “I don’t know where their personal philosophy ends and their business goals begin. They’re not the Koch brothers, but they reflect a deep-seated conservatism and generations of libertarian philosophy that also happen to help their business.”

    Sinclair has even greater ambitions for expansion. In May, 2017, the company announced a proposed $3.9-billion merger between Sinclair and Tribune Media Company, which owns forty-two television stations. The merger would make Sinclair far larger than any other broadcaster in the country, with stations beaming into seventy per cent of American households. The proposal alarmed regulatory and free-speech experts. Michael Copps, a former official at the Federal Communications Commission, told me, “One of the goals of the First Amendment is to make sure the American people have the news and information they need to make intelligent decisions about our democracy, and I think we’re pretty close to a situation where the population lacks the ability to do that. That’s the whole premise of self-government.” He went on, “There are a lot of problems facing our country, but I don’t know one as important as this. When you start dismantling our news-and-information infrastructure, that’s poison to self-government and poison to democracy.”

    In subsequent years, Smith took measures to deepen Sinclair’s influence among policymakers, apparently recognizing that the company’s profits were dependent upon regulatory decisions made in Washington. One of Smith’s first notable forays into politics was his support for Robert Ehrlich, Jr., a Republican congressman who represented Maryland from 1995 until 2003. Sinclair became a top donor to Ehrlich and, in 2001, Ehrlich sent the first of several letters on Sinclair’s behalf to Michael Powell, who had recently become the chair of the F.C.C. The commission was investigating a request from Sinclair to buy a new group of stations, and Ehrlich protested the “unnecessary delays on pending applications.” The F.C.C.’s assistant general counsel responded that Ehrlich’s communication had violated procedural rules. Ehrlich sent another message, alleging that the delays were politically motivated and threatening to “call for a congressional investigation into this matter.” He added, “Knowing that you have served as Chairman for a few short months, we would prefer to give you an opportunity to address these concerns.” The proposed acquisitions were approved.

    A former general-assignment reporter at the station, Jonathan Beaton, told me, “Almost immediately, I could tell it was a very corrupt culture, where you knew from top down there were certain stories you weren’t going to cover. They wanted you to keep your head down and not upset the fruit basket. I’m a Republican, and I was still appalled by what I saw at Sinclair.” Beaton characterized the man-on-the-street segments as “Don’t forget to grab some random poor soul on the street and shove a microphone in their face and talk about what the Democrats have done wrong.” He said that reporters generally complied because of an atmosphere of “intimidation and fear.”

    After Trump’s victory, it looked as though Sinclair’s investment in the candidate would pay off. In January, 2017, Trump appointed Ajit Pai, a vocal proponent of media deregulation, to be the chair of the F.C.C. Pai, formerly an associate general counsel at Verizon and an aide to Senators Jeff Sessions and Sam Brownback, was exactly the sort of commission head that Sinclair had been hoping for. He believed that competition from technology companies such as Google had made many government restrictions on traditional media irrelevant—an argument that echoed Smith’s views on ownership caps and other regulations. Sinclair executives quickly tried to cultivate a relationship with Pai; shortly after the election, he addressed a gathering of Sinclair managers at the Four Seasons in Baltimore. He also met with David Smith and Sinclair’s C.E.O., Christopher Ripley, the day before Trump’s Inauguration.

    It’s not unusual for business executives to meet with the chair of the F.C.C., but Pai soon announced a series of policy changes that seemed designed to help Sinclair. The first was the reinstatement of the ultrahigh-frequency discount, an arcane rule that digital technology had rendered obsolete. The move served no practical purpose, but it freed Sinclair to acquire many more stations without bumping up against the national cap.

    The F.C.C. soon made other regulatory modifications that were helpful to Sinclair. It eliminated a rule requiring television stations to maintain at least one local studio in licensed markets, essentially legitimatizing Sinclair’s centralized news model. Perhaps most perniciously, Pai took steps toward approving a new broadcast-transmission standard called Next Gen TV, which would require all consumers in the U.S. to purchase new televisions or converter devices. A subsidiary of Sinclair owns six patents necessary for the new standard, which could mean billions of dollars in earnings for the company. Jessica Rosenworcel, the sole Democratic commissioner at the F.C.C., told me, “It’s striking that all of our media policy decisions seem almost custom-built for this one company. Something is wrong.” Rosenworcel acknowledged that many F.C.C. policies need to be modernized, but, she said, “broadcasting is unique. It uses the public airwaves, it’s a public trust.” She added, “I don’t think those ideas are retrograde. They are values we should sustain.”

    The F.C.C. and the D.O.J. both warned Sinclair about the dummy divestitures, insisting that the company find independent owners in ten problematic markets. According to a lawsuit later filed by Tribune, instead of taking steps to appease regulators, Sinclair executives “antagonized DOJ and FCC staff” by acting “confrontational” and “belittling.” The company offered to make sales in only four of the markets, and told the Justice Department that it would have to litigate for any further concessions. One Sinclair lawyer told government representatives, “Sue me.” There was no tactical reason for Sinclair to take such a combative and self-sabotaging stance. Instead, the episode seemed to reflect how Trump’s own corruption and conflicts of interest have filtered into the business community. One industry expert who followed the proceedings closely told me that the company clearly “felt that, with the President behind them, why would the commission deny them anything?

    Then, in April, the Web site Deadspin edited the broadcasts of Sinclair anchors reciting the script about fake news into one terrifying montage, with a tapestry of anchors in different cities speaking in unison. The video ignited public outrage, and Trump tweeted a defense of Sinclair, calling it “far superior to CNN and even more Fake NBC, which is a total joke.” (In a statement, a spokesperson for Sinclair said, “This message was not presented as news and was not intended to be political—there was no mention of President Trump, political parties, policy issues, etc. It was a business objective centered on attracting more viewers.”)

    #Médias #Concentration #Dérégulation #Etats-Unis #Sinclair


  • #Sanaz_Ahmadi : Les prisonnières ont-elles des droits ?
    https://tradfem.wordpress.com/2018/09/25/les-prisonnieres-ont-elles-des-droits

    #Kajsa_Ekis_Ekman a écrit la semaine dernière un article à propos d’un Suédois, Kristoffer Johansson*, qui sera bientôt transféré de la prison pour hommes de classe 1 (sécurité maximum) à la prison de sécurité pour femmes de classe 2. Il n’y a pas de prison pour femmes de classe 1 en Suède. Devinez pourquoi… #peaktrans #féminisme radical #marxisme #swepol

    Nous ne pouvons plus dorloter les émotions des hommes. Kristoffer Johansson a violé une femme, Vatchareeya Bangsuan. Il a étalé son sperme sur sa victime, puis l’a assassinée et débitée en morceaux. Il a ensuite feint de s’inquiéter de sa disparition et s’est joint à l’équipe de recherche de son cadavre. Le massacre de Vatchareeya Bangsuan fait partie de la terreur infligée par les hommes aux femmes.

    Le meurtre de Vatchareeya illustre une terreur avec laquelle les femmes grandissent et qui est normalisée par les institutions sociales. Ce n’est pas un hasard s’il était un homme et qu’elle était une femme. Et le fait que les émotions de Kristoffer aient aujourd’hui priorité sur la vie de femmes est une conséquence naturelle du patriarcat institutionnalisé.

    Le fait que la vie de Vatchareeya en tant que femme de couleur ne valait tellement rien que la peine de Kristoffer ait été réduite de moitié et le chef de meurtre réduit à celui d’homicide involontaire n’était pas un crachat suffisamment gros jeté au visage des femmes. Maintenant, des femmes qu’il n’avait pas encore atteintes se feront également cracher dessus.

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : https://www.facebook.com/martindufresne/posts/10156357997406418?__tn__=K-R
    #prison #féminicide #meurtre #trans #femme #viol

    • Oh mais non, c’est pas possible ! C’est ce qu’on peut imaginer de pire en matière de compétition entre femmes cis et trans : mettre dans les mêmes prisons des femmes cis qui ont subi des violences sexuelles et de genre et des personnes se qui disent femmes trans et qui ont infligé ces mêmes violences.

      Les femmes incarcérées ont le plus souvent subi des traumatismes sexuels depuis leur enfance. Elles ont été soumises à la pire terreur patriarcale de la part de leurs pères, de leurs frères, puis d’hommes qui prétendaient les aimer.

      L’envoi de Kristoffer dans une prison pour femmes est pour lui l’ultime confirmation psychosexuelle. Pour les détenues, c’est la continuation de la même terreur qu’elles ont endurée toute leur vie. Et maintenant, elles ne peuvent même plus s’enfuir.

      Je n’ai même pas mentionné le fait qu’aucun traitement médical n’est nécessaire pour que Kristoffer change de sexe légal. Il peut le faire parce que la Femme n’est plus une réalité biologique et matérielle. La Femme est maintenant un sentiment qu’éprouve un homme.

      Encore une fois, je ne suis pas d’accord avec cette manière de dire qu’une femme, c’est un utérus. C’est une socialisation, ce sont des rôles sociaux et il est des femmes qui découvrent ces rôles sur le tard, comme Paula qui est devenue mal-comprenante

      https://www.youtube.com/watch?v=lrYx7HaUlMY

      par la magie de se présenter au monde comme une femme. Cela ne fait pas non plus de n’importe quel abuseur ou meurtrier de femmes une femme s’il le souhaite, si dans sa tête il (pardon, elle !) pense ci ou ça et je suis atterrée de voir une telle complaisance sur cette définition individualiste des rapports sociaux de sexe (qui ne sont donc plus des rapports sociaux de sexe).

      La huitième règle de la misogynie se lit comme suit : « Les hommes sont ce que les hommes disent être, et les femmes sont ce que les hommes disent qu’elles sont. »

      Une copine qui a lu mon texte m’a dit à propos du dragueur barbu de femmes battues qui se présentait comme une femme que j’étais tombée par mégarde sur LE exemple unique et horrible. Mais il y a pire ! Et ça ne va pas s’arrêter si on assume qu’est femme n’importe qui se dit telle, par fascination morbide et toxique ou pour des raisons qui me semblent en revanche tout à fait acceptables (comme un refus depuis toujours des rôles sociaux assignés aux hommes - meurtrier de femmes, par exemple !). C’est pas avec la complaisance des camarades qui flippent de se faire traiter de transphobes qu’on va y arriver. Et je ne pense pas non plus que c’est en mettant toutes les personnes trans dans le même panier que des tueurs misogynes.

    • Un autre prédateur sexuel qui peut légitimement (puisque la loi canadienne accepte l’auto-définition) demander à être traité comme une femme. Via Meghan Murphy sur Twitter.

      High-risk sex offender Jeffrey Goddard released, will live in Surrey | The Province
      https://theprovince.com/news/local-news/high-risk-sex-offender-jeffrey-goddard-released-will-live-in-surrey/wcm/bb7955c6-0286-4c10-a6aa-d30d3ffd541d

      Goddard is described as a white man, about 5-foot-9, weighing about 170 pounds with brown hair and green eyes. In the past, he has tried to pass himself off as a woman by wearing wigs and going by the names of Jessica Goddard or Brandy Leanne Goddard.

      The 28-year-old has an extensive criminal history involving sexual assault, invitation to sexual touching and luring under age 16.

      “Goddard has maintained a pattern of sexual-offending against male youth and adults and communicating via computer to lure male and female youth, in both an opportunistic and predatory manner,” reads the public warning issued by B.C. Corrections on Tuesday, the same day Goddard was released.


  • Kids Don’t Damage Women’s Careers — Men Do – Jessica Valenti – Medium
    https://medium.com/s/jessica-valenti/kids-dont-damage-women-s-careers-men-do-eb07cba689b8

    It’s not actually motherhood or kids that derail women’s careers and personal ambitions — it’s men who refuse to do their fair share.

    If fathers did the same kind of work at home that mothers have always done, women’s careers could flourish in ways we haven’t yet imagined. But to get there, we need to stop framing mothers’ workplace woes as an issue of “balance,” and start talking about how men’s domestic negligence makes it so hard for us to succeed.

    Yes, we know American men are doing more than they have in past years: Fathers report spending about eight hours a week on child care, or three times as much as fathers in 1965. (Though keep in mind that the data is self-reported, and men tend to overestimate how much domestic work and child care they do.)

    Men doing more, however, is not the same thing as men doing enough. (...)

    This kind of invisible work almost always falls on women, and we rarely talk about the impact it has on our professional lives.

    Mothers are much less likely to be hired than non-mothers, and when they have children, their wages fall off a cliff. Studies from 2017 led some analysts to come to the conclusion that the wage gap was almost entirely attributable to motherhood. Men, on the other hand, tend to see more money once they have children.

    Americans need to stop believing that women do the majority of care work because we want to. It’s because we’re expected to, because we’re judged if we don’t, and most of all, because it’s incredibly difficult to find male partners willing to do an equal share of the work.

    Un article de plus sur l’#exploitation_domestique des #femmes, la #charge_mentale, la #discrimination au #travail des #mères et le rôle des #pères mais c’est par Jessica Valenti.


  • 27 villes du C40 auraient atteint le pic d’émissions. Pourquoi à ce stade je me méfie de cette annonce ?
    https://www.c40.org/press_releases/27-cities-have-reached-peak-greenhouse-gas-emissions-whilst-populations-increas

    27 of the world’s greatest cities, representing 54 million urban citizens and $6 trillion in GDP have peaked their greenhouse gas emissions. New analysis reveals that the cities have seen emissions fall over a 5 year period, and are now at least 10% lower than their peak. City Halls around the world have achieved this crucial milestone, whilst population numbers have increased and city economies have grown. These 27 cities have continued to decrease emissions by an average of 2% per year since their peak, while populations grew by 1.4% per year, and their economies by 3% per year on average.
    The cities are: Barcelona, Basel, Berlin, Boston, Chicago, Copenhagen, Heidelberg, London, Los Angeles, Madrid, Melbourne, Milan, Montréal, New Orleans, New York City, Oslo, Paris, Philadelphia, Portland, Rome, San Francisco, Stockholm, Sydney, Toronto, Vancouver, Warsaw, Washington D.C.

    Comme c’est beau ! Comme par hasard, aucune ville des pays actuellement en voie d’industrialisation, tel que la Chine par ex. n’est dans ce groupe. On peut se demander comme sont calculées ces émissions. Mon hypothèse est que ces données ne prennent pas en compte le cycle de vie des matières et des services produits dans les villes en question, seulement les émissions locales. Ce qui est sale est aujourd’hui en Chine, au MO, etc. Merci la mondialisation...
    D’autre part, des questions se posent également sur les contours des villes prises en considération, par ex. est-ce uniquement Paris intra muros ou bien la Métropole, voire l’IdF ? Probablement la première option. A ce stage les informations disponibles ne répondent pas à ces questions de base.
    Pour aller plus loin sur la question des méthodes de calcul, et notamment la différence entre la méthode territoriale et celle basée sur la consommation des ménages prenant en compte le cycle de vie, voir par ex. Pichler, Peter-Paul, Timm Zwickel, Abel Chavez, Tino Kretschmer, Jessica Seddon, and Helga Weisz, ‘Reducing Urban Greenhouse Gas Footprints’, Scientific Reports, 7 (2017), 14659 <https://doi.org/10.1038/s41598-017-15303-x>

    #changement_climatique #fake_news_possible


  • Déclarées fraudeuses par la CAF, ces deux colocataires de Roye se rebiffent - Le Courrier Picard
    http://www.courrier-picard.fr/127770/article/2018-08-03/declarees-fraudeuses-par-la-caf-ces-deux-colocataires-de-roye-se-reb

    Elles ont contesté cette décision. Sans succès. En plus la CAF leur demande le remboursement d’une dette. « Le montant a déjà changé trois fois, c’est incompréhensible », note Jessica Levert. Effectivement en trois courriers, cette dette est passée de près de 30 000 € à près de 60 000 € pour finir aujourd’hui à 30 610,48 €. « Le système de prestation est complexe. Il peut y avoir des compensations qui font évoluer ce montant de dettes. La Caisse d’allocations familiales est tout à fait disposée à les recevoir sur rendez-vous pour leur apporter une explication et des conseils sur leur situation ».

    Une situation difficile car plusieurs aides leur ont été retirées avec cette notification de dettes. « La CAF m’a retiré mon numéro d’allocataire. L’APL (aide personnalisée au logement) est diminué et la somme de 310 € est retirée de mon AAH (allocation aux adultes handicapés) », précise Martine Derobert-Mazure. « Avec nos deux ressources, la prime d’activité que je touchais m’a été supprimée ainsi que le RSA (revenu de solidarité active) », note pour sa part Jessica Levert, qui travaille 14 heures par semaine en CDI.

    « Nous ne voulons pas être estampillées « fraudeuses ». Nous sommes de bonne foi. Nous avons déclaré notre colocation au bailleur », insistent les deux femmes qui se défendent d’être en couple. « C ’est une relation mère-fille pas de couple ».

    Comment se définit la colocation ? Isolé ou en concubinage
    Les deux Royennes ont bien notifié leur situation au bailleur. Chacune a sa chambre, ses activités. Si elles payent une partie des courses en commun, c’est pour des raisons pratiques assurent-elles. Pas de relation charnelle entre elles soulignent-elles également. Bref, des colocs, pas un couple.

    À ceci près que ces faits ne suffisent pas à la CAF. Deux personnes vivant en colocation auront chacune leur numéro d’allocataire et chacune leurs aides personnalisées « si chacune est en mesure de présenter un bail à son propre nom ».

    #CAF #APL #contrôle « #fraude » #indu #colocation #bail #vie_maritale


  • Grave ou aiguë, sombre ou claire ? Ce que le genre fait à notre voix
    https://www.nouvelobs.com/rue89/nos-vies-intimes/20180723.OBS0077/grave-ou-aigue-sombre-ou-claire-ce-que-le-genre-fait-a-notre-voix.html

    Pour la première fois, en Grande-Bretagne, une femme commentait un match de foot à la télé : Vicki Sparks officiait pendant le Mondial sur la BBC. La journaliste n’a pas été épargnée, comme d’autres de ses consœurs, par des remarques sexistes. Sa voix serait « trop aiguë » pour l’exercice.

    Un commentaire qui sonne familier aux femmes qui s’expriment dans des espaces traditionnellement masculins, écrit Jessica Bennett du « New York Times ».

    Pendant la campagne américaine, la voix d’Hillary Clinton avait aussi fait l’objet de commentaires. On la qualifiait d’"énervante", on la jugeait « forte, monotone, pénible à l’oreille ». Un coach vocal interviewé expliquait que les hommes aussi haussaient la voix en campagne et que le public n’était peut-être simplement pas habitué...

    Quel lien existe entre voix et genre ? Les réflexions de la journaliste nous ont interrogées. Aron Arnold, docteur en sciences du langage, chercheur postdoctoral à l’université catholique de Louvain, a consacré sa thèse à cette passionnante question. Entretien.

    #sexisme #genres #voix #femmes #discrimination



  • Patients face expensive ER bills even when they don’t receive treatment - Vox
    https://www.vox.com/2018/5/1/17261488/er-expensive-medical-bill

    On October 19, 2016, Jessica Pell fainted and hit her head on a nearby table, cutting her ear. She went to the emergency room at Hoboken University Medical Center, where she was given an ice pack. She received no other treatment. She never received any diagnosis. But a bill arrived in the mail for $5,751.

    “It’s for the ice pack and the bandage,” Pell said of the fee. “That is the only tangible thing they could bill me for.”

    Pell’s experience is not unique. Submissions to Vox’s ER database project found multiple examples of ERs charging patients hundreds or even thousands of dollars for walking through the door. Some never got past the waiting room. Some were triaged, but none received treatment from a doctor.

    Pell left the ER when she discovered the plastic surgeon who would see her was out of network for her insurance. She decided to go to an in-network facility instead. She thought this was a smart way to avoid the costly fees that came with seeing a provider that wasn’t included in her health plan.

    “I decided to decline treatment because I can’t really afford any surprise bills right now,” she said. “The bill I’d probably incur would not be worth saving my ear, which was sad but a choice I had to make.”

    Pell’s health insurance plan paid the hospital $862, what it deemed a “reasonable and appropriate” fee for the services the hospital paid. That left Pell with a $4,989 bill that she received on February 28.

    #USA #santé #médecine #assurances


  • Mappamundi, art et cartographie - Editions Parenthèses

    https://www.editionsparentheses.com/Mappamundi-art-et-cartographie

    Les cartes s’imposent à nous dans les rues, les écrans, les esprits. C’est désormais à travers elles que nous percevons et pensons le monde. Parce que la cartographie est devenue un enjeu majeur, les artistes l’ont reprise d’assaut, bousculant géographes, ingénieurs, militaires et informaticiens. Remettant en cause l’idée même de neutralité cartographique, les plasticiens font et défont les cartes, jouent avec les formes, les couleurs et les mots du monde.
    « Mappamundi » rassemble une trentaine d’artistes qui interrogent la représentation cartographique. Ces visions d’artistes sont regroupées en trois temps : le corps — les cartes renouent avec les sensations et l’expérience physiques du monde ; le combat — des instruments de pouvoir deviennent outils de contestation ; le conte — les cartes utilitaires sont détrônées par l’imaginaire et la fiction.
    Un essai sur les relations entre art et cartographie précède les « portraits du monde » sélectionnés dans « Mappamundi ». Cartes à lire ou à voir ? Miroir tranquille ou distorsion du monde ? Description, évocation, contestation ? Loin d’exprimer des certitudes, ces cartes dessinent à leur façon notre modernité et dressent d’abord notre portrait collectif.
    Œuvres de : Alighiero e Boetti , Céline Boyer, Alexander Chen, Nicolas Desplats, Detanico & Lain, Paola Di Bello, Peter Fend, Jochen Gerner, Luigi Ghirri, Chris Kenny, Bouchra Khalili, Joseph Kosuth, Guillermo Kuitca, Nelson Leirner, Cristina Lucas, Mateo Maté, Vik Muniz, Qin Ga, David Reimondo, Rosana Ricalde, Francesc Ruiz, Stalker, Susan Stockwell, Jessica Vaturi, Jason Wallis-Johnson, Jeremy Wood.
    Textes de : Agathémère / Arendt, Hannah / Baudelaire, Charles / Baudrillard, Jean / Benjamin, Walter / Bergman, Ingmar / Bettencourt, Pierre / Boèce / Borges, Jorge Luis / Boyd, William / Bresson, Robert / Browne, Thomas / Buisson, Ferdinand / Calvino, Italo / Carroll, Lewis / D’Alembert, Jean / Daney, Serge / De Certeau, Michel / De Maistre, Xavier / De Tilbury, Gervais / Deleuze, Gilles, Guattari, Félix / Donne, John / Duval, Pierre / Eco, Umberto / François, Père Jean / Goethe, Johann Wolfgang von / Gracq, Julien / Kafka, Franz / Kleist, Heinrich von / Korzybski, Alfred / La Pérouse, Jean-François de / Latour, Bruno / Locke, John / Long, Richard / Lubin, Père Augustin / Melville, Herman / Michelet, Jules / Montaigne, Michel de / Napoléon / Ortelius, Abraham / Orwell, George / Pascal, Blaise / Perec, Georges / Pétrarque / Picasso, Pablo / Pouchkine, Alexandre / Proust, Marcel / Reclus, Élisée / Schmitt, Carl / Senges, Pierre / Shakespeare, William / Sloterdijk, Peter / Stein, Gertrud / Stevenson, Robert Louis / Thoreau, Henry David / Valéry, Paul / Van Hoogstraten, Samuel / Verne, Jules / Wilde, Oscar / Wittgenstein, Ludwig.

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    Mappamundi, art et cartographie

    https://mappemonde-archive.mgm.fr/num42/librairie/lib14203.html

    Cet ouvrage a été édité à l’occasion de l’exposition éponyme, au printemps 2013 à Toulon. Son auteur, G. Monsaingeon, est le commissaire de l’exposition. Mappamundi / Mappemonde : au-delà de la proximité du nom, cette exposition se rapproche des préoccupations de la présente revue par son objet et son contenu.

    En guise de prologue, l’ouvrage rappelle la fascination qu’exercent les cartes et les atlas : elles invitent au voyage et à la rêverie géographique, dès l’enfance. Cette émotion, d’ordre esthétique, est régulièrement mise en œuvre par les artistes plasticiens pour créer des géographies, des dépictions artistiques de notre monde ou d’autres. « Il est aujourd’hui communément admis qu’une carte puisse être dite “belle” » (p. 8).

    L’ouvrage est abondamment illustré et très riche en références, à la fois du monde artistique et esthétique, mais aussi de l’épistémologie cartographique. Il se compose de trois parties qui en font bien plus qu’un simple catalogue d’exposition. Tout d’abord, une première section présente le projet de l’exposition, développe une esthétique de la carte et propose une catégorisation de l’intérêt des artistes pour la carte. La deuxième partie, la plus importante, regroupe de manière thématique les œuvres des vingt-six artistes sélectionnés par l’exposition Mappamundi, selon trois catégories : le corps, le combat et le conte. Enfin, l’ouvrage se termine par une très originale « Table d’orientation », recueil d’une soixantaine de citations d’auteurs plus ou moins célèbres à propos de la carte et de son usage.

    Projet cartographie expérimentale
    Tags généraux : #cartoexperiment #biblioxperiment
    Tags particulier : #visualisation #complexité_visuelle #art #perceptions #représentation