person:john perry barlow

  • Le dernier message de John Perry Barlow (2/2) : un penseur de la noosphère
    http://www.internetactu.net/2018/06/25/le-dernier-message-de-john-perry-barlow-22-un-penseur-de-la-noosphere

    Malgré leur intérêt historique, il faut bien reconnaître que les mémoires de Barlow nous laissent parfois sur notre faim (voir la première partie de notre compte-rendu de son livre posthume). Côté psychédélique ? On apprend que Barlow a fait la connaissance de Timothy Leary (autre grande icône du psychédélisme passée à (...)

    #Articles #Débats #contre-culture #Droits_numériques #histoire


  • Le dernier message de John Perry Barlow (1/2) : Du rock n’roll à l’activisme numérique
    http://www.internetactu.net/2018/06/19/le-dernier-message-de-john-perry-barlow-12-du-rock-nroll-a-lactivisme-

    En février dernier on apprenait la mort de celui qu’on avait surnommé le « maire de l’internet », John Barlow. Pour ceux qui avaient vécu les premiers jours de la Toile, s’étaient battus avec les protocoles FTP et TelNet, avaient joué avec les navigateurs Mosaic et Netscape, ce décès avait des allures (...)

    #Articles #Gouvernance #contre-culture #Droits_numériques #histoire


  • Bonjour,

    Comme vous l’avez peut-être appris, John Perry Barlow est décédé le 7 février des suites de ses problèmes cardiaques. Personnage flamboyant, auteur de la "Déclaration d’indépendance du cyberespace" (8 février 1996, hasard des dates), Barlow occupe une place à part dans la "mythologie" de l’internet. Bien que l’on puisse contester ses idées et son approche libertarienne, il faut lui reconnaître une plume, un style, une énergie hors du commun, qui a marqué très largement les discours sur l’internet et le cyberespace.

    L’auteur de science-fiction cyberpunk Bruce Sterling décrit Barlow en 1992 comme « un pur extraterrestre de la pratique des réseaux informatiques. Il avait une écriture de poète, concise et imagée. Il avait également la perspicacité d’un journaliste, ainsi qu’un esprit loufoque et le sens profond de l’autodérision. Enfin, il était tout simplement doué d’un charme personnel phénoménal. »

    Il est donc tout naturel que John Perry Barlow, et notamment son texte « La déclaration d’indépendance du cyberespace », ait été commenté par les auteur·e·s de C&F éditions. Quelques extraits ci-dessous.

    Olivier Ertzscheid : "L’appétit des géants : pouvoir des algorithmes, ambitions des plateformes"
    https://cfeditions.com/geants

    danah boyd : "C’est compliqué : les vies numériques des adolescents"
    https://cfeditions.com/boyd

    Fred Turner : "Aux sources de l’utopie numérique : de la contre-culture à la cyberculture, Stewart Brand un homme d’influence"
    https://cfeditions.com/utopieNumerique

    Olivier Ertzscheid

    L’auteur de « L’appétit des géants » lui a rendu un hommage très particulier et significatif dans les colonnes de Libération du 9 février. Il propose de ré-écrire la « Déclaration d’indépendance du cyberespace » en version 2018... non plus en s’adressant aux tenants du monde industriel, comme le faisait Barlow en 1996, mais aux géants du monde numérique qui emprisonnent l’énergie des internautes dans leurs systèmes de contrôle et leurs espace privés.

    Extrait :

    « Plateformes aux tons pastels et aux logos colorés, vous géants fatigués aux CGU d’airain et aux algorithmes d’acier, je viens du temps des internets d’avant, où nous n’avions pas de "comptes" mais des pages, où chacun pouvait disposer d’une adresse et n’était pas contraint d’habiter par habitude et par lassitude sous le même grand F bleu qui orne votre jardin fermé, et de vivre dans cette fausse proximité que vous nous avez tant vanté et qui est d’abord une toxique promiscuité.

    Au nom du présent que vous avez institué, je vous demande à vous qui êtes désormais le passé, de nous laisser tranquilles. Vous n’êtes plus les bienvenus parmi nous. Vous avez trop de souveraineté pour que celle-ci ne soit pas enfin questionnée et abolie. »

    On peut retrouver le texte complet et l’introduction/hommage sur Libération (http://www.liberation.fr/debats/2018/02/09/une-nouvelle-declaration-d-independance-du-cyberespace_1628377) et sur le blog Affordance (http://affordance.typepad.com//mon_weblog/2018/02/nouvelle-declaration-independance-cyberespace-hommage-john-perry )

    danah boyd :

    C’est dans la « Déclaration d’indépendance du cyberespace » que John Perry Barlow utilisa le premier la notion de " digital natives ". Jeune geekette à l’époque de ce texte, danah boyd est resté frappée par la verve de Barlow... mais montre elle aussi combien les dynamiques ont changé, et combien cette notion de "digital natives" est devenu la tarte à la crème des spécialiste du marketing, mais ne représente rien pour les jeunes, ni pour les sociologues.

    extrait :

    « Des manifestes, à l’image de la "Déclaration d’indépendance du cyberespace" de John Perry Barlow en 1996, me parlaient profondément. Barlow disait alors devant les leaders économiques réunis au forum de Davos que la nouvelle « maison de l’Esprit » permettait des « identités sans corps ». J’étais fière d’être une de ces enfants dont il parlait, et qui se vivait comme « native » de cette nouvelle civilisation.

    Vingt ans après, les dynamiques de l’identité en ligne s’avèrent très largement différentes de ce que les premiers adeptes de l’internet avaient imaginé. Même si les jeux en ligne et les mondes virtuels sont populaires parmi certains groupes de jeunes, il existe une différence culturelle majeure entre les sites qui permettent d’endosser un rôle et les médias sociaux, largement plus fréquentés, qui tendent à encourager une atmosphère beaucoup moins fictionnelle. Même si les pseudonymes sont fréquents dans ces environnements, le type de travail de l’identité qui se déroule dans les médias sociaux tels Facebook est très différent de celui que Turkle avait imaginé au départ. De nombreux adolescents aujourd’hui vont en ligne pour socialiser avec des amis qu’ils connaissent dans le monde physique, et ils se définissent eux-mêmes dans des contextes en ligne qui interagissent fortement avec des communautés sociales non-médiées. Ces pratiques, qui encouragent une plus grande continuité entre les mondes en ligne et hors ligne des adolescents, étaient bien moins fréquentes quand j’étais jeune. »

    et

    « La notion de digital natives a des racines politiques, principalement issues du techno-idéalisme américain. Dans sa volonté de contraindre l’élite globale à reconnaître l’importance de la société numérique émergente, John Perry Barlow, un poète reconnu, par ailleurs cyberlibertarien notoire, a forgé ce concept pour diviser le monde entre « eux » et « nous ». Barlow, connu pour avoir été le parolier du groupe The Grateful Dead, savait facilement trouver des mots provocants pour exprimer ses opinions politiques. Ce manifeste lançait un défi explicite aux « gouvernements du monde industriel ». En plaçant ceux qui « venaient du cyberespace » en opposition au monde du passé, il organisait l’affrontement des « natifs » et des « immigrants ».

    Barlow n’était certainement pas le premier à suggérer que les jeunes sont, en raison de leur date de naissance, intimement partie prenante de ce paysage numérique émergent. Mais son langage poétique a mis en relief les craintes implicites d’une fracture générationnelle qui accompagnerait les technologies. En écrivant sa déclaration, il voulait susciter des réactions… et il y est parvenu. Mais beaucoup ont pris sa métaphore au premier degré. Il était fréquent de voir des discours publics mettre en avant l’idée que les « natifs » auraient des pouvoirs et des compétences techniques particulières. L’idée sous-jacente de ces lectures de Barlow est que les adultes doivent craindre ces jeunes qui auraient hérité d’un savoir à leur naissance. »

    Fred Turner

    C’est bien entendu l’historien de l’internet Fred Turner qui offre dans son livre « Aux sources de l’utopie numérique » les hommages comme les critiques les plus soutenues de l’oeuvre et de l’approche de John Perry Barlow.

    Extraits :

    « Barlow rappelait à ses lecteurs « Je vis à barlow@eff.org. C’est là où j’habite. C’est ma maison. Si vous voulez me parler, c’est le seul endroit où vous êtes sûrs de me trouver, à moins que vous ne soyez déjà en face de moi – physiquement. Il est impossible de savoir où je suis. Depuis avril, je ne suis pas resté plus de six jours dans un même lieu. » Dyson et Barlow s’étaient transformés en paquets d’informations, au sens métaphorique, naviguant de conseils d’administration en conférence et agences de presse. Leur perception de l’espace s’était disloquée et s’ils avaient toujours le sentiment d’avoir un foyer, ce dernier était devenu distribué, collant parfaitement à leur idée d’avoir une maison sur la toile.

    De prime abord, la représentation du monde en système d’information telle que le conçoit Kelly s’inscrit fortement dans la pensée d’une époque, celle des années quatre-vingt-dix. Une analogie entre réseaux d’entreprises et écosystèmes naturels sous-tend cette représentation. Une analogie qui imprègne la vision, commune à Barlow et Dyson, d’un monde libéré de sa bureaucratie et guéri de sa schizophrénie grâce à l’internet. Mais à y regarder de plus près, elle pose également une énigme historique. L’idée selon laquelle le monde matériel peut être comparé à un système d’information et modélisé par ordinateur ne date pas de l’internet, mais apparaît bien plus tôt, durant la Seconde Guerre mondiale, dans et autour des laboratoires de recherche financés par l’État, notamment le Radiation Laboratory du MIT. Ces laboratoires ont orienté le développement de l’informatique aux États-Unis.
    [...]
    En 1990, la technologie et les méthodes de management caractérisant le WELL, en sus des réseaux qui s’étaient regroupés autour du système et des organisations proches du Whole Earth, servirent de références pour redefinir le cyberespace lui-même. Cette année-là, John Perry Barlow, expert en informatique, fut unanimement désigné comme la première personne à avoir accolé le mot cyberespace à ce qui n’était encore que le croisement entre les télécommunications et les réseaux informatiques. Puisant largement dans son expérience du WELL, il décrivait ce nouveau cyberespace structuré autour de réseaux informatiques comme une « frontière électronique ». Ce faisant, il bousculait la représentation autrefois dystopienne d’une informatique interconnectée en un espace imaginé pour que les individus puissent se recréer et construire leurs communautés dans les termes provenant des idéaux néo-communalistes. À l’instar des territoires ruraux des années soixante, le cyberespace de Barlow demeurerait au-delà de tout contrôle gouvernemental. Et tout comme un happening ou un Acid Test, il fournirait le décor et les outils au travers desquels les individus entretiendraient des liens intimes et désincarnés entre eux. En invoquant l’image de la frontière électronique, Barlow métamorphosait les normes locales du WELL, notamment son éthique communautarienne dérivée du Whole Earth, son allégeance à une forme de gouvernance non hiérarchique et sa rhétorique cybernétique, en une métaphore universelle de l’informatique en réseau. Dès le milieu des années quatre-vingt-dix, l’image du cyberespace telle que dessinée par Barlow était sans nul doute devenue l’emblème le plus populaire non seulement des formes émergentes de communication via réseaux informatiques, mais également des formes horizontales d’organisation sociale ou encore des modèles dérégulés de transactions économiques.
    [...]

    Durant l’été 90, Barlow se rendit dans les bureaux du VPL Research de Jaron Lanier et endossa une paire de visiophones et de gants de données VPL. Il publia dans Mondo la description suivante de son expérience : « Soudain, je n’ai plus de corps. Tout ce qui reste du fatras vieillissant qui constitue la plupart du temps mon enveloppe corporelle, c’est une main auréolée d’or qui flotte devant moi telle la dague de Macbeth. Je pointe un doigt vers l’étagère de livres accrochée au mur du bureau et la parcours lentement de haut en bas sur toute sa hauteur... Dans cet environnement palpitant d’inconnu, j’ai été réduit à un seul point de vue. Le sujet “moi” bée intégralement dans un abîme de questions brûlantes. Un véritable Dysneyland pour épistémologues. » Barlow aurait très bien pu décrire là un trip sous acide. Malgré toutes les technologies numériques impliquées, l’expérience dont Barlow fait le récit appartient autant aux années soixante qu’aux années quatre-vingt-dix. Et au cas où le lecteur n’aurait pas percuté, Barlow cite Lanier : « Je pense que c’est le truc le plus incroyable depuis notre virée sur la lune » .

    Barlow qui s’était converti plutôt tardivement à la puissance des technologies numériques, était cependant un vieux briscard du mysticisme et du LSD. Fils de propriétaires de ranch dans le Wyoming, il avait été élevé dans un esprit Mormon, attaché au Parti Républicain. Il n’avait pas été autorisé à regarder la télévision avant l’âge de 11 ans et lorsqu’il le put, il regarda essentiellement des programmes de télévangélistes. À 14 ans, il fut envoyé dans une école catholique et, ironie du sort, c’est à ce moment-là qu’il commença à perdre la foi. À la n des années soixante, alors qu’il fréquentait l’Université de Wesleyan dans le Connecticut, il prit régulièrement part aux activités du groupe de Timothy Leary situé à Millbrook, dans l’État de New York. Sa foi refit surface à l’issue de son premier voyage sous acide. « Le sentiment qu’il y avait quelque chose de sacré dans l’univers m’animait de nouveau », raconta-t-il plus tard. Mais cette présence sacrée ne pouvait être contenue dans un dogme en particulier. Barlow se tourna plutôt vers les inclinations mystiques de Pierre Teilhard de Chardin, prêtre catholique dont il avait découvert les œuvres lorsqu’il était à l’université, et de Gregory Bateson, dont il avait lu Steps to an Ecology of Mind au début des années soixante-dix.
    [...]

    Au début du mois de juin, peu de temps après avoir lu le récit de Barlow sur le WELL, dans un geste qui est depuis entré dans la légende de la cyberculture, Kapor qui se trouvait à proximité de Pinedale, Wyoming, à bord de son jet privé, appela Barlow depuis son avion et lui demanda s’il pouvait faire halte chez lui. Ils s’étaient rencontrés auparavant tant socialement que professionnellement (Barlow avait interviewé Kapor pour le compte d’un magazine informatique) mais ne se connaissaient pas vraiment pour autant. Cet après-midi-là, assis dans la cuisine de Barlow, ils échangèrent sur les différentes opérations répressives menées alors par le gouvernement. Ils décidèrent ensemble de créer une organisation nommée la Computer Liberty Foundation. [...]
    La première et la plus influente des métaphores auxquelles se référait Barlow fut celle de la « frontière électronique ». Kapor et Barlow, tous deux maîtres incontestés de la mise en réseau, obtinrent rapidement une couverture médiatique pour leur nouvelle organisation ainsi que des propositions de financement en provenance de Steve Wozniak, cofon- dateur d’Apple, et de John Gilmore de Sun Microsystems. Ils initièrent une conférence sur le WELL et recrutèrent Stewart Brand pour étoffer le conseil d’administration de la fondation
    [...]

    Tous ceux qui étaient présents au dîner s’accordèrent sur l’idée que l’informatique en réseau était selon les propres termes de Barlow « d’authentiques confins ». « J’ai proposé Electronic Frontier Foundation durant le repas », se souvint Barlow, « et tout le monde semblait trouver ça bien. »

    En dépit de leur orientation libertarienne, les plumes d’Esther Dyson, de John Perry Barlow et de Kevin Kelly exhalaient un parfum de nostalgie d’un monde égalitaire. Pour ces auteurs, et pour ceux que leurs écrits auront guidé, l’internet public des premiers temps semblait préfigurer et aider à faire naître un monde dans lequel chaque individu pourrait agir dans son propre intérêt et dans le même temps produire une sphère sociale unifiée, un monde dans lequel nous serions « tous un ». Cette sphère ne serait pas gouvernée par les décisions de politiques agonistiques, mais s’en détournerait pour suivre le chemin de la prise de pouvoir individuelle assistée par les technologies et l’établissement d’agoras en pair à pair. Pour les prophètes de l’internet, comme pour celles et ceux qui s’en retournèrent à la terre quelque trente ans plus tôt, c’était le gouvernement, imaginé en colosse bureaucratique écrasant, qui menaçait de détruire l’individu ; l’information, la technologie et le marché représentaient alors le salut. »

    La boucle est bouclée. Du Barlow prestidigitateur du discours de l’internet à la situation de concentration et de dépendance actuelle de l’internet à une poignée de géants, il était temps de faire revivre des utopies positives pour que l’internet redevienne ce compagnon de la liberté et de l’action collective. Ce qu’Olivier Ertzscheid a tenté de faire dans son hommage/pastiche de la « Déclaration d’indépendance du cyberespace - V2.0 »

    Bonnes lectures à vous.

    Hervé Le Crosnier

    #John_Perry_Barlow #Fred_Turner #danah_boyd #Olivier_Ertzscheid #C&F_éditions


  • Internet perd John Perry Barlow, l’un de ses plus grands défenseurs
    http://www.lefigaro.fr/secteur/high-tech/2018/02/09/32001-20180209ARTFIG00305-internet-perd-john-perry-barlow-l-un-de-ses-plus-

    L’histoire de l’informatique perd l’un de ses meilleurs conteurs. À 70 ans, John Perry Barlow s’est « tranquillement » éteint dans son sommeil, des suites de problèmes cardiaques qui l’avaient affaibli depuis 2015, selon le message commémoratif publié par l’association de défenses des libertés numériques Electronic Frontier Fondation ce 7 février. Celui qui se définissait avec dérision comme un « gourou d’Internet » a joué tout au long de sa vie un rôle de passeur essentiel dans le développement des technologies informatiques, faisant le pont entre des communautés techniques, académiques et le grand public grâce à sa maîtrise du langage et sa malice.

    Qualifié de « barde de la révolution numérique » par ses proches, il s’est rendu célèbre par sa déclaration d’indépendance du cyberespace, un texte écrit lors du forum de Davos de 1996 et repris de manière virale aux prémices du Web pour s’opposer aux tentatives de régulation d’Internet par l’establishment.

    Il a également participé dans les années 1990 à la création du magazine Wired, véritable organe de promotion de la « révolution numérique » qui a permis d’amener la contre-culture hackers aux premiers investisseurs libertariens conservateurs. L’un des premiers numéros envisageait d’ailleurs de le placer en Une. Sans ce type de personnalités, la conversion du sujet numérique en véritable secteur économique et mouvement culturel global n’aurait sans doute pas eu lieu, comme s’est attaché à le démontrer l’historien Fred Turner dans son ouvrage Aux sources de l’utopie numérique.

    #John_Perry_Barlow


  • John Perry Barlow (1947-2018)
    https://linuxfr.org/news/john-perry-barlow-1947-2018

    John Perry Barlow (1947-2018) est décédé le 7 février : pionnier d’Internet, auteur de la « A Declaration of the Independence of Cyberspace » (Déclaration d’indépendance du Cyberespace, 1996) , co-fondateur de l’Electronic Frontier Foundation (première asso de défense des droits sur Internet, en 1990) et de la Freedom of the Press Foundation (libertés d’expression et de la presse, 2012), mais aussi parolier du groupe Grateful Dead.

    (Photo de J.P. Barlow par cellanr sous CC By Sa 2.0)

    Divers hommages ont été publiés par l’EFF, par la FPF, par Framablog, par E. Snowden, par T. Nitot, etc. Plusieurs republications et/ou traductions de sa « Déclaration d’indépendance du Cyberespace » ont été (re)publiées. Et Olivier Ertzcheid a même modernisé le texte, plus orienté GAFAM, dans une tribune Libération « Une (...)



  • A propos de John Perry Barlow, Seenthis, The Grateful Dead et The WELL
    https://www.well.com


    En réponse à https://seenthis.net/messages/667401 d’ @arno

    Governments of the Industrial World, you weary giants of flesh and steel, I come from Cyberspace, the new home of Mind. On behalf of the future, I ask you of the past to leave us alone. You are not welcome among us. You have no sovereignty where we gather.

    Aujourd’hui les manifestes ne sont guere d’intérêt pour les jeunes. C’est la la conclusion que j’ai tiré de la rencontre avec des étudiants de la création multimedia à qui j’ai eu l’honneur d’enseigner les systèmes de publication sur internet. Du côté des militants politiques c’est pareil en ce qui concerne le choix et la maîtrise des logiciels pour leur publications.

    Nous, nous sommes les enfants du mariage entre les idées libertaires et les révolutions européennes à l’ère digitale. Nous avons grandi à une époque extraordinaire quand se croisaient le monde ancien et l’ère digitale post-communiste. Nous avons assisté et participé à ses guerres analogues, à ses luttes des classes, nous avons adopté ses modèles de liberté antagonistes et ses musiques bruyantes. Nous avons bâti les premières marches de l’échelle digitale avec JPB et ses amis. Nous avons connu l’époque quand l’internet consistait dans une centaine de serveurs nationaux et quelques milliers dans le reste du monde. C’était notre internet. Les admins étaient nos copains qui restaient au téléphone avec nous pendant des heures quand il fallait implémenter un changement de config important. Tout était encore à faire et il n’y avait que nous qui pouvaient le faire.

    Aujourd’hui #Seenthis est notre The WELL que nous utilison pour créer notre internet à nous. Voilà l’héritage de JPB.

    Bon, après ce discours il est temps d’écouter un des derniers concerts des Grateful Dead avec Jerry Garcia.

    Grateful Dead - The Spectrum - 3-17-95 - Full Show
    https://www.youtube.com/watch?v=o9iJ21xbYqc

    The WELL
    https://en.wikipedia.org/wiki/The_WELL

    The Whole Earth ’Lectronic Link, normally shortened to The WELL, is one of the oldest virtual communities in continuous operation. As of June 2012, it had 2,693 members.

    Home > The WELL
    https://www.well.com

    Why is conversation so treasured on The WELL? Why did members of this community band together to buy the site in 2012? Check out the story of The WELL.

    The Internet Age Began on August 9, 1995
    http://www.litkicks.com/AugustNine

    Two separate things happened on August 9, 1995, both by chance emerging from Northern California though they had little else in common. The first was a scheduled event: the initial public offering (IPO) by Netscape, a startup tech firm designed to make software to power the Internet.
    ...
    I remember walking through the hallway at work that morning, probably heading for a coffee refill, when I saw a clump of co-workers and magazine editors talking anxiously. I thought they were talking about the Netscape IPO, but they weren’t. “Jerry Garcia died,” one of the editors said to me. “We need to replace the front page and get a new headline up, stat.”

    Jerry Garcia. This one hit home.
    ...
    Nobody said “going viral” yet by the summer of 1995, but that’s exactly what Jerry Garcia’s death did, and it was pretty much the biggest anything had gone viral anywhere up to this point.
    ...
    The Grateful Dead’s influence on the evolving culture of the Internet has always been a godsend, and still is. When music-sharing became a way of life with the advent of Napster a few years later, and when online publishers began to give content away for free, many smart observers realized that the Grateful Dead (who had always allowed fans to freely create and share concert recordings) were the greatest success model in the world for a profitable long-term business cycle based on peer-to-peer sharing. The positive and peaceful philosophy the band had always stood for seemed to fit the Internet’s optimistic emerging culture as well.

    John Perry Barlow, Internet Pioneer, 1947-2018 | Electronic Frontier Foundation
    https://www.eff.org/deeplinks/2018/02/john-perry-barlow-internet-pioneer-1947-2018

    Barlow knew that new technology could create and empower evil as much as it could create and empower good. He made a conscious decision to focus on the latter: "I knew it’s also true that a good way to invent the future is to predict it. So I predicted Utopia, hoping to give Liberty a running start before the laws of Moore and Metcalfe delivered up what Ed Snowden now correctly calls ’turn-key totalitarianism.’”

    A Declaration of the Independence of Cyberspace | Electronic Frontier Foundation
    https://www.eff.org/cyberspace-independence

    by John Perry Barlow, Davos, Switzerland, February 8, 1996

    John Perry Barlow
    https://archive.org/search.php?query=John%20Perry%20Barlow

    The Grateful Dead
    https://archive.org/search.php?query=%22Grateful%20Dead%22

    Jerry Garcia Band
    https://archive.org/search.php?query=subject%3A%22Jerry+Garcia+Band%22

    #internet #musique

    • un manifeste d’une naïveté confondante, et qui ne veut strictement rien dire.

      Justement, tu en fais ce que tu veux ;-)

      You are not welcome among us. You have no sovereignty where we gather.

      Là par contre ce n’est pas dépourvu de sens ; en plus c’est du rock’n’roll, JPB sur son ranch en train de traire les vaches, et qu’il refuse que le gouvernement s’y mêle, c’est une belle image allégorique pour la liberté, non ?

      Autrement c’est vrai l’histoire avec le néoibéralisme, mais bof, pas la peine de tout prendre trop sérieusement. On sait que le vieux était un peu réac, mais son manifeste c’était un beau texte, un truc sentimental quoi.

      Oui, oui, je sais, la CIA payait des écrivains pour qu’ils arrêtent de dire des choses contre les #USA, etc. - mais tu ne critiques pas Bach parce qu’il était religieux, pas vrai ?

      L’ironie de l’histoire c’est qu’aujourd’hui les vaches sont télécommandées par internet ;-)

    • Le rôle joué par l’évangélisme internet dans la victoire du néo-libéralisme est toujours incompris par beaucoup de gens à gauche.

      Coup d’État contre Allende, Chicago Boys, 1973.
      Margaret Thatcher, première Ministre en 1979.
      Milton Friedman, prix Nobel d’économie en 1979.
      Ronald Reagan élu en 1981.
      Georges Stigler, prix Nobel d’économie en 1982.
      Tournant de la rigueur de Mitterrand en 1983
      etc.

      Quand commence l’« évangélisme internet » ?

      Plus sérieusement, comme je l’écrivais dans mon message sur le sujet :
      https://seenthis.net/messages/667401
      dans mon souvenir l’« évangélisme internet » en France était critique de l’espace libertarien américain (même si, à l’époque, ce n’était pas un courant très connu en France). Pour notre petite chapelle, c’est peut-être aussi pour ça qu’on a voulu faire notre propre Manifeste, et pas s’aligner sur une traduction de la Déclaration de Barlow.

      Et paradoxalement, j’ai toujours ressenti que ceux qui agitaient le chiffon route du « libéral libertaire » pour sauver « nos valeurs », l’utilisaient justement pour flinguer la possibilité d’un usage progressiste et social de la liberté d’expression, tout en renforçant l’usage purement mercantile du Net.

    • Qu’il repose en paix.

      Ses propes acolytes ne le laisseront pas reposer longtemps avant de le sortir de sa tombe pour en faire leur zombie pour les basses besognes idéologiques. A ce stade il ne restera pas grand chose du hippie et le « farmer » réactionnaire brandira so revolver pour éliminer tous les défenseur d’un réseau libre au service des peuples du monde.


  • Il serait difficile de nier l’influence de la Déclaration d’indépendance du Cyberespace, écrite par John Perry Barlow en février 1996 :
    http://editions-hache.com/essais/barlow/barlow2.html
    sur notre propre Manifeste du Web indépendant, publié en février 1997 :
    http://www.uzine.net/article60.html

    Mais on oublie aussi beaucoup la forte méfiance que suscitait le courant libéral-libertaire américain auprès des militants français, nettement plus libertaires. Et même, sérieusement, des libertariens en France, je n’ai pas souvenir qu’on en croisait beaucoup.

    Au contraire, l’épouvantail libéral-libertaire était régulièrement agité par les tenants de la « régulation » pour, prétendument, ne pas laisser notre beau pays sombrer dans le libre-marché-à-l’américaine. Évidemment, tous ces peigne-culs étaient, eux, d’authentiques néo-libéraux, et aucun d’entre eux n’a jamais réellement proposé de loi ou de « régulation » qui ne soit un cadeau au « marché » et aux entreprises de l’internet et de la culture. La liberté d’expression n’étant pour eux, déjà, qu’un hochet un peu encombrant qu’il fallait bien encore un tout petit peu agiter si l’on voulait espérer faire du fric avec.


  • (3) Que reste-t-il des utopies du Net ? - Libération
    http://www.liberation.fr/futurs/2016/02/09/que-reste-t-il-des-utopies-du-net_1431942

    Bel hommage par Amaelle Guiton

    Le 8 février 1996, John Perry Barlow est à Davos, en Suisse, à l’invitation du Forum économique mondial. Drôle d’oiseau que l’Américain, à la fois poète, essayiste, ranchero et parolier du Grateful Dead. Libertarien revendiqué, il penche, dans les faits, du côté des Républicains – en 1978, il a dirigé la campagne pour le Congrès de Dick Cheney dans le Wyoming –, dont il ne se distanciera qu’au début des années 2000, échaudé par George W. Bush. Surtout, il est une figure d’une des premières communautés en ligne, fondée en 1985 : The Well, qui sera la matrice du magazine Wired. Avec deux autres membres de The Well, l’informaticien John Gilmore et l’entrepreneur Mitch Kapor, il a créé, en 1990, l’Electronic Frontier Foundation, une association de défense des libertés civiles sur Internet.

    Mais sa « Déclaration d’indépendance du cyberespace », envoyée par e-mail à quelque 400 contacts, va se répandre dans la nuit telle une traînée de poudre. « Gouvernements du monde industriel, vous, géants fatigués de chair et d’acier, je viens du cyberespace, la nouvelle demeure de l’esprit, écrit l’Américain, lyrique à souhait. Au nom du futur, je vous demande à vous, du passé, de nous laisser tranquilles. Vous n’êtes pas les bienvenus parmi nous. Vous n’avez pas de souveraineté là où nous nous rassemblons. » En 2013, le microlabel Department of Records en enregistrera la lecture par son auteur :

    https://player.vimeo.com/video/111576518?title=0&byline=0&portrait=0

    De fait, la « Déclaration d’indépendance du cyberespace » va devenir un bréviaire des cyberutopies libertaires. A la relire aujourd’hui, alors qu’elle vient de fêter son vingtième anniversaire, elle semble terriblement datée. « On a l’impression d’avoir changé de monde, et d’Internet », résume Benoît Thieulin, le président sortant du Conseil national du numérique (CNNum). Sont passés par là, à mesure que croissait le nombre d’utilisateurs du réseau, les luttes des industries culturelles contre le piratage, les débats sur les limites à la liberté d’expression, entre régulation et censure, et l’extension de la surveillance de masse. Barlow lui-même n’a pas oublié les déclarations de Nicolas Sarkozy sur « l’Internet civilisé » au G8 de 2011, comme il le raconte à Wired.

    Passée par là, aussi, la domination des géants de la Silicon Valley avec son corollaire, l’hyperconcentration des données personnelles. Dans sa « Déclaration », Barlow ne s’attaquait qu’aux gouvernements, sans voir (ou sans vouloir voir) que d’autres forces étaient déjà à l’œuvre – trois ans plus tard, le juriste américain Larry Lessig, créateur des licences Creative Commons, le rappellerait utilement dans le lumineux Code et autres lois du cyberespace. Et loin de s’autonomiser, le « cyberespace » est tout au contraire devenu une dimension, à l’échelle planétaire, du monde sensible, où se renouent et se rejouent les rapports de forces et les conflits, y compris les plus violents.

    Surtout, la vision d’Internet comme espace d’autonomie individuelle et collective, d’émancipation et de réinvention sociale, portée entre autres par Barlow, n’a pas disparu. « La puissance d’Internet a toujours été de s’appuyer sur un imaginaire fort, souligne Benoît Thieulin. Cet imaginaire de transformation sociale est toujours là ». Pour lui, il y a surtout, aujourd’hui, une « invitation à repenser les promesses initiales des pères fondateurs » du réseau, à l’heure d’un Internet massifié où « les combats se sont déplacés ». L’avenir du « cyberespace » ne se joue certes plus dans une logique de sécession radicale qui, même à l’époque, semblait illusoire à bien des égards, mais dans le débat démocratique et dans la construction d’alternatives. De ce point de vue, les discussions autour de la neutralité du Net, de la reconnaissance des « biens communs numériques », de l’usage de la cryptographie ou de la protection des données personnelles portent toujours la marque des utopies premières. Même corrigées des variations saisonnières.

    #John_Perry_Barlow #Cyberespace #Histoire_numérique


  • Living Books About History
    https://livingbooksabouthistory.ch/fr/book/histories-of-the-internet-and-the-web

    Sélection d’articles historiques sur internet par Valérie Schafer et Alexandre Serres

    Il y a tout juste cinquante ans, en 1966, Charles Herzfeld débloquait à l’Advanced Research Projects Agency les financements qui permettront au département de l’IPTO (Information Processing Techniques Office) de lancer le projet Arpanet ; il y a vingt-cinq ans, en 1991, le Britannique Tim Berners-Lee annonçait en ligne, dans les Newsgroups, espaces de discussion de la communauté Usenet1, l’invention du Web ; il y a vingt ans, en 1996, Brewster Kahle créait Internet Archive, fondation qui se donnait alors pour mission d’archiver le Web mondial... Récente, l’histoire d’Internet est tournée vers un objet en mouvement permanent, ni clos, ni stabilisé2. Elle est également confrontée à la mémoire vivante de ses acteurs, au regard que porte son époque sur cette innovation, qui incarne pour beaucoup la « révolution numérique », et aux définitions plus ou moins larges de son périmètre.

    Afin de ne pas discriminer entre plusieurs acceptions et approches de l’Internet et de son histoire, cette anthologie rend compte d’une variété de tendances historiographiques et de travaux. Certains prennent étroitement pour cadre d’étude le réseau des réseaux et ses aspects protocolaires. D’autres proposent une analyse plus large des cultures numériques. Les acteurs techniques, mais aussi les visionnaires des premiers temps sont à l’honneur, notamment dans les sources rassemblées dans la première partie de ce Living Book. Mais, les suivantes font également place à des aspects économiques, sociaux et politiques, pour ne pas adopter une approche exclusivement technicienne et internaliste de cette histoire. En effet, les acteurs qui ont fait l’histoire d’Internet ne sont pas seulement ceux qui en ont conçu l’architecture technique et que célèbre l’Internet Hall of Fame de l’Internet Society, même si leur rôle a été décisif et fondateur (voir le texte de Leiner, Cerf et al.). Contribuent aussi à cette histoire ceux qui, par leur vision éclectique, décalée, politisée, engagée, en ont forgé les imaginaires et cultures, à l’instar de John Perry Barlow et de sa retentissante déclaration d’indépendance du Cyberespace en 1996. Des travaux, notamment ceux d’Eric von Hippel3, ont mis en valeur l’idée que les innovations et usages numériques sont le produit d’une co-construction et ne peuvent être appréhendés selon une vision purement descendante (top/down). Les utilisateurs sont également des acteurs à part entière de cette histoire. Ce sont ceux des premiers temps, puis les early adopters confrontés dans les années 1990 à l’arrivée des néophytes sur les réseaux qu’ils ont contribué à développer (voir le texte de Nicolas Auray)4. Ce sont enfin ceux qui découvrent la Toile, créant leurs pages personnelles (article d’Olivier Trédan), consultant les annuaires (texte de Tom Haigh) ou s’appropriant des cultures numériques spécifiques (article de Jason Eppink).

    #Histoire_numérique #Valérie_Schafer #Alexandre_Serres #Histoire_internet


  • « Avec Laurent Gayard, plongée dans les profondeurs du #Darknet »

    http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2018/01/26/31003-20180126ARTFIG00288-avec-laurent-gayard-plongee-dans-les-profondeurs-

    Comme vous vous en doutez, l’article est nul, sensationnaliste et de droite. Mais comme un lecteur de mon blog m’a demandé quelles étaient exactement les erreurs dans l’article, je me sers de SeenThis pour en dresser la liste. J’ai hésité car il faut bien plus de temps pour réfuter les conneries que pour en produire, les correcteurs seront donc toujours en retard sur les pipeauteurs mais, bon, c’est un exercice intellectuel qui peut être intéressant.

    « Cet Internet crypté où l’anonymat est garanti » Cela serait bien pratique, par exemple pour les dissidents, si une technique pouvait « garantir » l’anonymat. Hélas, ce n’est pas le cas. Il existe de nombreuses techniques d’investigation permettant de venir à bout des protections techniques (l’article est d’ailleurs contradictoire puisqu’il rappelle que le fondateur de Silk Road a bien été arrêté). Il suffit d’aller à des conférences comme CoRI&IN https://www.globalsecuritymag.fr/CoRI-IN-retour-sur-quelques-cas-d,20170206,68781.html pour s’en convaincre. Sans compter que les ignorants en sécurité confondent anonymat et pseudonymat (Bitcoin fournit le pseudonymat, pas l’anonymat.)

    « [Darknet] désigne tout réseau parallèle crypté » Utiliser le terme « crypté » montre une grave ignorance de la cryptographie. « Décrypté » existe mais pas « crypté », pour les raisons expliquées en http://www.bortzmeyer.org/cryptage-n-existe-pas.html

    « nécessitant un protocole très spécifique » Ce n’est même pas faux, c’est absurde. Tout réseau nécessite un protocole spécifique à ce réseau.

    « Le « deep web » ou « web profond » désigne tout simplement l’ensemble des pages ou des sites qui ne sont pas référencées par les moteurs de recherche traditionnels. » C’est également absurde, puisqu’on ne sait même pas de quel moteur de recherche on parle. Le Googlebot ou bien le « crawler » de Qwant. Si le Googlebot devient plus énérgique, et indexe davantage de pages, le Deep Web va se réduire ?

    « Le « darknet », c’est l’ensemble des réseaux cryptés qui existent sur Internet. » Donc, ma banque est dans le Dark Net (elle utilise HTTPS) et quand je me connecte en SSH à un ordinateur distant, je suis dans le Dark Net ? Cette définition sortie de l’imagination de l’auteur n’a clairement pas de sens, surtout si on la combine avec :

    « Cela ne représente que moins de 0,05 % du volume de données sur Internet » C’est probablement la majorité du trafic qui est chiffrée, surtout depuis les révélations Snowden, donc ce chiffre est clairement faux. Firefox voit aujourd’hui 70 % de pages chiffrées https://letsencrypt.org/stats/#percent-pageloads

    « La difficulté qu’on rencontre à intervenir sur ces réseaux cryptés pose des questions cruciales en termes de capacité juridique nationale et internationale et en termes de gouvernance mondiale. » Là, l’auteur abat ses cartes : le but de l’article est de justifier davantage de contrôle et de répression.

    « Facebook et Twitter ne sont pas des lieux de transparence absolue. En théorie, les deux réseaux sociaux imposent de créer des comptes sous son véritable patronyme. » Seul Facebook a une « Real Names policy ». Même sur des faits non techniques, l’auteur se trompe.

    « Cela rappelle beaucoup les premiers temps d’Internet, à la fin des années 90 et au début des années 2000 » Il y a plusieurs définitions possibles d’Internet, et qui donnent des dates différentes pour ses débuts. Néanmoins, aucune de ces dates n’est postérieure à 1985. L’auteur semble confondre l’existence de l’Internet, avec le fait que les journalistes et les ministres aient remarqué son existence.

    « Tails [...] Un équivalent de Windows » C’est un peu comme écrire « Le FN, un équivalent du PS » simplement parce que les deux sont des partis politiques…

    « Le Darknet a aussi une face sombre : c’est le lieu privilégié des cybercriminels » (cette phrase eest une question, pas une réponse de l’interviewé) Rien ne le prouve, bien au contraire. Non seulement tous les cyberdélinquants ne sont pas compétents en sécurité (et n’utilisent donc pas toutes les précautions possibles) mais ils ont besoin d’interagir avec leurs victimes, qui ne sont pas sur ce mythique darknet.

    « Les attaques d’avril et mai 2017 ont été les premières attaques pirates globales » C’est sans doute une référence à Wannacry. L’appeler « attaque » est exagéré, Wannacry ne ciblait pas ses victimes, il se répandait partout où il pouvait. Et ce n’est pas le premier ver à propagation mondiale, le premier était Morris… vingt-neuf ans avant (date où, si on en croit l’auteur, l’Internet n’existait même pas).

    « elles ont utilisé des logiciels vendus sur des forums du darknet » Wannacry utilisait surtout une arme numérique développée par la NSA (et qui a fuité par la suite), ce que l’auteur, tout occupé à justifier davantage de pouvoir pour les États, oublie soigneusement de dire.

    « La citation est de John Gilmore » Non, de John Perry Barlow. L’auteur ne connait pas mieux le rock que la cybersécurité.


  • 10月12日のツイート
    http://twilog.org/ChikuwaQ/date-161012

    Top story: Brexit ’will stunt national living wage growth by 10p an hour’ | UK … www.theguardian.com/uk-news/2016/o…, see more tweetedtimes.com/ChikuwaQ?s=tnp posted at 13:48:36

    RT @BlueNoteTokyo: 現代ジャズ界を牽引するジョシュア・レッドマンとブラッド・メルドーによるデュオ・ライヴがいよいよ本日よりスタート。日本では初となる貴重なステージを、どうぞお見逃し無く!→goo.gl/0FrweL @Joshua_Redman @bradmehldau pic.twitter.com/RHWsudDWU5 posted at 12:14:54

    My Tweeted Times tweetedtimes.com/ChikuwaQ?s=rgp - top stories by @cap, @_ixnay, @pomeranian99 posted at 12:00:10

    Top story: Nate Silver on Twitter: "And here’s if just dudes voted. https://t.c… twitter.com/natesilver538/…, see more tweetedtimes.com/ChikuwaQ?s=tnp posted at 11:13:33

    Top story: To do in Mill Valley: a concert to help pay for John Perry Barlow’s … boingboing.net/2016/10/11/to-…, see more tweetedtimes.com/ChikuwaQ?s=tnp posted at 09:39:47

    The latest Papier! paper.li/ChikuwaQ/13277… (...)


  • Il y a 20 ans, John Barlow publiait sa déclaration d’indépendance du cyberespace
    http://www.nextinpact.com/news/98441-il-y-a-20-ans-john-barlow-publiait-sa-declaration-dindependance-cy

    Il y a 20 ans, John Perry Barlow, un homme « venu du cyberespace », publiait sa déclaration d’indépendance du cyberespace. Il réfutait en somme que les gouvernements puissent régir Internet. Qu’en est-il vingt ans plus tard ?

    #Déclaration_d'indépendance_du_cyberespace #Internet #John_Perry_Barlow #Politique


  • John Perry Barlow y est allé voir, histoire de rédiger la Déclaration d’indépendance de l’au-délà, mais il n’a pas aimé l’endroit alors il est revenu.
    https://twitter.com/jpbarlow/status/604230275447435264

    I was dead for about 8 minutes on Wed eve. Total cardiac arrest. Hard to relax & sleep now. And sad to report no Ascending Light.

    Pour les ceusses qui ne connaissent pas :
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Déclaration_d'indépendance_du_cyberespace


  • Le lobby de l’industrie culturelle, réuni au Forum d’Avignon, propose une « Déclaration des droits de l’homme numérique » :

    http://www.ddhn.org

    Concrètement, elle propose de généraliser le droit soi-disant-d-auteur en supprimant les exceptions actuelles.

    Si on veut un essai d’une déclaration des droits de l’humain en ligne, on peut plutôt regarder :

    http://www.scribd.com/doc/99451710/Declaration-des-Droits-de-l-Internaute

    #Internet #droits_de_l_homme #DDHN


  • Pouvoir et #internet - Schneier
    https://www.schneier.com/blog/archives/2013/01/power_and_the_i.html

    Le spécialiste de la sécurité informatique vient de livrer un texte très pertinent sur comment l’internet transforme les rapports de pouvoir. Il y explique que la technologie amplifie la puissance non seulement des internautes mais aussi - et de plus en plus - des pouvoirs en place. Les intérêts des puissants en reprennent les rennes, et la réalité s’avère bien plus compliquée que ne le chantait les louanges de la déclaration d’indépendance du cyberspace de John Perry Barlow. Nous avons cru que la (...)


  • Déclaration d’indépendance du Cyberespace | John Perry Barlow (La Revue des Ressources)
    http://www.larevuedesressources.org/declaration-d-independance-du-cyberespace,2297.html

    Gouvernements du monde industriel, vous géants fatigués de chair et d’acier, je viens du Cyberespace, le nouveau domicile de l’esprit. Au nom du futur, je vous demande à vous du passé de nous laisser tranquilles. Vous n’êtes pas les bienvenus parmi nous. Vous n’avez pas de souveraineté où nous nous rassemblons. Nous n’avons pas de gouvernement élu, et il est improbable que nous en ayons un jour, aussi je ne m’adresse à vous avec aucune autre autorité que celle avec laquelle la liberté s’exprime. Je déclare l’espace social global que nous construisons naturellement indépendant des tyrannies que vous cherchez à nous imposer. (...) Source : La Revue des Ressources


  • Le droit d’auteur, point de crispation de l’e-G8
    http://www.lemonde.fr/technologies/article/2011/05/25/le-droit-d-auteur-point-de-crispation-de-l-e-g8_1526910_651865.html#ens_id=1

    « Je suis très étonné de ce que j’entends. J’ai l’impression que je ne vis pas sur la même planète que les autres participants au débat. » La remarque de John Perry Barlow, co-fondateur de l’Electronic Frontier Foundation (EFF), une ONG qui vise à défendre la liberté d’expression sur Internet, est accueillie par des rires et des applaudissements dans la salle. Mais si l’ambiance est bon enfant lors du débat sur la propriété intellectuelle à l’e-G8, qui se tient à Paris mardi 24 et mercredi 25 mai, les différences de points de vue sont profondes. « Ce débat s’est pacifié sur un plan : tout le monde reconnaît le principe de la protection du droit d’auteur. Les tentatives pour dire que ce n’était pas une question se sont affaiblies. Mais l’apaisement n’est pas là dans la recherche des solutions », assure pourtant le ministre de la culture français, Frédéric Mitterrand.

    #Internet #G8 #Electronic_Frontier_Foundation #propriété_intellectuelle #droit_d'auteur



  • Les dix textes fondamentaux des penseurs de l’Internet | mirandole
    http://www.unpoint.com/blog/2009/11/les-dix-textes-fondamentaux-des-penseurs-de-l%e2%80%99internet

    Vannevar Bush, As We May Think (quelques extraits en VF), 1945, The Atlantic Monthly, L’optimisme technologique de Vannevar Bush

    J.C.R Licklider and Robert W. Taylor, The Computer as a Communication Device, 1968, Science And Technology, Licklider : « Et si on faisait un réseau intergalactique ? »

    Vinton G. Cerf and Robert E. Kahn, A Protocol for Packet Network Intercommunication, 1974, IEEE, Vinton Cerf, se parler en gardant ses différences

    Tim Berners-Lee and Robert Cailliau and Jean-Francois Groff and Bernd Pollermann, World-Wide Web : The Information Universe, 1992, CERN, Tim Berners-Lee, le sens du lien

    Peter Lamborn Wilson dit Hakim Bey, Temporary Autonomous Zone (VF), 1985, 1991, Autonomedia Anti-copyright, Hakim Bey, dépasser la machine

    Eric S. Raymond, The Cathedral and the Bazar (Bonne VF), 1997, First Monday, Eric S. Raymond : partagez les données et le code suivra

    Lawrence Lessig, Code V2, 1999, 2006, Basic Books, Lawrence Lessig : les creatives commons sont les choses les mieux partagées

    John Perry Barlow, A Declaration of the Independence of Cyberspace (Bonne VF), 1996, John Perry Barlow, une maison pour l’esprit

    Chris Anderson, The End of Theory : The Data Deluge Makes the Scientific Method Obsolete, 2008, Wired, Chris Anderson : « demandons-nous ce que la science peut apprendre de Google »

    William Gibson, Neuromancer, 1984, Ace Books, William Gibson, vivre dans le cyberespace

    #pdlt #internet #histoire