person:julian assange

  • Juan Branco, le radical chic qui veut la peau de la Macronie - L’Express
    https://www.lexpress.fr/actualite/politique/juan-branco-le-radical-chic-qui-veut-la-peau-de-la-macronie_2061348.html


    Comme j’avais vu que certain⋅e⋅s ont des réserves ici sur le personnage, j’ai parcouru cette bio qui est effectivement… déroutante.

    Avant de rencontrer le phénomène Branco, on s’était penché sur ses hauts faits d’armes : il aurait été vu participant à une course de chevaux dans le désert à l’invitation du cheikh d’Abou Dhabi ; passant la main dans le dos d’un Julian Assange reclus à l’ambassade d’Equateur à Londres ; jouant les photographes pour un tabloïd de New Delhi ; enfilant un gilet pare-balles pour se perdre dans la brousse centrafricaine en pleine crise humanitaire. Tout ça avant l’âge de 30 ans.


  • Éditions des Équateurs / Recherche / Documents / Underground
    https://editionsdesequateurs.fr/Recherche/Documents/Underground

    Quand Julian Assange rencontre Suelette Dreyfus, il a 22 ans et déjà plusieurs vies derrière lui. Il a commis ses principaux actes de hacking, a été poursuivi par le FBI, jugé par une Cour australienne. Il a été marié, est devenu père, a divorcé. Tout est déjà là, génie et fêlures, fragilité ontologique et désir de toute puissance. Suelette Dreyfus écoute son histoire. Journaliste, elle flaire le scoop. Ensemble ils enquêtent pendant trois ans pour raconter le génie, les exploits et l’effondrement des pionniers du hacking, en Australie au tournant des années quatre-vingt-dix.

    #livre, un de plus, (paru le 24 février 2011), que je n’ai pas encore lu...


  • The Twitter Smearing of Corbyn and Assange
    https://consortiumnews.com/2019/01/14/the-twitter-smearing-of-corbyn-and-assange

    Analysis of 11 of these individuals has been undertaken to assess to what extent their tweets have linked Corbyn unfairly (for a definition see below) to Russia. The results show two things:

    – first, the smearing of Corbyn about Russia is more extensive than has been revealed so far;

    – second, many of the same individuals have also been attacking a second target – Julian Assange, trying to also falsely link him to the Kremlin.

    Many of these 11 individuals are associated with The Times and The Guardian in the U.K. and the Atlantic Council in the U.S. The research does not show, however, that these tweets are associated with the Integrity Initiative (see further below).


  • Legal aid fund launched for #WikiLeaks founder #Assange
    https://news.yahoo.com/legal-aid-fund-launched-wikileaks-founder-assange-174059866.html

    London (AFP) - A British charity helping #whistleblowers around the world on Thursday launched a legal aid fund for WikiLeaks founder Julian Assange, warning his expulsion from Ecuador’s embassy in London “may be imminent”.

    The Courage Foundation said Assange’s position in the embassy, where he has been living since seeking refuge there in 2012, was “under increasingly serious threat”.


  • Parlons de Julian Assange
    https://la-bas.org/5398

    Le vendredi 16 novembre 2018, un document judiciaire daté du mois d’août, jusque-là tenu secret, a été révélé par des procureurs américains, par erreur semble-t-il. Ce document signifie l’inculpation de Julian Assange aux États-Unis, pour espionnage. Le fondateur de WikiLeaks était déjà une cible désignée pour avoir publié des dizaines de milliers de documents diplomatiques et militaires américains, sur les guerres en Irak et en Afghanistan. WikiLeaks est une organisation créée en 2006, utilisant des sites Internet extrêmement protégés où des lanceurs d’alertes peuvent déposer, en toute sécurité, des documents confidentiels. C’est ce qui s’est passé pendant des années, WikiLeaks révélant de nombreux scandales sur les agissements de puissances de guerres au nom de la démocratie. En avril 2010, Julian Assange y a (...)

    #Articles #USA #Surveillance


  • En refusant de défendre Julian Assange, les médias révèlent leur véritable nature * Caitlin JOHNSTONE - 1 er Janvier 2019 - Le Grand Soir _
    https://www.legrandsoir.info/en-refusant-de-defendre-julian-assange-les-medias-revelent-leur-verita

    Mardi dernier [juillet 2018 - NdT], un grand avocat du New York Times, David McCraw, a averti une salle pleine de juges https://www.courthousenews.com/judges-hear-warning-on-prosecution-of-wikileaks que la poursuite de Julian Assange pour les publications de WikiLeaks créerait un précédent très dangereux qui finirait par nuire aux principaux médias d’information comme NYT, le Washington Post et les autres médias qui publient des documents gouvernementaux secrets.

    « Je pense que la poursuite contre lui constituerait un très, très mauvais précédent pour les éditeurs », a déclaré M. McCraw. « Dans cette affaire, d’après ce que je sais, il se trouve dans la position d’un éditeur classique et je pense que la loi aurait beaucoup de mal à faire la distinction entre le New York Times et WikiLeaks. »

    Vous savez où j’ai lu ça ? Pas dans le New York Times.

    « Curieusement, au moment d’écrire ces lignes, les mots de McCraw n’ont trouvé aucun écho dans le Times lui-même », a écrit l’activiste Ray McGovern pour le média alternatif Consortium News. « Ces dernières années, le journal a montré une tendance marquée à éviter d’imprimer quoi que ce soit qui pourrait risquer de lui couter sa place de favori au premier rang du gouvernement. »

    Alors examinons un peu tout ça. Il est maintenant de notoriété publique que le gouvernement équatorien cherche activement à livrer Assange pour être arrêté par le gouvernement britannique. C’est ce qu’a d’abord rapporté RT, puis confirmé de façon indépendante parThe Intercept, et c’est aujourd’hui à la connaissance du grand public et rapporté par des médias grand public comme CNN. Il est également de notoriété publique que l’asile d’Assange fut accordé par le gouvernement équatorien en raison de la crainte d’une extradition vers les États-Unis et de poursuites pour des publications de WikiLeaks. Tout le monde, du président Donald Trump au ministre de la justice Jeff Sessions en passant par le secrétaire d’État Mike Pompeo, en passant par Adam Schiff, membre de la commission du renseignement de la Chambre des Représentants, et jusqu’aux membres démocrates du Sénat US, a fait des déclarations publiques indiquant clairement que le gouvernement américain veut faire sortir Assange du refuge de son asile politique et l’emprisonner.

    Le New York Times en est conscient et, comme en témoignent les commentaires de McCraw, il est également conscient du dangereux précédent qu’une telle poursuite créerait pour tous les médias. La rédaction du New York Times est consciente que le gouvernement américain, en poursuivant un éditeur pour avoir publié des documents importants qui avaient été cachés au public, rendrait impossible pour le Times de publier le même type de documents sans craindre les mêmes répercussions juridiques. Elle est consciente que les manœuvres à l’encontre d’Assange constituent une menace existentielle bien réelle pour la possibilité d’un véritable journalisme et de faire rendre des comptes au pouvoir.

    On pourrait donc s’attendre à une avalanche d’analyses et d’articles d’opinion du New York Times condamnant énergiquement toute action contre Julian Assange. On pourrait s’attendre à ce que tous les médias aux Etats-Unis sonnent l’alarme ; d’autant plus que la menace vient de l’administration Trump, sur qui des médias comme le New York Times font volontiers circuler des mises en garde alarmantes. On pourrait s’attendre à ce que tous les commentateurs de CNN et NBC désignent Assange comme le cas le plus clair et le plus flagrant de la tristement célèbre « guerre contre la presse libre » de Trump. Si l’on laisse de côté les questions de moralité, de compassion et de droits de la personne autour de l’affaire Assange, on pourrait penser que, ne serait-ce que pour une simple raison d’intérêt personnel, ils le défendraient haut et fort.

    Et pourtant, ce n’est pas le cas. Et le fait qu’ils ne le font pas révèle leur véritable nature.

    Théoriquement, le journalisme a pour but d’aider à informer la population et à demander des comptes aux autorités. C’est pourquoi c’est la seule profession explicitement nommée dans la Constitution des États-Unis, et c’est pourquoi la liberté de la presse a bénéficié de telles protections constitutionnelles tout au long de l’histoire des États-Unis. Aujourd’hui, la presse ne protège pas Julian Assange parce qu’elle n’a pas l’intention d’informer le public ni de demander des comptes à la puissance publique.

    Il ne s’agit pas de suggérer l’existence d’une grande conspiration secrète parmi les journalistes américains. C’est un simple fait que les ploutocrates possèdent la plupart des médias d’information et embauchent les gens qui les dirigent, ce qui naturellement créé un environnement où la meilleure façon de faire avancer sa carrière est de rester perpétuellement inoffensif envers l’establishment sur lequel les ploutocrates ont bâti leurs empires respectifs. C’est pourquoi vous voyez des journalistes ambitieux sur Twitter se démener pour être les premiers à balancer une phrase concise favorable au programme de l’élite chaque fois que l’actualité leur en fournit l’occasion ; ils sont conscients que leur présence dans les médias sociaux est évaluée par les employeurs potentiels et leurs alliés pour mesurer leur degré de loyauté. C’est aussi la raison pour laquelle tant de ceux qui aspirent à devenir journalistes attaquent Assange et WikiLeaks chaque fois que c’est possible.

    « Tous ceux qui souhaitent entrer dans l’élite culturelle doivent maintenant soigner leurs médias sociaux afin d’éviter les controverses », a récemment déclaré le journaliste Michael Tracey. « Ils finiront par intérioriser l’évitement de la controverse comme une vertu, et non comme une imposition de la société. Le résultat, c’est une culture d’élite conformiste et ennuyeuse. »

    Un excellent moyen pour un journaliste en herbe d’éviter la controverse est de ne jamais, jamais défendre Assange ou WikiLeaks sur les médias sociaux ou dans n’importe quel média, et en aucun cas de laisser penser qu’il pourrait un jour publier des documents du même tonneau que ceux de WikiLeaks. Une excellente façon de faire ses preuves dans le métier est de rejoindre tous ceux qui rédigent de très nombreux articles de diffamation sur Assange et WikiLeaks.

    Les médias grand public et ceux qui s’y épanouissent n’ont pas l’intention de secouer le cocotier et de perdre les privilèges et les relations qu’ils ont durement acquis. Les médias conservateurs continueront à défendre le président américain et les médias libéraux continueront à défendre la CIA et le FBI. Les deux contribueront à faire progresser la guerre, l’écocide, l’expansionnisme militaire, la surveillance et la militarisation de la police, et aucun ne divulguera quoi que ce soit qui puisse nuire aux structures de pouvoir qu’ils ont appris à servir. Ils resteront en toutes circonstances les défenseurs inoffensifs et incontestés des riches et des puissants.

    Pendant ce temps, les médias alternatifs défendent férocement Assange [pas tous, pas tous - NdT]. Aujourd’hui même, j’ai vu des articles de Consortium News, World Socialist Website, Disobedient Media, Antiwar et Common Dreams dénoncer la persécution du plus important militant de la transparence gouvernementale vivant aujourd’hui. Les médias alternatifs et les auteurs indépendants ne sont pas liés par une servitude envers l’ establishment, l’importance de WikiLeaks est donc claire comme l’eau de roche. On n’est jamais autant aveuglé par les comportements pernicieux du pouvoir que lorsque c’est le pouvoir signe votre chèque de paie.

    Les médias de masse aux Etats-Unis et dans le monde entier se sont totalement discrédités en ne défendant pas un éditeur qui a le pouvoir de faire rendre des comptes et de faire la lumière sur la vérité, pour informer le public. Chaque jour qui passe où ils ne condamnent pas sans équivoque toute tentative de poursuivre Assange est une preuve de plus, parmi tant, que les médias commerciaux sont au service du pouvoir et non de la vérité. Leur silence est un aveu tacite qu’ils ne sont rien d’autre que des sténographes et des propagandistes des forces les plus puissantes de la terre.

    Caitlin Johnstone
    Traduction « j’allais le dire de façon moins élégante » par VD pour le Grand Soir avec probablement toutes les fautes et coquilles habituelles

     #assange #julian_assange #internet #nsa #censure #activisme #etats-unis #médias #new-york-times #cia #fbi #écocide #WikiLeaks #journalistes


  • U.N. tells UK - Allow #Assange to leave Ecuador embassy freely | Reuters
    https://uk.reuters.com/article/uk-britain-assange-un-idUKKCN1OK1U1

    Les experts de l’#ONU exhortent le #Royaume-Uni à honorer ses obligations en matière de droits et à laisser M. Julian Assange quitter librement l’ambassade d’Équateur à Londres
    https://www.legrandsoir.info/les-experts-de-l-onu-exhortent-le-royaume-uni-a-honorer-ses-obligation

    GENÈVE (21 décembre 2018) - Les experts des #droits de l’homme de l’ONU ont réitéré aujourd’hui leur demande que le Royaume-Uni respecte ses obligations internationales et permette immédiatement au fondateur de #Wikileaks, Julian Assange, de quitter l’ambassade d’#Equateur à Londres où il est depuis plus de 6 ans, craignant une arrestation par les autorités britanniques et une #extradition aux #Etats-Unis.

    « Les États qui sont fondés sur la primauté du droit et qui en font la promotion n’aiment pas être confrontés à leurs propres #violations du droit, ce qui est compréhensible. Mais lorsqu’ils admettent honnêtement ces violations, ils honorent l’esprit même de la primauté du droit, gagnent un plus grand respect à cet égard et donnent des exemples louables dans le monde entier », a déclaré le Groupe de travail sur la détention #arbitraire (GTDA) des Nations Unies.


  • affordance.info : Après avoir Liké, les gilets jaunes vont-ils voter ?
    https://www.affordance.info/mon_weblog/2018/12/les-gilets-jaunes-vont-ils-voter.html
    https://www.affordance.info/.a/6a00d8341c622e53ef022ad3a51481200d-600wi

    par Olivier Ertzscheid

    Chacun d’entre nous est en relation avec ce que l’on appelle des liens « forts » et des liens « faibles ». Les liens « forts » ce sont nos « vrais » amis / famille, les gens avec qui l’on interagit le plus souvent. Et les liens « faibles » sont « les amis de nos amis », c’est à dire les cercles relationnels plus distants, mais dont la force et la capacité de prescription est également très efficace en cela qu’ils permettent d’avoir accès à d’autres cercles, d’autres réseaux. C’est la théorie de la force des liens faibles développée par Mark Granovetter en 1971 et dont Facebook est l’incarnation absolument parfaite.

    Facebook dispose du graphe complet des liens forts et des liens faibles de chacun des 2,2 milliards de nos profils. C’est déjà fascinant (et angoissant) mais ce n’est que la partie émergée de l’iceberg.

    A un autre niveau du graphe on trouve les différentes « interactions » dont le célèbre « Like ». Et là encore, pour chacun d’entre nous, et au prisme de chacun de nos liens faibles ou forts, Facebook dispose de l’ensemble des « Like » que nous avons déposés et qui renseignent là encore assez admirablement sur nos opinions politiques, religieuses, sur notre situation sociale, sur nos intentions d’achats, sur nos goûts et nos dégoûts culturels, etc. Là encore les chiffres sont dantesques : 4,5 milliards de Likes distribués chaque jour, presque 5 milliards de contenus partagés chaque jour et plus de 10 milliards de message chaque jour. Bref « une version post-moderne de la Stasi » comme disait Julian Assange.

    Et puis au milieu de tous ces graphes déjà tous reliés entre eux, il existe aussi, dans la structure du réseau lui-même, des points qui jouent le rôle « d’attracteurs ». Ces points peuvent être des profils individuels, par exemple les gens qui ont statistiquement beaucoup plus de liens forts ou de liens faibles que les autres, et qui sont donc, pour le dire très vite, plus « influents » ou qui sont des « aiguilleurs de viralité » beaucoup plus efficaces ; et puis il y a, donc, les pages et les groupes. Dont le Compteur officiel de gilets jaunes (« Combien sommes-nous de gilets jaunes ? »).

    Le deuxième truc important c’est qu’il s’agisse d’un groupe (il faut s’y inscrire) et non d’une page (à laquelle on peut s’abonner ou que l’on peut "liker"). Un groupe, on y "entre". Et une fois qu’on y est entré, l’algorithme de Facebook va faire le reste. Et comme le rappelait l’excellent Vincent Glad :

    "Le mouvement a été sans conteste aidé par le nouvel algorithme Facebook qui survalorise les contenus de groupes au détriment des contenus postés par des pages (et donc par les médias). Après quelques likes sur un groupe, on se retrouve submergé du contenu de ce groupe dans son fil d’actualités. Le nouvel algo a précipité les gilets jaunes dans une « bulle de filtre » où ils ne voient presque plus que du contenu jaune."

    Pour Facebook il est donc très facile de très précisément savoir, à l’échelle de chaque profil individuel, qui a liké, commenté, approuvé ou désapprouvé tout ou partie des revendications, et de le faire revendication par revendication, profil par profil, avec un niveau de granularité très fin. Non seulement c’est très facile mais en plus c’est la base de son modèle économique, de son architecture technique, et de ses récents et récurrents ennuis ...

    Ces informations, Facebook est en capacité de les « vendre », à tel ou tel parti politique dans le cadre de n’importe quelle élection. Pour être précis - c’est important - il ne « vendra » pas « le nom de Untel qui a liké telle proposition » mais il permettra à tel annonceur agissant pour tel parti politique ou tel lobby, d’afficher la bonne publicité ou le bon argument au bon moment sur le bon profil pour le convaincre que son candidat soutient cette idée. Bref très exactement ce qui s’est produit dans le cadre du scandale Cambridge Analytica (avec toute les histoires de « dark posts » et autres « shadow profiles ») et qui, sachons-le, va continuer de se produire puisque la seule décision de la plateforme après ledit scandale fut de promettre davantage de transparence.

    #OhWait.

    On a donc, une nouvelle fois un assez gros problème qui se profile à l’horizon pour autant que l’on soit attaché à une version républicaine de la démocratie. Parce que quelle que soit l’issue du mouvement des Gilets Jaunes et indépendamment de sa temporalité propre, il est absolument évident que les prochaines élections en France vont se jouer sur la cinquantaine de thèmes qui sont présentés ici. En commençant par ceux liés au pouvoir d’achat.

    Quelle que soit l’issue du mouvement, la base de donnée « opinion » qui restera aux mains de Facebook est une bombe démocratique à retardement ... Et nous n’avons à ce jour absolument aucune garantie qu’elle ne soit pas vendue à la découpe au(x) plus offrant(s).

    Il n’est pas impossible que cette émancipation leur soit également volée parce qu’une nouvelle fois, il faut le dire, le répéter et le comprendre, Facebook facilite autant les révolutions sociales qu’il en compromet la victoire. Et qu’une plateforme commerciale privée se substituant à un espace de débat public a d’abord vocation à instrumentaliser toute forme d’expression singulière ou groupale au service de ses seuls intérêts économiques.

    Ajoutez à cela le fait que voilà des décennies que l’action politique a privé et amputé les classes populaires et intermédiaires d’un peu de leur pouvoir d’achat et de beaucoup de leur dignité. Considérez également toutes ces années où la parole et la voix de ces mêmes classes populaires et intermédiaires, pour autant qu’on leur ait permis de l’exprimer, a été niée dans son expression même, notamment au moment du référendum européen de 2005. Et puis tant que vous y serez, n’oubliez pas d’ajouter aussi toutes ces années à refuser la proportionnelle et à déconnecter toujours davantage la votation de la représentation pour s’étonner ensuite de la montée des abstentions.

    Ce que les Gilets Jaunes sont en train de tenter de rebâtir dans une errance politique qui n’est mesurable qu’à l’aune de leur désespérance idéologique c’est, simplement, fondamentalement et essentiellement, un espace réel de revendications. Rien d’autre. Autour de ronds-points qui sont leurs assemblées. Un espace réel de revendications toutes légitimes. Oui. Toutes légitimes car toutes relevant d’un sentiment d’urgence. Et cette urgence est moins celle des fins de mois difficiles que celle d’une dignité à reconstruire.

    Que la rationalité politique classique et les alcôves classiques du compromis (la fameuse « table des négociations ») paraissent tout à fait inatteignables n’est une surprise que pour ceux qui ont laissé ce fiasco s’organiser tant qu’il leur permettait de préserver leurs intérêts. Chaque plateau télé, chaque débat radiophonique confrontant les moins radicaux des Gilets Jaunes aux plus modérés des représentants politiques l’affirme avec l’évidence d’une formidable claque dans la gueule.

    #Facebook #Gilets_jaunes #Démocratie


  • Président équatorien : « les conditions sont réunies » pour qu’Assange quitte l’ambassade - Sputnik France

    https://fr.sputniknews.com/international/201812061039202814-assange-conditions-depart-ambassade-londres

    Julian Assange craint, en cas d’arrestation, d’être extradé vers les États-Unis, où il est poursuivi pour la divulgation de nombreux secrets militaires et documents diplomatiques américains.

    Comme l’a annoncé début décembre The New York Times, lors de sa visite à Quito à la mi-mai 2017, Paul Manafort avait, avec le Président équatorien, posé les bases d’un accord dans le cadre duquel Washington pourrait octroyer certaines concessions financières à l’Équateur, en échange de l’extradition de #Julian_Assange aux États-Unis.

    #wikileaks


  • La détention et l’isolement du monde de Julian Assange (La Republica) – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2018/11/30/la-detention-et-lisolement-du-monde-de-julian-assange-la-rep

    Ils le détruisent lentement. Ils le font par le biais d’une détention illimitée qui dure depuis huit ans et qui n’a pas de fin en vue. Julian Assange est devenu l’une des icônes les plus connues de la liberté de la presse et de la lutte contre le secret d’Etat. Récemment, sa détention à l’ambassade de l’Equateur à Londres s’est accompagnée d’isolement, de règles strictes et de diverses formes de pression qui ne semblent avoir d’autre but que de le briser. Une pression destinée à détruire sa capacité physique et mentale à résister jusqu’à ce qu’il s’effondre ou qu’il sorte de l’ambassade équatorienne, déclenchant ainsi le début de sa propre fin. Parce que s’il sort, il sera arrêté par les autorités britanniques et, à ce moment-là, les États-Unis pourraient demander son extradition afin qu’ils puissent le mettre en prison pour avoir publié des documents américains classifiés. Julian Assange est dans des conditions extrêmement précaires.

    Après huit mois de tentatives infructueuses, la Repubblica a finalement pu rendre visite au fondateur de WikiLeaks à l’ambassade d’Equateur à Londres, après que l’actuel président équatorien, Lenin Moreno, l’ait coupé de tout contact en mars dernier à l’exception de ses avocats. Pas de contact avec des amis, des stars, des journalistes, pas d’appels téléphoniques, pas d’accès Internet. En effet, un régime d’isolement très lourd pour n’importe qui, mais pour Julian Assange en particulier, étant donné qu’il est confiné dans cette minuscule ambassade depuis six ans, et considérant aussi que pour Assange l’internet n’est pas une option comme les autres : c’est son monde. 

    Dès que nous l’avons vu, nous nous sommes rendus compte qu’il avait perdu beaucoup de poids. Trop. Il est très maigre. Même son pull d’hiver ne peut pas cacher ses épaules maigres. Son joli visage, capturé par des photographes du monde entier, est très tendu. Ses longs cheveux et sa barbe le font ressembler à un ermite, mais pas à un fou : en échangeant nos salutations, il semble très lucide et rationnel.

    Ce régime d’isolement complet aurait brisé n’importe qui, mais Assange tient le coup : il passe son temps à réfléchir et à préparer sa défense contre les poursuites américaines. Mais il passe trop de temps complètement seul, à l’exception des agents de sécurité de l’ambassade. Il est complètement seul tout au long du week-end. Il est seul pendant la nuit, dans le bâtiment de l’ambassade qui a été ceint d’un échafaudage qui facilite les intrusions en pleine nuit.

    L’ambassade équatorienne est également problématique pour les journalistes : pour être autorisé à visiter Julian Assange, les autorités équatoriennes nous ont demandé de fournir : « Marque, modèle, numéro de série, numéro IMEI et numéro de téléphone (s’il y a lieu) de chacun des appareils téléphoniques, ordinateurs, caméras et autres équipements électroniques que le demandeur souhaite présenter à l’ambassade et conserver pendant son entretien ». Une telle demande expose malheureusement les journalistes à de sérieux risques de surveillance de leurs communications. Mais pour pouvoir visiter Assange, nous avons fourni ces données en espérant pouvoir garder nos téléphones. En fin de compte, peine perdue : lorsque nous sommes entrés à l’ambassade, nos téléphones ont de toute façon été saisis.

    L’atmosphère amicale que régnait lors de nos visites au cours des six dernières années a maintenant disparu. Le diplomate équatorien qui avait toujours soutenu le fondateur de WikiLeaks, Fidel Narvaez, a été destitué. Même le chat n’est plus là. Avec sa drôle de cravate rayée et ses embuscades sur les ornements de l’arbre de Noël à l’entrée de l’ambassade, le chat avait aidé à désamorcer les tensions à l’intérieur du bâtiment pendant des années. Mais Assange a préféré épargner au chat un isolement devenu insupportable et lui permettre une vie plus saine.

    La nouvelle qui a fait surface la semaine dernière, révélant l’existence d’accusations criminelles portées contre Julian Assange par les autorités américaines, accusations qui devaient rester sous scellés jusqu’à ce qu’il soit impossible pour Assange de se soustraire à son arrestation, confirme ce qu’Assange craint depuis des années. Il attend maintenant que les charges soient rendues publiques, mais en attendant, il se tait : le risque qu’il perde soudainement la protection de l’Équateur en raison d’une déclaration publique n’est pas improbable ces jours-ci.
     
    Il y a deux ans, le Groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire (UNWGAD) a établi que le Royaume-Uni (à l’époque, la Suède aussi) était responsable de la détention arbitraire d’Assange : il doit le libérer et l’indemniser. Londres n’a pas apprécié cette décision : ils ont essayé de faire appel, mais ont perdu l’appel et l’ont tout simplement ignoré depuis lors.

    Les médias britanniques n’ont jamais demandé aux autorités de leur pays de se conformer à la décision de l’organe de l’ONU, bien au contraire : certains s’en sont même pris à l’organe de l’ONU. Si Julian Assange se retrouve entre les mains des autorités britanniques dans les mois à venir et que les États-Unis demandent son extradition, quelle sera la position des autorités britanniques ? Jamais auparavant la vie du fondateur de WikiLeaks n’a été aussi dépendante de l’opinion publique et de l’un des rares pouvoirs dont la mission est de contrôler les pires instincts de nos gouvernements : la presse.

    Stefania MAURIZI

    Traduction « un seul grand journal qui a toujours défendu et défend encore Assange et Wikileaks, ça ne fait vraiment pas beaucoup » par VD pour le Grand Soir avec probablement toutes les fautes et coquilles habituelles.. » »https://www.repubblica.it/esteri/2018/11/26/news/the_detention_and_iso…URL de cet article 34145 
    https://www.legrandsoir.info/la-detention-et-l-isolement-du-monde-de-julian-assange-la-republica.ht


  • Pour Julian Assange, par Serge Halimi (décembre 2018)
    https://www.monde-diplomatique.fr/2018/12/HALIMI/59366

    Fier comme Artaban, souriant, entouré d’une cinquantaine de photographes et de cadreurs, Jim Acosta a opéré, le 16 novembre dernier, son retour en fanfare à la Maison Blanche. Quelques jours plus tôt, il avait perdu son accréditation de correspondant de Cable News Network (CNN), mais la justice américaine a obligé le président Donald Trump à annuler la sanction. « C’était un test, et nous l’avons passé avec succès, a fanfaronné Acosta. Les journalistes doivent savoir que, dans ce pays, la liberté de la presse est sacrée, et qu’ils sont protégés par la Constitution [pour] enquêter sur ce que font nos gouvernants et nos dirigeants. » Fondu enchaîné, musique, happy end…

    Réfugié depuis six ans à l’ambassade d’Équateur à Londres, M. Julian Assange n’a sans doute pas pu suivre en direct sur CNN un dénouement aussi émouvant. Car son existence à lui ressemble à celle d’un prisonnier. Interdiction de sortir, sous peine d’être arrêté par les autorités britanniques, puis, sans doute, extradé vers les États-Unis ; communications réduites et brimades de toutes sortes depuis que, pour complaire à Washington, le président équatorien Lenín Moreno a résolu de durcir les conditions de séjour de son « hôte ».


  • Libérez Assange avant qu’il ne soit trop tard (pétition)
    https://www.legrandsoir.info/liberez-assange-avant-qu-il-ne-soit-trop-tard-petition.html

    (traduction) Julian Assange est un citoyen australien qui a été détenu « arbitrairement » pendant plus de 6,5 ans et qui plus récemment a subi à ce jour plus de 231 jours de torture sous la forme d’un isolement continu. Privé de soleil, de contact avec le monde extérieur et de soins de santé adéquats. Le 5 février 2016, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme a déterminé que la « détention arbitraire » de Julian Assange devait cesser et que M. Assange devait avoir droit à une indemnisation". (Source https://www.ohchr.org/EN/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=17012&LangID=F)

    Julian Assange n’a été inculpé d’aucun crime. Julian Assange est un journaliste qui n’a jamais publié de nouvelles incorrectes. Julian Assange est un journaliste international primé et respecté.

    Nous demandons respectueusement au Premier ministre et/ou au ministre des Affaires étrangères du gouvernement australien d’intervenir dans ce cas de détention arbitraire déclarée comme telle par l’ONU d’un citoyen australien et d’assurer la liberté de Julian Assange de sortir en toute sécurité de l’ambassade d’Équateur et de rentrer chez lui en Australie ou dans tout autre pays où Julian Assange souhaite se rendre. Nous demandons en outre respectueusement au Gouvernement australien, lorsqu’il peut exercer une influence auprès de pays amis, de veiller à ce qu’aucun ordre d’extradition ne soit appliqué à Julian Assange par un pays tiers et porter atteinte à sa liberté de circuler et son existence.

    SIGNER ICI : Free Julian Assange, before it’s too late https://www.change.org/p/free-julian-assange-before-it-s-too-late
    ou AUTRE EN FRANCAIS : N’abandonnons pas Julian Assange aux mains de ses bourreaux https://www.change.org/p/emmanuel-macron-n-abandonnons-pas-julian-assange-aux-mains-de-ses-bourreaux

    #Julian_Assange


  • Pour Julian Assange
    https://www.monde-diplomatique.fr/2018/12/HALIMI/59366

    Fier comme Artaban, souriant, entouré d’une cinquantaine de photographes et de cadreurs, Jim Acosta a opéré, le 16 novembre dernier, son retour en fanfare à la Maison Blanche. Quelques jours plus tôt, il avait perdu son accréditation de correspondant de Cable News Network (CNN), mais la justice américaine a obligé le président Donald Trump à annuler la sanction. « C’était un test, et nous l’avons passé avec succès, a fanfaronné Acosta. Les journalistes doivent savoir que, dans ce pays, la liberté de la presse est sacrée, et qu’ils sont protégés par la Constitution [pour] enquêter sur ce que font nos gouvernants et nos dirigeants. » Fondu enchaîné, musique, happy end…


    Réfugié depuis six ans à l’ambassade d’Équateur à Londres, M. Julian Assange n’a sans doute pas pu suivre en direct sur CNN un dénouement aussi émouvant. Car son existence à lui ressemble à celle d’un prisonnier. Interdiction de sortir, sous peine d’être arrêté par les autorités britanniques, puis, sans doute, extradé vers les États-Unis ; communications réduites et brimades de toutes sortes depuis que, pour complaire à Washington, le président équatorien Lenín Moreno a résolu de durcir les conditions de séjour de son « hôte » (lire « En Équateur, le néolibéralisme par surprise »).

    La détention de M. Assange ainsi que la menace de quelques dizaines d’années de prison dans un pénitencier américain (en 2010, M. Trump avait souhaité qu’il soit exécuté) doivent tout au site d’information qu’il a fondé. WikiLeaks est à l’origine des principales révélations qui ont indisposé les puissants de ce monde depuis une dizaine d’années : images des crimes de guerre américains en Afghanistan et en Irak, espionnage industriel des États-Unis, comptes secrets aux îles Caïmans. La dictature du président tunisien Zine El-Abidine Ben Ali fut ébranlée par la divulgation d’une communication secrète du département d’État américain qualifiant cette kleptocratie amie de Washington de « régime sclérosé » et de « quasi-mafia ». C’est également WikiLeaks qui révéla que deux dirigeants socialistes français, MM. François Hollande et Pierre Moscovici, s’étaient rendus, le 8 juin 2006, à l’ambassade des États-Unis à Paris pour y regretter la vigueur de l’opposition du président Jacques Chirac à l’invasion de l’Irak.

    Mais ce que la « gauche » pardonne moins que tout à M. Assange, c’est la publication par son site des courriels piratés de la campagne de Mme Hillary Clinton. Estimant que cette affaire a favorisé les desseins russes et l’élection de M. Trump, elle oublie que WikiLeaks a alors dévoilé les manœuvres de la candidate démocrate pour saboter la campagne de M. Bernie Sanders durant les primaires de leur parti. À l’époque, les médias du monde entier ne s’étaient pas privés de reprendre ces informations, comme ils l’avaient fait pour les précédentes, sans pour autant que leurs directeurs de publication soient assimilés à des espions étrangers et menacés de prison.

    L’acharnement des autorités américaines contre M. Assange est encouragé par la lâcheté des journalistes qui l’abandonnent à son sort, voire se délectent de son infortune. Ainsi, sur la chaîne MSNBC, l’animateur-vedette Christopher Matthews, ancien cacique du Parti démocrate, n’a pas hésité à suggérer que les services secrets américains devraient « agir à l’israélienne et enlever Assange »…

    Serge Halimi

    #Julian_Assange




  • Media Lens - The Filter Bubble - Owen Jones And Con Coughlin
    http://medialens.org/index.php/alerts/alert-archive/2018/886-the-filter-bubble.html

    It stands to reason that anyone seeking employment within this bubble will have to accept an unwritten agreement not to challenge the integrity of the bubble by which they are granted wealth and fame. Any ingrate deciding to renege is attacked, reviled and cast out; treated almost as sub-human, not entirely real. Politicians like George Galloway challenging the bubble can be beaten up in broad daylight and it is of no concern. Idealistic hippies like Russell Brand preaching love can be torn to shreds and silenced by the press pack – it doesn’t matter. Whistleblowing activists like Julian Assange can be trapped, threatened with life imprisonment and death, and it is a laughing matter. Whole countries can be destroyed – it doesn’t matter. The climate can be destroyed – it doesn’t matter. The filter bubble has its own dream logic, follows its own cosmic laws as if the real world was none of its concern.

    Quant aux noms invoqués dans le titre, ils font référence à la différence abyssale existant entre un fil twitter (franc et incisif) du journaliste du « Guardian » Owen Jones concernant la flagornerie sans vergogne dont fait preuve le journaliste du « Telegraph » Con Coughlin vis-à-vis de l’Arabie saoudite, et un article (aussi peu critique du flagorneur que possible) du même Jones dans le Guardian :

    Why are defence editors, defence correspondents, diplomatic editors and the like so often biased in favour of the Western defence and diplomatic establishment they are covering? And why are they allowed to demonstrate this bias without anyone so much as commenting?

    The filter bubble ensures that these questions can never be asked, much less answered.

    #filtre #bulle #MSM

    • Iraq was destroyed in a nakedly illegal oil grab, more than one million human beings were killed, and the ’mainstream’ continued to treat the criminals responsible as respectable statespeople, and to take seriously their subsequent calls for ’humanitarian intervention’ in oil-rich Libya. With Libya reduced to ruins, the same journalists dreamed on, treating the same criminals with the same respect as they sought yet one more regime change in Syria.



  • La crucifixion de Julian Assange – Ce qui arrive à Assange devrait terrifier la presse (Truth Dig) – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2018/11/14/la-crucifixion-de-julian-assange-ce-qui-arrive-a-assange-dev

    Le silence sur le traitement d’Assange n’est pas seulement une trahison à son égard, mais une trahison de la liberté de la presse elle-même. Nous paierons cher cette complicité.

    L’asile de Julian Assange à l’ambassade d’Equateur à Londres s’est transformé en une petite boutique des horreurs. Au cours des sept derniers mois, il a été largement coupé de toute communication avec le monde extérieur. Sa nationalité équatorienne, qui lui a été accordée en tant que demandeur d’asile, est en cours de révocation. Sa santé s’est détériorée. On lui refuse l’accès à soins médicaux appropriés [ie à l’extérieur de l’ambassade – NdT]. Ses efforts pour obtenir réparation ont été paralysés par les « règles du bâillon » [« gag rules » – Une règle de bâillon est une règle qui limite ou interdit la discussion, la considération ou la discussion d’un sujet particulier par les membres d’un organe législatif ou exécutif. – NdT], y compris les ordres équatoriens lui interdisant de rendre publiques ses conditions de vie à l’intérieur de l’ambassade dans sa lutte contre la révocation de sa citoyenneté équatorienne.

    Le Premier ministre australien Scott Morrison a refusé d’intercéder en faveur d’Assange, un citoyen australien, même si le nouveau gouvernement équatorien, dirigé par Lenín Moreno – qui appelle Assange un « problème hérité » et un obstacle à de meilleures relations avec Washington – rend la vie du fondateur de WikiLeaks dans cette ambassade insupportable. Presque tous les jours, l’ambassade impose des conditions plus dures à Assange, notamment en lui faisant payer ses frais médicaux, en lui imposant des règles obscures sur la façon dont il doit prendre soin de son chat et en lui demandant d’effectuer diverses tâches ménagères dégradantes.

    Les Équatoriens, réticents à expulser Assange après lui avoir accordé l’asile politique et la citoyenneté, ont l’intention de rendre son existence si pénible qu’il accepterait de quitter l’ambassade pour être arrêté par les Britanniques et extradé vers les États-Unis. L’ancien président de l’Equateur, Rafael Correa, dont le gouvernement a accordé l’asile politique à l’éditeur, qualifie les conditions de vie actuelles d’Assange de « torture ».

    Sa mère, Christine Assange, a déclaré dans un récent appel vidéo : [L’auteur cite de longs extraits. Voir l’appel en entier et en français : https://www.legrandsoir.info/unity4j-christine-assange-lance-un-appel-… – NdT]

    Assange était loué et courtisé par certains des plus grands médias du monde, dont le New York Times et le Guardian, pour les informations qu’il possédait. Mais une fois que ses documents sur les crimes de guerre commis par les États-Unis, en grande partie fournis par Chelsea Manning, ont été publiés par ces médias, il fut mis à l’écart et diabolisé. Un document du Pentagone qui a fait l’objet d’une fuite et préparé par la Cyber Counterintelligence Assessments Branch (Direction du contre-espionnage cybernétique) du 8 mars 2008 a révélé une campagne de propagande visant à discréditer WikiLeaks et Assange. Le document dit que la campagne de diffamation doit chercher à détruire le « sentiment de confiance » qui est le « centre de gravité » de WikiLeaks et à salir la réputation d’Assange. Cela a largement fonctionné. Assange est particulièrement vilipendé pour avoir publié 70 000 courriels piratés appartenant au Comité national démocrate (DNC) et à de hauts responsables démocrates. Les démocrates et l’ancien directeur du FBI, James Comey, affirment que les courriels ont été copiés des comptes de John Podesta, chef de campagne de la candidate démocrate Hillary Clinton, par des pirates du gouvernement russe. Comey a dit que les messages ont probablement été transmis à WikiLeaks par un intermédiaire. Assange a dit que les e-mails n’avaient pas été fournis par des « acteurs étatiques ».

    Le Parti démocrate, qui cherche à imputer sa défaite électorale à l’ » ingérence » russe plutôt qu’à la grotesque inégalité des revenus, à la trahison de la classe ouvrière, à la perte des libertés civiles, à la désindustrialisation et au coup d’Etat des entreprises que le parti a aidé à orchestrer, accuse Assange d’être un traître, bien qu’il ne soit pas un citoyen américain. Ni un espion. Et à ma connaissance, aucune loi ne lui interdit de publier les secrets du gouvernement US. Il n’a commis aucun crime. Aujourd’hui, les articles parus dans les journaux qui publiaient autrefois des articles de WikiLeaks mettent l’accent sur son comportement prétendument négligeant – ce qui n’était pas évident lors de mes visites – et sur le fait qu’il est, selon les mots du Guardian, « un invité indésirable » à l’ambassade. La question vitale des droits d’un éditeur et d’une presse libre a cédé le place à la calomnie contre la personne.

    Assange a obtenu l’asile à l’ambassade en 2012 afin d’éviter l’extradition vers la Suède pour répondre à des questions sur des accusations d’infractions sexuelles qui ont finalement été abandonnées. Assange craignait qu’une fois détenu par les Suédois, il soit extradé vers les États-Unis [un accord d’extradition entre la Suède et les Etats-Unis autorise l’extradition d’une personne comme simple « témoin » – NdT]. Le gouvernement britannique a déclaré que, bien qu’il ne soit plus recherché pour interrogatoire en Suède, Assange sera arrêté et emprisonné s’il quitte l’ambassade pour avoir violé les conditions de sa libération sous caution.

    WikiLeaks et Assange ont fait plus pour dénoncer les sombres machinations et crimes de l’Empire américain que toute autre organisation de presse. Assange, en plus de dénoncer les atrocités et les crimes commis par l’armée américaine dans nos guerres sans fin et de révéler les rouages internes de la campagne Clinton, a rendu publics les outils de piratage utilisés par la CIA et la NSA, leurs programmes de surveillance et leur ingérence dans les élections étrangères, notamment les élections françaises. Il a révélé le complot contre le chef du Parti travailliste britannique Jeremy Corbyn par des députés travaillistes au Parlement. Et WikiLeaks s’est rapidement mobilisé pour sauver Edward Snowden, qui a exposé la surveillance totale du public américain par le gouvernement, de l’extradition vers les États-Unis en l’aidant à fuir Hong Kong pour Moscou. Les fuites de Snowden ont également révélé, de façon inquiétante, qu’Assange était sur une « liste de cibles d’une chasse à l’homme » américaine.

    Ce qui arrive à Assange devrait terrifier la presse. Et pourtant, son sort se heurte à l’indifférence et au mépris sarcastique. Une fois expulsé de l’ambassade, il sera jugé aux États-Unis pour ce qu’il a publié. Cela créera un précédent juridique nouveau et dangereux que l’administration Trump et les futures administrations utiliseront contre d’autres éditeurs, y compris ceux qui font partie de la mafia qui tentent de lyncher Assange. Le silence sur le traitement d’Assange n’est pas seulement une trahison à son égard, mais une trahison de la liberté de la presse elle-même. Nous paierons cher cette complicité.

    Même si ce sont les Russes qui ont fourni les courriels de Podesta à Assange, il a eu raison de les publier. C’est ce que j’aurais fait. Ces courriers ont révélé les pratiques de l’appareil politique Clinton qu’elle et les dirigeants démocrates cherchaient à cacher. Au cours des deux décennies où j’ai travaillé en tant que correspondant à l’étranger, des organisations et des gouvernements m’ont régulièrement divulgué des documents volés. Ma seule préoccupation était de savoir si les documents étaient authentiques ou non. S’ils étaient authentiques, je les publiais. Parmi ceux qui m’en ont transmis, il y avait les rebelles du Front de Libération Nationale Farabundo Marti (FMLN) ; l’armée salvadorienne, qui m’a un jour donné des documents du FMLN ensanglantés trouvés après une embuscade, le gouvernement sandiniste du Nicaragua ; le Mossad, le service de renseignement israélien ; le FBI ; la CIA ; le groupe rebelle du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) ; l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) ; le service de renseignement français, la Direction générale de la sécurité extérieure, ou DGSE ; et le gouvernement serbe de Slobodan Milosovic, qui a ensuite été jugé comme un criminel de guerre.

    Nous avons appris par les courriels publiés par WikiLeaks que la Fondation Clinton a reçu des millions de dollars de l’Arabie saoudite et du Qatar, deux des principaux bailleurs de fonds de l’État islamique. En tant que secrétaire d’État, Hillary Clinton a remboursé ses donateurs en approuvant la vente de 80 milliards de dollars d’armes à l’Arabie saoudite, ce qui a permis au royaume de mener une guerre dévastatrice au Yémen qui a déclenché une crise humanitaire, notamment une grave pénurie alimentaire et une épidémie de choléra, et fait près de 60 000 morts. Nous avons appris que Clinton avait touché 675 000 $ pour une conférence chez Goldman Sachs, une somme si énorme qu’elle ne peut être qualifiée que comme un pot-de-vin. Nous avons appris que Mme Clinton avait dit aux élites financières, lors de ses entretiens lucratifs, qu’elle voulait » l’ouverture du commerce et des frontières » et qu’elle croyait que les dirigeants de Wall Street étaient les mieux placés pour gérer l’économie, une déclaration qui allait directement à l’encontre de ses promesses électorales. Nous avons appris que la campagne Clinton avait pour but d’influencer les primaires républicaines pour s’assurer que Donald Trump était le candidat républicain. Nous avons appris que Mme Clinton avait obtenu à l’avance les questions posées lors du débat pendant les primaires. Nous avons appris, parce que 1 700 des 33 000 courriels provenaient d’Hillary Clinton, qu’elle était l’architecte principale de la guerre en Libye. Nous avons appris qu’elle croyait que le renversement de Moammar Kadhafi lui permettrait d’améliorer ses chances en tant que candidate à la présidence. La guerre qu’elle a voulu a plongé la Libye dans le chaos, vu la montée au pouvoir des djihadistes radicaux dans ce qui est aujourd’hui un État en déliquescence, déclenché un exode massif de migrants vers l’Europe, vu les stocks d’armes libyens saisis par des milices rebelles et des radicaux islamiques dans toute la région, et fait 40 000 morts. Cette information aurait-elle dû rester cachée ? Vous pouvez dire oui, mais dans ce cas vous ne pouvez pas vous qualifier de journaliste.

    « Ils sont en train de piéger mon fils pour avoir une excuse pour le livrer aux États-Unis, où il fera l’objet d’un simulacre de procès« , a averti Christine Assange. « Au cours des huit dernières années, il n’a pas eu accès à un processus juridique approprié. A chaque étape, c’est l’injustice qui a prévalu, avec un énorme déni de justice. Il n’y a aucune raison de penser qu’il en sera autrement à l’avenir. Le grand jury américain qui produit le mandat d’extradition se tient en secret, a quatre procureurs mais pas de défense ni de juge.

    Le traité d’extradition entre le Royaume-Uni et les États-Unis permet au Royaume-Uni d’extrader Julian vers les États-Unis sans qu’il y ait de preuve prima facie. Une fois aux États-Unis, la National Defense Authorization Act permet la détention illimitée sans procès. Julian risque d’être emprisonné à Guantánamo Bay et torturé, d’être condamné à 45 ans de prison de haute sécurité, ou la peine de mort.« 

    Assange est seul. Chaque jour qui passe lui est plus difficile. C’est le but recherché. C’est à nous de protester. Nous sommes son dernier espoir, et le dernier espoir, je le crains, pour une presse libre.

    Chris Hedges

    Chris Hedges, a passé près de deux décennies comme correspondant à l’étranger en Amérique centrale, au Moyen-Orient, en Afrique et dans les Balkans. Il a fait des reportages dans plus de 50 pays et a travaillé pourThe Christian Science Monitor, National Public Radio, The Dallas Morning News et The New York Times, pour lesquels il a été correspondant à étranger pendant 15 ans.

    Traduction « il y aura des comptes à rendre » par VD pour le Grand Soir avec probablement toutes les fautes et coquilles habituelles » »https://www.truthdig.com/articles/crucifying-julian-assange/URL de cet article 34082 
    https://www.legrandsoir.info/la-crucifixion-de-julian-assange-ce-qui-arrive-a-assange-devrait-terri


  • Crucifying Julian Assange
    https://www.truthdig.com/articles/crucifying-julian-assange

    What is happening to #Assange should terrify the press. And yet his plight is met with indifference and  sneering contempt. Once he is pushed out of the embassy, he will be put on trial in the United States for what he published. This will set a new and dangerous legal precedent that the Trump administration and future administrations will employ against other publishers, including those who are part of the mob trying to lynch Assange. The silence about the treatment of Assange is not only a betrayal of him but a betrayal of the freedom of the press itself. We will pay dearly for this complicity.

    #MSM


  • What Empire Loyalists Are Really Saying When They Bash Julian Assange – Caitlin Johnstone
    https://caitlinjohnstone.com/2018/11/02/what-empire-loyalists-are-really-saying-when-they-bash-julian-assa

    So when you see some political writer yukking it up about Julian Assange and kitty litter, what they are really saying is, “Hey! Look at me! You can count on me to advance whatever #narratives get passed down from on high! I’ll cheer on all the wars! I’ll play up the misdeeds of our great nation’s rivals and ignore the misdeeds of our allies! I’ll literally spit on Assange if you’ll give my career a boost!”

    They are saying, “I support everything the media-controlling oligarchs support, and I hate everything they hate. I will be a reliable mouthpiece of the ruling class regardless of who is elected in our fake elections to our fake official government. I will say all the right things. I will protect what you need protected. I will hide what you want hidden. I understand what you want me to do without your explicitly telling me to do it. I’ve got what you need. I have no principles. Look, I’m even joining in the dog pile against a political prisoner who can’t defend himself.”

    #opportunisme #MSM


  • Voilà un magnifique travail d’équipe de branquignoles pour alimenter la stupidité ambiante : Assange, extrème droite, Russie. Et Juan Branco, l’avocat de Wkileaks et et Mélenchon et de certains Insoumis il en pense quoi ?

    Assange : « Daech et la Fondation Clinton financées depuis une même source » (Vidéo) - Sputnik France
    https://fr.sputniknews.com/international/201611041028533909-assange-daech-fondation-clinton-financement

    Les récentes révélations de WikiLeaks jettent une lumière crue sur le financement du groupe terroriste Daech, qui n’est pas sans liens avec la Fondation Clinton, affirme le lanceur d’alerte Julian Assange.

    #Assange #Wikileaks #Sputnik




  • A la recherche d’Arjen Kamphuis, le hackeur évanoui dans la nature
    https://www.lemonde.fr/long-format/article/2018/10/25/a-la-recherche-d-arjen-kamphuis-le-hackeur-evanoui-dans-la-nature_5374197_53

    Cet expert en informatique néerlandais de 47 ans a disparu dans de mystérieuses conditions en Norvège. Depuis, ses amis s’activent pour le retrouver.


    Le 31 août, l’organisation WikiLeaks publie, à l’attention de ses cinq millions et demi d’abonnés sur Twitter, un message inquiétant : « Associé de Julian Assange et auteur du livre La Sécurité de l’information pour les journalistes, Arjen Kamphuis a disparu, selon ses amis et collègues. Il a été vu pour la dernière fois (…) le 20 août, à Bodo, en Norvège. »

    Aussitôt, des centaines de médias de tous les pays répercutent l’information brute. La plupart ne cherchent pas à en savoir davantage sur Arjen Kamphuis, 47 ans, et le présentent, peut-être un peu vite, comme un proche collaborateur du lanceur d’alerte Julian Assange, voire comme le « cofondateur », avec ce dernier, de WikiLeaks, l’organisation responsable de la divulgation, depuis 2010, de millions de documents confidentiels dérobés à diverses administrations américaines.

    Sur le Net, la machine complotiste se déchaîne : si un proche d’Assange s’est volatilisé, il a forcément été enlevé par les services secrets des Etats-Unis. D’autres préfèrent un scénario encore plus tortueux : Arjen Kamphuis serait, en réalité, en mission pour le compte de ce même Assange, qui essaierait de quitter secrètement l’ambassade d’Equateur à Londres, où il est réfugié depuis six ans, et de se faire exfiltrer vers la Russie, via la Norvège…

    Près de deux mois se sont écoulés, et Arjen Kamphuis demeure introuvable. Mais on en sait désormais un peu plus à son sujet. Personnage hors du commun, entouré d’amis qui le sont tout autant, ce Néerlandais vivant à Amsterdam est un informaticien expert en sécurité des réseaux. Jusqu’au 20 août, il travaillait et voyageait beaucoup, menant de front deux occupations très prenantes : il était à la fois responsable d’une start-up de big data baptisée « PGK » (Pretty Good Knowledge), et militant de l’Internet libre, engagé dans le combat contre la surveillance de masse exercée par les Etats et les géants du Net.

    Du fétichisme à la politique

    Passionné par la vie des médias, il a orienté son militantisme vers les journalistes, et s’est donné pour mission de les convaincre de mieux se protéger contre la surveillance – étatique ou privée – en sécurisant leurs ordinateurs et leurs téléphones et en chiffrant leurs connexions et leurs dossiers.

    Arjen Kamphuis participe ainsi à des sessions de formation à « l’infosec » (la sécurité de l’information) pour les journalistes, notamment dans des pays où la liberté de la presse est malmenée. Sur son compte Twitter, il avait publié, le 1er mai, une photo de lui en train de taper sur un ordinateur en tenue de reporter de guerre, avec casque, gilet pare-balles et lunettes noires. A ses pieds, une valise frappée de deux inscriptions : « Appareil surveillé par la NSA [Agence nationale de la sécurité américaine] » et « Je suis avec WikiLeaks ».

    Il ne précise pas où il est, mais a rédigé ce commentaire : « Quand les bits rencontrent les balles : sécurité de l’information pour les journalistes opérant dans des environnements à haut risque. Les fuites de données peuvent avoir des conséquences pour les gens travaillant en zone de guerre. Très fier d’aider des gens, parmi les plus courageux, à être un peu plus en sécurité. »

    Avant WikiLeaks, sa disparition a été annoncée sur Twitter, le 31 août, par l’une de ses proches, Linde van de Leest, 32 ans, qui se fait appeler Ancilla (« servante », en latin) : « Mon meilleur ami a disparu à Bodo, Norvège. Ses amis, ses collègues et sa famille sont très, très inquiets. S’il vous plaît, partagez. » Aussitôt, son appel est largement repris sur les réseaux sociaux. Il faut dire qu’Ancilla est une célébrité : pendant dix ans, elle fut modèle photo pour divers magazines, dont Playboy et des titres confidentiels de la scène fétichiste.

    En 2012, elle opère une reconversion radicale en devenant militante de la protection de la vie privée sur Internet et chroniqueuse dans plusieurs journaux. Dans le même temps, elle s’impose à la direction du petit Parti pirate des Pays-Bas, engagé dans la lutte pour la liberté du Net et la protection de la vie privée des utilisateurs. Aux législatives de 2017, elle est tête de liste de cette formation, mais obtient à peine 0,34 % des voix. Elle s’éloigne alors de la politique pour devenir cadre commerciale chez StartPage, un moteur de recherche alternatif.

    WikiLeaks entretient le flou

    Interrogée par Le Monde, Ancilla se présente comme une intime d’Arjen Kamphuis – « Nous partons souvent en vacances ensemble, et je suis la seule à posséder un double de ses clés » –, mais elle tient à minimiser les liens de celui-ci avec WikiLeaks : « Ils ont été exagérés par les médias. Comme beaucoup de gens du mouvement des logiciels libres et des hackeurs, Arjen a rencontré Assange avant qu’il devienne célèbre. Par la suite, il l’a invité à des événements aux Pays-Bas, il est allé lui rendre visite à Londres, à l’ambassade d’Equateur, et a rendu des services ponctuels à WikiLeaks pour la sécurité de ses journalistes, mais rien de plus. » Elle affirme que d’autres amis communs ont tous fait le même constat.

    « Je ne pouvais pas imaginer un scénario dans lequel il aurait supprimé l’application Signal »
    Jos Weijers, responsable du club de hackeurs Hack42

    En revanche, WikiLeaks entretient le doute sur la nature de son « association » avec Arjen Kamphuis. Le Britannique Joseph Farrell, qui fut longtemps l’un des principaux collaborateurs de Julian Assange et demeure proche de lui, explique en souriant : « Nous ne livrons pas d’informations sur nos membres et associés, mais quelqu’un peut très bien travailler pour WikiLeaks sans que son entourage soit au courant. Cela a été mon cas pendant longtemps. »

    Pour Ancilla, cette disparition est un mystère absolu, dont la chronologie, mille fois reprise, ne cesse d’intriguer. En juillet, quand il annonce qu’il va partir en vacances seul au Spitzberg, l’île de l’extrême nord de la Norvège, ses proches ne s’étonnent pas, car Arjen Kamphuis est un passionné de nature et de randonnée. Avant son départ, il achète, sans prévenir personne, un kayak pliable (2 000 euros), qu’il emporte avec lui en Norvège, alors qu’il n’a jamais pratiqué ce sport. D’après Ancilla, il semblait heureux : « Il avait des tas de projets pour la rentrée, professionnels et privés. Comme je suis mère célibataire, il voulait m’aider à m’occuper de mon bébé de 9 mois – dont le deuxième prénom est Arjen. »

    Club de hackeurs

    Le 7 août, elle lui envoie un texte sur Signal, une messagerie chiffrée très utilisée par les geeks, pour lui souhaiter de bonnes vacances. Il la remercie en trois mots. Puis, plus de nouvelles : « Le 9, je lui envoie un nouveau message, mais il est refusé. Une alerte s’est affichée : “Ce numéro n’est pas enregistré.” Comme si Signal avait été désinstallé de son téléphone. »

    Les jours suivants, elle réessaie cinq fois, sans succès. Le 16, elle est contactée par un autre ami, Jos Weijers. Lui aussi a constaté qu’Arjen Kamphuis n’apparaît plus sur Signal : « C’était incompréhensible, témoigne-t-il. Je ne pouvais pas imaginer un scénario dans lequel il aurait supprimé l’application. » Ce jour-là, la jeune femme répond à Jos par une blague : « Il a peut-être été mangé par un ours polaire ? RIP. »

    Jos Weijers, un quadragénaire grand et costaud demeurant à Arnhem, dans l’est des Pays-Bas, est lui aussi un personnage original. Le jour, il travaille comme informaticien pour une compagnie d’électricité, chargé de la sécurité des serveurs. Le soir et le week-end, il est responsable de Hack42, un hackerspace (club de hackeurs) installé en plein bois, dans un ancien couvent d’abord reconverti en bureau administratif de l’armée et aujourd’hui désaffecté : « Il appartient toujours à l’armée, explique-t-il, nous louons juste deux étages. »

    Hack42, qui compte une cinquantaine de membres et reçoit de nombreux visiteurs, propose divers équipements : des salles informatiques, des ateliers d’électronique, de ferronnerie, de serrurerie et de menuiserie, un studio photo, des imprimantes 3D, des découpeuses lasers… « Arjen aimait cet endroit, affirme Jos, il venait huit ou dix fois par an, alors que c’est à 100 kilomètres de chez lui. Parfois, il restait plusieurs jours. » Récemment, ils avaient travaillé ensemble sur un projet ambitieux : « Nous voulions racheter l’ancienne prison d’Arnhem pour la transformer en hackerspace et en résidence pour des projets alternatifs et artistiques. Ça n’a pas marché, c’est dommage, le symbole aurait été fort. »

    Personnages hors normes

    L’absence d’Arjen Kamphuis est aussi remarquée chez PGK, la start-up dont il est le cofondateur, installée dans un immeuble moderne et confortable de la banlieue d’Amsterdam. Alors qu’il devait rentrer de vacances le 23 août, il ne reparaît pas, manquant plusieurs rendez-vous au cours de la semaine, ce qui surprend ses collègues, car il a la réputation d’être fiable.

    Parmi ses partenaires au sein de PGK, on trouve deux autres personnages hors normes, des Américains : Bill Binney, mathématicien, et Kirk Wiebe, linguiste, tous deux anciens employés de la NSA. Ayant découvert que celle-ci mettait en place des systèmes de surveillance de masse très intrusifs visant le monde entier, ils décidèrent, dès 2001, de démissionner en signe de protestation, puis d’alerter les médias et l’opinion. Cette initiative leur valut des années de harcèlement judiciaire et policier, mais, à présent, ces soucis semblent lointains.

    Arjen Kamphuis a rencontré Bill Binney à l’université d’Oxford, en 2014, lors d’une conférence organisée par des associations de lanceurs d’alerte issus des agences de renseignement de divers pays. A l’époque, Kamphuis vivait en Allemagne avec une Anglaise, Annie Machon, ancienne employée du service de renseignement britannique MI5. En 1997, elle démissionna et entreprit de dénoncer publiquement plusieurs opérations clandestines du MI5, dont l’une visait, selon elle, à faire assassiner le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi.

    Après avoir sympathisé lors de conférences, Arjen, Bill le mathématicien et Kirk le linguiste créent ensemble PGK, start-up de « data mining éthique », avec l’aide d’un homme d’affaires néerlandais et d’un informaticien ami de longue date, Maurice Verheesen. Grâce à un système mis au point par les deux Américains, dans le prolongement de leurs travaux à la NSA, PGK propose aux entreprises et aux administrations d’exploiter les données personnelles de leurs clients, tout en respectant la vie privée et l’anonymat de ces derniers. Les affaires marchent et, désormais, Bill et Kirk passent un mois sur deux aux Pays-Bas.

    Destination secrète

    Le 30 août, la disparition d’Arjen Kamphuis devient franchement inquiétante. Alors qu’il est attendu le lendemain en Angleterre pour un rassemblement de hackeurs, il ne donne toujours pas signe de vie. Ses amis préviennent alors la police néerlandaise, qui contacte son homologue norvégienne.

    De son côté, Ancilla mène sa propre enquête : « J’ai appelé les hôtels de Spitzberg, raconte la jeune femme. Certains ne voulaient pas me renseigner, pour protéger la vie privée de leurs clients, je ne peux pas leur en vouloir. Finalement, l’un d’entre eux m’a dit qu’Arjen avait fait une réservation en juillet, mais qu’il l’avait annulée. »

    En consultant son compte sur le site de réservation Booking.com, la police et ses amis découvrent qu’il ne s’est jamais rendu au Spitzberg, mais qu’entre le 10 et le 20 août il a séjourné dans deux hôtels de la ville norvégienne de Bodo, une destination dont il n’avait parlé à personne. Bodo, 50 000 habitants, est un port industriel moderne du Nord, où les touristes passent rarement plus d’un jour ou deux. Arjen Kamphuis avait aussi acheté un billet d’avion pour rentrer à Amsterdam le 22 août, au départ de Trondheim, à 700 kilomètres au sud de Bodo. Il n’a pas pris cet avion, et rien n’indique qu’il ait mis les pieds à Trondheim.

    Début septembre, un autre de ses amis, souhaitant rester anonyme, se rend à Bodo pour enquêter et distribuer des affiches, afin d’alerter les habitants. On lui confirme que le Néerlandais a quitté son hôtel le 20 août, avec ses bagages et son kayak, pesant près de 15 kilos, rangé dans un sac. En revanche, nul ne se souvient de l’avoir vu ailleurs en ville.

    Dans un premier temps, la police norvégienne privilégie la piste de l’accident de randonnée. Le 11 septembre, un pêcheur naviguant dans le fjord de Skjerstad, un bras de mer étroit et profond s’étendant sur 80 kilomètres, à l’est de Bodo, trouve un sac contenant le passeport du disparu, sa carte bancaire et de l’argent. Le même jour, on découvre le fameux kayak, posé à terre, sur une rive du fjord, puis sa pagaie. En revanche, ses bagages sont introuvables, et aucune réservation à son nom n’a été prise dans un hôtel ou un camping des alentours.

    « Pas d’explication satisfaisante »

    Les médias locaux sont surpris, car les eaux du fjord sont agitées et dangereuses : personne ici ne se risquerait à les affronter à bord d’une embarcation aussi frêle. En outre, à cette période, le temps était déjà très mauvais. La police et les gardes-côtes quadrillent le fjord et les montagnes avoisinantes, sans résultat. Deux policiers néerlandais arrivent en renfort.

    Parallèlement, les investigations révèlent que le 20 août, jour de sa disparition, Arjen Kamphuis a pris le train pour la ville de Rognan, située au fond du fjord de Skjerstad, à environ 85 kilomètres de Bodo. Le contrôleur se souvient de ce passager néerlandais dont les bagages volumineux encombraient le couloir. En outre, son téléphone a borné dans la région le même jour.

    « Sa présence à Fauske ne peut pas être une coïncidence. Cela dit, je n’ai pas d’explication satisfaisante »,
    Ancilla, tête de liste du Parti pirate néerlandais

    Ses amis, qui ont du mal à croire à la thèse de l’accident, ouvrent une autre piste, plus mystérieuse. Ils notent que le kayak a été retrouvé près de la ville de Fauske, face à une presqu’île montagneuse pour le moins particulière, puisqu’elle abrite une station norvégienne d’interception de signaux satellites et de détection des signatures électroniques émises par les avions et les navires. Cette station, qui appartient aux services de renseignement norvégiens et travaille peut-être pour l’OTAN, n’est pas clandestine – les trois dômes blancs contenant les appareils d’interception sont visibles de loin –, mais la discrétion y est de mise sur la nature exacte de ses activités.

    Sur la même rive du fjord, à Reitan, entre Bodo et Fauske, se trouve une autre installation stratégique, cachée dans une galerie souterraine : le QG interarmes des forces armées norvégiennes, doté notamment d’un centre de cyberdéfense.

    Pour Jos Weijers, le passage d’Arjen Kamphuis dans ce secteur ne doit rien au hasard : « Ces sites représentent tout ce qui le passionne. Au minimum, il a dû s’arrêter et prendre une photo des dômes, pour illustrer ses conférences sur la surveillance électronique. » Ancilla est tout aussi catégorique : « Sa présence à Fauske ne peut pas être une coïncidence. Cela dit, je n’ai pas d’explication satisfaisante. »

    Téléphone à grande vitesse

    Autre indice troublant déniché par les proches du disparu : ils se sont procuré des photos du kayak, prises par la police, et les ont montrées au vendeur, à Amsterdam. Or, celui-ci est formel : l’embarcation a été mal assemblée, des pièces importantes sont manquantes, elle ne pourrait pas naviguer correctement en l’état. Jos Weijers est persuadé qu’il n’a pas été monté par Arjen Kamphuis : « Il est habile de ses mains et méticuleux, jamais il n’aurait fait un travail aussi bâclé. »

    Le 20 septembre, les recherches de terrain sont abandonnées mais, entre-temps, une nouvelle piste est apparue. On découvre avec retard que, le 30 août, soit dix jours après la disparition du quadragénaire, son téléphone s’est connecté à trois relais, entre les villes de Vikesa et Ualand, dans le sud de la Norvège, c’est-à-dire à 1 600 kilomètres de Bodo.

    Le téléphone « circulait » à grande vitesse – il se trouvait peut-être dans un train. Une fois allumé, l’appareil a chargé les SMS et messages en attente. Puis, au bout de 20 minutes, on y a inséré une carte SIM allemande – ce modèle peut contenir deux cartes. Ensuite, il a de nouveau disparu.

    Pour l’entourage d’Arjen Kamphuis, cette piste du téléphone est la plus prometteuse, car ce sont tous des geeks, plus à l’aise sur les réseaux informatiques que dans les fjords sauvages.

    Ancilla fait remarquer que, pour recevoir les SMS, un téléphone doit être débloqué avec le code PIN – une raison d’espérer que, le 30 août, son ami était dans le sud de la Norvège, et non pas au fond du fjord où le kayak a été retrouvé.

    Plus prudent, Jos Weijers regrette simplement que la police refuse de communiquer les données techniques du téléphone, alors qu’elles pourraient être très utiles à des hackeurs aguerris : « Hack42 est connu dans le milieu, assure-t-il, nous avons de bons contacts à travers l’Europe. Si nous avions le numéro de la carte SIM allemande, ou le code d’identification de l’appareil, nous pourrions peut-être le localiser. Mais on ne nous dit rien, nous ne savons même pas s’il avait un ou plusieurs téléphones. »

    Lui aussi est troublé par le déblocage de la carte SIM : « Si le possesseur était un simple voleur, comment aurait-il pu l’activer sans les codes secrets ? Les appareils d’Arjen sont très bien protégés, c’est son métier. Et si le téléphone était entre les mains d’un expert capable de le forcer, pourquoi se serait-il laissé repérer comme un débutant ? »

    « Théorie farfelue »

    L’enquête s’est même étendue au Danemark, proche de la région de Norvège où le téléphone a été repéré. A la suite des appels à témoin diffusés sur des chaînes de télévision, deux personnes se sont manifestées, affirmant qu’elles avaient aperçu Arjen Kamphuis au Danemark. La première est une touriste hollandaise de passage à Ribe, une petite ville de la côte ouest de la péninsule danoise. Ancilla a étudié son témoignage : « Elle dit l’avoir vu deux fois en deux jours. Selon elle, Il était installé dehors, sous un auvent de toile, avec un iPhone 6 et un chargeur solaire qu’elle a décrit précisément – nous avons retrouvé le modèle. »

    Aussitôt, Ancilla fait passer un avis de recherche sur Facebook, sous forme de publicité payante ciblée sur la région de Ribe : « Le lendemain, j’ai été contactée par un homme habitant à Esbjerg, à 30 kilomètres de Ribe. Je l’ai appelé, il est certain d’avoir croisé Arjen en compagnie de deux hommes. Ils discutaient en allemand et en néerlandais. » Cela dit, il est impossible d’évaluer la fiabilité de ces témoignages : Arjen Kamphuis est blond, de type nordique et de taille moyenne, un signalement banal dans cette partie du monde.

    A ce stade, personne n’arrive à imaginer pourquoi il aurait organisé un voyage clandestin, de son propre chef ou pour fuir un danger. Ses collègues Kirk Wiebe, l’ancien de la NSA et Maurice Verheesen, l’ami informaticien, refusent d’admettre que sa disparition soit liée aux activités de PGK : « Cela n’aurait aucun sens, notre société travaille au grand jour, avec des clients commerciaux très classiques. »

    En revanche, ses proches parlent moins volontiers de l’autre activité d’Arjen Kamphuis : les stages de formation à la sécurité informatique pour journalistes et militants d’ONG. Se référant à la photo publiée par Kamphuis lui-même sur Twitter, Maurice Verheesen explique que ce dernier effectuait parfois des « missions secrètes dans des pays dangereux », puis ajoute qu’il ne peut pas en parler, de peur de mettre des gens en danger. A la réflexion, il imagine un seul scénario : « S’il a été enlevé, ce ne peut être que par des gens qui voudraient en savoir plus sur la communauté internationale des hackeurs et des experts indépendants en sécurité informatique. Mais cette théorie est farfelue. »

    « Cryptoparty »

    De son côté, Jos Weijers croit savoir qu’Arjen Kamphuis avait séjourné à plusieurs reprises en Indonésie : « La dernière fois, c’était en avril, j’ai oublié dans quelle île. Il avait été envoyé là-bas par l’agence de presse Reuters, qui voulait former ses correspondants locaux, leur apprendre à échapper à la surveillance électronique des autorités. Je n’en sais pas plus, pour des raisons évidentes. Ces sessions sont secrètes, on ne va pas les annoncer dans les médias ni les raconter sur Twitter. »

    M. Weijers s’est rendu avec Arjen Kamphuis à Tirana, en Albanie, en mai. Tous deux étaient invités à une conférence sur le logiciel libre et la liberté d’expression sur le Net, organisée par une association locale baptisée « Oscal » . Sur le site de cette dernière, il est précisé que Kamphuis aurait dû revenir à Tirana, le 20 octobre, pour participer à une « cryptoparty » – un événement festif pendant lequel des hackeurs expliquent au grand public comment sécuriser un PC et un téléphone, chiffrer un message, anonymiser les navigations sur le Net…

    Début octobre, la police néerlandaise a accepté de rencontrer Ancilla pour faire un bilan complet de l’enquête : « Malheureusement, toutes leurs pistes sont des culs-de-sac, estime la jeune femme. Nous devons sérieusement envisager qu’Arjen ne soit jamais retrouvé. »

    Malgré tout, elle refuse de désespérer : « Tous les scénarios sont encore possibles, car les faits connus sont contradictoires (…), beaucoup de questions nous intriguent toujours. » Abattus et impuissants, les amis et collègues d’Arjen Kamphuis ont repris le cours de leur vie, en espérant un miracle.