person:lagardère

  • Juan Branco : « Avec Macron, on va vers l’étouffement de toute alternative politique »
    16 novembre 2017 / par Auguste Bergot
    https://lareleveetlapeste.fr/juan-branco-macron-on-va-vers-letouffement-de-toute-alternative-po

    (...)Peu après que j’ai appris que Macron voulait devenir président de la République, alors qu’il n’était que secrétaire général adjoint de l’Elysée, une information que me donne Niel en janvier 2015, on s’est retrouvé avec des dizaines de Unes venues des médias détenus par Niel et Lagardère (client de Macron chez Rothschild) qui lui étaient favorables, sorties de nulle part, qui ont suscité la commande de sondages, qui à leur tour… le type n’avait encore rien fait, à part écumer les dîners mondains, produire trois rapports et concevoir cette catastrophe du CICE, et il était déjà une star ! Etait ainsi mise en avant une figure qui convenait à l’oligarchie, sans intervention dans la production de l’information, par succession de relais indirects qui masquaient la manipulation (Macron déjeune avec Niel dans le cadre de ces fonctions, il est séduit, Niel déjeune avec Dreyfus et lui fait part de sa séduction, qui déjeune avec le directeur de la rédaction pour lui parler de ce nouveau phénomène, qui à son tour déjeune avec le rédacteur en chef qui, etc…). (...)

    • Quel a été ton sentiment après l’élection de Macron ? Une victoire de l’oligarchie ?

      Oui, c’est clairement une victoire et un vote de classe – et je ne suis pas marxiste – disons plutôt un vote d’intérêt. Sauf qu’on est dans une société où le rapport au politique s’est distendu, et on se retrouve avec des classes dominantes, symboliquement, culturellement et financièrement, qui façonnent l’opinion de façon très aisée, trouvent des relais dans les classes moyennes, et imposent leur choix à l’ensemble de la société. Il y a clairement des oligarques au sens poutinien en France, qui, pour maintenir leur fortune ou l’accroître, une fortune qui dépend en partie de l’État et du lien au politique, achètent des relais d’influence qui vont façonner le reste de la société. Ils se protègent de la nuisance plus qu’ils ne produisent du contenu mais surtout, ils s’introduisent au cœur du pouvoir politico-administratif français, en plaçant habilement leur argent, comme Niel avec Le Monde.

      C’est par exemple Xavier Niel et Matthieu Pigasse qui vont faire recruter des journalistes par le biais d’hommes de main comme Louis Dreyfus, les nommer à des postes de direction, afin de former à moyen terme un type de production d’information. Ils recrutent et favorisent des types de journalistes qui, parce qu’ils sont médiocres et fragiles, sont serviles (et pas l’inverse). Et c’est aussi ce qu’a fait Patrick Drahi à Libération par exemple, en faisant partir les meilleurs plumes avec une grosse prime de départ. Il a gardé une rédaction au « formol ».

      Sur la partie Habeas Corpus : il y a une vraie dérive mais qui selon moi a une origine systémique et s’inscrit dans un plus grand ensemble. Cette dérive est liée aux modalités d’accès au pouvoir de Macron, pouvoir qui est illégitime, sans source. Il n’y a aucune dimension sacrificielle dans l’accession de Macron au pouvoir, aucune mise en danger de son corps, ni même de création d’un corps symbolique (c’est d’ailleurs pourquoi lorsqu’il remonte les Champs-Elysées sur son char, cela sonne faux). Il n’a rien sacrifié dans sa vie pour en arriver là, il n’a pas créé un engouement exceptionnel comme on a voulu le faire croire et qui en aurait fait un « phénomène social », il n’a pas passé sa vie à s’engager en politique dans un parti, l’armée, ou même à servir l’Etat, il a au contraire toujours démontré n’avoir à l’esprit que son propre intérêt...

      Il y a dès lors dans son accès au pouvoir quelque chose qui est de l’ordre du non-sourcé, comme lorsqu’il était devenu ministre de l’Economie. Propulsé comme une figure à la mode par des intérêts qui cherchaient à l’instrumentaliser, il n’a créé qu’un engouement de marque. C’est ce qui explique l’absence complète de prise de risques lorsqu’il est au ministère de l’Economie ; il savait trop bien que la moindre tentative politique le ferait s’écrouler, faute de fondement à son pouvoir. Il s’est donc contenté de dîner avec des patrons, des hauts fonctionnaires, des politiques, des people et de consolider les bases de son pouvoir à venir sans ne jamais s’exposer.

      C’est plus difficile de faire cela en étant président, surtout lorsqu’on ne s’appuie pas sur un véritable parti politique. Du coup, la nature du pouvoir de Macron ne peut qu’être autoritaire : elle est verticale car elle n’a pas de source et ne peut que se déployer dans un modèle d’imposition, d’écrasement de la différence et d’une forme d’altérité multiple. Il faut passer par la force car il n’y a pas de sources en propre, de soi à donner. Il a été élu, je ne fais pas de procès d’illégitimité. C’était une élection normale. Mais la façon dont son parcours s’est construit provoque une forme d’exercice du pouvoir qui passe par le rapport de force, l’imposition. Déjà en novembre 2016, j’écrivais des tweets où je disais qu’il était évident qu’on se dirigeait vers un pouvoir autoritaire, juste parce que la modalité de son élection et de son rapport au pouvoir amènerait à cet état de fait.

  • Rassemblement #PasEnNotreNom #Réfugiés #RefugeesDignity

    Plus de 3000 personnes, hommes, femmes, enfants, sont mortes ces derniers mois en essayant de rejoindre nos côtes, nos pays, nos villes.

    Simples citoyens ne pouvant rester indifférents à une tragédie humaine qui déshonore la France et l’Europe, nous promettons de nous retrouver chaque semaine Place de la République :

    Pour montrer notre solidarité et marquer notre indignation.

    Pour demander l’accueil des réfugiés et le respect de la dignité humaine de tous les migrants.

    Pour dire que l’Europe ne peut se hérisser de murs et transformer ses mers en charniers sans perdre son âme. Notre âme.

    Pour affirmer que pareilles politiques répressives menant à tant de drames humains ne sauraient être menées en notre nom. Pas en notre nom !

    Pour partager notre honte, mais aussi nos espoirs.

    Les disparus de Méditerranée et les morts d’EuroTunnel, les noyés de la Mer Egée et les asphyxiés d’Autriche ont des noms et des destins.

    Par-delà nos clivages politiques, nos divergences idéologiques ou nos choix religieux, laissons parler notre humanité et retrouvons-nous ce samedi 5 septembre à 17h Place de la République à Paris.

    Signons, commentons, reprenons, partageons, et surtout descendons dans la rue samedi..

    https://www.facebook.com/events/115934458759304
    #solidarité #asile #migrations #réfugiés #Paris #France #rassemblement #manifestation
    signalé par @reka

    • Et à #Genève :
      Nous relayons un appel à rassemblement lancé par quelques citoyennes sur Facebook :

      « Sur une plage de Bodrum, un tout petit garçon de trois ans et son frère de cinq ans ont été retrouvés morts hier matin. Ils essayaient de rejoindre l’Europe, afin de trouver un moyen de se rendre au Canada, où leur tante les attendait, car leur pays d’origine, la Syrie, est en guerre.
      Ils auraient pu prendre un paquebot, un train ou un avion, et arriver sains et saufs, si les frontières de l’Europe n’avaient pas été fermées pour eux.
      Ils auraient pu déposer une demande d’asile auprès de l’Ambassade de Suisse en Turquie, si la procédure d’ambassade suisse n’avait pas été abrogée par la dernière révision de la Loi sur l’asile.
      Nous nous rassemblerons vendredi à 18h30 à la place Neuve, devant l’entrée du parc des Bastions, dans le calme et le recueillement, afin de signifier que nous, citoyennes et citoyens, en avons assez d’être complices de ces politiques migratoires meurtrières.
      Joignez-vous à nous avec une bougie, un poème, un dessin ou une banderole. »

    • Le rassemblement de samedi à Paris, Place de la République est contesté ici par le collectif "La Chapelle en Lutte" :

      Résumé de la situation : le collectif La Chapelle en Lutte, collectif de soutiens, réfugiés et migrants, occupe le lycée Guillaume Budé à Place des Fêtes. Il a été associé sans consultation en AG au rassemblement de samedi, qui est une opération de communication orchestrée par des journalistes, communiquants, personnalités médiatiques

      Le rassemblement « PAS EN NOTRE NOM » prévu, le samedi 5 septembre place de la République au nom des migrants, est une initiative relative aux réfugiées, ainsi qu’il est écrit : "Notre dénominateur commun, s’il faut en désigner un, est avant tout le respect de la dignité humaine et celui de la Convention de Genève relative au statut des réfugiés" (page Facebook de l’événement). Ce rassemblement qui doit avoir lieu toute les semaines est organisé par Raphaël Glucksmann, très proche de Bernard-Henri Lévy et fils du philosophe André Glucksmann qui, rappelons-le, a soutenu la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007. Glucksmann fils, personnage fort douteux et influent est à l’initiative du rassemblement au coté de Tatiana F. Salomon et Natacha Quester-Simeon, entrepreneuses et consultantes média, fondatrices du club Power Girl 3.0, présenté comme une organisation « de femmes influentes, leader d’opinion » . On trouve dans la liste des organisateurs, « initiateurs », Florence Benzacar, journaliste chez Lagardère et Michèle Fitoussi, Féministe mainstream, Journaliste à ELLE.

      Il s’agit bien d’un COUP DE FORCE, et d’une récupération des luttes actuelles des migrants (qui reposent sur l’union des réfugiés et des sans-papiers), un événement poétique et politique inédit. L’opération s’appuie sur la reprise du slogan, « pas en notre nom » né lors des manifestations du 11 janvier. A première vue, cela semble être une reprise ironique, mais les organisateurs s’appuient volontairement en fins communicants sur le pouvoir mobilisateur des slogans en lettre blanche sur fond noir, qui ont fait la preuve de leur popularité avec le « JE SUIS CHARLIE ». Raphaël Glucksmann, qui cherche à percer en France, invite à une reprise du patriotisme à l’extrême droite :

      La suite ici :
      https://paris-luttes.info/surtout-en-leur-nom-3717

    • cette phrase me défrise « Pour demander l’accueil des réfugiés et le respect de la dignité humaine de tous les migrants » ; si on comprend bien, pour les réfugiés c’est l’accueil et pour les autres migrants c’est seulement le respect de leur dignité mais sans l’accueil (genre, « humanité et fermeté » ... ?)

      mais que ce n’est en aucun cas un refus de ce rassemblement ; ça m’exaspère tous ceux qui consacrent toute leur énergie à hurler à la récup de droite et à cracher sur Raphaël Glucksmann (l’un des gars qui ont lancé, mais qui a demandé à ce que son nom soit retiré pour ne pas personnaliser) sur le mode « fils de, copain de » (ce qui est aussi puant que stérile). Et qui bien sûr ne proposent rien. Misère de la radicalité...
      Quant au collectif La Chapelle en lutte, il n’y a pas d’unanimité sur la « dénonciation » citée ci-dessus (signée par deux de ses membres), certain.e.s proposent d’aller faire un point fixe dans le rassemblement où les migrants exposeraient sans médiation leurs revendications
      Occasion de rencontrer des gens sincèrement indignés et sans doute pas aussi au fait que les tenants de la juste ligne pour leur raconter des trucs : pas de tri entre « bons » réfugiés et « mauvais » migrants, responsabilité de l’UE et des Etats-membres, indécence des déclarations de Hollande et de Valls, liberté de circulation, suspension de Dublin3 et arrêt de Frontex...
      tandis qu’en Espagne partout ça reprend et ça déborde les propositions d’Ada Colau et Manuela Carmena... intelligence politique et stratégique en acte, vieille pratique des alliances et implantations locales

  •  » [Reprise] Scandale EADS / AMF : selon que vous serez etc.
    http://www.les-crises.fr/reprise-scandale-eads-amf-selon-que-vous-serez-etc

    EADS : le rapport qui accuse dirigeants et actionnaires

    08 avril 2008 | Par Martine Orange

    Mediapart s’est procuré le rapport d’enquête de l’Autorité des marchés financiers sur EADS, dont la synthèse est téléchargeable sur notre site. Les enquêteurs y relèvent les ventes massives d’actions réalisées par la plupart des dirigeants d’EADS et ses actionnaires de contrôle, Lagardère et DaimlerChrysler. Des cessions qu’ils auraient dû s’abstenir de faire, alors qu’ils étaient détenteurs d’au moins trois informations privilégiées : un budget-plan qui montrait une nette dégradation de la rentabilité future d’Airbus dès juin 2005, des problèmes d’industrialisation de l’A 380, une révision complète du programme de l’A 350.

    C’est le rapport que tout le monde attend. Un long rapport de quatre-vingt-quatorze pages, dont Mediapart a pu prendre connaissance. Dans un style précis, les enquêteurs de l’autorité des marchés financiers (AMF) y retracent toutes les informations qui ont circulé chez EADS au cours de cette période décisive, entre le 1er mai 2005 et le 13 juin 2006 (lire en pièce jointe, la synthèse du rapport de l’AMF).

    Ils s’efforcent de démêler les écheveaux du connu et du plausible pour retrouver les faits. Avec une préoccupation constante : « Les actionnaires de contrôle et les principaux dirigeants du groupe EADS disposaient-ils, lorsqu’ils ont cédé leurs titres, d’informations que le marché n’avait pas et qui auraient dû les conduire à s’en abstenir ? Le cas échéant, le marché aurait-il dû, ou non, avoir ces informations ? »

    Car il faut bien tenter d’élucider les ventes d’actions par les dirigeants et les actionnaires d’EADS entre novembre 2005 et avril 2006, deux mois avant que le groupe ne fasse état des ses problèmes sur l’A380 et l’A350. Des cessions massives, comme le constate le rapport. « Entre le 19 juillet 2005 et le 13 juin 2006, sur les 21 membres des comités exécutifs d’EADS et d’Airbus, 17 ont cédé un montant total de 1.708.600 actions issues de l’exercice de leurs stock-options pour une plus-value brute de près de 20 millions d’euros. Parmi eux, 11 des dirigeants du groupe ont exercé l’intégralité de leurs options exerçables au 13 juin 2006, c’est-à-dire celles issues des plans d’attribution des exercices 2000 à 2003. »

    Avant de relever une étrangeté : « Pourtant, pour les dirigeants imposables en France, les options issues des plans de 2002 et 2003 étaient fiscalement indisponibles, puisqu’elles avaient été attribuées moins de quatre ans auparavant, si bien que la plus-value résultant de leur vente fut imposée en tant que salaire. » Une incongruité en regard des trésors d’imagination auxquels peuvent avoir recours les dirigeants pour ne pas payer un centime de trop au fisc.

    Autre observation surprenante : « 95% des titres cédés l’ont été soit entre le 9 et le 29 novembre, soit entre le 8 et le 24 mars [...] Aucune transaction n’est intervenue, en revanche, lors de la fenêtre suivante, ouverte du 16 mai au 5 juin 2006, et la fenêtre d’exercice précédente, ouverte du 27 juillet au 16 août 2005, n’a été que marginalement utilisée. » Interrogés lors de leur audition, plusieurs dirigeants ont avancé que lever leurs options à ces dates n’aurait pas été intéressant, le cours de l’action étant inférieur à celui de l’option.

    Ce que contestent partiellement les enquêteurs de l’AMF, au moins pour les options attribuées en 2000 et 2002. Ils remarquent aussi que si le cours du titre rendait la vente plus attractive à partir de novembre 2005, « le caractère massif des cessions observées pourrait aussi a contrario témoigner d’une absence de confiance dans la poursuite de la progression du cours ».

    2 milliards pour chacun des deux actionnaires de contrôle

    Le comportement des deux actionnaires principaux, les groupes Lagardère et DaimlerChrysler, suscite encore plus d’interrogations chez les enquêteurs de l’AMF. En avril 2006, chacun d’entre eux a réalisé une vente à terme « de plus de 61 millions d’actions EADS pour un montant proche de 2 milliards d’euros », écrit le rapport.

    Ces opérations, envisagées dès la fin du printemps 2005, ont été retardées en raison des discussions « avec le gouvernement français et la présidence de la République mais aussi avec le gouvernement allemand ». Finalement, ce n’est que fin mars 2006 que les deux groupes ont obtenu le feu vert.....

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