person:latour

    • Passionnant, #merci !

      Géolinguistique.
      La Chine est depuis cette année la première puissance économique de la planète, passant devant les Etats-Unis. Elle est également, le fait est connu au moins depuis Jacques Dutronc, la première puissance démographique de la planète. Et donc également, grâce au mandarin, la première puissance linguistique de la planète en nombre de locuteurs natifs.

      D’une certaine manière, Google est également la première puissance linguistique de la planète. Le « volume » du matériau linguistique capté, collecté, traité et analysé chaque jour par le moteur de recherche depuis désormais 20 ans est sans aucun équivalent tant dans l’aspect quantitatif (volumétrie pure des données linguistiques) que dans l’aspect « qualitatif » renvoyant au nombre de langues analysées et au niveau de service proposé pour chacune (de la traduction à la volée en passant par la consultation de textes rares et l’ensemble des services « vocaux » nécessitant une compréhension minimale de la langue concernée).

      C’est donc un affrontement de nature géo-linguistique qui fait tout l’intérêt des rapports entre Google et la Chine, entre la libellule et la muraille.

      Et ce que définit la langue est d’abord un rapport au territoire. Un passe-muraille.

    • Dystopy, is what we need my friend.
      […]
      Il me semble que nous sommes aujourd’hui à la phase d’après. Celle où les gens ont cliqué sur suffisamment de publicités et ont, ce faisant, accepté suffisamment de technologies de traçage actif ou passif pour que les conditions d’existence d’une forme de pouvoir autoritaire soient réunies et surtout pour qu’elle soient en passe d’être acceptées comme naturelles ou, pire, comme légitimes.

      La question essentielle se déplace donc : il ne s’agit plus de savoir si nous acceptons ou si nous refusons ce traçage publicitaire (débat permis et en partie résolu par le RGPD) ; il s’agit de savoir si nous acceptons ou si nous refusons cette forme de néo-fascisme documentaire propre au totalitarisme littéral des plateformes et le cadre économico-politique qui est sa condition d’existence première.

    • rien que les intertitres…

      Géolocaliser et punir.
      […]
      Police partout, politique nulle part.
      […]
      Ce qui me semble le plus frappant dans cette histoire, finalement, c’est l’absence totale de réflexion et de prise de position politique (autre que celle visible de quelques dîners mondains ou celle, invisible, de formes aussi classiques que perverses de lobbying). Croire que les états n’ont pas à se mêler de la stratégie d’entreprises comme Google, Facebook ou Amazon au motif que nous ne serions, justement, pas en Chine ou dans un pays communiste est aujourd’hui le triple aveu d’un dépassement, d’une impuissance et d’une incapacité à penser ce qui se joue réellement à l’échelle politique.

      Et en même temps ... imaginer que des états, que nos états actuels, gouvernés par des bouffons narcissiques de la finance ou par des clowns égocentriques ivres de leur nationalisme, imaginer que ces états puissent aujourd’hui se mêler du projet politique de ces mêmes firmes n’apparaît pas davantage comme une solution souhaitable.

    • “Our findings suggest that censorship in China is effective not only because the regime makes it difficult to access sensitive information, but also because it fosters an environment in which citizens do not demand such information in the first place,” the scholars wrote."

      Latour, un peu plus loin, très bonne citation :

      Des questions liées : subsistance, visualisation, protection et défense. Mais supposez que vous n’ayez aucune idée précise de ce qui vous permet de subsister, ou une idée tellement abstraite que vous restiez suspendu en l’air, pratiquement hors sol, quand je vous pose la question : « Qui êtes-vous, que voulez-vous, où habitez-vous ? » Eh bien, je prétends que n’ayant pas de monde concret à décrire, vous êtes devenus incapables de définir vos « intérêts » et qu’ainsi, vous ne pourrez plus articuler aucune position politique vaguement défendable. Je prétends que la situation actuelle de retour général à l’Etat-nation derrière des murs vient directement de cette totale impossibilité de préciser quels intérêts on défend. Comment avoir des intérêts si vous ne pouvez pas décrire votre monde ?


  • Mappamundi, art et cartographie - Editions Parenthèses

    https://www.editionsparentheses.com/Mappamundi-art-et-cartographie

    Les cartes s’imposent à nous dans les rues, les écrans, les esprits. C’est désormais à travers elles que nous percevons et pensons le monde. Parce que la cartographie est devenue un enjeu majeur, les artistes l’ont reprise d’assaut, bousculant géographes, ingénieurs, militaires et informaticiens. Remettant en cause l’idée même de neutralité cartographique, les plasticiens font et défont les cartes, jouent avec les formes, les couleurs et les mots du monde.
    « Mappamundi » rassemble une trentaine d’artistes qui interrogent la représentation cartographique. Ces visions d’artistes sont regroupées en trois temps : le corps — les cartes renouent avec les sensations et l’expérience physiques du monde ; le combat — des instruments de pouvoir deviennent outils de contestation ; le conte — les cartes utilitaires sont détrônées par l’imaginaire et la fiction.
    Un essai sur les relations entre art et cartographie précède les « portraits du monde » sélectionnés dans « Mappamundi ». Cartes à lire ou à voir ? Miroir tranquille ou distorsion du monde ? Description, évocation, contestation ? Loin d’exprimer des certitudes, ces cartes dessinent à leur façon notre modernité et dressent d’abord notre portrait collectif.
    Œuvres de : Alighiero e Boetti , Céline Boyer, Alexander Chen, Nicolas Desplats, Detanico & Lain, Paola Di Bello, Peter Fend, Jochen Gerner, Luigi Ghirri, Chris Kenny, Bouchra Khalili, Joseph Kosuth, Guillermo Kuitca, Nelson Leirner, Cristina Lucas, Mateo Maté, Vik Muniz, Qin Ga, David Reimondo, Rosana Ricalde, Francesc Ruiz, Stalker, Susan Stockwell, Jessica Vaturi, Jason Wallis-Johnson, Jeremy Wood.
    Textes de : Agathémère / Arendt, Hannah / Baudelaire, Charles / Baudrillard, Jean / Benjamin, Walter / Bergman, Ingmar / Bettencourt, Pierre / Boèce / Borges, Jorge Luis / Boyd, William / Bresson, Robert / Browne, Thomas / Buisson, Ferdinand / Calvino, Italo / Carroll, Lewis / D’Alembert, Jean / Daney, Serge / De Certeau, Michel / De Maistre, Xavier / De Tilbury, Gervais / Deleuze, Gilles, Guattari, Félix / Donne, John / Duval, Pierre / Eco, Umberto / François, Père Jean / Goethe, Johann Wolfgang von / Gracq, Julien / Kafka, Franz / Kleist, Heinrich von / Korzybski, Alfred / La Pérouse, Jean-François de / Latour, Bruno / Locke, John / Long, Richard / Lubin, Père Augustin / Melville, Herman / Michelet, Jules / Montaigne, Michel de / Napoléon / Ortelius, Abraham / Orwell, George / Pascal, Blaise / Perec, Georges / Pétrarque / Picasso, Pablo / Pouchkine, Alexandre / Proust, Marcel / Reclus, Élisée / Schmitt, Carl / Senges, Pierre / Shakespeare, William / Sloterdijk, Peter / Stein, Gertrud / Stevenson, Robert Louis / Thoreau, Henry David / Valéry, Paul / Van Hoogstraten, Samuel / Verne, Jules / Wilde, Oscar / Wittgenstein, Ludwig.

    –—

    Mappamundi, art et cartographie

    https://mappemonde-archive.mgm.fr/num42/librairie/lib14203.html

    Cet ouvrage a été édité à l’occasion de l’exposition éponyme, au printemps 2013 à Toulon. Son auteur, G. Monsaingeon, est le commissaire de l’exposition. Mappamundi / Mappemonde : au-delà de la proximité du nom, cette exposition se rapproche des préoccupations de la présente revue par son objet et son contenu.

    En guise de prologue, l’ouvrage rappelle la fascination qu’exercent les cartes et les atlas : elles invitent au voyage et à la rêverie géographique, dès l’enfance. Cette émotion, d’ordre esthétique, est régulièrement mise en œuvre par les artistes plasticiens pour créer des géographies, des dépictions artistiques de notre monde ou d’autres. « Il est aujourd’hui communément admis qu’une carte puisse être dite “belle” » (p. 8).

    L’ouvrage est abondamment illustré et très riche en références, à la fois du monde artistique et esthétique, mais aussi de l’épistémologie cartographique. Il se compose de trois parties qui en font bien plus qu’un simple catalogue d’exposition. Tout d’abord, une première section présente le projet de l’exposition, développe une esthétique de la carte et propose une catégorisation de l’intérêt des artistes pour la carte. La deuxième partie, la plus importante, regroupe de manière thématique les œuvres des vingt-six artistes sélectionnés par l’exposition Mappamundi, selon trois catégories : le corps, le combat et le conte. Enfin, l’ouvrage se termine par une très originale « Table d’orientation », recueil d’une soixantaine de citations d’auteurs plus ou moins célèbres à propos de la carte et de son usage.

    Projet cartographie expérimentale
    Tags généraux : #cartoexperiment #biblioxperiment
    Tags particulier : #visualisation #complexité_visuelle #art #perceptions #représentation


  • Éloge des mauvaises #herbes
    http://www.editionslesliensquiliberent.fr/livre-%C3%89loge_des_mauvaises_herbes-9791020906427-1-1-
    #liens_qui_liberent

    Pour la première fois des intellectuels et des écrivains prennent partis pour la ZAD de #Notre_Dame_des_Landes. Ils expliquent que la « #zone_à_défendre » est bien plus qu’un bout de #bocage. Dans un monde où tout doit être normé, catalogué, mesuré, homogénéisé, s’y inventent de nouvelles formes de vies et de liberté. C’est un carré de #mauvaises_herbes dans un paysage artificialisé, calibré, et bétonné.

    Sur la #ZAD, on existe en commun et on cohabite avec la nature. On partage des rêves et des outils. On sort de l’emprise du marché en construisant sa cabane en terre-paille. On redonne du sens au travail en élevant des vaches et en prenant soin de la forêt. On échappe au couperet de l’Etat en cultivant les solidarités et l’accueil. On lutte en dormant et on prépare les alternatives en occupant des terres. Ce n’est pas une utopie, c’est notre réalité de demain qui prend formes sous nos yeux.

    Ont contribué à cet ouvrage : Olivier Abel, Christophe Bonneuil, Patrick Bouchain, Alain #Damasio, Virginie #Despentes, Amandine Gay, John Jordan, Bruno #Latour, Wilfried Lupano, Geneviève Pruvost, Nathalie #Quintane, Kristin Ross, Pablo Servigne, Vandana Shiva et Starhawk.

    Les recettes des ventes de ce livre iront aux activités développées sur la ZAD.


  • Le dossier “Environnement, savoirs, société” que j’ai dirigé dans Questions de communication n° 32 est sorti.

    https://www.cairn.info/revue-questions-de-communication-2017-2.htm

    Résumé : Prenant acte de l’échec des sociétés industrialisées à préserver leur milieu et de la crise environnementale qui en résulte, ce dossier invite à se libérer des cadres dualistes (nature/culture, humains/animaux, sujet/objet…) qui organisent encore la pensée scientifique, les représentations sociales et les cadres institutionnels. Il ouvre la voie à d’autres méthodes de construction, de confrontation et de légitimation des savoirs qui permettraient de modifier en profondeur ces derniers comme leur appropriation par les corps politiques et sociaux”.

    Avec les textes de Igor Babou (Université Paris Diderot), Claudio Broitman (Universidad de Santiago de Chile), Emilie kohlmann (Université Grenoble Alpes), Joelle Le Marec (Université Paris-Sorbonne), Aurélie Zwang (Muséum national d’histoire naturelle) et William R. Catton Jr. † et Riley Dunlap (Washington State University).

    Au sommaire :

    – Igor Babou, « L’atelier politique de la nature. Des grands partages à l’expérience sensible » ;
    – Claudio Broitman, « Quand les voix se répondent. Transformations énonciatives dans le cadre du conflit socio-environnemental d’Hidro Aysén » ;
    – Émilie Kohlmann, « Gérer/aimer. Communication et nature dans le parc naturel régional du Pilat » ;
    – Joëlle Le Marec, « Les pratiques de visite au zoo. S’inspirer du public pour une réflexion contemporaine sur les rapports aux savoirs » ;
    – Aurélie Zwang, « La communication environnementale légitimée pour éduquer au développement durable. De l’attente envers l’autorité éditoriale comme rapport de l’École à la trivialité » ;
    – William R. Catton Jr., Riley E. Dunlap, « Un nouveau paradigme écologique pour une sociologie post-abondance ».

    #environnement #écologie_politique #sociologie #sciences #communication #parc_naturel #zoo #exposition #controverse #sciences_sociales #conservation #grands_partages #Latour #Descola #Tim_Ingold #Eduardo_Kohn #Igor_Babou #Joëlle_Le_Marec #Aurélie_Zwang #Emilie_Kohlmann #Claudio_Broitman #Riley_Dunlap #William_Catton #NEP #New_environmental_paradigm


  • #Disnovation

    http://tc.revues.org/8522

    À quoi servent les outils numériques et qui servent-ils ? Peut-on en faire autre chose que ce pour quoi ils ont été prévus ? L’utilisateur peut-il reprendre un certain pouvoir face à des solutions techniques de plus en plus complexes et formatées dans des objectifs marchands ? Dans la perspective d’une théorie critique de la technique (Feenberg 2014), les #outils_numériques sont souvent perçus comme des outils de rationalisation sociale au service d’instances de domina- tion. Sans se limiter pour autant à cette vision déterministe, la question de l’appropriation et de l’usage des technologies est aussi (et surtout) une coconstruction sociale. Les technologies numériques paraissent en effet marquées par une instabilité inédite et les groupes subordonnés (les utilisateurs) peuvent manifester leur influence à l’encontre des forces hégémoniques des tactiques de détournement, de contournement ou de rejet. Le succès de certains outils et technologies est par conséquent plus souvent qu’on ne le dit lié à l’invention simultanée de leurs usages, au point que ce sont parfois ces derniers qui constituent la véritable innovation (Souriau 1956, Eco 1965, Dodier 1995, Latour 2005, Akrich, Callon, Latour 2006) 1. Prenons pour exemple la perspective, la photographie, les plus contemporains outils vidéographiques d’enregistrement du réel et jusqu’aux tout derniers réseaux informationnels numériques : si le moteur principal de leur innovation est technologique, relevant en cela de la recherche stratégique, scientifique ou même militaire, leur (re)connaissance sociale trouve son origine tout autant dans le monde culturel ou dans l’univers de la création artistique. Leur succès et leur diffusion, difficiles à promouvoir, et qui la plupart du temps ne peuvent être pleinement prédéfinis ou anticipés, supposent en effet une première appropriation sociale de ces technologies.


  • Bruno #Latour : « Défendre la #nature : on bâille. Défendre les #territoires : on se bouge » #zad
    https://reporterre.net/Bruno-Latour-Defendre-la-nature-on-baille-Defendre-les-territoires-on-se

    Il ne faut pas utiliser le mot parce que « nature » oriente aussitôt vers une vision apolitique. Elle a été inventée pour dépolitiser les rapports entre les humains et les objets à utiliser comme ressources. Mais, si je dis « Gaïa », on rencontre une autre difficulté. Tous ces sujets sont difficiles et nous restons dans un énorme retard intellectuel sur ces questions. C’est pour cela que le terme de « zones critiques » me va très bien, « zones critiques » comme zones à défendre. Cela signifie qu’on reterritorialise les questions politiques. La notion de territoire, que la gauche française a toujours associée à des positions réactionnaires, redevient le centre de l’attention. Évidemment avec les dangers que cela pose : « se reterritorialiser », « se réenraciner » sont des termes toxiques. Mais en même temps, c’est bien de cela dont il s’agit dans l’écologie.
    [...]
    Ce travail n’a jamais eu lieu avec les écologistes. On s’est simplifié la vie avec deux ou trois références, Arne Naess, et un peu politiquement avec évidemment André Gorz et tous ces précurseurs. Mais le travail métaphysique de compréhension anthropologique, on a pensé qu’on pouvait s’en dispenser. La question de la « régression ou de la progression », celle de l’« intégration », sont des questions qui posent des problèmes anthropologiques énormes. Il faut se donner des outils qui ne commencent pas par dépolitiser. L’écologie, c’est parler de tous les sujets ! Et pour cela, il faut reprendre toutes les questions classiques. Qu’est-ce que l’économie ? Qu’est-ce que l’histoire ? Qu’est-ce que les sciences ? Il faut aussi reprendre la question écoféministe. Et puis, l’histoire matérielle, l’histoire environnementale. Ce travail ne peut pas être négligé sous prétexte que les causes sont urgentes.
    [...]
    L’encyclique Laudato Si, écrite par le pape François, « est capitale. C’est LE grand texte qui fait une liaison entre la question de la pauvreté et la question écologique ».


  • Nous ne sommes pas seuls. Les alliances sylvestres et la division politique, Léna Balaud et Antoine Chopot, avec les contributions de Bernard Aspe et Manon Bineau - La Division Politique
    http://ladivisionpolitique.toile-libre.org/nous-ne-sommes-pas-seuls-rencontres-greffer-de-louv

    Résumé : Humains, nous ne sommes pas seuls à subir les violences du capitalisme mondialisé. Nous tenterons de formuler une hypothèse quant à ce que peut signifier l’idée d’un « tort planétaire » partagé par toutes les formes de vie embarquées dans le ravage écologique. Mais nous refusons d’envisager un pâtir sans la puissance d’agir qui en est inséparable. « Nous ne sommes pas seuls », cela veut aussi dire : l’agentivité plus large et extra-humaine des puissances de la nature implique de reconnaître que nous ne sommes pas les uniques acteurs des changements désirables dans le monde. Le tort planétaire nous pousse à rechercher des « alliances sylvestres », des alliances collaboratives avec des formes d’agir qui ne sont pas les nôtres. Mais ces alliances, pour la politique d’émancipation, sont d’une bien nouvelle nature. Comment les actions politiques peuvent-elles porter un agir qui n’est pas le leur ? Comment cette intervention politique terrestre peut-elle rester à la fois et d’un même mouvement être-ensemble et être-contre, tissage relationnel et antagonisme ?

    Nous partons de la conviction que seule une entente renouvelée, terrienne, du communisme, peut ouvrir un espace antagonique au capitalisme anthropocénique, espace que la seule « démocratie réelle » ne peut créer.

    Partant de là, l’hypothèse initiale de cette intervention est que d’une part, il ne sera possible et souhaitable de relancer la perspective communiste qu’en transfigurant la nature de la communauté qui s’y trouve convoquée ; et que d’autre part, il n’est juste de s’engager dans la redéfinition de ce que peut être une communauté qu’à la condition que cette redéfinition n’implique pas une dépolitisation de celle-ci. Il s’agit de trouver une nouvelle manière d’être tout à la fois « ensemble et contre » ce qui nous empêche de vivre. (...)

    Des dispositifs de re-présentation comme des « parlements des choses en lutte », extra-parlementaires, pour subvertir le mot de Latour, qui existent à leur manière dans des lieux comme la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, et qui en émergeant peuvent créer des « moments politiques » au sens de Rancière, c’est-à-dire activer un processus de désidentification, qui défait les identités assignées, qu’elles soient humaines ou extra-humaines : les forêts n’y sont plus ressources naturelles, objets de l’économie, mais territoires habités de points de vue en tension ; et les humains n’y sont plus sujets de l’économie et êtres d’anti-nature, mais sujets vivants de la politique. Ce qu’il y a à opposer au capitalisme n’est pas seulement l’image d’une société sans classes : c’est l’image positive d’écosystèmes animés de points de vue, dans lesquels il faut autant savoir se relier que se séparer, écosystèmes libérés de la mise au travail.

    #tort_planétaire #capitalocène #écologie #nonhuman_turn #communisme #antagonisme #Jodi_Dean #Bruno_Latour #Jason-Moore #Philippe_Descola #Natasha_Myers


  • Pourquoi la violence faite aux femmes
    https://www.franceculture.fr/conferences/hesam-universite/pourquoi-la-violence-faite-aux-femmes
    Un débat enregistré en 2014.

    Catherine Deschamps, co-auteur avec Christophe Broqua de « L’échange économico-sexuel »
    Éliane de Latour, IRIS/EHESS
    Véronique Nahoum-Grappe, anthropologue, Centre Edgar Morin/EHESS
    Françoise Héritier, anthropologue, professeure honoraire au Collège de France.

    On nous parle d’une nature, d’une nature qui serait plus violente chez les hommes, qui serait fondamentalement dominatrice, et on nous parle aussi d’accès de bestialité. Dans tous les cas, on a tout faux ! Ce n’est pas une nature, c’est une culture ! C’est justement parce que les humains sont capables de penser, qu’ils ont érigé un système, qui est un système de valences différentielles du sexe. Et cela s’est passé il y a fort longtemps.

    Nous sommes ainsi les seuls parmi les espèces où les mâles tuent les femelles. Ce n’est donc pas une question de bestialité, de nature, et parce que ce n’est qu’une question de pensée, de culture, de construction mentale, nous pouvons penser que la lutte peut changer cet état de fait.


  • La face cachée des cartes - Sciencesconf.org

    https://cartocachee2017.sciencesconf.org

    La thématique de « La face cachée des cartes » n’a guère été abordée si ce n’est par le biais des « mensonges » (Monmonier, 1991), de la propagande (Bord, 2003) ou du pouvoir des cartes (Harley, 1995).

    Mais il s’agit ici d’aller plus loin dans la réflexion. La carte est d’abord un objet à voir (Bertin, 1967), un instrument de communication (Jacob, 1992), une interprétation du monde qui témoigne de (des) vision(s) de son (ses) auteur(s), mais nombre d’opérations et de gestes participent à sa réalisation.

    Cette succession d’ajustements et de bricolages est bien souvent de l’ordre du « caché », volontairement ou non, c’est-à-dire de boîtes noires qui sont indispensables, certes, inévitables dans les étapes de la construction avec des choix multiples à opérer, mais qui restent encore peu explorées. C’est cette « partie cachée » de la représentation cartographique que l’on se propose de mettre à jour, d’expliciter et d’interroger. Il s’agira de mettre en lumière et contextualiser les choix cartographiques, conscients ou non, revendiqués, assumés ou occultés.

    A l’heure où le rôle des cartes ne cesse de croître dans un monde de communication et d’échanges instantanés, une approche critique de la cartographie et de ses usages, à travers ses acteurs, leurs relations passées et actuelles, le poids des héritages, peut s’avérer utile. Les inévitables distorsions entre réalités, faits géographiques et les cartes réalisées pour rendre compte de ces faits peuvent-elles être analysées comme des opérations de « traduction » et les cartes comme des « artefacts », voire comme des « acteurs » dans le sens donné à ces termes par Akrich, Callon, Latour (2006) ?

    Ces distorsions, matérialisées et territorialisées dans les cartes, peuvent répondre à des objectifs précis qui orientent alors les choix cartographiques en amont de la réalisation des cartes. Elles peuvent être liées à des contraintes techniques et matérielles ou se construire peu à peu en fonction des jeux d’acteurs et des contextes scientifiques, politiques, sociétaux. Mais ces distorsions, liées aux choix cartographiques, peuvent également en retour influencer les représentations que les différents acteurs (scientifiques, gestionnaires, élus, décideurs, grands organismes internationaux, ONG, opinions publiques…) se font du monde ou de tel ou tel phénomène cartographié. En cela, elles peuvent être amenées à peser sur des décisions scientifiques, politiques, sociétales ; accélérer ou ralentir des prises de conscience, faciliter ou non des processus d’instrumentalisation…

    Au-delà de la carte « traditionnelle » (sur supports papier ou numérique), on souhaite intégrer à la réflexion les représentations visuelles utilisées aujourd’hui couramment : Géoportails, images satellites avec Google par exemple, Système d’Information Géographique, etc. On peut ainsi interroger le développement de nouveaux outils ou interfaces cartographiques liés à de nouveaux usages (cartographies en temps réel pour gestionnaires de crise, cartographies inédites de certains territoires vécus, perçus…). Les nouvelles formes de cartes sont à relier aux nouvelles formes d’échanges (mondialisés, en temps réel, etc.) entre ceux qui les font, ceux qui les lisent et les voient, ceux qui les utilisent. Quelle articulation entre ces nouveaux outils, ces nouvelles pratiques et des difficultés anciennes toujours d’actualité, comme le passage d’une échelle à une autre, l’intégration et la structuration des données-source et des métadonnées, la qualité des données, la gestion de l’incertitude ?

    Akrich Madeleine, Callon Michel, Latour Bruno, « Sociologie de la traduction », Ed. Mines-ParisTech, 2006, 304 p.

    Bailly Antoine et Gould Peter, textes édités par, « Le pouvoir des cartes – Brian Harley et la cartographie », Paris : Economica, 1995, 120p.

    Bertin Jacques, « Sémiologie graphique : les diagrammes, les réseaux, les cartes », Paris/La Haye, Éd. Gauthier-Villars/Mouton, 1967, 431p. (La Sémiologie graphique a été écrite en 1965, publiée en 1967, rééditée en 1973, 3e édition en 1999, Paris, Les réimpressions des Éditions de l’École des hautes études en sciences sociales, 444 p. Ouvrage traduit en allemand, 1974, en anglais, 1983).

    Bord Jean-Paul, « Cartographie, géographie et propagande. De quelques cas dans l’Europe de l’après-guerre », Vingtième Siècle. Revue d’histoire, 4/2003 (no 80), p. 15-24.

    Jacob Christian, « L’empire des cartes – Approche théorique de la cartographie à travers l’histoire », Paris : Albin Michel, 1992, 537p.

    Monmonier Mark, « Comment faire mentir les cartes – Du mauvais usage de la géographie », University of Chicago Press, 1991 [Traduction française Paris : Flammarion, 1993, 233p.]

    #cartographie #propragande #manipulation

    • Montpellier, 18-19/12/2017 …

      il y a des choses alléchantes !
      extraits perso :

      l’intitulé de la 2ème session

      La carte dans l’illusion de scientificité et l’emprise de la technique

      et au hasard :-) dans les sujets de communication

      • Le triple jeu de l’officier-cartographe. Pricot de Sainte-Marie et la carte de la Régence de Tunis au XIXe siècle
      • La toponymie cartographique : une autre face cachée des cartes ? Le monde arabe en exemple
      • Découpages et recomposition(s) de l’espace au Moyen-Orient : quelles convergences entre les représentations cartographiques, les discours et les textes ?
      • La carte des aléas littoraux : Risque (naturel) de perte de sens d’une politique publique

      https://cartocachee2017.sciencesconf.org/data/pages/Programme_colloque_La_face_cachee_des_cartes.pdf


  • Echapper à la #grande_régression - Page 1 | #Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/020517/echapper-la-grande-regression

    "Arjun Appadurai, Zygmunt #Bauman, Nancy #Fraser, Bruno #Latour, Wolfgang Streeck, #David_Van_Reybrouck, Slavoj Zizek… Le casting de l’ouvrage L’Âge de la régression. Pourquoi nous vivons un tournant historique, publié simultanément en 13 langues (et en France aux éditions Premier Parallèle), veut se hisser à la hauteur d’une époque où tout paraît basculer sous nos yeux, en particulier après l’élection de Donald Trump à la tête de la première puissance mondiale. « Lorsqu’un ordre mondial s’effondre, il est temps de réfléchir à son sujet », ainsi que l’indique la phrase du philosophe Ulrich Beck qui sert d’exergue au projet."

    Pour Nancy Fraser, qui enseigne les sciences politiques et la philosophie à la New School de New York, la gauche doit « refuser de choisir entre un néolibéralisme progressiste et un populisme réactionnaire », dans un moment où « libéralisme et fascisme constituent les deux versants profondément interconnectés d’un système mondial capitaliste », et alors que des « idéaux comme la diversité ou l’autonomie personnelle, qui, en principe, pourraient servir d’autres fins, ont été mis au service de politiques qui ont dévasté le secteur industriel et les conditions de vie de la classe moyenne inférieure ».

    César Rendueles, sociologue à l’université Complutense de Madrid, « les marchés globaux votent, et leur vote pèse davantage que celui des parlements. Le cas le plus récent est bien entendu celui de la Grèce ».

    David Van Reybrouck, dans un texte en forme de lettre ironique à Jean-Claude Juncker : « Si nous refusons de mettre à jour notre technologie démocratique, le système entier pourrait bientôt s’avérer irréparable. Il est permis d’affirmer que 2016 a été la pire année pour la démocratie depuis 1933. L’arrivée à la Maison Blanche de Donald Trump n’est pas une bizarrerie, mais le résultat très logique d’un système démocratique qui combine des procédures de vote remontant au XVIIIe siècle avec une idée du suffrage universel datant, elle, du XIXe, des médias de masse inventés, eux, au XXe siècle, et une culture des médias sociaux datant, quant à elle, du XXIe siècle. »


  • Echapper à la grande #régression
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/020517/echapper-la-grande-regression

    Après la Grande Transformation décrite par Karl Polanyi voilà 70 ans, sommes-nous en train de vivre un #tournant_historique marqué par une « grande régression », où capitalisme néolibéral et post-fascisme s’alimentent mutuellement ? C’est ce qu’affirment quinze #intellectuels marqués à #gauche, dans un livre collectif et international, avec des arguments inégalement puissants et originaux.

    #Culture-Idées #âge_de_la_régression #Bruno_Latour #néo-libéralisme #Slavoj_Zizek


  • Savoirs CDI : Gilles Sahut et les arcanes de Wikipédia
    https://www.reseau-canope.fr/savoirscdi/index.php?id=3019


    L’importance des références dans Wikipédia

    La question référentielle est centrale dans les travaux de Gilles Sahut. Il rappelle qu’il s’agit d’une tradition qui s’est construite au fil des siècles et cite à cet effet Langlois et Seignobos en France, pour qui *« le texte persuade, les notes prouvent »* .

    Cette pratique s’est développée principalement dans le cadre scientifique au travers de la logique des publications notamment pour renforcer l’argumentation :

    « L’étude ethnographique du travail scientifique publiée par Latour détaille les procédés rhétoriques utilisés par les chercheurs pour étayer la crédibilité des textes qu’ils produisent. Muni de références, un écrit de recherche devient plus difficilement contestable. Il est mieux armé pour affronter la critique, pour être engagé sur le terrain des controverses et résister aux attaques d’un éventuel contradicteur (et concurrent). Par l’intégration de références dans un écrit, le scripteur atteste à la fois de l’existence d’une source et de la présence d’une information au sein de celle-ci. Rappelons que “Le document est une preuve et la mention d’un document est la preuve que le document existe : c’est la preuve de ici preuve” (Couzinet, Régimbeau, Courbières, 2001), Dès lors, l’information devient virtuellement vérifiable par un lecteur, ce qui a pour effet d’accroître sa crédibilité. » (Sahut, 2015)

    La référence est aussi un moyen de se placer dans une sorte de filiation pour tenter de capter en quelque sorte l’autorité du document cité. On retrouve dans le projet de Wikipédia une forme de filiation encyclopédique. La crédibilité encyclopédique a en effet souvent reposé sur une autorité institutionnelle ou tout au moins sur celle de ses rédacteurs qui doivent être jugés sérieux tout au moins par leurs pairs. Plus l’encyclopédie gagne ensuite en crédibilité, plus c’est finalement le fait d’en être contributeur qui devient un gage de qualité. C’est dans ce cadre que l’encyclopédie de Diderot et D’Alembert s’est inscrite :

    « À travers leur œuvre, les philosophes affirment la primauté des droits de la raison sur la force de la tradition. L’Encyclopédie retranscrit l’évolution conjointe des sciences et techniques et du devenir des humains, ces derniers disposant de la capacité de diriger la marche des savoirs afin de développer ceux qui sont le plus utiles8. L’autorité repose désormais sur l’expertise de l’auteur qui prime sur le poids des textes du passé. » (Sahut, 2015, P.132)

    #citation #wikipédia #sources_documentaires


  • Les redoutables mécanismes de la violences faite aux femmes
    https://www.franceculture.fr/conferences/hesam-universite/les-redoutables-mecanismes-de-la-violences-faite-aux-femmes?xtmc=femme

    Alors que des hommes cèdent à leurs « pulsions irrépressibles et licites » (Françoise Héritier), ce sont les femmes qui subissent la honte, la souillure et le déshonneur qui s’étend aux leurs. Les femmes victimes de violences dans la sphère publique.

    Un débat enregistré en 2014.

    Catherine Deschamps, co-auteur avec Christophe Broqua de « L’échange économico-sexuel »

    Éliane de Latour, IRIS/EHESS

    Véronique Nahoum-Grappe, anthropologue, Centre Edgar Morin/EHESS

    Françoise Héritier, anthropologue, professeure honoraire au Collège de France.

    (pas encore écouté)
    #débat #femmes #violences


  • Au #Quai_d'Orsay, la diplomatie et les #idées fricotent pendant une nuit
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/280116/au-quai-dorsay-la-diplomatie-et-les-idees-fricotent-pendant-une-nuit

    Le Quai d’Orsay et l’Institut français ont innové en accueillant, pendant toute une nuit, un parterre d’intellectuels français et étrangers et un public nombreux, aussi jeune qu’assidu. Pour y piocher des idées nouvelles ou instrumentaliser quelques belles paroles ?

    #Culture-Idées #Achille_Mbembe #Audrey_Tang #Bruno_Latour #Laurent_Fabius #ministère_des_affaires_étrangères #Nuit_des_Idées #Olivier_Roy #Patrick_Boucheron #Souleyman_Bachir_Diagne


  • La culture tech de la Silicon Valley : « Nous voulons juste qu’on nous laisse tranquille » - CIO.com
    http://www.cio.com/slideshow/detail/126277?source=ciosotd#slide6

    Au Google I/O de cet été, Larry Page déclarait : "Il ya beaucoup, beaucoup de choses passionnantes et importantes que nous pouvons faire, mais nous ne pouvons pas les faire parce qu’elles sont illégales ou non autorisés par la réglementation. Comme technologues nous devrions avoir des endroits sûrs où nous pouvons essayer de nouvelles choses et comprendre leurs effets sur la société et les gens sans avoir à les déployer dans le monde normal. Ceux qui aiment ce genre de choses pourraient y aller et (...)

    #SiliconValley #techculture