person:leonora miano

  • Ce qui fait une mort
    Révélation de Léonora Miano et Satoshi Miyagi :
    un spectacle pour repenser les vies noires

    Par Nathalia Kloos

    http://jefklak.org/ce-qui-fait-une-mort

    Non pas se poser la question du « on ne peut plus rien dire », mais celles du comment on le dit. Des polémiques récentes dans le milieu théâtral ont opposé les partisan·es de la libre création qui se doit de tout représenter à celles et ceux qui cherchent à penser une expression inaliénable des mémoires dominées. Quelles voix pour des luttes impossibles à marchandiser en billets de théâtre ? Actuellement sur les planches de La Colline à Paris, le spectacle Révélation écrit par Léonora Miano et mis en scène par Satoshi Miyagi réactive les âmes noires prises dans la traversée de l’Atlantique, pour s’y perdre, s’y vendre, s’y trahir ou s’en tirer. Une proposition critique et poétique pour penser un idéal d’universel non-blanc se joue alors entre les lignes.


  • Masculinités noires – Les couilles sur la table
    http://www.binge.audio/masculinites-noires

    Que veut dire être un homme noir en France aujourd’hui ? Dans ce 4e épisode, il est question (entre autres) de la façon dont le corps noir est instrumentalisé ; des impacts des stéréotypes sur la vie intime ; et de la peur – celle qu’on inspire et celle qu’on éprouve.

    Pour en discuter, Victoire Tuaillon reçoit Insa Sané et D de Kabal, qui ont tous deux contribué à l’ouvrage collectif Marianne et le garçon noir, dirigé par la romancière Leonora Miano. Insa Sané est comédien, slameur et écrivain : il vient de publier le cinquième tome de sa saga Comédie Urbaine. D, ou D de Kabal, est musicien et homme de théâtre. Il joue au printemps 2018 la pièce Orestie, qu’il a écrite et mise en scène.

    https://soundcloud.com/lescouilles-podcast/masculinites-noires

    • Interessant, les autres emissions sont ici : https://soundcloud.com/lescouilles-podcast


      #domination_masculine #racisme #homophobie #mâle_alphisme #violences_policières

      La première émission explique ce que sont la masculinité hégémonique, masculinités subalternes et masculinités complices.
      Quand les hommes s’approprient une valeur qui était associé à la féminité ca ne change pas les rapports hommes femmes. Par exemple exprimé ses emotions fait par les hommes devient un acte de courage et de valeur sans faire que les femmes qui expriment leurs émotions soient vus comme courageuses et valeureuses. Ou le fait de procurer des orgasmes aux femmes devient un contrôle du corps des femmes...

    • Dans les discussions sur le web j’entend de plus en plus de gens, même des féministes me dire qu’il y a plusieurs masculintés et qu’il ne faut pas dire du mal de la masculintié parfois ca marche aussi avec virilité. Il y aurais plusieurs virilités et certaines ne seraient pas toxiques.
      Dans l’émissions sur les masculinités noirs, les hommes qui parlent disent deux trois choses sur les stigmates racistes qu’ils subissent liés à leur genre. C’est principalement une question de rivalité entre hommes blancs et hommes noirs pour la place de mâle alpha. Dans l’emission lorsque l’intevieweuse demande ce que les hommes noirs présents ont à dire des femmes noirs tout tourne autour de leur prérogatives de dominants. Les femmes noirs sont désignées comme « la femelle de l’homme noir » et on leur reproche d’avoir le droit d’allé partout (alors que les femmes noirs subissent le harcelement dans la rue et au travail) et de pouvoir entré en boite de nuit (ce qui n’est pas un privilège car l’entrée gratuite pour les femmes implique qu’elles sont un produit d’appel pour faire payé l’entré aux hommes cis-hétéro). Le problème des hommes de cette émission c’est pas que les femmes noirs soient leurs égales, c’est qu’elles couchent avec des hommes blancs. Les remarques faites par ces hommes montrent qu’ils ne connaissent rien des discriminations que subissent les femmes noires.
      Dans l’émission la question de la pauvreté de la sexualité masculine est évoqué mais avec une bonne pudibonderie homophobe de la part des hommes. Lorsque l’intervieweuse rappel que la prostate est physiologiquement un organe à jouir pour les hommes, un des hommes présent l’interromp en toussotant, pour parler de la poitrine.

      Pour les hommes noirs présent dans l’émission on est face à une masculinité subalterne. C’est à dire qu’elle voudrait bien être hégémonique cette masculinité noire et prolétaire, mais c’est la masculinité blanche et bourgeoise qui est hégémonique.
      Les masculinités sont en effet multiples mais elles sont toutes des formes diverses d’oppression des femmes.
      Il n’y a aucune forme acceptable de masculinité parce que la masculinité c’est l’expression d’une capacité à opprimé les femmes. Ce n’est rien d’autre car il n’y a aucune vertu proprement masculine ou féminine.

      Cette expression de la capacité à opprimer les femmes varie d’une classe à l’autre, par exemple les masculinités bourgeoises blanches sont plus propice à l’expression des sentiments amoureux (cf l’émission sur l’amour c’est pas pour les garçons) alors que les masculinités des classes populaires et pauvres sont dans un rejet très fort de l’expression des sentiments amoureux.
      Dire qu’il y a de bonnes formes de masculinité c’est aussi absurde que de dire qu’il y a de bonnes formes de bourgeoisie ou de bonnes formes de blanchité alors que les systèmes d’oppression sexistes, classistes et racistes sont des constructions et qu’il y a rien de bon dans les manières de dominer au sein de ses systèmes. Dans un monde sans sexisme, classisme et racisme les catégories femme/homme, prolétariat/bourgeoisie et personnes racisées/blanches n’ont plus de raison de subsisté. Plutot que de chercher une bonne manière d’être bourgeois, masculin ou d’être un bon blanc, et faire que les membres de ces catégories soient de bons tyrans, je pense qu’il faut en finir avec la tyrannie.

      Toutes les masculinités sont complices les unes des autres. Les masculinités subalternes se servent des masculinités hégémoniques pour avancé masquées et inversement. C’est ce qui fait dire à un misogyne comme @butadaie qu’il est dispensé de toute réflexion sur les violences faites aux femmes car lui n’est pas un macho comme Weinstine parcequ’il est pas riche comme lui. Le fait de ne pas être le mâle alpha le rendrait inoffensif pour les femmes, comme si les hommes des classes pauvres ne pouvaient pas opprimés les femmes. Et c’est ce qui fait dire aux masculinistes blancs que le vrai macho c’est le jeune garçon arabe ou/et noir. Technique très utilisé par les masculinistes ; « le macho c’est l’autre » et dans sa variante allié « toutes les femmes sont opprimés sauf la mienne ».

    • Sur le passage sur les femmes, je n’entends pas autant une rivalité entre masculinité que ce que tu laisses entendre là. Isan Sané indique que les femmes peuvent sortir plus, que ce soit rue ou boite de nuit, et il dit que quand tu esun homme ado et que tu sors c’est ce que tu remarques. Mais il termine en disant que c’est un « droit » qui est colonial et qui est une colonisation par la sexualité, on leur donne ce droit pour pouvoir les baiser (les femmes noires) et donc pour mieux coloniser les noirs en général. Il n’indique pas que lui aimerait garder les femmes noires pour les hommes noirs ou de ce genre.
      Quant à D de Kabal, encore moins, il ne réagit pas à ça et indique juste que par sexisme les femmes noires sont vues comme moins dangereuse, et c’est tout après ça passe à autre chose.

      Le passage sur les femmes spécifiquement est très court, et donc en si peu de temps, quand tu en conclues que leur problème principal « c’est qu’elles couchent avec des hommes blancs », je ne vois pas de phrases de leur part qui indiquent cela (citation ?), encore moins au pluriel comme s’il y avait un commun accord.

    • Précision : par contre je suis tout à fait d’accord avec toi que c’est un discours courant dans les milieux populaires. Mais là pour ce cas précis j’ai l’impression que c’est une extrapolation.

      Sinon pour la rivalité des virilités/masculinités entre noirs et blancs, illes en parlent en revanche explicitement avec l’intervieweuse dans un autre passage, et c’est pour dire que dès jeune, cette rivalité est initiée par les policiers quand ils se font arrêtés. Et D de Kabal dit que c’est un rapport très particulier et qu’il n’est pas à l’aise avec ça, il me semble.

    • Le fait qu’il ne perçoive les problématiques des femmes racisées qu’a travers les privations de ce que peuvent fait les hommes montre qu’il ne s’interesse pas au point de vue des femmes. Les femmes racisées ne peuvent pas allé partout et sont discriminées dans la rue et au travail. Le reproche de leur plus grande liberté PAR RAPPORT aux hommes de leur classe et race montre une pensée machiste. Le pbl en fait c’est que les femmes racisées puissent s’en sortir mieux que les hommes racisés et du coup échappé à la domination des hommes qui se sont désignés propiétaires. D’ou les exemples pourris de macho habituel : boite de nuit et de sois disant meilleur accès aux travail et centre ville et admire la manière dont il parle des femmes qui couchent avec les blancs ( on entend l’animatrice de l’émission s’étranglé et changer de sujet).
      C’est peut etre plus subtil que d’habitude, mais ca me frappe de voire que seuls de prétendus privilèges sont évoqués par ces hommes lorsqu’on les interroge sur les femmes noires.


  • Leonora Miano, un auteur qui dérange | Slate Afrique

    http://www.slateafrique.com/83491/leonora-miano-un-auteur-qui-derange-cameroun

    « Je ne veux plus qu’on m’aime Qu’on me sourie Qu’on m’invite au restaurant Qu’on me tienne la porte Qu’on m’offre des fleurs Je m’en fous Oui Je m’en fous Parfaitement Je ne veux plus qu’on m’aime Si je ne peux pas me loger travailler me réaliser arriver tout en haut Je ne veux plus qu’on m’aime si je ne suis pas dans les livres d’Histoire dans les livres tout court A la tête des institutions et de tout ce qui a une tête Je m’en fous qu’on me Courtise Qu’on me trouve sensuelle avec ma voix grave ma cambrure ma peau ambrée mes fesses rebondies ma peau d’ébène mon port de tête ma peau mes jolies tresses ma peau et tout le reste Qui n’est pas moi d’ailleurs mais c’est un autre débat Je ne veux plus qu’on trinque Qu’on se taille une bavette Qu’on se fasse une raclette Ni rien J’en ai soupé de la fraternité sans égalité Ce serait quoi la fraternité si ça ne marchait pas avec l’égalité Ce serait quoi la fraternité ce serait quoi à part une plaisanterie douteuse La fraternité si ça ne marchait pas avec l’égalité »

    Léonora Miano a accédé au succès par la grâce du public. Elle a d’abord été Prix Goncourt des lycéens en 2006 pour Contours du jour qui vient. En 2010, son roman culte Blues pour Elise fait parler une France noire, urbaine et contemporaine. Son succès ne doit rien aux recensions littéraires. Les lectrices se sont passé le mot, usant largement des réseaux sociaux.

    #Leonora_Miano vient de publier, à 38 ans, un livre majeur : Ecrits pour la parole (L’Arche). Sorti début janvier, ce texte fait parler de lui dans les milieux du théâtre, mais n’a fait l’objet d’aucune critique dans la presse française.

    #littérature #cameroun


    • Si je peux me permettre... « Du sexe » de Borys Le Roy chez Actes sud, traitant de genre et de politique en mode satirique... pas très vacances pour autant !

    • Le polar, je n’y connais pas grand chose. Mais en SF, après les classiques (Fondation, Dune, K. Dick... que tout le monde a lu), je recommande vivement : Axiomatique, Océanique et Radieux de Greg Egan, Rainbows End de Vernor Vinge, Kirinyaga de Mike Resnick, la Tour de Babylone de Ted Chiang. On m’a beaucoup recommandé récemment The City & The City de China Mieville... que je vais m’empresser d’aller lire.

    • Ahhhh, @mona... la SF. Indispensable pour se décrasser l’esprit. Sur les conseils de @jean_no, j’ai passé l’été surtout la série de La Culture, de Ian Banks, mais il est probable que tu l’as déjà fait. Là, en ce moment, je me traine un peu sur la série Les Univers multiples de Stephen Baxter qui est un chouia trop libertaprout pour moi, limite fatigant, mais son univers est quand même intéressant. J’avais trouvé sa série Les enfants de la destiné bien plus féconde, même s’il faudrait vraiment qu’il arrête de se faire des IV de Ayn Rand le matin au saut du lit.
      Un que j’adore sans modération aucune, c’est Andreas Eschbach, très bon décrassage, super bien écrit, très affûté.

      Sinon, bien qu’étant très modérément fantaisy, j’ai trouvé la saga du Trône de Fer bien meilleure que la série dont la dérive putassière me déprime de plus en plus.

      Après, on m’a chuchoté de lire 1Q84 de Murakami, quand j’aurais le temps.

      Sinon, niveau polard, je suis une buse. J’ai une copine passionnée qui tient un blog à son image sur le sujet : http://carnetsnoirs.wordpress.com
      et sinon, monsieur Monolecte a beaucoup apprécié les deux premiers volumes des aventures de Fafouine Babouin, un truc très spécial, puisqu’il s’agit d’un polar polar rural, je dirais même plus, d’un polar gascon : http://fafouine-babouin.com

      Le pitch du n°5 (Valsez machos !), juste pour rigoler :

      Un sordide assassin a décidé de salement régler leur compte aux machos de la région. Et ses méthodes ne relèvent pas de la Bibliothèque rose. Dédé Alibert, marchand de vin, Antoine Pêchedru, agent immobilier, Gaby Conchoux, disc-jockey, Paul Bardollet, colonel à la retraite : tous sont retrouvés plus morts que morts, totalement nus et soigneusement émasculés. Pourquoi ? Par qui ? Comment

       ?

    • Si je peux me permettre quelques suggestions niveau SF & Fantasy, en plus des bons conseils déjà donnés :

      Jette un œil sur la production française de ces dernières années : Le Déchronologue de Stéphane Beauverger et Anamnèse de Lady Star de Laurent et Laure Kloetzer coté SF, Gagner la guerre et Janua Vera de Jean-Phillipe Jaworsky, ainsi que Chien du heaume ou Mordred de Justine Niogret en Fantasy. Dans un registre à part (pas vraiment Fantasy, mais pas vraiment SF non plus), il y a La Horde du Contrevent d’Alain Damasio, qui est tout simplement magnifique.

      Dans tout ces cas il y a non seulement des univers passionnants, mais aussi des écritures magnifiques.

      Sinon, China Miéville peut faire de très belles choses, Les scarifiés ou Le concile de fer sont de très beaux récits collectifs...

    • Je serais plus réservé en ce qui concerne Bordage : Ado, j’avais adoré Wang et Les guerriers du silence, mais j’ai été assez déçu en le relisant récemment, et je n’ai vraiment pas apprécié Gigante. À dire vrai, il m’a même profondément ennuyé...

    • Super, merci beaucoup ! Je note tout.

      @monolecte Je suis à jour du « Trône de fer » (malheureusement) ! De Bordage, j’avais adoré « Wang », mais ensuite j’ai trouvé « L’Evangile du serpent » vraiment nul et j’ai arrêté...

    • @fil A peu près rien de ce qu’on m’a recommandé ici :D

      J’ai lu « Dans le jardin de la bête » qu’on m’avait conseillé sur FB (oui je trompe Seenthis avec FB), c’est super. L’histoire de l’ambassadeur américain à Berlin et de sa famille pendant la montée du nazisme (ça se termine sur la Nuit des longs couteaux). C’est un boulot d’historien hyper minutieux qui se lit comme un roman. Génial pour observer comment les gens se comportent quand ils ne savent pas encore comment l’histoire va finir.

      D’Alain Damasio, j’ai lu « La Zone du dehors » mais je n’ai pas aimé. Déjà, les longs débats du genre « la violence révolutionnaire est-elle justifiée », ça me rappelle le boulot. Et puis le côté viriliste m’a gavée. Le héros qui déplore que quand les opposants politiques reviennent de camp de rééducation on les retrouve « efféminés »... Les leaders de la révolution sont tous des hommes, la seule femme de premier plan est l’amante du héros et elle est décrite comme « plus animale » qu’eux, sans déconner (le héros est prof d’université, lui)... Je l’ai quand même fini, et ensuite j’ai voulu essayer « La Horde du contrevent », mais au bout de trois pages j’ai trouvé son style trop prétentieux et j’ai laissé tomber.

      Même problème avec un roman néerlandais qu’on m’avait recommandé, « La découverte du ciel ». Assez vite l’un des deux héros sort une tirade comme quoi on a tort de parler d’intuition féminine, car seuls les hommes sont intuitifs, raison pour laquelle on leur doit toutes les inventions significatives de l’histoire de l’humanité. Après ça j’avais du mal à m’intéresser encore à ce garçon. En plus, c’est l’histoire d’un triangle amoureux, assez vite la fille est enceinte, puis elle a un accident et elle tombe dans le coma dont elle ne sort plus jamais. Son fils naît par césarienne et il est élevé par les deux héros masculins. En gros la femme sert juste d’utérus et les choses vraiment importantes se jouent entre hommes (mais je suis sûrement très injuste) (on devient parano, à force).

      Je recommande aussi « Elles vivaient d’espoir » et « La Survivance » de Claudie Hunzinger.

      Pas réussi à mettre la main sur le China Miéville avant de partir, mais je garde toute la liste sous le coude pour quand j’aurai fini d’écrire le mien, de livre :)


  • « Tout œil clos ne dort pas, toute bouche souriante n’est pas heureuse. »
    http://www.cases-rebelles.org/emission-n44

    Léonora Miano, dans le cadre du festival Atlantide présente « Out in the blue » une performance poétique hybride entre chants et textes dits. Sans ciller, Miano incarne des parcelles d’Histoire Noire en accord avec ses obsessions personnelles. Et elle dit au monde Blanc quelques saines vérités ; à propos du sucre, de Elf ou de l’invention du Nègre, par exemple. Durée : 1h. Source : Cases rebelles