person:lester bowie

  • Après ma consultation chez l’ostéopathe, cette dernière enchaîne avec le patient suivant, qui doit peser 125 kilogrammes de moins que moi, un nouveau-né.

    Ma chaîne ne fonctionnait plus, plus bien. Je suis donc allé chez le vétérinaire, il y avait effectivement un composant à huit euros qui avait besoin d’être changé. Dans le magasin du réparateur, en vitrine, des enceintes dont le prix, 28.900 euros, dépasse donc, de pas mal, mon revenu annuel. Je vérifie auprès du réparateur : « à ce prix-là c’est une ou les deux enceintes ?
    – Nous ne sommes pas des monstres », me répond-il, « à ce prix-là, vous repartez avec la paire ! » Je m’excuserais presque de la modicité de ma réparation, il m’assure qu’au contraire il est heureux de dépanner un client qui, d’après l’usure des composants de son ampli, doit écouter de la musique du matin jusqu’au soir (c’est vrai), alors que, avisant d’un hochement de tête, les enceintes à un an de salaire de petit ingénieur informatique de maîtrise d’ouvrage, celles et ceux qui achètent de tels équipements ne les usent pas forcément beaucoup.

    Le remplacement urgent des 1200 assiettes de service de l’Elysée par les ateliers de porcelaine de Sèvres coûtera donc 500.000 euros, soit un peu plus de quatre cents euros l’assiette. Un pognon de dingue !

    #pognon_de_dingue

    • Mon vénérable ampli a un peu plus de 30 ans. Je me disais récemment qu’il allait quand même falloir que je lui change le potentiomètre de volume qui craque un peu. Pour le reste, il est allumé 24h sur 24 et de s’en plaint pas. Et oui, c’est réparable ces petites bêtes, et c’est bien.

    • J’ai du changé mon ampli, un vieux Scott, qui avait plus de trente ans. Je suis allée dans la boutique d’un mec un peu fou, pas vraiment fait pour la vente, qui m’a recommandé un ampli d’une marque qui m’était totalement inconnue, Atoll. Marché conclus, il a tenu à venir voir mon installation à la maison mais j’hésitais parce que je savais avoir une enceinte mal placée et qu’il allait hurler en voyant cela. Comme j’étais arrivée à son magasin en fin de journée, il a fermé sa boutique et m’a suivi jusqu’à la maison. Il a regardé mon installation, évidemment constaté l’anomalie sans s’offusquer plus que ça puis s’est intéressé à mes disques. C’était la véritable épreuve que j’ai passée avec mention très bien :) Tout cela en discutant avec entrain. Il m’a ensuite invité à repasser à sa boutique le lendemain, il me donnerait du câble d’enceinte digne de ce nom (les miens étaient ceux d’origine). Une fois reparti, j’ai installé le nouvel ampli et j’ai été décoiffée en découvrant mes disques, le son n’avait plus rien à voir, je découvrais des sonorités qui m’avaient totalement échappées et d’une manière générale la musique était plus « lumineuse ».

    • L’année dernière un collègue dont le hobby est de fabriquer des enceintes dont le principe est assez génial, un seul speaker (et quel !) par enceinte et les basses prennent un chemin différent dans une sorte de grand tunnel à la courbe très élégante (au sortir de laquelle, en mattant la main on se faisait caresser par les basses, à se faire prendre par la main par Hélène Labarrière !), ce collègue voulait absolument me les faire essayer. On organise un échange de prisonniers dans le garage du travail. Je branche ses monstres et là, stupéfaction : épouvantable pour toute la musique classique, le jazz n’en parlons pas, les Beatles entièrement dénaturés au niveau des voix, Zappa pareil mais surprise, pour toute la musique improvisée, c’était à se damner, c’était comme d’être au premier rang aux Instants, même qu’une amie musicienne improvisatrice qui passait un jour à la maison aurait voulu se les acheter. Hélas, le prix.

      http://desordre.net/bloc/ursula/2017/sons/otomo_yoshihide.mp3

      Il n’empêche, pour les lui rendre après un mois et le remercier de cette expérience curieuse, je l’ai invité à déjeuner à la maison pour qu’il se rende compte que mes enceintes étaient tellement plus naturelles et chatoyantes que le siennes, je lui ai malgré tout passé quelques disques de musique improvisée (notamment Otomo Yoshihide qui sonnait incomparablement sur ses enceintes), il n’avait jamais rien entendu de tel, c’était assez drôle. Cette non-rencontre.

      http://desordre.net/musique/aec.mp3

      Il y a une dizaine d’années, je suis allé chez une othorhinolaryngologue pour éventuellement dépister des polypes sur mes cordes vocales (aphone que j’étais depuis trois semaines - c’est à cette occasion que j’ai appris à mener un entraînement de rugby en mime et sifflet, j’aurais du faire breveter la méthode c’était remarquable de pédégogie), par bonheur, rien, si ce n’est cette expérience curieuse, l’othorhinolaryngologue une toute petite femme, peinant à faire le tour de ma carcasse, finalement, avec ma permission, s’installant presque sur mes genoux, pour me rentrer un fribroscope et me donner à voir sur un écran de contrôle tout le larynx et deux petites choses blanches vibrant comme des cordes de guitare affolées, les cordes vocales. Pendant qu’elle y était, comme elle a dit, elle a inspecté mes oreilles dans lesquelles il y avait à redire, deux petits bouchons de cire qu’elle a extraits, je me souviens que rentré à la maison, j’ai mis un disque de l’Art Ensemble of Chicago que je croyais connaître par coeur, c’était comme si j’avais ressuscité Lester Bowie !

      Vu que l’ampli est réparé, qu’il y a une nouvelle cellule sur la platine et des câbles neufs vers les enceintes, je me demande si je ne devrais pas reprendre rendez-vous chez l’othorhinolaryngologue.

  • J’ai refait un vieux rêve
    Celui d’une boîte dans laquelle
    Je cuisine des images projetées

    https://www.youtube.com/watch?v=u3PwFDlNUjg

    Petit déjeuner silencieux
    Puis l’envie d’un café-fenêtre
    Garth Knox m’emmène. Loin

    Marché gris
    Manque d’inspiration
    Répétition des légumes d’hiver

    Humeur morose
    Lumière grise
    Et saleté dans la cuisine

    Je monte dans ma chambre
    Tire le rideau, m’isole, allume un peu
    Travaille

    http://www.desordre.net/bloc/ursula/2014/sons/bowie.mp3

    Hier Lester Bowie
    Aujourd’hui Monk
    Demain ?

    http://www.desordre.net/musique/monk_midnight.mp3

    Pâtes sur le pouce
    Submergé par la fatigue
    Je m’endors comme une pierre

    Rêve de sieste
    Anormalement
    Développé

    De petits androïdes aux tailles réduites
    Mais qui encouragent et conseillent
    Leur propriétaire du matin jusqu’au soir

    Applications surprenantes chez les comptables
    Plus prévisibles pour les ouvriers à la chaîne
    Et décervelantes pour les auteurs

    https://www.youtube.com/watch?v=oNJo-E4MEk8&t=332s

    J. n’a pas le moral
    Et me demande de lui raconter une blague
    Je lui envoie l’url d’une conférence gesticulée de Lepage

    Je passe deux bonnes heures
    A tenter de mettre en forme
    Mon rêve d’androïdes encourageants

    Je vais me promener une petite heure
    Temps gris, un coup de téléphone gris
    Depuis les fenêtres d’un café du rugby à la TV

    Je rencontre un voisin
    Dont je sais un peu le combat
    Nous échangeons

    Dans les rues de Fontenay
    Je passe devant deux maisons
    Dont j’aimais le désordre. Disparu

    Rentré à la maison
    Une tasse de thé
    Et je m’y mets

    Un peu de ménage
    Un peu de rangement
    Un peu de cuisine

    Pendant que les tomettes sèchent
    Après la caresse de la wassingue
    Je joue un peu de guitare

    Les enfants rentrent
    Tous les trois de bonne humeur
    Quelques échanges vifs au dessert

    Ils ont grandi
    Je quitte la table pour écrire
    Il et elles débarrassent et font la vaisselle

    La sieste de cet après-midi
    N’a pas lavé le fond de fatigue
    J’éteins et me laisse enfoncer dans la nuit

    #mon_oiseau_bleu

  • Mon inconscient
    Serait-il en grève
    Un matin sur deux ?

    Mon inconscient
    Serait-il
    Suspicieux ?

    Mon inconscient
    Flaire-t-il chez moi
    Le plagiaire éhonté ?

    Un café et ses trois tartines
    Mon prochain grille-pain
    Aura trois fentes

    http://desordre.net/bloc/ursula/2014/sons/bowie.mp3

    Un peu de Lester Bowie
    Un petit tour sur seenthis
    Et hop au travail !

    Dans Frôlé par un V1
    J’ai le sentiment de fluidité
    Quand soudain, une digression possible

    La liste des auteurs
    Dont je ne connais pas du tout
    Le visage, et pourtant

    Frôlé par un V1
    Je me demande si ce n’est pas
    Ma tentative d’approcher l’invisible

    Décrire l’invisible
    L’immensément grand
    Ce qui existe sans exister, la vie

    De temps en temps
    La guitare électrique donne un répit
    Au jeune auteur en manque d’inspiration

    Tentative infructueuse
    De s’y remettre
    Sortir aller flâner

    Chez un bouquiniste
    Chance insigne
    Une monographie de Velázquez

    A Beaubourg en quête d’un renseignement
    L’exposition de photogrammes
    De Klein, Ifert, Zamecznik

    On peut étudier la photographie
    Et découvrir à 53 ans le travail de Gérard Ifert
    Et le replonger dans l’oubli en sortant de l’expo

    On peut étudier le graphisme
    Et comprendre à 53 ans que Wojciech Zamecznik
    Travaillait son graphisme en photographie !

    On peut connaître le travail de William Klein
    Et avoir, à 53 ans, encore des occasions
    De s’émerveiller de sa prétention

    Et je finis par rejoindre
    La Maison de la Poésie
    Soirée du souvenir pour Phil

    Sébastien en chef d’orchestre
    À l’immense justesse
    Fil du rasoir, les émotions jamais loin

    Assis entre Sereine et Jean Richard
    Je me laisse aller en confiance
    Aux larmes quand elles viennent

    Ma cassette fait (un peu) rire
    C’est déjà ça. Je n’aurais pas voulu
    Que tout soit pleurs à propos de Phil

    La très grande réussite de cette soirée
    Rendre l’absence de Phil impossible
    Jusqu’à l’absurde. Dans tes dents la mort !

    Au foyer, vidés de nos émotions
    Nous buvons un verre
    Nos verres s’entrechoquent sans cesse : à Phil !

    Je croise Lucie
    « J’ai tellement aimé ton poème »
    Sa modestie, elle paraît surprise

    Le restaurant corse
    N’a pas de table assez grande
    Pour tous nous accueillir

    Tête à tête avec Fred
    Depuis le temps
    Et la conversation reprend

    On parle de Godard
    Avec Sébastien
    On a vaincu rien moins que la mort

    Je raccompagne
    J. et Tanya
    Rires et rire encore

    La Mort, mets-toi ça dans la caboche
    Tu ne nous as pas pris Phil
    Il nous suffit de dire son nom et il est là

    #mon_oiseau_bleu

  • http://desordre.net/bloc/ursula/2014/sons/coleman_beauty.mp3

    C’était, je crois, le plus beau concert de ma vie. Une première partie avec le Brass Fantasy de Lester Bowie avait galvanisé la salle du Grand Rex à Paris, énergie folle et festive, du cuivre, encore du cuivre toujours du cuivre et quels cuivres !, au milieu d’eux, Lester Bowie dans son habituelle tenue de laborantin, blouse blanche, petites lunettes, trompette, qui allait bien pouvoir jouer après pareil déluge d’énergie joyeuse et somme toute mélodique après que la douzaine de musiciens se retirent d’une scène archicomble de matériel, de percussions, de pupitres et de perches à microphones ? Oui, qui ?

    Un entracte de très courte durée si l’on juge de la nécessité de ranger tout le foutoir laissé derrière par le Brass Fantasy , et l’installation sur un petit tapis au centre de la scène, les grands rideaux de scène entièrement retirés, une batterie, mais une batterie de peu de choses, la grosse caisse, le charleston, la caisse claire, un petit fût médium, un gros tome et une cymbale crash et c’était bien tout, il y avait déjà un contraste saisissant d’avec la cohue qui avait précédé et dont le souvenir visuel finalement s’estompait dans ce retour à la simplicité.

    Ils sont arrivés, ils étaient quatre, des hommes déjà un peu âgés, pas le grand âge, mais déjà une certaine prestance dans des costumes aux coupes discutables, mais tout à fait le genre d’habits que l’on voit sur les hommes dans les quartiers noirs des grandes villes américains le dimanche matin sur le chemin de la messe. L’un des quatre avait une allure plus juvénile, et portait lui au contraires des vêtements amples et une écharpe, les bras croisés il tenait une manière de trompette de poche, comme d’aucuns tiennent leur cigarette. Le contrebassiste était une homme blanc au physique assez quelconque et était habillé comme n’importe quel informaticien qui sortait du boulot et qui le soir jouait du jazz pour se détendre, il ramassa sa contrebasse couchée sur le petit tapis qu’il partageait avec le batteur, donna deux ou trois tours de clefs plus précis pour l’accord de cette contrebasse, qui droite et debout désormais le rendait, lui, le contrebassiste, petit, presque. Le batteur donnait l’apparence d’un homme assez commun quoique plus souriant que les trois autres, il s’est assis derrière ses fûts comme d’autres se plantent devant leur ordinateur en arrivant au travail le matin, encore qu’à l’époque nous n’étions pas nécessairement très nombreux à nous planter devant un ordinateur en arrivant au bureau. Le patron, parce que qu’on voyait tout de suite que c’était le patron a murmuré deux ou trois instructions à ses coéquipiers, a planté ses deux pieds dans des marques presque, devant le microphone, il a ajusté la bretelle de son saxophone alto à l’apparence matte, pour être, de fait, un saxophone en plastique. Et tout d’un coup, sans crier gare, les quatre dans une simultanéité qui force un peu le respect tout de même, pas des rigolos, ils sont partis plein pot, et ont, deux heures durant, dans cette immobilité des corps, peut-être pas, des pieds en tout cas, joué le plus débridé des jazz.

    Un jazz déconstruit, dont on voyait bien qu’aucun des quatre ignorait les habituels sillons, mais bien au contraire tous les quatre étaient lancés dans un effort collectif de déconstruire tout ce qui aurait pu ressembler, même de très loin, à de l’habitude. Parce que le jazz, ce que l’on appelle le jazz à la papa, et qui représente la quasi entièreté de la production de cette musique, est une affaire terriblement ennuyeuse dans laquelle le plan justement consiste à exposer tutti le thème, puis les solistes se succèdent soutenus dans leurs plus ou moins grandes tentatives d’écart, par la section rythmique, la contrebasse, la poutre, la batterie, les solives annexes et quand il y en a un, le piano, la déco. Une fois sur quatre on laissera une huitaine de mesures au contrebassiste, parfois seulement quatre, pour, au choix, continuer ce qu’il faisait depuis le début, mais cette fois seul, solo, ou, plus audacieux, pas toujours heureux, tout un chacun n’est pas Charlie Haden, justement le type habillé en informaticien qui sort du boulot, étoffer ce qu’il faisait jusqu’à présent dans le but que les autres brillent. Et pour vous dire à quel point tout ceci est convenu, il est attendu que le public montre sa compréhension, de ce qui n’est pourtant pas très mystérieux, en applaudissant quand le témoin passe d’un musicien à l’autre, ce qui, invariablement recouvre entièrement ce qui pourrait être sauvé de cette routine, le passage du thème d’un musicien à l’autre. A vrai dire cette forme a été produite et déclinée, avec une maestria inégalée depuis, par le sextet de Miles Davis dans Kind of blue et dispense d’écouter tout ce qui procède du même mouvement et qui n’a pas, loin s’en faut, la même grâce que cet album admirable. D’ailleurs pour montrer à quel point ces quatre-là d’une part n’ignoraient pas ces us-là, mais avaient surtout décidé de les bousculer, après avoir exposé le thème de The face of the bass , ils se turent tous les trois pour laisser la place au solo de contrebasse habituellement relayé au xième rang d’un concert. On commencerait donc par la contrebasse.

    Et tout dans ce concert était de ce bois-là, une entreprise à la fois savante de déconstruction et à la fois une recensement appliqué des possibles une fois que cette base a été nivelée. Le contrebassiste, informaticien de jour, ne coupait pas ses notes, comme font généralement ses collègues pour donner cet élément qui porte le joli mot de swing, mais qu peut rapidement devenir une dictature, mais, au contraire, ne manquait jamais une occasion de laisser les notes de cordes à vide sonner dans une rondeur tout à fait voluptueuse, un certain Charlie Haden donc. Avec une économie gestuelle très curieuse à voir tant elle était peu synchrone de la musique effectivement jouée, le batteur créait une féerie de rythme, de contre-rythme et surtout une palette remarquable de couleurs, atteignant de ce fait une musicalité souvent étrangère aux batteurs de jazz, un type appelé Billy Higgins, un type qui avait surtout l’air d’être charmant, le trompettiste aux allures de joueur de basket à la ville, à la différence des trois autres arpentait nonchalamment la scène et ponctuait cette promenade de phrases à la fois rapides mais aux notes parfaitement détachées, un chat à la cool répondant au nom de Don Cherry, quant au saxophoniste à l’instrument en plastique et à la sonorité de ce fait sans grande longueur, il compensait remarquablement cette absence de couleurs, manifestement refusée par fuite de la facilité, et compensait donc par une gamme très riche, une manière de système à lui qui s’interdisait de jouer une note si les onze autres de la même gamme n’avaient pas toutes été jouées elles aussi une fois : Ornette Coleman, les deux pieds collés au sol, droit comme un i et d’une folie à la Burroughs, une vraie folie déguisée en absolue normalité.

    Ce sont des années et des années plus tard que retombant sur des galettes de Lester Bowie j’avais ce sentiment étrange de déjà entendu — I have this strange feeling of déjà entendu — pour finalement me souvenir que cela avait été le concert qui précédait le quartet mythique d’Ornette Coleman, lequel avait tout de même réussi à effacer de ma mémoire une aventure de Lester Bowie.

    Et aujourd’hui dans l’espace ouvert pas très ouvert, j’ai appris la mort d’Ornette Coleman, à mon travail, et j’ai dit, soudain fort triste, Oh Ornette Coleman est mort, et mes collègues informaticiens se sont retournés vers moi pour me répondre qui ça ?.

    J’ai répondu l’inventeur du free jazz pour faire court, binaire presque. J’ai attendu d’être seul dans mon garage ce soir pour sortir le vieux Beauty is a rare thing de son coffret, ce morceau qui, déjà du vivant d’Ornette Coleman, me tirait des larmes. Les artistes, les vrais, sont également très rares. Nous venons d’en perdre un.