person:mahmoud darwish


  • Je suis hyper fier que sorte enfin cet article sur lequel j’ai travaillé depuis près de 5 ans :

    Soixante-dix ans de chansons pour la Palestine
    Emmanuel Dror, Contretemps, le 31 mai 2018
    http://www.contretemps.eu/chansons-palestine

    Je serais curieux d’avoir l’avis, les commentaires et les critiques des éminent.e.s spécialistes de la question sur seenthis...

    J’ai réuni ici 181 chansons (dont 167 qui sont dans la playlist youtube qui accompagne cet article), de plus d’une trentaine de pays, avec leur contexte historique, politique et culturel.
    https://www.youtube.com/watch?v=5SZNRpl1Krs&list=PLkeA_mTMOkTsshUhOlBgZqPYx4UrLNCvh

    La Palestine vaincra, et comme dit Saleh Bakri, la musique sera l’âme de la révolution !

    #Palestine #Musique #Musique_et_politique #shameless_autopromo



  • VENITMIGLIA, IMPERIA, ITALY - 2017/12/14
    Lines from a poem by famous Palestinian poet Mahmoud Darwish is plastered on the walls of an underpass that offers shelter to well over a hundred migrants and refugees in Ventimiglia, Italy. Refugees and migrants stay here in between attempts to cross into France, which is just a few kilometres away. Italy is a country hit hard by the European refugee/migrant crisis. Unlike Greece where most of the migrants are from the war torn middle east, most of the migrants in Italy are from African nations heading to Europe for economical reasons.(Photo by John Owens/SOPA Images/LightRocket via Getty Images)


  • Bienvenue : Une lettre de Mahmoud Darwish
    21 juillet | Mahmoud Darwish pour The Electronic Intifada |Traduction J.Ch. pour l’AURDIP
    http://www.aurdip.fr/bienvenue-une-lettre-de-mahmoud.html

    Le célèbre poète palestinien Mahmoud Darwish a été le premier écrivain que le Festival de Littérature de Palestine ait approché pour lui demander d’être Parrain Fondateur. Il a accepté. Il devait prendre la parole en mai 2008 à l’inauguration de PalFest dans la ville de Ramallah en Cisjordanie occupée, mais des raisons médicales l’ont empêché d’y être présent. Il a alors envoyé une lettre. Darwish est mort trois mois plus tard en août.

    La traduction en anglais de cette lettre figure en introduction de Ceci N’est Pas une Frontière, recueil d’essais, journaux et poèmes récemment publié pour les dix ans de PalFest. La lettre de Darwish figure ici en ligne pour la première fois.


    Chers amis,

    Je regrette de ne pas être ici aujourd’hui pour vous accueillir personnellement.

    Bienvenue sur cette terre de douleur, dont l’image littéraire est tellement plus belle que sa réalité actuelle. Votre courageuse visite de solidarité est plus qu’une simple salutation en passant à un peuple privé de liberté et d’une vie normale ; elle est une expression de ce que la Palestine en est venue à signifier pour la vive conscience des êtres humains que vous représentez. Elle est une expression de la prise de conscience de son rôle par l’écrivain : un rôle directement engagé dans les questions de justice et de liberté. La recherche de la vérité, qui est un des devoirs de l’écrivain, prend – sur cette terre – la forme d’une confrontation avec les mensonges et l’usurpation qui font le siège de l’histoire contemporaine de la Palestine ; avec les tentatives d’effacement de notre peuple de la mémoire de l’histoire et de la carte de ce lieu. (...)


  • “In a piece never published online until now, Mahmoud Darwish describes the Palestinian writer’s difficult duty”

    Welcome: A letter from Mahmoud Darwish
    https://electronicintifada.net/content/welcome-letter-mahmoud-darwish/21081

    “The renowned Palestinian poet Mahmoud Darwish was the first writer that the Palestine Festival of Literature approached with a request to be a Founding Patron. He accepted. He was due to speak at PalFest’s inaugural event in the occupied West Bank city of Ramallah in May 2008 but medical reasons prevented him from attending. He sent a letter instead. Darwish passed away three months later in August.

    The English translation of his 2008 letter features as the opening piece of This Is Not a Border, a newly published collection of essays, diaries and poems marking a decade of PalFest. Darwish’s letter appears online here for the first time.

    Dear Friends,”


  • The Walled Off Hotel La dernière réalisation de Banksy à Bethléem
    http://banksy.co.uk/rooms.html

    If you stay at the Walled Off you could find yourself literally sleeping inside a work of art. So far Banksy, Sami Musa and Dominique Petrin have customised guest rooms, more will follow.


    As Diane Arbus once said ’to live with an artwork is something different, to glimpse it from the corner of your eye.’


    L’artiste de rue britannique Banksy a révélé vendredi à #Bethléem sa nouvelle création dans les Territoires #palestiniens, un hôtel jouxtant le mur de séparation construit par #Israël.

    « Hotel Walled-Off » est à l’image de l’œuvre de Banksy transfigurant la réalité avec poésie et une fausse naïveté : les chambres donnent directement sur le mur, un des emblèmes d’un conflit vieux de presque 70 ans.

    « Hotel Walled-Off » s’inscrit aussi dans une actualité qui fait la part belle aux #murs de séparation.

    L’établissement offre « la pire vue que l’on puisse avoir d’un hôtel », a affirmé #Bansky dans un communiqué.

    Walled-Off joue sur le nom d’une chaîne d’hôtels de luxe et « walled off », « coupé par le mur » en anglais.


    Dans un ancien immeuble résidentiel situé à quelques mètres du mur et vidé de ses occupants, Banksy a reconstitué avec son équipe un hôtel à l’intérieur un peu suranné, s’amusant à détourner des motifs célèbres pour la décoration.


  • Palestinian poet Dareen Tatour imprisoned again [Samidoun : Palestinian Prisoner Solidarity Network, 25 juillet]

    http://samidoun.net/2016/07/palestinian-poet-dareen-tatour-imprisoned-again

    Dareen Tatour, a Palestinian citizen of Israel, was imprisoned for three months followed by over six months of house arrest over “incitement” allegations based on her poetry, posted online in a YouTube video and shared on Facebook. She was forced into house arrest near Tel Aviv far from her village of Reineh; her brother and sister in law needed to drop work and school in order to serve as “guards” 24/7, and she is forbidden from access to the internet. Tatour must wear an electronic ankle bracelet at all times. Her case has received increasing attention and solidarity, and the support of hundreds of prominent international literary figures such as Alice Walker, Eve Ensler, Marilyn Hacker, Viet Thanh Nguyen, Dave Eggers, Susan Abulhawa, and many others. Her case, one of hundreds of Palestinians facing arrest and imprisonment for writing on Facebook, has sparked outrage and highlighted the long history of Israeli colonial erasure of Palestinian cultural production, from the assassination of Ghassan Kanafani to the imprisonment of Mahmoud Darwish, Tawfiq Ziyyad, and Samih al-Qasim.

    #Palestine #Israël #Palestiniens48 #Dareen_Tatour #poésie #femmes #prisonniers

    • Le poème pour lequel elle a été mise en prison:

      Resist, My People, Resist Them
      Dareen Tatour, 2015
      https://arablit.org/2016/04/27/the-poem-for-which-dareen-tatours-under-house-arrest-resist-my-people-resis
      https://www.youtube.com/watch?v=R1qnlN1WUAA

      Resist, my people, resist them.
      In Jerusalem, I dressed my wounds and breathed my sorrows
      And carried the soul in my palm
      For an Arab Palestine.
      I will not succumb to the “peaceful solution,”
      Never lower my flags
      Until I evict them from my land.
      I cast them aside for a coming time.
      Resist, my people, resist them.
      Resist the settler’s robbery
      And follow the caravan of martyrs.
      Shred the disgraceful constitution
      Which imposed degradation and humiliation
      And deterred us from restoring justice.
      They burned blameless children;
      As for Hadil, they sniped her in public,
      Killed her in broad daylight.
      Resist, my people, resist them.
      Resist the colonialist’s onslaught.
      Pay no mind to his agents among us
      Who chain us with the peaceful illusion.
      Do not fear doubtful tongues;
      The truth in your heart is stronger,
      As long as you resist in a land
      That has lived through raids and victory.
      So Ali called from his grave:
      Resist, my rebellious people.
      Write me as prose on the agarwood;
      My remains have you as a response.
      Resist, my people, resist them.
      Resist, my people, resist them.

    • Résiste, Mon Peuple, Résiste leur
      Dareen Tatour, 2015
      http://entrelesoreilles.blogspot.ca/2016/09/elo246-dareen-tatour.html

      Résiste, mon peuple, résiste leur.
      A Jérusalem, je me suis habillée de mes blessures et j’ai respiré mes douleurs
      Et j’ai porté l’âme dans ma paume
      Pour une Palestine arabe.

      Je ne succomberai pas à la « solution pacifique »
      Je ne baisserai pas mes drapeaux
      Jusqu’à ce que je les expulse de ma terre.
      Je les ai mis de côté pour un moment qui va venir.

      Résiste, mon peuple, résiste leur.
      Résiste au vol du colon
      Et suis la caravane des martyrs.

      Déchire cette constitution honteuse
      Qui a imposé dégradation et humiliation
      Et nous a dissuadé de rétablir la justice.

      Ils ont brûlé des enfants innocents ;
      Quant à Hadil, ils l’ont abattue en public,
      Tuée en plein jour.

      Résiste, mon peuple, résiste leur.
      Résiste à l’assaut du colonialiste.
      Ne fais pas attention à ses agents qui sont parmi nous
      Qui nous enchaînent avec l’illusion pacifique.

      Ne crains pas les langues qui doutent ;
      La vérité dans ton cœur est plus forte,
      Tant que tu résiste sur une terre
      Qui a vécu les raids et la victoire.

      Alors Ali a appelé depuis sa tombe :
      Résiste, mon peuple rebelle.
      Écris-moi comme de la prose sur le bois d’agar ;
      Mes restes vous ont comme une réponse.

      Résiste, mon peuple, résiste leur.
      Résiste, mon peuple, résiste leur.


  • Le défunt poète national palestinien va continuer à hanter Israël
    dimanche 24 juillet 2016
    par Gidéon Lévy – 23 juillet 2016 – Haaretz – Traduction CSPRN [Comité Solidarité Palestine de la Région nazairienne] relu et corrigé par JPP.
    http://chroniquepalestine.com/defunt-poete-national-palestinien-va-continuer-a-hanter-israel

    Mahmoud Darwish insiste pour mentionner ce que les Israéliens ne veulent pas reconnaître : Un grand péché a été commis ici lorsque l’État d’Israël a été fondé en 1948.

    Le spectre du poète national palestinien Mahmoud Darwish ne nous quittera jamais. Périodiquement, une chasse aux sorcières éclatera sur sa poésie, en remuant les émotions et agaçant les Israéliens jusqu’à ce qu’ils le comparent à Hitler. Cela s’atténue mais cela revient à nouveau plus tard. Il n’y a pas moyen d’y échapper. Aucun des fantômes de la guerre d’indépendance de 1948 nous laissera jusqu’à ce que nous reconnaissions notre culpabilité, admettions le péché et en assumions la responsabilité en présentant des excuses, en versant des indemnités et, surtout, jusqu’à ce que nous changions nous-mêmes. Sans cela, les fantômes continueront à nous tourmenter et ne nous donnerons pas de repos.

    Le plus récent scandale de Darwish, qui a été attisé par deux ministres ignorants – la ministre de la Culture et des Sports Miri Regev et le ministre de la Défense Avigdor Lieberman, dont il est douteux qu’ils aient jamais lu un poème de Darwish – est un autre maillon de la chaîne. Malgré leur ignorance, ces deux-là savaient qui attaquer. Ils savaient que, plus que toute autre personnage, Darwish frappe le nerf le plus sensible de la société israélienne et rend les Israéliens fous à chaque fois. Ils essayent toujours de le dissimuler par n’importe quel moyen – cachant, niant, mentant et réprimant – mais toujours sans succès.

    Darwish touche au péché originel, ce qui fait de lui un Hitler. Il expose la plaie béante, ce qui le place en dehors des limites. Si les Israéliens étaient convaincus qu’il n’y avait eu aucun péché, ni aucune plaie ouverte, ils n’auraient pas si peur de sa poésie. S’ils étaient convaincus que tout avait été fait correctement à l’époque, en 1948, et que rien n’aurait pu être différent, Darwish aurait été relégué au domaine des départements de littérature.(...)

    https://seenthis.net/messages/511473


  • The Mahmoud Darwish Poem That Enraged Lieberman and Regev - Poem of the Week - Haaretz

    http://www.haaretz.com/israel-news/culture/poem-of-the-week/1.732421

    Aux chiottes Lieberman, aux chiottes.

    ID Card

    Mahmoud Darwish

    Write it down! I’m an Arab
    My card number is 50000
    My children number eight
    And after this summer, a ninth on his way.
    Does this make you rage?
    I am an Arab.
    With my quarry comrades I labor hard
    My children number eight
    I tug their bread, their clothes
    And their notebooks
    From within the rock
    I don’t beg at your door
    I don’t cower on your threshold
    So does this make you rage?
    Write it down!
    I am an Arab.
    I am a name with no honorific.
    Patient in a land
    Where everything lives in bursting rage
    My roots were planted before time was born
    Before history began
    Before the cypress and the olive trees
    Before grass sprouted
    My father is from the plough clan
    Not from the noble class
    My grandfather was a peasant farmer
    Had no pedigree
    Taught me the pride of the sun
    Before teaching me to read
    A shack to guard groves is my home,
    Made of branches and reeds
    Are you pleased with my status?
    I am a name with no honorific.
    Write it down!
    I am an Arab.
    Hair color: charcoal
    Eye color: brown
    Attributes:
    A cord around the quffiyeh on my head
    My hand as hard as rock
    That scratches if you touch it
    My address:
    I am from a forgotten abandoned village
    Its streets nameless
    All its men in the fields and quarries
    Does this make you rage?
    Write it down!
    I am an Arab.
    You have stolen my ancestors’ groves
    And the land we cultivated
    I and all my children
    Leaving nothing for us and all my grandchildren
    Except these rocks
    Will your government take them
    Like people say?
    Therefore,
    Write down on the top of the first page:
    I do not hate people
    And I do not steal from anyone
    But if I starve
    I will eat my oppressor’s flesh
    Beware, beware of my starving
    And my rage.

    1964. Translated from Arabic by Salman Masalha and Vivian Eden

    In yet another swipe by Prime Minister Benjamin Netanyahu’s government at freedom of the press, Defense Minister Avigdor Lieberman summoned Army Radio commander Yaron Dekel for a dressing-down over the broadcast last week of a discussion of this poem by Palestinian poet Mahmoud Darwish – in a series on formative Israeli texts on the station’s “University on the Air” program.

    Earlier, Culture and Sport Minister Miri Regev slammed the radio station, which has been on the government’s hit list for a while, for having “gone off the rails.”

    #darwish for ever

    • Inscris « Je suis Arabe », Mahmoud Darwich

      Inscris !
      Je suis Arabe
      Le numéro de ma carte : cinquante mille
      Nombre d’enfants : huit
      Et le neuvième. . . arrivera après l’été !
      Et te voilà furieux !

      Inscris !
      Je suis Arabe
      Je travaille à la carrière avec mes compagnons de peine
      Et j’ai huit bambins
      Leur galette de pain
      Les vêtements, leur cahier d’écolier
      Je les tire des rochers. . .
      Oh ! je n’irai pas quémander l’aumône à ta porte
      Je ne me fais pas tout petit au porche de ton palais
      Et te voilà furieux !

      Inscris !
      Je suis Arabe
      Sans nom de famille – je suis mon prénom
      « Patient infiniment » dans un pays où tous
      Vivent sur les braises de la Colère
      Mes racines. . .
      Avant la naissance du temps elles prirent pied
      Avant l’effusion de la durée
      Avant le cyprès et l’olivier
      . . .avant l’éclosion de l’herbe
      Mon père. . . est d’une famille de laboureurs
      N’a rien avec messieurs les notables
      Mon grand-père était paysan – être
      Sans valeur – ni ascendance.
      Ma maison, une hutte de gardien
      En troncs et en roseaux
      Voilà qui je suis – cela te plaît-il ?
      Sans nom de famille, je ne suis que mon prénom.

      Inscris !
      Je suis Arabe
      Mes cheveux. . . couleur du charbon
      Mes yeux. . . couleur de café
      Signes particuliers :
      Sur la tête un kefiyyé avec son cordon bien serré
      Et ma paume est dure comme une pierre
      . . .elle écorche celui qui la serre
      La nourriture que je préfère c’est
      L’huile d’olive et le thym

      Mon adresse :
      Je suis d’un village isolé. . .
      Où les rues n’ont plus de noms
      Et tous les hommes. . . à la carrière comme au champ
      Aiment bien le communisme
      Inscris !
      Je suis Arabe
      Et te voilà furieux !

      Inscris
      Que je suis Arabe
      Que tu as rafflé les vignes de mes pères
      Et la terre que je cultivais
      Moi et mes enfants ensemble
      Tu nous as tout pris hormis
      Pour la survie de mes petits-fils
      Les rochers que voici
      Mais votre gouvernement va les saisir aussi
      . . .à ce que l’on dit !

      DONC

      Inscris !
      En tête du premier feuillet
      Que je n’ai pas de haine pour les hommes
      Que je n’assaille personne mais que
      Si j’ai faim
      Je mange la chair de mon Usurpateur
      Gare ! Gare ! Gare
      À ma fureur !

    • The Late Palestinian National Poet Will Continue to Haunt Israel

      Mahmoud Darwish insists on mentioning what Israelis don’t want to acknowledge: A great sin took place here when the State of Israel was founded in 1948.
      Gideon Levy Jul 23, 2016 11:53 PM
      http://www.haaretz.com/opinion/.premium-1.732885

      The specter of Palestinian national poet Mahmoud Darwish will never leave us. Every few years, a witch hunt will erupt over his poetry, stirring emotions and riling Israelis until they compare him to Hitler. It subsides but then revives again. There’s no escaping it. None of the ghosts of the 1948 War of Independence will leave us until we recognize the guilt, acknowledge the sin and take responsibility for it by apologizing, paying compensation and, above all, changing ourselves. Until then, the ghosts will continue to torment us and not give us rest.

      The most recent Darwish scandal, which was fanned by two ignorant ministers – Culture and Sports Minister Miri Regev and Defense Minister Avigdor Lieberman, whom it’s doubtful ever read a Darwish poem – is another link in the chain. Even in their ignorance, the two knew whom to attack. They knew that, more than any other figure, Darwish hits Israeli society’s most sensitive nerve and drives Israelis crazy every time. They always try to cover up any way they can – concealing, denying, lying and repressing – but always without success.

      Darwish touches on the original sin, which makes him Hitler. He exposes the gaping wound, which makes him off-limits. If Israelis had been convinced that there was no sin and no bleeding wound, they wouldn’t have been so afraid of his poetry. If they were convinced that everything had been done properly back then, in 1948, and that nothing could have been different, Darwish would have been left to the realm of literature departments.

      But the late poet insists on mentioning what Israelis don’t want to know: a great sin took place here. The establishment of Israel – just as it was – was accompanied by the unforgiveable crime of ethnic cleansing of wide parts of the country. No Jewish National Fund grove can cover up the moral ruins on which the state was built. Israel added insult to injury by not allowing the Palestinians who were expelled or fled to return. A thousand historical testimonies, which we also avoid like fire, are not equal to one line of Darwish poetry: “Where will you take me, my father?”

      I will never forget that punch to the stomach, or rather, the dagger to my heart, from the Spring 1996 issue of the Hebrew journal Hadarim, edited by Halit Yeshurun. A dozen pages of Darwish poems from “Why Did You Leave the Horse Alone?” (translated into Hebrew by Anton Shammas): “And who will live in the house after us, my father? / The house, my son, will remain as it was! / Why did you leave the horse alone? / To keep the house company, my son. / When their residents go, the houses will die. / Together we will hold on / until we return. / When, my father? / Tomorrow, my son, and perhaps in another day or two! / That tomorrow trailed behind them, chewing the wind / in the endless winter nights.”

      I didn’t know at the time, and don’t know today, what we as Israelis do with those lines. With: “In our hut, the enemy rids himself of his rifle / which he lays on my grandfather’s chair. He eats of our bread / like guests do, and without being moved. Grabs a little nap / on the bamboo chair.”

      Or: “Ask how my home is doing, foreign sir. / My small coffee cups / of our bitter coffee / still left as they were. Will it enter your nose / the scent of our fingers on the cups?” Or: “And I will carry the yearning / until / my beginning and until its beginning / and I will go on my way / until my end and until its end”!

      Darwish’s end came too early, unfortunately, and some time ago, in 2008. But it was not the end of his poetry – just ask Regev and Lieberman. The year 1948 was also some time ago but, just like Darwish’s poetry, it has never ended, not even for a moment. Israel has never altered its conduct – not its violent and overbearing approach to the Palestinians, who were born here, not their dispossession, the occupation and sometimes also their expulsions.

      In 2016, Israel is handling the Palestinians exactly like it did in 1948. That’s why Darwish isn’t leaving Israel alone, and that’s why he’s so frightening to the country: He confronts Israel with the most primordial truth about itself.



  • Le monde arabe a-t-il besoin de militants de gauche ?

    Youcef dans le puits, les gens dans le bidon
    http://www.lequotidien-oran.com/?news=5202504

    par Kamel Daoud

    Finalement, Youcef Ould Dada reste en prison, dans le puits, pour deux ans de prison ferme. Son procès n’est pas un événement national et tout le monde tourne le dos à tout le monde. Il faut dire que la cotation des militants est très basse, après le crash des printemps « arabes ». Les régimes, encore debout, ressuscités ou en mode massacre, ont repris du souffle et l’Occident a été refroidi par l’islamisation des mouvements de foules. A la fin, cela pose la grande question éthique de « à quoi cela sert d’être militant progressiste dans le monde dit arabe ? ». On aura beau lire Mahmoud Darwish, donner du sens à sa vie par ses engagements, lutter pour l’avenir de ses enfants ou à cause d’un principe qui vous noue le cœur à l’étincelle du monde, la question demeure posée, obtuse, aveugle et non négociable : faut-il lutter ?

    Car au final, si oui, il y a trois raisons pour le non : l’Occident ne soutient pas les militants sauf pour usage à long terme et rentabilité à court terme. Les régimes chez nous sont devenus plus durs, plus riches, plus rusés, plus solides ou plus résistants. En trois, la troisième raison, celle que l’on ne se dit pas à haute voix par décence : faut-il lutter, sacrifier sa vie, son sang et son temps, recevoir des coups et finir dans un puits pour des populations assises, indifférentes, analphabétisées, soupçonneuses, bigotes et qui ne veulent pas de changement de vie qui signifie changement alimentaire ? Crûment : « faut-il lutter pour son peuple quand son peuple n’existe plus ou a fait un autre choix entre la justice et la sécurité ? ».

    A quoi est lié le besoin de lutter, éclairer, dire, se rebeller ou se révolter et dénoncer aujourd’hui ? A une nature, un besoin intime, une vocation ou à la sourde rupture entre une époque qui meurt et une autre qui arrive. Viennent alors au monde des gens qui disent, osent et se soulèvent. Obscures lois de l’histoire des péremptions et des éclaireurs de toutes sortes. A l’échelle des Dieux. Mais à l’échelle d’homme, cela reste énigmatique, coûteux en efforts et en désillusion. Tout cela pour parler de Youcef contre la DGSN. C’est-à-dire contre tous et contre vents. Il y a quelques années, en 2011, un Bouteflika tremblant après la fuite de Ben Ali l’aurait gracié et salué. Aujourd’hui, trois ans après, il l’enfonce encore plus dans le puits. Le régime se sent beau, riche, célèbre dans le monde pour avoir échappé au désastre et il peut se permettre. Youcef est seul. Pas de vallée grasse. Dans les pharaonismes modernes, le maître des vins (propagandes) et maître des pains (que Youcef a rencontrés en prison dans l’Egypte antique) se portent biens, ne sont pas en prison avec lui et donc il ne peut enclencher l’histoire de sa libération et de sa prise du pouvoir pour le Salut de son peuple. Parallèle fascinant entre le Prophète et le blogueur. Le premier interprète les rêves, le second des images de caméras. Le premier est sauvé parce qu’il a interprété, le second est en prison parce qu’il a interprété.

    Retour à la question de fond : faut-il se battre pour des gens qui sont contents de leur sort, miettes et moutons ou de leurs choix face aux désordres ? Faut-il se sacrifier pour des gens qui ne le comprennent pas ou qui le refusent ? Le militant est-il dans l’erreur optique ou est-ce la majorité qui est dans le besoin de sécurité et pas celui de justice ? Au choix de chacun. Car l’autre question est encore plus sans réponse : est-il possible, pour certains, de ne pas lutter contre l’injustice sans en mourir justement ? Est-il possible de dire non à soi-même sans souffrir ?

    Tout cela pour dire que les temps sont mauvais pour les lutteurs dans le monde dit « arabe » : il y a beaucoup de raisons de désespérer et de ne rien faire. Et la principale n’est plus la force des régimes, mais la faiblesse des peuples qu’ils ont fabriqués. L’idée de salut collectif devient fragile et peu attrayante. Mais celle du salut individuel n’a aucune valeur. C’est le temps des sept ans de vaches malades. Y a-t-il une réponse à ce dilemme ? Il faut demander à Youcef.

    A lire la lettre, enfin, bouleversante du lutteur Alaa Abdel Fattah l’Egyptien. Il y explique pourquoi il recourt à la grève de la faim dans les prisons du néo-régime égyptien : « Par conséquent, je demande la permission de me battre aujourd’hui, pas seulement pour ma liberté, mais pour le droit de ma famille à la vie. A partir d’aujourd’hui, je prive mon corps de nourriture jusqu’à ce que je sois capable de me tenir au côté de mon père dans son combat contre son propre corps, car la dignité du corps a besoin de l’étreinte de proches. Je demande vos prières. Je demande votre solidarité. Je vous demande de continuer ce que je ne suis plus capable de faire : vous battre, rêver, espérer. Le 18 août 2014, premier jour de la grève ».❞


  • Mad Cartographers

    http://www.aucegypt.edu/GAPP/CairoReview/Pages/articleDetails.aspx?aid=456

    You go to the police station at four in the afternoon to declare that you exist…. You stand still in a street that devours you, just as you in turn devour your rage and defeat. What is homeland? To hold onto your memory—that is homeland.

    — Mahmoud Darwish, Journal of an Ordinary Grief

    Until the damned maps burn
    Until the mad cartographer
    Falls to the ground and possesses
    The sweet thick earth from which he has been hiding.

    —Jack Spicer, Psychoanalysis: An Elegy

    Mad Cartographers

    Robert Neuwirth November 24, 2013

    February 23, 2013, early morning: with no warning, armed state government officials descend on Badia East, a centrally located shack neighborhood in Lagos, Nigeria, and smash rickety houses and businesses to the ground.

    In the days that follow, the Lagos state commissioner for housing is adamant that the eviction and demolition were a public service. “It’s a regeneration of a slum,” the honorable Adedeji Olatubosun Jeje told the New York Times. “We gave enough notification. The government intends to develop 1,008 housing units. What we removed was just shanties. Nobody was even living in those shanties. Maybe we had a couple of squatters living there.”

    #cartographie #urban_maters #bidonvilles