person:marc saint-upéry

  • #Venezuela : complots, exode et décomposition
    https://www.cetri.be/Venezuela-complots-exode-et

    L’enlisement du Venezuela dans les marécages hydrocarburés d’un régime de plus en plus ubuesque reste source d’une grande interrogation. Le chercheur en science politique Fabrice Andreani et le journaliste Marc Saint-Upéry ont à nouveau accordé leurs violons pour nous livrer de concert une analyse plutôt serrée. CQFD : Le 10 septembre, le New York Times révélait que des militaires vénézuéliens dissidents préparant une tentative de coup d’État – qui a échoué – avaient rencontré des fonctionnaires (...)

    #Le_Sud_en_mouvement

    / #Le_Sud_en_mouvement, Venezuela, #Virage_à_gauche_de_l'Amérique_latine, #Barril, #Coup_d'état, (...)

    #Autoritarisme


  • Mise au point

    Venezuela : Derniers aboiements de la clique stalino-bolivarienne française

    Par Marc Saint-Upéry

    http://cqfd-journal.org/Venezuela-Le-chavisme-prend-l-eau#nb4

    Suite à la publication dans CQFD d’un article de Fabrice Andréani et moi-même sur le résultat des élections vénézuéliennes de décembre 2015, la rédaction de ce journal m’a demandé si je souhaitais qu’elle élimine de la section « commentaires » l’intervention d’un certain ML, étant donné son caractère d’attaque calomnieuse ad hominem . Je les ai remercié de leur sollicitude, mais leur ai dit qu’il n’en était pas question. Il est au contraire très important que les lecteurs du site de CQFD puissent être témoins directs des pratiques de « débat » idéologique des inconditionnels du chavisme-madurisme en France, et le message de ce courageux anonyme (allez, au hasard, on va dire qu’il s’appelle Maurice, par exemple….) est de ce point de vue un modèle du genre extrêmement instructif.

    [...]

    Ce qui est en effet bien plus préoccupant, c’est le silence embarrassé ou bien les rationalisations vaseuses a posteriori qui prévalent sur la question vénézuélienne dans les milieux de la gauche radicale ayant eu quelque sympathie pour le processus bolivarien sans pour autant avoir perdu tout sens critique, mais sans disposer non plus d’une information suffisamment dégagée de leurs préjugés idéologiques abstraits et d’un wishful thinking exotisant. Chez ces camarades, c’est la stratégie de l’échappatoire ou du bottage en touche qui prévaut généralement. Dans ces conditions, il est difficile d’avoir le moindre débat sérieux et informé sur ce qu’est et ce que fut le chavisme, sur le bilan comptable et politique de l’expérience bolivarienne.

    Or il est clair que ce débat, beaucoup de gens ont intérêt à ce qu’il n’ait pas lieu : cela dérangerait trop de positions institutionnelles bien établies, de raisonnements paresseux et de réflexes idéologiques en pilotage automatique. C’est clair en ce qui concerne les anti-chavistes forcenés et contempteurs génériques du « populisme » du côté de la droite et des sociaux-libéraux ; pour ces gens-là, la messe est dite, le chavisme était une « dictature » aberrante portée par les passions mauvaises de la populace et la « transition démocratique » est désormais en marche, point. C’est également clair, nous l’avons vu, pour ML et ses petits camarades bolivariens hexagonaux. Mais dans le spectre du soutien plus ou moins partiel, lucide ou critique au processus bolivarien, prévalent aussi un certain nombre de mythes pieux répercutés de façon peu imaginative et sociologiquement assez naïve : « Maduro a dilapidé l’héritage de Chávez », « le comandante prônait un ‘‘golpe de timón’’ [coup de gouvernail] pour redresser le cours de la révolution, mais il n’a pas été écouté », « la défaite du chavisme d’État ne remet nullement en cause la dynamique du chavisme populaire », etc., etc. Comme si ce n’était pas Chávez lui-même qui avait solidement installé au pouvoir le « sustrato gangsteril » hégémonique au sein du PSUV dont parle son ancien ministre Roland Denis et approfondi le modèle rentier mafieux, et comme s’il existait à tous les niveaux dans la société vénézuélienne une frontière bien définie et moralement non ambiguë entre la dynamique du chavisme d’État et celle du chavisme populaire.


  • Venezuela : Le chavisme prend l’eau

    paru dans CQFD n°139 (janvier 2016), rubrique Actualités, par Fabrice Andreani, Marc Saint-Upéry, illustré par Bertoyas

    http://cqfd-journal.org/Venezuela-Le-chavisme-prend-l-eau

    Après les élections de décembre que reste-t-il du chavisme ? Le « socialisme du XXI e siècle » n’aura-t-il été finalement qu’un modèle caudilliste reposant sur un système de rente pétrolière plus ou moins redistributif ? Alors que le pays connaît une inflation et une pénurie sans précédent, le chercheur en science politique Fabrice Andreani et le journaliste Marc Saint-Upéry, livrent, pour CQFD, une analyse sans complaisance sur l’histoire « d’une farce à 500 milliards de dollars ».


  • Géographie de la critique – Venezuela, une révolution sans révolution ? Entretien avec Marc Saint-Upéry | RdL La Revue des Livres
    http://www.revuedeslivres.fr/geographie-de-la-critique-%e2%80%93-venezuala-une-revolution-sans-rev

    au-delà des statistiques, il y a un problème structurel. La politique sociale de Chávez obéit à ce qu’un écrivain vénézuélien désignait comme une « culture de campement ». Les missions bolivariennes en matière de santé, d’éducation, etc., sont des opérations de commando extra-institutionnelles, sans horizon soutenable défini, parfois militarisées, ou bien directement gérées par un État étranger. Non seulement ce modus operandi ne correspond guère à la logique d’une véritable politique sociale d’État, mais il contribue paradoxalement à l’érosion de la capacité d’intervention de la puissance publique et du contrôle démocratique des comptes de la nation. Outre son caractère erratique, la dépense sociale financée par les revenus du pétrole – le prix du baril est passé de 10 dollars en 1998 à plus de 100 dollars ces dernières années – est presque totalement discrétionnaire et soustraite à tout contrôle parlementaire ou citoyen. Par ailleurs la droite, qui sait bien qu’elle doit affronter la fracture sociale si elle veut reconquérir le pouvoir, s’est déclarée très sincèrement prête à perpétuer les « missions » et même à en faire une obligation légale. Elles sont en effet tout à fait compatibles avec les privatisations et le démantèlement parallèle de l’État, et elles permettent de surcroît d’évacuer l’exigence d’une réforme fiscale progressiste.


  • Marc Saint-Upéry « Le peuple est-il de droite ? », Mouvements 4/2007 (n° 52), p. 93-104.
    http://www.cairn.info/revue-mouvements-2007-4-page-93.htm

    Ce qui pourrait être en train de s’installer avec Sarkozy, donc, c’est la consolidation d’une auto-stylisation idéologique de la droite dure et sans complexe comme camp du bon sens anti-élitiste : la vraie France plébéienne contre l’arrogance dominatrice et sermonneuse des bobos et des nouvelles classes moyennes « privilégiées » qui font régner la dictature du politiquement correct et de la pensée 68 sur des masses populaires fondamentalement saines. Avec cette opération (déjà esquissée antérieurement par le biais du discours raffarinesque de la « France d’en bas »), on entrerait pour de bon dans la logique tout à fait américaine des « culture wars » et du « populisme de marché » comme substitut et inversion symbolique de la lutte de classe, soit un brouillage extrêmement pervers des cartes socio-politiques.

    Analyse qui date, des dernières élections présidentielles précisément, mais qui me semble intéressante.