person:mario tronti

  • [Guide de lecture] Opéraïsmes – Période
    http://revueperiode.net/guide-de-lecture-operaismes

    Parce qu’il a su relier l’exigence théorique et l’intervention pratique, l’autonomie des luttes et les perspectives stratégiques, l’#opéraïsme fait aujourd’hui l’objet d’un vif intérêt dans différents secteurs de la gauche radicale. Pourtant, le faible nombre de traductions disponibles comme la richesse de cette tradition hétérodoxe du marxisme italien contribuent à en gêner l’appropriation créative. On réduit encore trop souvent l’opéraïsme à un courant homogène, que l’évocation de quelques grands noms (Mario Tronti, Toni Negri) ou l’invocation de quelques concepts clés (composition de classe, refus du travail) suffiraient à cerner. Par contraste, c’est à la diversité interne de l’expérience opéraïste qu’entendent ici rendre justice Julien Allavena et Davide Gallo Lassere. De la scission des Quaderni rossi aux débats que suscita l’émergence de nouvelles figures de la lutte des classes dans les années 1970, en passant par l’enquête ouvrière et la lecture de Marx, c’est une ligne de conduite intellectuelle et politique en perpétuel renouvellement qu’ils donnent à voir dans ce guide de lecture, qu’en complèteront bientôt deux autres consacrés à l’autonomie et au post-opéraïsme.

    #Italie #marxisme


  • Journée d’études : « Actualités d’Ouvriers et capital. Mario Tronti », 11 juin 2016, #Paris Ouest
    https://sophiapol.hypotheses.org/19457

    À l’occasion de son cinquantième anniversaire et de sa republication en français aux éditions Entremonde, nous nous proposons dans cette journée d’étude de revenir sur l’ouvrage fondateur de Mario Tronti : Ouvriers et capital.

    Fondateur, l’ouvrage l’est d’abord par les thèses qu’il énonce et dans lesquelles se réfléchit le cycle de luttes ouvrières de la première moitié des années 1960 : l’unité de la théorie et de la pratique sous la forme d’une politisation de toutes les questions théoriques, la revendication d’un point de vue partiel et partial dans la théorie, seul à même d’ouvrir un accès à la compréhension de la totalité des rapports sociaux capitalistes et de favoriser leur transformation radicale, la critique de toute vision progressiste de l’histoire au profit de la valorisation de l’auto-activité de la classe ouvrière.

    #France #Italie #communisme #théorie #édition #livres


    • L’échec du mouvement français de lutte contre la réforme des retraites de l’automne 2010 nous en aura administré l’âpre leçon : si la CGT a eu la haute main sur toute la lutte, c’est en vertu de notre insuffisance sur ce plan-là. Il lui aura suffi de faire du blocage des raffineries, secteur où elle est hégémonique, le centre de gravité du mouvement. Il lui était par la suite loisible à tout moment de siffler la fin de partie, en rouvrant les vannes des raffineries et en desserrant ainsi toute pression sur le pays. Ce qui alors a manqué au mouvement, c’est justement une connaissance minimale du fonctionnement matériel de ce monde, connaissance qui se trouve dispersée entre les mains des ouvriers, concentrée dans le crâne d’œuf de quelques ingénieurs et certainement mise en commun, du côté adverse, dans quelque obscure instance militaire. Si l’on avait su briser l’approvisionnement en lacrymogènes de la police, ou si l’on avait su interrompre une journée la propagande télévisuelle, si l’on avait su priver les autorités d’électricité, on peut être sûr que les choses n’auraient pas fini si piteusement. Il faut au reste considérer que la principale défaite politique du mouvement aura été d’abandonner à l’état, sous la forme de réquisitions préfectorales, la prérogative stratégique de déterminer qui aurait de l’essence et qui en serait privé.

    • Exactement, @rastapopoulos : despotisme hydraulique à deux étage par la CGT. Elle détient la source de l’énergie et aussi la capacité de bloquer et donc de débloquer cette ressource. Sur Toulouse, les manifestants — bien informés — avaient bloqué une des plus grandes plateformes de distribution de la région. Du coup, toute l’appro des hypers était bloquée alors que cela se fait toujours ne flux tendu.
      Je pense qu’on pouvait gagner en moins de 5 jours…

    • « Le mouvement ouvrier n’a pas été vaincu par le capitalisme, mais par la démocratie », disait Mario Tronti. Il a aussi été vaincu pour n’avoir pas réussi à s’approprier l’essentiel de la puissance ouvrière. Ce qui fait l’ouvrier, ce n’est pas son exploitation par un patron, qu’il partage avec n’importe quel autre salarié. Ce qui fait positivement l’ouvrier, c’est sa maîtrise technique, incarnée, d’un monde de production particulier. Il y a là une inclination à la fois savante et populaire, une connaissance passionnée qui faisait la richesse propre du monde ouvrier avant que le capital, s’avisant du danger contenu là et non sans avoir préalablement sucé toute cette connaissance, ne décide de faire des ouvriers des opérateurs, des surveillants et des agents d’entretien des machines. Mais même là, la puissance ouvrière demeure : qui sait faire fonctionner un système sait aussi le saboter efficacement. Or nul ne peut individuellement maîtriser l’ensemble des techniques qui permettent au système actuel de se reproduire. Cela, seule une force collective le peut. Construire une force révolutionnaire, aujourd’hui, c’est justement cela : articuler tous les mondes et toutes les techniques révolutionnairement nécessaires, agréger toute l’intelligence technique en une force historique et non en un système de gouvernement.

    • Mhh, l’image du bouquin était dispensable afin de dissocier la promo et les luttes (on a vu passer ici, mais je ne la retrouve plus, une pancarte « Ruffin, dégage ta promo de nos luttes »), le produit de l’analyse, et de renvoyer à un titre parce que c’est le prolongement (ou le socle) de l’article, et pas pour son succès planétaire. Parce que ça ne fonctionne pas de mettre comme illustrations équivalentes d’un papier

      et

      La première c’est du marketing militant, la seconde un appel à la lutte.

    • C’est ce passage que je trouve le plus intéressant :

      Ce n’est pas la faiblesse des luttes qui explique l’évanouissement de toute perspective révolutionnaire ; c’est l’absence de perspective révolutionnaire crédible qui explique la faiblesse des luttes. Obsédés que nous sommes par une idée politique de la révolution, nous avons négligé sa dimension technique. Une perspective révolutionnaire ne porte plus sur la réorganisation institutionnelle de la société, mais sur la configuration technique des mondes. En tant que telle, c’est une ligne tracée dans le présent, non une image flottant dans l’avenir. Si nous voulons recouvrer une perspective, il nous faudra coupler le constat diffus que ce monde ne peut plus durer avec le désir d’en bâtir un meilleur. Car si ce monde se maintient, c’est d’abord par la dépendance matérielle où chacun est, pour sa simple survie, vis-à-vis du bon fonctionnement général de la machine sociale. Il nous faut disposer d’une connaissance technique approfondie de l’organisation de ce monde ; une connaissance qui permette à la fois de mettre hors d’usage les structures dominantes et de nous réserver le temps nécessaire à l’organisation d’un décrochage matériel et politique par rapport au cours général de la catastrophe, décrochage qui ne soit pas hanté par le spectre de la pénurie, par l’urgence de la survie. Pour dire cela platement : tant que nous ne saurons pas comment nous passer des centrales nucléaires et que les démanteler sera un business pour ceux qui les veulent éternelles, aspirer à l’abolition de l’état continuera de faire sourire ; tant que la perspective d’un soulèvement populaire signi era pénurie certaine de soins, de nourriture ou d’énergie, il n’y aura pas de mouvement de masse décidé.

      Je ne suis pas tout à fait d’accord, ce n’est pas qu’un problème technique à court terme. Pour moi le problème est aussi dans la motivation profonde. Les idéaux de gauche ont été tellement éreintés ces dernières années, le peuple de gauche est tellement meurtri, dépité qu’il manque le souffle, l’espoir, l’envie qui transcende. Il manque cet espoir et cette confiance qui galvanise, qui fait que tu es prêt aux sacrifice, à faire une croix sur toutes tes addictions et dépendances matérielles, sur ton filet de survie comme sur ton petit confort..
      être de gauche par définition, c’est avoir du mal à faire machine arrière. Il nous manque cette perspective pour aller de l’avant, pour sortir du libéralisme sans faire marche arrière..


  • Lutte contre le travail - Extrait d’Ouvriers et capital de Mario Tronti
    http://paris-luttes.info/lutte-contre-le-travail-ouvriers-5470?lang=fr

    Ce point se situe à l’intérieur de la classe ouvrière tout comme la classe ouvrière se situe à l’intérieur du capital. C’est précisément la séparation de la classe ouvrière d’avec elle-même, d’avec le travail et par conséquent d’avec le capital. C’est la séparation de la force politique d’avec la catégorie économique. Et la division, ou la séparation, c’est trop peu : il faut la lutte, l’opposition, l’antagonisme. Pour lutter contre le capital, la classe ouvrière doit lutter contre elle-même en tant que capital. C’est le stade maximum de la contradiction, non pour les ouvriers mais pour les capitalistes. Il suffit d’exaspérer ce stade, d’organiser cette contradiction, et le système capitaliste ne fonctionne plus, le plan du capital, commence à marcher à rebours, non plus comme développement social, mais comme processus révolutionnaire.

    #Italie #communisme #opéraïsme


  • Lutte contre le travail - Mario Tronti, CIP-IDF
    http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=8094

    Le texte qui suit relève d’un point de vue ouvrier c’est-à-dire d’une pensée antagoniste, dans et contre le capital.

    Sa publication se veut une contribution à la lutte en cours contre cette loi du capital qu’est la #loi_travail. Il s’agit également de proposer un détour théorique préalable à la séance de l’université ouverte sur le droit au chômage proposée ce 10 avril 2016 à Paris.

    Lutte contre le travail

    Pour finir revenons donc au point de départ : à la nature à la fois double, scindée et antagonique du #travail. Non plus cependant du travail contenu dans la marchandise, mais de la classe ouvrière contenue dans le #capital. La zwieschlächtige Natur de la classe ouvrière consiste en ce qu’elle est à la fois travail concret et travail abstrait, travail et force de travail, valeur d’usage et travail productif, à la fois capital et non-capital – partant à la fois capital et classe ouvrière. C’est là que la division est déjà antagonisme. Et l’#antagonisme est toujours lutte. Mais la #lutte n’est pas encore #organisation. Il ne suffit pas qu’il y ait une division objective du travail et de la force de travail dans la classe ouvrière : car c’est précisément de la sorte qu’ils se présentent unis dans le capital. Il faut les diviser par une intervention subjective : en effet ce n’est que de la sorte qu’ils deviendront les moyens d’une alternative de pouvoir.

    #ouvriers_et_capital #opéraïsme #refus_du_travail #Mario_Tronti #livre_en_ligne


  • Nous, les précaires
    http://www.dedefensa.org/article/nous-les-precaires

    Nous, les précaires.

    Y a-t-il un en dehors du système quand vorace et omnivore il métabolise tout à son profit ?

    Mario Tronti, après que les théorisations des Quaderni Rossi élaborées autour du concept de l’ouvrier-masse transformé par les luttes conduites hors l’usine en ouvrier social, eussent été dépassées par l’ampleur du mouvement contestataire des années soixante dix en Italie, avait formulé une « loi sociale ».

    Ce sont les luttes ouvrières qui ont toujours stimulé le développement capitaliste, elles ont contraint le capital à l’innovation, au bond technologique et au changement social. (1)

    Ainsi, les grèves tournantes et les arrêts de travail intempestifs capables d’interrompre les flux productifs dans les énormes unités qui concentraient à Turin des centaines de milliers de travailleurs ont (...)


  • L’usine et la société — Mario Tronti (1962)
    http://multitudes.samizdat.net/L-usine-et-la-societe
    Ce texte est inclus dans la première partie d’ Ouvriers et Capital intitulée « Premières hypothèses », dont il constitue le deuxième chapitre. La première édition d’Operai e capitale a été publiée en 1966 aux éditions Einaudi. La traduction française, en 1977 chez Christian Bourgois.

    Ce qui tout d’abord n’était qu’un rapport facilement discernable entre la sphère de la production et les autres sphères sociales devient désormais un rapport beaucoup plus complexe entre les changements internes à la sphère de la production et les changements internes aux autres sphères : ce rapport entre production capitaliste et société bourgeoise devient aussi beaucoup plus médiatisé, organique, mystifié, évident et dissimulé à la fois. Plus le rapport déterminé de la production capitaliste s’empare du rapport social dans sa généralité, plus il semble s’évanouir en ce dernier comme une de ses particularités marginales. Plus la production capitaliste pénètre en profondeur et envahit en extension la totalité des rapports sociaux, plus la société apparaît comme la totalité face à la production, et la production comme une particularité face à la société. Quand le particulier se généralise et s’universalise, il apparaît comme représenté par le général et par l’universel. Dans le rapport social de production capitaliste, la généralisation de la production s’exprime en une hypostase de la société. Lorsque la production spécifiquement capitaliste a achevé de tisser l’ensemble des rapports sociaux, elle apparaît elle-même comme un rapport social générique.

    #capitalisme #société #citation via @prac_6



  • Parution de Nous operaïstes de Mario Tronti
    http://www.lyber-eclat.net/salon/auteurs/tronti.html

    Nous opéraïstes est le récit, à la première personne, de ce que fut la mouvance opéraïste entre les années 60 et 70 du vingtième siècle, et qui a imprégné la plupart des mouvements de la gauche en Italie et en Europe. Histoire d’une aventure politique et intellectuelle, de ses ouvertures comme de ses errements, de ses avancées comme de ses défaites, elle est d’un enseignement exemplaire pour la refondation d’une pensée critique en ce début du vingt-et-unième siècle, et se double, avec l’écriture de Mario Tronti, d’un petit chef-d’œuvre de ’style’, où prime le « critère de l’honnêteté ».

    #communisme #operaïsme #Italie #édition #livres