person:marwan muhammad

  • Revue de presse du 06.05 au 12.05.18
    https://collectiflieuxcommuns.fr/672-revue-de-presse-semaine-du

    « Le profil social des interpellés du »Black bloc« n’a rien de nouveau »

    « Face à l’islam, la gauche est prisonnière d’une forme de mansuétude imbécile »

    En Tunisie, des forces « indépendantes » émergent des élections municipales

    Série d’attaques meurtrières contre des églises en Indonésie

    Immigration : Gérard Collomb ne sait absolument pas de quoi il parle

    En Allemagne, la diaspora africaine en quête de reconnaissance

    « Internet amplifie la tyrannie des minorités actives »

    Marwan Muhammad, le frère musulman qui voulait contrôler les musulmans de France sous couvert de les consulter

    L’ONF encourage la biomasse industrielle au détriment des forêts et du climat

    Statut juridique des robots en Europe : jusqu’où peuvent aller les droits des machines ?

    Afrique : moins émigrer pour mieux développer le continent ?

    L’attaque d’une mosquée inquiète les communautés religieuses en Afrique du Sud

    Bonus

    *

    Présentation/Archives/Abonnement


  • L’islamophobie ne sera jamais une réponse à l’antisémitisme
    Par Marwan Muhammad
    | Le Club de Mediapart

    https://blogs.mediapart.fr/marwan-muhammad/blog/230418/lislamophobie-ne-sera-jamais-une-reponse-lantisemitisme

    Il n’y a pas « d’antisémitisme musulman », tout comme il n’y a pas « d’islamophobie juive ». Il y a par contre des comportements et des actes antisémites, parmi lesquels certains sont commis (aussi et entre autres) par des musulmans. Et il y a des comportements et des actes islamophobes, parmi lesquels certains sont commis (aussi et entre autres) par des juifs...

    Il y a des moments où la haine est nue. Où elle ne prend même plus la précaution de la nuance sémantique pour se déverser. Où ceux qui la portent, ivres de leurs privilèges comme de l’impunité de leur parole, se livrent en public à ce qu’un bienveillant clinicien qualifierait de thérapie de groupe et que des historiens auront un jour la responsabilité de nommer précisément pour ce que c’est :

    L’expression politique d’un racisme totalement assumé.

    Le temps que nous traversons est de ceux-là et le « manifeste contre le nouvel antisémitisme » paru ce dimanche, rassemblant plus de 300 signatures de personnalités, où il est question « d’épuration ethnique » des Juifs et « d’obsolescence » de versets du Coran, en est une bien coupable culmination.

    Puisqu’il n’est apparemment plus question d’avoir un débat rationnel dans ce moment de rapports de force, de désaveux, de clivages et de confrontations, qu’il nous soit tout de même permis de faire quelques remarques et rappels d’évidences pour des historiens qui, pour leur salut, n’ont pas encore l’âge de lire ces lignes, avec l’espoir de les voir un jour rire avec tendresse de ces parents dont l’amnésie (souvent) consentie ne les empêchait pas de crier « plus jamais ça ».

    1) Il n’y a pas « d’antisémitisme musulman », tout comme il n’y a pas « d’islamophobie juive ». Il y a par contre des comportements et des actes antisémites, parmi lesquels certains sont commis (aussi et entre autres) par des musulmans. Et il y a des comportements et des actes islamophobes, parmi lesquels certains sont commis (aussi et entre autres) par des juifs. Je parle ici des deux groupes que l’on cherche à antagoniser, mais cela est valable quelle que soit l’appartenance. C’est une considération strictement statistique et non un déterminisme causal ou prédictif. L’ensemble des travaux universitaires et des études de terrain confirme cela avec constance. Il n’y a rien dans l’appartenance musulmane qui conditionne et prédestine une personne à des comportements d’intolérance, d’exclusion ou de violence envers des juifs (ou toute autre personne), tout comme il n’y a rien dans l’appartenance juive (ou toute autre appartenance) qui conditionne automatiquement les personnes à la violence, à la colonisation ou au rejet de l’autre. Il est confondant de devoir le rappeler (notamment à quelques philosophes) mais les êtres humains étant doués de raison et du libre arbitre, leurs comportements, leurs déclarations et les idées qu’ils propagent relèvent de leur responsabilité individuelle. Pas de celle des millions (ou milliards) de personnes qui auraient l’heur de partager, par ailleurs, leur religion ou leur couleur de peau. Il n’y a pas de déterminisme ethnoculturel ni religieux des comportements fautifs. Les faits sont têtus et les mensonges que contient ce manifeste, même répétés 300 fois, ne deviendront pas pour autant une vérité.


  • #Marwan_Muhammad : « L’adhésion aux thèses d’extrême droite n’a jamais été aussi forte »
    https://www.mediapart.fr/journal/france/280417/marwan-muhammad-l-adhesion-aux-theses-d-extreme-droite-n-jamais-ete-aussi-

    Alors que la campagne du second tour s’est engagée avec l’accusation faite par Marine Le Pen à Emmanuel Macron d’être « entre les mains des communautaristes », entretien avec Marwan Muhammad, président du #CCIF, qui vient de publier un ouvrage intitulé Nous (aussi) sommes la nation (La Découverte).

    #France #Communautarisme #islam #islamophobie


  • Islamophobie : du déni à la reconnaissance | jef klak
    http://jefklak.org/?p=1001

    La plasticité de l’idéologie dominante
    Par Abdellali Hajjat & Marwan Mohammed

    À l’heure où agiter les épouvantails de groupuscules extrémistes permet d’oublier les causes des conflits mondiaux et de conforter le rôle protecteur de l’État, tout en ratissant des voix fondées sur la peur et le racisme, l’analyse de l’habitus islamophobe des gouvernants et des médias semble un réflexe salutaire. Dans ce texte écrit en juillet 2014, et dans le prolongement de leur ouvrage Islamophobie – Comment les élites fabriquent le « problème musulman » et de l’entretien qu’ils ont accordé à Jef Klak, Abdellali Hajjat et Marwan Mohammed font le bilan de la reconnaissance d’un racisme institutionnel fondé sur les options religieuses et les origines convenues. Alors que les agressions contre des musulmans se sont multipliées ces derniers mois et que les pratiquants de l’islam sont enjoints de lever publiquement le soupçon structurel qui pèse sur eux, les deux sociologues se penchent ici sur les tribulations du concept d’islamophobie pour mieux en saisir les enjeux.

    #islamophobie


  • Gilles Kepel au pays des merveilles - RipouxBlique des CumulardsVentrusGrosQ
    http://slisel.over-blog.com/2016/11/gilles-kepel-au-pays-des-merveilles.html

    Gilles Kepel publie un livre intitulé « la Fracture » reprenant ses chroniques radio diffusées sur France Culture. Pour justifier d’une telle publication, l’auteur s’est fendu de quelques textes supplémentaires afin de donner au chaland des raisons de débourser 19 euros pour découvrir des contenus déjà disponibles sur le net. 

    Créatif, Gilles Kepel a décidé de consacrer l’essentiel de sa promotion média à parler, en des termes peu amènes, du CCIF et de son directeur, Marwan Muhammad. 

    Et donc, sans surprise, le voici propulsé numéro 1 des ventes dans la rubrique terrorisme : 

    S’il s’agissait simplement de permettre à M. Kepel de sillonner les plateaux télévisés pour vendre son livre, nous aurions été ravis. Le seul hic, c’est que l’ensemble de ce que dit Gilles Kepel sur le CCIF est un tissu de mensonges. 

    Voici donc une vérification point par point des calomnies diffusées par M. Kepel sur tous les plateaux où il est invité : 

    1) "le concept d’islamophobie interdit toute critique de la religion" (France Culture) 

    FAUX. La définition qu’utilise le CCIF est on ne peut plus précise : il s’agit de « l’ensemble des actes de discrimination ou de violence qui visent des institutions ou des individus en raison de leur appartenance, réelle ou supposée, à la religion musulmane ». 

    On remarque donc que :

    Elle n’inclut pas la critique des religions et des idéologies.
    Elle vise aussi des non-musulmans, pris pour tels par leurs agresseurs/discriminants.
    Le CCIF n’a jamais mené de procès pour blasphème ou critique du religieux.
    Une instrumentalisation malveillante à des fins de censure du débat critique pourrait avoir lieu, quel que soit le terme utilisé. 
     
    2) "le CCIF dit que la France est islamophobe" (Quotidien)

    FAUX. Le CCIF a, à plusieurs reprises, rappelé que NON, la France n’était pas islamophobe par nature, mais que la France était un pays OU il existait de l’islamophobie, comme d’autres formes de racisme contemporaines. Ces différentes formes d’un même mal, ont des mécanismes parfois spécifiques, avec différents degrés de prise en compte au niveau institutionnel. C’est cette indépassable réalité qui nous oblige à mettre en évidence les actes qui visent des personnes à raison de leur religion supposée et à œuvrer pour rétablir leurs droits.

    Pour le constater en images et à une heure de grande écoute, voici la réponse du directeur du CCIF, à cette question précise : 

    3) "le CCIF est lié aux Frères Musulmans" (L’Obs)

    FAUX. Le CCIF est apolitique et areligieux et n’entretient aucun lien, organique ou idéologique, avec aucune organisation, religieuse ou politique, quelle qu’elle soit. En tant qu’association de lutte contre l’islamophobie, le CCIF intervient auprès de toutes les communautés locales, y compris religieuses et publiques, sans nécessairement adhérer aux idées des uns comme des autres. 

    Gilles Kepel semble lire Michel Houellebecq un peu trop au premier degré, en reprenant au passage l’une des calomnies les plus souvent répétées à propos du CCIF, de l’extrême droite aux tenants d’un militantisme laïc poussé à l’extrême.

    Voici comment leur « raisonnement » s’articule :

    « Les Frères Musulmans incarnent un islam politique »

    DONC 

    « Tout musulman s’exprimant dans l’espace politique/médiatique est un Frère Musulman »

    ET suspecté d’un agenda secret visant (au choix) à infiltrer, influencer, islamiser toutes les sphères de la société… soit à peu près la BASE de toutes les théories du complot.

    Ces raisonnements conspirationnistes, dans des versions édulcorées du Grand Remplacement, jettent la suspicion sur toute personne supposée musulmane s’exprimant dans l’espace public, comme si, en définitive, l’émergence d’une parole libre émanant des quartiers populaires, des Noir-e-s, des Arabes et/ou des musulman-e-s devait invariablement faire l’objet d’une diabolisation.

     

    4) "la France n’est pas islamophobe, la preuve : Leila Slimani et Yasmina Reza ont reçu un prix littéraire" (Le Quotidien)

    BUG. Quel rapport de l’un avec l’autre ? Quel lien entre ces deux auteures primées pour leur talent littéraire et l’islamophobie ? Faut-il assigner les deux auteures à une islamité supposée ? Si l’on suivait le même raisonnement, faudrait-il en déduire qu’il n’y a pas de négrophobie aux Etats Unis parce que Barack Obama a été élu président ?

    Ce type de raisonnement consternant est une double faute : d’une part il nie la réalité de l’islamophobie en France, comme maintes fois relevée dans les rapports de la CNCDH comme dans ceux des instances internationales (sans même mentionner ici les rapports annuels que publie le CCIF). De l’autre, il place les deux auteures dans un rôle qu’elles n’ont pas nécessairement souhaité ou revendiqué.

     

    5) « Le CCIF a instrumentalisé l’affaire du burkini. » (Le Figaro)

    FAUX. Dans ces polémiques autour du « burkini », on a affaire à des femmes qui veulent profiter de l’été et de leurs vacances pour aller à la plage, au même titre que n’importe quelle autre personne. Gilles Kepel considère cela comme de la « provocation », reprenant à son compte la rhétorique utilisée lors de l’exclusion de ces femmes. 

    Ce faisant, il refuse de voir dans les arrêtés pris une volonté manifeste d’interdire à ces femmes musulmanes l’accès à un espace public, ce qui constitue une discrimination pure et simple, préférant considérer que « ça révèle une situation plus complexe » (Le Figaro). Cette façon de relativiser le racisme et les discriminations est en opposition directe avec la posture d’un chercheur : Gilles Kepel ne s’est ainsi pas intéressé au fait que les villes qui ont pris les arrêtés avaient presque toutes, à leur tête, des maires proches de Nicolas Sarkozy et participaient, selon des informations de l’Express, à une stratégie au cœur de la primaire des Républicains, préférant mettre en cause le CCIF. 

    Or il existe dans cette affaire un horizon indépassable :

    Le CCIF n’a pas pris ces arrêtés « anti-burkini ». Le CCIF n’a pas décidé que les médias devaient en faire un sujet central dans l’actualité. Le CCIF n’a pas ordonné au premier ministre et à la ministre du droit des femmes de faire des déclarations pour soutenir ces arrêtés de la honte. Le CCIF n’a pas commandé aux policiers de forcer des femmes à se déshabiller. Le CCIF n’a pas demandé à des sympathisants d’extrême droite d’insulter des femmes voilées sur les plages.

    Le CCIF n’a pas fait de notre classe politique la risée de l’opinion internationale.

    Non. Elle a fait ça toute seule.

    Par contre, ce que le CCIF a fait, c’est :

    Se mobiliser juridiquement et avec ses partenaires, dont la LDH, pour ramener la discussion à un terrain rationnel : celui du droit.
    Proposer un contre-discours au monologue idéologique qui faisait des femmes musulmanes des cibles désignées, dans l’espace médiatique comme (hélas) sur les plages.
     Et si ce travail a fourni des résultats, alors il s’agit d’une bien triste victoire.

    6) L’affaire des « voilées » du Cénacles est une « histoire pas claire »

    FAUX. A ce stade, les équipes de police ont enquêté, ainsi le juge d’instruction également et rien ne permet de mettre en doute le moindre élément, dans le récit des deux victimes. Le chef d’inculpation est maintenu et le restaurateur a, pendant l’enquête, maintenu et confirmé les faits.

    Par ailleurs, on notera que ces deux femmes sont réduites à des « voilées ». Elles ne sont ni clientes, ni femmes. Juste « voilées ».

    Là encore, cette façon d’essentialiser les deux victimes et de les réduire à leur voile, dénote complètement avec la posture du chercheur et montre un aspect clairement partisan.

     

    7) « Le CCIF surjoue la question de l’islamophobie » et anime un sentiment « communautaire » et « identitaire »

    FAUX. Le CCIF fait précisément les mêmes constatations que la CNCDH en France, en ce qui concerne les discriminations touchant les musulman-e-s : elles sont structurelles et ancrées, avec un impact disproportionné sur les femmes. 

    Par ailleurs, sur quoi se base Gilles Kepel pour porter un tel jugement, alors même que tous les spécialistes de la recherche sur l’islamophobie abondent dans le sens des analyses que fait le CCIF ?

    En accusant le CCIF d’assigner les musulmans à une appartenance communautaire et identitaire, Gilles Kepel montre une fois de plus sa méconnaissance, à la fois des sympathisants et adhérents du CCIF, comme de ses membres.

    Une simple présence dans un événement du CCIF ou dans ses bureaux lui aurait montré le contraire. Les adhérents du CCIF sont de toutes les appartenances religieuses et politiques, tout comme ses bénévoles.

      

    Ce qui les rassemble, c’est la volonté commune de lutter contre l’islamophobie, au-delà des choix personnels de chacun, en matière de politique ou de religion. C’est ce qui est incompréhensible pour des gens comme Gilles Kepel, bloqués dans des schémas périmés depuis 30 ans, commentant une actualité qu’ils observent sur des écrans de contrôle, parce qu’ils n’en font tout simplement pas partie. 

    Une telle erreur d’analyse serait risible, si elle n’était pas au fond une insulte, aux milliers de personnes qu’a aidées le CCIF comme à toutes celles et ceux qui le soutiennent, chaque jour plus nombreux.

     

    8) « Je connais le terrain », « j’ai 35 ans d’expérience », « j’ai passé un an à Clichy sous Bois », « je sais de quoi je parle »…

    La posture de base du chercheur est de poser une question, puis de concevoir un système d’étude qui permette d’y répondre. 

    Or, s’agissant de l’islamophobie et du CCIF, en 35-ans-d’expérienceTM, Gilles Kepel n’a jamais étudié le CCIF. Gilles Kepel n’a jamais posé la moindre question au CCIF. Gilles Kepel n’a jamais assisté à un événement du CCIF. Gilles Kepel n’a jamais fait de demande d’accès aux données du CCIF, ni passé de temps auprès des juristes chargées de la résolution des dossiers. Gilles Kepel n’a jamais mené d’entretien avec les victimes assistées par le CCIF, ni avec ses bénévoles, ni avec ses salariés. Rien. 

    Dès lors, d’où Gilles Kepel tire-t-il sa science magique ? 

    C’est simple. Gilles Kepel a vu un discours de Marwan Muhammad sur youtube, donné à la mosquée de Tremblay (le 28 août 2016). Puis il a été inspiré. 

    Il est comme ça, Gilles Kepel.

    Normal, donc, qu’il soit devenu « spécialiste » instantané du fait religieux, puisque la vérité cachée lui vient sous forme de révélations, l’affranchissant ainsi de toute méthodologie scientifique ou du travail de terrain, laissé le plus souvent aux étudiants.

    Le problème, c’est que l’ensemble de ses oeuvres, notamment sur les mouvements radicaux et jihadistes, semble teinté des mêmes approximations et du même sens créatif, avec plus de livres alarmistes que de travaux universitaires écrits, d’après ses pairs, sur la banquette arrière des voitures diplomatiques… puis diffusés à grande audience, avec le soutien complaisant de la technosphère sécuritaire. Ce sont ces manquements qui valent aujourd’hui à Gilles Kepel un discrédit sans cesse grandissant, au sein du milieu académique, dénoncé de moins en moins timidement. 

    Dès lors, que nous apprend Gilles Kepel ? 

    Que la France serait fracturée. Que les musulmans n’en font pas assez. Qu’il n’y a aucune responsabilité gouvernementale dans l’émergence des formes de racisme contemporaines. Que le fait religieux est un opium pour les quartiers populaires. Que la guerre civile arrive. Qu’il faut être vigilants. Que des musulmans politisés et citoyennement impliqués sont en fait des islamistes qui se cachent. Qu’il est plus commode de calomnier les quartiers populaires et la société civile qui en émerge, plutôt que de mettre en cause les pétro-monarchie qu’il exonère complaisamment sous les ors de la République. Que la lutte pour les droits humains est suspecte dès lors qu’elle s’affranchit de la tutelle de ceux qui l’entravent. Qu’il lui est insupportable de voir une organisation comme le CCIF recueillir des dizaines de milliers de soutien et porter, de manière libre et autonome, un contre discours aux injustices de notre temps, mais surtout… qu’il a 35 ans d’expérience et quelques livres à vendre. 

    Crédit photo : Capture d’écran - Gilles Kepel dans l’émission "Le Quotidien"

      Par : Ccif | 7/11/16                                                                      http://www.islamophobie.net


  • #islam Le cri d’alarme de #Gilles_Kepel avant la guerre civile
    http://abonnes.lemonde.fr/idees/article/2016/11/05/le-cri-d-alarme-de-gilles-kepel-avant-la-guerre-civile_5025817_3232.

    Au-delà des ressentiments de l’auteur et de quelques excès, l’analyse convainc quand elle démontre que la spécificité du djihadisme « troisième génération » tient à sa structure non pas « pyramidale », comme celle d’Al-Qaida, mais « réticulaire » (en réseau). Plus difficile à percevoir, elle laisse aussi plus d’initiative aux acteurs locaux mais n’en traduit pas moins une organisation et une logistique complexes que l’ouvrage excelle à démonter en détail.

    Gilles Kepel voit quand même émerger quelques contre-feux quand des « élites musulmanes issues de la méritocratie républicaine » et « sociologiquement musulmane » veulent prendre en main la lutte contre le djihadisme en réorganisant l’islam de France sous leur houlette, sur le modèle de l’appel lancé en juillet par la sénatrice socialiste Bariza Khiari et le banquier Hakim El Karoui, ancien conseiller de Jean-Pierre Raffarin. En dépit de quelques réserves, cette initiative indiquerait la marche à suivre « pour détruire Daech en ruinant son influence ».

    Le contre-exemple, lui, s’incarne dans la figure montante de l’ancien tradeur Marwan Muhammad, directeur exécutif du Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF). Cette association, que Gilles Kepel rapproche de la mouvance de l’intellectuel islamiste Tariq Ramadan, a repris de l’allant à l’occasion de la bataille juridique autour du « burkini ». Elle entendrait en réalité, avec l’aide d’universitaires et de journalistes qualifiés d’« islamo-gauchistes », exercer une mainmise sur l’islam de France par la création d’« une communauté musulmane définie par la victimisation », notamment des femmes voilées, et en faisant taire toute critique de l’univers musulman en la taxant d’islamophobe.

    • Sarkozy l’avait déjà dit :
      Latran (20 déc. 07) : “Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’intellectuel ne pourra jamais remplacer le politique ou le banquier, même s’il est important qu’il s’en approche, parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d’un engagement porté par l’espérance.
      Je mesure les sacrifices que représente une vie toute entière consacrée au service des autres. Je sais que votre quotidien est ou sera parfois traversé par le découragement, la solitude, le doute. Je sais aussi que la qualité de votre formation, le soutien de vos communautés, la fidélité, vous permettent de surmonter ces épreuves.
      Je comprends que vous vous soyez sentis appelés par une force irrépressible qui venait de l’intérieur, parce que moi-même je ne me suis jamais assis pour me demander si j’allais faire ce que j’ai fait, je l’ai fait. Je comprends les sacrifices que vous faites pour répondre à votre vocation parce que moi-même je sais ceux que j’ai faits pour réaliser la mienne.”



  • La neutralité du Net et la « troisième intifada » – Culture et politique arabes
    https://cpa.hypotheses.org/6073

    Pour nombre d’activistes palestiniens, la partialité des majors opérant sur les réseaux sociaux est connue de longue date. Cette réalité maintes fois démontrée ne les a pourtant jamais détournés, du moins jusqu’à présent, d’utiliser les réseaux sociaux pour faire entendre leur voix. Avec succès d’ailleurs puisque leur présence sur les réseaux est manifestement devenue une gêne, voire une menace, pour l’État israélien lequel, depuis un ou deux ans, s’est lancé dans une efficace contre-offensive.

    #cpa #palestine #tic_arabes


  • France. « Il faut inverser la dynamique politique et médiatique qui est en train de détruire le pacte citoyen et de monter les gens les uns contre les autres », Marwan Muhammad du CCIF
    vendredi 12 août 2016
    http://www.lecourrierdelatlas.com/1176612082016Marwan-Mohammed.html

    (...)LCDA : Pensez-vous vraiment que la France est en train de « virer à la pure folie politique » ?

    Oui. Jamais la situation n’a été si grave sur le plan politique. On ne parle quasiment plus des problèmes du pays. L’espace public est pris en otage par des politiciens qui se lancent dans une compétition islamophobe. C’est à celui qui créera la polémique la plus stérile et la plus destructrice. Entre Geoffroy Didier (NDLR : candidat à la primaire de la droite)qui veut « tester » les enfants musulmans, Nathalie Kosciusko-Morizet (NDLR : députée Les Républicains de l’Essonne) qui calomnie les musulmans de Longjumeau, les menaces de mort contre les organisatrices d’une journée piscine ou Nadine Morano qui soutient les commentaires nazis d’un élu Républicain, la classe politique française sombre dans la folie. Le drame, c’est qu’ils souhaitent faire plonger le pays avec eux, puisque c’est désormais leur seule manière d’exister, face à leur échec sur le plan des idées.(...)

    • C’est bon, si j’avais su provoquer ce genre de réponses, je n’aurais pas posté mon message. Je le supprime de peur d’en induire d’autres du même niveau.


  • #TousUnisContreLaHaine : le racisme n’est pas un accident, mais un système.
    http://contre-attaques.org/magazine/article/270

    Marwan Muhammad, directeur exécutif du CCIF, collectif contre l’islamophobie en France, réagit face à la campagne contre le racisme initié par le gouvernement "Tous unis contre la haine" à l’occasion de la Semaine d’éducation contre le racisme et l’antisémitisme. Le gouvernement a lancé ce 21 mars une vaste campagne contre le racisme, intitulée « Tous unis contre la haine ». Cette initiative est à saluer : si elle ne devait avoir qu’une utilité, ce serait de rappeler, à l’intention du plus grand nombre, (...)

    #Magazine

    / #carousel, Actualités, #Tribunes

    « http://www.education.gouv.fr/cid66966/les-semaines-d-education-contre-le-racisme.html »
    « https://www.hrw.org/fr/news/2016/02/03/france-abus-commis-dans-le-cadre-de-letat-durgence »
    « http://mobile.lemonde.fr/police-justice/article/2016/03/14/violences-policieres-un-rapport-denonce-un-risque-d-impunite-des-forces-de-l-ordre_4882121_1653578.html?xtref=http://news.google.com »


  • Contrôle des passeports, saison N
    Texte écrit par MARWAN MUHAMMAD, auteur et statisticien.

    http://egalitariste.tumblr.com/post/137446842792/contr%C3%B4le-des-passeports-saison-n

    Ce matin, je rentre en Pologne après une conférence hier soir à en France, via le vol AF1146.

    En arrivant à l’aéroport à Varsovie, au débarquement de l’appareil, je suis arrêté par des agents de la police des frontières (oui, j’ai encore gagné la loterie du contrôle “aléatoire”).

    Je donne mon passeport français et réponds aux questions des agents. Quand ils terminent leur interrogatoire, je range mon passeport français et sors mon pass diplomatique de l’OSCE.

    A mon tour de poser les questions. Extrait :

    Marwan : Pourquoi est-ce que vous me contrôlez ?

    Agent 1 : On contrôle tout le monde.

    Agent 2 : C’est aléatoire, vous n’êtes pas le seul.

    Marwan : Vous contrôlez trois personnes sur les plus de 120 qui étaient à bord, soit 2,5% des passagers, donc on est loin d’une approche “égalitaire” de la sécurité. Mais le nombre de personnes arrêtées m’intéresse moins que le type de personnes arrêtées. Pourquoi est-ce que vous m’avez choisi moi et pas la dame en bleu ou le monsieur portant un chapeau ?

    Agent 1 à agent 2 (en Polonais) : fais gaffe.

    Agent 2 : En fait c’est parce qu’on identifie les risques.

    Marwan : Voila. Donc expliquez moi, très précisément, dans mon comportement ou dans mon apparence, qu’est-ce qui représente, pour vous, un risque ?

    Agent 2 : Déjà vous venez de France. Ensuite, il y a des marqueurs de risque : votre peau, votre barbe et aussi vos yeux.

    Marwan : Mes yeux ?

    Agent 2 : Oui, votre regard.

    Marwan : Ok, donc je résume. Vous venez de me profiler racialement et sur la base de marqueurs culturels et/ou religieux. Or, en Pologne comme ailleurs eu Europe, la discrimination raciale est interdite. Donnez-moi vos matricules à tous les deux. Maintenant dernière question. Je vous suggère très fort de réfléchir aux prochains mots qui vont sortir de votre bouche. C’est une idée à vous ou bien ça vient de vos supérieurs ?

    Agent 1 et 2 : On a été formés comme ça. On nous a donné des listes de marqueurs à rechercher chez les personnes à contrôler. C’est pas nous qui choisissons…

    Marwan : Vous choisissez d’obéir à des mesures discriminatoires et racistes. D’autres vous ont précédé, hélas… mais ça ne vous excuse en rien.

    —-

    Fin de l’échange, de manière très courtoise. J’ai relevé les deux matricules, pour pouvoir précisément référencer l’évènement, mais je ne demanderai pas de sanctions pour ces deux officiers qui n’ont fait qu’appliquer les ordres (sans que ça les éxonère de responsabilité pour autant).

    Par contre, j’ai demandé à mon bureau de saisir le ministère des affaires étrangères et le ministère de l’intérieur polonais pour faire toute la lumière sur la formation des agents en matière de profiling racial.

    Si je dois le faire méthodiquement dans tous les pays ou je voyage, aucun problème. J’ai TOUT mon temps.

    #discrimination #racisme #contrôle #frontière


  • Entre le PS et les musulmans, rien ne va plus

    http://abonnes.lemonde.fr/religions/article/2015/12/19/debut-de-divorce-entre-les-musulmans-et-le-ps_4835056_1653130.html

    es régionales marqueraient-elles un début de divorce entre l’électorat musulman et la gauche, et plus particulièrement le Parti socialiste ? C’est une petite goutte dans l’océan quotidien de Twitter. Mais dans la semaine de l’entre-deux-tours des élections régionales, les hashtags #LeCopainPS (pas flatteur du tout pour ledit copain) et #PasDeJusticePasDeVoix (qui listait de nombreuses raisons de ne pas voter pour les listes socialistes) ont envahi les comptes de militants de l’anti-islamophobie. Une véritable campagne de défiance envers le gouvernement et sa politique à l’égard de la diversité et dans les quartiers.

    Lors du premier tour, c’est un tout petit pourcentage relégué au bas des résultats qui a attiré l’attention. En Ile-de-France, les listes de l’Union des démocrates musulmans de France (UDMF) ont réuni 0,40 % des voix. Récent, inconnu des électeurs et désargenté (7 000 euros en tout et pour tout pour faire campagne), le parti, né en 2012, n’a pu proposer des bulletins de vote partout et encore moins de propagande électorale. Pourtant, dans certaines communes, il a obtenu des résultats significatifs : 5,90 % à Mantes-la-Jolie (Yvelines) ; 4,38 % aux Mureaux (Yvelines) ; 4,44 % à La Courneuve (Seine-Saint-Denis). Si l’on descend au niveau des quartiers, on relève à certains endroits des pourcentages plus élevés, comme au nord de Poissy (Yvelines), avec près de 16 % des voix, affirme Najib Azergui, le fondateur de l’UDMF.

    Ces deux démarches sont différentes, mais elles semblent indiquer une amorce de rupture. Pourtant, ces dernières années, l’alliance entre les deux semblait solide. Aux élections présidentielles de 2007 et 2012, les électeurs musulmans, qui représenteraient environ 5 % du corps électoral, ont massivement soutenu la gauche. D’après une étude de l’IFOP de 2012, ils auraient ainsi voté, au second tour, « à 86 % pour François Hollande, soit plus de 34 points de plus que la moyenne nationale ». « C’est tout à fait massif, voire exceptionnel, note Claude Dargent, professeur à l’université Paris-VIII. Si l’on s’intéresse à la variable confessionnelle, ce sont traditionnellement les sans-religion qui sont les plus à gauche, et c’est de l’ordre de deux pour un. »

    « Une forme de protestation »

    Que faut-il déceler dans cette inclination à gauche ? Pour Jérôme Fourquet, de l’IFOP, la surreprésentation des jeunes et des milieux populaires dans la population musulmane n’est pas la clé de compréhension, « car les musulmans votent nettement plus à gauche que la moyenne des personnes du même âge et du même milieu ». Pour Claude Dargent, « la question est de savoir s’ils votent à gauche parce qu’ils sont d’origine immigrée ou parce qu’ils sont musulmans. Dans les enquêtes, quand on essaye de neutraliser les différents facteurs, on voit bien que tous les immigrés ne votent pas à gauche. Mon hypothèse, c’est que le fait d’adhérer ou de revenir à l’islam est une forme de protestation par rapport aux discriminations dont ces personnes font l’objet en tant qu’immigrés ».

    En outre, ce vote appuyé en faveur de François Hollande trouve une explication dans la présence, face à lui, de Nicolas Sarkozy. En agissant comme un repoussoir, après avoir tenu, durant son quinquennat, un discours offensif à l’égard de l’islam et des banlieues, il a été un véritable facteur de mobilisation à gauche. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Un autre processus est à l’œuvre.

    « Insatisfaction »

    Dans l’ouvrage collectif Karim vote à gauche et son voisin vote FN (éditions de l’Aube et Fondation Jean-Jaurès, 192 p., 17,80 euros), dirigé par Jérôme Fourquet et fondé sur l’analyse des votes selon la récurrence de prénoms d’origine « arabo-musulmane » sur les listes d’électeurs, un décrochage est observé dès les municipales de 2014. « Les musulmans n’ont pas vu le changement en matière de logement, de pouvoir d’achat, de chômage, d’insécurité… analyse Jérôme Fourquet. On est sur un mouvement de fond, une insatisfaction qui touche plus particulièrement cet électorat car il est plus fragile socialement. »

    Cette déception est flagrante du côté des militants anti-islamophobie. Marwan Muhammad, ancien porte-parole du Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), dont un tweet a déclenché la vague #LeCopainPS, décrit ce mouvement :

    « Lorsque j’étais au CCIF [de 2010 à 2014], nous avions pour stratégie de maximiser la participation des électeurs musulmans pour, ensuite, pouvoir peser sur le débat politique avec les partis de gouvernement. Mais ces dernières années, surtout depuis l’arrivée de Manuel Valls à Matignon, il y a eu une politique de mépris. Non seulement le gouvernement ne prend pas en compte ce qui se passe sur le terrain, mais en plus la gauche essaie de se servir de ces électeurs en les appelant au secours au motif que “les autres sont pires”. Cela n’a jamais rien apporté aux quartiers. Le seul moyen de faire changer les choses, c’est d’envoyer des signaux de choc, de rupture. La gauche a tout à prouver si elle veut être à la hauteur. »
    « Plafond de verre »

    Les militants de l’UDMF ont choisi une autre voie mais leur constat n’est pas très éloigné. Les musulmans, affirme Najib Azergui, font « partie de la nation » mais sont « pourtant souvent perçus comme un groupe à part ». « Certains d’entre nous ont tenté de passer par les partis de gouvernement, explique-t-il. Mais ils se sont tous heurtés à un plafond de verre qui leur a interdit l’accès aux vraies responsabilités. En nous engageant dans les élections, nous voulons justement témoigner que nous sommes des citoyens comme les autres. Aujourd’hui, la réponse ne peut plus être seulement associative. Elle doit être aussi politique. »

    Pendant la campagne, les affiches de l’UDMF, pourtant peu nombreuses, se sont parfois retrouvées seules sur les panneaux dans certains secteurs de Seine-et-Marne et de Seine-Saint-Denis. De fait, la forte abstention souvent constatée dans les zones de fort peuplement musulman va de pair avec une faible présence des partis de gouvernement. « Les variables classiques d’abstention jouent à plein car c’est une population plutôt jeune et fréquemment en situation précaire ou sans-emploi », ajoute Claude Dargent. Aux municipales de 2014, « l’électorat “arabo-musulman” s’est massivement abstenu, ce qui a coûté cher à la gauche », confirme Jérôme Fourquet.

    En revanche, le rejet du Front national semble demeurer un facteur de mobilisation puissant. C’est ce qu’a constaté Amar Lasfar, le président de l’Union des organisations islamiques de France (UOIF). Pour la première fois, dans le Nord et en Provence-Alpes-Côte d’Azur, l’UOIF a donné une indication de vote et appelé à faire barrage au FN au second tour. Selon lui, elle a été très suivie. Mais il n’y avait plus de liste socialiste pour recueillir leurs voix.

    Julia Pascual


  • Sexisme, #Racisme, islamophobie : la responsabilité d’une rédaction au prisme du cas Le Vaillant
    http://contre-attaques.org/magazine/article/sexisme

    En réponse à Luc Le Vaillant, Marwan Muhammad, Sihame Assbague, Fateh Kimouche et Jehan Lazrak-Toub interpellent la rédaction du journal Libération sur leur responsabilité éditoriale dans la publication d’un billet clairement sexiste, raciste et islamophobe. Le 8 décembre 2015, suite au billet de Luc Le Vaillant, nous lancions le hashtag #LibéRacisme. Très largement repris et commenté, il a suscité de vives réactions, certains vomissant le racisme genré de celui que l’on surnomme désormais “le pervers (...)

    #Magazine

    / #Tribunes, #Médias, Racisme, #Femmes, #carousel

    « http://www.contre-attaques.org »
    « http://www.al-kanz.org »



  • Marwan Muhammad, « un certain nombre de programmes de lutte anti-terroriste en #Europe se soldent par une stigmatisation accrue des communautés musulmanes. »
    http://contre-attaques.org/magazine/article/marwan

    Les conséquences des attentats de Paris du vendredi 13 novembre sont sans précédent sur la montée de l’islamophobie en France. Pour comprendre ses enjeux nationaux et européens, interview exclusive avec Marwan Muhammad, conseiller sur le racisme et la xénophobie auprès de l’OSCE, en charge des questions d’islamophobie pour les 57 pays de l’organisation Suite aux attentats de Paris de vendredi soir, la recrudescence d’actes islamophobes se fait déjà sentir en France. La communauté musulmane en France (...)

    #Magazine

    / #carousel, #Interviews, #Analyses, Europe, #Lutte_contre_l'Islamophobie


  • "Nous, Français" / "Eux, musulmans" :

    Marwan Muhammad - sur sa page Facebook :
    https://www.facebook.com/MarwanMuhammadOfficiel/posts/305619656243945

    Entre potes. Moment surréaliste à l’antenne de France Culture... ou comment confisquer le débat sur l’Islam et les musulmans en France tout en réduisant les premiers intéressés au silence.

    Ce débat tient de la pathologie collective. Je ne sais pas ce qui me choque le plus : la haine exprimée par Finkielkraut et Schemla ou la défense que Claude Askolovitch produit à l’antenne. Le fait de « parler pour nous » confine à l’infantilisation du débat, en plaçant les musulmans hors de la discussion, sujets sans être acteurs d’enjeux qui les concernent en premier lieu.

    Voici donc près de 15 minutes qui me sont consacrées presque exclusivement sur une radio nationale, dans le commentaire d’une phrase que j’ai prononcée, comme un auteur mort dont on dissèquerait les motifs et les choix sémantiques. Me voici « archi actif », « adulé des médias », tenant de la « propagande islamiste »...

    La phrase qui fait scandale ?

    "Personne n’a le droit de définir pour nous ce qu’est l’identité française."

    Le plus pathétique dans l’histoire, c’est que cette idée est valable quel que soit celui/celle qui la prononce, en tout lieu et en tout temps, l’identité étant, par essence, un fait éminemment subjectif. Le fait que les intervenants y voient une revendication identitaire/islamiste révèle plus leur pathologie qu’un quelconque choix identitaire de ma part.

    Le reste de l’émission est pour les trois intervenants une série de divagations très personnelles sur ce qu’ils pensent de l’islam et des musulmans. Le contenu pose problème, mais plus encore le contenant : ce dispositif qui vise de manière délibérée la disqualification et la confiscation de notre parole montre à quel point l’islamophobie est ancrée, dans sa capacité à nous exclure de nos propres luttes, soit par l’hostilité, soit par la récupération de nos revendications pour mieux les minorer.

    Donc la suite ? Comme à son habitude, le CCIF ne fait pas d’effet d’annonce, mais une chose est sûre : cette farce radiophonique ne restera pas sans conséquences.

    Pour écouter l’émission en question :
    https://soundcloud.com/ccif/france-culture-replique-islam-france

    Je n’ai pas pu aller au terme de cette émission. Sans doute motivée par l’envie de ne pas m’imposer un débat aussi frustrant un lundi matin. Mais les premières dizaines de minutes que j’ai pu écouter sont extrêmement révélatrices. Ces débats incessants sur l’Islam, en France, et sur les musulmans français sont frustrants et problématiques à de nombreux égards. C’est toujours la même rengaine, et comme le souligne très justement Muhammad, ceux qui font l’objet du débat sont rarement invités à y prendre part. Quand ils le sont, et qu’ils remettent en cause les termes du débat mainstream sur l’Islam ou l’islamophobie, on s’inquiète de leur "activisme", qui cache forcément quelque chose.

    La tournure et le ton que prend l’intervention de Béatrice Schemla dès le début de l’émission sont symptomatiques de ce qui ne va pas dans l’ensemble de ces débats. En effet les Français de nationalité et musulmans de confession -dont je fait partie- sont automatiquement en marge, voire exclus, du groupe national. Notre confession religieuse -d’après ces commentateurs- fonde notre altérité radicale, nous sommes les "Autres", ceux qu’il faut intégrer, ceux qu’il faut surveiller, ceux qu’il faut étudier. Les Français de confession musulmane sont de fait exclus du "Nous, Français".

    Dans la construction du débat politique et médiatique, les musulmans en France sont décrits et étudiés comme un corps étranger au sein du corps national. On nous refuse la possibilité d’appartenir sans conditions au "Nous" français. C’est donc notre confession religieuse qui nous empêcherait de participer à la construction de l’identité française. L’ensemble des musulmans en France -qu’ils soient ou non français- est vu comme un ensemble homogène suscitant la crainte et la méfiance de ceux qui sont inclus dans ce "Nous" français.

    Ainsi, non seulement nous -musulmans- sommes assignés à la marge de l’espace national, mais nous sommes également exclus du débat dont nous faisons l’objet. C’est qui donne à voir et renforce cette dichotomie "Nous, Français"/ "Eux, musulmans". Cette construction n’est évidemment pas sans conséquence sur les représentations individuelles et collectives - et ce au sein des deux groupes qui sont volontairement opposés.

    C’est de cette dichotomie "Nous"/"Eux" que se nourrit le discours médiatique et politique mainstream sur l’islamophobie, et dont l’intervention de Schemla est le témoin.

    Personne n’a le droit de définir pour nous ce qu’est l’identité française.

    Ainsi, à partir de cette phrase prononcée par Marwan Muhammad et sortie de son contexte, il est possible aux tenant du "Nous, Français" de nous dire que le porte-parole du CCIF "exprime la vision, la propagande musulmane islamiste en France".

    Si Schemla reconnait au court de l’émission que Muhammad est Français et que cela ne se discute pas, elle ne s’arrête pas là, elle surenchérit, extrapole et prête au porte-parole du CCIF des intentions qui ne sont pas les siennes (cf sa réaction sur Facebook après la diffusion de l’émission) :

    Nous n’avons pas le droit « nous Français » collectivement de définir ce qu’est notre identité ou plus exactement de la réaffirmer en tenant compte des évolutions.

    Elle semble naturellement se considérer comme faisant partie du groupe "Nous Français", ce qui lui donnerait le droit, de participer à la construction de l’identité française tout en excluant les Français d’obédience musulmane de ce processus. Ainsi, toute tentative de participation aux définitions ou réaffirmations de cette identité est refusée aux musulmans et présentée non seulement comme illégitime, mais également dangereuse et porteuse de motivations cachées. Plus grave encore, Shemla considère que cette "revendication" du groupe en marge remet forcément en cause la participation légitime du groupe "Nous Français".

    Finkelkraut va même plus loin que Schemla. Il insiste en effet sur le fait que porte-parole du CCIF est un immigré . Ici, nous n’avons pas droit au traditionnel qualificatif "d’immigré de deuxième ou troisième génération". Le fait que Marwan Muhammad soit né à Paris ne devrait même pas entrer en considération. En effet, il ne revient pas à Alain Finkelkraut de désigner qui est Français et qui ne l’est pas. Ce glissement sémantique est extrêmement révélateur. Si Schemla place Muhammad et les musulmans à la marge de l’espace national, Finkelkraut les en exclut sans appel :

    J’ai été frappé par cette phrase parce qu’aucun immigré antérieur ou extérieur à l’islam ne se serait jamais exprimé ainsi, jamais un immigré n’aurait dit « ce n’est pas aux Français de définir l’identité française ». C’était aux Français d’incarner l’identité française

    A l’inverse, Muhammad souligne qu’il ne s’agit pas d’un processus exclusif et que

    cette idée est valable quel que soit celui/celle qui la prononce, en tout lieu et en tout temps, l’identité étant, par essence, un fait éminemment subjectif

    .

    Comme Marwan Muhammad, nous, Français et musulmans sommes victimes d’un déni de reconnaissance de notre agency en tant qu’agents sociaux, nos voix ne sont pas entendues. On parle et débat de nous, pour nous et sans nous. A l’inverse, nous faisons collectivement l’objet d’une assignation identitaire et idéologique de la part des tenants du "Nous Français" au sein de la scène politique et médiatique. Ces derniers auraient la légitimité de nous dire qui nous sommes, ce que nous revendiquons et surtout ce que cachent nos revendications.

    Si le groupe "musulmans de France/français" fait l’objet d’une multitude de débats et de recherches sociologiques, les représentations qui lui sont attachées restent souvent grossières, simplistes et négatives. Elles nourrissent les fantasmes et contribuent à assigner ce groupe un caractère monolithique, flou, distant et parfois exotique. Les Français de confession musulmane deviennent de fait ces "Autres" irréductibles qui font face au groupe "Nous Français" dont à l’inverse on reconnait l’hétérogénéité.

    Si la voix d’un Français musulman s’élève contre ces discours et représentations négatives et essentialisantes, cet acte de "dissidence" est systématiquement disqualifié. C’est que qu’il s’est passé ce matin à l’antenne de France Culture. Ce n’est pas tant ce que dit Muhammad qui contrarie le plus Schemla et Finkelkraut, c’est avant tout le fait qu’on lui donne la parole. Ils préfèrent nous renvoyer aux voix dites modérées. Il faut entendre par là les interventions consensuelles de personnalité médiatiques qui vont dans le sens de ce discours mainstream .

    Pour s’en convaincre, il suffit de s’attarder sur les interventions de personnalités comme Fadela Amara ou encore l’Iman Hassan Chalghoumi. Un article récent [1] qui présente les bonnes feuilles de l’ouvrage d’Askolovitch dévoile les procédés sur lesquels repose -à tort- la promotion de cet imam comme représentant idéaltypique des musulmans "modérés" de France. Il suffit de s’écarter de cette ligne, de critiquer la mise sur un piédestal de cet imam médiatique qui ne représente que ses propes intérêts, pour être soupçonné d’avoir des motivations cachées et dangereuses.

    Si je n’ai pas encore lu « Nos mal-aimés : ces musulmans dont la France ne veut pas » de Claude Askolovitch, je peux tout de même souligner que la construction sémantique du titre de son ouvrage renvoie également à cette irréductible et problématique dichotomie du "Nous Français"/"Eux musulmans". Dès le début de l’émission, le journaliste est présenté comme l’avocat de ces "Autres"-dont je fais partie- dans un débat que l’on annonce contradictoire. Mais cette extériorité d’Askolovitch au groupe marginalisé (Schemla) ou exclu (Finkelkraut) est problématique et invalide l’ambition d’un débat contradictoire. Ainsi qu’elles que soient leurs intentions, ce sont bien des membres reconnus comme tel du "Nous français" qui débattent de ces "Autres musulmans" notamment en décortiquant une phrase de Muhammad entièrement sortie de son contexte. Ces "Autres" sont non seulement exclus du débat, mais n’ont pas voix au chapitre dès lors qu’il s’agit d’énoncer les termes de ce débat dont ils font l’objet. Leur manifestation dans l’espace public n’est tolérée que lorsqu’ils ne heurte pas le discours mainstream .

    [1] La légende de l’imam de Drancy, le « mal-aimé » des musulmans - Blandine Grosjean http://www.rue89.com/2013/09/02/limam-drancy-musulman-bien-aime-republique-245376


  • L’islamophobie, la solution unique à tous les problèmes de la France | Marwan Muhammad (Rue89)
    http://www.rue89.com/2012/02/08/lislamophobie-la-solution-unique-tous-les-problemes-de-la-france-229206

    Sous le règne de Nicolas Sarkozy, on avait déjà atteint le degré zéro de la politique. Maintenant on creuse.Mais la bonne nouvelle, c’est qu’à défaut d’avoir résorbé le chômage, résolu le problème du logement, régulé les marchés financiers ou cherché une solution au réchauffement climatique, Nicolas Sarkozy et son équipe ont trouvé une stratégie pour pallier tous les problèmes que rencontre notre pays : l’islamophobie.Economique, générique et consensuelleCette solution a le mérite d’être économi... Source : Rue89