person:michelle alexander

  • Encore un article du New-York Times qui aborde la Palestine positivement, même si c’est par le biais de la cuisine :

    Une écrivaine décrit la cuisine palestinienne et le monde qui l’entoure
    Mayukh Sen, The New-York Times, le 4 février 2019
    http://www.agencemediapalestine.fr/blog/2019/02/13/une-ecrivaine-decrit-la-cuisine-palestinienne-et-le-monde-qui-l

    “Zaitoun” est la dernière publication d’une explosion de livres de cuisine en anglais affichant fièrement un nom palestinien, dont La cuisine de Gaza de Laila El-Haddad publié en 2013 et La Table palestinienne de Reem Kassis (2017). Pendant des années le seul livre de cuisine palestinienne en anglais était La cuisine palestinienne classique de Christiane Dabdoub Nasser, publié en 2000, sur lequel Mme Khan s’est beaucoup appuyée dans sa recherche.

    La forte résonnance des livres de cuisine palestinienne au-delà du Moyen Orient a toute son importance pour Joudie Kalla, l’auteure de La Palestine sur une assiette et de Baladi, deux ouvrages publiés ces trois dernières années.

    #Palestine #Cuisine #Nourriture

    Voir aussi :
    https://seenthis.net/messages/537468
    https://seenthis.net/messages/612651
    https://seenthis.net/messages/671981
    https://seenthis.net/messages/737305

    –---------------------

    Rappel de cette évolution du New-York Times depuis quelques mois :

    Boycotter Israël est-il de la « haine » ?
    Joseph Levine, The New-York Times, le 4 septembre 2018
    https://www.aurdip.org/boycotter-israel-est-il-de-la.html?lang=fr

    Curbing Speech in the Name of Helping Israel
    Editorial, The New-York Times, le 18 décembre 2018
    https://www.nytimes.com/2018/12/18/opinion/editorials/israel-bds.html

    Un jour, une vie : quand une infirmière a été tuée à Gaza, était-ce un accident ?
    David Halbfinger, The New-York Times, le 30 décembre 2018
    http://www.france-palestine.org/Un-jour-une-vie-quand-une-infirmiere-a-ete-tuee-a-Gaza-etait-ce-un

    Il est temps de briser le silence autour de la Palestine
    Michelle Alexander, The New-York Times, le 19 janvier 2019
    http://www.agencemediapalestine.fr/blog/2019/01/22/il-est-temps-de-briser-le-silence-autour-de-la-palestine

    A mettre quand même avec l’évolution de la situation aux États-Unis vis à vis de la Palestine :
    https://seenthis.net/messages/752002

    #Palestine #USA #New-York_Times


  • Incroyable, encore une fois, le New-York Times va à l’encontre de ses positions sioniste (peut-être est-ce que c’est fait pour faire chier Trump ?) et publie cette tribune :

    Time to Break the Silence on Palestine
    Michelle Alexander, The New-York Times, le 19 janvier 2019
    https://www.nytimes.com/2019/01/19/opinion/sunday/martin-luther-king-palestine-israel.html

    And so, if we are to honor King’s message and not merely the man, we must condemn Israel’s actions: unrelenting violations of international law, continued occupation of the West Bank, East Jerusalem, and Gaza, home demolitions and land confiscations. We must cry out at the treatment of Palestinians at checkpoints, the routine searches of their homes and restrictions on their movements, and the severely limited access to decent housing, schools, food, hospitals and water that many of them face.

    We must not tolerate Israel’s refusal even to discuss the right of Palestinian refugees to return to their homes, as prescribed by United Nations resolutions, and we ought to question the U.S. government funds that have supported multiple hostilities and thousands of civilian casualties in Gaza, as well as the $38 billion the U.S. government has pledged in military support to Israel.

    And finally, we must, with as much courage and conviction as we can muster, speak out against the system of legal discrimination that exists inside Israel, a system complete with, according to Adalah, the Legal Center for Arab Minority Rights in Israel, more than 50 laws that discriminate against Palestinians — such as the new nation-state law that says explicitly that only Jewish Israelis have the right of self-determination in Israel, ignoring the rights of the Arab minority that makes up 21 percent of the population.

    Michelle Alexander est une avocate, professeure, spécialiste du racisme aux Etats-Unis. En 2017, elle a reçu le Prix Martin Luther King de l’Université de l’Ohio. Dans cet article elle revient justement sur Martin Luther King qui eut le courage de dénoncer la guerre du Vietnam, pour dire qu’il est temps aujourd’hui de dénoncer la situation en Palestine...

    #Palestine #USA #Michelle_Alexander #Guerre #Martin_Luther_King #Occupation #Droit_au_retour #Apartheid #BDS #New-York_Times


  • Une affaire relativement petite et technique, mais qui démontre le recul des anti-BDS aux États-Unis, pourtant pays leader en la matière :

    Les sénateurs américains rejettent la loi anti-BDS et pro-Israël
    Maannews, le 10 janvier 2019
    http://www.agencemediapalestine.fr/blog/2019/01/14/les-senateurs-americains-rejettent-la-loi-anti-bds-et-pro-israe

    Traduction de :

    US Senators vote down anti-BDS, pro-Israeli bill
    Maannews, le 10 janvier 2019
    https://seenthis.net/messages/750837

    A regrouper avec un autre recul aux Etats-Unis :

    Former legislator in Maryland sues state over anti-BDS law
    Middle East Eye, le 9 janvier 2019
    https://seenthis.net/messages/750709

    #BDS #USA #Palestine


  • À propos de BlacKkKlansman | Le cinéma est politique
    http://www.lecinemaestpolitique.fr/a-propos-de-blackkklansman

    Alors que la presse et les critiques ont été largement unanimes pour saluer et promouvoir le dernier film de Spike Lee, BlacKkKlansman, Boots Riley a publié une critique du film sur Twitter le 18 août 20181, qu’il nous semble utile d’ajouter au débat. Nous en publions ici une traduction, avec son autorisation.

    Cette intervention de Boots Riley nous semble d’autant plus nécessaire que l’histoire de BlacKkKlansman, décrite comme ‘incroyable’, ‘improbable’, ‘si surprenante’ à longueur d’interviews et d’articles, est souvent présentée comme une histoire ‘vraie’ par les personnes qui défendent ou promeuvent le film – alors que le générique de fin dit bien qu’elle est ‘inspirée’ des mémoires du policier noir Ron Stallworth. Le nom de Jordan Peele, l’auteur et réalisateur de Get Out sorti l’année dernière, et l’un des co-producteurs de BlacKkKlansman, est aussi systématiquement invoqué et mis en avant pour ajouter au film un surplus de ‘validation’ anti-raciste.

    Dans une très longue et très complaisante interview pour le prestigieux magazine de cinéma du British Film Institute Sight & Sound2, Lee explique que son film se veut avant tout une sorte de manifeste méta-cinématographique, que son intention est d’intervenir pour changer le regard que le cinéma a pu porter sur les noirs – d’où les régulières références à l’histoire du cinéma que le film inclut. Ainsi, le gros plan (qui précède la conclusion et les images de la manifestation de Charlottesville en août 2017) qui montre la croix de feu reflétée dans l’œil d’un membre du Klan, se veut un symbole de ce que BlacKkKlansman dénonce : la manière dont l’histoire du cinéma a pu affecter le regard et contribuer à alimenter la haine jusqu’à aujourd’hui. Le texte de Boots Riley, nous semble-t-il, interroge précisément la portée de ce programme.

    • Réalisateur de Sorry To Bother You (2018) https://www.youtube.com/watch?v=enH3xA4mYcY

      – une comédie surréaliste qui nous entraîne dans le monde macabre d’une boîte de télémarketing, et dont on ne sait pas encore pour sûr s’il sera distribué en France mais qui s’est fait remarquer aux États-Unis –, Boots Riley était jusque-là plus connu comme le membre principal du groupe de rap d’Oakland ‘The Coup’, et comme un militant communiste, anti-capitaliste et anti-raciste de longue date. Ses albums Kill My Landlord de 1993, Party Music https://www.youtube.com/watch?v=OViqNb3ZdDA
      de 2001, Pick a Bigger Weapon de 2006 ou sa collaboration avec Tom Morello (de Rage Against The Machine) pour former le Street Sweeper Social Club en 2009, et enfin Sorry To Bother You – l’album, avec son super morceau ‘Guillotine’ – en attestent. Boots Riley se sert ainsi très explicitement de sa musique comme d’un outil d’agitprop, alliant radicalité du propos et musique engageante. Car en parallèle il s’est particulièrement impliqué dans le mouvement d’Occupy Oakland en 2011 et surtout contre le transporteur céréalier et géant capitaliste EGT, et aux côtés des syndicats de dockers https://www.youtube.com/watch?v=D3Ia-oQnZOo
      du port d’Oakland en 2012. Il s’est aussi mobilisé pour soutenir, notamment, les enseignants en grève à Chicago la même année, les employés de McDonald’s à Oakland en 2013, et plus récemment, la grève des prisonniers (qui travaillent souvent pour moins d’un dollar de l’heure), qui se sont mobilisés en nombre du 21 août au 9 septembre derniers contre la déshumanisation et la brutalité du système carcéral. Une grève historique qui, dans 17 États, a contribué à souligner et dénoncer les limites du 13ème amendement de la Constitution. Car si celui-ci a abolit l’esclavage il permet encore la perpétuation de l’oppression de pans entiers de la population, et de façon disproportionnée les Africain Américains, surtout depuis la Présidence Clinton et sa funeste loi ‘de lutte contre la criminalité’ de 19943

      Voilà d’où parle Boots Riley lorsqu’il intervient sur le film de Spike Lee.

      3 À ce sujet il est important de voir le documentaire d’Ava DuVernay 13TH https://www.youtube.com/watch?v=V66F3WU2CKk

      , qui fait notamment intervenir Michelle Alexander et se fait l’écho de nombreux enjeux exposés son ouvrage de 2012, The New Jim Crow http://newjimcrow.com , ou encore Angela Davis, La prison est-elle obsolète ?

    • Voici quelques réflexions à propos de BlacKkKlansman.

      Ce texte contient des spoilers, donc ne le lisez pas avant d’avoir vu le film.

      Ceci n’est pas tant une critique esthétique d’un film formellement très maîtrisé qu’une critique politique de son contenu dans le contexte actuel.

      En préambule, je tiens aussi à dire, comme je l’ai tweeté la semaine dernière, que Spike Lee a eu une grande influence sur moi. C’est lui qui, il y a bien des années, m’a donné envie de faire des études de cinéma. Il est la première personne à qui j’ai envoyé une démo de ma musique quand il était à la tête du label 40 Acres and a Mule Musicworks, et il m’a inspiré en tant que critique culturel. Il n’a jamais mâché ses mots au sujet des films de Tyler Perry ou d’autres films qu’il pouvait voir et qui le mettaient en colère. Spike Lee ne mâche pas ses mots. Et même si, à mon tour, je vais exprimer ma déception, je garde la plus grande estime pour lui en tant que cinéaste. Je dois aussi ajouter que de nombreuses personnes qui ont contribué au film sont des personnes que je connais personnellement, que je trouve géniales et que je sais être pleines de bonnes intentions, et comme elles me connaissent, elles savent aussi que je ne vais pas mâcher mes mots.

      Tout d’abord, BlacKkKlansman n’est pas une histoire vraie. Qu’une histoire ne soit pas « vraie » n’est pas nécessairement un problème pour moi – le réalisme au cinéma n’est pas vraiment ce qui m’intéresse en ce moment – mais ce film est promu comme étant une « histoire vraie ». Or c’est précisément tout ce qui n’est pas vrai dans ce film qui permet de faire d’un flic un héros de la lutte contre le racisme. Lorsque j’ai commencé à formuler des critiques sur le film, on m’a répondu : « Mais c’est une histoire vraie ! ». Ce n’est pas le cas.

      Il s’agit d’une histoire fabriquée dont les éléments purement inventés visent à faire passer un flic pour un protagoniste de la lutte contre l’oppression raciste. Et ça sort au moment où Black Lives Matter s’est imposé dans les débats, et ce n’est pas une coïncidence. C’est loin d’être neutre.

      Voici ce que l’on sait :

      Le véritable Ron Stallworth a infiltré une organisation révolutionnaire noire pendant trois ans (et pas qu’à une seule occasion, comme nous le montre le film) et tous les documents du programme de contre-espionnage du FBI (COINTELPRO) qui ont été publiés dans le cadre de la loi d’accès à l’information (1966) nous informent sur ce qu’il a fait, à savoir : saboter une organisation politique noire radicale, et certainement pas dans le but de lutter contre l’oppression raciste. Les documents du COINTELPRO révèlent que ceux qui ont infiltré ces organisations pour la police ont œuvré à déstabiliser ces organisations en y provoquant des conflits internes, en agissant comme des dingues pour nuire à l’image du groupe, en suscitant des confrontations physiques, et en montant des coups pour faire en sorte que les militants de ces associations se fassent tuer par la police ou d’autres. Ron Stallworth appartenait à COINTELPRO. Le but du COINTELPRO était de détruire les organisations radicales, et en particulier les organisations révolutionnaires noires.

      Les documents du COINTELPRO nous montrent aussi que, lorsque les organisations suprémacistes blanches étaient infiltrées par le FBI et les flics, ce n’était pas pour les déstabiliser. Elles n’étaient pas déstabilisées, mais utilisées pour menacer et/ou attaquer physiquement les organisations radicales. Aucune directive n’a été donnée pour empêcher la montée des organisations suprémacistes blanches. Les directives étaient d’empêcher le développement d’organisations radicales anti-racistes. Les suprémacistes blancs ont été infiltrés par l’État pour être utilisés comme des outils d’oppression plus efficaces. Dans certains cas, c’étaient les flics infiltrés eux-mêmes qui élaboraient des stratégies et donnaient le feu vert pour des assassinats. C’est ce qui s’est produit lors des attentats qui ont frappé les églises proches du mouvement pour les droits civiques à Birmingham, lors des meurtres de leaders du mouvement au moment de la Marche de Selma à Detroit, comme lors du massacre de travailleurs membres du Parti communiste à Greensboro en 1979, entre autres. Voilà à quoi Ron Stallworth a participé, et il l’a fait dans ce contexte-là. Or les événements montrés dans le film ont tous lieu en 1979 et après.

      Stallworth a écrit ses mémoires pour se montrer sous un autre jour, mais voyons ce que nous savons d’autre.

      Stallworth et la police n’ont jamais déjoué aucun attentat à la bombe. Ce n’est pas dans ses mémoires. Cette histoire-là a été inventée pour le film afin de faire passer les policiers pour des héros.

      Aucun flic n’a jamais été dénoncé et/ou arrêté pour avoir dit, dans un bar et alors qu’il était soûl, qu’il pourrait bien abattre des noirs si ça lui chantait. Ça non plus, ça ne figure pas dans les mémoires de Stallworth. Cette scène a été inclut dans le film pour donner l’impression que Ron et la police se souciaient de combattre le racisme, comme si la police ne protégeait pas systématiquement tous les flics racistes ou responsables d’abus qui existent dans leurs rangs. Il s’agit d’une scène dans laquelle les forces de police toutes entières – leur chef et tout et tout – travaillent ensemble avec la petite copine révolutionnaire de Ron pour coincer un flic raciste isolé. Ça n’est jamais arrivé. Et ça ne risque pas d’arriver non plus, car quelqu’un qui dirait un truc aussi vague sous l’emprise de l’alcool ne pourrait pas être arrêté pour ça. Mais dans le film, la scène fait passer les flics pour de bons gars.

      Son collègue qui s’est chargé d’infiltrer le Klan n’était pas juif et n’est jamais passé aux yeux de personne pour juif. Il s’agit d’une invention qui permet juste de dramatiser encore plus l’affaire et de faire croire que les flics étaient prêts à se sacrifier. Si vous ajoutez cela à l’idée mensongère selon laquelle leur but était de combattre le racisme, ça vous les rend encore plus sympathiques. Ça veut dire, qu’en vrai, Stallworth n’a jamais eu besoin d’aller jeter une pierre par la fenêtre d’un membre du Klan pour sauver son acolyte, ni quoi que ce soit du genre.

      J’ai rencontré Kwane Ture en personne deux ou trois fois, et je l’ai entendu parler bien plus que ça. À l’époque où il a commencé à se faire appeler Kwane Ture, il venait de fonder la AAPRP (All-African People’s Revolutionary Party) et passait le plus clair de son temps en Afrique. La mission de l’organisation aux États-Unis était d’encourager l’émergence d’intellectuels révolutionnaires noirs. Pour cela, ils avaient constitué une liste de lectures particulièrement longue et des groupes de réflexion très poussés. C’est dans ce cadre-là qu’il est revenu aux États-Unis pour faire le tour des universités, rencontrer et parler à des étudiant.e.s noir.e.s. En 1989/90, à l’université d’État de San Francisco, j’ai participé à quelques séances de ces groupes de réflexion. Si vous aviez pris la peine de demander alors à Kwane Ture ce qu’il faudrait faire – comme le fait Ron Stallworth dans le film – il aurait répondu ce qu’il répondait d’habitude : « Étudie ! ». Mais faire dire à Ture quelque chose qui s’entend comme un appel à l’insurrection armée – ce qu’il ne prônait pas à l’époque aux États-Unis – fait passer ce groupe révolutionnaire pour bien plus dangereux qu’il ne l’était. En d’autres termes, ce film veut faire passer un agent du COINTELPRO pour un héros. Et tous les moyens sont bons pour arriver à cette fin.

      Avec ces morceaux d’histoire fabriqués de toutes pièces, BlacKkKlansman fait passer Ron Stallworth pour un héros et, avec lui, son collègue et les forces de police toutes entières. Si l’on met de côté tous ces éléments inventés et que l’on prend en compte tout ce l’on sait de ce qu’a vraiment été historiquement l’infiltration des groupes révolutionnaires par la police, et de la manière dont celle-ci a orchestré les attaques des organisations suprémacistes blanches contre ces groupes, alors Ron Stallworth est en vérité le méchant de l’histoire.

      Tout le reste n’est qu’un ensemble de choses invérifiables que l’ex-flic Ron Stallworth a écrites dans ses mémoires. On ne sait pas ce qui s’est passé parce que les « dossiers ont été détruits ». Il faut donc croire sur parole un flic qui a infiltré une organisation noire révolutionnaire pendant trois ans. C’est sans doute pour ça que l’ouvrage n’a pu être publié que par un éditeur spécialisé dans les livres écrits par des flics.

      À la fin du film, sa copine révolutionnaire lui dit qu’elle a du mal à accepter qu’il soit policier, et Stallworth – le gars qu’on vient de suivre tout le long, qu’on nous a rendu sympathique et dont on nous a fait croire qu’il avait risqué sa vie pour combattre le racisme – dit qu’il est pour la libération de sa communauté tout en étant policier. Sa position est confortée par tous les trucs inventés qu’on nous a raconté sur lui. Et juste à ce moment-là, illes entendent un bruit et la scène nous les montre aller voir ce qui se passe, armes à la main. Ils avancent ensemble le long d’un couloir – et on les suit grâce à un travelling qui porte la signature de Spike Lee et nous rappelle bien qu’il s’agit d’un de ses films, comme ceux qui nous ont montré Malcolm descendre la rue, ou suivre Dap à travers le campus en train de crier : « Réveillez-vous ! » – ils avancent, vers l’avenir, dans une composition parfaitement symétrique, pour combattre la croix de feu, symbole de la terreur raciste. Les flics et le mouvement révolutionnaire unis contre le racisme. C’est la pénultième scène avant que le film ne passe aux images récentes d’attaques de suprémacistes blancs. Ah mais bon sang non !

      Écoutez, on se débat avec le racisme, pas juste contre la terreur physique et des attitudes d’individus racistes, mais contre ce que le racisme veut dire en termes de discriminations salariales, d’accès au logement, à la santé et autres enjeux qui affectent notre qualité de vie : des questions très matérielles. Pour ce qui est des attaques physiques et de la terreur engendrées par le racisme ou sous-tendues par le racisme et les doctrines racistes, les personnes de couleur en font l’expérience quotidienne avant tout dans leurs interactions avec la police. Et pas seulement avec les flics blancs, mais aussi avec les flics noirs. Alors, que Spike Lee nous sorte un film basé sur une histoire qui fait passer un policier noir et ses collègues pour des alliés dans la lutte contre le racisme est vraiment décevant, pour le dire très gentiment.

      La plupart du temps, les appels à dénoncer les violences et meurtres perpétrés par la police et mis en lumière par le mouvement Black Lives Matter se sont vus contrés, à droite, par des : « Et que faites-vous de la violence des noirs contre les noirs ? ». Certains d’entre nous, comme Spike Lee, ont fini par y adhérer. Il y a deux ans j’ai écrit un article pour le journal britannique The Guardian sur le mythe de l’augmentation des violences des noirs contre les noirs en montrant, statistiques à l’appui, à quel point cette idée est fausse et comment le film de Spike Lee Chi-Raq contribue à l’alimenter. Les deux films disent pareillement : « Les noirs doivent arrêter de se prendre la tête sur les violences policières et se préoccuper de ce qu’ils se font entre eux – et puis, de toute façon, la police est aussi contre le racisme. »

      À présent, il commence à se savoir que Spike Lee a été payé 200 000 dollars dans le cadre d’une campagne publicitaire dont le but était « d’améliorer les relations entre la police et les minorités. » D’une certaine manière, BlacKkKlansman semble être le prolongement de cette campagne.


  • This is a good time to remember that manufacturing false hierarchies based on race and gender in order to enforce a brutal class system is a very long story. Our modern capitalist economy was born thanks to two very large subsidies: stolen Indigenous land and stolen African people. Both required the creation of intellectual theories that ranked the relative value of human lives and labor, placing white men at the top. These church and state-sanctioned theories of white (and Christian) supremacy are what allowed Indigenous civilizations to be actively “unseen” by European explorers - visually perceived and yet not acknowledged to have preexisting rights to the land - and entire richly populated continents to be legally classified as unoccupied ad therefore fair game on an absurd “finders keepers” basis.

    It was these same systems of human ranking that were deployed to justify the mass kidnapping, shackling, and torturing of other human beings in order to force them to work that stolen land - which led the late theorist Cedric Robinson to describe the market economy that gave birth to the United States and not simply as capitalism but as “racial capitalism.” The cotton and sugar picked by enslaved Africans was the fuel that kick-started the Industrial Revolution. The ability to discount darker people and darker nations in order to justify stealing their land and labor was foundational, and none of it would have been possible without those theories of racial supremacy that gave the whole morally bankrupt system a patina of legal respectability. In other words, economics was never separable from “identity politics,” certainly not in colonial nations like the United States - so why would it suddenly be today?

    As the civil rights lawyer Michelle Alexander wrote in her book The New Jim Crow, the politics of racial hierarchy have been the ever-present accomplices to the market system as it evolved through the centuries. Elites in the United States have used race as a wedge, she writes, “to decimate a multiracial alliance of poor people” - first in the face of the slave rebellions supported by white workers, then with Jim Crow laws, and later during the so-called war on drugs. Every time these multiethnic coalitions have become powerful enough to threaten corporate power, white workers have been convinced that their real enemies are darker-skinned people stealing “their” jobs or threatening their neighborhoods. And there has been no more effective way to convince white voters to support the defunding of schools, bus systems, and welfare than by telling them (however wrongly) that most of the beneficiaries of those services are darker-skinned people, many of them “illegal,” out to scam the system. In Europe, fearmongering about how migrants are stealing jobs, exploiting social services, and eroding the culture has played a similarly enabling role.

    Ronald Reagan kicked this into high gear in the United States with the myth that food stamps were being collected by fur-wearing, Cadillac-driving “welfare queens” and used to subsidize a culture of crime. And Trump was no small player in this hysteria. In 1989, after five Black and Latino teenagers were accused of raping a white woman in Central Park, he bought full-page ads in several New York daily papers calling for the return of the death penalty. The Central Park Five were later exonerated by DNA evidence, and their sentences were vacated. Trump refused to apologize or retract his claims. No wonder, then, that his Justice Department, under the direction of Attorney General Jeff Sessions, is arguing that social services and infrastructure in cities such as New York and Chicago are “crumbling under the weight of illegal immigration and violent crime” - conveniently moving the subject away from years of neoliberal neglect toward the supposed need to crack down on crime, and to bar these cities from declaring themselves “sanctuaries” for immigrants.

    Excerpted from No Is Not Enough by Naomi Klein


  • Number One in Poverty, California Isn’t Our Most Progressive State — It’s Our Most Racist One
    https://www.forbes.com/sites/michaelshellenberger/2018/05/31/number-one-in-poverty-california-isnt-our-most-progressive-state-its-our-mos

    the Golden State is also number one in poverty and inequality in America.

    How can this be? Around the world, progressive economies like those of Sweden, France, and Germany, which redistribute wealth through high taxes and generous social welfare policies, boast far less poverty and inequality than other nations.

    What gives? And how does California maintain its reputation as a progressive leader given the reality on the ground? 

    If racism is more than just saying nasty things — if it is, as scholars like James Baldwin, Ta-Nehisi Coates, Michelle Alexander and countless others have described, embedded into socioeconomic structures — then California isn’t just the least progressive state. It’s also the most racist.

    (…)

    In the 2013 science fiction film, “Elysium,” the rich have fled to a luxury satellite orbiting Earth while the poor toil in dangerous conditions below. Life in California today differs in degree, not in kind, from that dystopian vision.

    (…) [#California]’s residents believe they are progressive.

    How do they maintain that fiction, which is more detached from reality than “Elysium” the movie? By living in a fantasy world where California is leading the world in saving the environment and fighting racism.

    But in saving the environment, California progressives increased electricity rates, hurt manufacturing, and allowed carbon emissions to rise even while they declined in the rest of the U.S.

    #californie #racisme #inégalités #sf


  • Rewriting the Story of Civil Rights.
    https://www.themarshallproject.org/2018/04/30/rewriting-the-story-of-civil-rights

    What does it mean to “change a narrative?” Bryan Stevenson has been insisting on the importance of changing the narrative on criminal justice since he published his best-selling book, “Just Mercy”, in 2014. He’s a death penalty lawyer who likes to say, “We have a system of justice that treats you better if you’re rich and guilty than if you’re poor and innocent.” The notion that locking up more bad guys makes us safer is hard to shake. Law-and-order rhetoric has a new friend in the White House, with an attorney general who wants to double down on harsh sentences. And Stevenson, with the opening of a new museum and lynching memorial that I attended in Montgomery, Alabama, last week, has chosen a more revolutionary approach to fixing criminal justice than the skilful lawyering for which he’s well known. He is rewriting the history of the civil rights movement.To those who follow criminal justice, Stevenson’s new narrative may not sound so new. Lawyer Michelle Alexander argued in her influential 2010 book, “The New Jim Crow”, that white supremacy was never fully vanquished, as slavery gave rise to the horrors of the Jim Crow south. Virulent racism survived the civil rights movement, too, as Jim Crow morphed into a criminal justice system that continues to lock up African-Americans disproportionately. Millions have read Alexander’s book, or seen the video version of it in Ava Duvernay’s 2016 documentary, “13th”.Stevenson is also trying to spread this narrative beyond the criminal justice cognoscenti. His TED talk has been viewed nearly 5 million times, and he has indefatigably toured college campuses and corporate headquarters in recent years, making the case for mercy. Stevenson, who sits on the advisory board of The Marshall Project, once told me that he turns down the majority of the media requests that come his way. Instead, delivering a stump speech that verges on sermon, he seems to be trying to change America one auditorium at a time.


  • livre du samedi : La couleur de la justice / Michelle Alexander
    https://loveliveminimal.tumblr.com/post/158805942345/livre-du-samedi-la-couleur-de-la-justice

    <b>«  Il y a plus d’adultes africains-américains sous main de justice aujourd’hui – en prison, en mise à l’épreuve ou en liberté conditionnelle – qu’il n’y en avait réduits en esclavage en 1850. L’incarcération en masse des personnes de couleur est, pour une grande part, la raison pour laquelle un enfant noir qui naît aujourd’hui a moins de chances d’être élevé par ses deux parents qu’un enfant noir né à l’époque de l’esclavage.  »</b><br>Dans ce livre devenu un classique des luttes contre la prison et le …

    http://ift.tt/2nmDIeZ



  • One in 14 Americans will grow up with a parent in prison — Quartz
    http://qz.com/651342/one-in-14-americans-will-grow-up-with-a-parent-in-prison

    More than 5 million children in the United States have had a parent in prison or jail, according to a 2015 study from the Maryland-based research center Child Trends. That’s 1 in 14 Americans who will grow up losing their parents to prison—and this is most likely an undercount.
     
    The only period in US history comparable to our current era of mass incarceration is the Great Depression.
     
    This is particularly troubling for black children like Erica: One in four African Americans born in 1990 has had a father in prison by the age of 14.

    (...) “we should be aware that we’ve done a bunch of damage to these kids, who disproportionately come from already disadvantaged backgrounds.” Even as we cut down the prison population, he says, the damage has been done. Instead of decreasing, racial disparities caused by mass incarceration will plateau for quite some time.
    Even before incarceration, these kids already come from disadvantaged families.(Hanna Kozlowska/Quartz)
    Michelle Alexander’s seminal book “The New Jim Crow” argues that mass incarceration has formed an “undercaste” of jailed Americans and their children, who are also deprived of a basic safety net after the parents are released from prison. “Certainly youth of color, particularly those in ghetto communities, find themselves born into the cage. They are born into a community in which the rules, laws, policies, structures of their lives virtually guarantee that they will remain trapped for life,”

    #prison #racisme #états-unis #enfance


  • The Record
    Your guide to the criminal justice system
    The Marshall Project

    https://www.themarshallproject.org/records?ref=hp-1-100

    Prosecutorial Misconduct • Juvenile Justice • Sentencing Reform

    What are records? Since 2014, The Marshall Project has been curating some of the best criminal justice reporting from around the web. In these records you will find the most recent and the most authoritative articles on the topics, people and events that are shaping the criminal justice conversation.

    The Marshall Project is a nonprofit news organization that focuses on the American criminal justice system. Our mission is to create and sustain a sense of urgency about criminal justice in America. We aim at all times for accuracy, fairness, and impartiality. Our repertoire includes deep investigative projects, narratives and profiles that put a human face on criminal justice, explanatory and contextual pieces, along with guest commentary and voices from inside the system. And we partner with a diverse array of media organizations to amplify our message.

    The Marshall Project represents our attempt to elevate the criminal justice issue to one of national urgency, and to help spark a national conversation about reform. I named our organization after Justice Marshall simply because he embodies the principles we hold dear. He was scholarly, he was courageous, and he fiercely believed that the U.S. Constitution was the template to secure civil rights for all.

    The seeds of The Marshall Project were planted a few years ago after I read two books. The first, Michelle Alexander’s “The New Jim Crow,” argues that mass incarceration — which dates roughly from President Ronald Reagan’s War on Drugs in the 1980s to the present—represents the third phase of African-American oppression in the United States, after slavery and Jim Crow. Alexander documents how the United States came to be the world’s biggest jailer by enacting policies that represented a bipartisan shift in how we address addiction, mental illness, and other non-violent forms of misconduct. Fueled in part by a reaction to civil rights gains and in part by fear of escalating crime, Alexander claims, we enacted tough drug laws, imposed greater mandatory minimum sentences, and ignited a prison boom. Intent can be difficult to prove; impact is irrefutable.


  • Chomsky’s Undocumented a Must Read Immigration Debate Book

    #Aviva_Chomsky’s Undocumented is a very significant contribution to our understanding of the history leading to the current immigration reform debates. It focuses on the human toll of our recent construction of “illegal immigration.” Building upon Michelle Alexander’s The New Jim Crow thesis about the post-1960s creation of an alternative “caste” of disenfranchised African Americans through the judicial system, Chomsky’s book unveils the way in which the criminalization of immigrants has been used to marginalize millions of people and force them unto “the lowest ranks of the labor force.”

    http://www.latinorebels.com/2014/06/16/chomskys-undocumented-a-must-read-immigration-debate-book

    #migration #sans-papiers #terminologie #criminalisation #Chomsky #vocabulaire #livre


  • La guerre aux drogues : une guerre raciale ?
    Louis-Georges Tin et Fabrice Olivet
    http://www.liberation.fr/societe/2013/12/15/la-guerre-aux-drogues-une-guerre-raciale_966705

    Aux Etats-Unis, cette hypothèse a été confirmée avec brio par plusieurs chercheurs, et notamment par Michelle Alexander. Dans son livre célèbre, The New Jim Crow, Mass Incarceration in the Age of Colorblindness , elle évoque la « guerre aux drogues » lancée par Nixon dans les années 70. Conçue à une époque où la consommation de drogue était plutôt en baisse, cette campagne massive permit de focaliser l’attention des médias sur les toxicos et les dealers noirs, bien que toutes les statistiques montrent qu’en matière de consommation et de trafic, les Noirs n’en font pas plus que les Blancs. Les médias, la police, la justice, tout le système a ciblé non les circuits de la drogue en général, mais les circuits noirs de la drogue.