person:mohamed merah

  • La lutte antiterroriste, principale accusée du procès Merah
    https://www.mediapart.fr/journal/france/300917/la-lutte-antiterroriste-principale-accusee-du-proces-merah

    En 2012, les #attentats de Toulouse et Montauban annonçaient la vague d’attaques dont l’Europe est depuis la cible. À défaut de pouvoir juger le tueur d’enfants et de militaires #Mohamed_Merah, abattu par le RAID, le procès qui démarre lundi menace de devenir celui de la lutte antiterroriste. Il ne faudrait pas que cela exonère les politiques de leurs responsabilités. Mohamed Merah © DR

    #France #Abdelkader_Merah #Al-Qaida #Amedy_Coulibaly #Antisémitisme #attentats_de_Charlie_Hebdo #attentats_de_l'Hyper_Cacher #attentats_de_Toulouse_et_Montauban #Bernard_Squarcini #Chérif_Kouachi #Etat_islamique #François_Hollande #Mehdi_Nemmouche #Nicolas_Sarkozy #Ozar_Hatorah #Salim_Benghalem


  • Outrage : à Perpignan : menaces de mort et apologie du terrorisme à Pôle emploi - Lindépendant.fr
    http://www.lindependant.fr/2017/08/21/perpignan-menaces-de-mort-et-apologie-du-terrorisme-a-pole-emploi,30438

    C’était jeudi dernier, peu après 11 heures. Un homme d’une trentaine d’années répond à la convocation de Pôle emploi. Il doit justifier de ses recherches en vue d’intégrer le monde du travail. Manifestement, il n’a pas fait de gros efforts pour retrouver un statut de salarié. Le conseiller qui lui fait face lui explique très clairement que s’il ne peut présenter de preuves de sa bonne volonté, il risque la radiation. Alors l’homme explose de colère.

    Il se serait mis à crier des menaces interprétées comme suit : « Si vous me radiez, je fais comme Mohamed Merah, je tire dans le tas. »

    En ces temps où l’Europe et l’Afrique pleurent les victimes des attentats, aucune apologie du terrorisme ne peut rester sans réponse. L’homme est très vite interpellé. Vérifications faites, il faisait déjà l’objet d’ une fiche de recherche suite à des faits d’outrage (sic !) .

    Hier dimanche, il était déféré devant les autorités et passera probablement dès mercredi devant le tribunal en procédure de comparution immédiate.

    #Pôle_emploi #radiations #contrôle_de_la_recherche_d'emploi


  • Justice : l’Etat n’a pas “mal” surveillé Mohamed Merah - France 3 Occitanie
    Par Michel Pech Publié le 04/04/2017 à 12:43 Mis à jour le 04/04/2017
    http://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/tarn-et-garonne/montauban/justice-etat-n-pas-mal-surveille-mohamed-merah-1227603.

    Abel Chenouf, le père du soldat tué à Montauban, avait porté plainte contre l’Etat / © Maxppp

    La cour administrative d’appel de Marseille a jugé que l’Etat n’avait commis aucune « faute lourde (...) susceptible d’engager sa responsabilité » en n’anticipant pas l’un des crimes commis par Mohamed Merah en mars 2012 à Montauban.

    Le 12 juillet 2016, le tribunal administratif de Nîmes avait donné raison à la famille d’Abel Chennouf, militaire tué à Montauban le 15 mars 2012, et les juges avaient alors reconnu une faute, qualifiée de « simple » et non de « lourde », des services de renseignement.
    L’Etat avait été condamné à indemniser la veuve du soldat, enceinte au moment de l’assassinat, et son enfant.
    Le ministère de l’Intérieur avait fait appel du jugement.

    La famille d’Abel Chennouf absente lors de l’appel
    Dans un récent entretien accordé à France 3, à l’occasion de l’anniversaire de la mort de son fils, Albert Chennouf indiquait que la famille n’assisterait pas à ce nouveau procès. « On n’ira pas », disait-il « parce que mon fils, ça ne le fera pas revenir » avant d’ajouter « ce procès s’il a lieu, ce sera un procès mascararade, pour se donner bonne conscience ».

    #Mohamed_Merah #impunité_d'état


  • Une avocate de victimes veut que l’acte terroriste soit jugé comme « #crime_contre_l'humanité »
    http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2017/01/06/01016-20170106ARTFIG00266-une-avocate-de-victimes-veut-que-l-acte-terrorist

    Alors que la France encore endeuillée commémore le deuxième anniversaire des attentats de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher de la porte de Vincennes, Me Samia Maktouf, conseil de 25 familles de victimes notamment impliqués dans les tueries de Mohamed Merah ou du 13-Novembre, lance un appel pour que les actes terroristes soient désormais jugés comme autant de crimes contre l’humanité. L’idée est que ces derniers deviennent enfin imprescriptibles pour que les terroristes ne puissent plus jamais bénéficier d’aucune impunité.

    #terrorisme


  • Tribune de #Matthieu_Amiech dans le journal Le Monde

    Matthieu Amiech : « Ce discours ne veut souvent plus entendre parler de la question sociale »

    http://abonnes.lemonde.fr/idees/article/2016/10/01/matthieu-amiech-ce-discours-ne-veut-souvent-plus-entendre-parler-de-

    Dans la version papier, parue sous le titre :

    Contre l’islamisme, ni "Causeur" ni "crieur"

    Attentat après attentat, polémique après rixe, provocation islamiste après mesure politicienne jetant de l’huile sur le feu, la société française encaisse et digère tant bien que mal. La paix civile plie mais ne rompt pas, ou plutôt, elle est régulièrement rompue mais pas submergée de toutes parts. Difficile de savoir quels sentiments et quels partis pris dominent dans les populations, mais l’accablement et l’aveuglement y ont visiblement une part importante.

    Un des aspects les plus frappants et problématiques de la situation est la polarisation idéologique qu’elle entraîne : il est, ou il semble, de plus en plus difficile de prendre acte que des forces organisées ont déclaré la guerre à la société française (et au-delà, européenne), tout en critiquant l’état d’urgence indéfiniment prorogé.
    Il est, ou il semble, de plus en plus rare de trouver des positions qui condamnent le colonialisme et ses prolongements contemporains dans le capitalisme prédateur, tout en rejetant la réislamisation récente des sociétés arabes et africaines comme une régression qui n’était nullement inscrite par avance dans leur destin politique et culturel. Il devient, ou il semble devenir, incompatible de se préoccuper de la situation des Maghrébins en France du fait des regards soupçonneux qui pèsent sur eux (et elles), et de s’inquiéter (pour les Maghrébins et pour tous les autres) de l’emprise croissante des normes religieuses sur certains milieux.
    Il suffit d’énoncer ces supposées oppositions pour constater qu’elles n’en sont pas, et il est d’ailleurs possible que bien des gens de différents milieux sociaux articulent assez « naturellement » ces opinions. Mais dans le débat politique et intellectuel, elles sont le plus souvent mises en tension, voire en contradiction frontale.
    Les deux discours les plus présents et saillants dans le débat d’opinion jouent un rôle important dans cette opposition artificielle et stérilisante : celui des « républicains fervents et martiaux » qui rejouent ad nauseam la patrie en danger (Valmy, 1792) et l’appel du général de Gaulle (Londres, 1940), autour entre autres du magazine d’Elisabeth Lévy où Alain Finkielkraut tient une chronique, Causeur ; et celui des « amis des musulmans » qui font de la lutte contre l’islamophobie le refuge de l’esprit frondeur et le point de ralliement pour la critique du capitalisme (cf. les livres des éditions La Fabrique, ou La Revue du Crieur publiée par La Découverte et Mediapart, dirigé par Edwy Plenel). Ces deux positions sont aussi incomplètes et de mauvaise foi l’une que l’autre.
    D’un côté, une partie de la gauche et des milieux anticapitalistes refuse de considérer ce qu’il y a de neuf dans la séquence historique où nous sommes entrés en janvier 2015 (ouverte en réalité, sans que ce soit clair sur le moment, par les meurtres de Mohamed Merah en mars 2012).
    Elle continue de penser qu’elle défend les Français d’origine arabe ou africaine en légitimant les surenchères identitaires à caractère religieux, et en disqualifiant comme xénophobes les appels à confiner l’expression de la foi musulmane dans la sphère privée. Elle s’arc-boute sur l’idée surréaliste que le terrorisme djihadiste n’aurait rien à voir avec la religion.
    Après avoir insisté sur les racines socio-économiques et géopolitiques de ces actes de guerre (et Dieu sait qu’il y en a), elle est tentée d’interpréter la multiplication d’attaques plus ou moins meurtrières en Europe, cet été, comme de simples expressions de malaises psychiques extrêmes.
    Ce type de discours vise, contre toute évidence, à relativiser la réalité d’un mouvement d’extrême droite religieuse en plein essor à l’échelle du monde, à euphémiser ses crimes et à nier qu’il a une stratégie, alors même que celle-ci est intelligente et fonctionne assez bien. La dimension de conquête des esprits et des territoires, centrale dans la démarche du « califat » d’Al-Baghdadi, échappe en grande partie à la grille de lecture « gauchiste » pour laquelle il est quasi inconcevable de s’inquiéter d’autre chose que des manœuvres des grandes puissances et des classes dominantes occidentales.
    Dans cette perspective, dénoncer (à juste titre) la violence policière ordinaire et raciste dont sont victimes les « jeunes de banlieue » depuis des décennies ne laisse pas de place pour dénoncer aussi l’adhésion d’une frange de cette jeunesse à un projet de type fasciste ces dernières années.
    De l’autre côté, un pôle d’opinion républicain-patriote s’est formé, regroupant des personnes venant de tout l’échiquier politique mais plutôt ancré à droite. De ce pôle émane un discours relativement lucide sur le péril islamiste, la volonté de sécession d’une fraction des musulmans et la nécessité d’un front le plus large possible pour faire barrage aux revendications identitaires risquant d’aboutir à la dislocation de la société.
    Les accents robespierristes ou churchilliens de certaines harangues, dans Marianne ou Causeur, peuvent paraître à la hauteur d’une situation gravissime, mais ils traduisent aussi (avant tout ?) l’envie de simplifier la situation – si seulement cela pouvait ressembler à une bonne vieille guerre, qu’on gagne ou qu’on perd ! Alors que la crise et le conflit que nous vivons se caractérisent précisément par l’impossibilité de définir et identifier clairement les ennemis de la concorde civile, et la difficulté de savoir comment les isoler, comment leur répondre fermement et intelligemment.
    Jamais ne figure l’idée de restreindre l’usage d’Internet
    Ce discours républicain-patriote ne veut pas entendre parler du problème grave que pose une police accusée plusieurs fois par an de tuer des personnes issues de l’immigration récente pendant son service ordinaire (Voir le livre Permis de tuer, publié par le collectif Angles morts aux éditions Syllepse en 2014), et qui cogne avec peu de retenue sur les participants aux mouvements sociaux (manifestations contre la loi travail, ZAD, opposition au nucléaire).
    Ce discours ne veut souvent pas plus entendre parler de la question sociale – quand il n’affirme pas carrément la volonté de profiter de la guerre en cours pour éradiquer la critique du capitalisme et de l’Etat (Cf. l’interview de Pascal Bruckner dans Le Figaro du 15 juillet, « Mener la guerre à l’intérieur de façon préventive »).
    Or, comment peut-on penser la situation internationale et intérieure où nous nous trouvons sans prendre en compte la place du pétrole dans notre civilisation industrielle, le creusement vertigineux des inégalités sociales en Occident depuis trente-cinq ans, la perte de liens et de sens engendrée par le consumérisme et la marchandisation de tous les pans de la vie sociale ? Comment peut-on imaginer sortir de l’impasse actuelle sans un projet de réfection complète de la société, qui implique en premier lieu d’arrêter sa destruction méthodique par les lois de type « Macron » ou « travail », les traités de type Tafta et autres pactes de stabilité, qui précarisent et marchandisent toujours plus ?
    Une société dont les institutions et les entreprises encouragent la mise en concurrence féroce de tous et l’abêtissement général par l’entertainment est une société qui n’est pas en mesure de se défendre contre la barbarie « smart » de Daech [acronyme arabe de l’organisation Etat islamique].
    Les néochurchilliens se piquent en général de ne répondre à cette barbarie que par des mesures répressives. Mais il est amusant de constater que jamais ne figure dans leur catalogue de propositions, plus ou moins réalistes et constitutionnelles, l’idée de restreindre l’usage d’Internet.
    La propagation du point de vue et des mots d’ordre de Daech en Occident signe pourtant l’échec fracassant de la fameuse société de l’information, sur laquelle faucons de droite et colombes de gauche tablaient il y a quinze ans – les uns pour asseoir solidement leur ordre mondial injuste et prédateur, les autres pour relier les opprimés du monde entier, élever le niveau d’intelligence collective et fomenter la révolte contre l’empire capitaliste.
    L’emprise d’Internet sur la vie sociale produit en fait un désastre humain et politique, dont l’essor de l’islamisme est un des aspects les plus brutaux – et le succès du jeu Pokemon Go la dernière illustration risible en date. Mais qui songe à couper le robinet par lequel circulent la propagande djihadiste, les vidéos sanguinaires et les appels quotidiens à tuer des mécréants ?
    Paradoxes coutumiers de notre société industrielle avancée
    Quel crédit accorder à des politiciens et des intellectuels qui se disent sans cesse « prêts à tout pour gagner cette guerre », alors qu’ils n’envisagent pas un instant d’empêcher la logorrhée de Daech de se déverser dans les foyers et les téléphones de ses followers ?
    Que cela pose quelques difficultés techniques est bien probable, mais peut-être est-ce un des endroits où il y aurait sens à faire preuve de volontarisme, plutôt que sur les plages. Sans doute est-ce difficile, d’abord parce que cela perturberait le cours normal des affaires ainsi que les petites habitudes de vie de tout le monde. On retrouve là les paradoxes coutumiers de notre société industrielle avancée, parfaitement renseignée sur les périls qui la minent, mais profondément réticente à mettre en cause les commodités qui donnent à ses habitants des gages (temporaires) de confort, l’apparence de la toute-puissance et l’illusion de la liberté.

    Matthieu Amiech est l’un des auteurs du groupe Marcuse, qui a publié en 2013 « La Liberté dans le coma. Essai sur l’identification électronique et les motifs de s’y opposer » (La Lenteur).

    #critique_techno, #extrême_droite


  • ENQUÊTE FRANCEINFO. Quand la voix française de Daech écrivait à Mohamed Merah
    Elodie Guéguen franceinfo | Mis à jour le 16/09/2016
    http://www.francetvinfo.fr/faits-divers/terrorisme/attaques-du-13-novembre-a-paris/enquete-sur-les-attentats-de-paris/enquete-france-info-qui-est-fabien-clain-la-voix-francaise-de-daech_182

    (...) L’histoire et le parcours de Fabien Clain sont étonnants. Réunionnais d’origine, il naît en métropole en 1978. Il grandit en Normandie, avec son frère Jean-Michel – qui aujourd’hui est également en Syrie – dans une famille extrêmement catholique. À 18 ans, Fabien Clain décide de se convertir à l’islam. Sous son influence, tous ses proches le suivent, même sa mère, qui est professeur de catéchisme. Partout où il est passé, Fabien Clain a fait du prosélytisme. Et, à chaque fois, son discours a fait mouche. Tarek* est sans doute celui qui connaît le mieux l’histoire de la soudaine conversion de Clain, il a été l’un de ses meilleurs amis. Tarek* raconte : « Clain pouvait débattre avec un chrétien, avec un juif, avec un bouddhiste. Il avait une éloquence qui pouvait retourner qui que ce soit. »(...)


  • Défendre les droits vestimentaires des femmes, quels qu’ils soient, pour défendre toutes les femmes - Crêpe Georgette
    http://www.crepegeorgette.com/2016/08/24/defendre-femmes

    Le féminisme occidental a grandi avec l’idée que les femmes avaient le droit de montrer leur corps sans risquer pour cela des agressions sexuelles, des réflexions, des interdictions diverses et variées. Cet exemple a longtemps été présenté comme un modèle seul et unique de féminisme. Il convient de préciser que le féminisme occidental des années 70 ne peut se réduire, comme certains tendent de le dire, au fait d’avoir voulu porter un bikini. La défense d’avoir le droit de porter ce qu’on veut (du pantalon au travail au bikini à la plage) était en fait la défense de porter ce qu’on veut sans brimades, punitions, licenciements et violences. On ne saurait donc dire et lire comme on l’entend dernièrement que le bikini est un combat féministe. C’est le fait de ne pas être agressée et violentée qui l’est et (...)

    #feminisme


  • Le doctissimo omniscient généraliste. Grrrrr

    Brighelli - École : la fabrique des monstres ? - Le Point
    http://www.lepoint.fr/invites-du-point/jean-paul-brighelli/brighelli-ecole-la-fabrique-des-monstres-28-07-2016-2057694_1886.php

    Saïd Kouachi, né en 1980, et son frère Chérif, né en 1982. Amedy Coulibaly, né en 1982. Mohamed Merah, né en 1988. Adel Kermiche, né en 1997. Tous produits du système scolaire français. Sans compter des milliers d’apprentis-djihadistes hexagonaux très désireux de partir s’enrôler sous la bannière noire des assassins de Daech. Tous ont un point commun : ils n’ont connu que l’école revue et corrigée par le PS, et à partir de 1989, l’école sortie de la loi Jospin.

    • Le chapeau …

      Les terroristes islamistes qui ont frappé en France depuis deux ans sont les purs produits d’un système scolaire à la dérive.

      … et, comme le dit bien le résumé (ci-dessus), les enfants du PS…

      Jean-Paul Brighelli — Wikipédia
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Paul_Brighelli

      À la fin des années 1960 et au cours des années 1970, Jean-Paul Brighelli milite à l’extrême gauche.
      […]
      Il rejoint Debout la France, le mouvement politique de Nicolas Dupont-Aignan, en janvier 2015, en tant que délégué national à l’École de la République. Il affirme en outre qu’il « adhère à 80 % » au programme du FN sur l’école.


  • « Moi, le Coran, je m’en tape » : les jeunes djihadistes français dirigés par une révolte personnelle et l’ultraviolence, pas par l’islam - RTL Info

    http://www.rtl.be/info/monde/france/-moi-le-coran-je-m-en-tape-les-jeunes-djihadistes-francais-diriges-par-une-revol

    Qui sont ces jeunes qui deviennent djihadistes et se radicalisent en quelques mois voire quelques semaines ? Selon Peter Harling, ce n’est pas l’islam qui est leur point commun, mais bien leur soif de violence.

    Ils invoquent Allah à chaque phrase mais pour les jihadistes d’un genre nouveau, comme ceux qui ont ensanglanté Paris le 13 novembre, l’islam est un prétexte permettant surtout de canaliser une révolte intime et une soif de violence, estiment des experts.

    « Leur culture musulmane est sommaire, voire quasiment nulle »

    Convertis de fraîche date, maîtrisant mal ou pas du tout l’arabe, jonglant avec des concepts qu’ils comprennent à peine ou dont ils tordent le sens, ils ont trouvé dans l’organisation Etat islamique (EI) une structure souple et pragmatique au sein de laquelle peut s’épanouir leur désir de radicalisation, ajoutent-ils. « Leur culture musulmane est sommaire, voire quasiment nulle », confie à l’AFP Peter Harling, du groupe de réflexion International crisis Group (ICG). « En fait ceux qui ont la culture musulmane la plus solide sont les moins susceptibles de se ranger du côté de l’EI ».

    #djihadisme #peter_harling

    • Directeur de l’Observatoire du religieux, professeur à l’IEP d’Aix, Raphaël Liogier a étudié les profils de dizaines de jihadistes ou aspirants-jihadistes français. « Aucun de ceux qui sont intervenus sur le sol français, de Mohamed Merah jusqu’à ceux du 13 novembre, sont passés par une formation théologique de fond ou par une intensification progressive de la pratique religieuse », dit-il à l’AFP. « Ce sont des gens qui sont dans un rapport à la violence, parce que l’islam est actuellement synonyme de violence antisociale. Ils veulent exprimer leur désir d’être antisocial ». « Ils prennent des postures de fondamentalistes, mais ce ne sont que des postures », dit-il. « Ils passent seulement dans les mosquées, prient moins que les autres. Ils cultivent un style que j’appellerais néo-afghan, à la recherche d’une espèce de romantisme néo-guerrier ».

      "Dans les années 80, ils seraient devenus punks ou entrés dans des mouvements d’extrême-gauche ou d’extrême droite"

      « Comme ils sont d’origine maghrébine et qu’on leur dit qu’ils sont potentiellement musulmans et que l’islam a une image négative, ça devient désirable pour eux. Dans les années 80, ils seraient devenus punks ou entrés dans des mouvements d’extrême-gauche ou d’extrême droite », ajoute Raphaël Liogier. « Ils sautent directement dans le jihad, parce qu’ils ont pour point commun la délinquance, des problèmes dans leur enfance et le désir d’être des caïds ».

    • « En fait ceux qui ont la culture musulmane la plus solide sont les moins susceptibles de se ranger du côté de l’EI ».

      Espérons que certains ne vont pas comprendre que les « musulmans d’origine » dont la culture musulmane est sommaire sont tous des djihadistes potentiels....

    • Musulman d’apparence, comme dirait l’autre ?

      Une autre analyse venant de Gilles Kepel qui écrit pour le site de « Atlantico », même si cette source est tendancieuse, son analyse n’est pas dénuée d’intérêt.

      http://www.atlantico.fr/decryptage/comment-france-est-devenue-principale-usine-occidentale-produire-terroristes-theorie-americaine-qui-derange-gilles-kepel-carnage-2766924.html/page/0/1

      Le carnage de Nice survenu ce jeudi révèle à nouveau que la menace terroriste pour la France se trouve au cœur même de sa société. Le politologue William McCants a conduit, il y a quelques mois, une étude préliminaire révélant que, par rapport au nombre de leur population musulmane sunnite, les pays francophones comptent le plus de cas de radicalisation. Un phénomène qui s’expliquerait par l’approche française de la sécularisation.
      Cet « effet francophone » serait exacerbé dans les pays les plus développés en matière d’éducation, d’infrastructures et de santé, parmi lesquels la France. Quels liens pourraient être établis entre le développement économique et politique de la France et la radicalisation de sa population musulmane sunnite ?

      J’insiste sur le fait qu’il faut éliminer ce terme de « radicalisation » qui n’a aucun sens. La question est celle du passage au salafisme, en rupture avec les valeurs de la laïcité et de la démocratie. Ce qui est très frappant en France, c’est que le vocabulaire salafiste s’est érigé contre la laïcité.

      (Bon après, il y a un effet #paywall sur ce site si vous avez été trop gourmand, au bout de la 3e page je crois).

    • Merci pour ce texte @mona j’en colle une partie ici

      Au-delà de la quête de sens, c’est aussi leur place dans la société qui est interrogée. Si les profils des auteurs d’attentat en Europe et des tueries de masse aux Etats-Unis diffèrent, le fait de ne pas trouver de place ou de ne pas être à la place qui leur semblerait correcte paraît être un élément récurrent. Et c’est là qu’une perspective de genre pourrait alimenter le débat. En effet, dans une société patriarcale, la « juste place » pour nombre d’hommes est une position de dominant. Or, lorsqu’on est discriminé ou exclu en raison de ses origines, peu ou pas inséré, on subit une forme de déclassement. La violence extrême pourrait alors être envisagée comme une façon de reconquérir ce qu’ils considèrent comme leur « juste place virile ». On peut donc dire qu’il s’agit de forme ultime de la violence masculine, qui dans ses types moins extrêmes est souvent peu condamnée, voire même tolérée.

      Par ailleurs, les Etats occidentaux proposent des réponses empruntant au même registre de la virilité magnifiée. Combien a-t-on salué Hollande lorsqu’il a endossé sa posture de chef de guerre, rassembleur au lendemain de l’attentat contre Charlie Hebdo ! Combien les propos ont été durs envers les quelques élu-e-s et les militant-e-s français-es inquiété-e-s par les risques de dérive de l’état d’urgence, laissant les pleins pouvoirs à la police et à l’armée ! Enfin, au lendemain de cet attentat, la première réponse a été d’annoncer le durcissement des frappes en Syrie, le bras de fer viril se poursuit...

      Que dire enfin de la réponse des forces de l’ordre lors de tous ces derniers événements ? L’exécution des auteurs a été systématique. On peut comprendre que dans certaines situations, les échanges de coups de feu entraînent la mort du suspect, du tireur ou du terroriste. Mais il est devenu quasi « normal » d’entendre que le tueur, parfois le tueur présumé, a été abattu. La justice (on entend par ici le système judiciaire) ne semble plus avoir sa place. L’exécution durant les opérations devient donc la réponse, un retour à peine voilé de la peine de mort en somme. On en revient à la loi du Talion, ou à celle du Far West, dans les deux cas des illustrations de modèles virils hégémoniques : le patriarche défendant les siens.

      Aucune prétention ici à présenter les mécanismes qui conduisent des personnes, en l’occurrence majoritairement des hommes, à passer à la violence, encore moins à en excuser les origines, mais une volonté d’analyser, de trouver des pistes pour enrayer le phénomène. Si le terrorisme, quelle que soit l’idéologie qui le sous-tend, est une forme extrême de la violence masculine et donc l’expression de la domination masculine, il convient de la combattre sous toutes ses formes. Rappelons ici que le meurtrier de Nice était connu des services de police, non pour détention d’armes ou participation à une organisation terroriste, mais pour violences conjugales ! C’est pourquoi il s’agit de ne plus minimiser les violences ordinaires, quotidiennes perpétrées par des hommes au nom de leur virilité.

    • Pourquoi il ne faut pas confondre le #salafisme et le #takfirisme

      http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2015/11/25/pourquoi-il-ne-faut-pas-confondre-le-salafisme-et-le-takfirisme_4817042_4355

      Néanmoins, la plupart des salafistes appartiennent à ce que l’on appelle la branche quiétiste. Ils sont pacifistes et ne cherchent pas à changer la #loi, même s’ils n’en reconnaissent pas la #légitimité.


  • Un sportif accusé d’avoir « dédié sa victoire à Merah et à Abdeslam »
    http://contre-attaques.org/magazine/article/un-sportif

    Magomed Guekhaiev, combattant de MMA (arts martiaux mixtes, anciennement combat libre ou free-fight) a été accusé d’avoir dédié sa victoire à Mohamed Merah et Salah Abdeslam lors d’un gala sportif à Montreux le 16 avril dernier. Or ses accusations sont fausses. Cette intox, qui trouve son origine dans un article de 20min.ch1, qui a depuis été corrigé, a été largement partagée par des #Médias francophones et des sites d’extrême-droite. Tout commence le 19 avril 2016, quelques jours après le gala de MMA (...)

    #Magazine

    / Actualités, #carousel, Médias, #Sport

    "http://www.20min.ch/ro/news/vaud/story/10813870"
    "https://www.youtube.com/watch?v=9TRsqFiBmpY

    "
    "https://www.facebook.com/MatskillPerformanceasso/info/?tab=page_info"
    "http://www.boxingfactory.fr/home/contact"
    "http://www.fightnightseries.com/assets/communiqu%C3%A9-de-presse.pdf"
    "http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2016/04/22/un-lutteur-francais-accuse-a-tort-d-avoir-dedie-sa-victoire-a-merah-et-abdes"
    "http://www.liberation.fr/desintox/2016/04/22/non-le-lutteur-magomed-guekhaiev-n-a-pas-fait-l-apologie-du-terrorisme_14"
    "https://www.facebook.com/permalink.php?story_fbid=1174576659221309&id=283922118286772"


  • Antiterrorisme : la destruction du renseignement

    "La DGSI, et même le renseignement extérieur, semblent sourds et aveugles à ce qui se trame au Moyen-Orient en général – et en Syrie en particulier. Et même impuissants à exploiter les informations transmises par d’autres centrales. Les services français avaient pourtant bénéficié, avant les attentats du vendredi 13 décembre 2015, d’« informations que plusieurs services de renseignement arabes ont transmises à leurs homologues occidentaux », et selon lesquelles « six capitales ont été ciblées en priorité par l’État islamique : Paris, Londres, Moscou, Le Caire, Riyad et Beyrouth ». Selon ces renseignements, plusieurs « émirs » étaient chargés de superviser des opérations dans chaque zone visée et disposaient d’une large autonomie opérationnelle. Ils ne répondaient qu’à Abou Ali al-Anbari, le chef du Conseil de sécurité et de renseignement de l’État islamique.

    Selon les mêmes informateurs, Abdelhamid Abaaoud était chargé d’organiser des attentats terroristes en France, en Espagne et en Italie. Un autre « émir » terroriste, d’origine pakistanaise, serait chargé de la Grande-Bretagne. Cette stratégie de la terreur aurait été décidée lors d’une réunion tenue autour d’Abou Bakr al-Baghdadi, fin juin 2015, à Mossoul. Dès lors, les opérations terroristes en Europe devaient être menées par des djihadistes aguerris en Irak ou en Syrie, placés directement sous les ordres de cadres du Conseil de sécurité et de renseignement de l’État islamique et non plus par des groupes spontanés ou autres « loups solitaires », comme jusqu’en janvier 2015.

    De même, le lundi 16 novembre 2015, un responsable gouvernemental turc affirmait, on l’a dit, que la police de son pays avait alerté la police française par deux fois, en décembre 2014 et en juin 2015, à propos d’Ismaël Mostefaï, l’un des terroristes kamikazes du Bataclan, mais qu’elle n’avait reçu aucun retour. Pourtant, son cas était particulièrement inquiétant : « Les services secrets savaient dès 2009 qu’Ismaël Mostefaï, l’un des kamikazes du Bataclan, s’était radicalisé à Chartres, dans un groupe dirigé par un vétéran du djihad, cerveau d’un attentat au Maroc en 1994. Au printemps 2014, la DGSI a perdu la trace de Mostefaï après l’avoir repéré à Chartres, quelques mois après son probable retour de Syrie. Il avait franchi la frontière turque le même jour qu’un autre kamikaze du Bataclan, Samy Amimour. »

    Les services français auraient également reçu des signalements du Département du renseignement et de la sécurité (DRS), le service algérien, à propos d’Ismaël Mostefaï. Le DRS aurait repéré le futur tueur du Bataclan et l’aurait surveillé fin 2014. Le service algérien avait en effet découvert qu’il était membre d’une cellule de recrutement de djihadistes pour la Syrie, au nom de laquelle il aurait été chargé de transporter des messages, de l’argent et des faux documents. Par ailleurs, le site d’information Mondafrique évoquait, en novembre 2015, un signalement du DRS à la DGSE, en octobre. Mais, une fois encore, ces informations n’auraient pas été sérieusement exploitées.

    Enfin, la communication entre les différents services français de renseignement et de police semble avoir été catastrophique jusqu’au bout. À l’automne 2015, plusieurs responsables de la lutte antiterroriste se plaignaient ainsi de la rétention d’informations pratiquée par la DGSI, laquelle avait visiblement le plus grand mal à partager ses fiches « S » (atteinte à la sûreté de l’État). La DRPP, la sous-direction antiterroriste de la police judiciaire, mais aussi la DNRED et Tracfin s’en plaignaient clairement, surtout depuis les attentats de janvier 2015. Même la DGSE semblait souffrir de cette rétention d’informations, alors qu’une cellule de liaison entre ce service de renseignement extérieur et le renseignement intérieur était logée au siège de la DGSI, à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine).

    Et pourtant…

    « J’ai acquis la conviction que les hommes de Daech ont l’ambition et les moyens de nous atteindre beaucoup plus durement en organisant des actions d’ampleur, incomparables à celles menées jusqu’ici. Je le dis en tant que technicien : les jours les plus sombres sont devant nous », prévenait le juge d’instruction Marc Trévidic, le 30 septembre 2015, dans Paris Match, alors qu’il quittait le pôle judiciaire antiterroriste, après dix ans d’enquêtes. Le vendredi 13 novembre 2015, son avertissement devint prédiction.

    Et pourtant, surtout depuis les tueries de Mohamed Merah, en mars 2012, les gouvernements ont multiplié les réformes du dispositif judiciaire antiterroriste. Pas moins de quatre lois ont été votées en quatre ans, et les décrets d’application de la plus récente, la loi sur le renseignement promulguée le 24 juillet 2015, ont été publiés à peine plus d’un mois avant les attentats de novembre 2015. En réponse à la tentative de fusillade du 21 août 2015 dans le Thalys Amsterdam-Paris, l’Assemblée nationale devait même commencer, mardi 17 novembre 2015, l’examen d’un nouveau projet de loi élargissant les pouvoirs de fouille des agents SNCF, RATP et des policiers dans les transports. Vendredi 13 novembre, Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur, présentait un plan de lutte contre les filières d’armement du banditisme et du terrorisme, à la préfecture des Hauts-de-Seine.

    Et pourtant, encore, la loi relative au renseignement promulguée le 24 juillet 2015 avait considérablement étendu les pouvoirs des services de renseignement, en légalisant des techniques de surveillance très intrusives, comme la sonorisation de locaux et de domiciles, les IMSI-catchers, ces valises qui imitent le fonctionnement d’une antenne-relais sur laquelle se connectent donc les téléphones mobiles proches et qui permettent l’interception de conversations…

    Les moyens financiers et en effectifs des services du renseignement avaient également été renforcés. Transformée en DGSI, en juin 2014, et placée directement sous la tutelle du ministre de l’Intérieur, la DCRI s’était vu promettre 432 postes supplémentaires ainsi qu’un budget supplémentaire de fonctionnement de 12 millions d’euros par an. Le plan antiterroriste annoncé par le Premier ministre Manuel Valls, en janvier 2015, y ajoutait un renfort de 1 400 policiers et gendarmes supplémentaires sur trois ans, dont 1 100 pour le renseignement intérieur…

    Et pourtant, enfin, en juillet, le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve avait créé et placé sous son contrôle direct un état-major opérationnel de prévention du terrorisme (EMOPT) censé coordonner les différents services et éviter que de nouveaux djihadistes ne passent entre les mailles du filet du renseignement. L’EMOPT « est chargé de piloter la totalité du dispositif de détection et de suivi des individus radicalisés susceptibles de commettre un acte terroriste », soulignait Bernard Cazeneuve, le 29 octobre 2015, à l’Assemblée nationale.

    « Sponsors » de l’État islamique

    Dans son entretien avec Frédéric Helbert, le juge d’instruction antiterroriste Marc Trévidic insistait : « La menace est à un niveau maximal, jamais atteint jusqu’alors. D’abord, nous sommes devenus pour l’État islamique l’ennemi numéro un. La France est la cible principale d’une armée de terroristes aux moyens illimités. » Or, la question des « moyens illimités » du terrorisme islamiste est le tabou par excellence de la communication politique. Un tabou que les vrais experts du renseignement n’ont parfois plus le cœur de respecter.

    Alain Chouet a été le chef du service de renseignement de sécurité de la DGSE, de 2000 à 2002, après avoir été en poste à Beyrouth, Damas, Rabat, etc. Au lendemain des attentats du 13 novembre 2015, il affirmait ne pas avoir été surpris par ceux-ci : « Cela fait au moins un an que les spécialistes du renseignement agitent le drapeau pour prévenir du risque imminent d’attentat. Il faut bien comprendre que l’État islamique ayant une vraie stratégie pour se développer sur le terrain en tant qu’État, et commençant à perdre pied quand ses ressources se tarissent, opère une transition vers le terrorisme international, comme Al-Qaïda à son époque. Il s’agit pour l’État islamique de garder sa crédibilité, ses sponsors et ses soutiens. »

    À propos de ces « sponsors » et « soutiens » du terrorisme projeté par l’État islamique, Alain Chouet ne mâchait pas ses mots : « Oui, il y a les sponsors idéologiques et financiers du terrorisme. Les pétromonarchies du Golfe, qui essayent par tous les moyens – et en particulier par la diffusion de l’idéologie salafiste – d’empêcher la constitution d’un axe chiite du Liban jusqu’à l’Iran, qui ont un problème de légitimité musulmane, et qui veulent empêcher toute dérive démocratique. L’Arabie saoudite, par exemple, s’emploie depuis trente ans à distiller le message salafiste et wahhabite en Europe, à travers des écoles et des fondations, et le résultat est là aujourd’hui. » Le propos est on ne peut plus clair et net. J’y reviendrai précisément un peu plus loin.

    Comme pratiquement toutes mes autres sources au sein du renseignement, l’ex-chef du service de renseignement de sécurité de la DGSE dénonçait aussi vigoureusement la bureaucratisation du métier : « À la DGSE, aujourd’hui, il doit y avoir 4 500 à 5 000 personnes, dont 1 000 qui font de l’administratif. Le problème n’est pas tant les effectifs que la qualité et l’utilisation des effectifs, comme à la DGSI. J’ajoute qu’à la gendarmerie, il y a 80 000 personnes qui, à une époque, quadrillaient le territoire et parlaient à tout le monde. On les a reconvertis en percepteurs d’impôts et pères fouettards sur le bord des routes, au lieu de créer un corps spécifique, une police des routes. Du coup, le maillage territorial du renseignement et la défense opérationnelle du territoire ont été affaiblis. »

    Destruction du renseignement financier

    Mais ce qui a sans doute été le plus affaibli, pour ne pas dire tout simplement brisé, c’est le renseignement financier. Le jeudi 26 novembre 2015, Aleph me le dit, une nouvelle fois, crûment : « Lorsque les RG travaillaient sur le financement du terrorisme, ses enquêteurs tombaient aussi souvent sur d’autres malversations : évasion fiscale, financement politique illégal, corruption… Je suis convaincu que le démembrement et l’absorption des RG par la DST, lors de la création de la DCRI, en 2008, ont été voulus par Nicolas Sarkozy et ses généreux amis qui avaient beaucoup à craindre du renseignement financier. » Résultat : les arcanes du financement d’un terrorisme toujours très coûteux sont plus obscurs et impénétrables que jamais pour le renseignement français.

    Aleph confirme ainsi les analyses contenues dans un document confidentiel d’une rare sévérité, rédigé par un collectif d’officiers de la DCRI, ce « FBI à la française ». Rédigé sur 14 pages, en style parfois télégraphique, ce véritable audit du service de renseignement, mais aussi de nombreuses autres directions de la police nationale compétentes en matière de délinquance financière, a été remis le 16 février 2013 aux parlementaires du groupe de travail sur les exilés fiscaux, constitué un mois et demi plus tôt. « Avant la réforme de 2008, les renseignements généraux disposaient d’un réseau territorial de remontées d’informations économiques et financières. Ses services centraux disposaient d’un accès aux déclarations Tracfin et apportaient des éléments de travail à Tracfin. Les RG avaient mis en place un maillage au sein des employés des établissements bancaires pour faire remonter de l’information financière en amont de Tracfin et recueillir des informations non filtrées. Lors de la réforme des services de renseignement survenue en 2008, la recherche du renseignement financier a été centralisée au sein de la sous-direction en charge de la protection du patrimoine économique et financier de la DCRI… » Et dès lors, les informations recueillies sont tombées dans les oubliettes du « secret défense ».

    Aussi, la note très précise des officiers de police encourageait les élus à interroger, si possible dans le cadre d’une commission d’enquête parlementaire, les anciens et actuels patrons ou responsables de la DCRI (dont Bernard Squarcini, Gilles Gray, Éric Bellemin-Comte…), notamment celles et ceux qui étaient et sont encore chargés du renseignement économique et financier. Les auteurs du document suggéraient même aux parlementaires des questions lourdes de sens, révélant, d’une part, la surveillance étroite opérée par la DCRI sur l’organisation de la fraude fiscale internationale et dénonçant, d’autre part, la non-transmission à la justice des informations considérables recueillies lors de cette surveillance.

    Bernard Squarcini, Gilles Gray, Éric Bellemin-Comte… Dans le cadre d’une esquisse d’enquête sur la destruction du renseignement français, quelques questions sur leurs itinéraires professionnels se posent tout naturellement."

    https://blogs.mediapart.fr/antoine-peillon/blog/230316/antiterrorisme-la-destruction-du-renseignement


  • France : un prof juif qui s’était dit victime d’une agression antisémite en garde à vue pour dénonciation mensongère - La Provence / France bleu

    http://www.laprovence.com/actu/faits-divers-en-direct/3815751/exclusif-le-professeur-juif-qui-disait-avoir-ete-taillade-mi-novembre-pl

    https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/le-professeur-juif-qui-affirmait-avoir-ete-agresse-en-novembre-marseille-

    L’enseignant juif de 57 ans qui affirmait avoir été agressé dans le 13e arrondissement de Marseille le 18 novembre 2015 par des jeunes à scooter a été placé en garde à vue mercredi pour « dénonciation mensongère ».

    Tzion Saadoun, un enseignant juif du lycée Yavné à Marseille (13ème arrondissement de Marseille) âgé de 57 ans, qui avait affirmé avoir été agressé le 18 novembre dernier dans le 13e arrondissement de Marseille, a été placé mercredi matin pour « dénonciation mensongère ». L’information confirmée par la police a été révélé par nos confrères de la Provence.

    Le bras tailladé et un tee-shirt à l’effigie de Daech

    Quelques jours après l’agression dont il affirmait avoir été victime, et dans le contexte des attentats de Paris le 13 novembre, cet enseignant avait raconté que vers 20 heures, alors qu’il sortait du centre Yavné et qu’il portait une kippa, des individus à scooter l’avaient agressés et lui avaient tailladés le bras avec un couteau.

    Ecoutez l’extrait du témoignage de Tzion Saadoun sur France Bleu Provence le 20 novembre dernier :

    Le témoignage de Tzion Saadoun sur France Bleu Provence
    Devant la presse, il avait également expliqué que l’un d’eux portait un tee-shirt à l’effigie de Daech et qu’on lui avait montré sur un téléphone portable des photos de Mohamed Merah. C’est une voiture qui passait par là qui avait ensuite mis en fuite les agresseurs, selon Tzion Saadoun.

    Une affaire qui avait soulevée de nombreuses condamnations

    Cette affaire avait soulevé de nombreuses réactions. Le CRIF avait dénoncé « acte terroriste ». Un acte qui avait été condamné par François Hollande.

    Le directeur d’une école coranique, accompagné de Zvi Ammar le président du consistoire israélite de Marseille, s’était notamment rendu six jours après, au domicile de l’enseignant juif pour « un grand moment d’apaisement ».

    Cette affaire n’a rien à voir avec l’agression à la machette d’un enseignant juif en janvier dernier dans le 9e arrondissement de Marseille. La victime avait été blessé au dos et à la main. L’agresseur avait été arrêté quelques minutes plus tard à l’entrée d’une station de métro.


  • Villes face au djihad : Marseille sourde aux sirènes

    La cité phocéenne serait parée d’antidotes au départ de jeunes vers la Syrie. Une thèse balayée par la police et la justice.

    « El hamdou lillah ! Marseille a jusqu’à présent été épargnée par l’islamisme violent. » Pour Haroun Derbal, l’imam d’Islâh, la mosquée du marché aux puces, c’est « grâce à Dieu » que la deuxième ville de France, la plus musulmane d’Europe, échapperait au phénomène du djihadisme ; pour d’autres, c’est en raison de sa sociologie. Une exception d’autant plus étonnante pour une ville portuaire, point névralgique et historique de tous les trafics, haut lieu du narcobanditisme, où cinq arrondissements sont classés parmi les plus pauvres de France.

    C’est pourtant dans ces facteurs que Raphaël Liogier, sociologue et philosophe à l’IEP d’Aix-en-Provence, recense les antidotes marseillais au djihadisme. « Marseille est aussi la ville où le tissu associatif de solidarité est le plus intense, analyse-t-il. Les Marseillais pauvres ne se sentent pas exclus, à la différence de villes comme Lyon, Bordeaux, Paris avec leur centre-ville bourgeois et leurs banlieues livrées à elles-mêmes. A Marseille, les minorités sont dans le tissu urbain ». Pour le sociologue, la « vieille tradition de régulation sociale par le banditisme » joue son rôle. Les profils susceptibles de commettre des attentats sur le sol français sont, selon lui, des individus attirés par le statut de « "petit caïd" : or, à Marseille, il y a des débouchés offerts - avant l’islam - comme moyen de trouver cette reconnaissance, cette aura ».

    « La menace est la même qu’ailleurs »

    Le narcobanditisme et l’économie souterraine de la drogue qui ont envahi de nombreuses cités siphonneraient-ils des « vocations » d’islamistes radicaux, comme ils auraient empêché, en2005, l’explosion des quartiers Nord de Marseille alors que les banlieues parisiennes flambaient ? Un avocat pénaliste marseillais l’assure : « Les jeunes ont moins envie de faire une révolution islamiste lorsque, en bas de chez eux, ils peuvent gagner 100 euros par jour en faisant le guetteur. Ou même beaucoup plus d’argent en dirigeant un réseau, pour s’acheter un petit snack ou une maison au pays. »

    Cette analyse est radicalement combattue par les autorités, police et justice confondues. Au lendemain de l’agression, le 11 janvier, d’un enseignant marseillais juif frappé avec une machette par un lycéen revendiquant agir « au nom de Daech », le préfet de police a souligné qu’il ne fallait pas minorer le phénomène. « Même si tous ne sont pas prêts à passer le cap, certains ont des profils inquiétants. La menace est la même qu’ailleurs. »

    Au palais de justice, on se refuse également à donner le moindre crédit au postulat selon lequel le banditisme éviterait le terrorisme. Au contraire même, la prégnance de réseaux criminels dans la ville, en particulier dans les cités, pourrait rendre l’accès aux armes de guerre plus aisé qu’ailleurs. Les kalachnikovs qui servent à la trentaine de règlements de comptes commis chaque année à Marseille entre trafiquants pourraient facilement tomber entre d’autres mains, considère un magistrat.

    Aucune investigation ne démontre un soutien ou un financement d’un réseau de stupéfiants à l’islamisme radical, ni de djihadiste avéré avec une velléité de départ vers la Syrie ou l’Irak qui serait en même temps dans le narcobanditisme. Les deux mondes sont décrits comme totalement étanches, bien que les services surveillent étroitement la radicalisation en prison du patron d’un des plus importants réseaux de stupéfiants dans les cités. « Mais ça n’en fait pas un futur djihadiste, indique un enquêteur. Je le vois mal partir avec les autocars d’Eurolines vers la Syrie quand il sortira de prison. Il a plus d’intérêts même en termes de reconnaissance sociale à reprendre son business. »

    400 fichés « S »

    Mais ce fin connaisseur du banditisme marseillais s’inquiète davantage du « prolétariat » du narcotrafic, les guetteurs, les petits vendeurs. Rien ne dit que ceux-là, estimant qu’ils ne gravissent pas assez vite les échelons, ne basculent pas dans le terrorisme. Du côté de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) qui suit des milliers de mineurs délinquants, les éducateurs sont particulièrement attentifs aux signes de radicalisation. Très peu de signalements sont pourtant remontés, au point que la direction a soupçonné ses personnels de renâcler à dénoncer des adolescents en dérive. Ce n’est pas le cas.

    Les dix-huit fonctionnaires qui travaillent au renseignement pénitentiaire recensent, eux, une cinquantaine de détenus radicalisés à surveiller en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Le matelas par terre en cellule, la présence de livres salafistes, la venue au parloir d’une épouse portant subitement la burqa... Le repérage donne lieu à une surveillance de ces prisonniers et à leur isolement lorsque des actions de prosélytisme sont mises au jour.

    Avec 400 individus radicalisés et fichés « S » dans les Bouches-du-Rhône, et une dizaine d’assignés à résidence depuis l’instauration de l’état d’urgence, le département se place néanmoins dans une moyenne nationale. Mais, en proportion, il y aurait moins de départs vers la Syrie, l’Irak ou l’Afghanistan depuis Marseille que depuis Nîmes, Montpellier, Lunel, Cannes et Nice où se recensent des foyers idéologiques.

    La ville serait-elle pour autant immunisée ? C’est aller vite en besogne car, en 2014, Marseille a servi de base à Mehdi Nemmouche, l’auteur présumé de l’attentat du Musée juif de Bruxelles qui a fait quatre morts le 24mai 2014. Ce Roubaisien, radicalisé lors d’une incarcération au centre pénitentiaire de Salon-de-Provence (Bouches-du-Rhône) puis vraisemblablement parti rejoindre un groupe combattant en Syrie en2013, a, six jours après l’attentat de Bruxelles, été interpellé à sa descente d’un bus à la gare routière de Marseille.

    Complicités

    La justice belge a mis en examen deux Marseillais, anciens compagnons de cellule de Nemmouche considérés comme « les seuls contacts ayant été en mesure de [lui] assurer le financement nécessaire à son séjour à Bruxelles et à l’acquisition du matériel indispensable à l’exécution des actes qui lui sont reprochés, particulièrement les armes ». Selon les policiers français, l’arme de calibre 38 ayant été utilisée par Nemmouche provenait d’Avignon. Ces complicités marseillaises prouvent au moins que la ville n’est pas totalement à l’abri de l’islamisme radical.

    Des départs de Marseillais vers la Syrie ont aussi eu lieu. Comme celui de Mohamed, un fils de notables marseillais exerçant des professions libérales, ayant pignon sur rue. Avant son départ vers la frontière turco-syrienne, l’étudiant fréquentait deux mosquées de la ville et avait pris contact avec un passeur régulier de futurs combattants de Daech. Marseillais encore, l’un des auteurs de l’attentat déjoué contre des militaires du sémaphore du cap Béar (Pyrénées-Orientales)...

    Régulièrement, les juges des enfants marseillais sont saisis pour signer des interdictions de sortir du territoire frappant des mineur(e)s qui ont manifesté le désir de rallier Daech. Le parquet de Marseille a ainsi « bloqué » in extremis une mère de famille qui entendait partir faire le djihad avec ses très jeunes enfants. En janvier, un habitant de Marignane a été condamné à six ans de prison pour un « délire djihadiste » qui l’avait conduit à s’armer et à préparer des explosifs. Cet admirateur de Mohamed Merah n’avait jamais mis les pieds dans une mosquée, ni ne connaissait les rudiments de l’islam.

    L’un des principaux contrepoisons au djihadisme tiendrait aussi à la présence de nombreux musulmans d’origine algérienne

    Haroun Derbal, l’imam de la mosquée du marché aux puces, évoque, lui, ces matches de foot où l’arbitre et les joueurs s’arrêtent pour faire la prière, le club de boxe d’une cité où l’on prie avant chaque entraînement et où les filles boxent en voile. Mais, déplore l’imam, c’est au sein de la famille que la radicalité gagnerait du terrain. A l’image de ce père de famille, fiché « S », qui doit être jugé en février par le tribunal correctionnel. « Si je réveille mes enfants à 5 heures du matin pour la première prière, c’est pour leur bien », a-t-il expliqué aux policiers. L’allégation de violences sur l’aîné de ses enfants - placés depuis juillet - a entraîné ces poursuites judiciaires. Ce père de famille revendique une « pratique religieuse rigoriste mais ce n’est pas pour cela que j’irai poser des bombes ».

    Sur les quatre-vingt salles de prières marseillaises, une demi-douzaine seraient dans le viseur de la préfecture de police. Des perquisitions ont eu lieu, comme à la mosquée d’Air Bel où la présence d’individus très radicalisés vaut à cette importante cité des quartiers Est de Marseille le surnom de « Petite Kaboul ». Deux autres mosquées, celles de la cité Consolat dans le 15e arrondissement et de La Bastide Saint-Jean dans le 12e, ont aussi été perquisitionnées. Des opérations jugées par la police « très intéressantes en termes de renseignement et de connaissance des relations entre les personnes ». A Consolat, un pistolet automatique et une somme de 130000 euros ont été saisis au domicile de l’associé d’un des responsables de ce lieu de prières. Les enquêteurs penchent pour une « origine stupéfiants ».

    « Un islam de chibanis »

    Mais les Marseillais musulmans - beaucoup préfèrent placer en tête leur identité marseillaise- seraient protégés de la radicalité par l’exercice d’un islam apaisé, « un islam de chibanis [vieux] », selon l’expression de l’imam Abdelaâli Kallab. Pour ce jeune imam, la plus grande ville musulmane d’Europe - on évoque le chiffre de 250000 musulmans - aurait pu « facilement être un foyer du djihadisme, un centre idéologique » mais elle ne l’est pas devenue. Il se garde cependant de parler d’une « poche de résistance » marseillaise, craignant toujours une dérive « qui peut s’opérer par Internet ».

    L’un des principaux contrepoisons au djihadisme tiendrait aussi à la présence de nombreux musulmans d’origine algérienne et aux liens encore très forts entre Marseille et l’autre rive. « Avec 250000 morts durant les années noires, les Algériens sont vaccinés dix fois contre le djihadisme », explique Abdessalem Souiki, imam itinérant et fondateur de l’association La Plume des savoirs qui organise un soutien scolaire auprès d’une centaine d’élèves. Comme d’autres, il prêche pour la création d’un collège d’imams et de théologiens, « à l’instar d’une chambre des métiers ou une chambre des artisans. Nous aurions les moyens de faire le tri, de valider ou non l’ouverture d’une salle de prière, mais il faudrait un geste fort des autorités locales, comme de mettre à la disposition des musulmans des lieux de prière salubres et dignes de ce nom ».

    Cette reconnaissance de la présence de musulmans à Marseille aurait dû se faire depuis des années, notamment avec la construction d’une grande mosquée. Une première pierre a été posée en mai 2010, mais elle ressemble bien à la dernière.

    Luc Leroux

    Source : Le Monde
    Dimanche 31 Janvier - Lundi 1er Février 2016 - p.9

    #Daesh #Djihadisme #Marseille

    • Bonjour,
      Avant, ma vie me semblait satisfaisante jusqu’au jour où ma mère nous a quittés. Elle est partie vivre avec un autre homme et mon père ne pourrait pas nous rendre heureux tout seul parce qu’il n’avait pas assez de salaires. Et moi, je suis l’ainé de la famille donc cela devrait être moi qui gère tout et remplace ma mère. Je ne savais pas quoi faire, car la vie est très dure et c’est également dur de trouver du travail rapidement. C’était ma voisine qui m’avait suggéré de contacter un Prêteur qui offres de crédits entre particulier à court, moyen ou long terme au meilleur taux 2% dont elle m’a donné l’adresse. Le Prêteur Mr Jean Coudray m’avait dit que j’aurais mon prêt après une semaine si je suis ses conseils comme il faut. Maintenant tout va à merveille car j’ai reçu mon virement de 20.000 €. Grâce au Prêteur Mr Jean Coudray j’ai pu avoir un avenir meilleur plein de bonheur et ma vie fut heureuse comme tous les autres au tour de moi. Vous pouvez le contacter directement par émail pour de plus amples renseignements : mr.jeancoudray@gmail.com



  • En toute égalité, tous les français pourront être déchus de leur nationalité… (mais uniquement s’ils ont une autre natonalité).
    http://www.politis.fr/articles/2016/01/christiane-taubira-demissionne-enfin-83

    Loi sur la déchéance de nationalité qui a été publiée ce matin, délestée de toute référence aux binationaux. « Aucun élément qui pourrait laisser penser qu’il y aurait une discrimination entre les Français ne sera retenu », a déclaré une source proche du dossier à l’AFP.

    Comme disait Anatole France : l’égalité des lois interdit au riche comme au pauvre de coucher sous les ponts…
    https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Anatole_France_-_Le_Lys_rouge.djvu/118

    Autre motif d’orgueil, que d’être citoyen ! Cela consiste pour les pauvres à soutenir et à conserver les riches dans leur puissance et leur oisiveté. Ils y doivent travailler devant la majestueuse égalité des lois, qui interdit au riche comme au pauvre de coucher sous les ponts, de mendier dans les rues et de voler du pain. C’est un des bienfaits de la Révolution.


  • Latifa Ibn Ziaten : « On peut défendre la laïcité avec le foulard »
    http://bondyblog.liberation.fr/201512221100/latifa-ibn-ziaten-on-peut-defendre-la-laicite-avec-le-foulard

    Elle est la mère du soldat Imad Ibn Ziaten, une des victimes de Mohamed Merah. Depuis l’assassinat de son fils, elle parcourt la France entière en prônant un message de tolérance. Le 8 décembre, invitée par le groupe socialiste à l’Assemblée nationale à une rencontre autour de la laïcité, elle est huée par certains membres du public. Pour le Bondy Blog, elle accepte de nous raconter ce qu’il s’est passé. Interview. Source : Bondy Blog


  • L’antiterrorisme français en état de mort clinique
    Le Monde | 28.11.2015
    http://www.lemonde.fr/attaques-a-paris/article/2015/11/28/l-antiterrorisme-francais-en-etat-de-mort-clinique_4819683_4809495.html

    Au fur et à mesure que l’enquête sur les attentats du 13 novembre à Paris et à Saint-Denis avance, les défauts de surveillance des auteurs, les mauvais choix opérationnels et la lourdeur du dispositif antiterroriste sont, une nouvelle fois, mis en exergue. Un enquêteur, encore hanté par les images des massacres du Bataclan et des terrasses parisiennes, s’indigne : « Donc, on ne fait rien ? On attend que ça recommence ? »

    Ce qui le scandalise, c’est avant tout l’absence totale de remise en question affichée au sein du ministère de l’intérieur et du gouvernement. « Je veux saluer encore une fois le travail exceptionnel de nos services de renseignement », a répété Manuel Valls, devant les députés, le 19 novembre, après la mort à Saint-Denis du coordonnateur probable des attentats, Abdelhamid Abaaoud – que lesdits services de renseignement croyaient pourtant en Syrie.

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  • Face à l’état d’urgence et à la stigmatisation, les quartiers populaires toulousains en quête d’alternatives
    http://www.bastamag.net/Aux-Izards-une-population-inquiete-et-un-mouvement-associatif-qui-s-interr

    À Toulouse, l’état d’urgence se traduit par une hausse des perquisitions dans les quartiers populaires. Notamment celui des Izards, où a grandi Mohamed Merah. Acteur historique de la cité et des luttes locales contre les discriminations et les inégalités, l’association Tactikollectif, animée par Salah Amokrane, s’inquiète du climat à venir. Celui-ci appelle le mouvement associatif à « ne pas regarder ailleurs » quand « une partie des gamins qui font ces attentats viennent de nos quartiers », et à faire « émerger (...)

    #Résister

    / #Luttes_sociales, #Reportages, #Classes_populaires, #Guerres_et_résolution_des_conflits, A la (...)


  • Lettre ouverte à Sifaoui : « vous êtes anti-laïque et sexiste »
    http://contre-attaques.org/magazine/article/lettre-ouverte

    Mohamed Sifaoui, journaliste algérien, invité de l’émission des paroles et des actes sur France 2, ce mercredi 18 novembre, a tenu des propos indignes et indécents. Islamophobes et sexistes à l’égard de Latifa Ibn Ziaten, la mère d’une des victimes de Mohamed Merah en 2012, Mohamed Sifaoui ne mérite définitivement pas les #Tribunes médiatiques qui lui sont offertes. Monsieur, Vous êtes sans cesse invité par les médias. Vous y parlez de laïcité et de droit des femmes, utilisant ces notions pour justifier (...)

    #Magazine

    / #carousel, Tribunes, #sexisme, #Voile


  • L’Etat islamique, cancer du capitalisme moderne | Middle East Eye
    http://www.middleeasteye.net/node/39507

    Une déshumanisation

    Tandis que ces facteurs ont élevé à un niveau critique cette vulnérabilité régionale, le rôle joué par les Etats-Unis et la Grande-Bretagne après le 11 septembre 2001 dans la coordination du financement secret fourni par les Etats du Golfe aux militants islamistes extrémistes à travers la région a jeté de l’huile sur le feu.

    Les liens dont disposent ces réseaux islamistes en Occident signifient que les services de renseignement nationaux ont périodiquement fermé les yeux sur leurs disciples et infiltrés dans leur propre pays, ce qui a permis à ces derniers de croître, recruter et envoyer les candidats au djihad à l’étranger.

    C’est pourquoi la composante occidentale de l’Etat islamique, bien que beaucoup plus petite que le contingent de combattants qui rallient le groupe depuis les pays voisins, reste largement imperméable à tout débat théologique significatif. Ils ne sont pas mus par la théologie, mais par l’insécurité d’une identité et d’un psychisme fracturés.

    C’est ici, dans les méthodes de recrutement minutieusement calibrées de l’Etat islamique et des réseaux qui soutiennent l’organisation en Occident, que nous pouvons voir que le processus d’endoctrinement psychologique s’est affiné à travers les années grâce aux formations menées sous la tutelle des services de renseignement occidentaux. Ces services de renseignement ont en effet toujours été intimement impliqués dans l’élaboration d’outils violents d’endoctrinement islamiste.

    Dans la plupart des cas, le recrutement de l’Etat islamique se fait en exposant les individus à des vidéos de propagande soigneusement élaborées, développées au moyen de méthodes de production avancées, et dont les plus efficaces sont remplies d’images réelles de massacres perpétrés par la puissance de feu occidentale contre les civils irakiens, afghans et palestiniens, ou par Assad contre les civils syriens.

    L’exposition constante à ces scènes horribles d’atrocités perpétrées par l’Occident et la Syrie peut souvent avoir un effet similaire à ce qui pourrait arriver si ces scènes avaient été vécues directement, à savoir une forme de traumatisme psychologique qui peut même entraîner un stress post-traumatique.

    Ces techniques de propagande sectaire contribuent à attiser des émotions accablantes de choc et de colère, qui à leur tour servent à anéantir la raison et à déshumaniser l’« Autre ». Le processus de déshumanisation est concrétisé à l’aide d’une théologie islamiste pervertie. Ce qui importe, ce n’est pas l’authenticité de cette théologie, mais sa simplicité. Cette théologie peut faire des merveilles sur un psychisme traumatisé par des visions de morts massives et dont la capacité à raisonner est immobilisée par la rage.

    C’est pourquoi le recours à une littéralité poussée à l’extrême et à une décontextualisation complète est une caractéristique si commune aux enseignements islamistes extrémistes : en effet, pour un individu crédule ayant une faible connaissance de l’érudition islamique, à première vue tout cela semble vrai sur le plan littéral.

    Basées sur des décennies d’interprétation erronée et sélective des textes islamiques par les idéologues militants, les sources sont soigneusement extraites et triées sur le volet pour justifier le programme politique du mouvement : un règne tyrannique, des massacres massifs et arbitraires, l’assujettissement et l’asservissement des femmes, et ainsi de suite ; des éléments qui deviennent tous partie intégrante de la survie et de l’expansion de l’« Etat ».

    Etant donné que la fonction principale de l’introduction du raisonnement théologique islamiste extrême est de légitimer la violence et de sanctionner la guerre, celui-ci est conjugué à des vidéos de propagande qui promettent ce dont la recrue vulnérable semble manquer, à savoir la gloire, la fraternité, l’honneur et la promesse du salut éternel, peu importent les crimes ou délits pouvant avoir été commis par le passé.

    Si vous ajoutez à cela la promesse du pouvoir (le pouvoir sur leurs ennemis, le pouvoir sur les institutions occidentales censées avoir éliminé leurs frères et sœurs musulmans, le pouvoir sur les femmes), ainsi qu’un habit religieux et des revendications de piété suffisamment convaincants, alors les sirènes de l’Etat islamique peuvent devenir irrésistibles.

    Cela signifie que l’idéologie de l’Etat islamique n’est pas le facteur déterminant de son éclosion, de son existence et de son expansion, bien qu’il soit important de la comprendre et de la réfuter. L’idéologie est simplement l’opium du peuple dont il se nourrit et nourrit ses potentiels disciples.

    En fin de compte, l’Etat islamique est un cancer du capitalisme industriel moderne en plein effondrement, un sous-produit fatal de notre dépendance inébranlable à l’or noir, un symptôme parasitaire de l’escalade des crises de civilisation qui secouent à la fois le monde musulman et le monde occidental. Tant que l’on ne s’attaque pas aux racines de ces crises, l’Etat islamique et ses semblables ne sont pas prêts de disparaître.


  • « Pourvu que ce ne soient pas des musulmans » - Les mots sont importants (lmsi.net)
    Par Ndella Paye
    http://lmsi.net/Pourvu-que-ce-ne-soient-pas-des

    À chaque fois qu’une attaque terroriste a lieu en France, c’est le cauchemar pour moi, mais également je crois pour tou-te-s les personnes visiblement musulmanes ou supposées l’être dans ce pays...

    Je n’ai réellement pas dormi la nuit du 13 novembre 2015. La première question que se pose toute personne ou presque vivant sur un territoire attaqué, ou du moins le souhait qu’elle formule en premier, est en général « j’espère que je n’ai pas de proches touchés ». Mais moi, la première chose qui me vient à l’esprit, ma première hantise est « Pourvu que ça ne soit pas des musulmans qui ont fait ça ». Pourquoi ? Et bien parce que si c’est le cas, c’est ma vie mais aussi celle de tou-t-es musulman-e-s de ce pays qui va, une fois de plus, basculer comme elle l’a été tellement de fois, après Mohamed Merah mais également après les attaques de Charlie Hebdo début janvier.


  • La réaction au galop (4) Immigration : après Morano, voilà Masson…
    Amalgames, raccourcis, le sénateur mosellan Jean-Louis Masson a prononcé mardi au Sénat une violente diatribe anti-immigrés. Elle a mis sens dessus dessous l’hémicycle. L’élu regrette juste de n’avoir pu s’exprimer clairement.
    http://www.republicain-lorrain.fr/politique/2015/10/15/immigration-apres-morano-voila-masson

    Florilège

    « Par le passé, nous avons eu d’énormes vagues d’immigration : des Polonais, des Italiens, des Portugais. C’était des gens qui ne posaient pas de problèmes… Il faut avoir le courage de le dire. »

    « Tout à l’heure, on nous a dit que l’immigration avait conduit à des gens qui étaient de très bons Français, des Français remarquables. C’est vrai : Necker, Madame Curie, etc. Simplement, j’aurais aimé que la liste continue. Mohamed Merah, Amedy Coulibaly, ce sont les terroristes aujourd’hui ! L’immigration d’aujourd’hui, ce sont les terroristes de demain ! »

    #france #politique #racisme
    cc @contre

    • … des Polonais, des Italiens, des Portugais. C’était des gens qui ne posaient pas de problèmes… Il faut avoir le courage de le dire.

      Sauf qu’à l’époque, les racistes de l’époque expliquaient que tous ces braves immigrés qui ne posaient pas de problèmes étaient l’avant-garde d’une offensive calotine (planifiée dans les officines vaticanes) qui attaquaient sournoisement nos valeurs républicaines au premier rang desquelles, déjà, la laïcité.


  • Valls : le combat contre l’antisémitisme est « à reprendre » | LCP.fr | LCP Assemblée nationale|
    Le 8 septembre 2015
    http://www.lcp.fr/actualites/politique/174309-valls-le-combat-contre-l-antisemitisme-est-a-reprendre

    Le Premier ministre Manuel Valls présente les voeux du gouvernement avant le nouvel an juif, Roch Hashana, à la synagogue Nazareth à Paris, le 8 septembre 2015,

    Mais, a-t-il indiqué, face à un antisémitisme préoccupant (+84% d’actions et menaces antisémites entre janvier et mai par rapport aux cinq premiers mois de 2014), « aujourd’hui, le combat est à reprendre. La France doit avoir plus conscience de ce que l’on ne doit jamais oublier. Car, soyons lucides, nous avons oublié », a-t-il estimé en évoquant l’histoire, de l’affaire Dreyfus à l’attaque jihadiste de l’Hyper Cacher en janvier 2015, en passant par le meurtre d’Ilan Halimi (2006) et la tuerie de Mohamed Merah à Toulouse (2012).

    « Il y a cette négation rampante de la Shoah, cette haine des Juifs qui a grandi dans nos quartiers populaires (…), a contaminé les esprits d’une partie de notre jeunesse », a-t-il déploré.

    « Et il y a aussi cet antisionisme de façade, cet antisémitisme qui ne dit pas son nom », a-t-il poursuivi en allusion à « cette polémique insensée » lors de Paris-Plage qui, « derrière une condamnation sans fondement de la ville de Tel Aviv, cachait mal, pour certains en tout cas, une détestation de l’Etat d’Israël et du peuple juif ».

    « Je mets en garde ceux qui soufflent sur les braises et allument des feux qu’ils sont bien incapables d’éteindre », a-t-il enchaîné, relevant sans citer de noms que « quand on est responsable politique, quand on est un élu de la République, on doit mesurer la portée de ses déclarations ».


  • L’#UJFP pratique la politique de l’autruche face aux tenants de l’#antisémitisme de gauche. A propos d’une polémique loufoque (ou peut-être pas ?) - mondialisme.org
    http://mondialisme.org/spip.php?article2322

    « Benjamin Netanyahu, maître à penser de Monsieur Yves Coleman... » tel est le titre d’un article paru aujourd’hui sur le site Bellaciao et celui de l’UJFP, qu’un internaute m’a « gentiment » fait suivre.

    http://bellaciao.org/fr/spip.php?article146886

    L’auteur fait flèche de tout bois et m’accuse tour à tour d’être complice de Netanyahou, d’Ulcan (le persécuteur de Pierre Stamboul et de bien d’autres), du RAID, du Mossad, de l’extrême droite israélienne, et évidemment (le tableau n’aurait pas été complet sans cela) d’être... antisémite.

    Pour appuyer sa démonstration loufoque, Jean-Marc Capellero-Rabinovitz nous balance un florilège de citations de Juifs et d’Israéliens réactionnaires et racistes. Florilège qui aurait un intérêt si l’auteur avait affaire à un « sioniste », ce que je ne suis pas, ou à quelqu’un ayant des illusions sur l’Etat d’Israël et Tsahal, ce qui n’est pas du tout mon cas. Car critiquer « les limites de l’antisionisme » ne signifie pas être « sioniste ». Mais ces subtilités élémentaires échappent à notre polémiste primaire à la pensée binaire.

    Le plus curieux, dans cet article, est qu’il ne répond pas vraiment à un texte que j’aurais consacré à l’UJFP mais qu’il défend, par la bande, les Indigènes de la République (1) .

    « Par la bande », parce qu’il s’agit d’une défense masquée, indirecte, du PIR, et aussi « par la bande » parce qu’il s’agit d’un article de copinage, d’un pote qui défend ses amis de la bande alliée, celle du PIR, au nom de l’UJFP.

    Cette démarche est plutôt tortueuse mais elle illustre bien les moeurs de l’extrême-gauche : les « gauchistes » ne défendent pas des principes politiques, seulement des amis temporaires ou des alliés de circonstance, quelles que soient leurs positions par ailleurs...

    Le PIR cherche à radicaliser de plus en plus son antisémitisme et à lui donner une apparence respectable pour un public de gauche et d’extrême gauche. Ce groupuscule a besoin, pour cela, de la caution de « Juifs non juifs », expression qu’utilisait Isaac Deutscher pour se désigner et désigner certains juifs de gauche ou d’extrême gauche « antisionistes ». Mais à l’époque ceux-ci misaient sur l’unité entre les travailleurs juifs et arabes pour abattre tous les Etats du Moyen-Orient, pas simplement Israël. Ils étaient favorables à une révolution socialiste. Et ces « Juifs non juifs » ne soutenaient pas inconditionnellement des mouvements nationalistes laïques arabes, ou encore moins islamistes, antisémites comme le font le PIR aujourd’hui et une bonne partie de l’extrême gauche.

    Plus les frontières d’Israël s’accroissent par la force militaire et les agressions régulières de Tsahal, plus les gouvernements israéliens se montrent sans pitié avec les civils palestiniens et avec les Arabes d’Israël, plus la haine contre les Juifs s’accroît et est manipulée par toutes sortes de forces réactionnaires dans le monde.

    En France cette haine est meurtrière (d’Ilan Halimi (2) au massacre de l’hypermarché casher, les exemples ne manquent pas), mais elle ne se réduit pas du tout au conflit dit « israélo-palestinien », conflit totalement asymétrique entre une armée professionnelle, suréquipée, disposant de l’arme atomique, soutenue par les Etats-Unis, et des mouvements de guérilla à la puissance militaire bien inférieure même si leurs intentions criminelles et antisémites sont indéniables.

    Cette haine antijuive a acquis une audience mondiale, notamment en France, grâce à une vieille tradition antisémite-anticapitaliste (3) , qui se régénère et se transforme avec la crise économique mondiale depuis les années 70 et la montée des nationalismes en Europe depuis une vingtaine d’années. La haine antijuive est un fond de commerce très rentable, du moins si l’on en croit les centaines de milliers de gens qui regardent les vidéos de Dieudonné sur le Net ou qui payent pour écouter ses discours politiques antisémites, en « live » ou sous forme de DVD.

    La haine antisémite croît en France et le Parti des Indigènes de la République a décidé de ne pas laisser à Dieudonné, Soral et au Front national le monopole de l’exploitation de l’antisémitisme franchouillard. Il veut apporter sa propre petite pierre et en recueillir les fruits. Et l’antisionisme uniquement orienté vers la Palestine ne lui suffit évidemment pas. Il lui faut élargir sa cible, d’autant plus que ce même groupuscule a des sympathies religieuses-identitaires de plus en plus affirmées du moins si l’on en croit les déclarations de Mme Bouteldja. Or, comme l’on sait, alimenter un conflit ou des problèmes sociaux graves avec des considérations religieuses est la meilleure façon d’opposer les exploités les uns aux autres.

    En 2012, au moment des meurtres antisémites de Toulouse, dans un article intitulé « Mohammed Merah et moi » (http://indigenes-republique.fr/mohamed-merah-et-moi) Mme Bouteldja avait réservé toute sa compassion à la mère du tueur (4), ignorant la douleur des parents des trois enfants (Gabriel, Arieh et Myriam) que Merah avait assassinés froidement au nom d’une prétendue solidarité avec la Palestine que certains gauchistes prirent et prennent encore au sérieux.

    La même année, le PIR mobilisa l’intellectuel trotskisant Enzo Traverso pour effectuer une « lecture décoloniale de la Shoah » ( ?!) (http://www.dailymotion.com/video/xp4jth_pour-lecture-decoloniale-de-la-shoah-enzo-traverso_news

    ). Dans cette conférence, Traverso expliqua que Hitler et les nazis détestaient les Arabes : on se demande bien pourquoi le médecin personnel du Führer passa six heures à examiner Al Husseini pour lui délivrer un certificat d’aryanité ; pourquoi le dirigeant palestinien bénéficia d’une tribune radiophonique et de moyens financiers importants pendant toute la seconde guerre mondiale ; pourquoi Himmler organisa 10 000 musulmans bosniaques au sein de la SS ; pourquoi al Husseini fut si proche après-guerre de l’avocat néonazi François Genoud ; pourquoi plusieurs centaines d’anciens responsables nazis (anti-Arabes, donc, selon Traverso) se réfugièrent en Egypte ou ailleurs et occupèrent des postes importants dans l’appareil d’Etat et l’économie après-guerre au Moyen-Orient...

    En 2014, Mme Bouteldja falsifia (5) les écrits du trotskiste CLR James et du Workers Party prétendant que celui-ci aurait cautionné l’antisémitisme des Noirs américains, antisémitisme jugé « progressiste » par la porte-parole du PIR.

    Puis, en mars 2015, Mme Bouteldja en rajouta une couche pour expliquer que les Juifs français étaient les chouchous de la République depuis le décret Crémieux (6) , rejoignant ainsi les propos du « socialiste » Roland Dumas et d’une pléthore de politiciens français antisémites depuis Drumont....

    On utilise souvent l’expression d’ « idiots utiles » pour désigner ceux qui apportent de l’eau au moulin de leurs adversaires. Pour ce qui concerne l’aide que l’UJFP apporte aux antisémites du PIR et à leurs falsifications historiques grossières, on ne peut parler d’idiotie. Il s’agit plutôt d’une ligne politique consciente d’aide à un groupuscule qui falsifie l’histoire pour mieux attiser la haine contre les « Blancs », à commencer par les prolétaires « blancs », juifs compris.

    Car pour le PIR les Juifs, fussent-ils de l’UJFP, font partie des « Blancs » groupe social (selon lui) qui opprimerait les « non-Blancs ». Le PIR ne va pas encore, comme Dieudonné, jusqu’à expliquer que « les Juifs » auraient été les principaux organisateurs et bénéficiaires de la traite transatlantique. Il se contente (pour le moment) de soutenir le Hamas dont la Charte repose sur le Protocole des Sages de Sion et les passages les plus antijudaïques du Coran.

    L’UJFP est composée de ce que le PIR appelle des « Blancs », qu’ils soient juifs ou non juifs. Or, pour mériter la sympathie (ou du moins l’indulgence) du PIR quand on est « Blanc » (donc automatiquement complice de l’esclavage, du colonialisme et du néocolonialisme) et « juif » (donc automatiquement complice du « sionisme » et de tous les crimes de guerre de l’armée israélienne), les militants de l’UJFP comme bien d’autres individus d’extrême gauche ont décidé, en bons pénitents du gauchisme, de porter la lourde croix de leur « blanchitude » et de leur « judéité » intrinsèquement criminelles et racistes aux yeux du PIR.

    L’avenir nous dira quelle sera la prochaine « pénitence » que devront effectuer les militants de l’UJFP pour mériter l’indulgence de leurs alliés antisémites du PIR...

    Cette attitude ne les protégera pas (si tel est leur calcul) contre l’antisémitisme que veut entretenir le PIR à gauche et à l’extrême gauche. Pendant les années 20 et 30, de nombreux Juifs modérés ou réactionnaires ont fait le dos rond, pensant ainsi éloigner la menace ou ne pas attirer l’attention des racistes. Certains d’entre eux d’ailleurs partageaient les préjugés sociaux, xénophobes voire racistes de la droite et de l’extrême droite allemande ou française. Tous n’étaient pas des « progressistes », encore moins des révolutionnaires, loin de là, mais beaucoup étaient politiquement aveugles.

    Aujourd’hui, ce sont certains juifs d’extrême gauche, en France comme aux Etats-Unis, qui font le dos rond à leur tour et ignorent la montée de l’antisémitisme. Ils n’y voient qu’un fantasme, une manifestation de paranoïa juive ou plus trivialement un complot du Mossad. L’histoire se répète, hélas, et certains militants n’ont absolument rien appris.

    C’est très dommage pour eux comme pour nous tous car l’extrême droite (« blanche » ou « non blanche », qu’elle tienne un langage « sioniste » ou « antisioniste ») ne nous fera pas de cadeaux. Ramper devant elle en faisant passer ses lubies réactionnaires pour des théories radicales ne nous vaudra que leur mépris et leurs coups.

    Y.C., Ni patrie ni frontières, 23/7/2015

    1. Le titre de l’article paraphrase celui de mon texte sur... le PIR : « Edouard Drumont, maître à penser de Mme Houria Bouteldja : les Indigènes de la République réussissent leur examen d’entrée dans l’extrême droite gauloise » http://www.mondialisme.org/spip.php?article2263

    2. Cf. « Le meurtre d’Ilan Halimi et le malaise de la gauche multiculturaliste » (http://mondialisme.org/spip.php?article632). Déjà le 25 février 2006 l’UJFP s’était « distinguée », comme l’extrême gauche, par sa négation du caractère antisémite du meurtre d’Ilan Halimi (« le caractère antisémite de ce meurtre n’est pas avéré » ; l’UJFP « déplore que certains accréditent d’office la thèse du crime antisémite ». Cf. son communiqué incroyable sur oumma.com : http://oumma.com/Ilan-Halimi-contre-tous-les). Trois ans plus tard (http://www.ujfp.org/spip.php?article1289), l’enquête terminée, l’UJFP admit enfin qu’il s’agissait d’un acte antisémite, mais pas pour tous les participants à cette séquestration et à ces tortures, manifestant ainsi une curieuse indulgence pour des salopards qui torturèrent un Juif pendant trois semaines, le laissant pour mort, afin de lui extorquer de l’argent sous prétexte que sa « communauté » était riche. L’UJFP en profita pour attaquer le manque d’indépendance de la justice et les pressions du CRIF... renforçant ainsi, sans même s’en rendre compte, la vision complotiste selon laquelle l’Etat (justice comprise) serait sous le contrôle des « Juifs ».

    3. Cf. « Multiplicité des formes de l’antisémitisme et « antisémitisme mondialisé » actuel » (http://www.mondialisme.org/spip.php?article2128)

    4. Mohamed Merah, Houria Bouteldja et la compassion à deux vitesses http://mondialisme.org/spip.php?article1822

    5. http://mondialisme.org/spip.php?article2089. Mme Bouteldja falsifie CLR James au service d’un « antisémitisme progressif »... imaginaire !

    6. http://indigenes-republique.fr/racisme-s-et-philosemitisme-detat-ou-comment-politiser-lantirac

    • Post scriptum du 24 juillet. :

      Finalement, la nuit portant conseil, la diatribe de l’UJFP n’est pas si loufoque que cela.

      Entre identitaires de gauche (et parfois de droite), on se serre les coudes.

      L’UJFP, tout comme les Indigènes de la République, le CRAN, le CRIF et quelques autres occupe un créneau identitaire.

      Or, c’est bien connu, entre identitaires on se déteste férocement, mais on peut aussi conclure des alliances tactiques.

      Ainsi la Nation de l’Islam de Louis Farrakhan fit-elle alliance (temporairement) avec le Ku Klux Klan.

      Ou les protestants antisémites mais évangélistes américains peuvent-ils faire alliance avec les sionistes d’extrême droite.

      Ou encore les Naturei Karta antisionistes avec Dieudonné.

      Tous ces gens-là ont au moins UN point commun : ils mettent en avant leur identité religieuse, ethno-religieuse, raciale, ethno-politique, comme la SEULE solution aux problèmes de leur communauté d’appartenance, imaginaire, fantasmée, et se méfient comme de la peste de toute démarche soulignant l’importance de l’union entre tous les exploités, quelles que soient leur couleur de peau, leur religion, leur absence de religion, leur nationalité, etc.

      Dans ce cadre, effectivement la polémique "loufoque" de l’UJFP a un sens : adeptes des politiques identitaires ou identitaristes (ce qu’on appelle « identity" politics en anglais et qui n’est vraiment ni de droite ni de gauche d’ailleurs), les militants de l’UJFP tirent à vue sur celles et ceux qui défendent un point de vue non identitaire… même s’ils sont, comme c’est mon cas, à la fois « descendants d’esclaves » (titre fort recherché dans les milieux identitaires de gauche), métis (des « traîtres » pour leurs potes du PIR qui ne savent pas qu’au moins deux de leurs idoles, Malcolm X et Frantz Fanon, étaient métis) et portent un nom… juif et… non juif...

      Trois raisons pour des identitaires de gauche ou de droite d’utiliser l’arme de la calomnie à mon égard car les identitaires haïssent le métissage (qui ruinent tous leurs espoirs d’incarner une identité pure ou en tout cas vendable sur le marché politique) et « pensent » dans une logique binaire, mais jamais en termes d’opposition de classe.


    • Les fiches S [comme sécurité] sont une des 21 sous-catégories du FPR (Fichier des Personnes Recherchées), créé en 1969, qui comporte notamment les lettres : E (police générale des étrangers), IT (interdiction du territoire), R (opposition à résidence en France) , TE (opposition à l’entrée en France), AL (aliénés), M (mineurs fugueurs), V (évadés), S (Sûreté de l’État), PJ (recherches de police judiciaire) , T (débiteurs envers le Trésor).

      #fichage #police

    • Les fiches S officiellement renouvelées ou éliminées tous les deux ans (un an renouvelable une fois) par la #DGSI et le #SCRT (ex-RG), comportent 16 niveaux de surveillance en partant du bas : Mohamed Merah (histoire de Toulouse) avait une fiche S de 2006 à 2010 puis à nouveau S05 en 2011, Sid Ahmed Ghlam (histoire de Villejuif) avait une fiche S13 tout comme Yassin Salhi (histoire de l’Isère) de 2006 à 2008 - non renouvelée, et le niveau #S04 semble être celui de base délivré contre tout individu (extrême-droite, extrême-gauche, écologistes, supporters de foot, anarchistes, etc.) « susceptible de se livrer à des actions violentes ».

      #fiches_S