person:mohamed morsi

  • Dans le complotisme de Laurence Marchand-Taillade qui dénonce sur CNews le rôle des « Frères musulmans » dans les événements de samedi dernier, un aspect est insuffisamment mis en avant : elle se base ouvertement sur la seule propagande officielle de la dictature égyptienne pour assoir son explication. Elle commence ainsi :
    https://www.youtube.com/watch?v=LbyFCE-bVX8

    Ce qui est inquiétant, c’est qu’on a quand même des journaux étrangers, notamment des journaux égyptiens [elle insiste par son intonation sur « égyptiens »] qui rapportent que les modes opératoires correspondent aux modes opératoires qui étaient employés en Égypte au moment des Printemps arabes. [blah blah]… issus des Frères musulmans.

    Puis :

    C’est une hypothèse qui est soulevée par des journaux tout à fait sérieux égyptiens.

    M’enfin ça devrait faire bondir. « Des » journaux égyptiens ? La dame ne sait pas que l’Égypte est une épouvantable dictature, dirigée par le maréchal Sissi, dont l’intégralité de la propagande est basée sur la dénonciation des Frères musulmans, puisqu’il est arrivé au pouvoir en renversant le Président élu Mohamed Morsi (issu des rangs des Frères) ?

    Et que, de manière très inquiétante, ce complotisme anti-Frères, seule parole autorisée dans les médias égyptiens, sert à justifier la répression des manifestations, notamment à Rabaa en août 2013, qui a vu la mort de plusieurs centaines de manifestants (au moins 800, sans doute plus de 1000).

    Sur la crédibilité (ou la gravité) d’une information qui reposerait « notamment » sur « des journaux tout à fait sérieux égyptiens », voir par exemple la loi de 2015 :
    https://www.lexpress.fr/actualite/medias/l-egypte-promulgue-une-loi-menacant-la-liberte-de-la-presse_1707470.html

    Alors que l’Egypte détient dans ses geôles dix-huit journalistes, le chef de l’Etat a ratifié dimanche une loi plus que litigieuse.

    […]

    Ainsi, par cette nouvelle loi promulguée dimanche, les journalistes de toutes nationalités qui contrediraient les communiqués officiels s’exposeraient à de lourdes poursuites. Parmi les sanctions possibles : une amende pouvant aller de 200 000 à 500 000 livres égyptiennes (entre 23 000 et 58 000 euros) et une interdiction d’exercer la profession de journaliste durant un an maximum.


  • Égypte. Obama, ce « laquais » des Frères musulmans – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2018/11/20/egypte-obama-ce-laquais-des-freres-musulmans

    L’administration de Barack Obama s’est divisée face aux bouleversements qui, de manière inattendue, ont menacé l’ordre régional ancien à partir de l’hiver 2011-2012. La secrétaire d’État Hillary Clinton souhaitait soutenir jusqu’au bout le président Hosni Moubarak, alors qu’Obama, très isolé au sein de son gouvernement, pensait le contraire. Mais, au-delà de ces différences, la défense des intérêts américains était le point qui les rassemblait, et la démocratie n’était pas une préoccupation prioritaire. Comme l’explique à l’auteur un haut fonctionnaire du département d’État, « on a penché en faveur d’une transition dirigée par Moubarak. Quand ça n’a pas marché, on s’est prononcé pour Omar Suleiman1, et quand cette idée a été abandonnée, on s’est dit, “d’accord, travaillons avec le Conseil supérieur des forces armées2 ”. » L’objectif étant de garder le contact avec les autorités et surtout avec l’armée égyptienne, garante de la paix avec Israël.

    Que pensait le gouvernement américain des Frères musulmans ? Au printemps 2011, le département d’État ne connaissait personne dans ce qui allait devenir le bloc politique égyptien le plus influent ! Comme le raconte un membre du Conseil de sécurité nationale à l’auteur : « Nous ne savions rien ! Les conseillers de Mme Clinton au département d’État et le personnel du bureau égyptien au Conseil de sécurité nationale ont rédigé un câble demandant officiellement à l’ambassade du Caire d’entrer en contact avec les Frères musulmans. »Mais il fallut encore un mois pour que les diplomates obtempèrent.

    UN DOUBLE PARI DE WASHINGTON
    Ces premiers contacts ne furent pas très fructueux, et nombre de responsables politiques, militaires ou du renseignement américains craignaient l’élection de Mohamed Morsi. Le deuxième tour de l’élection en juin 2012 donna lieu à de virulentes discussions internes, d’autant que le très influent réseau saoudien et émirati à Washington était favorable à son adversaire Ahmed Chafik. « De nombreux membres de l’armée et des services de renseignement américains craignaient la perspective d’un président islamiste en Égypte, relate Kirkpatrick. Mais étant donné la piètre performance des généraux [depuis février 2011], une victoire truquée de Chafik ne semblait garantir qu’un chaos continu. » Il cite Ben Rhodes, un proche conseiller d’Obama qui assistait à une réunion du Conseil de sécurité nationale : « On pouvait voir que beaucoup de gens dans la salle penchaient pour Chafik. Mais même ces gens ne pouvaient pas accepter que nous agissions contre l’autre gars (Morsi) qui avait gagné une élection libre. »

    Le double pari de Washington — en tout cas celui de la Maison Blanche — était que les Frères musulmans, le plus puissant parti et le mieux organisé d’Égypte, pourraient engager les réformes économiques nécessaires et rétablir la stabilité ; le second était que le soutien de facto de Morsi aux accords de paix israélo-égyptiens renforcerait l’influence américaine. Si le second pari a été gagné, le premier a échoué.                                                                

    Un test grandeur nature vint après l’offensive d’Israël contre Gaza et le Hamas en novembre 2012. Obama entra directement en contact avec Morsi et ce dernier lui promit d’amener le Hamas à la table des négociations. Ben Rhodes se souvient : « Les pourparlers de cessez-le-feu étaient dans l’impasse avant que Morsi n’intervienne […] Et il a tenu ses engagements […] Il a respecté sa part du marché […] Il a surpris même les sceptiques. »

    « C’était un test décisif pour Morsi, et il l’a passé avec brio, se souvient Steven Simon du Conseil de sécurité nationale. […] Il était indispensable. » La récompense ne tarda pas, Hillary Clinton en personne se rendit au Caire le 21 novembre pour annoncer le cessez-le-feu et remercier Morsi « pour avoir assumé le leadership qui a longtemps fait de ce pays une pierre angulaire de la stabilité et de la paix dans la région ». Et quand le conseiller de politique étrangère de Morsi, Essam Al-Haddad se rendit à Washington quelques semaines plus tard, il fut surpris d’obtenir une audience impromptue avec le président Obama lui-même. Ces événements eurent une double conséquence : alimenter en Égypte une campagne sur le soi-disant soutien d’Obama aux Frères musulmans ; convaincre Morsi qu’il disposait du soutien de l’administration américaine qui empêcherait toute intervention de l’armée contre lui : la suite allait lui montrer son erreur.

    Car le pouvoir de Morsi, au-delà de sa propre incompétence, de ses erreurs et de son sectarisme, faisait face à une campagne régionale bien organisée, relayée par des cercles influents au sein de l’administration américaine. « En avril 2013, note Kirkpatrick, le réseau satellitaire basé aux Émirats — Sky News Arabia, Al Arabiya en Arabie saoudite et d’autres médias égyptiens liés aux Émirats dénonçaient un prétendu complot américain pour amener les Frères au pouvoir, avec l’ambassadrice Patterson comme chef de file […] [Ils] étaient pleins d’accusations selon lesquelles elle était un “laquais” des Frères, une “vieille sorcière” ou un “ogre”[…] Ils affirmaient que l’ambassadrice avait fait pression sur le gouvernement égyptien pour truquer l’élection présidentielle. » Le tout étant le résultat d’un « grand complot », au profit… d’Israël ! Comme le rappelle Rhodes à l’auteur, « les alliés des États-Unis ont financé une campagne de dénigrement contre l’ambassadrice des États-Unis dans un pays qui est l’un des plus grands bénéficiaires de l’aide des États-Unis pour renverser le gouvernement démocratiquement élu de ce pays ».

    PAS DE DIFFÉRENCE ENTRE AL-QAIDA ET LES FRÈRES MUSULMANS
    Mais cette campagne n’aurait pas eu un tel impact si elle n’avait pas disposé de relais influents à Washington, si elle n’avait pas été alimentée par les activités des ambassades saoudienne et émiratie. Au Pentagone, nombre de responsables ne cachaient pas leur haine de tout ce qui est musulman. Le général James Mattis, chef du Central Command, responsable de toutes les opérations au Proche-Orient, en Asie centrale et du Sud-Est (il deviendra secrétaire d’État à la défense du président Donald Trump) pensait que les Frères musulmans et Al-Qaida représentaient plus ou moins le même courant. Et Michael Flynn, directeur de l’agence du renseignement de la défense (DIA), qualifiait l’islam de « cancer » et avait développé des relations étroites avec celui qui n’était encore que le ministre de la défense, le général Abdel Fattah Al-Sissi. Flynn fut limogé par Obama en août 2014 et sera, brièvement, conseiller national à la sécurité de Trump.

    Comme le note l’auteur, « les divisions au sein du gouvernement américain devenaient évidentes pour les diplomates et les militaires de la région. Obama et une partie de la Maison-Blanche espéraient que Morsi réussirait ; beaucoup au Pentagone, comme Mattis et Flynn, étaient d’accord avec leurs homologues égyptiens et émiratis que Morsi était un danger. La schizophrénie américaine était si visible que les généraux égyptiens s’en sont plaints auprès de leurs contacts au Pentagone ». Et ils ont compris qu’ils pourraient agir contre le pouvoir élu sans représailles américaines.

    En janvier 2013, Obama nomme Chuck Hagel, un sénateur républicain, au secrétariat d’État à la défense. Celui-ci se rend en Égypte avec comme instructions de prévenir Sissi que tout coup d’État provoquerait l’arrêt de l’aide militaire américaine. Mais, à la fois du fait de ses convictions, et des pressions saoudiennes, émiraties et israéliennes, Hagel n’en fit rien, si l’on en croit Kirkpatrick.

    Dès le printemps 2013, l’ensemble des organisations de renseignement américaines informèrent Washington qu’un coup d’État était en préparation, « mais personne au Pentagone, au département d’État, à la Maison Blanche ne dit à Sissi de s’arrêter ni n’expliqua à Morsi que Sissi s’était retourné contre lui »(étonnamment, presque jusqu’au bout Morsi fit confiance à son ministre de la défense).

    ISRAËL AVEC LES PUTSCHISTES
    Le 3 juillet 2013, l’armée égyptienne franchissait le Rubicon et Morsi était mis sous les verrous. Le lendemain, Obama convoquait une réunion du Conseil national de sécurité. À la surprise de ses conseillers, le président refusa de qualifier les événements de « coup d’État », ce qui aurait entraîné ipso facto la suspension de l’aide militaire américaine. John Kerry, secrétaire d’État depuis décembre 2012, abonda dans son sens. Il expliquera plus tard à l’auteur que « Sissi s’était incliné devant la volonté populaire et agissait pour sauver l’Égypte. Les généraux affirmaient qu’ils avaient destitué Morsi pour éviter une implosion et établir la primauté du droit, et non dans le but de gouverner. Ils prétendaient qu’ils allaient adopter une feuille de route permettant le recours aux élections ».

    Israël joua un rôle non négligeable dans ces choix, comme l’explique Hagel à Kirkpatrick : « (Les Israéliens) me disaient, c’est notre sécurité et [Sissi] garantit la meilleure relation que nous ayons jamais eue avec les Égyptiens. Et ils intervenaient auprès du Congrès ». Le sénateur Rand Paul, républicain du Kentucky, avait présenté un projet de loi visant à mettre fin à l’aide militaire à l’Égypte en raison du coup d’État. L’American Israel Public Affairs Committee — plus connu sous l’acronyme AIPAC — écrivit à tous les sénateurs en faisant valoir que toute réduction de l’aide « pourrait accroître l’instabilité en Égypte, miner d’importants intérêts américains et avoir un impact négatif sur notre allié israélien ». Le Sénat vota par 86 voix contre 13 la poursuite de l’aide.

    Cet appui d’Israël et du lobby pro-israélien au régime égyptien confirmait la fragilité et la dépendance du président Siss, malgré ses rodomontades ultra nationalistes, et diminuait le poids que pouvait avoir l’Égypte pour trouver une solution au conflit israélo-palestinien. Comme le rapporte l’auteur, « le 21 février 2016, le secrétaire d’État Kerry a convoqué un sommet secret à Aqaba, en Jordanie, avec Sissi, le roi Abdallah de Jordanie et le premier ministre israélien Benjamin Nétanyahou. Une partie de l’ordre du jour était un accord régional pour que l’Égypte garantisse la sécurité d’Israël dans le cadre de la création d’un État palestinien. Nétanyahou tourna la proposition en ridicule. Qu’est-ce que Sissi pouvait offrir à Israël ? s’interrogea-t-il, selon deux Américains impliqués dans les pourparlers. Sissi dépendait d’Israël pour contrôler son propre territoire, pour sa propre survie. Sissi avait besoin de Nétanyahou ; Nétanyahou n’avait pas besoin de Sissi. » Nétanyahou savait que, loin d’apporter une solution au « terrorisme », le coup d’État du 3 juillet 2013 avait marqué le début d’une insurrection dans le Sinaï, sous la direction d’un groupe qui rallia en 2015 l’organisation de l’État islamique (OEI) ; l’armée égyptienne était incapable de la juguler et Israël dut intervenir plusieurs fois militairement pour aider les militaires égyptiens. On était loin des rodomontades ultranationalistes du Caire.

    Il fallut le massacre de près d’un millier de civils à Rabaa au mois d’août 2013 pour que les États-Unis réagissent. D’abord en reportant les manœuvres militaires conjointes américano-égyptiennes, ensuite, au mois d’octobre, en suspendant l’aide militaire de 1,3 milliard de dollars (1,58 milliards d’euros). Mais il était trop tard, d’autant que de puissantes forces se faisaient entendre à Washington contre ces orientations : le Pentagone ne désignait plus les conseillers du président que comme « les djihadistes de la Maison Blanche » ou « le caucus des Frères musulmans ». Rapidement, Obama rétablit l’aide militaire. Washington tirait un trait sur la démocratie en Égypte.

    Du livre se dégage le portrait finalement peu flatteur d’un président Obama velléitaire, incapable d’imposer ses choix à sa propre administration, et pour qui la démocratie n’est sûrement pas une composante majeure de la politique étrangère des États-Unis. Avec des conséquences graves. Comme l’explique Mohamad Soltan, un Égypto-Américain membre des Frères emprisonné par la junte avant d’être expulsé vers les États-Unis : « La seule chose qu’ont en commun tous ceux qui sont en prison — les gars de l’État islamique, les Frères musulmans, les libéraux, les gardes, les officiers — c’est qu’ils haïssent tous l’Amérique. » On se demande pourquoi…         

    ALAIN GRESH


  • The Real Reasons Saudi Crown Prince Mohammed bin Salman Wanted Khashoggi ‘Dead or Alive’
    https://www.thedailybeast.com/the-real-reasons-saudi-crown-prince-mohammed-bin-salman-wanted-khasho

    Christopher Dickey 10.21.18
    His death is key to understanding the political forces that helped turn the Middle East from a region of hope seven years ago to one of brutal repression and slaughter today.

    The mind plays strange tricks sometimes, especially after a tragedy. When I sat down to write this story about the Saudi regime’s homicidal obsession with the Muslim Brotherhood, the first person I thought I’d call was Jamal Khashoggi. For more than 20 years I phoned him or met with him, even smoked the occasional water pipe with him, as I looked for a better understanding of his country, its people, its leaders, and the Middle East. We often disagreed, but he almost always gave me fresh insights into the major figures of the region, starting with Osama bin Laden in the 1990s, and the political trends, especially the explosion of hope that was called the Arab Spring in 2011. He would be just the man to talk to about the Saudis and the Muslim Brotherhood, because he knew both sides of that bitter relationship so well.

    And then, of course, I realized that Jamal is dead, murdered precisely because he knew too much.

    Although the stories keep changing, there is now no doubt that 33-year-old Saudi Crown Prince Mohammed bin Salman, the power in front of his decrepit father’s throne, had put out word to his minions that he wanted Khashoggi silenced, and the hit-team allegedly understood that as “wanted dead or alive.” But the [petro]buck stops with MBS, as bin Salman’s called. He’s responsible for a gruesome murder just as Henry II was responsible for the murder of Thomas Becket when he said, “Who will rid me of that meddlesome priest?” In this case, a meddlesome journalist.

    We now know that a few minor players will pay. Some of them might even be executed by Saudi headsmen (one already was reported killed in a car crash). But experience also tells us the spotlight of world attention will shift. Arms sales will go ahead. And the death of Washington Post columnist Jamal Khashoggi risks becoming just one more entry in the annals of intensifying, murderous repression of journalists who are branded the “enemy of the people” by Donald Trump and various two-bit tyrants around the world.

    There is more to Khashoggi’s murder than the question of press freedom, however. His death holds the key to understanding the political forces that have helped turn the Middle East from a region of hope seven years ago to one of brutal repression and ongoing slaughter today. Which brings us back to the question of the Saudis’ fear and hatred of the Muslim Brotherhood, the regional rivalries of those who support it and those who oppose it, and the game of thrones in the House of Saud itself. Khashoggi was not central to any of those conflicts, but his career implicated him, fatally, in all of them.

    The Muslim Brotherhood is not a benign political organization, but neither is it Terror Incorporated. It was created in the 1920s and developed in the 1930s and ‘40s as an Islamic alternative to the secular fascist and communist ideologies that dominated revolutionary anti-colonial movements at the time. From those other political organizations the Brotherhood learned the values of a tight structure, party discipline, and secrecy, with a public face devoted to conventional political activity—when possible—and a clandestine branch that resorted to violence if that appeared useful.

    In the novel Sugar Street, Nobel Prize-winning author Naguib Mahfouz sketched a vivid portrait of a Brotherhood activist spouting the group’s political credo in Egypt during World War II. “Islam is a creed, a way of worship, a nation and a nationality, a religion, a state, a form of spirituality, a Holy Book, and a sword,” says the Brotherhood preacher. “Let us prepare for a prolonged struggle. Our mission is not to Egypt alone but to all Muslims worldwide. It will not be successful until Egypt and all other Islamic nations have accepted these Quranic principles in common. We shall not put our weapons away until the Quran has become a constitution for all Believers.”

    For several decades after World War II, the Brotherhood’s movement was eclipsed by Arab nationalism, which became the dominant political current in the region, and secular dictators moved to crush the organization. But the movement found support among the increasingly embattled monarchies of the Gulf, including and especially Saudi Arabia, where the rule of the king is based on his custodianship of Mecca and Medina, the two holiest sites in Islam. At the height of the Cold War, monarchies saw the Brotherhood as a helpful antidote to the threat of communist-led or Soviet-allied movements and ideologies.

    By the 1980s, several of the region’s rulers were using the Brotherhood as a tool to weaken or destroy secular opposition. Egypt’s Anwar Sadat courted them, then moved against them, and paid with his life in 1981, murdered by members of a group originally tied to the Brotherhood. Sadat’s successor, Hosni Mubarak, then spent three decades in power manipulating the Brotherhood as an opposition force, outlawing the party as such, but allowing its known members to run for office in the toothless legislature, where they formed a significant bloc and did a lot of talking.

    Jordan’s King Hussein played a similar game, but went further, giving clandestine support to members of the Brotherhood waging a covert war against Syrian tyrant Hafez al-Assad—a rebellion largely destroyed in 1982 when Assad’s brother killed tens of thousands of people in the Brotherhood stronghold of Hama.

    Even Israel got in on the action, initially giving Hamas, the Brotherhood branch among the Palestinians, tacit support as opposition to the left-leaning Palestine Liberation Organization (although PLO Chairman Yasser Arafat once identified with the Brotherhood himself).

    The Saudi royals, too, thought the Brotherhood could be bought off and manipulated for their own ends. “Over the years the relationship between the Saudis and the Brotherhood ebbed and flowed,” says Lorenzo Vidino, an expert on extremism at George Washington University and one of the foremost scholars in the U.S. studying the Brotherhood’s history and activities.

    Over the decades factions of the Brotherhood, like communists and fascists before them, “adapted to individual environments,” says Vidino. In different countries it took on different characteristics. Thus Hamas, or its military wing, is easily labeled as terrorist by most definitions, while Ennahda in Tunisia, which used to be called terrorist by the ousted Ben Ali regime, has behaved as a responsible political party in a complex democratic environment. To the extent that Jamal Khashoggi identified with the Brotherhood, that was the current he espoused. But democracy, precisely, is what Mohammed bin Salman fears.

    Vidino traces the Saudis’ intense hostility toward the Brotherhood to the uprisings that swept through much of the Arab world in 2011. “The Saudis together with the Emiratis saw it as a threat to their own power,” says Vidino.

    Other regimes in the region thought they could use the Brotherhood to extend their influence. First among these was the powerful government in Turkey of Recep Tayyip Erdogan, who has such longstanding ties to the Islamist movement that some scholars refer to his elected government as “Brotherhood 2.0.” Also hoping to ride the Brotherhood wave was tiny, ultra-rich Qatar, whose leaders had used their vast natural gas wealth and their popular satellite television channel, Al Jazeera, to project themselves on the world stage and, they hoped, buy some protection from their aggressive Saudi neighbors. As one senior Qatari official told me back in 2013, “The future of Qatar is soft power.” After 2011, Jazeera’s Arabic channel frequently appeared to propagandize in the Brotherhood’s favor as much as, say, Fox News does in Trump’s.

    Egypt, the most populous country in the Arab world, and the birthplace of the Brotherhood, became a test case. Although Jamal Khashoggi often identified the organization with the idealistic hopes of the peaceful popular uprising that brought down the Mubarak dynasty, in fact the Egyptian Brotherhood had not taken part. Its leaders had a modus vivendi they understood with Mubarak, and it was unclear what the idealists in Tahrir Square, or the military tolerating them, might do.

    After the dictator fell and elections were called, however, the Brotherhood made its move, using its party organization and discipline, as well as its perennial slogan, “Islam is the solution,” to put its man Mohamed Morsi in the presidential palace and its people in complete control of the government. Or so it thought.

    In Syria, meanwhile, the Brotherhood believed it could and should lead the popular uprising against the Assad dynasty. That had been its role 30 years earlier, and it had paid mightily.

    For more than a year, it looked like the Brotherhood’s various branches might sweep to power across the unsettled Arab world, and the Obama administration, for want of serious alternatives, was inclined to go with the flow.

    But then the Saudis struck back.

    In the summer of 2013, Gen. Abdel Fattah al-Sissi, the commander of the Egyptian armed forces, led a military coup with substantial popular support against the conspicuously inept Brotherhood government, which had proved quickly that Islam was not really the “solution” for much of anything.

    Al-Sissi had once been the Egyptian military attaché in Riyadh, where he had many connections, and the Saudis quickly poured money into Egypt to shore up his new regime. At the same time, he declared the Muslim Brotherhood a terrorist organization, and launched a campaign of ruthless repression. Within weeks of the coup, the Egyptian military attacked two camps of Brotherhood protesters and slaughtered hundreds.

    In Syria, the efforts to organize a credible political opposition to President Bashar al-Assad proved virtually impossible as the Qataris and Turks backed the Brotherhood while the Saudis continued their vehement opposition. But that does not mean that Riyadh supported moderate secular forces. Far from it. The Saudis still wanted to play a major role bringing down the Syrian regime allied to another arch enemy, the government of Iran. So the Saudis put their weight behind ultra-conservative Salafis, thinking they might be easier to control than the Muslim Brothers.

    Riyadh is “okay with quietist Salafism,” says Vidino. But the Salafis’ religious extremism quickly shaded over into the thinking of groups like the al Qaeda spinoff called the Nusra Front. Amid all the infighting, little progress was made against Assad, and there to exploit the chaos was the so-called Islamic State (which Assad partially supported in its early days).

    Then, in January 2015, at the height of all this regional turmoil, the aged and infirm Salman bin Abdelaziz ascended to the throne of Saudi Arabia. His son, Mohammed bin Salman, began taking into his own hands virtually all the reins of power, making bold decisions about reforming the Saudi economy, taking small measures to give the impression he might liberalize society—and moving to intimidate or otherwise neutralize anyone who might challenge his power.

    Saudi Arabia is a country named after one family, the al Saud, and while there is nothing remotely democratic about the government, within the family itself with its thousands of princes there traditionally has been an effort to find consensus. Every king up to now has been a son of the nation’s founder, Abdelaziz ibn Saud, and thus a brother or half brother of the other kings.

    When Salman took over, he finally named successors from the next generation. His nephew Mohammed bin Nayef, then 57 and well known for his role fighting terrorism, became crown prince. His son, Mohammed bin Salman, became deputy crown prince. But bin Nayef’s position between the king and his favorite son clearly was untenable. As one Saudi close to the royals put it: “Between the onion and the skin there is only the stink.”

    Bin Nayef was pushed out in 2017. The New York Times reported that during an end-of-Ramadan gathering at the palace he “was told he was going to meet the king and was led into another room, where royal court officials took away his phones and pressured him to give up his posts as crown prince and interior minister. … At first, he refused. But as the night wore on, the prince, a diabetic who suffers from the effects of a 2009 assassination attempt by a suicide bomber, grew tired.” Royal court officials meanwhile called around to other princes saying bin Nayef had a drug problem and was unfit to be king.

    Similar pressure was brought to bear on many of the richest and most powerful princes in the kingdom, locked up in the Ritz Carlton hotel in 2017, ostensibly as part of an extra-legal fight against corruption. They were forced to give allegiance to MBS at the same time they were giving up a lot of their money.

    That pattern of coerced allegiance is what the Saudis now admit they wanted from Jamal Khashoggi. He was no prince, but he had been closely associated in the past with the sons of the late King Faisal, particularly Turki al-Faisal, who was for many years the head of the Saudi intelligence apparatus and subsequently served as ambassador to the United Kingdom, then the United States.

    Although Turki always denied he had ambitions to be king, his name often was mentioned in the past as a contender. Thus far he seems to have weathered the rule of MBS, but given the record of the crown prince anyone close to the Al Faisal branch of the family, like Khashoggi, would be in a potentially perilous position.

    Barbara Bodine is a former U.S. ambassador to Yemen, which has suffered mightily since MBS launched a brutal proxy war there against Iran. Both MBS and Trump have declared the regime in Tehran enemy number one in the region. But MBS botched the Yemen operation from the start. It was dubbed “Decisive Storm” when it began in 2015, and was supposed to last only a few weeks, but the war continues to this day. Starvation and disease have spread through Yemen, creating one of the world’s greatest humanitarian disasters. And for the moment, in one of those developments that makes the Middle East so rich in ironies, in Yemen the Saudis are allied with a branch of the Muslim Brotherhood.

    “What drives MBS is a ruthless effort toward total control domestically and regionally; he is Putin of the Desert,” says Bodine. “He has basically broken the back of the princelings, the religious establishment and the business elite, brought all ministries and agencies of power under his sole control (’I alone can fix it’), and jailed, killed or put under house arrest activists and any and all potential as well as real opposition (including his mother).”

    In 2017, MBS and his backers in the Emirates accused Qatar of supporting “terrorism,” issuing a set of demands that included shutting down Al Jazeera. The Saudis closed off the border and looked for other ways, including military options, to put pressure on the poor little rich country that plays so many angles it has managed to be supportive of the Brotherhood and cozy with Iran while hosting an enormous U.S. military base.

    “It was Qatar’s independent streak—not just who they supported but that they had a foreign policy divorced from the dictates of Riyadh,” says Bodine. “The basic problem is that both the Brotherhood and Iran offer competing Islam-based governing structures that challenge the Saudi model.”

    “Jamal’s basic sin,” says Bodine,“was he was a credible insider, not a fire-breathing radical. He wrote and spoke in English for an American audience via credible mainstream media and was well regarded and highly visible within the Washington chattering classes. He was accessible, moderate and operated within the West. He challenged not the core structure of the Kingdom but the legitimacy of the current rulers, especially MBS.”

    “I do think the game plan was to make him disappear and I suspect the end game was always to make him dead,” said Bodine in a long and thoughtful email. “If he was simply jailed within Saudi there would have been a drumbeat of pressure for his release. Dead—there is certainly a short term cost, whether more than anticipated or longer than anticipated we don’t know yet, but the world will move on. Jamal will become a footnote, a talking point perhaps, but not a crusade. The dismembered body? No funeral. Taking out Jamal also sends a powerful signal to any dissident that there is no place safe.”

    #Arabie_Saoudite #Turquie #politique #terrorisme #putsch


  • The U.S. is wrong about the Muslim Brotherhood — and the Arab world is suffering for it - The Washington Post

    By Jamal Khashoggi
    August 28 at 3:26 PM

    https://www.washingtonpost.com/news/global-opinions/wp/2018/08/28/the-u-s-is-wrong-about-the-muslim-brotherhood-and-the-arab-world-is-

    During the Obama presidency, the U.S. administration was wary of the Muslim Brotherhood, which had come to power in Egypt after the country’s first-ever free elections. Despite his declared support for democracy and change in the Arab world in the wake of the Arab Spring, then-President Barack Obama did not take a strong position and reject the coup against President-elect Mohamed Morsi. The coup, as we know, led to the military’s return to power in the largest Arab country — along with tyranny, repression, corruption and mismanagement.

    That is the conclusion that David D. Kirkpatrick arrives at in his excellent book “Into the Hands of the Soldiers,” which was released this month. A former Cairo bureau chief for the New York Times, Kirkpatrick gives a sad account of Egypt’s 2013 coup that led to the loss of a great opportunity to reform the entire Arab world and allow a historic change that might have freed the region from a thousand years of tyranny.

    • During the Obama presidency, the U.S. administration was wary of the Muslim Brotherhood, which had come to power in Egypt after the country’s first-ever free elections. Despite his declared support for democracy and change in the Arab world in the wake of the Arab Spring, then-President Barack Obama did not take a strong position and reject the coup against President-elect Mohamed Morsi. The coup, as we know, led to the military’s return to power in the largest Arab country — along with tyranny, repression, corruption and mismanagement.

      That is the conclusion that David D. Kirkpatrick arrives at in his excellent book “Into the Hands of the Soldiers,” which was released this month. A former Cairo bureau chief for the New York Times, Kirkpatrick gives a sad account of Egypt’s 2013 coup that led to the loss of a great opportunity to reform the entire Arab world and allow a historic change that might have freed the region from a thousand years of tyranny.

      The United States’s aversion to the Muslim Brotherhood, which is more apparent in the current Trump administration, is the root of a predicament across the entire Arab world. The eradication of the Muslim Brotherhood is nothing less than an abolition of democracy and a guarantee that Arabs will continue living under authoritarian and corrupt regimes. In turn, this will mean the continuation of the causes behind revolution, extremism and refugees — all of which have affected the security of Europe and the rest of the world. Terrorism and the refugee crisis have changed the political mood in the West and brought the extreme right to prominence there.

      There can be no political reform and democracy in any Arab country without accepting that political Islam is a part of it. A significant number of citizens in any given Arab country will give their vote to Islamic political parties if some form of democracy is allowed. It seems clear then that the only way to prevent political Islam from playing a role in Arab politics is to abolish democracy, which essentially deprives citizens of their basic right to choose their political representatives.

      Shafeeq Ghabra, a professor of political science at Kuwait University, explains the problem in this way: “The Arab regimes’ war on the Brotherhood does not target the movement alone, but rather targets those who practice politics, who demand freedom and accountability, and all who have a popular base in society.” A quick look at the political degradation that has taken place in Egypt since the military’s return to power confirms what Ghabra says. President Abdel Fatah al-Sissi’s regime has cracked down on the Islamists and arrested some 60,000 of them. Now it has extended its heavy hand against both secular and military figures, even those who supported him in the coup. In today’s Egypt, political life is totally dead.

      It is wrong to dwell on political Islam, conservatism and identity issues when the choice is between having a free society tolerant of all viewpoints and having an oppressive regime. Five years of Sissi’s rule in Egypt makes this point clear.

      There are efforts here in Washington, encouraged by some Arab states that do not support freedom and democracy, to persuade Congress to designate the Muslim Brotherhood as a terrorist organization. If they succeed, the designation will weaken the fragile steps toward democracy and political reform that have already been curbed in the Arab world. It will also push backward the Arab countries that have made progress in creating a tolerant environment and allowing political participation by various components of society, including the Islamists.

      Islamists today participate in the parliaments of various Arab countries such as Kuwait, Jordan, Bahrain, Tunisia and Morocco. This has led to the emergence of Islamic democracy, such as the Ennahda movement in Tunisia, and the maturing of democratic transformation in the other countries.

      The coup in Egypt led to the loss of a precious opportunity for Egypt and the entire Arab world. If the democratic process had continued there, the Muslim Brotherhood’s political practices could have matured and become more inclusive, and the unimaginable peaceful rotation of power could have become a reality and a precedent to be followed.

      The Trump administration always says it wants to correct Obama’s mistakes. It should add his mishandling of Arab democracy to its list. Obama erred when he wasted the precious opportunity that could have changed the history of the Arab world, and when he caved to pressure from Saudi Arabia and the United Arab Emirates, as well as from members of his own administration. They all missed the big picture and were governed by their intolerant hatred for any form of political Islam, a hatred that has destroyed Arabs’ choice for democracy and good governance.

      #Frères_musulmans #USA #Egypte


  • Egyptian Chronicles: Corbyn and Rabaa Salute misinformation : The sign’s true story

    https://egyptianchronicles.blogspot.com/2018/08/corbyn-and-rabaa-salute-misinformation.html#more

    The Telegraph says in the report that Corbyn is under fire because he was doing the Salute of the Muslim Brotherhood, the group linked to terrorism in Egypt and the Middle East.
    The news article is currently viral on main news websites and newspapers that can’t stomach the Labour leader like The Sun and The Metro.
    That photo is making rounds on alt-rights and Islamophobia fanatics on social media.

    Now there is a little misinformation here that needs to be corrected.

    Jeremy Corbyn was doing Rabaa the sign which is not an MB salute.
    The four-finger sign of Rabaa was made in 2014 by a Turkish graphic designer to commemorate the victims of Pro-Islamist president Mohamed Morsi’s sit-in’s forcible dispersal in Rabaa and Nahda squares in Egypt on 13 August 2013.

    According to the different human rights organizations, whether Egyptian or international, at least 600 human beings were killed on that day.
    The numbers of the victims are still disputed but at least 600 victims have been officially confirmed by the semi-official National Council For Human Rights.
    The Rabaa sign is associated with the Muslim Brotherhood because its members began to do it in their trials, rallies and protests in Egypt and around the world to commemorate the victims. The group indeed adopted it but it is not their salute

    That sign is banned in Egypt and some have paid a heavy price because of doing it publicly even accidentally.
    I would have ignored this matter but unfortunately, it came at the same time as the anniversary of that sad event that we have been suffering from its consequences up until now. I do not need to post a disclaimar that I am not a Muslim Brotherhood supporter or member.


  • Egypt: The White House and the Strongman - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2018/07/27/sunday-review/obama-egypt-coup-trump.html

    President Trump boasts that he has reversed American policies across the Middle East. Where his predecessor hoped to win hearts and minds, Mr. Trump champions the axiom that brute force is the only response to extremism — whether in Iran, Syria, Yemen or the Palestinian territories. He has embraced the hawks of the region, in Israel and the Persian Gulf, as his chief guides and allies.

    But in many ways, this hard-line approach began to take hold under President Barack Obama, when those same regional allies backed the 2013 military ouster of Egypt’s first elected president, Mohamed Morsi of the Muslim Brotherhood.

    That coup was a watershed moment for the region, snuffing out dreams of democracy while emboldening both autocrats and jihadists. And American policy pivoted, too, empowering those inside the administration “who say you just have to crush these guys,” said Andrew Miller, who oversaw Egypt for the National Security Council under Mr. Obama, and who is now with the Project on Middle East Democracy. Some of the coup’s most vocal American advocates went on to top roles in the Trump administration, including Secretary of Defense James Mattis and Michael Flynn, Mr. Trump’s first national security adviser.
    Image
    In July 2013, supporters of the ousted Mr. Morsi protested in Cairo against the killing of 50 demonstrators a day before. A much bigger massacre came in August.CreditNarciso Contreras for The New York Times
    I was The New York Times Cairo bureau chief at the time of the coup, and I returned to the events years later in part to better understand Washington’s role. I learned that the Obama administration’s support for the Arab Spring uprisings had been hobbled from the start by internal disagreements over the same issues that now define Trump policy — about the nature of the threat from political Islam, about fidelity to autocratic allies like the United Arab Emirates and Saudi Arabia, and about the difficulty of achieving democratic change in Egypt and the region.


  • Egypt: Permits, penalties and paranoia | MadaMasr
    https://www.madamasr.com/en/2018/07/26/feature/politics/permits-penalties-and-paranoia

    Diaa Rashwan, head of the State Information Service (SIS), the government body tasked with overseeing foreign media in Egypt, is outspoken about his belief that the Egyptian state is in open conflict with the international press.

    “We are facing the fiercest foreign media smear campaign that Egypt has encountered throughout its modern history,” Rashwan said in a television interview on the privately owned Al-Haya television station in February. He went on to detail the steps the SIS is taking in response, including issuing written reports denouncing “offensive” coverage and summoning journalists for closed-door discussions.

    Over the last few years, and particularly since Rashwan was appointed SIS head in June 2017, working conditions for foreign reporters in Egypt have gone from being difficult to a grueling daily battle with authorities, as international journalists are forced to endure an increasingly suffocating bureaucracy, public shaming, backroom intimidation and the looming threat of deportation.

    The SIS is an oversight body established in 1954 that defines its role as “the nation’s main informational, awareness and public relations agency” and closely monitors foreign media activities in Egypt. Although initially formed under the now disbanded Information Ministry, it has been operating under the office of the presidency since 2012.

    Rashwan’s tightened grip on the foreign press comes in the context of a wider state crackdown on all media, which dramatically intensified following the military-backed ouster of President Mohamed Morsi in 2013 as part of a campaign to silence any and all opposition voices. Authorities have since taken unprecedented measures against press freedoms in an effort to control the narrative about Egypt, both at home and abroad.


  • Egyptian pro-government media downplay January revolution
    BY BBC MONITORING

    Egyptian pro-government traditional media are observed to have downplayed the seventh anniversary of the 25 January 2011 revolution that forced long-standing President Hosni Mubarak to step down.

    State-owned Nile News and Channel 1 TV stations focused on the Police Day, which coincides with that of the January revolution, dedicating considerable airtime to this occasion.

    Both channels carried a logo for the 66th Police Day anniversary at the upper left-hand corner of the screen and aired parts of President Abdul Fattah al-Sisi’s speech for this occasion a day earlier.

    Privately-owned, pro-government TV channels, such as Al-Asimah (the capital) TV, also dedicated its main evening talk show “Al-Asimah” to criticising key youth activists who played a prominent role in the January revolution, accusing them of “collaborating” with foreign powers to the detriment of the Egyptian state.

    On the other hand, Istanbul-based pro-Muslim Brotherhood Mekameleen TV marked the seventh anniversary of the January revolution, dedicating its evening chat show “Egypt Today” to discussing the revolution and the media role.

    The channel made special coverage under the title “the revolution continues”, airing footage of the revolution demonstrations, the use of force by the police against protesters and the “martyrs” of the revolution.


    Revolution vs Police Day

    The state-owned newspapers are also observed to have downplayed the event, focusing on the Police Day instead. The main headlines reflect parts of Sisi’s speech.

    Editor-in-Chief of state-owned Al-Gomhouria daily wrote a full-page article under a big headline reading: “25 January an anniversary for whom? For those who made sacrifices and defended the nation or those who sabotaged, destroyed, burned and threatened the existence of the homeland?” Two pictures for Sisi during the Police Day celebration appeared with the article.

    State-owned flagship Al-Ahram daily also published a report saying that 25 January revolution “was abducted by the Muslim Brotherhood in collaboration with foreign elements”. The paper added that the “30 June revolution”, in reference to the mass protests that preceded the removal from office of Islamist President Mohamed Morsi by the military in 2013, “restored Egypt”.

    Some pro-Sisi editors in privately-owned newspapers also criticised the January revolution.

    Managing Editor of privately-owned Al-Youm al-Sabi newspaper, Dandrawy al-Hawary, criticised the January revolution, saying: “How to celebrate two occasions on one day?”

    “The 25 January is the Police Day only. If you want, under the pressure of fear, to mark it a day for the January revolution, let it be on 28 January at least to make people remember the size of damage and destruction as well as the state of panic that filled the hearts of the Egyptians and the killings and systematic looting of public and private property,” al-Hawary said.

    SOURCE: BBC MONITORING IN ARABIC 1100 GMT 25 JAN 18


  • Egypt Sami Anan’s whereabouts unknown: Son | MadaMasr

    https://www-madamasr-com.cdn.ampproject.org/c/s/www.madamasr.com/en/2018/01/24/news/u/sami-anans-whereabouts-unknown-son/amp/?platform=hootsuite

    The whereabouts of former Chief of Staff Sami Anan, who was arrested and brought before the military prosecution after announcing his presidential bid, remain unknown, his son Samir Anan told Mada Masr on Wednesday.

    After attending a six-hour interrogation with Anan on Tuesday, his lawyer from the Dina Hussein Law Firm was told that he would be released and sent home. However, Anan’s family has been unable to reach him since, according to Samir.

    The former chief of staff was arrested from his car and brought before the military prosecution early on Tuesday, right before the Armed Forces’ statement on Anan’s “violations and crimes” was broadcast, Mostafa al-Shal, the head of his personal office, previously told Mada Masr.

    Samir’s comments follow Tuesday evening media reports that the National Elections Authority (NEA) removed Anan’s name from the national electoral register due to his contested military status, citing an NEA statement, rendering the former chief of staff ineligible to participate in the 2018 electoral process as a candidate or as a voter. The NEA spokesperson confirmed in statements to the media that Anan’s name had been removed from the register, adding that copes of the statement in question were not available to the press.

    In its televised statement broadcast on Tuesday afternoon, the Armed Forces accused the presidential candidate of announcing his bid for office without first acquiring a permit from the military, aiming to incite a rift between the Armed Forces and the public, as well as forging his end of service documents. A few hours after the statement was aired, Anan’s official campaign Facebook page announced that the campaign was suspended until further notice.  

    The Cairo Court of Urgent Matters ruled on Tuesday in favor of lawsuit filed by lawyer Samir Sabry requesting the release of documents proving that Anan is enlisted as a military reserve officer, according to the privately owned Al-Shorouk newspaper.

    Anan formally announced his intent to run for presidency via an online video on Friday night, released on the heels of President Abdel Fattah al-Sisi’s announcement that he intends to seek a second term in office. In the video, Anan demanded that civilian and military state institutions refrain from showing an “unconstitutional bias toward a president who might leave his chair in a few months.”

    Ousted President Mohamed Morsi forcibly retired Anan from his position as chief of staff of the Armed Forces in August 2012, using the same decree which saw Sisi replace former Defense Minister Hussein Tantawi.

    Presidential candidates have until 2 pm on January 29 to submit the necessary paperwork to be officially recognized as candidates by the NEA. To be eligible to run in the 2018 presidential election, Egypt’s Constitution and presidential elections law stipulate that candidates must collect endorsements from at least 20 members of Parliament, or from 25,000 eligible voters from 15 different governorates, with a minimum of 1,000 endorsements from each governorate.

    Tags: 2018 presidential electionsArmed Forces statements


  • Egypt : The Escape Portal

    Egypt has been considered a destination country for migrants, asylum seekers and refugees from various Arab Mashreq countries and some African countries, as well as an important transit point in the Mediterranean region due to political instability, conflicts and civil wars in their homelands. Since mid-2013, as a result of the political crisis in Egypt, asylum seekers and refugees remain subject to numerous abuses and attacks. In 2013, the number of arrests of displaced Syrian and Palestinian refugees increased tremendously. According to the #Egyptian_Initiative_for_Personal_Rights (#EIPR), from August 2013 to September 2014 more than 6,800 Syrians, including at least 290 children, were arrested and detained. More than 1,200 refugees were forced to leave Egypt and travel to countries such as Turkey, Malaysia or Lebanon under the threat of detention. On 8 July 2014, the Egyptian government imposed additional measures restricting the entry of Syrians to the country, requiring them to obtain a #visa and prior security approval. Because of this, approximately 476 Syrians were deported or denied access to Egyptian territory in the same month. The Egyptian Foreign Minister announced that these measures are temporary and will have no effect on the support afforded to Syrians in Egypt. However, the wave of violence and attacks on Syrian asylum seekers and refugees was reignited after allegations that they were supporters of the Muslim Brotherhood and former President Mohamed Morsi.

    https://www.law.ox.ac.uk/research-subject-groups/centre-criminology/centreborder-criminologies/blog/2017/12/egypt-escape
    #asile #migrations #réfugiés #Egypte #détention_administrative #rétention #frontières #fermeture_des_frontières


  • Attentat en Égypte : le Sinaï, cible de choix pour le groupe État Islamique
    par Claude Guibal
    https://www.franceinter.fr/monde/www.franceinter.fr/monde/attentat-en-egypte-le-sinai-cible-de-choix-pour-le-groupe-etat-islamique

    (...) Le Sinaï, plus que jamais insurrectionnel, est une région où l’armée égyptienne n’a jamais réussi à reprendre la main. Depuis 2013 et la destitution par l’armée du président islamiste élu Mohamed Morsi, des groupes djihadistes, dont la branche égyptienne de l’organisation État islamique (EI), attaquent régulièrement les forces de sécurité égyptiennes dans le nord du Sinaï.

    Le Sinaï est une région très particulière, peuplée de tribus bédouines, dont la répartition géographique déborde de l’autre côté de la frontière (Gaza/Israël).

    Mais il y a deux Sinaï. Celui qui fait rêver, au sud, avec Charm el Sheikh et ses plages, dont Hosni Moubarak avait fait la vitrine du tourisme égyptien à la fin des années 90, alors que la vallée du Nil faisait l’objet d’attaques des islamistes armés des Gamaa’t al Islamiya.(...)

    #Sinaï


  • Al Jazeera Is At the Center of the Qatar Crisis
    https://www.theatlantic.com/international/archive/2017/06/al-jazeera-qatar-saudi-arabia-muslim-brotherhood/531471

    The climate changed in the summer of 2013, after the Egyptian army overthrew Mohamed Morsi, the elected Muslim Brotherhood president. On August 14, as security forces were brutally clearing a pro-Morsi sit-in, an Al Jazeera English presenter asked a Brotherhood spokesperson a valid question: why were women and children still present at a protest that would inevitably be targeted by the authorities? The anchor was almost immediately pulled off the air and reprimanded for being insufficiently sympathetic to the group. For months, she was barred from presenting the news and relegated to a pre-recorded chat show. There was also an internal struggle over how to cover that summer’s protests against Turkey’s Islamist president, Recep Tayyip Erdogan.

    Still, much of the English programming remains fair and objective—adjectives that no longer apply to its Arabic sister channel. Shortly after the coup against Morsi, Ahmed Mansour, a prominent anchor, was quoted on the Brotherhood’s website as saying that the interim Egyptian president was a Jew carrying out an Israeli plot. Faisal al-Qassim, another presenter, once hosted a segment on whether Syria’s Alawite population deserved genocide. In 2014, the channel’s Iraqi affairs editor tweeted approvingly about the Camp Speicher massacre, in which the Islamic State killed more than 1,500 air-force cadets in Tikrit after singling out the Shia and non-Muslims. Some journalists quit in protest; the ones who remained continue to push a sectarian, pro-Sunni Islamist line. Though Al Jazeera is still widely watched, its reputation has been tarnished as its ratings have dropped.


  • Grand reportage audio - Survivre entre deux feux dans le Nord-Sinaï
    RFI Par François Hume-Ferkatadji | Diffusion : lundi 3 avril 2017
    http://www.rfi.fr/emission/20170403-egypte-nord-sinai-survivre-terrorisme-affrontements-insurges-islamistes

    Depuis 3 ans et demi, le Nord-Sinaï égyptien, à la frontière avec Gaza et Israël, est le théâtre de violents affrontements entre insurgés islamistes et forces de sécurité égyptiennes. Depuis que l’armée a destitué le président islamiste Mohamed Morsi, en juillet 2013, les rebelles ultraradicaux visent la police et l’armée, faisant des centaines de morts. En novembre 2014, l’organisation jihadiste Ansar Beit el-Maqdis, a prêté allégeance au groupe Etat islamique devenant ainsi « Province du Sinaï ».
    L’armée égyptienne annonce pratiquement quotidiennement avoir tué des « takfiristes », plusieurs plus de 700 auraient été tués depuis le début du conflit.
    Au milieu de ces violences : les civils. Depuis peu, ils ont décidé de faire entendre leur voix. Ils souffrent d’une situation devenue insupportable : aux menaces et à la terreur imposées par les membres du groupe Etat islamique, s’ajoutent de très dures restrictions imposées par l’armée : couvre-feu, déplacements forcés de population, pénuries en tous genres… quand ce n’est pas des exécutions extrajudiciaires, et des arrestations arbitraires. Pour décrire la situation au Nord Sinaï, les habitants parlent désormais d’un terrorisme islamiste contre un terrorisme d’Etat.

    #Nord-Sinaï_égyptien #Al_Arish


  • « Mon gros lourd soutient les Palestiniens » : Erdogan contraint une jeune palestinienne à faire le signe de ralliement des Frères musulmans "Rabia"
    https://www.tunisienumerique.com/video-erdogan-contraint-jeune-palestinienne-a-faire-signe-de-ralli

    https://www.youtube.com/watch?v=nDUWniwUFuk

    A la fin d’une cérémonie de récompense à Ankara d’un prix du président Recep Erdogan, une jeune palestinienne ayant entre les mains une coupe a fait le signe du V de la victoire très prisé par les Palestiniens pour montrer leur esprit de résistance et l’espoir dans la victoire contre leurs ennemis les Israéliens.

    Le défunt président Yasser Arfat symbole de la résistance palestinienne faisait toujours ce geste pour saluer les foules, rappelle-t-on.

    Mais visiblement cela n’était pas du goût du président Erdogan qui a fait le signe de Rabia, un geste de la main, signe de ralliement des Frères musulmans, consistant à ouvrir la main en pliant le pouce à l’intérieur de la paume pour signifier “quatrième” en arabe. C’est à l’origine une référence à la répression sanglante de la place Rabia al Adawiyya au Caire après le coup d’état militaire de l’ex-général Abdelfatah Al Sissi contre le président Mohamed Morsi.

    La jeune palestinienne qui était à côté du président Erdogan n’ayant visiblement pas compris à imité son illustre hôte en ouvrant la main tout en laissant tous les doigt levés.

    (Signalé par Ariane Bozon sur Twitter.)


  • La justice égyptienne annule la condamnation à mort de l’ancien président Mohamed Morsi
    http://vilistia.org/archives/12650

    La justice égyptienne annule la condamnation à mort de l’ancien président Mohamed Morsi 15 nov. 2016, 10:57 Source : Reuters La Cour suprême égyptienne a annulé la condamnation à mort de l’ancien président, qui sera donc rejugé pour les répressions meurtrières … Lire la suite →

    #EGYPTE



    • Pour ceux qui veulent lire :

      L’échec du putsch en Turquie ravit le Qatar... et désole le régime syrien

      LE MONDE | 19.07.2016 à 18h32 • Mis à jour le 19.07.2016 à 18h36 | Par Benjamin Barthe (Beyrouth, correspondant)
      Réagir
      Ajouter

      Partager (21) Tweeter
      Des partisans de Recep Tayyip Erdogan à Istanbul, le 18 juillet 2016.

      Il y a ceux qui ont manifesté leur soulagement très bruyamment, ceux qui se sont félicités avec quelque retard et plus de modération, et ceux qui se sont tus mais n’en pensaient pas moins. Les réactions des dirigeants du Moyen-Orient à l’échec du coup d’Etat en Turquie, dans la nuit du 15 au 16 juillet, sont révélatrices des lignes de fracture qui parcourent la région et de la polarisation suscitée par la politique et la personnalité du président Recep Tayyip Erdogan.

      L’Etat qui a le plus applaudi à l’écrasement des putschistes est le Qatar. Son émir, Tamim Ben Hamad Al-Thani, a appelé le chef d’Etat turc dès samedi matin, pour lui témoigner son soutien. La presse officielle qatarie a couvert l’événement de façon enthousiaste, en mettant l’accent sur la mobilisation des habitants d’Istanbul, qui ont contribué à barrer la route des militaires factieux.

      « La démocratie survit », clamait le Qatar Tribune, un quotidien anglophone, dans son édition de dimanche. Dans leur ensemble, les éditoriaux saluaient la maturité politique de la population turque, sans un mot ou presque pour la dérive autoritaire du « sultan » Erdogan.

      Lire aussi : Bruxelles joue les équilibristes face à la Turquie après le putsch

      Ce traitement témoigne des nombreuses affinités entre les deux pays, comme le soutien à l’islam politique et à la rébellion syrienne. Dans le régime islamo-conservateur d’Ankara, le Qatar a trouvé une sorte de grand frère diplomatique. Lorsqu’il a dû congédier, sous la pression de ses voisins du Golfe, les Frères musulmans égyptiens qu’il hébergeait sur son territoire, ceux-ci ont naturellement trouvé refuge en Turquie.

      Le renversement de M. Erdogan aurait été une catastrophe pour Doha, qui est relativement isolé sur la scène régionale depuis que le président égyptien Mohamed Morsi, issu de la confrérie, a été évincé du pouvoir par le général Abdel Fattah Al-Sissi, en 2013. Ankara a d’ailleurs prévu d’ouvrir une base militaire dans l’émirat, qui s’ajoutera à celle dont disposent déjà les Etats-Unis.

      Les autres monarchies de la péninsule arabique se sont également réjouies de la défaite des factieux turcs, mais avec moins d’effusion et d’empressement. L’Arabie saoudite a approuvé le « retour à la normale en Turquie sous la conduite du président et de son gouvernement élu », tandis que les Emirats arabes unis (EAU) ont exprimé leur attachement « à une Turquie stable et sûre ». A la demande d’Ankara, l’attaché militaire de l’ambassade de Turquie au Koweït, visiblement soupçonné d’avoir trempé dans le putsch, a été arrêté à Dammam, en Arabie Saoudite, alors qu’il s’apprêtait à s’envoler vers l’Allemagne.
      « Malheureux » échec

      La couverture des médias audiovisuels saoudiens et émiratis a cependant été un peu hésitante dans les premières heures du coup d’Etat. La chaîne Al-Arabiya, propriété de Riyad, et son homologue Sky News Arabia, financée par Abou Dhabi, ont participé à la propagation de la fausse rumeur alléguant que M. Erdogan aurait demandé l’asile en Allemagne. Selon le commentateur libanais As’ad Abou Khalil, auteur du blog Angry Arab, un présentateur d’Al-Arabiya a même déclaré à l’antenne que le coup d’Etat avait « malheureusement » échoué.

      Lire la tribune du journaliste Ali Bayramoglu : La confrérie Gülen est responsable des troubles qui secouent la Turquie

      S’ils apprécient l’engagement anti-Assad d’Ankara, ainsi que le rôle de contrepoids à l’Iran que la Turquie joue à l’échelle régionale, les Saoudiens voient d’un mauvais œil son tropisme islamiste. Cette méfiance est encore plus prononcée à Abou Dhabi qui considère les Frères musulmans comme un mouvement terroriste et n’a jamais vraiment pardonné au Qatar de s’en être fait le sponsor durant les printemps arabes.

      A l’opposé de ces témoignages de soutien, plus ou moins affirmés, à M. Erdogan, deux Etats se sont distingués par leur assourdissant silence : la Syrie bien sûr, mais aussi l’Egypte. Ni l’une ni l’autre n’ont réagi à la mutinerie, qu’elles auraient évidemment voulu voir réussir. La première reproche à M. Erdogan, son ennemi public numéro un sur la scène internationale, de soutenir les groupes armés rebelles, qu’elle qualifie de « terroristes » ; la seconde ne tolère pas le soutien du président turc aux Frères musulmans et son insistance à qualifier le renversement de M. Morsi de « coup d’Etat ».

      Au Conseil de sécurité des Nations unies, l’Egypte s’est d’ailleurs opposée samedi à une déclaration appelant toutes les parties à « respecter le gouvernement démocratiquement élu de Turquie ». Selon des diplomates s’exprimant sous le sceau de l’anonymat, l’Egypte, qui occupe l’un des sièges tournants du Conseil, a estimé que cet organe n’était pas à même de déterminer si le gouvernement turc avait été élu démocratiquement.
      « Dans le pire des scénarios,
      si Erdogan restait au pouvoir... »

      A Damas, dans la nuit de vendredi à samedi, peu après que les putschistes eurent annoncé prématurément leur victoire, des centaines de partisans du président Assad sont descendus dans les rues, drapeaux syriens en main, pour célébrer ce qu’ils croyaient être la chute de leur bête noire. Au Caire, c’est la presse semi-gouvernementale qui a trahi l’état d’esprit du pouvoir. Trois quotidiens, dont le vénérable Al-Ahram, visiblement plus pressés d’en finir avec Erdogan que de respecter les fondamentaux du journalisme, ont proclamé dans leur édition de samedi le succès du coup d’Etat.

      Même précipitation éloquente à la télévision. « Ce qui se déroule en Turquie n’est pas un coup d’Etat, pas du tout, clamait Ahmed Moussa, présentateur de l’un des talk-shows les plus regardés d’Egypte. C’est une révolution de l’intérieur de l’armée. Et à chaque fois que l’armée turque lance une révolution, elle gagne. » Pendant ce temps, sur la chaîne syrienne Sama, une présentatrice demandait à un analyste politique : « Dans le pire des scénarios, si Erdogan restait au pouvoir, que se passerait-il ? » Le dimanche, confronté au fiasco des putschistes, le quotidien syrien Al-Thawra trouvait la parade, en affirmant que le coup d’Etat est une machination destinée à salir la réputation de l’armée…

      En Israël, le gouvernement de Benyamin Nétanyahou a offert un soutien mesuré au mot près à M. Erdogan. Dans un communiqué laconique, publié quinze heures après le début des événements, alors que l’échec du coup d’Etat était patent, le ministère des affaires étrangères a déclaré qu’Israël « respecte le processus démocratique en Turquie et est impatient de poursuivre le processus de réconciliation » avec Ankara. Longtemps à couteaux tirés, du fait du drame du Mavi Marmara – un navire turc, en route vers Gaza, dont l’arraisonnement par des commandos israéliens a fait neuf morts en 2010 –, les deux pays ont signé fin juin un accord visant à normaliser leurs relations. Selon M. Nétanyahou, le coup d’Etat manqué ne devrait pas affecter ce rapprochement.

    • On a tout et son contraire sur le sujet. Les réactions américaines montrent que les occidentaux auraient été ravis de se débarrasser de ce gvt, du fait en particulier que les turques se rapprochent de la sphère russe. Le blocage de la base aérienne de l’OTAN en est un des éléments matériels.



  • Al-Jazeera employees among six sentenced to death in Egypt | Media | The Guardian
    http://www.theguardian.com/media/2016/jun/18/al-jazeera-employees-among-six-people-sentenced-to-death-in-egypt

    An Egyptian court sentenced six people, including two al-Jazeera employees, to death for allegedly passing documents related to national security to Qatar and the Doha-based TV network during the rule of Mohamed Morsi, the former president.

    On attendra qu’ils soient exécutés pour en faire un gros titre.

    #egypt



  • #Egypt’s Modern Pharaohs
    http://africasacountry.com/2016/04/egypts-modern-pharaohs

    Except for a brief one-year interlude from June 2012 to July 2013—when Mohamed Morsi was President—since the 1950s Egypt has been ruled by military regimes. It began with Gamal Abdel #Nasser (1956-1970), who came to power through a military coup. Nasser was succeeded by Anwar al #Sadat (1970-1981) at Nasser’s death. When Sadat was assassinated, […]

    #CULTURE #documentary #Film #History #Mubarak #Politics


  • Thomas Piketty : « Le tout-sécuritaire ne suffira pas »
    http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/11/21/le-tout-securitaire-ne-suffira-pas_4814707_3232.html

    Face au #terrorisme, la réponse doit être en partie sécuritaire. Il faut frapper Daech, arrêter ceux qui en sont issus. Mais il faut aussi s’interroger sur les conditions #politiques de ces #violences, sur les #humiliations et les #injustices qui font que ce mouvement bénéficie de soutiens importants au #Moyen-Orient, et suscite aujourd’hui des vocations sanguinaires en #Europe. A terme, le véritable enjeu est la mise en place d’un modèle de développement social et équitable, là-bas et ici.

    C’est une évidence   : le terrorisme se nourrit de la poudrière inégalitaire moyen-orientale, que nous avons largement contribuée à créer. Daech, «  Etat islamique en Irak et au Levant  », est directement issu de la décomposition du régime irakien, et plus généralement de l’effondrement du système de frontières établi dans la région en 1920.

    • Le tout-sécuritaire ne suffira pas | Le blog de Thomas Piketty
      http://piketty.blog.lemonde.fr/2015/11/24/le-tout-securitaire-ne-suffira-pas-2

      Si l’on examine la zone allant de l’Egypte à l’Iran, en passant par la Syrie, l’Irak et la péninsule Arabique, soit environ 300 millions d’habitants, on constate que les monarchies pétrolières regroupent entre 60  % et 70  % du PIB régional, pour à peine 10  % de la population, ce qui en fait la région la plus inégalitaire de la planète.

      Encore faut-il préciser qu’une minorité des habitants des pétromonarchies s’approprient une part disproportionnée de cette manne, alors que de larges groupes (femmes et travailleurs immigrés notamment) sont maintenus dans un semi-esclavage. Et ce sont ces régimes qui sont soutenus militairement et politiquement par les puissances occidentales, trop heureuses de récupérer quelques miettes pour financer leurs clubs de football, ou bien pour leur vendre des armes. Pas étonnant que nos leçons de démocratie et de justice sociale portent peu au sein de la jeunesse moyen-orientale.

      Pour gagner en crédibilité, il faudrait démontrer aux populations qu’on se soucie davantage du développement social et de l’intégration politique de la région que de nos intérêts financiers et de nos relations avec les familles régnantes.

      Déni de démocratie

      Concrètement, l’argent du pétrole doit aller en priorité au développement régional. En 2015, le budget total dont disposent les autorités égyptiennes pour financer l’ensemble du système éducatif de ce pays de près de 90 millions d’habitants est inférieur à 10 milliards de dollars (9,4 milliards d’euros). Quelques centaines de kilomètres plus loin, les revenus pétroliers atteignent les 300 milliards de dollars pour l’Arabie saoudite et ses 30  millions d’habitants, et dépassent les 100 milliards de dollars pour le Qatar et ses 300  000 Qataris. Un modèle de développement aussi inégal ne peut conduire qu’à la catastrophe. Le cautionner est criminel.

      Quant aux grands discours sur la démocratie et les élections, il faudrait cesser de les tenir uniquement quand les résultats nous arrangent. En 2012, en Egypte, Mohamed Morsi avait été élu président dans une élection à la régulière, ce qui n’est pas banal dans l’histoire électorale arabe. Dès 2013, il était expulsé du pouvoir par les militaires, qui ont aussitôt exécuté des milliers de Frères musulmans, dont l’action sociale a pourtant souvent permis de pallier les ­carences de l’Etat égyptien. Quelques mois plus tard, la France passe l’éponge afin de vendre ses frégates et de s’accaparer une partie des maigres ressources publiques du pays. Espérons que ce déni de démocratie n’aura pas les mêmes conséquences morbides que l’interruption du processus électoral en Algérie en 1992.

      Reste la question  : comment des jeunes qui ont grandi en France peuvent-ils confondre Bagdad et la banlieue parisienne, et chercher à importer ici des conflits qui ont lieu là-bas  ? Rien ne peut excuser cette dérive sanguinaire, machiste et pathétique. Tout juste peut-on noter que le #chômage et la #discrimination professionnelle à l’embauche (particulièrement massive pour les personnes qui ont coché toutes les bonnes cases en termes de diplôme, expérience, etc., comme l’ont montré des travaux récents) ne doivent pas aider. L’Europe, qui avant la crise financière parvenait à accueillir un flux migratoire net de 1 million de personnes par an, avec un chômage en baisse, doit relancer son modèle d’intégration et de création d’emplois. C’est l’#austérité qui a conduit à la montée des égoïsmes nationaux et des tensions identitaires. C’est par le développement social et équitable que la haine sera vaincue.


  • Égypte : la communauté oubliée des réfugiés palestiniens | Middle East Eye
    http://www.middleeasteye.net/fr/reportages/gypte-la-communaut-oubli-e-des-r-fugi-s-palestiniens-733870173


    Aïcha dit qu’elle a plus de 100 ans. Elle fait partie des rares réfugiés palestiniens encore en vie qui avaient fui en Égypte pour échapper à la guerre de 1948 (MEE/Ibrahim Ahmad)

    Le village est d’une pauvreté extrême. Tous les hommes du village subviennent aux besoins de leurs familles en ramassant et en vendant les ordures des villages environnants. L’hôpital le plus proche est à une heure de trajet. C’est un problème majeur pour les habitants qui n’ont aucun moyen de transport. Il n’y a ni canalisations d’eau, ni égouts, ce qui est un défi permanent pour les femmes du village qui doivent chaque jour aller puiser de l’eau dans les vieux puits des champs voisins.

    L’électricité a été installée dans le village après l’élection de l’ex-président Mohamed Morsi. Outre l’électricité, le gouvernement Morsi avait commencé à construire un hôpital à proximité du village, mais les travaux s’arrêtèrent aussitôt qu’il fut renversé par un coup d’État militaire. L’actuel président Abdel Fattah al-Sissi ne se contenta pas d’arrêter la construction de l’hôpital : durant son premier mois au pouvoir, les réfugiés perdirent tout soutien du gouvernement sous prétexte qu’ils n’étaient pas des citoyens égyptiens. Cela constituait un acte sans précédent, étant donné que depuis 1948, les réfugiés avaient été traités exactement comme des Égyptiens, d’après les habitants de Gezirat al-Fadel.

    Une des femmes du village, qui a souhaité rester anonyme, a évoqué cette mesure : « Ce fut un jour sombre pour tout le village. Nous allions chercher du pain dans un village voisin [le gouvernement d’al-Sissi avait mis en place un système de rationnement, distribuant cinq pains par personne et par jour], quand nous avons appris la loi qui venait d’être promulguée : plus de pain pour les réfugiés palestiniens ! »

    Il n’y a pas non plus d’école dans le village. La plus proche, comme l’hôpital, est à une heure de route. Le revenu moyen d’une famille étant de 10-15 livres égyptiennes par jour (2 $), très peu de gens parviennent à envoyer leurs enfants à l’école. Aucun des jeunes du village n’a pu poursuivre son éducation au-delà du secondaire. (...)

    traduction française de l’article déjà signalé là : http://seenthis.net/messages/408863


  • Exclu Wikileaks pour Mada Masr sur les relations Egypte-Emirats Arabes Unis

    http://www.madamasr.com/sections/politics/exclusive-wikileaks-cables-trace-ebb-and-flow-egypt-uae-relations

    A number of documents from the Saudi Foreign Ministry that were recently released by Wikileaks have cast light on Egypt’s capricious relationship with the United Arab Emirates (UAE), which has swung between alternate extremes over the past four years depending on the political alignments of the Egyptian administration that was in power.

    Former presidential candidate and Hosni Mubarak-era figure Ahmed Shafiq, who has been living in the UAE since his loss to ousted President Mohamed Morsi in the 2012 elections, pops up in several of the cables.

    One cable — of which two pages were published by Wikileaks, with Mada Masr exclusively publishing the third and final page — notes a state of apprehension within Emirati political, popular and media circles regarding the outcome of the 2012 vote.


  • Le ministre JY. Le Drian au Caire après la livraison des premiers Rafale - AFP

    http://www.boursorama.com/actualites/rafale-le-drian-au-caire-apres-la-livraison-des-3-premiers-avions-de-com

    Le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian a débuté samedi une visite de deux jours au Caire, quelques jours après la livraison des trois premiers avions de combat Rafale français à l’Egypte.

    M. Le Drian, actuellement en tournée en Afrique, doit notamment rencontrer le président Abdel Fattah al-Sissi et son homologue Sedki Sobhi.

    En début d’année, Le Caire a acheté à la France 24 avions Rafale et une frégate multi-missions, en demandant à ce qu’ils soient livrés le plus vite possible. Trois des Rafale et la frégate ont rallié mardi l’Egypte.

    « Le ministre va discuter des suites des livraisons de matériel », a précisé l’entourage de M. Le Drian.

    Les 24 Rafale (16 biplaces et 8 monoplaces) font partie d’une commande de 5,2 milliards d’euros incluant également la frégate et des missiles, destinée à l’armée égyptienne.

    Celle-ci mène depuis deux ans des opérations à grande échelle dans le nord de la péninsule du Sinaï pour tenter d’enrayer les attaques jihadistes visant les forces de l’ordre, qui se sont multipliées depuis que l’ex-chef de l’armée et actuel président Sissi a destitué en 2013 l’islamiste Mohamed Morsi.

    Les jihadistes disent agir en représailles à la sanglante répression qui s’est abattue sur les partisans de M. Morsi.

    Les discussions entre M. Le Drian et les responsables égyptiens porteront aussi sur la Libye voisine, alors que Le Caire craint l’ouverture d’un nouveau front sur son flanc ouest.

    Profitant du chaos qui règne en Libye depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, le groupe Etat islamique (EI) s’est implanté dans l’est du pays, près de la frontière avec l’Egypte.

    Le président Sissi a réclamé avec ardeur une force arabe commune pour lutter notamment contre l’EI en Irak, en Syrie, mais aussi en Libye.

    En février, Le Caire avait envoyé ses avions bombarder les positions de l’EI en Libye après que l’organisation jihadiste y eut revendiqué la décapitation d’une vingtaine de travailleurs égyptiens coptes.

    Sur @OrientXXI Rafale à l’Égypte : Paris tourne la page des printemps arabes http://www.orientxxi.info/magazine/rafale-a-l-egypte-paris-tourne-la,0814